• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16588 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16588 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires de Rennes
  • ›
  • Histoire
  • ›
  • La France en guerre
  • ›
  • Deuxième partie. Filiations, décalages e...
  • ›
  • Sens de l’histoire et sentiment national...
  • Presses universitaires de Rennes
  • Presses universitaires de Rennes
    Presses universitaires de Rennes
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral L’approche par l’événement : les fausses évidences d’un constat positiviste La clef de l’inversion : subir un déclassement historique Notes de bas de page Auteur

    La France en guerre

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Sens de l’histoire et sentiment national. Quelles années terribles ? (Isère, 1814-1815)

    Aurélien Lignereux

    p. 179-192

    Texte intégral L’approche par l’événement : les fausses évidences d’un constat positiviste Un département sur la frontière de la guerre De l’inventaire à l’évaluation intime La clef de l’inversion : subir un déclassement historique D’occupants à envahis : un espace qui se rétrécit Ordre social, dessein divin et salut de la nation : le choc des paradigmes Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1La cause semble entendue : avec deux invasions, l’expérience douloureuse et humiliante de l’occupation étrangère, la menace de la guerre civile et le contrecoup de la Terreur blanche, rien de plus terrible pour les Français que cette année 1814-1815. Or, pour le dire d’emblée et de façon abrupte, n’est-ce pas là un récit tissé de fil blanc, ou plus exactement de fil bleu-blanc-rouge, que ce récit identifiant les périls de la nation née de la Révolution à une catastrophe historique, au-delà des souffrances endurées par les individus ? Entreprendre d’appliquer l’expression hugolienne d’année terrible, avec tout ce qu’elle a de républicaine et de patriotique, aux situations de 1814-1815 se révèle être un exercice périlleux voire vertigineux au sens où il expose l’historien à douter de ses propres certitudes. Trois obstacles se dressent en effet dès lors que l’on sort l’expression de son contexte, mais, pour les éviter, on risque de procéder à des écarts difficiles à assumer. D’une part, la tentation de l’analogie et par là le risque de l’anachronisme. D’autre part, la caution positiviste, dans la mesure où l’inventaire des malheurs du temps ne livre pas en lui-même le sens de telles expériences ni la portée que leur ont donnée ceux qui les ont vécues. Enfin, qualifier de terrible cette séquence, n’est-ce pas répercuter une vision dominante de l’histoire, celle des vainqueurs d’hier et de demain, momentanément mis à mal dans le présent des années 1814-1815 ? Assurément, dans une perspective libérale et nationale – en un mot, patriote –, ce fut alors une crise éprouvante et que le cours ultérieur du xixe siècle fera apparaître comme une régression, mais n’est-ce pas verser dans la téléologie ? L’historiographie de la Restauration a su procéder « à rebrousse-poil » et saura sans doute livrer à terme une authentique « histoire des possibles1 ». On ne se placera pourtant pas sur le plan des futurs entrevus en 1814-1815 et finalement non advenus, à la façon dont Yves-Marie Bercé avait vu se profiler l’ombre d’une politique populaire à la faveur de la vacance du pouvoir en 1813-18142.

    2Quelle histoire livrer en définitive ? L’historien se trouve écartelé entre la gravité des faits qu’il reconstitue, ce qu’en disaient sur le coup les contemporains et le sens qui s’imposera. Il y a des décalages non seulement selon les individus, en fonction de leur appartenance sociale, de leur exposition aux dommages ou de leurs valeurs politiques, mais encore entre les sources au gré du changement des situations d’énonciation. Bref, pour qui et en vertu de quelle grille 1814-1815 est-elle à considérer comme terrible ? C’est en souligner la nature clivante. Nous irons résolument à l’écoute de la cacophonie des réactions des contemporains au-delà du bruit assourdissant des événements. Cela suppose le cadre restreint d’une histoire localisée. Sans doute est-ce là une limite tant les conclusions paraîtront réversibles vues de l’Ouest vendéen ou écrites d’Alsace. L’inconvénient est somme toute mineur puisque la différence est seulement affaire de rapports de forces. A priori, tous les terrains ont leur intérêt, qu’il s’agisse d’une population livrée de plein fouet à la violence de guerre comme en Champagne ou d’habitants qui, comme les Auvergnats, ne la vivent qu’à distance. L’Isère offre une situation intermédiaire. Front certes mineur pour le nombre de soldats qui se font face, il s’intègre toutefois dans un dispositif d’ensemble, étroitement articulé qu’il est au sort de l’armée de Lyon3. Le « Vol de l’Aigle » hissera ensuite ce département sur le devant de la scène. Si l’engagement patriote des Grenoblois était notoire, une minorité royaliste se raidit en cet environnement qui lui était contraire et même hostile4, en une relative fixité des positions qui contraste avec les palinodies déstabilisatrices d’autres élites urbaines5.

    L’approche par l’événement : les fausses évidences d’un constat positiviste

    3Les faits sont têtus, et ils sont terribles en 1814-1815. Deux désastres militaires engendrent leur lot de désordres et de désarroi. Faut-il pour s’en convaincre narrer un à un les épisodes qui se précipitent en Isère comme ailleurs ? On se bornera à souligner ce qui les a rendus proprement dramatiques car, que l’on parle de coup du sort ou de coup de théâtre, c’est bien cette hachure qui secoue les contemporains et déjoue leurs prévisions, accentuant leur sentiment de vulnérabilité. Le « Vol de l’Aigle » en constitue bien sûr le point d’orgue mais les opérations militaires de l’hiver 1814 avaient déjà connu nombre de rebondissements.

    Un département sur la frontière de la guerre

    4Dans un pays qui se fragmente au choc des courants d’invasion, c’est à la fin janvier 1814 que les Isérois basculent dans la guerre. « L’ennemi est sur les frontières du département ! », avertit le maire de Virieu. « Avisez, M. le préfet, aux moyens de lui empêcher d’aller plus loin et de porter la dévastation dans votre département », adjure celui du Pont-de-Beauvoisin6. C’est là l’effet de la semaine critique du 15 au 20 janvier : il s’en est alors fallu de peu pour que Lyon ne connaisse le sort de Chambéry, occupée par les Autrichiens le 20. À Grenoble aussi, on a cru la situation perdue. D’abord, parce que le bruit a couru que la préfecture du Rhône était tombée, et surtout parce que les autorités ont jugé impossible de « défendre Grenoble dans Grenoble », au vu de l’état des fortifications7. C’est donc, du côté de la Savoie, au Fort Barraux, et à Voreppe, sur la route de Lyon, que doit être bloqué l’ennemi. Or, celui-ci tourne en partie le dispositif français en s’emparant des Échelles, point routier au nord du massif de la Chartreuse le 1er février, et à partir duquel il lance des raids sur l’arrondissement de La Tour-du-Pin. Au sud de la Chartreuse, les Autrichiens donnent l’attaque, le 6 février, contre Chapareillan. L’échec qu’ils subissent est d’autant plus marquant que la population s’est associée à la défense. Le retournement de situation s’opère sur les deux versants puisque, dans la nuit du 12 au 13 février, un coup de main mené par un corps-franc neutralise le poste autrichien établi à Saint-Pierre-d’Entremont8.

