« Il faut parer le personnage »
Dentelles, jupons et éventails de la dame en noir
p. 103-114
Texte intégral
« Quant à mes habillements, je vais les changer et les prendre pareils à ceux de Mme de Richelieu. J’ai une indifférence là-dessus, qui m’ôte tout scrupule. J’ai été vêtue d’or quand j’ai passé mes journées en plaisir avec le Roi et sa maîtresse ; je vais être à une princesse, je serai toujours en robe noire ; si j’étais hors de la Cour, je serais en tourière et tous ces changements ne me font nulle peine. Du reste j’y fais trop de dépense parce que je suis naturellement propre et peu portée à l’avarice1. »
1Ces remarques adressées à l’abbé Gobelin en 1680 sont révélatrices. Elles rappellent que Mme de Maintenon ne fut pas seulement la dame en noir d’une certaine légende, mais aussi une femme « magnifiquement2 » vêtue de damas bleu ou de couleur de rose, relevé d’or ou d’argent. Elles laissent également entendre que ses changements vestimentaires auraient moins été l’expression d’une attention aux variations de la mode, que la marque d’états différents, comme si le noir ou l’or avait servi à indiquer la réalité d’une fonction à la cour, à désigner son vêtement comme un « costume3 », celui de la seconde dame d’atours de la Dauphine ou de la gouvernante des enfants naturels du monarque. Enfin elles font l’aveu d’une indifférence de la personne à sa manière de se vêtir, doublée d’un penchant naturel à la « propreté », qui lui auraient permis d’assumer sans peine ces changements imposés par sa situation. Seul l’habit de tourière aurait résulté d’un choix propre.
2Est-ce à dire qu’à la cour Mme de Maintenon aurait joué un personnage, identifiable à une apparence construite tout d’abord par le vêtement, et qu’en dehors de la cour et de ses contraintes son « habillement » aurait révélé la personne privée, avec ses goûts simples et austères, sa piété ? Voire. L’habit de tourière évoqué dans la lettre à son confesseur n’aurait-il pas en fait participé, lui aussi, à la construction d’une image de l’être, dont les contours se dessinent peu à peu au fil de ses écrits ? Et cette fausse révélation de la personne privée, cette nouvelle façade de l’être, ne traduirait-elle pas au fond un même appétit de reconnaissance sociale que la conformité aux usages ?
Vêtement et identité
3Dans un entretien avec Mme de Glapion en 1707, Mme de Maintenon reconnaît avoir « éprouvé de la pauvreté, & passé par des états bien différens » de celui où elle se trouve alors4. Elle a ainsi, dans sa jeunesse, chaussé des sabots5 et gardé des dindons, et l’on sait que dans l’hiver 1651 elle portait encore des robes trop courtes6. Devenue Mme Scarron, elle se révèle une jeune femme coquette si tant est que les ressources de son mari le lui permettent. L’inventaire après décès du poète fait état de trois jupes, l’une « de taffetas couleur de chair », l’autre de « tabis à fleurs blanc et jaune, garnie de sept passements », et la troisième de « petit taffetas rayé rouge et blanc », de « deux justaucorps de velours noir, et un autre de satin à fleurs garni de fourrures », ainsi que de deux déshabillés « d’étamine grise » ou de « férandine musc7 », sans oublier les sept tabliers qui lui auraient, paraît-il, valu le surnom de « Dame au grand tablier » dans le quartier Saint-Louis8.
4Le détail de son linge (dont douze chemises de toile blanche et quatre camisoles9) indique déjà ce goût marqué de la future marquise pour le linge blanc et la propreté – on disait « netteté » – qu’elle gardera toute sa vie. Courtin en souligne l’importance dans son Traité de la civilité, car le linge blanc et la propreté sont à l’époque des « signes sociaux de référence10 », des marques de distinction. Autant que le luxe, la propreté distingue. Courtin en conclut : « si les habits sont nets, & surtout si on a du linge blanc, il n’importe pas que l’on soit richement vestu11 ». Cette coquetterie de la propreté est en même temps une norme de comportement, un indice de force d’âme et de rectitude morale, la blancheur du corps étant à l’image de celle de l’âme. Quant aux dentelles, alors très à la mode, qui ornent lesdites chemises, ainsi que les mouchoirs de col et les collets également répertoriés dans l’inventaire après décès de Scarron, elles révèlent chez la jeune femme un vif intérêt pour les « accessoires visibles de la propreté invisible ». Dans un milieu social « où les allures confinent au spectacle12 », la qualité du linge est partie prenante de l’élégance mondaine.
