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  • Claude-Louis Petiet
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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Origines, formation et carrière avant 1796 Action au ministère de la Guerre (1796-1797) Carrière postérieure, fortune et vie privée Bibliographie Auteur

    Les ministres de la Guerre, 1792-1870

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Claude-Louis Petiet

    Ministre de la Guerre, 8 février 1796-16 juillet 1797

    Bernard Gainot

    p. 75-79

    Texte intégral Origines, formation et carrière avant 1796 Action au ministère de la Guerre (1796-1797) Carrière postérieure, fortune et vie privée Bibliographie Sources et bibliographie Sources manuscrites Service historique de la Défense Archives nationales Sources imprimées Bibliographie Auteur

    Texte intégral

    Origines, formation et carrière avant 1796

    1Claude Petiet naquit à Châtillon-sur-Seine le 9 février 1749, dans une famille de notables. Son père était titulaire d’un office de lieutenant-général du baillage, son parrain, receveur à l’entrepôt des tabacs, et sa marraine avait épousé le receveur des droits pour le marquisat de Larrey, dont le seigneur était le prince de Condé, alors gouverneur général de la province de Bourgogne. C’est grâce à ce patronage qu’il obtint, à l’âge de 17 ans, un brevet de gendarme dans la compagnie de la Reine. Parallèlement, il poursuivit des études juridiques à Paris, où il fut reçu avocat au Parlement en 1767, puis à Langres. Il n’avait pas renoncé pour autant à la carrière militaire, puisqu’il était passé dans la compagnie des gendarmes du roi, commandée par d’Autichamp, en 1768.

    2Le duc de Montbarrey, alors capitaine dans le régiment des Cent Suisses du comte de Provence, le recommanda pour remplir la charge de premier secrétaire du baron Caze de la Bove, qui venait d’être nommé intendant de Bretagne (1774). L’année suivante, l’intendant, contraint de s’absenter, lui accorda une commission pour exercer les fonctions de subdélégué général, ce qui en faisait son remplaçant en son absence. La charge de commissaire des guerres était traditionnellement attachée à cette fonction en Bretagne ; il la loua à Nantes en 1778.

    3Montbarrey, devenu prince du Saint-Empire et secrétaire d’État de la Guerre, l’envoya exercer, à titre intérimaire, les fonctions de commissaire ordonnateur à Saint-Malo, alors centre de regroupement des troupes, tandis que la France entrait dans la guerre d’Amérique. Il continua, en outre, de s’occuper des affaires de l’intendance.

    4Il devint titulaire de la charge de commissaire des guerres en 1781, avec la mission de lever les milices garde-côtes de la division de Brest. En 1784, Caze de la Bove fut remplacé à l’intendance de Bretagne par Bertrand de Molleville. Les critiques se multiplièrent contre les pouvoirs jugés exorbitants des intendants ; une partie des tâches administratives furent dévolues aux états de Bretagne, mais l’on reprocha à Petiet d’outrepasser ses fonctions. Son bureau fut supprimé. Il réclama à Paris les émoluments affectés à l’office de procureur du roi au baillage et capitainerie royale des chasses de Meudon, dont il avait obtenu la survivance. Il fit également jouer ses appuis pour obtenir une nouvelle affectation ; ce fut chose faite quelques mois plus tard lorsqu’il fut nommé subdélégué à Rennes. Il dut alors maintenir un délicat équilibre entre la confiance de Bertrand de Molleville, cible de la contestation parlementaire, et sa position locale qui le contraignait à côtoyer cette opposition, tant par ses attaches familiales, que comme membre de la chambre littéraire du Tiers depuis 1780. Petiet se contenta d’expédier les affaires courantes dans la période de transition.

    5Le 14 juin 1790, il fut élu procureur général syndic du département d’Ille-et-Vilaine. Il fut membre de la Société des amis de la constitution de Rennes. Troublé par la radicalisation du cours des événements, notamment pour les affaires religieuses, il démissionna en septembre 1791 ; ce qui ne l’empêcha pas d’acquérir des biens du clergé. Il entra au corps municipal de Rennes en décembre 1791, tout en recevant des lettres de service pour les fonctions de commissaire ordonnateur et grand juge dans la 13e division militaire. Puis, le 31 mars 1792, il fut appelé à exercer les mêmes fonctions à l’armée du Centre. À la fin de la même année, il retrouva Rennes et la 13e division militaire, poste qui avait été occupé par Pierre Daru dans l’intervalle. Petiet fut nommé en mai 1793 ordonnateur en chef des armées des côtes de Brest et de Cherbourg, Daru restant son proche collaborateur.

