L’église domestique d’une princesse calviniste
p. 137-148
Texte intégral
1À travers l’étude de l’église domestique de Catherine de Bourbon (1559-1604)1, il est possible d’appréhender un cas modeste mais original d’autonomisation de la conscience religieuse, dans ses implications personnelles et communautaires.
2Je me permets de rappeler rapidement que la princesse de Navarre, sœur d’Henri IV, eut un rôle considérable aux temps des « troubles » et de leur apaisement. Régente des terres souveraines de la Couronne de Navarre pendant les années de conquête du trône, elle s’employa après 1593 à fédérer autour de son frère les fidélités défaillantes du réseau de la famille royale et du parti protestant. Elle participa activement aux négociations de l’Édit de Nantes et son mariage avec un prince lorrain et catholique contribua au règlement de la paix. En dépit des pressions, elle resta fidèle à la foi réformée après la conversion de son frère, à la cour de France comme dans le très catholique duché de Lorraine.
3L’église domestique, dans une maison princière, se situe à la croisée des espaces privé et public. Dans « l’église recueillie chez Madame », l’organisation de l’espace privé et l’expression publique sont vécues en étroite corrélation, je les distingue ici pour la clarté de l’exposé.
Au plan religieux la maison de Madame constituait une « église domestique » dont l’organisation différait de celle des « maisons ecclésiastiques » des princes catholiques.
Les tensions et les controverses autour de la sœur du roi dans les années qui suivent l’Édit de Nantes témoignent de l’importance de cette « église » dans l’espace public, comme lieu d’affirmation et d’exercice de la liberté civile de religion au plus haut niveau de l’État.
Organisation de l’espace privé : le fonctionnement de l’« église recueillie en la maison de Madame »
4Une « maison » princière représente beaucoup plus qu’une simple communauté domestique. Il s’agit d’une structure sociale vivant en véritable symbiose avec la dame ou le prince qu’elle sert. Elle assure une triple fonction, de prestige, de gouvernement et de subsistance. De 1574 à 1601, les livres de comptes de la maison de Catherine2 permettent d’identifier ses familiers ou commensaux, d’appréhender leur mode de vie et les liens qui les unissent. À travers les chiffres et au gré des annotations, on mesure la fidélité de cette petite communauté protestante, entraînée à la suite de Madame. Pendant plus de vingt-cinq ans, 68 à 150 nobles et roturiers, presque exclusivement de religion réformée, partagent ainsi ses espoirs et subissent avec elle les menaces d’un environnement souvent hostile.
L’encadrement ecclésiastique
5Selon les critères traditionnels, on désigne par le terme de « maison ecclésiastique » les clercs au service dans une maison princière. Les premiers états de la maison correspondent aux années de détention à la cour de France après la Saint-Barthélemy. La maison de la jeune princesse comprend alors un chapelain (Vincent Marchant) et un clerc de chapelle (Gaspard Gohart) catholiques. Sitôt libérée en 1576, Catherine renvoie son chapelain et retourne à la religion réformée, entraînant à sa suite toute sa maison, clerc de chapelle compris3. Les états suivants mentionnent deux ministres protestants : Guillaume Barbaste et Pierre de Noguès4.
6L’encadrement ecclésiastique de la maison demeure toujours très modeste, malgré l’élévation du rang de la princesse de Navarre qui devient en 1589 sœur unique du roi de France. Selon les années, un à quatre pasteurs sont désignés pour son service, encore servent-ils par « quartier », se relayant auprès d’elle. Les ministres ne constituent que 1,84 % de l’effectif, alors que le personnel ecclésiastique de Marie de Médicis représente 7,9 % de sa domesticité5, par ailleurs quatre fois plus nombreuse que celle de la sœur du roi6. Il faut relativiser l’ostentation des ministres de la maison de la sœur du roi de France dont parlent les chroniqueurs. Pierre de L’Estoile rapporte que le peuple de Paris en avril 1594, regardant passer le train de la sœur du roi et voyant des gentilshommes dans un des huit coches, se disait avec inquiétude : « Ce sont ses ministres7. » Madame, contrairement aux princesses catholiques, n’a jamais eu suffisamment d’hommes d’Église auprès d’elle pour emplir un coche… Dans les « rôles des dames, gentilshommes et domestiques » des livres de comptes, les ministres sont parfois cités à part en tête de liste, avant même le Chef et superintendant des affaires et des finances et le chapitre des dames, mais l’ordre le plus général les place dans le chapitre du Conseil de la princesse, au milieu des autres gentilshommes. Un ministre reçoit les mêmes gages qu’un gentilhomme servant, soit 300 livres tournois.
7Le synode des Églises réformées de France désigne théoriquement les pasteurs de la maison de Catherine, détenant ainsi un pouvoir dévolu au souverain dans les maisons des princesses catholiques. Mais les listes du synode ne correspondent guère à celles des services effectifs attestés dans les comptes de la princesse. Seul Palma-Cayet possède pendant une dizaine d’années un statut proche de celui d’un chapelain ordinaire dans une maison princière catholique8. Les autres ministres ont généralement la responsabilité d’une autre église qu’il leur coûte de délaisser. Le montant de leurs gages est fréquemment rayé « faute de service » ; à plusieurs reprises les noms des ministres sont laissés en blanc… Leurs réticences à remplir leurs « quartiers » s’expliquent par la peur, l’attachement à leur propre communauté et la discipline qui demande de réunir églises privées et églises locales.
8L’article 21 du synode d’Orléans de 1562 suppliait :
« Les princes ou autres seigneurs suivant la cour qui ont ou voudront avoir des églises dressées en leurs maisons […] de faire dresser chacun en sa famille un consistoire composé du ministre et des plus approuvés gens de bien de ladite famille qui seront élus anciens et diacres […] Et lorsque lesdits princes et seigneurs feront séjours en leurs maisons ou autres lieux où il y aurait une église dressée, afin de pourvoir aux divisions, ils seront suppliés que l’église de leur famille soit jointe avec celle du lieu, pour n’en faire qu’une église, comme il sera avisé par l’amiable conférence des ministres de part et d’autre9. »
9Se conformant aux usages, Catherine unit son Église à celle du lieu. À Paris, Madame fait appel aux sieurs de Montigny et de La Faye. À Nancy, elle est étroitement solidaire de celle de Metz, sans que les pasteurs appartiennent à sa maison. Pierre Du Moulin10 et Guillaume de Losse, sieur de La Touche, pasteurs de Paris, Étienne Mozet et Jean Divoy, pasteurs de Metz, assurent régulièrement la responsabilité de l’« église recueillie chez Madame » en Lorraine. La chronique du protestant messin Jehan de Morey11 témoigne de l’inquiétude qui accompagne leur départ pour Nancy et du soulagement de leur retour. René Bochart, sieur de Mesnillet et pasteur de Rouen répond à l’appel de Madame, mais la princesse doit presser d’autres pasteurs de l’assister, surtout lorsqu’elle doit faire face à des controverses religieuses. Le 19 octobre 1599 elle écrit au pasteur de Bâle, Jacques Couët :
« Faittes moy donc ce plaisir de ne tarder davantage car Monsieur Mozet qui est icy par emprunt de l’église de Metz est sur le point de s’en retourner, ayant desjà servy plus que le temps pour lequel il estoit envoyé et par ainsy cette église demeureroit destituée de pasteur, maintenant qu’elle en a plus de besoin qu’elle n’eust jamais et qu’elle attend une grande édification et consolation de vostre ministère12. »
Identité des ministres de Madame d’après les rôles des domestiques.
Ministres | Années de présence sur l’état des domestiques |
Monsieur Guillaume Barbaste | de 1578 à 1581 |
Monsieur Pierre de Noguès | de 1578 à 1583 |
Monsieur | de 1585 à 1586 |
Monsieur Pierre Cahier (Palma-Cayet) | de 1585 à 1595 |
Monsieur de Vaulx | 1596 |
Monsieur de La Faye | de 1596 à 1601 |
Monsieur de Feugueray | de 1596 à 1601 |
Monsieur Louis d’Amours | de 1597 à 1598 |
Monsieur de La Touche | de 1600 à 1601 |
Monsieur Jacques Couët | de 1600 à 1601 |
X : pas de nom à l’emplacement réservé pour les gages du ou d’un des ministres | 1584-1591-1592-1594-1595 |
Une église dressée
10En dépit de ces difficultés, la maison de la princesse forme une « église dressée », avec un consistoire, où les domestiques tiennent les fonctions d’anciens ou de diacres.
11L’entourage de Catherine de Bourbon-Navarre est multiconfessionnel. La famille, les amis et les courtisans d’Henri et de Catherine appartenaient aux deux religions, c’était une des forces de la famille de Navarre à Nérac, Pau ou Paris. Pendant sa régence des terres souveraines de la Couronne de Navarre et malgré le mépris affiché de Marguerite de Valois pour le « petit Genève de Pau », Catherine accueille auprès d’elle son amie la catholique Corisande d’Andoins ou encore Antonio Pérez, ancien ministre de Philippe II d’Espagne.
12Mais le groupe des dames, gentilshommes et domestiques qui constituent expressément sa maison, recevant gages et honneurs en échange de leurs services, demeure majoritairement de la religion de leur maîtresse. Ils forment une « Église » en lien avec la Province du Béarn et les Églises réformées de France. Il est pratiquement impossible de mesurer le degré d’attachement des membres de la maison à la foi réformée. La description que donne le vicomte de Turenne de l’église constituée en 1577 en sa propre maison vaut pour celle de Catherine : « Je prenois soin […] de recueillir dans ma maison des gens de bien et d’esprit qui fussent en quelque croyance parmy les églises ; où je trouvois des serviteurs de feu M. l’Admiral, je les retirois. J’avois un ministre ordinaire et une église formée entre mes domestiques13. »
13Au sein de cette communauté, Catherine possède une autorité quasi matriarcale. La présence de familles entières traditionnellement attachées à la maison princière renforçait les liens entre les domestiques et leurs maîtresses d’une affection sincère, au-delà des barrières sociales. Pour la princesse, qui subit un éloignement quasi perpétuel de sa propre famille du fait des divisions confessionnelles et politiques, ses serviteurs deviennent ses véritables familiers14. Les grandes dames de la Renaissance possèdent grâce à leur maison domestique leur propre cour et une influence très large. Leurs serviteurs les relient à un important réseau de clientèle parmi les familles de la noblesse seconde, dans le cercle des officiers royaux, de la bourgeoisie de la finance, de la justice, des arts ou des métiers.
14Le fonctionnement de cette Église domestique engendre une sociabilité originale au sein de la maison. Des registres du consistoire de l’Église « recueillie chez Madame », il ne reste malheureusement que les extraits notés par le pasteur Paul Ferry au milieu du xviie siècle15. L’importance des serviteurs « mécaniques » dans le consistoire surprend d’emblée. Parmi les signatures qui figurent à côté de celles des ministres en bas des actes consistoriaux, on trouve celle du sommelier Marc de La Campagne ou de François Moustel sommelier de paneterie, qui rend aussi les comptes de l’administration des deniers des pauvres « par luy faite en la maison de Madame », auxquels cotisent « Madame et ses domestiques ». En mai 1601, le tailleur Macé Ridon en était chargé. Les signatures de Jehan de Boisville (ou Boyville) et de Bernard de La Cave, respectivement huissier de chambre et sommelier d’échansonnerie, ratifient des décisions très diverses.
15Les actes du consistoire rapportent la « consécration » d’un ancien :
« Marc de La Campagne, sommelier, a esté consacré en la charge d’ancien en ceste Eglise, et a reçu pour cets effect l’imposition des mains, après une briefve remontrance à luy faicte sur l’importance de sa charge, qu’il a volontairement acceptée, et la prière à Dieu y adjointe de toute la compagnie, ayant esté premièrement par trois divers dimanches dénoncée au peuple l’élection de sa personne en ceste charge, faite de l’advis du Consistoire, et le peuple par son silence l’ayant ratifiée. (Signé : Ménillet, De Boyville, Marc de la Campagne)16. »
16Madame ne participe pas plus au consistoire de son église qu’au synode des églises réformées lorsqu’elle était régente en Béarn, mais son avis est toujours rapporté et suivi. Légalement, le consistoire se tenant dans sa maison-bâtiment, la princesse pouvait y être présente en tant qu’autorité civile légitimant la tenue de l’assemblée, malgré l’exclusion des femmes des conseils ecclésiastiques alors en vigueur dans les Églises réformées. Mais d’une part, statutairement, seuls les pasteurs peuvent « conduire l’action » et d’autre part, le contenu des affaires et les personnages de rang secondaire qui y siègent ne requièrent pas la présence de la princesse. Dans les synodes nationaux, l’Église de Madame est représentée par un de ses membres, souvent le maître d’hôtel, comme M. de Roys, maître d’hôtel, lors de la session qui décida la déposition de Palma-Cayet17.
17Le consistoire s’occupe de toutes les questions relatives au culte sous la direction du pasteur. Ces membres décident en accord avec la princesse des lieux et horaires des « presches », du catéchisme, de la célébration de la « saincte Cène », de la distribution des « mereaux ». Ces jetons remis par les anciens du consistoire aux personnes désirant participer à la cène si elles en étaient jugées dignes sont distribués bien au-delà de la maison. Le 31 mars 1597, il est décidé « qu’on donneroit des mereaux jusqu’aux estrangers qui auroient tesmoignage par escrit ou par rapport de gens de bien18 ». Dans Paris, la compétence du consistoire dépasse la seule domesticité de la princesse. Le 22 mai, « il a été trouvé bon que les maireaux seroient donnés à tous les communiants tant de la cour que de la ville19 ».
18Il y a habituellement deux « presches » le dimanche. Le premier a lieu vers 7 ou 8 heures « pour le commun », l’autre « à l’heure de Son Altesse », souvent à 10 heures. En semaine, le prêche a lieu le mercredi et le vendredi « au lever de Son Altesse », le jeudi pour le commun… L’arrivée en Lorraine ne modifie pas cet usage : « Du samedi 12 mars 1599, à Bar-le-Duc : Le consistoire s’estant assemblé, a esté conclu que le même ordre ès presches qui a toujours été tenu en la maison de Madame se tiendroit encore désormais20. »
19L’autorité de Catherine se manifeste à propos du catéchisme. Bien instruite de sa foi, Catherine rappelle cette exigence aux membres de son église : « Pour plus ample instruction de l’Église de Madame et sous son expresse autorité a esté advisé que cy-après l’ordre ancien des catéchismes, le dimanche sera gardé pour l’après-midy, à l’heure qui sera trouvée propre. » Madame n’ayant pas trouvé d’« heure propre » ce dimanche, la première section du grand catéchisme est exposée le mercredi suivant21…
20Les membres du consistoire interviennent également dans la discipline. Ils prononcent des censures « suivant l’ordre de l’Église », comme il est indiqué le 31 mars 1597. Malheureusement les archives du consistoire ne nous disent rien de leur teneur22. On devine par ailleurs que Catherine relativise les prescriptions habituelles contre danses, jeux et vêtements ostentatoires. Attentive à l’enseignement et au culte, elle tenait son rang avec faste. Les critiques des moralistes sur le luxe de ses fêtes nous viennent des milieux catholiques. Pierre de L’Estoile note en février 1595 : « Madame fit un ballet magnifique au Louvre, où il n’y eut rien d’oublié, si ce ne fust possible Dieu, qui volontiers ne se trouve en telles compagnies, pleine de luxe de dissolution. » Elle participe elle-même aux plaisirs aristocratiques, arts de cour, fêtes et ballets, non sans scrupules parfois, qui s’expriment dans certains de ses poèmes : « Pardonne-moy, Seigneur, tout sainct, tout debonnaire, Si j’ay par trop cedé à de mondains appats… » Les livres de ses dépenses révèlent la part considérable des produits cosmétiques préparés par son apothicaire et l’importance des toilettes et des bijoux dans ses comptes, pour elle-même comme en cadeau pour ses proches. L’image puritaine du protestantisme ne correspond pas au comportement des grands aristocrates huguenots. Lorsque Madame était régente à Pau, Lambert Daneau, austère ministre de l’Académie d’Orthez, n’eut aucune influence sur le luxe aristocratique de la cour de la princesse et elle ne le choisit jamais comme ministre de sa maison. Huguenote, elle n’est guère austère, princesse, elle ne pouvait se le permettre, car le luxe symbolisait l’honneur et la puissance de sa maison.
21Le consistoire décide des jeûnes (9 mai 1601), de la cotisation de chacun aux aumônes, qui est évaluée selon leur rang ; celle de Madame atteint 9 livres par mois, celle d’une de ses demoiselles ne fait que quelques sols23.
22Le pouvoir disciplinaire du consistoire et son influence spirituelle ne peuvent être négligés. Les domestiques chargés de telles responsabilités obtenaient par ce biais un statut particulier dans la maison et bien au-delà, en particulier par la distribution des méreaux. Le rôle des domestiques et leurs liens s’en trouvaient nécessairement modifiés par rapport à ceux existant dans une maison catholique. Faut-il les tenir responsables des quelques scandales et provocations huguenotes qui agitent la population catholique de Paris ? En août 1597, des dévotes catholiques se plaignent « qu’on avoit donné l’aumône de chair [distribution de viande aux pauvres de la capitale] publiquement à la porte de Madame le jour de Notre-Dame, qui estoit un vendredi24… » Les autorités ne s’en émeuvent pas, mais l’incident témoigne des rumeurs qui entouraient l’église de Madame.
23Une maison princière sert de cadre à la vie privée, assurant confort matériel, compagnie et divertissements, mais également à la vie publique, en participant directement à l’autodéfense et à la promotion des princes et de leur entourage. La maison domestique de Catherine compose son entourage direct mais également l’image extérieure qu’elle donne d’elle-même, de ses ambitions politiques et de sa foi. Autant le roi avait métissé largement sa maison en accédant à la Couronne de France, autant sa sœur conserve autour d’elle le même noyau de fidèles de la maison de Navarre. Aucun changement majeur n’intervient aux postes clés de sa maison. Les mêmes maîtres d’hôtel, les mêmes trésoriers, secrétaires et maréchaux des logis continuent leurs services. Que ce soit à la chambre, au conseil ou parmi les « serviteurs mécaniques », les nouvelles nominations ne marquent pas une rupture dans le recrutement. On craint l’influence d’une princesse huguenote à la cour de France. Sa maison représente un réseau d’anciens serviteurs de la maison de Navarre. Elle apparaît comme un refuge de huguenots, un pôle de résistance au plus haut niveau de l’État. Les membres sont de moins haute noblesse, plus attachés à la Couronne de Navarre et plus ouvertement huguenots que les serviteurs de son frère.
24Les maisons princières servaient de matrices culturelles. Elles rassemblaient des élites courtisanes qui recherchaient le patronage d’un prince et leurs réseaux d’influence s’étendaient à la cour comme en province sur une très large partie de la société, noble et roturière. La communauté d’intérêt des membres de la maison et le partage quotidien des mêmes expériences sociales et culturelles permettaient l’éclosion d’un groupe de cour empreint d’un caractère particulier, fortement influencé par la personnalité du prince, et dont l’emprise sur la société dépendait de son prestige.
25L’existence de l’« église domestique » au sein même de la maison établissait, au-delà de la liberté de conscience de la princesse, la reconnaissance du caractère public du culte à la cour et représentait une garantie de la liberté civile de religion dans le royaume. Elle devint donc le lieu de vives tensions.
Tensions dans l’espace public : le symbole de « l’église recueillie dans la maison de Madame »
Revendication de l’expression publique du culte
26L’influence religieuse de la maison de Madame s’affirme à partir 1593, quand elle conserve, malgré la conversion et le serment du sacre d’Henri IV, le droit de faire célébrer le culte à la cour. En vertu des dispositions de l’édit de 1577, Catherine, « duchesse d’Albret, comtesse d’Armagnac et de Rodez, etc. », comme tout seigneur ayant « haute justice et plein fief de haubert », peut exercer sa religion et à « huis ouvert » dans son domicile. Sœur du roi de France, elle a le droit de faire célébrer le culte au cœur du Louvre, résidence de la famille royale, et partout à la suite du « roi très-chrétien ». Ainsi le chant des psaumes résonne, avec parfois un caractère provoquant, dans la grande salle basse du Louvre.
27L’exercice de la religion à la suite de la cour est une préoccupation constante des ministres après l’abjuration du roi25. Cela concerne tant la légitimité du culte que son organisation pratique. Le culte réformé est alors interdit non seulement à Paris mais jusqu’à dix lieues alentour selon l’édit de 1577… C’est une authentique liberté religieuse, et non la simple liberté individuelle de conscience, qui est revendiquée par l’Église de Madame au plus haut niveau de l’État. La caution royale apparaît déterminante dans une société où le croyant se distinguait encore difficilement du citoyen. L’Église de Madame relevait de la discipline générale des Églises réformées et de dispositions spéciales relatives aux Églises de fief. Elle se voyait constamment favorisée ou entravée dans sa liberté selon les interventions directes ou indirectes du roi dans les affaires de sa sœur26.
28Tous les chroniqueurs catholiques ou huguenots reconnaissent que l’affluence au prêche chez Madame est toujours considérable. Pierre de L’Estoile parle de sept à huit cents personnes dans la maison de Madame et autant au Louvre le 15 janvier 1595. Les Actes du consistoire évaluent à 1500 personnes l’assemblée du 6 avril 1597 à 8 heures du matin, et 4 ou 500 se réunissent encore à 10 heures en présence de Madame dans sa salle27. Lorsque la sainte cène est célébrée, l’assemblée chez Madame se scinde en deux « à cause de la grande multitude28 ». Malgré le scandale occasionné par ces manifestations et les plaintes qu’il en reçoit, le roi respecte assez largement la liberté de Madame selon les dispositions de l’édit. Il n’interdit l’accès public au culte chez sa sœur qu’une seule fois, n’autorisant que les seuls officiers de la maison et le duc de Bouillon à assister au prêche, le 19 mars 1595. Catherine doit cependant lui demander la permission de faire célébrer la cène, comme en mai 1597 : « Pour n’en avoir Madame parlé au Roy […] afin de savoir sur ce la volonté de S. M., la sainte cène a esté remise au 27 dudit mois. […] Sa M. y ayant mis empeschement et commandé qu’on sursist la célébration de la cène 5 ou 6 jours, on a esté contraint de la remettre au 1er jour de juin29. »
Les pressions sur les membres de l’église domestique
29En revanche, après 1599, l’Édit de Nantes signé et Madame mariée à un prince catholique, le roi essaya d’affaiblir la résistance de Catherine en s’attaquant à ses familiers30. Pensant précipiter sa conversion, il conseilla au duc de Bar de congédier certaines femmes et autres domestiques réformés de l’entourage de sa femme car : « il y en avoit de visqueux, opiniastres et querelleux, auxquels mesmes ladicte dame deferoit beaucoup31 ». Catherine prit la défense de ses familiers et, à travers eux, de la liberté religieuse. Elle menaça le roi, l’accusant de la « contrayndre de demander aux princes de la Religion le secours que je desire ne recevoir que de vous32 ». Au risque de ranimer les « troubles », Catherine eut gain de cause. Elle put conserver jusqu’à ses dames d’honneur, Mesdames de Panjas et de La Barre, particulièrement visées dans l’affaire. Ces dernières firent payer fort cher leur fidélité à la duchesse de Bar malgré leur attachement sincère. Leurs gages et pensions passèrent de 300 à 4800 livres tournois…
30Une distinction entre la maison et l’Église s’instaure progressivement. Au cours des années, la « dissociation du sujet » s’élabore aussi au sein de la maison sous la contrainte des événements. On reconnaît à la sœur du roi sa constance et sa bienveillance dans les affaires religieuses. Le ministre Palma-Cayet demeure quelque temps chez la princesse après sa déposition et les attaques de ses confrères. Catherine s’en sépare finalement à la demande du roi et reste en bons termes avec son ancien pasteur ordonné prêtre à la fin de l’année 1595. Mais après 1599, l’Église recueillie chez Madame en Lorraine ne rassemble plus tous les membres de la maison. Quelques rares catholiques entrent dans la maison de la nouvelle duchesse de Bar : tel Michel de Marillac, le futur garde des Sceaux de Louis XIII33. Le sieur de Selve, qui occupe la charge de chancelier de la duchesse de Bar, est fermement attaché à la religion romaine et appuie avec véhémence les positions des catholiques dans la controverse de 159934. D’autres conseillers ont été introduits par le duc de Lorraine. Monsieur Bonnet porte le titre de « Conseiller au conseil d’État de son Altesse et président en la chambre des comptes de Lorraine ». Il surveille légitimement les finances de la duchesse de Bar, mais rend naturellement ses premiers devoirs à Charles III de Lorraine. Entre les ingérences du roi de France et du duc de Lorraine, la maison de Madame bénéficie d’une autonomie réduite. Elle doit faire célébrer le culte à l’extérieur de Nancy, au château de la Malgrange et uniquement pour ses familiers. Cependant la princesse garde encore la haute main sur ses affaires et, parmi les nouveaux venus au sein de la maison, certains appartiennent encore manifestement à la mouvance protestante, tels les gentilshommes servants Alexandre de Saint-Gresse, sieur de Ceridos, ou Charles d’Arberas, tous deux anciens pages de Madame. Le nouveau sommelier Marc de Campaigne ou La Campagne signe les registres du consistoire de l’église.
31Lors de ses séjours à Paris, Madame revendique ouvertement la liberté de culte pour elle, sa maison, et ses coreligionnaires des Églises réformées de France. Pierre de L’Estoile rapporte qu’en août 1603 : « Le mardi 5, madame la duchesse de Bar, sœur du Roy, arriva de Lorraine à Paris, où dès le lendemain fit prêcher publiquement et à huis ouverts, en son hôtel, combien que le bruit fut partout que le Roy ne le vouloit point, et qu’il l’avoit expressément défendu35. »
Défense de la liberté civile de religion
32La reconnaissance d’une pluralité de confessions ne mettait pas en cause le partage d’une même culture. Catherine appartient à la troisième génération de la Réforme, elle se comprenait comme membre d’une Église, au sein de laquelle s’exprimait sa fidélité à Dieu. Catherine avait défendu la coexistence religieuse dans l’espérance d’une réunification de l’Église, qu’elle rêvait bien sûr au profit de la sienne. En octobre 1593, elle avouait encore à l’ambassadeur de Venise : « Je ne me cacherai pas, moi, pour dire que je voudrais que tout le monde fût de ma religion36. »
33La princesse et son entourage définirent non sans douleur une double fidélité à Dieu et au roi. Le seul méreau de l’église de Madame qui a été conservé porte : « Au droit une rose entourée de quatre fleurs de lis et de quatre étoiles et cinq rais alternés ; au revers, sur quatre lignes la légende Christ est le pain de vie37. »
34Catherine avait participé à l’élaboration de l’Édit de Nantes et veillait concrètement à son application. À travers la défense de sa foi et de ses intérêts, elle tentait d’établir les modalités d’application de la liberté civile de religion. La princesse légitimait ses ambitions politiques dans un registre sécularisé et s’impliquait dans la propagande monarchique en exprimant des résistances aristocratiques à l’absolutisme naissant. Mais par conviction et affection pour son frère, elle lui fut indéfectiblement fidèle et son église devait en témoigner publiquement. Elle faisait régulièrement prier pour le souverain et la sauvegarde du royaume, ainsi après l’attentat de Chastel, le 27 décembre 1594 : « Madame en estant vivement navrée jusques au fond de son cœur, elle eut recours aux prières, lesquelles elle fit faire incontinent et publiquement dans sa chambre et en très grande compagnie, où on pria Dieu ardemment pour la conservation de la santé du Roy38… » De même lors de la prise d’Amiens par les Espagnols en mars 1597 : « Les prédicateurs [catholiques] en leurs sermons, ne parlent point d’Amiens mais donnent sur les huguenots, lesquels pour tout cela ne laissent de s’assembler chez Madame, où le presche publicq se faict, avec renfort de prières pour le bon voyage et prospérité du Roy39. »
35Catherine ne remet pas en cause la fidélité au roi en tout ce qui ne touche pas « l’honneur de Dieu », son mariage lorrain en est la preuve, mais ne cède rien sur la liberté religieuse. Les controverses religieuses développées à Nancy et Paris pour la convertir sont célèbres. Catherine convoque les ministres chargés de défendre publiquement sa foi et organise une habile publicité autour de sa constance. Dans la Protestation que Catherine fait publier en 1599 après la conférence organisée pour sa conversion, la princesse proclame :
« Parce qu’il s’agit en ce fait de l’honneur de Dieu et de tous les fidelles en particulier, nous désirons que les Églises réformées de France et d’ailleurs soyent advertis de tout ce que dessus, et que Dieu nous ayant fait la grâce de résister constamment jusques à mayntenant à tous les assauts qui se sont présentés, elles le pryent continuellement à ce que nous puissions continuer de mesmes jusques à la fin de nostre vye40. »
36L’enjeu dépasse la personne de Madame. Les récits de ces débats publics révèlent – en dépit de la sclérose théologique qui s’instaure – la sincère quête de vérité qui anime certains auditeurs après l’établissement de la paix de religion. Mais les objectifs polémiques des orateurs et l’utilisation politique des controverses ne permettent pas d’établir les conditions d’un véritable dialogue.
37Ces controverses ont toujours une incidence publique et rejaillissent sur la vie même de l’église de Madame. En août 1603 :
« Le dimanche 10, Madame, à la prière du Roy son frère, assista au sermon du Père Cotton, jésuite, qu’il fit ce jour à Saint-Germain-en-Laye, à onze heures du matin ; et il prêcha l’évangile du Samaritain, où interprétant ce surplus dont il est fait mention audit passage, dit que c’était le trésor des indulgences du pape, et les œuvres de superérogation qu’il en tiroit. Ce que Madame fit confuter l’après-dinée par son ministre Du Moulin, auquel elle enchargea de prêcher cette même évangile. Ce qu’il fit41. »
38En l’absence de Madame, les protestants parisiens ne pouvaient célébrer publiquement le culte qu’à plus de cinq lieues de la capitale42. Quelques réunions étaient « tolérées dans les ambassades étrangères ou clandestinement tenues chez des particuliers43 ». La présence de Madame leur donnait un double caractère de publicité et de légalité qui disparut avec elle.
39La situation spéciale de cette femme, sœur protestante d’un roi catholique, l’engagea dans l’exercice d’une liberté religieuse objectivement plus audacieuse que dans sa propre doctrine. Calvin avait essayé d’instaurer à Genève une distinction entre l’Église et l’État, sans vraie liberté religieuse toutefois. Altesse royale huguenote, Catherine résista aux tendances confessionnelles qui s’exprimaient aussi bien dans l’absolutisme naissant des rois de France que dans le principe « cujus regio, ejus religio » de la Paix d’Augsbourg. Mais elle s’opposait aussi à la tentation du repli de la religion dans un espace privé. Tentative courageuse de faire appliquer l’Édit de Nantes dans le sens d’une vraie liberté religieuse, l’expérience – conflictuelle – ne survécut pas à la mort de la princesse. Son décès provoqua la disparition de l’Église de la dernière princesse protestante qui autorisait la célébration publique du culte réformé à la cour de France.
40Ce coup de projecteur sur l’église de la maison de Madame nous apporte différentes lumières sur une période troublée. Tout d’abord, au niveau social, nous découvrons l’attachante fidélité de toute une communauté à sa foi malgré les pressions qui annoncent déjà l’étouffement progressif du protestantisme. Ensuite, au niveau politique, ou public, nous constatons l’importance du lien à la couronne pour les églises réformées qui le revendiquait haut et fort en s’appuyant sur la sœur du roi. Enfin, au niveau anthropologique, la responsabilité que Catherine assumait envers sa petite église comme envers les Églises réformées de France témoigne de l’impact de l’engagement de la liberté d’une personne dans l’histoire.
Notes de bas de page
1 Grintchenko M.-H., Catherine de Bourbon (1559-1604), influence politique, religieuse et culturelle d’une princesse calviniste, Paris, Honoré Champion, 2009.
2 Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques [ADPA], B 22, 24, 25, 32, 41bis, 48bis, 57bis, 64bis, 83, 91, 111, 129, 134-142, (1572-1598) ; BN ms. fr. 22 442 f° 273s (1600) ; ADMM B 1267 (1601).
3 Le jeune clerc, après son « saut périlleux », fit une brillante carrière dans la maison de Madame. Fourrier puis maréchal des logis, il prit le titre de Sieur de La Place avec rang de gentilhomme.
4 ADPA, B 24, 25, 32, 41 bis.
5 De Laverny S., Les domestiques commensaux du roi de France au xviie siècle, Paris, Presses de l’université de Paris-Sorbonne, 2002, p. 150.
6 Grintchenko M.-H., Catherine de Bourbon…, op. cit., p. 152.
7 De L’Estoile P, Journal pour le règne de Henri IV, Lefèvre L.-R. (éd.), Paris, Gallimard, 1948, t. 1, p. 410.
8 En dépit des règles de l’Église réformée et malgré les plaintes du synode provincial du Poitou, Pierre Cayer, sieur de La Palme, préférait la liberté et le statut que lui procurait son service chez Madame. Par ailleurs, sa position modérée et ses efforts pour réconcilier les doctrines des Églises chrétiennes correspondaient alors à la volonté affichée de la maison de Navarre. L’abjuration sans condition du roi radicalisa l’attitude religieuse de l’entourage de sa sœur. Tout espoir de conciliation disparu, l’Église recueillie chez Madame entra en résistance et Palma-Cayet n’y avait plus sa place. Pannier J., L’Église réformée de Paris sous Henri IV, Paris, Honoré Champion, 1911, p. 56 n.
9 Cité par Pannier J., L’Église réformée de Paris, op. cit., p. 41.
10 Il rapporte dans son autobiographie « M. de Montigny […] fut chargé de suivre Madame en son voyage de Lorraine ; mais […] se fit descharger de ce fascheux voyage ». « Extrait de l’autobiographie de Pierre Du Moulin », BSHPF, t. V, 1856, p. 284.
11 « Le 14 may [1599] – M. Dumoulin, ministre de Madame, vint à Metz, et se retirit en France. M. Mozet exerçoit le ministère en son absence. Dieu le veuille conserver. Amen ! […] Dimanche 4 juillet – Dans la semaine, M. Mozet revient du service de Madame, sœur du roy. Il estoit arrivé un autre ministre, M. Menelet de Rouan, pour exercer le ministère. […] Lundi 30 avril [1600] – M. Divoy partit pour Nancy pour servir Madame, sœur du roy notre sire, au ministère du lieu de Nancy. Dieu le veuille conserver et ramener en bonne santé. » Jehan de Morey, « Chroniques par Jehan de Morey le bochiez », BSHPF, t. V, 1856, p. 283-292.
12 Barbiche B., Caillau-Lamicq P. et Grintchenko M.-H., « Lettres et mandements de Catherine de Bourbon. Recueil complémentaire (1571-1600) », dans Annuaire-bulletin de la Société de l’Histoire de France, année 2009, lettre n° 60.
13 Mémoires de Henri de La Tour d’Auvergne, Vicomte de Turenne, depuis duc de Bouillon, adressés à son fils le prince de Sedan, Michaud et Poujoulat (éd.), t. XI, Paris, 1838, p. 34.
14 Palma-Cayet, qui servit Catherine comme ministre pendant dix ans avant d’abjurer en 1595, reconnaissait longtemps les liens d’affection sincère qui unissaient la petite communauté domestique : « La maison de Navarre a cest heur particulier que leurs officiers domestiques ayment singulièrement leurs maistres et maistresses. » Palma-Cayet, Chronologie septenaire…, Paris, Michaud et Poujoulat (éd.), 1838, t. XII, p. 287.
15 Paul Ferry dans ses Observations séculaires a conservé des extraits des « Actes du consistoire de l’Église réformée qui se recueille sous l’autorité et en la maison de Madame, sœur unique du Roy » ; ils sont publiés dans le BSHPF, t. V, 1856, p. 148-160.
16 « Actes du consistoire… », op. cit., p. 157.
17 Pannier J., L’Église réformée de Paris…, op. cit., p. 59.
18 « Actes du consistoire… », op. cit., p. 152.
19 Ibid., p. 154.
20 Ibid., p. 156.
21 Ibid., p. 157.
22 Ibid., p. 150.
23 Le livre des actes du consistoire se termine, après l’annonce de la mort de Madame, sur la clôture des comptes des deniers des pauvres. « Actes du consistoire… », op. cit., p. 160.
24 De L’Estoile P., Journal…, op. cit., p. 507.
25 Pannier J., L’Église réformée de Paris…, op. cit., p. 33.
26 Ibid., p. 51.
27 « Actes du consistoire… », op. cit., p. 153 (Les chiffres semblent fiables, à partir de 1606, le temple de 4000 places était rempli).
28 Ibid., p. 151.
29 « Actes du consistoire… », op. cit., p. 153-154.
30 Le cas de Catherine n’est pas isolé. À la génération précédente Renée de France, duchesse de Ferrare, subit des pressions semblables. Fille de France, la duchesse de Ferrare ne cachait pas son inclination pour les idées réformées et sa maison abritait de nombreux huguenots, dont Madame de Soubise, sa fille et son gendre, Anne de Parthenay et Antoine de Pons, qui furent chassés en 1545 par le duc de Ferrare. Cf. Zum Kolk C., « Unions princières et enjeux politiques dans l’Europe de la Renaissance : Renée de France à Ferrare », colloque international Princesses et pouvoir politique à l’époque moderne, 7-8 mars 2003, université de Paris XII-Val de Marne, CREPHE. Et voir aussi Haase Dubosc D. et Viennot É. (dir.), Femmes et pouvoirs sous l’Ancien Régime, Actes du colloque de Paris au Centre de Columbia University, Reid Hall, décembre 1989, Paris, Rivages, 1991.
31 Palma-Cayet, Chronologie septenaire…, op. cit., Paris, Michaud et Poujoulat (éd.), 1838, t. XII, p. 44.
32 « Lettre de Catherine de Bourbon-Navarre à Henri IV, mars 1599 », Ritter R. (éd.), Lettres et poésies de Catherine de Bourbon, Paris, Champion, 1927, p. 149.
33 Ligueur modéré, partisan de l’arrêt Le Maistre du 28 juin 1593, Michel de Marillac était maître des requêtes depuis 1595. Il devint conseiller d’État sous Louis XIII, surintendant des finances et garde des Sceaux.
34 Couet J., La conference faicte à Nancy entre un docteur jésuite accompagné d’un capuchin, et deux ministres de la parole de Dieu, Bâle, 1600, p. 33.
35 De L’Estoile P., Journal pour le règne d’Henri IV…, op. cit., t. II, p. 109.
36 BNF, ms. it. 1742, f° 73.
37 Pannier J., L’Église réformée de Paris…, op. cit., p. 67.
38 De L’Estoile P., Journal…, op. cit., t. I, p. 439.
39 Ibid., p. 497.
40 « Protestation faite par Madame, sœur unique du roy, en la ville de Nancy, en conséquence de la conférence faite audit lieu… », BSHPF, t. V, 1856, p. 291.
41 De L’Estoile P., « Extraits du Journal de l’Estoile », cité dans « Les deux temples de l’Église réformée de Paris sous l’Édit de Nantes », BSHPF, t. II, 1854, p. 282.
42 De Grigny, le lieu de réunion se rapprocha à Ablon, avant de s’établir à Charenton.
43 Pannier J., L’Église réformée de Paris…, op. cit., p. 74.
Auteur
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Marie-Hélène Grintchenko
Collège des Bernardins, Paris
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