Corps producteur, corps reproducteur : vieillir au féminin
p. 205-212
Texte intégral
1Le temps est un marqueur social, le temps qui passe, le temps sexué, le temps des corps qui vieillissent. À partir de mes travaux sur les trajectoires médicalisées d’infécondité1, j’aimerais apporter quelques éclairages sur les différenciations sociales genrées qui se construisent tout au long de la vie et nuancent les diverses formes du vieillir. Plus précisément, j’envisagerai ici le temps comme « producteur de rapports de pouvoir » (Bessin et Gaudart, 2009) en portant une attention particulière à deux enjeux qui traversent la sociologie du vieillissement. D’une part, « l’oscillation entre normal et pathologique » (Pennec, 2007) est très présente dans l’analyse des troubles des processus de vieillissement. C’est cette oscillation, cette porosité, cette ambiguïté dont j’interrogerai le caractère social dans le déroulement des parcours de fécondité. D’autre part, les négociations mettant en scène les tensions entre acteurs des univers profane et professionnel dans un contexte de transformation sociale qui valorise l’autonomie des individus, sont un objet d’étude central dans ces thématiques (Pennec, Le Borgne-Uguen et Douguet, 2014). C’est autour des calendriers que je mobiliserai ce point de vue.
2Dans le domaine où s’inscrivent mes travaux, l’autonomie des femmes est directement liée à deux bouleversements majeurs survenus au xxe siècle : l’entrée massive des femmes dans le marché de l’emploi ; l’accès à la contraception et à l’avortement. La distribution du travail entre production et reproduction, la mobilisation du corps des femmes se jouent dans un nouveau contexte.
3Ce sont les enjeux liés aux temporalités du travail productif et reproductif des femmes que j’aimerais évoquer ici avec la situation particulière des femmes sans enfant qui souhaitent devenir mères et recourent aux techniques médicales. Comment le désir d’enfant, le devoir d’enfants, se conjuguent-ils avec la vie professionnelle et le temps qui passe ? À quelles injonctions de calendrier les femmes sont-elles soumises ? Comment ces normes encadrent-elles les parcours de vie ? Quelles trajectoires les femmes inventent-elles dans ces rails aux implicites parfois contradictoires ?
4Cette contribution s’appuie sur plusieurs enquêtes quantitatives et qualitatives échelonnées sur une vingtaine d’années auprès de femmes impliquées dans une démarche médicalisée pour avoir un enfant : analyse d’un millier de dossiers médicaux d’un service spécialisé pour l’assistance médicale à la procréation, de la question ouverte d’un questionnaire adressé à 2000 femmes2, ainsi que d’une centaine d’entretiens3.
5C’est la notion de temps qui va constituer la trame de cette contribution : le temps du corps biologique ou plutôt biotechnologique ; le temps social, le temps des rapports sociaux notamment des rapports sociaux entre les sexes, le calendrier sexué de la division du travail ; enfin le temps vécu du déroulement des parcours de vie des femmes.
Le temps du corps entre clinique et biotechnologie
6Quel est le « bon âge » pour faire un enfant ? Et comment ce « bon âge » va-t-il inventer des parcours distincts entre hommes et femmes ou entre femmes ?
7Car l’engouement clinique qui renvoie à la « nature », à « l’horloge biologique » paraît insuffisant pour valider ce critère. En effet, ce qui est en cause c’est la définition du « normal » et du « pathologique » pour les calendriers de la reproduction humaine. Et comme le note Georges Canguilhem (1979), on peut se demander si les moyennes biologiques ne devraient pas être considérées « comme l’expression de normes collectives de vie ». La variabilité de l’âge à la première maternité (Véron, 2000), le décalage entre ménopause biologique et fin de vie reproductive pour les femmes4 (Vinel, 2007) vont dans le sens de cette remarque pour la période observée de fécondité féminine.
8Alors, comment s’établit cette « norme collective de vie » dans le domaine de la fécondité et plus précisément du calendrier de la fécondité ? Quelles institutions contribuent à cette construction normative ? À « l’ère de la médicalisation » (Aïach, 1998), il est probable que l’hôpital joue un rôle majeur.