5Et n’oublions pas cet autre signe de raffinement tout aussi en vogue, l’éventail, dont l’utilisation sous-entend une certaine inactivité manuelle. Mme Scarron, qui tient salon, en possède. Qui plus est, elle possède l’intelligence des galanteries auxquelles peut prêter son usage. Dans les années 1650, le marquis de Villarceaux, l’un des habitués de la chambre jaune de la rue Neuve-Saint-Louis, aurait brisé un éventail auquel elle tenait, peut-être à dessein de lui en offrir un ou même plusieurs autres. La marquise relatera la scène en 1708, à l’intention des demoiselles de Saint-Cyr, afin surtout de souligner la réputation d’honnêteté et de sagesse que son procédé lui valut dans le monde :
« J’avais un éventail d’ambre, fort joli, je le posai un moment sur la table ; cet homme, soit en badinant, soit à dessein, prit mon éventail et le rompit en deux. J’en fus surprise et choquée ; j’y eus, dans le fond, un grand regret, car j’aimais fort cet éventail. Le lendemain, cet homme m’envoya une douzaine d’éventails pareils à celui qu’il m’avait cassé. Je lui fis dire que ce n’était pas la peine de casser le mien pour m’en envoyer douze autres, que j’en aurais autant aimé treize que douze, et je les lui renvoyai et demeurai sans éventail13. »
6Une coquette n’aurait peut-être pas agi différemment…
7Démunie après la mort du poète, Mme Scarron doit se rabattre sur l’étamine du Lude, petite étoffe mince, « fort à la mode dans ce temps pour les personnes d’une médiocre fortune14 », et elle ne porte plus alors que « du linge uni », même si elle continue d’être « bien chaussée » et d’avoir de « beaux jupons15 ». Ainsi apparaît cette fameuse « simplicité d’habits » qui, quoique dictée par les circonstances, aurait, à l’en croire, correspondu à un penchant personnel pour une mise sans prétention. Plus qu’un vêtement, ses tenues auraient été un « habillement », qui aurait laissé entrevoir la vérité de l’être, tout en n’en étant pas moins dans un certain air du temps. N’est-ce pas le moment où la cour dévote d’Anne d’Autriche prône la simplicité des habits et la réforme du luxe ? Simplicité, modestie et piété vont de pair. S’habiller simplement et modestement, c’est afficher un certain personnage, celui de la veuve sage, pauvre, sérieuse et surtout pieuse.
8La simplicité de son vêtement n’exclut pourtant pas l’élégance. L’abbé Gobelin, son confesseur depuis 1668, finit par lui en faire reproche. Mme Scarron a beau lui dire qu’elle n’a sur elle « que des étoffes communes », l’abbé rétorque :
« Cela est vrai, […] mais je ne sais ce qu’il y a, ma très-honorée dame, je vois tomber avec vous, quand vous vous mettez à genoux, une quantité d’étoffes à mes pieds, qui a si bonne grâce que je trouve à cela quelque chose de trop bien16. »
9À la frontière du visible et de l’invisible, ces jupons qui s’accumulent trahissent peut-être un plaisir du contact intime du corps avec le vêtement, une recherche sans doute inconsciente d’un certain effet de « vaporeux17 », symbolique de féminité. Leur multiplication est aussi utilitaire et témoigne de la nécessité de se protéger du froid, étant donné que ces étoffes sont minces et que Françoise d’Aubigné a toujours été frileuse, même si cette profusion de dessous féminins ajoute par ailleurs à l’élégance et à la grâce de sa silhouette. Aux yeux de l’abbé, la quantité des étoffes importe en définitive autant que leur qualité par ce qu’elle sous-entend d’attention au corps comme à l’apparence, et par ce qu’elle révèle d’un goût orienté par le luxe.
10Devenue gouvernante des enfants du roi et de Mme de Montespan en 1669, la veuve Scarron doit arborer de nouvelles tenues plus en rapport avec sa situation. Alors qu’elle vit encore cachée aux yeux de tous dans la grande maison de Vaugirard, où sont élevés les petits princes, Mme de Sévigné la dit « habillée modestement mais magnifiquement “comme une personne qui passe sa vie avec des personnes de qualité18” ». L’étamine du Lude est loin désormais, remplacée par des étoffes coûteuses. La gouvernante sera bientôt « vêtue d’or ». En effet, quelques semaines après la légitimation des enfants adultérins en décembre 1673, celle que le roi va nommer Mme de Maintenon s’installe à la cour, avec eux.
11On entrevoit alors des soies, des satins, des velours, des damas, des galons d’or et toujours des dentelles. Des couleurs vives aussi et surtout ce bleu19, sa couleur préférée, semble-t-il, qui colore ce « beau damas bleu, […] ni pâle ni turquin, mais fort et beau », qu’elle fait acheter en avril 1679 chez Gaultier et Gayot20 (cahier hors texte, pl. III). Ou cette « moire d’argent, couleur de feu21 » qu’elle affectionne dès les années 1650 et qu’elle continue à vouloir porter jusqu’en 1706. Mais également des tons plus neutres tels le « damas blanc avec une frange d’argent pour mettre au bas de la jupe » dont elle demande six aunes à Mme du Caylus, sa nièce22, et qui rappelle le « gros Satin d’un blanc un peu sale », garni au bas d’« une grande Dentelle de soye rebrodée & plissée », fort à la mode pour les jupes à l’automne 167823.
Pl. III. – École française du xviie siècle, Portait de Madame de Maintenon tenant une perle.

Niort, musée Bernard d’Agesci, 2016.0.11/G.113.
© Niort, collections du musée Bernard d’Agesci – Niort Agglo.