    5À partir de ce moment s’opère la contre-offensive française9 : la route de la Savoie est ouverte le 17 février par Dessaix qui reprend Montmélian tandis que, de son côté, la colonne de Marchand enlève les Échelles, ce qui permet aux deux forces de se retrouver à Chambéry, le 19 février. Mieux, la coordination des mouvements amplifie les succès : le même jour, le drapeau tricolore flotte à nouveau sur Bourg-en-Bresse et Mâcon. Une dynamique irrésistible semble s’amorcer : Champaubert et de Montmirail ont mis à nu la vulnérabilité des coalisés. « [V]ous connaissez les brillantes victoires remportées par l’empereur, ainsi tout annonce que nos affaires iront bien », se félicite le préfet Finot, qui avertit aussi Avet, sous-préfet de Moûtiers, que le temps du flottement est révolu10. De là à concevoir un plan grandiose qui, à partir de la reprise de Genève, verrait l’armée de Lyon couper les arrières de l’ennemi en s’emparant de Besançon et de Vesoul, il n’y a qu’un pas que Napoléon veut voir franchi. La poussée de Dessaix se poursuit en tout cas : Annecy est reconquise le 24 février ; Carouge est occupée le 3 mars ; du côté de l’Ain, l’autre voie d’accès à Genève, Fort-l’Écluse a été repris.

    6On donne alors au Théâtre de Grenoble, le 15 mars 1814, Les Autrichiens à Montmeillan, ou Un quart d’heure aux avant-postes, opéra-vaudeville en un acte composé par un patriote grenoblois de 17 ans, Alexandre-Pierre Barginet. Voilà qui occulte bien des interrogations car, en Savoie, les habitants assistent non sans consternation à ces événements synonymes de redoublement des réquisitions, de pillage des maisons isolées et de risque d’être pris, sinon entre deux feux, du moins entre deux loyautés. L’accueil réservé aux troupes françaises diffère d’un lieu à l’autre : l’enthousiasme est réel à Rumilly où elles sont célébrées en libératrices le 24 février, la haine des envahisseurs est patente à Saint-Julien[-en-Genevois] où Dessaix s’interpose pour que les habitants ne maltraitent pas les prisonniers ; ailleurs, les populations se montrent froides ou plus prudentes. Dès le 12 janvier, Curtet, qui fait office de sous-préfet, cherche à justifier leur peu d’ardeur, manifeste à l’occasion d’une affaire d’espionnage : « les habitants de la ville d’Annecy sont en ce moment exposés à toutes les chances de la guerre. Aujourd’hui, ils ont avec eux les troupes françaises ; demain, ils peuvent être sous la domination de l’ennemi11 ».

    7Le vent tourne de nouveau. L’ennemi contre-attaque par la vallée de la Saône, reprenant Mâcon et Cluny le 7 mars, submergeant par le nombre les troupes françaises, battant Augereau à Limonest le 20 si bien que ce même jour Lyon est déclarée ville ouverte. Dans ces conditions, le dispositif alpin se rétracte : Chambéry, les Échelles et Montmélian sont abandonnées. Le succès obtenu le 29 à Chirens n’empêche pas la percée des Autrichiens sur Moirans, même si les suites de cette dernière sont freinées par leur échec à Voreppe, le 2 avril. Grenoble est sauvé provisoirement ; l’annonce des événements parisiens met fin aux hostilités.

    8Au total, la peur est palpable sur ce front élastique. L’intensité du stress qui saisit les habitants tient en partie à la conscience qu’ils sont en partie responsables de leur sort puisqu’ils sont placés dans une cruelle alternative : participer à la défense du territoire peut aussi bien, au gré des hasards de la guerre, contribuer à maintenir l’ennemi à distance de leurs biens qu’entraîner celui-ci, vainqueur, à exercer des représailles propres à démultiplier les maux d’une invasion. Les levées d’hommes spontanées sont ainsi entravées par la rumeur qui enfle sur les châtiments infligés à des localités qui se sont mises en avant. En vouant à la fusillade tout individu qui ferait le coup de feu, l’état-major ennemi cherche à casser une dynamique insurrectionnelle ; ce faisant, il distille une hantise du franc-tireur promise à prospérer dans les rangs prusso-allemands. D’aucuns, mus par un défaitisme réactionnaire dans le cas des royalistes voire identitaire en Savoie, se font agents de la démoralisation. Guillermoz en décrit les effets délétères dans sa ville de Voiron :

    « On a cherché à démoraliser notre garde nationale. Vous voulez nous défendre, lui faisait-on dire de Grenoble ? Vous serez les seuls. Si vous êtes pris, vous serez fusillés, votre pays ravagé. Ces bruits firent de rapides progrès. Les femmes, les sœurs, les mères se tenaient au cou d’un chacun. […] Il est bien nécessaire que l’on se montre un peu à Grenoble alors il y aura de l’ensemble. On fait tout pour nous décourager12. »

    9La cessation des combats ne met pas fin aux épreuves puisqu’il reste à nourrir les vainqueurs. L’Isère est occupée du 20 avril au 28 mai, d’où de nouvelles réquisitions : « l’on nous écorche tous vifs pour loger et nourrir les Autrichiens », se lamente un propriétaire grenoblois13. Le quotidien est bouleversé. De là ces expressions récurrentes dans les correspondances : « Vu ces temps critiques et malheureux d’à présent », se désole un instituteur de Chambéry dont la classe s’est vidée14. En juillet 1815, on parlera également de « pauvre France » et de « malheurs publics ». Cette standardisation n’est guère battue en brèche que par les ressorts héroï-comiques dont peuvent jouer d’anciens camarades de lycée pour évoquer leur expérience martiale à Paris et à Grenoble et couvrir leur angoisse :

    « On m’écrit de Romans des lettres pleins de terreur, et l’on craignait un nouveau combat dans la ville, ma mère épouvantée est partie pour le Languedoc où elle est heureusement arrivée. J’espère que si vous ne pouvez arrêter les Autrichiens, il n’y aura pas au moins une plus grande effusion de sang, et que nous n’aurons à essuyer d’autres maux que ceux imposés par un vainqueur qu’on est contraint de recevoir volontairement. Nos pauvres romanaises seront quittes cette année, je le pense, des marques d’amitié, peut-être un peu trop vives de nos bons amis les alliés15. »

    De l’inventaire à l’évaluation intime

    10À l’évidence, une approche descriptive, qui listerait les dommages et enregistrerait les doléances sans tenir compte des repères des contemporains pour évaluer la situation, manquerait l’essentiel. Les nouvelles sur le sort du reste du pays leur parviennent encombrées d’enjeux. Dans l’espoir de susciter un choc salutaire, Napoléon ne recommandait-il pas de garnir le Moniteur d’exemples frappants de dévastations subies16 ? Les souvenirs personnels offrent un marqueur sans doute moins biaisé, en l’occurrence ceux des incursions piémontaises de l’été 1793 ou de la menace de 1799.

    11Toutefois, c’est surtout en fonction d’un sort futur redouté que l’on envisage le présent : face aux événements déroutants et imprévisibles que réservent les années 1814-1815, se répand la conviction que le pire est à venir. Les archives bruissent ainsi de craintes finalement évaporées mais qui n’en ont pas moins pesé sur les attitudes. On appréhendait des rixes violentes entre soldats vaincus et troupes d’occupation ; des bagarres ont certes eu lieu, notamment à Grenoble le 5 mai 1814 entre Autrichiens et soldats français revenant d’Italie, mais elles n’enclenchent pas les cycles vindicatifs redoutés. La guerre civile n’a pas eu lieu : en avril 1814, l’armée se résigne à l’abandon des trois couleurs ; le spectre d’une Terreur blanche royaliste s’efface alors assez vite. Il n’en aura pas moins poussé André Réal, président de chambre à la Cour impériale de Grenoble, à prendre ses précautions dès la semaine tragique du 15 janvier 1814. Il est vrai que cet ancien Conventionnel avait voté la mort du roi et que l’entrée de l’ennemi « devait être, à ce qu’on craignait, le signal du déchaînement de tous les partis et de toutes les passions17 ». L’année suivante, la contre-offensive du duc d’Angoulême, qui entre à Valence le 3 avril 1815, fait vivre aux Grenoblois « des moments d’assez angoissante incertitude18 » ; le choc entre les gardes nationaux de Grenoble et les volontaires royalistes méridionaux n’a cependant pas lieu. L’annonce de Waterloo ravive les craintes tant le jusqu’au-boutisme affiché par les bonapartistes voire par les libéraux laissait présager des heurts.

    12De fait, dans une ville où depuis 1788 l’on n’a cessé de rappeler la précocité de l’engagement révolutionnaire, le retour des Bourbons semble lourd de menaces. D’aucuns s’en réjouissent. À quelque chose malheur est bon, se consolent en effet des propriétaires soumis au poids des occupants : « Voilà notre position, nous désirons qu’ils s’en aillent bien vite et cependant nous en avions besoin pour réprimer et contenir cette clique de jacobins et napoléonistes dont Grenoble est inondé, aussi passions-nous aux yeux des chefs pour la queue de Robespierre. Cette réputation ne fait pas honneur à ceux qui comme moi ont toujours porté les Bourbons dans leurs cœurs19. » La suite des événements est accablante pour ces royalistes : il y a bien sûr l’accueil en prince du peuple réservé à Napoléon échappé de l’île d’Elbe, mais aussi l’épilogue guerrier de ce qui fut, à Grenoble, l’intermède impérial de cent vingt jours, débuté dès le 7 mars et clos le 7 juillet seulement, avec l’entrée des ennemis dans la ville.

    13Or, cet ultime épisode est glorieux. Le baroud d’honneur face aux Austro-Piémontais vaut à la ville une capitulation honorable. Le souvenir héroïque des combats du 6 juillet est entretenu avec fierté et attisé année après année par des banquets subversifs sous la Restauration20. De passage à Grenoble et dans le Grésivaudan, le touriste de Stendhal ne cesse de se référer à ce temps fort civico-guerrier21. Ce dernier tombera dans l’oubli après le Second Empire22, même si son souvenir, réveillé en 1902 par la découverte lors de travaux d’aménagement urbain d’une fosse de soldats autrichiens23, sera convoqué par la presse locale, comme La Croix de l’Isère en 1915, cette autre année terrible. Le rejeu des guerres franco-allemandes, le poids de l’Occupation et de la Résistance en Isère, inspirent directement la plaque apposée au n° 5 de la rue Fourier, où une pierre de la porte d’entrée d’un jardin fut brisée par un boulet en 1815 : en un anachronisme assumé, l’inscription célèbre la « première résistance dauphinoise ».

    14Les conflits qui émaillent ces années 1813-1816 dessinent donc une micro-chronologie durant laquelle alternent des phases de soulagement, de tension et de retombée, favorables aux uns au détriment des autres.

    La clef de l’inversion : subir un déclassement historique

    15Les événements qui se pressent sont ainsi à appréhender au niveau des acteurs et des comparaisons qu’ils opèrent : c’est l’expérience du basculement qui rend terrible le présent.

    D’occupants à envahis : un espace qui se rétrécit

    16Comme d’autres anciens territoires frontaliers, le département de l’Isère s’est retrouvé, au fil des annexions, au cœur de l’Empire. Les conquêtes ont assuré à Grenoble un large glacis protecteur, aussi bien au nord avec la Savoie, Genève et le Valais qu’au sud avec le Piémont et la Ligurie. L’intégration de la Confédération helvétique, de la Confédération du Rhin et du royaume d’Italie repousse plus loin encore les frontières du Grand Empire. Toute une génération a donc grandi non pas dans la paix, mais dans la sécurité. La jeunesse grenobloise a saisi des débouchés dans les pays conquis. Or, le système napoléonien s’écroule comme un château de cartes aux lendemains de Leipzig. « Qu’il a fallu peu de temps pour amener d’aussi grands changements. Dans l’espace de quelques mois, tout a été bouleversé, les fortunes renversées, et le bonheur de tant de familles détruit peut-être pour toujours », soupire le polytechnicien Johanys24. L’horizon se rétrécit en effet : en octobre 1813, on livrait bataille sur l’Elster, un affluent de l’Elbe ; le 20 décembre suivant, c’est le Rhin que franchissent à Bâle, dit-on alors, 160 000 coalisés.

    17Depuis Grenoble, on scrute avec anxiété la montée des menaces sans pouvoir les conjurer, faute de troupes disponibles. Mises en état de siège le 4 janvier 1814, les places de guerre de la 7e division militaire, soudain remotivées, se révèlent vulnérables faute d’avoir été entretenues. Le retour précipité des familles de fonctionnaires expatriés crée un climat délétère ; après avoir vécu en Toscane « en colonie » heureuse, insouciante voire arrogante, la famille de Dubois-Aymé, directeur des douanes, se replie en toute hâte sur Grenoble d’où sa sœur Zoé laisse paraître son désarroi :

    « Replie-toi en Corse avant que les Anglais ne viennent prendre d’assaut Livourne pour se venger de leur défaite, et vous tuer tous. Nous mourons d’inquiétude, nous te ferions pitié si tu nous voyais. Je regrette bien de ne pas être restée à Livourne ; je t’aurai peut-être empêché de t’exposer, comme je suis sûre que tu l’as fait, et tu le feras encore.
    Presque toutes les femmes sont déjà parties d’ici pour Gap ; la femme du général est du nombre. On regarde les Hautes-Alpes comme le lieu le plus sûr ; je crois cependant que Grenoble ne sera pas attaquée […].
    PS : Je décachette ma lettre pour te dire qu’on vient de recevoir la nouvelle positive de la prise de Genève par les Autrichiens ; ainsi il faut s’attendre à les voir au Mont-Cenis dans huit jours et peut-être ici dans 15… Tout va mal : nous n’avons plus d’armes et l’ennemi entre chez nous de toutes parts. Nous sommes dans un chaos affreux. Il va falloir encore nous sauver. L’ennemi arrive partout où nous rentrons pour l’éviter25. »

    18Stendhal lui-même offre un cas exemplaire. Après avoir suivi les armées victorieuses jusqu’à Berlin, Vienne et Moscou, géré les biens des pays conquis depuis Brunswick, rêvé comme auditeur au Conseil d’État d’une place à Rome ou à Florence, retrouvé après Lützen un poste d’intendant à Sagan en Silésie, il se voit pour ainsi dire de retour à la case départ puisqu’il est renvoyé à Grenoble en janvier 1814. Il est chargé d’assister Saint-Vallier, l’un des sénateurs envoyés dans les divisions militaires pour animer l’effort de guerre. Séjour amer aux allures de rétrogradation : les Grenoblois se gaussent des prétentions nobiliaires de celui qui croyait pouvoir signer de Beyle.

    19Ce retour au pays transforme les conditions de la guerre napoléonienne, qui était largement une entreprise de prédation : des commissaires des guerres et intendants tels que Stendhal avaient pressuré les vaincus afin que la guerre nourrisse la guerre. La situation est inversée : il faut désormais assurer le drainage des ressources locales pour soutenir une armée française acculée à la défensive par les vaincus d’hier. Prise de court, l’administration centrale tourne à vide26. Le 28 décembre 1813, le ministre de l’Intérieur n’écrivait-il pas à Saint-Vallier « l’Isère touchant aux départements menacés, que toute votre population se soulève. Organisez en gardes nationales tous les habitants capables de porter les armes, que les fusils de chasse, l’arme blanche, que les instruments des plus paisibles travaux soient entre les mains des bataillons que vous allez former, jusqu’au moment où ils pourront recevoir des armes de calibre27 » ? Or, ce moment tarde et les esprits s’échauffent car c’était là lancer une guerre insurrectionnelle sans avoir de fusils à fournir28. Il n’y a bien que dans la rhétorique d’une guerre totale que l’on peut envisager d’opposer des habitants armés d’outils et de piques face à des troupes régulières. Les autorités locales se refusent d’envoyer à la guerre des hommes qui ne sont pas équipés pour la faire29 ; Stendhal ira plus loin :

    « Un trait marquant de cette époque (janvier 1814), c’est le ton de la correspondance des ministres, surtout du ministre M. [note ménagement pour le malheur du ministre Montalivet]. Un sénateur lui mandait-il qu’il n’avait pas 500 fusils en état ; il écrivait pour toute réponse : “Armez le lycée ; la jeunesse française a entendu la voix de son empereur” ; et autres phrases que le plus impudent journaliste aurait trouvées trop enflées pour une proclamation. Cela était si fort que plusieurs fois nous nous demandâmes : “Mais trahirait-il30 ?” »

    20À suivre Stendhal, si l’année 1814 est terrible, c’est parce que le peuple français ne l’est plus. Ceux qui affectent de le croire encore seraient grotesques si, en sous-main, ils ne veillaient pas à brider tout élan qui rappellerait 1793 : « En 1814 le peuple de l’Europe le plus vif ne formait plus, comme nation, qu’un corps mort. Ce fut en vain qu’une trentaine de sénateurs eurent la mission d’aller réveiller à moitié ce peuple français si terrible sous Carnot31. » Il est vrai que le zèle déclinant de Stendhal prêtait alors également flanc aux critiques32. C’est peu dire que « les fonctionnaires doutent de l’État33 » quand le sous-préfet de Belley, sous le coup de l’annonce d’une incursion hongroise à Seyssel, ose écrire à son homologue de La Tour-du-Pin : « le 24 décembre, M. de Mortemart est parti de Paris pour porter aux coalisés les préliminaires de paix acceptés. Dieu veuille que nous l’aions [sic] bientôt cette paix qui fait, je pense, l’objet des vœux de tous les gens bien intentionnés34 ».

    21Ce flottement aide à comprendre la facilité avec laquelle le changement de régime s’opère : à prendre au mot les proclamations saluant la paix signée avec les Alliés, 1814 est une délivrance qui met fin à la tyrannie d’un usurpateur et au rythme terrible des levées de conscrits. Victime de ce basculement, Stendhal raille en style indirect libre le renversement du discours : « vous vous laissez prendre aux blagues des journaux. Pour le bonheur de la France, les gens qu’on persécutait ont pris la conduite des affaires. Plus de massacres, plus de guerre ; la conscription ne viendra plus prendre l’artiste de vingt ans. Une suite bien naturelle est que les protégés des anciens puissants n’ont plus de protecteurs35 ».

    Ordre social, dessein divin et salut de la nation : le choc des paradigmes

    22Le jeu de masques auquel se prêtent les solliciteurs dans leurs démarches nécessaires à l’obtention ou à la conservation d’un poste, ne doit pas faire oublier le choc des principes qu’exacerbe la succession de revers, de triomphes et de désillusions. L’écriture immédiate, telle qu’elle se pratique dans les lettres particulières ou dans les écrits du for privé, fait apparaître trois grands paradigmes en vertu desquels les événements sont jaugés et par lesquels les individus se pensent dans l’événement.

    23Il y a tout d’abord, parce qu’elle correspond à une conviction d’autant plus courante qu’elle n’est pas exclusive d’options partisanes, la certitude qui tend à considérer la séquence 1814-1815 comme attentatoire au bon ordre et nuisible aux affaires. L’événement violente le cours des choses et des échanges. Toute à la joie de la paix retrouvée, Henriette Perier écrit le 22 juin à sa sœur :

    « Combien j’ai senti vivement le bonheur de notre régénération. Je ne t’apprendrai pas mon retour en Dauphiné dans ces moments difficiles, suivis de l’approche de l’ennemi, quand par miracle tout a changé de face. J’ai senti alors et pour mon pays et pour l’Europe entière le retour de la paix et du bonheur […] tous les cœurs se rallieront autour des lys dorés présentés par un monarque sage, juste, ferme et clément. Que le ciel nous le conserve longtemps, c’est mon premier vœu. La paix va faire beaucoup de bien au commerce36… »

    24L’annonce du retour de Napoléon le 6 mars 1815 est un choc. « Concevez-vous cet excès d’audace : vous pouvez comprendre que les esprits sont dans l’agitation. Tous ceux qui pensent bien doivent être indignés. Il est cruel que cet homme puisse encore faire, même momentanément, notre tourment37. » Ce souci de l’ordre dicte néanmoins la prudence : « Nos cœurs s’entendent sur tous les points, on ne sait où reposer sa pensée, il faut courber la tête sous la nécessité38. » Autant dire que la fin des hostilités est accueillie avec soulagement39. Femme du directeur des douanes à Grenoble, Joséphine Badon informe depuis Vizille son oncle, le même jour et dans les mêmes termes qu’Henriette Perier, du débarquement de Bonaparte. Or, elle aussi a dû prendre son parti de la réussite du « Vol de l’Aigle » à tel point qu’elle en vient à souhaiter la débandade des troupes du duc d’Angoulême après leur percée jusqu’à Romans :

    « Il faut espérer au moins qu’on les décidera à se retirer chez eux. Leur approche avait excité partout une fermentation terrible. […] Ce qui est principalement à désirer, c’est la tranquillité nécessaire pour que le commerce puisse un peu reprendre et que les fabricants puissent faire travailler les ouvriers. Sans cela notre avenir est sombre40. »

    25La crainte ne quitte pas Joséphine Badon : « Depuis quelques jours, on est extérieurement beaucoup plus tranquille dans tous nos pays, mais je crois que le diable n’y perd rien, et que si malheureusement la guerre étrangère venait à être déclarée, nous verrions encore une terrible fermentation41. » Et c’est alors le soulagement qui s’exprime le 17 juillet :

    « Maman a chargé papa de vous donner de nos nouvelles et de celles du pays qui aurait éprouvé de terribles désastres si la Révolution de Paris eût tardé quelques jours de plus. La bienheureuse arrivée de notre bon roi à Paris a détourné les maux qui étaient suspendus sur notre tête. Dieu veuille qu’il les fasse tout à fait disparaître de notre France42. »

    26C’est une méditation autrement singulière, détonnante même, que donnent à voir les journaux et livres de raison, chambre d’écho des mandements et sermons de l’Église. Cette vision est pourtant assez répandue ; elle présente d’ailleurs quelque écho avec le légendaire populaire attaché aux invasions, du fait notamment de la faible part du prisme national au profit d’une clef providentielle ou focalisée sur le salut de l’individu et de ses proches43. Le for intérieur est un espace de repli, de réflexion et souvent de ressassement au sein duquel se déploie une lecture providentialiste des événements. Agressé par le spectacle du monde extérieur, le diariste s’y réfugie comme dans une forteresse, faisant provision de prières pour supporter un temps d’adversité tel que les cent vingt jours à Grenoble. Choqué par une « comédie antichrétienne » sur les Visitandines, Esprit Bresson, un rentier de 50 ans, se désole de la sorte : « Grand Dieu : que ce monde est tombé dans l’aveuglement, qu’il est abandonné de vous ô mon dieu, miséricorde pour lui, et pour nous ; pardonnes lui seigneur car ils ne savent pas ce qu’ils font44. » Son journal vaut moins pour le sens mordant de l’observation cultivé par une poignée de témoins distanciés, tel l’abbé Pataud à Orléans45, que pour ce qu’il dit de son esprit de système. Bresson tente de déchiffrer les épreuves imposées par le spectacle de l’impiété triomphante, en tenant la balance entre affronts (les églises désertées, la procession du Saint-Sacrement souillée par le drapeau tricolore du cortège officiel) et signes d’espérance (des aigles barbouillées de noir sur les affiches officielles, des gardes nationaux ne criant pas Vive l’empereur)46. Consignant méticuleusement comme tant d’autres le temps qu’il fait, Bresson articule en un système total l’état de la nature et des cultures, des hommes et de la France. Parti en juin sous une pluie battante pour sa propriété du Vercors, à Méaudre, il supplie :

    « Que le Dieu tout puissant soit à notre secours et notre soutien et qu’il daigne jetter sur nous des yeux de sa miséricorde dans ces tems de calamité et de tribulation et nous accorder le beau tems pour la conservation des fruits de la terre et nous délivrer de la capitvité où nous sommes. »

    27Et de redoubler sa prière par l’intercession de saint Barnabé pour, conjointement, le retour du beau temps, le rétablissement de la religion et la restauration de Louis XVIII le désiré47. Le 22 juin, ignorant encore le sort de Waterloo et sous la bruine, le diariste s’exclame :

    « Grand dieu quel temps de désolation pour une si belle récolte en apparence, que vous pouvés détruire ; ô mon dieu que votre volonté s’accomplisse et non la nôtre ; ne nous abandonnés pas dans ses temps de calamité et d’affiction miséricorde, seigneur, miséricorde pour cette malheureuse France frappé d’aveuglenent et frappé du fléau de la guerre48. »

    28Tout fait sens, tout s’enchaîne : deux jours plus tard, constatant que la Saint-Jean-Baptiste a été très mal observée, il conclut qu’il ne faut « pas être surpris du peu de foi qu’il y a et des mauvaises saisons qui s’en suivent c’est un chatiment de Dieu qui nous envoie tous les fléaux et toutes les calamités pour nous faire révenir à lui49 ». Le retour du roi annonce en revanche une période heureuse et exaltante car tout se tient et s’enchaîne. Dans pareille conception du monde, le soldat étranger est l’instrument de la Providence ; il montre même l’exemple en assistant en corps à la fête de la Sainte-Vierge, le 8 septembre 1815, contrastant avec le petit nombre de Grenoblois assistant aux offices.

    29À lire ce genre de texte, on comprend mieux l’anathème porté contre les émigrés et autres contre-révolutionnaires, rejetés hors de la nation et hors de l’histoire. L’ironie d’un Béranger présuppose cependant la primauté du sentiment national, chauffé à blanc par « l’humiliation de la première invasion, vivement sentie par tous les Français des basses classes », selon Stendhal50. Et c’est en effet lorsqu’on place la patrie au-dessus de tout que les années 1814-1815, celles d’une double défaite et de toutes les divisions, sont terribles. Le système d’appréciation se ferme sur lui-même lorsque l’invasion est attribuée à la déperdition de l’ardeur patriotique : « En 1814, notre patriotisme était déjà mort », déplorera Benassis dans Le médecin de campagne, roman dont l’action se situe en Chartreuse, non loin de Grenoble51.

    *

    30Que l’on ne se méprenne pas : il ne s’agissait pas ici de dire trivialement que les années 1814-1815 ne furent pas si terribles que cela, ni même qu’elles ne le furent pas pour tout le monde, et, en tout cas, pas pour tous au même moment au motif que le malheur des uns fait le bonheur des autres, et inversement. L’essentiel était de se mettre à l’écoute des contemporains et de s’interroger sur l’attention que nous leur portons. Voilà qui ramène aux fondamentaux du métier d’historien. Qui écouter en effet ? Celui qui crie le plus fort, celui qui se lamente le plus, celui qui se plaint comme les autres, celui dont le témoignage s’avère le plus conforme à ce que la postérité a retenu ou celui dont les doléances apparaissent singulières ? Peu importe finalement puisque, vu l’impossibilité de hiérarchiser les souffrances selon des valeurs communes, l’essentiel est de saisir cette dissonance pour prendre la mesure de l’emprise encore incomplète du paradigme patriote face à la violence de l’événement. C’est identifier là un contre-vécu des épreuves : pour un royaliste, les années terribles ne sont pas tant 1814-1815, c’est-à-dire, en définitive, celles du retour du roi et de la paix, que les années de Révolution, d’usurpation et de guerre qui les ont précédées. Or, c’est précisément parce que des hommes et des femmes se réjouissent de la situation que 1814-1815 fait figure d’année terrible aux yeux des patriotes, effarés par un tel degré d’égoïsme et d’aveuglement propres, pensent-ils ou prétendent-ils, à les rendre insensibles au sort de la patrie. Et c’est alors à la lecture providentialiste de 1870-1871 et à la divine surprise maurrassienne de 1940 que l’on songe aussitôt comme réactivation de ces déchirures.

    Notes de bas de page

    1 Waresquiel Emmanuel de, L’histoire à rebrousse-poil. Les élites, la Restauration, la Révolution, Paris, Fayard, 2005 ; Deluermoz Quentin et Singaravélou Pierre, Pour une histoire des possibles. Analyses contrefactuelles et futurs non advenus, Paris, Seuil, 2016. L’essai historiographique de Fureix Emmanuel et Jarrige François, La modernité désenchantée. Relire l’histoire du xixe siècle français, Paris, La Découverte, 2015, propose déjà des pistes.

    2 Bercé Yves-Marie, « L’ombre d’une politique populaire au printemps 1814 », dans Bercé Yves-Marie (dir.), La fin de l’Europe napoléonienne. 1814 : la vacance du pouvoir, Paris, Veyrier, 1990, p. 330-331.

    3 Zins Ronald, 1814. L’armée de Lyon, ultime espoir de Napoléon, Massieux, H. Cardon, 1998.

    4 Alexander Robert, Re-Writing the French Revolutionary Tradition : Liberal Opposition and the Fall of the Bourbon Monarchy, Cambridge, CUP, 2003 (1991).

    5 Serna Pierre, « Orléans, la petite république des girouettes, ou lorsque les élites sèment le trouble en ville », dans Rideau Gaël et Serna Pierre (dir.), Ordonner et partager la ville (xviie-xixe siècle), Rennes, PUR, 2011, p. 157-180.

    6 Les maires de Virieu et du Pont-de-Beauvoisin au préfet de l’Isère, 22 et 31 janvier 1814, Archives départementales de l’Isère (ADI), 51 M 16.

