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    Plan détaillé Texte intégral Les dispositifs de la clôture chez les annonciades célestes : des textes normatifs aux réalisations Clôture et chantier Les représentations de la clôture Notes de bas de page Auteur

    L’exception et la Règle

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    Table des matières

    Des espaces clos ?

    Normes, réalisations et représentations architecturales de la clôture monastique féminine

    Julie Piront

    p. 265-276

    Texte intégral Les dispositifs de la clôture chez les annonciades célestes : des textes normatifs aux réalisations Clôture et chantier Les représentations de la clôture Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les entrées et les sorties dans les monastères féminins peuvent être approchées par une analyse du cadre architectural qui contrôle ces allées et venues au moyen d’une série d’infrastructures, telles que les portes aux multiples verrous, les doubles grilles fermées de volets, les fenêtres barrées de fer ou encore les hauts murs qui ceignent les jardins et les cours du monastère. Réinstaurée par les décrets du concile de Trente, la clôture est au cœur des préoccupations architecturales des congrégations féminines et de ceux qui en ont la charge, car elle doit garantir l’isolement de ces femmes désormais soumises à l’obligation de s’établir en milieu urbain.

    2Dans le cadre de cette contribution, nous nous intéresserons dans un premier temps à la traduction concrète de la clôture, en comparant les normes et les réalisations architecturales des annonciades célestes. Fondées à Gênes en 1604 par Maria Vittoria Fornari (1562-1617)1, ces chanoisses régulières de saint Augustin2 sont représentatives des nouveaux ordres religieux apparus dans le sillage du concile de Trente. Strictement cloîtrées pour mieux s’abîmer dans leurs prières vouées au Verbe Incarné, elles se sont établies dans une cinquantaine de villes, situées essentiellement aux frontières de l’Europe catholique, entre l’Italie et les Pays-Bas méridionaux3. Dans un second temps, les entrées et les sorties seront envisagées dans le contexte spécifique des chantiers de construction, afin de comprendre les usages qui prévalent pour maintenir la clôture malgré l’introduction des corps de métier et des matériaux dans l’enceinte monastique. Enfin, les représentations mentales, véhiculées par les écrits des religieuses et l’iconographie de la fondatrice Maria Vittoria Fornari, apporteront un éclairage sur la perception de la clôture et de l’architecture par les intéressées.

    Les dispositifs de la clôture chez les annonciades célestes : des textes normatifs aux réalisations

    3Lors de la XXVe session en novembre 1563, les pères du concile ont réaffirmé la clôture stricte des moniales et des religieuses comme un point essentiel de la discipline, tout en les obligeant à s’implanter en milieu urbain4. Plusieurs théoriciens ont tenté de formuler des solutions architecturales pour répondre à ces deux prescriptions difficilement conciliables. Diffusées à une échelle internationale, les Instructiones fabricae et supellectilis ecclesiasticae5 de Carlo Borromeo, archevêque de Milan (1560-1584), comportent deux chapitres dédiés spécifiquement à la construction des églises et des monastères féminins. Cet ouvrage paru en 1577 a été relayé notamment en France en 1629 par le Traitez de la closture des religieuses du père récollet Florent Boulenger6 et au xviiie siècle, par l’Histoire et pratique de la clôture des religieuses de Sébastien Cherrier7. Les solutions proposées par Borromeo ont trouvé aussi un écho dans les traités d’architecture, notamment celui de Joseph Furttenbach l’Ancien édité en 16288.

    4Les prescriptions de ces théoriciens portent d’une part, sur l’agencement des espaces à l’intérieur du couvent et d’autre part, sur les ouvertures (portes et fenêtres) qui autorisent une communication minimale, mais nécessaire, entre les religieuses et le monde qui les entoure. Les directives des autorités ecclésiastiques se focalisent donc presque exclusivement sur les infrastructures de la clôture qui revêt une charge spirituelle et symbolique importante. Au regard de ces textes, on s’attend à ce que les complexes conventuels réellement édifiés traduisent concrètement ces recommandations. Pourtant la confrontation entre les usages attendus et les usages réels montre que ces solutions ont trouvé une mise en pratique assez mitigée, que ce soit chez les franciscaines9, les visitandines10, les carmélites11 ou encore les annonciades célestes.

    5Comme d’autres ordres féminins contemporains12, la règle des annonciades célestes ne contient que quelques recommandations qui touchent à la matérialité de la clôture, mais elles s’inscrivent dans le prolongement des écrits de Carlo Borromeo. Comme les Instructiones, les constitutions de l’ordre et le coutumier13 de la « maison-mère » de Gênes traitent en détail de la fenêtre de communion (ou « communicatoire »), de la fenêtre du confessionnal, des grilles du parloir et du tour, cylindre en bois recouvert de fer qui pivote dans le mur et permet de transmettre des objets de part et d’autre de la clôture14. Toutes les fenêtres de communication doivent être dotées de grilles à volets de fer, percés de trous et tendus de toile noire15, « de sorte que l’on se puisse ouyr, & ou voir, ny estre veuë en manière quelconque16 ». Ce dispositif est d’ailleurs fortement recommandé par Carlo Borromeo17 et on le retrouve notamment chez les annonciades de France18 et les visitandines19. En outre, un paragraphe des constitutions veille à éviter aux religieuses d’être vues par leurs voisins : « aucunes terrasses [ne seront] eslevées à descouvert, parce qu’une des principales fins pour lesquelles ce monastere est erigé, a esté pour y recevoir des filles desireuses d’eviter la frequentation de estrangers, autant qu’il sera possible, & mesme la veuë de leurs parents, & autres personnes20 » et la parcelle doit être cernée de hauts murs.

    6Quand il aborde la distribution intérieure du monastère, Carlo Borromeo différencie les pièces et les organise en modules qui seront agencés selon les possibilités du site et la règle de chaque ordre. La pièce qui retient le plus son attention est le chœur des religieuses, pendant de l’église à l’intérieur de la clôture et réservé à l’usage des seules religieuses. Afin de les préserver au maximum du regard des fidèles réunis dans la nef sans trop éloigner les religieuses du tabernacle, il recommande de disposer le chœur des religieuses au revers du maître-autel21.

    7Les monastères réellement édifiés par et pour les annonciades célestes n’ont pas appliqué systématiquement cette recommandation, ce qui peut sans doute s’expliquer par des motifs urbanistiques et/ou financiers. Sur une cinquantaine de cas documentés, quatorze chœurs de religieuses22 sont bâtis dans l’axe de la nef de l’église selon le parti borroméen, à commencer par le monastère de Gênes (fig. 1). Précédée d’un vestibule d’entrée circulaire, l’église (1) n’est pas orientée, sans doute en raison des contraintes du parcellaire et de la forte déclivité du terrain. Elle est prolongée par le chœur des religieuses (2) placé au revers du maître-autel et connecté au confessionnal (3), aisément accessible par les religieuses depuis leur chœur, et par le prêtre depuis le chœur liturgique. Une seconde pièce, désignée par les sources comme l’avant-chœur (4), relie le chœur des religieuses et une cage d’escalier à volées droites qui donne accès à un chœur supérieur, placé à l’étage. Elle s’ouvre sur la nef de l’église par une grille, utilisée sans doute lors des cérémonies de vêture et de professsion des religieuses et lors des prédications. Entre cette grille et le maître-autel, une fenêtre de communion (5) permet aux religieuses de recevoir l’hostie des mains du prêtre23. Un dernier espace, relié à l’église et indépendant des espaces dédiés aux religieuses, pourrait correspondre à la sacristie des prêtres (6) extérieure à la clôture.

    Fig. 1. – Restitution partielle du plan de l’église et ses annexes du monastère de l’Annonciation à Gênes au xviie siècle, croquis de l’autrice, d’après le plan joint à une requête des annonciades célestes datée du 20 septembre 1685 ; et le projet de rue à tracer à travers le monastère en 1867.

    Image

    Archivio Storico del Comune di Genova, Fondo Padri del Commune, no 160-198 ; Archivio Storico del Comune di Genova, Fondo Amministrazione Municipale 1860-1910, no 1027-1.

    8La clôture régit plus largement l’organisation des bâtiments et leurs affectations, comme en témoigne le plan du monastère de Mons (Belgique actuelle) (fig. 2). Les bâtiments ouverts aux personnes extérieures composent le front du complexe : ce sont l’église (a), le logement des sœurs tourières (b), les parloirs (c) et l’infirmerie (d). Après avoir franchi la porte de la clôture24, le degré d’accessibilité se réduit progressivement, au fur et à mesure que l’on pénètre dans la profondeur de la parcelle. Adossé à l’église, le chœur des religieuses (e) est connecté à la galerie du cloître (f) qui distribue l’accès à deux ailes réservées à la communauté et affectées au rez-de-chaussée à la salle capitulaire (g), à l’ouvroir (h), au réfectoire (i) et à la cuisine (j). Les étages sont occupés par des rangées de cellules individuelles.

    Fig. 2. – Plan du monastère des annonciades célestes à la fin du xviiie siècle, croquis de l’autrice d’après le plan des bâtiments daté de 1787.

    Image

    Bruxelles, Archives générales du Royaume, fonds des cartes et plans, no 1907.

    9Dans l’esprit des annonciades célestes, les infrastructures fixes que sont les grilles, les portes aux multiples verrous et les hauts murs ne sont pas indispensables pour assurer la clôture qui, à les entendre, relève davantage d’une disposition de l’esprit. Il leur arrive en effet de s’assurer d’une clôture « portative » lorsqu’elles sont en déplacement, que ce soit grâce au voile qui recouvre leur visage, au carrosse qui les transporte ou encore à une « petit maisonnette en bois au milieu du basteau […] faite expres [pour elles], où [elles étaient] toutes et n’entroit personne que celles de [leur] compagnie devant lesquelles [elles pouvaient] estre dévoilée [et cette] loge du basteau qui estoit [leur] couvent [leur] servoit de clôture » durant leur voyage vers Hildesheim25. La sortie des religieuses hors des murs du monastère ne rompt donc pas la clôture : elles l’emmènent avec elles26.

    Clôture et chantier

    10Malgré leur soin à vivre strictement cloîtrées, les religieuses doivent admettre les entrées et les sorties des corps de métier et des matériaux que requièrent la construction et l’entretien des bâtiments. Les annonciades célestes de Porrentruy (Suisse) s’en désespèrent d’ailleurs : « c’est bien le prejudice de la cloture, puisque c’est toujour a recommancer pour faire les reparations de la maison étant obligé pour ce sujet de faire entrer fort souvens des ouvriez27 ». Aussi ne cachent-elles pas leur satisfaction en 1718 :

    « il n’y est entré personne chez nous que pour des choses necessaire, ce qui a esté pour nous toutes un grand sujet de consolation et au contraire, pour les personnes de la ville une ocations de peinne, car il ce tenois comme asurée que nous ne pourrions pas faire ce dit batiment sans rompre la cloture et que estant rompue, chacun pourroit entré librement dant notre maison. Nous avons reçeu bien de la joye et du contentement de les pouvoir trompée d’une manière cy agreable et avantageuse pour nous28 ».

    11L’entrée des artisans dans l’enceinte monastique nécessite une autorisation épiscopale, cédée par exemple à la communauté de Joinville en 1621 par Côme Clausse de Marchaumont, évêque de Châlons (1574-1624)29. L’évêque ou son vicaire veille également à rappeler aux religieuses de s’assurer que les ouvriers ne peuvent croiser des religieuses par mégarde. Lors de sa visite au monastère en mai 1765, le vicaire général de Besançon recommande « que les ouvriers fussent toujours gardés par deux religieuses30 ». En effet, les constitutions des annonciades célestes sont très claires à ce sujet :

    « Quand il sera besoin de faire entrer quelque homme dans le Monastere, avant que luy ouvrir la porte, il faudra sonner la clochette pour faire se retirer toutes les sœurs en leurs cellules, ou ailleurs […]. Que si la necessité oblige les hommes entrez à y demeurer quelque temps, comme pour travailler au bastiment, ou chose semblable, nulle des autres religieuses [que les tourières] ne parlera à eux, ny s’en approchera sans commandement de la Prieure. S’il arrive qu’il faille travailler en quelque endroit frequenté des Religieuses, il y aura continuellement une des Portieres presente, ou bien quelque autre sœur deputée par la prieure31. »

    12Malgré la vigilance, « si qu’elqu’une des religieuses par mesgarde estoient veuës de quelque ouviers qui travailloie[n]t dans la closture, [la prieure du monastère de Nozeroy, Marie Étiennette Delizet (1583-1674)] l’en reprenoit fort serverement et la privoit de la communion pour sa penitence32 ».

    13Sur les chantiers de construction, une ou plusieurs religieuses assurent la charge d’« intendantes » des bâtiments et veillent au bon déroulement des chantiers de construction33. Pour ce faire, il leur arrive de devoir sortir de la clôture pour aller contrôler les aménagements qui s’effectuent dans la maison où la communauté doit déménager prochainement. Quelques annonciades de Mons, notamment, se rendent plusieurs fois en carrosse sur le chantier « afin de pourvoir que l’on posat selon nos reigles le confessional, communicatoire, grilles & parloy & tour34 ». Chez les visitandines, Pierre Rogier du Crévy, évêque du Mans (1712-1723), autorise même la sœur Anne Victoire Pillon († 1740) à se rendre en 1713 dans d’autres établissements de l’ordre afin d’examiner sur place les réalisations architecturales les plus récentes et de se former en vue de la reconstruction du monastère du Mans incendié35.

    14Les théoriciens de la clôture ont conscience des difficultés de concilier clôture et chantier et expriment un avis circonstancié sur la question36. Selon Jean-Baptiste Thiers, l’entrée des ouvriers dans le couvent est légitime lorsque les travaux sont nécessaires et par conséquent, elle ne brise pas la clôture des religieuses37. En outre, l’âge et l’expérience des ouvriers doivent être confirmés. Sébastien Cherrier précise quant à lui que si l’effondrement d’un mur de clôture ou la construction de nouveaux bâtiments engendre une « ouverture de la Clôture », il n’est toutefois pas permis de franchir la clôture, que ce soit pour en sortir ou pour y entrer. Il préconise aux religieuses de faire fermer les ouvertures de planches ou de faire « quelque retranchement qui les sépare des ouvriers mêmes38 ». Les annonciades célestes de Vienne appliquent ces prescriptions en 1781 : les démolitions sont faites de manière à « autant qu’il sera possible empecher l’entrée aux etrangers dans le couvent, en ayant soin d’elever des murs neufs avant de demolir tous les anciens39 ».

    15Plusieurs communautés d’annonciades célestes, mais aussi de visitandines40 s’attèlent à transporter elles-mêmes les gravas sur leurs chantiers, permettant ainsi de réduire la durée de la présence des ouvriers dans la clôture, mais aussi d’économiser sur leurs salaires. À l’issue de la guerre de Trente Ans (1618-1648) durant laquelle leur monastère est saccagé, les sœurs converses de Nozeroy fabriquent elles-mêmes des couchettes, des bancs et des chaises : « leur zèle pour le bien de la maison les portaient jusques a ne pas souffrir qu’un homme entrat dans le monastere pour y couper du bois de chauffage41 ».

    Les représentations de la clôture

    16Si les annonciades célestes ne cessent d’affirmer leur volonté de respecter la stricte clôture au travers de leurs écrits, plusieurs gravures représentant la fondatrice de l’ordre, Maria Vittoria Fornari42, véhiculent une conception plus nuancée de l’architecture conventuelle et plus particulièrement de la clôture féminine. Produites en différents lieux au cours des xviie et xviiie siècles, ces images reproduisent globalement une mise en scène similaire, représentant la religieuse agenouillée devant un autel, à l’intérieur d’un oratoire ouvert vers l’extérieur.

    17Attribuée à Jacques Callot (1592-1635), célèbre graveur lorrain, la représentation la plus ancienne de cette scène daterait du début de l’année 1618 (fig. 3), c’est-à-dire juste après le décès de la fondatrice génoise43. À l’avant-plan, la religieuse, un chapelet noué à la ceinture, joint les mains et lève le regard vers un crucifix posé sur un autel à gauche. De sa bouche s’échappe une banderole portant l’inscription « Pugnasti pro me D[omi]ne et vicisti ». Au plan intermédiaire, une grande arcade en plein-cintre repose sur deux pilastres à chapiteaux ioniques reliés par une balustrade basse. Dans les écoinçons, deux victoires tenant des palmes rappellent le nom de la fondatrice. Cette ouverture architecturée inscrit le déroulement de la scène à l’intérieur d’un édifice, mais marque également la séparation entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment, sans qu’aucune grille ne verrouille cette frontière de la clôture. L’arcade s’ouvre sur un paysage. À la convergence du point de fuite central, le spectateur découvre l’épisode miraculeux inspiré des récits hagiographiques de Maria Vittoria. Tournant le dos au spectateur, la fondatrice assiste à une apparition de la Vierge dans le ciel, au-dessus des bâtiments du monastère. Marie soulève un drap dévoilant l’Enfant Jésus couché, rappelant par son geste le tableau de la Vierge qui s’adressa à la fondatrice le 16 juin 1605 pour l’encourager à persévérer dans son projet de créer un nouvel ordre religieux44. Contre toute attente, la vision a lieu à l’extérieur du monastère, c’est-à-dire en dehors de la clôture et aucun mur ne fait obstacle au regard qui s’échappe jusqu’à la ligne d’horizon.

    Fig. 3. – Jacques Callot (attribué à), Maria Vittoria Fornari en prière devant le crucifix, gravure, 9,7 × 6,1 cm, [après 1617].

    Image

    © Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, Réserve boîte ECU-ED-25 (18).

    18Signée par Grégoire Huret (1606-1670), une deuxième gravure fait de cet épisode miraculeux le sujet principal (fig. 4). Cette image est insérée en introduction de l’édition française de la Vie de la fondatrice par Ferdinando Melzi45, parue en 1631 peu après l’ouverture d’enquête en vue de la canonisation de Maria Vittoria Fornari. Adoptant la même attitude que la gravure précédente, la fondatrice regarde le tableau figurant la Sainte Famille tout en dialoguant avec la Vierge. Déplacé sur la droite, le point de fuite dirige le regard vers l’arcade qui s’ouvre à nouveau sur un paysage arboré qui s’étend jusqu’à l’horizon.

    Fig. 4. – Grégoire Huret, Maria Vittoria Fornari dialoguant avec le tableau de la Sainte Famille, estampe, 1631.

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    Extrait de Ferdinando Melzi, La vie admirable de la b. mère Marie Victoire, fondatrice des religieuses de l’annonciade de Gennes, Lyon, Claude Larjot, 1631.

    19Ce mode de représentation de la fondatrice est porté à son degré d’expressivité le plus élevé dans une troisième gravure du xviie siècle, sans doute plus tardive que les deux premières (fig. 5). Construite sur une composition dynamique en diagonale, la fondatrice tombe à genoux devant la Vierge, auréolée d’étoiles, qui la regarde et s’élève au-dessus d’un autel dans un tourbillon de nuées et d’angelots. Près de la Vierge, l’angle Gabriel tient dans une main un lys blanc, rappelant l’épisode de l’Annonciation. En retrait, au sommet de la composition, la Trinité émerge des nuages : Jésus posant la main sur un globe crucifère, la colombe du Saint Esprit et Dieu assis, les bras ouverts. Le cadre architectural est majestueux et solennel, contrastant avec les bâtiments hétérogènes du monastère de Gênes réellement édifiés, documentés par des photographies anciennes46.

    Fig. 5. – Anonyme, Maria Vittoria Fornari, la Vierge et la Trinité, gravure rehaussée de couleurs, xviie siècle.

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    Collection privée.

    20L’unique travée visible sur la gauche montre une grande arcade, surmontée d’un entablement et d’une fenêtre haute rectangulaire. L’arcade s’ouvre sur une terrasse extérieure où évoluent quelques annonciades célestes et à l’arrière-plan, offre une vue de la ville et du port de Gênes. À nouveau, l’absence des infrastructures de la clôture qui pourtant font partie intégrante de l’architecture monastique féminine contraste avec la réalité des édifices.

    21Ces images visent sans doute à offrir une vision particulière de cette architecture. Depuis l’intérieur, ces édifices sont perçus comme des espaces sacrés. Nécessaire avant tout pour la société qui les entoure, la clôture affranchit les religieuses des contraintes terrestres et leur offre de vivre pleinement leur spiritualité et leur relation avec le divin.

    22Ce regard porté sur l’architecture monastique diffère sensiblement de celui qui est exprimé au travers de l’iconographie de la fondatrice des carmélites déchaussées, Thérèse d’Avila (1515-1582), et en particulier d’une série de vingt-cinq gravures illustrant sa vita parue en 1613 dans le cadre de son procès de béatification et de canonisation47. Ces images montrent la fondatrice accomplissant différentes actions dans un espace intérieur, rigoureusement fermé : les quelques fenêtres qui percent les murs sont grillagées. Cette architecture étanche vise à garantir que l’action se déroule dans des espaces autorisés par l’Église catholique et que la scène est parfaitement orthodoxe, permettant ainsi de valider la légitimité de la sainte dont les écrits soulèvent encore une certaine méfiance au début du xviie siècle48.

    23Même si l’intention de ces images vise dans les deux cas à promouvoir l’image d’une (future) sainte, le rôle dévolu à l’espace architectural et à la clôture est exploité différemment. S’il enferme Thérèse d’Avila en adéquation avec les directives tridentines, il s’ouvre vers le ciel pour Maria Vittoria Fornari.

    24Les portes, les grilles et les fenêtres barrées de fer sont redondants dans les textes normatifs comme dans les écrits plus intimes des religieuses, révélant de manière constante l’attachement quasi obsessionnel des annonciades célestes pour cette séparation radicale d’avec le monde dont elles font un marqueur identitaire. Cette étroite clôture se traduit concrètement par la mise en place d’une série d’infrastructures spécifiques (portes, grilles, volets) et par une organisation hiérarchisée des espaces pour minimiser et contrôler les allées et venues entre l’extérieur et l’intérieur du « jardin clos ».

    25Alors que ces religieuses s’attachent à défendre leur clôture, l’édification et l’entretien des bâtiments les obligent à faire acheminer des matériaux de construction et à recouvrir à une main-d’œuvre qualifiée, parfois nombreuse : des besoins qui s’accommodent difficilement d’un esprit de retraite, mais que les autorités ecclésiastiques comme les religieuses tentent de concilier au quotidien. La clôture matérielle peut donc se révéler relativement perméable : les personnes comme les objets la franchissent régulièrement, non sans précautions.

    26Malgré la ténacité de ces religieuses à se maintenir cloîtrées, leurs écrits semblent indiquer que la clôture relève davantage d’une disposition intérieure qui les ouvre à un autre monde au lieu de les enfermer. Qu’elles vivent entre les murs de leur couvent ou cheminent sur les routes, la clôture mentale est omniprésente chez les annonciades célestes. Contrastant avec l’apparence carcérale49 du monastère fermé de grilles et de hauts murs, l’imaginaire des religieuses envisage l’architecture monastique comme un écrin qui transcende la vie cloîtrée, que ce soit dans le vocabulaire employé50 ou dans l’iconographie de la fondatrice Vittoria Fornari, modèle exemplaire de toutes les annonciades célestes qui dialogue avec le Divin dans des lieux délibérément ouverts. La clôture devient virtuelle et ouvre alors vers un espace spirituel empreint de liberté.

    Notes de bas de page

    1 Sur l’histoire de l’ordre, signalons l’ouvrage de Paolo Fontana, Memoria e santità. Agiografia e storia nell’ordine delle annunziate celesti tra Genova e l’Europa in antico regime, Rome, Carocci editore, 2008 ; Marie-Élisabeth Henneau et Julie Piront, « Chœur de femmes au cœur de la Savoie. Les annonciades d’Annecy entre clôture stricte et sociabilité urbaine (xviie-xviiie siècle) », Annesci, 51, 2016, p. 20-177 ; et la publication prochaine de ma thèse sur l’architecture des monastères de l’ordre.

    2 Leur costume bleu ciel leur a valu le qualificatif de « céleste » qui les distingue des annonciades dites de France ou rouges, relevant de la règle franciscaine et fondées au début du xvie siècle par Jeanne de Valois. Dominique Dinet, Pierre Moracchini et sœur Marie-Emmanuel Portebos, Jeanne de France et l’Annonciade, actes du colloque international de l’Institut catholique (Paris, mars 2002), Paris, Cerf, 2004.

    3 Ce territoire, désigné par René Taveneaux comme la « Dorsale catholique », a fait l’objet d’un projet international de recherche, financé par l’ANR (2015-2018), sous le nom de « Lodocat » (Chrétientés lotharingiennes – Dorsale catholique, ixe-xviiie siècles). Parmi les nombreuses publications à venir dans le cadre de ce projet, signalons Marie-Élisabeth Henneau, Corinne Marchal et Julie Piront (dir.), Entre ciel et terre : œuvres et résistances de femmes du nord de l’Italie au pays de Liège (xe-xviiie siècles), actes des trois journées d’études et du colloque ANR Lodocat (axe 1), 2 vol., Paris, Classiques Garnier, à paraître.

    4 Giuseppe Albergio (dir.), Le magistère de l’Église. Les Conciles œcuméniques, 2. Les décrets, vol. 2, éd. fr. sous la direction d’A. Duval et al., Paris, Cerf, 1994, p. 1577-1593.

    5 Le texte de Carlo Borromeo a été réédité dans l’ouvrage de Paola Barocchi (dir.), Trattati d’arte del cinquecento fra manierismo e controriforma, 3. C. Borromeo – Ammannati – Bocchi – R. Alberti – Comanini, Bari, Laterza e Figli, 1962, p. 1-113.

    6 Florent Boulenger, Traitez de la closture des religieuses : leur enseignant l’obligation que toutes y ont ; Pourquoy elles en peuvent sortir ; qui y entrer et avoir accez aux Parloirs. Avec un sommaire de tout, pour celles qui la gardent étroictement, très utils à tous ceux qui ont la charge de leur conduite, Paris, D. Moreau, 1629.

    7 Sébastien Cherrier, Histoire et pratique de la clôture des religieuses selon l’esprit de l’Église et la jurisprudence de France, Paris, G. Desprez, 1764.

    8 Joseph Furttenbach l’Ancien, Architectura civilis, das ist Eigentliche Beschreibung wie man nach bester form und gerechter Regul, etc., Ulm, Jonam Saurn, 1628, ill. 36-37.

    9 Pierre Moracchini, « Entre Colettines et Capucines, xve-xviie siècles : chœurs des moniales et styles de vie franciscaine », in Frédéric Meyer et Ludovic Viallet (dir.), Le silence du cloître, l’exemple des saints, xive-xviie siècles, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2011, p. 117-140.

    10 Laurent Lecomte, « La fortune des Instructiones de saint Charles Borromée en France : le programme architectural de la Visitation », in Sabine Frommel et Flaminia Bardati (dir.), La réception des modèles cinquecenteschi dans la théorie des arts français au xviie siècle, Genève, Droz, 2010, p. 237-256.

    11 L. Lecomte, « “L’église intérieure” : le chœur des religieuses en France à l’époque post-tridentine », in S. Frommel et L. Lecomte (dir.), La place du chœur. Architecture et liturgie du Moyen Âge aux Temps Modernes, actes du colloque de l’EPHE (Paris, décembre 2007), Paris, Picard, 2012, p. 201-212, en particulier p. 205.

    12 Si les visitandines et les carmélites déchaussées ont bénéficié d’un plan-type pour édifier leurs monastères, ce n’est pas le cas pour la grande majorité des ordres religieux féminins fondés entre le xve et le xviie siècle, à l’exemple des chanoinesses du Saint-Sépulcre (1480), des annonciades de France (1502), des religieuses de la Congrégation Notre-Dame (1597) ou encore des bénédictines réformées de la Paix Notre-Dame (1604).

    13 Coutumes et exercices qui se pratiquent au monastère de l’Annonciade de Gênes, s. l., s. n., 1640, p. 171-172. Le coutumier de Gênes fut rédigé vraisemblablement en 1625, avant d’être imprimé puis diffusé à la demande des monastères de l’ordre, en particulier ceux implantés au nord des Alpes.

    14 Constitutions des reverendes meres du Monastere de l’Annonciade de Gennes, fondées l’année de nostre salut 1604, Paris, I. Du Val, 1626, p. 39-40 et 73.

    15 Aujourd’hui, seules deux grilles de parloirs conformes aux prescriptions de la règle sont encore conservées dans l’ancien monastère occupé par les annonciades célestes à Joinville (Haute-Marne) entre 1842 et 1970 environ. Datant du xixe siècle, elles comportent une grille en fer, doublée d’une grille en bois et des volets percés de petits trous et tendus de toile noire.

    16 Constitutions, op. cit., p. 55.

    17 P. Barocchi (dir.), Trattati d’arte del cinquecento, op. cit., p. 1-113, en particulier p. 97.

    18 La regle des religieuses de l’ordre de la B. V. Marie, autrement appellé de l’Annonciade, ou des dix vertus de Nostre-Dame. Avec les declarations sur la Regle, les Statuts, & les Ceremonies du mesme Ordre, Paris, Gabriel Martin, 1681, p. 198. – Une comparaison des deux règles des annonciades célestes et des annonciades de France fondées par Jeanne de Valois en matière d’architecture est paru dans Julie Piront, « Les Annonciades à Namur : première comparaison architecturale des « Rouges » et des « Célestes » installées au sein d’une même cité », in Actes du 9e Congrès de l’Association des Cercles francophones d’Histoire et d’Archéologie de Belgique (U. Liège, août 2012), t. 2, vol. 3, Liège, Institut archéologique liégeois, 2017, p. 877-890.

    19 Coustumier et directoire pour les sœurs religieuses de la Visitation Saincte Marie, 2e éd., Paris, Sébastien Hure, 1637, p. 148.

    20 Constitutions, op. cit., p. 44-45.

    21 P. Barocchi (dir.), Trattati d’arte del cinquecento, op. cit., p. 92-112.

    22 On retrouve ce type de chœur dans les monastères de l’ordre implantés au sud des Alpes, à savoir les trois monastères génois, Gries près de Bolzano (Tyrol), Turin, Milan, Rome, Bastia, ainsi qu’à Avignon, en Franche-Comté (Gray, Nozeroy, Pontarlier), Saint-Mihiel (Meuse) et Sens. Voir à ce sujet J. Piront, « Liturgie, cérémonial et architecture des églises des congrégations féminines implantées en ville sur la Dorsale catholique (xve-xviiie siècles) », in Pierre Sesmat et Frédéric Tixier, Liturgie et architecture. Constructions, usages et aménagements des églises (xiiie-xviiie siècles), actes de la journée d’étude de l’ANR Lodocat (axe 3), Paris, Classiques Garnier, à paraître.

    23 Selon l’épaisseur du mur, elle « sera large de deux palmes [± 0,5 m] ou environ par dehors, & ira estressissant vers les religieuses, tant que seulement la main du prestre y puisse entrer pour donner le tres sainct-sacrement. […] cette fenestre aura deux lames en façon de portes, sans aucun pertuis [= trous], & deux serrures avec deux clefs, lesquelles seront conservées par la prieure ». Constitutions, op. cit., p. 78-79.

    24 Une porte de clôture identifiable par ses multiples serrures est toujours conservée dans l’ancien monastère des annonciades célestes de Lyon, montée des carmélites.

    25 Archives nationales, L 1040 (10) : Sœur Marie Jeanne l’Evangéliste, Récit de fondation du monastère d’Hildesheim, 1666, p. 12 et 16.

    26 Marie-Élisabeth Henneau, « Quand les religieuses cloîtrées sillonnent l’Europe : itinéraires transfrontaliers d’annonciades célestes au xviie siècle », in Guyonne Leduc (dir.), Les rôles transfrontaliers joués par les femmes dans la construction de l’Europe, Paris, 2012, p. 177-188 ; Nicole Pellegrin, « La clôture en voyage (fin xvie-début xviiie siècle) », Clio. Histoires, Femmes et Sociétés, 28/2008, p. 77-98, mis en ligne le 15 décembre 2011.

    27 Bibliothèque cantonale du Jura, fonds ancien, ms A2598 : Annales du monastere de l’annonciade celeste fondé à Porrentruy, xviie-xviiie siècles, p. 82.

    28 Ibid., p. 72-73. En 1777, la démolition de la tour du rempart, intégrée à la parcelle du monastère, et le déblaiement des débris se déroulent d’ailleurs sans « aucun désordre, les ouvriés ayant soin de garder [les religieuses], et empecher que personne n’i entre » (Bibliothèque cantonale du Jura, fonds ancien, ms A2598, p. 101).

    29 Langres, dépôt d’art sacré, archives des annonciades célestes (en cours de classement) : Annales du Monastere de Notre Dame de l’Annonciade Celeste de Joinville, mises en ordre l’année 1698, xviie-xviiie siècles, p. 13.

    30 Langres, dépôt d’art sacré : Livre contenant les elections de nostre monastere de l’annonciade de Besançon, avec les visites et ordonnances des superieurs, et autres choses plus remarquables dudit monastere, commancer le 6 mai 1648, xviie-xviiie siècles, non paginé.

    31 Constitutions, op. cit., p. 69-71.

    32 Langres, dépôt d’art sacré : Recueil des vertus de la venerable Mere Marie Estiennette premiere professe de ça les Monts du St Ordre de l’Annonciade celeste, 4e quart du xviie siècle, p. 109.

    33 Voir à ce sujet, J. Piront, « Les religieuses aux Temps Modernes : architectes, gestionnaires de chantier et manouvrières », Livraisons d’histoire de l’architecture, no 35, 2018-1, p. 29-39.

    34 San Cipriano, archives du monastère des annonciades célestes de Gênes, fonds des fondations no 36 : Lettre de la sous-prieure de Mons (24 décembre 1629).

    35 « Connaissans par nous-même le besoin qu’a votre communauté de se bastir au plus tôt […], si vous allez visiter les monastères nouvellement construits dans les maisons de votre institut, nous vous ordonnons de vous transporter dans ceux qui vous seront indiqués par notre chère fille votre supérieure ». Cité par Robert Triger, « L’église de la Visitation au Mans et son principal architecte, Sœur Anne-Victoire Pillon », Revue historique et archéologique du Maine, t. 53, 1903, p. 231-232, d’après une copie manuscrite de l’Abrégé de ce qui s’est passé en ce monastère de la Visitation Sainte-Marie du Mans, depuis 1634 jusqu’en 1722 (manuscrit perdu). Sur les religieuses architectes, voir Julie Piront, « Religieuses et religieux architectes, concepteurs et bâtisseurs des monastères féminins à l’époque moderne », in id. et Adriana Sénard-Kieman (dir.), Bâtir pour Dieu : l’œuvre des religieux et religieuses architectes (xviie-xviiie siècles), coll. « Chrétiens et société. Mémoires et documents », 38, Lyon, LARHRA, 2019, p. 103-131.

    36 Pour une approche plus globale de ces questions, voir J. Piront, « Des femmes face aux hommes de métier : bâtir des monastères féminins sur la dorsale catholique (xviie-xviiie siècle) », in M.-É. Henneau, C. Marchal et J. Piront (dir.), Entre ciel et terre, op. cit., Paris, Classiques Garnier, à paraître.

    37 Jean-Baptiste Thiers, Traité de la clôture des religieuses où l’on fait voir par la tradition et les sentimens de l’Église que les religieuses ne peuvent sortir de leur clôture, ni les personnes étrangères y entrer, sans nécessité, Paris, A. Dezallier, 1681, p. 410.

    38 S. Cherrier, Histoire et pratique de la clôture, op. cit., p. 173-174.

    39 Archives départementales de l’Isère, 13H 9 : Devis des ouvrages […] pour la construction d’un batiment pour les Dames religieuses de l’annonciade celeste (1er mars 1781).

    40 Les visitandines de Gray ont en effet charrié des brouettes de sable et de pierre. Au sujet des différents rôles des visitandines dans l’entreprise architecturale, voir Laurent Lecomte, « De la manœuvre au maître d’œuvre : les dvisitandines sur les chantiers », in Gérard Picaud et Jean Foisselon (dir.), De l’ombre à la lumière : art et histoire à la Visitation 1610-2010, actes du colloque (Moulins, 2010), Paris/Moulins, Somogy/Musée de la Visitation, 2011, p. 247-255.

    41 Langres, dépôt d’art sacré, archives des annonciades célestes (en cours de classement) : Annales des annonciades célestes de Nozeroy, cahier 2, xviie siècle, p. 52 vo.

    42 Pour une analyse plus approfondie de ces représentations, voir Julie Piront, « Images de saintetés, supports d’identité. L’iconographie de Maria Vittoria Fornari, fondatrice des annonciades célestes (17e-19e siècles) », Revue Mabillon, t. 89, 2017, p. 217-250.

    43 Pour plus de détails sur la datation de cette œuvre, voir J. Piront, « Images de saintetés, supports d’identité », art. cité, p. 243-244.

    44 La Vierge s’adresse en ces termes à la religieuse : « Qu’as-tu, Victoire ? Que crains-tu ? Pourquoy t’affliges-tu ? Ce Monastere est mien : je suis celle qui l’ay fait, & j’en veux avoir tout le soin : laisse m’en do[n]c tout le soucy, & ne doute point que tout n’aille bien. » F. Melzi, La vie admirable de la b. mère Marie Victoire, fondatrice des religieuses de l’annonciade de Gennes, Lyon, Claude Larjot, 1631, p. 636.

    45 F. Melzi, La vie admirable de la b. mère Marie Victoire, op. cit., frontispice.

    46 J. Piront, Empreintes architecturales de femmes sur les routes de l’Europe, op. cit., p. 293-294.

    47 Vita S. Virginis Teresiae a Jesu ordinis carmelitarum excalceatorum piae restauratricis, Anvers, Adriaen Collart et Theodor Galle, 1613.

    48 Margit Thøfner, « How to Look Like a (Female) Saint: The Early Iconography of St Teresa of Avila », in Cordelia Van Wyhe (dir.), Female Monasticism in Early Modern Europe: An Interdisciplinary View, Aldershot, Asghate, 2008, p. 59-78, en particulier p. 76.

    49 À ce sujet, voir Marie-Élisabeth Henneau, « Les débats relatifs à la clôture des moniales aux xviie et xviiie siècles. Discours croisés entre deux mondes », in Isabelle Heullant-Donat, Julie Claustre et Élisabeth Lusset (dir.), Le cloître et la prison (vie-xviiie siècle), Paris, Publications de la Sorbonne, 2011, p. 261-274.

    50 Le vocabulaire des annonciades célestes est analysé dans Julie Piront, « Cloître, paradis, étable : l’architecture conventuelle dans les écrits des annonciades célestes aux xviie et xviiie siècles », in Renaud Robert et Gaëlle Herbert de la Portbarré-Viard (dir.), Architectures fictives. Représenter l’architecture : pratiques littéraires et artistiques des époques moderne et contemporaine, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, coll. « Eidôlon 129 », 2021, p. 97-107.

    Auteur

    • Julie Piront
      Julie Piront, collaboratrice scientifique à l’université de Liège au sein de l’unité de recherches Transitions, étudie l’architecture conventuelle féminine à l’époque moderne, en étroite collaboration avec Marie-Élisabeth Henneau (U. Liège). Puisant dans les sources narratives, les textes normatifs, l’iconographie et les vestiges, elle tente d’analyser les représentations comme la production matérielle des ordres religieux féminins implantés au xviie siècle dans les zones de marge du catholicisme. La publication de sa thèse sur l’architecture des monastères des annonciades célestes fondés en Europe avant 1800 est en cours de préparation. Depuis mars 2019, Julie Piront est également présidente de la Société internationale pour l’étude des femmes de l’Ancien Régime.
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    1 Sur l’histoire de l’ordre, signalons l’ouvrage de Paolo Fontana, Memoria e santità. Agiografia e storia nell’ordine delle annunziate celesti tra Genova e l’Europa in antico regime, Rome, Carocci editore, 2008 ; Marie-Élisabeth Henneau et Julie Piront, « Chœur de femmes au cœur de la Savoie. Les annonciades d’Annecy entre clôture stricte et sociabilité urbaine (xviie-xviiie siècle) », Annesci, 51, 2016, p. 20-177 ; et la publication prochaine de ma thèse sur l’architecture des monastères de l’ordre.

    2 Leur costume bleu ciel leur a valu le qualificatif de « céleste » qui les distingue des annonciades dites de France ou rouges, relevant de la règle franciscaine et fondées au début du xvie siècle par Jeanne de Valois. Dominique Dinet, Pierre Moracchini et sœur Marie-Emmanuel Portebos, Jeanne de France et l’Annonciade, actes du colloque international de l’Institut catholique (Paris, mars 2002), Paris, Cerf, 2004.

    3 Ce territoire, désigné par René Taveneaux comme la « Dorsale catholique », a fait l’objet d’un projet international de recherche, financé par l’ANR (2015-2018), sous le nom de « Lodocat » (Chrétientés lotharingiennes – Dorsale catholique, ixe-xviiie siècles). Parmi les nombreuses publications à venir dans le cadre de ce projet, signalons Marie-Élisabeth Henneau, Corinne Marchal et Julie Piront (dir.), Entre ciel et terre : œuvres et résistances de femmes du nord de l’Italie au pays de Liège (xe-xviiie siècles), actes des trois journées d’études et du colloque ANR Lodocat (axe 1), 2 vol., Paris, Classiques Garnier, à paraître.

    4 Giuseppe Albergio (dir.), Le magistère de l’Église. Les Conciles œcuméniques, 2. Les décrets, vol. 2, éd. fr. sous la direction d’A. Duval et al., Paris, Cerf, 1994, p. 1577-1593.

    5 Le texte de Carlo Borromeo a été réédité dans l’ouvrage de Paola Barocchi (dir.), Trattati d’arte del cinquecento fra manierismo e controriforma, 3. C. Borromeo – Ammannati – Bocchi – R. Alberti – Comanini, Bari, Laterza e Figli, 1962, p. 1-113.

    6 Florent Boulenger, Traitez de la closture des religieuses : leur enseignant l’obligation que toutes y ont ; Pourquoy elles en peuvent sortir ; qui y entrer et avoir accez aux Parloirs. Avec un sommaire de tout, pour celles qui la gardent étroictement, très utils à tous ceux qui ont la charge de leur conduite, Paris, D. Moreau, 1629.

    7 Sébastien Cherrier, Histoire et pratique de la clôture des religieuses selon l’esprit de l’Église et la jurisprudence de France, Paris, G. Desprez, 1764.

    8 Joseph Furttenbach l’Ancien, Architectura civilis, das ist Eigentliche Beschreibung wie man nach bester form und gerechter Regul, etc., Ulm, Jonam Saurn, 1628, ill. 36-37.

    9 Pierre Moracchini, « Entre Colettines et Capucines, xve-xviie siècles : chœurs des moniales et styles de vie franciscaine », in Frédéric Meyer et Ludovic Viallet (dir.), Le silence du cloître, l’exemple des saints, xive-xviie siècles, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2011, p. 117-140.

    10 Laurent Lecomte, « La fortune des Instructiones de saint Charles Borromée en France : le programme architectural de la Visitation », in Sabine Frommel et Flaminia Bardati (dir.), La réception des modèles cinquecenteschi dans la théorie des arts français au xviie siècle, Genève, Droz, 2010, p. 237-256.

    11 L. Lecomte, « “L’église intérieure” : le chœur des religieuses en France à l’époque post-tridentine », in S. Frommel et L. Lecomte (dir.), La place du chœur. Architecture et liturgie du Moyen Âge aux Temps Modernes, actes du colloque de l’EPHE (Paris, décembre 2007), Paris, Picard, 2012, p. 201-212, en particulier p. 205.

    12 Si les visitandines et les carmélites déchaussées ont bénéficié d’un plan-type pour édifier leurs monastères, ce n’est pas le cas pour la grande majorité des ordres religieux féminins fondés entre le xve et le xviie siècle, à l’exemple des chanoinesses du Saint-Sépulcre (1480), des annonciades de France (1502), des religieuses de la Congrégation Notre-Dame (1597) ou encore des bénédictines réformées de la Paix Notre-Dame (1604).

    13 Coutumes et exercices qui se pratiquent au monastère de l’Annonciade de Gênes, s. l., s. n., 1640, p. 171-172. Le coutumier de Gênes fut rédigé vraisemblablement en 1625, avant d’être imprimé puis diffusé à la demande des monastères de l’ordre, en particulier ceux implantés au nord des Alpes.

    14 Constitutions des reverendes meres du Monastere de l’Annonciade de Gennes, fondées l’année de nostre salut 1604, Paris, I. Du Val, 1626, p. 39-40 et 73.

    15 Aujourd’hui, seules deux grilles de parloirs conformes aux prescriptions de la règle sont encore conservées dans l’ancien monastère occupé par les annonciades célestes à Joinville (Haute-Marne) entre 1842 et 1970 environ. Datant du xixe siècle, elles comportent une grille en fer, doublée d’une grille en bois et des volets percés de petits trous et tendus de toile noire.

    16 Constitutions, op. cit., p. 55.

    17 P. Barocchi (dir.), Trattati d’arte del cinquecento, op. cit., p. 1-113, en particulier p. 97.

    18 La regle des religieuses de l’ordre de la B. V. Marie, autrement appellé de l’Annonciade, ou des dix vertus de Nostre-Dame. Avec les declarations sur la Regle, les Statuts, & les Ceremonies du mesme Ordre, Paris, Gabriel Martin, 1681, p. 198. – Une comparaison des deux règles des annonciades célestes et des annonciades de France fondées par Jeanne de Valois en matière d’architecture est paru dans Julie Piront, « Les Annonciades à Namur : première comparaison architecturale des « Rouges » et des « Célestes » installées au sein d’une même cité », in Actes du 9e Congrès de l’Association des Cercles francophones d’Histoire et d’Archéologie de Belgique (U. Liège, août 2012), t. 2, vol. 3, Liège, Institut archéologique liégeois, 2017, p. 877-890.

    19 Coustumier et directoire pour les sœurs religieuses de la Visitation Saincte Marie, 2e éd., Paris, Sébastien Hure, 1637, p. 148.

    20 Constitutions, op. cit., p. 44-45.

    21 P. Barocchi (dir.), Trattati d’arte del cinquecento, op. cit., p. 92-112.

    22 On retrouve ce type de chœur dans les monastères de l’ordre implantés au sud des Alpes, à savoir les trois monastères génois, Gries près de Bolzano (Tyrol), Turin, Milan, Rome, Bastia, ainsi qu’à Avignon, en Franche-Comté (Gray, Nozeroy, Pontarlier), Saint-Mihiel (Meuse) et Sens. Voir à ce sujet J. Piront, « Liturgie, cérémonial et architecture des églises des congrégations féminines implantées en ville sur la Dorsale catholique (xve-xviiie siècles) », in Pierre Sesmat et Frédéric Tixier, Liturgie et architecture. Constructions, usages et aménagements des églises (xiiie-xviiie siècles), actes de la journée d’étude de l’ANR Lodocat (axe 3), Paris, Classiques Garnier, à paraître.

    23 Selon l’épaisseur du mur, elle « sera large de deux palmes [± 0,5 m] ou environ par dehors, & ira estressissant vers les religieuses, tant que seulement la main du prestre y puisse entrer pour donner le tres sainct-sacrement. […] cette fenestre aura deux lames en façon de portes, sans aucun pertuis [= trous], & deux serrures avec deux clefs, lesquelles seront conservées par la prieure ». Constitutions, op. cit., p. 78-79.

    24 Une porte de clôture identifiable par ses multiples serrures est toujours conservée dans l’ancien monastère des annonciades célestes de Lyon, montée des carmélites.

    25 Archives nationales, L 1040 (10) : Sœur Marie Jeanne l’Evangéliste, Récit de fondation du monastère d’Hildesheim, 1666, p. 12 et 16.

    26 Marie-Élisabeth Henneau, « Quand les religieuses cloîtrées sillonnent l’Europe : itinéraires transfrontaliers d’annonciades célestes au xviie siècle », in Guyonne Leduc (dir.), Les rôles transfrontaliers joués par les femmes dans la construction de l’Europe, Paris, 2012, p. 177-188 ; Nicole Pellegrin, « La clôture en voyage (fin xvie-début xviiie siècle) », Clio. Histoires, Femmes et Sociétés, 28/2008, p. 77-98, mis en ligne le 15 décembre 2011.

    27 Bibliothèque cantonale du Jura, fonds ancien, ms A2598 : Annales du monastere de l’annonciade celeste fondé à Porrentruy, xviie-xviiie siècles, p. 82.

    28 Ibid., p. 72-73. En 1777, la démolition de la tour du rempart, intégrée à la parcelle du monastère, et le déblaiement des débris se déroulent d’ailleurs sans « aucun désordre, les ouvriés ayant soin de garder [les religieuses], et empecher que personne n’i entre » (Bibliothèque cantonale du Jura, fonds ancien, ms A2598, p. 101).

    29 Langres, dépôt d’art sacré, archives des annonciades célestes (en cours de classement) : Annales du Monastere de Notre Dame de l’Annonciade Celeste de Joinville, mises en ordre l’année 1698, xviie-xviiie siècles, p. 13.

    30 Langres, dépôt d’art sacré : Livre contenant les elections de nostre monastere de l’annonciade de Besançon, avec les visites et ordonnances des superieurs, et autres choses plus remarquables dudit monastere, commancer le 6 mai 1648, xviie-xviiie siècles, non paginé.

    31 Constitutions, op. cit., p. 69-71.

    32 Langres, dépôt d’art sacré : Recueil des vertus de la venerable Mere Marie Estiennette premiere professe de ça les Monts du St Ordre de l’Annonciade celeste, 4e quart du xviie siècle, p. 109.

    33 Voir à ce sujet, J. Piront, « Les religieuses aux Temps Modernes : architectes, gestionnaires de chantier et manouvrières », Livraisons d’histoire de l’architecture, no 35, 2018-1, p. 29-39.

    34 San Cipriano, archives du monastère des annonciades célestes de Gênes, fonds des fondations no 36 : Lettre de la sous-prieure de Mons (24 décembre 1629).

    35 « Connaissans par nous-même le besoin qu’a votre communauté de se bastir au plus tôt […], si vous allez visiter les monastères nouvellement construits dans les maisons de votre institut, nous vous ordonnons de vous transporter dans ceux qui vous seront indiqués par notre chère fille votre supérieure ». Cité par Robert Triger, « L’église de la Visitation au Mans et son principal architecte, Sœur Anne-Victoire Pillon », Revue historique et archéologique du Maine, t. 53, 1903, p. 231-232, d’après une copie manuscrite de l’Abrégé de ce qui s’est passé en ce monastère de la Visitation Sainte-Marie du Mans, depuis 1634 jusqu’en 1722 (manuscrit perdu). Sur les religieuses architectes, voir Julie Piront, « Religieuses et religieux architectes, concepteurs et bâtisseurs des monastères féminins à l’époque moderne », in id. et Adriana Sénard-Kieman (dir.), Bâtir pour Dieu : l’œuvre des religieux et religieuses architectes (xviie-xviiie siècles), coll. « Chrétiens et société. Mémoires et documents », 38, Lyon, LARHRA, 2019, p. 103-131.

    36 Pour une approche plus globale de ces questions, voir J. Piront, « Des femmes face aux hommes de métier : bâtir des monastères féminins sur la dorsale catholique (xviie-xviiie siècle) », in M.-É. Henneau, C. Marchal et J. Piront (dir.), Entre ciel et terre, op. cit., Paris, Classiques Garnier, à paraître.

    37 Jean-Baptiste Thiers, Traité de la clôture des religieuses où l’on fait voir par la tradition et les sentimens de l’Église que les religieuses ne peuvent sortir de leur clôture, ni les personnes étrangères y entrer, sans nécessité, Paris, A. Dezallier, 1681, p. 410.

    38 S. Cherrier, Histoire et pratique de la clôture, op. cit., p. 173-174.

    39 Archives départementales de l’Isère, 13H 9 : Devis des ouvrages […] pour la construction d’un batiment pour les Dames religieuses de l’annonciade celeste (1er mars 1781).

    40 Les visitandines de Gray ont en effet charrié des brouettes de sable et de pierre. Au sujet des différents rôles des visitandines dans l’entreprise architecturale, voir Laurent Lecomte, « De la manœuvre au maître d’œuvre : les dvisitandines sur les chantiers », in Gérard Picaud et Jean Foisselon (dir.), De l’ombre à la lumière : art et histoire à la Visitation 1610-2010, actes du colloque (Moulins, 2010), Paris/Moulins, Somogy/Musée de la Visitation, 2011, p. 247-255.

    41 Langres, dépôt d’art sacré, archives des annonciades célestes (en cours de classement) : Annales des annonciades célestes de Nozeroy, cahier 2, xviie siècle, p. 52 vo.

    42 Pour une analyse plus approfondie de ces représentations, voir Julie Piront, « Images de saintetés, supports d’identité. L’iconographie de Maria Vittoria Fornari, fondatrice des annonciades célestes (17e-19e siècles) », Revue Mabillon, t. 89, 2017, p. 217-250.

    43 Pour plus de détails sur la datation de cette œuvre, voir J. Piront, « Images de saintetés, supports d’identité », art. cité, p. 243-244.

    44 La Vierge s’adresse en ces termes à la religieuse : « Qu’as-tu, Victoire ? Que crains-tu ? Pourquoy t’affliges-tu ? Ce Monastere est mien : je suis celle qui l’ay fait, & j’en veux avoir tout le soin : laisse m’en do[n]c tout le soucy, & ne doute point que tout n’aille bien. » F. Melzi, La vie admirable de la b. mère Marie Victoire, fondatrice des religieuses de l’annonciade de Gennes, Lyon, Claude Larjot, 1631, p. 636.

    45 F. Melzi, La vie admirable de la b. mère Marie Victoire, op. cit., frontispice.

    46 J. Piront, Empreintes architecturales de femmes sur les routes de l’Europe, op. cit., p. 293-294.

    47 Vita S. Virginis Teresiae a Jesu ordinis carmelitarum excalceatorum piae restauratricis, Anvers, Adriaen Collart et Theodor Galle, 1613.

    48 Margit Thøfner, « How to Look Like a (Female) Saint: The Early Iconography of St Teresa of Avila », in Cordelia Van Wyhe (dir.), Female Monasticism in Early Modern Europe: An Interdisciplinary View, Aldershot, Asghate, 2008, p. 59-78, en particulier p. 76.

    49 À ce sujet, voir Marie-Élisabeth Henneau, « Les débats relatifs à la clôture des moniales aux xviie et xviiie siècles. Discours croisés entre deux mondes », in Isabelle Heullant-Donat, Julie Claustre et Élisabeth Lusset (dir.), Le cloître et la prison (vie-xviiie siècle), Paris, Publications de la Sorbonne, 2011, p. 261-274.

    50 Le vocabulaire des annonciades célestes est analysé dans Julie Piront, « Cloître, paradis, étable : l’architecture conventuelle dans les écrits des annonciades célestes aux xviie et xviiie siècles », in Renaud Robert et Gaëlle Herbert de la Portbarré-Viard (dir.), Architectures fictives. Représenter l’architecture : pratiques littéraires et artistiques des époques moderne et contemporaine, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, coll. « Eidôlon 129 », 2021, p. 97-107.

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    • Anrich, Inès. Jusseaume, Anne. (2024) Introduction. Archives de sciences sociales des religions, 207. DOI: 10.4000/12sip

    Ce chapitre est cité par

    • Roullet, Antoine. (2024) La “porosidad” del convento femenino: historiografía, representaciones y usos. e-Spania, 48. DOI: 10.4000/120n4

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    Piront, J. (2022). Des espaces clos ?. In A. Burkardt & A. Roger (éds.), L’exception et la Règle. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.161177
    Piront, Julie. « Des espaces clos ? ». In L’exception et la Règle, édité par Albrecht Burkardt et Alexandra Roger. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2022. doi:10.4000/books.pur.161177.
    Piront, Julie. « Des espaces clos ? ». L’exception et la Règle, édité par Albrecht Burkardt et Alexandra Roger, Presses universitaires de Rennes, 2022, https://doi.org/10.4000/books.pur.161177.

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    Burkardt, A., & Roger, A. (éds.). (2022). L’exception et la Règle. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.161027
    Burkardt, Albrecht, et Alexandra Roger, éd. L’exception et la Règle. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2022. doi:10.4000/books.pur.161027.
    Burkardt, Albrecht, et Alexandra Roger, éditeurs. L’exception et la Règle. Presses universitaires de Rennes, 2022, https://doi.org/10.4000/books.pur.161027.
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