• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16517 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16517 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires de Rennes
  • ›
  • Histoire
  • ›
  • Renan en Orient
  • ›
  • Troisième partie. Élargissements
  • ›
  • Ernest Renan acteur et symbole de la lut...
  • Presses universitaires de Rennes
  • Presses universitaires de Rennes
    Presses universitaires de Rennes
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Un procès pour meurtre rituel L’appel du rabbin Léopold Lipschitz et la réaction de Renan Renan comme symbole de l’antisémitisme en France et à l’étranger Les réactions des antisémites Notes de bas de page Auteur

    Renan en Orient

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Ernest Renan acteur et symbole de la lutte contre l’antisémitisme

    Maurice Gasnier

    p. 199-212

    Texte intégral Un procès pour meurtre rituel L’appel du rabbin Léopold Lipschitz et la réaction de Renan Renan comme symbole de l’antisémitisme en France et à l’étranger Les réactions des antisémites Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1La question de l’antisémitisme joue un rôle important dans la critique renanienne. Nombreux sont ceux qui ont classé Renan dans le camp des antisémites (on pense à Léon Poliakov ou à Édouard Saïd), non moins nombreux ceux qui le situent dans le camp opposé (Laudyce Rétat, Perrine Simon-Nahum ou Shlomo Sand). Notre propos n’est pas de faire un état présent de la question, qui existe déjà ; nous voudrions simplement apporter une contribution à l’étude de ce problème, en montrant que Renan, dans la dernière partie de sa vie, a su quels drames vivait la population juive d’Europe centrale et de Russie, et a usé de son influence pour y remédier.

    2Nous nous intéresserons particulièrement à l’affaire de Tisza-Eszlar, qui a bouleversé l’opinion hongroise, en 1882. Quelle a été cette affaire, comment Renan y a-t-il réagi, quelles conséquences a-t-elle entraînées ? C’est l’étude de la construction d’un Renan acteur et symbole de la lutte contre l’antisémitisme, vilipendé par les antisémites de son temps, qui retiendra notre attention.

    Un procès pour meurtre rituel1

    3L’affaire de Tisza-Eszlar, qui éclate en Hongrie le 23 mai 1882 est l’équivalent de l’affaire Dreyfus en France. À l’époque, les journaux du monde entier s’y sont intéressés, et la ligne télégraphique Budapest-Tokyo a été inaugurée à cette occasion. Elle a de multiples causes. D’abord la situation économique de la Hongrie : lorsque vers 1880 le blé américain envahit le marché européen, la plupart des hobereaux hongrois sont ruinés ; leurs terres seront rachetées en partie par des Juifs, dont certains avaient « contribué à la mise en place des structures industrielles modernes2 ». Les antisémites identifieront tous les représentants de ce qu’ils appellent « la race juive » aux rares juifs privilégiés qui ont pu devenir par exemple propriétaires terriens3, et essaieront de dresser contre les Juifs ceux que l’industrialisation avait lésés, « c’est-à-dire, outre les petits et moyens propriétaires de l’ancienne aristocratie régnante, le patronat des petites entreprises et les petits commerçants4 ». À cette situation économique s’ajoute la question de l’émancipation des juifs5, et « l’importation d’idéologies reçues principalement par la médiation de l’Allemagne et de l’Autriche, mais aussi celle du Vatican6 et de la France7 ».

    4Rappelons brièvement les faits. Tisza-Eszlar est un village situé au bord de la rivière Tisza, au nord de la Hongrie. 2 700 habitants, y vivent, « pour la plupart calvinistes très pauvres. Vingt-cinq familles juives, toutes misérables, y vivent également, réparties parmi les chrétiens8 ». Au centre de la localité se trouve une synagogue, entretenue par le bedeau, nommé Scharf. Le 1er avril 1882, alors que les juifs célèbrent le grand Sabbat, le dernier avant la Pâque (les chrétiens, par le hasard des calendriers liturgiques se trouvent à la veille du dimanche des Rameaux), une paysanne envoie sa servante acheter de la couleur chez un marchand dont la boutique se situe à l’autre bout du village, à une demi-heure de marche. À son retour celle-ci est aperçue près de la synagogue. Puis sa trace se perd. La disparition d’Eszter Solymosi suscite l’inquiétude de sa maîtresse et de sa mère. Très rapidement, les Juifs sont désignés comme les coupables de cette disparition.

    5Le fils du bedeau, un enfant de 4 ans, Samuel Scharf, déclare avoir vu Salomon Schwartz, le nouveau chantre, qui est aussi l’abatteur rituel, tuer la petite fille. Un procès-verbal est établi. Le 16 une enquête est ouverte « pour rapt et meurtre d’enfant9 ». Le 19 un juge d’instruction est nommé. Sans entrer dans les détails de cette enquête, notons que le frère du témoin de 4 ans, Moric Scharf, âgé de 14 ans, dira, sous la contrainte, dans sa déposition, que Salomon Schwartz est bien le meurtrier d’Eszter. Il l’a égorgée afin d’utiliser son sang pour la confection du pain azyme. Il confirmera sa déposition devant le président du tribunal. « La qualification du “crime” allait donc bien être celle de “meurtre commis à des fins rituelles”10. » L’affaire commence.

    6Le 23 mai 1882, au parlement, Géza Ónody, hobereau ruiné, membre du parti de l’indépendance, déclare au Parlement que la fillette a été assassinée afin de recueillir son sang pour la fabrication du pain azyme. Il fait au Parlement hongrois la déclaration suivante :

    « Honorable Assemblée, il semble que, d’après le Talmud, les Juifs aient besoin, pour certaines de leurs fêtes, du sang d’innocents chrétiens. Le 1er avril dernier, à midi, une fillette du village de Tiszaeszlár s’en est allée acheter de la couleur. Des témoins l’ont vue passer devant la synagogue. Puis elle a disparu. C’est un abatteur qui l’a attirée dans la synagogue et assassinée afin de recueillir son sang pour la fabrication des pains azymes11… »

    7Le 24 mai, c’est le baron Istóczy, membre de la majorité libérale, et père spirituel des antisémites hongrois, qui dit :

    « Honorable Assemblée, il se pourrait que l’assassinat de la petite Solymosi Eszter, tuée par l’abatteur Schwartz Salomon, soit une affaire tout à fait ordinaire. Je n’affirmerai donc pas a priori qu’il s’agit d’un meurtre commis par fanatisme religieux. Cependant, considérant que le meurtre est le fait d’un homme employé par la communauté juive à l’abattage rituel des animaux, qu’il a commis son crime juste à la veille de Pâque et encore dans la synagogue… Je ne puis écarter l’idée d’un crime mystérieux, d’un sacrifice humain dont la mise au jour influencera pour des siècles la destinée du judaïsme entier12… »

    8On a là les éléments d’un antisémitisme politique.

    L’appel du rabbin Léopold Lipschitz et la réaction de Renan

    9Comprenant l’importance et les conséquences de l’accusation portée contre les Juifs, une assemblée de rabbins se réunit le 5 juillet 1882, à Budapest, sous la présidence de Léopold Lipschitz (1837-1904), rabbin d’Abauj-Szanto, une des plus anciennes communautés juives de Hongrie. Deux décisions sont alors prises : la première est de proposer une somme d’argent importante, 5 000 kreutzners, à toute personne susceptible de donner des renseignements sur la disparition d’Eszter. La seconde de demander à tous les savants non juifs de dénoncer cette accusation de crime rituel13.