9Une réponse classique est donnée dans le contexte de la revue Contraception, fertilité, sexualité, instaurant en 1996 un débat sur les limites d’âge pour le traitement de la stérilité d’un couple. Les articles discutent les âges limites pour les hommes et pour les femmes, mettent en évidence le prisme du genre à travers lequel sont interprétées les mesures scientifiques. Si pour l’homme, c’est la compassion qui est mise en avant : « Peut-on dire à un homme d’un cœur léger : vous êtes trop vieux pour qu’on vous aide à avoir un enfant ? Sûrement pas » (Auroux, 1996), pour la femme, il s’agit de « lever les illusions » des patientes de même que celles du corps médical (Belaisch-Allart, 1996). Les pratiques médicales en découlent. Ainsi, dans l’hôpital observé, les limites fixées à 40 ans pour les femmes et à 55 ans pour les hommes renforcent les écarts observés dans le calendrier de fécondité. Alors que le seuil de 55 ans adopté pour les hommes reflète à peu près le comportement actuel masculin en matière de procréation, l’âge de 40 ans ne coïncide pas avec l’arrêt de la maternité, le taux de fécondité féminine ne s’annulant qu’après 45 ans. Les professionnel·le·s de la médecine classique interviennent ainsi dans la détermination du « bon âge » d’arrêt de la fécondité avec un double mécanisme. D’une part, en occultant les représentations sociales de la fécondité qui les animent, ces médecins contribuent à faire attribuer au seul critère biologique le décalage des calendriers de la fertilité des femmes et des hommes. D’autre part, en accentuant dans les règles d’accès à l’assistance médicale à la procréation l’écart observé entre temporalités masculines et féminines de la fécondité, ces scientifiques contribuent à amplifier et renforcer avec toute leur autorité la précocité d’un déclin de la fertilité féminine par rapport à celui de la fertilité masculine.
10Néanmoins, au-delà des processus cliniques contribuant à l’inégalité sexuée, on peut estimer avec Clarck (2000) que l’innovation s’écarte aujourd’hui de la médecine classique et que ce sont les biotechnologies qui prennent la relève. Discours et pratiques se distinguent des affirmations de la médecine clinique classique et des tensions surgissent au sein du monde médical. C’est Robert Edwards, auteur avec Patrick Steptoe de la première réussite mondiale de fécondation in vitro en 1978, qui s’insurge contre la frilosité du milieu médical. Pour contrer les effets de l’âge, il propose une stratégie alternative en implantant des ovocytes de femmes plus jeunes. Il démontre qu’un tel protocole améliore les résultats en éliminant les effets négatifs induits par les stimulations ovariennes (Edwards et al., 1991). Comme le souligne José Van Dyck (1995), de telles pratiques offrent un marché potentiel à la médecine pour les femmes ménopausées. C’est aussi l’ouverture d’un terrain expérimental pour la recherche scientifique dans les domaines de la génétique et de la reproduction humaine.
11Or, l’accès à l’innovation est socialement distribué. Il dépend du pays dont on est issu et aussi de la capacité à imposer son point de vue. Dans l’interaction avec la hiérarchie hospitalière la position sociale est décisive comme l’illustrent ces deux situations issues de mes enquêtes. Ainsi, face à un refus du CECOS de fournir une paillette de sperme compte tenu de l’âge de la femme, le seul cas où j’ai observé une confrontation aboutissant à la satisfaction du couple concerne une femme dotée d’un potentiel argumentatif, qui appartenait au corps enseignant. De même, le statut et l’expérience de RH vont faciliter la prise en compte de la parole de cette patiente comme le montre son discours déterminé :
« Je suis dans les ressources humaines et je fais du recrutement. Autant dire que mes cliniques je les recrute. Donc il fallait que j’aie en face de moi des gens qui tiennent la route… Avec les chirurgiens, c’était très technique et je n’y comprenais rien. Je suis partie en me disant : “c’est quoi cette mitraillette ? Cette fois vous parlez plus lentement”. Je n’ai pas de complexe par rapport à ça »
Maria F., consultante en freelance, en couple depuis l’âge de 34 ans, parcours médicalisé à partir de 38 ans, une fécondation in vitro à 41 ans suivie de la naissance d’un garçon.
Le temps social du travail productif et/ou reproductif
12Aux temporalités corporelles du travail reproductif s’additionnent pour la plupart des femmes les injonctions du travail. En effet, une double injonction pèse aujourd’hui sur la majorité des femmes à l’exception des deux extrémités de la hiérarchie sociale ; si la science médicale joue un rôle décisif pour fixer le « bon âge » pour avoir un enfant, celui-ci est aussi encadré par une double contrainte : le devoir d’enfant et le devoir d’emploi. Les exigences de cette double performance sont particulièrement pressantes au début de la vie adulte : dans cette période, il s’agit à la fois de produire des enfants et de s’investir professionnellement. Et cette double contrainte va marquer durablement à la fois la trajectoire de vie active puis le temps du vieillir.
13Avec l’évolution de la place des femmes dans la société contemporaine, cette superposition génère des tensions sociales qu’on a pu croire résolues avec le paradigme de la « conciliation entre vie familiale et vie professionnelle ». Néanmoins, comme le montre Annie Junter-Loiseau (1999), il s’agit, en réalité, d’un enjeu collectif lié à la division sexuée du travail qui dépasse les seules stratégies individuelles. J’aimerais illustrer ce point de vue avec deux situations interrogeant les temporalités de l’organisation sexuée du travail et les usages des nouvelles techniques reproductives.
14La première situation a trait aux stratégies utilisées par les femmes pour faire face à cette double injonction, devoir d’enfants, devoir d’emploi. Cette superposition normative produit des effets différenciés selon le sexe. Elle s’avère favorable pour les hommes pour lesquels on observe un lien entre réussite professionnelle et nombre d’enfants (Gadéa et Marry, 2000). À l’inverse, elle se révèle un obstacle pour les femmes contraintes à cumuler travail productif et travail reproductif entre 25 et 40 ans (Langevin, 1986). Pour gérer l’articulation des temps consacrés au travail productif et reproductif, plusieurs stratégies ont été utilisées par les femmes : aménager le temps de travail grâce au travail partiel, différer l’entrée dans la vie professionnelle après le temps de la maternité ou au contraire reculer le temps de la maternité après avoir jeté les jalons d’une carrière (Hantrais, 1994).
15Une stratégie consiste à aménager le temps de travail grâce au travail partiel ou à différer l’entrée dans la vie professionnelle après le temps de la maternité, ce qui contribue à bâtir une différenciation sexuée dans les parcours de fin de vie. C’est ce que j’ai pu observer dans de nombreux témoignages durant mon enquête comme le montrent les extraits d’entretien ci-dessous.
« J’ai arrêté mon travail pour la FIV… C’était vraiment ma priorité. Je ne veux pas avoir de regrets… La PMA demande beaucoup de temps. Surtout on ne sait jamais quand ni pour combien de temps. Les rendez-vous sont quasiment programmés du jour au lendemain. Et c’est compliqué de dire à un employeur : je ne serai pas là mais je ne sais pas quand… Lui il est tuyauteur en CDI. Il a une bonne place. Une bonne paie. C’est vrai qu’on ne s’est pas du tout posé la question pour lui »
Delphine B., assistante commerciale au chômage, mariée, fécondation in vitro, kystes, pas de grossesse au moment de l’entretien.
« Moi c’était un enfant que je voulais. C’est vrai que j’ai eu des opportunités… mais quand on a eu dix anesthésies en neuf ans ça fait beaucoup. Ça affaiblit. Donc j’avais mis tout le reste en veilleuse… Sinon aujourd’hui je serais cadre… Michel, lui, à l’origine il était mécanicien… Le grand patron a acheté 17 magasins et maintenant c’est Michel qui s’occupe des 17 magasins »
Béatrice S., employée à la Sécurité Sociale, mariée, parcours médicalisé de 26 à 33 ans avec des fécondations in vitro sans grossesse, puis adoption d’une fille.
16Une autre stratégie consiste au contraire à reculer le temps de la maternité après avoir jeté les jalons d’une carrière.
17Or, cette dernière stratégie, parfois qualifiée de « maternité tardive » bouleverse les cadres normatifs des temporalités de la maternité. L’échec des tentatives de réglementation de l’âge limite pour pouvoir bénéficier d’une assistance médicale à la procréation rend visible le travail social qui se joue autour de ces reconfigurations normatives. À la suite de la contestation des règles hospitalières, le décret du 25 janvier 2000 avait fixé en France l’âge limite d’accès pour les femmes à 43 ans. Suite au recours d’un couple, le décret a été annulé par décision du conseil d’État à la date du 27 novembre 2000.
18La deuxième situation est relative au réservoir de « femmes de talent » utile dans le contexte économique. Or, la disponibilité de jeunes cadres féminines est freinée par le devoir de maternité qui intervient dans la même période du parcours de vie. C’est ainsi que l’entreprise Google a imaginé un dispositif dit innovant à l’automne 2014 : payer la congélation des ovocytes des femmes cadres qui le souhaiteraient afin de reculer le temps de leur maternité à une période plus favorable pour leur carrière. Autrement dit, ce sont les femmes qui sont invitées à « payer le prix » des contradictions générées par l’organisation sociale du travail. Dans la mesure où le travail reproductif n’est pas reconnu comme travail, ce sont les impératifs de performance qui priment et ce sont les femmes qui devront aménager leur parcours de vie pour les satisfaire.
Le temps vécu des possibles et des dominations
19Les nouveaux usages du temps encadrés par la biotechnologie pourraient faire écho à la revendication féministe des années 1970 : « un enfant quand je veux si je veux ». Avec l’expansion du champ médical, le développement international de la recherche, la pression du marché de l’emploi, c’est effectivement tout un éventail de possibles qui s’est ouvert. La barrière de la ménopause biologique a été franchie grâce à des dons d’ovocytes de femmes plus jeunes. Le premier exemple connu, qui a défrayé la chronique, et celui d’une femme de 62 ans dont la grossesse a été annoncée par le docteur Antinori au début des années 1990. Aujourd’hui, le record est détenu par une indienne de 70 ans mère de jumeaux. En France, en 2001, une femme de 62 ans mettait, elle aussi, au monde un bébé à Fréjus (Rotman, 2008).
20Ce temps des possibles s’inscrit dans un nouveau contexte transnational que j’ai désigné comme « chaîne mondiale du travail reproductif » (Tain, 2013). Dans cette chaîne, interviennent notamment des donneuses d’ovocytes, des gestatrices pour autrui, des femmes ménopausées, des biologistes congelant des ovocytes, des gynécologues.
21Est-ce vraiment là l’autonomie des femmes revendiquée par les féministes des années 1970 ? Quelle appréciation peut-on porter sur de tels dispositifs ? Comme le notait Françoise Colin (1989), à l’inverse de l’accès à l’avortement, la mise en œuvre de nouvelles techniques reproductives est un sujet de controverse dans le mouvement féministe. Philippe Bataille (1990) avait identifié, grâce à une enquête auprès de 30 féministes, 5 postures vis-à-vis des technologies reproductives : deux « égalitaires » ouvertes à ces formes de médicalisation avec une sensibilité qui se félicite d’un progrès technique permettant de dépasser des limites biologiques et une autre qui se réjouit d’une possibilité d’échapper à l’enfermement familial ; deux postures « identitaires » avec une sensibilité voulant sauvegarder à tout prix la maternité « naturelle » et le pouvoir qui lui est attaché et une autre sensibilité dénonçant la mainmise médicale et l’illusion de l’autocontrôle. Enfin, une cinquième posture se présenterait comme un « féminisme négocié » entre les précédentes postures.
22Qu’en est-il aujourd’hui ? Comment apprécier les aménagements possibles vis-à-vis des calendriers de fécondité qui s’offrent aux femmes ? Au terme de cette contribution, j’aimerais apporter un élément complémentaire à ce débat qui amène des interrogations délicates : l’inégale distribution des possibles au sein de la hiérarchie sociale. En voici deux aspects.
23Le premier aspect a trait au capital économique. Pour pouvoir bénéficier des produits de la « chaîne mondiale du travail reproductif », pour avoir accès aux circuits transnationaux, il est nécessaire de disposer de financements suffisants, comme le montrent les récits de parcours médicalisés ci-dessous :
« J’ai demandé à mon gynécologue si je pouvais bénéficier de la FIV. Mais il m’a expliqué qu’à 44 ans j’étais trop vieille pour la médecine et la CPAM, que je pouvais cependant aller à l’étranger, à mes frais. C’est trop cher. Donc je ne serai jamais mère malheureusement »
Aline B., assistante de créance, actuellement séparée, trois tentatives de FIV alors qu’elle était en couple, pas d’enfant.
« Si on avait les moyens je serais partie en Belgique pour un don d’ovocyte. Car avoir 47 ans et ne pas pouvoir faire de demande est trop lourd. Il n’y a qu’en France qu’on voit ça. Bref si je pouvais me payer le voyage et le don d’ovocytes je n’hésiterais pas. Même à 47 ans. Car en Amérique même à 50 ans ou plus ce n’est pas choquant »
Marie Noëlle W., agent de collectivité dans un lycée, en couple avec un agriculteur, a renoncé après deux FIV.
24Un second aspect a trait aux calendriers de recours à ces nouvelles techniques, très différenciés selon la catégorie socioprofessionnelle. En effet, si j’ai pu noter une propension analogue à mettre en œuvre une fécondation in vitro quel que soit le niveau de qualification des femmes, en revanche, les temporalités s’avèrent très distinctes (Tain, 1999). Ainsi, les femmes cadres ont plutôt tendance à recourir à ces techniques après 30 ans, ce qui leur permet un investissement pour amorcer une carrière professionnelle. À l’inverse, la plupart des femmes ouvrières qui s’engagent dans un parcours médicalisé le font avant 30 ans. Or, en cas d’infécondité, si la médicalisation précoce est plus favorable à la survenue d’un enfant, elle constitue un obstacle à l’ascension sociale et même à l’insertion professionnelle.
25Au total, nous assistons donc à une dynamique complexe de réaménagement des temporalités du travail productif/reproductif pour les femmes. Alors que les femmes cadres pourraient bénéficier d’une ouverture des possibles en lien avec les nouvelles techniques reproductives permettant un recul du temps de la maternité, les femmes du bas de la hiérarchie sociale semblent assignées au double devoir d’enfant et d’emploi au début de la vie adulte, qui les pénalise dans leur accès à une vie plus autonome et qui tisse la trame d’un style de vieillir distinct selon le sexe et la position sociale. Le temps vécu s’avère ainsi un révélateur de la combinaison de rapports sociaux.
Bibliographie
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Bibliographie
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Notes de bas de page
1 Cette contribution s’appuie sur l’ensemble de mes écrits depuis ma thèse en 1998 et notamment l’ouvrage synthétique : Le corps reproducteur (Tain, 2013).
2 Questionnaire de l’enquête DAIFI dirigée par Élise de la Rochebrochard (INED) en 2008 2010 auprès de couples ayant réalisé au moins une fécondation in vitro.
3 L’appartenance sociale des femmes enquêtées est très diversifiée. J’ai en effet, montré que le recours à l’assistance médicale à la procréation était indépendant de la position dans la hiérarchie sociale à partir de l’analyse de milliers de dossiers médicaux (Tain, 2013). C’est ce qui se vérifie aussi à partir du questionnaire de l’enquête DAIFI dirigée par Élise de la Rochebochard que je mobilise dans cet article. L’échantillon d’enquête a été constitué de différentes manières (site Internet, association…) avec une vigilance particulière pour diversifier les profils sociaux.
4 Virginie Vinel a, en effet, montré que l’arrêt de la fabrication d’enfants obéit à des impératifs sociaux distincts de la ménopause biologique. Ainsi, par exemple, dans certaines sociétés, existent des interdits de grossesse pour les femmes dès lors que leurs enfants sont eux-mêmes parents.
Auteur
-
Laurence Tain
Professeure émérite de sociologie à l’université Lumière Lyon 2, et chercheure au Centre Max Weber. Elle a été la coordinatrice internationale du master ÉGALES (Études sur le genre et actions liées à l’égalité dans la société) depuis sa création en 2011 jusqu’en 2017. Ses recherches portent principalement sur le genre, la procréation médicalement assistée (PMA) et les professions de santé.
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