    6Un moment arrêté comme suspect de sympathies pour les Vendéens, pour la modération dont il avait fait preuve dans le procès des administrateurs de la ville d’Ancenis qu’il avait présidé comme grand juge militaire, il fut blanchi de ces accusations et réintégré dans ses fonctions. Le 28 germinal an III (17 avril 1795), le Comité de salut public le nomma ordonnateur en chef de l’armée de Sambre-et-Meuse. Il abandonna de nouveau ses fonctions à l’armée des côtes de Brest à Pierre Daru, mais les retrouva dès juin 1795. Le 25 vendémiaire an IV (17 octobre 1795), il fut élu en tête des députés par l’assemblée électorale de l’Ille-et-Vilaine, avec 256 voix sur 340 votants. Il siégea au Conseil des Anciens.

    7Ainsi, Claude Petiet faisait figure de patriote prudent, que sa longue familiarité avec les dossiers de l’administration militaire, sa haute capacité de travail, son ancrage local et ses relations dans des milieux sociaux différents, avaient rendu indispensable à tous les régimes. Carnot le présentait comme « un administrateur d’un ordre supérieur ». Barras le jugeait « également propre à administrer pour la république ou la monarchie ». Choisi par le Directoire pour remplacer Aubert-Dubayet au ministère de la Guerre, sa nomination fut acceptée le 19 pluviôse an IV (8 février 1796).

    Action au ministère de la Guerre (1796-1797)

    8Le ministère était organisé en six grandes divisions, elles-mêmes réparties en plusieurs bureaux. La première division, dirigée par Arcambal, s’occupait du matériel, de l’approvisionnement, des casernes. Le bureau du casernement et du chauffage, piloté par Collignon, avait fini par absorber l’essentiel des activités de cette division tant ses compétences étaient étendues (lits militaires, casernes, logement des troupes, chauffage et éclairage des troupes et des corps de garde).

    9La deuxième division, dirigée par Pierre Daru, possédait également de très larges pouvoirs puisqu’elle gérait le mouvement des troupes, la correspondance, les transports et les remontes, la police militaire. Toutefois, le ministère était principalement en charge de la partie administrative, les plans de campagne et les nominations restant du ressort du Directoire, et plus particulièrement du directeur Carnot. Il subsistait alors quatre grandes armées actives, qui opéraient en Italie, en Allemagne, dans les départements de l’Ouest placés en état de siège, et à Saint-Domingue. Le ministère en comptait trois, le corps expéditionnaire de Saint-Domingue, isolé depuis 1793, étant livré à lui-même dans l’attente du rétablissement des liaisons maritimes.

    10Certaines régions étaient déchirées par les luttes politiques et par le brigandage. C’était tout particulièrement le cas de la 8e division militaire, commandée par le général secrètement royaliste Amédée Willot. Mais d’autres régions étaient au bord de l’insurrection, à en croire les autorités locales, qui présentaient un tableau volontairement alarmiste, pour obtenir un supplément de troupes, ou un renforcement de la gendarmerie : les régions basques, l’Aisne et les zones frontalières de la Belgique, le centre-ouest et les départements limitrophes des territoires ravagés par la chouannerie, et considérés comme zone militaire de la compétence du commandant en chef de l’armée de l’Ouest.

    11La troisième division avait à sa tête le général Milet-Mureau, futur ministre de la Guerre ; elle s’occupait des armes savantes (artillerie et génie), ainsi que des fortifications. La quatrième division, dirigée par Combes, supervisait également un grand nombre de bureaux, gérant le personnel et les carrières. Un bureau s’occupait des revues, levées, recrutement, exercices et manœuvres, tandis qu’un autre tenait les registres de contrôle des troupes, états de services, mutations, extraits mortuaires. La cinquième division gérait les hôpitaux militaires et les pensions, la sixième la solde et la comptabilité.

    12Étaient théoriquement rattachés au ministère le Dépôt général de la guerre et de la géographie, dont le directeur était Calon, et le cabinet topographique, historique, militaire, dirigé par le général Clarke. Pratiquement, ces deux services préparaient le travail pour Carnot.

    13Petiet présenta au Directoire deux grands rapports afin de rendre compte de sa gestion et de l’utilisation des fonds. Le premier couvrait la période comprise entre l’installation du Directoire (brumaire an IV – octobre 1795) et pluviôse an V (février 1796). La gestion de son prédécesseur Aubert-Dubayet était donc comprise dans ce bilan, ce qui valut implicitement critique de cette dernière, lorsqu’il souligna qu’elle fut marquée par l’urgence, l’improvisation et l’amateurisme : « Forcé d’entrer en activité, avant d’avoir pu prendre connaissance de l’état des choses ; ignorant ses besoins, ses ressources, et jusqu’à la mesure du crédit public […] il s’était vu dans la fâcheuse nécessité de commencer ses opérations avant de se tracer un plan. » Le second rapport fut daté du 2 vendémiaire an VI (23 septembre 1797), deux mois après sa cessation de fonctions. En butte aux critiques croisées de l’opposition royaliste et des généraux, il chercha surtout à justifier l’utilisation des crédits et la valeur des contrats passés avec les fournisseurs, tout en insistant sur la réforme constante des « abus », terme qui renvoie aux dilapidations en tous genres dont le ministère était parfois victime, mais que ses ennemis accusaient d’en être toujours complice.

    14L’épisode qui mit fin au ministère Petiet, en juillet 1797, fut faussement présenté comme une sorte de préfiguration du tournant « républicain » de fructidor an V. Or, plusieurs ministres, qui n’étaient pas particulièrement royalistes, furent remerciés, en même temps que Petiet ; la droite des conseils obtint ainsi le renvoi de Laurent Truguet, ministre de la Marine et des Colonies, dont elle avait fait sa cible en raison de ses convictions abolitionnistes. Quant à l’intrigant Talleyrand, il finit par obtenir le poste de Charles Delacroix, fidèle exécutant de la politique directoriale, aux relations extérieures. Claude Petiet symbolisait surtout la bureaucratie ministérielle, en butte à la rancœur des généraux, alimentée par les ambitions de Hoche, qui aurait dû lui succéder. La droite royaliste allait toutefois mettre en échec cette candidature, frappée d’inconstitutionnalité.

    Carrière postérieure, fortune et vie privée

    15La retraite de l’ancien ministre ne dura qu’autant que le régime du Directoire. Aux élections de 1799, il fut élu député de la Seine au Conseil des Cinq-Cents, par une assemblée électorale conservatrice. Le Consulat lui permit de retrouver la bureaucratie ministérielle comme chef de la première division. Il fut nommé président de la section « Guerre » du Conseil d’État. Au printemps 1800, il fut chargé de l’administration de l’armée de réserve ; il quitta alors Paris pour l’Italie, toujours en compagnie du fidèle Daru.

    16Après la victoire de Marengo, il fut nommé ministre extraordinaire du gouvernement français à Milan. Il s’occupa essentiellement de la gestion des troupes stationnées sur le territoire de la République cisalpine et entretenues à sa charge. Il entra en conflit avec les autorités de ce territoire, devenu italien, et singulièrement son vice-président Melzi d’Eril, qui voulait desserrer la lourde tutelle française.

    17Il retrouva ses fonctions à la section de la Guerre au Conseil d’État lorsqu’il fut nommé en juin 1803 ordonnateur principal des six camps formés sur les côtes de l’Océan pour préparer le débarquement en Angleterre. Le camp de Boulogne, dont Petiet supervisait toute la logistique, fut le creuset de la Grande Armée ; il en devint le premier intendant général le 29 août 1805. Il fut présent en Bavière et en Autriche, mais la maladie le contraignit à revenir à Strasbourg, où se trouvaient ses bureaux, puis à Paris. C’est là qu’il mourut le 25 mai 1806 d’un cancer à l’estomac, dont il souffrait depuis 1802.

    18En 1778, à Rennes, il s’était uni à la fille de Jacques-Antoine Mesnard de la Rozais, trésorier de la marine et receveur général des fermes du roi. Son épouse décéda trois mois plus tard, à l’âge de 22 ans. Il se remaria ensuite en mai 1781, avec une jeune fille de la noblesse rennaise de robe, Anne-Françoise du Lièpvre du Bois de Pacé.

    19Il laissa quatre enfants ; Alexandre, auditeur au Conseil d’État ; Auguste, attaché à l’état-major du général Soult ; Isidore-Eugénie, et Sylvain.

    20Outre son domicile parisien, un hôtel particulier de la rue de Fréjus, il acquit en 1802 une résidence de campagne, le château et le domaine de Saint-Bris, dans l’Yonne. Il faut y ajouter des immeubles de rapport à Paris, et une somme de plus de 18 000 francs qui restait à la veuve.

    Bibliographie

    Sources et bibliographie

    Sources manuscrites

    Service historique de la Défense

    Révolution (série B)

    SHD/GR, B13 45-68 : correspondance générale du ministère de la Guerre.

    Archives collectives et individuelles (série Y)

    SHD/GR, 8 Yd 2408 : dossier de Petiet.

    Archives nationales

    Archives du pouvoir exécutif (série AF)

    AF III 143 : état des dépenses du département de la Guerre, ans IV et V ; AF III 146 : correspondance relative aux armées, ans IV et V ; AF III 147-148 et 183 : rapports ministériels ; AF III 154a/154b : circulaires imprimées, ans IV et V.

    Archives personnelles et familiales (série AP)

    AP 138 : archives Daru.

    Sources imprimées

    Rapport fait par le ministre de la Guerre au Directoire exécutif, sur l’administration de son département depuis l’organisation du gouvernement constitutionnel, c’est-à-dire depuis le 14 brumaire an IV jusqu’au mois de pluviôse an V, Paris, Imprimerie de la République, floréal an V. (Les archives de la Révolution française, sous la direction de Colin Lucas, university of Chicago, section 11 « Guerre et colonies », 11.1a/227.)

    Second rapport fait par le citoyen Petiet, ex-ministre de la Guerre, au Directoire exécutif, sur l’administration de son département, depuis le mois de pluviôse, époque de la reddition de son premier compte, jusqu’au sept thermidor, jour où il a quitté le ministère. Présenté au Directoire le 2 vendémiaire de l’an VI, Paris, Imprimerie de la République, germinal an VI. (Les archives de la Révolution française, sous la direction de Colin Lucas, university of Chicago, section 11 « Guerre et colonies », 11.1a/228.)

    Souvenirs historiques, militaires et particuliers (1784-1815) d’un hussard de l’Empire, aide de camp du maréchal Soult. Ce sont les mémoires du général Auguste Petiet, fils de Claude, présentés et annotés par Nicole Gotteri (Éditions SPM, coll. « Kronos », 1996).

    I carteggi di Francesco Melzi duca d’Eril. La vice-presidenza della Repubblica italiana, présentation de Carlo Zaghi, Milan, museo del Risorgimento e raccolte storiche del Commune di Milano, 1958-1968, vol. III.

    Bibliographie

    Bergerot Bernard, Daru, intendant général de la Grande Armée, Paris, Tallandier, 1991, 220 p.

    Gotteri Nicole, Claude Petiet, ministre de la Guerre, intendant général de la Grande Armée, et ses fils Alexandre, Auguste et Sylvain, Paris, SPM, coll. « Kronos », 1999, 420 p.

    Auteur

    • Bernard Gainot
      Normalien (École normale supérieure de Saint-Cloud-Fontenay), maître de conférences honoraire de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, professeur associé aux écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan (2000-2012), présentement chercheur associé à l’Institut d’histoire de la Révolution française et à l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (École normale supérieure de la rue d’Ulm). Ses domaines de recherches sont l’histoire des conflits entre les empires à l’ère des révolutions (1750-1830) et l’histoire politique et sociale de la France de 1770 à 1830.
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    Gainot, B. (2018). Claude-Louis Petiet. In Édouard Ebel (éd.), Les ministres de la Guerre, 1792-1870. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.169191
    Gainot, Bernard. « Claude-Louis Petiet ». In Les ministres de la Guerre, 1792-1870, édité par Édouard Ebel. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2018. doi:10.4000/books.pur.169191.
    Gainot, Bernard. « Claude-Louis Petiet ». Les ministres de la Guerre, 1792-1870, édité par Édouard Ebel, Presses universitaires de Rennes, 2018, https://doi.org/10.4000/books.pur.169191.

    Référence numérique du livre

    Format

    Ebel, Édouard (éd.). (2018). Les ministres de la Guerre, 1792-1870. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.169091
    Ebel, Édouard, éd. Les ministres de la Guerre, 1792-1870. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2018. doi:10.4000/books.pur.169091.
    Ebel, Édouard, éditeur. Les ministres de la Guerre, 1792-1870. Presses universitaires de Rennes, 2018, https://doi.org/10.4000/books.pur.169091.
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