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    Plan détaillé Texte intégral Universitaire, jurisconsulte, technicien du droit, militant La question finlandaise, grande cause du droit des gens Liens matériels et réseaux de la cause finlandaise Les internationalistes, arlequins du droit et de la politique ? Notes de bas de page Auteur

    Experts et expertises en diplomatie

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    Table des matières

    Serviteur de deux maîtres ?

    Albert Geouffre de La Pradelle et la cause finlandaise, entre prestation de service et combat pour le droit

    Louis Clerc

    p. 223-238

    Texte intégral Universitaire, jurisconsulte, technicien du droit, militant La question finlandaise, grande cause du droit des gens Liens matériels et réseaux de la cause finlandaise Les internationalistes, arlequins du droit et de la politique ? Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    « Il y en a tant qui se cherchent un maître et moi, j’en ai trouvé deux. […] Est-ce que ce ne serait pas une belle chose que de les servir tous les deux et de gagner deux salaires et de manger le double ? »
    Arlequin serviteur de deux maîtres, Carlo Goldoni.

    « (International law) has displayed a remarkable ability to swerve with the whims of politics. »
    John H. Spencer1.

    1Dans sa préface à un livre de Jean-Louis Perret publié en 1931, le juriste français Albert Geouffre de La Pradelle fait le bilan de plusieurs décennies passées au service du droit international. Il se présente comme faisant partie d’un « groupe d’esprits indépendants », réseau cosmopolite de défenseurs d’un ordre international basé sur le droit. Il rappelle ses positions favorables aux droits des petites nations et en particulier de la Finlande autonome au sein de l’empire russe, et souligne l’aide qu’il continue à apporter aux Finlandais depuis l’indépendance de leur État en 19182. Dans cet autoportrait, Geouffre de La Pradelle apparaît à l’intersection de plusieurs mondes : citoyen de la « République du Droit », universitaire représentant d’un domaine scientifique, juriste spécialisé consulté par différents clients et organisations, relais d’influence politique, mais aussi jurisconsulte du ministère français des Affaires étrangères entre 1922 et 1927. Dans le contexte de pratiques diplomatiques donnant une place de plus en plus grande aux normes de droit et aux instruments juridiques3, notre internationaliste s’inscrit à la fois dans un espace national et dans des solidarités transnationales, entre son militantisme utopique, ses pratiques scientifiques, l’exploitation intéressée de son expertise technique et ses activités de lobbying.

    2Politique par essence et ancré dans les pratiques et les réseaux des juristes internationalistes, le droit international gagne à être étudié non comme une discipline formalisée mais bien comme un ensemble de pratiques concrètes. Le point focal de notre contribution n’est donc pas tant la mobilisation du droit international comme expertise technique dans les pratiques diplomatiques françaises que la figure d’un expert juridique en situation4. Les bases d’une telle étude ont été posées en France par des travaux sur lesquels nous nous appuyons5, et en anglais par le livre incontournable de Martti Koskenniemi sur le développement du droit international public6. Le but de cet article est donc de présenter Albert Geouffre de La Pradelle comme un « agent international » pris dans des réseaux transnationaux7, au croisement de considérations politiques, idéologiques, scientifiques et d’intérêts matériels. Ces différents éléments nous semblent le mieux apparaître dans le rôle joué par Geouffre de La Pradelle au service de groupes d’intérêts nationaux actifs en France. Dans le cadre de cet article, nous nous concentrerons en particulier sur ses liens avec les réseaux finlandais, du tournant du siècle à la Seconde Guerre mondiale8.

    Universitaire, jurisconsulte, technicien du droit, militant

    3Parmi les quatre jurisconsultes-professeurs chargés de missions de renseignement et d’expertise qui se succèdent au Quai d’Orsay entre 1891 et 1939, Geouffre de La Pradelle n’a été étudié que tardivement : très prolixe, il a laissé de nombreux écrits9 et des fonds d’archives importants mais éparpillés et difficiles d’accès. Un fonds conservé aux Archives départementales de la Corrèze rassemble des papiers familiaux10, alors que son dossier au fonds Personnel des Archives diplomatiques concerne essentiellement les circonstances de sa démission en 1927 du ministère des Affaires étrangères11. Les Archives diplomatiques procèdent actuellement au classement des papiers saisis par l’armée allemande en 1940 au bureau de Geouffre de La Pradelle, déplacés à Moscou par les forces soviétiques puis rapatriés dans les années 200012. Les Archives nationales ont enfin un fonds concernant ses activités universitaires au sein de la faculté de droit de Paris13. Cette présentation a aussi pu bénéficier de la correspondance de Geouffre de La Pradelle avec différentes personnalités finlandaises.

    4Albert Geouffre de La Pradelle naît le 30 mars 1871, à Tulle, dans une famille de la noblesse limousine. Il obtient son baccalauréat à Alençon avant de s’orienter vers le droit à la faculté de Paris, où il passe sa licence en 1890 et finit premier à l’agrégation des facultés de droit en novembre 189714. Après avoir enseigné 12 ans à Grenoble, il est nommé professeur titulaire à la faculté de droit de Paris en 1911, où il remplace Louis Renault. Il y enseigne le droit constitutionnel puis, surtout, le droit international public, qui devient rapidement sa discipline de prédilection et dont il va devenir un des spécialistes français.

    5Si Geouffre de La Pradelle emploie son énergie dans de nombreux domaines, l’Université reste le cœur de son activité professionnelle15. Depuis son poste à la faculté de droit de Paris, il contribue à l’institutionnalisation du droit international comme domaine scientifique et à la formation des cadres d’une discipline à cheval entre théorie et pratique, public et privé. En 1923, il crée avec les juristes Paul Fauchille et Alejandro Álvarez un Institut des hautes études internationales qu’il dirige jusqu’en 1946. Il fonde et dirige la Revue générale de droit international public (1919-1926), la Revue de droit international (1927), la Nouvelle revue de droit international privé (1934) et le Recueil général des décisions et conventions intéressant le droit international (1934). De 1928 à 1934, il dirige la publication du Répertoire de droit international avec Jean-Paulin Niboyet, et publie avec le juriste et homme d’État grec Nikolaos Politis le Recueil des arbitrages internationaux (1905/1923/1954)16. Son activité de conseil l’amène enfin à participer à l’élaboration même du droit international, par exemple en 1920 en tant que rapporteur de l’avant-projet de statut de la Cour permanente de justice internationale au Comité des juristes de La Haye.

    6Actif dans la première moitié du xxe siècle, Geouffre de La Pradelle voit apparaître un droit international différencié qui, dans l’ordre européen de l’après-1919, ouvre à des juristes spécialisés tels que lui un champ scientifique mais aussi politique, social et économique. Là où Louis Renault apparaissait clairement comme un diplomate-juriste, servant la France lors de négociations diplomatiques17, Geouffre de La Pradelle est déjà un technicien du droit se prêtant ponctuellement à l’expertise juridique pour l’État français mais aussi pour des organisations internationales, des États étrangers, des systèmes de règlement des conflits et des clients privés. On voit évoluer autour de lui ce milieu cosmopolite qu’il décrit lui-même, lié par des sociabilités transnationales et attaché à l’idée de la politique multilatérale et du droit comme bases d’une « société pacifique où toutes les âmes nationales se fondent dans un même désir d’humanité18 ». Ce milieu trouve ses origines au début du siècle dans les conférences de La Haye, où Geouffre de La Pradelle embrasse avec ferveur le mouvement pacifiste et la défense du droit international, y voyant comme Politis un gage de pacification de la vie des nations19. Dès les conférences de La Haye, ses réseaux sont déjà européens ; ils épousent, entre La Haye et Genève, Leyde et Londres, les contours du mouvement pacifiste et internationaliste.

    7Geouffre de La Pradelle place aussi son expertise au service du gouvernement français. En 1913, il remplit pendant quelques mois les fonctions de jurisconsulte du Protectorat marocain au ministère des Affaires étrangères. Il informe alors le ministre de l’Instruction publique, dont il relève en tant que professeur de droit, qu’il « désirerait être nommé jurisconsulte suppléant du ministère des Affaires Étrangères20 ». L’affaire traîne en longueur, mais Geouffre de La Pradelle commence déjà à assister le jurisconsulte en poste, son collègue à la faculté de droit Louis Renault21. Il passe l’essentiel de la Première Guerre mondiale sur le continent américain et en Grande-Bretagne, se chargeant de conférences de propagande dans les Alliances françaises. L’ambassadeur de France à Washington, Jules Jusserand, que Séverine Boué décrit pourtant comme partisan d’une propagande aussi discrète que possible, le félicite de son travail22. Plus tard, Geouffre de La Pradelle est expert juridique dans des négociations avec la Grande-Bretagne23, et en mars 1918 il est nommé jurisconsulte adjoint du Quai d’Orsay après la mort de Renault24. Actif et apprécié, il travaille durant la conférence de la Paix essentiellement sur les questions marocaines et est proposé à l’ordre de la Légion d’honneur en 191925. Le 22 juin 1922, il est nommé jurisconsulte du ministère des Affaires étrangères26.

    8La fin des années 1920 le voit toutefois en conflit répété avec le ministère, pour des raisons qui apparaissent en partie seulement liées à sa pratique juridique. S’il ne s’implique pas directement en politique, le curseur idéologique de Geouffre de La Pradelle se situe du côté de la droite conservatrice et royaliste27. En mars 1926, il écrit ainsi une lettre de soutien à Léon Daudet, alors engagé dans une rocambolesque algarade avec la justice française suite au suicide de son fils et qui s’exilera un an après en Belgique28. Cette lettre lui vaut les reproches du ministère de l’Instruction Publique, mais le Quai d’Orsay, décrivant ses fonctions comme « accessoires », ne réagit pas29. L’année suivante, Geouffre de La Pradelle publie un article dans Le Temps attaquant la notion de souveraineté totale des États30 : Aristide Briand décide alors de lui demander de choisir entre le maintien de son titre de jurisconsulte et la liberté de donner des consultations à un gouvernement étranger.

