• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16588 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16588 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires de Rennes
  • ›
  • Histoire
  • ›
  • Épidémies, épizooties
  • ›
  • Définition et terminologie des épidémies...
  • Presses universitaires de Rennes
  • Presses universitaires de Rennes
    Presses universitaires de Rennes
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Le terme d’« épidémie » dans la médecine de la fin du Moyen ÂgeMaladies épidémiques et contagion Notes de bas de page Auteur

    Épidémies, épizooties

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Définition et terminologie des épidémies dans la médecine latine de la fin du Moyen Âge

    Joël Chandelier

    p. 29-42

    Texte intégral Le terme d’« épidémie » dans la médecine de la fin du Moyen ÂgeMaladies épidémiques et contagion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Dans son introduction à l’édition des livres V et VII des Épidémies d’Hippocrate, Jacques Jouanna met en garde son lecteur : la définition hippocratique des épidémies ne correspond pas exactement à ce que l’on entend, aujourd’hui, par ce terme1. En effet, alors que ce mot désigne maintenant un « nombre anormalement élevé de cas d’une maladie par rapport à ce qui est attendu habituellement2 », généralement du fait de la propagation subite d’une affection infectieuse, les médecins hippocratiques ne partageaient ni l’idée d’infection, ni la distinction entre épidémie et endémie, qui n’apparaît qu’à partir de l’œuvre de Galien, au iie siècle de notre ère. Bien plus, l’épidémie était avant tout pour eux une maladie qui s’installait dans un territoire donné, et qui s’expliquait non par le régime individuel du malade – ce qui est normalement le cas de toutes les maladies – mais par des causes générales, le plus souvent liées à l’air ambiant, ou à des facteurs climatiques.

    2Les épidémies occupent donc une place particulière dans la théorie médicale antique et dans son héritière médiévale : en effet, l’accent mis sur le régime individuel du patient et le refus d’accepter l’existence d’un agent pathogène se transmettant de patient en patient3 font qu’elle est, nécessairement, reléguée aux marges de la nosologie générale, au point que certains ont été amenés, de manière excessive, à affirmer que la médecine ancienne méconnaissait totalement la possibilité de transmission d’homme à homme des maladies. Du reste, ceci explique sans doute l’absence d’une véritable synthèse sur la question des maladies contagieuses au Moyen Âge. Dans le cadre de ce court essai, nous nous contenterons donc de passer en revue quelques auteurs, avec en tête deux questionnements : l’un à propos de la question fondamentale de la terminologie utilisée par les praticiens pour décrire les différentes maladies pouvant se transmettre entre individus, l’autre sur le rôle qu’a joué la Peste Noire de 1348 dans l’évolution de la conception des maladies contagieuses. Pour cela, nous procéderons en comparant divers textes qui précèdent ou suivent de peu 1348, afin d’en observer l’évolution sémantique et théorique.

    Le terme d’« épidémie » dans la médecine de la fin du Moyen Âge

    3Dans la médecine antique, toute maladie doit être, en principe, reliée à un déséquilibre des humeurs chez un patient donné4. Ce déséquilibre peut avoir plusieurs causes : un excès lié à une mauvaise alimentation ou à une mauvaise hygiène de vie, une carence, une lésion d’un organe, etc. Cette explication individuelle, qui découle d’une conception holistique de la santé et de la maladie, ne peut cependant, à l’évidence, s’appliquer à une épidémie. Pour cette raison, dans le cas d’une maladie touchant une multitude d’individus dans un lieu donné, les médecins antiques expliquaient la situation en pointant le facteur commun partagé par toutes les personnes infectées, à savoir l’air respiré. Cette théorie, dite « aériste », est parfaitement résumée par le traité hippocratique De la nature de l’homme, qui affirme :

    « Quand une seule maladie atteint plusieurs personnes au même moment, il faut en attribuer la cause à ce qui est le plus commun, à ce que nous utilisons tous le plus : c’est ce que nous respirons. Quand une seule maladie sévit de manière épidémique, il est évident que la cause n’en est pas le régime ; c’est ce que nous respirons qui en est la cause5. »

    4Fondamentalement, la maladie épidémique est donc liée à une souillure malsaine de l’air, un « miasme6 ». Reprenant ce cadre général, le médecin et philosophe grec Galien y ajoute une précision, à savoir que les épidémies peuvent également être causées par un autre facteur commun à tous les hommes, comme l’eau si celle-ci est viciée, ou la nourriture. Il ajoute également une explication plus claire de la contagion elle-même, c’est-à-dire du passage de la maladie d’un individu à un autre, expliquant que les cadavres ou les malades corrompent, par leur respiration ou par les pores de leur peau, l’air ambiant, ce qui peut causer la maladie chez un patient se trouvant à proximité. L’explication permet au système galénique de concilier deux principes a priori contradictoires : la définition individuelle et humorale des maladies, et la possibilité d’une contagion7.

    5Si les médecins latins sont les héritiers de ces conceptions, le terme d’« épidémie » reste rare et technique dans la littérature médicale occidentale des xiiie et xive siècles8. On le trouve peu employé dans les ouvrages encyclopédiques, et sa place reste très discrète dans les dictionnaires de termes médicaux. Deux exemples, de la fin du xiiie siècle, peuvent en être fournis. Le premier est représenté par les Concordancie de Jean de Saint-Amand, un dictionnaire médical rédigé par ce médecin parisien dans les années 12809. L’entrée « Épidémie » est très courte, puisqu’elle se limite à quelques lignes :

    « Épidémie : Galien : “La complexion chaude et humide est une disposition de l’air plus néfaste et elle ne survient que quand l’air est pestilentiel”, et comprends cela au sujet de la complexion accidentelle parce que, pour ce qui est de sa complexion essentielle, l’air est toujours chaud et humide10. »

    6Ici, c’est une simple citation de Galien qui vient éclairer le lecteur, et Jean de Saint-Amand se contente de souligner l’association entre épidémie et qualités chaudes et humides en excès. L’impression d’un relatif désintérêt est renforcée par le fait qu’aucun des termes pestis, pestilentia ou contagio n’est traité dans ces Concordances : les maladies épidémiques sont, clairement, laissées dans l’ombre. Chez Simon de Gênes, auteur à la fin du xiiie siècle de fameux Synonymes (ou Clavis sanationis), qui forment un dictionnaire visant à unifier et expliquer le langage médical en latin, l’entrée épidémie se limite elle aussi à un simple renvoi :

    « Épidémie : en grec d’après Paul [d’Égine] “survenant”, car “epidimon” [signifie] “advienne”, et cela semble être du genre de pandimon et de la pestilence, dont on parle plus bas11. »

    7Le terme pandimon (pandémie), dont il est fait mention, fait effectivement l’objet d’une définition un peu plus développée :

    « Pandimon : selon Oribase, se dit chez les Grecs quand une maladie commune survient chez de nombreux patients, et une de ses espèces est la pestilence, à savoir quand surviennent des maladies très mortifères12. »

    8En revanche, la notion de pestilence ne fait pas l’objet d’un traitement spécifique et, par ailleurs, les termes peste, contagion, ou endémie sont complètement absents de l’ouvrage13. La question de la terminologie des épidémies ne semble donc pas susciter un intérêt particulier chez les médecins de la fin du xiiie et du début du xive siècle. L’emploi des différents vocables épidémie, pandémie, pestilence, peste et contagion, semble même être quelque peu flottant, comme le remarque Gentile da Foligno (m. 1348) dans son commentaire au traité sur les fièvres pestilentielles du Canon d’Avicenne, rédigé en 134514. Ce texte est particulièrement intéressant, car il nous présente, de manière claire, l’état de la question terminologique à la veille de l’irruption de la Peste Noire. On y lit :

    « Considérons d’abord que bien que ces mots pestilence, épidémie et endémie sont utilisés indifféremment, pourtant, quand on les prend selon leur signifié propre :
    – on parle de pestilence dans l’air quand, du fait de la mutation de l’air, apparaissent des maladies (egritudines) variées chez des patients variés, ainsi dans l’un une fièvre continue, dans l’autre une fièvre interpolée, dans un autre une fièvre colérique, dans un quatrième une fièvre flegmatique ;
    – on parle d’épidémie quand, à la suite d’une mutation de l’air, survient dans de nombreux hommes un genre particulier de maladie (morbus), par exemple lorsque presque tous deviennent frénétiques, pleurétiques, ou atteints d’une fièvre tierce ;
    – on parle autrement d’endémie, selon certains, quand une mutation se fait dans l’eau, ou par l’eau, et que de là naissent des maladies (egritudines) d’après le lieu, que ce soit d’après l’air, la terre ou l’eau, et alors dans certaines cités apparaissent de nombreux goitres, dans certaines de nombreuses affections rénales, et de même pour de nombreuses autres.
    Et nous trouvons des usages très divers de ces mots, comme on le voit aussi dans le commentaire du premier livre des Épidémies par Galien ; mais, nous, nous ne nous soucions pas des mots15. »

    9Malgré la volonté affichée de ne pas se préoccuper de terminologie, Gentile da Foligno donne deux informations capitales. Tout d’abord, il montre que les usages des différents vocables peste, pestilence, épidémie, pandémie et endémie n’étaient pas normalisés et pouvaient varier d’un auteur à l’autre – c’était, du reste, effectivement le cas, comme on l’a vu notamment chez les rédacteurs de dictionnaires et de lexiques de la fin du xiiie siècle. Mais Gentile da Foligno expose également sa propre interprétation et son propre usage de ces différents termes. Pour lui, si pestilence et épidémie désignent toutes deux une affection généralisée chez plusieurs individus dans un espace donné, la première se distingue de la seconde par le fait que la pestilence peut prendre la forme de maladies très variées, alors que l’épidémie correspond à une seule et même affection. D’une certaine manière, c’est l’épidémie qui désigne une affection précise, quand la pestilence se rapporte plutôt à une cause générale susceptible de générer plusieurs maladies différentes. Quant à l’endémie, Gentile da Foligno la relie non à la corruption de l’air, mais à celle de l’eau, lui donnant ainsi une identité propre.

