Chapitre XVII. Recherches sur les centurions de la legio VII Gemina*
p. 287-343
Texte intégral
1À travers les tâtonnements et les difficultés de la guerre des Gaules, C. Iulius Caesar fit de la légion un instrument incomparable de lutte et de conquête. À sa tête, il plaça un légat de rang sénatorial assisté de six tribuns issus en partie du Sénat et en partie de l’ordre équestre ; au niveau inférieur, soixante centurions avaient pour mission de faire exécuter convenablement les ordres et d’assurer la discipline et la cohésion indispensables au bon fonctionnement de la machine. L’unité tactique par excellence était la cohorte, mobile et capable de mouvements autonomes ; affectée d’un numéro d’ordre elle avait une place déterminée dans l’ensemble de la légion1. Le dictateur n’eut pas le temps de donner un caractère officiel à cette organisation mais il avait créé le modèle dont Auguste s’inspira largement. Il lui donna même plus de force dans la mesure où, ayant mis fin aux guerres civiles, il lui rendit sa vocation proprement militaire en le tournant contre les ennemis extérieurs : les légions furent disséminées le long des frontières, formant le rempart protecteur de la civilisation romaine. Dans cette tâche, l’armée civique était appuyée par les auxilia, en nombre égal, qui recevaient la ciuitas en récompense au terme de leur service. À Rome, enfin, l’imperator, chef suprême des armées, était entouré d’une garde prétorienne de fantassins et d’une garde montée qui donna naissance, sous Trajan, au numerus equitum singularium2.
2Ainsi conçu, l’exercitus romanus conférait au centurio legionis un rôle essentiel. Chez César il apparaît comme l’« enfant chéri » de l’armée, proche des soldats et conscient de son influence sur eux. À la passion de l’autorité il ajoute la passion des armes et le goût de l’exploit qui le signalera à l’attention des chefs et lui permettra de progresser dans la hiérarchie. La conséquence de cet état de fait s’imposa logiquement à Auguste qui fit du centurionat l’axe de stabilité de l’organisation légionnaire. À l’époque impériale le centurion est ainsi l’officier de carrière par excellence, le militaire professionnel dont le service dure au minimum vingt ans et ne s’achève le plus souvent qu’avec la vieillesse ou la mort3. Depuis l’étude de A. von Domaszewski, nous connaissons l’essentiel de la hiérarchie minutieusement réglée des postes et des échelons qui jalonnaient la carrière4. Il distinguait deux types de progression : d’une part, le Stufenavancement qui n’autorisait qu’une promotion lente à travers tous les grades de chaque cohorte ; d’autre part, le Staffelavancement réservé aux bénéficiaires de promotions rapides qui passaient alors directement d’une cohorte à l’autre5. Ces vues ne sauraient être acceptées sans de nombreuses nuances : l’article « Legio » de A. Passerini dans le Dizionario Epigrafico en convainc aisément puisqu’il s’attache à décrire la diversité des carrières6. En outre, les travaux de E. Birley et de ses disciples ont abouti à la conclusion que les centurions des cohortes X à II étaient égaux en rang et que la véritable promotion intervenait seulement avec l’entrée dans la première cohorte organisée en cinq échelons : hastatus posterior, princeps posterior, hastatus prior, princeps et pilus prior ou primus pilus7. A. von Domaszewski admettait aussi qu’une promotion ne pouvait avoir lieu qu’à l’occasion d’un transfert d’une légion à une autre. C’est également à E. Birley que l’on doit une critique de cette idée : le savant anglais pense que les mutations étaient en relation avec des nécessités militaires et administratives indépendantes de la carrière proprement dite de l’officier qui en faisait l’objet8.
3En dépit de progrès non négligeables les certitudes demeurent faibles. A. von Domaszewski avait parfaitement compris l’importance d’une juste analyse des rouages et du fonctionnement de l’armée romaine dans son ensemble pour éclairer l’histoire de l’Empire romain9. Cependant, aux prises avec une tâche difficile, maître d’une érudition admirable et attentif à ne pas s’éloigner d’une documentation abondante qu’il connaissait parfaitement, il n’a pas su éviter l’écueil du dogmatisme. Son étude de la hiérarchie militaire est très théorique et fait abstraction de la finalité assignée par les différents empereurs à la machine dont il voulait démonter les mécanismes. Les ressorts en étaient complexes et n’ont pas échappé aux mutations, ce dont ne peut rendre compte exactement la seule détermination d’un grade ou d’une fonction dans un système, fût-il très hiérarchisé. Il s’enfermait ainsi dans un raisonnement fallacieux qui consistait à expliquer l’armée romaine par l’idée qu’il se faisait de sa hiérarchie et inversement10.
4Au cours des soixante années qui ont suivi la parution de la Rangordnung la documentation épigraphique s’est enrichie sans qu’interviennent des apports quantitativement et qualitativement décisifs. Les sources littéraires sont d’un secours médiocre : entre César et Végèce, il n’y a presque rien et l’on ne peut, étant donné sa date, attribuer une valeur exemplaire au premier ni préciser les époques auxquelles se réfère le second, au surplus assez ignorant des réalités militaires. L’archéologie progresse et l’on doit en espérer des résultats non négligeables11. Dans l’attente, il faut susciter de nouvelles questions : la chronologie des guerres est utile, mais la façon dont les responsables réagissaient devant les situations nouvelles, la manière dont ils mettaient à profit le potentiel matériel et humain dont ils disposaient sont des directions essentielles. E. Ritterling a fait un inventaire magistral des données documentaires et a posé un certain nombre de jalons12 ; E. Birley a, nous l’avons dit, ouvert des voies nouvelles et fécondes13.
5Au fond, il s’agit de considérer le centurion comme un fonctionnaire dont l’État attendait des services définis au même titre qu’un sénateur ou un administrateur de l’ordre équestre. Dans ce domaine, les travaux de H.-G. Pflaum14 et de G. Alföldy15 ont mis en lumière des principes dont l’esprit n’était sans doute pas étranger à ceux qui régissaient le cursus centurionis. Il s’agit de situer le plus exactement possible le centurion dans l’ensemble du corps social étant entendu que, sous l’Empire, toute forme d’organisation sociale reste – bien qu’à des degrés divers – liée à l’organisation politique16. Il s’agit, enfin, de cerner clairement les contours de l’évolution du monde militaire romain en soulignant les facteurs qui y ont contribué : déplacement des dangers, attitude des citoyens devant le service militaire, transformation de la nature des charges du centurion, modification du pouvoir impérial. Ne nous y trompons pas ; la pax romana ne fut jamais une réalité globale : la Germanie, la Bretagne, la péninsule Ibérique furent les théâtres de combats nombreux et difficiles d’Auguste à Domitien ; cette période vit aussi la reprise de la guerre civile et des révoltes militaires comme celle de l’armée de Germanie sous Tibère ou de Saturninus en 88-89. De Trajan à Septime Sévère, les centres se déplacent mais les événements se répètent : la conquête de la Dacie, les guerres parthiques, les révoltes de Bretagne, la révolte juive, les menaces des Maures, les poussées barbares sur le Danube sont le lot de ce IIe siècle qui s’achève en apothéose par les déchirements des années 194-197 dont l’empereur africain ne sort vainqueur que pour lutter à nouveau en Orient puis en Bretagne. Le IIIe siècle – on le sait – voit s’accroître la confusion et les champs de bataille. L’Empire ne se sentit pas immédiatement menacé, mais il lui fallait faire face à toutes les difficultés.
6Nous n’avons pas la prétention de donner une réponse à tous les problèmes ainsi soulevés ; nous voudrions seulement en permettre une meilleure compréhension et mieux pénétrer dans l’histoire de la legio VII Gemina17. Cette unité tenait garnison dans la province impériale d’Hispania citerior ou Tarraconensis dont le gouvernement avait été confié à un légat de rang consulaire qui, comme l’a montré G. Alföldy, appartenait à la haute aristocratie italienne et obtenait ce poste au terme d’une carrière souvent brillante18. Elle était, il est vrai, l’unique légion de la province et campait à legio VII Gemina (León) aux confins nord-ouest de la meseta castillane, face aux barrières des chaînes cantabro-astures. Ses legati, sous le Haut-Empire, n’ont pas, mis à part l’iliberritain P. Cornelius Anullinus dans des circonstances exceptionnelles, fait preuve d’un tempérament et de qualités militaires tels qu’ils furent ensuite appelés à diriger des opérations importantes19. Ces remarques rejoignent celles de l’article de E. Ritterling. Celui-ci, convaincu de l’importance essentielle des armées du Rhin et du Danube, attribuait la relative faiblesse des données documentaires aux difficultés de manœuvre de la légion ibérique consécutives à son isolement à l’extrême ouest de l’Empire20. Que faut-il entendre au juste par cette Isolierung ? Quel but poursuivaient les empereurs en maintenant cette armée dans une province en apparence paisible ? Peut-on admettre que cette légion fut, tout au long de son existence, une unité en marge de la stratégie impériale et qu’elle se distingua ainsi des autres légions ?
7E. Ritterling avait recensé quarante-huit centurions dont quatre primi ordines et un préfet de camp21. Aujourd’hui ce nombre peut être porté à cinquante-quatre ; cette nouvelle liste comporte, en fait, huit nouveaux personnages, car le savant allemand avait retenu deux officiers qu’il convient d’écarter22. Malgré ces progrès, le chiffre global reste très modeste comparé à celui de l’ensemble des centurions qui ont servi à ce titre dans la légion durant la période qui sépare le règne de Galba, son créateur (a. 68), de l’avènement de Dioclétien (a. 284). À une ou deux exceptions près, la documentation est uniquement épigraphique ; ce sont, en outre, en grand nombre des épitaphes de simples soldats qui retranscrivent seulement l’état civil du défunt dans les termes mêmes des registres de l’armée avec pour toute précision le nom de la centurie. Pour approfondir l’identité des individus il n’est alors que le recours aux indices des différentes publications épigraphiques depuis le CIL. Cependant, les homonymies sont fréquentes et la tribu n’est pas toujours mentionnée pour permettre de déceler les liens de parenté. Les noms attachés à une région déterminée sont rares23 et si l’expansion des noms italiques à la totalité des provinces est une certitude, il manque des données chronologiques pour en préciser la nature et les conditions24. L’utilisation du travail de L. R. Dean est délicate et la méthode est parfois sujette à caution25.
8Dans la mesure du possible, nous avons ordonné la liste en trois tranches chronologiques avec pour césures la mort de Trajan et l’avènement de Septime Sévère qui sont des dates importantes dans l’histoire militaire de Rome. Assez souvent, la date est fournie, dans les inscriptions, avec une précision convenable étant entendu que dans certains cas, peu fréquents, la marge d’erreur demeure relativement importante26. Les disparités numériques entre les différentes périodes correspondent à ce que l’on pouvait attendre : 15 centurions pour la première, 27 pour la seconde et 12 pour la dernière réduite, par la force des choses, à la première moitié du IIIe siècle. Sur 54 personnages, il y en a 28 dont l’état de service est détaillé27. La répartition correspond sensiblement à la précédente avec toutefois une proportion légèrement supérieure pour le IIIe siècle. La provenance des documents appelle quelques remarques : la péninsule Ibérique n’en fournit que 27 et leur grande majorité provient de la région de Tarragone et Barcelone ; 2 seulement ont été trouvés à proximité du camp de León. Le fait peut surprendre mais il traduit assez clairement les défauts de la documentation concernant l’histoire militaire de l’Hispania sous l’Empire romain : malgré plus de trois siècles de garnison ininterrompue la légion n’a livré, pour le moment, que des témoignages assez peu importants dans le Nord-Ouest. L’épigraphie n’est pas seule en cause ; la ville médiévale et la ville moderne de León se sont superposées enfouissant assez profondément le camp et ses canabae28. Par ailleurs, l’absence d’inscriptions de Gaule ou de Narbonnaise est notable ; la Bretagne n’en a donné aucune et la Germanie n’est présente que par la dédicace de Wiesbaden (no 48). En revanche, avec 9 documents, l’Afrique tient une place significative dans notre série.
9Celle-ci n’est ni moins complète ni moins incomplète qu’une autre du même type. Toutes les catégories importantes de centurions et de centurionats sont représentées au moins une fois. On peut seulement regretter l’absence de renseignements d’ordre général : nous ignorons, par exemple, si des conditions précises étaient exigées pour qu’un centurion fît l’objet d’un transfert ; nous ne savons pas davantage si les centurions mentionnés sur les stèles funéraires des soldats ou les pierres votives avaient déjà accompli une carrière longue et bien remplie ou si ce n’est qu’ensuite qu’ils connurent des promotions. Nous constatons enfin une distribution chronologique qualitativement insuffisante. Certainement inévitable ce défaut paraît plus accentué qu’on aurait pu l’espérer : les primipiles manquent presque totalement à l’appel à la fin du Ier siècle et totalement pendant le second ; parmi les centurions qui ont servi dans la VII Gemina à la fin du Ier siècle et particulièrement sous Trajan nous connaissons surtout ceux qui ont obtenu de hautes distinctions. Ces limites dictent la marche à suivre : il n’est pas possible de fonder sur ces bases une méthode statistique rigoureuse et de prétendre à des résultats complets. Il ne faut pas pour autant considérer toute tentative pour aboutir à une vision d’ensemble comme vouée à l’échec, à condition de s’en tenir à des analyses bien définies et d’user de comparaisons toujours enrichissantes29. Nous voudrions ainsi, en cherchant à suivre l’évolution de l’exercitus augustéen, déterminer ce que pouvait représenter pour le centurion une affectation à la VII Gemina en fonction des impératifs de la carrière. Ensuite, nous interrogerons les intéressés sur leur origine et leur condition sociale afin de mesurer l’influence de ces considérations sur la réussite professionnelle. Ayant alors situé la légion dans l’ensemble de l’armée nous pourrons apprécier le rôle qui fut le sien.
Au service de la VII Gemina
10Sur le plan administratif la carrière d’un centurion était, au même titre que celle des autres serviteurs de l’empereur, soumise aux décisions des bureaux romains qui, périodiquement, devaient réviser les listes des personnels en fonction des départs à la retraite, des promotions nécessaires ou des décès. Lors de ces mouvements, des motifs variés pouvaient peser sur les choix mais il n’est pas possible qu’un gouvernement, pour qui l’efficacité et le souci d’une certaine équité ont été des principes fondamentaux30, ait laissé, en la circonstance, faire le hasard ou le caprice. Quelles étaient alors les règles qui régissaient le cursus du centurion ? Ce n’est pas la succession hiérarchique des postes qui est en question mais l’armée légionnaire prise dans son ensemble, c’est-à-dire les relations de toute nature qui pouvaient exister entre les unités cantonnées dans les diverses provinces. Ce sont donc les critères administratifs et militaires qu’il convient de rechercher afin de situer clairement la légion d’Espagne dans l’ordre des préoccupations de l’État-Major romain.
11L’élément de réponse privilégié est fourni par l’examen des mutations. L’habitude du transfert était ancienne et s’est poursuivie sans interruption très tard. Elle n’était probablement ni systématique ni obligatoire, mais il est difficile de fixer une proportion. Les soldats qui avaient attendu quinze ou vingt ans pour obtenir la uitis étaient sans doute moins sollicités dans la mesure où leur longue expérience d’un corps de troupe donné était irremplaçable. Jusqu’à quel point était-il tenu compte des volontés individuelles ? Rien ne permet de le dire. Ainsi nous ne pouvons tirer argument du fait que vingt-huit de nos cinquante-quatre centurions figurent dans notre tableau en Annexe : Apulonius (no 19) y aurait place si l’hypothèse de son identité avec Apulonius Firmus31 était confirmée. Q. Aemilius Philippicus (no 51) et L. Marinius Marinianus (no 48) n’ont vraisemblablement pas servi uniquement dans la VII Gemina. La situation familiale ne faisait pas davantage obstacle au déplacement du centurion. Le mariage était peut-être autorisé et certainement toléré32 et l’épouse et les enfants suivaient l’officier, s’installant dans la localité proche du camp : l’exemple de Mantius Hispanus (no 32) en est caractéristique. L’importance de la vie familiale et des liens familiaux ressort de nombreux cas chronologiquement distincts : Minicius Iustus, préfet de camp en 69 (no 2), était l’époux de Corellia, sœur d’un sénateur ; Atilia Vera, fille du primipile tué à Crémone, s’était mariée à Aemilius Paternus (no 5) ; L. Numerius Felix (no 30) et M. Aurelius Lucilius (no 45) transférés respectivement cinq et six fois, avaient renoncé au célibat sans cesser leur activité ; au nombre des dédicants, enfin, on rencontre, outre l’épouse, la mère et les frères (no 35, no 52), la sœur (no 17) ; Carmaeus (no 43) associe l’ensemble de sa famille au vœu dont il s’acquitte.
12Cela étant, nous voudrions, dans un premier temps, examiner quelques carrières, choisies au hasard mais représentatives. À cet effet, nous avons regroupé dans le tableau 1 seize centurions dont les inscriptions proviennent de régions variées. Les observations formulées serviront d’éléments de comparaison pour l’étude de notre série proprement dite et permettront d’en mesurer l’originalité.
13La liste offre une gamme étendue puisque les simples centurions y côtoient les primipiles ou ceux qui atteignirent des fonctions supérieures. Au total, vingt-sept légions sont citées au moins une fois. Si l’on distingue deux périodes, avant et après le milieu du IIe siècle, on recense quinze et vingt-deux légions différentes. Il faut corriger les calculs et conclure à une identité entre les deux époques, car M. Petronius Fortunatus a connu à lui seul, dans la deuxième moitié du IIe siècle, treize légions ; en outre, les disparitions de la IX Hispana et de la XXII Dejotarana ont été mieux que compensées par la création des II et III Italica sous Marc Aurèle et des trois Parthicae sous Septime Sévère. Qualitativement, les légions nommées se retrouvent aussi bien au Ier siècle qu’au IIIe siècle.
14Les transferts se font sans régularité : cinq ou six postes successifs correspondent à une moyenne mais M. Petronius Fortunatus détient, nous l’avons vu, une sorte de record avec treize changements qui, comme l’a souligné E. Birley33, représentent une durée moyenne de trois ans et demi par légion. La longueur du service n’explique pas ces inégalités : Ti. Claudius Vitalis, décédé à quarante et un ans, a connu six légions en dix ans avant de demeurer onze années au poste de princeps prior de la deuxième cohorte de la VII Claudia. Durant vingt-cinq ou trente ans de centurionat34, T. Flavius Virilis a été transféré seulement six fois ; il le fut encore alors qu’il avait plus de soixante ans. Le grade obtenu en dernier lieu ne dicte pas davantage le rythme des mutations : bien que passés par six légions, L. Valerius Proculus et Iustus n’ont pas atteint le primipilat alors que cinq postes avaient suffi à L. Lepidius Proculus pour obtenir la plus haute distinction. Ti. Claudius Vitalis termine sa carrière comme II princeps prior, T. Flavius Virus comme IX hastatus posterior, Iustus comme II hastatus prior. En conséquence, un transfert ne signifiait pas une promotion automatique35. À la faveur d’une affectation nouvelle, ce que recherchait l’administration était, sans aucun doute, la meilleure utilisation possible de l’officier et le grade, en apparence modeste, atteint par T. Flavius Virilis s’explique par le souci de conserver au vieil officier son efficacité36. Nous nous garderons cependant de généraliser. Le texte de Végèce qui a permis d’illustrer ce cas est assez peu clair37. Nous verrions dans le témoignage des inscriptions le signe d’une évolution de l’exercitus augustéen : celui-ci reposait sur l’organisation qui avait été celle de la République et lui avait emprunté son vocabulaire.
Tableau 1

Note 3838
Tableau 2. – Centurions de la V Macedonica

Tableau 3. – Centurions de la XX Valeria Victrix

15L’armature demeura ensuite, mais les tâches se modifièrent au point que les mots se conservèrent en recouvrant des réalités totalement différentes. Végèce essayait de rappeler la signification militaire du hastatus, du princeps, mais, depuis longtemps, ces grades n’avaient plus qu’une signification administrative ; la valeur guerrière, l’expérience de l’armée d’un individu s’exprimaient en dehors du poste qu’il occupait effectivement. Les officiers qui méritèrent des distinctions le disent bien. Il se trouve que, par désir de précision, le tableau 1 inclut en majorité les centurions décorés, car la mention de l’empereur est habituelle dans ce type d’inscription. On ne voit pas qu’ils aient accompli une carrière particulière ni qu’ils aient fréquenté des légions particulières39.
16Peut-on dire seulement que les légions étaient spécialisées ? Ce qui précède montre que l’état-major n’attachait pas de qualités ou de vertus spéciales à l’une plutôt qu’à l’autre. En somme, le problème majeur que posait l’organisation de l’armée impériale était celui de la dispersion géographique dans un Empire immense : chaque unité, chaque corps de troupe provincial était, par nature, isolé et replié sur lui-même. Remplaçons donc la mention des légions dans les cursus par des lieux de garnison ou des champs de bataille40. Nous avons tenu à effectuer notre recherche dans le cadre de légions déterminées : les centurions choisis ont servi au moins une fois ou dans la V Macedonica (tableau 2), cantonnée en Mésie, ou dans la XX Valeria Victrix (tableau 3) dont le camp était à Deva, en Bretagne.
17La V Macedonica était au coeur d’une région où le danger fut permanent dès la deuxième moitié du Ier siècle. Elle pouvait être aisément sollicitée lors de conflits sur le Rhin ou sur le front oriental. La XX Valeria Victrix, au contraire, était a priori à l’écart41. Pourtant, les officiers de l’une et de l’autre sont passés par la plupart des provinces ; l’importance des régions danubiennes et orientales vient de la concentration majeure des troupes sur ces territoires menacés. Les itinéraires suivis n’ont pas de « logique géographique » : L. Lepidius Proculus va de Judée en Germanie pour revenir en Pannonie ; l’anonyme de Parme (CIL, XI, 1059) quitte la Mésie pour la Syrie d’où il est renvoyé sur le Danube, en Pannonie ; dans le tableau 1, Petronius Fortunatus voyage d’Afrique en Mésie inférieure, gagne la Syrie-Palestine, est transféré en Germanie, revient sur le Danube en Pannonie supérieure avant de rejoindre l’armée de Bretagne d’où il retourne en Afrique ; il n’en est qu’à la moitié de sa carrière qui se poursuivra de la même manière. Les distances comptaient peu dans les transferts.
18Le temps n’a pas davantage modifié les contours de la carrière. L’époque de Trajan est celle qui nous offre les exemples les plus nombreux. Parmi eux, L. Valerius Proculus et Ti. Claudius Vitalis retiennent l’attention par le parallélisme de leur carrière : tous deux se distinguent dans la guerre dacique, le premier avec la V Macedonica, le second avec la I Italica ; affectés ensuite à la XI Claudia et à la I Minervia qui avaient participé à la guerre danubienne42, ils séjournent en Bretagne, allant de Deva, dans le Lancashire, à Eburacum, près de la frontière écossaise. Vitalis est enfin rappelé en Mésie où il partage pendant de longues années la vie de la VII Claudia ; Proculus avait pris sa retraite. Ces deux officiers de valeur n’ont pu effectuer un service semblable qu’en raison de nécessités facilement explicables par l’histoire des légions. Trajan a été l’un des empereurs les plus actifs sur le plan militaire. Il a fait appel à toutes les possibilités que lui offrait l’Empire. Il a eu le souci de conquérir et d’améliorer la défense des frontières. Le séjour breton de Proculus et Vitalis s’explique peut-être par le désir de mieux préparer les légions à leurs tâches futures et d’en asseoir l’organisation43. Une autre explication des transferts apparaît également : le passage de Vitalis de la I Italica à la I Minervia et celui de Proculus de la I Italica à la XI Claudia sont en relations avec des mouvements de troupes à la faveur d’expéditions ou de campagnes. De la sorte, Ti. Claudius Vitalis a peut-être rejoint la XX Valeria Victrix alors que celle-ci était venue participer à la guerre dacique. Les guerres favorisaient, en effet, plus que les autres circonstances les changements d’affectation : il en résultait inévitablement des vides dûs à la mort et aux blessures ; il fallait remplacer les soldats éprouvés par des soldats plus frais. La carrière de T. Flavius Virilis, à l’époque de Septime Sévère, permet des remarques identiques : le long séjour en Bretagne a pour cadre les trois unités qui y étaient cantonnées, selon une progression géographique remarquable du sud au nord ; le transfert en Afrique récompense une activité sans relâche et c’est un officier riche d’expériences militaires qui est enfin affecté au service de la III Parthica récemment créée44.
19Les carrières des centurions de la VII Gemina sont-elles très différentes de celles que nous venons d’étudier et conduisent-elles à des observations qui singularisent la légion hispanique ? Outre la VII Gemina, on recense dans le tableau (Annexe II) vingt-six légions qui ont accueilli nos officiers à un moment ou à un autre de leur service. La XIV Gemina est présente sept fois ; la I Adiutrix, la VII Claudia, la XX Valeria Victrix sont mentionnées cinq fois chacune45 ; la X Gemina qui avait autrefois appartenu à l’armée de la péninsule Ibérique n’est citée que trois fois. Sous Trajan, trois centurions obtinrent des décorations pour faits de guerre soit avant soit après leur passage par la VII Gemina : L. Aemilius Paternus (no 5) en deux occasions ; C. Statius Celsus (no 8) à une époque où il était évocat en Dacie avant d’être transféré en Espagne ; N. Marcius Plaetorius Celer (no 7) parce qu’il s’était distingué dans la guerre parthique avec la XVI Flavia où il avait été muté directement après son passage dans la VII Gemina. D’autre part, Q. Geminius Sabinus (no 4) et L. Decrius Longinus (no 6) ont été nommés à deux reprises à un poste dans notre unité. Ces hommes ont connu de nombreux transferts et plus tard, au IIe et au IIIe siècle, T. Flavius Rufus (no 17) changea en quatre occasions de légion ; Valerius Secundus (no 29) fut aussi transféré quatre fois, L. Numerius Felix (no 30) cinq fois, l’anonyme de Parme (no 33) six fois tout comme M. Aurelius Lucilius (no 45).
20La succession géographique des postes n’est pas moins riche d’enseignements (tableau 4).
Tableau 4. – Succession géographique des postes des centurions de la legio VII Gemina

21La VII Gemina recevait ou envoyait des centurions dans les régions les plus variées. Cependant, de cette diversité se dégagent trois faits remarquables : d’une part, la nomination directe de quatre decuriones equitum singularium au centurionat en Espagne, c’est-à-dire de gradés de la garde montée de l’empereur stationnée à Rome46 ; d’autre part, le « couple » Bretagne-VII Gemina est relativement fréquent ; enfin, la III Augusta, en garnison à Lambèse, précède ou suit immédiatement l’affectation à León dans quatre cas sur cinq47.
22Les itinéraires ont un tracé tout aussi capricieux que ceux des centurions d’autres légions. Quelques transferts posent toutefois des problèmes : L. Aemilius Paternus (no 5) a peut-être quitté l’Espagne pour la Germanie à l’occasion d’une expédition et l’éventualité n’est pas à exclure pour Q. Geminius Sabinus (no 4) ; P. Aufidius Exoratus (no 16) est venu de la XXX Vlpia qui envoya un détachement contre les Maures48, alors que la VII Gemina y avait-elle même participé ? Le transfert de Mantius Hispanus (no 32) en Afrique n’exclut pas l’envoi d’un détachement depuis la péninsule Ibérique ; des circonstances particulières expliqueraient la nomination de Q. Carmaeus Iulianus (no 43) ; il n’est pas certain que P. Aelius Marcellus (no 50) ait effectué toute sa carrière avec la VII Gemina en terre hispanique.
23En somme, l’État-Major romain aux prises avec des nécessités de défense d’un territoire vaste devait avant tout tenir compte de la dispersion des unités ; aucune ne pouvait se suffire à elle-même. Aussi, sans oublier que beaucoup de centurions ne servirent jamais à ce titre que dans une seule légion et sans oublier que certaines époques furent plus favorables que d’autres aux déplacements49, il est possible de considérer qu’un grand nombre, en entrant dans la carrière, n’ignorait pas que l’exercice du métier impliquait l’obligation de changer plus ou moins souvent de province50. En ce sens, l’octroi d’un poste avait une signification individuelle indépendante d’une hiérarchie administrative qui aurait été, dans le cas du centurionat, d’une complication trop grande. En ce sens seulement, les mérites personnels pouvaient être reconnus51. Dès lors, le service dans la VII Gemina faisait normalement partie du jeu habituel de la carrière. La vie de cette légion n’était pas moins active que celle des légions de Bretagne ou du Danube bien qu’elle fût moins pressée par le danger. Il n’est donc pas probant de tirer argument de la place de la légion dans la carrière ou de l’existence d’officiers âgés dans ses rangs pour conclure à son infériorité52. L’expérience était une qualité nécessaire et ne s’acquérait, le plus souvent, qu’en servant de longues années. D’autre part, pour ces centurions comme pour les autres l’appartenance à l’armée romaine était ressentie avec fierté : ils étaient au service de Rome, membres de cette vaste clientèle militaire dont le patron est l’Imperator. Cet état d’esprit se traduisait par des marques de loyalisme que n’ont pas manqué d’encourager les empereurs.
24Les inscriptions en portent fréquemment le témoignage à partir du IIe siècle. Un premier exemple est constitué par la série des célébrations de la naissance de l’aigle légionnaire : les centurions y participaient volontiers avec l’ensemble de l’exercitus hispaniensis53. Chaque fois Iupiter Optimus Maximus, dieu de Rome et de la puissance romaine y est honoré ; en deux occasions des voeux sont formulés pour le salut de l’empereur ou des empereurs qui représentent un moment de la Roma aeterna. Ce n’est pas par hasard que L. Caecilius Optatus (no 27) choisit le jour anniversaire de la VII Gemina pour les jeux annuels qu’il offre, dans son testament, à la cité de Barcelone. Chez les anciens décurions des equites singulares les cultes officiels sont largement acceptés : T. Aurelius Decimus (no 31) n’oublie ni l’empereur Commode ni le numerus à l’heure de sa promotion, dans une invocation qu’il consacre naturellement à Mars Campester ; L. Aurelius Quintus (no 26) remercie les Suleuiae et les Campestres et P. Aelius Lucius (no 24) reprend à son compte l’ensemble du panthéon des cavaliers. M. Speidel a montré que la liste accueillait des dieux typiquement romains : l’on reconnaît la triade capitoline, Mars, la Victoire et Hercule en particulier ; et des divinités originaires des régions où se recrutait la troupe. En situation intermédiaire venaient celles qui veillaient sur les activités proprement militaires54. Au IIIe siècle, ces tendances se renforcent : Q. Carmaeus Iulianus remercie Iupiter Dolichenus. Le dieu de Commagène était une divinité militaire par excellence et ses fonctions étaient celle d’un protecteur et d’un triomphateur55. Il semble que Septime Sévère s’y soit particulièrement attaché à la suite de son voyage en Syrie en 198, provoquant une expansion du culte dans l’armée56. Notre centurion, en associant cet empereur à sa dédicace, reflétait parfaitement la volonté officielle. L. Marinius Marinianus (no 48) n’était pas moins conformiste qui mêle la domus diuina à sa gratitude envers Apollo Toutiorix, le dieu guérisseur. Toutes les autorités romaines méritent la reconnaissance de l’anonyme de León (no 49) qui réunit la Mater castrorum, l’Auguste Sévère Alexandre, le Sénat et la patrie. Enfin, C. Marius Maximus (no 54) en honorant le Genius populi Romani, témoignait de son attachement aux traditions romaines.
25Qu’il s’agisse de l’État ou de l’empereur le centurion exprime sa fidélité et son dévouement à la cause de l’armée sans oublier de mettre les dieux nécessaires à sa sécurité de son côté. Formelle ou non cette attitude achève de nous faire comprendre les relations qui étaient celles de l’état-major et du centurion. À ce niveau, l’unité du corps des centurions se manifeste assez clairement : était-elle plus réelle qu’apparente ?
Origine géographique et origine sociale des centurions
26En qualité d’instrument militaire la légion VII Gemina a fonctionné avec la même efficacité que les autres légions. Avec quels hommes ? Comme le voulait A. von Domaszewski, le recrutement des centurions s’est-il circonscrit aux seuls Italiens jusqu’à Septime Sévère pour s’adresser seulement ensuite aux provinciaux57 ? Ce critère « racial » était-il le véritable facteur de cohésion qui explique les multiples transferts d’une province à une autre58 ?
27Les origines sont étudiées dans l’Annexe I ; nous voudrions en rassembler ici les données en conservant l’ordre chronologique :
1 – De Galba à la mort de Trajan
28ITALIA :
29Regio I : N. Marcius Plaetorius Celer (Abella).
30Paelignus : L. Decrius Longinus.
31Gallia cisalpina : Minicius Iustus.
32Regiones incertae : L. Atilius Verus, Marcius Pedo, Mamilius Lucanus, Saturnius.
33DALMATIA:
34Risinium: C. Statius Celsus.
35Varvaria: L. Oppius Secundus.
36GALLIAE (uel Hispania):
37?: Claudius Amabilis.
38HISPANIA:
39Aeso: L. Aemilius Paternus.
40?: Carisius Rufus.
41AFRICA PROCONSULARIS:
42Vicus Annaeus: Q. Geminius Sabinus.
43ORIGO INCERTA:
44Iuuenis, Lupercus.
2 – D’Hadrien à Septime Sévère
45ITALIA :
46Regio VI: C. Tadius Lucanus (Pisaurum).
47Regio VIII:… (Parma).
48Umbria ? : T. Flauius Rufus.
49Gallia cisalpina ? : Aprinius ?, Laecanius.
50Regiones incertae : Apulonius, Passinius, L. Numerius Felix.
51HISPANIA :
52 ? : Licinius Paternus, M. Valerius Secundus, L. Mantius Hispanus, Caecilius Maturus, Q. Flauius Festiuus, L. Iulius Germanus, Restitutus (uel Africanus), Vettius, Aurelius Fronto.
53AFRICA :
54 ? : P. Aufidius Exoratus, L. Caecilius Optatus, Claudius Quintus, Iunius Victor.
55GERMANIA :
56 ? : L. Aurelius Quintus.
57ORIGO INCERTA :
58L. Egnatius, Iulius Marcus, P. Aelius Lucius, P. Aelius Lucanus, T. Aurelius Decimus.
3 – De Septime Sévère à Dioclétien
59ITALIA :
60Regio X: L. Arbustius Valentinus (Cremona).
61Regio incerta:… f. Sabatina…
62HISPANIA:
63 ? : C. Iulius Vrbanus, C. Marius Maximus.
64AFRICA PROCONSULARIS :
65Tuccabori : C. Sulgius Caecilianus.
66GERMANIA (vel Galliae) :
67 ? : L. Marinius Marinianus.
68PANNONIA :
69Aquae Balissenses ? : Q. Carmaeus Iulianus.
70Poetovio : M. Aurelius Lucilius.
71DACIA :
72Apulum : P. Aelius Marcellus.
73SYRIA PALESTINA :
74Heliopolis ? : Q. Aemilius Philippicus.
75ORIGO INCERTA :
76… (anonymus Copti), Claudius Iustus.
77Dans la première période, les Italici au nombre de sept sont les plus nombreux ; de la Campanie à la Gaule cisalpine ils viennent des régions variées qui dans le cas de Decrius Longinus, de N. Marcius Plaetorius Celer ou de Mamilius Lucanus sont celles où, depuis Auguste, l’armée recrutait volontiers59. De ces « vieux italiens » se rapprochent C. Statius Celsus, ancien soldat du prétoire et L. Oppius Secundus issu d’une cité de Liburnie. Les zones de recrutement demeurent en dehors de l’Italie, limitées aux provinces occidentales : les trois Gaules et peut-être la Narbonnaise d’où Lupercus pourrait être originaire, l’Afrique proconsulaire. Il est remarquable que l’Hispania soit également présente, témoignant de la mise à contribution ancienne de la province.
78Au IIe siècle, une évolution se dessine qui entraîne un recul de l’Italie au profit de l’Afrique et surtout de la péninsule Ibérique. Les Italiens proviennent en totalité de Rome (Numerius Felix ?) et des régions septentrionales. L’élargissement à la Germanie et aux régions danubiennes n’est pas décisif dans la mesure où il tient à l’incorporation d’anciens equites singulares venus en grande majorité de ces provinces60.
79À partir de Septime Sévère, au contraire, le recrutement s’étend considérablement tout en confirmant le retrait italien ; il ne s’agit pas, pour autant, d’une exclusion systématique mais il faut considérer l’exemple de L. Arbustius Valentinus comme un cas particulier, car il avait servi comme prétorien vraisemblablement avant la réorganisation de 19361. Les pays danubiens pourvoient de plus en plus au recrutement et 1’Orient fait une entrée significative avec Q. Aemilius Philippicus. La Gaule qui avait cessé de fournir des centurions dès la deuxième période reste absente. En résumé, nous pouvons admettre avec A. von Domaszewski la prééminence des provinces occidentales romanisées puisque l’Italie, l’Afrique et l’Hispania fournirent près des trois quarts des centurions recensés de même qu’il nous faut constater qu’avec Septime Sévère il y eut quelque chose de changé. Mais les explications du savant allemand peuvent-elles convenir ? Si Hadrien a érigé effectivement en principe la nécessité d’une appartenance à la communauté italique afin de prétendre au centurionat, pourquoi observons-nous une diminution relative des officiers italiens à partir du iie siècle ? L’importance des Africani se comprend par des raisons naturelles tenant à la proximité géographique des deux provinces62. Étant donné l’état très fragmentaire de notre documentation, il y a tout lieu de croire qu’à l’image des autres légions63 la VII Gemina a demandé en premier lieu des centurions à la province où elle était stationnée, comme elle le fit pour les soldats. La faible participation gauloise limitée au Ier siècle étonne, mais on ne saurait invoquer la romanisation insuffisante64.
80Les inscriptions ne mentionnent que rarement l’origine exacte des centurions et E. Birley a souligné à juste titre la nécessité de se défier des nomina65. À notre avis, ils révèlent seulement les progrès de la romanisation et son extension graduelle à la plupart des provinces. Q. Aemilius Philippicus est certes oriental mais n’a rien d’un barbare ; P. Aelius Marcellus, citoyen d’Apulum, descendait probablement d’une famille installée par Hadrien. M. Aurelius Lucilius ne fait nullement état d’une origine fictive66, en s’attribuant pour patrie Pœtouio alors que son épouse, Vlpia, porte un nom qui était aussi celui de la colonie de vétérans fondée par Trajan. Q. Flavius Festivus, Iulius Germanus ou Iulius Marcus n’étaient pas obligatoirement de familles ayant reçu anciennement le droit de cité, pas plus que T. Flavius Rufus.
81Dans ces conditions, les mutations observées au iiie siècle ont une portée autre que celle que leur attribuait A. von Domaszewski. Septime Sévère tirait partie d’une situation qui s’était imposée avant lui en recrutant dans les zones militaires où existait une tradition militaire67. La promotion des provinces s’inscrivait dans une évolution logique et rien ne montre que l’éloignement des Italiens du métier des armes n’était pas un effet de leur propre volonté. La civilisation romaine en demeurant l’apanage d’un groupe « racial » n’aurait pu se perpétuer comme elle l’a fait. La hiérarchie des centurions passait par d’autres barrières.
82À l’exception de quelques cas privilégiés, il est difficile de retrouver l’origine familiale du centurion, c’est-à-dire le milieu social d’où il était issu. Dans l’ensemble, l’impression est celle d’une appartenance aux classes aisées de la population, mais l’analyse est compliquée par le fait que le centurionat était, en lui-même, un facteur de promotion sociale et plus encore le primipilat68. On peut toutefois distinguer trois groupes de centurions. En premier lieu, ceux qui servaient dans l’armée par tradition familiale le père ayant été soldat, gradé voire déjà centurion. Cette catégorie n’a pu qu’augmenter au fur et à mesure que le temps passait : nous inclurions volontiers ici L. Mantius Hispanus (no 32) dont le fils a peut-être pris la relève et Caecilius Maturus (no 35) dont le frère était également au service de la VII Gemina ; M. Valerius Secundus (no 29) et Q. Carmaeus Iulianus (no 43) peuvent aussi trouver place auprès des précédents. En second lieu, nous trouvons des officiers, assez nombreux, venus des « bourgeoisies » municipales : ainsi Q. Geminius Sabinus (no 4) honoré dans son uicus africain où il était sans doute propriétaire terrien ; ainsi C. Statius Celsus (no 8), ancien prétorien de Risinium ou L. Oppius Secundus (no 14), citoyen de Varuaria ; ainsi C. Caecilius Optatus, qui fait une carrière municipale à Barcelone après avoir pris sa retraite et possédait certainement une fortune personnelle distincte des praemia militiae ; ainsi C. Sulgius Caecilianus et L. Arbustius Valentinus dont les nomina reflètent la citoyenneté ancienne. Enfin se dégage une « élite » de centurions issus de familles équestres : l’exemple de l’anonyme de Parme (no 33) n’est pas certain, mais sa désignation comme patron de la colonie au IIe siècle permet de le penser ; N. Marcius Plaetorius Celer (no 7) avait été duumuir de sa patrie campanienne avant d’entrer dans la carrière militaire69. Comme les deux personnages que nous venons de citer, L. Decrius Longinus (no 6) appartient pour le moins à une catégorie intermédiaire entre les centurions originaires de milieux aisés et ceux qui étaient chevaliers. Il n’y a cependant que deux cas où nous puissions supposer avec beaucoup de vraisemblance que nous sommes en présence d’ex equite romano : d’une part, l’espagnol L. Aemilius Paternus (no 5) dont la famille s’était installée à Aeso70 où elle possédait, à n’en pas douter, une richesse foncière assez importante ; son frère Aemilius Fraternus, servit comme tribun angusticlave et sa soeur Aemilia Materna fut honorée du flaminicat provincial à perpétuité ; L. Aemilius Paternus épousa, en outre, la fille du primipile L. Atilius Verus (no 1) mort glorieusement à Crémone71 ; d’autre part, P. Aelius Marcellus, au IIIe siècle, de promotion probablement récente ; patron de cités italiennes, magistrat de sa colonie il adopte les enfants de ses frères Antipater et Iulianus tous deux equites romani (no 50). Au fond, le centurionat jouait un rôle multiple : la nécessité de pourvoir des postes nombreux en faisait un élément de promotion pour les caligati ; son caractère militaire lui conférait un prestige naturel dans la mesure où Rome n’a jamais cessé de privilégier le métier des armes72. La sécurité qu’il procurait73 tout en offrant aux individus de jouer un rôle au service de l’État impérial explique qu’il n’ait pas été dédaigné par certains groupes de chevaliers.
83Au total, le corps des centurions de la VII Gemina tel que nous avons pu l’apercevoir n’apparaît pas isolé ni replié sur lui-même. Au IIIe siècle, il évolue encore et s’adapte à la situation nouvelle. Mais il faut souligner qu’un poste de centurion, quel qu’il fût, était déterminé avant tout par les qualités individuelles de celui qui l’occupait.
Types de carrières
84Dans l’une de ses Satires, Juvénal ironise sur le centurionat que l’on peut obtenir en recherchant des appuis à condition d’être physiquement apte. Sa verve s’acharne aussi sur le primipilat, récompense tardive du sexagénaire qui aura su se battre sans péril véritable et d’un excellent rapport74. Le poète réagit en civil éprouvant de l’aversion pour la vie des camps ; il n’en souligne pas moins les avantages que procurait une carrière réussie de centurion. Mais quels étaient les individus qui pouvaient prétendre à de telles réussites ? Comment obtenir un patronage ? L’épigraphie montre la complexité des carrières qui ne peuvent se résumer à un type unique. B. Dobson et D. J. Breeze ont distingué six groupes de centurions dont certains peuvent se subdiviser75. Nous retiendrons surtout qu’il s’agit de déterminer quelle formation professionnelle avaient reçu ces hommes étant entendu que ni la VII Gemina ni une autre légion n’avait de place précise dans un cursus.
85D’une façon générale, les carrières n’enregistrent pas le temps passé au service des différentes unités ; il variait certainement selon les individus et les postes et nous constatons qu’une promotion était possible à l’intérieur d’une même légion. L’exemple de L. Decrius Longinus (no 6) fait, à ce propos, quelque peu problème : l’inscription indique clairement qu’il fit l’objet d’une prolongation de service dans la VII Gemina ; la nature du poste n’étant pas précisée, la promotion se situerait à l’intérieur des cohortes X à II, d’autant qu’un échelon supplémentaire a été nécessaire avant l’obtention du primipilat. La carrière de Q. Geminius Sabinus (no 4) ne fournit pas un parallèle convaincant : ici, le centurion revient après plusieurs années dans la VII Gemina et son second poste dans cette unité peut être attribué à la première cohorte. Les aspects individuels de la carrière semblent, une fois encore, l’emporter sur une règle éventuelle d’avancement. Toutefois, dans l’ensemble, notre série documentaire n’apporte pas d’éléments originaux en ce qui concerne la hiérarchie des postes. On notera seulement la proportion relativement forte de ceux qui ont obtenu le primipilat, à savoir douze sur les vingt-huit figurant dans le tableau de l’Annexe II. Mais, nous l’avons dit, un seul appartient à la deuxième période et cinq seulement ont occupé cette fonction dans la légion hispanique. Cette lacune des sources exige que nous nous en tenions à une analyse selon la chronologie.
86Mêlées à la guerre civile de l’année 69, les carrières d’Atilius Verus (no 1) et de Minicius Iustus (no 2) sont un peu exceptionnelles et ne fournissent pas de renseignements utilisables. Jusqu’à la mort de Trajan, c’est l’époque où les Italiques forment le groupe le plus nombreux et l’on peut penser que plusieurs parmi eux étaient sortis du rang au même titre que les Gaulois dont l’enrôlement remontait peut-être à la période des troubles76. En outre, nous avons là plusieurs officiers dont la nomination au centurionat résultait d’un patronage : trois d’entre eux, Q. Geminius Sabinus (no 4), L. Aemilius Paternus (no 5) et N. Marcius Plaetorius Celer (no 7) ont été affectés immédiatement à la VII Gemina. La légion devait alors être propice à une initiation des officiers à leur future carrière mais on ne saurait généraliser puisque L. Decrius Longinus est d’abord passé par la II Augusta ; de plus, L. Aemilius Paternus originaire d’Hispania ne pouvait trouver les meilleurs appuis que dans sa province. Plus remarquable nous paraît le lien entre l’origine sociale de ces hommes et leur carrière : chevaliers ou issus de milieux provinciaux aisés ils ont obtenu le primipilat et des postes supérieurs77 ; non qu’ils n’aient su faire preuve de qualités professionnelles comme en témoignent leurs décorations ; pourtant, Italiens ou non, ils n’auraient sans doute pas obtenu les appuis qui les recommandaient à l’attention des bureaux romains s’ils n’avaient pas joui d’un certain prestige social ; on ne peut pas dire que c’était une condition suffisante mais elle ne pouvait que servir l’officier. Il est dommage que nous ignorions les antécédents de L. Oppius Secundus (no 14) qui pourrait répondre à une définition semblable. Enfin, Statius Celsus (no 8) a été placé en Espagne après s’être distingué comme évocat bien qu’un centurionat ne fût pas une récompense automatique en ce cas78.