    7 Le comte de Saint-Vallier au ministre de la Guerre, 26 janvier 1814, dans Stendhal, Correspondance générale, éd. V. Del Litto, Paris, H. Champion, 1997, p. 476.

    8 Pour une vue d’ensemble de leur organisation et de leur action en Rhône-Alpes : Thiebaud Jean-Marie et Tissot Robbe Gérard, Les corps-francs de 1814 et 1815. La double agonie de l’Empire, Paris, SPM, 2011, p. 331-358.

    9 Sur l’événementiel, voir Vichier-Guerre Jean-Louis-Victor, 1814. Opérations en Savoie et en Dauphiné, Paris, Librairie militaire Baudoin, 1914. Dernière réalisation en date : Rey Jean-Philippe, 1814. Derniers combats pour l’Empire. Lyonnais, Dauphiné, Savoie, Gleizé, Éditions du Poutan, 2014.

    10 Le préfet du Mont-Blanc au sous-préfet de Moûtiers, 20 février 1814, Archives départementales de Savoie (ADS), L2241.

    11 Le sous-préfet d’Annecy au préfet du Mont-Blanc, 12 janvier 1814, ibid.

    12 Le maire de Voiron au préfet de l’Isère, 24 janvier 1814, ADI, 51 M 16.

    13 M. Rassiat à Duran aîné, l’un de ses amis du Touvet, 29 avril 1814 (orthographe respectée), ADI, 5 J 32.

    14 Gariod, instituteur primaire, au recteur de l’académie de Grenoble, 22 mars 1814, ADI, 19 T 21.

    15 Pierre Ferdinand Johanys à Félix Réal, 12 juillet 1815, Bibliothèque municipale de Grenoble (BMG), R. 90720.

    16 Boudon Jacques-Olivier, Napoléon et la campagne de France : 1814, Paris, A. Colin, 2013, p. 234-240.

    17 « Pendant tout ce temps ta famille a été dans de mortelles inquiétudes, ton père a cru utile, ce qui était loin de l’être, de quitter Grenoble ; ta maman et tes sœurs se sont retirées chez leurs parents pour laisser passer l’orage qu’on appréhendait. On m’a prié de coucher dans votre maison et de veiller à sa sûreté », Jean-Baptiste Froussard à Félix Réal, 10 février 1814, BMG, R 90720.

    18 Avezou Robert, « Les Cent-Jours dans l’Isère », Procès-verbaux de la Société dauphinoise d’éthnologie et d’archéologie, janvier-mars et avril-juillet 1951, nos 206-208 et 209-211, p. 32-33.

    19 M. Rassiat à Duran aîné, 29 avril 1814, ADI, 5 J 32.

    20 Alexander Robert, op. cit., p. 268 -269.

    21 Stendhal, Mémoires d’un touriste. Notes de V. Del Litto, Paris, Maspero, 1981, t. II, p. 117-140.

    22 « Dans la lice d’honneur s’élançant la première, /La cité s’était dit : J’y serai la dernière ;/Et tes derniers boulets, Grenoble, avaient creusé, /Dans ton dernier effort pour notre indépendance, / Quand le Pays semblait mourir à l’espérance, /La place où ce socle est posé », déclamait le conseiller municipal Charbonnel-Salle pour l’inauguration de la statue de Napoléon Ier sur la place d’armes (Ode aux Grenoblois, Grenoble, impr. Allier, 1868, ADI, 32 J 154).

    23 Muller Claude, Grenoble autrefois, Grenoble, Éd. des 4 Seigneurs, 1974, p. 77.

    24 Johanys à Félix Réal, 6 février 1814, BMG, R 90720.

    25 Les femmes de la famille Dubois-Aymé s’étaient installées à Genève, ville qu’elles durent évacuer à l’arrivée des Autrichiens ; elles trouvèrent refuge à Grenoble chez Alexandre Royer de Loche. Le registre des passeports de Grenoble indique, au 2 janvier 1814, que Zoé et sa mère entendaient se rendre à Paris, Archives municipales de Grenoble, 2I 218.

    26 Thoral Marie-Cécile, « L’administration locale en temps de crise : le cas de l’Isère en 1814-1815 », Annales historiques de la Révolution française, janvier-mars 2005, n° 339, p. 117-135.

    27 Cité par Fernand Rude, « Le réveil du patriotisme révolutionnaire dans la région Rhône-Alpes en 1814 », Cahiers d’histoire, n° 3-4, 1971, p. 435.

    28 Une lettre anonyme, et sans date, se plaint de « l’extrême circonspection » du préfet, du non-emploi des volontaires et menace d’excès à venir de la part des patriotes révoltés par une telle inaction, ADI, 51 M 5.

    29 Le maire de Pont-de-Beauvoisin au préfet de l’Isère, 23 janvier 1814, ADI, 51 M 16.

    30 Stendhal, Napoléon. Vie de Napoléon. Mémoires sur Napoléon, édition établie et présentée par Catherine Mariette, Paris, Stock, 1998 (1817-1818), p. 141.

    31 Ibid., p. 140.

    32 « M. de Belle, mon premier Auditeur, est dans son lit et je ne le vois plus. M. Sirot, sous-préfet de Chambéry, que j’avais requis pour m’aider est aussi malade à ce qu’il prétend et reste dans son lit. […] Ces jeunes gens sont par trop délicats ou peu zélés », le comte de Saint-Vallier au ministre de l’Intérieur, 13 février 1814, dans Stendhal, Correspondance, op. cit., p. 489.

    33 Vincent Marie-Bénédicte, « Quand les fonctionnaires doutent de l’État. Le délitement de l’administration allemande pendant la Première Guerre mondiale », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 2012-2, n° 59, p. 56-83.

    34 Le sous-préfet de Belley à celui de La Tour-du-Pin, 4 janvier 1814, ADI, 51 M 16.

    35 À Pauline Perier-Lagrange, Paris, 24 juin 1814, dans Stendhal, Correspondance, op. cit., II, p. 571.

    36 Henriette Perier, à sa mère et à ses sœurs, de Grenoble, 22 juin 1814, reproduite par Barral Pierre, Les Perier dans l’Isère au xixe siècle d’après leur correspondance familiale, Paris, PUF, 1964, p. 146.

    37 Ibid., 6 mars 1815, p. 99.

    38 Ibid., 30 avril 1815, p. 100.

    39 Ibid., 17 juillet 1815, p. 101.

    40 Joséphine Badon, 8 avril 1815, BMG, R 9676.

    41 Ibid., 18 avril 1815.

    42 Ibid., 17 juillet 1815.

    43 Hopkin David, « Legends of the Allied Invasions and Occupations of Eastern France, 1792-1815 », dans Forrest Alan et Wilson Peter (dir.), The Bee and the Eagle : Napoleonic France and the End of the Holy Roman Empire, 1806, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2009, p. 229.

    44 Journal d’Esprit Bresson, 17 mai 1815, BMG, R 9513. L’orthographe de l’auteur a été respectée dans cette citation comme dans les suivantes.