    10Le tableau présenté par Gentile da Foligno, pour être simple, reste très général. Or, la lecture de textes postérieurs à la moitié du xive siècle montre que la question est alors devenue beaucoup plus débattue, car beaucoup plus importante : il est évident que la réapparition de la peste en 1348 a poussé les médecins à une attention beaucoup plus soutenue aux termes employés et à la théorie des épidémies. Ainsi, dans son Colliget Florum, un dictionnaire dont l’objet est précisément de compléter les Concordances de Jean de Saint-Amand, Pierre de Saint-Flour, qui écrit à Paris entre 1350 et 1363, soit peu de temps après l’irruption de la Peste noire, ajoute une entrée « pestilentia », assez courte puisqu’elle ne fait mention que d’une citation de Galien tirée du De euchymia et cacochymia, et surtout s’attarde bien plus longuement sur le terme d’« épidémie16 ».

    11Il distingue d’abord pour ce phénomène trois types de causes : les causes efficientes, qui sont lointaines (la corruption) ou très lointaines (l’influence des corps célestes et leur conjonction) ; les causes matérielles, comme les vapeurs mauvaises émanant de la terre et de l’eau ; enfin les causes ordonnatrices (disponentes), à savoir la composition de l’air et la complexion des patients17. Pierre de Saint-Flour précise alors les conditions favorisant l’exposition à l’épidémie, comme la nourriture ou la période de l’année, en insistant sur le fait que les causes efficientes comme matérielles restent hors de portée de l’action du médecin, qui doit se contenter d’agir sur les causes ordonnatrices, qui peuvent lui permettre de protéger les patients de l’affection18.

    12Nombre des remarques de Pierre de Saint-Flour sont, à l’évidence, influencées par l’épidémie de 1348, bien qu’il n’y fasse pas directement allusion. Cependant, un autre texte permet d’illustrer cet intérêt grandissant pour la question à partir de la seconde moitié du xive siècle, suite à la propagation de la maladie : il s’agit du commentaire de Giovanni Arcolano au passage du Canon d’Avicenne concernant les fièvres pestilentielles, celui-là même que nous avons vu expliqué par Gentile da Foligno en 1345. En effet, s’inspirant à l’évidence du passage correspondant de l’exposition de son prédécesseur, Arcolano (v. 1390-1458), professeur à Bologne, Padoue et Ferrare, propose à son tour une mise au point terminologique reprenant pour l’essentiel ce que disait Gentile da Foligno dans la première moitié du xive siècle, mais avec une modification majeure : si l’endémie désigne toujours « la disposition par laquelle se multiplient dans une région les maladies d’un genre […] selon les dispositions de l’eau, de l’air ou des fruits de ces régions », le terme d’épidémie est désormais rattaché à la multiplication de maladies diverses dans une région, c’est-à-dire exactement à ce que Gentile da Foligno considérait comme correspondant au terme de pestilence, tandis que ce dernier est, chez Arcolano, utilisé pour désigner « la disposition de l’air par laquelle se multiplient les maladies d’un seul genre », soit cette fois ce que Gentile da Foligno appelait épidémie19.

    13Comment comprendre cette inversion des usages, qui fait que l’épidémie désigne désormais, sous la plume d’Arcolano, un regroupement de maladies, quand la pestilence se limite à la présence d’une seule maladie, cause de nombreux morts ? À l’évidence, c’est une conséquence de la réapparition de la peste, et de ses retours réguliers dans la seconde moitié du xive et au xve siècle. Le terme pestilentia, qui avait jusqu’alors un sens général, et qui n’était pas lié à une affection donnée mais bien à un état de l’environnement et de l’air favorable à la survenue de maladies variées, prend un sens beaucoup plus restreint, celui d’une maladie particulièrement mortelle et unique. Arcolano fait dériver ce terme du latin pasco (faire paître) car « la pestilence dévore et tue de nombreux hommes ». Il s’agit là, en fait, d’une allusion aux Étymologies d’Isidore de Séville, qui disait que la pestilence est « comme une pastulence, qui dévore (depascat) comme un incendie20 ». L’utilisation de l’autorité d’Isidore, qui n’est pas à proprement parler un médecin, est significative. Elle vient en effet justifier une redéfinition a posteriori des termes médicaux, visant à mieux faire correspondre le terme à la maladie survenue en 1348, et qu’il est difficile de rattacher aux affections connues dans la littérature médicale précédente. Désormais, on cherche à différencier deux niveaux : l’épidémie, qui est le type général de la maladie, et la pestilence, qui est l’une d’entre elles. Reste, alors, à définir les particularités de sa propagation, et notamment le rôle de la contagion.

    Maladies épidémiques et contagion

    14Lier épidémie et maladie contagieuse semble évident aujourd’hui ; mais on a vu que, pour la médecine antique et pour son héritière médiévale, l’épidémie s’explique avant tout par une cause commune, généralement aérienne. Pour cette raison, le rôle exact de la contagion est par nature délicat, puisque la maladie est considérée comme un accident nécessairement individuel, et que les maladies communes à plusieurs individus sont envisagées comme un ensemble de cas survenant du fait d’une cause commune s’imprimant dans chaque individu. Si, donc, la possibilité d’une contagion existait chez les médecins grecs et latins, c’est l’introduction du Canon d’Avicenne, à partir du xiiie siècle, qui l’impose définitivement dans la médecine médiévale21.

    15En effet, est proposée dans le premier livre du Canon une nosologie très structurée, classant les maladies selon qu’elles sont caractérisées par l’altération de la complexion, la solution de continuité, ou selon qu’elles sont simples ou composées. Mais, à sa présentation bien ordonnée, Avicenne ajoute un chapitre quelque peu confus, dans lequel il place toutes les maladies ne rentrant pas dans la typologie qu’il vient d’établir. Intitulé « pour compléter le discours sur les dispositions des maladies » (Ad complemendum sermonem de dispositionibus egritudinum), ce chapitre distingue les affections selon qu’elles sont manifestes ou occultes, propres à une partie anatomique ou à plusieurs, curables ou incurables, puis il énumère celles qui se transforment en une autre maladie, pour, enfin, faire la liste des maladies qui se transmettent d’homme à homme, qui sont héréditaires ou qui sont régionales. Ce sont, bien sûr, ces trois dernières catégories qui doivent retenir notre attention. Avicenne explique, dans la version latine :

    « Et il y a en outre d’autres maladies qui vont de l’un à l’autre comme la lèpre, la gale, la variole, la fièvre pestilentielle et les apostumes putrides, particulièrement quand les maisons sont fermées et de même quand le voisin est sous le vent, comme l’ophtalmie et surtout pour celui qui regarde l’autre dans les yeux, comme l’agacement des dents quand on imagine que quelque chose d’acide les touche, et comme la phtisie et l’albaras22.
    Et il y a des maladies qui sont héritées dans la semence comme l’albaras blanche et la tinea23 naturelle, la podagre et la phtisie, la lèpre.
    Et il y a des maladies qui sont générales, propres à un quelconque peuple ou à ceux qui demeurent dans une certaine région, ou qui sont très abondantes dans celles-ci24. »

    16Les sources de ce passage fondamental sont bien connues25 : Avicenne s’appuie ici sur la Méthode thérapeutique (II, 2) de Galien, où l’auteur antique proposait une liste de noms de maladies, et sur le De differentiis febrium I, 3 où il évoquait ensemble pestilence, ophtalmie, gale et contagion – Galien s’appuyant du reste sur certains passages des Problemata attribués à Aristote. Toutefois, si Avicenne mentionne explicitement la contagion des maladies, il ne la lie pas à une cause unique, et se contente d’une simple énumération de maladies fort diverses. De plus, la catégorie des maladies contagieuses ne se retrouve pas dans l’organisation du Canon, puisqu’il n’existe aucun chapitre sur ces maladies en tant que telles, celles-ci étant traitées en différents endroits du texte : au livre IV, fen 1 pour la pestilence, la variole et la rougeole, soit avec les fièvres ; au livre IV, fen 3 pour la lèpre, soit avec les apostumes et les maladies de la peau ; au livre III, 3 pour l’ophtalmie, soit avec les maladies des yeux.