    10Les réponses à l’appel lancé par Léopold Lipschitz paraissent dans une brochure en langue allemande Christliche Zeugnisse gegen die Blutbeschuldigung der Juden, Berlin, Walther & Apolant, 1882. Y sont réunies des interventions diverses : des témoignages14 de facultés de théologie, (d’Amsterdam, de Copenhague, de Leid, d’Utrecht), d’évêques (de Fulda, de Bonn), de professeurs d’université allemandes, et de Strasbourg, alors sous domination allemande. Renan va lui aussi répondre à l’appel lancé par l’Assemblée des rabbins. Il avait tissé des liens avec la Hongrie depuis longtemps. La Vie de Jésus est traduite dès 1864 par Zs. Haraszti (Budapest, Heckenast, 1864, 1870) ; les autres volumes de l’Histoire des origines du christianisme le seront aussi15. Et de nombreux ouvrages critiques sont consacrés à son œuvre. Il connaît aussi des personnalités hongroises : J. Édouard Horn (1825-1875), économiste, journaliste et rabbin ; maîtrisant plusieurs langues, dont le français, celui-ci est admis, grâce à Michel Chevalier, à la rédaction du Journal des Débats, que fréquente assidûment Renan, qui entretient une correspondance avec l’orientaliste hongrois Ignaz Goldziher (1850-1921) comme en attestent deux lettres16, l’une du 14 septembre 1876 sur la mythologie, et l’autre du 20 mai 1884, où il répond à une demande d’entretien de Goldziher et lui trace un petit plan indiquant l’itinéraire à prendre pour aller du Collège de France au Journal des Débats. Ces relations témoignent bien d’un réseau savant de sociabilité hongrois.

    11La lettre que Renan adresse à Léopold Lipschitz paraît dans le quotidien austro-hongrois Neue Freie Presse17, principal quotidien d’Autriche-Hongrie dont l’influence est considérable, et qui est lu par la bourgeoisie libérale. Ce journal a des correspondants à Paris : Raphaël Basch18, écrivain et homme politique, représente le Neue Freie Presse à Paris à partir de 1875 ; Max Nordau (1849-1923), littérateur et philosophe autrichien, s’installe définitivement en France en 1880 comme médecin et participe au premier Congrès sioniste où il est élu vice-président de l’Organisation sioniste en 1897 ; Theodore Herzl19, devient correspondant en 1891 (donc après l’affaire) du Neue Freie Presse ; c’est le président du premier Congrès sioniste en 1897.

    12La lettre de Renan, lettre ouverte, paraît dans ce quotidien (no 6585) le 24 décembre 1882, page 5, 3e colonne, dans la rubrique Petite chronique, en allemand. « [Une lettre d’Ernest Renan.] Le célèbre savant français, l’auteur de “La Vie de Jésus”, a adressé à Monsieur Léopold Lipschitz, rabbin d’Abauj-Szanto (Hongrie), la lettre suivante. » Le texte, signé Ernest Renan est daté Paris, 16 novembre 1882. Nous reproduisons ici la version française parue dans La Revue des études juives, tome VI, 188220.

    « Entre toutes les calomnies qui ont servi d’aliment à la haine et au fanatisme, celle qui attribue aux Juifs des meurtres destinés à fournir la matière de festins sanglants est assurément la plus absurde. Un des traits caractéristiques de la religion israélite est l’interdiction de faire servir le sang à la nourriture de l’homme. Cette précaution, excellente à une certaine époque, pour inspirer le respect de la vie, a été conservée par le judaïsme avec un scrupule extrême, même à des époques et dans des états de civilisation où elle n’est plus qu’une gêne. Et l’on veut que l’israélite zélé, qui mourrait de faim et souffrirait le martyre plutôt que de manger un morceau de viande qui n’a pas été saigné à blanc, se repaisse de sang dans un festin religieux ! Cela est monstrueux d’ineptie. Je suis persuadé que pas un seul des récits que l’on fait sur de prétendues pâques sanglantes n’a de fondement réel. Non-seulement, si un pareil crime s’était produit, il faudrait dire que le misérable qui s’en serait rendu coupable aurait manqué à toutes les prescriptions du judaïsme, mais je vais plus loin : je crois que le crime en question n’a pas été commis une seule fois. L’imagination humaine n’est pas très-variée en fait de calomnies. La fable de repas mystérieux, arrosés de sang humain, a été la machine de guerre inventée dans tous les temps contre ceux qu’un préjugé aveugle a voulu perdre. Cette calomnie fut la cause de déplorables persécutions contre le christianisme. Assurément l’agape chrétienne ne fut jamais souillée par une telle abomination. La pâque juive en est tout aussi innocente. Il serait digne du christianisme d’empêcher qu’on n’exploite contre d’autres le mensonge odieux dont il a lui-même si injustement souffert21. »

    Renan comme symbole de l’antisémitisme en France et à l’étranger

    13Immédiatement, la lettre est reprise en France, et citée partiellement par deux journaux français au moins, Le Gaulois du 26 décembre, et Le Temps, du 27 décembre, qui cite la lettre de Renan d’après un article du Standard. Le Figaro, La Presse, Le Siècle, Le Petit Journal, L’Univers, le Journal des débats, ne parlent ni de la lettre de Renan ni de l’affaire en 1882. La Croix parle du crime de Tisza-Eszlar (avec force gravures à l’appui sur les crimes rituels22), considère que l’accusation n’est pas nécessairement absurde, et souligne le lien étroit qui unit juifs et francs-maçons23. Tous ces journaux évoquent longuement le procès en 1883, sans parler de la lettre de Renan, et en prenant fait et cause pour les accusés, sauf La Croix : « Vouloir soustraire quelques juifs fanatiques talmudistes au glaive de la loi et empêcher la justice de connaître les pratiques superstitieuses d’une classe de juifs, encore assez nombreuse, serait téméraire et immoral. Les juifs n’y gagneraient rien24. »

    14Outre la presse quotidienne, la presse périodique reproduit aussi la lettre de Renan. Ainsi la Revue des études juives, tome VI, datée de 188225 la publie-t-elle sous le titre : « Déclaration de M. Renan » avec ces lignes d’introduction :

    « Il est bien difficile de déraciner un préjugé. On ne saurait assez répéter que l’accusation du sang portée contre les Juifs n’a absolument aucun fondement et n’est qu’un absurde ou odieux préjugé. M. Ernest Renan l’a dit récemment et mieux que personne ne l’avait encore dit avant lui. Voici comment il s’exprime sur ce sujet26 : [suit la lettre que nous avons citée. La Revue poursuit] : Cette lettre a déjà été publiée en traduction allemande dans la brochure intitulée Blutbeschuldigung gegen die Juden von christlicher Seite beurtheilt27 (Accusation du sang jugée par les chrétiens), Wien, imp. Steyermühl28, 1883. »

    15La lettre de Renan y figure en effet en appendice, page 62, et la brochure contient des textes de nombreuses personnalités, de Tertullien à nos jours.

    16En 1883 toujours, Josef Samuel Bloch29, rabbin et député autrichien, (il s’opposera victorieusement durant le procès de Tisza-Eszlar au professeur Auguste Rohling30, antisémite, qui se prononçait en faveur du crime rituel), fonde un périodique, Oesterreischische Wochenschrift. Cette revue publie une série de documents, intitulés Documente zur Aufklärung (allusion aux Lumières et au plus illustre représentant juif de ce mouvement, Moïse Mendelssohn) ; le numéro 2, intitulé Die Blutbeschuldigung gegen die Juden. Stimmen christlicher Theologen, Orientalisten und Historiker. Die Bullen der Päpste. Simon von Trient31 contient la lettre de Renan32.

    17Ces diverses publications, qui répondent aux publications périodiques des antisémites, et en particulier à celle d’Istoczy qui avait fondé en octobre 1880 un mensuel intitulé 12 Tracts33 participent à l’élaboration d’un Renan acteur de la lutte contre l’antisémitisme. Ces brochures où Renan est le seul intellectuel français cité comme autorité incontestable, sont comme une réponse, avant l’heure, au souhait de Salomon Reinach qui, dans la Revue des études juives de 1892, rendant compte du livre de Hermann L. Strack, La Superstition du sang dans l’humanité et les rites sanguinaires34, écrivait :

    « On voudrait pouvoir remettre sur l’heure au “sceptique” un livre décisif, facile à lire, signé du nom d’un savant ayant fait ses preuves, où l’accusation fût réduite à néant et l’infamie des accusateurs dévoilés. Mais où est ce livre ? Il existe, à la vérité, beaucoup d’ouvrages estimables sur la matière ; ainsi, pour n’en citer qu’un des plus récents, publié à la fois en grec et en italien, nous signalerons le volume très bien documenté de M. J. Zaviziano, Un raggio di luce35, qui a paru en 1891 à Corfou. Mais il n’y a là qu’un bon magasin de matériaux et le sujet n’est pas éclairé sous toutes ses faces36. »

    18Dans son article, il suggère le plan que devrait comporter un livre sur le crime rituel ; l’un des chapitres, dit-il, devrait être consacré aux témoignages des savants chrétiens les plus illustres, comme Renan. Et il rajoute : « Un jour que je parlais à Renan du meurtre rituel, il me dit : “Notez combien la malignité humaine est peu inventive : elle tourne éternellement dans le même cercle d’accusations, sacrifices humains, anthropophagie, attentat aux mœurs.” Rien n’est plus exact37. » Enfin il cite un extrait de la lettre de Renan (non d’après la Revue des études juives de 1882, mais d’après le Bulletin de l’Alliance, 1883, I, p. 31).

    Les réactions des antisémites

    19Le fait que Renan ait écrit une lettre au rabbin Lipschitz, publiée dans le plus grand journal d’Autriche-Hongrie, surnommé par La Croix du 1er janvier 1883 le « Moniteur de la juiverie38 », et dans de nombreux périodiques, ne pouvait que susciter les réactions des antisémites français, qui feront de Renan la cible de leurs attaques. Nous citerons Édouard Drumont, Henri Desportes, et Jules Soury.

    20Dans La France juive, Drumont considère que Renan a été antisémite, à l’époque de l’Histoire générale et système comparé des langues sémitiques, puis qu’il est devenu philosémite : « Rien n’est curieux à étudier comme la façon dont cet homme, si bien doué au point de vue artistique, si bas au point de vue de caractère, se met à plat ventre devant ces triomphants39. » Il lui reproche, dans sa conférence faite au cercle Saint-Simon le 27 janvier 1883 « Le Judaïsme comme Race et comme Religion », d’avoir affirmé « contre toute évidence que le Judaïsme est non une race, mais simplement une religion40 » et poursuit (en évoquant cette fois la conférence faite par Renan à la Société des études juives, le 26 mai 1883 « Identité originelle et Séparation graduelle du Judaïsme et du Christianisme ») :

    « La conclusion du discours du savant conférencier, disent les Archives israélites du 31 mai 1883, c’est que l’avenir appartient au Judaïsme. C’est à cette religion épurée et débarrassée de ses scories, que l’humanité se ralliera, car elle seule assurera le règne de la justice, cet idéal si superbement décrit par les grands prophètes d’Israël.
    L’esprit moderne, ajoute Renan, le monde en se convertissant aux idées de liberté, d’égalité, de tolérance, s’est fait juif.
    Pendant qu’il parle ainsi tenant la main fermée,
    On voit le sequin d’or qui luit entre ses doigts41.
    Alphonse de Rothschild, en effet, préside la réunion, ce qui explique bien des choses ; il boit du lait, il fait le gros dos en apprenant que la véritable égalité c’est qu’il possède trois milliards pendant que tant de Français meurent de faim. Il sourit à l’orateur prosterné devant lui d’un sourire à la fois protecteur et méprisant. Quel valet ! semble-t-il dire. Quel malheureux ! dirons-nous42. N’est-il pas à plaindre43 ? »

    21Dans le tome II de son ouvrage, il revient, sur le crime rituel :

    « cette accusation mille fois prouvée, dit-il, et contre laquelle [les Juifs] se défendent toujours avec l’aplomb qui les caractérise. Cet usage a-t-il existé réellement ? Renan, à propos de l’affaire Tisza-Eszlar, a délivré aux Juifs un certificat de bonne conduite. “Parmi les calomnies engendrées par la haine et le fanatisme, dit-il, il n’y en a certes pas de plus absurde que celle qui affirme que les Juifs versent le sang à l’occasion de leurs fêtes religieuses. Croire de pareilles histoires n’est rien moins qu’une folie monstrueuse44”. Par malheur d’innombrables faits contredisent le témoignage fort suspect de Renan45 ».

    22Notons qu’Édouard Drumont préfacera en 1889 la version française du livre d’Auguste Rohling, dont nous parlions plus haut, Le Juif selon le Talmud46, écrit en 1871, qui n’est qu’une adaptation de l’ouvrage d’Eisenmenger, Le judaïsme démasqué, datant de 170147 ; cet ouvrage avait été introduit en France en 1888 sous le titre Le Juif-Talmudiste, résumé succinct des croyances et des pratiques dangereuses de la juiverie, présenté à la considération de tous les chrétiens, par M. l’abbé Auguste Rohling, ouvrage entièrement revu et corrigé, par l’abbé Maximilien de Lamarque, Bruxelles, A. Vromant, 1888 ; la nouvelle édition allemande de 1890 Talmud-Jude, Leipzig, Beyer, bénéficiera, si l’on peut dire, de la préface de Drumont, traduite en allemand.

    23En 1890, c’est Henri Desportes qui intervient dans le débat. Né en 1865, Desportes est un prêtre, auteur d’une biographie délirante de Renan, écrite avec la collaboration de F. Bournand (Ernest Renan, sa vie et son œuvre, Paris, Tolra, Libraire éditeur, 1893). C’est le seul biographe qui évoque le fils caché de Renan. À Ghazir, Renan aurait eu un enfant d’une libanaise. Cet enfant, qu’il abandonne évidemment, devient un mendiant, qui gagne sa vie en chantant sur les places publiques et en jouant de l’accordéon. « Et, rajoute subtilement Desportes, quand ils le voient passer, les habitants du pays ont une façon particulière de dire : C’est le fils de Renan48 ! » Tout ceci prêterait à sourire, si Desportes n’était pas l’auteur d’autres ouvrages : une étude, Le Juif franc-maçon, Paris, Delhomme et Briguet, 1890 ; un roman, Tué par les Juifs, Paris, Albert Savine, Paris, 1890, consacré au meurtre de Damas, pour lequel É. Drumont rédige une préface, où l’on peut lire : « le fait de l’assassinat d’enfants chrétiens par les Juifs est une évidence comme la lumière du jour49 », et un livre de près de quatre cents pages intitulé Le Mystère du sang chez les juifs de tous les temps, Paris, Albert Savine, 1889.

    24Dans la préface qu’il rédige aussi pour cet ouvrage, Édouard Drumont écrit :

    « Quand les Juifs sont un peu embarrassés par une affaire comme celle de Tisza-Eszlar, ils se font délivrer des certificats par Renan qui déclare que le crime rituel n’a jamais existé. “Croire de pareilles histoires n’est rien moins qu’une folie monstrueuse.” Un point : c’est tout. […] L’existence du peuple d’Israël n’est qu’une lutte constante contre l’instinct de la race, l’instinct sémitique qui attire les Hébreux vers Moloch, le dieu mangeur d’enfants, vers les monstrueuses idoles phéniciennes. […] L’affaire Tisza-Eszlar, que vous racontez longuement, montre qu’en Autriche-Hongrie les Juifs peuvent tout se permettre impunément : j’étais dans le pays quelque temps après le jugement et je n’ai jamais rencontré personne qui eût la moindre hésitation sur la culpabilité des accusés.
    L’or sémitique triompha encore une fois50. »

    25C’est-à-dire que l’acquittement des accusés est dû à l’argent, non à leur innocence51. Et Desportes soutient que les Juifs de Trente52 (qui ont bénéficié, selon lui, lors de leur procès, de tous les droits de la défense), étaient coupables ; « Ce qui n’empêchera pas Renan et consorts – ces inventeurs de l’escarpolette de l’exégèse – de chanter sur tous les tons la patience et les tortures d’Israël aux temps sombres du barbare moyen âge. Comédie !53 » Et Cornut, dans la revue des Jésuites Études religieuses, philosophiques, historiques et littéraires54 rend compte, entre autres, du livre de Desportes, ainsi que de celui d’un certain Jab, Le Sang chrétien dans les rites de la Synagogue moderne, Paris, Henri Gautier [et] Reims, imprimerie coopérative, 1889, dans un article intitulé « Le Juif d’après quelques livres récents ».

    « M. Jab et M. Henri Desportes ont étudié un côté restreint, mais curieux et significatif du Sémitisme : l’emploi mystérieux du sang dans les rites de la Synagogue moderne. [Il ajoute en note : “On a fait beaucoup d’emprunts à la savante Revue romaine [la Civilta cattolica], souvent sans le dire]55.” Et il conclut : “Mais quel peut-être le remède ? La patience et l’apathie ne suffisent pas : l’extermination, l’expulsion ou la spoliation auxquelles semble parfois nous inviter Drumont, lors même qu’elles seraient possibles, ne sont pas dignes d’une nation chrétienne. D’ailleurs, elles ne guériraient rien ; nous changerions de Juifs, selon l’énergique et pittoresque expression de Toussenel, et voilà tout”56. »

    26Enfin Jules Soury, chartiste, exégète et biologiste réputé, qui suivit les cours d’exégèse et de philologie de Renan lorsque celui-ci ouvrit un cours privé chez lui après sa destitution du Collège de France, et qui est l’un des fondateurs du racisme biologique à prétention scientifique, écrit, dans son ouvrage Doctrine nationaliste, Paris, Plon, 1902, où il exprime sa haine de Dreyfus – dans une lettre au procureur il demande que celui-ci soit fusillé :

    « Le Sémite a, comme l’Aryen, ses qualités et ses défauts. Renan en a été chez nous l’historien, j’entends le Renan d’avant la conquête juive. Pour Renan, “la race sémitique, comparée à la race indo-européenne, représente réellement une combinaison inférieure de la nature humine.” C’est dans l’Histoire générale et système comparé des langues sémitiques et dans la leçon de ce savant, leçon fameuse, sur la Part des peuples sémitiques dans l’histoire de la civilisation, qu’on trouve réunis les principaux documents. Plus tard, cette vaste intelligence a subi, comme tant d’autres, les effets de la corruption juive, et, quoique ma piété pour l’illustre écrivain français ne me permette pas de le ranger parmi ceux de ses contemporains qui, s’ils vivaient en ce temps, seraient devenus dreyfusards, j’estime que la nature lui a été clémente en ne lui permettant pas de succomber à la tentation57. »

    27Que Renan ait été un acteur puis un symbole de la lutte contre l’antisémitisme, l’affaire de Tisza-Eszlar le montre de façon irréfutable. Ce n’était d’ailleurs pas sa première intervention en faveur des Juifs. Le 8 juin 1882 Le Gaulois publiait un article « Pour les Israélites de Russie » et citait Ernest Renan parmi les membres du « Comité de secours pour les Israélites de Russie », présidé par Victor Hugo. Et en 1883, il prononcera les deux conférences citées plus haut, « Le Judaïsme comme Race et comme Religion », et « Identité originelle et Séparation graduelle du Judaïsme et du Christianisme ». Si Renan s’oppose à l’antisémitisme religieux (le crime rituel), et à l’antisémitisme de fait (les pogroms de Russie), il ne semble pas avoir pris toute la mesure de l’antisémitisme politique qui se joue alors.

    « À ceux qui lui demanderont, après le procès, ce que les antisémites avaient gagné en montant l’affaire, [le baron Istóczy58] répondra : “Voyons ! N’est-il pas désormais évident aux yeux de chacun que la question juive existe ? Et sous sa forme la plus aiguë ? C’est à la démonstration de cela que nous avions besoin du procès de Tiszaeszlar”59. »

    28« La question juive » est le titre de l’interview que Renan donne à Émile Berr (1855-1923), dans Le Figaro du 21 juin 1890. Cette interview est réalisée après qu’Édouard Drumont a organisé, le samedi 18 janvier, la première réunion antisémite à Paris, dans la banlieue de Neuilly, à la suggestion de son ami jésuite le père du Lac60. Renan répond d’abord : « Vous me voyez stupéfait, monsieur. Je viens de lire les journaux… C’est une grande tristesse pour moi, je vous assure, de penser que la plus essentielle des religions, la religion de la tolérance, est encore si mal pratiquée chez nous. » Il enchaîne ensuite sur son rejet de l’antisémitisme :

    « Les antisémites dont vous me parlez affirment qu’ils n’en veulent pas à la religion juive : il me semble que leurs procédés prouvent le contraire ; n’est-ce pas discréditer le judaïsme tout entier que d’en prononcer le nom, chaque fois qu’on veut évoquer, même en dehors du monde juif, l’idée d’une exploitation ou d’une usurpation quelconque ? »

    29Mais les propos d’Émile Berr, montrant Renan citant à tout propos les pères de l’Église, invoquant la philosophie et l’histoire, « enfoui dans son fauteuil, parmi les livres, […] les yeux à demi-clos, fixés sur l’énorme angora qui dort, pelotonné sur sa table », etc. nous renvoient à l’image d’un homme de cabinet, bien éloigné de la réalité politique… Émile Berr conclut :

    « Hélas, cher maître, vous oubliez que la Philosophie et l’Histoire sont des billevesées dont les politiciens de ce temps-ci n’ont cure. Vous raisonnez comme si le Palais Bourbon était une succursale du Collège de France. C’est une erreur. Vous êtes un savant, et M. Francis Laur61 est un législateur : vous avez le temps de vous instruire et de réfléchir aux choses que vous dites, et M. Francis Laur ne l’a pas. »

    30Certaines réactions des antisémites sont pour nous difficiles à comprendre. Certes, ils insistent sur le fait que Renan a, selon eux, évolué pour devenir philosémite. Mais on peut se demander, comme on l’a déjà fait remarquer, pourquoi un antisémite comme Jules Soury, qui considère que Renan est, d’après l’Histoire générale et système comparé des langues sémitiques, antisémite, admet que Renan aurait été dreyfusard. Il n’est pas le seul : Camille Mauclair, (qui fut dreyfusard et deviendra un antisémite virulent sous l’Occupation), écrira en 1898 : « Renan eût signé [le manifeste des intellectuels] entre Gabriel Séailles62 et [Ferdinand] Buisson63. »

    31Au vu de la campagne médiatique engendrée par cette affaire, nous pouvons nous demander d’ailleurs comment elle a pu sombrer, en France du moins, dans un oubli à peu près complet. En Allemagne, en Autriche, en Hongrie elle a suscité de nombreuses œuvres littéraires ou cinématographiques. Deux films s’en sont inspirés : l’un, autrichien, de Georg Wilhelm Pabst, Le Procès, 1947-1948, fondé sur le livre de Rudolf Brunngraber64, Prozess auf Tod und Leben65 ; l’autre, américain, de William Lee Wilder (le frère de Billy Wilder), The Vicious circle, 1947-1948, basé sur la pièce The Burning Bush, de Heinz Herald et Geza Herczeg66 (la version TV s’intitule Woman in brown, 1948). Les deux films et la pièce de Heinz et Geza Herczeg ont pour source la pièce d’Arnold Zweig67, Ritualmord in Ungarn, 191468. Et en 1931, l’écrivain hongrois Krudy Gyula écrit un roman, A tiszaeszlari Solymosi Eszter, qui connaît plusieurs éditions ; la traduction française ‒ L’affaire Eszter Solymosi ‒ date de 2013. Une note de la traductrice, Catherine Fay, précise en postface que « Tisza-Eszlar est devenu un lieu de pèlerinage pour les nouvelles chemises brunes hongroises69 ».

    32Enfin le manque d’unanimité des croyants européens, au début de cette affaire70, ne peut qu’étonner, comme le soulignait Rodolphe Reuss71, historien et protestant, coreligionnaire de Calas :

    « Aussi nous aurions voulu que, d’un bout de l’Europe à l’autre, catholiques, grecs ou protestants de toute dénomination se fussent levés tous ensemble pour repousser toute connivence morale avec les énergumènes hongrois qui viennent d’exploiter le sentiment religieux des masses ignorantes, au profit de leurs haines et de leurs convoitises72. »

    33Il aurait pu ajouter le silence des intellectuels français, Renan excepté.

    Notes de bas de page

    1 Gergely Thomas, « L’affaire de Tiszaeszlár : un procès de meurtre rituel dans la Hongrie dite libérale de 1882 », Problèmes d’histoire du christianisme, édités par Michèle Mat-Hasquin, Bruxelles, Éditions de l’université de Bruxelles, no 11, 1982, p. 28-61.

    2 Ibid., p. 32. Nous ne rentrons pas dans les détails de la situation socio-économique de la Hongrie de cette époque, exposée par T. Gergely dans son article.

    3 Ibid., p. 33.

    4 Ibid.

    5 Avant 1848, Kossuth Lajos est opposé à l’émancipation des Juifs. Il considère, avec d’autres, « que la nation hongroise, désireuse elle-même de se démarquer des Autrichiens et obligée, par ailleurs, d’incorporer quelque 30 % de minorités slaves, n’était pas en mesure de mener à bien l’assimilation de sa population juive ». Ibid., p. 30.

    6 Entre octobre et décembre 1883, « la Civilta Cattolica [organe du Vatican] publie quatre longs articles qui donnent à chaque fois de nouveaux arguments en faveur de la thèse que prendre du sang chrétien pour la Pâque est bien un rite rabbinique existant des juifs, qui le font par devoir de conscience et devoir liturgique ». Horvath Suzanne, « Le “Grand procès” de meurtre rituel et ses antisémites, Tisza-Eszlar, Hongrie, 1883 », Revue des études juives, vol. 170, janvier-juin, 2011, p. 273.

    7 Ibid., p. 277.

    8 Gergely Thomas, op. cit., p. 35.

    9 Ibid., p. 37.

    10 Ibid., p. 38.

    11 Ibid., p. 34.

    12 Ibid.

    13 Cf. Morel C., Les Juifs et la Hongrie devant l’Europe, affaire de Tisza-Eszlar, Paris, les auteurs, (1883).

    14 Grâce à ces lettres, souligne l’avant-propos de la revue, datant de décembre 1882, les ténèbres seront vaincues par la lumière.

    15 Dévényi Levente, « Renan en Hongrie », Revue d’études françaises, no 8, 2003, Budapest, p. 161-163.

    16 Messaoudi Alain, « Ignác Goldziher en France : échanges savants et réception de l’œuvre (1876-1920) », in Trautmann-Waller Céline (dir.), Ignác Goldziher (1850-1921). Un classique des études orientales ou un autre orientalisme, Paris, Geuthner, 2011, p. 179-193. Les lettres de Renan sont conservées à la bibliothèque de l’Académie des sciences de Budapest.

    17 Gérants : Adolph Werthner ; Dr. Eduard Bacher ; Moriz Benedikt. Responsable de la publication : Joseph Mitter.

    18 Né à Prague en 1813 et mort à Paris en 1907.

    19 Né à Pest en 1860 et mort à Edlach, en Autriche en 1904.

    20 Nous publierons ultérieurement le manuscrit de Renan.

    21 Revue des études juives, Paris, à la librairie A. Durlacher, t. VI, 1882, p. 155.

    22 1er juillet 1882.

    23 Ibid., p. 147 et 153.

    24 La Croix, 1er janvier 1883, p. 576.

    25 La date est erronée puisque la revue parle d’événements survenus en 1883.

    26 Revue des études juives, t. VI, 1882, p. 155.

    27 Sic, il manque l’article Die.

    28 Sic, pour Steyrermühl.

    29 Josef Samuel Bloch (1850-1923). La médaille Joseph Samuel Bloch est décernée depuis 1955 par « Action contre l’antisémitisme en Autriche » à ceux qui luttent contre l’antisémitisme dans ce pays.

    30 A. Rohling, professeur à la faculté de théologie catholique de l’université de Prague, pseudo-savant, « pratiquement incapable de déchiffrer l’araméen du Talmud » (cf. Gergely Thomas, op. cit., p. 46) a écrit en réponse à l’appel lancé par les rabbins : Meine antworten an die Rabbiner oder Fünf briefe uber den Talmudismus und das Blut-Ritual der Juden, Prag, J. Zeman & Co, 1883, où il cite Renan ; il est aussi l’auteur de Die Polemik und das Menschenopfer des Rabbinismus, eine wissentschaftliche Antwort ohne Polemik für die Rabbiner und ihre Genossen, von Prof. Aug. Rohling…, Paderborn, J. W. Schröder, 1883.

    31 Die Blutbeschuldigung gegen die Juden… (Verlag von Dr. Bloch’s “Oesterreichischen Wochenschrift”), Wien, II., Untere Augartenstrasse 1a.

    32 C’est le seul numéro que nous ayons pu consulter.

    33 Cf. Horvath Suzanne, op. cit., p. 259.

    34 Der Blutaberglaube in der Menschheit, Blutmorde und Blutritus, Munich, C. H. Beck’sche Verlagsbuchhandlung, 1892.

    35 Zaviziano Giorgio, Un raggio di luce, tipografia «Corai», Corfu, 1891. Zaviziano cite la lettre de Renan, en italien, datée Paris, 1883.

    36 Revue des études juives, t. 25, Paris, À la librairie A. Durlacher, 1892, p. 162-163.

    37 Ibid., p. 165.

    38 La Croix, 1er janvier 1883, p. 572.

    39 Drumont Édouard, La France juive, t. I, quarante-troisième édition, Paris, C. Marpon & E., Flammarion (ca 1886), p. 13.

    40 Ibid., p. 14.

    41 Les vers originaux sont de Hugo Victor, Les Châtiments, « Ultima verba » (1852) : « Pendant qu’ils vont chantant, tenant leurs mains fermées,/On voit le sequin d’or qui passe entre leurs doigts. »

    42 Note de Drumont : « Nous voyons, le Samedi-Saint 12 avril 1884, Renan prendre part en compagnie d’un Juif, nommé Armand Lévy, un des organisateurs du Congrès anticlérical, à une cérémonie rendue burlesque par la présence de ce personnage, l’inauguration du buste de Mickiewicz, au Collège de France. Cet Armand Lévy n’a absolument aucun titre littéraire. D’après le Gaulois, c’est un ancien homme d’affaires qui occupe aujourd’hui ses loisirs en s’adonnant à la politique des clubs. On le rencontre dans toutes les réunions publiques, socialiste chez les socialistes, marchand de vin chez les marchands de vin. Le plus étonné a dû être ce pauvre Mickiewicz qui, en maintes occasions, notamment dans son livre populaire Ksieje Pielgrsyma a flétri “l’âme sordide des Juifs et leur vil esprit”. Nous verrons, dans ce livre, Renan tombé plus bas encore. »

    43 Ibid., p. 15.

    44 Note de Drumont Édouard, Revue des Études juives, no 5.

    45 Drumont Édouard, La France juive, t. II, p. 381-382.

    46 Le Juif selon le Talmud, Édition française considérablement augmentée par Pontigny A., préface de Édouard Drumont, Paris, A. Savine, 1889.

    47 Cf. Horvath Suzanne, op. cit., p. 263.

    48 P. 179.

    49 P. 7-8.

    50 P. iv, v, et x.

    51 « Si “l’évidence du crime commis par certains Juifs, au nom de cérémonies rituelles, à Tisza-Eszlar, n’a pas été atténuée par le dénouement”, c’est parce que l’or juif aurait payé l’acquittement » selon le père Vincent de Paul de Bailly, cofondateur du journal La Croix. Cf. Taguieff Pierre-André, La Judéophobie des modernes, Paris, Odile Jacob, 2008, p. 275.

    52 Au xve siècle, à Trente, des Juifs sont accusés d’avoir assassiné un enfant, Simon, qui sera canonisé ; les Juifs seront exécutés.

    53 Desportes Henri, op. cit., p. 159.

    54 Tome XLVIII, septembre-décembre 1889, Paris, Retaux-Bray, p. 396.

    55 Ibid., p. 396.

    56 Ibid., p. 404-405. Une note de Cornut Étienne précise : « Toussenel, le spirituel et perspicace auteur des Juifs rois de l’époque. »

    57 Soury Jules, Campagne nationaliste, Paris, Plon, 1902, p. 127.

    58 Istóczy « deviendra, en 1935, le père spirituel des “Croix fléchées”, les fascistes hongrois ». Cf. Gergely Thomas, op. cit., p. 59-60.

    59 Ibid. Voir la réaction de « Kossuth qui, cependant, s’était opposé à l’émancipation des Juifs. De Turin où il vivait en exil depuis l’échec de la Révolution de 1848, il adressera, le 7 octobre 1882, les lignes suivantes à certains membres du Parti de l’Indépendance qui venaient de prendre position en faveur de la thèse du meurtre rituel : “Il ne faut pas ignorer que MM. Istoczy et Co n’auraient jamais réussi à créer ces agitations au moyen des principes importés d’Allemagne si les maux d’origine socio-économique n’avaient pas disposé favorablement le peuple dans ce sens. Le peuple sent sa misère, mais ne peut l’expliquer. Spéculant alors sur son malaise, Istoczy et les autres font renaître l’antisémitisme médiéval et disent : ‘pauvre, misérable peuple, je te dirai la source de ton malheur : le Juif !’ et, naturellement, l’écho revient : ‘Frappons le Juif !’ Travaillez à améliorer la situation sociale et ne permettez pas que le peuple s’enferre dans la question juive… Kossuth ne sera évidemment pas entendu” » (op. cit., p. 50).

    60 Cf. Michael R., A History of catholic antisemitism: The dark side of the Church, New York, Palgrave Macmillan, 2008, p. 299.

    61 Francis Laur (1844-1934), fils adoptif de George Sand, député de la Loire puis de la Seine, boulangiste et antisémite, qui assistait à la réunion de Neuilly.

    62 Gabriel Séailles (1852-1923) a écrit Ernest Renan : essai de biographie psychologique, Paris, Perrin, 1895.

    63 « L’Université courageuse », L’Aurore, 11 déc. 1898.

    64 Rudolf Brunngraber (1901-1960).

    65 Berlin, Wien, Leipzig, Paul Zsolnay Verlag, 1948.

    66 Ils feront le scénario de The life of Émile Zola, tourné en 1937. Géza Herczeg (1888-1954) dramaturge et scénariste hongrois ; Herald Heinz (1890-1964), scénariste et réalisateur.

    67 Arnold Zweig (1887-1968), frère cadet de Stefan Zweig.

    68 Ritualmord in Ungarn. Jüdische Tragödie in fünf Aufzügen, Berlin, Hyperion, 1914 ; Zweig donne à sa pièce un autre titre en 1918 : Die Sendung Semaels. Jüdische Tragödie in fünf Akten, Leipzig, Wolff, 1918. [Veränderte Neufassung von : Ritualmord in Ungarn].

    69 L’affaire Eszter Solymosi, Paris, A. Michel, 2013, p. 637.

    70 Au cours du procès, les défenseurs des accusés solliciteront de nombreux intellectuels européens.

    71 Rodolphe Reuss (1841-1924).

    72 Reuss R., « L’Affaire de Tisza-Eszlar, un épisode de l’histoire de l’antisémitisme au dix-neuvième siècle », Strasbourg, Treuttel et Würtz, libraires, 1883 (extrait du Progrès religieux.), p. 49.

    Auteur

    • Maurice Gasnier
      Maître de conférences H. D. R. honoraire à l’université de Brest
    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Voir plus de chapitres

    Souvenirs d’un homme de lettres, 1817-1871

    Maurice Gasnier

    Ernest Renan. Lettres d’Italie

    Maurice Gasnier

    Renan et l’archéologie

    Maurice Gasnier

    Voir plus de chapitres
    1 / 3

    Souvenirs d’un homme de lettres, 1817-1871

    Maurice Gasnier

    Ernest Renan. Lettres d’Italie

    Maurice Gasnier

    Renan et l’archéologie

    Maurice Gasnier

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires de Rennes
    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    ePub / PDF

    1 Gergely Thomas, « L’affaire de Tiszaeszlár : un procès de meurtre rituel dans la Hongrie dite libérale de 1882 », Problèmes d’histoire du christianisme, édités par Michèle Mat-Hasquin, Bruxelles, Éditions de l’université de Bruxelles, no 11, 1982, p. 28-61.

    2 Ibid., p. 32. Nous ne rentrons pas dans les détails de la situation socio-économique de la Hongrie de cette époque, exposée par T. Gergely dans son article.

    3 Ibid., p. 33.

    4 Ibid.

    5 Avant 1848, Kossuth Lajos est opposé à l’émancipation des Juifs. Il considère, avec d’autres, « que la nation hongroise, désireuse elle-même de se démarquer des Autrichiens et obligée, par ailleurs, d’incorporer quelque 30 % de minorités slaves, n’était pas en mesure de mener à bien l’assimilation de sa population juive ». Ibid., p. 30.

    6 Entre octobre et décembre 1883, « la Civilta Cattolica [organe du Vatican] publie quatre longs articles qui donnent à chaque fois de nouveaux arguments en faveur de la thèse que prendre du sang chrétien pour la Pâque est bien un rite rabbinique existant des juifs, qui le font par devoir de conscience et devoir liturgique ». Horvath Suzanne, « Le “Grand procès” de meurtre rituel et ses antisémites, Tisza-Eszlar, Hongrie, 1883 », Revue des études juives, vol. 170, janvier-juin, 2011, p. 273.

    7 Ibid., p. 277.

    8 Gergely Thomas, op. cit., p. 35.

    9 Ibid., p. 37.

    10 Ibid., p. 38.

    11 Ibid., p. 34.

    12 Ibid.

    13 Cf. Morel C., Les Juifs et la Hongrie devant l’Europe, affaire de Tisza-Eszlar, Paris, les auteurs, (1883).

    14 Grâce à ces lettres, souligne l’avant-propos de la revue, datant de décembre 1882, les ténèbres seront vaincues par la lumière.

    15 Dévényi Levente, « Renan en Hongrie », Revue d’études françaises, no 8, 2003, Budapest, p. 161-163.

    16 Messaoudi Alain, « Ignác Goldziher en France : échanges savants et réception de l’œuvre (1876-1920) », in Trautmann-Waller Céline (dir.), Ignác Goldziher (1850-1921). Un classique des études orientales ou un autre orientalisme, Paris, Geuthner, 2011, p. 179-193. Les lettres de Renan sont conservées à la bibliothèque de l’Académie des sciences de Budapest.

    17 Gérants : Adolph Werthner ; Dr. Eduard Bacher ; Moriz Benedikt. Responsable de la publication : Joseph Mitter.

    18 Né à Prague en 1813 et mort à Paris en 1907.

    19 Né à Pest en 1860 et mort à Edlach, en Autriche en 1904.

    20 Nous publierons ultérieurement le manuscrit de Renan.

    21 Revue des études juives, Paris, à la librairie A. Durlacher, t. VI, 1882, p. 155.

    22 1er juillet 1882.

    23 Ibid., p. 147 et 153.

    24 La Croix, 1er janvier 1883, p. 576.

    25 La date est erronée puisque la revue parle d’événements survenus en 1883.

    26 Revue des études juives, t. VI, 1882, p. 155.

    27 Sic, il manque l’article Die.

    28 Sic, pour Steyrermühl.

    29 Josef Samuel Bloch (1850-1923). La médaille Joseph Samuel Bloch est décernée depuis 1955 par « Action contre l’antisémitisme en Autriche » à ceux qui luttent contre l’antisémitisme dans ce pays.

    30 A. Rohling, professeur à la faculté de théologie catholique de l’université de Prague, pseudo-savant, « pratiquement incapable de déchiffrer l’araméen du Talmud » (cf. Gergely Thomas, op. cit., p. 46) a écrit en réponse à l’appel lancé par les rabbins : Meine antworten an die Rabbiner oder Fünf briefe uber den Talmudismus und das Blut-Ritual der Juden, Prag, J. Zeman & Co, 1883, où il cite Renan ; il est aussi l’auteur de Die Polemik und das Menschenopfer des Rabbinismus, eine wissentschaftliche Antwort ohne Polemik für die Rabbiner und ihre Genossen, von Prof. Aug. Rohling…, Paderborn, J. W. Schröder, 1883.

    31 Die Blutbeschuldigung gegen die Juden… (Verlag von Dr. Bloch’s “Oesterreichischen Wochenschrift”), Wien, II., Untere Augartenstrasse 1a.

    32 C’est le seul numéro que nous ayons pu consulter.

    33 Cf. Horvath Suzanne, op. cit., p. 259.

    34 Der Blutaberglaube in der Menschheit, Blutmorde und Blutritus, Munich, C. H. Beck’sche Verlagsbuchhandlung, 1892.

    35 Zaviziano Giorgio, Un raggio di luce, tipografia «Corai», Corfu, 1891. Zaviziano cite la lettre de Renan, en italien, datée Paris, 1883.

    36 Revue des études juives, t. 25, Paris, À la librairie A. Durlacher, 1892, p. 162-163.

    37 Ibid., p. 165.

    38 La Croix, 1er janvier 1883, p. 572.

    39 Drumont Édouard, La France juive, t. I, quarante-troisième édition, Paris, C. Marpon & E., Flammarion (ca 1886), p. 13.

    40 Ibid., p. 14.

    41 Les vers originaux sont de Hugo Victor, Les Châtiments, « Ultima verba » (1852) : « Pendant qu’ils vont chantant, tenant leurs mains fermées,/On voit le sequin d’or qui passe entre leurs doigts. »

    42 Note de Drumont : « Nous voyons, le Samedi-Saint 12 avril 1884, Renan prendre part en compagnie d’un Juif, nommé Armand Lévy, un des organisateurs du Congrès anticlérical, à une cérémonie rendue burlesque par la présence de ce personnage, l’inauguration du buste de Mickiewicz, au Collège de France. Cet Armand Lévy n’a absolument aucun titre littéraire. D’après le Gaulois, c’est un ancien homme d’affaires qui occupe aujourd’hui ses loisirs en s’adonnant à la politique des clubs. On le rencontre dans toutes les réunions publiques, socialiste chez les socialistes, marchand de vin chez les marchands de vin. Le plus étonné a dû être ce pauvre Mickiewicz qui, en maintes occasions, notamment dans son livre populaire Ksieje Pielgrsyma a flétri “l’âme sordide des Juifs et leur vil esprit”. Nous verrons, dans ce livre, Renan tombé plus bas encore. »

    43 Ibid., p. 15.

    44 Note de Drumont Édouard, Revue des Études juives, no 5.

    45 Drumont Édouard, La France juive, t. II, p. 381-382.

    46 Le Juif selon le Talmud, Édition française considérablement augmentée par Pontigny A., préface de Édouard Drumont, Paris, A. Savine, 1889.

    47 Cf. Horvath Suzanne, op. cit., p. 263.

    48 P. 179.

    49 P. 7-8.

    50 P. iv, v, et x.

    51 « Si “l’évidence du crime commis par certains Juifs, au nom de cérémonies rituelles, à Tisza-Eszlar, n’a pas été atténuée par le dénouement”, c’est parce que l’or juif aurait payé l’acquittement » selon le père Vincent de Paul de Bailly, cofondateur du journal La Croix. Cf. Taguieff Pierre-André, La Judéophobie des modernes, Paris, Odile Jacob, 2008, p. 275.

    52 Au xve siècle, à Trente, des Juifs sont accusés d’avoir assassiné un enfant, Simon, qui sera canonisé ; les Juifs seront exécutés.

    53 Desportes Henri, op. cit., p. 159.

    54 Tome XLVIII, septembre-décembre 1889, Paris, Retaux-Bray, p. 396.

    55 Ibid., p. 396.

    56 Ibid., p. 404-405. Une note de Cornut Étienne précise : « Toussenel, le spirituel et perspicace auteur des Juifs rois de l’époque. »

    57 Soury Jules, Campagne nationaliste, Paris, Plon, 1902, p. 127.

    58 Istóczy « deviendra, en 1935, le père spirituel des “Croix fléchées”, les fascistes hongrois ». Cf. Gergely Thomas, op. cit., p. 59-60.

    59 Ibid. Voir la réaction de « Kossuth qui, cependant, s’était opposé à l’émancipation des Juifs. De Turin où il vivait en exil depuis l’échec de la Révolution de 1848, il adressera, le 7 octobre 1882, les lignes suivantes à certains membres du Parti de l’Indépendance qui venaient de prendre position en faveur de la thèse du meurtre rituel : “Il ne faut pas ignorer que MM. Istoczy et Co n’auraient jamais réussi à créer ces agitations au moyen des principes importés d’Allemagne si les maux d’origine socio-économique n’avaient pas disposé favorablement le peuple dans ce sens. Le peuple sent sa misère, mais ne peut l’expliquer. Spéculant alors sur son malaise, Istoczy et les autres font renaître l’antisémitisme médiéval et disent : ‘pauvre, misérable peuple, je te dirai la source de ton malheur : le Juif !’ et, naturellement, l’écho revient : ‘Frappons le Juif !’ Travaillez à améliorer la situation sociale et ne permettez pas que le peuple s’enferre dans la question juive… Kossuth ne sera évidemment pas entendu” » (op. cit., p. 50).

    60 Cf. Michael R., A History of catholic antisemitism: The dark side of the Church, New York, Palgrave Macmillan, 2008, p. 299.

    61 Francis Laur (1844-1934), fils adoptif de George Sand, député de la Loire puis de la Seine, boulangiste et antisémite, qui assistait à la réunion de Neuilly.

    62 Gabriel Séailles (1852-1923) a écrit Ernest Renan : essai de biographie psychologique, Paris, Perrin, 1895.

    63 « L’Université courageuse », L’Aurore, 11 déc. 1898.

    64 Rudolf Brunngraber (1901-1960).

    65 Berlin, Wien, Leipzig, Paul Zsolnay Verlag, 1948.

    66 Ils feront le scénario de The life of Émile Zola, tourné en 1937. Géza Herczeg (1888-1954) dramaturge et scénariste hongrois ; Herald Heinz (1890-1964), scénariste et réalisateur.

    67 Arnold Zweig (1887-1968), frère cadet de Stefan Zweig.

    68 Ritualmord in Ungarn. Jüdische Tragödie in fünf Aufzügen, Berlin, Hyperion, 1914 ; Zweig donne à sa pièce un autre titre en 1918 : Die Sendung Semaels. Jüdische Tragödie in fünf Akten, Leipzig, Wolff, 1918. [Veränderte Neufassung von : Ritualmord in Ungarn].

    69 L’affaire Eszter Solymosi, Paris, A. Michel, 2013, p. 637.

    70 Au cours du procès, les défenseurs des accusés solliciteront de nombreux intellectuels européens.

    71 Rodolphe Reuss (1841-1924).

    72 Reuss R., « L’Affaire de Tisza-Eszlar, un épisode de l’histoire de l’antisémitisme au dix-neuvième siècle », Strasbourg, Treuttel et Würtz, libraires, 1883 (extrait du Progrès religieux.), p. 49.

    Renan en Orient

    X Facebook Email

    Renan en Orient

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Renan en Orient

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Gasnier, M. (2022). Ernest Renan acteur et symbole de la lutte contre l’antisémitisme. In J. Balcou, J. Glasser, & S. Guermès (éds.), Renan en Orient. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.160164
    Gasnier, Maurice. « Ernest Renan acteur et symbole de la lutte contre l’antisémitisme ». In Renan en Orient, édité par Jean Balcou, Jean Glasser, et Sophie Guermès. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2022. doi:10.4000/books.pur.160164.
    Gasnier, Maurice. « Ernest Renan acteur et symbole de la lutte contre l’antisémitisme ». Renan en Orient, édité par Jean Balcou et al., Presses universitaires de Rennes, 2022, https://doi.org/10.4000/books.pur.160164.

    Référence numérique du livre

    Format

    Balcou, J., Glasser, J., & Guermès, S. (éds.). (2022). Renan en Orient. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.159934
    Balcou, Jean, Jean Glasser, et Sophie Guermès, éd. Renan en Orient. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2022. doi:10.4000/books.pur.159934.
    Balcou, Jean, et al., éditeurs. Renan en Orient. Presses universitaires de Rennes, 2022, https://doi.org/10.4000/books.pur.159934.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires de Rennes

    Presses universitaires de Rennes

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Flux RSS

    URL : http://www.pur-editions.fr

    Email : pur@univ-rennes2.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement