Annexe IV. Les données de la cohorte Elfe
p. 199-203
Texte intégral
1Les premières données de la cohorte Elfe recueillies en maternité, aux 2 mois et à 1 an du bébé fournissent un cadrage général à notre travail qualitatif. L’objectif de cette cohorte est de suivre un grand nombre d’enfants de leur naissance en 2011 jusqu’à l’âge adulte dans une approche pluridisciplinaire : santé, environnement, alimentation, sciences sociales. Le suivi est assuré par des interrogations à intervalles réguliers de la mère et du père dans un premier temps et ensuite de l’enfant lui-même. Les questionnaires Elfe contiennent, entre autres, des informations sur la famille du bébé et ses conditions d’existence ainsi que sur les différentes aides publiques reçues.
2Pour décrire les familles, les questionnaires Elfe caractérisent la famille et le parent référent non seulement en termes de variables sociodémographiques standard (âge, statut marital, niveau d’éducation, statut et activité professionnelle, catégorie professionnelle…) mais aussi en termes de configuration familiale (nombre de personnes vivant au foyer, fratrie de l’enfant, relations avec les grands-parents, reconnaissance de l’enfant par son père, séparation éventuelle, déménagement) et de réseau relationnel. Concernant la diversité sociale, les questionnaires permettent d’identifier les catégories et les origines sociales de chacun des parents et des personnes qui vivent au foyer de l’enfant. Concernant la diversité culturelle, les questionnaires renseignent sur la nationalité des membres du foyer et des grands-parents, la langue parlée à la maison, celle parlée à l’enfant, la religion et la pratique religieuse, les cérémonies liées à la naissance, les modalités de portage et de couchage du bébé (questionnaire à 2 mois)… La famille et le parent référent sont en outre décrits à travers leurs ressources monétaires : les trois questionnaires permettent de calculer le montant et la structure du budget du ménage. Le questionnaire à 2 mois interroge en outre sur les découverts bancaires, le montant et la destination des différents emprunts souscrits par la personne ou la famille et recueille l’opinion de la personne interrogée sur le niveau de vie de la famille et sur les domaines où elle doit éventuellement opérer des restrictions de dépense (y compris les renoncements aux soins). Pour décrire les aides publiques, il s’agit tout d’abord de questions concernant les professionnels que la famille rencontre (personnel médical, travailleuse familiale, assistante sociale, éducateur…) avec une information sur le rythme de l’intervention (mois, semaine) et la permanence de cet accompagnement (avant, depuis la naissance…). Les aides reçues pour les modes de garde du bébé font l’objet d’une attention particulière à chaque étape du questionnement : en particulier dans le questionnaire à 2 mois : origine de l’aide, opinion sur l’aide en relation avec le mode de garde idéal, les démarches effectuées avant la naissance, le mode de garde effectif (famille, assistante maternelle, crèche, employée à domicile…), les raisons de ce « choix », la qualité des relations avec les personnes qui s’occupent du bébé lors de sa garde, les éventuels désaccords sur des questions de soin et d’éducation, l’éventuel mode complémentaire de garde. Ensuite, on connaît les différentes allocations reçues sous forme monétaire (chômage, maladie, invalidité, famille, jeune enfant [Paje]1, parent isolé, logement, RSA2, CLCA3, CLCMG4, pension alimentaire…). En matière de couverture sociale, on sait si la personne qui s’occupe de l’enfant bénéficie ou non à titre personnel ou en tant qu’ayant droit, de l’aide médicale de l’État, de la CMU5 ou d’un autre régime, y compris par le biais d’une personne assurée dans un pays étranger, avec ou non une couverture maladie complémentaire.
3L’exploitation de la cohorte Elfe n’a pas été réalisée, à l’instar du travail qualitatif, selon une différenciation territoriale, les effectifs auraient dans ce cas été trop réduits compte tenu des catégories de famille à privilégier. À 1 an de l’enfant, les observations exploitables sont au nombre de 14387 familles, soit en appliquant la pondération, 763272 familles représentatives des familles françaises qui ont connu une naissance en 2011. La majorité est constituée de familles de 1 ou 2 enfants auxquels s’ajoute le bébé Elfe né en 2011 (52,8 % des familles). Les catégories de famille qui font l’objet de l’analyse qualitative ne sont pas quantitativement les plus importantes dans Elfe : les familles nombreuses forment 6,1 % des familles, les familles recomposées 15,1 %, les familles monoparentales 2 %, les familles mixtes ou originaires du Maghreb ou d’Afrique de l’Ouest 14,8 %. L’exploitation porte sur un fichier cylindré c’est-à-dire que n’ont été retenues que les familles présentes en maternité, aux 2 mois et à 1 an du bébé. On dispose alors de 12916 familles, soit 670433 familles en données pondérées (voir le tableau suivant).
Caractéristiques descriptives des familles Elfe à 1 an de l’enfant, en moyenne ou en % des familles.


Source : ELFE2017, données recueillies en maternité, aux 2 mois et à 1 an de l’enfant, pondération famille, calculs de F. Berton
4Lecture : les valeurs moyennes ou les pourcentages de chaque colonne (chaque catégorie de famille) sont à apprécier par rapport aux valeurs moyennes ou pourcentages de l’ensemble des familles Elfe. * Religion importante : la question correspondante posée dans le questionnaire aux 2 mois de l’enfant regroupe les modalités 1 à 3 de la question : « Quelle importance accordez-vous à la religion dans votre vie ? 1. très forte ; 2. forte ; 3. assez forte ; 4. faible ; 5. très faible ; 6. [aucune] ; 8. [refus]. » ** Souhait le plus cher après la santé : la question correspondante posée dans le questionnaire aux 2 mois de l’enfant porte sur le souhait le plus cher pour le bébé : « Que souhaitez-vous le plus pour [enfant Elfe]) ? Indiquer les 3 choses les plus importantes parmi : 1. la réussite sociale ; 2. une belle vie amoureuse ; 3. un travail intéressant ; 4. des loisirs passionnants ; 5. une vie tranquille ; 6. une grande famille ; 7. beaucoup d’amis ; 8. un monde plus juste ; 9. une bonne santé ; 10. autre. » Les modalités 1 et 3 sont regroupées pour former l’item « réussite sociale/travail » versus les modalités 2, 4, 5, 6, 7 qui sont du registre de l’épanouissement personnel ou relationnel. La santé est enlevée de l’analyse car elle arrive systématiquement en premier sans différenciation sociale.
Notes de bas de page
1 La Paje : prestation d’accueil du jeune enfant. L’allocation de base de la Paje a pour objet d’aider à assurer les dépenses liées à l’entretien et l’éducation d’un enfant de moins de 3 ans. Elle est versée sous conditions de ressources.
2 Revenu de solidarité active. Il assure aux personnes sans ressources un niveau minimum de revenu qui varie selon la composition du foyer.
3 Complément libre choix d’activité de la Paje. Il s’adresse au parent d’au moins un enfant de moins de 3 ans et qui cesse de travailler ou exerce son activité à temps partiel pour s’occuper de son enfant. En 2015, le CLCA a été remplacé par la Prépare : la prestation partagée d’éducation de l’enfant.
4 Complément libre choix du mode de garde de la Paje. Il comprend une prise en charge partielle de la rémunération d’une garde à domicile, d’une assistante maternelle agréée ou des frais de garde en micro-crèche. Son montant varie selon le nombre d’enfants à charge, l’âge de l’enfant et les ressources de la famille.
5 Couverture maladie universelle. Elle permet l’accès aux soins et le remboursement des frais de santé à toute personne résidant en France de façon stable et régulière et n’étant pas déjà couverte par un régime d’Assurance maladie obligatoire. Depuis le 1er janvier 2016 (mais les données à 1 an de Elfe portent sur l’année 2012-2013), la CMU de base a été remplacée par la Protection universelle maladie (PUMa).
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