Balthasar Baro et la charge de trésorier de France
p. 197-204
Texte intégral
1Il règne encore un certain mystère sur la fin de la vie de Balthasar Baro. Selon l’Histoire de l’Académie Française de Paul Pellisson, parue en 1653, il aurait obtenu « deux offices de nouvelle création, le premier de procureur au présidial établi depuis peu à Valence, l’autre de trésorier de France à Montpellier1 ». Toutefois, s’il a acheté cette seconde charge, il n’a sans doute jamais été installé dans le bureau des Finances de Montpellier, car son nom est absent des listes des officiers établies par les chercheurs qui ont étudié ce corps2. Quoi qu’il en soit, son intérêt pour cet office de finance amène à s’interroger sur les motifs qui ont pu pousser un académicien jouissant d’une bonne notoriété littéraire à souhaiter en faire l’acquisition.
2Un premier point apparaît clairement : Baro, l’âge venu, s’est mis en quête d’un office. L’une des raisons qui peuvent expliquer une telle démarche est la recherche du prestige social. Dans la société du xviie siècle, l’office classe dans la hiérarchie ; on peut rappeler à cet égard la formule fameuse du juriste Charles Loyseau, selon lequel il consiste en « dignité ordinaire avec fonction publique3 », comme si la fonction était une dépendance de la dignité. Parvenir à en acquérir un n’était cependant pas facile, surtout depuis que la transmission familiale de père à fils ou de beau-père à gendre avait été facilitée par l’institution en 1604 du droit annuel, connu sous le surnom de Paulette. C’est pourquoi Baro s’est intéressé à des charges « de nouvelle création », qui offrent une porte d’accès à qui n’a pas d’officier dans sa famille. Son premier choix s’est porté sur un office de procureur au présidial de Valence, tribunal dont la création par édit d’octobre 1636, vérifié au Grand Conseil le 15 mars 1638, lui a fourni une occasion à saisir. Un présidial juge en dernier ressort les causes inférieures à 250 livres et, avec appel possible au parlement, celles qui sont comprises entre 250 et 500 livres ; quant au procureur (aujourd’hui, nous dirions avoué), il est chargé de guider les parties et d’agir en justice comme leur fondé de pouvoir. C’est une charge relativement modeste, bien au dessous de celle du procureur du roi, qui représente les intérêts du souverain et du public auprès du tribunal ; si elle a permis à Baro d’entrer dans le monde de l’office, c’est à une place subalterne. En outre, il a pu être rebuté par les difficultés qu’a rencontrées l’installation du présidial de Valence ; en effet, la création de cette cour a contrebalancé la révocation de celle du Puy et a donc suscité une longue opposition de cette dernière, des États de Languedoc et du parlement de Grenoble4.
3En comparaison, l’office de trésorier de France est beaucoup plus prestigieux. Il faut préciser que son acquisition ne signifie pas nécessairement l’abandon de celui de procureur au présidial de Valence ; il était possible de cumuler les deux après avoir obtenu des lettres de compatibilité, le cumul pouvant ne porter que sur les gages et non sur les fonctions5. La charge de trésorier de France comporte de nombreux avantages ; elle assure à ses détenteurs une noblesse personnelle, pouvant se transformer légalement depuis 1600 en noblesse héréditaire si les titulaires exercent au moins vingt ans pendant deux générations ou meurent en charge. Les trésoriers de France ont la qualité de « commensaux du roi », à laquelle sont attachés divers privilèges ; ils peuvent se parer du titre de « chevalier » et faire précéder leur nom de « Messire » et non plus du simple « Monsieur » ; leurs femmes ont droit au titre de « dames » et non plus de « demoiselles ». En corps, ils sont qualifiés dans les actes royaux d’« amés et féaux », comme les membres de la maison du roi et ceux des cours souveraines6. Ceux de Montpellier siègent depuis 1632 dans l’ancien hôtel de Jacques Cœur qu’ils ont acquis à cette date. Quand Baro s’intéresse à l’office, cet hôtel n’a pas encore reçu les embellissements qui seront apportés à partir de 1676 par l’ingénieur du roi Ponce Alexis de La Feuille, en particulier le grand escalier et sa belle façade ; il n’en est pas moins l’un des plus remarquables de la ville, digne d’abriter ces grands officiers dont beaucoup font partie des familles les plus notables de l’élite urbaine, tels les d’Aigrefeuille, les Girard, les Jougla, les Mirmand, les Pélissier, les Manse.
4À la veille de la Fronde, les trésoriers de France de la généralité de Montpellier sont au nombre de 26, auxquels s’ajoutent un chevalier d’honneur, deux avocats du roi et deux procureurs du roi7 ; leur compagnie, le bureau des Finances, gère tout ce qui relève du domaine royal et de la voirie, et, en matière fiscale, les affaires de la gabelle. Leur titre reflète l’ensemble des responsabilités qui leur sont confiées : « trésoriers de France, grands voyers, généraux des finances en la généralité de Montpellier, intendants des gabelles de Languedoc, chevaliers, conseillers du roi ». Le bureau des Finances montpelliérain est ancien ; il est constitué définitivement en 1577, en même temps que ceux qui sont installés dans les dix-huit autres recettes générales ou généralités du royaume. Comme il est établi au siège de l’une des quatre grandes généralités entre lesquelles était réparti le royaume avant 1542 (Paris, Rouen, Tours et Montpellier), il fait partie de la catégorie supérieure des bureaux8. L’office de nouvelle création qu’aurait acquis Balthasar Baro selon Paul Pellisson est sans doute l’un des deux qui ont été institués en 1646 dans les circonstances suivantes : en juin de cette année-là, un nouveau bureau avait été projeté à Beaucaire, suscitant les protestations de ceux de Toulouse et de Montpellier qui y voyaient une concurrence dangereuse ; le roi finit par céder à leurs plaintes et par renoncer au bureau de Beaucaire, à condition qu’un office supplémentaire serait créé dans le bureau de Toulouse et deux dans celui de Montpellier9. Si c’est bien l’un de ces deux nouveaux offices montpelliérains qu’a acquis Baro, il a eu pour collègue Philippe Boudon, un jeune docteur en droit qui en a lui aussi été pourvu. Comme celui-ci a raconté son expérience dans ses Mémoires, on peut se référer à son récit pour se représenter la manière dont se déroulaient les trois étapes par lesquelles devait passer un postulant : l’acquisition, la réception et l’installation. C’est à la mort du père de Philippe que commence pour lui le processus :
Ma mère, commençant à régler les affaires de la maison, fut conseillée par nos parents et nos amis de me faire recevoir en l’office de trésorier de France à Montpellier, que mon père avoit acquis et payé en partie depuis l’année 1646. C’estoit un des deux offices de crue dont le bureau avoit été obligé de se charger pour obtenir du Roy la révocation d’un bureau des finances establi à Beaucaire10.
5 On voit que, dans le cas de Boudon, c’est son père qui a pris l’initiative ; pour ce receveur payeur des gages des présidiaux de Languedoc, lui-même fils d’un marchand drapier, l’acquisition d’un office de trésorier de France pour son fils est l’instrument d’une stratégie d’ascension sociale cohérente. L’achat est réglé en plusieurs échéances, sans que le père ait pu vivre assez longtemps pour pouvoir achever de payer lui-même. C’est un investissement considérable ; la charge de Boudon a coûté 50000 livres (soit à peu près cent soixante-six fois 300 livres, somme qui correspond à peu près au salaire annuel d’un bon ouvrier spécialisé) ; il faut ajouter à cela les frais de provision, d’enregistrement et de réception qui s’élèvent à 10000 livres environ, ce qui augmente le prix de 20 %. Pour obtenir les lettres de provision de l’office, il est en effet nécessaire de payer le droit dit du marc d’or. Suit la deuxième étape, la réception dans la chambre des Comptes compétente, formalité qui est aussi une source de dépenses ; c’est à cette occasion qu’il est procédé à une enquête sur la moralité et la religion du candidat puis à un examen des connaissances relativement léger. À Montpellier, il existe une chambre des Comptes11, ce qui pourrait faire croire qu’il était possible de se conformer à cette obligation dans des délais raisonnablement rapides. Ce serait oublier la rivalité presque constante qui oppose cette chambre au bureau des Finances, et cela malgré les liens de parenté et d’amitié liés entre les membres des deux cours. Cette situation pousse la plupart des nouveaux trésoriers à aller se faire recevoir dans la chambre des Comptes de Paris12. C’est le cas de Philippe Boudon, qui a pour sa part rencontré une difficulté supplémentaire, puisqu’il était protestant et qu’il a dû abjurer pour se faire recevoir :
Je fus à Paris pour me faire recevoir en la Chambre des Comptes, suivant l’évocation que le bureau avoit pour lors de la Chambre des Comptes de Montpellier. J’y fis un séjour considérable, pendant lequel je vis tout ce qui se passa à la cour […]. Ce fut dans cette situation d’affaires que j’arrivai de Paris au commencement de novembre [1651], ayant esté receu à la chambre des Comptes de Paris le 13 juillet 1651, après avoir fait assez légèrement abjuration dans Nostre-Dame de la religion dans laquelle j’avois esté eslevé13.
6Reste alors la cérémonie de l’installation dans le bureau des Finances de Montpellier, qui consiste en l’admission solennelle dans la salle de séance, après le versement de divers droits auxquels s’ajoutent les frais d’un grand banquet à donner aux collègues. Philippe Boudon a en outre dû faire une dépense à laquelle il ne s’attendait pas :
Je fus installé au bureau le 24 décembre de la mesme année, et comme j’estois pourveu d’un office de crue, il me fallut payer une indemnité à la compagnie, de laquelle quelques officiers, par un partage inégal, profitèrent plus que les autres, ce qui fut un vol qu’on leur fit, et à moi un manquement de parole, car quand feu mon père acheta l’office, il lui fut promis qu’il ne payeroit que le droit d’entrée ordinaire14.
7On voit que, dans le cas de Philippe Boudon, il s’est écoulé plus de cinq ans entre le versement des premières sommes pour l’achat de l’office en 1646 et l’installation dans le bureau à la fin de 1651. Ce délai est ici particulièrement long ; mais, même s’il est plus court d’ordinaire, on peut penser que Baro, qui meurt en 1650, n’a pas eu le temps ou la volonté d’en parcourir toutes les étapes, ce qui expliquerait son absence sur les listes que nous possédons.
8Le prestige social n’est pas la seule raison qui a pu le pousser vers l’achat d’une charge de trésorier de France ; il y a aussi, et c’est peut-être le plus important pour lui, les commodités qu’elle offre à un auteur qui souhaite avoir du temps pour se livrer à ses activités littéraires. On en a des exemples illustres : Racine a été trésorier de France à Moulins, La Bruyère à Caen, Jean-François Regnard à Paris, Charles Du Fresne Du Cange, l’auteur du Glossarium mediae et infimae latinitatis, à Amiens. Depuis l’édit d’avril 1627, modifié par la déclaration du roi du 27 septembre de la même année, le service minimum auquel sont tenus les trésoriers de France est de trois mois par an, le quorum requis pour la présence dans le corps étant de cinq membres ; la résidence dans la ville où siège le bureau n’est imposée que pendant le temps du service effectif15. Les trésoriers peuvent donc disposer de neuf mois de loisirs à employer comme ils l’entendent ; à Montpellier, certains ont même un deuxième métier, comme médecin, apothicaire ou avocat. Philippe Boudon, une fois trésorier, a beaucoup voyagé ; il recherchait des manuscrits médiévaux et des incunables à l’intention de Colbert, à qui, écrit-il, il envoyait ses trouvailles « par tonneaux ».
9Il est vrai que, quand ils sont en exercice, les trésoriers ont de quoi s’occuper. Ils partagent leur temps entre le travail de cabinet et les visites extérieures. Ils instruisent les affaires administratives les lundi, mercredi et vendredi et jugent les affaires contentieuses les autres jours de la semaine ; à tour de rôle, ils sont chargés d’enquêtes et d’informations sur place et partent en chevauchées dans la généralité pour visiter les biens et immeubles du domaine royal, contrôler les officiers du domaine et les agents voyers, inspecter les ponts et chaussées, vérifier l’alignement des rues dans les villes, juger du bien-fondé de la construction de maisons riveraines ou de la pose d’une enseigne en saillie, surveiller les greniers où se débite le sel de gabelle. Ailleurs qu’en Languedoc, dans les pays dits d’élections, ils s’occupent en outre de répartir l’impôt et d’en surveiller la levée effectuée par les receveurs des tailles ; en Languedoc, ils n’ont pas cette charge, puisqu’elle revient aux États provinciaux, qui finiront même par s’emparer aussi de l’administration des ponts et chaussées ; en contrepartie, ils délèguent tous les ans deux d’entre eux pour faire partie des commissaires du roi chargés de transmettre à l’assemblée la volonté royale. À cette exception près, ils ont donc moins de travail dans un pays d’états que dans un pays d’élections. Néanmoins, on peut conserver pour les trésoriers de Languedoc la conclusion de Jean-Paul Charmeil lorsqu’il récapitule l’ensemble des responsabilités qui étaient attachées de façon générale à la charge : « Indéniablement, il y aurait eu de quoi occuper un officier consciencieux16. » Notons toutefois le conditionnel, qui laisse supposer que tous n’étaient pas également zélés ; il est à présumer que ceux d’entre eux qui avaient d’autres centres d’intérêt n’apportaient pas à l’exercice de leur charge toute l’application requise, surtout s’ils n’y travaillaient que trois mois par an. Il faut ajouter à cela que l’accession à l’office ne demandait pas des connaissances préalables très poussées. Il n’était pas nécessaire en effet d’être gradué en droit ; en l’absence de grade, lors de l’examen des connaissances subi au moment de la réception dans la chambre des Comptes, le postulant était interrogé sur le contenu d’un manuel composé de questions et réponses qu’il suffisait d’apprendre par cœur. L’examen des gradués n’était guère plus exigeant : ils devaient commenter une loi tirée du Code ou des Institutes de Justinien qu’on leur avait communiquée huit jours à l’avance. Tous ces traits expliquent aisément l’attrait que pouvaient exercer les prestigieux offices des bureaux des finances.
10Un dernier aspect, et non le moindre, venait encore augmenter cet attrait : la charge offrait de nombreuses possibilités d’enrichissement. Les Mémoires de Philippe Boudon laissent supposer que beaucoup n’entraient au bureau de Montpellier que dans ce but. Installé dans les temps troublés de la Fronde, Boudon a découvert parmi ses nouveaux collègues deux partis : l’un des « mescontents du gouvernement », et l’autre, dirigé par les trésoriers Fleury et de Manse, de ceux qui ne désiraient pas participer aux intrigues. C’étaient, écrit-il au sujet des seconds, « de fort habiles gens, mais qui, estant riches, ne se vouloient pas faire des affaires », ou qui, « se voulant enrichir, avoient avec eux touts les officiers qui souhaitoient avoir part aux voleries qui se faisoient17 ». On voit que le jeune Philippe (qui, pour sa part, a choisi le camp des agitateurs, ce qui lui a valu la prison et deux ans de suspension) est très critique sur les moyens qu’utilisaient les trésoriers pour s’enrichir. Il n’était pourtant pas nécessaire d’être un voleur pour parvenir à cet objectif ; l’office fournissait de nombreuses occasions qu’il suffisait d’exploiter. Les gages étaient appréciables : depuis 1635, ils s’élevaient à 3500 livres ; s’y ajoutait à Montpellier, où les trésoriers étaient aussi intendants des gabelles, la rémunération de cette activité, soit 2500 livres, ce qui fait un total de 6000 livres par an, plus des droits divers et les épices payées par les bénéficiaires de leurs interventions. Ces sommes assuraient une bonne rentabilité, supérieure à 10 %, à un office acheté 50000 livres. Les trésoriers jouissaient en outre d’exemptions fiscales : ils étaient dispensés de la taille, du taillon et de la levée de deniers pour l’étape ou l’ustensile des troupes. Ils avaient également le privilège du franc-salé, selon lequel ils recevaient une certaine quantité de sel sans payer la gabelle ; à Montpellier, cette quantité était de 6 minots par an, ce qui représente un poids considérable, puisque le minot équivalait à environ 39 kg ; il est permis de penser que les trésoriers montpelliérains ont dû céder parfois à la tentation de revendre irrégulièrement le surplus dont ils n’avaient pas l’usage, ce qui leur était d’autant plus facile qu’ils étaient intendants des gabelles18. Ce dernier aspect de leur charge avait d’autres avantages ; il leur permettait de participer aux profits de l’exploitation du sel de Peccais et de son transport et surtout à ceux de la ferme des gabelles. Certains d’entre eux étaient liés aux milieux de la finance languedocienne, qui avait commencé elle-même à s’ouvrir à la finance parisienne. L’accès à ces réseaux ouvrait des voies à la fortune. Philippe Boudon, par exemple, a placé des capitaux sur le sel et percevait 588 livres de rentes en différentes parties sur l’état des gabelles ; à sa mort, il a laissé une fortune de 130252,19 livres. Un homme comme Pierre Louis de Reich de Pennautier, installé au bureau de Montpellier en 1634 à l’âge de 20 ans19, est l’un des plus flamboyants exemples de l’enrichissement que pouvait procurer l’exercice de la charge de trésorier de France à qui savait saisir les occasions ; entré assez tôt dans ce que Daniel Dessert a appelé le « lobby Colbert », il est devenu trésorier de la Bourse des États de Languedoc en 1654. Quelques-uns sont allés jusqu’à investir de l’argent dans les affaires des traitants ou partisans, ces financiers qui se chargeaient d’avancer au roi le produit de certains impôts ou taxes extraordinaires en se réservant de les collecter ensuite moyennant une grasse rémunération ; sans doute, à la veille de la Fronde, ces trésoriers étaient encore rares, car la méfiance l’emportait chez la plupart des membres du bureau des Finances à l’égard des partisans ; mais ils amorçaient un mouvement qui deviendra plus net dans la seconde moitié du xviie siècle20.
11Au moment où Balthasar Baro s’est intéressé à l’office de trésorier de France à Montpellier, les bureaux des finances étaient à leur apogée ; cependant déjà se manifestaient des signes de l’amoindrissement de leurs fonctions, qui reculeront peu à peu devant l’extension de celles des intendants et devant le développement des services financiers des ministères centraux, sans compter, en Languedoc, l’ingérence croissante des États provinciaux dans le contrôle des ponts et chaussées. Leur malaise s’est manifesté en particulier au moment de la Fronde, pendant laquelle ils ont formé des « syndicats » pour défendre leurs intérêts et se sont réunis en une assemblée générale des bureaux des finances pour rédiger de longues doléances contre les intendants et les partisans21. Mais, lorsque Baro a acquis une charge du bureau montpelliérain, il avait tout lieu d’en espérer prestige social et enrichissement rapide sans pour autant abandonner ses activités littéraires. Reste l’énigme persistante de sa non-installation. Est-ce manque de temps ? Est-ce désir de revendre au plus vite cet office parce qu’une occasion encore plus intéressante se serait présentée ? Verdun-Louis Saulnier, dans l’article qu’il a écrit sur Baro dans le Dictionnaire de biographie française de M. Prévost et Roman d’Amat, fait état d’une tradition selon laquelle il aurait fini sa vie comme conseiller au parlement de Paris, charge prestigieuse à laquelle s’attache depuis 1644 la noblesse pleine et entière dès la première génération. On ne peut, au terme de cet exposé, qu’appeler de ses vœux une biographie sérieuse de Balthasar Baro, qui permettrait de lever ces incertitudes.
Notes de bas de page
1 P. Pellisson et P.-J. d’Olivet, Histoire de l’Académie Française, éd. Ch. Livet, Didier, 1858 [1653], t. 1, p. 237.
2 J. Michaud, Le Bureau des finances de la généralité de Montpellier, diplôme d’études supérieures, Montpellier, université de Droit, 1962 ; P. Malosse, Une étude de sociologie historique : les Trésoriers de France de la généralité de Montpellier, xvie-xviiie siècle, mémoire de maîtrise sous la direction d’A. Blanchard, Montpellier, université Paul-Valéry, 1980.
3 C. Loyseau, Cinq Livres du droit des Offices, A. L’Angelier, 1610, p. 13-14. Voir l’ouvrage classique de R. Mousnier, La Vénalité des offices sous Henri IV et Louis XIII, 2e éd. revue et corrigée, PUF, 1971.
4 C. Blanquié, Les Présidiaux de Richelieu. Justice et vénalité, 1630-1642, Éd. Christian, 2000.
5 J.-P. Charmeil, Les Trésoriers de France à l’époque de la Fronde. Contribution à l’histoire de l’administration financière sous l’Ancien Régime, Picard, 1964, p. 133-134.
6 Ibid., p. 68-76.
7 Ibid., p. 18.
8 Ibid., p. 85.
9 Ibid., p. 14.
10 Mémoires de Philippe Boudon, sieur de La Salle (1626-1652), édités par le comte de Baillon, Techener, 1870, p. 70.
11 Séparée de la Cour des Aides depuis l’édit d’octobre 1646, puis réunie à nouveau en janvier 1649.
12 Les Archives de la chambre des Comptes de Paris ayant brûlé en 1737, on n’a de listes complètes qu’après cette date, et les lettres de provision ne sont conservées aux Archives nationales que depuis 1675 (J.-P. Charmeil, Les Trésoriers de France…, op. cit., p. 40, n. 92).
13 Mémoires de Philippe Boudon, op. cit., p. 75-77.
14 Ibid., p. 77.
15 J.-P. Charmeil, Les Trésoriers de France, op. cit., p. 101-102.
16 Ibid., p. 225.
17 Mémoires de Philippe Boudon, op. cit., p. 77-78.
18 J.-P. Charmeil, Les Trésoriers de France, op. cit., p. 97-100.
19 A. Manenq, Familles nobles languedociennes au xviiie siècle, mémoire de maîtrise, Montpellier, université Paul-Valéry, 1971, p. 33-35.
20 J.-P. Charmeil, Les Trésoriers de France, op. cit., p. 409-418 ; D. Dessert, Argent, pouvoir et société au Grand Siècle, Fayard, 1984.
21 R. Mousnier, « Recherches sur les syndicats d’officiers pendant la Fronde. Trésoriers de France et Élus dans la révolution », xviie siècle, n° 42-43, 1959, reproduit dans La Plume, la faucille et le marteau, PUF, 1970, p. 301-334 ; J.-P. Charmeil, Les Trésoriers de France, op. cit., p. 375-379.
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