    45 Serna Pierre, « Orléans, la petite république des girouettes… », art. cité, p. 173-180.

    46 Journal d’Esprit Bresson, 24, 25, 28 et 28 mai 1815, BMG, R 9513.

    47 Ibid., 8 juin 1815.

    48 Ibid., 22 juin 1815.

    49 Ibid., 24 juin 1815.

    50 Stendhal, Mémoires d’un touriste, op. cit., p. 150.

    51 Balzac Honoré de, Le médecin de campagne, Paris, Gallimard, 1974 (1833), p. 198.

    Auteur

    • Aurélien Lignereux
      Maître de conférences en histoire à l’IEP de Grenoble et membre junior de l’IUF (2016-2021), a consacré sa thèse de doctorat aux rébellions contre la gendarmerie dans la France du premier xixe siècle (La France rébellionnaire, Rennes, PUR, 2008). Ses recherches ont porté par la suite sur l’expansion des polices françaises dans l’Europe napoléonienne (Servir Napoléon, Seyssel, Champ Vallon, 2012) ainsi que sur la politisation réactionnaire dans les départements de l’Ouest (Chouans et Vendéens contre l’Empire, 1815, Paris, Vendémiaire, 2015). Il vient de soutenir un dossier d’HDR sur L’empire de l’administration, dédié notamment aux Impériaux, ces fonctionnaires nés français qui ont été en poste dans les territoires conquis par la France révolutionnaire et napoléonienne, dans la perspective d’une histoire sociale des institutions et d’une anthropologie de l’État.
    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Voir plus de livres
    La France rébellionnaire

    La France rébellionnaire

    Les résistances à la gendarmerie (1800-1859)

    Aurélien Lignereux

    2008

    Voir plus de livres
    La France rébellionnaire

    La France rébellionnaire

    Les résistances à la gendarmerie (1800-1859)

    Aurélien Lignereux

    2008

    Voir plus de chapitres

    Vivre en vrai Français dans l’Europe napoléonienne : identité et nationalité en contexte impérial

    Aurélien Lignereux

    Accommodation et arrangements dans les départements réunis : l’éclairage paradoxal des rébellions (1800-1813)

    Aurélien Lignereux

    La politique au bocage. Normalisation gouvernementale et politisation réactionnaire en Vendée (1814-1818)

    Aurélien Lignereux

    Un moment 1850 ? L’implantation cantonale des brigades de gendarmerie dans la France du premier XIXe siècle

    Aurélien Lignereux

    La violence rébellionnaire : les atteintes corporelles aux gendarmes dans la France du premier XIXe siècle

    Aurélien Lignereux

    Se dire bon Français de l’Empire à la Restauration : construire un ethos de modération dans une France déchirée ?

    Aurélien Lignereux

    La création d’un bouc émissaire : la Gendarmerie royale de Paris dans les récits des Trois Glorieuses

    Aurélien Lignereux

    Aspects rituels des rébellions à la gendarmerie dans la France du premier xixe siècle

    Aurélien Lignereux

    Être ou ne pas être gendarme

    L’usage du déguisement dans la gendarmerie française au premier xixe siècle

    Aurélien Lignereux

    Introduction

    Aurélien Lignereux

    Voir plus de chapitres
    1 / 10

    Vivre en vrai Français dans l’Europe napoléonienne : identité et nationalité en contexte impérial

    Aurélien Lignereux

    Accommodation et arrangements dans les départements réunis : l’éclairage paradoxal des rébellions (1800-1813)

    Aurélien Lignereux

    La politique au bocage. Normalisation gouvernementale et politisation réactionnaire en Vendée (1814-1818)

    Aurélien Lignereux

    Un moment 1850 ? L’implantation cantonale des brigades de gendarmerie dans la France du premier XIXe siècle

    Aurélien Lignereux

    La violence rébellionnaire : les atteintes corporelles aux gendarmes dans la France du premier XIXe siècle

    Aurélien Lignereux

    Se dire bon Français de l’Empire à la Restauration : construire un ethos de modération dans une France déchirée ?

    Aurélien Lignereux

    La création d’un bouc émissaire : la Gendarmerie royale de Paris dans les récits des Trois Glorieuses

    Aurélien Lignereux

    Aspects rituels des rébellions à la gendarmerie dans la France du premier xixe siècle

    Aurélien Lignereux

    Être ou ne pas être gendarme

    L’usage du déguisement dans la gendarmerie française au premier xixe siècle

    Aurélien Lignereux

    Introduction

    Aurélien Lignereux

    Accès ouvert

    Accès ouvert

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires de Rennes
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    ePub / PDF

    1 Waresquiel Emmanuel de, L’histoire à rebrousse-poil. Les élites, la Restauration, la Révolution, Paris, Fayard, 2005 ; Deluermoz Quentin et Singaravélou Pierre, Pour une histoire des possibles. Analyses contrefactuelles et futurs non advenus, Paris, Seuil, 2016. L’essai historiographique de Fureix Emmanuel et Jarrige François, La modernité désenchantée. Relire l’histoire du xixe siècle français, Paris, La Découverte, 2015, propose déjà des pistes.

    2 Bercé Yves-Marie, « L’ombre d’une politique populaire au printemps 1814 », dans Bercé Yves-Marie (dir.), La fin de l’Europe napoléonienne. 1814 : la vacance du pouvoir, Paris, Veyrier, 1990, p. 330-331.

    3 Zins Ronald, 1814. L’armée de Lyon, ultime espoir de Napoléon, Massieux, H. Cardon, 1998.

    4 Alexander Robert, Re-Writing the French Revolutionary Tradition : Liberal Opposition and the Fall of the Bourbon Monarchy, Cambridge, CUP, 2003 (1991).

    5 Serna Pierre, « Orléans, la petite république des girouettes, ou lorsque les élites sèment le trouble en ville », dans Rideau Gaël et Serna Pierre (dir.), Ordonner et partager la ville (xviie-xixe siècle), Rennes, PUR, 2011, p. 157-180.

    6 Les maires de Virieu et du Pont-de-Beauvoisin au préfet de l’Isère, 22 et 31 janvier 1814, Archives départementales de l’Isère (ADI), 51 M 16.

    7 Le comte de Saint-Vallier au ministre de la Guerre, 26 janvier 1814, dans Stendhal, Correspondance générale, éd. V. Del Litto, Paris, H. Champion, 1997, p. 476.

    8 Pour une vue d’ensemble de leur organisation et de leur action en Rhône-Alpes : Thiebaud Jean-Marie et Tissot Robbe Gérard, Les corps-francs de 1814 et 1815. La double agonie de l’Empire, Paris, SPM, 2011, p. 331-358.

    9 Sur l’événementiel, voir Vichier-Guerre Jean-Louis-Victor, 1814. Opérations en Savoie et en Dauphiné, Paris, Librairie militaire Baudoin, 1914. Dernière réalisation en date : Rey Jean-Philippe, 1814. Derniers combats pour l’Empire. Lyonnais, Dauphiné, Savoie, Gleizé, Éditions du Poutan, 2014.

    10 Le préfet du Mont-Blanc au sous-préfet de Moûtiers, 20 février 1814, Archives départementales de Savoie (ADS), L2241.

    11 Le sous-préfet d’Annecy au préfet du Mont-Blanc, 12 janvier 1814, ibid.

    12 Le maire de Voiron au préfet de l’Isère, 24 janvier 1814, ADI, 51 M 16.

    13 M. Rassiat à Duran aîné, l’un de ses amis du Touvet, 29 avril 1814 (orthographe respectée), ADI, 5 J 32.

    14 Gariod, instituteur primaire, au recteur de l’académie de Grenoble, 22 mars 1814, ADI, 19 T 21.

    15 Pierre Ferdinand Johanys à Félix Réal, 12 juillet 1815, Bibliothèque municipale de Grenoble (BMG), R. 90720.

    16 Boudon Jacques-Olivier, Napoléon et la campagne de France : 1814, Paris, A. Colin, 2013, p. 234-240.

    17 « Pendant tout ce temps ta famille a été dans de mortelles inquiétudes, ton père a cru utile, ce qui était loin de l’être, de quitter Grenoble ; ta maman et tes sœurs se sont retirées chez leurs parents pour laisser passer l’orage qu’on appréhendait. On m’a prié de coucher dans votre maison et de veiller à sa sûreté », Jean-Baptiste Froussard à Félix Réal, 10 février 1814, BMG, R 90720.

    18 Avezou Robert, « Les Cent-Jours dans l’Isère », Procès-verbaux de la Société dauphinoise d’éthnologie et d’archéologie, janvier-mars et avril-juillet 1951, nos 206-208 et 209-211, p. 32-33.

    19 M. Rassiat à Duran aîné, 29 avril 1814, ADI, 5 J 32.

    20 Alexander Robert, op. cit., p. 268 -269.

    21 Stendhal, Mémoires d’un touriste. Notes de V. Del Litto, Paris, Maspero, 1981, t. II, p. 117-140.

    22 « Dans la lice d’honneur s’élançant la première, /La cité s’était dit : J’y serai la dernière ;/Et tes derniers boulets, Grenoble, avaient creusé, /Dans ton dernier effort pour notre indépendance, / Quand le Pays semblait mourir à l’espérance, /La place où ce socle est posé », déclamait le conseiller municipal Charbonnel-Salle pour l’inauguration de la statue de Napoléon Ier sur la place d’armes (Ode aux Grenoblois, Grenoble, impr. Allier, 1868, ADI, 32 J 154).

    23 Muller Claude, Grenoble autrefois, Grenoble, Éd. des 4 Seigneurs, 1974, p. 77.

    24 Johanys à Félix Réal, 6 février 1814, BMG, R 90720.

    25 Les femmes de la famille Dubois-Aymé s’étaient installées à Genève, ville qu’elles durent évacuer à l’arrivée des Autrichiens ; elles trouvèrent refuge à Grenoble chez Alexandre Royer de Loche. Le registre des passeports de Grenoble indique, au 2 janvier 1814, que Zoé et sa mère entendaient se rendre à Paris, Archives municipales de Grenoble, 2I 218.

    26 Thoral Marie-Cécile, « L’administration locale en temps de crise : le cas de l’Isère en 1814-1815 », Annales historiques de la Révolution française, janvier-mars 2005, n° 339, p. 117-135.

    27 Cité par Fernand Rude, « Le réveil du patriotisme révolutionnaire dans la région Rhône-Alpes en 1814 », Cahiers d’histoire, n° 3-4, 1971, p. 435.

    28 Une lettre anonyme, et sans date, se plaint de « l’extrême circonspection » du préfet, du non-emploi des volontaires et menace d’excès à venir de la part des patriotes révoltés par une telle inaction, ADI, 51 M 5.

    29 Le maire de Pont-de-Beauvoisin au préfet de l’Isère, 23 janvier 1814, ADI, 51 M 16.

    30 Stendhal, Napoléon. Vie de Napoléon. Mémoires sur Napoléon, édition établie et présentée par Catherine Mariette, Paris, Stock, 1998 (1817-1818), p. 141.

    31 Ibid., p. 140.

    32 « M. de Belle, mon premier Auditeur, est dans son lit et je ne le vois plus. M. Sirot, sous-préfet de Chambéry, que j’avais requis pour m’aider est aussi malade à ce qu’il prétend et reste dans son lit. […] Ces jeunes gens sont par trop délicats ou peu zélés », le comte de Saint-Vallier au ministre de l’Intérieur, 13 février 1814, dans Stendhal, Correspondance, op. cit., p. 489.

    33 Vincent Marie-Bénédicte, « Quand les fonctionnaires doutent de l’État. Le délitement de l’administration allemande pendant la Première Guerre mondiale », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 2012-2, n° 59, p. 56-83.

    34 Le sous-préfet de Belley à celui de La Tour-du-Pin, 4 janvier 1814, ADI, 51 M 16.

    35 À Pauline Perier-Lagrange, Paris, 24 juin 1814, dans Stendhal, Correspondance, op. cit., II, p. 571.

    36 Henriette Perier, à sa mère et à ses sœurs, de Grenoble, 22 juin 1814, reproduite par Barral Pierre, Les Perier dans l’Isère au xixe siècle d’après leur correspondance familiale, Paris, PUF, 1964, p. 146.

    37 Ibid., 6 mars 1815, p. 99.

    38 Ibid., 30 avril 1815, p. 100.

    39 Ibid., 17 juillet 1815, p. 101.

    40 Joséphine Badon, 8 avril 1815, BMG, R 9676.

    41 Ibid., 18 avril 1815.

    42 Ibid., 17 juillet 1815.

    43 Hopkin David, « Legends of the Allied Invasions and Occupations of Eastern France, 1792-1815 », dans Forrest Alan et Wilson Peter (dir.), The Bee and the Eagle : Napoleonic France and the End of the Holy Roman Empire, 1806, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2009, p. 229.

    44 Journal d’Esprit Bresson, 17 mai 1815, BMG, R 9513. L’orthographe de l’auteur a été respectée dans cette citation comme dans les suivantes.

    45 Serna Pierre, « Orléans, la petite république des girouettes… », art. cité, p. 173-180.

    46 Journal d’Esprit Bresson, 24, 25, 28 et 28 mai 1815, BMG, R 9513.

    47 Ibid., 8 juin 1815.

    48 Ibid., 22 juin 1815.

    49 Ibid., 24 juin 1815.

    50 Stendhal, Mémoires d’un touriste, op. cit., p. 150.

    51 Balzac Honoré de, Le médecin de campagne, Paris, Gallimard, 1974 (1833), p. 198.

    La France en guerre

    X Facebook Email

    La France en guerre

    Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    La France en guerre

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Lignereux, A. (2018). Sens de l’histoire et sentiment national. Quelles années terribles ? (Isère, 1814-1815). In J.-C. Caron & N. Ponsard (éds.), La France en guerre. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.170378
    Lignereux, Aurélien. « Sens de l’histoire et sentiment national. Quelles années terribles ? (Isère, 1814-1815) ». In La France en guerre, édité par Jean-Claude Caron et Nathalie Ponsard. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2018. doi:10.4000/books.pur.170378.
    Lignereux, Aurélien. « Sens de l’histoire et sentiment national. Quelles années terribles ? (Isère, 1814-1815) ». La France en guerre, édité par Jean-Claude Caron et Nathalie Ponsard, Presses universitaires de Rennes, 2018, https://doi.org/10.4000/books.pur.170378.

    Référence numérique du livre

    Format

    Caron, J.-C., & Ponsard, N. (éds.). (2018). La France en guerre. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.170263
    Caron, Jean-Claude, et Nathalie Ponsard, éd. La France en guerre. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2018. doi:10.4000/books.pur.170263.
    Caron, Jean-Claude, et Nathalie Ponsard, éditeurs. La France en guerre. Presses universitaires de Rennes, 2018, https://doi.org/10.4000/books.pur.170263.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires de Rennes

    Presses universitaires de Rennes

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Flux RSS

    URL : http://www.pur-editions.fr

    Email : pur@univ-rennes2.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement