1 Selon le juge, soit nous sommes assises de son côté dans l’angle de la pièce, parfois légèrement derrière lui, face aux acteurs. Ou encore, nous sommes face au juge, derrière les acteurs, dans l’angle au fond du bureau. Donc deux positions d’observatrice toujours situées en retrait par rapport à la scène observée, jamais au premier plan.
2 L’enquête menée par une équipe pluridisciplinaire porte sur une soixantaine d’audiences observées en région parisienne de janvier à juin 1985.
3 Selon l’expression d’un juge des enfants.
4 Les parents des mineurs délinquants d’origine étrangère qui ne parlent pas ou ne comprennent pas bien le français sont souvent accompagnés d’un autre de leur enfant (souvent une sœur) qui leur traduit ce que disent les acteurs, notamment lorsqu’ils sont interrogés à la barre.
5 Cette procédure de protection s’oppose à la procédure anglaise, tristement connue par l’affaire criminelle des adolescents de Manchester dont la presse a mis l’identité en pâture, tant et si bien qu’ils ont dû en changer.
6 Cf. la partie sur le rôle de l’avocat de garant de l’ordre cérémoniel de l’audience : chap. VI, p. 180.
7 Les mineurs âgés de plus de 16 ans, ayant commis un crime, relèvent de la cour d’assises des mineurs.
8 Le TIG est une mesure consistant pour le condamné à effectuer un travail auprès d’une collectivité publique ou d’une association agréée. Elle est prononcée par le tribunal, à titre principal ou comme substitution à une peine d’emprisonnement, ou en complément d’une peine prononcée avec sursis.
9 Ces auteurs empruntent leur conceptualisation à Garfinkel (1955).
10 On peut supposer que la cérémonie de dégradation, dans l’esprit, vaut aussi bien pour tout profane placé dans une situation inconnue ou, en tous les cas, dont il ne maîtrise pas le cours, et qui vise son intégration dans un collectif ou une action, normés. Par exemple, il peut s’agir du doctorant soutenant une thèse. On glisse alors sensiblement de la cérémonie de dégradation aux rites d’initiation et de passage (Van Gennep, 1981).
11 Cf. en annexe le plan d’un tribunal correctionnel.
12 Lors de ce colloque sur la nouvelle architecture judiciaire, il était adjoint au délégué général au programme pluriannuel d’équipement.
13 Dans les années soixante-dix, des professeurs de droit arboraient encore leur robe de juriste pour donner leurs cours.
14 C’est aussi le cas pour les majeurs (Lascoumes et Puybaraud, 1974).
15 À ce propos, la présidente du tribunal de grande instance de Nanterre rapporte : « Le tribunal d’instance d’Asnières, tout en verre, a été construit dans un quartier sensible et pose le problème du lieu d’implantation. Il se trouve face à des immeubles où vivent des publics difficiles et hostiles qui n’acceptent pas une implantation vécue comme une agression, une immixtion intolérable de l’ordre étatique dans l’ordre de la cité, dont la transparence des matériaux leur est insupportable (“ils nous voient”) et que régulièrement des jeunes “anomiques” agressent par destruction ou jets de pierre, et qu’obstinément nous réparons. Conséquence de cette expérience : la proximité ne s’impose pas, elle se construit et s’explique. Rappellerais-je que l’on a tiré à balle dans le bureau du greffier en chef, le jour de l’inauguration de ce tribunal ? Une précision à méditer également : les deux antennes de justice de Gennevilliers et de Bagneux ne sont pas attaquées » (Petit in coll., 2002, 68).
16 On fera tout de même appel aux pompiers. Mais, d’après nos observations, au cours d’une audience pénale, il semble que les choses se passent de toute façon comme elles doivent se passer, même si elles peuvent être suspendues et/ou reportées. Une mère qui propose discrètement une liasse de billets au juge dans son cabinet ou une autre qui implore la clémence du jury en se roulant par terre et en suppliant tragiquement à la barre ou un gamin qui s’automutile le bras au couteau dans le box des prévenus devant le tribunal, n’empêchent finalement pas le déroulement de la scène parce que, comme le dit Herpin (1977), des faits qui paraissent extraordinaires à l’observateur passent à la trappe de l’organisation judiciaire qui les digère fort bien. L’action se situant hors cadre et faisant appel à des catégories non judiciaires est dès lors hors jeu et n’interrompt pas l’audience.
17 Cf. chap. VI, « Contribuer à l’ordre cérémoniel de l’audience pénale », p. 180.
18 Le Code des règles cérémonielles s’oppose ici au Code des règles substantielles comprenant la loi et la morale, qui « guide la conduite quant aux affaires que l’on estime importantes par elles-mêmes, indépendamment des conséquences que peuvent entraîner l’infraction ou le respect ». Ici, il s’agit de l’application du Code de procédure pénal par les acteurs judiciaires.