12Certes Mme de Maintenon va bientôt devoir, comme seconde dame d’atours de la Dauphine, s’habiller de noir pendant quelques années (cahier hors texte, pl. V)24, avant de retrouver en 1690, à la mort de cette dernière, tout l’éclat et le luxe que son statut, même non déclaré, d’épouse du roi rend encore plus nécessaires. C’est qu’il lui faut plus que jamais « parer le personnage ». Aussi ses vêtements sont-ils de plus en plus le lieu d’une négociation constante entre goût personnel, obligation morale et devoir de son état. Comment concilier le refus de l’ostension de soi et la nécessité de paraître ? En faisant la part du privé et du public ? En apportant modération et retenue dans les tenues les plus magnifiques ? En étant enfin toujours au-dessous de ce que son état et son revenu peuvent lui permettre ?
Pl. V. – Louis Elle « le Père » dit Ferdinand, Portrait de Madame de Maintenon et de sa nièce.

Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 2196.
© Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais/Christophe Fouin.
13Les étoffes somptueuses et colorées ne disparaissent pas alors de son habillement, loin de là. En 1705, c’est « une étoffe bien extravagante et bien jeune25 » qu’elle réclame à sa nièce. Un an plus tard, elle lui apprend que « [l]a bataille gagnée en Italie me détermine à mettre ma robe : je m’habillerai de vert, si on prend Barcelone, et de couleur de rose si l’Archiduc tombe entre nos mains26 ». Quand l’occasion le demande elle porte le grand habit de cour27 avec ses parures et ses accessoires, et notamment ces éventails qu’on lui voit sur les gravures de mode de Trouvain et de Bonnart et dont deux seulement sont connus : l’un, que les élèves de Saint-Cyr lui offrent pour sa fête, en 1699, et dont elles ont elles-mêmes peint la feuille28, l’autre, qu’elle envoie au printemps 1697 à Mme de La Lande : « Je vous envoie donc ma chambre ; je sais que vous vous y estes amusée29. » On y voyait « au naturel l’apartement de Me. de Maintenon : le Roy y travaille à son bureau, Me. de Maintenon file, M. la Duchesse de Bourgogne joue, Mlle. d’Aubigné fait colation30 ». Ou encore cette canne, décrite par Mme de Sévigné, dont la pomme était une grenade d’or et de rubis, qui, en s’ouvrant, révélait le portrait de la Dauphine et qu’elle perd au jeu contre le Dauphin en mai 168031.
14Les années passant, son choix se porte davantage sur les couleurs sombres et c’est du « noir et or » ou du « violet et or » qu’elle commande à sa nièce en 1705, avant de lui réclamer un « habit brun et léger », semblable peut-être à celui dans lequel l’aurait vue la comtesse d’Exeter :
« Madame de Maintenon parut sans suite, habillée d’un damas de feuille morte tout uni, coiffée en battant l’œil, n’ayant pour toute parure qu’une croix de quatre diamants pendue à son col, qui est la seule chose à qui on ait donné son nom32. »
15On aurait tort toutefois de ne voir qu’un souci de discrétion et d’austérité grandissante dans ce goût du sombre. En effet, les tons sourds et profonds, rouge, violet, brun, relevés de riches et lourdes broderies métallisées, pour les jupes de dessus et les manteaux étaient très en faveur33 depuis que la mode du noir, venue des Flandres, s’était répandue en Europe un siècle plus tôt34.
16L’âge et la conjoncture défavorable lui servent néanmoins de prétexte pour revenir à des tenues plus austères, plus appropriées à ce qu’elle juge devoir mettre. À en croire Mlle d’Aumale, elle se fit violence pour faire taire un dernier reste de coquetterie :
« sur la fin, elle retrancha ce qu’elle put de son ajustement, ôtant l’or de tous ses habits, sous prétexte que cela étoit trop lourd pour les porter, et je sais qu’elle ne pouvait souffrir une jupe noire sans galon d’or35 ».
17Ce que confirme Languet de Gergy, archevêque de Sens :
« Pendant les vingt dernières années de sa vie je l’ai vue fort souvent, et jamais je ne lui ai vu d’autre habit que de quelque damas ou de raz de Saint-Maur uni, sans or ni broderie36. »
18Saint-Simon, lui, la confine dans un noir enveloppant : « Depuis qu’elle ne parut plus en public, on ne voyoit que coiffes et écharpe noire37 » (cahier hors texte, pl. VII) Mais toute « vieille » qu’elle est, Mme de Maintenon n’a nullement perdu son goût du beau linge. Tout en reprochant à sa nièce le caractère dispendieux de son dernier achat, ne lui avoue-t-elle pas en 1705 : « J’ai peine à croire qu’il y ait une étoffe plus extravagante que celle que vous m’avez envoyée, mais tout est supportable en jupon38 » ? Et de lui commander en 1708 cinq aunes d’étoffe « pour faire un jupon de la couleur de rose39 » ! Quand elle ne réclame pas, comme à la marquise de Villette en 1710, « des pièces […] de plusieurs sortes d’étoffes blanches. J’en suis insatiable, et pour le jour et pour la nuit40 ».
Pl. VII. – Attribué à Jean Jouvenet, Portrait de dame âgée, dite Madame de Maintenon.

Versailles, musée national des châteaux Versailles de Versailles et de Trianon, V.2016.25.
© Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais/Christophe Fouin.
19Ce n’est qu’une fois retirée à Saint-Cyr après la mort de Louis XIV que la marquise fait le choix définitif du noir. Certes, elle a déjà dans le passé porté la tenue sombre réservée à la clôture de l’institution et passé l’habit des novices avec sa mantille noire nouée sous le cou pour les offices et quelques rares cérémonies. Il est vrai aussi que son train est réduit depuis la disparition du roi, mais le noir est maintenant la marque de la plus grande austérité. Languet de Gergy écrit :
« Elle exerça la même économie et la même sévérité par rapport à ses habits, ses coiffures, ses bijoux. Elle retrancha tout ce qui lui parut superfluité ou tenir de la vanité ; elle ne voulut plus user ni d’essence pour ses cheveux ni de pâtes pour ses mains. “Je n’ai plus, disoit-elle, celui pour qui je me servois de ces choses-là41.” »
20Cette volonté de dépouillement général, ce refus ultime de parer le personnage, sont bien dans la lignée de ce qu’on attend du chrétien s’apprêtant à rejoindre son Créateur. Elles sont le signe convenu de la renonciation au monde qui doit préluder au trépas. Loin de la cour et des honneurs, Mme de Maintenon est enfin libre de ne « penser qu’à [la] bière42 ».
Entre morale chrétienne et convenances sociales
21Mme de Maintenon semble avoir fait du vêtement le signe identitaire du personnage qu’elle a créé. Autant et plus qu’à des goûts personnels, ses choix auraient répondu à des critères précis de morale chrétienne et de convenances sociales dont elle s’est expliquée dans sa correspondance. L’indifférence professée devant l’abbé Gobelin en 1680 tient bien évidemment de ce mépris des vanités du monde dont son confesseur ne peut que se réjouir ; mais elle témoigne aussi d’un souci de se conformer aux exigences vestimentaires de son état, quelles que soient ses préférences.
22Sa pauvreté pendant sa jeunesse, l’éducation reçue chez sa tante huguenote Villette, comme plus tard sa dévotion, n’ont pu qu’encourager en elle le refus de la « superfluité des habits ». Dans son Discours sur le luxe, Du Tremblay qualifie de « vanité tout ce qui n’est ni necessaire, ni utile, ou à la personne, ou à la condition », le nécessaire étant « tout ce dont l’homme a besoin pour se deffendre de la soif, de la faim, du chaud & du froid », et l’utile d’« avoir commodément le necessaire43 ». C’est dans ces termes que Mme de Maintenon reproche ses dépenses à son frère en 1678 :
« Et surtout mettons-nous bien dans l’esprit que nous ne sommes tous incommodés dans nos affaires que par notre vanité. Il y a peu de gens qui n’eussent de quoi fournir à manger pour la nécessité, à s’habiller chaudement en hiver et légèrement en été, et à avoir assez de valets pour nous servir dans nos besoins44. »
23La simplicité de l’habillement n’est à vrai dire qu’une « médiocrité », un juste milieu entre un luxe excessif (ou une mode extravagante) et une mise trop simple ou négligée, qui, si elle était voulue, pourrait passer pour avarice. La Mothe Le Vayer juge ainsi qu’« [i]l est donc à propos de suiure ceste mediocrité qui nous fait estre propres & bien vestus, sans pompe & sans mesquinerie45 ». Les préceptes de morale chrétienne rencontrent ici les recommandations des philosophes libertins. Voilà pourquoi, comme s’empresse de le rappeler Languet de Gergy, même au plus haut de la faveur, « si elle donnoit quelque chose à l’éclat du rang qu’elle y tenoit, c’étoit toujours avec ménagement46 ».
24Au besoin de simplicité, Mme de Maintenon joint une exigence de modestie. À l’époque où elle n’est encore que la veuve Scarron, Mme de Sévigné la juge « modestement » vêtue. Opinion partagée par Mlle d’Aumale :
« Elle a toujours été mise très modestement, et si cachée dans ses coiffes, que, les ayant dénouées un jour de grande chaleur, madame la duchesse de Richelieu lui dit avec étonnement : “Mais vraiment vous avez la gorge fort belle ; j’avois toujours cru que vous y aviez quelque mal, et que c’étoit pour cela que vous la cachiez avec tant de soin47.” »
25On remarquera que cette modestie de l’habillement passe à la fois par le refus de la couleur et le choix du monochrome, et par le refus du dévoilement corporel, alors que la mode à la cour est à la gorge et aux avant-bras nus, protégés du froid, l’hiver, par des gants et un manchon. C’est que modestie est autant synonyme de pudeur et de décence que de retenue et de mesure48.
26Dernier critère, enfin, de son habillement, ce souci de « propreté » qui ne l’abandonnera jamais et dans lequel il faut voir moins le goût d’une « netteté » s’incarnant dans la blancheur du linge qu’une exigence de « bienséance49 ». Courtin précise que la propreté « est une certaine convenance des habits à la personne », c’est-à-dire « à nostre taille, à nostre âge & à nostre condition50 », et que cette convenance s’étend même jusqu’à une certaine attention à la mode, à condition d’en « retrancher le luxe & la fadaise […], & la reduire à la modestie51 ». Ainsi s’explique que, tout en affichant un mépris certain pour ce qu’elle regarde comme les extravagances de la mode, Mme de Maintenon se préoccupe malgré tout de l’« usage du temps ». Reconnaissant que sa nièce est « à la source du bel air ou du moins de l’air de Paris », elle juge que c’est à elle « à soumettre [son] vieux goût au goût raisonnable qui règne présentement52 ». L’indifférence totale au goût du jour est aussi condamnable que l’esclavage de la mode. Il s’agit là aussi d’éviter les excès. Ne convient-elle pas qu’« [i]l faut être propre et mise d’une manière convenable, mais sans tomber dans le ridicule de vouloir attraper la mode en tout ce qu’on peut53 » ?
27Cependant, ce qui compte surtout à ses yeux, c’est la convenance des habits à la condition et à la fortune. En 1678, elle recommande à son frère d’être « habillé selon [sa] condition », tandis qu’un an plus tard elle lui conseille de « [se] mettre sur un pied convenable à [son] revenu54 ». N’a-t-elle pas elle-même changé d’habits avec l’évolution de sa condition pour se vêtir d’étamine dans les premiers temps de son veuvage, comme de soie et d’or lorsqu’il fallut paraître à la cour ? Selon Mlle d’Aumale, « elle étoit obligée d’être vêtue d’une manière convenable à la place qu’elle tenoit55 ». Ce respect de la convenance est toutefois battu en brèche dans l’hiver 1705, lorsqu’elle refuse les étoffes proposées par sa nièce pour leur préférer une étoffe beaucoup plus commune, la grisette. C’est, dit-elle, que « la misère que je connais me rend avare56 ». Un réflexe de « modestie Chrétienne57 » lui fait restreindre ses dépenses. Mais n’est-ce pas aussi pour éviter ce qui peut passer pour un luxe déplacé en temps de disette ? Ses dernières lettres reviennent sans cesse sur le besoin d’économiser au maximum, de profiter des aubaines, de lésiner sur la qualité des étoffes :
« avec cet intérêt que vous me connaissez, je voudrais bien profiter de l’occasion et que vous fissiez connaissance et même amitié avec quelque bon fripier ou quelque revendeuse, pour qu’on vous fît voir ce qui serait à grand marché, car tout m’est bon : jupes, jupons, robes de chambre, écharpes, linge, coiffes, gants, bas d’estame, justaucorps d’homme, etc.58 ».
28Est-ce par devoir de charité chrétienne pour pouvoir être « en état de secourir les pauvres plus facilement & plus abondamment59 » ? Ou par souci des apparences ? On ne sait.
29De fait, la grisette réclamée en 1705, Mme de Maintenon la veut « très jolie60 ». Le goût du beau, de l’élégance ne l’a pas abandonnée. Ni le besoin d’un certain confort, même si elle finit par se reprocher ses faiblesses en 1715 :
« Je crois […] qu’être trop attachée à son corps, c’est de craindre trop les incommodités, c’est rechercher trop les commodités et les aises, c’est d’être trop propre, c’est d’être aisément dégoûtée des autres, c’est s’habiller avec trop de soin, c’est appréhender trop le froid, le chaud, la fumée, la poussière et, en un mot, toutes les petites mortifications de Providence, c’est désirer de contenter ses sens, c’est de chercher le plaisir61. »
30Un reste d’attachement au monde et à ses vanités la conduit à commander « quelques taffetas façonnés » un peu « forts » pour une robe de jour à la marquise de Villette en 1710, sous prétexte que « [j]e bouffe si peu, par ma personne, qu’il faut que je bouffe par mes habits62 ». C’est que le vêtement lui sert également à masquer les imperfections du corps. La peur du ridicule aussi la tenaille et, avec elle, la honte de manquer aux normes requises par l’ordre moral et social dans lequel elle vit depuis tant d’années. Dans ses lettres à Mme de Caylus on voit poindre la crainte d’un trop grand écart par rapport aux usages, tout comme celle d’une inconvenance liée à l’âge. Dès 1705, couleurs et broderies sont jugées déplacées :
« [J]e ne saurais me résoudre à de la broderie et si vous ne pouvez trouver ce que je demande, envoyez-moi ce que vous pouvez. Il n’est pas possible que je sois la seule vieille dans le monde, prenez ce que vous pouvez, pourvu que je ne sois pas ridicule et que ce soit un habit brun et léger63. »
31Si son âge l’oblige à porter dorénavant des teintes neutres et à ne plus parer son « vieux corps64 » d’étoffes de grand prix, il ne l’oblige pas pour autant à faire le choix d’un démodé trop criant dont la cour se moquerait impitoyablement.
« Je voulais faire un beau personnage »
32Le souci de son image ne cesse en réalité de la tarauder. Et cette image, ce « beau personnage » qu’elle « voulai[t] faire65 », c’est en partie par son apparence physique qu’elle s’est efforcée de le construire. Mode de gestion du corps, le vêtement s’est avéré être un marqueur identitaire, indicatif à la fois d’une manière de vivre et d’une façon d’être. Habitus autant que vestitus66, il a été pour la marquise une forme de communication non verbale visant à faire être le personnage projeté. Toute présentation de soi n’est-elle pas un acte performatif67 ? Qui plus est, à une époque où le vêtement n’est pas senti comme une expression du moi, mais comme une apparence dictée par des normes sociales, Mme de Maintenon aurait cherché à l’aligner sur des goûts personnels, tempérés néanmoins par la conscience des devoirs de son état. À rebours de ses contemporains aurait-elle tenté d’en faire l’expression d’une individualité en disjonction avec les extériorités de l’ajustement et de la parure, ou du moins de le faire croire ?
33En fait cette simplicité d’habits que prône la morale chrétienne et dont elle fait le choix, contrainte ou non par les circonstances dans les années 1660, est moins l’expression d’une individualité qu’une recherche d’individuation. Certes les revenus de la veuve Scarron sont modestes, mais certains voient de l’affectation dans ces éternelles tenues d’étamine : « Elle se piquoit d’une excessive propreté. Et sa parure étoit toujours de la simplicité la plus recherchée68 », écrit La Beaumelle. Devenue « presque reine », elle continuera à vouloir faire le choix de la simplicité et, sur le tard, de l’austérité et à préférer un habit en opposition avec le vêtement mondain ou de cour, teint de ces couleurs « voyant[es] » qui font « trop distinguer69 », de même qu’enrichi d’ornements superflus, inutiles et encombrants. Comme il ressort de ses conseils aux demoiselles de Saint-Cyr, non seulement il convient par modestie et pudeur de cacher le corps, il faut également rejeter la tromperie qui consiste à rehausser la vaine beauté du corps en le travestissant d’or et de soie pour en faire un instrument de séduction dangereux. Et de condamner comme symbole des désordres de ce monde l’« habillement insensé et immodeste70 » des femmes de son temps.
34Or la simplicité de son habillement, tout comme son souci grandissant de l’économie et de l’épargne, ont un caractère ostentatoire qui attire l’attention. Peut-être sincère, ce choix d’un vêtement qui tranche sur une pratique gouvernée par le désir de paraître assure du fait même de cet écart la visibilité et la lisibilité de sa mise. Loin d’être une tentative d’effacement de la personne, ce refus de l’ostension de soi cache peut-être en réalité un désir de distinction. Mme Scarron a-t-elle voulu se faire remarquer par sa modestie ? Ses robes d’étamine de Tours lui servent à construire un personnage de veuve sage et dévote qui lui vaut l’attention de dames titrées et de la reine mère, qui lui octroie une pension de 2 000 livres en 1661. Au dire de La Beaumelle,
« ce n’est pas que Madame Scaron n’aimât pas les parures : mais son sexe en fait son unique occupation : & c’étoit une raison pour feindre de les mépriser. Elle aspiroit à ces louanges que la cour dévote de la Reine-mere commençoit à donner à la simplicité des habits & à la reforme du luxe71 ».
35Afficher simplicité et modestie, c’est assurément publier un certain mode de vie, c’est aussi et surtout s’assurer un mode de survie, une façon d’« avoir l’approbation des honnêtes gens », de « jouir d’une belle réputation » et d’y trouver « de l’honneur72 », autant que du profit, au sens le plus matériel du terme. Vingt ans plus tard, alors qu’elle est parvenue au faîte de la faveur, Saint-Simon la dit encore « très modestement », quoique « [t]oujours très bien mise, noblement, proprement, de bon goût73 ». La modestie de son habillement ne va jamais jusqu’à ce « mespris de se bien vestir », susceptible de passer pour « mesquinerie », « affectation, & mesme arrogance » aux yeux d’autrui74. Et pourtant ses critiques l’accuseront d’avarice, tandis que Languet de Gergy lui reprochera « cette vanité, qui étoit son faible et qui se mêloit dans le commerce qu’elle avoit avec le monde75 ».
36En effet, à vouloir « jouer un beau personnage », Mme de Maintenon ne trahit-elle pas ce fond d’amour-propre que dénoncent à l’envi moralistes et théologiens ? Certes elle se défend d’avoir été sensible à la honte d’être vue dans la misère ou d’avoir espéré la cacher en « désir[ant] d’être bien vêtu[e] », et prône aux demoiselles de Saint-Cyr le « grand courage nécessaire pour aimer mieux être mal vêtue76 ». Loin d’elle cette « mauvaise gloire » ou « vanité de ce que nous sommes ou de ce que nous croyons être, de notre naissance, de nos talents77 » ! Or n’est-ce pas une autre forme de gloire liée à l’amour de soi qui l’incite à poursuivre l’honneur et la « belle réputation » que peut donner une manière simple et modeste de s’habiller ?
« J’ai soutenu dans ma jeunesse et au milieu du plus grand monde de ne porter qu’une simple étamine, dans un temps où personne n’en portait ; j’étais plus singulière dans mon habillement que ne le serait une demoiselle de Saint-Cyr au milieu de la cour. […] Je n’étais pas assez heureuse […] pour agir en cela par piété, je le faisais par raison et pour l’amour de ma réputation. Je n’avais pas assez de bien pour égaler les autres dans la magnificence de leur habillement ; j’aimais mieux me jeter dans l’extrémité contraire, et marquer que j’étais tout-à-fait au-dessus du désir de paraître par l’ajustement et par la parure, plutôt que de laisser croire que j’en attrapais ce que je pouvais, et que je faisais mon possible pour en approcher78. »
37Sans qu’elle se rende coupable de cette « vanité sotte » qui s’attache à l’orgueil des richesses, ce désir d’être aimée et estimée, cet appétit de reconnaissance qui la motive font néanmoins d’elle une « glorieuse », « occup[ée] de soi-même79 ». Avec beaucoup de perspicacité, Fénelon perce à jour les motifs de sa conduite :
« Vous êtes née avec beaucoup de gloire, c’est-à-dire de cette gloire qu’on nomme bonne & bien entendue, mais qui est d’autant plus mauvaise, qu’on n’a point de honte de la trouver bonne. On se corrigeroit plus aisément d’une vanité sotte. […] Vous tenez encore à l’estime des honnêtes gens, à l’approbation des gens de bien, au plaisir de soutenir votre prospérité avec modération, enfin à celui de paroître par votre cœur au-dessus de votre place80. »
38Le « beau personnage » qu’elle a voulu faire n’est en définitive que la projection d’une « idole81 » du moi.
⁂
39La manière de s’habiller de Mme de Maintenon traduit à la fois un rêve d’identité et un rêve d’altérité : comment être en même temps soi, avec les contradictions afférentes à la coexistence de goûts opposés, qui font porter des jupons en dentelles sous l’habit de tourière, et autre, c’est-à-dire un moi régulé par le souci de la « propreté » et le désir de jouer un « beau personnage », qui le placent dans la dépendance d’autrui ? En réalité ce rêve d’identité duelle ne peut que conduire à un brouillage des signes identitaires véhiculés par le vêtement. Celui-ci finit par ne plus fonctionner ni comme expression d’une individualité ni comme marqueur de distinctions sociales. Si Spanheim insiste sur le dédoublement traditionnel de la personne privée et de la personne publique – « C’est ainsi par où Madame de Maintenon a tâché et tâche de faire également deux personnages assez différents, mais tous deux conformes à son état, à sa fortune, et au dessein de s’y maintenir, avec approbation même d’une cour d’ailleurs aussi galante82 » – Primi Visconti ne peut qu’hésiter : « Il est certain qu’aux habits, à l’ajustement et aux manières on ne savait pas à qui l’on avait affaire83. »
Notes de bas de page
1 Maintenon, 2009, lettre du 8 janvier 1680 à l’abbé Gobelin, p. 335-336.
2 Sévigné, 1972-1978, lettre du 4 décembre 1673 à la comtesse de Grignan, t. I, p. 632.
3 Barthes distingue dans le vêtement le costume de l’habillement. Si le premier est « une réalité institutionnelle, essentiellement sociale, indépendante de l’individu, et qui est comme la réserve systématique, normative, dans laquelle il puise sa propre tenue », le second est « une réalité individuelle, véritable acte de “vêtement”, par lequel l’individu individualise sur lui l’institution générale du costume » (Barthes, 1957, p. 435).
4 B. de B., 1773, t. II, p. 47.
5 « Sur le monde », Maintenon, 1857, t. I, p. 97-98.
6 Une lettre de Scarron de l’été 1651 en fait foi. Voir Languet de Gergy, 1863, p. 107.
7 Boislisle, 1894, p. 188.
8 Hennique de Cheuilly (1777), cité dans Boislisle, 1894, p. 128.
9 Ibid., p. 191-192.
10 Roche, 1989, p. 149. Sous le règne de Louis XIV, on compte en moyenne douze chemises de femmes dans la noblesse.
11 Courtin, 1697, p. 52.
12 Ibid., p. 165.
13 Maintenon, 1882, p. 49.
14 Aumale, 1902, p. 31.
15 Caylus, 1986, p. 25.
16 Aumale, 1902, p. 52.
17 Barthes, 1967, p. 157.
18 Lettre du 4 décembre 1673 à la comtesse de Grignan, Maintenon, 2009, p. 632.
19 C’est ce bleu qu’elle porte sur deux portraits des années 1670, attribués à Mignard, dont l’un est au musée Bernard d’Agesci de Niort (2016.01.11/G.113) et l’autre (Mme de Maintenon présentant l’Amour à Mme d’Heudicourt) dans une collection privée.
20 Lettre d’avril 1679 à M. d’Aubigné, Maintenon, 2009, p. 316.
21 Lettre du 26 juin 1705 à la comtesse de Caylus, Maintenon, 2011a, p. 784.
22 Lettre du 7 mai 1705 à la comtesse de Caylus, ibid., p. 605.
23 Mercure galant, 1678-1714, octobre 1678, p. 377.
24 Comme sur le tableau de Louis-Ferdinand Elle conservé au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon (MV 2196).
25 Maintenon, 2011a, lettre du 7 mai 1705 à la comtesse de Caylus, p. 605.
26 Ibid., lettre du 25 avril 1706 à la comtesse de Caylus, p. 758.
27 Saint-Simon, 1947-1961, t. IV, p. 1046.
28 Biger, 2015, p. 345.
29 Maintenon, 2010, lettre du 17 mars 1697 à Mme de La Lande, p. 782. Citée dans Biger, 2015, p. 29.
30 La Beaumelle, 1757, t. III, p. 192, note. Cité dans Biger, 2015, loc. cit.
31 Sévigné, 1972-1978, lettre du 31 mai 1680 à la comtesse de Grignan, t. I, p. 955.
32 Lavallée, 1863, p. 239-240. C’était, paraît-il, une teinte qu’elle affectionnait tout particulièrement parce qu’elle « fais[ait] mieux sortir le brillant de ses yeux » (La Beaumelle, 1757 t. II, p. 190).
33 Quelques années plus tôt, le Mercure galant recommandait un « gros Satin de Florence, couleur de Musc, brodé de soye de couleurs modestes » pour les manteaux d’hiver de femme (octobre 1678, p. 377).
34 Deslandres, 1976, p. 67.
35 Aumale, 1902, p. 187.
36 Languet de Gergy, 1863, p. 241.
37 Saint-Simon, 1947-1961, t. IV, p. 1040.
38 Maintenon, 2011a, lettre du 1er avril 1705 à la comtesse de Caylus, p. 587.
39 Maintenon, 2011b, lettre du 18 février 1708 à la comtesse de Caylus, p. 286.
40 Ibid., lettre du 12 juin 1710 à la marquise de Villette, p. 828.
41 Languet de Gergy, 1863, p. 474.
42 Maintenon, 2011a, lettre du 5 mai 1705 à la comtesse de Caylus, p. 603.
43 Frain du Tremblay, 1691, p. iv, p. 5.
44 Maintenon, 2009, lettre du 2 avril 1678 à M. d’Aubigné, p. 267.
45 La Mothe le Vayer, 1643, p. 231.
46 Languet de Gergy, 1863, p. 174.
47 Aumale, 1902, p. 50.
48 Du Tremblay parle de « mediocrité ou moderation » (Frain Du Tremblay, 1691, p. 45).
49 Ce sont les deux termes par lesquels Richelet définit la propreté (Richelet 1680).
50 Courtin, 1697, p. 49. Pour Du Tremblay, le mot de propreté « veut dire non seulement qu’une personne n’est pas sale mais nette, dans ses meubles & dans ses habits ; mais encore qu’elle est meublée & habillée proportionnement à sa condition, à son âge, enfin à l’état de sa personne » (Frain Du Tremblay, 1691, loc. cit.).
51 Courtin, 1697, p. 52.
52 Maintenon, 2011a, lettre du 30 octobre 1705 à la comtesse de Caylus, p. 679.
53 Maintenon, 2013b, lettre non datée à une demoiselle sortant de Saint-Cyr, p. 80.
54 Maintenon, 2009, lettre du 28 février 1678 à M. d’Aubigné et lettre d’avril 1679 au même, p. 257 et p. 318.
55 Aumale, 1902, t. I, p. 187.
56 Maintenon, 2011a, lettre du 22 janvier 1705 à la comtesse de Caylus, p. 568.
57 Frain Du Tremblay, 1691, p. 29.
58 Maintenon, 2011a, lettre du 20 février à la comtesse de Caylus, p. 578.
59 Frain Du Tremblay, 1691, p. 29.
60 Maintenon, 2011a, lettre du 23 janvier 1705 à la comtesse de Caylus, p. 568.
61 Maintenon, 2011c, lettre du 6 mai 1715 à Mme de la Rouzière, p. 322.
62 Maintenon, 2011b, lettre du 12 juin 1710 à la marquise de Villette, p. 828.
63 Maintenon, 2011a, lettre du 9 mai 1705 à la comtesse de Caylus, p. 605.
64 Elle écrit en 1706 : « Le prix de mon étoffe m’épouvante si fort que je ne crois pas pouvoir me résoudre à la mettre sur mon vieux corps » (Maintenon, 2011a, lettre du 23 avril 1706 à la comtesse de Caylus, p. 757).
65 Maintenon, 1856, t. II, p. 214.
66 Pellegrin, 1993, p. 81-94.
67 Voir Goffman, 1990.
68 La Beaumelle, 1757, t. I, p. 185.
69 Courtin, 1697, p. 54.
70 Maintenon, 2011b, lettre du 12 juin 1707 à la princesse des Ursins, p. 146.
71 La Beaumelle, 1757, t. I, p. 174.
72 Maintenon, 1856, t. II, p. 214-215.
73 Saint-Simon, 1947-1961, t. IV, p. 1040.
74 La Mothe Le Vayer, 1643, p. 230, 217-218, 230.
75 Languet de Gergy, 1863, p. 120.
76 Ibid., p. 216-217.
77 Maintenon, 1857, t. I, p. 219.
78 Maintenon, 1882, p. 48.
79 Maintenon, 1857, t. I, p. 219.
80 B. de B., 1773, t. II, p. 65.
81 Ibid.
82 Spanheim, 1882, p. 23.
83 Primi Visconti, 1988, p. 150.
Auteur
-
Marie-Claude Canova-Green
Goldsmiths, université de Londres.
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