    9Le jurisconsulte répond en soulignant l’intérêt pour la France de reconnaître la prépondérance du droit des gens, et remet sa démission31. Briand réplique sur le même ton, affirmant que « l’honneur du Ministère des Affaires Étrangères a toujours été de concilier la Politique avec le Droit » et acceptant la démission de son jurisconsulte32. On est alors seulement deux ans après le scandale provoqué à la faculté de droit de Paris par la nomination au cours de droit international public de Georges Scelle, nommé directement par le ministère de l’Instruction publique du cartel des gauches, contre l’avis du conseil de la faculté qui souhaitait voir Louis Le Fur accéder au poste. Cette nomination d’une personnalité de gauche provoque des manifestations de l’Action française et un scandale qui dure plusieurs mois33. Si ce contexte politique et les caractères entiers de Briand et de Geouffre de La Pradelle peuvent expliquer leur querelle, celle-ci touche aussi à la définition même du travail de jurisconsulte : Geouffre de La Pradelle souhaite rester maître de sa parole et de son expertise et continuer à profiter d’une situation où son savoir spécifique, recherché sur le marché du droit, lui permet de faire le grand écart entre le public et le privé. Dans les années 1930, il défend ainsi les intérêts du prince Louis de Monaco contre son beau-fils et le gouvernement français34, tout en restant employé par le ministère à des fonctions de conseil et d’arbitrage ponctuelles.

    10Bien qu’il puisse se trouver en porte-à-faux avec son gouvernement, Geouffre de La Pradelle reste attaché à une vision générale de l’universalisme français. Dans un discours de 1933, il insiste sur le fait que l’Institut des hautes études internationales ne cessera pas d’être français parce qu’il est international35. Au contraire, la France ne fait en défendant le droit international que retrouver sa véritable identité, celle du porte-étendard des libertés, de la justice et des principes des Lumières. Geouffre de La Pradelle considère donc défendre l’essence même de l’identité française en soutenant le droit international, au-delà des combinaisons politiques et des gouvernements de l’heure. Puissance affaiblie par 1871, la France garde de son côté le droit, la justice et les principes universels des Lumières : comme Robert Redslob, autre juriste internationaliste de sa génération, Geouffre de La Pradelle peut penser que « L’Idée triomphera toujours. Et l’Idée, c’est la France36 ». Les manquements de l’État français au droit international sont pour lui des manquements à l’essence même de l’identité française37. On le voit bien dans son ouvrage La paix moderne, où il présente à la fois la France des années 1930 comme le porte-étendard de l’esprit de Genève et ses gouvernements successifs comme les fossoyeurs du système de garanties de la SDN38.

    11Admis à la retraite en 1939, Geouffre de La Pradelle passe la guerre entre Châteauroux, Aix-en-Provence où il supplée à la faculté son fils Paul, et la principauté de Monaco au titre de conseiller du Prince. En 1944, on lui reproche l’écriture, deux ans auparavant, d’un pamphlet antisoviétique, Le Marxisme tentaculaire39 ; la faculté de droit lui demande alors de démissionner de la direction de l’Institut, ce qu’il fait en 194640. Jamais à court d’énergie, il se consacre à la création de l’Institut libre d’étude des relations internationales au sein de l’Institut d’études politiques de Paris, qu’il dirige de 1948 à sa mort en 1954.

    12Pour reprendre les catégories de Guillaume Sacriste et Antoine Vauchez, Geouffre de La Pradelle se place donc entre le mercenaire du droit et le militant cosmopolite, mêlant l’idéalisme de Léon Bourgeois41 au pragmatisme d’un juriste mettant son savoir juridique au service de clients divers. Il existe pour lui une « société internationale » englobant les États et qui ne peut exister sans un droit établi par des traités que sa corporation a la charge d’interpréter et de défendre. Par ailleurs, sa vision épistémologique du droit international affirme la primauté du fait social, de la vie des nations sur les catégories du droit qui doivent s’y adapter42. Il tire de cette expertise un avantage financier et social, mais l’utilise aussi pour se positionner comme relais d’influence politique et lobbyiste pour certaines causes. Ces catégories ne sont pas hermétiques et les intérêts matériels se mêlent aux positionnements idéologiques dans le cas que nous allons considérer, celui de l’assistance prêtée par Geouffre de La Pradelle aux réseaux nationalistes finlandais en France puis après 1918 aux représentants en France de l’État finlandais.

    La question finlandaise, grande cause du droit des gens

    13Entre 1899 et l’indépendance du pays en décembre 1917, Geouffre de La Pradelle découvre la question finlandaise au travers de ses lectures mais aussi et surtout des contacts qu’il va nouer avec différentes personnalités finlandaises à Paris et lors des conférences de La Haye. L’histoire du mouvement national finlandais peut intéresser le juriste pour plusieurs raisons. La Finlande forme depuis 1809 un Grand-duché autonome au sein de l’empire russe, et c’est dans ce cadre que se développe depuis les années 1850 un fort sentiment national. À la fin du xixe siècle, la Finlande fait donc partie des mouvements nationaux européens dont le statut au sein d’empires multinationaux (Russie et Autriche-Hongrie essentiellement) est évoqué dans les débats français. Ce sentiment national est présenté aux Français du fait des Finlandais eux-mêmes, les réseaux nationalistes cherchant au tournant du siècle à attirer le regard de l’Europe. Or ce lobbying national est exprimé dans un certain contexte au travers d’un argumentaire juridique propre à attirer le regard de Geouffre de La Pradelle.

    14La création du Grand-duché de Finlande se base en effet sur un acte juridique ambigu : la déclaration de l’empereur Alexandre Ier à Porvoo en 1809, devant les ordres finlandais rassemblés, concernant l’annexion de cette province suédoise à l’empire de Russie43. L’empereur déclare alors élever la Finlande « au rang de nation » et l’associer à son empire, se faisant grand-duc de cette nouvelle partie de l’empire de Russie. La Finlande se voit garantir ses lois et ses pratiques religieuses, et les Finlandais en viennent à interpréter la déclaration de l’empereur comme un statut d’autonomie. Celui-ci reste mal défini, mais dans les années 1810-1830 la création d’une administration spécifique à la Finlande permet aux Finlandais d’accaparer la gestion de leur propre territoire. Dans ce cadre, la Finlande développe au cours du xixe siècle une identité propre, une administration à part et une vie économique distincte de l’empire russe. Mais à partir des années 1860, les empereurs russes essaient de revenir sur ce qui est à présent considéré par les élites finlandaises comme un statut acquis. Avec le développement du panslavisme, deux périodes de « russification » ont lieu, une de 1898 à 1905, l’autre de 1908 à la guerre. Ces périodes voient le nationalisme finlandais se développer et se traduisent aussi par un effort important visant à présenter le projet national finlandais à l’étranger et à mobiliser les opinions occidentales. Dans cet effort, les arguments culturels (développement d’une culture distincte), politiques (loyauté et stabilité des Finlandais), moraux mais aussi et surtout juridiques sont utilisés.

    15L’argument juridique principal des Finlandais se fonde sur la vision d’une nation à part entière créée par l’empereur à Porvoo et dotée d’un statut liant les souverains russes. Les Finlandais, et en France en particulier le professeur de droit et homme politique Leo Mechelin, s’attachent à développer cet argument juridique et à le diffuser en espérant obtenir du soutien face aux Russes44. Au tournant du siècle, les arguments finlandais font leur chemin à Paris malgré la large audience réservée à une Russie tsariste alliée depuis 1893 à la France. Les Finlandais ont du mal à trouver un soutien officiel, mais leur interprétation du statut juridique de la Finlande se retrouve dans les publications françaises les plus diverses, et en particulier dans des travaux défendant les « petites nations » au nom des limitations imposées par un droit international aux prérogatives des États.

    16Mechelin et ses collègues sont extrêmement actifs dans un certain nombre de forums internationaux, et leur chemin croise celui de Geouffre de La Pradelle dès les années 1890. Hors de Finlande, Mechelin milite pour le pacifisme et la coopération internationale, participe aux conférences de La Haye et fait partie des réseaux transnationaux qui s’organisent autour de ces conférences. Geouffre de La Pradelle est alors un jeune juriste, qui s’engage au tournant du siècle dans les mêmes réseaux et traite à plusieurs reprises des abus de pouvoir réalisés par les grandes puissances et les empires envers les petites nations. Dans le cas finlandais, il reprend les éléments factuels fournis par les Finlandais : il dénonce des atteintes russes au statut d’autonomie, soulignant la nécessité d’un droit régentant les nations et limitant les effets de « l’impérialisme naissant de certaines grandes puissances, la Russie, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, [qui] fait, du Transvaal à la Finlande, passer une inquiétude sur les nations45 ». Les Boers attaqués par la Grande-Bretagne, les populations baltes, la Pologne, la Finlande et d’autres sont ainsi convoqués comme cas d’école justifiant la nécessité d’un tel droit.

    17Un de ses plus longs textes sur la question, écrit avec Léon Michoud en 190146, déborde largement du droit pour critiquer l’impérialisme russe : « hostile aux libertés locales », celui-ci serait « impatient de supprimer celles même qu’il a concédées ». Les auteurs évoquent le développement historique de la nation finlandaise et les blocages psychologiques de la mentalité russe, dont le sentiment politique rechercherait l’unité juridique là où son sentiment religieux recherche l’unité de la foi. Enfin, les auteurs soulignent l’hypocrisie de l’empereur actuel, Nicolas II, qui demande à La Haye en 1899 la diminution des effectifs militaires mais est en même temps accusé de faire assaut aux droits de la Finlande en obligeant les Finlandais à la conscription. La bibliographie du livre, très complète, montre en action un réseau de juristes néerlandais, français, espagnols, britanniques prêts à relayer les arguments finlandais dans leurs publications. Le Temps rappelle ainsi en janvier 1918 les « sympathies tenaces » dont la Finlande a bénéficié en France « au temps où les Finlandais étaient opprimés47 ».

    18On trouve dans ce texte plusieurs points importants concernant la vision de Geouffre de La Pradelle sur le droit international et ses sources. Les auteurs critiquent d’abord l’idée d’une souveraineté absolue de l’État48, érigeant en source du droit les évolutions historiques, les manifestations de l’esprit des peuples et d’une « Justice » immanente. La question finlandaise doit pour eux redevenir « ce qu’elle aurait toujours dû être : une question de fait, où il n’y a qu’à suivre et à interpréter les actes de l’histoire49 ». Les catégories classiques du droit doivent donc être bousculées pour laisser la place à ce cas nouveau, de nature particulière mais présentant toutes les caractéristiques d’un État, permanent et conforme à la justice. La conclusion des deux auteurs est que le droit doit se fonder sur l’histoire, et que la souveraineté absolue des États ne peut être érigée en dogme contre ces évolutions : « C’est à l’histoire qu’il faut faire le sacrifice des systèmes plutôt que de faire aux systèmes le sacrifice de l’histoire50. »

    19Ce travail de Geouffre de La Pradelle aux côtés des Finlandais est à la frontière du droit et de la politique. Notre juriste se fait, de par ses convictions utopiques et ses opinions politiques, le relais d’une propagande nationale qu’il découvre par ses contacts avec des lobbyistes finlandais dans le cadre des conférences de La Haye, et qu’il peut utiliser à l’appui de la défense et illustration du droit international. En 1910, Geouffre de La Pradelle défend encore les Finlandais contre le panslavisme, soulignant les aspects juridiques mais aussi et surtout comme à son habitude l’importance de la justice : le droit, « défenseur des suprêmes espérances », apparaît comme émanant des principes de justice et d’équité dans la société internationale. Il finit sa contribution à une conférence organisée par le publiciste René Henry en rappelant que, malgré son amitié pour la Russie et son intérêt pour les alliances de la France, la vérité doit être dite : « Amicus Plato, sed magis amica veritas51. »

    Liens matériels et réseaux de la cause finlandaise

    20Après l’indépendance de la Finlande en décembre 1917, les contacts de Geouffre de La Pradelle avec les Finlandais changent de nature : il devient un relais politique entre la France et la Finlande, et offre contre rétribution financière ou symbolique son expertise aux représentants finlandais à Paris. En 1919, il est rapidement contacté par des Finlandais qui cherchent désespérément des contacts à Paris en vue d’influencer les travaux de la conférence de la Paix : déchiré par une guerre civile au printemps 1918, le jeune État s’est en effet tourné vers l’Allemagne et est associé à celle-ci dans la défaite. Alors que la stabilisation de son indépendance de même que ses contours frontaliers (la question de l’archipel des Åland, la frontière avec la Russie bolchevique) dépendent en partie du bon vouloir des vainqueurs de la guerre, les représentants finlandais à Paris cherchent des alliés dans la capitale française.

    21Dans ces conditions, Geouffre de La Pradelle prête une oreille attentive et chaleureuse aux Finlandais, les soutenant à Paris, relayant leurs arguments, les conseillant en matière juridique et rédigeant des rapports sur différentes questions territoriales52. Dans un contexte où plusieurs « petites nations » défendent leur cause en Europe au travers de sociétés d’amitié, il s’implique dans les réseaux de l’amitié franco-finlandaise au travers d’une Société franco-finlandaise à laquelle il adhère lors de sa création en janvier 192053. Rétribué mais loin d’être servile, Geouffre de La Pradelle se maintient dans une position intermédiaire. À la fin de 1919, alors que les dirigeants français exercent d’importantes pressions sur les Finlandais pour les pousser à intervenir contre les Bolcheviques déjà attaqués depuis l’Estonie, il mène ainsi sa propre politique sur deux fronts. Aux dirigeants français, il relaie les opinions que les Finlandais veulent faire passer : début novembre, il écrit ainsi qu’une garantie de la souveraineté finlandaise sur les Åland est le seul moyen d’obtenir une aide finlandaise : « on ne peut pas lui demander [à la Finlande], pour sauver la Russie, de se perdre, ou, pour la fortifier, de s’affaiblir54 ». D’un autre côté, il se fait l’interprète de la politique française en poussant les Finlandais à s’éloigner de l’Allemagne et à soutenir les Russes blancs55.

    22Malgré ces ambiguïtés, la légation finlandaise à Paris exprime tout au long des années 1920 sa gratitude pour l’aide apportée par Geouffre de La Pradelle, incitant Helsinki à compenser sans hésiter, financièrement et symboliquement, un si utile conseiller. En janvier 1921, le Président de la République de Finlande confère à Geouffre de La Pradelle l’Ordre de la Rose Blanche56 ; ambassadeur de Finlande en France entre 1919 et 1927, Carl Enckell parle dans ses mémoires de « notre juriste français » et justifie ses émoluments par l’aide technique qu’il apporte à la jeune ambassade finlandaise57. Dans une longue lettre de juillet 1921, l’ambassadeur décrit les négociations concernant le salaire de Geouffre de La Pradelle pour son aide dans l’affaire des Åland, justifiant la somme par le soutien technique important offert par ce professeur de renom58. Dans la même lettre, Enckell souligne que de telles transactions doivent être tenues secrètes, de façon à ne pas compromettre les relations de Geouffre de La Pradelle avec le Quai d’Orsay. Les avantages retirés d’une coopération avec la Finlande sont également d’ordre professionnel. En août 1921, le groupe national finlandais chargé de présenter les candidats du pays aux fonctions de membre de la Cour permanente de justice internationale propose ainsi au secrétariat de la Cour une série de noms ; parmi eux se trouvent trois juristes finlandais et Geouffre de La Pradelle59. Le gouvernement finlandais lui demande aussi de le représenter dans différentes organisations et comités, par exemple en 1925 la commission de conciliation entre la Finlande et le Danemark60. En 1930, Geouffre de La Pradelle est l’invité d’honneur d’une réception remarquée à Helsinki, que note Le Temps dans un article où on souligne la défense inspirée que le juriste a pu faire du droit des Finlandais à exister comme nation61. Revenu à Paris, il adresse une lettre chaleureuse à l’internationaliste finlandais Rafael Erich, qu’il connaît depuis le début du siècle : il y parle d’un voyage en Finlande « passé comme un rêve », se félicite de l’accueil des élites locales et loue « l’action de la Finlande à la Société des Nations »62. Erich devenant membre de la Cour permanente d’arbitrage, il est chargé de faire le choix des jurisconsultes parmi lesquels le Conseil et l’Assemblée de la SDN choisiront en septembre 1939 les membres de la Cour permanente de justice internationale. Le 21 mars 1939, Geouffre de La Pradelle recommande son collègue Alejandro Alvarez, mais se rétracte le 5 avril et propose sa propre candidature. Il précise que ce serait un honneur pour lui si « la Finlande, pour laquelle j’ai mené le bon combat juridique, me témoignait une estime dont je serais fier et une sympathie dont je serais touché, en soutenant ma candidature63 ». Mais après des tractations dont nous n’avons pas trouvé la trace, c’est le groupe lituanien et non le groupe finlandais qui défendra sa candidature64.

    23À ces avantages matériels se mêle un véritable intérêt idéologique pour la Finlande. Dans la correspondance de Geouffre de La Pradelle avec différentes personnalités finlandaises (dont Rafael Erich), ce petit État apparaît comme un bon élève de la scène internationale, neutre, vertueux, pacifique et soucieux du droit65, voyant la SDN comme « un bouclier de sécurité66 ». Le pays en vient à représenter pour le juriste français un ensemble de petites nations européennes vertueuses, démocratiques, capables de fonctionner en tant que bases d’un système international multilatéral et pacifique. Les personnalités finlandaises avec lesquelles il a le plus de contacts abondent évidemment dans ce sens et critiquent comme lui l’égoïsme des grandes puissances détruisant le protocole de Genève dans les années 193067. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Geouffre de La Pradelle évoque encore à plusieurs reprises la façon dont la Finlande a symbolisé pour lui la « cause du droit international », l’unification des nations européennes sous un droit commun68, l’attachement à la liberté et aux formes juridiques de la SDN69.

    24On aurait tort de penser que le Quai d’Orsay reste passif face à cet énergique jurisconsulte. On a vu le ministre Aristide Briand lui tenir tête, et le ministère exprime à plusieurs reprises sa méfiance. Le 19 juin 1920, les Britanniques demandant la convocation d’une session spéciale du Conseil de la SDN pour étudier la question des Åland, Alexandre Millerand accepte mais précise qu’il refuse à Geouffre de La Pradelle la possibilité de représenter la Finlande lors de débats éventuels sur la question70. Bien que son savoir technique soit apprécié, ce professeur de droit haut en couleur et connu pour son travail de conseil auprès des représentants finlandais doit être tenu à l’écart de certaines affaires de nature politique. Ces discussions montrent que les diplomates professionnels ne sont pas dupes et savent « faire le tri » entre les spécialistes de droit international : on veille ainsi à ne pas envoyer à Genève un expert connu pour ses contacts avec tel ou tel réseau.

    25L’activisme de Geouffre de La Pradelle aux côtés des représentants de la Finlande indépendante donne donc un bon exemple des ambiguïtés de sa position. On a vu qu’il doit naviguer entre son attachement au Quai d’Orsay et ses contacts avec les Finlandais. Il combine aussi la défense politique d’une cause et les avantages, de nature financière ou autre, que lui procurent ses relations avec les Finlandais et son expertise dans un domaine qu’il a en grande partie contribué à légitimer. Les réseaux que Geouffre de La Pradelle entretient apparaissent comme un bon exemple de communauté d’intérêts et de valeurs constituée au-delà des référents nationaux, dont Peter Haas a précisé les formes71. Ils sont aussi l’expression d’une action plus spécifique, liée au droit mais qui le dépasse en s’inscrivant dans le domaine politique, suivant la logique des « groupes d’intérêt » étudiés par Jan Beyers, Rainer Eising et William Maloney72. Autour d’un noyau dur de militants professionnels des relations culturelles et politiques entre deux nations (souvent des Finlandais installés en France), on trouve un cercle plus large de « spécialistes » qui agissent par conviction ou pour les ressources symboliques, politiques, sociales et financières qu’ils peuvent tirer de leur engagement au côté d’une cause nationale. Dans le cas de Geouffre de La Pradelle, l’écheveau des intérêts et des motivations est délicat à démêler. Convaincu d’aider la cause du Droit en assistant ce petit État, notre juriste est aussi prompt à en tirer des ressources pour sa propre carrière : ressources sociales venant du fait d’être vu comme le défenseur d’une cause célèbre, aura intellectuelle gagnée en se spécialisant dans une question particulière, exaltation à se voir comme l’accoucheur de nouvelles nations et, bien sûr, paiement pour ses fonctions d’expertise. Nicolas Bauquet et d’autres ont décrit des réseaux similaires pour d’autres petits États, rassemblant des personnalités motivées par les mêmes mécanismes et dont le travail fait de la vision même des dirigeants français concernant ces pays en grande partie un produit d’importation73.

    Les internationalistes, arlequins du droit et de la politique ?

    26Sacriste et Vauchez soulignent les efforts dans la première moitié du xxe siècle d’un groupe hétérogène (jurisconsultes, avocats, juristes, universitaires, etc.) qui vise à construire et à imposer un droit international en apparence libre des allégeances nationales et des jeux de pouvoir internationaux. Ces personnalités et ces institutions profitent dans l’entre-deux-guerres de l’émergence d’un marché fait de médiation, de gestion des instances de la Société des Nations et d’autres organisations internationales, de régulation des questions juridiques nées des traités de 1918-1920, et d’arbitrage – bref de l’ouverture d’un champ juridique inédit où ils peuvent d’un côté voir se développer le droit qu’ils appellent de leurs vœux, d’un autre côté tout simplement monnayer leurs compétences74. Un âge d’or du droit international s’ouvre75, qui place les juristes internationaux dans une tension entre pragmatisme politique et militantisme, formalisme scientifique et utopisme, service de l’État et réseaux transnationaux, désintéressement et marchandage de leurs compétences. Pris dans de tels dilemmes, chacun de ces Arlequins du droit réagit à sa façon.

    27Si les liens de Geouffre de La Pradelle avec les États-Unis sont connus76, on commence seulement à étudier l’étendue de ses contacts avec d’autres réseaux dans d’autres contextes nationaux, de même que sa place dans les réseaux transnationaux des spécialistes de droit international. On a vu ici ses contacts, soutenus et sincères, avec les Finlandais ; on pourrait sûrement élargir avec profit ce champ à l’aide des documents rapatriés de Russie aux Archives diplomatiques. Cela nous donnerait l’occasion de mener pour un cas particulier le chantier que Koskenniemi appelait de ses vœux en 199977, c’est-à-dire une prosopographie des praticiens du droit international fouillant le développement concret de leurs réseaux et de leurs pratiques, leurs liens avec la diplomatie, la matérialité de leurs contacts professionnels et sociaux. Loin d’être une discipline juridique figée, le droit international apparaîtrait alors avant tout dans un contexte précis comme une fonction de la politique, des circonstances et des combinaisons de pouvoir dans lesquels ces différents acteurs se débattent mais dont ils tirent aussi un intérêt intellectuel, scientifique, matériel et social78. Cette approche pourrait aussi permettre, dans une démarche comparative ou de sociologie historique, d’éclairer au travers des formes passées les comportements actuels de spécialistes du droit, conseillers techniques et autres consultants.

    Notes de bas de page

    1 Spencer John H., Ethiopia at bay : A personal account of the Haile Selassie years, Hollywood, Tsehai Publishers, (rééd.) 2006, p. 78.

    2 Perret Jean-Louis, La Finlande, Paris, Rieder, 1931, introduction par Albert de La Pradelle.

    3 Sur le passage, au sein du ministère des Affaires étrangères, du Conseil consultatif du contentieux à la fonction de jurisconsulte-conseil, créée en 1891 par le ministre Alexandre Ribot pour Louis Renault, voir Baillou Jean, Les Affaires étrangères et le corps diplomatique français, tome II : 1870- 1980, Paris, CNRS Éditions, 1984, p. 104, et Vaïsse Maurice, « L’adaptation du Quai d’Orsay aux nouvelles conditions diplomatiques (1919-1939) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome XXXII, 1/1985 (janvier-mars), p. 145-162.

    4 Koskenniemi Martti, « Why history of international law today ? », Rechtsgeschichte, 4/2004, p. 61-66 ; Id., « Between commitment and cynism : outline for a theory of international law as practice », in United Nations Office of Legal Affairs, Collection of essays by legal advisers of States, legal advisers of international organizations and praticionners in the field of international law, New York, United Nations, Offices of Legal Affairs, 1999, p. 495-523. Des exemples d’une telle méthode se trouvent dans Sacriste Guillaume et Vauchez Antoine, « The force of international law : lawyers’ diplomacy on the international scene in the 1920s », Law & Social Inquiry, 32/1, mars 2007, p. 83-107, et Korhonen Outi, International law situated. An analysis of the lawyer’s stance towards culture, history and community, La Haye, Kluwer Law International, 2001.

    5 Par exemple : Guieu Jean-Michel, « Les juristes français, la société des nations et l’Europe », in Jacques Bariéty (dir.), Aristide Briand, la société des nations et l’Europe, 1919-1932, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 2007 ; Id., « Les juristes internationalistes français, l’Europe et la paix à la Belle Époque », Relations internationales, 149, 2012/1, p. 27-41, et d’autres contributions dans ce même numéro de la revue Relations internationales.

    6 Koskenniemi Martti, The gentle civilizer of nations. The rise and fall of international law 1870-1960, Cambridge, Cambridge University Press, 2001.

    7 Reinisch Jessica, « Introduction : agents of internationalism », Contemporary History Review, 25/02, mai 2016, p. 195-205.

    8 On consultera pour des éléments généraux : Castelbajac Ghislain de, Gasquet Sébastien de et Soutou Georges-Henri (dir.), Recherches sur la France et le problème des nationalités pendant la Première Guerre mondiale (Pologne-Lithuanie-Ukraine), Paris, Presses de l’université de Paris-Sorbonne, 1995 ; Kaspi André et Marès Antoine (dir.), Le Paris des étrangers, Paris, Imprimerie nationale, 1989. Pour des réseaux nationaux spécifiques au début du xxe siècle, on peut rapprocher les exemples grec (Renouvin Pierre et Duroselle Jean-Baptiste, Introduction à l’histoire des relations internationales, Paris, Armand Colin, 1991, p. 406-407), baltes (Gueslin Julien, La France et les petits États baltes : réalités baltes, perceptions françaises et ordre européen, 1920-1932, thèse de doctorat, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2004) ; hongrois (Bauquet Nicolas, « Les réseaux franco-hongrois et la France, de 1896 à 1914 : auxiliaires d’une découverte ou marchands d’illusion ? », Studia Politica, sept. 2005, p. 1-36) ; tchèque (Reznikov Stéphane, Francophilie et identité tchèque, 1848-1914, Paris, Honoré Champion, 2002) ou finlandais (Clerc Louis, La Finlande et l’Europe du Nord dans la diplomatie française – Relations bilatérales et intérêt national dans les considérations finlandaises et nordiques des diplomates et militaires français, 1917-1940, Bruxelles, Peter Lang, 2011).

    9 On le constatera en parcourant la liste de ses publications établie par la Bibliothèque nationale de France : [http://data.bnf.fr/11994680/albert_geouffre_de_lapradelle/] (consulté le 21 avril 2016).

    10 Archives départementales de la Corrèze (ADC), Fonds Raymond de Geouffre de La Pradelle, 54J.

    11 Archives du ministère français des Affaires étrangères – La Courneuve (AMAE), Personnel, 2e série, vol. 687, dossier Geouffre de La Pradelle.

    12 AMAE, fonds en cours de traitement/479PAAP. Voir, pour une présentation de ces archives, Cœuré Sophie, La mémoire spoliée. Les archives des Français, butin de guerre nazi puis soviétique, Paris, Éditions Payot & Rivages, 2007.

    13 Archives nationales (AN), dossiers du personnel du ministère de l’Instruction publique, dossier personnel de Geouffre de La Pradelle, D/17/24737.

    14 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, note du directeur des Affaires politiques et commerciales adressée au ministre des Affaires étrangères, non datée ; ADC, Fonds Raymond de Geouffre de La Pradelle, 54J, papiers personnels, diplômes, livret de famille.

    15 Sur ce sujet, on a pu consulter avec profit Berkes Antal, L’enseignement du droit international public sous la IIIe République, mémoire de master 2, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2011.

    16 Voir la biographie et les sources citées dans Kévonian Dzovinar et Rygiel Philippe, « Entretien avec Géraud de Geouffre de La Pradelle », Monde(s). Histoire, espaces, relations, n° 7, 2015, p. 155-172.

    17 Fauchille Paul, « Nécrologie. Louis Renault (1843-1918). Sa vie – son œuvre », Revue générale de droit international public, 1918, t. XXV.

    18 Préface de Geouffre de La Pradelle dans Perret Jean-Louis, La Finlande, op. cit.

    19 Geouffre de La Pradelle Albert et Politis Nicolas, « La deuxième conférence de la Paix. Origine, convocation, organisation », Revue générale de droit international public, 1909, p. 385.

    20 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, ministre de l’Instruction publique à ministre des Affaires étrangères, non signée, Paris, 31 mai 1923.

