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    Plan détaillé Texte intégral La commande d’orfèvrerie dans l’économie de cour et le budget ducalLouis d’Orléans, un duc proche des orfèvres et changeurs parisiensConclusion Notes de bas de page Auteur

    Paris, ville de cour

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    La commande d’orfèvrerie de Louis d’Orléans et Valentine Visconti

    Arnaud Alexandre

    p. 169-183

    Texte intégral La commande d’orfèvrerie dans l’économie de cour et le budget ducalLouis d’Orléans, un duc proche des orfèvres et changeurs parisiensJean du VivierHermann RuisselHance CroistGilles SagetJean TarenneSimon de DammartinDenis MarièteConclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1En 2004, l’exposition du Louvre Paris 1400, les arts sous Charles VI1 a montré comment Paris assume, durant cette période de trêve relative au sein de la guerre de Cent Ans, un véritable rôle de capitale. En atteste le fait que la ville demeure le siège du pouvoir après la victoire des Bourguignons en 1418. Pour le développement de Paris, le règne de Charles VI prolonge l’œuvre de Charles V qui avait fait bâtir une nouvelle enceinte, réaménagé le Louvre et créé l’hôtel Saint-Paul, mais également développé la vie artistique et littéraire à Paris. La minorité de Charles VI, puis sa maladie, ont permis aux princes de sang de jouer un rôle de premier plan et exacerbé des rivalités qui ont, avant d’entraîner une reprise du conflit franco-anglais, contribué au développement économique et artistique de Paris. Phénomène caractéristique de la société de cour, les grands veulent demeurer au plus près du roi, et eux-mêmes développent leurs propres cours. Malgré des stratégies d’implantations différentes sur leurs domaines, les princes de sang, Jean de Berry, l’oncle du roi, mais aussi le duc de Bourgogne2 et le frère du roi, Louis, comte de Touraine puis duc d’Orléans, que nous appelons communément Louis d’Orléans, vivent fréquemment à Paris où, rivalisant de faste, ils contribuent au développement économique.

    2Ainsi Louis d’Orléans, malgré de nombreux voyages sur ses terres du Valois et d’Orléans, mais aussi plus au sud lorsque le roi le nomme gouverneur de Languedoc, réside avant tout à Paris où il se fait bâtir deux résidences par achats successifs de maisons contiguës, l’une proche du Louvre, l’hôtel de Bohème, l’autre à côté de l’hôtel Saint-Paul3. Il s’y entoure d’un personnel nombreux4 mais aussi de tout un réseau de proches, formant une cour où se tissent des liens étroits avec les milieux littéraires, intellectuels et artistiques contemporains. Christine de Pizan dédie son Épître d’Othea à Louis d’Orléans, Philippe de Mézières compte parmi les intimes du duc, des artistes comme Colard de Laon ou Nicolas Bataille reçoivent des commandes ou une pension en tant que valet de chambre du duc.

    3Au sein des cours princières, les orfèvres jouent un rôle particulier. À la croisée de l’art et de l’artisanat, également réserve monétaire, l’orfèvrerie connaît autour de 1400 un développement remarquable dont Paris constitue le principal foyer. Si les pièces d’orfèvrerie parvenues jusqu’à nous sont rares5, les sources écrites témoignent de la quantité considérable d’orfèvrerie produite, de la très haute qualité de certaines œuvres, du poids économique de l’orfèvrerie parisienne et de la proximité des orfèvres et des changeurs avec les princes et leur entourage. Les commandes d’orfèvrerie de Louis d’Orléans et de son épouse Valentine Visconti – même si les sources sont plus lacunaires pour cette dernière –, illustrent l’importance économique, sociale et artistique de l’orfèvrerie au sein des cours parisiennes au tournant des xive et xve siècles. Les œuvres dont la description nous est connue6 témoignent de la qualité de l’orfèvrerie parisienne autour de 1400.

    4Nous étudions ici successivement l’importance économique des commandes d’orfèvrerie dans le budget du duc d’Orléans telle qu’elle apparaît dans les pièces conservées de sa comptabilité et les liens sociaux entretenus par le duc avec les orfèvres et les changeurs parisiens, illustration de la mise en place d’une société de cour où se croisent différents milieux, gravitant autour du pouvoir royal.

    La commande d’orfèvrerie dans l’économie de cour et le budget ducal

    5Les nombreuses pièces comptables qui nous sont parvenues, bien que ne reflétant que partiellement l’ensemble du budget ducal, permettent d’estimer l’importance des commandes artistiques, notamment concernant l’orfèvrerie. Provenant pour la plupart de la chambre des comptes de Blois, mais conservées de manière aléatoire, elles souffrent d’une grande dispersion dans différents établissements dont les principaux sont la Bibliothèque nationale de France, les Archives départementales du Loiret et la British Library7. Les comptes de l’Hôtel sont essentiellement conservés pour les premières années de la vie politique de Louis d’Orléans, de 1389 à 13948, mais ils peuvent être complétés pour les années suivantes par un important fonds de mandements et quittances, qui se trouvent pour la plupart à Londres, ainsi que par le compte annuel de 1404-1405 conservé aux Archives nationales9.

    6Né en 1372, c’est à partir du début de l’année 1389 que Louis dispose de sa propre comptabilité et de son autonomie politique et sociale. Il bénéficie d’une rente mensuelle accordée par son frère Charles VI, dans un premier temps de 1000 livres tournois, ainsi que du bénéfice des revenus de ses apanages.

    7Dès janvier 1389, une première commande d’orfèvrerie est mentionnée, pour l’achat au changeur parisien Denis Mariète d’un hanap et d’une aiguière d’argent doré pour la somme de 45 francs et demi10, que Louis offre à Guillaume de Hermanville pour ses noces (les mariages occasionnent de nombreuses commandes d’orfèvrerie par Louis d’Orléans, le plus souvent de la vaisselle de table11). Le mandement correspondant à cette commande a également été conservé12, de même que celui pour deux autres commandes pour des cadeaux de mariage du même mois, chacune d’un hanap et d’une aiguière d’argent doré estimés à 55 francs, mais qui ne figurent pas dans le compte mensuel. Ces premières dépenses de Louis nous indiquent d’une part l’importance que revêt la commande d’orfèvrerie de table, d’autre part la difficulté à préciser le poids de ces dépenses dans son budget, faute de comptabilité complète.

    8À ces commandes, il convient d’ajouter de nombreux achats de petites pièces d’orfèvrerie destinées à la parure (notamment pour les coudre sur les vêtements). Le compte de septembre 1390 présente la première mention de ce type de commande, avec la réalisation par l’orfèvre parisien Ancellet Veryus de clochettes d’argent doré pour orner deux robes13. Ces petites commandes, souvent nombreuses, constituent un poste budgétaire non négligeable et font parfois l’objet de comptes spécifiques.

    9En mars 1390, Louis s’est fait aménager un hôtel à Paris, dit hôtel de Bohème, et y tient des fêtes fastueuses qui semblent marquer le début de sa vie publique. Ces fêtes sont l’occasion de commandes pour l’ornement de l’hôtel, mais également d’échanges de cadeaux. Peu après, Louis achète pour 3000 francs un « chappel d’or garni de pierreries et de perle » pour son épouse Valentine Visconti14. Il s’agit de la plus importante dépense d’orfèvrerie faite par le duc : elle représente l’équivalent de trois mois de la pension octroyée par le roi (d’ailleurs en cette année 1390, les comptes mensuels de l’Hôtel du duc sont particulièrement déséquilibrés, avec en mars un déficit de 3366 francs et en juillet de 2900 francs15). À titre de comparaison, la construction d’une chapelle dans le couvent des Célestins à Saint-Pierre-des-Châtres, près du château de Pierrefonds, possession de Louis, s’est élevée à 2850 francs, prix qui comprend la fourniture de pierres, la main-d’œuvre nombreuse et le décor des verrières16. Les commandes d’orfèvrerie revêtent ainsi une importance économique considérable.

    10En juillet 1390, les dépenses d’orfèvrerie représentent 37 % de l’ensemble des dépenses du mois, l’ensemble étant destiné à des dons et pour l’essentiel acheté aux changeurs parisiens Jean Tarenne et Simon de Dammartin17. En janvier 1391, mois particulier puisqu’il comprend les dépenses relatives aux étrennes, pratique en constante expansion durant le règne de Charles VI18, 31 % des dépenses du duc sont consacrées à l’achat d’orfèvrerie pour cette fête curiale. S’y ajoutent de l’orfèvrerie offerte également en étrennes par Valentine Visconti (9 %), mais payée sur le compte mensuel du duc, et d’autres achats d’orfèvrerie destinée au duc pour d’autres motifs (13 %). Ainsi, l’ensemble des commandes d’orfèvrerie de ce mois de janvier 1391 représente 53 % d’une dépense totale de 7868 livres tournois19.

    11Malgré une comptabilité beaucoup plus lacunaire après 1394, et surtout après 1400, les dépenses du duc d’Orléans consacrées à l’orfèvrerie continuent de s’accroître (dans un contexte global d’augmentation des dépenses). À l’occasion des étrennes de 1405, le duc achète auprès de plusieurs orfèvres des joyaux et de la vaisselle pour près de 19000 livres tournois. Cette commande comprend notamment un hanap d’or valant 1200 livres tournois pour le roi et une statuette en or ornée de pierreries, d’une valeur de 1350 livres tournois, offertes à son oncle Jean de Berry20. Cette dépense somptuaire pour les seules étrennes équivaut à l’ensemble des dépenses d’orfèvrerie effectuées par la reine Isabeau de Bavière sur une année, telles que nous les présentent les comptes de l’Argenterie de la reine de 1401 et 1403 : 19688 livres tournois en 1401 et 17444 livres en 140221. Dans les comptes d’Isabeau de Bavière, comme dans ceux du duc d’Orléans, l’orfèvrerie représente un poste budgétaire considérable : plus de 40 % du budget total de la reine en 1401 et environ 30 % en 1402.

    12L’action de Valentine Visconti demeure plus difficile à évaluer, faute de sources comptables, et parce qu’elle ne disposait que de peu d’indépendance financière (200 livres de rente mensuelle accordée par Louis dès son mariage), la plupart de ses achats étant payés directement par le trésorier du duc, à l’instar des dépenses d’orfèvrerie pour les étrennes de 1391 évoquées ci-dessus qui composent 9 % des dépenses de Louis pour le mois. Quelques exemples permettent néanmoins de lire le rôle qu’elle a pu jouer, à l’exemple des étrennes de 1396 et 1397 pour lesquelles la British Library conserve des listes d’achat22. En 1396, Valentine commande ainsi à Jean Tarenne pour 796 francs d’orfèvrerie, comprenant notamment une salière ornée d’un porc-épic, emblème de son mari, auquel elle est destinée.

    Louis d’Orléans, un duc proche des orfèvres et changeurs parisiens

    13Des fréquentes commandes d’orfèvrerie naît un lien étroit entre le duc et le milieu des orfèvres et changeurs parisiens. Ces derniers, dont Philippe Henwood a dressé le catalogue23, sont vers 1400 indispensables à la vie de cour, car producteurs d’orfèvrerie fastueuse, mais également, notamment pour les changeurs, en capacité à prêter aux princes, qui manquent de liquidités et multiplient les emprunts.

    14Louis d’Orléans fit appel à de nombreux orfèvres et changeurs pour des commandes ponctuelles : 56 noms ont pu être comptabilisés (voir tableau en annexe). Il s’est adressé presque exclusivement à des Parisiens, et les quelques exceptions sont liées à des présents lors de voyages ducaux (à Toulouse et Avignon notamment). Mais les orfèvres à qui le duc passe des commandes fréquentes sont peu nombreux : dans un premier temps les orfèvres du roi Jean du Vivier et Hermann Ruissel, puis surtout Hance Croist et Gilles Saget, orfèvres à son service presque exclusif. Aux côtés du roi et d’autres princes, Louis joue ainsi un rôle majeur dans l’essor des orfèvres et changeurs parisiens, et se différencie de Jean de Berry qui emploie plus fréquemment les orfèvres de Bourges (même s’il s’adresse parfois aussi aux orfèvres parisiens)24.

    15Dans de nombreux domaines, Louis d’Orléans fit souvent appel aux hommes qui avaient travaillé pour son père. Ainsi Raymond du Temple, maître d’œuvre du Louvre de Charles V fut chargé des chantiers parisiens du duc, ses hôtels et sa chapelle au couvent des Célestins25. De même, durant les premières années de sa vie publique, Louis fit appel à plusieurs reprises aux orfèvres du roi. Par la suite, c’est Valentine Visconti qui semble avoir le plus souvent eu recours à ces orfèvres.

    Jean du Vivier

    16Mentionné pour la première fois vers 1360, Jean du Vivier fut le principal orfèvre de Charles V26, puis de Charles VI. Dès mars 1389, il est mentionné dans les archives de Louis d’Orléans pour la fabrication d’une ceinture d’or27. De 1389 à 1391, Louis eut recours à de nombreuses reprises aux talents de Jean du Vivier : en juillet 1390, l’orfèvre réalise « un collier d’or esmaillé de rouge, noir, vert, bleu, blanc et une chesne d’or28 » et en janvier 1391, il livre au duc, entre autres pièces, un fermail d’or « en façon d’une sainture de l’ordre de Bourbon, garny de pierreries » et plusieurs ceintures d’or (dont une ornée de cosses et fleurs de genêt, emblème du roi)29. En décembre 1390, il est mentionné comme « valet de chambre du roi et du duc30 ».

    17Après 1391, les commandes à Jean du Vivier sont beaucoup plus rares31. Le duc semble alors choisir de s’attacher ses propres hommes, ce qui diffère de sa pratique habituelle, tant pour les hommes de son hôtel, dont Elisabeth Gonzalez a montré qu’ils étaient très souvent au service simultanément du roi et de son frère que pour nombre de ses fournisseurs (le peintre Colard de Laon, le sellier du roi Jean de Troyes…). Cette absence de celui qui venait d’être mentionné comme valet de chambre pourrait trouver son origine dans un long différend entre le prince et son orfèvre sur le paiement d’une commande datant du début de l’année 1391, qui ne fut réglé qu’en 1398. Jean du Vivier réclamait le paiement d’un travail pour lequel il n’avait pas remis de compte. Finalement le duc le dispense du rendu de ce compte, mais diminue fortement la somme demandée32.

    Hermann Ruissel

    18Le second orfèvre du roi, Hermann Ruissel est plus jeune, il apparaît vers 1385 comme orfèvre et valet de chambre du duc de Bourgogne, puis à partir de 1389 jusqu’en 1404, il est aussi employé par Charles VI33. Il est mentionné pour la première fois dans la comptabilité de Louis d’Orléans en janvier 1391 pour lui avoir façonné trois dagues en or34. Le même mois, le duc avait passé une commande bien plus importante à Jean du Vivier, et par la suite il n’eut que rarement recours au jeune orfèvre du roi et uniquement pour de petits travaux, loin des chefs-d’œuvre réalisés par d’autres. L’ouvrage le plus important qu’il ait fait pour le duc d’Orléans est un « arrest d’or de petites lettres esmaillées de plusieurs couleur […] valent XXI frans, VII sous, VI deniers tournois35 ». À l’inverse, à partir de 1399, Hermann Ruissel apparaît à plusieurs reprises dans la comptabilité de Valentine Visconti36.

    19Pour ses achats, Louis d’Orléans s’est souvent attaché les services d’un seul fournisseur régulier (peintre, tapissier, brodeur, tailleur…) en le nommant valet de chambre, ce qui lui valait, outre de nombreuses commandes, une pension. Le plus souvent, il n’eut qu’un unique valet de chambre dans chaque domaine auquel il demeura fidèle jusqu’à son assassinat en 1407. Pourtant, le duc nomma successivement deux orfèvres comme valets de chambre. Cependant, ces deux nominations sont intervenues à des dates éloignées et il n’est pas assuré que Hance Croist et Gilles Saget aient exercé leurs fonctions simultanément ni avec les mêmes attributions. Si tous deux semblent avoir travaillé presque exclusivement pour le duc d’Orléans et son épouse, le premier obtint le titre de valet de chambre dès ses premières réalisations quand le second travailla plus de dix ans pour le couple ducal avant d’obtenir un titre officiel.

    Hance Croist

    20Le premier orfèvre valet de chambre, Hance Croist, est connu pour avoir travaillé pour le duc de Touraine à partir de 1391 : dans le compte de septembre lui est payé l’or nécessaire à la réalisation d’une ceinture37. Avant cette date, l’orfèvre parisien n’est pas connu, et durant sa carrière, on ne lui trouve pas d’autre commanditaire que le duc d’Orléans38. Mais ce dernier lui passe de très nombreuses commandes, et, au plus tard en 1394, il porte le titre d’orfèvre et valet de chambre du duc39. Ce titre lui est donné dans un rôle contenant les divers ouvrages d’orfèvrerie qu’il a livrés pendant huit mois. Plusieurs autres listes indiquent par la suite les ouvrages exécutés par Hance Croist, le plus souvent de menus objets, notamment destinés à orner des vêtements pour le duc et les hommes de son hôtel ou pour offrir. L’orfèvre est régulièrement cité au service du duc et demeure valet de chambre au moins jusqu’en 140340. Après cette date, Hance Croist n’est plus mentionné qu’une fois en 1405, toujours au service de Louis d’Orléans41.

    21Sa fonction lui vaut d’importantes commandes, même si d’autres orfèvres sont régulièrement sollicités. Il est chargé de la plus grande partie des menus travaux d’orfèvrerie qui lui sont payés a posteriori, justifiés par des listes d’ouvrages exécutés. Ces listes sont régulièrement employées dans tous les domaines des arts textiles pour différents artisans bénéficiant du titre de valet de chambre : le brodeur Jean de Clarcy, les tailleurs Perrin Pillot et Jean Mauduit ou encore le fourreur Thomas Pothier. Hance Croist est également sollicité fréquemment pour les étrennes et pour des œuvres de grande envergure, à l’instar de la nef en forme de porc-épic évoquée ci-après.

    Gilles Saget

    22En septembre 1403, Louis nomme un autre orfèvre, Gilles ou Gilot Saget, comme valet de chambre. Ce second valet n’est pas un nouveau venu : le duc et surtout la duchesse lui passent des commandes assez régulières depuis les premiers ouvrages qu’il a réalisés pour Valentine Visconti en 139142, moins d’un an après qu’il ait été reçu orfèvre43. Chargé à plusieurs reprises de travaux de réparation pour la duchesse, Gilles Saget reçoit aussi dès 1391 des commandes importantes. En septembre, il est payé plus de 700 francs pour un ensemble de vaisselle, cadeau pour les noces du chambellan du duc Jean de Roussay44. Par la suite, l’orfèvre est mentionné fréquemment, mais ne reçoit plus de commandes aussi importantes, contrairement à Hance Croist et aux changeurs Jean Tarenne ou Simon de Dammartin très sollicités pour les étrennes45.

    23Pourtant le 12 septembre 1403, Gilles Saget reçoit le titre d’orfèvre et valet de chambre du duc46. Dans les lettres de nomination, Louis d’Orléans se plaint que les réparations et autres nécessités entraînées par ses collections ont été auparavant mal faites47, ce qui pourrait expliquer que la fonction d’orfèvre ducal soit subitement passée de Hance Croist à Gilles Saget48. Durant la décennie précédente, Hance Croist était souvent employé pour des réalisations même modestes, mais on ne le voit pas effectuer de réparations, alors que dès 1391 Gilles Saget en réalisait pour le couple ducal.

    24Gilles Saget est mentionné au service du duc jusqu’en 1406. Il perçoit toujours alors une pension annuelle de 50 livres tournois, conforme à ce qui avait été fixé lors de sa nomination49.

    25Outre les orfèvres valets de chambre royaux ou ducaux, Louis d’Orléans sollicite fréquemment des changeurs parisiens pour le fournir en orfèvrerie, principalement Jean Tarenne et Simon de Dammartin. Proches des milieux de cour, ces changeurs assument un rôle économique majeur à Paris, au carrefour des mondes financiers et artisanaux, puisque certains semblent se définir alternativement comme orfèvres et changeurs.

    Jean Tarenne

    26Changeur le plus souvent sollicité par le duc d’Orléans, connu également par d’autres sources, Jean Tarenne fournit pour près de 1500 francs de vaisselle pour les étrennes de 1391, les premières documentées dans la comptabilité ducale50. Par la suite, c’est lui qui, pratiquement chaque année, livre le plus d’orfèvrerie pour les étrennes51. En 1404 encore, pour les dernières étrennes documentées de Louis d’Orléans, Jean Tarenne, parmi les nombreux orfèvres et changeurs sollicités, reçoit la commande la plus importante52.

    27Jean Tarenne appartient également à l’entourage social de Louis d’Orléans : en 1390, le duc parraine son fils53 et offre même des présents aux nourrices de l’enfant54. En 1393, l’épouse de Jean Tarenne reçoit à nouveau un cadeau de valeur à l’occasion d’un autre baptême55. Tarenne ne bénéficie pourtant d’aucun titre auprès du duc et n’est pas à son service unique comme le sont les orfèvres. Il est ainsi mentionné dans les comptes de l’hôtel du roi sous Charles V et Charles VI et surtout apparaît dans l’entourage de Jean de Berry. Ce dernier lui fait don de 500 écus en 140256 et le paie en 1406 pour avoir gravé des fers et fabriqué des jetons d’or et d’argent au type de l’ours57. Il est également mentionné à plusieurs reprises dans les comptes de l’hôtel du roi, sous Charles V et Charles VI. Habitué des princes, Jean Tarenne entretient aussi des relations avec le milieu des orfèvres et investit dans l’immobilier parisien qui connaît au tournant des xive et xve siècles un grand nombre de transactions. Le changeur est en effet co-concessionnaire, avec l’orfèvre Michel de Laillier58, de pas moins de 32 loges sur le pont Saint-Michel59.

    Simon de Dammartin

    28Second changeur souvent sollicité par Louis d’Orléans, Simon de Dammartin est même mentionné, mais sur une seule occurrence, comme valet de chambre du duc d’Orléans60. Les autres documents le nomment changeur et bourgeois de Paris. Dammartin vend aussi de grandes quantités d’orfèvrerie pour plusieurs étrennes. En 1391 déjà, Louis lui achète pour près de 950 francs de joyaux pour offrir à la famille royale61.

    Denis Mariète

    29Autre changeur parisien, Denis Mariète présente un parcours particulier. D’abord fournisseur d’orfèvrerie pour Louis d’Orléans en tant que changeur, il est mentionné en 1394 comme « contrôleur de [la] chambre aux deniers » ducale et tient à ce titre un compte mensuel62. En 1397, il tient, en tant qu’argentier du duc, un compte annuel63, tâche d’ordinaire dévolue au trésorier ducal Jean Poulain.

    30Comme à la plupart des gens de son hôtel, le duc offre à Denis Mariète des présents d’orfèvrerie quand l’occasion se présente. En 1394, il lui donne ainsi un hanap et une aiguière d’argent en cadeau de mariage64, orfèvrerie achetée à Jean Tarenne. Quatre ans plus tard, il parraine son fils et offre à nouveau un hanap et une aiguière d’argent à la femme de Mariète65, acquis de Simon Allais.

    31Si Denis Mariète est assurément un financier et semble rapidement s’éloigner des milieux économiques liés à l’orfèvrerie, les contours d’activité entre changeurs et orfèvres dans le Paris de la fin du xive siècle ne sont pas évidents. La proximité d’intérêt de l’orfèvre Michel de Laillier et du changeur Jean Tarenne témoigne de la perméabilité entre ces milieux. Mieux, Perrin Luillier, à qui Louis d’Orléans achète fréquemment des joyaux, notamment pour les étrennes, est mentionné dans les comptes comme changeur, mais en 1394 un mandement le présente en tant qu’orfèvre66.

    32Il est difficile de déterminer ce qui guide les choix du duc d’Orléans de traiter avec un changeur ou directement avec un orfèvre. Tout juste peut-on remarquer qu’il commande fréquemment aux changeurs les joyaux et autres statuettes en ronde-bosse destinés aux étrennes, pièces prestigieuses, ce qui pourrait paraître paradoxal. La ligne de partage ne se situe pas entre réalisation nouvelle et achat d’orfèvrerie existante (dont on sait qu’elle est l’objet de nombreux changements de propriétaires). En effet, certaines commandes à Jean Tarenne indiquent que le changeur a « fait faire » l’orfèvrerie, à l’exemple du joyau offert au duc de Bourbon en 1401 : « Une escharpe d’argent a feuilles d’ortye […] laquelle ledit Tarenne a fait faire de nostre commandement et ordonnance67. » On notera que cette écharpe est la seule mentionnée parmi les commandes du duc d’Orléans au moment où leur mode, encore inconnue peu avant 1400, se répand dans les milieux princiers. De même, un autre mandement indique que Jean Tarenne et Simon de Dammartin doivent être payés « sur l’or et façon de certains joyaux d’or que [nous, le duc d’Orléans] leur avons enchargié faire pour nous et pour donner […] aux estraines du premier jour de janvier68 ». A contrario de ces commandes prestigieuses, le même Simon de Dammartin se voit rétribué en septembre 1391 pour « les parties que le duc d’Orléans lui a ordonnées ledit mois69 » ; cette formulation, employée pour les listes fournies par les valets de chambre, en orfèvrerie comme en confection vestimentaire, se rapporte à la production de petits éléments d’orfèvrerie fabriqués pour l’occasion.

    33Changeurs et orfèvres parisiens participent d’un même milieu social constituant un des cercles formant les cours royales et princières. La fréquence et le prix des commandes émanant de Louis d’Orléans et Valentine Visconti témoignent du poids économique de cette activité dans le Paris de 1400.

    Conclusion

    34Sur le plan artistique, le règne de Charles VI fut une époque particulièrement remarquable pour la production d’orfèvrerie. Des techniques comme l’émail sur ronde-bosse d’or, le poinçonné, ou l’émail rouge clair, toutes élaborées au cours de la période précédente, voient leur apogée, leur emploi sur des pièces de grandes tailles, permettant la réalisation de véritables joyaux d’orfèvrerie, souvent d’inspiration religieuse, à l’exemple du Goldenes Rössl conservé à Altötting70 ou du reliquaire de la Sainte-Épine conservé au British Museum et un temps assimilé à une commande de Louis d’Orléans71 (cahier couleur, ill. XII). De toute cette production qui se diffuse à travers l’Europe, Paris est incontestablement le principal foyer et le couple royal et les princes les principaux commanditaires.

    35Au côté de ces joyaux d’orfèvrerie, la fin du xive et le début du xve siècle sont également le moment d’une importante production d’orfèvrerie de table, qu’illustre bien la scène de banquet des Très riches heures du duc de Berry72. La nef dite du porc-épic, commandée par Louis d’Orléans en 1393 que nous évoquons pour conclure, réalise la synthèse entre vaisselle et joyaux d’orfèvrerie. Œuvre majeure du principal orfèvre ducal, Hance Croist, la nef du porc-épic nous est connue par un compte particulier rédigé en 139673. Son prix de 2828 livres en fait l’un des joyaux les plus chers commandés par le duc – et le plus coûteux qui ne soit pas destiné à être offert, mais à orner la table ducale. Son iconographie correspond à l’un des emblèmes de Louis, qui devient également à partir de 1394 la devise de l’ordre du Camail fondé par Louis d’Orléans74. La nef, toute d’or, est rehaussée de fils d’argent soulignant les épines de l’animal et de saphirs formant ses yeux. Elle est dotée d’un mécanisme permettant un mouvement dont on ignore la nature.

    Annexe. Liste des orfèvres et changeurs sollicités par Louis d’Orléans ou Valentine Visconti

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    Note75
    Note76

    Notes de bas de page

    1  Taburet-Delahaye É. (dir.), Paris 1400. Les arts sous Charles VI, catalogue de l’exposition du musée du Louvre, Paris, RMN, Fayard, 2004.

    2  Voir à ce sujet les travaux publiés dans Paravicini W. et Schnerb B. (dir.), Paris, capitale des ducs de Bourgogne, Ostfildern, Thorbecke, 2007.

    3  Alexandre A., « Que le roi puisse toujours avoir près de lui. Présence de Louis d’Orléans à Paris : résidences et chapelles privées », in Paravicini W. et Schnerb B. (dir.), op. cit., p. 373-388. Voir également Alexandre A., « Les travaux d’art et les collections de Louis d’Orléans. 1389-1407 », Positions des thèses de l’École nationale des chartes, 1999.

    4  Gonzalez É., Un prince en son hôtel. Les serviteurs des ducs d’Orléans au xve siècle, Paris, Publ. de la Sorbonne, 2004.

    5  Pour une grande part, ces disparitions sont dues à la refonte rapide du métal pour permettre de nouvelles productions ou subvenir à des nécessités financières.

    6  Malheureusement aucune œuvre conservée ne peut être avec certitude attestée comme correspondant à une commande de Louis d’Orléans, même si des rapprochements ont pu être proposés par différents historiens de l’art (Ainaud i Escudero J.-F., « Dos portapaux de cap al 1400 : el de Pere d’Urgell i de Violant de Bar », Bulleti del Museu Nacional d’Art de Catalunya, n° 2, 1994, p. 138 ; Evans J., « The duke of Orléans’reliquary of the Holy Thorn », Burlington Magazine, n° 78, 1941, p. 196-201).

    7  Ces institutions sont indiquées dans les notes selon les abréviations BnF pour la Bibliothèque nationale de France, BL pour la British Library et AD Loiret pour les Archives départementales du Loiret. Les Archives nationales seront indiquées Arch. nat.

    8  BnF, PO et AD Loiret, 6J. Certains comptes mensuels de 1396 et 1398 sont également conservés mais en moins grand nombre que pour les années précédentes.

    9  Arch. nat., KK 267. Ce compte tenu par Jean Poulain, trésorier général du duc, est le treizième qu’il ait tenu, mais le seul conservé. Les dépenses qui y figurent diffèrent de celles inscrites dans les comptes mensuels. Recensant essentiellement le paiement de gages et pensions et des travaux dans les propriétés du duc, le compte annuel ne mentionne pas les commandes d’orfèvrerie. Les comptes mensuels correspondent à la rente octroyée au duc. Les revenus des apanages sont gérés par le receveur de chaque terre et employés essentiellement aux dépenses sur le territoire concerné (paiement des hommes du duc, travaux de réparations des bâtiments, rentes de chapitres monastiques).

    10  BnF. NAF 3638, n° 116. Il s’agit du deuxième compte mensuel tenu par Jean Poulain, le premier daté de décembre 1388 est en fait antérieur à la lettre de Louis donnant instruction à Jean Poulain de tenir sa comptabilité, datée de 5 janvier 1389 (BnF, PO 2151, n° 70 et 71).

    11  Alexandre A., « L’art au service de la politique : la pratique du don chez Louis d’Orléans », in La création artistique en France autour de 1400, Paris, École du Louvre, 2006, p. 69-94.

    12  BnF, PO 1853, Mariette, n° 2.

    13  BnF, PO 2151, n° 106. Les clochettes sont payées 4 francs et 10 sous tournois. Les robes sont destinées l’une au roi, l’autre à Louis.

    14  BnF, NAF 3638, n° 138, compte de Jean Poulain pour août 1390 (mais le mandement date d’avril). On notera cependant que ce chappel n’est pas acheté à un orfèvre parisien comme la plupart des commandes ducales, mais à un marchand gênois, Manuel de Lanier.

    15  BnF, PO 2151, n° 92 et 102.

    16  Arch. nat., KK 266, compte de Gilles de Langres pour la construction de cette chapelle.

    17  BnF, PO 2151, n° 102.

    18  Hirschbiegel J., Étrennes. Untersuhungen zum höfischen Geschenkverkehr im spätmittelalterlichen Frankreich dez Zeit König Karls VI (1380-1422), Munich, 2003.

    19  BnF, PO 2151, n° 111 et 113.

    20  Londres, BL, Add. Ch. 3114 : mandement ducal du 6 janvier 1405, pour un montant de 18997 livres, 1 sou et 7 deniers tournois.

    21  Paris 1400, op. cit., p. 123-124.

    22  Londres, BL, Add. Ch. 2854, 2876, 2934, 3001, 3015.

    23  Henwood P., « Les orfèvres parisiens pendant le règne de Charles VI (1380-1422) », Bulletin archéologique du CTHS, nouvelle série 15 A, 1982, p. 85-180.

    24  Verlet-Réaubourg N., Les orfèvres du ressort de la Monnaie de Bourges, Genève, Droz, 1977, p. 54-60.

    25  BnF, NAF 3655, n° 998 et PO 2806, Temple, 62388.

    26  Pour la biographie de Jean du Vivier avant qu’il ne soit employé par le duc de Touraine, voir Henwood P., op. cit., p. 96-102.

    27  Mandement de payer 200 francs à Jean du Vivier, daté du 14 mars 1389, cité par Laborde E. de, Les ducs de Bourgogne. Études sur les lettres, les arts et l’industrie pendant le xve siècle et plus particulièrement dans les Pays-Bas et le duché de Bourgogne, Paris, 1849-1852, t. III, n° 5440.

    28  Londres, BL, Add. Ch. 2848 : mandement de Louis d’Orléans de payer 83 francs à Jean du Vivier, daté du 30 juillet 1390. Le paiement n’est inscrit que dans le compte d’avril et mai 1392 (AD Loiret, 6J 3 34).

    29  BnF, PO 2152, n° 111-113, compte de Jean Poulain pour janvier 1391. Sont aussi fournies par l’orfèvre une chaîne et des garnisons de couteaux et d’épées en or.

    30  BnF, PO 2152, n° 108-109, compte de Jean Poulain de décembre 1390. Cette mention unique de Jean du Vivier comme valet de chambre ducal concerne un ensemble d’ouvrage d’orfèvrerie se montant à 1577 francs, 3 sous et 9 deniers tournois, dont la quittance de paiement est également conservée (BnF, PO 3034, du Vivier, n° 3).

    31  Sont encore mentionnés une livraison pour un montant de 1577 francs pour les étrennes de 1391 (BnF, PO 2152, n° 108), un hanap d’or garni de pierreries en juin 1391 (AD Loiret, 6J 3 30), et un collier d’or émaillé en 1393 (d’après une quittance transcrite dans Roman J., Inventaires et documents relatifs aux joyaux des princes d’Orléans-Valois, 1389-1481, Paris, Leroux, 1894, p. 40).

    32  Londres, BL, Add. Ch. 3038 : mandement de Louis d’Orléans, daté du 22 juin 1398, ordonnant à Jean Le Flament de payer 500 francs à Jean du Vivier. Le mandement précise que « Jehan du Vivier, orfevre et varlet de chambre du roy [a] longtemps poursuivi [le duc] pour plusieurs parties d’orfevrerie et pierrerie dont il avoit a rendre compte […] depuis le premier jour de janvier, l’an mil CCC IIIIxx et dix, jusqu’au derrenier jour de juillet, l’an mil CCC IIIIxx et quatorze ». L’orfèvre réclamait 897 livres, 18 sous et 2 deniers tournois, il recevra au terme de la négociation 500 francs.

    33  Sur Hermann Ruissel, voir Henwood P., op. cit., p. 104-106.

    34  BnF, PO 2152, n° 111-113.

    35  AD Loiret, 6J 3 34 : compte de Jean Poulain pour les mois d’avril et mai 1392.

    36  BnF, PO 2594, Ruissel, n° 2/PO 2154, n° 278-279/, NAF 3655, n° 1084.

    37  BnF, PO 2860, Touraine n° 5. Le 13 septembre 1391, Hance Croist a reçu 66 francs et 10 sous tournois pour avoir un marc d’or pour faire une ceinture.

    38  Henwood P., op. cit., p. 128. Hance Croist (ortographié Crest dans ce document) est mentionné une seule fois dans la comptabilité du duc de Bourgogne, pour avoir vendu un « collier d’or à façon de soleil » en mars 1403 pour un montant de 444 l. t. (AD de Côte-d’Or, B 1538, f° 249). Je remercie Florence Berland pour cette information.

    39  BnF, PO 2153, n° 184 : liste incomplète de l’orfèvrerie délivrée par Hance Croist, orfèvre et valet de chambre du duc d’Orléans, du 7 février au 9 novembre 1394.

    40  BnF, PO 2155, n° 312 : mandement de Louis d’Orléans à Jean le Flament de faire payer par Jean Poulain plusieurs personnes dont Hance Croist pour de menus travaux. Le mandement est daté du 24 octobre 1403 et Hance Croist y est encore nommé orfèvre et valet de chambre du duc.

    41  Laborde E. de, op. cit., t. III, n° 6030. Dans un acte daté du 6 janvier 1405, Hance Croist est cité pour le paiement d’ouvrages effectués pour Louis d’Orléans.

    42  BnF, PO 2860, Touraine, n° 2 : dans le compte de mai 1391, Gilles Saget reçoit 450 francs pour six fermaux d’or et 25 francs pour une nef d’argent et des réparations de vaisselle pour Valentine Visconti. En février et mars 1392, il est à nouveau rémunéré pour des réparations d’orfèvrerie pour la duchesse (BnF, PO 2152, n° 157).

    43  Henwood P., op. cit., p. 172.

    44  BnF, PO 2860, Touraine, n° 5. La commande comprend notamment 12 hanaps vermeils émaillés, deux hanaps et aiguières vermeils poinçonnés, deux autres gobelets de même, ainsi que « deux grans poz d’argent dorez poinconnez en facon de poire ». L’ensemble a coûté 707 francs, 3 sous et 9 deniers tournois.

    45  Pour les étrennes de 1396, Gilles Saget exécute néanmoins « unz tableaux d’or à un mirouer » d’une valeur de 72 francs, que le duc a offert à Valentine (Londres, BL, Add. Ch. 2971, mandement du 12 avril 1396).

    46  BnF, PO 2605, Saget, n° 4 : vidimus du chambellan du roi d’une lettre de mandement de Louis d’Orléans concernant la nomination de Gilles Saget. Le texte en a été publié intégralement par Henwood P., op. cit., p. 173-174.

    47  « Pour obvier aux grans pertes, dommaiges et despens qui ou temps passé nous avons euz et soustenuz parce que tantost que nostre vaisselle d’or et d’argent estant tant ou offices de nostre hostel […] comme ailleurs estoit un peu dommagée, elle n’estoit incontinent refaite et reppareillée. »

    48  La dernière mention d’Hance Croist comme valet de chambre du duc date d’octobre 1403, postérieure donc, mais d’un mois seulement, à la nomination de Gilles Saget. Ce dernier semble donc bien avoir succédé à Hance Croist. Si une seule mention d’Hance Croist n’est connue postérieurement, il est difficile d’être certain de sa disgrâce car les sources pour cette période sont très lacunaires.

    49  BnF, PO 2605, Saget, n° 6 : quittance de Gilles Saget du 13 mai 1406, pour 20 livres tournois, partie de sa pension annuelle de 50 livres. Après 1406, l’orfèvre n’est plus mentionné, sinon une fois en 1406 (Henwood P., op. cit., p. 175).

    50  BnF, PO 2151, n° 111-113. Jean Tarenne reçoit précisément 1493 francs et 15 sous tournois.

    51  Ainsi pour les étrennes de 1392 fournit-il pour 1914 francs, 8 sous et 4 deniers tournois d’orfèvrerie (BnF, PO 2797, Tarenne, n° 7).

    52  Londres, BL, Add. Ch. 3114 : mandement de 6 janvier 1405.

    53  BnF, NAF 3638, n° 138 : le compte d’août 1390 mentionne le paiement à l’orfèvre parisien Guillaume Arrode de 60 francs pour l’achat d’un hanap et d’une aiguière d’argent vermeil doré, que le duc a fait donner à la femme de Jean Tarenne par Amaury d’Orgemont qui l’a représenté au baptême.

    54  BnF, NAF 3638, n° 138. « Aux nourrisses de l’enfant Jehan Tarenne que mon seigneur leur a fait donner […] XX frans ».

    55  Londres, BL, Add. Ch. 2190 : quittance donnée par Simon de Dammartin du 11 octobre 1393 pour plusieurs ouvrages dont un hanap et une aiguière d’or à hachures au pointillé, valant 63 francs et 15 sous tournois.

    56  BnF, PO 2797, Tarenne, n° 18. Le duc de Berry donne 500 écus d’or à Jean Tarenne pour divers services.

    57  Blanchet A., « Sceaux de marchands et artistes parisiens, fin du xive-commencement du xve siècle », Bull. Soc. Hist. de Paris, n° 59, 1932.

    58  Cet orfèvre peu sollicité par Louis d’Orléans lui a néanmoins fourni pour 6600 francs de vaisselle d’or et d’argent pour les étrennes de 1405.

    59  Ibid. Jean Tarenne est aussi propriétaire de plusieurs maisons dans la paroisse Saint-Jacques-de-la-Boucherie.

    60  Londres, BL, Add. Ch. 2870 : mandement de novembre 1392. Le changeur y est appelé « nostre amé varlet de chambre ». On trouve aussi une mention de Simon de Dammartin comme valet de chambre du roi (BnF, NAF 3638, n° 121).

    61  Londres, BL, Add. Ch. 2855 : mandement de Louis d’Orléans, du 6 janvier 1391, ordonnant de payer 946 francs, 8 sous et 2 deniers tournois à Simon de Dammartin.

    62  BnF, PO 2151, n° 72 : compte de Denis Mariète pour le mois de mars 1394.

    63  BnF, PO 2153, n° 227. Seule la page de garde de ce compte est malheureusement conservée. Un mandement de 1404 cité par Gonzalez É., op. cit., p. 111 le dit auditeur des comptes. Voir aussi Ibid., p. 183 sur les différentes fonctions de D. Mariète auprès du duc d’Orléans.

    64  Londres, BL, Add. Ch. 2914 : mandement de payer 59 livres 7 sous et 6 deniers tournois à Jean Tarenne, daté du 6 juin 1394.

    65  Londres, BL, Add. Ch. 3054 : mandement de payer diverses sommes, dont 60 francs à Simon Allais pour un hanap couvert et une aiguière d’argent poinçonné, daté du 4 décembre 1398.

    66  BnF, NAF 3655, n° 1892 : mandement de Louis d’Orléans à Jean Poulain daté du 2 septembre 1394. « Perrin Luillier, orfèvre demourant à Paris » doit recevoir 58 livres et 12 sous tournois pour un hanap et une aiguière achetés pour un présent de baptême.

    67  BnF, NAF 3639, n° 385 : mandement de Louis concernant divers paiements, daté du 19 juillet 1401. L’écharpe d’argent a coûté 200 francs. L’iconographie de l’ortie, emblème de Louis d’Orléans, témoigne aussi en faveur d’une production sur commande.

    68  Londres, BL, Add. Ch. 3018 : mandement du 27 octobre 1397, concernant une somme totale de 2250 livres tournois due aux deux changeurs.

    69  BnF, PO 2860, Touraine, n° 5.

    70  Cette image de Notre-Dame, offerte aux étrennes de 1405 par Isabeau de Bavière à son époux Charles VI, constitue le plus beau chef-d’œuvre conservé de cette période.

    71  Evans J., op. cit. John Evans voyait dans ce reliquaire, donné au British Museum par le baron Ferdinand de Rothschild en 1998 (collection Waddesdon Bequest), l’une des pièces mentionnées dans l’inventaire des biens conservés au château de Blois en 1408, réalisé pour Valentine Visconti. Cette attribution a depuis été critiquée et le reliquaire est aujourd’hui considéré comme provenant des collections de Jean de Berry.

    72  Chantilly, musée Condé, ms. 65.

    73  Londres, BL, Add. Ch. 3011. Le compte a été dressé après pesée de la nef en février 1396.

    74  De nombreuses commandes de colliers ornés de porc-épic d’or attestent qu’il s’agit de la devise de l’ordre créé par Louis d’Orléans.

    75  Clerbourc (orthographié Clarrebourre dans la comptabilité d’Orléans) est connu comme principal orfèvre d’Isabeau de Bavière.

    76  Girard de Reims est l’orfèvre de Louis de Bourbon. Il est sollicité par Louis d’Orléans pour une ceinture offerte au duc de Bourbon.

    Auteur

    • Arnaud Alexandre
      Ancien élève de l’École nationale des chartes, est conservateur des monuments historiques à la Direction régionale des affaires culturelles de Bourgogne-Franche-Comté. Il a publié plusieurs articles portant sur les commandes artistiques de Louis d’Orléans, frère du roi Charles VI, et sur l’architecture civile parisienne autour de 1400.
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    1  Taburet-Delahaye É. (dir.), Paris 1400. Les arts sous Charles VI, catalogue de l’exposition du musée du Louvre, Paris, RMN, Fayard, 2004.

    2  Voir à ce sujet les travaux publiés dans Paravicini W. et Schnerb B. (dir.), Paris, capitale des ducs de Bourgogne, Ostfildern, Thorbecke, 2007.

    3  Alexandre A., « Que le roi puisse toujours avoir près de lui. Présence de Louis d’Orléans à Paris : résidences et chapelles privées », in Paravicini W. et Schnerb B. (dir.), op. cit., p. 373-388. Voir également Alexandre A., « Les travaux d’art et les collections de Louis d’Orléans. 1389-1407 », Positions des thèses de l’École nationale des chartes, 1999.

    4  Gonzalez É., Un prince en son hôtel. Les serviteurs des ducs d’Orléans au xve siècle, Paris, Publ. de la Sorbonne, 2004.

    5  Pour une grande part, ces disparitions sont dues à la refonte rapide du métal pour permettre de nouvelles productions ou subvenir à des nécessités financières.

    6  Malheureusement aucune œuvre conservée ne peut être avec certitude attestée comme correspondant à une commande de Louis d’Orléans, même si des rapprochements ont pu être proposés par différents historiens de l’art (Ainaud i Escudero J.-F., « Dos portapaux de cap al 1400 : el de Pere d’Urgell i de Violant de Bar », Bulleti del Museu Nacional d’Art de Catalunya, n° 2, 1994, p. 138 ; Evans J., « The duke of Orléans’reliquary of the Holy Thorn », Burlington Magazine, n° 78, 1941, p. 196-201).

    7  Ces institutions sont indiquées dans les notes selon les abréviations BnF pour la Bibliothèque nationale de France, BL pour la British Library et AD Loiret pour les Archives départementales du Loiret. Les Archives nationales seront indiquées Arch. nat.

    8  BnF, PO et AD Loiret, 6J. Certains comptes mensuels de 1396 et 1398 sont également conservés mais en moins grand nombre que pour les années précédentes.

    9  Arch. nat., KK 267. Ce compte tenu par Jean Poulain, trésorier général du duc, est le treizième qu’il ait tenu, mais le seul conservé. Les dépenses qui y figurent diffèrent de celles inscrites dans les comptes mensuels. Recensant essentiellement le paiement de gages et pensions et des travaux dans les propriétés du duc, le compte annuel ne mentionne pas les commandes d’orfèvrerie. Les comptes mensuels correspondent à la rente octroyée au duc. Les revenus des apanages sont gérés par le receveur de chaque terre et employés essentiellement aux dépenses sur le territoire concerné (paiement des hommes du duc, travaux de réparations des bâtiments, rentes de chapitres monastiques).

    10  BnF. NAF 3638, n° 116. Il s’agit du deuxième compte mensuel tenu par Jean Poulain, le premier daté de décembre 1388 est en fait antérieur à la lettre de Louis donnant instruction à Jean Poulain de tenir sa comptabilité, datée de 5 janvier 1389 (BnF, PO 2151, n° 70 et 71).

    11  Alexandre A., « L’art au service de la politique : la pratique du don chez Louis d’Orléans », in La création artistique en France autour de 1400, Paris, École du Louvre, 2006, p. 69-94.

    12  BnF, PO 1853, Mariette, n° 2.

    13  BnF, PO 2151, n° 106. Les clochettes sont payées 4 francs et 10 sous tournois. Les robes sont destinées l’une au roi, l’autre à Louis.

    14  BnF, NAF 3638, n° 138, compte de Jean Poulain pour août 1390 (mais le mandement date d’avril). On notera cependant que ce chappel n’est pas acheté à un orfèvre parisien comme la plupart des commandes ducales, mais à un marchand gênois, Manuel de Lanier.

    15  BnF, PO 2151, n° 92 et 102.

    16  Arch. nat., KK 266, compte de Gilles de Langres pour la construction de cette chapelle.

    17  BnF, PO 2151, n° 102.

    18  Hirschbiegel J., Étrennes. Untersuhungen zum höfischen Geschenkverkehr im spätmittelalterlichen Frankreich dez Zeit König Karls VI (1380-1422), Munich, 2003.

    19  BnF, PO 2151, n° 111 et 113.

    20  Londres, BL, Add. Ch. 3114 : mandement ducal du 6 janvier 1405, pour un montant de 18997 livres, 1 sou et 7 deniers tournois.

    21  Paris 1400, op. cit., p. 123-124.

    22  Londres, BL, Add. Ch. 2854, 2876, 2934, 3001, 3015.

    23  Henwood P., « Les orfèvres parisiens pendant le règne de Charles VI (1380-1422) », Bulletin archéologique du CTHS, nouvelle série 15 A, 1982, p. 85-180.

    24  Verlet-Réaubourg N., Les orfèvres du ressort de la Monnaie de Bourges, Genève, Droz, 1977, p. 54-60.

    25  BnF, NAF 3655, n° 998 et PO 2806, Temple, 62388.

    26  Pour la biographie de Jean du Vivier avant qu’il ne soit employé par le duc de Touraine, voir Henwood P., op. cit., p. 96-102.

    27  Mandement de payer 200 francs à Jean du Vivier, daté du 14 mars 1389, cité par Laborde E. de, Les ducs de Bourgogne. Études sur les lettres, les arts et l’industrie pendant le xve siècle et plus particulièrement dans les Pays-Bas et le duché de Bourgogne, Paris, 1849-1852, t. III, n° 5440.

    28  Londres, BL, Add. Ch. 2848 : mandement de Louis d’Orléans de payer 83 francs à Jean du Vivier, daté du 30 juillet 1390. Le paiement n’est inscrit que dans le compte d’avril et mai 1392 (AD Loiret, 6J 3 34).

    29  BnF, PO 2152, n° 111-113, compte de Jean Poulain pour janvier 1391. Sont aussi fournies par l’orfèvre une chaîne et des garnisons de couteaux et d’épées en or.

    30  BnF, PO 2152, n° 108-109, compte de Jean Poulain de décembre 1390. Cette mention unique de Jean du Vivier comme valet de chambre ducal concerne un ensemble d’ouvrage d’orfèvrerie se montant à 1577 francs, 3 sous et 9 deniers tournois, dont la quittance de paiement est également conservée (BnF, PO 3034, du Vivier, n° 3).

    31  Sont encore mentionnés une livraison pour un montant de 1577 francs pour les étrennes de 1391 (BnF, PO 2152, n° 108), un hanap d’or garni de pierreries en juin 1391 (AD Loiret, 6J 3 30), et un collier d’or émaillé en 1393 (d’après une quittance transcrite dans Roman J., Inventaires et documents relatifs aux joyaux des princes d’Orléans-Valois, 1389-1481, Paris, Leroux, 1894, p. 40).

    32  Londres, BL, Add. Ch. 3038 : mandement de Louis d’Orléans, daté du 22 juin 1398, ordonnant à Jean Le Flament de payer 500 francs à Jean du Vivier. Le mandement précise que « Jehan du Vivier, orfevre et varlet de chambre du roy [a] longtemps poursuivi [le duc] pour plusieurs parties d’orfevrerie et pierrerie dont il avoit a rendre compte […] depuis le premier jour de janvier, l’an mil CCC IIIIxx et dix, jusqu’au derrenier jour de juillet, l’an mil CCC IIIIxx et quatorze ». L’orfèvre réclamait 897 livres, 18 sous et 2 deniers tournois, il recevra au terme de la négociation 500 francs.

    33  Sur Hermann Ruissel, voir Henwood P., op. cit., p. 104-106.

    34  BnF, PO 2152, n° 111-113.

    35  AD Loiret, 6J 3 34 : compte de Jean Poulain pour les mois d’avril et mai 1392.

    36  BnF, PO 2594, Ruissel, n° 2/PO 2154, n° 278-279/, NAF 3655, n° 1084.

    37  BnF, PO 2860, Touraine n° 5. Le 13 septembre 1391, Hance Croist a reçu 66 francs et 10 sous tournois pour avoir un marc d’or pour faire une ceinture.

    38  Henwood P., op. cit., p. 128. Hance Croist (ortographié Crest dans ce document) est mentionné une seule fois dans la comptabilité du duc de Bourgogne, pour avoir vendu un « collier d’or à façon de soleil » en mars 1403 pour un montant de 444 l. t. (AD de Côte-d’Or, B 1538, f° 249). Je remercie Florence Berland pour cette information.

    39  BnF, PO 2153, n° 184 : liste incomplète de l’orfèvrerie délivrée par Hance Croist, orfèvre et valet de chambre du duc d’Orléans, du 7 février au 9 novembre 1394.

    40  BnF, PO 2155, n° 312 : mandement de Louis d’Orléans à Jean le Flament de faire payer par Jean Poulain plusieurs personnes dont Hance Croist pour de menus travaux. Le mandement est daté du 24 octobre 1403 et Hance Croist y est encore nommé orfèvre et valet de chambre du duc.

    41  Laborde E. de, op. cit., t. III, n° 6030. Dans un acte daté du 6 janvier 1405, Hance Croist est cité pour le paiement d’ouvrages effectués pour Louis d’Orléans.

    42  BnF, PO 2860, Touraine, n° 2 : dans le compte de mai 1391, Gilles Saget reçoit 450 francs pour six fermaux d’or et 25 francs pour une nef d’argent et des réparations de vaisselle pour Valentine Visconti. En février et mars 1392, il est à nouveau rémunéré pour des réparations d’orfèvrerie pour la duchesse (BnF, PO 2152, n° 157).

    43  Henwood P., op. cit., p. 172.

    44  BnF, PO 2860, Touraine, n° 5. La commande comprend notamment 12 hanaps vermeils émaillés, deux hanaps et aiguières vermeils poinçonnés, deux autres gobelets de même, ainsi que « deux grans poz d’argent dorez poinconnez en facon de poire ». L’ensemble a coûté 707 francs, 3 sous et 9 deniers tournois.

    45  Pour les étrennes de 1396, Gilles Saget exécute néanmoins « unz tableaux d’or à un mirouer » d’une valeur de 72 francs, que le duc a offert à Valentine (Londres, BL, Add. Ch. 2971, mandement du 12 avril 1396).

    46  BnF, PO 2605, Saget, n° 4 : vidimus du chambellan du roi d’une lettre de mandement de Louis d’Orléans concernant la nomination de Gilles Saget. Le texte en a été publié intégralement par Henwood P., op. cit., p. 173-174.

    47  « Pour obvier aux grans pertes, dommaiges et despens qui ou temps passé nous avons euz et soustenuz parce que tantost que nostre vaisselle d’or et d’argent estant tant ou offices de nostre hostel […] comme ailleurs estoit un peu dommagée, elle n’estoit incontinent refaite et reppareillée. »

    48  La dernière mention d’Hance Croist comme valet de chambre du duc date d’octobre 1403, postérieure donc, mais d’un mois seulement, à la nomination de Gilles Saget. Ce dernier semble donc bien avoir succédé à Hance Croist. Si une seule mention d’Hance Croist n’est connue postérieurement, il est difficile d’être certain de sa disgrâce car les sources pour cette période sont très lacunaires.

    49  BnF, PO 2605, Saget, n° 6 : quittance de Gilles Saget du 13 mai 1406, pour 20 livres tournois, partie de sa pension annuelle de 50 livres. Après 1406, l’orfèvre n’est plus mentionné, sinon une fois en 1406 (Henwood P., op. cit., p. 175).

    50  BnF, PO 2151, n° 111-113. Jean Tarenne reçoit précisément 1493 francs et 15 sous tournois.

    51  Ainsi pour les étrennes de 1392 fournit-il pour 1914 francs, 8 sous et 4 deniers tournois d’orfèvrerie (BnF, PO 2797, Tarenne, n° 7).

    52  Londres, BL, Add. Ch. 3114 : mandement de 6 janvier 1405.

    53  BnF, NAF 3638, n° 138 : le compte d’août 1390 mentionne le paiement à l’orfèvre parisien Guillaume Arrode de 60 francs pour l’achat d’un hanap et d’une aiguière d’argent vermeil doré, que le duc a fait donner à la femme de Jean Tarenne par Amaury d’Orgemont qui l’a représenté au baptême.

    54  BnF, NAF 3638, n° 138. « Aux nourrisses de l’enfant Jehan Tarenne que mon seigneur leur a fait donner […] XX frans ».

    55  Londres, BL, Add. Ch. 2190 : quittance donnée par Simon de Dammartin du 11 octobre 1393 pour plusieurs ouvrages dont un hanap et une aiguière d’or à hachures au pointillé, valant 63 francs et 15 sous tournois.

    56  BnF, PO 2797, Tarenne, n° 18. Le duc de Berry donne 500 écus d’or à Jean Tarenne pour divers services.

    57  Blanchet A., « Sceaux de marchands et artistes parisiens, fin du xive-commencement du xve siècle », Bull. Soc. Hist. de Paris, n° 59, 1932.

    58  Cet orfèvre peu sollicité par Louis d’Orléans lui a néanmoins fourni pour 6600 francs de vaisselle d’or et d’argent pour les étrennes de 1405.

    59  Ibid. Jean Tarenne est aussi propriétaire de plusieurs maisons dans la paroisse Saint-Jacques-de-la-Boucherie.

    60  Londres, BL, Add. Ch. 2870 : mandement de novembre 1392. Le changeur y est appelé « nostre amé varlet de chambre ». On trouve aussi une mention de Simon de Dammartin comme valet de chambre du roi (BnF, NAF 3638, n° 121).

    61  Londres, BL, Add. Ch. 2855 : mandement de Louis d’Orléans, du 6 janvier 1391, ordonnant de payer 946 francs, 8 sous et 2 deniers tournois à Simon de Dammartin.

    62  BnF, PO 2151, n° 72 : compte de Denis Mariète pour le mois de mars 1394.

    63  BnF, PO 2153, n° 227. Seule la page de garde de ce compte est malheureusement conservée. Un mandement de 1404 cité par Gonzalez É., op. cit., p. 111 le dit auditeur des comptes. Voir aussi Ibid., p. 183 sur les différentes fonctions de D. Mariète auprès du duc d’Orléans.

    64  Londres, BL, Add. Ch. 2914 : mandement de payer 59 livres 7 sous et 6 deniers tournois à Jean Tarenne, daté du 6 juin 1394.

    65  Londres, BL, Add. Ch. 3054 : mandement de payer diverses sommes, dont 60 francs à Simon Allais pour un hanap couvert et une aiguière d’argent poinçonné, daté du 4 décembre 1398.

    66  BnF, NAF 3655, n° 1892 : mandement de Louis d’Orléans à Jean Poulain daté du 2 septembre 1394. « Perrin Luillier, orfèvre demourant à Paris » doit recevoir 58 livres et 12 sous tournois pour un hanap et une aiguière achetés pour un présent de baptême.

    67  BnF, NAF 3639, n° 385 : mandement de Louis concernant divers paiements, daté du 19 juillet 1401. L’écharpe d’argent a coûté 200 francs. L’iconographie de l’ortie, emblème de Louis d’Orléans, témoigne aussi en faveur d’une production sur commande.

    68  Londres, BL, Add. Ch. 3018 : mandement du 27 octobre 1397, concernant une somme totale de 2250 livres tournois due aux deux changeurs.

    69  BnF, PO 2860, Touraine, n° 5.

    70  Cette image de Notre-Dame, offerte aux étrennes de 1405 par Isabeau de Bavière à son époux Charles VI, constitue le plus beau chef-d’œuvre conservé de cette période.

    71  Evans J., op. cit. John Evans voyait dans ce reliquaire, donné au British Museum par le baron Ferdinand de Rothschild en 1998 (collection Waddesdon Bequest), l’une des pièces mentionnées dans l’inventaire des biens conservés au château de Blois en 1408, réalisé pour Valentine Visconti. Cette attribution a depuis été critiquée et le reliquaire est aujourd’hui considéré comme provenant des collections de Jean de Berry.

    72  Chantilly, musée Condé, ms. 65.

    73  Londres, BL, Add. Ch. 3011. Le compte a été dressé après pesée de la nef en février 1396.

    74  De nombreuses commandes de colliers ornés de porc-épic d’or attestent qu’il s’agit de la devise de l’ordre créé par Louis d’Orléans.

    75  Clerbourc (orthographié Clarrebourre dans la comptabilité d’Orléans) est connu comme principal orfèvre d’Isabeau de Bavière.

    76  Girard de Reims est l’orfèvre de Louis de Bourbon. Il est sollicité par Louis d’Orléans pour une ceinture offerte au duc de Bourbon.

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    Alexandre, A. (2017). La commande d’orfèvrerie de Louis d’Orléans et Valentine Visconti. In M. Gaude-Ferragu & C. Michon (éds.), Paris, ville de cour. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.156545
    Alexandre, Arnaud. « La commande d’orfèvrerie de Louis d’Orléans et Valentine Visconti ». In Paris, ville de cour, édité par Murielle Gaude-Ferragu et Cédric Michon. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2017. doi:10.4000/books.pur.156545.
    Alexandre, Arnaud. « La commande d’orfèvrerie de Louis d’Orléans et Valentine Visconti ». Paris, ville de cour, édité par Murielle Gaude-Ferragu et Cédric Michon, Presses universitaires de Rennes, 2017, https://doi.org/10.4000/books.pur.156545.

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    Gaude-Ferragu, M., & Michon, C. (éds.). (2017). Paris, ville de cour. Rennes: Presses universitaires de Rennes, Centre de recherche du Château de Versailles. https://doi.org/10.4000/books.pur.156400
    Gaude-Ferragu, Murielle, et Cédric Michon, éd. Paris, ville de cour. Rennes: Presses universitaires de Rennes, Centre de recherche du Château de Versailles, 2017. doi:10.4000/books.pur.156400.
    Gaude-Ferragu, Murielle, et Cédric Michon, éditeurs. Paris, ville de cour. Presses universitaires de Rennes, Centre de recherche du Château de Versailles, 2017, https://doi.org/10.4000/books.pur.156400.
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