Chapitre III. Les contraintes télévisuelles d’« En votre âme et conscience »
p. 39-47
Texte intégral
1Les contraintes qui vont peser sur les trois producteurs durant les quinze ans d’existence de l’émission sont, en effet, nombreuses et vont les empêcher d’atteindre pleinement les objectifs qu’ils s’étaient fixés, notamment d’aider chaque Français, susceptible d’être un jour désigné comme juré, à appréhender le monde judiciaire, les mécanismes de la justice et ses limites, lui faire prendre conscience de « la difficulté de juger et de l’impossibilité d’acquérir des certitudes1 ».
Réaliser une émission bon marché
2Jusqu’à l’ordonnance du 4 février 1959, qui transforme la RTF en établissement public à caractère industriel et commercial, la télévision française a pour seules recettes la redevance2 et la vente de ses programmes audiovisuels. La première obligation est donc d’ordre financier.
3Pour des raisons budgétaires, l’équipe d’« En votre âme et conscience » doit se satisfaire d’une réalisation en direct ou dans des conditions de direct3 sur un seul décor, « la salle du Palais de Justice qui pourrait resservir quels que soient les lieux et l’époque4 ». C’est dans cette fausse Cour, inspirée du tribunal de Rouen et construite par le chef décorateur Jean-Jacques Gambut dans le studio 12 du centre Barthélémy5, que les comédiens se produisent, dans des conditions proches de celles du théâtre. De fait, au moindre incident dans la retransmission – saute du son, souffle, ronflement… – ou sur le plateau – perche, câble ou caméra visible dans le champ, trou de mémoire d’un comédien6 – le téléspectateur, qui avait réussi à se transporter au prétoire et à s’imaginer juré, est brutalement replacé devant son petit écran :
« Pour le réalisateur Pierre Nivollet, interrogé par le journaliste André Leclerc à propos de L’Affaire Bouquet, l’objectif de l’émission est de faire oublier aux téléspectateurs “qu’ils sont dans leur salle à manger en pantoufles, il faut qu’ils voient un président de tribunal, Jean Charles Bouquet et sa femme, qu’on arrive à leur faire croire à l’histoire, oublier où ils se trouvent […] se croire aux assises de la Somme en 1830. S’il y a un incident, le rêve est cassé, ils se retrouvent dans leur salle à manger en 1966”7. »
4Une autre raison empêche le public de se prêter complètement au jeu. L’équipe travaille non seulement avec peu d’argent mais dans l’urgence, ce qui entraîne des reconstitutions hâtives. Le rythme de diffusion des dramatiques va certes en se ralentissant mais, durant les quatre premières années, « En votre âme et conscience » est diffusée toutes les trois ou quatre semaines. Ne disposant que de quinze jours de préparatifs, les costumiers n’ont pas la possibilité de concevoir des vêtements qui ressembleraient à ceux décrits, dessinés ou photographiés par les tribunaliers et les reporters d’images. De fait, les toilettes sont souvent anachroniques ou inappropriées. Plus grave, les acteurs qui incarnent les accusés ressemblent rarement aux véritables prévenus (illustrations 5 et 6) et n’ont pas le temps d’étudier vraiment leur personnage, qui perd de sa complexité, se transforme en vrai méchant ou en pure victime d’une erreur judiciaire, et devient ainsi, au grand dam de Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet, trop facile à juger.
5Par ailleurs, comme le but de la collection est de faire comprendre le fonctionnement de la justice française, toutes les affaires criminelles devraient logiquement être jugées dans l’hexagone. Or, neuf d’entre elles situent leur action à l’étranger. Parmi celles-ci, un procès se déroule en Algérie (Le Crime d’Aïn Fezza), trois autres à Bruxelles8 et un quatrième à Mons9. En outre, dans près d’un tiers des Dramatiques, la Belgique est évoquée : le coupable s’y rend pour percevoir indûment de l’argent (L’Affaire de Villemomble), la victime est de nationalité belge (La Mort de Sidonie Mertens), des témoins s’y trouvent pour leur travail…
Ill. 5 et 6. – À gauche la véritable « Meg » Steinheil, peinte par Léon Bonnat, à droite, Claire Maurier dans le rôle-titre.

6Cette situation s’explique vraisemblablement par le partenariat de la RTF avec la Radio Télévision Belge (RTB)10, qui transmet en simultané ou en « relais différé11 » la collection, et par des contrats ponctuels signés entre l’Office et la télévision suisse romande, la télévision marocaine et la Radio Télévision Algérienne (RTA) qui obtient une « attestation de diffusion » en simultané de plusieurs dramatiques, moyennant un pourcentage – de 3 % – à régler aux ayants droit12. Ces relais entraînent des retards de diffusion et, de fait, modifient l’entrée dans la fiction. Alors que la speakerine vient d’annoncer l’affaire, de susciter l’effroi, le public voit durant plusieurs minutes un interlude : Le petit train de la mémoire13, qui lui propose un inoffensif rébus, ou un très bref documentaire animalier – tel « Le Rocher aux alouettes » montré juste avant L’Affaire Troppmann, le vendredi 2 janvier 1959 – car la régie n’est pas prête suite à une panne de réseau qui empêche la Radio Télévision Belge de prendre correctement le relais de la Radio Télévision Française.
7Initialement, les deux auteurs souhaitaient aussi présenter aux Français des procès contemporains comme ceux de Gaston Dominici et de Marie Besnard14. Compte tenu de l’injonction que leur a faite leur direction dès 1956, ils doivent y renoncer, pour ne pas être redevables de droits et pour éviter d’éventuels démêlés judiciaires avec les survivants du drame. À l’exception de neuf dramatiques, toutes les affaires ont donc plus de cinquante ans. En outre, quand une personne qui fut mise en cause est encore vivante, les deux scénaristes prennent soin de préciser aux téléspectateurs que les noms des protagonistes ont été changés mais que l’affaire est véridique15. Malgré ces précautions, ils n’évitent pas les complications avec plusieurs descendants d’accusés, par exemple avec le petit-fils de Mme Hugues dont la mère, encore vivante, « voulait être sûre qu’on n’allait pas porter atteinte à la mémoire de sa mère16 ». Et ce sont leurs démêlés avec l’avocat d’un faux accusé encore vivant, Deshayes/Deschamps qui fourniront le prétexte à arrêter définitivement l’émission en décembre 196917.
Concevoir des unitaires diffusés en prime time
8Les deux scénaristes ont choisi de restituer presque tels quels les comptes rendus d’audience publiés dans La Gazette des tribunaux ou dans Le Droit. Or, la chronique judiciaire a ses normes. Elle respecte le déroulement du procès : résumé des faits par l’huissier, interrogatoire par le président, défilé des témoins, réquisitoire et plaidoirie, délibérations et verdict. Il est difficile de bouleverser l’ordre du récit.
9À ces contraintes narratives s’ajoute celle du format télévisuel. Un procès d’assises s’apparente à un long feuilleton, composé de plusieurs journées d’audience d’environ sept heures chacune, parfois de plusieurs procédures, en raison d’un coup de théâtre, d’un vice de forme ou d’un appel de la décision. Une dramatique, au contraire, est un unitaire, inséré dans une grille de programmes, qui ne doit pas dépasser quatre-vingt-dix minutes. Cet impératif oblige les deux scénaristes à sélectionner les témoins, ramenés d’une soixantaine à moins de dix, à fusionner plusieurs dépositions en une, à ne garder que des bribes de plaidoirie et de réquisitoire. Il les amène aussi à intervenir par intermittence dans la fiction, pour résumer les faits les plus compliqués. À y regarder attentivement, chaque scénario s’apparente à une mosaïque, mêlant des phrases recoupées de La Gazette des tribunaux, qui ne sont pas toujours attribuées au bon protagoniste, à des répliques inventées et des termes modernisés pour faciliter la compréhension du téléspectateur des années 1950-1960.
10Ces difficultés sont relevées, dès la diffusion de la première dramatique, L’Affaire Roux, par le critique André Bazin pour lequel : « La longueur réelle du cérémonial judiciaire est un gros handicap pour un film d’une heure et demie18. »
11La case horaire est elle aussi spécialement contraignante. Le soir de diffusion d’« En votre âme et conscience » a plusieurs fois changé. Si les deux premières dramatiques ont été proposées, respectivement un mercredi et un lundi, les émissions suivantes ont été projetées le mardi, à 20 heures 30. L’objectif, en optant pour le jour de relâche des théâtres, était triple. Il s’agissait à la fois de trouver des comédiens disponibles, lorsque l’émission était diffusée en direct, d’éloigner les publics enfantins à qui ce spectacle n’était pas destiné et de rassembler le plus d’adultes possible, citadins aisés inclus. Mais ce choix s’est avéré peu judicieux car la série judiciaire précédait « Lectures pour tous », ce qui obligeait le téléspectateur à passer toute la soirée en compagnie de Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet, également présentateurs de cette émission littéraire. De fait, en 1957, dès que le kinescope permet de faire tourner les comédiens le mardi et de diffuser en différé, le dimanche est expérimenté. Mais il est rapidement abandonné car de nombreux téléspectateurs écrivent à l’ORTF pour se plaindre :
« On ne va pas au tribunal le dimanche ! »
« Le Palais de Justice, un dimanche soir, avouez que cela manque de piquant ! »
« Le dimanche soir doit être réservé aux divertissements avant la reprise du travail19 ! »
12La collection s’installe alors le samedi, après le journal télévisé. Mais cette soirée implique de nouvelles obligations car, comme le constate Claude Barma : « Le samedi soir s’adresse aux grandes personnes susceptibles également d’être accompagnées par des plus jeunes20. »
13Fabriquant un produit diffusé en prime time la veille d’un jour férié, les trois producteurs doivent sélectionner des procès qui ne heurtent pas trop les familles. De fait, s’ils placent dans le box des accusés plusieurs justiciers et des auteurs de crimes crapuleux, ils ignorent, en revanche, les parents maltraitants et incestueux et n’évoquent plus de parricides.
14En effet, par l’article 15 du Code civil, le ministre chargé de l’Information peut interdire une émission, diffuser une communication sur elle ou retarder sa projection. De fait, les dramatiques les plus sordides, telles L’Affaire Lemoine et L’Affaire Meyer, qui relatent le procès d’une mère et d’une fille complices – d’un infanticide dans le premier cas, du meurtre d’un mari et beau-père dans le second – débutent à 21 heures 15 seulement au lieu de 20 heures 30. À partir de 1961, certaines fictions sont diffusées avec le carré blanc. Parallèlement, les magazines de télévision multiplient les mises en garde :
« Sombre drame dont on ne saurait évidemment conseiller le spectacle aux jeunes téléspectateurs21. »
« Il va de soi que cette pièce n’est pas destinée aux jeunes téléspectateurs22. »
« Est-il besoin de rappeler que ces émissions, quelles que soient leur qualité, ne s’adressent qu’à un public très averti23. »
15Ces dispositifs d’avertissement, s’ils restreignent l’audience, permettent par contre aux deux scénaristes d’aborder de nouveaux sujets, tel celui de l’homosexualité, et de faire retrouver à l’émission la case du mardi soir.
16Mais la censure s’exerce encore d’autres manières. Les membres du Comité de télévision imposent à Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet de retravailler certains scénarios, d’en recouper d’autres et même d’ajouter des phrases, au risque de la fausseté historique. Par exemple, plusieurs critiques notent que dans L’Empoisonneuse d’Aïn Fezza, le Président du tribunal d’Oran tient des propos saugrenus sur une receveuse des postes trop curieuse qui, lisant tous les courriers, a découvert qu’une femme empoisonnait lentement son mari et l’a dénoncée. Le comédien Paul Amiot, qui endossait le rôle, avait affirmé, en effet, que : « La receveuse effectue seulement un remplacement, elle n’appartient pas à l’administration des Postes et Télécommunications dont nous connaissons la conscience professionnelle24. »
17Par ailleurs, dans la même dramatique, qui relate pourtant un fait-divers vieux de plus de soixante-dix ans, les noms de famille des protagonistes ont été changés, sans doute pour ne pas heurter les sensibilités confessionnelles, à un moment de tensions en Algérie, où la série est diffusée. Jeanne Danilov devient Jeanne Belikov et son mari ne s’appelle plus Weiss mais Nazet.
18La diffusion d’une émission peut aussi être reportée sine die. Ainsi, L’Affaire Achet, initialement prévue le mardi 12 juillet 1961, est-elle déprogrammée pour « défauts techniques que le réalisateur, Michel Mitrani, n’aurait pas eu la possibilité de corriger en temps voulu25 ». De même, L’Affaire Levaillant, annoncée pour le 8 juin 1957 à 20 heures 30, est différée au 10 juin, à 21 heures 10, après « remaniement des dialogues26 ».
19Il suffit de confronter chaque fiction au compte rendu donné par La Gazette des tribunaux et par Le Droit, qui fournissent l’essentiel des dialogues, ou au livre En votre âme et conscience publié par Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet, pour comprendre que la RTF censure avant tout les allusions à la sexualité. Les deux scénaristes édulcorent les affaires de viol, ne relatent – avec le carré blanc – que trois cas d’homosexualité27 et n’évoquent qu’une fois des relations intimes entre une femme mariée et un prêtre28. Inversement, la cruauté n’est jamais atténuée. Un médecin légiste détaille ad nauseam la façon dont Euphrasie Mercier a dépecé sa victime avant de la brûler29 et un autre l’acharnement du couple Faucher sur les membres de sa propre famille30. Peut-être est-ce la raison pour laquelle le critique François Brigneau, compare la télévision française à :
« l’Église espagnole où Balzac est jugé immoral mais où la course de taureaux est respectée. Ou bien encore à ces gens qui pour empêcher leur dadais de seize ans de tourner autour des jupes de sa cousine organisent pour lui des battues où les fusils de la région se rassemblent pour massacrer les lapins31 ».
20Le journaliste de Télé-Magazine et de Minute oublie de dire que l’une des particularités de la série est d’évoquer des carnages sans les montrer puisqu’ils ont déjà été accomplis et que les traces se limitent à quelques pièces à conviction, peu probantes sur un petit écran en noir et blanc. Exclu du spectacle, le crime est donc, logiquement, accentué dans le récit, sauf lorsque les deux scénaristes l’estiment si horrible qu’ils ne parviennent même pas à le nommer, oblitérant, par exemple, les questions d’inceste et de mutilations d’enfants pourtant rapportées dans La Gazette des tribunaux.
21Travaillant pour le service public, les deux auteurs savent également que certains accusés ne peuvent pas être représentés car il est interdit de critiquer au petit écran policier, militaire et magistrat… De fait, le seul procès truqué est ukrainien32, l’unique commissaire ripoux est belge33 et la première erreur judiciaire est allemande34. La seconde, L’Affaire Deschamps, centrée sur des aveux extorqués à un docker par des policiers français, est non seulement déprogrammée sur décision du directeur général de la télévision, Jean-Jacques de Bresson, mais elle entraîne l’arrêt définitif de l’émission, en décembre 196935. Dix ans plus tôt, la série avait déjà failli disparaître. En effet, pour éviter d’être censurés, les deux scénaristes avaient pris l’habitude de ruser, de rendre leur scénario trop tard ou de n’envoyer au comité de télévision qu’une simple note d’intention. Mais à la suite de la diffusion du Secret de Charles Rousseau, dramatique relatant le procès d’un homosexuel toxicomane qui avait, dans les années 1930, tué son amant, les deux scénaristes sont rappelés à l’ordre par André Frank qui a reçu une plainte des survivants, lesquels ne se satisfont pas du simple changement de nom du criminel :
« J’ai écrit à Desgraupes et Dumayet à la suite de l’incident de L’Affaire Barataud pour leur faire savoir que leurs textes doivent être soumis au comité. Je n’ai pas encore de réaction. J’espère que cela n’ira pas jusqu’à interrompre la série, auquel cas je vous aviserais36. »
22L’autocensure est également très présente, sans doute parce que les trois producteurs souhaitent faire vivre « En votre âme et conscience » le plus longuement possible. Ainsi, en pleine période de réconciliation franco-allemande, font-ils le choix d’ignorer l’Est de la France, où ne se déroule aucun procès et dont n’est originaire qu’un seul accusé, l’Alsacien Troppmann37.
23De même, plus la concurrence avec les télévisions périphériques et avec la deuxième chaîne devient âpre, plus les deux scénaristes ont tendance à retraiter les affaires les plus appréciées du grand public, mises en scène quelques mois plus tôt au cinéma ou publiées dans la bande dessinée de France Soir « Le Crime ne paie pas38 ».
24En outre, ils privilégient les affaires de femmes car ils se sont vite rendu compte, à la lecture des sondages quotidiens réalisés par la RTF39, que si les indices de satisfaction étaient quasiment les mêmes pour chaque émission, en revanche, les Français étaient plus nombreux à suivre les procès d’accusées que d’accusés. Les premiers étaient regardés, en moyenne, par 73 % de téléspectateurs alors que les seconds l’étaient seulement par 62 %. D’évidence, l’historien du futur qui ne disposerait que de ces archives télévisuelles pour comprendre la criminalité en France dans les années 1950-1960 surévaluerait considérablement la criminalité féminine, présente dans une dramatique sur trois.
25Ainsi, consciemment ou non, les trois producteurs offrent-ils à leur direction les accusés qu’ils souhaitent : des meurtriers appartenant aux milieux sociaux qui ne regardent pas le petit écran dans les décennies 1950-1960 : châtelains des Cévennes et du Limousin où les émetteurs ne captent pas la RTF, paysans, domestiques et étudiants de bonne famille venus se perdre à Paris, dont les fermes ou les chambres de bonne ne sont pas équipées de téléviseurs.
Notes de bas de page
1 Propos de Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet interrogés par Georges Bortoli, à propos de leur ouvrage En votre âme et conscience, in « Page des lettres », 30 mars 1963, chaîne nationale.
2 Or, le 31 septembre 1955, les Français ne possèdent encore, on l’a dit, que 226840 téléviseurs déclarés (source redevance de la RTF).
3 C’est-à-dire en enregistrant au kinéscope, sur un film acétate 16 millimètres, l’image, prise en direct, qui apparaît sur un moniteur vidéo. Soixante-deux émissions de la série sur soixante-six ont été kinescopées, et sont donc visibles à l’InaTHÈQUE de France, qui les a numérisées. L’InaTHÈQUE possède aussi une copie de L’Affaire Deschamps, réalisée comme un téléfilm, non diffusée. À en croire les chefs de chaîne, parmi les soixante-deux émissions kinescopées, vingt-huit auraient été diffusées en différé.
4 Télé 7 jours, loc. cit. p. 52.
5 Communément appelé « Buttes Chaumont ».
6 Louis Seigner en fut victime, dès 1958, dans L’Affaire Peltzer. De même, en 1960, dans L’Affaire Doudet, Genica Atanasiou, qui endossait le rôle d’un témoin, resta hébétée à la barre durant près d’une minute.
7 Au-delà de l’écran, émission du 20 mars 1966, réalisée par Richard Chaumont.
8 L’Affaire Courtois, L’Affaire Verkammen, L’Affaire Caumartin-Sirey.
9 L’Affaire de Bitremont.
10 Jean d’Arcy a signé, le 31 octobre 1953, avec la RTB, un contrat prévoyant que « les téléspectateurs belges auront chaque semaine une quinzaine d’heures d’émissions dont une douzaine viendra de Paris » (Radio, Cinéma, Télévision, n° 196, dimanche 18 octobre 1953, p. 34). Il a aussi été l’artisan de la création, à Bruxelles, les 16 et 17 novembre 1955, de la « Communauté radiophonique des programmes de langue française ». La même année, il a initié une rencontre franco-wallonne à Namur, pour résoudre les problèmes de diffusions simultanées en France et en Belgique. À partir de cette date, la RTB co-finance la réalisation de l’une des trois grandes Dramatiques de la RTF, « En votre âme et conscience », qui vient de naître, et achète des droits de diffusion de l’émission littéraire Lecture pour tous. Plusieurs dramatiques de la collection sont aussi diffusées sur la chaîne de la télévision suisse romande et sur la chaîne de la télévision marocaine dont Jean Luc, ancien directeur des programmes de la RTF, est devenu le directeur des programmes.
11 Par exemple, L’Affaire Frigard ou La Mort de Sidonie Mertens est diffusée sur la première chaîne de l’ORTF le 7 juin 1966 à 20 heures 30, et diffusée le 31 juillet 966, à 21 heures 30, sur la chaîne nationale de la RTB.
12 Voir les dossiers de production des dramatiques réalisées après le 1er janvier 1962.
13 Également appelé Le Petit train-rébus, créé en 1960 par Maurice Brunot.
14 Pierre Dumayet confie à Jérôme Bourdon : « Heureusement il reste le texte du procès mais comme les éditeurs ne le rééditent pas, il ne reste plus rien, c’est d’une barbarie extrême », Aujourd’hui Pierre Dumayet, Ina, 1981.
15 L’Affaire Allard, jugée « dans les années 1920 », L’Affaire Meyer (Affaire Bessarabo) jugée en 1922, L’Affaire Blengino (Chambre 32) jugée en mai 1927, L’Affaire Rousseau (Affaire Barataud, 1929) et L’Affaire Deschamps (Affaire Deshays, 1949 et 1955). Les noms restent les mêmes uniquement pour les affaires Landru, Schwartzbard (1927), Sarret-Schmidt (1933) et Weidmann (1939).
16 Télé 7 jours, loc. cit., p. 52.
17 cf infra, p. 46.
18 Radio, Cinéma, Télévision, n° 303, 6 novembre 1955, p. 42.
19 Synthèse des courriers des auditeurs et des téléspectateurs, mars 1957, Centre des Archives Contemporaines de Pierrefitte, versement n° 19880562, art. 1A.
20 « Tribune libre. Claude Barma. “J’espère faire des samedis soirs populaires”… », Télé-Magazine, n° 274, semaine du 22 au 28 janvier 1961, p. 20.
21 Jacques Siclier résume la critique dans « Le crime d’Aïn Fezza », Télérama, n° 568, semaine du 5 au 12 décembre 1960, p. 14.
22 Radio, Cinéma, Télévision, « L’Affaire Fualdès », n° 372, semaine du 3 au 10 mars 1957.
23 Radio, Cinéma, Télévision, « L’Affaire Danval », n° 490, 7 juin 1959.
24 Jacques Siclier, « La demoiselle de la poste », Télérama, n° 570, semaine du 18 au 25 décembre 1960, p. 19.
25 Robert Thill, « Vous aurez à dire ce soir “En votre âme et conscience”… Pourquoi Mme Achet a tué un vieux notaire ? », Télérama, 9 octobre 1961, p. 12. Selon Robert Thill, Michel Mitrani a « sagement demandé une autre date ».
26 Rapport du chef de chaîne du 10 juin 1957, InaTHEQUE.
27 L’Affaire Benoît, 24/04/1959, scénario de Pierre et Françoise Dumayet ; Le Secret de Charles Rousseau, 23/10/1959, scénario de Pierre Desgraupes ; Le Secret de la mort de Monsieur Rémy, 11/10/1966, scénario de Pierre Desgraupes.
28 L’Affaire Francey. Sur cette affaire, voir Jean-Michel Rodes, « Sources et archives pour la télévision : autour de L’Affaire Francey », in L’Historien, le juge et l’assassin, André Rauch, Myriam Tsikounas (dir.), Paris, Publications de la Sorbonne, 2012, p. 71-85.
29 L’Affaire de Villemomble, 19/08/1958, scénario de Pierre et Françoise Dumayet.
30 L’Affaire Daurios ou Le Vent du sud, 06/06/1967, scénario de Pierre Desgraupes.
31 « La chronique de François Brigneau. Il faut préserver nos enfants de la censure », Télé-Magazine, semaine du 16 au 22 décembre 1961, p. 16-17.
32 L’Affaire Beilis ou Un personnage en plus ou en moins, 02/04/1968, scénario de Pierre Desgraupes.
33 L’Affaire Courtois, 30/05/1961, scénario de Pierre Dumayet.
34 Les Innocents d’Eldagsen, 30/01/1968, scénario de Pierre Dumayet.
35 Officiellement, l’émission est déprogrammée à la demande de l’avocat de l’ancien docker Jean Deshays. Maître Le Mappian, avait demandé l’interdiction ou le report de l’émission en raison du respect dû à la personne humaine car Deshays, bien que libéré, réhabilité et indemnisé, vivait presque comme un clochard depuis qu’il avait été victime d’une hémorragie cérébrale. Mais, comme le constatent plusieurs critiques de télévision, qui aurait reconnu Deshays rebaptisé Deschamps ?
36 Comité de télévision, 29 octobre 1959, p. 11. Cf. CAC, versement 0019900214, art. 34.
37 L’Affaire Troppmann ou Les Ruines de Herrenflüh, 02/01/1959, scénario de Pierre Desgraupes.
38 Voir la liste des bandes dessinées ainsi que les choix d’affaires opérés par les deux scénaristes, infra, partie III, p. 147-148.
39 Sondages quotidiens, opinions, CAC, versement 0019880217, art. 16. Seule L’Affaire Daurios ou Le Vent du Sud, qui met en scène plusieurs accusés, dont une femme, une paysanne du Lot, ne réalise que 62,5 % d’audience, l’équivalent des procès masculins.
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