    21 Geouffre de La Pradelle indique 1913 comme année de son entrée au département : AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, Geouffre de La Pradelle à Aristide Briand, Paris, 25 octobre 1927.

    22 Boué Séverine, « Jules Jusserand et la propagande française aux États-Unis (août 1914-avril 1917) », Revue d’histoire diplomatique, 1/2016, p. 67-76. Pour un aperçu des activités de Geouffre de La Pradelle aux États-Unis, voir AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, note du directeur des Affaires politiques et commerciales adressée au ministère des Affaires étrangères, Paris, non datée ; ADC, Fonds Raymond de Geouffre de La Pradelle, 54J, correspondances avec Jules Jusserand ; ibid., mémorandum Note sur l’action en Amérique de M. de Lapradelle, professeur à l’université de Paris, jurisconsulte pour le Maroc au département, non signée, 3 avril 1916.

    23 Ibid., compte rendu de réunion au Foreign Office, Maroc-Égypte, 2e réunion, 29 juin 1918 ; ibid., lettres de directives du ministère et objectifs des missions.

    24 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, ministère des Affaires étrangères à Geouffre de La Pradelle, Paris, non signé, 1er mars 1918.

    25 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, mémorandum Renseignements produits à l’appui du projet de décret tendant à nommer dans la Légion d’honneur un candidat n’ayant pas le temps de services exigé…, non signé, non daté.

    26 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, Présidence du Conseil, ministère des Affaires étrangères à Geouffre de La Pradelle, Paris, non signé, juin 1922.

    27 En 1942, Geouffre de La Pradelle se propose comme délégué du comte de Paris pour la zone correspondant au Limousin, mais se brouille rapidement avec les milieux orléanistes. Voir ADC, Fonds Raymond de Geouffre de La Pradelle, 54J, correspondance avec le comte de Paris.

    28 Anonyme, « Une démission », Action française, 14 novembre 1927.

    29 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, ministre de l’Instruction publique à ministre des Affaires étrangères, Paris, 15 mars 1926 ; idem, ministre des Affaires étrangères à ministre de l’Instruction publique, Paris, 22 mars 1926.

    30 La Pradelle Albert de, « De Lausanne à Genève », Le Temps, 5 septembre 1927. L’article a trait à l’affaire des optants de Roumanie opposant cet État à la Hongrie. Dans une affaire semblable opposant à l’État letton des propriétaires terriens allemands de la Baltique sur le point d’être expropriés, Geouffre de La Pradelle avait exprimé le même avis dans des termes très semblables (Archives de la Société des Nations [ASDN], section 41, R 1667, dossier n° 15782, pétition des propriétaires et avis consultatif de Geouffre de La Pradelle). Dans les deux cas, Geouffre de La Pradelle plaide en droit les limites de la souveraineté de l’État, mais l’aspect politique n’est jamais loin : son petit-fils Géraud de Geouffre de La Pradelle voit ainsi dans ces jugements un soutien aux noblesses terriennes (Kévonian Dzovinar et Rygiel Philippe., « Entretien… », art. cité).

    31 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, Geouffre de La Pradelle à Aristide Briand, Paris, 25 octobre 1927.

    32 Ibid., Aristide Briand à Geouffre de La Pradelle, Paris, 31 octobre 1927.

    33 Koskenniemi Martti, The Gentle Civilizer…, op. cit., p. 316-317.

    34 ADC, Fonds Raymond de Geouffre de La Pradelle, 54J, documents divers concernant les activités de conseil juridique au service de Louis de Monaco.

    35 « Discours de M. De la Pradelle, Institut des hautes études internationales, 12e anniversaire, jeudi 22 novembre 1932 », Revue de droit international, 1933/7, p. 12.

    36 Cité dans Koskenniemi Martti, The Gentle Civilizer…, op. cit., p. 274.

    37 Despagnet Frantz, La diplomatie de la IIIe République et le droit des gens, Paris, Sirey, 1904, p. 394-395.

    38 La Pradelle Albert de, La paix moderne (1899-1945), de La Haye à San Francisco, Paris, Éditions Internationales, 1947.

    39 La Pradelle Albert de, Le marxisme tentaculaire. La formation, la tactique et l’action de la diplomatie soviétique, 1920-1940, Paris, Éditions Internationales, 1942.

    40 ADC, Fonds Raymond de Geouffre de La Pradelle, 54J, correspondances et documents divers.

    41 Par une ironie du sort, c’est Léon Bourgeois qui signe en 1890, en tant que ministre de l’Instruction publique, la licence de droit de Geouffre de la Pradelle (ADC, Fonds Raymond de Geouffre de La Pradelle, 54J, diplôme de licence). Sur le solidarisme et l’influence de Bourgeois sur les internationalistes français, voir Koskenniemi Martti, The Gentle Civilizer…, op. cit., p. 284. On peut opposer l’idéalisme de Geouffre de La Pradelle au formalisme d’un Jules Basdevant, technicien du droit méfiant envers la critique de la souveraineté des États (ibid., p. 312-313).

    42 Koskenniemi Martti, The Gentle Civilizer…, op. cit., p. 302-305.

    43 Pour ce qui suit, voir : Hentilä Seppo, Jussila Osmo et Nevakivi Jukka, Histoire politique de la Finlande, Paris, Fayard, 1999, p. 15-140 ; Clerc Louis, « A feeling for justice : French reactions to the “Finnish Cause” between 1870 and 1917 », Journal of Baltic Studies, vol. 38/2, 2007, p. 235-254.

    44 Korhonen Outi, International law situated…, op. cit. ; Stubb Elisabeth, Rätt som argument : Leo Mechelin och finska frågan 1886-1912 (Le droit comme argument. Leo Mechelin et la question finlandaise, 1886-1912), Bidrag till kännedom om Finlands natur och folk 189, Helsinki, 2012 ; Clerc Louis, La Finlande et l’Europe du Nord…, op. cit., p. 25-41.

    45 C’est en ces mots que Geouffre de La Pradelle se remémore son action en 1947 : La Pradelle Albert de, La paix moderne…, op. cit., p. 12-13.

    46 Michoud Léon et La Pradelle Albert de, La question finlandaise, Paris, Librairie Maresq, 1901. Michoud est professeur de droit administratif à la faculté de Grenoble.

    47 « Bulletin du jour. La France et l’indépendance finlandaise », Le Temps, 6 janvier 1918.

    48 Voir aussi la nécrologie d’Antoine Pillet que rédige Geouffre de La Pradelle et où il discute la vision de la souveraineté étatique de Pillet : La Pradelle Albert de, « Les maîtres qui disparaissent : A. Pillet et le droit des gens », Revue de droit international, 1927, 1re année, tome 1, p. 41-57.

    49 Michoud Léon et La Pradelle Albert de, La question finlandaise, op. cit., p. 9.

    50 Mêmes conclusions chez Frantz Despagnet, La question finlandaise au point de vue juridique, Paris, Librairie de la société du recueil général des lois et des arrêts, 1901 : « Les amis sincères de la Russie, ceux qui comprennent le grand rôle que sa force l’appelle à jouer, non seulement dans les combinaisons politiques, mais surtout dans l’œuvre générale de la civilisation, souhaitent que son monarque, que celui qui a donné au monde la belle espérance de paix dans la conférence de la Haye, soit bientôt mieux éclairé et revienne sur une décision contraire aux intérêts de son empire comme aux nobles résolutions qu’il a prises devant les puissances. »

    51 Henry René, La question de Finlande au point de vue juridique, Paris, Armand Colin, 1910. Le livre reprend le texte d’une conférence faite à l’École libre des sciences politiques le 28 janvier 1910.

    52 Sur le travail de Geouffre de La Pradelle concernant la question des Åland, voir Clerc Louis, « Juge et partie : la France et la question des Ålands (1917-1921) », in Matthieu Chillaud (dir.), Les îles Åland en mer Baltique. Héritage et actualité d’un régime original, Paris, L’Harmattan, 2009, p. 53-70.

    53 Clerc Louis, La Finlande et l’Europe du Nord…, op. cit., p. 358 sq.

    54 Ces mots se trouvent dans une note rédigée pour le Quai d’Orsay à la demande du représentant finlandais en France, Carl Enckell. Voir Enckell Carl, Poliittiset muistelmani, t. II, Helsinki, WSOY, 1956, p. 357-359 ; Archives du ministère finlandais des Affaires étrangères (UMA), R 5, Os. C, 6, Enckell à ministère des Affaires étrangères, rapport 38, octobre-novembre 1919 : « Les garanties indispensables à la Finlande », écrit Geouffre de La Pradelle, « sont des garanties d’assiette territoriale, économique et stratégique, telles qu’elle puisse poursuivre son développement, à l’intérieur de ses frontières, en toute indépendance comme en toute sécurité ».

    55 Voir par exemple la longue lettre qu’il envoie au professeur de la faculté de droit d’Helsinki Ernst Estlander, en septembre 1918, où il se prévaut de « la sincérité de (son) amitié pour votre chère patrie » et du « travail par lequel j’ai contribué à la défense de votre pays » pour le prévenir contre une politique les orientant de plus en plus vers « l’ennemie née de toutes les libertés », l’Allemagne (Åbo Akademi, correspondance de Ernst Estlander, lettre d’Albert Geouffre de La Pradelle, 2 septembre 1918). Cette lettre prévient déjà les Finlandais que la France, parmi les premiers États à reconnaitre la Finlande en janvier 1918, ne reconnaitra pas un gouvernement finlandais qui s’appuierait sur l’Allemagne par « ignorance de l’exacte vérité sur la guerre actuelle ». À la mi-octobre, les Finlandais ayant nommé à leur tête un roi allemand, la France suspend sa reconnaissance et durcit nettement le ton envers la Finlande. La lettre de Geouffre de La Pradelle fait donc partie d’un faisceau de signaux envoyés par le gouvernement français dans les semaines précédant cette rupture et visant à prévenir les Finlandais. Le juriste agit là, comme d’ailleurs pendant la guerre aux États-Unis, comme relais direct de la politique du Quai d’Orsay (voir Clerc Louis, La Finlande et l’Europe du Nord…, op. cit., p. 66-73).

    56 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, présidence du Conseil, ministère des Affaires étrangères à Geouffre de La Pradelle, non signé, Paris, janvier 1921.

    57 Enckell Carl, Poliittiset muistelmani…, op. cit., p. 59 ; UMA, R 9, Os PII. b, Sähkösanomia ja kirjeitä, jotka koskevat prof. Lapradellen toimintaa (télégrammes et lettres en rapport avec l’activité du professeur Lapradelle). Enckell décrit les efforts de Geouffre de La Pradelle à la SDN en juillet 1921, parlant de « vår franske juridiske rådgivare Professor de Lapradelle » (« notre conseiller juridique français le professeur de Lapradelle »).

    58 UMA, R 9, Os PII. b, Sähkösanomia ja kirjeitä, jotka koskevat prof. Lapradellen toimintaa, Carl Enckell à ministère finlandais des Affaires étrangères, 12 juillet 1921. Geouffre de La Pradelle se voit accorder 25 000 francs en 1921 pour ses conseils liés à l’affaire des Åland (UMA, R 9, Os PII. b, Sähkösanomia ja kirjeitä, jotka koskevat prof. Lapradellen toimintaa, J.H. Vennola à Carl Enckell, Helsinki, 1er juillet 1921.

    59 ASDN, Section 21, R 1305, dossier n° 10946, document n° 12881, secrétariat général de la Cour permanente de justice internationale au doyen de la faculté de droit d’Helsinki, le professeur de droit civil Wilhelm Chydenius, Genève, 17 août 1921.

    60 ASDN, Section 40, R 1594, dossier n° 17567, document n° 48509, lettre du secrétariat général de la SDN à ministère finlandais des Affaires étrangères, Genève, 29 décembre 1925.

    61 Anonyme, « Finlande, conférence française », Le Temps, 31 mai 1930.

    62 Archives nationales de Finlande (KA), Fonds Rafael Erich, correspondance avec Albert de Geouffre de La Pradelle, lettre de La Pradelle à Rafael Erich, Paris, 6 juin 1930. Un an après, l’ambassadeur finlandais à Paris, Harri Holma, défend à la SDN la position finlandaise concernant la Carélie orientale, sur la base d’un mémorandum rédigé par Geouffre de La Pradelle (UMA, R 5, Os. C, 6, Harri Holma à ministère finlandais des Affaires étrangères, rapport 127, Paris, 15 mai 1931).

    63 KA, Fonds Rafael Erich, Correspondance de Albert Geouffre de La Pradelle, lettres de Geouffre de La Pradelle à Erich, Paris, 21 mars 1939 et 5 avril 1939. Geouffre de La Pradelle entretient une correspondance fournie avec Erich, Rudolf Holsti, mais aussi l’ambassadeur de Finlande en France Harri Holma (voir KA, fonds Harri Holma, 45, correspondance avec Albert de La Pradelle).

    64 Société des nations, cour permanente de justice internationale, élection des membres de la cour permanente pour la période du 1er janvier 1940 au 31 décembre 1948, Genève, le 1er juin 1939 (document électronique des Archives des Nations unies, Genève : [www.biblio-archive.unog.ch/Dateien/CouncilMSD/C-167-M-98-1939-V_FR.pdf] consulté le 28 avril 2016).

    65 Voir sa préface à un avis de 1925, où il compare la Finlande vertueuse et une Lettonie peu soucieuse de ses obligations juridiques : ASDN, Section 41, R 1667, dossier n° 15782, pétition des propriétaires et avis consultatif de Geouffre de La Pradelle.

    66 La Pradelle Albert de, La paix moderne…, op. cit., p. 54.

    67 Ibid., p. 72. Une interprétation des choses différentes se trouve au Quai d’Orsay, où l’adhésion de la Finlande au groupe d’Oslo en 1938 est vue avec une certaine perplexité (Clerc Louis, La Finlande et l’Europe du Nord…, op. cit., p. 235).

    68 KA, Fonds Rafael Erich, 39, Geouffre de La Pradelle à Rafael Erich, Paris, 5 avril 1939.

    69 La Pradelle Albert de, Le marxisme tentaculaire…, op. cit., p. 202-204, 209-229, 310.

    70 AMAE, Questions internationales, bureau français de la SDN, vol. 241, Alexandre Millerand (ministre des Affaires étrangères) à Jean Fabre (ministre de France à Helsinki), Paris, 28 juin 1920, 377.

    71 Pour la notion, voir Haas Peter M., « Introduction : epistemic communities and international policy coordination », International Organization, vol. 46/1, 1992, p. 1-35.

    72 Beyers Jan, Eising Rainer et Maloney William, « Researching interest group politics in Europe and elsewhere : much we study, little we know ? », West European Politics, vol. 31/6, 2008, p. 1103-1128.

    73 Une conclusion similaire est présentée dans le cas des réseaux hongrois en France par Bauquet N., « Les réseaux franco-hongrois et la France… », art. cité.

    74 Hubert Louis-Lucien, « Au jour le jour : droit et diplomatie », Le Temps, 2 février 1927.

    75 Guieu Jean-Michel et Kévonian Dzovinar, « Juristes et relations internationales. Introduction », Relations internationales, n° 149, 2012/1, p. 3-11.

    76 Dzovinar Kévonian indique dans son entretien avec Géraud de Geouffre de La Pradelle mener des recherches dans les archives de l’Institut des hautes études internationales, recherches qui lui donnent à voir l’étendue des relations d’Albert Geouffre de La Pradelle avec les réseaux nord-américains de personnalités et de fondations philanthropiques : Kévonian Dzovinar et Rygiel Philippe, « Entretien… », art. cité, p. 157, note 13.

    77 Koskenniemi Martti, « Why history… », art. cité.

    78 Koskenniemi Martti, La politique du droit international, Paris, Pedone, coll. « Doctrine(s) », 2007.

    Auteur

    • Louis Clerc
      Docteur de l’université de Strasbourg et maître de conférences en histoire contemporaine de l’université de Turku, Finlande. Il travaille actuellement sur les diplomaties publiques et culturelles nordiques. Son dernier ouvrage en français est une histoire du conflit finno-soviétique de l’hiver 1939-1940, paru en 2015 aux éditions Economica. Il a édité, en anglais, avec Nikolas Glover et Paul Jordan une série de contributions sur les diplomaties publiques nordiques, publiée en 2015 par Brill.
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    1 Spencer John H., Ethiopia at bay : A personal account of the Haile Selassie years, Hollywood, Tsehai Publishers, (rééd.) 2006, p. 78.

    2 Perret Jean-Louis, La Finlande, Paris, Rieder, 1931, introduction par Albert de La Pradelle.

    3 Sur le passage, au sein du ministère des Affaires étrangères, du Conseil consultatif du contentieux à la fonction de jurisconsulte-conseil, créée en 1891 par le ministre Alexandre Ribot pour Louis Renault, voir Baillou Jean, Les Affaires étrangères et le corps diplomatique français, tome II : 1870- 1980, Paris, CNRS Éditions, 1984, p. 104, et Vaïsse Maurice, « L’adaptation du Quai d’Orsay aux nouvelles conditions diplomatiques (1919-1939) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome XXXII, 1/1985 (janvier-mars), p. 145-162.

    4 Koskenniemi Martti, « Why history of international law today ? », Rechtsgeschichte, 4/2004, p. 61-66 ; Id., « Between commitment and cynism : outline for a theory of international law as practice », in United Nations Office of Legal Affairs, Collection of essays by legal advisers of States, legal advisers of international organizations and praticionners in the field of international law, New York, United Nations, Offices of Legal Affairs, 1999, p. 495-523. Des exemples d’une telle méthode se trouvent dans Sacriste Guillaume et Vauchez Antoine, « The force of international law : lawyers’ diplomacy on the international scene in the 1920s », Law & Social Inquiry, 32/1, mars 2007, p. 83-107, et Korhonen Outi, International law situated. An analysis of the lawyer’s stance towards culture, history and community, La Haye, Kluwer Law International, 2001.

    5 Par exemple : Guieu Jean-Michel, « Les juristes français, la société des nations et l’Europe », in Jacques Bariéty (dir.), Aristide Briand, la société des nations et l’Europe, 1919-1932, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 2007 ; Id., « Les juristes internationalistes français, l’Europe et la paix à la Belle Époque », Relations internationales, 149, 2012/1, p. 27-41, et d’autres contributions dans ce même numéro de la revue Relations internationales.

    6 Koskenniemi Martti, The gentle civilizer of nations. The rise and fall of international law 1870-1960, Cambridge, Cambridge University Press, 2001.

    7 Reinisch Jessica, « Introduction : agents of internationalism », Contemporary History Review, 25/02, mai 2016, p. 195-205.

    8 On consultera pour des éléments généraux : Castelbajac Ghislain de, Gasquet Sébastien de et Soutou Georges-Henri (dir.), Recherches sur la France et le problème des nationalités pendant la Première Guerre mondiale (Pologne-Lithuanie-Ukraine), Paris, Presses de l’université de Paris-Sorbonne, 1995 ; Kaspi André et Marès Antoine (dir.), Le Paris des étrangers, Paris, Imprimerie nationale, 1989. Pour des réseaux nationaux spécifiques au début du xxe siècle, on peut rapprocher les exemples grec (Renouvin Pierre et Duroselle Jean-Baptiste, Introduction à l’histoire des relations internationales, Paris, Armand Colin, 1991, p. 406-407), baltes (Gueslin Julien, La France et les petits États baltes : réalités baltes, perceptions françaises et ordre européen, 1920-1932, thèse de doctorat, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2004) ; hongrois (Bauquet Nicolas, « Les réseaux franco-hongrois et la France, de 1896 à 1914 : auxiliaires d’une découverte ou marchands d’illusion ? », Studia Politica, sept. 2005, p. 1-36) ; tchèque (Reznikov Stéphane, Francophilie et identité tchèque, 1848-1914, Paris, Honoré Champion, 2002) ou finlandais (Clerc Louis, La Finlande et l’Europe du Nord dans la diplomatie française – Relations bilatérales et intérêt national dans les considérations finlandaises et nordiques des diplomates et militaires français, 1917-1940, Bruxelles, Peter Lang, 2011).

    9 On le constatera en parcourant la liste de ses publications établie par la Bibliothèque nationale de France : [http://data.bnf.fr/11994680/albert_geouffre_de_lapradelle/] (consulté le 21 avril 2016).

    10 Archives départementales de la Corrèze (ADC), Fonds Raymond de Geouffre de La Pradelle, 54J.

    11 Archives du ministère français des Affaires étrangères – La Courneuve (AMAE), Personnel, 2e série, vol. 687, dossier Geouffre de La Pradelle.

    12 AMAE, fonds en cours de traitement/479PAAP. Voir, pour une présentation de ces archives, Cœuré Sophie, La mémoire spoliée. Les archives des Français, butin de guerre nazi puis soviétique, Paris, Éditions Payot & Rivages, 2007.

    13 Archives nationales (AN), dossiers du personnel du ministère de l’Instruction publique, dossier personnel de Geouffre de La Pradelle, D/17/24737.

    14 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, note du directeur des Affaires politiques et commerciales adressée au ministre des Affaires étrangères, non datée ; ADC, Fonds Raymond de Geouffre de La Pradelle, 54J, papiers personnels, diplômes, livret de famille.

    15 Sur ce sujet, on a pu consulter avec profit Berkes Antal, L’enseignement du droit international public sous la IIIe République, mémoire de master 2, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2011.

    16 Voir la biographie et les sources citées dans Kévonian Dzovinar et Rygiel Philippe, « Entretien avec Géraud de Geouffre de La Pradelle », Monde(s). Histoire, espaces, relations, n° 7, 2015, p. 155-172.

    17 Fauchille Paul, « Nécrologie. Louis Renault (1843-1918). Sa vie – son œuvre », Revue générale de droit international public, 1918, t. XXV.

    18 Préface de Geouffre de La Pradelle dans Perret Jean-Louis, La Finlande, op. cit.

    19 Geouffre de La Pradelle Albert et Politis Nicolas, « La deuxième conférence de la Paix. Origine, convocation, organisation », Revue générale de droit international public, 1909, p. 385.

    20 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, ministre de l’Instruction publique à ministre des Affaires étrangères, non signée, Paris, 31 mai 1923.

    21 Geouffre de La Pradelle indique 1913 comme année de son entrée au département : AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, Geouffre de La Pradelle à Aristide Briand, Paris, 25 octobre 1927.

    22 Boué Séverine, « Jules Jusserand et la propagande française aux États-Unis (août 1914-avril 1917) », Revue d’histoire diplomatique, 1/2016, p. 67-76. Pour un aperçu des activités de Geouffre de La Pradelle aux États-Unis, voir AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, note du directeur des Affaires politiques et commerciales adressée au ministère des Affaires étrangères, Paris, non datée ; ADC, Fonds Raymond de Geouffre de La Pradelle, 54J, correspondances avec Jules Jusserand ; ibid., mémorandum Note sur l’action en Amérique de M. de Lapradelle, professeur à l’université de Paris, jurisconsulte pour le Maroc au département, non signée, 3 avril 1916.

    23 Ibid., compte rendu de réunion au Foreign Office, Maroc-Égypte, 2e réunion, 29 juin 1918 ; ibid., lettres de directives du ministère et objectifs des missions.

    24 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, ministère des Affaires étrangères à Geouffre de La Pradelle, Paris, non signé, 1er mars 1918.

    25 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, mémorandum Renseignements produits à l’appui du projet de décret tendant à nommer dans la Légion d’honneur un candidat n’ayant pas le temps de services exigé…, non signé, non daté.

    26 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, Présidence du Conseil, ministère des Affaires étrangères à Geouffre de La Pradelle, Paris, non signé, juin 1922.

    27 En 1942, Geouffre de La Pradelle se propose comme délégué du comte de Paris pour la zone correspondant au Limousin, mais se brouille rapidement avec les milieux orléanistes. Voir ADC, Fonds Raymond de Geouffre de La Pradelle, 54J, correspondance avec le comte de Paris.

    28 Anonyme, « Une démission », Action française, 14 novembre 1927.

    29 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, ministre de l’Instruction publique à ministre des Affaires étrangères, Paris, 15 mars 1926 ; idem, ministre des Affaires étrangères à ministre de l’Instruction publique, Paris, 22 mars 1926.

    30 La Pradelle Albert de, « De Lausanne à Genève », Le Temps, 5 septembre 1927. L’article a trait à l’affaire des optants de Roumanie opposant cet État à la Hongrie. Dans une affaire semblable opposant à l’État letton des propriétaires terriens allemands de la Baltique sur le point d’être expropriés, Geouffre de La Pradelle avait exprimé le même avis dans des termes très semblables (Archives de la Société des Nations [ASDN], section 41, R 1667, dossier n° 15782, pétition des propriétaires et avis consultatif de Geouffre de La Pradelle). Dans les deux cas, Geouffre de La Pradelle plaide en droit les limites de la souveraineté de l’État, mais l’aspect politique n’est jamais loin : son petit-fils Géraud de Geouffre de La Pradelle voit ainsi dans ces jugements un soutien aux noblesses terriennes (Kévonian Dzovinar et Rygiel Philippe., « Entretien… », art. cité).

    31 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, Geouffre de La Pradelle à Aristide Briand, Paris, 25 octobre 1927.

    32 Ibid., Aristide Briand à Geouffre de La Pradelle, Paris, 31 octobre 1927.

    33 Koskenniemi Martti, The Gentle Civilizer…, op. cit., p. 316-317.

    34 ADC, Fonds Raymond de Geouffre de La Pradelle, 54J, documents divers concernant les activités de conseil juridique au service de Louis de Monaco.

    35 « Discours de M. De la Pradelle, Institut des hautes études internationales, 12e anniversaire, jeudi 22 novembre 1932 », Revue de droit international, 1933/7, p. 12.

    36 Cité dans Koskenniemi Martti, The Gentle Civilizer…, op. cit., p. 274.

    37 Despagnet Frantz, La diplomatie de la IIIe République et le droit des gens, Paris, Sirey, 1904, p. 394-395.

    38 La Pradelle Albert de, La paix moderne (1899-1945), de La Haye à San Francisco, Paris, Éditions Internationales, 1947.

    39 La Pradelle Albert de, Le marxisme tentaculaire. La formation, la tactique et l’action de la diplomatie soviétique, 1920-1940, Paris, Éditions Internationales, 1942.

    40 ADC, Fonds Raymond de Geouffre de La Pradelle, 54J, correspondances et documents divers.

    41 Par une ironie du sort, c’est Léon Bourgeois qui signe en 1890, en tant que ministre de l’Instruction publique, la licence de droit de Geouffre de la Pradelle (ADC, Fonds Raymond de Geouffre de La Pradelle, 54J, diplôme de licence). Sur le solidarisme et l’influence de Bourgeois sur les internationalistes français, voir Koskenniemi Martti, The Gentle Civilizer…, op. cit., p. 284. On peut opposer l’idéalisme de Geouffre de La Pradelle au formalisme d’un Jules Basdevant, technicien du droit méfiant envers la critique de la souveraineté des États (ibid., p. 312-313).

    42 Koskenniemi Martti, The Gentle Civilizer…, op. cit., p. 302-305.

    43 Pour ce qui suit, voir : Hentilä Seppo, Jussila Osmo et Nevakivi Jukka, Histoire politique de la Finlande, Paris, Fayard, 1999, p. 15-140 ; Clerc Louis, « A feeling for justice : French reactions to the “Finnish Cause” between 1870 and 1917 », Journal of Baltic Studies, vol. 38/2, 2007, p. 235-254.

    44 Korhonen Outi, International law situated…, op. cit. ; Stubb Elisabeth, Rätt som argument : Leo Mechelin och finska frågan 1886-1912 (Le droit comme argument. Leo Mechelin et la question finlandaise, 1886-1912), Bidrag till kännedom om Finlands natur och folk 189, Helsinki, 2012 ; Clerc Louis, La Finlande et l’Europe du Nord…, op. cit., p. 25-41.

    45 C’est en ces mots que Geouffre de La Pradelle se remémore son action en 1947 : La Pradelle Albert de, La paix moderne…, op. cit., p. 12-13.

    46 Michoud Léon et La Pradelle Albert de, La question finlandaise, Paris, Librairie Maresq, 1901. Michoud est professeur de droit administratif à la faculté de Grenoble.

    47 « Bulletin du jour. La France et l’indépendance finlandaise », Le Temps, 6 janvier 1918.

    48 Voir aussi la nécrologie d’Antoine Pillet que rédige Geouffre de La Pradelle et où il discute la vision de la souveraineté étatique de Pillet : La Pradelle Albert de, « Les maîtres qui disparaissent : A. Pillet et le droit des gens », Revue de droit international, 1927, 1re année, tome 1, p. 41-57.

    49 Michoud Léon et La Pradelle Albert de, La question finlandaise, op. cit., p. 9.

    50 Mêmes conclusions chez Frantz Despagnet, La question finlandaise au point de vue juridique, Paris, Librairie de la société du recueil général des lois et des arrêts, 1901 : « Les amis sincères de la Russie, ceux qui comprennent le grand rôle que sa force l’appelle à jouer, non seulement dans les combinaisons politiques, mais surtout dans l’œuvre générale de la civilisation, souhaitent que son monarque, que celui qui a donné au monde la belle espérance de paix dans la conférence de la Haye, soit bientôt mieux éclairé et revienne sur une décision contraire aux intérêts de son empire comme aux nobles résolutions qu’il a prises devant les puissances. »

    51 Henry René, La question de Finlande au point de vue juridique, Paris, Armand Colin, 1910. Le livre reprend le texte d’une conférence faite à l’École libre des sciences politiques le 28 janvier 1910.

    52 Sur le travail de Geouffre de La Pradelle concernant la question des Åland, voir Clerc Louis, « Juge et partie : la France et la question des Ålands (1917-1921) », in Matthieu Chillaud (dir.), Les îles Åland en mer Baltique. Héritage et actualité d’un régime original, Paris, L’Harmattan, 2009, p. 53-70.

    53 Clerc Louis, La Finlande et l’Europe du Nord…, op. cit., p. 358 sq.

    54 Ces mots se trouvent dans une note rédigée pour le Quai d’Orsay à la demande du représentant finlandais en France, Carl Enckell. Voir Enckell Carl, Poliittiset muistelmani, t. II, Helsinki, WSOY, 1956, p. 357-359 ; Archives du ministère finlandais des Affaires étrangères (UMA), R 5, Os. C, 6, Enckell à ministère des Affaires étrangères, rapport 38, octobre-novembre 1919 : « Les garanties indispensables à la Finlande », écrit Geouffre de La Pradelle, « sont des garanties d’assiette territoriale, économique et stratégique, telles qu’elle puisse poursuivre son développement, à l’intérieur de ses frontières, en toute indépendance comme en toute sécurité ».

    55 Voir par exemple la longue lettre qu’il envoie au professeur de la faculté de droit d’Helsinki Ernst Estlander, en septembre 1918, où il se prévaut de « la sincérité de (son) amitié pour votre chère patrie » et du « travail par lequel j’ai contribué à la défense de votre pays » pour le prévenir contre une politique les orientant de plus en plus vers « l’ennemie née de toutes les libertés », l’Allemagne (Åbo Akademi, correspondance de Ernst Estlander, lettre d’Albert Geouffre de La Pradelle, 2 septembre 1918). Cette lettre prévient déjà les Finlandais que la France, parmi les premiers États à reconnaitre la Finlande en janvier 1918, ne reconnaitra pas un gouvernement finlandais qui s’appuierait sur l’Allemagne par « ignorance de l’exacte vérité sur la guerre actuelle ». À la mi-octobre, les Finlandais ayant nommé à leur tête un roi allemand, la France suspend sa reconnaissance et durcit nettement le ton envers la Finlande. La lettre de Geouffre de La Pradelle fait donc partie d’un faisceau de signaux envoyés par le gouvernement français dans les semaines précédant cette rupture et visant à prévenir les Finlandais. Le juriste agit là, comme d’ailleurs pendant la guerre aux États-Unis, comme relais direct de la politique du Quai d’Orsay (voir Clerc Louis, La Finlande et l’Europe du Nord…, op. cit., p. 66-73).

    56 AMAE, Personnel, 2e série, vol. 687, présidence du Conseil, ministère des Affaires étrangères à Geouffre de La Pradelle, non signé, Paris, janvier 1921.

    57 Enckell Carl, Poliittiset muistelmani…, op. cit., p. 59 ; UMA, R 9, Os PII. b, Sähkösanomia ja kirjeitä, jotka koskevat prof. Lapradellen toimintaa (télégrammes et lettres en rapport avec l’activité du professeur Lapradelle). Enckell décrit les efforts de Geouffre de La Pradelle à la SDN en juillet 1921, parlant de « vår franske juridiske rådgivare Professor de Lapradelle » (« notre conseiller juridique français le professeur de Lapradelle »).

    58 UMA, R 9, Os PII. b, Sähkösanomia ja kirjeitä, jotka koskevat prof. Lapradellen toimintaa, Carl Enckell à ministère finlandais des Affaires étrangères, 12 juillet 1921. Geouffre de La Pradelle se voit accorder 25 000 francs en 1921 pour ses conseils liés à l’affaire des Åland (UMA, R 9, Os PII. b, Sähkösanomia ja kirjeitä, jotka koskevat prof. Lapradellen toimintaa, J.H. Vennola à Carl Enckell, Helsinki, 1er juillet 1921.

    59 ASDN, Section 21, R 1305, dossier n° 10946, document n° 12881, secrétariat général de la Cour permanente de justice internationale au doyen de la faculté de droit d’Helsinki, le professeur de droit civil Wilhelm Chydenius, Genève, 17 août 1921.

    60 ASDN, Section 40, R 1594, dossier n° 17567, document n° 48509, lettre du secrétariat général de la SDN à ministère finlandais des Affaires étrangères, Genève, 29 décembre 1925.

    61 Anonyme, « Finlande, conférence française », Le Temps, 31 mai 1930.

    62 Archives nationales de Finlande (KA), Fonds Rafael Erich, correspondance avec Albert de Geouffre de La Pradelle, lettre de La Pradelle à Rafael Erich, Paris, 6 juin 1930. Un an après, l’ambassadeur finlandais à Paris, Harri Holma, défend à la SDN la position finlandaise concernant la Carélie orientale, sur la base d’un mémorandum rédigé par Geouffre de La Pradelle (UMA, R 5, Os. C, 6, Harri Holma à ministère finlandais des Affaires étrangères, rapport 127, Paris, 15 mai 1931).

    63 KA, Fonds Rafael Erich, Correspondance de Albert Geouffre de La Pradelle, lettres de Geouffre de La Pradelle à Erich, Paris, 21 mars 1939 et 5 avril 1939. Geouffre de La Pradelle entretient une correspondance fournie avec Erich, Rudolf Holsti, mais aussi l’ambassadeur de Finlande en France Harri Holma (voir KA, fonds Harri Holma, 45, correspondance avec Albert de La Pradelle).

    64 Société des nations, cour permanente de justice internationale, élection des membres de la cour permanente pour la période du 1er janvier 1940 au 31 décembre 1948, Genève, le 1er juin 1939 (document électronique des Archives des Nations unies, Genève : [www.biblio-archive.unog.ch/Dateien/CouncilMSD/C-167-M-98-1939-V_FR.pdf] consulté le 28 avril 2016).

    65 Voir sa préface à un avis de 1925, où il compare la Finlande vertueuse et une Lettonie peu soucieuse de ses obligations juridiques : ASDN, Section 41, R 1667, dossier n° 15782, pétition des propriétaires et avis consultatif de Geouffre de La Pradelle.

    66 La Pradelle Albert de, La paix moderne…, op. cit., p. 54.

    67 Ibid., p. 72. Une interprétation des choses différentes se trouve au Quai d’Orsay, où l’adhésion de la Finlande au groupe d’Oslo en 1938 est vue avec une certaine perplexité (Clerc Louis, La Finlande et l’Europe du Nord…, op. cit., p. 235).

    68 KA, Fonds Rafael Erich, 39, Geouffre de La Pradelle à Rafael Erich, Paris, 5 avril 1939.

    69 La Pradelle Albert de, Le marxisme tentaculaire…, op. cit., p. 202-204, 209-229, 310.

    70 AMAE, Questions internationales, bureau français de la SDN, vol. 241, Alexandre Millerand (ministre des Affaires étrangères) à Jean Fabre (ministre de France à Helsinki), Paris, 28 juin 1920, 377.

    71 Pour la notion, voir Haas Peter M., « Introduction : epistemic communities and international policy coordination », International Organization, vol. 46/1, 1992, p. 1-35.

    72 Beyers Jan, Eising Rainer et Maloney William, « Researching interest group politics in Europe and elsewhere : much we study, little we know ? », West European Politics, vol. 31/6, 2008, p. 1103-1128.

    73 Une conclusion similaire est présentée dans le cas des réseaux hongrois en France par Bauquet N., « Les réseaux franco-hongrois et la France… », art. cité.

    74 Hubert Louis-Lucien, « Au jour le jour : droit et diplomatie », Le Temps, 2 février 1927.

    75 Guieu Jean-Michel et Kévonian Dzovinar, « Juristes et relations internationales. Introduction », Relations internationales, n° 149, 2012/1, p. 3-11.

    76 Dzovinar Kévonian indique dans son entretien avec Géraud de Geouffre de La Pradelle mener des recherches dans les archives de l’Institut des hautes études internationales, recherches qui lui donnent à voir l’étendue des relations d’Albert Geouffre de La Pradelle avec les réseaux nord-américains de personnalités et de fondations philanthropiques : Kévonian Dzovinar et Rygiel Philippe, « Entretien… », art. cité, p. 157, note 13.

    77 Koskenniemi Martti, « Why history… », art. cité.

    78 Koskenniemi Martti, La politique du droit international, Paris, Pedone, coll. « Doctrine(s) », 2007.

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    Ce livre est cité par

    • Gaudin, Silvère. (2025) Les experts français de la Haute commission alliée (1949-1955) : un positionnement singulier, entre spécialistes et diplomates ?. Trajectoires, 18. DOI: 10.4000/13ph5
    • Lapshov, Valeriy. Azarova, Ekaterina. Abramov, Ruslan. Astanakulov, Olim. (2021) Economic Diplomacy and Security at the Turn of the 20th — 21st Centuries. OOO "Zhurnal "Voprosy Istorii". DOI: 10.31166/VoprosyIstorii202108Statyi39
    • Puech, Gauthier. (2023) Le dernier des Sainctot : épilogue d’une ascension sociale. Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles. DOI: 10.4000/crcv.27641

    Ce chapitre est cité par

    • Clerc, Louis. (2021) A Case in Relations between Great Powers and Small States—France’s Recognition of Finnish Independence, 1917–1918. TalTech Journal of European Studies, 11. DOI: 10.2478/bjes-2021-0002

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    Clerc, Louis. « Serviteur de deux maîtres ? ». Experts et expertises en diplomatie, édité par Éric Schnakenbourg et al., Presses universitaires de Rennes, 2018, https://doi.org/10.4000/books.pur.167901.

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