    17Néanmoins, l’évocation, dans ce chapitre, de la contagion humaine a eu une influence importante sur la théorie médicale médiévale. Dans son commentaire à ce passage, rédigé avant 1348, Gentile da Foligno se pose ainsi la question de savoir « si une maladie peut être contagieuse26 ». Présentant dans un premier temps la réponse négative, il propose un argument logique : la maladie étant un accident, elle ne peut migrer « de sujet en sujet ». Suivent ensuite plusieurs arguments dialectiques et tirés de l’expérience médicale, soulignant le fait que les humeurs ne se déplaçant pas de corps en corps, et qu’elles ne peuvent donc transmettre les maladies. Néanmoins, l’autorité d’Avicenne lui permet ensuite de développer une longue démonstration en faveur de l’existence de certaines maladies contagieuses.

    18Selon Gentile da Foligno, deux conditions sont requises pour qu’une maladie soit contagieuse : que la maladie elle-même le soit, et que les corps puissent recevoir une telle maladie. En effet, la maladie contagieuse est constituée d’une humeur telle qu’elle peut, par les vapeurs émanant du patient infecté, corrompre l’air environnant et ainsi atteindre un autre patient ; de son côté, ce dernier doit être préparé à recevoir l’infection, puisqu’il est patent que tous ceux qui sont exposés à un air vicié ne tombent pas nécessairement malades27. Cette mention indique donc que toutes les maladies ne sont pas nécessairement contagieuses, alors que l’on aurait pu imaginer que tout corps malade pouvait produire ce genre d’humeur putride. Gentile da Foligno précise ensuite que l’aptitude à contracter une maladie contagieuse peut être corporelle, c’est-à-dire liée à une disposition de la complexion, mais aussi immatérielle, et qu’elle dépend alors de l’imagination28. Ainsi, les maladies contagieuses s’expliquent toutes par la production, chez un patient atteint, de fumées putrides particulières et contagieuses, qui parviennent à un corps apte à les recevoir, et ceci est favorisé par les espaces confinés, par certains vents portant les fumées, ou encore par un regard insistant dans le cas de l’ophtalmie29.

    19On le voit, l’existence de maladies contagieuses est non seulement envisagée, mais bien aussi expliquée par ce médecin italien de la première moitié du xive siècle, grâce au cadre général aériste. La caractéristique d’une maladie contagieuse est donc qu’elle peut, à partir du corps d’un patient infecté, contaminer le milieu ambiant, le plus souvent l’air. Il est clair que l’identification d’une liste d’un certain nombre de maladies « contagieuses », liste proposée par Avicenne et potentiellement extensible, a pu contribuer à un isolement plus grand de certaines maladies épidémiques particulières. Dans ce cadre, le rôle joué par la peste de 1348 ne peut être nié, tant par son exceptionnalité que par le modèle qu’elle a pu fournir à toutes les autres maladies contagieuses.

    20Dans l’introduction de son consilium de pestilentia, rédigé en pleine épidémie et qu’il laisse inachevé à sa mort (1348), Gentile da Foligno s’efforce ainsi de faire des comparaisons entre la mortalité qu’il observe et les pestes anciennes rapportées par la littérature :

    « De mémoire d’homme, il n’est jamais survenu aucune pestilence aussi extraordinaire que ne l’est la pestilence qu’il y a aujourd’hui, qui semble être venue en Italie des régions méridionales et occidentales, en commençant par l’Occident. Car la fameuse épidémie de la cité de Crannon, ou celles que décrivent Thucydide, ou Galien, ou Avenzoar, ne semblent pas comparables, en termes de malignité, à la pestilence qui en ce moment nous envahit30. »

    21L’idée d’une exceptionnalité de la peste de 1348 est donc, dès son explosion, affirmée par les médecins. Or, la seule affection particulière qui, parmi les maladies considérées comme contagieuses dans le Canon, semble correspondre à l’observation de ce mal si rapidement diffusé est la fièvre putride ; mais les caractéristiques qu’en donne la médecine traditionnelle ne s’accordent pas parfaitement aux observations concrètes faites par les praticiens, et les médecins de la fin du Moyen Âge sont, pour cette raison, amenés à repenser leur typologie, et à lui donner un cadre plus strict que celui, somme toute confus, hérité d’Avicenne.

    22Rédigé en 1479, le Tractatus de peste de Girolamo Manfredi (v. 1430-1493), un médecin et astrologue italien actif à Bologne, propose ainsi un long chapitre introductif où est présentée « la définition de la pestilence selon divers docteurs31 ». La définition de Manfredi mérite l’attention. En effet, au lieu de partir des auteurs médicaux classiques, il se fonde, comme son devancier Arcolano, sur Isidore de Séville et ses Étymologies pour affirmer que « la pestilence est une contagion, qui, quand elle en touche un, passe rapidement à d’autres ». Il reprend ensuite l’étymologie, déjà cité et elle aussi tirée d’Isidore, liant pestilencia à pasco, et ajoute celle donnée pour contagium, qui vient de contingere, signifiant toucher32. Cet usage des Étymologies, outre son aspect proprement didactique dans un traité qui se veut destiné au grand public, permet ainsi à Manfredi de contourner l’explication aériste : sans complètement l’évacuer, il insiste, via le terme de contagium, sur le rôle du contact direct.

    23Dans la suite du texte, Manfredi s’efforce de poursuivre son travail de clarification terminologique, en distinguant pestilencia et pestis. Il explique alors :

    « La pestilence n’est rien d’autre qu’une contagion universelle diffusée dans quelques régions, qui infecte les corps humains et les corrompt. La peste, elle, est une maladie qui est générée dans les corps humains, et que produit cette pestilence. La peste est donc une maladie vénéneuse et contagieuse, qui est générée dans les voies du cœur par la corruption et la putréfaction de l’esprit vital qui s’y trouve33. »

    24Manfredi revient également sur la différence entre les fièvres pestilentielles et les autres types de fièvres, éphémères, putrides ou hectiques. En effet, il insiste pour mettre à part les fièvres pestilentielles, pour lesquelles la putréfaction de l’air se concentre dans les « voies du cœur », ce qui ne se produit pas dans le cas des autres fièvres ; et, selon lui, même si c’était le cas, alors cette putréfaction serait sans vénénosité34. Ce qui fait donc le caractère exceptionnel de la peste, c’est sa vénénosité, qui s’attaque directement au cœur, source de vie35.

    25Une anecdote tirée du commentaire de Gentile da Foligno, et déjà reprise par Giovanni Arcolano dans sa propre exposition, permet à Manfredi d’aller encore plus loin, et de flirter avec les limites de la théorie médicale, en envisageant l’existence d’une peste sans l’intervention de l’air ambiant. Le passage en question intervient, dans le commentaire de Gentile da Foligno, au moment où celui-ci se pose la question de savoir s’il est possible que, dans un espace donné (une cité), un seul homme souffre d’une fièvre pestilentielle, et que tous les autres en soient indemnes. Le médecin de Foligno évoque alors un débat qu’il aurait eu avec un collègue, Dino del Garbo (m. 1327) :

    « Sur cette question, nous avons discuté et débattu Dino et moi une fois, dans la cité de Sienne. Je disais en effet qu’un malade était atteint de fièvre pestilentielle, alors que personne à Sienne ne souffrait d’une fièvre identique, ce que ne concédait pas Dino. Nous disons donc que dans un seul homme peut survenir une fièvre similaire à la fièvre pestilentielle par sa putréfaction et sa dangerosité, bien que ce ne soit pas une fièvre pestilentielle causée par un air lui-même pestilentiel : car il n’est pas impossible que, dans un homme particulier, se putréfient, autour des parties du cœur, les humeurs qui deviennent comme vénéneuses, et ce indépendamment de ce qui advient par l’air ; et cette fièvre est alors similaire à la fièvre pestilentielle36. »

    26La position de Gentile da Foligno, que Manfredi qualifie de « très vraie », permet à ce dernier de détacher la fièvre pestilentielle de la théorie aériste. Car, là où Gentile da Foligno parlait prudemment d’une fièvre « semblable à la fièvre pestilentielle », Manfredi n’a pas d’hésitation et identifie l’une à l’autre, ce qui lui permet d’insister sur la fréquentation des malades comme principale cause de transmission de la maladie :

    « Posons donc que dans un grand nombre d’hommes, seul un homme soit rempli de mauvaises humeurs, tous les autres étant sains au milieu de cet air pestilentiel et infecté : alors seul cet homme non sain sera infecté, les autres restant indemnes. Bien plus, si l’air enfermé dans une maison, ou dans un puits s’échappe, tandis que l’air pur et sain s’éloigne, et que cet air infecté n’est traversé que par ce seul homme rempli de mauvaises humeurs, alors seul celui-ci prendra l’infection de cet air et sera atteint de fièvre pestilentielle, et aucun autre37. »

    27Pour Manfredi, l’élément le plus important dans l’infection n’est plus l’air lui-même, qui n’est qu’un déclencheur, mais la disposition du malade, qui est liée à la présence dans son cœur d’une vénénosité contagieuse. Car l’introduction de l’idée de cette vénénosité particulière de la peste permet à Manfredi, comme à ses devanciers, de qualifier spécifiquement la peste bubonique sans remettre en cause le cadre aériste en vigueur. En effet, il explique qu’il existe des maladies « vénéneuses, mais non contagieuses », comme dans le cas des venins ingérés par la bouche et qui ne se transmettent pas d’homme à homme, mais aussi des maladies « contagieuses et non vénéneuses, comme la gale, la lèpre, le flux de sang ou dysenterie38 ». La différence avec la peste est alors que l’air qui s’échappe des malades n’est pas vénéneux, mais simplement putride, et qu’il ne peut donc infecter le cœur et détruire l’esprit vital qui s’y trouve – ce dernier point expliquant par ailleurs la mortalité particulière de la peste, par rapport aux autres maladies contagieuses. Manfredi peut alors conclure : « Toute putréfaction de l’air ne fait pas une épidémie, de même tout air corrompu n’est pas vénéneux et pestilentiel39 », seule la peste possédant ces deux dernières qualités.

    28On l’aura remarqué, la liste des maladies contagieuses énumérées par Girolamo Manfredi s’éloigne sensiblement de celle fournie par Avicenne dans le Canon, puisque si elle reprend gale et lèpre, elle ajoute la dysenterie et oublie ophtalmie et agacement des dents. Cette simplification et cette rationalisation de la liste d’Avicenne est, à la même époque, mise en œuvre dans le commentaire au Canon de Jacques Despars, un médecin français de la première moitié du xve siècle qui retirait déjà de la liste avicennienne agacement des dents, ophtalmie et apostumes putrides40. En un mot, la liste des maladies considérées comme contagieuses s’est, à la fin du Moyen Âge, précisée et simplifiée, à mesure que se précisait également la théorie de la contagion. On peut alors grossièrement la diviser en trois groupes : les maladies de la peau (lèpre, gale, albaras…), les maladies pestilentielles (dont la peste proprement dite) et enfin quelques maladies pulmonaires (phtisie) ou du système digestif (dysenterie).

    29On l’a vu, l’épidémie de peste de 1348, sans révolutionner une théorie médicale qui pouvait parfaitement l’intégrer dans son système général, a poussé les médecins de la fin du Moyen Âge à plus de rigueur dans la dénomination des types de maladies, tout en favorisant l’affirmation d’une catégorie autonome de maladies contagieuses. Loin de plaquer sur la réalité de leur temps des conceptions abstraites et tirées des autorités, ils se sont efforcés d’adapter les cadres hérités de l’Antiquité pour intégrer les phénomènes nouveaux, tout en proposant des remèdes dont, bien sûr, le caractère dérisoire face à la violence de l’épidémie ne peut être nié.

    30Dans son étude sur les maladies en Europe, Jean-Noël Biraben s’efforçait de proposer un tableau de la pathocénose de l’Europe médiévale41. Il établissait une liste des principales maladies épidémiques présentes de manière régulière : lèpre, variole, grippe, tuberculose, paludisme, peste et ergotisme. Si l’on excepte l’ergotisme, dont les mécanismes n’étaient pas compris, on trouve là une liste fort proche de celle proposée par les médecins de la fin du Moyen Âge sous le terme de « maladies contagieuses ». Bien sûr, pour aller plus loin, il serait nécessaire de mener une étude paléopathologique dont M. Grmek a bien souligné les difficultés et les dangers42 ; néanmoins, couplée à cette approche médicale, l’attention aux termes employés par les médecins médiévaux et à leurs classifications peut servir à mieux comprendre la réalité sanitaire de l’Europe pré-moderne.

    Notes de bas de page

    1  Hippocrate, Œuvres complètes. Épidémies V et VII, éd. J. Jouanna et M. Grmek, Paris, Les Belles Lettres, 2000, p. viii de la notice.

    2  Définition du Larousse médical, édition 2006, p. 340.

    3  Ce refus, son origine dans l’Antiquité et ses causes sont analysés par Mirko Grmek dans « Le concept de maladie », dans Grmek M. (dir.), Histoire de la pensée médicale en Occident, t. 1 : Antiquité et Moyen Age, Paris, Le Seuil, 1995, p. 211-226.

    4  Sur la médecine antique, on se reportera à la synthèse de Vivian Nutton, Ancient Medicine, Londres-New York, Routledge, 2004, 486 p.

    5  Hippocrate, De la nature de l’homme, 9 (Littré VI, 56), éd. et trad. J. Jouanna, Berlin, Akademie Verlag, 1975. Cf. Grmek M., « Les vicissitudes des notions d’infection, de contagion et de germe dans la médecine antique », dans Sabbah G. (éd.), Textes médicaux latins antiques, Saint-Etienne, Publications de l’université de Saint-Étienne, 1984, p. 53-70.

    6  Sur cette question dans la médecine hippocratique, voir Jouanna J., « Air, miasme et contagion au temps d’Hippocrate », dans Bazin-Tacchella S., Quéruel D., Samama É. (dir.), Air, miasmes et contagion. Les Épidémies dans l’Antiquité et au Moyen Âge, Langres, Éditions Dominique Guéniot, 2001, p. 9-28.

    7  Sur la théorie galénique de la contagion et son évolution jusqu’à la Renaissance, voir Nutton V., « The Seeds of Disease : An Explanation of Contagion and Infection from the Greeks to the Renaissance », Medical History, 27 (1983), p. 1-34.

    8  La meilleure synthèse à ce jour sur la question de la théorie des épidémies est celle de Danielle Jacquart dans son ouvrage La médecine médiévale dans le cadre parisien (xive-xve siècles), Paris, Fayard, 1998, 587 p.

    9  Sur les Concordances de Jean de Saint-Amand, se reporter aux études de Danielle Jacquart et notamment à « L’œuvre de Jean de Saint-Amand et les méthodes d’enseignement à la Faculté de médecine de Paris à la fin du xiiie siècle », dans Hamesse J. (éd.), Manuels, programmes de cours et techniques d’enseignement dans les universités médiévales, Louvain-la-Neuve, Publications de l’Institut d’Études médiévales, 1994, p. 257-275.

    10  Jean de Saint-Amand, Concordancie, éd. J. L. Pagel, Die Concordancie des Johannes de Sancto Amando, Berlin, Georg Reimer, 1894, p. 94 : « Epidemia : Galenus : “Complexio aeris calida et humida est deterior dispositio aeris et non fit nisi cum aer est pestilentialis” (De complexionibus, I, 2) et intellige hoc de complexione accidentali quia de complexione essentiali est aer semper calidus et humidus. »

    11  Simon de Gênes, Synonyma medicine sive Clavis sanationis (Milan, Antonio Zarotto, 1473, fol. 60 r°) : « Epidimia grece a Paulo superadveniens, nam epidimon advena et videtur esse genus ad pandimon et pestilentiam de quibus infra. »

    12  Ibid., fol. 113 r° : « Pandimon secundum Oribasium dicunt Greci quando communis egritudo in pluribus concurrit, cuius species est pestilentia scilicet cum fiunt egritudines maxime mortifere. »

    13  On trouve en effet seulement l’expression « lues pestis », indiquée comme étymologie de pestilentia : « Limos Grece per dipthongum liomos idem quod pestilentia, lues pestis, limos per iota tantum fames inedia, sic est in commento Afforismorum » (ibid., fol. 93 ra).

    14  Cette date de composition est donnée par plusieurs manuscrits, notamment celui de Vienne, Österreichische Nationalbibliothek, lat. 5391, fol. 154v°. Cf. Chandelier J., Avicenne et la médecine en Italie. Le Canon dans les universités (1200-1350), Paris, Honoré Champion, 2017, p. 223.

    15  Gentile da Foligno, comm. Avicenne, Canon, IV, 1.4.1. de febre pestilentiali (Super prima fen quarti Canonis Avicennae De majoritate morbi, Padoue, Nicolaus Petri, 1476, fol. 143 r°) : « Considerandum primo quod licet his vocabulis pestilentia, epidimia et undimia indifferrenter utamur, tamen sub propriis significatis proprie sumendo. Dicitur pestilentia in aere quando eius mutatione fiunt egritudines varie tamen in variis, ut in hoc febris continua, in illo interpollatata, in isto de colera in illo de flegmate. Dicitur epidimia quando ex aeris mutatione fit in hominibus pluribus determinatum genus morbi, ut quasi omnes fiunt frenetici aut pleuretici, aut tertianarii. Aut aliter dicitur undimia secundum aliquos quando fit mutatio in aqua, vel ex aqua et inde fiunt egritudines ex loco, sive sit ex aere, sive ex terra, sive ex aqua, et ideo in quibusdam civitatibus fiunt multi bocii, in quibusdam multe passiones renales et sic de aliis multis et diversis modis invenimus usum horum vocabulorum, ut etiam sumitur in commento primi Epidimiarum Galeni, et nos non curamus de vocabulis. »

    16  Éd. J.L. Pagel, Neue litterarische Beiträge zur mittelalterlichen Medizin, Berlin, Georg Reimer, 1896, p. 43-44. Pierre de Saint-Flour aborde trois questions : « a quo habet fieri epidemia », « utrum ista epidemia possit impediri vel in se vel in suis causis » et « quot sunt species epidemie ». Pour une étude approfondie de ce texte, se reporter à Jacquart, La médecine médiévale…, op. cit., p. 245-250, sur laquelle nous nous appuyons ici.

    17  Pierre de Saint-Flour, Colliget Florum, éd. Pagel, Neue litterarische Beiträge…, op. cit., p. 43-44 : « Circa istam materiam primo queritur, a quo habet fieri epidemia. Ad quod dico, quod epidemie quedam sunt cause efficientes, quedam materiales, quedam sunt disponentes. Cause efficientes sunt duplices : quedam sunt remote sicut corruptio et corrupti attractio, alie sunt remotiores sicut influentia corporum coelestium, alie sunt remotissime sicut coniunctio ipsorum. Cause materiales sunt duplices : quedam sunt remote sicut terra et aqua, quedam propinque sicut vapores mali elevati a terra et aqua. Cause disponentes sunt duplices : quedam enim sunt aerem disponentes sicut raritas aeris vel subtilitas – quanto enim aer est subtilior tanto facilius recipit impressionem – et paludum aut cadaverum vicinitas ; quedam enim sunt corpora disponentes sicut sunt complexiones, quoniam complexio calida magis est disposita ad epidemiam aut malorum humorum et corruptorum repletio sicut sunt corpora mulierum que sunt malis humoribus repleta et corruptis, et pororum apertio, quoniam habentes poros apertos magis attrahunt de aere, ideo citius epidemia inficiunt et citius moriuntur aut tardius vel nunquam liberantur. »

    18  Sur l’argumentation complète de Pierre de Saint-Flour, et sur les autres explications relatives à la peste dans son œuvre, voir Jacquart, La médecine médiévale…, op. cit.

    19  Giovanni Arcolano, comm. Avicenne, Canon, IV, 1.4.1. de febre pestilentiali (Expositio in primam fen quarti Canonis Avicennae De febribus, Venise, Boneto Locatelli pour Ottaviano Scoto, 1496, fol. 130 r°) : « Pro notitia dicendorum nota quod reperiuntur isti tres termini scilicet epidimia, endimia et pestilentia. Epidimia enim apud Symonem idem significat Grece quod superveniens Latine, et est dispositio aeris per quam multiplicantur morbi diversi in uno tempore et in una regione, ut puta febres diverse, apostemata, fluxus ventris, et similes egritudines. Endimia autem est dispositio per quam multiplicantur in una regione egritudines unius generis, ut puta bocium in agro Tridentino, vena medena in civitate sic nominata, durities splenis Ferrarie, et multotius sequuntur dispositiones aque et aeris aut frugum illius regionis. Pestilentia vero est aeris dispositio per quam multiplicantur egritudines unius generis aut etiam diversorum utplurimum mortes, et de hac est sermo in presenti, et dicitur pestilentia a pasco, scis quia depascit homines ad mortem. »

    20  Isidore de Séville, Étymologies, IV, 6, éd. A. Valastro Canale, Etimologie, o Origini di Isidoro di Siviglia, Turin, Unione tipografico-editrice torinese, 2004, t. 1 p. 362 : « Dicta autem pestilentia, quasi pastulentia, quod veluti incendium depascat. »

    21  Sur l’histoire de la contagion, dans tous ses aspects, on consultera très utilement la synthèse d’Aurélien Robert, « Contagion morale et transmission des maladies : histoire d’un chiasme (xiiie-xixe siècle) », Tracés. Revue de Sciences humaines, 21 (2011), p. 41-60. Sur l’introduction du Canon d’Avicenne en Occident, voir Chandelier J., Avicenne et la médecine…

    22  Il s’agit d’une forme de lèpre, la morphée.

    23  C’est une maladie de peau.

    24  Avicenne, Canon, I, 2.1.8 Ad complemendum sermonem de dispositionibus egritudinum (Canon Lib. 1-5, de arabico in latinum a Gerardo Cremonensi translati. Venise, Ottaviano Scoto, 1490, fol. 24 r°) : « Et est preterea ex egritudinibus quedam que de uno ad alium transit sicut lepra et scabies et variola et febris pestilentialis et apostemata putrida et precipue quum domus stricte fuerint et similiter quum vicinus fuerit sub vento et sicut ophtalmia et precipue ei qui oculis eum intuetur et sicut congelatio quum imaginatur aliquis quod acetosum illud operetur et sicut phtisis et albaras. Et sunt egritudines quedam que in semine hereditantur sicut albaras alba et tinea naturalis et podagra et phtisis, lepra. Et sunt egritudinum quedam que sunt generales que sunt alicui genti proprie aut in aliqua regione morantibus aut in eis multum abundant. »

    25  Cf. Jacquart, La médecine médiévale…, op. cit., p. 249-250, et « Lectures universitaires du Canon d’Avicenne », dans Janssens J. et De Smet D. (éd.), Avicenna and his heritage. Acts of the International Colloquium, Leuven – Louvain-la-Neuve, September 8-11, 1999, Louvain, Presses universitaires de Louvain, 2002, p. 313-324.

    26  Gentile da Foligno, comm. Avicenne, Canon, I, 2.1.8 (Primus Aui. Canon… una cum lucidissima Gentilis Fulgi. expositione…, Venise, héritiers d’Ottaviano Scoto et associés, 1520-1522, fol. 102 r°) : « Sed propter ea que hic dicuntur cadit dubitatio utrum aliquis morbus possit esse contagiosus. » Ce passage de son commentaire a été rédigé dans les années 1320. Cf. Chandelier J., Avicenne et la médecine…, op. cit., p. 219-220.

    27  Éd. Venise, 1520-1522, op. cit., fol. 102 r° : « Primo a parte egritudinis que est in corpore requiritur quod egritudo sit ex tali humore quod possit per vaporem elevatum ab ipso per aerem deferri […] et hoc non requiritur a parte corporis in quo est egritudo, sed requiritur a parte corporis quod recipit, utputa quod corpus recipiens fit apparatum quia si non esset apparatum non caderet in talem egritudinem. Et ideo dixit Avicenna 4° Canone quod non omnes homines cadunt in febres pestilentiales et dato quod aer sit pestilentialis et pro tanto quia non omnes homines sunt apti ad illud, ergo quando elevatio vaporum perveniens ad corpora apta ad putrefactionem putrescerent illa. »

    28  Sur les liens entre imagination et contagion, cf. Robert, « Contagion morale et transmission… », art. cit.

    29  Gentile da Foligno, comm. Avicenne, Canon, I, 2.1.8 (éd. Venise, 1520-1522, op. cit., fol. 102 r°) : « Ista generant morbum contagiosum quia ex ipsis elevatur fumus putridus qui perveniens ad corpus aptum inficit ipsum, et precipue si domus fuerint stricte, quia tunc ille aer non poterit evacuari, et tunc magis corrumpitur et componuntur vento qui directe talem aerem adducat ; et sicut obthalmiam et precipue cum aliquis intuetur oculos patientis, et hoc est propter quod obthalmiam est apostema conjuctive, et conjunctive est valde subtilis panniculus ideo ab ipso resolvitur scilicet vapor subtilis qui perveniens ad oculos ipso alicujus apti ad recipiendum simili egritudine inficit, sicut cum imaginatur aliquis comedere acetosa dentes sui patiuntur congelationem. »

    30  Gentile da Foligno, Consilium de pestilentia, Éd. Venise, 1494, fol. 76 v° : « Nulla videtur precessisse temporibus memorabilibus pestilentia tam mirabilis sicut pestilentia que nunc est que a meridionalibus partibus et occidentalibus Ytaliam pervenisse videtur, ab occidentali parte incipiens. Famosa enim pestilentia civitatis Craton vel quam scripsit Tolurides vel Galenus vel Zoar non videtur comparabilis in malitia pestilentie presentialiter precipue invadentis. » Sur les traités de peste écrits juste après l’arrivée de l’épidémie en Occident, voir Arrizabalaga J., « Facing the Black Death : perceptions and reactions of university medical practitioners », dans Garcia-Ballester L., French R., Arrizabalaga J. et Cunningham A. (éd.), Practical medicine from Salerno to the Black Death, Cambridge, Cambridge University Press, 1994, p. 237-288.

    31  L’ouvrage est d’abord rédigé en italien, puis traduit en latin. Nous nous fondons sur la version latine, éditée par Tommaso Duranti (Girolamo Manfredi, Tractato de la pestilentia. Tractatus de peste, Bologne, Clueb, 2008, 205 p.).

    32  Girolamo Manfredi, Tractatus de peste, c. 1 (p. 13) : « Describit Ysidorus in septimo Ethimologiarum pestilenciam dicens quod pestilencia est contagium quod cum unus apprehenderit celeriter ad plures transit, et subiunxit quod dicitur de pestilencia quasi pastulencia, a pasco pascis, quod velut undique depascat, ut toto descendit corpore pestis. Ideo et contagium a contingendo dicitur quia quem tetigerit polluit, ut idem asserit. »

    33  Ibid., c. 1 : « Verum nos hec duo nomina consideravimus, pestilenciam scilicet et pestem, quoniam pestilentia nihil aliud est quam universalis contagio in quibusdam regionibus diffusa que corpora inficit humana et corrumpit. Sed pestis morbus est qui in humanis corporibus generatur, quem quidem efficit ipsa pestilencia. Pestis igitur est quedam egritudo venenosa et contagiosa que in viis cordis generatur ex corruptione et putrefactione spiritus vitalis qui est in eo. »

    34  Ibid., c. 1 : « Hujus febris putredo est in viis cordis, videlicet ibi prope et est cuidam male qualitati venenose associata, sed aliarum febrium putredo ut plurimum in viis cordis non existit et si ibi existeret non esset alicui venenositati permixta. »

    35  Le lien entre peste et venin, établi dès 1348, est bien documenté. Cf. Weill-Parot N., « La rationalité médicale à l’épreuve de la peste : médecine, astrologie et magie (1348-1500) », Médiévales, 46 (printemps 2004), p. 73-88 et Chandelier J., « Théorie et définition des poisons à la fin du Moyen Âge », Cahiers de Recherches Médiévales, 17 (2009), Le Poison et ses usages au Moyen Âge, p. 23-38.

    36  Gentile da Foligno, comm. Avicenne, Canon, IV, 1.4., fol. 81 rb : « Dubitatur utrum febris pestilentialis possit reperiri in uno solo homine aliis hominibus illius civitatis non habentibus illam. Videtur quod non per Avicennam cum dixit “communicat multitudini hominum”. Et idem vult Aristoteles Probleumate primo et 8° Probleumate. In contrarium est quod experientia aliquando invenimus : in hac questione diximus et litigavimus Dinus et ego una vice in civitate Senarum. Dicebam enim unum febrientem habere febrem pestilentialem et tamen nullus erat Senis qui febriret simili febre, et hoc non concedebat Dynus. Dicamus ergo quod in uno solo homine potest accidere febris similis febri pestilentiali in putredine et pravitate, licet non sit vere pestilentialis ab aere scilicet pestilentiali causata, quia non est impossibile in aliquo homine putrefieri circa partes cordis humores etsi venenosos preter hoc quod fiat ab aere, et illa est febris similis febri pestilentiali. »

    37  Girolamo Manfredi, Tractatus de peste, c. 1 (p. 17) : « Posito igitur ut in magna hominum multitudine solus unus homo malis sit repletus humoribus, ceteri vero mundi aere quidem pestilentiali et infecto exeunte, tunc solus ille qui inmundus est inficietur, aliis vero illesis permanentibus. Amplius si aer quidem unius domus vel putei reclusus foret alio tamen aere puro et sano exeunte et ad illum aerem infectum solum unus homo malis humoribus repletus transeat, solus igitur ille illius aeris infectione coinquinabitur febremque pestiferam egrotabit et nullus alter. »

    38  Girolamo Manfredi, Tractatus de peste, c. 1 (p. 15) : « Quidam alii sunt morbi contagiosi sed non venenosi, velut scabies, lepra, fluxus sanguinis seu dissinteria. »

    39  Ibid., c. 1 : « Non omnis aeris putrefactio efficit epidimiam, nec etiam omnis aer corruptus est venenosus et pestilentialis. »

    40  Cf. Jacquart, La médecine médiévale…, op. cit., p. 255-256.

    41  Biraben J.-N., « Les maladies en Europe : équilibres et rupture de la pathocénose », dans Grmek M. (dir.), Histoire de la pensée médicale…, op. cit., p. 283-310.

    42  Grmek M., Les maladies à l’aube de la civilisation occidentale, Paris, Payot, 1983, p. 20-21.

    Auteur

    • Joël Chandelier
      Maître de conférences en histoire médiévale (histoire des sciences), université de Paris 8 Vincennes Saint-Denis ; membre du Centre de recherches historiques : histoire des pouvoirs, savoirs et sociétés (EA 1571).
    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires de Rennes
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1  Hippocrate, Œuvres complètes. Épidémies V et VII, éd. J. Jouanna et M. Grmek, Paris, Les Belles Lettres, 2000, p. viii de la notice.

    2  Définition du Larousse médical, édition 2006, p. 340.

    3  Ce refus, son origine dans l’Antiquité et ses causes sont analysés par Mirko Grmek dans « Le concept de maladie », dans Grmek M. (dir.), Histoire de la pensée médicale en Occident, t. 1 : Antiquité et Moyen Age, Paris, Le Seuil, 1995, p. 211-226.

    4  Sur la médecine antique, on se reportera à la synthèse de Vivian Nutton, Ancient Medicine, Londres-New York, Routledge, 2004, 486 p.

    5  Hippocrate, De la nature de l’homme, 9 (Littré VI, 56), éd. et trad. J. Jouanna, Berlin, Akademie Verlag, 1975. Cf. Grmek M., « Les vicissitudes des notions d’infection, de contagion et de germe dans la médecine antique », dans Sabbah G. (éd.), Textes médicaux latins antiques, Saint-Etienne, Publications de l’université de Saint-Étienne, 1984, p. 53-70.

    6  Sur cette question dans la médecine hippocratique, voir Jouanna J., « Air, miasme et contagion au temps d’Hippocrate », dans Bazin-Tacchella S., Quéruel D., Samama É. (dir.), Air, miasmes et contagion. Les Épidémies dans l’Antiquité et au Moyen Âge, Langres, Éditions Dominique Guéniot, 2001, p. 9-28.

    7  Sur la théorie galénique de la contagion et son évolution jusqu’à la Renaissance, voir Nutton V., « The Seeds of Disease : An Explanation of Contagion and Infection from the Greeks to the Renaissance », Medical History, 27 (1983), p. 1-34.

    8  La meilleure synthèse à ce jour sur la question de la théorie des épidémies est celle de Danielle Jacquart dans son ouvrage La médecine médiévale dans le cadre parisien (xive-xve siècles), Paris, Fayard, 1998, 587 p.

    9  Sur les Concordances de Jean de Saint-Amand, se reporter aux études de Danielle Jacquart et notamment à « L’œuvre de Jean de Saint-Amand et les méthodes d’enseignement à la Faculté de médecine de Paris à la fin du xiiie siècle », dans Hamesse J. (éd.), Manuels, programmes de cours et techniques d’enseignement dans les universités médiévales, Louvain-la-Neuve, Publications de l’Institut d’Études médiévales, 1994, p. 257-275.

    10  Jean de Saint-Amand, Concordancie, éd. J. L. Pagel, Die Concordancie des Johannes de Sancto Amando, Berlin, Georg Reimer, 1894, p. 94 : « Epidemia : Galenus : “Complexio aeris calida et humida est deterior dispositio aeris et non fit nisi cum aer est pestilentialis” (De complexionibus, I, 2) et intellige hoc de complexione accidentali quia de complexione essentiali est aer semper calidus et humidus. »

    11  Simon de Gênes, Synonyma medicine sive Clavis sanationis (Milan, Antonio Zarotto, 1473, fol. 60 r°) : « Epidimia grece a Paulo superadveniens, nam epidimon advena et videtur esse genus ad pandimon et pestilentiam de quibus infra. »

    12  Ibid., fol. 113 r° : « Pandimon secundum Oribasium dicunt Greci quando communis egritudo in pluribus concurrit, cuius species est pestilentia scilicet cum fiunt egritudines maxime mortifere. »

    13  On trouve en effet seulement l’expression « lues pestis », indiquée comme étymologie de pestilentia : « Limos Grece per dipthongum liomos idem quod pestilentia, lues pestis, limos per iota tantum fames inedia, sic est in commento Afforismorum » (ibid., fol. 93 ra).

    14  Cette date de composition est donnée par plusieurs manuscrits, notamment celui de Vienne, Österreichische Nationalbibliothek, lat. 5391, fol. 154v°. Cf. Chandelier J., Avicenne et la médecine en Italie. Le Canon dans les universités (1200-1350), Paris, Honoré Champion, 2017, p. 223.

    15  Gentile da Foligno, comm. Avicenne, Canon, IV, 1.4.1. de febre pestilentiali (Super prima fen quarti Canonis Avicennae De majoritate morbi, Padoue, Nicolaus Petri, 1476, fol. 143 r°) : « Considerandum primo quod licet his vocabulis pestilentia, epidimia et undimia indifferrenter utamur, tamen sub propriis significatis proprie sumendo. Dicitur pestilentia in aere quando eius mutatione fiunt egritudines varie tamen in variis, ut in hoc febris continua, in illo interpollatata, in isto de colera in illo de flegmate. Dicitur epidimia quando ex aeris mutatione fit in hominibus pluribus determinatum genus morbi, ut quasi omnes fiunt frenetici aut pleuretici, aut tertianarii. Aut aliter dicitur undimia secundum aliquos quando fit mutatio in aqua, vel ex aqua et inde fiunt egritudines ex loco, sive sit ex aere, sive ex terra, sive ex aqua, et ideo in quibusdam civitatibus fiunt multi bocii, in quibusdam multe passiones renales et sic de aliis multis et diversis modis invenimus usum horum vocabulorum, ut etiam sumitur in commento primi Epidimiarum Galeni, et nos non curamus de vocabulis. »

    16  Éd. J.L. Pagel, Neue litterarische Beiträge zur mittelalterlichen Medizin, Berlin, Georg Reimer, 1896, p. 43-44. Pierre de Saint-Flour aborde trois questions : « a quo habet fieri epidemia », « utrum ista epidemia possit impediri vel in se vel in suis causis » et « quot sunt species epidemie ». Pour une étude approfondie de ce texte, se reporter à Jacquart, La médecine médiévale…, op. cit., p. 245-250, sur laquelle nous nous appuyons ici.

    17  Pierre de Saint-Flour, Colliget Florum, éd. Pagel, Neue litterarische Beiträge…, op. cit., p. 43-44 : « Circa istam materiam primo queritur, a quo habet fieri epidemia. Ad quod dico, quod epidemie quedam sunt cause efficientes, quedam materiales, quedam sunt disponentes. Cause efficientes sunt duplices : quedam sunt remote sicut corruptio et corrupti attractio, alie sunt remotiores sicut influentia corporum coelestium, alie sunt remotissime sicut coniunctio ipsorum. Cause materiales sunt duplices : quedam sunt remote sicut terra et aqua, quedam propinque sicut vapores mali elevati a terra et aqua. Cause disponentes sunt duplices : quedam enim sunt aerem disponentes sicut raritas aeris vel subtilitas – quanto enim aer est subtilior tanto facilius recipit impressionem – et paludum aut cadaverum vicinitas ; quedam enim sunt corpora disponentes sicut sunt complexiones, quoniam complexio calida magis est disposita ad epidemiam aut malorum humorum et corruptorum repletio sicut sunt corpora mulierum que sunt malis humoribus repleta et corruptis, et pororum apertio, quoniam habentes poros apertos magis attrahunt de aere, ideo citius epidemia inficiunt et citius moriuntur aut tardius vel nunquam liberantur. »

    18  Sur l’argumentation complète de Pierre de Saint-Flour, et sur les autres explications relatives à la peste dans son œuvre, voir Jacquart, La médecine médiévale…, op. cit.

    19  Giovanni Arcolano, comm. Avicenne, Canon, IV, 1.4.1. de febre pestilentiali (Expositio in primam fen quarti Canonis Avicennae De febribus, Venise, Boneto Locatelli pour Ottaviano Scoto, 1496, fol. 130 r°) : « Pro notitia dicendorum nota quod reperiuntur isti tres termini scilicet epidimia, endimia et pestilentia. Epidimia enim apud Symonem idem significat Grece quod superveniens Latine, et est dispositio aeris per quam multiplicantur morbi diversi in uno tempore et in una regione, ut puta febres diverse, apostemata, fluxus ventris, et similes egritudines. Endimia autem est dispositio per quam multiplicantur in una regione egritudines unius generis, ut puta bocium in agro Tridentino, vena medena in civitate sic nominata, durities splenis Ferrarie, et multotius sequuntur dispositiones aque et aeris aut frugum illius regionis. Pestilentia vero est aeris dispositio per quam multiplicantur egritudines unius generis aut etiam diversorum utplurimum mortes, et de hac est sermo in presenti, et dicitur pestilentia a pasco, scis quia depascit homines ad mortem. »

    20  Isidore de Séville, Étymologies, IV, 6, éd. A. Valastro Canale, Etimologie, o Origini di Isidoro di Siviglia, Turin, Unione tipografico-editrice torinese, 2004, t. 1 p. 362 : « Dicta autem pestilentia, quasi pastulentia, quod veluti incendium depascat. »

    21  Sur l’histoire de la contagion, dans tous ses aspects, on consultera très utilement la synthèse d’Aurélien Robert, « Contagion morale et transmission des maladies : histoire d’un chiasme (xiiie-xixe siècle) », Tracés. Revue de Sciences humaines, 21 (2011), p. 41-60. Sur l’introduction du Canon d’Avicenne en Occident, voir Chandelier J., Avicenne et la médecine…

    22  Il s’agit d’une forme de lèpre, la morphée.

    23  C’est une maladie de peau.

    24  Avicenne, Canon, I, 2.1.8 Ad complemendum sermonem de dispositionibus egritudinum (Canon Lib. 1-5, de arabico in latinum a Gerardo Cremonensi translati. Venise, Ottaviano Scoto, 1490, fol. 24 r°) : « Et est preterea ex egritudinibus quedam que de uno ad alium transit sicut lepra et scabies et variola et febris pestilentialis et apostemata putrida et precipue quum domus stricte fuerint et similiter quum vicinus fuerit sub vento et sicut ophtalmia et precipue ei qui oculis eum intuetur et sicut congelatio quum imaginatur aliquis quod acetosum illud operetur et sicut phtisis et albaras. Et sunt egritudines quedam que in semine hereditantur sicut albaras alba et tinea naturalis et podagra et phtisis, lepra. Et sunt egritudinum quedam que sunt generales que sunt alicui genti proprie aut in aliqua regione morantibus aut in eis multum abundant. »

    25  Cf. Jacquart, La médecine médiévale…, op. cit., p. 249-250, et « Lectures universitaires du Canon d’Avicenne », dans Janssens J. et De Smet D. (éd.), Avicenna and his heritage. Acts of the International Colloquium, Leuven – Louvain-la-Neuve, September 8-11, 1999, Louvain, Presses universitaires de Louvain, 2002, p. 313-324.

    26  Gentile da Foligno, comm. Avicenne, Canon, I, 2.1.8 (Primus Aui. Canon… una cum lucidissima Gentilis Fulgi. expositione…, Venise, héritiers d’Ottaviano Scoto et associés, 1520-1522, fol. 102 r°) : « Sed propter ea que hic dicuntur cadit dubitatio utrum aliquis morbus possit esse contagiosus. » Ce passage de son commentaire a été rédigé dans les années 1320. Cf. Chandelier J., Avicenne et la médecine…, op. cit., p. 219-220.

    27  Éd. Venise, 1520-1522, op. cit., fol. 102 r° : « Primo a parte egritudinis que est in corpore requiritur quod egritudo sit ex tali humore quod possit per vaporem elevatum ab ipso per aerem deferri […] et hoc non requiritur a parte corporis in quo est egritudo, sed requiritur a parte corporis quod recipit, utputa quod corpus recipiens fit apparatum quia si non esset apparatum non caderet in talem egritudinem. Et ideo dixit Avicenna 4° Canone quod non omnes homines cadunt in febres pestilentiales et dato quod aer sit pestilentialis et pro tanto quia non omnes homines sunt apti ad illud, ergo quando elevatio vaporum perveniens ad corpora apta ad putrefactionem putrescerent illa. »

    28  Sur les liens entre imagination et contagion, cf. Robert, « Contagion morale et transmission… », art. cit.

    29  Gentile da Foligno, comm. Avicenne, Canon, I, 2.1.8 (éd. Venise, 1520-1522, op. cit., fol. 102 r°) : « Ista generant morbum contagiosum quia ex ipsis elevatur fumus putridus qui perveniens ad corpus aptum inficit ipsum, et precipue si domus fuerint stricte, quia tunc ille aer non poterit evacuari, et tunc magis corrumpitur et componuntur vento qui directe talem aerem adducat ; et sicut obthalmiam et precipue cum aliquis intuetur oculos patientis, et hoc est propter quod obthalmiam est apostema conjuctive, et conjunctive est valde subtilis panniculus ideo ab ipso resolvitur scilicet vapor subtilis qui perveniens ad oculos ipso alicujus apti ad recipiendum simili egritudine inficit, sicut cum imaginatur aliquis comedere acetosa dentes sui patiuntur congelationem. »

    30  Gentile da Foligno, Consilium de pestilentia, Éd. Venise, 1494, fol. 76 v° : « Nulla videtur precessisse temporibus memorabilibus pestilentia tam mirabilis sicut pestilentia que nunc est que a meridionalibus partibus et occidentalibus Ytaliam pervenisse videtur, ab occidentali parte incipiens. Famosa enim pestilentia civitatis Craton vel quam scripsit Tolurides vel Galenus vel Zoar non videtur comparabilis in malitia pestilentie presentialiter precipue invadentis. » Sur les traités de peste écrits juste après l’arrivée de l’épidémie en Occident, voir Arrizabalaga J., « Facing the Black Death : perceptions and reactions of university medical practitioners », dans Garcia-Ballester L., French R., Arrizabalaga J. et Cunningham A. (éd.), Practical medicine from Salerno to the Black Death, Cambridge, Cambridge University Press, 1994, p. 237-288.

    31  L’ouvrage est d’abord rédigé en italien, puis traduit en latin. Nous nous fondons sur la version latine, éditée par Tommaso Duranti (Girolamo Manfredi, Tractato de la pestilentia. Tractatus de peste, Bologne, Clueb, 2008, 205 p.).

    32  Girolamo Manfredi, Tractatus de peste, c. 1 (p. 13) : « Describit Ysidorus in septimo Ethimologiarum pestilenciam dicens quod pestilencia est contagium quod cum unus apprehenderit celeriter ad plures transit, et subiunxit quod dicitur de pestilencia quasi pastulencia, a pasco pascis, quod velut undique depascat, ut toto descendit corpore pestis. Ideo et contagium a contingendo dicitur quia quem tetigerit polluit, ut idem asserit. »

    33  Ibid., c. 1 : « Verum nos hec duo nomina consideravimus, pestilenciam scilicet et pestem, quoniam pestilentia nihil aliud est quam universalis contagio in quibusdam regionibus diffusa que corpora inficit humana et corrumpit. Sed pestis morbus est qui in humanis corporibus generatur, quem quidem efficit ipsa pestilencia. Pestis igitur est quedam egritudo venenosa et contagiosa que in viis cordis generatur ex corruptione et putrefactione spiritus vitalis qui est in eo. »

    34  Ibid., c. 1 : « Hujus febris putredo est in viis cordis, videlicet ibi prope et est cuidam male qualitati venenose associata, sed aliarum febrium putredo ut plurimum in viis cordis non existit et si ibi existeret non esset alicui venenositati permixta. »

    35  Le lien entre peste et venin, établi dès 1348, est bien documenté. Cf. Weill-Parot N., « La rationalité médicale à l’épreuve de la peste : médecine, astrologie et magie (1348-1500) », Médiévales, 46 (printemps 2004), p. 73-88 et Chandelier J., « Théorie et définition des poisons à la fin du Moyen Âge », Cahiers de Recherches Médiévales, 17 (2009), Le Poison et ses usages au Moyen Âge, p. 23-38.

    36  Gentile da Foligno, comm. Avicenne, Canon, IV, 1.4., fol. 81 rb : « Dubitatur utrum febris pestilentialis possit reperiri in uno solo homine aliis hominibus illius civitatis non habentibus illam. Videtur quod non per Avicennam cum dixit “communicat multitudini hominum”. Et idem vult Aristoteles Probleumate primo et 8° Probleumate. In contrarium est quod experientia aliquando invenimus : in hac questione diximus et litigavimus Dinus et ego una vice in civitate Senarum. Dicebam enim unum febrientem habere febrem pestilentialem et tamen nullus erat Senis qui febriret simili febre, et hoc non concedebat Dynus. Dicamus ergo quod in uno solo homine potest accidere febris similis febri pestilentiali in putredine et pravitate, licet non sit vere pestilentialis ab aere scilicet pestilentiali causata, quia non est impossibile in aliquo homine putrefieri circa partes cordis humores etsi venenosos preter hoc quod fiat ab aere, et illa est febris similis febri pestilentiali. »

    37  Girolamo Manfredi, Tractatus de peste, c. 1 (p. 17) : « Posito igitur ut in magna hominum multitudine solus unus homo malis sit repletus humoribus, ceteri vero mundi aere quidem pestilentiali et infecto exeunte, tunc solus ille qui inmundus est inficietur, aliis vero illesis permanentibus. Amplius si aer quidem unius domus vel putei reclusus foret alio tamen aere puro et sano exeunte et ad illum aerem infectum solum unus homo malis humoribus repletus transeat, solus igitur ille illius aeris infectione coinquinabitur febremque pestiferam egrotabit et nullus alter. »

    38  Girolamo Manfredi, Tractatus de peste, c. 1 (p. 15) : « Quidam alii sunt morbi contagiosi sed non venenosi, velut scabies, lepra, fluxus sanguinis seu dissinteria. »

    39  Ibid., c. 1 : « Non omnis aeris putrefactio efficit epidimiam, nec etiam omnis aer corruptus est venenosus et pestilentialis. »

    40  Cf. Jacquart, La médecine médiévale…, op. cit., p. 255-256.

    41  Biraben J.-N., « Les maladies en Europe : équilibres et rupture de la pathocénose », dans Grmek M. (dir.), Histoire de la pensée médicale…, op. cit., p. 283-310.

    42  Grmek M., Les maladies à l’aube de la civilisation occidentale, Paris, Payot, 1983, p. 20-21.

    Épidémies, épizooties

    X Facebook Email

    Épidémies, épizooties

    Ce livre est cité par

    • Inglebert, Hervé. (2021) Conclusions. Antiquité Tardive, 29. DOI: 10.1484/J.AT.5.128655
    • Feller, Laurent. (2025) Développement économique, famille et environnement dans l’Occident latin au Moyen Âge (IXe-XIIIe siècles). Anthropologie et Sociétés, 49. DOI: 10.7202/1119565ar
    • Étude d'histoire des épidémies : la suette, la peste, la variole et la dysenterie dans le nord de la France, 1348-1790. DOI: 10.70675/9c6cf42dz5d10z4667z9824z15b90fb71787
    • L'appel de la rue : errance animale, communautés anthropozoologiques et encadrement policier dans les sociétés françaises et espagnoles (Marseille, Madrid, 1700-1840). DOI: 10.70675/23889de6zf6c2z4ab9z8565z45c9bb515dc3

    Ce chapitre est cité par

    • Palazzo, Alessandro. (2024) Epidemics and Pandemics. DOI: 10.1484/M.STPH-EB.5.136407
    • Les maladies pestilentielles dans l'Italie romaine jusqu'au milieu du IIè siècle av.J.-C. d'après les sources historiographiques. DOI: 10.70675/9a85d4d9z074bz4f34zb7bazc4def920060d

    Épidémies, épizooties

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Épidémies, épizooties

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Chandelier, J. (2017). Définition et terminologie des épidémies dans la médecine latine de la fin du Moyen Âge. In F. Clément (éd.), Épidémies, épizooties. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.153315
    Chandelier, Joël. « Définition et terminologie des épidémies dans la médecine latine de la fin du Moyen Âge ». In Épidémies, épizooties, édité par François Clément. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2017. doi:10.4000/books.pur.153315.
    Chandelier, Joël. « Définition et terminologie des épidémies dans la médecine latine de la fin du Moyen Âge ». Épidémies, épizooties, édité par François Clément, Presses universitaires de Rennes, 2017, https://doi.org/10.4000/books.pur.153315.

    Référence numérique du livre

    Format

    Clément, F. (éd.). (2017). Épidémies, épizooties. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.153270
    Clément, François, éd. Épidémies, épizooties. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2017. doi:10.4000/books.pur.153270.
    Clément, François, éditeur. Épidémies, épizooties. Presses universitaires de Rennes, 2017, https://doi.org/10.4000/books.pur.153270.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires de Rennes

    Presses universitaires de Rennes

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Flux RSS

    URL : http://www.pur-editions.fr

    Email : pur@univ-rennes2.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement