Des transferts savants en format encyclopédique
Le Dictionnaire Historique (1674-1759)
p. 119-138
Texte intégral
1Le Grand Dictionnaire Historique fut assurément le dictionnaire le plus complexe de l’époque des Lumières. Il parut pour la première fois en un volume en 1674 sous le nom de son auteur, Louis Moréri (1643- 1680), lequel resta son nom de marque courant jusqu’à la dernière édition de 1759 (en dix volumes). L’histoire de cette encyclopédie comporte un travail rédactionnel à l’échelle de l’Europe qui rendit possible des transferts savants par-delà non seulement des frontières linguistiques mais aussi des barrières confessionnelles.
Le Dictionnaire, une concrétion de transferts savants à l’échelle européenne
2Dans les 85 années qui s’écoulèrent entre sa première et sa dernière édition1, le Dictionnaire Historique comporta en tout 24 éditions, soit 128 volumes in-folio en français. Il n’exista pas seulement en français. Des traductions anglaises furent imprimées dès 1694 et 1703, suivies de volumes de Suppléments en anglais en 1705 et en 1727. Une édition complète hollandaise en dix volumes parut entre 1725 et 1733, laquelle intégrait des articles des versions anglaises et allemandes2. Une édition espagnole fut publiée en 1753 en huit volumes. Les rapports des éditions françaises du Dictionnaire Historique aux dictionnaires allemands sont plus complexes : on traduisit d’abord partiellement des notices d’éditions françaises antérieures du Dictionnaire Historique, puis on transféra des articles remaniés d’encyclopédies allemandes dans les éditions ultérieures françaises. Les encyclopédies historiques germaniques qui parurent à Leipzig et à Bâle, dénommées d’après leurs rédacteurs ou préfaciers Budde et Iselin, constituent en quelque sorte un monde germanophone parallèle de notices : une forme particulièrement intensive de transferts savants entre les deux aires linguistiques3.
3De telles considérations ne suffisent néanmoins pas à rendre compte des transferts savants mis en œuvre dans le Dictionnaire Historique. Il faut en effet toujours garder à l’esprit que les connaissances, au xviiie siècle, transitent aussi indirectement et sont en général pillées sans grand soin ; des textes circulent de même en traduction sans que leur provenance soit explicitement signalée.
4La vaste diffusion des volumes français et l’existence de nombreuses traductions peuvent inviter, si l’on considère l’ensemble des éditions, à corroborer ce que le préfacier d’un Supplément de 1743 postule : que le Dictionnaire Historique est « le livre de toutes les nations4 ». Avec le Dictionnaire Historique et ce que d’influents rédacteurs et éditeurs ont fait de lui, nous avons affaire à un monument de transferts savants réciproques et extensifs, bien avant le xixe siècle et son déluge de dictionnaires de conversation et de manuels de culture générale.
5Les préfaces regorgent assez souvent de critiques acerbes vis-à-vis des insuffisances des autres publications. Les rédacteurs y louent leur propre production comme le résultat de l’exercice d’un zèle collectif assidu :
« Ceux qui voudront juger sainement des choses […] avoüeront que cette entreprise demandoit beaucoup d’érudition & de bons sens ; outre la connoissance des Langues sçavantes & étrangeres, pour bien faire les Extraits des Livres qu’il a falu traduire dans les endroits que l’on a choisis5. »
6On argumente ici du point de vue du travail, la traduction étant considérée comme l’une des conditions de l’écriture encyclopédique. L’ouvrage « de toutes les nations » prend en partie sa pâture de textes de ces nations elles-mêmes. La prétention européenne est fondée sur un effort européen, et c’est précisément en cela que réside la valeur du Dictionnaire Historique. Le deuxième rédacteur, un certain sieur G. Parayre, préface ainsi la deuxième édition (1681) en mémoire à Louis Moréri, décédé : « Il a parcouru avec rapidité les anciens & nouveaux Historiens6. » Pour tous les rédacteurs ultérieurs, dépecer de plus en plus d’ouvrages pour le Dictionnaire Historique fut un devoir tout naturel.
Rédaction et révision
7Les paratextes liminaires – Avis au Lecteur, Avertissement, Préface – fournissent souvent des informations sur les relations tant compétitives que coopératives des rédacteurs et des éditeurs à Paris, Amsterdam et Bâle – ainsi lorsqu’ils soulignent combien il est difficile de trouver des collègues pour préparer des compléments de notices. Une aspiration est constamment manifeste : être actuel. Il meurt chaque année tant d’érudits notables et tant de personnes d’intérêt public qu’il faudrait prendre en compte, écrivent ainsi les rédacteurs du Supplément d’Amsterdam de 1716, tout en se refusant à retenir la solution consistant à enregistrer des personnes avant leur décès7. Autant de soucis en matière biographique. Pour ce qui est de la géographie, poursuit-on, on devrait éviter les extrêmes et omettre les localités par trop petites mais en revanche intégrer les capitales importantes, même d’Empires éloignés8. La stratégie générale des efforts rédactionnels est finalement résumée par Jean Le Clerc, dans une préface à l’édition de Hollande (1692) plusieurs fois rééditée par la suite, en ces mots : « Tout feuilleter, […] tout abreger, & […] tout transcrire avec beaucoup de netteté, pour exprimer clairement [… ]9. » Réduire et réécrire : tel est précisément le cœur des difficultés de l’écriture encyclopédique, puisqu’on ne peut pas l’envisager sans travail rédactionnel.
8L’européisation du savoir dans le Dictionnaire Historique comporte une difficulté toute particulière en matière religieuse, puisque que la frontière entre les confessions chrétiennes à la fois traversait l’Europe et coupait les communautés de savants et d’éditeurs. Cela, par exemple, s’observe lorsque l’on reproche à l’auteur du Supplément parisien de 1714 d’argumenter en termes franco-français et de parler sans autre réflexion « des ennemis de la France » et des « hérétiques ». Les rédacteurs du Supplément amstellodamois de 1716 posent, eux, l’unité de l’ouvrage au-dessus des divergences de contenu, et renoncent à différencier par l’impression les compléments parisiens des compléments hollandais ; peut-être le style véhément des Français pourrait-il plaire à quelques lecteurs10 – et l’ajout de nombreuses notices biographiques de saints être pris à titre d’éléments de complément.
9Remarquablement, donc, le Dictionnaire Historique fut considéré par tous les acteurs qui y prirent une part active comme un ouvrage avant tout cumulatif, et les différences confessionnelles n’aboutirent pas à des éditions parallèles. Même les profonds conflits entre les érudits francophones réformés des Provinces-Unies et des Cantons helvétiques d’un côté, et les rédacteurs et éditeurs parisiens catholiques de l’autre n’entraînèrent pas le développement d’encyclopédies concurrentes – ceci, très probablement, pour ne pas risquer de perdre un public à l’échelle européenne. L’enjeu est en effet plus qu’un calcul éditorial : c’est une politique de la rédaction. C’est ainsi que la diplomatie d’une parole supra-confessionnelle s’allie étroitement à la stratégie de l’écriture encyclopédique consistant à donner des informations brèves et concises11.
Jean Le Clerc
10Personne n’a mieux que Jean Le Clerc (1657-1736) fait ressortir à quel point la valeur et l’utilité d’une encyclopédie ne dépendent pas seulement d’une quantité suffisante de références, mais aussi de la qualité des notices. L’érudit genevois s’établit en tant que réformé arminien en Hollande en 1683. Son travail encyclopédique a été peu exploré par les historiens. Or précisément au moment de la rédaction du Dictionnaire Historique, il édita une série de textes encyclopédiques en 25 volumes et publia peu après une Ars Critica en deux volumes, dans laquelle il déployait une argumentation fondée sur une critique des sources12. Le Clerc est aujourd’hui beaucoup moins connu que le huguenot français Pierre Bayle, de dix ans son aîné, qui édita, à partir de 1697 à Rotterdam, son Dictionnaire Historique et Critique dirigé contre le Dictionnaire Historique de Moréri13.
11C’est la contribution de Le Clerc en 1692 qui représenta le pas décisif dans l’européisation du Dictionnaire Historique, lorsque l’ouvrage parut à Utrecht, Leyde et Amsterdam en quatre volumes. Après cinq éditions à Lyon et un volume de Supplément à Paris (1689), cette sixième édition était un ouvrage nouveau. La dédicace des quatre éditeurs au gouvernement des États-généraux des Provinces-Unies émettait le souhait que le public fût satisfait du nouvel ouvrage : « Ainsi nous avons sujet d’esperer que le Public sera satisfait de nos soins, & que ceux qui aiment la verité, nous sauront gré de leur avoir donné le moyen de s’en instruire14. » La sixième édition vit l’amorce d’une autocritique rédactionnelle ; la préface de l’édition hollandaise du Dictionnaire Historique français fut réimprimée dans les éditions suivantes de 1694, 1698 et 1702. À la différence de Bayle15, Le Clerc, par son travail rédactionnel, fit du Dictionnaire Historique un ouvrage lisible dans l’Europe entière – ce qui ne l’empêcha pas de reprendre aussi des corrections de Bayle qu’il amenda parfois à son tour. Il veillait avant tout à l’impartialité :
« Il ne s’agit pas de savoir ce que le Sr. Moréri ou ses Reviseurs ont pensé ; leur autorité, considerée en elle-même, ne peut être que très-petite ; mais de ce qui est veritable, & de ce que l’on trouve dans les pieces authentiques, qu’ils font ordinairement profession de suivre, & qu’ils marquent à la fin de chaque Article16. »
12La sèche impartialité de son travail rédactionnel transparaît par exemple lors de sa correction de la notice sur le célèbre imprimeur parisien Henri Estienne (1531-1598). Le Clerc lit la phrase suivante : « La parfaite connoissance qu’Henri Estienne avoit des Langues savantes lui donna cette facilité admirable d’ecrire sur toutes sortes de sujets. » Il observe :
« Henri Estienne n’entendoit que le Grec & le Latin, au moins d’une maniére, qui pût lui faire honneur. Il n’étoit pas capable d’écrire, sur toutes sortes de sujets ; mais seulement sur la Grammaire, & sur la Critique. L’intelligence même des Langues ne donne point la facilité d’écrire sur tout, puisque les mots & les sciences sont deux choses differentes. On a corrigé cet endroit en cette sorte : La parfaite connoissance qu’il avait des Langues Greque & Latine lui donna lieu d’enrichir le Public d’un grand nombre de belles éditions des anciens Auteurs, particuliérement des Grecs & de son Thrésor de la langue Greque17. »
13Sa compétence et son bon sens transforment ainsi une louange vague et approximative en une présentation acceptable par tout lecteur.
14C’est aussi en examinateur averti que Le Clerc tire au clair les passages sur les différentes Églises de la chrétienté et différencie les puritains anglais des quakers américains, ou les presbytériens des épiscopaliens18. Il ne mobilise pas seulement sa connaissance du monde protestant pour des corrections érudites. Lorsqu’il s’agit de « retrancher » des jugements de valeur, ce que Le Clerc réclame avec vigueur, c’est presque exclusivement des notices de teneur religieuse, ainsi celles de Luther ou de Calvin. Le Clerc souligne qu’il a atténué, voire entièrement éliminé les appréciations, sans porter dommage à la lecture de la notice. Quant à son obligation personnelle aux lois de la « vérité » et du « bon sens », il renvoie aux conditions de vie en Hollande, aptes à favoriser une position impartiale19.
15Dans sa préface centrée sur la méthode de la rédaction, Jean Le Clerc formule pour la première fois clairement et nettement les exigences de l’écriture encyclopédique. Issue d’un travail collectif, elle se situerait à mi-chemin entre l’érudition et le journalisme ; à la recherche de renvois fiables et d’informations utiles, elle imposerait le retrait du commentaire et de l’appréciation. Ainsi furent posés les premiers fondements de la définition de la notice de dictionnaire en tant que forme littéraire spécifique.
Pierre Roques
16Quarante ans après Le Clerc, les exigences d’une langue modérée par l’écriture encyclopédique elle-même furent posées à nouveau et plus fortement. Jusqu’en 1731 parurent sept nouvelles éditions à Paris et quatre autres françaises aux Provinces-Unies. Même si les deux projets éditoriaux se présentaient comme complémentaires l’un de l’autre et tentaient de rivaliser avant tout en quantité, Pierre Roques (1685-1748), pasteur huguenot de l’église française de Bâle, y puisa la raison d’un exposé de fond, dans une longue préface sur la neutralité de la langue dans les encyclopédies. Son édition en six volumes parut en 1731 puis – après deux autres éditions à Paris – en 1740, avec deux volumes de Supplément en 1743.
17Roques y évoque en détail les dictionnaires de Leipzig, entre-temps parus chez l’éditeur Thomas Fritsch avec des préfaces de Johann Franz Budde en 1709, 1722 et 173020. Roques fit même traduire en français quelques notices des encyclopédies leipzigoises (par son fils Jean-Christophe Roques21), pour les intégrer dans son Dictionnaire Historique, comme il chargea August Johann Buxtorf (pasteur calviniste à l’église bâloise Sainte-Élisabeth22) de traduire en français des textes des encyclopédies historiques germanophones parues à Bâle-même sous la direction d’Iselin – sans que l’on n’ait pu jusqu’à présent les identifier. Aussi bien Budde en 1709 qu’Iselin en 1724 reconnaissent d’autre part s’être « fondés » sur l’édition française la plus récente du Moréri23. Le commerce franco-allemand de textes est justifié les deux fois par la volonté de mieux prendre en considération les lieux et les personnes d’Allemagne et de Suisse, précisément dans la langue du pays24.
18Roques y prône aussi un nouveau système de renvois apte à permettre le passage d’une notice à une autre, puis en vient aux évaluations déformées par des enjeux confessionnels, qu’il veut remplacer par des qualifications neutres.
« Il suffit de retenir, dans un Livre comme celui-ci, ce qu’il y a d’Historique, sans y joindre la qualification de la personne ou de la doctrine selon le sentiment de l’Editeur. Au lieu de dire qu’un tel a apostasié, ne suffit-il pas de dire qu’il a embrassé tel ou tel parti ? Au lieu de dire l’hérésie & les erreurs d’un tel, ne peut on pas se servir des termes de sentiments & d’opinions ? Il faut bien que le Lecteur s’apperçoive que l’Historien a de la Religion par la maniere dont il en parle, & par l’impartialité avec laquelle il écrit ; mais il n’est pas nécessaire que l’on sçache s’il est Catholique Romain, ou Protestant25. »
19Le conflit noué sur la notice sur Calvin exemplifie la rédaction comme activité de révision. Dans l’édition de Paris de 1743, la notice « Calvin », longue de sept colonnes, est divisée en deux parties : après la perspective catholique de la critique, on donne un long extrait du Dictionnaire Historique et Critique de Bayle, introduit par la remarque que « l’equité naturelle demande que l’on écoute les deux parties » [p. (37)]. Dans la même édition, les notices « Calvinisme » (sept colonnes) et « Calvinistes » (une colonne) concluent également que « pour en bien juger, il faut entendre les deux parties » [p. (40)]. Des notices ou des parties de notices parallèles sont ainsi montées pour neutraliser les jugements confessionnels avec un certain équilibre en volume de texte. La notice « Luther » reste en revanche critique vis-à-vis du protestantisme26.
20Auparavant, dans la notice « Calvin » et ses articles contigus, les éditeurs protestants de l’édition de Bâle de 1731 avaient adopté un parti-pris purement défensif, et la version parisienne de 1732 un ton non moins accusateur. L’édition amstellodamoise de 1740 donnait, elle, une présentation peu polémique et relativement détaillée, là où la version amstellodamoise de 1698 n’avait muni le texte catholique que de l’indication que l’on pourrait s’informer autrement chez Bayle. Seule l’ultime édition (Paris, 1759) mit fin à la séparation des notices des années 1740, en s’abstenant d’investir la langue des encyclopédistes tant de la condamnation catholique de l’hérétique et de ses adeptes que d’une défense protestante27. Vu rétrospectivement, ce dernier texte montre que dans la présentation de Jean Calvin (1509-1564), le fondateur de l’Église réformée, il fallut 60 bonnes années pour que se constituât une écriture noticielle susceptible d’être lue de façon supra-confessionnelle, au lieu de la concurrence confessionnelle des notices établie par le cumul des textes.
21Les rédacteurs des encyclopédies préparées pour une édition amendée et augmentée sont appelés en français des « réviseurs », et le résultat de leur travail constitue une « révision ». Les préfaces des éditeurs et rédacteurs laissent transparaître non seulement des stratégies fondamentales de révision du texte – comme on l’a vu jusqu’ici –, mais aussi un fort besoin de stratégies. La sensibilité méthodologique qui accompagne le travail continu sur les notices du Dictionnaire Historique dénote les attentes fortes d’un lectorat dont la demande constante soutint les nombreuses éditions successives. De toute évidence, le Dictionnaire Historique fut une bonne affaire durant de nombreuses décennies, probablement parce qu’il rendait explicite sa dimension européenne et supra-confessionnelle (ill. 4).
Quelques notices : un sondage
22Le recenseur de l’édition de Paris de 1699 remarquait à la suite de sa liste de notices erronées sous la lettre « A » qu’il ne pouvait raisonner qu’à titre d’exemple28. Cela reste vrai aujourd’hui, même si la numérisation des ouvrages rend plus facile une vue d’ensemble29. La progression du travail de rédaction du Dictionnaire Historique ne peut être saisie avec fiabilité que par une comparaison diachronique de notices : c’est seulement là que les changements deviennent patents, et non dans les préfaces. Les trois exemples sélectionnés ci-dessous ont trait à un fleuve, un pays et une ville ; ils se rapportent aux savoirs de l’histoire naturelle, de l’histoire des peuples et de la culture urbaine.
« Amazones, ou Rivières des Amazones »
23Outre une notice sur les femmes guerrières légendaires de l’Antiquité, les Amazones, le Dictionnaire Historique compte d’emblée une entrée sur le fleuve d’Amérique du Sud nommé d’après elles. Les deux notices ne furent toutefois nettement séparées qu’en 1718 : en 1717 encore, la notice sur le fleuve lie maladroitement et sans justification rédactionnelle des assertions sur les Amazones à des informations sur le cours du fleuve30.
24En 1725 ne figure qu’une seule notice, assez longue, sur les « Amazones, ou Rivières des Amazones31 ». L’article sur le fleuve revient dans l’édition de Bâle de 1731 (p. 278-279) et dans les deux éditions identiques de Paris de 1732 (p. 337), de même que dans les éditions ultérieures – Paris 1740 (p. 349), Bâle 1740 (p. 279) et 1743 (p. 252) – et ne fut remanié que dans l’ultime édition de Paris de 1759 (p. 440-441).
25En 1759, on ajoute un deuxième titre aux indications bibliographiques32. Auparavant, on donnait systématiquement les sources suivantes : Johannes de Laet, Nieuwe Wereldt, imprimé chez Elsevier à Leyde en 1625 et (deuxième édition) en 1630, paru en latin sous le titre Novus Orbis à Anvers en 1633 (et ainsi cité) et en français en 1640, indiqué aussi dans la version de Budde 1709 (p. 114-115 ; 2e éd. 1722, p. 134), et en 1726 dans le dictionnaire d’Iselin (p. 147 ; 2e éd. 1729, p. 147 ; 3e éd., p. 343).
26La notice paraît à Leipzig en 1732 dans l’Universal-Lexicon de Zedler, à peine réécrite et légèrement augmentée (t. I, col. 1671-1672), munie de la référence bibliographique supplémentaire à l’Historia natural y moral de las Indias du provincial jésuite José de Acosta de 1590. L’édition espagnole du Moréri publiée à Paris 1753 suit aussi fidèlement le texte français (p. 432), tout en ajoutant dans les références bibliographiques un renvoi à un ouvrage encore plus ancien, la Relacion del rio de las amazonas33.
27Les textes de la notice « Rivières des Amazones » firent donc pour ainsi dire l’objet d’un stockage de longue durée et ne furent amendés que deux fois dans les 85 années de la rédaction du Dictionnaire Historique : en 1718, pour corriger une sorte de maladresse rédactionnelle, et en 1759, en vue d’une meilleure lisibilité. Les références bibliographiques restèrent fortement vieillies. Les traductions en allemand ne furent de même guère modifiées, à l’exception de celles issues de l’Universal-Lexicon de Johann Heinrich Zedler, augmentées et agrémentées des informations de Budde et Iselin.
« Amérique »
28Les notices de pays, dans le Dictionnaire Historique, ont d’emblée la singularité de porter des intertitres qui illustrent le caractère caléidoscopique des informations glanées sur les pays et leur population, l’histoire et la politique, le commerce et la religion, etc.34. De la deuxième édition de 1681 jusqu’en 1717, les sous-titres de la notice « Amérique », sont les suivants : « Si les Anciens ont connu cette partie du monde », « Bornes & situation de l’Amerique », « Division de l’Amerique », « Qualitez du pays », « Mœurs des peuples », « La Religion », « Auteurs qui parlent de l’Amerique ».
29En 1718 – de même que dans les éditions successives de Paris 1725, Bâle 1731, Paris 1732 et Amsterdam 1740 –, on inséra un nouvel intertitre (« Origine des Ameriquains ») et un texte d’une trentaine de lignes sans références bibliographiques. On y discute des origines possibles du peuplement du continent américain – issu de plusieurs liaisons terrestres anciennes depuis l’Asie et l’Europe, ou maritimes depuis l’Afrique. Un certain Alfons Sanchez est censé avoir récemment dérivé en bateau par vent fort de l’Afrique vers l’Amérique, ce qui donnerait quelque crédit à cette dernière possibilité de peuplement. Le paragraphe s’achève sur la thèse tout aussi peu fondée d’un peuplement à une époque antérieure provenant tant d’Europe que d’Asie.
30Dans l’ultime édition de 1759, tous les intertitres sont réduits aux intitulés « Description géographique de l’Amérique », « Origine des Ameriquains », « Mœurs des peuples », « Archevêchés et Évêchés d’Amérique », « Auteurs qui parlent de l’Amérique ». Par rapport aux versions précédentes, les textes font l’objet d’un travail rédactionnel léger et sont dans l’ensemble abrégés. Toujours néanmoins, on commence par le débat sur la question de la connaissance de l’Amérique par les Anciens. Tous les textes du Dictionnaire Historique avancent une citation de Christophe Colomb évoquant la prédiction, dans un texte antique, de la découverte d’un nouveau continent. La citation est imprimée en vers métriques et mise en exergue : elle saute immédiatement aux yeux, tout comme les intertitres, en général isolés par une ligne blanche avant et après.
31Les notices allemandes sur l’Amérique sont toutes plus brèves que les entrées du Dictionnaire Historique et se contentent sur ce point de relever que le nouveau continent était vraisemblablement inconnu dans l’Antiquité. Il y a tout lieu de penser qu’elles furent conçues comme des traductions du Dictionnaire Historique. Les versions allemandes restent inchangées de Budde 1709 (p. 118-119) – via Budde 1722 (p. 139) – à Iselin 1726 (p. 152-153), 1729 (p. 153) et 1742 (p. 354-35535). Ainsi demeurèrent identiques, durant toute la première moitié du xviiie siècle, deux phrases qui dénotaient une attitude européenne défensive : « les peuples américains sont invariablement sauvages, cruels, perfides et de mauvaise composition ; les plus moraux parmi eux étaient les habitants dudit Pérou », et à la fin de la conclusion, « tous les Indiens convertis sont attachés à la religion de leurs maîtres et conquérants ».
32L’Universal-Lexicon fit lui aussi manifestement recopier la notice « America » de Budde en l’assortissant de variations. La phrase stéréotype « les peuples américains sont invariablement sauvages, cruels, perfides et de mauvaise composition » (ainsi Iselin 1742, vol. 1, p. 354) devient dans l’Universal-Lexicon : « Les Américains indigènes sont avant toute chose tous très perfides, sauvages, cruels et d’une morale très mauvaise » (vol. 1, col. 1723)36. La fin de la notice est fortement enrichie dans l’Universal-Lexicon. La phrase finale usuelle est d’abord modulée et expliquée : « Il faut encore noter sur ce point que tous les Indiens convertis sont attachés à la religion que professent leurs maîtres ou leurs conquérants, c’est-à-dire que les sujets des Espagnols sont catholiques, et ceux des Anglais réformés » (t. I, col. 1724). Suit un passage sur le climat et sur la flore, où l’on parle aussi de la nourriture indienne (t. I, col. 1724-1725).
33Il est frappant de constater à quel point les entrées sur l’Amérique furent peu modifiées ; comme pour l’Amazone, on ne relève des retouches rédactionnelles qu’en 1718 et 1759. Les textes allemands peuvent être considérés comme équivalents : ils avancent les mêmes arguments et références, à l’exception de l’Universal-Lexicon, plus libre dans ses reformulations et donnant des conseils culinaires additionnels. Les versions françaises maintinrent longtemps des citations dans le texte (ainsi quant à la question de la connaissance de l’Amérique dans l’Antiquité), par là des éléments érudits de la culture littéraire. Elles introduisaient aussi un peu de débat et de spéculation avec le paragraphe non informatif mais argumentatif sur l’origine des Américains. L’usage de l’encyclopédie comme dictionnaire de conversation y est manifeste, tout autant que le manque de standardisation dans les relations entre matière et exhaustivité.
« Amsterdam »
34Les articles sur des villes sont, dans les encyclopédies du xviiie siècle, un genre littéraire nouveau apte à unir divers points de vue et donner des informations surtout pragmatiques. Les encyclopédies économiques et les dictionnaires de commerce donnent de préférence des indications exploitables concrètement pour des lecteurs qui ne restent pas vissés dans leur fauteuil. Cela semble constituer une tradition plutôt allemande que française, les dictionnaires francophones – ainsi le Dictionnaire universel de commerce (Genève 1744) – étant plus systématiques qu’alphabétiques et ne contenant pas de notices de villes.
35Il en va autrement dans l’espace germanophone où le Curiöses und reales Natur-Kunst-Berg-Gewerck- und Handlungs-Lexicon (Lexique curieux et réel des choses de la nature, de l’art, des mines, des métiers et du commerce), par exemple, traite d’Amsterdam sur trois pages (Leipzig 1755, p. 87-89), ou l’Eröffnete Akademie der Kaufleute (Académie ouverte des négociants) expose la ville hollandaise en 44 colonnes munies de nombreux détails sur les techniques de facturation pour les visiteurs intéressés par le négoce (Leipzig 1767, col. 395-639).
36L’histoire de la rédaction du Dictionnaire Historique est peu mouvementée quant à l’entrée sur Amsterdam, puisque de la première édition hollandaise du texte français de 1692 jusqu’en 1740 – en passant par celles de 1702 et 1717, également publiées en Hollande –, le texte reste identique (p. 155-156, même en partie imprimé à l’identique37). Deux poèmes, indentés et mis en relief, y procèdent à l’éloge de la ville. Le texte est agrémenté de deux titres38 – « Du Gouvernement de la Ville d’Amsterdam » et « De la Banque et des Revenus d’Amsterdam » –, augmentés dans l’ultime édition de 1759 d’un nouveau rajout, « L’ecole illustre d’Amsterdam », lequel repose sur deux descriptions historiques de 1733 de l’Athenaeum Illustre d’Amsterdam fondé en 1631, considéré comme un précurseur de l’université.
37La longueur relative de la notice sur Amsterdam est réduite d’un quart environ dans les éditions de Paris et de Bâle, lesquelles coupent aussi les poèmes. Il en va de même dans les éditions de Paris 1718 (p. 288-289), Bâle 1731 (p. 310-311), Paris 1732 (p. 375-376) et Bâle 1740 (d’impression identique à Bâle 1731). Presque partout, les notices s’appuient sur une source du xviie siècle : la Historische Beschryving der Stadt Amsterdam d’Olfert Dapper (Amsterdam 1663) de plus de 600 pages.
38La notice « Amsterdam » de l’Universal-Lexicon n’est identique que par passages. Elle contient des ajouts spécifiques sur l’histoire et la constitution, et commente moins qu’elle ne décrit. En lieu et place de la phrase finale sur la tolérance religieuse (t. I, col. 1809-1812) est placé un développement pragmatique : « La fortification de la ville n’a pas été édifiée par l’art, mais sa situation naturelle et les écluses par lesquelles la ville et la région environnante peuvent être mises sous eau en peu d’heures la rendent presque invincible » (t. I, col. 1812).
39Comme dans l’exemple « Amérique », le cas d’« Amsterdam » montre la lenteur du processus rédactionnel, qui se développa sans grands sauts. Les références bibliographiques sont souvent très anciennes et la description « historique » agrémentée de poésies encomiastiques, suit plus une pratique érudite qu’une écriture encyclopédique tournée vers une application pratique. Le genre du dictionnaire de conversation, éminent surtout en Allemagne et dans lequel il faut du point de vue stylistique ranger l’Universal-Lexicon, continue à développer le type de l’article de villes et fait de lui, à côté des notices de pays, une caractéristique de l’écriture encyclopédique. Celle-ci met en communication la bibliothèque des connaissances fondamentales et la curiosité changeante du lectorat, en amalgamant des ressources de provenance diverse.
Les transferts savants en format encyclopédique : trois conditions préalables
40En 1681, dans sa lettre de dédicace au roi, Parayre, un rédacteur du Dictionnaire Historique, le qualifiait de « mélange curieux de l’histoire sacrée et profane », et l’affirmait « maintenant achevé ». Il s’ensuivit une histoire de remaniements et continuations jusqu’en 1759, au terme de laquelle le Dictionnaire Historique avait crû d’un tome à dix volumes, complété tour à tour par des catholiques et des protestants. Simultanément, le contenu de cet ouvrage était manipulé par les techniques de rédaction et de traduction. La profusion des notices rend difficile une présentation approfondie de ces opérations complexes. On peut néanmoins distinguer trois prérequis dont dépendent les transferts de savoir en format encyclopédique.
Les encyclopédies sont liées de façon parasitaire au marché du livre
41Tandis que les encyclopédies des xvie et xviie siècles reconnaissent ouvertement leur caractère parasitaire et sont assez souvent munies, en tête d’ouvrage, d’une liste de tous les livres utilisés39, les dettes intellectuelles, au xviiie siècle, ne sont plus acquittées qu’indirectement et individuellement. Le plus souvent, on ajoute des références bibliographiques à la fin des articles concernés, comme l’explique le rédacteur du volume de Supplément parisien du Dictionnaire Historique de 1689 : « A l’égard des citations, il faut remarquer que l’on a nommé à la fin des Articles les Auteurs dont ils sont tirés ; & que l’on pourroit consulter, si ce qui est extrait ne satisfaisoit entierement40. » D’une façon ou d’une autre, la qualité de tout dictionnaire dépend de l’intensité de sa prise en compte et de son exploitation du marché du livre.
42L’écriture encyclopédique présuppose une lecture abondante de documents plus ou moins contemporains puisqu’elle rassemble des informations tirées assez souvent de plusieurs textes ou de genres de textes, ou de textes en plusieurs langues. Les livres authentifient des expériences que l’on ne peut pas faire soi-même :
« S’il étoit possible de tout voir par soi-même, de tout éxaminer, de tout vérifier, nous convenons que l’on ne se tromperoit que très-rarement ; mais cet éxamen entier, cette discussion éxacte, cette vérification totale sont plus à desirer que pratiquables, quand il est question de faits aussi multipliés, aussi variés qu’il s’en trouve dans un ouvrage tel que celui que nous donnons41. »
43Si les livres doivent présenter le savoir, la tâche des encyclopédies consiste à transférer sous forme de notice le contenu d’autres ouvrages écrits dans le format du livre. Les encyclopédies tronquent le savoir – à condition qu’il ait été préalablement développé.
Les encyclopédies rédigent leurs sources
44Connaître la source d’une information ne signifie pas pouvoir la consulter immédiatement. Lorsqu’Iselin présente en 1724 un prospectus annonçant un dictionnaire historique, il écrit sur la page de titre qu’il veut tirer des informations « de tous les dictionnaires édités jusqu’à présent et traitant des mêmes matières, aussi des textes historiques et géographiques sûrs42 ». Cela présuppose une certaine infrastructure. L’extension du commerce du livre à toute l’Europe et la ramification des bibliothèques locales facilitaient de fait au xviiie siècle l’obtention de textes fiables. Dès avant 1700, Pierre Bayle pouvait recourir à de nombreux articles de périodiques43.
45La vocation de toute encyclopédie est de donner aux lecteurs une grande bibliothèque idéale et de servir d’instrument pour la consultation immédiate, ce qu’ambitionnaient aussi les rédacteurs du Dictionnaire Historique :
« En effet, le veritable usage de ce Dictionaire est, pour s’instruire à l’instant sur toutes sortes de Sujets considerables, ou d’Histoire, ou de Science, que l’on ne trouve point ailleurs, ou que l’on ne pourrait trouver qu’aprés une recherche ennuyeuse, & dans les Livres qui en parlent d’une maniere fort étenduë : outre qu’il faudroit avoir en sa disposition des Bibliotheques les plus fournies, pour y chercher ce que l’on souhaite de sçavoir44. »
46Les ouvrages encyclopédiques transfèrent le savoir selon sa pertinence. Précisément, en tant que bibliothèques condensées, ils doivent éliminer les divergences et couper les digressions. C’est ainsi que l’on doit comprendre les efforts pour désamorcer les différences confessionnelles (avec deux notices de perspectives différentes sur le même sujet) et tailler les citations. Les encyclopédies sont des recueils qui condensent le savoir ; elles doivent tout au travail rédactionnel – d’où leur incapacité à promouvoir des thèses et des théories. Toutes les notices sont préparées en vue de leur consultation par des lecteurs différents et gagnent leur autorité par une sorte de neutralité ou impartialité.
Les encyclopédies respectent les intérêts des lecteurs
47La curiosité des lecteurs d’encyclopédies n’est pas aiguillonnée par la seule quête de la vérité dans le dédale des traditions ; elle est également étroitement liée à la curiosité des lecteurs de journaux. Les encyclopédies voulaient se situer en dessous du seuil du savoir érudit tout en restant au-dessus du simple colportage des nouvelles, comme le disait le Bâlois Pierre Roques : « Il y a un milieu fort loüable entre une crasse ignorance & une science consommée45. » Ceux qui fournissaient les informations dans la société de la connaissance du xviiie siècle ne découvrirent assurément pas les premiers cette voie moyenne, mais ils la proclamèrent vraisemblablement les premiers ouvertement.
48Anticiper l’intérêt des lecteurs, cela signifie aussi ne pas en rester au savoir particulier et ne servir aucune préférence. La première préface du Supplément parisien de 1689 le dit sans ambages : « [que] chacun ne veut presque que des Livres & des Sujets de sa profession ou de son goût46 ». Ce sont avant tout des intérêts de gens de métier qui sont ici désignés : les historiens ne cherchent pas les mêmes informations que les géographes, les théologiens que les juristes. Dans la deuxième préface, on ajoute que l’ouvrage ne doit en aucune façon ne plaire qu’aux érudits en leur permettant de rafraîchir leur savoir, mais aussi à ceux « qui aiment la lecture pour leur plaisir ou pour s’entretenir dans les belles Conversations, y trouveront dequoy se satisfaire sur une infinité de sujets47 ». C’est en des termes similaires que Budde, dans sa préface de 1709, prône le Moréri contre les ouvrages érudits et souligne que le Dictionnaire Historique est « conçu de telle façon que même les personnes qui ne font pas profession des études et s’occupent de l’histoire récente puissent s’en servir48 ».
49Capter l’intérêt des lecteurs : on peut considérer que la longue série d’éditions du Dictionnaire Historique avec ses 128 volumes au long de 85 années satisfit cette troisième condition préalable au travail encyclopédique. Dans quelle mesure les deux autres prérequis de l’écriture encyclopédique – la prise en considération adéquate de la bibliographie spécialisée et le travail d’équilibrage rédactionnel – furent-ils été réalisés ? Un tel questionnement doit être reporté à des recherches ultérieures sur cette première encyclopédie véritablement européenne, qui les aurait méritées de longue date.
Bibliographie chronologique du Grand Dictionnaire Historique
50Pour les titres complets, on se reportera à [www.enzyklothek.de] (consulté le 4 mai 2018).
| Sigles utilisés dans les citations (avec date d’édition) | Année | Nombre de volumes (S= Suppl.) | Lieu d’impression et éditeur (ces derniers dans leur orthographie originale) |
| DH 1 Lyon 1674 | 1674 | 1 | Lyon, Jean Girin & Barthelemy Riviere |
| DH 2 Lyon 1681 | 1681 | 2 | Lyon, Jean Girin & Barthelemy Riviere |
| DH 3 Lyon 1683 | 1683 | 2 | Lyon, Jean Girin & Barthelemy Riviere Paris, Denis Thierry |
| DH 4 Lyon 1687 | 1687 | 2 | Lyon, Jean Girin & Barthelemy Riviere |
| DH 5 Lyon 1688 | 1688 | 2 | Lyon, Jean Girin & Barthelemy Riviere |
| DH Suppl. Paris 1689 | 1689 | 1S | Paris, Denys Thierry |
| DH 6 Utrecht 1692 | 1692 | 4 | Utrecht, Francois Halma & Guillaume van de Water Leyden, Pierre van der Aa Amsterdam, Pierre Mortier |
| DH 7 Amst. 1694 | 1694 | 4 | Amsterdam, Boom & Van Someren, Pierre Mortier, Utrecht : Henri Desbordes La Haye, Guillaume van de Water Adrian Moetjens |
| DH Angl. 1701 | 1701 | 2 | London, Thomas Newborough ; the assigns of L. Meredith ; and Elizabeth Harris |
| DH 8 Amst. 1698 | 1698 | 4 | Amsterdam, George Gallet |
| DH 9 Paris 1699 | 1699 | 4 | Paris, Pierre Hérissant |
| DH 10 Amst. 1702 | 1702 | 4 | Amsterdam, La compagnie des libraires |
| DH Angl. 1703 | 1703 | 2 | London, J. Hartley, W. Turner, and Th. Hodgson |
| DH 11 Paris 1704 | 1704 | 4 | Paris, Jean Baptiste Coignard |
| DH Suppl. Angl. 1705 | 1705 | 2S | London, Henry Rhodes, Thomas Newborough |
| DH 12 Paris 1707 | 1707 | 4 | Paris, Denys Mariette |
| Budde 1709 | 1709 | 5 | Leipzig, Thomas Fritsch |
| DH 13 Paris 1712 | 1712 | 5 | Paris, Jean Baptiste Coignard |
| DH Suppl. Paris 1714 | 1714 | 1S | Paris, Denys Mariette |
| Sigles utilisés dans les citations (avec date d’édition) | Année | Nombre de volumes (S= Suppl.) | Lieu d’impression et éditeur (ces derniers dans leur orthographie originale) |
| DH Suppl. Amst. 1716 | 1716 | 1S | Amsterdam, Pierre Brunel, R & G. Wetstein, David Mortier, Pierre de Coup La Haye, Adrian Moetjens, l. & H. Van Dole Utrecht, Guillaume van de Water |
| DH 14 Amst. 1717 | 1717 | 10 | Amsterdam, Pierre Brunel, R & G. Wetstein, David Mortier, Pierre de Coup La Haye, Adrian Moetjens, l. & H. Van Dole Utrecht, Guillaume van de Water |
| DH 15 Paris 1718 | 1718 | 5 | Paris, Denis Mariette |
| DH Suppl. Angl. 1721 | 1721-27 | 2S | London, Geo. James ; and sold by R. Sare and F. Gyles ; B. and S. Tooke ; G. Strahan ; W. Taylor ; J. Bowyer, and W. and J. Innys |
| Budde 1722 | 1722 | 2 | Leipzig, Thomas Fritsch |
| DH 16 Amst. 1724 | 1724 | 4 | Amsterdam, Pierre Brunel, R & G. Wetstein, Janssons-Waesberge, Pierre de Coup La Haye, La Veuve d’Adrien Moetjens, La Veuve de H. Van Dole Utrecht, Guillaume vande Water |
| DH 17 Paris 1725 | 1725 | 6 | Paris, Denis Mariette |
| DH Holl. 1725 | 1725-33 | 10 | Amsterdam, Brunel, Wetsteins, Janssons-Waesberge, de Coup, Humbert La Haye, Willem van de Water Leiden, Samuel Luchtmans S’Gravenhage, De Weduwe A. Moetjens, van Dole, Vaillant |
| Iselin 1726 | 1726-27 | 4 | Basel, Johann Brandmüller |
| Iselin 1729 | 1729 | 4 | Basel, Johann Brandmüller |
| Budde 1730 | 1730-32 | 4 | Leipzig, Thomas Fritschens sel. Erben |
| DH 18 Bâle 1731 | 1731 | 6 | Basel, Jean Brandmuller |
| DH 19 Paris (Mercier) 1732 | 1732 | 6 | Paris, Pierre-Augustin Le Mercier |
| DH 20 Paris (Vincent) 1732 | 1732 | 6 | Paris, Jacques Vincent |
| DH Suppl. Paris 1735 | 1735 | 2S | Paris, La Veuve Le Mercier, Jacques Vincent, Jean-Baptiste Coignard & Antoine Boudet |
| Sigles utilisés dans les citations (avec date d’édition) | Année | Nombre de volumes (S= Suppl.) | Lieu d’impression et éditeur (ces derniers dans leur orthographie originale) |
| DH 21 Amst. 1740 | 1740 | 8 | Amsterdam, P. Brunel, R. Wetstein, La Veuve de P. de Coup & G. Kuyper, F. l’Honoré & Fils, P. Humbert, Z. Charelain, H. Uytwerf, F. Changuion, J. Wetstein & G. Smith, P. Mortiere & J. Catuffe Leyde, Luchtmans & C. Haak La Haye, P. Gosse, J. van Duren, J. Néaulme, A. Moetjens, G. Block, & A. van Dole Utrecht, E. Néaulme |
| DH 22 Bâle 1740 | 1740 | 6 | Basel, Jean Louis Brandmuller |
| Iselin 1742 | 1742-44 | 8 | Basel, Johannes Brandmüller Aelter seel. Erben |
| DH Suppl. All. 1742 | 1742 | 1S | Basel, Johannes Brandmüller Aelter seel. Erben |
| DH 23 Paris 1743 | 1743-49 | 8 | Paris, François Pitteri |
| DH Suppl. Bâle 1743 | 1743-45 | 3S | Basel, La Veuve de Jean Christ |
| 1746 | 10 | Venezia, Benedetto Milocco | |
| DH Suppl. Paris 1749 | 1749 | 2S | Paris, Jacques Vincent, J. B. Coignard & A. Boudet, P. G. Le Mercier, J. Desait & Ch. Saillant, Jean-Thomas Herissant |
| DH Esp. 1753 | 1753 | 8 | Paris, Los Hermanos de Tournes |
| DH 24 Paris 1759 | 1759 | 10 | Paris, Le Mercier, Desaint & Saillant, Jean-Thomas Herissant, Boudet, Vincent, Le Prieur |

Ill. 4. – Louis Moréri (dir.), Le grand dictionnaire historique, éd. Bâle, 1731. Universitätsbibliothek Leipzig.
L’édition de Bâle de 1731 énumère, outre Moréri comme auteur originel (catholique), les (réformés) Pierre Bayle et Jean Le Clerc comme coauteurs, soulignant la dimension européenne du Dictionnaire presque soixante ans après la première édition.

Ill. 5. – Portrait de Louis Moréri, Universitätsbibliothek Leipzig.
Notes de bas de page
1 Voir Miller Arnold, « Louis Moréri’s Grand dictionnaire historique », in Frank A. Kafker (dir.), Notable Encyclopedias of the 17th and 18th centuries, Oxford, The Voltaire Foundation, coll. « Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, 194 », 1981, p. 13-52 ; Miller dénombre 24 éditions, comme le fait la bibliographie des éditions françaises jointe en annexe (avec une liste des traductions). Les termes français et allemand renvoient ici à des cultures, et non des pays ; ils sont donc synonymes de francophone et germanophone.
2 Dictionnaire Historique, Suppl. Bâle, 1743, t. I, préface p. (11), par la suite noté DH. Voir en tableau annexe la liste des sigles et utilisés ici et par la suite.
3 Iselin déclarait de façon programmatique dans sa préface de 1724 au début du premier volume de son dictionnaire (« Project, das in vorstehendem Titul angezeigte Historisch-Geographische allgemeine Lexicon durch Subscriptiones zu drucken ») dans le deuxième paragraphe : l’ouvrage est « une imitation du dictionnaire sensiblement de même titre et de même contenu traduit en allemand en Saxe il y a quelques années d’après Moréri, Bayle, Hoffmann etc. ».
4 DH Suppl. Paris 1749, avertissement, p. (1).
5 DH Suppl. Paris 1689, t. I, préface, p. (3).
6 DH 1 Lyon 1681, t. I, préface de Parayre (datée du 2-1-1681), « Au Roy », p. (2).
7 DH Suppl. Amst. 1716, Préface, n° 5. Quelques personnes vivantes ont pourtant été intégrées dans les éditions parisiennes antérieures.
8 Ibid., n° 6.
9 DH 6 Utrecht 1692, t. I, Avis, p. (1).
10 DH Suppl. Amst. 1716, Préface, n° 3. Dans des éditions antérieures à 1700, on tenta d’indiquer les ajouts par des crochets ; voir DH 6 Utrecht 1692, t. I : « Avis au lecteur sur cette sixième édition », p. (2) ; Nouvelles de la République des lettres, février 1700, p. 214.
11 Voir Schneider Ulrich Johannes, Die Erfindung des allgemeinen Wissens. Enzyklopädisches Schreiben im Zeitalter der Aufklärung, Berlin, Akademie Verlag, 2013.
12 Le Clerc Jean, Bibliothèque universelle et historique, 25 t., Amsterdam, Wolfgang et al., 1686-1693 ; id., Ars Critica, 2 t., Amsterdam, George Gallet, 1697. Voir Le Brun Jacques, « Jean Le Clerc », in Jean-Pierre Schobinger (dir.), Grundriss der Geschichte der Philosophie : Die Philosophie des 17. Jahrhunderts, t. II : Frankreich und Niederlande, Bâle, Schwabe, 1993, p. 1018-1024.
13 Sur Bayle et son dictionnaire, voir Gawlick Günter et Kreimendahl Lothar, « Einleitung », in ibid. (dir.), Pierre Bayle, Historisches und kritisches Wörterbuch, 2 t., Hambourg, Meiner, 2003, p. ix-lxxxii ; Paia Gregorio, « Pierre Bayle (1647-1707) », in Francesco Bottin, Mario Longo et Gregorio Paia (dir.), Storie delle storie generali della filosofia, t. II : Dall‘età cartesiana a Brucker, Brescia, La Scuola, 1979, p. 112-157.
14 DH 6 Utrecht 1692, t. I : « Avis au lecteur sur cette sixième édition », p. (1).
15 Le Dictionnaire Historique et Critique de Pierre Bayle (imprimé d’abord en deux volumes à Amsterdam chez Reinier Leers en 1697) eut de nombreuses rééditions, continument augmentées : 1702, 1715, 1720, 1730, 1734, 1738, 1740, 1741. Il parut en allemand sous le titre Historisches und Critisches Wörterbuch, 4 t., Leipzig, Breitkopf, 1741-1744. Base de données interrogeable de l’édition de 1740 : [http://artfl-project.uchicago.edu/node/60].
16 DH 6 Utrecht 1692, t. I : « Avis au lecteur sur cette sixième édition », p. (1).
17 Ibid., p. (14), n° 6 (lettre E).
18 Ibid., p. (14), n° 4 (lettre P).
19 Ibid., p. (21), n° 5.
20 Voir Longo Mario, « Joh. Franz Buddeus (1667-1729) », in Francesco Bottin, Mario Longo et Gregorio Piaia (dir.), op. cit., p. 373-406.
21 Le fils de Roques, Jean-Christophe Roques (1723-avant 1791), aurait importé des notices de dictionnaires allemands, notamment de l’Universal-Lexicon de Zedler. Voir DH Suppl. Bâle 1743, t. I, préface, dernière note de bas de page (a).
22 Buxtorff a aussi collaboré au Nouveau Dictionnaire François-Allemand édité par Johann Theodor Jablonski (sous le pseudonyme Pierre Rondeau), d’abord Leipzig, Gleditsch, 1711, puis Leipzig et Francfort, not. 1731, 1740, Bâle, Mechel, 1739, etc.
23 Budde 1709, t. I, p. (7) ; Iselin 1726, t. I, préface, p. 1-32.
24 Budde 1709, t. I, p. (11). C’est dans les mêmes termes qu’argumente une édition italienne (non parue), comme on peut le déduire des Neue Zeitungen von Gelehrten Sachen auf das Jahr 1742 (Nouvelles de choses savantes pour l’année 1742), Mai, n° 46, p. 315 : le libraire vénitien Franz Pitteri exprime sa volonté d’« insérer diverses notices actuelles notamment sur l’Italie ». Un projet fut réalisé en 1746-1751 : le Nuovo dizionario scientifico e curioso sacro-profano, édité par Gianfranceso Pivati (1689-1764) et imprimé chez Benedetto Milocco à Venise.
25 DH Suppl. Bâle 1743, t. I, préface, n° 6, p. (15-16).
26 Voir Miller, Grand dictionnaire historique, op. cit., p. 40-43.
27 DH 24 Paris 1759, t. III, p. 80-81, p. 81-86.
28 Nouvelles de la République des Lettres, op. cit., p. 233-234.
29 Voir [www.enzyklothek.de], consulté le 4 mai 2018, avec les éditions du Dictionnaire Historique et leur disponibilité sous forme électronique.
30 DH 10 Amst. 1702, p. 138, 19 lignes ; l’édition de 1717 est composée à l’identique.
31 DH 17 Paris 1725, p. 358 (une colonne) ; l’entrée sur les Amazones est aussi plus longue qu’auparavant, voir DH 17 Paris 1725, p. 357 (une colonne).
32 Acuña Cristóbal de, Nuevo descubrimiento del gran rio de las Amazonas. Al qual fue, y se hizo por orden de su Magestad, el año de 1639, por la provincia de Quito en los Reynos del Perú (Madrid, Imprenta del Reyno 1641), en français : Relation de la rivière des Amazones (Paris, C. Barbin, 1682).
33 En sus de l’ouvrage de Cristóbal de Acuñas, il pourrait s’agir de la Relación del nuevo descubrimiento del Río Grande de las Amazonas (1541-1542), rééditée par Gaspar de Carvajal, Guayaquil, Gobierno del Ecuador, 1992.
34 Voir Schneider Ulrich Johannes, Die Erfindung des allgemeinen Wissens, op. cit., p. 119-121.
35 Budde 1730 (p. 171) ajoute à titre de preuve Martiniere (i. e. Antoine-Augustin Bruzen de La Martinière [1683-1746], dont le Grand Dictionnaire Geographique et Critique parut à partir de 1726 en dix volumes à La Haye puis fut augmenté et en 1744-1749 traduit en allemand) ; l’indication est à nouveau omise dans Iselin 1742.
36 Voir Miller, Grand dictionnaire historique, qui analyse la notice « Amérique » dans l’édition d’Amsterdam de 1740, op. cit., p. 32-34.
37 Un examen rapide révèle les deux aspects : aussi bien la réutilisation de feuilles imprimées antérieurement (avec les mêmes numéros de pages et signatures de feuillets) que le changement de la mise en page sur l’ancien modèle (avec des coupures différentes et d’autres menus indices d’une réimpression avec structuration identique des pages).
38 Au début, le texte est encore divisé en deux parties ; les titres n’apparaissent que dans la deuxième partie.
39 Ainsi par exemple, Tomaso Garzoni dans sa Piazza universale, parue d’abord en latin à Venise en 1585, et traduite en allemand sous le titre Allgemeiner Schaw-Platz oder Marckt und Zusammenkunft aller Professionen, Francfort-sur-le-Main, Jennis, 1619 (une des cinq versions allemandes).
40 DH Suppl. Paris 1689, préface, p. (3).
41 DH Suppl. Paris 1749, t. I, p. (2).
42 « aus allen vorhin ausgegebenen und von gleichen Materien handlenden Lexicis, auch anderen bewährten Historisch- und Geographischen Schrifften » (page de titre).
43 Voir la reconstruction de la méthode de travail de Bayle par Vermeir Koen, « The Dustbin of the Republic of Letters. Pierre Bayle’s “Dictionnaire” as an Encyclopedic Palimpsest of Errors », Journal of Early Modern Studies, n° 1, 2012, p. 109-150, notamment p. 137-147.
44 DH Suppl. Paris 1689, préface, p. (3).
45 DH Suppl. Bâle 1743, préface, p. (2).
46 DH Suppl. Paris 1689, préface, p. (3).
47 DH Suppl. Paris 1689, « Le Libraire au Lecteur ».
48 Budde 1709, t. I, p. (3).
Auteurs
-
Claire Gantet
(trad.)
Professeure d’histoire moderne à l’université de Fribourg (Suisse) depuis 2015 et actuellement présidente de la Société suisse pour l’étude du xviiie siècle (SSEDS/SGEAJ), après avoir été maître de conférences à l’université Paris 1 et collaboratrice scientifique de l’Académie des sciences et lettres de Göttingen dans un projet de recherche sur les périodiques savants de l’Aufklärung. Ses recherches portent actuellement sur le rêve à l’époque moderne (circulations des savoirs et pratiques liées au rêve, somnambulisme magnétique) et sur les périodiques savants (Leibniz et la presse savante, périodiques des années 1780-1820). Ses dernières monographies : Der Traum in der Frühen Neuzeit. Ansätze zu einer kulturellen Wissenschaftsgeschichte, Berlin/New York, 2010 ; avec Christine Lebeau, Le Saint-Empire, 1500-1800, Paris, 2018. Parmi ses derniers recueils collectifs : avec Kirstin Buchinger et Jakob Vogel (dir.), Europäische Erinnerungsräume. Zirkulationen zwischen Frankreich, Deutschland und Europa, Francfort-sur-le-Main, 2008 ; avec Flemming Schock (dir.), Zeitschriften, Journalismus und gelehrte Kommunikation im 18. Jahrhundert. Festschrift für Thomas Habel, Brême, 2014.
-
Ulrich Johannes Schneider
Directeur de la bibliothèque universitaire de Leipzig et professeur à l’Institut des sciences de la culture de l’université de Leipzig. Ses recherches portent sur l’histoire de la philosophie, sur l’encyclopédisme et sur l’histoire du livre et des bibliothèques. Ses dernières parutions : Die Erfindung des allgemeinen Wissens. Enzyklopädisches Schreiben im Zeitalter der Aufklärung (Berlin, 2013), Les arts du texte. La révolution du livre autour de 1500 (Darmstadt, 2016). Pour plus de renseignements, voir ujschneider.de.
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Un constructeur de la France du xxe siècle
La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)
Pierre Jambard
2008
Ouvriers bretons
Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968
Vincent Porhel
2008
L'intrusion balnéaire
Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)
Johan Vincent
2008
L'individu dans la famille à Rome au ive siècle
D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan
Dominique Lhuillier-Martinetti
2008
L'éveil politique de la Savoie
Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)
Sylvain Milbach
2008
L'évangélisation des Indiens du Mexique
Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)
Éric Roulet
2008
Les miroirs du silence
L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934
Patrick Bourgalais
2008
