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    Plan détaillé Texte intégral La Cité constitue-t-elle un domaine ? Haro sur le tunnel autoroutier La banlieue contre la Cité Notes de bas de page Auteur

    Le Campus-monde

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    Table des matières

    Emprises sur la ville

    Les relations entre la Cité universitaire, Paris et Gentilly (1945-1985)

    Loïc Vadelorge

    p. 35-52

    Texte intégral La Cité constitue-t-elle un domaine ? Une maîtrise foncière incomplète Le coup d’arrêt de l’extension domaniale Haro sur le tunnel autoroutier Le temps des hésitations (1950-1954) Le temps de la mobilisation (1954-1957) La banlieue contre la Cité Une alliance de circonstance (1957-1977) La guerre froide (1977-1985) Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Du 29 juin au 2 juillet 1950, la Cité universitaire de Paris organise un congrès international sur l’habitat étudiant. Jean Blanchard, alors vice-président de la Fondation nationale pour le développement de la Cité se plaît à rêver « d’une unité universitaire franchissant le boulevard Jourdan (sous lequel passerait, dans un tunnel, la circulation routière) et annexant le parc Montsouris d’une part, Arcueil, Gentilly de l’autre… les nouvelles écoles et facultés s’érigeant sur ce territoire consacré à la formation de l’esprit1 ».

    2Celle qui prendra bientôt le nom de « Cité internationale de l’Université de Paris2 » pour mieux se distinguer des « cités universitaires » que la France des Trente Glorieuses multiplie à la périphérie des agglomérations, semble dans ce discours flotter au-dessus des contingences urbaines. Blanchard renoue ici avec les appellations dithyrambiques qui qualifiaient la Cité universitaire avant-guerre : « magnifique ville en éclosion3 », « ville nouvelle, cité de la jeunesse et du travail4 », « phalanstère unique au monde5 ».

    3La Cité forme le premier jalon d’un dessein séculaire de « radiale universitaire » au sud de Paris qui prend sa source dans les projets de Jean-Claude-Nicolas Forestier à la Belle époque6. Ce projet, relancé par une ordonnance en 19457, est réactivé par les aménageurs des années 1955-1970 qui tentent de planifier le développement universitaire le long de la ligne de Sceaux, depuis la Cité universitaire jusqu’au plateau de Saclay8. Potentielle tête de pont d’un vaste complexe de facultés, de résidences étudiantes et de parcs les séparant, la Cité n’en constitue pas moins une enclave universitaire dans un environnement urbain qui ne lui est pas a priori favorable.

    4Les archives domaniales9 de la Cité disent la complexité de ses relations avec Paris et la banlieue sud. Les années 1950-1980 permettront ici de saisir les relations tendues qui se sont jouées entre la « Babel étudiante10 » et son environnement urbain. Derrière l’aventure des fondations (de la Maison des Arts et Métiers en 1950 au Pavillon de l’Iran en 1969) et des équipements (terrains de sport, hôpital) qui viennent « achever » la construction de la Cité lancée dans les années 1920, les transactions ordinaires (réseaux et voiries diverses, acquisitions et échanges de terrains) ou extraordinaires (construction du boulevard périphérique et projet de tunnel autoroutier sous la Cité) posent la question d’une emprise urbaine régulièrement contestée qu’on se propose ici de détailler de trois manières complémentaires.

    5On s’attachera dans un premier temps à revenir sur l’histoire du sol, emblématique de l’impossibilité d’isoler le domaine sur les territoires municipaux concernés. On montrera ensuite comment le projet avorté de tunnel autoroutier sous la Cité révèle les capacités et les limites de mobilisation de la Fondation nationale face à la Ville de Paris. On s’interrogera enfin sur les relations conflictuelles que la Cité noue avec Gentilly, qui fonctionne pour elle comme un réservoir foncier mais aussi comme une frontière idéologique.

    La Cité constitue-t-elle un domaine ?

    6Espace de vie étudiante privilégié, la Cité est souvent appréhendée à travers son histoire architecturale et paysagère. L’expression de « cité-jardin universitaire », employée dès les années 1920, permet certes de la différencier des paysages de campus ultérieurs des Trente Glorieuses. Elle présente cependant l’inconvénient d’occulter les conditions historiques de son implantation puis de son développement au sud de Paris. Le « domaine », un « parc verdoyant et des belles et imposantes constructions11 », n’est pas délimité une fois pour toutes mais au contraire reconfiguré régulièrement en fonction des moyens politiques et financiers dont la Cité dispose ou des contraintes d’aménagement de la région parisienne.

    Une maîtrise foncière incomplète

    7La Cité est née au début des années 1920 d’une opportunité foncière. Sans le déclassement de l’enceinte de Thiers et la loi du 19 avril 1919 réglant son rachat par la Ville de Paris, elle n’aurait pu bénéficier des 29 hectares qui constituent son domaine initial. Entre 1928 et 1941, ce domaine est porté à 40 hectares par acquisitions de parcelles à l’est, à l’ouest et surtout au sud12. La réussite foncière de la Cité universitaire qui accueille 3 000 étudiants répartis en 19 fondations en 1939 atteste à la fois de la combativité de ses gestionnaires et du rayonnement national et international du projet, qui génère de nouvelles attributions de terrains constructibles (donation David David-Weill en 192713, affectation du dépôt de Remonte en 192914, acquisition de terrains à Gentilly en 193215), sans compter les demandes de fondations de maisons qui se multiplient, malgré la crise économique. Au sortir de la guerre cependant, la Cité est à la fois confrontée à la reconversion de ses bâtiments, occupés pendant le conflit16 – elle ne peut accueillir que 1 500 étudiants en 195017 – et à la relance de son plan d’aménagement élaboré en 1923.

    Schéma parcellaire de la Cité universitaire de Paris vers 1958 (AN, 20090013/244).

    Image

    A/ Terrains acquis par l’université de Paris en 1921 ; B/ Donation David-Weill, 1927 ; C/ Ancien dépôt de Remonte, 1930 ; D/ Terrains de Gentilly expropriés en 1928-1932 ; E/ Terrains loués à la Ville de Paris depuis 1921 ; F/ Terrain des imprimeries Lahure acquis en 1957 par l’Université ; G/ Terrains cédés par la Ville à l’université en 1941.

    8Les archives de l’après-guerre témoignent de la complexité de l’arrière-plan foncier. Les 17 nouvelles fondations s’implantent sur un territoire dont l’apparente évidence topographique18 dissimule la complexité statutaire. La récurrence dans les dossiers domaniaux19 des bilans fonciers (rapports, correspondances entre les services du rectorat, de la préfecture de la Seine, de l’administration des Domaines, tableaux parcellaires et cartes) traduit l’impossibilité pour la Cité de maîtriser son sol, tant pour ce qui concerne l’existant que pour ce qui relève de l’extension.

    9Au sortir de la guerre, les terrains sur lesquels la Cité universitaire déploie ses fondations et équipements sont alors de trois natures différentes20. Certains sont propriété de l’université de Paris21, qui les a acquis auprès de la Ville au terme de la convention du 8 juin 1921 et de la loi du 28 juin 1921 relatives à la création de la Cité universitaire22. La suppression de l’Université de Paris le 31 décembre 1970 rend de facto les treize nouvelles universités parisiennes propriétaires en indivision de ces terrains. Le rôle du recteur de l’Académie de Paris, chancelier des universités, s’en trouve renforcé. Il faudra attendre la fin des années 1970 pour que les questions de dévolution soient réglées et que ces terrains soient juridiquement attribués à la Cité23.

    10D’autres terrains appartiennent à l’État (ministère de l’Éducation nationale) et sont déclarés « affectés au développement de la Cité », soit par acquisitions, soit par changements d’affectation. D’autres enfin sont des terrains loués, pour un franc symbolique par hectare, par l’Université à la Ville de Paris depuis 1921. Ils correspondent à l’emplacement de la zone dont les modalités d’expropriation ne sont réglées qu’à la fin des années 1920 mais qui conservent parfois leurs occupants ultérieurement. On comprend donc aisément que non seulement la Cité n’a aucun droit de propriété sur son domaine mais encore qu’elle doit en négocier l’usufruit avec plusieurs administrations.

    11La Ville de Paris est, parmi ces propriétaires, le plus jaloux de ses intérêts à long terme. La convention de 1921, qui scelle le double accord de cession des bastions et de location des terrains zoniers à la Cité, limite explicitement les pouvoirs d’aliénation des sols (article 1) et mentionne un droit de préemption (article 8) de la Ville en cas d’abandon de la destination universitaire24. Une partie des terrains est par ailleurs non constructible, notamment au sud, en raison du projet précoce d’élargissement de l’avenue Paul Vaillant-Couturier. La commune de Gentilly qui a dû céder en 192825 des terrains pour le développement de la Cité est également soucieuse du respect de leur affectation et prompte à contester toute nouvelle extension, en raison de ses propres besoins de logements et d’équipement26.

    12L’ensemble du domaine est géré par la Fondation nationale depuis sa création en 1925. Outre un exécutif (président, vice-présidents, conseil d’administration), cette dernière dispose d’un délégué général qui a rang de recteur et d’un secrétaire général administratif27 qui est l’interlocuteur ordinaire des autorités ou services impliqués dans la cogestion du sol et du sous-sol de la Cité (ministère des Travaux publics, administration des Domaines, rectorat de Paris, préfecture de la Seine, services techniques municipaux). Les servitudes sont en effet très nombreuses, en raison de l’existence de réservoirs et de canalisations qui alimentent Paris en eau potable et qui traversent le domaine de la Cité (aqueducs de Rungis et des Eaux de la Vanne, tronc commun des Vals de Loire). Elles limitent les espaces constructibles et la densification d’un domaine qui est d’autant plus vert que le sous-sol doit demeurer accessible.

    Le coup d’arrêt de l’extension domaniale

    13Les années d’après-guerre auraient dû, en toute logique, être favorables à la croissance de la Cité. Outre le besoin croissant de logement étudiant, le développement économique de l’Empire colonial dont les cadres sont formés en France, la mainmise croissante de l’État sur l’aménagement urbain et la planification constituaient objectivement des leviers d’extension pour la Cité. À la mort d’André Honnorat, Raoul Dautry devient président de la Fondation nationale (1948-1951). Polytechnicien et ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme dans le gouvernement provisoire (novembre 1944-janvier 1946), c’est un homme d’influence qui a de grandes ambitions pour la Cité. Averti par ses collaborateurs en mai 1948 de la mise en vente d’un ensemble de terrains de 168 000 m² contigus au domaine et situés sur le territoire de Gentilly, il fait pression sur le préfet de la Seine et obtient le principe d’acquisition de ces terrains pour le compte de la Cité28.

    14Le soutien du préfet s’explique essentiellement par la nécessité pour la Ville de Paris de reprendre une partie des terrains loués à la Cité depuis 1921 pour réaliser le futur boulevard périphérique. Le vaste terrain de Gentilly, que la Cité n’a pas les moyens d’acquérir, permettrait non seulement de compenser l’amputation mais aussi de construire de nouvelles fondations, dans le cadre d’un grand centre universitaire et scientifique susceptibles de désengorger la Sorbonne. La détermination de Dautry – « Bousculez tout et tout le monde afin d’aboutir29 » ; « ne cessons pas d’agir pour que ce terrain ne soit pas acheté pour une autre destination que la Cité30 » – se heurte à celle des élus communistes de Gentilly et d’Arcueil qui revendiquent ce terrain dit du « Chaperon vert » pour réaliser une cité HLM. La résistance efficace de ces derniers, relayée à l’Assemblée nationale, conduit à enterrer le projet de Dautry. Au printemps 1949, le ministre de l’Éducation nationale Yvon Delbos indique aux maires de Gentilly et d’Arcueil que c’est à Sceaux que sera construite une nouvelle cité universitaire de 3 000 places31, déclenchant la consternation d’Honnorat et la colère de Dautry32. Le 2 juillet 1951, le comité d’aménagement de la région parisienne (CARP) entérine la décision du ministre et affecte à l’Office intercommunal d’HLM d’Arcueil-Gentilly l’essentiel des terrains du Chaperon Vert. Le projet de cité scientifique quant à lui sera transféré à Orsay. La Cité « en plein développement » que salue Dautry auprès du patronat français en 195033 se densifie mais ne croît plus.

    15Dès lors, c’est autour des compensations foncières pour l’amputation du boulevard périphérique (21 617 m²)34 que se joue l’avenir du domaine. Entamées en 1941, les négociations complexes entre la Fondation nationale et la préfecture de la Seine ne sont toujours pas résolues lors de l’achèvement des tronçons qui bordent la Cité entre 1960 et 1964. L’accord d’échanges de terrains conclu le 23 septembre 1952 entre le secrétaire général administratif de la Cité, Louis Pehuet et le directeur des services d’architecture et d’urbanisme de la préfecture de la Seine, P. Fournier, s’apparente à un compte d’apothicaire. La Fondation nationale cède à la Ville de Paris 19 510 mètres carrés et en reçoit 3 72535 mais l’accord concerne dix parcelles dont certaines avaient déjà fait l’objet d’un premier transfert de propriété entre la commune de Gentilly, la Ville de Paris et l’État en 1941, en vue d’étendre la Cité. La plus petite de ces parcelles fait 70 mètres carrés. À ce transfert de propriété déjà complexe s’ajoute un transfert de location entre la Ville de Paris et la Cité, impliquant une révision des baux. La Cité renonce à la location de trois parcelles d’un total de 10 420 mètres carrés et la Ville de Paris lui accorde en compensation la location de 14 300 mètres carrés sur deux parcelles dont l’une – terrains zoniers – est déclarée comme « propriété de l’État » dans la convention ! L’accord de 1952 contribue donc non seulement à amputer le domaine mais aussi à renforcer le lien de sujétion entre la Cité et la Ville en augmentant la part locative du domaine. L’accord est d’ailleurs assorti de « réserves » de la Ville sur les emprises de raccordement qui pourraient s’avérer nécessaires ultérieurement. De fait, dix ans plus tard, Paris a repris 1 000 mètres carrés sur les zones locatives pour élargir le boulevard périphérique36.

    16Cette nouvelle amputation déclenche une passe d’armes très vive entre la préfecture de la Seine, le rectorat de Paris et la Fondation nationale. La Cité est d’ailleurs rapidement dessaisie de l’affaire, la préfecture de la Seine refusant de négocier avec la Fondation qui n’est pas propriétaire du sol37. Alors que la préfecture de la Seine propose de solder la question des échanges en cédant à l’Université de Paris les terrains zoniers loués à la Cité depuis 1921, la Fondation nationale réclame le bénéfice d’une soulte d’un million d’anciens francs en compensation de l’échange inégal entre les terrains pris pour la construction du boulevard périphérique et ceux déclassés par la Ville de Paris (2 780 mètres carrés) pour permettre l’extension de la Cité à l’emplacement des anciennes rues Alexandre de Humboldt et Benoît Malon qui la traversaient. Il faudra attendre l’année 2011 pour que les tutelles parviennent enfin à un accord38 !

    Haro sur le tunnel autoroutier

    17A contrario du boulevard périphérique qui démontre que le développement de la Cité est d’un intérêt public moindre que celui de la gestion du trafic routier, l’affaire du tunnel de l’autoroute du Sud (1950-1957) voit la Ville de Paris reculer. Les archives de la Cité relatives à cette affaire permettent d’évaluer ses capacités de mobilisation mais aussi d’interroger les liens ambivalents qu’elle noue avec ses riverains. Si les archives segmentent ce qui relève de l’autoroute et ce qui relève du boulevard périphérique ou de l’extension de la Cité, il apparaît néanmoins clair que les dossiers sont imbriqués. La Cité met en conséquence plusieurs années avant de s’opposer nettement au projet de tunnel.

    Le temps des hésitations (1950-1954)

    18Prévue dans le plan Prost de 1934, l’autoroute du Sud est préfigurée au printemps 1950 par le CARP39. Le domaine de la Cité est d’emblée concerné car l’« autostrade » doit se raccorder au futur boulevard périphérique à hauteur de l’église de Gentilly. Un premier tracé est présenté au recteur Marchaud en décembre 1950 par Pierre Moch, chef du Service spécial des autoroutes au ministère des Travaux publics40. Immédiatement alerté, Dautry convoque le directeur de l’Urbanisme de la Ville de Paris pour tenter de limiter les conséquences des emprises foncières nécessaires41. Le conseil d’administration de la Fondation nationale proteste pour la forme auprès du ministère en janvier 195142 mais la Cité ne se mobilise guère avant 1954 pour deux raisons. D’une part, on l’a vu, Dautry espère des compensations foncières importantes pour la Cité en contrepartie des terrains libérés pour l’autoroute et le boulevard périphérique ; d’autre part, le CARP hésite au début des années 1950 entre plusieurs hypothèses de tracés : raccordement simple de l’autoroute du sud au droit de l’église de Gentilly, double raccordement (futures A6 a et A6 b), pénétration de l’autoroute dans Paris jusqu’aux places d’Italie et Denfert-Rochereau43.

    19Cette dernière hypothèse impacte directement la Cité qui serait traversée en totalité en souterrain. Le tracé du tunnel court en effet du pavillon du Cambodge au sud jusqu’aux maisons du Canada et de l’Argentine au nord. Le tunnel se raccorde ensuite à l’avenue du parc de Montsouris. Présenté aux instances dirigeantes de la Cité dès 1951, le projet de tunnel est longtemps considéré comme un problème technique, à la différence des emprises foncières du boulevard périphérique. Par définition le tunnel n’empiète pas sur le domaine de la Cité alors que le boulevard interdit la densification du bâti. Dans une lettre d’avril 1953, Lucien Bechmann, architecte chargé du développement de la Cité, suggère de « riper d’environ 5 mètres vers l’est le tracé du tunnel44 » pour permettre l’extension de la maison du Canada. Un an plus tard encore, le recteur Marchaud se veut rassurant : « telle que prévue actuellement l’autoroute ne sera pas plus gênante pour nous que le chemin de fer de Sceaux puisqu’elle passera en tunnel sous notre domaine. Nous ne pourrions, d’ailleurs, accepter une autre solution45. » Pourtant, dès 1953, la nécessité de puits d’aération est signalée par le ministère des Travaux publics46.

    Schéma du projet de passage de l’autoroute du Sud sous le domaine de la Cité universitaire (Le Monde, 3 avril 1954).

    Image

    20L’indifférence relative de la Cité, qui permettra à un ministre des Travaux publics en 1955 de prétendre que Dautry avait donné « un accord formel » au projet47, tranche avec la mobilisation précoce des riverains contre le tunnel. Dès novembre 1953, la société historique et archéologique du 14e arrondissement lance une pétition contre « l’asphyxie d’un des quartiers les plus sains de Paris48 ». Un tract est transmis au délégué général de la Fondation par le recteur de l’Académie de Paris qui l’a lui-même reçu d’un inspecteur général riverain du parc Montsouris. Ce dernier alerte des risques « d’une voie qui souillera une partie importante de la Cité49 » exposant les étudiants français et étrangers au « vrombissement des moteurs et à une atmosphère empuantie de gaz nocifs ». La presse relaie bientôt la « vive opposition de la part des habitants du quartier du parc Montsouris50 » et publie le tracé complet du raccordement à la place Denfert-Rochereau. En mars 1954, un nouveau tract de la société historique du 14e arrondissement démonte point par point les arguments des ingénieurs des Ponts et Chaussées en soulignant que le tunnel occasionnera plus de problèmes d’embouteillage qu’il n’en règlera51. La Cité n’est pas mentionnée dans ce tract comme si les riverains avaient fait leur deuil de son implication dans la lutte contre le tunnel, pourtant déjà rejeté par le conseil d’hygiène du département de la Seine et la commission du Vieux Paris. La médiatisation grandissante de l’affaire conduit le préfet de la Seine à consulter le conseil municipal de Paris qui repousse par deux fois le projet en 1954 et 1956. Entre-temps la Cité universitaire s’est ralliée aux opposants.

    Le temps de la mobilisation (1954-1957)

    21L’engagement de la Cité dans le combat parisien contre la pénétration de l’autoroute du Sud dans la capitale peut être daté d’avril 1954. C’est à cette date en effet que Paul Bertrand, second vice-président de la Fondation nationale, transmet au conseil d’administration un rapport complet sur l’impact des travaux du boulevard périphérique et de l’autoroute du Sud dans lequel sont pointés les risques (« les vibrations et le bruit », « les évacuations d’air vicié ») pour une population étudiante « dont l’état sanitaire cause déjà des soucis, malgré les bienfaits d’un parc sain52 ». Visiblement très informé sur le dossier, ce directeur honoraire de la SNCF plaide pour un changement d’attitude, sans doute parce qu’à cette date on a perdu toute illusion sur les compensations foncières potentielles au sud du boulevard périphérique : « la Cité universitaire s’est tenue à l’écart des campagnes de protestation qui se sont violemment élevées contre ce projet mais au moment où il va être discuté elle tient à faire connaître sa position53. » Celle-ci ne variera pas : renoncer à l’hypothèse de jonction avec la place Denfert-Rochereau au profit de celle de la construction d’une seconde branche de l’autoroute permettant de joindre la porte d’Italie. De manière claire, la Cité rejoint l’opinion publique parisienne qui plaide pour un transfert en banlieue (Gentilly, Arcueil, Cachan, Le Kremlin Bicêtre) de l’impact de l’arrivée de l’autoroute sur Paris.

    22Dès mai 1954, le recteur Marchaud reprend les arguments du rapport Bertrand pour demander au préfet de la Seine de privilégier l’hypothèse des deux branches de l’autoroute A6 et de sursoir au projet de tunnel tant qu’elles n’ont pas été réalisées54. En septembre 1954, Marchaud demande un entretien sur cette question au ministre des Travaux publics, Jacques Chaban-Delmas, qui doit désormais trancher après l’avis négatif du conseil municipal de Paris55. En mai 1955, c’est au tour du successeur de Dautry à la présidence de la Fondation nationale, l’ambassadeur André François-Poncet, d’écrire au ministre56. Parallèlement, la Fondation nationale fait intervenir Léopold Sédar Senghor, alors secrétaire d’État à la présidence du Conseil, auprès du ministre qui ne veut cependant pas céder57. Le ton monte entre la Fondation nationale et le ministère des Travaux publics au cours de l’été 1955. La diplomatie cède le pas à l’action qui ne procède pas directement des instances dirigeantes mais des associations d’étudiants ou d’anciens étudiants.

    23L’Alliance internationale des anciens de la Cité s’inquiète en effet du projet de tunnel dès mars 1954 et organise une conférence de presse le 11 novembre 1956 contre les projets des ingénieurs des Ponts et Chaussées. Le Figaro titre : « Va-t-on mutiler la Cité universitaire de Paris58 ? » Quelques semaines plus tôt, un comité pour l’unification de la Cité universitaire de Paris (CUCUP) diffusait un tract surprenant, appelant à déplacer le projet de boulevard et d’autoroute 800 mètres au sud, quitte à créer un nouvel arrondissement de Paris59. La présence de ces tracts et articles dans les archives de la Fondation nationale indique qu’elle suit avec attention la mobilisation. Fin 1956, le conseil d’administration décide à son tour d’organiser une conférence de presse, à la Cité même. Les étudiants ne sont évidemment pas en reste. Le 22 mars 1957, l’Association internationale des résidents (AIRCUP) organise une manifestation nocturne, suivie par 1 500 à 2 000 étudiants. Présentée par les étudiants comme une « manifestation de masse » et un « succès complet60 », relayée par la presse, la manifestation contre l’autoroute n’en débouche pas moins sur la détérioration de la porte Est du domaine et le renversement de chariots de la Ville de Paris61, signe évident de la tension qui monte au moment où s’ouvre le chantier du boulevard périphérique. Une seconde version du rapport Bertrand est diffusée au même moment62, dénonçant ouvertement les incohérences et la gabegie du projet des Ponts et Chaussées qui ne peut qu’impacter le domaine en raison de l’impossibilité de mettre des puits d’aération du tunnel dans le parc Montsouris. Le 5 avril 1957 enfin, la Fondation invite les membres de son conseil d’administration à peser sur le déroulement d’une conférence organisée à l’Assemblée nationale par Edouard Bonnefous et Bernard Lafay sur l’autoroute du Sud63.

    24L’abandon du projet de tunnel en 1957 solde trois années de mobilisations au cours desquelles la Cité a été amenée à prendre conscience que son destin ne pouvait pas faire abstraction de celui de son environnement. En choisissant de se ranger aux côtés des riverains du parc de Montsouris et de reprendre à son compte les arguments de la Société historique et archéologique du 14e arrondissement, la Cité universitaire participe d’un des premiers combats écologistes des Trente Glorieuses64. Elle endosse aussi son identité parisienne ce qui pose in fine la question de l’impossibilité de ses relations avec la banlieue.

    La banlieue contre la Cité

    25Considérée comme le « diamant d’une ville universitaire par excellence65 », la Cité regarde davantage du côté de la montagne Sainte-Geneviève que du côté du Grand Paris. Ses rapports avec la banlieue sont conflictuels dès l’entre-deux-guerres au moment où des terrains de Gentilly sont expropriés à son profit66. La querelle d’attribution de la zone du Chaperon vert au sortir de la guerre relance les hostilités entre la Cité et une banlieue rouge qu’elle ne connaît pas. Dans plusieurs notes sur l’extension de la Cité, les terrains de Gentilly sont désignés comme ceux « du Chapeau vert67 » suggérant que les responsables de la Cité ne se sont même pas déplacés sur les lieux. La gestion complexe d’un autre terrain68 situé avenue Lénine à Gentilly illustre les relations ubuesques entre la Cité et la banlieue rouge.

    Une alliance de circonstance (1957-1977)

    26Bien qu’acquis en juin 1957, le terrain « Lahure » n’est réellement utilisé qu’à compter du milieu des années 1960 par la Cité. D’emblée conçu comme terrain de sport pour l’Association sportive de la Cité universitaire (ASCUP), la surface doit en effet être préalablement débarrassée de ses baraques, ateliers, dépôts et cultures. Jusqu’en 1966, des locataires ou des « clochards » occupent l’espace qu’ils ont bâti avec l’accord de la commune. Leur éviction sera difficile malgré la construction de la cité HLM du Chaperon vert proche. Les plaintes des riverains contre le squat s’accumulent sur le bureau du secrétaire général de la Fondation, la situation devenant d’autant plus intenable que le gouvernement a fait de la lutte contre les bidonvilles une de ses priorités. Un premier projet d’aménagement sportif69 est dessiné en 1963 par l’architecte paysagiste Albert Audias. Il ne concerne que les 16 500 mètres carrés libres à cette date, laissant ouverte la question des 2 500 mètres carrés de « constructions, vétustes mais néanmoins habitées70 ». L’ingénieur technique de la Cité, Robert Rovach, remanie le projet en 1965 en suggérant de profiter des carrières souterraines pour construire un complexe sportif sur plusieurs niveaux. La demande de subvention auprès du Secrétariat d’État à la Jeunesse et aux Sports au titre du Ve Plan est hélas repoussée. C’est donc un aménagement plus modeste qui est réalisé en 1966 par une entreprise d’espaces verts, qui travaille parallèlement sur le domaine de la Cité : un terrain de football en stabilisé, un grand plateau d’éducation physique polyvalent et un mur de pelote basque. Le terrain ne comporte ni douches ni local de gardiennage, les agrès sont sommaires.

    27Ce terrain médiocre ne sert que partiellement aux étudiants de l’ASCUP, de même qu’au comité régional Jeunesse et Sports qui le loue de 1967 à 1969. Les enfants du quartier vandalisent le terrain à plusieurs reprises. Un premier diagnostic de la sous-occupation est posé en 1970, qui conclut à la nécessité « d’une clôture sérieuse qui nous sépare efficacement de la voie publique et des riverains71 ». Dès ce moment, le comité régional suggère à la Cité de se tourner vers la municipalité de Gentilly pour financer les travaux, en échange d’un droit d’usage. C’est pourtant vers le Paris université club (PUC), qui gère le stade de Charléty également utilisé par l’ASCUP, que la Cité signe une première convention d’occupation qui ne fonctionne que de janvier à juillet 1970. C’est donc contrainte et forcée que la Cité accepte de signer une seconde convention avec la mairie de Gentilly le 1er juillet 1971. Discutée pendant plusieurs semaines, le texte est très favorable à la commune. En compensation de la mise à disposition gratuite du terrain et de la possibilité de le sous-louer à des établissements d’enseignement publics, Gentilly s’engage à réparer les clôtures, assurer le gardiennage pendant les périodes d’utilisation, entretenir les espaces verts, payer l’eau, l’électricité et les impôts. L’article 8 de la convention prévoit la possibilité pour la Ville de construire un local de gardiennage et des sanitaires qui resteront sa propriété.

    28C’est sur cette base que l’utilisation du terrain de Gentilly est effectuée entre 1971 et 1977 dans un climat de défiance réciproque. En 1972 par exemple, le maire de Gentilly se plaint du comportement des étudiants de l’ASCUP qui ne respectent pas les dates et les heures de matchs prévus et surveillés et écrasent les clôtures et les plantations quand ils trouvent porte close. Les riverains accusent la mairie d’incurie alors même qu’elle considère avoir remis en état le terrain et assuré le gardiennage. La Cité ne répond pas. Le sport universitaire et le sport ouvrier s’ignorent et ne se respectent pas.

    Vue du terrain de sport de Gentilly, sans date (AN, 20090013/247).

    Image

    La guerre froide (1977-1985)

    29Le 17 février 1977, le secrétaire général de la Fondation nationale Bénédict Manin dénonce brutalement la convention d’occupation du terrain à la stupeur des élus de Gentilly72. Cette rupture est officiellement justifiée par la nécessité de trouver des recettes pour la Cité, qui traverse une grave crise financière. La Fondation nationale envisage donc une formule de location avec le PUC, le loyer étant indexé sur l’indice de la construction en région parisienne. Si la formule parait de fait intéressante pour le bailleur qui pense bénéficier d’une rente annuelle de 130 000 (1978) à 200 000 francs (1982)73, elle n’en apparaît pas moins comme une déclaration de guerre à Gentilly. L’anticommunisme de Bénédict Manin est patent dans la correspondance relative à cette affaire. Non seulement il ne propose pas de réviser la convention de 1971 pour obtenir un éventuel loyer de la part de la commune mais il refuse encore toute concertation avec les élus municipaux, se rangeant derrière la légalité de la rupture de convention. La Cité ne souhaite plus avoir affaire avec Gentilly et préfère le projet ambitieux proposé par le PUC : transformer le terrain de football en 17 terrains de tennis. Un bail à construction est étudié pour faciliter cette réalisation, jugée plus intéressante pour les étudiants.

    30Les lettres de protestation de l’Office municipal des Sports de Gentilly et de la Fédération sportive et gymnique du Travail en 1977 attestent que le terrain de football était non seulement très occupé par la population mais qu’il était en plus vital pour l’organisation des compétitions d’un sport, très populaire à cette époque. Le ton conciliant de ses interlocuteurs ne change pourtant rien à la détermination du secrétaire général de la Fondation qui n’a que faire de « la quasi impossibilité d’aménager un nouveau terrain de football sur le territoire de Gentilly, étant donné son exiguïté et sa configuration74 ». La municipalité décide alors d’utiliser tous les recours pour bloquer le projet du PUC. Elle émet un avis défavorable sur un premier permis de construire75, suivi en ce sens par l’administration de Jeunesse et Sports et le préfet du Val-de-Marne76. L’affaire devient nationale car Georges Marchais, député du Val-de-Marne, saisi de la question, intervient directement et vigoureusement auprès du Paul Dijoud, secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports. Très habilement, le secrétaire général du Parti communiste engage à la fois le rapport de force – « Je tiens à vous signaler que toute disposition autoritaire s’attirerait immédiatement la réaction des personnes concernées, de toute la population, des élus. […] Aussi, je compte suivre cette question de très près » – tout en proposant une porte de sortie : « J’ai en effet la conviction que des solutions satisfaisant les Associations sportives de Gentilly d’un côté, le PUC de l’autre, peuvent être rapidement trouvées. Dans cette affaire, la voie de la raison, c’est la voie de la concertation77. »

    31De fait, la direction départementale Jeunesse et Sport suggère en janvier 1978 une réunion de concertation entre la mairie, le PUC et la Cité. Benédict Manin refuse sèchement de s’y rendre, ne voyant pas l’utilité d’une médiation. Le PUC est néanmoins contraint de déposer un second projet, conservant le terrain de football et ramenant le nombre de terrains de tennis de 17 à 5 ! Le second permis de construire est approuvé en 1979 non sans que la Fondation nationale soit intervenue auprès de l’inspection générale Jeunesse et Sports pour accélérer la procédure. Depuis janvier 1978 en effet, le PUC ne verse plus de loyers à la Cité, en considérant qu’il ne peut pas utiliser le terrain comme il le souhaitait. La vacance du terrain dure jusqu’au début des années 1980, en raison de l’impossibilité pour le PUC d’obtenir la caution de la Ville de Paris pour son projet, évalué à 4 millions de francs. En dépit des pressions récurrentes que Bénédict Manin exerce, le directeur des Finances et des affaires économiques de la Ville de Paris, Alain Juppé, refuse d’accorder la caution municipale arguant que la situation financière du PUC est précaire et que le projet n’est pas viable78. La seule possibilité pour Paris d’accepter sa caution serait que les terrains soient hypothéqués, ce à quoi la Fondation nationale ne peut se résoudre. Au final, c’est avec un arriéré de plus de 700 000 francs de loyers impayés que se solde la convention entre la Cité universitaire et le PUC qui renonce à son projet en 1982.

    32La Fondation nationale a beaucoup perdu dans cette affaire dont elle peine à sortir malgré les nouvelles médiations que propose le cabinet d’Edwige Avice à partir de l’alternance de 198179. Entre 1981 et 1985, des projets de vente à la commune sont étudiés parallèlement à une nouvelle convention de location avec Gentilly, qui tergiverse, l’adjoint aux Sports se vantant même « de prendre le terrain sans le payer80 ». Le terrain, désormais en friche en dépit des besoins locaux, est remis à l’administration des Domaines en 1987 avant d’être cédé à Gentilly en 200981.

    ⁂

    33Au terme de l’analyse, l’histoire urbaine de la Cité universitaire de Paris révèle toute l’ambivalence de son insertion, a contrario des discours officiels saluant généralement sa réussite intellectuelle ou architecturale. La construction du boulevard périphérique et l’attribution à Gentilly de l’essentiel des terrains du Chaperon vert soulignent que l’intérêt des pouvoirs publics pour le développement universitaire parisien entre frontalement en concurrence avec les enjeux de l’aménagement du Grand Paris. Le coup d’arrêt porté à l’extension sud de la Cité contribue certes à lui donner des limites claires et durables mais renforce en même temps son caractère d’enclave. L’incapacité des dirigeants de la Fondation nationale à penser les synergies possibles entre la Cité et la ville contribue dans le même temps à l’isoler au sein de l’appareil d’État. La rapidité avec laquelle le ministère de l’Éducation nationale enterre le projet Dautry en 1948 suggère qu’il considère que l’avenir universitaire passe ailleurs (Cité d’Antony, annexes de la Halle aux vins ou d’Orsay) et que le projet d’Honnorat, à l’image des cités-jardins d’Howard, ne correspond pas aux besoins de massification de l’enseignement supérieur. De la même façon, la Cité ne parviendra pas à la fin des années 1960 ou au début des années 1980 à trouver des alliés auprès des services de Jeunesse et Sports qui écoutent davantage les demandes de Gentilly que celles de l’ASCUP ou du PUC. Refusant la concertation, sans doute au nom de son identité atlantiste, la Cité s’enferme dans son parc et ses problèmes de gestion, quittant l’ère de l’utopie pour entrer dans celle du patrimoine.

    Notes de bas de page

    1 Note de Jean Blanchard sur le Congrès international de l’habitat étudiant, 29 août 1949 (AN 50AP 121).

    2 « La Cité internationale de l’Université de Paris », Les Cahiers français, no 88, octobre 1963, p. 2-9.

    3 Alexandre Arsène, « Entre Louise Hervieu et André Honnorat », La Renaissance, 6 avril 1929.

    4 Paroles prononcées par le directeur de l’Enseignement supérieur lors de la pose de la première pierre de la Fondation japonaise, 12 octobre 1927 (AN 50AP 121).

    5 Lebon Maurice, « Paris, centre universitaire du monde », L’Œuvre, 18 avril 1929.

    6 Forestier Jean-Claude-Nicolas, Grandes villes et systèmes de parcs, Paris, Hachette, 1906 (réédition, Paris, Norma, 1997) ; voir aussi Blanchon Bernadette, La Cité universitaire de Paris (1919-1940), Mémoire de l’École d’architecture de Paris-Villemin, octobre 1991.

    7 Ordonnance no 45-2493, 24 octobre 1945, abrogée par la loi du 3 mars 1948. Sur ce sujet, voir Blanc Brigitte, La Cité internationale universitaire de Paris, de la cité-jardin à la cité-monde, Paris, Les éditions Lieux Dits, 2017.

    8 Bourillon Florence, Marantz Eléonore, Méchine Stéphanie, Vadelorge Loïc, (dir.), De l’Université de Paris aux universités d’Île-de-France, Rennes, PUR, 2016.

    9 On a ici consulté les archives de la Fondation nationale de la CUIP, déposées aux Archives nationales sous la cote 20090013. L’étude de référence sur la constitution du domaine est Blanc Brigitte, « La constitution du domaine de la Cité internationale universitaire de Paris », In Situ, Revue des Patrimoines, no 17, 2011 [http://journals.openedition.org/insitu/855], consulté le 4 mars 2020.

    10 Kévonian Dzovinar et Tronchet Guillaume, La Babel étudiante. La Cité internationale universitaire de Paris (1920-1950), Rennes, PUR, 2013.

    11 Lettre de Raoul Dautry, président de la Fondation nationale, à Georges Villiers, président du CNPF, 30 décembre 1950 (AN 50 AP 121).

    12 Cf. Blanc Brigitte, « La constitution du domaine de la Cité internationale universitaire de Paris », art. cité.

    13 La donation du 11 juin 1927 est approuvée par décret le 28 février 1928 et fait l’objet d’une convention entre l’Université et la Ville de Paris le 28 février 1929 (AN 20090013/244).

    14 Échanges de terrains avec la Ville de Paris : le décret du 27 avril 1930 affecte l’ancien dépôt de Remonte à l’Université de Paris (AN 20090013/244).

    15 Préfecture de la Seine, audition de l’Inspection des Domaines, 12 décembre 1941 (AN 20090013/244). Les terrains de Gentilly expropriés aux termes de la loi du 20 juillet 1928 sont affectés à l’Université de Paris par le décret du 8 juin 1932 et sont juridiquement rattachés au territoire de Paris.

    16 D’abord par la Gestapo puis par l’armée américaine (AN 20090013/35). Voir aussi : Kévonian Dzovinar, « La Cité internationale universitaire de Paris dans la guerre : refuge, occupation et résistances (1938-1944) », in Kévonian Dzovinar, Tronchet Guillaume (dir.), La Babel étudiante, op. cit., p. 143-162.

    17 AN 20090013/35.

    18 La Cité universitaire est délimitée par le boulevard Jourdan au nord, les actuelles avenues David-Weill et André Rivoire à l’ouest, l’avenue Pierre de Coubertin à l’est et le boulevard périphérique au sud.

    19 AN 20090013/243 à 253.

    20 Note sur les échanges de terrains entre la Ville de Paris et la Cité universitaire, 15 février 1966 (AN 20090013/243).

    21 Les archives des années 1950-1960 indiquent que la Cité est « propriétaire d’un certain nombre de terrains faisant partie des fortifications de Paris » (Direction des services d’architecture et d’urbanisme de la préfecture de la Seine au recteur de l’Académie de Paris, 30 juillet 1952, AN 20090013/243) alors même que la convention du 8 juin 1921 est signée entre l’Université de Paris (représentée par le recteur Apell) et la Ville de Paris (représentée par le préfet de la Seine, Antrand). Cette confusion ne facilite guère les relations entre la Fondation et le rectorat de Paris.

    22 Il s’agit de deux terrains (9 hectares) correspondants aux bastions 81 (parc ouest) et 82-83 (parc est) de l’ancienne enceinte de Thiers. Le premier terrain est délimité initialement par les rues André Rivoire, Emile Faguet et du docteur Lannelongue ; le second par les rues Benoît Malon et André Rivoire. Ces deux terrains sont aussi initialement délimités au sud par la limite de zone non aedificandi (limites de la commune de Paris en 1921) et au nord par les « terrains des anciens bastions ». (Terrains loués à l’Université de Paris pour la création et le développement de la Cité universitaire au 30 novembre 1958, AN 20090013/243).

    23 Procès-verbal de la réunion du conseil d’administration de la Chancellerie, 24 septembre 1981 (AN 20090013/416).

    24 Copie de la convention du 8-10 juin 1921 entre la Ville de Paris et l’Université de Paris (AN 20090013/243).

    25 La loi du 20 juillet 1928 dite Herriot-Poincaré a exproprié pour l’agrandissement de la CIUP 4 hectares sur le territoire de la commune de Gentilly. Ces terrains acquis par le ministère de l’Éducation nationale sont délimités par l’arrêté du 8 juin 1932 mais feront ensuite l’objet d’échanges avec la Ville de Paris aux termes de la convention du 12 décembre 1941.

    26 D’Orsay Jean, « L’édification de la Cité universitaire provoque quelques protestations à Gentilly », Le Matin, 20 novembre 1928 (AN 20090013/250).

    27 Il s’agit successivement de Daniel Tesseraud (du 27 novembre 1957 au 31 mars 1966), Pierre Dhombres (du 1er avril 1966 à 1976), Bénédict Manin (du 1er octobre 1976 au 30 septembre 1986).

    28 Lettre de Raoul Dautry au Préfet de la Seine, 10 septembre 1948 (AN 20090013/244).

    29 Note de Raoul Dautry à ses collaborateurs, 10 juin 1948 (AN 20090013/244).

    30 Note de Raoul Dautry au recteur Marchaud, Délégué général de la Cité, 28 décembre 1950 (AN 20090013/244).

    31 Extrait du Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, 3 juin 1949 (AN 50 AP 121).

    32 Lettre de X. [André Honnorat] à Yvon Delbos, 13 juillet 1949 et lettre de Raoul Dautry à Yvon Delbos, 18 juillet 1949 (AN 20090013/244).

    33 Lettre de Raoul Dautry à Georges Villiers, président du CNPF, 30 décembre 1950 (AN 50 AP 121).

    34 Les surfaces nécessaires à la création du boulevard périphérique augmentent entre les premières estimations de 1941 et les réalisations du début des années 1960. Le chiffre de 21 617m² est fixé en 1962 (Lettre du recteur de Paris Jean Roche au ministre de l’Éducation nationale, 17 juillet 1962, AN 20090013, 244).

    35 Procès-verbal de remise réciproque de terrains échangés entre la Ville de Paris et la Fondation nationale de la Cité universitaire, 23 septembre 1952 (AN 20090013/244).

    36 Compte-rendu de la réunion du 20 juin 1962 entre la Ville de Paris, l’État et la Fondation nationale (AN 20090013/244).

    37 Préfet de la Seine/Directeur des Domaines de la Seine, 13 septembre 1962 (AN 20090013/244).

    38 L’accord foncier d’avril 2011 signé entre l’État, la Chancellerie des Universités de Paris, la Ville de Paris et la Cité universitaire internationale solde la question des échanges de terrains née de la construction du boulevard périphérique dans les années 1950, [http://labs.paris.fr/commun/ogc/bmo/Delib/CMDELIB20110328/407.htm] ; voir aussi : « Invitation presse » pour la présentation du nouveau Plan d’aménagement de la Cité internationale universitaire de Paris, avril 2013, [http://www.ciup.fr/presse/invitation_signature_convention_8_avril_2013.pdf], consultés le 17 août 2017. Cf. également sur ce point Blanc Brigitte, La Cité internationale universitaire de Paris, op. cit.

    39 Convocation du ministère de la Reconstruction et de l’urbanisme du 5 mai 1950 pour une réunion du CARP le 15 mai 1950, transmise par Raoul Dautry au recteur Marchaud (AN 20090013/252).

    40 Note manuscrite, 21 décembre 1950 (AN 20090013/252).

    41 Autoroute du sud, memento, sans date, novembre-décembre 1957 (AN 20090013/252).

    42 Lettre à Pierre Gibel, 23 janvier 1951 (AN 20090013/252).

    43 Cartes de « Projet de modifications au projet d’aménagement de la région parisienne », sans date et Rapport du recteur Marchaud, 23 juillet 1954 (AN 20090013/252).

    44 Lettre de Lucien Bechmann architecte DPLG au recteur Marchaud, 28 avril 1953 (AN 20090013/252).

    45 Lettre du recteur Marchaud à l’Inspecteur général Fouret, 5 mars 1954 (AN 20090013/252).

    46 Lettre de Lucien Bechmann architecte DPLG au recteur Marchaud, 28 avril 1953 (AN 20090013/252).

    47 Lettre du général Coriglion-Molinier, ministre des Travaux publics à André François-Poncet, président de la Fondation nationale, 8 juin 1955 (AN 20090013/252).

    48 Extrait imprimé du compte-rendu du conseil d’administration de la Société historique et archéologique du 14e arrondissement du 23 novembre 1953. Cette pétition recueille plusieurs centaines de signatures (AN 20090013/252).

    49 Lettre de l’inspecteur général Fouret au recteur Sarrailh, 13 février 1954 (AN 20090013/252).

    50 Le Monde, 26 février et 3 avril 1954.

    51 Tract dactylographié de la Société historique et archéologique du 14e arrondissement, 15 mars 1954 (AN 20090013/252).

    52 Première version du rapport Bertrand, 5 avril 1954 (AN 20090013/252).

    53 AN 20090013/252.

    54 Lettre du recteur Marchaud au préfet de la Seine, 3 mai 1954 (AN 20090013/252).

    55 Lettre du recteur Marchaud à Jacques Chaban Delmas, ministre des Travaux publics, 28 septembre 1954 (AN 20090013/252).

    56 Lettre d’André François-Poncet au ministre des Travaux publics, 2 mai 1955 (AN 20090013/252).

    57 Lettre du recteur Marchaud à Léopold Senghor, 18 mai 1955 et réponse du ministre des Travaux publics à Léopold Senghor, sans date (AN 20090013/252).

    58 Le Figaro, 12 novembre 1956.

    59 « Il faudrait sauver la Cité universitaire », tract du CUCUP, signé par Françoise Dufour, transmis au conseil d’administration de la Fondation nationale le 9 juillet 1956 (AN 20090013/252).

    60 Journal de la Cité. Edition spéciale, mars 1957, édité par l’AIRCUP et signé F.B (AN 20090013/252).

    61 Rapport de MM. Melaine et Jardez, surveillants du parc à M. Pehuet, 22 mars 1957 (AN 20090013/252).

    62 Seconde version du rapport Bertrand, 16 mars 1957 (AN 20090013/252).

    63 Correspondance entre Péhuet et Labarthe, secrétaire général du Comité parlementaire français du commerce, mars-mai 1957 (AN 20090013/252).

    64 Pessis Céline, Topçu Sezin, Bonneuil Christophe (dir.) Une autre histoire des « Trente Glorieuses ». Modernisation, contestations et pollutions dans la France d’après-guerre, Paris, La Découverte, 2013 ; Frioux Stéphane, Charvolin Florian, Kamoun Léa, Mélard François, Roussel Isabelle, Un air familier. Socio-histoire des pollutions atmosphériques (mi xixe-xxie siècle), Paris, Presses des Mines, 2015.

    65 « Il faudrait sauver la Cité universitaire, tract du CUCUP (AN 20090013/252).

    66 Sur cette question, cf. Kévonian Dzovinar, Tronchet Guillaume (dir.), La Babel étudiante, op. cit., p. 18-19 et livret photographique. Voir aussi Vadelorge, Loïc, « Transitions urbaines. Fragments d’une histoire urbaine de la cité universitaire de Paris », in Bellanger Emmanuel et al., Mélanges en l’honneur d’Annie Fourcaut, Paris, Créaphis, 2019, p. 14-29.

    67 Notes sur l’extension de la Cité, sans date, avril 1951 et février 1955 (AN 20090013/244).

    68 Procès-verbal du conseil d’administration de la Fondation nationale présentant le terrain de Gentilly comme un ensemble de 18 141m² situé aux numéros 68-70 de l’avenue Lénine à Gentilly, anciennement avenue Joseph Staline et anciennement avenue du Docteur Durand. Il s’agit en réalité de deux parcelles connexes, acquises pour la première (terrain des Imprimeries Lahure) en juin 1957 par l’université de Paris pour le compte de la Cité universitaire et pour la seconde (parcelle Clément) en 1969 par expropriation et sur des crédits Jeunesse et Sports (AN 20090013/416).

    69 L’architecte prévoit 1 terrain de football, 3 terrains de basket, 2 terrains de volley, un terrain de pelote basque, 1 terrain de tennis extérieur, 1 terrain de tennis couvert, plus des vestiaires/douches et un logement de gardien en option.

    70 Devis de l’architecte-paysagiste DPLG Albert Audias, 21 octobre 1963 (AN 20090013/416).

    71 Compte-rendu de visite de Robert Rovarch, 1er octobre 1970 (AN 20090013/416).

    72 Lettre recommandée avec accusé de réception de Bénédict Manin à Mme le maire de Gentilly, 17 février 1977 (AN 20090013/416).

    73 Lettre de Jean Talbot, président du PUC à Bénédict Manin, 18 janvier 1977 (AN 20090013/416).

    74 Lettre de la Fédération sportive et gymnique du Travail au président de la Cité universitaire, 6 septembre 1977 (AN 20090013/416).

    75 Avis défavorable du maire au permis de construire, 16 décembre 1977 (AN 20090013/416).

    76 Refus du permis de construire par le préfet du Val-de-Marne, 14 avril 1978 (AN 20090013/416).

    77 Lettre de Georges Marchais à Paul Dijoud, 16 décembre 1977 (AN 20090013/416).

    78 Lettre d’Alain Juppé à Bénédict Manin, 21 mars 1980 (AN 20090013/416).

    79 Relevé de conclusions de la réunion du 30 mars 1982 à la préfecture de région, 7 avril 1982 (AN 20090013/416).

    80 Compte-rendu de la réunion du 4 mars 1983 entre le PUC et la Fondation nationale (AN 20090013/416).

    81 On suit sur ce point les analyses de Brigitte Blanc.

    Auteur

    • Loïc Vadelorge
      Loïc Vadelorge est professeur d’histoire contemporaine à l’université Gustave Eiffel, membre du laboratoire Analyse Comparée des Pouvoirs (EA 3350) et responsable scientifique du Labex Futurs urbains. Ses travaux portent sur l’histoire de l’aménagement urbain au xxe siècle, l’histoire du Grand Paris et sur l’histoire urbaine des universités, notamment franciliennes.
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    1 Note de Jean Blanchard sur le Congrès international de l’habitat étudiant, 29 août 1949 (AN 50AP 121).

    2 « La Cité internationale de l’Université de Paris », Les Cahiers français, no 88, octobre 1963, p. 2-9.

    3 Alexandre Arsène, « Entre Louise Hervieu et André Honnorat », La Renaissance, 6 avril 1929.

    4 Paroles prononcées par le directeur de l’Enseignement supérieur lors de la pose de la première pierre de la Fondation japonaise, 12 octobre 1927 (AN 50AP 121).

    5 Lebon Maurice, « Paris, centre universitaire du monde », L’Œuvre, 18 avril 1929.

    6 Forestier Jean-Claude-Nicolas, Grandes villes et systèmes de parcs, Paris, Hachette, 1906 (réédition, Paris, Norma, 1997) ; voir aussi Blanchon Bernadette, La Cité universitaire de Paris (1919-1940), Mémoire de l’École d’architecture de Paris-Villemin, octobre 1991.

    7 Ordonnance no 45-2493, 24 octobre 1945, abrogée par la loi du 3 mars 1948. Sur ce sujet, voir Blanc Brigitte, La Cité internationale universitaire de Paris, de la cité-jardin à la cité-monde, Paris, Les éditions Lieux Dits, 2017.

    8 Bourillon Florence, Marantz Eléonore, Méchine Stéphanie, Vadelorge Loïc, (dir.), De l’Université de Paris aux universités d’Île-de-France, Rennes, PUR, 2016.

    9 On a ici consulté les archives de la Fondation nationale de la CUIP, déposées aux Archives nationales sous la cote 20090013. L’étude de référence sur la constitution du domaine est Blanc Brigitte, « La constitution du domaine de la Cité internationale universitaire de Paris », In Situ, Revue des Patrimoines, no 17, 2011 [http://journals.openedition.org/insitu/855], consulté le 4 mars 2020.

    10 Kévonian Dzovinar et Tronchet Guillaume, La Babel étudiante. La Cité internationale universitaire de Paris (1920-1950), Rennes, PUR, 2013.

    11 Lettre de Raoul Dautry, président de la Fondation nationale, à Georges Villiers, président du CNPF, 30 décembre 1950 (AN 50 AP 121).

    12 Cf. Blanc Brigitte, « La constitution du domaine de la Cité internationale universitaire de Paris », art. cité.

    13 La donation du 11 juin 1927 est approuvée par décret le 28 février 1928 et fait l’objet d’une convention entre l’Université et la Ville de Paris le 28 février 1929 (AN 20090013/244).

    14 Échanges de terrains avec la Ville de Paris : le décret du 27 avril 1930 affecte l’ancien dépôt de Remonte à l’Université de Paris (AN 20090013/244).

    15 Préfecture de la Seine, audition de l’Inspection des Domaines, 12 décembre 1941 (AN 20090013/244). Les terrains de Gentilly expropriés aux termes de la loi du 20 juillet 1928 sont affectés à l’Université de Paris par le décret du 8 juin 1932 et sont juridiquement rattachés au territoire de Paris.

    16 D’abord par la Gestapo puis par l’armée américaine (AN 20090013/35). Voir aussi : Kévonian Dzovinar, « La Cité internationale universitaire de Paris dans la guerre : refuge, occupation et résistances (1938-1944) », in Kévonian Dzovinar, Tronchet Guillaume (dir.), La Babel étudiante, op. cit., p. 143-162.

    17 AN 20090013/35.

    18 La Cité universitaire est délimitée par le boulevard Jourdan au nord, les actuelles avenues David-Weill et André Rivoire à l’ouest, l’avenue Pierre de Coubertin à l’est et le boulevard périphérique au sud.

    19 AN 20090013/243 à 253.

    20 Note sur les échanges de terrains entre la Ville de Paris et la Cité universitaire, 15 février 1966 (AN 20090013/243).

    21 Les archives des années 1950-1960 indiquent que la Cité est « propriétaire d’un certain nombre de terrains faisant partie des fortifications de Paris » (Direction des services d’architecture et d’urbanisme de la préfecture de la Seine au recteur de l’Académie de Paris, 30 juillet 1952, AN 20090013/243) alors même que la convention du 8 juin 1921 est signée entre l’Université de Paris (représentée par le recteur Apell) et la Ville de Paris (représentée par le préfet de la Seine, Antrand). Cette confusion ne facilite guère les relations entre la Fondation et le rectorat de Paris.

    22 Il s’agit de deux terrains (9 hectares) correspondants aux bastions 81 (parc ouest) et 82-83 (parc est) de l’ancienne enceinte de Thiers. Le premier terrain est délimité initialement par les rues André Rivoire, Emile Faguet et du docteur Lannelongue ; le second par les rues Benoît Malon et André Rivoire. Ces deux terrains sont aussi initialement délimités au sud par la limite de zone non aedificandi (limites de la commune de Paris en 1921) et au nord par les « terrains des anciens bastions ». (Terrains loués à l’Université de Paris pour la création et le développement de la Cité universitaire au 30 novembre 1958, AN 20090013/243).

    23 Procès-verbal de la réunion du conseil d’administration de la Chancellerie, 24 septembre 1981 (AN 20090013/416).

    24 Copie de la convention du 8-10 juin 1921 entre la Ville de Paris et l’Université de Paris (AN 20090013/243).

    25 La loi du 20 juillet 1928 dite Herriot-Poincaré a exproprié pour l’agrandissement de la CIUP 4 hectares sur le territoire de la commune de Gentilly. Ces terrains acquis par le ministère de l’Éducation nationale sont délimités par l’arrêté du 8 juin 1932 mais feront ensuite l’objet d’échanges avec la Ville de Paris aux termes de la convention du 12 décembre 1941.

    26 D’Orsay Jean, « L’édification de la Cité universitaire provoque quelques protestations à Gentilly », Le Matin, 20 novembre 1928 (AN 20090013/250).

    27 Il s’agit successivement de Daniel Tesseraud (du 27 novembre 1957 au 31 mars 1966), Pierre Dhombres (du 1er avril 1966 à 1976), Bénédict Manin (du 1er octobre 1976 au 30 septembre 1986).

    28 Lettre de Raoul Dautry au Préfet de la Seine, 10 septembre 1948 (AN 20090013/244).

    29 Note de Raoul Dautry à ses collaborateurs, 10 juin 1948 (AN 20090013/244).

    30 Note de Raoul Dautry au recteur Marchaud, Délégué général de la Cité, 28 décembre 1950 (AN 20090013/244).

    31 Extrait du Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, 3 juin 1949 (AN 50 AP 121).

    32 Lettre de X. [André Honnorat] à Yvon Delbos, 13 juillet 1949 et lettre de Raoul Dautry à Yvon Delbos, 18 juillet 1949 (AN 20090013/244).

    33 Lettre de Raoul Dautry à Georges Villiers, président du CNPF, 30 décembre 1950 (AN 50 AP 121).

    34 Les surfaces nécessaires à la création du boulevard périphérique augmentent entre les premières estimations de 1941 et les réalisations du début des années 1960. Le chiffre de 21 617m² est fixé en 1962 (Lettre du recteur de Paris Jean Roche au ministre de l’Éducation nationale, 17 juillet 1962, AN 20090013, 244).

    35 Procès-verbal de remise réciproque de terrains échangés entre la Ville de Paris et la Fondation nationale de la Cité universitaire, 23 septembre 1952 (AN 20090013/244).

    36 Compte-rendu de la réunion du 20 juin 1962 entre la Ville de Paris, l’État et la Fondation nationale (AN 20090013/244).

    37 Préfet de la Seine/Directeur des Domaines de la Seine, 13 septembre 1962 (AN 20090013/244).

    38 L’accord foncier d’avril 2011 signé entre l’État, la Chancellerie des Universités de Paris, la Ville de Paris et la Cité universitaire internationale solde la question des échanges de terrains née de la construction du boulevard périphérique dans les années 1950, [http://labs.paris.fr/commun/ogc/bmo/Delib/CMDELIB20110328/407.htm] ; voir aussi : « Invitation presse » pour la présentation du nouveau Plan d’aménagement de la Cité internationale universitaire de Paris, avril 2013, [http://www.ciup.fr/presse/invitation_signature_convention_8_avril_2013.pdf], consultés le 17 août 2017. Cf. également sur ce point Blanc Brigitte, La Cité internationale universitaire de Paris, op. cit.

    39 Convocation du ministère de la Reconstruction et de l’urbanisme du 5 mai 1950 pour une réunion du CARP le 15 mai 1950, transmise par Raoul Dautry au recteur Marchaud (AN 20090013/252).

    40 Note manuscrite, 21 décembre 1950 (AN 20090013/252).

    41 Autoroute du sud, memento, sans date, novembre-décembre 1957 (AN 20090013/252).

    42 Lettre à Pierre Gibel, 23 janvier 1951 (AN 20090013/252).

    43 Cartes de « Projet de modifications au projet d’aménagement de la région parisienne », sans date et Rapport du recteur Marchaud, 23 juillet 1954 (AN 20090013/252).

    44 Lettre de Lucien Bechmann architecte DPLG au recteur Marchaud, 28 avril 1953 (AN 20090013/252).

    45 Lettre du recteur Marchaud à l’Inspecteur général Fouret, 5 mars 1954 (AN 20090013/252).

    46 Lettre de Lucien Bechmann architecte DPLG au recteur Marchaud, 28 avril 1953 (AN 20090013/252).

    47 Lettre du général Coriglion-Molinier, ministre des Travaux publics à André François-Poncet, président de la Fondation nationale, 8 juin 1955 (AN 20090013/252).

    48 Extrait imprimé du compte-rendu du conseil d’administration de la Société historique et archéologique du 14e arrondissement du 23 novembre 1953. Cette pétition recueille plusieurs centaines de signatures (AN 20090013/252).

    49 Lettre de l’inspecteur général Fouret au recteur Sarrailh, 13 février 1954 (AN 20090013/252).

    50 Le Monde, 26 février et 3 avril 1954.

    51 Tract dactylographié de la Société historique et archéologique du 14e arrondissement, 15 mars 1954 (AN 20090013/252).

    52 Première version du rapport Bertrand, 5 avril 1954 (AN 20090013/252).

    53 AN 20090013/252.

    54 Lettre du recteur Marchaud au préfet de la Seine, 3 mai 1954 (AN 20090013/252).

    55 Lettre du recteur Marchaud à Jacques Chaban Delmas, ministre des Travaux publics, 28 septembre 1954 (AN 20090013/252).

    56 Lettre d’André François-Poncet au ministre des Travaux publics, 2 mai 1955 (AN 20090013/252).

    57 Lettre du recteur Marchaud à Léopold Senghor, 18 mai 1955 et réponse du ministre des Travaux publics à Léopold Senghor, sans date (AN 20090013/252).

    58 Le Figaro, 12 novembre 1956.

    59 « Il faudrait sauver la Cité universitaire », tract du CUCUP, signé par Françoise Dufour, transmis au conseil d’administration de la Fondation nationale le 9 juillet 1956 (AN 20090013/252).

    60 Journal de la Cité. Edition spéciale, mars 1957, édité par l’AIRCUP et signé F.B (AN 20090013/252).

    61 Rapport de MM. Melaine et Jardez, surveillants du parc à M. Pehuet, 22 mars 1957 (AN 20090013/252).

    62 Seconde version du rapport Bertrand, 16 mars 1957 (AN 20090013/252).

    63 Correspondance entre Péhuet et Labarthe, secrétaire général du Comité parlementaire français du commerce, mars-mai 1957 (AN 20090013/252).

    64 Pessis Céline, Topçu Sezin, Bonneuil Christophe (dir.) Une autre histoire des « Trente Glorieuses ». Modernisation, contestations et pollutions dans la France d’après-guerre, Paris, La Découverte, 2013 ; Frioux Stéphane, Charvolin Florian, Kamoun Léa, Mélard François, Roussel Isabelle, Un air familier. Socio-histoire des pollutions atmosphériques (mi xixe-xxie siècle), Paris, Presses des Mines, 2015.

    65 « Il faudrait sauver la Cité universitaire, tract du CUCUP (AN 20090013/252).

    66 Sur cette question, cf. Kévonian Dzovinar, Tronchet Guillaume (dir.), La Babel étudiante, op. cit., p. 18-19 et livret photographique. Voir aussi Vadelorge, Loïc, « Transitions urbaines. Fragments d’une histoire urbaine de la cité universitaire de Paris », in Bellanger Emmanuel et al., Mélanges en l’honneur d’Annie Fourcaut, Paris, Créaphis, 2019, p. 14-29.

    67 Notes sur l’extension de la Cité, sans date, avril 1951 et février 1955 (AN 20090013/244).

    68 Procès-verbal du conseil d’administration de la Fondation nationale présentant le terrain de Gentilly comme un ensemble de 18 141m² situé aux numéros 68-70 de l’avenue Lénine à Gentilly, anciennement avenue Joseph Staline et anciennement avenue du Docteur Durand. Il s’agit en réalité de deux parcelles connexes, acquises pour la première (terrain des Imprimeries Lahure) en juin 1957 par l’université de Paris pour le compte de la Cité universitaire et pour la seconde (parcelle Clément) en 1969 par expropriation et sur des crédits Jeunesse et Sports (AN 20090013/416).

    69 L’architecte prévoit 1 terrain de football, 3 terrains de basket, 2 terrains de volley, un terrain de pelote basque, 1 terrain de tennis extérieur, 1 terrain de tennis couvert, plus des vestiaires/douches et un logement de gardien en option.

    70 Devis de l’architecte-paysagiste DPLG Albert Audias, 21 octobre 1963 (AN 20090013/416).

    71 Compte-rendu de visite de Robert Rovarch, 1er octobre 1970 (AN 20090013/416).

    72 Lettre recommandée avec accusé de réception de Bénédict Manin à Mme le maire de Gentilly, 17 février 1977 (AN 20090013/416).

    73 Lettre de Jean Talbot, président du PUC à Bénédict Manin, 18 janvier 1977 (AN 20090013/416).

    74 Lettre de la Fédération sportive et gymnique du Travail au président de la Cité universitaire, 6 septembre 1977 (AN 20090013/416).

    75 Avis défavorable du maire au permis de construire, 16 décembre 1977 (AN 20090013/416).

    76 Refus du permis de construire par le préfet du Val-de-Marne, 14 avril 1978 (AN 20090013/416).

    77 Lettre de Georges Marchais à Paul Dijoud, 16 décembre 1977 (AN 20090013/416).

    78 Lettre d’Alain Juppé à Bénédict Manin, 21 mars 1980 (AN 20090013/416).

    79 Relevé de conclusions de la réunion du 30 mars 1982 à la préfecture de région, 7 avril 1982 (AN 20090013/416).

    80 Compte-rendu de la réunion du 4 mars 1983 entre le PUC et la Fondation nationale (AN 20090013/416).

    81 On suit sur ce point les analyses de Brigitte Blanc.

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    Vadelorge, L. (2022). Emprises sur la ville. In D. Kévonian & G. Tronchet (éds.), Le Campus-monde. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.163055
    Vadelorge, Loïc. « Emprises sur la ville ». In Le Campus-monde, édité par Dzovinar Kévonian et Guillaume Tronchet. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2022. doi:10.4000/books.pur.163055.
    Vadelorge, Loïc. « Emprises sur la ville ». Le Campus-monde, édité par Dzovinar Kévonian et Guillaume Tronchet, Presses universitaires de Rennes, 2022, https://doi.org/10.4000/books.pur.163055.

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    Kévonian, D., & Tronchet, G. (éds.). (2022). Le Campus-monde. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.163035
    Kévonian, Dzovinar, et Guillaume Tronchet, éd. Le Campus-monde. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2022. doi:10.4000/books.pur.163035.
    Kévonian, Dzovinar, et Guillaume Tronchet, éditeurs. Le Campus-monde. Presses universitaires de Rennes, 2022, https://doi.org/10.4000/books.pur.163035.
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