87D’Hadrien à Septime Sévère, la légion a accueilli, dans des conditions identiques à celles citées plus haut, l’anonyme de Parme (no 33) issu de classes aisées : il est le seul des primipiles de cette époque. Nous connaissons surtout, alors, des gradés venus de légions parfois autres que la VII Gemina : P. Aufidius Exoratus (no 16), L. Caecilius Optatus (no 27), L. Numerius Felix ? (no 30). Leurs inscriptions proviennent souvent de Tarragone et de sa région soit qu’ils y prirent leur retraite soit qu’ils servirent dans les bureaux du gouverneur79. T. Flavius Rufus (no 17) acheva son service dans notre unité après une formation complète à Rome et des séjours à Carnuntum, en Mésie inférieure et en Bretagne : il prit sa retraite sans avoir obtenu la plus haute distinction. En dernier lieu, un groupe important est constitué par les ex equitibus singularibus : P. Aelius Lucius (no 24), P. Aelius Lucanus (no 25), L. Aurelius Quintus (no 26) et T. Aurelius Decimus (no 31) qui avaient été décurions à Rome. Il s’agissait d’un avancement normal et la I Minervia, la II Augusta, la III Augusta et la X Gemina offrent des exemples analogues80. Cependant, ceux de notre légion sont parmi les plus nombreux et se situent dans une période chronologique assez bien définie, la deuxième moitié du IIe siècle. Rien ne prouve qu’au moment de leur transfert ils étaient déjà très âgés81 et qu’ils n’aient pas poursuivi leur carrière. Leur rôle d’instructeurs ressort clairement des documents qui nous les font connaître : T. Aurelius Decimus, sous Commode, se vit confier la direction de la garde personnelle du gouverneur de Tarraco ; de même, M. Speidel a montré que le numerus de Rome initiait ses membres aux techniques les plus avancées et les formait aux théories en vigueur dans l’état-major82.
88L’avènement de Septime Sévère ne se signale pas en apparence par des modifications fondamentales. La carrière d’Arbustius Valentinus est classique83 : après seize années de service dans une cohorte prétorienne il est évocat. Il reste à Rome et poursuit son ascension normalement depuis le centurionat des vigiles jusqu’au centurionat prétorien ; il est alors transféré dans l’armée légionnaire en Mésie supérieure puis dans la VII Gemina qu’il laisse pour obtenir le primipilat de la IV Flavia cantonnée à Singidunum (Belgrade), en Mésie supérieure. M. Aurelius Lucilius a un cursus également classique : il confirme la tradition d’envoyer à la VII Gemina des cavaliers issus de la garde montée de Rome. Mais le poste de hastatus posterior de la troisième cohorte de notre légion mérite de retenir l’attention : âgé de soixante ans, ayant à son actif quarante années de service au moment de son décès, ce centurion a certainement exercé ses dernières fonctions à Tarraco où il fut enterré (no 45). Nous ne pouvons donc souscrire à l’hypothèse de E. Birley quand il s’appuie sur un passage de Végèce pour expliquer le poste de nonus hastatus posterior obtenu en dernier lieu par T. Flavius Virilis84. En effet, selon Végèce, la troisième cohorte aurait eu un rôle tactique prépondérant85. Avec M. Aurelius Lucilius il faut conclure à un emploi administratif, ce qui tendrait à montrer qu’une évolution s’était produite dans la légion d’Espagne. De même, nous observons la présence de deux anciens membres de la police secrète parmi nos centurions86 et l’anonyme de Coptos, ancien primipile de la VII Gemina poursuivit son ascension jusqu’au poste de procurateur ducénaire ; quant à l’anonyme de León, il vint directement en Espagne après avoir géré la charge de chef des bureaux (cornicularius) des préfets du prétoire. H.-G. Pflaum a observé pour les procurateurs une évolution parallèle puisqu’il souligne l’accroissement dans leurs rangs des anciens policiers et indique la faveur croissante des primipiles auprès de l’administration87. Arrêtons-nous au cas de P. Aelius Marcellus (no 50) : venu des castra peregrina en Espagne, il est immédiatement primus ordo et franchit les étapes jusqu’au primipilat avec la VII Gemina ; après quoi on lui confia une double préfecture de camp, mission extraordinaire où il put manifester ses qualités d’organisateur. Enfin nous ne pouvons oublier Claudius Iustus (no 47) et Q. Aemilius Philippicus (no 51) qui honorent leur protecteur peut-être à la faveur de leur affectation à Tarragone ou à León.
89Au terme de cette analyse, la variété des carrières parcourues par nos centurions suggère, une fois encore, une activité diversifiée de la légion qui maintenait ses liens avec le reste de l’exercitus. Dans l’organisation qui fut celle de l’armée impériale, le rôle d’une légion n’était pas de recueillir à tout prix des élites pour former une unité supérieure à ses semblables ; ce n’était pas davantage le but des troupes urbaines88. Le centurionat était déjà un grade recherché et plus encore le primipilat. Les qualités individuelles en favorisaient l’obtention mais l’origine sociale était un facteur non négligeable de réussite. Alors s’ouvrait pour le centurion la perspective de la plus haute distinction après laquelle venait, achèvement de la carrière, une préfecture de camp89. Ce schéma persiste au IIIe siècle mais des changements sont perceptibles : les fonctions administratives et les facteurs politiques acquièrent un poids de plus en plus décisif sans que l’on puisse affirmer que cette évolution se soit limitée à la VII Gemina90.
Conclusions
90Auguste avait rompu avec la tradition républicaine parce qu’il avait substitué aux armées temporaires, uniquement destinées à faire la guerre, des armées permanentes installées aux frontières. Les conséquences de la nouvelle situation n’étaient pas apparues immédiatement et, durant tout le Ier siècle, les légions furent appelées à changer de province ou de garnison. Peu à peu, cependant, se développa dans chaque unité une organisation administrative qui revêtit autant d’importance que l’organisation proprement militaire91. Simultanément le centurionat se transforma et s’enrichit d’attributions multiples ; il acquit par là même une signification sociale. L’évolution se produisit lentement et l’on pourrait dire par la force des choses si certains empereurs comme Domitien ou Trajan (plutôt qu’Hadrien) n’avaient cherché à la suivre en fonction des circonstances92. Ainsi se préparait la promotion de l’armée qui, image rétrécie et donc déformée de la société qu’elle avait pour mission de défendre, se sentait capable d’assumer son rôle en toute indépendance93. Parallèlement, les assauts contre l’Empire se multiplièrent et il fallut y faire face avec une armée de métier aux effectifs médiocres : c’est pourquoi les liens entre les légions demeurèrent indispensables. Pour concilier les exigences multiples du service militaire, l’état-major n’avait à sa disposition qu’un nombre d’hommes relativement peu élevé, pour lesquels l’apprentissage du métier était nécessairement long94.
91La transformation de l’exercitus romanus n’a donc pas pu être provoquée par une modification brusque du rapport des forces entre ses éléments italiens et ses éléments non-italiens. Le schéma que nous avons proposé est susceptible de nombreuses améliorations et n’englobe pas tous les termes de l’évolution. Il répond, en tout cas, à l’idée que l’on peut se faire du rôle de la légion VII Gemina et de son action.
92Née de la guerre civile, elle connut des débuts difficiles et faillit sombrer dans la lutte95. Victorieuse cependant, elle eut l’occasion de faire ses preuves en Germanie après un bref séjour en Pannonie96. Alors Vespasien l’installa à Legio au cœur du Nord-Ouest ibérique mal pacifié97. Cette décision s’explique aussi par le désir de ménager des possibilités d’intervention rapide en Gaule dont, à Rome, on devait craindre les écarts toujours possibles ; les Tres Galliae étaient, ne l’oublions pas, des provinces inermes. Au cours des décennies suivantes, la légion est encore sollicitée à l’occasion des événements de Germanie avec à sa tête son légat issu d’Italica, le futur empereur Trajan98. Elle constitue une unité disponible, accueillante aux officiers désireux d’acquérir une formation militaire. L’aboutissement de cette première période se situe dans l’envoi d’une uexillatio en Bretagne sous Hadrien99.
93Au IIe siècle, les fronts danubiens et orientaux prennent le pas sur le front germanique. Maintenant ses liens avec la Bretagne, la légion regarde de plus en plus vers l’Afrique : les échanges avec la III Augusta, l’accroissement des officiers d’origine africaine en sont un témoignage. Par-dessus tout, l’envoi d’un fort contingent à Lambèse sous Hadrien ou Antonin et le détachement de soldats auprès du gouverneur de Carthage100 signalent ce renforcement des relations. Plus que la Numidie, les Maurétanies s’agitent et menacent : la VII Gemina est mise à contribution101 et l’envoi d’officiers formés dans le numerus equitum singularium en qualité d’instructeurs n’est pas sans liaison avec ces événements. La Bétique est envahie sous Marc Aurèle et la légion descend à Italica. Ces tâches ne l’empêchent pas d’agir dans la péninsule Ibérique. À Tarraco le gouverneur provincial utilise, semble-t-il, un effectif sans cesse croissant de militaires pour les besoins de l’administration et à Emerita Augusta même l’unité était présente comme l’indique la carrière de M. Valerius Secundus (no 29). On est alors frappé par la dispersion des effectifs sur le territoire de la Tarraconaise : des missions régulières, mais de nature indéterminée, sont confiées à des détachements auprès des mines et des carrières asturiennes (no 23 et no 28)102. À Emporiae (no 39) ou dans la vallée de l’Èbre (no 38), elle délègue des soldats soit pour participer à des travaux d’utilité publique soit pour des missions de protection et de police. Sa vocation hispanique s’est affirmée pour ne plus se démentir et son recrutement le reflète fidèlement.
94Dans les batailles de Septime Sévère pour le pouvoir, elle gagne le surnom de Pia qu’il faut peut-être mettre en relation avec les événements de Lyon (a. 197). Au IIIe siècle, les fronts se multipliant, elle est probablement chargée de l’envoi de uexillationes, notamment en Germanie comme le laisserait entendre l’inscription de L. Marinius Marinianus (no 48)103. Ce n’est plus là l’essentiel de son rôle : elle semble s’être muée en un instrument politique et en instrument de l’administration provinciale. Ainsi s’achevait un mouvement commencé depuis longtemps, peut-être facilité par l’éloignement de l’Espagne des dangers qui menaçaient d’autres provinces. Cela n’implique aucunement un repli sur elle-même de la légion et il faudrait chercher comment ont évolué les armées des autres provinces.
95Finalement, notre étude appelle quelques observations et suscite de nouvelles questions. Les lacunes sérieuses de la documentation relatives à l’histoire de l’armée d’Hispania sont générales et se répètent quel que soit le thème traité. Le recours à des comparaisons avec d’autres unités est une nécessité méthodique. Si nous pouvons dès à présent dire que le choix de Vespasien et de ses successeurs d’installer puis de maintenir une légion en Hispania a été motivé par la volonté de combler un vide militaire entre la Germanie et la Numidie autant que par la nécessité de surveiller les régions asturo-cantabres, si nous pouvons conclure à l’existence d’un « domaine stratégique » privilégié de la légion constitué par la Bretagne, la Germanie, l’Italie, la Gaule et l’Afrique et à un rôle, largement assumé, d’armée de réserve, nous en sommes réduits aux hypothèses en ce qui concerne une participation plus large aux luttes incessantes du IIe et surtout IIIe siècle. L’identification lente du destin de la légion avec celui de la péninsule Ibérique pose, en outre, le problème de la vie administrative de la Tarraconaise et des difficultés de cette province qui ne fut peut-être pas toujours très paisible.
Bibliographie
Post-scriptum
Bibliographie : P. Le Roux, L’armée romaine et l’organisation des provinces ibériques d’Auguste à l’invasion de 409, Paris, coll. « Publications du Centre Pierre Paris », 8, 1982; B. Campbell, The Emperor and the Roman Army, 31 BC – AD 235, Oxford, Clarendon Press, 1984; D. J. Breeze et B. Dobson, Roman officers and frontiers, Stuttgart, Franz Steiner, coll. « Mavors Roman Army Researches », 10, 1993, regroupe divers articles des deux spécialistes pour une part antérieurs à 1982 et utilisés dans mon livre et pour les autres postérieurs ; P. Le Roux, « L’armée romaine dans la péninsule Ibérique : bilan pour une décennie », REA, 94, 1-2, 1992, p. 231-258 (voir infra chap. XX) ; P. Le Roux, « Armée et société en Hispanie sous l’Empire », dans Kaiser, Heer und Gesellschaft in der Römischen Kaiserzeit, Stuttgart, coll. « Habes », 31, 1999, p. 261-278 ; P. Le Roux, « Legio VII Gemina(Pia) Felix », dans Les légions de Rome sous le Haut-Empire, Actes du Congrès de Lyon (17-19 septembre 1998), Lyon, 2000, p. 383-396 ; P. Cosme, « La remise du cep de vigne au centurion, signe d’appartenance à une élite militaire », dans M. Cébeillac-Gervasoni et L. Lamoine (dir.), Les élites et leurs facettes. Les élites locales dans le monde hellénistique et romain. Actes du colloque de Clermont-Ferrand, 24-26 novembre 2000, Clermont-Ferrand-Rome, Erga, coll. « EFR », 2003, p. 171-188; J. J. Palao Vicente, Legio VII Gemina (Pia) Felix. Estudio de una legión romana, Salamanque, Ediciones Universidad, 2006 ; P. Le Roux, « Las inscripciones militares », dans Á. Morillo Cerdán (dir.), El ejército romano en Hispania. Guía arqueológica, León, 2007, p. 481-501 (voir infra chap. XXVII) ; P. Faure, « Les symboles des centuries légionnaires », ZPE, 165, 2008, p. 293-306 ; P. Faure, « De Rome à Salone. T. Flavius Lucilius, cavalier de la garde impériale », ZPE, 172, 2010, p. 223-238 : l’article porte sur un eques singularis qui a achevé son cursus comme centurion auxiliaire et non légionnaire mais permet d’analyser les ressorts des carrières des différents soldats.
Le nom de la legio VII Gemina ne doit rien à des explications compliquées qui ne peuvent s’être greffées qu’a posteriori : il existait déjà une VIIe légion lorsqu’elle fut créée officiellement. C’est vrai de toutes les autres unités de surnom Gemina depuis César. Pour une interprétation autre à valeur religieuse : Á. Morillo Cerdán, dans Arqueología militar romana en Hispania, II, Producción y abastecimiento en el ámbito militar, Á. Morillo Cerdán (dir.), León, Collecciò Instrumenta, 2006, p. 747-758, qui propose un lien avec le signe zodiacal des Gémeaux dont le rapprochement serait suggéré par des reliefs, mais leur lecture s’accorde aussi bien au règne conjoint de Marc Aurèle et Verus assimilés aux Dioscures. Á. Morillo Cerdán, « Les Dioscures et la legio VII Gemina. Un nouveau culte militaire en Hispania ? », dans L’armée romaine et la religion sous le Haut-Empire romain. Actes du quatrième Congrès de Lyon organisé les 26-28 octobre 2006 par l’Université Lyon 3, C. Wolff (dir.), Lyon, coll. Du CEROR, 2009, p. 319-334, qui avec hésitation faute de documents autres retient l’idée de l’emblème de la légion née sous le signe des Gémeaux.
Sans constituer un corps « national » romain mu principalement par une idée commune du rôle de l’empire et de l’armée, les centurions, par leur statut et leurs activités au cours d’une carrière placée pour une part sous le signe de la mobilité, étaient un élément de cohésion et de respect de la disciplina au sein des légions. Selon cette orientation, les éléments contenus dans l’article n’ont pas été modifiés, même si dans mon livre de 1982 j’ai pu déjà apporter précisions et nuances. C’est surtout la dimension sociale, militaire et culturelle qui a retenu l’attention depuis trente-cinq ans au diapason de travaux qui ont privilégié l’esprit militaire sur l’organisation administrative et institutionnelle et la guerre sur la hiérarchie.
Sur l’article « Legio » de E. Ritterling, cf. infra chap. XXIV.
P. 290 : le nombre des personnages recensés s’élève désormais à 57 au lieu de 54 (voir infra chap. XXIV, p. 449).
P. 291 : les recherches archéologiques à Legio VII Gemina ont fait évoluer les données comme le montre le bilan de Á. Morillo et V. García Marcos, dans Á. Morillo (dir.), El ejército romano en Hispania. Guía arqueológica, León, 2007, p. 348-362.
P. 293 : sur l’ordre de bataille de Végèce, S. Janniard, Les transformations de l’armée romano-byzantine (IIIe -VIe siècles apr. J.-C.) : le paradigme de la bataille rangée, Paris, thèse dactylographiée EHESS (dir. J.-M. Carrié), décembre 2010, qui souligne que le livre III de Végèce présente les armées de son temps et la question de leur plus grande efficacité mais que le livre II relève de l’histoire ancienne des légions, non sans parfois quelques confusions.
Tableau 1 et note 38 : M. Aurelius Iustus n’est pas originaire de Nicomédie mais doit s’appeler Ni[grinus], nom adapté matériellement à l’espace disponible sur la pierre ; la tribu Palatina indique un descendant d’affranchi de Rome ou d’Italie méridionale. Cf. aussi infra p. 595.
Ibid. : La chronologie de la carrière d’Artorius Castus a été revue et l’interprétation de certains détails a été modifiée ; voir par exemple X. Loriot, « Un mythe historiographique : l’expédition d’Artorius Castus contre les Armoricains », Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France, 1997, p. 85-86 ; le débat tournait autour de la lecture Arm[oricanos] proposée par H.-G. Pflaum et aujourd’hui abandonnée, ce qui n’était pas sans conséquence sur les conclusions chronologiques de l’inscription et de la carrière.
P. 297, note 44 : Le surnom impérial honorifique Seueriana est caractéristique non de Septime Sévère mais de Sévère Alexandre comme le signale le travail d’inventaire de J. Fitz, Honorific titles of roman military units in the 3rd century, Budapest-Bonn, Akadémiai Kiadó-Rudolf Habelt, 1983, p. 90-140.
P. 298 : Les déplacements n’avaient pas tous pour motifs des guerres, loin de là, et aucun lien ne peut être établi entre une carrière et l’origine géographique du soldat. Cette préoccupation sur les origines relevait d’une conception nationale des histoires romaines et provinciales fondées sur les notions de territoire et d’équilibres géographiques. Les adjectifs gaulois, italiens, espagnols relèvent de cette influence et sont employés à tort.
P. 301 et no 27 : L. Caecilius Optatus n’est pas d’origine africaine ; sur le personnage, voir P. Le Roux, « Ejército y sociedad en la Tarraco romana », Butlletí Arqueològic, época V, 19-20, 1997-1998 [2000], p. 101-102 et IRC, IV, 45 avec la bibliographie.
Sur le rang du primipile et sur les centurions ex equite Romano, voir désormais S. Demougin, L’ordre équestre sous les Julio-Claudiens, Rome, coll. « EFR », 108, 1988, p. 359-392. Sur les formulations littéraires et épigraphiques du rang, C. Wolff, « Primus pilus ou primipilus ? », REMA, 1, 2004, p. 7-24.
Sur les Aemilii d’Aeso, se reporter au volume des IRC : G. Fabre, M. Mayer et I. Rodà, Inscriptions romaines de Catalogne. II, Lérida, Paris, 1985, nos 19 à 25.
P. 308 : sur Mérida et l’armée romaine, infra chap. XX et XXVII. Aussi, P. Le Roux, « Mérida capitale de la province de la Lusitanie », dans V Mesa redonda internacional sobre Lusitania Romana : las comunicaciones, Cáceres, 7-9 nov. 2002, Mérida, 2004 [2005], p. 17-31.
P. 311-312, no 2, ajouter la notice de B. Dobson, Die Primipilares, Entwicklung und Bedeutung, Laufbahnen und Persönlichkeiten eines römischen Offiziersranges, Cologne, 1978, no 85. Lire Testamentum Dasumii (et non Damusii imprimé par inadvertance) : sur cette famille et le dossier, F. Des Boscs-Plateaux, Un parti hispanique à Rome ? Ascension des élites hispaniques et pouvoir politique d’Auguste à Hadrien(27 av. J-C - 138 ap. J-C), Madrid, coll. « Bibliothèque de la Casa de Velázquez », 32, 2005, p. 489, no 46 a.
P. 312, no 3 : P. Le Roux, « L’exercitus hispanus et les guerres daciques de Trajan », MCV, 21, 1985, p. 77-97. « Hispanicus » serait plus juste et moins ambigu dans la mesure ou l’armée installée dans la péninsule Ibérique n’avait aucun caractère espagnol que pourrait suggérer l’adjectif « hispanus ».
P. 312, no 4 : voir D. B. Saddington, « A possible context for the career of the first known princeps peregrinorum in Rome », dans M. L. Caldelli, G. L. Gregori et S. Orlandi (dir.), Epigrafia 2006, Atti della XIVe Rencontre sur l’épigraphie in onore di Silvio Panciera con altri contributi di colleghi, allievi e collaboratori, Rome, coll. « Tituli », 9, 2008, p. 1171-1176.
P. 313, note 107 : G. Forni a amplement insisté, à juste titre, sur le fait que la tribu est personnelle et non liée à une cité : voir infra chap. XXXIII.
P. 320-321 : sur les equites singulares voir désormais M. P. Speidel, Die Denkmäler der Kaiserreiter. Equites singulares Augusti, Cologne, Rheinland-Verlag GMBH, coll. « Beihefte der Bonner Jahrbücher »,50, 1994.
P. 316, no 10 : aerorum se rencontre dans certaines inscriptions mais constitue une erreur de déclinaison pour aerum. Sur l’usage du terme aera et non stipendia et sa portée : M. Christol et P. Le Roux, « L’aile Tauriana Torquata et les relations militaires de l’Hispanie et de la Maurétanie Tingitane entre Claude et Domitien », AntAfr., 21, 1985, p. 15-33.
P. 331, no 53: G. Alföldy, « Ein Inschrift auf dem Montgó bei Dianium an der spanischen Ostküste », Epigraphica, 40, 1978, p. 59-90= Römische Heeresgeschichte. Beiträge 1962-1985, Amsterdam, coll. « Mavors, Roman Army Researches », 1987, p. 430-462. J. Corell, Inscripcions romanes d’Ilici, Lucentum, Allon, Dianium i els seus respectis territoris, X. Gómez, C. Ferragut (collab.), Valence, Nau llibres, 1999, no 136 avec dessin, photo et l’ensemble de la bibliographie.
P. 333, no 4 : voir infra chap. XXVII, p. 490-491.
Annexe
ANNEXE I104
I. De Galba à la mort de Trajan
1) L. ATILIVS VERVS
– Tacite, Histoires, III, 22, 8.
« Occisi sex primorum ordinum centuriones, abrepta quaedam signa ; ipsam aquilam Atilius Verus primi pili centurio multa cum hostium strage et ad extremum moriens seruauerat. »
69 p. C.
– AE, 1912, 188 = Bulletin de la Société Archéologique Bulgare, III, 1912, p. 5, no 2.
Oescus, Moesia.
C(aius) Rosciu[s ] | C(ai) f(ilius) Ani(ensi) [C ] a | pito, Troade, | ueteran(us) leg(ionis) V | Mac(edonicae), milita[u ] it | ann(os uel is) XXIV, uixit | ann(os uel is) LV, h(ic) s(itus) e(st), | C(aius) Val[eri] us | Pud[e ] n [ s m ] iles | leg(ionis) V M [ a ] c(edonicae) (centuria) Ati| li Veri, heres | fiduciarius | f(aciendum) c(urauit).
ante annum 62 p. C.
– CIL, II, 4461 = ILS, 2661.
Aeso, Hispania citerior (cf. no 5).
… Atilia L(ucii) fil(ia) Vera be| ne de se merito.
Ultimis annis Traiani imperatoris.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1584 et 1640; PIR, I2, no 1311, p. 266; H.-G. Pflaum, 1970, p. 357.
E. Ritterling et H.-G. Pflaum en font un Espagnol ; le déroulement de la carrière et les nomina incitent à préférer une origine italienne.
2) MINICIVS IVSTVS
– Tacite, Histoires, III, 7, 2.
« Ibi (Patauii) pauci dies ad requiem sumpti, et Minicius Iustus praefectus castrorum legionis septimae, quia adductius quam ciuili hello imperitabat, subtractus militum irae adVespasianum missus est. »
69 p. C. J.-C.
– Pline le Jeune, Lettres, VII, 11, 4.
« Corelliam cum summa reuerentia diligo primum ut sororem Corelli Rufi cuius mihi memoria sacrosancta est, deinde ut matri meae familiarissimam. Sunt mihi et cum marito eius, Minicio Iusto, optimo uiro, uetera iura […] »
– CIL, VI, 10229, Testamentum Damusii, v. 18-19.
« […] singulis [ argenti pondo… | Mi] nicio Iusto […] »
circa annum 108 p. C.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1640; RE, XV, col. 1827, no 16 (E. Groag); H.-G. Pflaum, 1970, p. 356-357.
Probablement originaire d’Italie du Nord.
3)? MARCIVS PEDO
– CIL, V, 926.
Aquileia, Regio X.
[… legionis | s ] eptumae Gem(inae), | dom(o) Sesta(n) tio, | ann(orum) XXV, | (centuria) M(arcii) Pedonis [h(ic) s(itus) e(st)?].
Vespasiano imperatore.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Les nomina sont caractéristiques d’un Italique. Le passage à Aquilée semble en relation avec les mouvements de la légion entre 70 et 74105.
4) Q. GEMINIVS Q. F. ARN. SABINVS
– AE, 1923, 28 = CRAI, 1923, p. 198.
Vicus Annaeus, Africa Proconsularis.
Q(uinto) Geminio | Q(uinti) fil(io) Arn(ensi), Sa| bino(centurioni) leg(ionis) VII Gem(i) n(ae), | (centurioni) leg(ionis) VII (sic) Fer(ratae), (centurioni) leg(ionis) XIV | Marc(iae) Gem(inae) Victr(icis), (centurioni) leg(ionis) | X Gem(i) n(ae) P(iae) F(idelis), (centurioni) leg(ionis) III Aug(ustae), | (centurioni) leg(ionis) VII Gem(i) n(ae), hast(ato) pri| ori leg(ionis) I Adiut(ricis), p(rimo) p(ilo) et prin| cipi peregrinor(um), d(onis) d(onato) ab imp(eratore) | Caes(are) Traiano Aug(usto) Germani| co, corona uallari, torquibus et armillis et phaleris | bello Germanico, praef(ecto) | leg(ionis) X Fretensis, | uicani uici Annaei quam idem | Geminius Sabinus ab iis tes| tamento suo fieri iussit | posuerunt idemque dedica| uerunt | anno mag(istri) D(ecimi) Annaei Arn(ensi) | Aduenae.
98-102 p. C.
– AE, 1923, 29 = CRAI, 1923, p. 198-199 = ILT, 779 = A. von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 305.
Ibidem.
Seule diffère la formule finale : l’année désignée par le nom du magistrat éponyme ne figure pas ; on lit : d(ecreto) d(ecurionum) p(ecunia) p(ublica).
– CIL, VIII, 825.
Henchir Boucha ( ?), Africa Proconsularis.
Q(uinto) Gem(i) nio Q(uinti) f [ il(io)] | Arn(ensi) [Sa] bino, | (centurioni) leg(ionis) VII Gem(inae), leg(ionis) VI [Fe] r [r(atae)], | leg(ionis) [X] IV Marc(iae) Gem(inae) [Vic] tr(icis) | [leg(ionis) X Gem(inae)] P(iae) F(idelis), [leg(ionis) III Aug(ustae), | leg(ionis) VII Gem(inae) etc.].
– CIL, VIII, 12232= 23841.
Henchir Bent-el-Bey (?), Africa Proconsularis.
Q(uinto) Geminio Q(uinti) f(ilio) | Arn(ensi) Sabino, (centurioni) leg(ionis) VII [Gem(inae) etc.].
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
5) L. AEMILIVS L. F. GAL. PATERNVS (FIG. 1)
– CIL, II, 4461 = ILS, 2661 = A. von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 202. [ = IRC, II, 54.]
Aeso, Hispania citerior.
L(ucio) Aemilio | L(ucii) fil(io) Gal(eria) | Paterno, p(rimi) p(ilari), | praef(ecto) fabr(um), (centurioni) leg(ionis) VII G(eminae), | (centurioni) leg(ionis) I M(ineruiae), (centurioni) leg(ionis) VII C [ l(audiae)], | (centurioni) leg(ionis) XIIII G(eminae), (centurioni) coh(ortis) X [Vr(banae)], | (centurioni) coh(ortis) IIII pr(aetoriae), (trecenario) leg(ionis) II Au(gustae) | et p(rimo) p(ilo), ter donis donato | ab imp(eratore) Traiano torqui| bus armillis phaleris | corona uallari, bis | in Dacia semel in Par| thia | Atilia L(ucii) fil(ia) Vera be| ne de se merito.
Ultimis annis Trajani imperatoris.
– CIL, II, 4460.
Ibidem.
M(arco) Aemilio | L(ucii) fil(io) Gal(eria) | Fraterno, | praef(ecto) fabrum, | trib(uno) militum, | fratri | Aemilius | Paternus | p(rimus) p(ilus) (uel p(rimi) p(ilaris))106.
Trajano imperatore.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Les lectures antérieures de la première inscription doivent être rectifiées sur deux points à la sixième ligne : il s’agit de la XIIII Gemina Martia Victrix et non de la XIII Gemina ; la cohorte urbaine portant le numéro V n’existait pas et la pierre permet de restituer le numéro X. La tribu Gal(eria) n’est pas celle d’Aeso à proprement parler107.
6) L. DECRIVS L. F. SER. LONGINVS (fig. 2)
– AE, 1913, 215 = Not. degli Scaui di Antich., X, 1913, p. 22 = A. von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 292.
Agnano, Regio I.
D(is) M(anibus) | L(ucio) Decrio L(ucii) f(ilio) Ser(gia) | Longino, | praef(ecto) fabrum, | (centurioni) leg(ionis) II Aug(ustae) et VII | Gemin(ae) bis et XXII | Deiotaran(ae), p(rimo) p(ilo) legion(is) | eiusdem, praef(ecto) castr(orum) | leg(ionis) VIIII Hispa(nae), | L(ucius) Decrius L(ucii) f(ilius) Ser(gia) | Iulianus qui et | Numisianus | princeps leg(ionis) XI Cl(audiae) P(iae) F(idelis), patri opt(imo) | testamento fieri iussit108.
Trajano uel primis annis Hadriani.
– RE, XII, col. 1641.
De prime abord il est impossible de dater le document avec précision ; l’incertitude où l’on est quant à la disparition des légions VIIII Hispana et XXII Deiotarana ne permet pas de fixer un terminus ante quem autre que le milieu du IIe siècle109. Cependant, l’étude du monument et de l’épigraphie incite à placer l’inscription sous Trajan ou au début du règne d’Hadrien. La formule funéraire et l’indication très complète de l’état civil conviennent bien à l’époque correspondant à la fin du Ier siècle et aux premières décennies du IIe siècle. Le tracé des lettres selon les normes de la capitale monumentale est caractéristique de l’époque de Trajan110. L’élégance de l’autel, les fines moulures qui bordent le champ épigraphique, les griffons harmonieusement disposés sur le fronton, la forme semi-circulaire de la partie supérieure témoignent d’un goût hérité des Flaviens. Enfin, l’aiguière au col et à la panse cannelés est travaillée avec minutie mais sans recherche excessive.
L. Decrius Longinus est Italique, vraisemblablement originaire du pays des Pæligni111.
7) N. MARCIVS N. F. GAL. PLAETORIVS CELER
– CIL, X, 1202 = ILS, 2660 = A. von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 255.
Abella, Regio I.
N(umerio) Marcio | N(umeri) f(ilio) Gal(eria) | Plaetorio Celeri, | quaest(ori) (duo) - uir(o), (centurioni) leg(ionis) VII | Gemin(ae), (centurioni) leg(ionis) XVI Fl(auiae) Firm(ae), | donis donato a diuo | Traian(o) bello Parthic(o) | corona murali torquib(us) | armillis phalaris (sic), (centurioni) leg(ionis) II | Gall(icae) (sic), (centurioni) leg(ionis) XIIII Gem(inae) Mart(iae) Vict(ricis) | (centurioni) leg(ionis) VII Cl(audiae) P(iae) F(idelis), (centurioni) leg(ionis) I Ad(iutricis) P(iae) F(idelis), p(rimo) p(ilo) leg(ionis) | eiusd(em), praeposit(o) numeror(um) | tendentium in Ponto Ab| saro, trib(uno) coh(ortis) III uig(ilum), | patron(o) colon(iae), | d(ecreto) d(ecurionum)112.
Hadriano imperatore.
Domaszewski-Dobson, v. 11: Adi(utricis) et v. 14: coh. IIII uig., male.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Le centurion est originaire d’Abella ; la date est postérieure à l’année 123113.
8) C. STATIVS C. F. SERG. CELSVS
– CIL, III, 6359 = ILS, 2665 = A. von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 209.
Risinium, Dalmatia.
C(aius) Statius C(ai) f(ilius) | Serg(ia) Celsus, | euoc(atus) Aug(usti), donis | donatus bis corona aurea torquibus | phaleris armillis | ob triumphos belli | Dacici ab imp(eratore) Caesa| re Nerua Traiano Aug(usto) | Germ(anico) Dac(ico) Parthico | Optimo114, (centurio) leg(ionis) VII Geminae | in Hispania, t(estamento) p(oni) i(ussit) et epulo | dedicauit.
116-117 p. C.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Statius Celsus est originaire de Risinium ; Trajan est dit Parthicus, titre qu’il reçut en juillet ou août 116115.
9)? CARISIVS RVFVS
– CIL, II, 2583.
Lucus Augusti (Lugo), Hispania citerior.
L(ucius) Varius | Seuerus, | mil(es) leg(ionis) VII G [ em(inae)] | (centuria) Carisii Ruf[i ], | ann(orum) XXX aer(um) VI, | h(ic) s(itus) e(st) s(it) t(ibi) t(erra) l(euis).
Saeculo I exeunte?
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Carisius Rufus est probablement hispanique116. Seuls des critères épigraphiques permettent de proposer une datation117.
10) ? CLAVDIVS AMA[B] ILIS (fig. 3)
– CIL, II, 5265 = C. Fernández Chicarro, Inscripciones de militares en el Museo Arqueológico de Sevilla, Rev. Arch. Bibl. y Mus., LXI, 1955, p. 590-591 et pl. IV.
Emerita Augusta ?, Lusitania.
L(ucius) Aelius L(ucii) [ f(ilius)] | Gal(eria) Celer, | Clun(ia), mil(es) | leg(ionis) VII G(eminae) F(elicis) [(centuria)] Cl| audi Ama[b ] i | lis, ann(orum) XXX[II uel V ], | aerorum [sic] | XIII, h(ic) s(itus) c(arus) s(uis).
Saeculo I exeunte uel II ineunte?
CIL, v. 5, 6: Cl| audi Mart[ia] lis, male.
RABM, ibid.: Cl| audia Mari| lis, male.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Le centurion pourrait être d’origine gauloise ; la datation s’appuie sur la formulation de l’épitaphe118.
11)… IVVENIS
– AE, 1897, 132= Not. degli Scavi di Antich., 1897, p. 240.
Catina, Sicilia.
M(arcus) Iulius M(arci) f(ilius) Pap(iria) Seda| tus, Narb(one), mil(es) leg(ionis) | VII Gem(inae) F(elicis) (centuria) Iuuenis, | mil(itauit) an(nos uel nis) XIIII, uixit an(nos uel nis) XXXII, (h) i(c) p(ositus)?
Saeculo I exeunte uel ineunte?
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Le cognomen Iuvenis n’est pas caractéristique d’une origine déterminée119 ; les soldats d’origine gauloise sont très rares dans la légion VII Gemina à partir du IIe siècle.
12)… LVPERCVS
– G. Alföldy, 1975, no 213.
Tarraco, Hispania citerior.
[… domo?] | Vienna, mil(es) leg(ionis) VII | Gem(inae) (centuria) Luperci, aera (sic) IX, | h(ic) s(itus) e(st) | t(erra)? l(euis).
Saeculo I exeunte.
Le cognomen Lupercus n’est pas un critère suffisant pour attribuer au centurion une origine cisalpine ou gauloise ; on peut admettre pareillement une origine hispanique. La patrie gauloise et la manière dont est formulée l’inscription expliquent la datation.
13)? MAMILIVS LVCANVS
– CIL, II, 2425.
Bracara Augusta, Hispania citerior.
M(arcus) Antonius M(arci) f(ilius) | Gal(eria) Augustinus, | Pace, miles leg(ionis) | VII Gem(inae) Fel(icis) | (centuria) Mamili | Lucani, an(norum) | XLV, aer(um) XIIX, | h(ic) s(itus) e(st), | Sempronius Graecinus | heres f(aciendum) c(urauit).
Saeculo I exeunte.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Mamilius Lucanus est certainement italique, peut-être est-il originaire de la partie méridionale de la péninsule. Le parallélisme avec les inscriptions précédentes appelle une date identique.
14) L. OPPIVS T. F. CLA. SECVNDVS
– CIL, III, 14514 = A. Von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 216.
Viminacium, Moesia Superior.
L(ucius) Oppius T(iti) f(ilius) | Cla(udia) Secun| dus, Varuar[ia], | p(rimus) p(ilus) leg(ionis) VII G [ em(inae)], | praef(ectus) k(astrorum) le[g(ionis)] | VII C(laudiae) P(iae) F(idelis).
Saeculo I exeunte.
Domaszewski-Dobson v. 4 : VII C [p. f.], uix recte.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1625 et 1640 = H.-G. Pflaum, 1970, p. 365.
15)… SATVRNIVS… (FIG. 4)
– HAE, 1489= Bol. Arq. Tarragona, LVI, 1956, p. 52, pl. I. [ = RIT, 909.]
La Canonja (e regione Tarraconis),
Hispania citerior.
D(is) M(anibus) | L(ucio) Asullio Papiria [… f(ilio)?] | Modes[tino, m ] il(iti) leg(ionis) | VII G [ em(inae) Fel(icis) (centuria) Sa] turni, | ann(orum) [… aer(um) uel stip(endiorum)…], | L(ucius) Ann[ius…] f(aciendum) c(urauit).
Saeculo I exeunte uel II ineunte.
Saturninus est probablement italique120.
II. D’Hadrien à Septime Sévère
16) P. AVFIDIVS EXORATVS
– HAE, 1931 = Cuadernos de Arqueología e Historía de la Ciudad, II, 1961, p. 55 = AE, 1966, 209. [ = IRC, IV, 44.]
Barcino, Hispania citerior.
P(ublio) Aufidio Exora| to(centurioni) leg(ionis) III Aug(ustae) et | leg(ionis) XXX V(lpiae) V(ictricis) et leg(ionis) | VII G(eminae) F(elicis), heredes | b(ene) merenti.
Hadriano uel Antonino imperatore.
– A. Balil, « Inscripción funeraria de un centurión », Cuadernos de Arqueología e Historia de la Ciudad, II, 1961, p. 107-109.
L’origine africaine d’Exoratus est certaine121 ; l’épigraphie indique une date dans la première moitié du IIe siècle122.
17) T. FLAVIVS T. F. PVP. RVFVS
– CIL, XI, 20 = ILS, 2082 = A. von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 261-262.
Ravenna, Regio VIII.
T(ito) Flauio T(iti) f(ilio) | Pup(inia) Rufo, | militi coh(ortis) XII urb(anae) | et coh(ortis) IIII pr(aetoriae), | ordinato architec(to), | tesserario in(centuria), | b(eneficiario) praefector(um) praetor(io), | cornicular(io) praef(ecti) anno(nae), | (centurioni) leg(ionis) XIIII Gem(inae) et XI Cl(audiae) et | II Aug(ustae) et VII Gem(inae), | Vlpia Pientissima soror et | Aelia Secundina, heredes | ex testamento faciend(um) curau(erunt).
Circa medium saeculum II.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Flavius est originaire d’Ombrie123. La datation proposée est seulement vraisemblable124.
18)… APRINIVS UEL APRINVS
– CIL, VIII, 3245.
Lambaesis, Numidia.
C(aius) Stabilius | Pom(ptina) Maternus, | Iuliobriga, | mil(es) leg(ionis) VII G(eminae) F(elicis), | (centuria) Aprini, an(norum) XXX | stipen(diorum) XI, h(ic) s(itus) e(st), | Valerius Flau[us] | Val[erius… her(edes) f(aciendum) c(urauerunt)].
Hadriano uel Antonino imperatore.
CIL, v. 6: stipen(diorum) XIII St(abili), uix recte125. v. 7-8: Flau[ius] | Val[erianus frat. fec.], uix recte.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Aprinus est un cognomen très rare d’origine celtique126 ; le centurion peut être originaire de Cisalpine. La date est en relation avec les événements d’Afrique du Nord sous Hadrien ou Antonin le Pieux127.
19)… APVLONIVS…
– CIL, VIII, 12590= EE, V, 343.
Carthago, Africa Proconsularis.
D(is) M(anibus) s(acrum), | Flauius Fraternus, mil(es) | leg(ionis) VII G(eminae) F(elicis) (centuria) Apuloni, ui| xit an(nos uel nis) XXVIII, mil(itauit) an(nos uel nis) VIIII, | h(ic) s(itus) e(st), | Valerius Flauus(centuria) pri| mipili heres f(aciendum) c(urauit).
Hadriano vel Antonino imperatore.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Le nom est très rare ; on connaît, en outre, Apulonius Firmus, centurion de la I Adiutrix128 : l’identité avec notre centurion est très probable. Une origine italique est vraisemblable129.
20) L. EGNATIVS…
– CIL, VIII, 3268.
Lambaesis, Numidia.
D(is) Manibu | s sacrum, | L(ucius) Valerius Gal(eria) | Rufinus [L ] u [ co | Aug(usti) ?], mil(es) leg(ionis) VII | G(eminae) F(elicis) (centuria) L(ucii) Egnati, mi| litauit a(n) nis VIIII, | uixit a(n) ni(s) XXVIII, | h(ic) e(st) (sic) s(itus), s(it) t(ibi) t(erra) l(euis), [heres] curauit.
Hadriano vel Antonino imperatore.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Le gentilice Egnatius est italique mais les cas de militaires portant ce nom dans la III Augusta au IIe siècle sont relativement fréquents.
21)… LAECANIVS…
– CIL, VIII, 3075, item p. 1740.
Lambaesis, Numidia.
Dis M(anibus) sacrum | C(aius) Carminius Va| le(n) s mil(es) leg(ionis) VII G(eminae) F(elicis) | (centuria) Laecani anno(rum) | XXX, militauit a | nnos VIIII, hic | sep(ultus) ex caution(e) | testamento suo | [fact] a heredi| s […].
Hadriano vel Antonino imperatore.
– RE, XII, col. 1641.
Laecanius porte un gentilice typiquement italique, relativement fréquent en Gaule cisalpine. L’inscription est un peu différente des précédentes dans sa formulation, mais appartient sans doute à la même période.
22)… PASSINIVS UEL PASSIENVS
– CIL, VIII, 3226.
Lambaesis, Numidia.
Dis Mani[bus], | T(itus) Riburrinius | Gal(eria) Fuscus, | Lu[c ] o, | mil(es) leg(ionis) VII G(eminae) [F(elicis)] | (centuria) Passiniana | annorum […], | stip(endiorum) VIII( ?), | h(ic) s(itus) est.
Hadriano vel Antonino imperatore.
Le nom, assez rare, est d’origine italique130.
23)? IVLIVS MARCVS
– AE, 1967, 229= AEA, 39, 1966, p. 24-26, no 1.
Luyego (e regione Asturicae), Hispania citerior.
[I(oui) O(ptimo) M(aximo) | pro salute | T(iti)] Ael(ii) Hadrian'i | Anton(ini) Aug(usti) Pii, | uex(illatio) leg(ionis) VII G(eminae) F(elicis) | sub cur(a) Iul(ii) Mar| ci(centurionis) eiusd(em) et Val(erii) | Victoris dec(urionis), ob | diem nata[lis] aquilae | u(otum) s(oluit) l(ibens) m(erito)131.
IV Id. Iun. 138 – IV Id. Iun. 160.
24) P. AELIVS LVCIVS (FIG. 5)
– CIL, VI, 31175.
Roma.
I(oui) O(ptimo) M(aximo) | Iunoni Mineruae, | Marti Victoriae Herculi | Fortunae Mercurio | Felicitati Salutis (sic) Fatis | Campestribus Siluano | Apollini Dianae Eponae | Matribus Suleuis ceterisque | dis immortalibus, | Genio numeri eq(uitum) sing(ularium) Aug(usti), | P(ublius) Aelius Lucius, (centurio) leg(ionis) VII Geminae, | u(otum) s(oluit) l(ibens) l(aetus) m(erito).
Antonino imperatore?
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1640.
25) P. AELIVS LVCANVS
– CIL, VI, 3211.
Roma.
D(is) M(anibus) | T(ito) Aurelio Man| suetino eq(uiti) sing(ulari) | Aug(usti) tur(ma) Lucania| na, nat(ione) Noricus, | uix(it) an(nis) XXV, mil(itauit) | annis VII, | P(ublius) Aelius Lucanus, (centurio) | leg(ionis) VII G(eminae), her(es) | fac(iendum) cur(auit).
Antonino uel Marco Aurelio imperatore?
– CIL, VI, 3176.
Roma.
D(is) M(anibus) | P(ublius) Aelius Auitus, | Traianopoli, | tubicen eq(uitum) sing(ularium) Aug(usti) | turm(a) Aeli Lucani, | natione Thrax, | u(ixit) a(nnis) XXXV, mil(itauit) a(nnis) XIV, | P(ublius) Aelius Aurelius | her(es) et Iulius Maximus, | decurio, secu(ndu) s her(es) optimo | amico faciend(um) curauer(unt).
Antonino imperatore?
– RE, XII, col. 1641.
26) L. AVRELIVS QVINTVS
– CIL, VI, 768.
Roma.
Suleuis et Campestribus sacrum, | L(ucius) Aurelius Quintus, (centurio) leg(ionis) VII Geminae, | uotum soluit laetus libens | dedicauit(ante diem) VIIII k(alendas) Septembre(s), Bradua et Varo co(n) s(ulibus).
160 p. C.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
27) L. CAECILIVS L. F. PAP. OPTATVS
– CIL, II, 4514 = ILS, 6957. [ = IRC, IV, 45.]
Barcino, Hispania citerior.
L(ucius) Caecilius L(ucii) f(ilius) | Pap(iria) Optatus, | (centurio) leg(ionis) VII G(eminae) Fel(icis) | et(centurio) leg(ionis) XV Apollin(aris), | missus honesta | missione ab imp(eratoribus) M(arco) | Aur(elio) Antonino et Aur(elio) | Vero Aug(ustis) atlectus a Bar[c(inonensibus)] | inter immunes, consecut(us) | in (sic) honores aedilicos, | (duo) uir III, | flam(en) Romae | diuorum et Augustorum | qui r(ei) p(ublicae) Barc(inonensium) ita leg(auit) : do lego | darique uolo(denariorum) septem milia quingentos ex | quorum usuris semissibus | edi uolo quodannis spectac(ulum) | pugilum die IIII idu(u) m Iuni(arum) | usque at(denarios) ducentos quinquaginta et eadem die ex(denariis) ducentis oleum in thermas public(as) | populo praeberi et [ l ] ecta praes| tari ea condicione uolo, ut | liberti mei item libertorum meorum libertarumque liberti quos | honor | (in latere) seuiratus contige| rit ab omnibus mu| neribus seuiratus ex| cusati sint. Quot si quis | eorum at munera | uocitus fuerit, | tum ea(denariorum) septem milia quingentos at | rem pub(licam) Tarrac(onensem) | transferri iubeo | sub eadem forma | spectaculorum quot | s(upra) s(criptum) est edendorum | Tarracone. (sub inscriptione, in fronte) l(ocus) d(atus) d(ecreto) d(ecurionum).
161-169 p. C.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
L. Caecilius Optatus était d’origine africaine132. [Cf. P. Le Roux, 1982a, p. 296-297.]
28) ? LICINIVS PATERNVS (fig. 6)
– CIL, II, 2552 = AE, 1910, 3 = ILS, 9125 = CMLeón, p. 70 = A. von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 199.
Villalís (e regione Asturicae), Hispania citerior.
I(oui) O(ptimo) M(aximo), | [ pr] o salute M(arci) Aureli An|[t ] onini et L(ucii) Aureli Veri | [A ] ugustorum, ob natale(m) aqu[i | l ] ae, uexillatio leg(ionis) VII G(eminae) F(elicis) | sub cura Licini Patern[i ] | (centurionis) leg(ionis) eiusd(em) et Hermetis | Augustor(um) lib(erti) proc(uratoris) et Lu| creti Paterni dec(urionis) coh(ortis) | I Celt(iberorum) et Fabi(i) Marcian[i ] | b(ene) f(iciarii) proc(uratoris) Augustor(um) et | Iuli Iuliani sign(iferi) leg(ionis) | eiusd(em) (ante diem) IIII Id(us) Iunias, | Laeliano et Pastore co(n) s(ulibus)133.
163 p. C.
Licinius Paternus est d’origine hispanique134.
29) M. VALERIVS M. F. GAL. SECVNDVS (fig. 7)
– AE, 1930, 151= AE, 1938, 20. [= RIT, 183.]
Tarraco, Hispania citerior.
M(arco) Val(erio) M(arci) f(ilio) Gal(eria) Secundo, | (centurioni) leg(ionis) VII G(eminae) F(elicis) | item leg(ionis) III Aug(ustae) | item leg(ionis) II Traian(ae) | item leg(ionis) XIIII Gem(inae), | Valer(ius) Euuanthes, | Saturninus et | Glaucilla | lib(erti) et heredes | patrono | b(ene) m(erenti).
Marco Aurelio imperatore.
– AE, 1905, 25= HAE, 666.
Emerita Augusta, Lusitania.
Ann(o) col(oniae) CLXXX, | aram genesis | inuicti Mithrae | M(arcus) Val(erius) Secundus | fr(umentarius) leg(ionis) VII Gem(inae), dono | ponendam merito curauit, | G(aio) Accio Hedychro patre.
155 p. C.
M. Valerius Secundus était certainement originaire d’Hispania135.
30) L. NVMERIVS L. F. FELIX
– CIL, II, 4162 et p. 972. [ = RIT, 181.]
Tarraco, Hispania citerior.
L(ucio) Numerio | L(uci) f(ilio) Felici, | (centurioni) leg(ionis) VII G(eminae) F(elicis), | (centurioni) leg(ionis) XX Vict(ricis), | (centurioni) leg(ionis) III Cyr(enaicae), | (centurioni) leg(ionis) XXII Pr(imigeniae), | (centurioni) leg(ionis) III Italic(ae), | Mamilia | Prisca marito | optimo | [f(aciendum) c(urauit) ?].
Marco Aurelio uel Commodo imperatore.
– RE, XII, col. 1641.
Numerius Felix est vraisemblablement d’origine italique136 ; la date est donnée par la mention de la III Italica qui fournit un terminus post quem137.
31) T. AVRELIVS DECIMVS (FIG. 8)
– CIL, II, 4083 = ILS, 2416. [RIT, 38.]
Tarraco, Hispania citerior.
Marti Campestri sac(rum) | pro sal(ute) | imp(eratoris) M(arci) Aur(elii) Commodi | Aug(usti) et equit(um) sing(ularium), | T(itus) Aurel(ius) Decimus, | (centurio) leg(ionis) VII G(eminae) F(elicis), | praep(ositus) simul et | camp(idoctor), dedic(auit) k(alendis) Mart(iis), | Mamert(ino) et Rufo co(n) s(ulibus).
182 p. C.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
32) L. MANTIVS L. F. GAL. HISPANVS
– CIL, VIII, 2938.
Lambaesis, Numidia.
D(is) M(anibus) | L(uci) Man[t ] i L(uci) f(ilii) | Gal(eria) Hispani, | (centurionis) leg(ionis) VII Ge| minae F(elicis), | (centurionis) leg(ionis) III Aug(ustae) | (noni) h(astati) pr(ioris), u(ixit) a(nnis uel nnos) […], | L(ucius) Mantius Cae| cilianus f(ilius) pa| tri kar(issimo) fecit.
Saeculo II.
– CIL, VIII, 2939.
Lambaesis, Numidia.
D(is) M(anibus) | Iuniae Cae| cilianae, | uxoris | Manti His| pani(centurionis) leg(ionis) III Aug(ustae), | uix(it) an(nis) XX…? | L(ucius) Mantius | Caecilianus, | filius matri kar(issimae) | fecit.
Saeculo II.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Mantius Hispanus est d’origine hispanique selon toute vraisemblance. La deuxième moitié du IIe siècle est probable en raison des nombreuses ligatures et du surnom de la légion.
33)…
– CIL, XI, 1059 = A. von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 263.
Parma, Regio VIII.
[…], | praef(ecto) leg(ionis) XX Valer(iae) | Victr(icis), primop(ilo) leg(ionis) | X Gemin(ae) Piae Fidel(is), | cent(urioni) legion(is) IIII Scy| thic(ae), XI Claud(iae), XIIII Gem(inae), | VII Gemin(ae), | patr(ono) col(oniae) Iul(iae) Aug(ustae) Parm(ensis), | patr(ono) municipiorum | Foro Druent(inorum) et Foro | Nouanor(um), patron(o) col| legior(um) fabr(um) et cent(onariorum) et | dendrophor(um) Parmens(ium), | colleg(ium) cent(onariorum) merenti.
Saeculo II.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
L’inscription ne peut être datée avec précision ; la carrière fait penser à la première moitié du IIe siècle plutôt qu’à la seconde.
34)? AVRELIVS FRONTO
– CIL, II, 5681= C. M. León, p. 31.
Legio VII Gemina, Hispania citerior.
[…]Pa […] | Ru[… mil(es?)] | leg(ionis) [VII] G(eminae) F(elicis) | (centuria) Au[re] li | Fro[nt] on| is, an[n(orum) XX] XVI, | ae[rum] XVII, |…
Saeculo II.
[Saeculo I exeunte.]
C. M. León, v. 2, 3: [ ueteranus] | leg(ionis), male.
v. 6, 7: an[n(orum)] LXVI, | aer(um) XXVII, male.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Aurelius Fronto était selon toute vraisemblance originaire d’Hispania138. Le deuxième siècle est probable en raison de l’appellation de la légion.
35)? CAECILIVS MATVRVS
– CIL, II, 4150. [= RIT, 203.]
Tarraco, Hispania citerior.
D(is) M(anibus) | Caecili Maturi, (centurionis) | frum(entari) leg(ionis) VII Gem(inae), | qui uixit ann(os) XXXVII | me(nses) VIII dies V, Ael(ia) | Cogitata mater | Caecilius Dexter | et Artemas fra| tres et Val(eria) Lup(a) | uxor heredes | ex testamento | fecerunt.
Saeculo II exeunte uel III ineunte.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Les nomina sont d’origine africaine, mais la famille étant installée à Tarragone il semble que Caecilius Maturus ait été citoyen d’Hispania. On connaît un Caecilius Dexter, principalis de la legio VII Gemina sous Septime Sévère qui est vraisemblablement le même personnage que le dédicant, frère de Maturus139.
36)? CLAVDIVS QVINTVS
– AE, 1957, 185= Libyca 4, 1956, p. 102, no 3.
Thamugadi, Numidia.
D(is) M(anibus) | Cl(audius) Quintus, (centurio) | [ l ] eg(ionis) VII Gem(inae), | [A ] grippae ser(uo) | merenti, u(ixit) a(nnos uel nnis) XXXI.
Saeculo II uel III.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641= R. Cagnat, 1912-1913 [1892], p. 114. Claudius Quintus était probablement africain.
37) Q. FLAVIVS C. F. FESTIVVS
– CIL, II, 4517. [= IRC, IV, 46.]
Barcino, Hispania citerior.
Q(uinto) Flauio | C(ai) f(ilio) Festiuo, | [(centurioni)] leg(ionis) VII G(eminae) F(elicis) | et leg(ionis) [IV F uel VII C uel XV Apo] l | [ leg…?] | … | amico optimo, | l(ocus) d(atus) d(ecreto) d(ecurionum).
Saeculo II.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
En raison des mutations dont Flavius Festivus a été l’objet, il faut restituer avec Hübner le grade de centurion. Le savant allemand n’a rapporté le texte que de seconde main et la partie médiane a été donnée comme illisible. Si le L final de la quatrième ligne est correct on a le choix entre trois légions : la IV Fl(auia), la VII Cl(audia) et la XV Apol(linaris). On rapprochera cette carrière de celle de Caecilius Optatus (no 27) dont le cursus est ascendant. Les nomina du centurion conviennent bien à un soldat hispanique.
38) L? IVLIVS GERMANVS
– CIL, II, 2887= 5804= AEA, 39, 1966, p. 38-39, no 9.
Tritium Magallum, Hispania citerior.
D(is) M(anibus) | Didio Ma| rcello mi| liti l(egionis) VII G(eminae) | F(elicis) c(enturia) L(uci)? Iuli Ge| rmani, an(norum) XXIX, | curam agen|[te… Se]| cundino m |[…].
CIL et AEA, v. 4 : c(enturia) Iuli Ge|rmani.
– CIL, II, 5226.
Emerita Augusta, Lusitania.
Saeculo II.
P(ublius) Valerius Fla(u) us, | miles leg(ionis) VII G(eminae) F(elicis) | c(enturia) Iuli Germani, ann(orum) | XXX, h(ic) s(itus) e(st) s(it) t(ibi) t(erra) l(euis), | C(aius) Marius Anteros | et Marcia Restituta, | amico f(aciendum) c(urauerunt).
Saeculo II.
39)? IVNIVS VICTOR
– CIL, II, 6183= ILS, 2293= M. Almagro, Las inscripciones ampuritanas, 1952, p. 87.
Emporiæ, Hispania citerior.
I(oui) O(ptimo) M(aximo), | uexillatio | [ l ] eg(ionis) VII G(eminae) F(elicis) | [ s ] ub cura | [I ] uni Victo| ris(centurionis) leg(ionis) ei|[u ] sdem ob na|[ta] lem aquilae.
Saeculo II.
Les nomina désignent un africain ; l’épigraphie et la similitude avec d’autres célébrations de la naissance de l’aigle proposent une date entre Antonin et les débuts de Septime Sévère.
40)… RESTITVTVS
– CIL, II, 2901.
San Millán de la Cogolla (conventus cluniensis), Hispania citerior.
D(is) M(anibus) s(acrum), | Aur(elio) Capiton(i), | mil(iti) leg(ionis) VII G(eminae) F(elicis) | [(centuria)] Restituti, annor(um) XXVIII, | Luseia her(es) fa(ciendum) cur(auit).
Saeculo II.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Restitutus est un cognomen de résonance africaine mais il est également porté dans la péninsule Ibérique.
– CIL, II, 4165. [= RIT, 182.]
41) C. TADIVS LVCANVS (fig. 9)
Tarraco, Hispania citerior.
D(is) M(anibus) | C(aio) Tadio C(ai) l(iberto) Ianuario, | Pisaurensi, | uixit ann(os uel is) XXXIIII | C(aius) Tadius Lucanus, | (centurio) leg(ionis) VII G(eminae) F(elicis), | lib(erto) optime de se | merito.
Saeculo II.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Le centurion est probablement italique ; le nom complet de la légion sans Pia indique le deuxième siècle.
42)… VETTIVS… (fig. 10)
– CIL, II, 5733= F. Diego Santos, 1959, no 8, p. 38-39.
Ujo (e regione Luci Asturum),
Hispania citerior.
Lucius | Corona S | euerus m | iles leg(ionis) VII Gem(in) ae(centuria) Ve| tti et Octa| uia Procula, | u(otum) s(oluerunt) l(ibentes) m(erito).
Saeculo II uel III.
CIL, v. 4, 5: (centuria) Ve| ter., male.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Le gentilice Vettius est d’origine italique mais peut convenir, étant donné la date, à un soldat d’Hispania.
III. De Septime Sévère à Dioclétien
43) Q. CARM(A) EVS IVLIANVS
– CIL, III, 3998 et p. 1745.
Aquae Balissenses ?, Pannonia Superior.
I(oui) O(ptimo) M(aximo) Dol(icheno), | pro salute impp(eratorum) L(ucii) Sept(imi) | Seueri et M(arci) Aur(elii) Antonini | [A ] ug[g(ustorum)] [[et Getae Caes(aris)]], Q(uintus) Car| meus Iulianus, (centurio) leg(ionis) VII | Gem(inae) cum Iul(ia) Att[i ] cilla et | Carma[e ] is Secundo et Atti| cilliano fili[i ] s, u(otum) s(oluit) l(ibens) m(erito).
198 p. C. – 209 p. C.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641 ; P. Merlat, Répertoire des inscriptions et monuments figurés du culte de Jupiter Dolichenus, Rennes, 1951, no 75, p. 77-78.
44)…
– A. J. Reinach, Annales du service des antiquités de l’Égypte, XI, 1911, p. 211 = SB, 5731 = H.-G. Pflaum, A. Von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 993, no 257 bis.
Coptos, Aegyptus.
[...] πριμοπιλάρ(ιν) λεγ(εῶνος) ζ'Γεμ(ίνης), χειλίαρχ(ον) σπεί[ρης ... οὐιγούλων], χειλίαρχ(ον) σπ[είρης... οὐρβάνης], χειλίαρχ(ον) σπείρ[ης... ιραιτορίας] ἐπίτροπον Μ(άρκου) Αὐρη[λ(ίου)] Ἀν[τωνείνου...].
Caracalla imperatore.
45) M. AVRELIVS M. F. PAP. LVCILIVS (fig. 11)
– CIL, II, 4147 et p. 972 = A. von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 201. [ = RIT, 178.]
Tarraco, Hispania citerior.
M(arco) Aur(elio) M(arci) f(ilio) Pap(iria) Lucilio Pœtouion(e), | ex singularib(us) imp(eratoris), (centurioni) leg(ionis) I | Adiut(ricis), leg(ionis) II Tr(aianae), leg(ionis) VIII Aug(ustae), | leg(ionis) XIIII Gem(inae), leg(ionis) VII Cl(audiae), | leg(ionis) VII Gem(inae), (tertio) hast(ato) pr(iori), | annorum LX, sti| p(endiorum) XXXX, | Vlpia Iuuentina | uxor et heres, ma| rito pientissimo | et indulgentissi| mo faciend(um) curauit.
Saeculo III ineunte140.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
À la cinquième ligne, comme le montre la photographie, les points apparaissent clairement entre Gem. III hast. : il faut donc corriger les lectures antérieures en (tertio) hast(ato) pr(iori)141.
46) C. SVLGIVS L. F. PAP. CAECILIANVS
– CIL, VIII, 1322 = 14854 = ILS, 2764 = ILT, 1287 = A. von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 246.
Tuccabori, Africa Proconsularis.
C(aio) Sulgio L(ucii) f(ilio) Pap(iria) Caeciliano, praef(ecto) leg(ionis) III Cyrenai| cae, p(rimo) p(ilo) leg(ionis) XX Valeriae Victricis, praeposito reli| quationi classis praetoriae Misenatium piae | uindicis et thensauris domini[cis e ] t bastagis copia| rum deuehendar(um), (centurioni) leg(ionis) III Aug(ustae) et septimae Geminae | et primae Parthicae et XVI Fl(auiae) F(irmae) et XIII G(eminae) in prouincia Daci | a, nauarch(o) classis praetoriae Mise[n ] atium piae | uindicis, optioni peregrinorum et ex [ erci] tatori mil[i ]|tum frumentarior(um) et Sulgiae… ae et Sulgio | Apro… |… patri et co(n) iu[gi].
Severo Alexandro imperatore.
– CIL, X, 3342.
Promuntorium Miseni, Regio I.
[… | d ] iui Magni Pii A [ ntonini f(ilius)] | Inuic[tus] Pius Felix et supe[r omnes principes | co] nlapsam a solo restit[uit | cur] ante Sulgio Ca[eciliano].
Elagabalo vel Alexandro imperatore.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
47)… CLAVDIVS IVSTVS
– CIL, II, 4111 = ILS, 1176. [ = RIT, 128.]
Tarraco, Hispania citerior.
Q(uinto) Atrio Clonio, | leg(ato) Aug(usti) pr(o) pr(aetore) | prouinciarum | Thraciae Cappadociae | Syriae maioris | Hispaniae citerioris, | Claudius Iustus(centurio) | leg(ionis) VII Gem(inae) P(iae) F(elicis) | Seuerianae | [[Alexandrianae]], | praesidi absti| nentissimo.
Severo Alexandro imperatore.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
48) L. MARINIVS MARINIANVS (fig. 12)
– CIL, XIII, 7564 = ILS, 4641.
Aquae Mattiacorum, Germania Superior.
In h(onorem) d(omus) d(iuinae) | Apollini Tou| tiorigi, | L(ucius) Marinius | Marinianus, (centurio) leg(ionis) VII | Gem(inae) [[Alex]]an | d [[ri]]anae uo| ti compos.
Severo Alexandro imperatore.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Le centurion peut être d’origine gauloise ou germanique.
49)… F. SABATINA…
– CIL, II, 2664 = A. Von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 200.
Legio VII Gemina, Hispania citerior.
[Iuliae Mammeae Aug(ustae) matri Aug(usti)] n(ostri) et castrorum | [ senatus ] ac patriae, | […] f(ilius) Sabatina, | [ p(rimus) p(ilus)] leg(ionis) VII G(eminae) Seuer(ianae) | [Alexandr(ianae)] p(iae) f(elicis), ex corni[culario | praef(ectorum) pr] aet(orio) em(inentissimorum) u(irorum), | [Maximo II] et Vrbano co(n) s(ulibus).
234 p. C.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1640= H.-G. Pflaum, 1970, p. 373, no 23.
L’anonyme était italique142.
50) P. AELIVS P. F. PAPIR. MARCELLVS
– CIL, XI, 5215 = ILS, 2650 ; CIL, XI, 5216 = A. Von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 266.
Fulginiae, Regio VI.
P(ublio) Aelio P(ublii) f(ilio) Papir(ia) | Marcello, cent(urioni) | frum(entario), sub principi | peregrinorum, adstato | et principi et primipilo | leg(ionis) VII Gem(inae) P(iae) Fel(icis), adlec| to ad munera praeff(ectorum) | legg(ionum) VII Claud(iae) et primae | Adiutricis, u(iro) e(gregio), flamini | luculari Laurent(ium) Lauina(tium), | patrono et decurioni co| loni(a) e Apule(n) sium, patrono | ciuitat(ium) Forofla(miniensium), Fulginia(tium) | itemque Iguuinorum, splendidissimus ordo Foroflam(iniensium) | cuius dedicat(ione) decurionibus | et liberis eorum panem | et uinum et(sestertios uicenos) n(ummos) item | municipibus(sestertios quaternos) n(ummos) dedit.
Saeculo III.
– CIL, III, 1180= 7795.
Apulum, Dacia.
P(ublio) Aelio P(ublii) f(ilio) P [ a ] p(iria) Marcello, | u(iro) e(gregio), p(rimo) p(ilari), ex praef(ecto) leg(ionum) VII | Cl(audiae) et I Adiut(ricis), s [ u ] b prin| cipe pereg(rinorum), (centurioni) frum(entario), | sacer(doti) Lauren[ti(um), patr(ono) colo]| niae, patr [ ono rerum publi]| car(um) F [ u] lginatium…
– CIL, III, 1181.
Ibidem.
P(ublio) Ael(io) Antipat| ro Marcello, eq(uiti) r(omano), dec(urioni) col(oniae) Ap(ulensium), | fil(io) P(ublii) Ael(ii) Antipa| tri a mil(itiis) et(duo) uir(o) | col(oniae) s(upra) s(criptae), et adoptiuo | P(ublii) Ael(ii) Marcelli, u(iri) | e(gregii), ex praef(ecto) legi| on(um) VII Claud(iae) et | I Adiut(ricis), Dades et | Filetus actor(es).
– CIL, III, 1182.
Ibidem.
Publiae Aeli| ae Iulianae | Marcellae, s(plendidissimae) p(uellae), | fil(iae) P(ublii) Ael(ii) Iuliani, | eq(uitis) R(omani), flam(inis) et(duo) ui| ral(is) col(oniae) Apul(ensium) et ad| optiu(a) e P(ublii) Ael(ii) Mar| celli, u(iri) e(gregii), ex pr| aef(ecto) legg(ionum) VII Cl(audiae) | et I Adiut(ricis), Dades | et Filetus actor(es).
– RE, XII, col. 1640; PIR, I2, no 219, p. 37; H.-G. Pflaum, 1970, p. 373-375, no 24. P. Aelius Marcellus était citoyen d’Apulum.
51) Q. AEMILIVS C. ? F. PHILIPPICVS
– IGLS, VI, 2779 (Pl. XVIII).
Heliopolis, Syria Palaestina.
[…] Syr(iae) Palaest(inae), | Q(uintus) Aemilius C(ai) ? f(ilius) | Philippicus, | (centurio) leg(ionis) VII Gem(inae), | ob mer(ita).
Saeculo III?
IGLS, v. 2: L(ucii) f(ilius).
Philippicus est probablement originaire d’Heliopolis ; l’épigraphie assigne une date plutôt tardive à l’inscription ; en outre, la formule VII Gem(inae) sans autre précision est assez fréquente au IIIe siècle.
52) L. ARBVSTIVS L. F. ANIENSI VALENTINVS
– CIL, XIV, 4007 = A. Von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 279.
Ficulae, Latium.
D(is) M(anibus) | L(ucio) Arbustio L(ucii) fil(io) Ann(iensi) | Valentino, Crem(ona), | p(rimo) p(ilo) leg(ionis) IIII Fl(auiae) Fel(icis), euoc(ato) Aug(usti) | ex coh(orte) IIII pr(aetoria), (centurioni) coh(ortis) II uig(ilum), | (centurioni) coh(ortis) XI urb(anae), (centurioni) coh(ortis) VII pr(aetoriae), (centurioni) leg(ionis) VII Cl(audiae), | (centurioni) leg(ionis) VII Gemin(ae) P(iae) F(elicis), | L(ucius) Arbustius Valens et | C(aius) Arbustius Vitalis f(aciendum) [c(urauerunt)].
Saeculo III.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
53) C. IVLIVS VRBANVS
– CIL, II, 3588= 5960= G. Martin, Dianium, 1970, no 6, p. 50-56, pl. XI, XX, XXI.
Dianium, Hispania citerior.
C(aius) Iul(ius) Vrbanus, | prin(ceps) uexil(lationis) leg(ionis) VII | Gem(inae) P(iae) F(elicis) […] | cum suis [… | … |…].
Saeculo III.
G. Martin, v. 5-6: NO COS L. A. FVS RO| MANO HO F. C.
– R. Saxer, 1967, no 125, p. 63 et p. 129.
Les nomina conviennent à un citoyen hispanique.
54) C. MARIVS MAXIMVS
– CIL, II, 2522= IRG, IV, no 100, p. 102-103.
Civitas Limicorum, Hispania citerior.
[Genio] p(opuli) R(omani), | C(aius) Mar(ius) Maxi[mus], | (centurio) leg(ionis) | VII G(eminae) P(iae) F(elicis) | u(otum) s(oluit) l(ibens) m(erito).
Saeculo III.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
Le lieu de découverte de l’inscription indique vraisemblablement la région d’où Marius Maximus était originaire.
IV. Cas impropres ou douteux
1) AVIDIVS VALENS
– CIL, VIII, 9365 = 20994 = ILS, 1099 = E. Albertini, BCTH, 1925, p. CLXXV-CLXXVI.
Caesarea, Mauretania Caesariensis.
Sex(to) Cornelio Sex(ti) f(ilio) | Pal(atina) Clementi, co(n) s(uli) | et duci trium Da| ciarum | … Auidius Valens, (centurio) | [le] g(ionis) XIII Gem(inae).
Circa annum 170 p. C.
CIL et ILS, v. 5 : [(centurio) le] g(ionis) VII Gem(inae), male.
– E. Ritterling, RE, XII, col. 1641.
2) C. IVLIVS GAL. LEPIDVS
– CIL, II, 4463 et p. 981 = A. Von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 202. [ = IRC, II, 25.] Aeso, Hispania citerior.
C(aio) Iulio uel [A ] emilio Gal(eria) | Lepido, Iesson(e), | p(rimo) p(ilari), centur(ioni) leg(ionis) X [III] | Gem(inae) P(iae) F(idelis), (centurioni) leg(ionis) I Adiut(ricis), | (centurioni) leg(ionis) X G(eminae) P(iae) F(idelis), | [(centurioni) leg(ionis)] [X ] XX V(lpiae) V(ictricis) | [ p(rimo) p(ilo) | le] g(ionis) [I ] M(ineruiae) P(iae) F(idelis), | adlecto in numerum | decurion(um) ab ordine | Barcinonensium, | heredes ex testament(o), | cura Agathopi | Trophimi Polycarpi | libertorum, | l(ocus) d(atus) ex d(ecreto) d(ecurionum).
Saeculo II ?
A. Von Domaszewski et B. Dobson, v. 2 : Iesson(i), male.
– RE, XII, col. 1641.
L’inscription était brisée en deux morceaux ; la cassure a affecté la sixième et la septième ligne : celle-ci a été lue C. M. P. F. et c’est E. Hübner qui a proposé d’y voir la legio VII Gemina Pia Felix. B. Dobson considère, à juste titre, la date imposée par la présence du surnom pia comme trop tardive143. À titre d’hypothèse, nous proposons donc de substituer à la VII Gemina, la I Minervia qui a, en outre, le mérite de s’inscrire dans la zone géographique où s’est déroulée la plus grande partie de la carrière de Iulius Lepidus.
3)… SEIVS SERENVS
– G. Alföldy, 1975, no 211.
Tarraco, Hispania citerior.
[…] Valeri[us…], | miles le[g(ionis) X uel VII Gem(inae) uel G(eminae) F(elicis)] | (centuria) Sei Sere[ni, annor(um)] | XXX, [ aer(um)…] | domo […], | hic situs e [ st s(it) t(ibi) t(erra) l(euis)], | [ c ] urauit M […].
Saeculo I.
4)… VERECVNDVS
– CIL, II, 4175. [ = RIT, 215. Voir AE, 1995, 974 = CIL, II2, 14, 1065.]
Tarraco, Hispania citerior.
[---] h(ic) s(epultus) | et eius f(ilius) L(ucius) Coeli| us Bellicus an(norum) | XXV h(ic) s(itus) est, | titul(um) pos(uit) patr(i) et fra(tri) suo e [ t ] sibi mil(es) | le[g(ionis)] VI ? [(centuria)] Verecundi, | […].
Saeculo I ?

Annexe II
Tableau 5

Fig. 1. – Inscription en l’honneur de L. Aemilius Paternus(Centre P. Paris – Cliché Bordeaux)

Fig. 2. – Épitaphe de L. Decrius Longinus(Cliché de l’auteur)

Fig. 3. – Inscription avec mention du centurion Claudius Amabilis(Cliché Museo de Sevilla. A. Palau)

Fig. 4. – Inscription avec mention du centurion Saturnius(Cliché DAI, R. 133-70-9)

Fig. 5. – Inscription votive du centurion P. Aelius Lucius(Cliché Museo NazionaleRomano).

Fig. 6. – Inscription de Villalís avec mention du centurion Licinius Paternus(Cliché de l’auteur)

Fig. 7. – Inscription votive de M. Valerius Secundus(Cliché Museo Arqueológico de Mérida, no 536)

Fig. 8. – Dédicace à Mars par le centurion T. Aurelius Decimus(Cliché DAI, R. 126-69-1)

Fig. 9. – Inscription avec mention du centurion C. Tadius Lucanus (Cliché DAI, R.101-68-3)

Fig. 10. – Inscription avec mention du centurion Vettius(Cliché Museo de Oviedo)

Fig. 11. – Épitaphe du centurion M. Aurelius Lucilius(Cliché DAI, R. 12-69-26)

Fig. 12.– Dédicace à Apollon par le centurion L. Marinius Marinianus(Cliché Musée Wiesbaden)
Notes de bas de page
1 César, BG, V, 33, 1 ; 35, 1.
2 L’histoire de ces cavaliers a été reprise dans son ensemble par M. P. Speidel, 1965. On se reportera également à l’article de F. Grosso, 1966. On y trouvera un point de vue critique sur le travail de M. P. Speidel.
3 B. Dobson, 1970, p. 101.
4 A. Von Domaszewski, 1967. Dans une longue introduction (p. I-LXII) B. Dobson, auteur de cette réédition, présente un tableau complet des problèmes en suspens et des acquisitions de la recherche depuis cinquante années. En outre, l’Appendice épigraphique soigneusement revu et mis à jour (p. 197-307) constitue un instrument de travail d’un grand prix.
5 A. Von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 90-97.
6 A. Passerini, 1949-1950, p. 549-627.
7 L’accord n’est pas général sur ces problèmes. Aux ouvrages déjà cités nous devons ajouter : E. Birley, 1953a et 1965, p. 21-33 et en dernier lieu D. J. Breeze, 1969, p. 50-55.
8 E. Birley, 1965, p. 26-31.
9 A. Von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 1 : « Die ungemeine Bedeutung der Heeresorganisation für ein tieferes Verständnis der Kaiserzeit ist allen jenen bekannt, die mit den Quellen unserer Überlieferung wirklich vertraut sind. Denn in sicher erkennbaren und messbaren Grössen spiegelt das Heer die politischen und socialen Wandlungen des Staates wieder und offenbart uns die Ursachen, die allmählich die Grundlagen des Staates aufgelöst haben. »
10 Ainsi, ibid., p. 83 où il affirme que les euocati étaient normalement promus au centurionat légionnaire afin d’assurer la permanence des éléments romano-italiens dans le corps des officiers. Cette opinion est réexaminée et modifiée par B. Dobson et D. J. Breeze, 1969, p. 105-107.
11 Un bon exemple des apports de l’archéologie est donné par D. J. Breeze, 1969, p. 50-55.
12 E. Ritterling, « Legio », RE, XII, col. 1211-1829.
13 Outre les travaux déjà mentionnés on verra E. Birley, 1969, p. 63-82. On se reportera, d’autre part, au volume publié par le Centre de Recherches Comparées sur les Sociétés Anciennes : J. P. Brisson (dir.), 1969. Malgré le caractère disparate des articles, les travaux présentés formulent une problématique originale où une large place est faite aux préoccupations d’ordre social et sociologique.
14 H.-G. Pflaum, 1950 et 1958, p. 1-17.
15 G. Alföldy, 1969b.
16 C. Nicolet, 1969, p. 156.
17 Les travaux sur la legio VII Gemina sont peu nombreux. L’article de E. Ritterling, « Legio », RE, XII, col. 1629-1642 reste fondamental. Le Professeur A. García y Bellido y a consacré un certain nombre d’études, en particulier : « La Legio VII Gemina Pia Felix y los orígenes de la ciudad de León », BRAH, 127, 1950, p. 449-479 repris dans La Península ibérica en los comienzos de su historia, Madrid, 1953, p. 368-391. Récemment, enfin, viennent d’être publiées les communications faites par divers savants à l’occasion du XIXe centenaire de la légion : Legio VII Gemina, León, 1968 [1970].
18 G. Alföldy, 1969b, p. 191-218 et notamment p. 217 : « Die angesehene Statthalterschaft der Hispania citerior bildete bei zahlreichen Senatoren den Abschluß einer glänzenden Laufbahn. »
19 Ibid., 1969b, p. 252-259.
20 E. Ritterling, « Legio », RE, XII, col. 1635 : « Diese Isolierung im äußersten Westen des Reiches wurde weiter verschärft durch die verhältnismäßig bedeutende Ausdehnung des ihrer Obhut und militärischen Verwaltung anvertrauten, allerdings meist friedlichen und kulturell hochstehenden Provinzialgebietes, welche die Kräfte der L. weithin in Anspruch nahm und zersplitterte. »
21 E. Ritterling, « Legio », RE, XII, col. 1640-1641.
22 Voir Annexe I, IV, no 2 et no 4.
23 Le travail de G. Alföldy, 1969a, est à cet égard très instructif qui, à propos de tel gentilice ou de tel cognomen, indique souvent : « Überall verbreitet ».
24 Le cas de l’Afrique proconsulaire est caractéristique : une forte proportion des nomina recensés dans les indices du CIL, VIII ont une origine italique et seules des inscriptions datées pourraient permettre de suivre leur expansion et donc de fixer l’origo des individus. Le livre de W. Schulze, 1966, donne l’origine, le plus souvent étrusque, des noms latins mais n’est d’aucun secours pour les régions non italiques.
25 L. R. Dean, 1916. Cette étude repose, de l’aveu même de l’auteur, sur des données géographiques partielles (CIL, VIII et CIL, III). Pour être convaincante il aurait fallu qu’elle se limitât aux cas dont l’origine est connue avec certitude : ce n’est pas parce que le nom Valens est surtout fréquent dans les indices du CIL, III que tous ceux qui le portent appartiennent aux régions concernées.
26 Annexe I, note 104, p. 311.
27 Annexe II.
28 Le niveau archéologique est à plus de trois mètres de profondeur aujourd’hui : A. García Y Bellido, 1970a, p. 572.
29 G. Forni, 1970, p. 207-225 montre comment des comparaisons bien choisies peuvent enrichir notre connaissance de l’armée d’Espagne. De même, H.-G. Pflaum, 1970, p. 378 suggère que les résultats « assez décevants » de sa recherche ne pourront être appréciés exactement qu’après des travaux semblables pour d’autres légions.
30 H.-G. Pflaum, 1970, p. 1 et suiv.
31 Annexe I, p. 319.
32 G. R. Watson, 1969, p. 134-135.
33 E. Birley, 1969, p. 23.
34 Le centurion a servi quarante-cinq années au total et l’on admet qu’un soldat n’obtenait généralement le cep qu’au bout de quinze ou vingt ans : cf. B. Dobson, 1970, p. 101.
35 E. Birley, 1969, p. 26-31 analysant les raisons qui pouvaient présider aux transferts a montré qu’ils ne résultaient pas d’une politique systématique de développement d’un corps unitaire d’officiers.
36 Ibid., p. 24.
37 Végèce, Epitoma rei militaris, II, 6. Il faudrait avoir la certitude que l’ordre de bataille auquel se réfère Végèce n’est pas seulement théorique et qu’il était encore en vigueur à l’époque de Septime Sévère : il semble s’agir, en effet, d’une formation en acies duplex alors que rien n’indique que la disposition habituelle n’était pas l’acies triplex (cf. E. von Nischer, 1963, p. 552).
38 L'inscription est incomplète mais peut être reconstituée en grande partie : [D(is)] M(anibus) | [… Aurelio… f(ilio ?) Pa] latina Iusto, Ni|[comedia], ex eq(uite) R (omano), (centurioni) leg(ionis) X Fr(etensis) et VI | [Fer(ratae) uel Vict(ricis) X ] XX Vlp(iae), II Troian(ae), IIII | [Scyth(icae) I ] II Cyr(enaicae), (secundo) h (astato) pr(iori), ann(orum) XLII | […] Aureli Iusta uxor | [ marit] o dulcissim(o) item | [Alexa] nder et Iulianus filii | [ patri p ] ientissimo fecer(unt). La tribu et l’origo sont restituées à l’aide de l’inscription ILS, 2151. La VI Ferrata est une légion stationnée en Orient comme toutes celles où a servi Iustus à l’exception de la XXX Vlpia mais la VI Victrix, ordinairement en Bretagne, ne peut pas être exclue.
39 Les décorations gagnées dans une guerre favorisaient sans doute l’officier dans le déroulement ultérieur de sa carrière mais ne la déterminaient pas absolument : Octavius Secundus et M. Sabidius Maximus tous deux honorés pour leur comportement dans la guerre de Judée sous Hadrien ont suivi des itinéraires différents.
40 Les tableaux se fondent sur l’article de E. Ritterling et, dans certains cas, sur les recherches postérieures. Lorsque le doute était trop grand nous avons laissé le nom de la légion.
41 E. Ritterling, « Legio », RE, XII, col. 1776-1777.
42 Ibid., col. 1697 et 1426.
43 Bien que la période suivante ait été, semble-t-il, plus active on ne peut nier que Trajan ait porté attention à la situation militaire en Bretagne : G. Simpson, 1964, p. 21-26.
44 La légion porte le surnom de Seueriana ; l’affectation de Virilis en Orient pourrait être en relation avec la guerre parthique de 197-198 ou avec la réorganisation qui suivit cette campagne à laquelle participa une uexillatio de la III Augusta (E. Ritterling, RE, XII, col. 1500).
45 Ces légions entrent aussi bien dans les carrières de la première époque que dans celles de la deuxième et de la troisième période.
46 L’organisation de la troupe était semblable à celle d’une ala milliaria et se modifia sous Septime Sévère qui la divisa en deux : M. P. Speidel, 1965, p. 93.
47 L’origine des centurions concernés est, on le verra, africaine mais aussi espagnole. On se souviendra du centurion Iustus (tableau 1) qui originaire de Nicomédie fit l’essentiel de sa carrière en Orient. T. Flavius Virilis affecté en Bretagne y demeura longtemps mais africain d’origine fut nommé dans la III Augusta. Peu à peu, la géographie a imposé certaines contraintes : on maintenait le plus longtemps possible un officier dans une même région lorsque les circonstances le permettaient et il est rare qu’un centurion n’ait pas eu la satisfaction de servir dans l’armée cantonnée dans sa province d’origine. Ces données n’ont cependant jamais eu un caractère systématique.
48 RE, XII, col. 1826.
49 Les préparatifs de guerre entraînaient des mouvements importants mais les relations entre les légions trouvaient également l’occasion de se manifester dans des tâches pacifiques : E. Birley, 1969, p. 27.
50 Le type de carrière ne commandait pas le rythme des transferts et on ne peut pas affirmer qu’un futur primipile ait été davantage muté que celui qui n’atteignit pas le primipilat. On peut seulement penser qu’un primipile avait nécessairement servi dans plusieurs unités. Dire que les Italiens étaient souvent l’objet de transferts est une tautologie car l’absence de légions sur le territoire péninsulaire (après Septime Sévère il y eut toutefois la II Parthica) vouait ceux qui devenaient centurions à s’éloigner et à connaître des provinces auxquelles ils n’étaient pas particulièrement attachés.
51 Un poste valait certainement autant par les aptitudes de l’individu qui le tenait que par sa place dans une hiérarchie rigide : cf. H.-G. Pflaum, 1970, p. 30.
52 Les centurions servaient, semble-t-il, plus longtemps que les soldats et leur carrière, nous l’avons dit, ne prenait fin qu’avec l’extrême vieillesse, la maladie ou la mort.
53 Notre Annexe I contient trois inscriptions se référant à l’anniversaire de la légion ; celle de Licinius Paternus (no 28) mentionne aussi un décurion de la première cohorte des Celtibères. La série des pierres de Villalís est la plus célèbre : l’inscription CIL, II, 2554 = ILS, 9126 fête la naissance légionnaire par l’entremise d’un préfet de l’ala II Flauia ; une seconde (AE, 1910, 1 = ILS, 9130) salue les marcassins de la cohors I Gallica ; une troisième, sous forme de fragment, avait certainement la même destination. Au total, la péninsule Ibérique a fourni une dizaine de documents de cette catégorie.
54 M. Speidel, 1965, p. 68-75.
55 P. Merlat, 1960, p. 15.
56 L. Zotović, 1966, p. 48-49.
57 A. von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 83-90.
58 A. von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 83 où l’auteur explique que les centurions étaient transférés : « so dass ein gleichartiges Offizierkorps römischen Blutes den Legionen erhalten blieb. »
59 Tacite, Annales, IV, 5 et M. Durry, 1938, p. 240.
60 M. P. Speidel, 1965, p. 46.
61 Septime Sévère, à cette date, chassa l’ancienne garde et la remplaça par des hommes tirés des légions : A. Passerini, 1939 (rééd. 1969), p. 171-183 et M. Durry, 1938, p. 247-249.
62 Cf. note 47.
63 On se reportera à l’étude de E. Birley, 1953d, p. 104-124. L’auteur s’appuie sur la dissertation de W. Baehr, 1900.
64 H.-G. Pflaum, 1970, p. 185 étudiant l’origine des procurateurs constate l’absence d’un certain nombre de provinces qui correspondent à celles qui font également défaut dans notre série. Lorsqu’il parle de « défaut de romanisation des provinces intéressées », il fait sans doute allusion à la Bretagne de l’Ouest, à la Thrace ou à la Cappadoce plutôt qu’aux Trois Gaules [mais ces dernières, inermes, fournissaient surtout des recrues auxiliaires.]
65 E. Birley, 1969, p. 106-108.
66 A. von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 88.
67 Comme l’indiquerait l’analyse de A. Passerini, 1939, p. 182 Septime Sévère en modifiant la garde prétorienne chercha à améliorer sa valeur militaire et non à installer des barbares à Rome. Cet empereur marqua profondément l’histoire militaire de Rome par ses qualités d’organisateur et par sa compréhension de la res militaris : E. Birley, 1969, p. 61-82.
68 B. Dobson, 1970, p. 106-115 ; le primipilat était un tremplin pour entrer dans l’ordre équestre mais le primipile n’avait pas, semble-t-il, rang de chevalier. Le mouvement se faisait dans les deux sens (centurions ex equite romano). Selon B. Dobson, 1965, p. 61-84 et précisément p. 75, le poste de praefectus fabrum de L. Aemilius Paternus (no 5) et de L. Decrius Longinus (no 6) a été occupé en début de carrière par les deux officiers qui étaient ainsi d’origine équestre. En fait, deux problèmes ne sont pas résolus : 1°) celui de l’inscription CIL, VI, 3539 = ILS, 2730 où l’officier indique clairement qu’il n’a reçu le cheval public qu’après sa praefectura fabrum. 2°) Celui du maintien ou non, sous l’Empire, de la relation entre les fabri légionnaires et cette préfecture. En cas de réponse positive, la fonction conviendrait aussi bien à un ancien préfet de camp qu’à un futur centurion. Même s’il s’agissait d’un emploi moins militaire rien n’interdit de conclure qu’il n’ait pas continué à récompenser des « seniores ». Au fond la question posée est celle de la promotion automatique dans l’ordre équestre des centurions ayant accédé aux fonctions supérieures.
69 B. Dobson, 1970, p. 113.
70 Annexe I no 5, p. 313.
71 Annexe I, p. 311.
72 C. Nicolet, 1969, p. 134.
73 H.-G. Pflaum, 1970, p. 10.
74 Juvénal, XIV, v. 191-201 : Accipe ceras, scribe puer, uigila, causas age, perlege rubras maiorum leges. Aut uitem posce libello sed caput intactum buxo naresque pilosas adnotet et grandes miretur Laelius alas ; dirue Maurorum attegias, castella Brigantium, ut locupletem aquilam tibi sexagesimus annus adierat.
75 B. Dobson et D. J. Breeze, 1969, p. 101.
76 Nous devons cette remarque à une communication orale de M. G. Alföldy.
77 Annexe II.
78 B. Dobson et D. J. Breeze, 1969, p. 106 note 17.
79 La ville de Barcino a été très accueillante aux anciens centurions : cf. Annexe I, nos 27, 37 et no 2, p. 332.
80 CIL, VI, 31158, 31169 ; CIL, VII, 1111-1114 ; CIL, VIII, 2817 ; CIL, VI, 31182 a.
81 CIL, VIII, 2187 : l’officier est mort à quarante-cinq ans.
82 M. P. Speidel, 1965, p. 48 : « Die aus den e. s. beförderten Centurionen brachten die hochqualifitizierte Waffentechnik des numerus uns wohl auch die Gesinnung, an der dem Hauptquartier lag, in die Legionen. »
83 B. Dobson et D. J. Breeze, 1969, p. 106.
84 Cf. p. 293 et note 37.
85 Végèce, II, 6 : Tertia cohors similiter habet pedites DLV, equites LXVI, sed in hac cohorte tertia ualidiores probari moris est, quia in media acie consistit.
86 Il s’agit des frumentarii des castra peregrina ; sur ces missions de police, cf. M. Durry, 1938, p. 27.
87 H.-G. Pflaum, 1950, p. 261.
88 C’est l’un des apports essentiels de l’article déjà cité de B. Dobson et D. J. Breeze, 1969.
89 Annexe II ; ce type de carrière semble s’imposer après la création des milices équestres par Claude : G. Lopuszanski, 1938, p. 147.
90 Ce processus de « militarisation » de l’administration trouverait une confirmation dans le fait qu’au moins sous Septime Sévère le iuridicus Asturiae et Callæciae ait été en même temps légat de la légion VII Gemina : G. Alföldy, 1969b, p. 243-245.
91 Cf. la distinction entre charges tactiques et emplois administratifs dans la Rangordnung de A. von Domaszewski.
92 Un certain nombre de faits bien connus montrent, à notre sens, que la réorganisation d’Hadrien, relatée dans l’Histoire Auguste, avait été l’aboutissement d’un travail commencé par ses prédécesseurs : c’est à Domitien que l’on doit l’installation d’une seule légion par castra ; Trajan, promoteur des equites singulares, pourrait être l’organisateur des castra peregrina ; enfin, on sait que l’installation de la III Augusta à Lambèse remonte à 81 : AE, 1954, 137 = Libyca, I, 1953 : L. Leschi, 1953, p. 189-197.
93 L’évolution qui au IIIe siècle entraîne une opposition entre civils et militaires avait été préparée par le recrutement de plus en plus limité aux voisinages des camps et la désaffection croissante de certaines catégories sociales pour le métier des armes.
94 En l’absence d’écoles spécialisées, les centurions ne se familiarisaient avec leur métier qu’en l’exerçant. La formation intellectuelle a joué un rôle de plus en plus grand comme l’a montré E. Birley, 1969, p. 124.
95 E. Ritterling, RE, XII, col. 1630.
96 E. Ritterling, RE, XII, col. 1630-1631.
97 Il y avait eu des troubles encore sous Néron : CIL, XI, 395 = ILS, 2648.
98 Pline le Jeune, Panégyrique, XIV, 2-3.
99 CIL, X, 5829 = ILS, 2726.
100 Annexe I, no 19, p. 319.
101 CIL, VIII, 20365.
102 Sur le rôle éventuel de l’armée dans ces exploitations, cf. C. Domergue, 1970b, p. 170.
103 E. Ritterling, RE, XII, col. 1637.
104 M. G. Alföldy, Professeur à l’université de Bochum, nous a ouvert ses dossiers et nous a autorisé à publier deux inscriptions inédites qui figureront dans ses Römischen Inschriften von Tarraco (RIT) à paraître en 1975 ; il nous a également permis d’obtenir les photographies indispensables auprès de l’Institut Archéologique Allemand de Madrid (DAI) ; nous l’en remercions vivement. Pour des raisons matérielles évidentes, nous avons limité les références épigraphiques aux publications essentielles. De même, nous avons borné le commentaire aux remarques utiles et aux précisions d’ordre technique, quand elles étaient possibles. Il n’y a pas de critères absolus de datation ; on ne saurait se fonder uniquement et totalement sur les différentes dénominations de la légion : le surnom Pia indique, sans aucun doute, une date postérieure à 197, mais son absence n’a pas toujours la signification inverse (on rencontre le cognomen GEM., sans autre précision, au IIIe siècle). La formule complète GEM. FEL. est largement répandue au IIe siècle, mais offre des exemples du Ier siècle où se trouve également l’appellation GEM(ina). Les dates que nous indiquons sont celles des inscriptions ; le classement adopté tient compte du service dans la VII Gemina, mais en cas d’imprécision c’est l’ordre alphabétique qui est suivi.
105 RE, XII, col. 1630-1631 ; l’octroi du surnom Felix est peut-être intervenu plus tôt que ne le supposait E. Ritterling sur la foi des témoignages épigraphiques.
106 Les inscriptions sont aujourd’hui à Barcelone. Nous devons les corrections à M. le Professeur R. Étienne et à G. Fabre qui préparent une publication sur les inscriptions de cette ville.
107 L’inscription Ampurias, 30, 1968, no 5, p. 340 indique que Aemilia Paterna, sœur de notre centurion, était Aesonensis. Cependant E. Hübner, sur la foi d’inscriptions de duumuiri de la tribu Quirina, avait donné cette dernière comme étant celle des citoyens originaires d’Aeso. Les récentes découvertes (Ampurias, 30, 1968, p. 338-341) mentionnent toutefois des magistrats municipaux ayant pour tribu la Galeria. La tribu apparaîtrait ainsi comme un élément individuel dépendant de l’origine personnelle et serait plutôt une indication chronologique relative à l’octroi du droit de cité ; mais ceci est une autre recherche. [Voir chap. XXXIII.]
108 L’autel, aujourd’hui dans la cour des thermes modernes d’Agnano, mesure 1,27 m de hauteur, 0,73 m de largeur et 0,60 m. d’épaisseur ; le champ épigraphique a pour dimensions 0,67 m de haut et 0,46 m de large.
109 Il est remarquable que le centurion ait servi successivement dans les deux légions qui disparurent ensuite. Une hypothèse possible : le transfert de L. Decrius Longinus de la XXII Dejotarana à la IX Hispana signifierait que cette dernière légion avait quitté sa garnison bretonne pour une destination orientale inconnue : cf. J. E. Bogaers, 1967, p. 73-74.
110 Leurs dimensions diminuent régulièrement : 4,5 cm, 4 cm, 3,8 cm, 3,5 cm, 3 cm, 2,6 cm, 2,6 cm et ensuite 2,3 cm sauf à la dixième ligne où elles ont 2,8 cm. La mise en page est soignée : un espace lisse de 1,5 cm de largeur sépare le bord de la moulure du texte lui-même ; il arrive cependant que les lettres y mordent.
111 W. Schulze, 1966, p. 103 ; c’est également du Samnium qu’était issu C. Decrius Crispus, patron d’Aesernia (CIL, IX, 2646). Il est vraisemblablement originaire de la cité correspondant au lieu de découverte du monument.
112 La base se trouve sur la place centrale du bourg campanien d’Avella près de Nole ; elle mesure 1,31 m de hauteur, 0,78 m de largeur et 0,76 m d’épaisseur ; le champ épigraphique, très abîmé, fait 0,77 m de haut et 0,57 m de large ; les lettres vont de 7 cm à la première ligne à 2,3 cm aux lignes 11 et 12. Le monument a été taillé dans un calcaire local.
113 L’Absarus, fleuve de Colchide (Pline L' Ancien, Histoire Naturelle, VI, 11) appartenait à une zone en bordure de la mer Noire qui ne fut acquise à l’Empire qu’avec la paix de 123. Arrien dans son Périple du Pont-Euxin rapporte au paragraphe 6, 1 qu’il a visité la garnison de l’Absarus forte de cinq cohortes et précise ainsi les données de l’inscription : Καὶ ἤλθομεν πρὸ τῆς μεσημβρίας σταδίους πλείονας ἤ πεντήκοντα καὶ διακοσίους ς εἰς Ἄψι/αοον, ἳναπερ αἱ πέντε σπεῖραί εἰσιν ἱδουμέναι.
114 Trajan a reçu le titre d’Optimus avant celui de Parthicus ; il y a donc eu une inversion.
115 R. Cagnat, 1914, p. 193.
116 Le gentilice est d’origine celtique : A. Holder, 1961-1962, I, p. 788. La famille du centurion devait peut-être le droit de cité à P. Carisius gouverneur de Lusitanie au moment des guerres cantabres d’Auguste.
117 Les nomina au nominatif et la mention aer(um) pour les années de service rappellent les inscriptions concernant la legio X Gemina qui séjourna en Hispania jusqu’en 69.
118 L’écriture, de type actuaire, n’apporte pas de réponse décisive ; l’origine du soldat défunt, Clunia, serait plus significative : c’est de cette cité que Galba organisa le recrutement de la légion. Les remarques de la note précédente conviennent également ici.
119 Il est porté partout en Occident.
120 Qu’il s’agisse de la forme Saturnus ou de Saturnius, le nom est assez rare. W. Schulze, 1966, indique, p. 225, à l’aide du CIL, IX, deux cités où il se rencontre : Velitrae et Aeclanum.
121 La forme participiale est caractéristique des cognomina africains : L. R. Dean, 1916, p. 73.
122 On ne peut, comme le fait A. Balil, tirer argument de l’absence de la tribu pour choisir une date postérieure à 150.
123 Sassina, en Ombrie, est l’une des colonies peu nombreuses dont les citoyens étaient inscrits dans la tribu Pupinia qui n’est pas celle des habitants de Ravenne où le centurion s’est retiré.
124 Elle se fonde sur les noms des héritières. C’est depuis Trajan que l’on avait pris l’habitude de faire entrer un soldat d’une cohorte urbaine dans une cohorte prétorienne (A. von Domaszewski et B. Dobson, 1967, p. 16-17, note 6).
125 L’inscription suivante (no 19), contemporaine de celle-ci, indique après la centurie l’âge du défunt, les années de service et inclut la formule rituelle H. S. E. avant la mention des héritiers. Nous pensons qu’une confusion a été faite entre XI. H. S. E. et XIIIST ; l’enrôlement à 19 ans était en outre moins rare qu’à 17 ans. Enfin, Valerius convient mieux à un gentilice qu’à un cognomen.
126 Il s’apparente à Aper et Apronius ; cf. A. Holder, 1961-1962, I, p. 167 et III, p. 645.
127 R. Cagnat, 1912, p. 45-51.
128 CIL, III, 4357 = 11078.
129 Le nom est donné comme celtique sous sa forme Apullonus par A. Holder, 1961-1962, I, p. 167 ; l’hypothèse d’une origine cisalpine est donc très plausible.
130 G. Alföldy, 1969a, p. 107.
131 La pierre est enchâssée dans la partie supérieure du mur de façade de la maison de D. Jacinto Alija. Ses dimensions sont réduites : 0,38 m de haut et 0,315 m de large. La lecture de A. García y Bellido doit être rectifiée sur un point de détail : Hadriani et non Hadriani.
132 Aux nomina de type africain s’ajoute l’indication de la tribu Papiria fréquente en Proconsulaire.
133 Autel de marbre blanc de 1,15 m de haut, 0,46 m de large et 0,28 m d’épaisseur. Le champ épigraphique mesure 0,62 m en hauteur et 0,425 m en largeur. Les lettres, de petites dimensions (3,2 cm à 3,5 cm), sont assez soignées. Une fine ligne de guidage sépare les lignes entre elles.
134 C’est ce qu’indiquent ses nomina ; en outre, le décurion de la cohors I Celtiberorum porte le même cognomen.
135 La tribu Galeria et le fait que son épitaphe ait été érigée par ses affranchis à Tarraco font penser à un citoyen de cette colonie.
136 La légion III Italica, comme l’indique son nom, fut constituée avec des recrues italiques (E. Ritterling, RE, XII, col. 1532) ; les centurions n’ont probablement pas échappé à la règle.
137 Numerius Felix a dû faire partie du premier contingent de la légion créée vers 165-166 : le nom complet Gemina Felix de la VII Gemina oblige ici à dater l’inscription antérieurement à 197.
138 Deux homonymes sont connus par deux inscriptions venant l’une de Lucus Augusti (CIL, II, 2588) l’autre d’Arlanza dans le Bierzo et aujourd’hui entreposée à Astorga (AE, 1967, 232 = AEA, 39, 1966, p. 139).
139 CIL, II, 4118.
140 La date se fonde sur l’épigraphie ; le gentilice et le prénom rappellent aussi bien Marc Aurèle que Commode ou Caracalla sans que l’on puisse décider. Si le droit de cité remonte à Caracalla il faudrait choisir, en raison de la longueur du service de Lucilius, une date aux alentours de 240 qui nous semble trop tardive.
141 À titre de comparaison on se reportera à l’inscription de Iustus (Tableau 1, note 38, p. 294) ou à celle de T. Flavius Virilis (CIL, VIII, 2877 = ILS, 2653).
142 H.-G. Pflaum, 1970, no 23, p. 373.
143 B. Dobson, 1970, p. 113.
Notes de fin
* Paru dans MCV, 8, 1972, p. 89-147. Nous remercions M. H.-G. Pflaum, Directeur de Recherches au CNRS, qui a accepté de lire ce travail et nous a présenté des commentaires très utiles.
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