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    Plan détaillé Texte intégral Conseils pour former une bibliothèque Le pouvoir quasi magique de la lecture Des qualités littéraires minimales La parole contre le livre Un projet lisible dès la couverture Et les auteurs ? Notes de bas de page Auteur

    Mame

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    La « littérature » selon Mame ?

    Cécile Boulaire

    p. 297-308

    Texte intégral Conseils pour former une bibliothèque Le pouvoir quasi magique de la lecture Des qualités littéraires minimales La parole contre le livre Un projet lisible dès la couverture Et les auteurs ? Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1L’étude de la production littéraire des éditions Mame s’est longtemps heurtée au préjugé selon lequel l’éditeur n’aurait publié que de fades berquinades matinées d’insipide morale chrétienne, le tout pour satisfaire un marché peu soucieux de qualité formelle – il n’y aurait pas lieu d’en produire une analyse littéraire, parce qu’il n’y aurait pas véritablement littérature. Ce jugement expéditif, fondé sur une définition extrêmement étroite, et contemporaine à l’excès, de ce qui est littérarité au sein de la production destinée à la jeunesse, a longtemps empêché de porter un regard critique documenté sur l’ensemble de cette abondante production. Or celle-ci irrigue le marché de la « librairie d’éducation » à partir de 1836, au point qu’elle informe, compte tenu des tirages considérables des presses tourangelles, l’horizon d’attente des jeunes lecteurs du XIXe siècle. Sur cet horizon dont il ne nous reste aujourd’hui plus trace, viennent trancher, à partir des années 1850 puis 1860, les œuvres aujourd’hui plus estimées des Ségur et Verne – défendues par des éditeurs qui se placent résolument, par leur discours, par leur position sociale et géographique, par leurs accointances politiques, du côté d’une plus grande légitimité littéraire. Hommes de culture, libéraux, ils accompagnent la montée d’un discours favorable à une éducation débarrassée de la pesanteur cléricale. Parce qu’Hetzel et Hachette travaillent, à leur manière, à l’avènement de la IIIe République, leurs ouvrages sont restés associés à cet élan dont notre société (école, mais aussi université) est encore tributaire. Bien que Sophie de Ségur, née Rostopchine, manifeste une ardeur ultramontaine tout à fait réactionnaire, le jugement idéologique contemporain n’a pas empêché les chercheurs de se pencher sur ses romans en y cherchant une œuvre. À l’inverse, nous ne savons presque rien de la plupart des auteurs qui la précédèrent pourtant dans l’élaboration formelle, générique et esthétique de ce qui allait devenir la littérature pour la jeunesse. Ce sont les conditions d’émergence, chez Mame en particulier, de faisceaux épars qui, une fois tressés ensemble, mèneront à cette littérature, que je souhaite explorer ici.

    Conseils pour former une bibliothèque

    2Par la création en 1836 de la « Bibliothèque de la jeunesse chrétienne », Alfred Mame s’inscrit dans un courant de rénovation morale et éditoriale impulsé à la fois par les lois Guizot, qui s’efforcent de promouvoir l’instruction, et par les branches de la restauration catholique les plus arc-boutées sur le passé, soucieuses de préserver l’autorité morale du clergé face aux torrents de papier de la presse en pleine expansion1. Plusieurs chercheurs de cette équipe2 ont souligné le rôle probablement décisif joué par le vicaire général de Tours, Dominique Dufêtre, dans l’orientation prise par la maison Mame. Proche par sa formation et ses orientations idéologiques de l’Œuvre des Bons Livres de Bordeaux3, Dufêtre ouvre incidemment à Alfred Mame un marché appelé à se développer considérablement. Obsédé par la nécessité d’une contention des lectures du peuple, le clergé de la monarchie de Juillet produit une abondante littérature aidant ses membres à exercer un contrôle actif et informé sur la circulation des livres. C’est aussi la mission que se donne le libraire lyonnais Jean-François Rolland lorsqu’il édite à partir de 1833 ses Conseils pour former une bibliothèque, ou Catalogue raisonné de tous les bons ouvrages qui peuvent entrer dans une bibliothèque chrétienne4, sur lesquels s’appuient les quelques réflexions qui suivent.

    3L’ouvrage est dès sa sortie encensé par le journal royaliste et ultramontain L’Ami de la Religion, qui traduit les aspirations de la frange catholique réactionnaire de ce premier XIXe siècle :

    « L’ouvrage de M. Rolland est beaucoup plus étendu que tous ceux dont nous venons de parler. L’auteur est libraire, et connoît les livres par état et par goût ; mais c’est un libraire consciencieux qui place les devoirs du chrétien avant les intérêts du commerce, et qui ne vend pas indifféremment les antidotes et les poisons5. »

    4Dans le deuxième volume de ces Conseils, une longue rubrique est consacrée aux « Ouvrages pour l’instruction et l’amusement de la jeunesse6 ». La litanie des critiques et des louanges dessine avec netteté ce qu’attend le monde catholique des livres destinés à l’enfance ; et comme elle ne tarit pas d’éloges à l’égard des livres de la BJC, elle est pour nous un témoin privilégié de la réception que connurent ces ouvrages au sein du milieu pour lequel ils étaient produits : ces Conseils révèlent à notre intention ce que ne devait à aucun prix être la « littérature » pour enfants, et ce qu’on tolérait qu’elle fût.

    5Les éléments les plus honnis dans les fictions pour enfants se distribuent en trois catégories. D’abord, les valeurs idéologiques : le matérialisme est proscrit ; toute trace de protestantisme est traquée avec pugnacité, et les auteurs protestants bannis, de même que tout ouvrage en rapport avec l’Angleterre.

    6Sur le plan des sujets traités, fées et sorciers, ainsi que tout ce qui ressort du merveilleux, sont condamnés pour d’évidentes raisons de concurrence avec le miraculeux. Sont condamnées aussi, cette fois pour des raisons morales, les représentations du mensonge et du travestissement, sous toutes leurs formes, ce qui exclut de fait une grande quantité de déroulements narratifs. De même la danse et le bal, et par extension toute forme de spectacle représenté dans un récit, suffisent à le disqualifier, avec une systématicité qui révèle, par contraste, que ces motifs sont abondants dans la littérature de ces années 1840. Enfin sont écartés tous ouvrages qui évoquent sous un jour favorable, ou même simplement neutre, des écrivains considérés comme dangereux, au premier rang desquels Jean-Jacques Rousseau – et, par élargissement, tout renvoi extra-textuel à une œuvre littéraire, condamné car il postule l’existence d’une circulation implicite d’une œuvre à une autre, d’un texte à un autre, et rend caduque toute tentative de maîtrise. Or le critique Rolland est à l’inverse obnubilé par la nécessité du cloisonnement, la fermeture sur lui-même de chaque texte (ou de chaque ensemble de textes) faisant partie intégrante de la politique de contrôle des lectures.

    7Les critiques s’étendent enfin à l’art du récit, ce qui nous fait entrer un peu plus avant dans le domaine de la création littéraire. Rolland condamne absolument l’exagération, particulièrement quand elle s’exerce dans le registre de l’horreur et de la violence. Il n’a pas de mots assez forts non plus contre les invraisemblances, ce qui l’amène très vite à formuler de manière explicite sa haine totale du romanesque et de l’intrigue.

    8À l’opposé, les louanges vont naturellement à des ouvrages dont le critique souligne qu’ils sont composés et rédigés « dans un sens très religieux ». Tout aussi naturels sont les éloges adressés aux livres qui visent à instruire plus qu’à amuser. On ne s’étonne pas non plus de voir célébrer les récits qui visent explicitement une classe sociale : les lectures enfantines, modèles de conduite et guides moraux, voient leur efficacité augmentée par l’adéquation méticuleuse entre le public visé et l’art de la composition déployé7. Le libraire considère comme seules pertinentes les fictions qui valident les bons comportements par une récompense, et les mauvais par la punition. Condamnant le conte, Rolland exige pourtant des fictions contemporaines la même inféodation du récit à une dichotomie comportementale : à la vertu, le triomphe, et au vice l’échec. Mais, alors que le conte vise exclusivement le plaisir du récit lui-même, le libraire révèle que seuls valent pour son milieu les ouvrages qui usent de la fiction comme leurre et non comme fin en soi. La fable est le simple véhicule du contenu moral, qui n’a lui-même de performativité que dans la mesure où il parvient à induire des comportements vertueux chez le jeune lecteur.

    Le pouvoir quasi magique de la lecture

    9Éléments de critique et éléments de valorisation contribuent à l’élaboration d’un discours extrêmement cohérent sur la lecture et ses pouvoirs. On peut être surpris de l’efficience considérable que le libraire Rolland et son milieu attribuent à l’acte de lecture chez l’enfant :

    « Nous dirons que la lecture habituelle ou seulement trop fréquente d’ouvrages amusants, fabuleux, dramatiques, romanesques, propres en un mot à saisir l’imagination des jeunes personnes, quoique dans le but de leur faire goûter des vérités utiles, a l’inconvénient très réel de leur donner un goût effréné pour toutes les lectures de ce genre, qu’elles deviennent comme incapables de s’occuper d’autre chose, qu’elles y consacrent trop de temps, qu’elles parcourent d’ailleurs si vite tout ce qui peut exciter leur curiosité, que le fonds d’instruction qu’on a prétendu y renfermer, leur échappe, que toute lecture sérieuse et suivie, toute étude les ennuie, les fatigue et les rebute. […] Une image dangereuse, un sentiment peu honnête, une maxime perverse, peuvent avoir des conséquences incalculables8. »

    10Cette foi paniquée dans le pouvoir des livres a trois conséquences imbriquées : dans un premier temps, elle induit une absence totale de distance du critique à l’égard de la fable sur laquelle se construit le récit. L’effacement de la narration et la focalisation extrême sur le narré amènent ce critique à considérer qu’il est possible de porter un jugement moral sur la conduite des personnages. C’est évidemment cette même logique qui sera à l’origine du procès fait à Madame Bovary en 18569 : assez naturellement, cette absence de distance de la part des critiques les conduit dans un deuxième temps à supposer que les lecteurs eux-mêmes vivent les situations lues comme s’il s’agissait d’une réalité non sublimée par la mise en forme littéraire. Enfin, cette double absence de distance conduit dans un troisième temps à supposer, a contrario, une efficience considérable à des fables qui donneraient l’exemple : la fable n’est plus alors qu’une ruse de la prédication, qui vise à substituer à l’énoncé de règles morales leur mise en actes fictionnelle, qui mentionne les conséquences de leur observance. Ce détour permettrait de toucher plus sûrement de lecteur et donc d’atteindre son âme, ce qui est le but visé – la preuve de cette efficacité étant les larmes.

    « La lecture de ce livre peut être fort utile aux hommes dont la foi est chancelante, et dont les passions égarent la raison. La vérité qu’ils auraient fuie, peut-être, si elle se fût présentée à découvert, leur arrivera comme à leur insu au milieu d’une fiction dont la conception a véritablement de l’intérêt10. »

    Des qualités littéraires minimales

    11Rolland s’attache donc à déterminer les qualités qui garantissent que la fiction atteigne son but : or ces qualités sont formelles, positives, presque littéraires… et l’entreprise devient alors paradoxale : exiger une qualité littéraire des récits, c’est se mettre en danger de les voir échapper aux strictes bornes de l’apologétique. Ce balancement entre la recherche d’efficacité par la perfection formelle et le risque que le texte de fiction échappe à son objectif de sévère encadrement moral est constamment lisible dans les notices du libraire.

    12Le libraire attend d’abord d’un récit pour la jeunesse qu’il manifeste un ton qu’on pourrait qualifier d’aimable : « Le style est plein de chaleur, le récit est animé », peut-on lire ; « cette histoire laisse dans l’esprit une douce satisfaction », « l’ouvrage est écrit avec beaucoup de facilité, les détails en sont intéressants ». Mais la frange est mince du remède au poison : il faut que le livre charme mais ne séduise pas ; il doit exciter la curiosité, instrument du leurre, mais surtout pas l’imagination, qui mènerait alors le lecteur à sa perte – ou à d’autres livres ! D’où les formules obsédantes qui tout en exigeant de ces récits des qualités formelles, mettent en garde contre le danger de leur éventuelle perfection formelle. En la matière, il y a nécessité d’un double contrôle des lectures enfantines : qualitatif, par le choix des « bonnes » lectures, mais aussi quantitatif, par la stricte régulation du temps et de l’appétit consacrés à cette pratique dangereuse. Ainsi lit-on à propos d’un volume qu’« on y trouve aussi des faits trop romanesques qui peuvent donner le goût des romans » ; plus explicitement encore, le critique développe :

    « Un des grands dangers de ces sortes de livres, c’est de dégoûter de meilleures lectures par l’intérêt qu’ils présentent. On ne prend pas assez garde à ce danger ; on cherche à se rassurer par les bonnes réflexions qu’ils présentent pour la conduite de la vie. Le plaisir qu’on y trouve en fait lire d’autres encore moins bons, et souvent des mauvais11. »

    La parole contre le livre

    13Mais alors, comment lutter ? Ces Conseils, tout comme les récits de fiction destinés aux enfants eux-mêmes, dressent en face de la trouble séduction du livre le contrepoids parfait du ministère de la parole. La société du premier XIXe siècle impose ainsi à la littérature de jeunesse naissante un double balisage, la surveillance des fictions elles-mêmes se trouvant redoublée par la récurrence de personnages de « pères » (mentors, guides) insérés dans les fictions elles-mêmes et qui, par l’art du dialogue, dressé contre la lecture (trop solitaire, trop intime), font émerger dans l’esprit de l’enfant la seule interprétation autorisée. Leur parole est l’antidote au poison des lectures trop solitaires. Matthieu Letourneux a montré comment la thématique de l’aventure ne se faisait une place dans l’édition catholique pour la jeunesse qu’au prix d’un incessant travail de médiation, qui aboutissait à sur-encadrer le récit de métadiscours destinés à le neutraliser12. Mais le phénomène est manifeste dès le tout début de la période concernée, et en dehors même du strict cadre du récit d’aventure. Toute conduite enfantine, dans le récit, doit être encadrée, visée par le « père » ou la figure tutélaire, et commentée, à destination du personnage enfant, mais plus encore du jeune lecteur : le discours mis en récit désamorce l’éventuelle séduction romanesque.

    14Ce principe est plus évident encore dans les nombreuses mises en abyme de l’acte de lire. Un exemple repéré par Mathilde Lévêque, tiré de Félix ou la vengeance du chrétien13, publié dès 1839, suffit à s’en convaincre :

    « La mère travaillait à l’aiguille, tandis que l’aînée de ses filles enseignait à lire à ses deux jeunes sœurs. D’un autre côté étaient les trois fils du capitaine, qui après s’être acquittés de leurs devoirs, s’occupaient de ce qui flattait particulièrement le goût de chacun. Pierre, l’aîné des trois, lisait un récit de voyage. Sur sa figure était peint l’intérêt qu’il y prenait, rien ne pouvait l’interrompre. Jacob balançait sa jolie tête blonde sur un dessin qu’il voulait offrir à son père, le jour de sa fête, et paraissait aussi sourd que son frère aîné à tout ce qui était autour de lui. Guillaume, le plus jeune, suivait tous les mouvements de Jacob, et prenait autant de plaisir à suivre le travail du jeune dessinateur.
    – Voilà cependant des drôles bien audacieux, s’écria tout à coup Pierre en levant les yeux de sur son livre.
    – De qui parles-tu donc ? répondirent ses deux frères et leurs sœurs suspendant leur lecture prêtèrent aussi l’oreille.
    – Ces coquins de pirates, continua Pierre avec chaleur, n’avaient qu’un petit bâtiment, et ils n’étaient que vingt-huit, lorsqu’ils osèrent attaquer un vaisseau armé de canons et monté par deux cents hommes !
    – Mais tu nous parles de pirates, dit Guillaume en interrompant son frère, et nous ne savons pas lesquels.
    – C’est vrai, répondit Pierre, j’avais oublié de vous le dire. Eh bien ! c’étaient des flibustiers ; mais pourquoi me demander ce qu’il vous était si facile de deviner !
    – Tiens ! s’écrièrent à la fois les deux frères, il faut donc tout deviner avec toi. Mais voyons, raconte-nous comment vingt-huit hommes ont pu en prendre deux cents ; vraiment ce n’est pas croyable. »

    15Un dialogue très animé agite les enfants pendant une ou deux pages, après quoi interviennent les parents, non pour clore la discussion, mais pour lui conférer un tour qui soit à la fois instructif (le père) et moral (la mère) :

    « Le capitaine avait écouté jusque-là sans rien dire la conversation de ses enfants ; il crut alors devoir y prendre part, et s’approchant de la table autour de laquelle ils étaient assis :
    – Les Espagnols, dit-il, fiers de leurs conquêtes, oublièrent souvent que Dieu ne les avait choisis que pour porter la lumière de l’Évangile chez les peuples encore barbares de l’Amérique ; et, guidés par une honteuse cupidité, ils tyrannisèrent bien des fois ces pauvres malheureux pour leur arracher de l’or, et les boucaniers se ressentirent aussi de la cruauté de ces hommes avides. […] Ainsi vous voyez, mes enfants, à combien de dangers est exposé journellement le marin. Ce n’est pas assez pour lui de risquer à chaque instant de perdre la vie au milieu des flots, ou contre un écueil, il faut qu’il soit tous les jours prêt à en venir aux prises avec ces corsaires, qui ont le cœur plus dur qu’un rocher.
    – Cependant, papa, dit Guillaume avec cette vivacité naturelle au jeune âge, je voudrais être marin ! La vie de l’homme est-elle exposée à de moindres dangers sur terre, et la mort y moissonne-t-elle moins de victimes que sur mer ?
    – Oui, mon enfant, dit la mère, partout il y a des dangers, mais il ne faut pas les chercher. On ne doit jamais oublier non plus que Dieu est partout, et que partout sa toute-puissance peut protéger ceux qui mettent leur confiance en lui ; tu connais, mon enfant, la vie de ton père ; combien de fois le Seigneur ne l’a-t-il pas arraché d’entre les bras de la mort !
    – C’est vrai, ajouta le capitaine, dans presque tous mes voyages j’ai eu besoin du secours de Dieu, et il ne m’a pas abandonné. »

    16Le programme des éditeurs catholiques, celui que le libraire Rolland appelle de ses vœux, est réalisé par la famille idéale peinte dans cette scène. Tous les éléments sont réunis : la fascination spontanée que les récits d’aventures exercent sur les enfants ; l’exaltation qu’elle suscite, et qui pourrait mener à des projets de vie inconsidérés ; le devoir du père de commenter ces lectures, et de mettre à distance le savoir qu’elles portent (« il crut alors devoir y prendre part ») ; le commentaire apologétique, qui coiffe l’ensemble, apporté in fine par la mère, discrète mais attentive.

    17Ainsi avons-nous la clé, dans la fable elle-même, du processus didactique idéal souhaité par ce milieu catholique : produire, face au déluge de lectures romanesques que l’édition et la presse commencent à déverser sur le peuple, des récits qui soient à la fois des fictions et l’antidote à ces fictions, parce qu’ils contiendraient, mis en fable, le ministère de la parole ordinairement exercé par le clergé, et porté ici, dans la diégèse, par des personnages de pères et de mentors. Nulle meilleure négation du « dialogisme » imaginé par Bakhtine, qui avait confiance dans l’échange virtuel suscité, dans l’acte de lecture, entre le texte et le lecteur : ici le texte dit lui-même ce que le lecteur doit comprendre du texte.

    Un projet lisible dès la couverture

    18C’est le sens, me semble-t-il, du projet de la « Bibliothèque de la jeunesse chrétienne » dont les volumes s’ornent dès 1836, dans leur version brochée, d’une gravure sur bois au symbolisme explicite, commandée à Édouard May sous deux formats. Cette gravure de couverture dessine, dans un style caractéristique de la mode contemporaine, un programme directif, voire coercitif, appliqué à l’enfant lecteur (cf. pl. XI, no 23).

    19Le léger décor à rinceaux du format in-18 est remplacé dans ce format plus grand par un motif « à la cathédrale » extrêmement structuré, traduisant l’entreprise de conformation des esprits à laquelle se sont attelés les éditeurs. La composition est dominée par une Vierge à l’enfant, caractéristique du culte marial qui se développe à partir de 1830. Les figures sont insérées dans les niches strictement délimitées prévues par l’organisation architecturale. Les visages de la Vierge et de l’enfant sont tournés l’un vers l’autre ; et la position défensive de la Vierge, renfoncée dans la profondeur de son alcôve et protégeant l’enfant de son bras replié, traduit la défiance qui est désormais celle de l’Église à l’égard de la lecture enfantine. Il s’agit bien, pour la BJC, de protéger l’enfance, et de diriger son regard et sa conscience. Le phylactère portant le nom de la collection est pris dans une colonnade rigide qui arrête la composition de manière horizontale, traçant une ferme limite supérieure pour le regard. De même, les bordures latérales sont formées par l’étagement de trois registres fermement délimités par des corniches. Quant aux deux anges installés aux piédroits de la composition, l’un pose ses mains sur les épaules d’un enfant, dirigeant son visage vers le haut, et le second, tenant un livre, désigne à un autre enfant le titre de l’ouvrage inscrit au centre de cette composition. Tout, dans la structure de cette présentation de la BJC, insiste donc sur les principes d’encadrement et de ferme direction appliqués à l’enfance, équivalent iconique de la mention « revue et approuvée par une société d’ecclésiastiques » portée sur la plupart des ouvrages de la première période.

    Et les auteurs ?

    20Cette étroite contention du lecteur ne pouvait pas épargner les auteurs eux-mêmes. Dans un premier temps d’ailleurs, ces auteurs se recrutent dans un cercle étroit centré sur les éditeurs eux-mêmes : Louis Friedel, dont Michel Manson14 a montré qu’il se faisait probablement embaucher par les Mame ; Martin Logeais, un temps maître de pension à Preuilly et en 1834 secrétaire particulier du préfet de Tours ; l’abbé Guérinet, aumônier du collège de Tours ; l’abbé Juchereau, curé de Beaulieu-près-Loches15 ; l’abbé Pinard, curé à La Croix-de-Bléré16 ; Just-Jean-Étienne Roy, ancien professeur de lettres au collège de Pontlevoy ; l’abbé Bourassé, chanoine titulaire ; puis Hippolyte Chavannes de La Giraudière17, Louis-Phocion Todière, maître de langues à Chinon puis professeur d’histoire au lycée de Tours. Il n’est pas absurde de penser que ce premier recrutement très endogène permet une étroite surveillance formelle des textes qui sont soumis à l’éditeur puis « revus par une société d’ecclésiastiques », au sein de laquelle l’abbé Jean-Jacques Guillard, érudit, ancien professeur d’Alfred Mame et familier de la famille, joue un rôle central, notamment par sa position de professeur au sein du collège de Tours18. Cette première génération d’auteurs joue ensuite le rôle de « pilote », dessinant dans ses publications même les contours de ce qui est acceptable au sein d’une collection comme la BJC, à l’intention d’auteurs plus éloignés géographiquement de l’épicentre tourangeau. Ainsi ces premières années d’existence de la BJC peuvent se concevoir à la fois, en aval, comme la mise en forme concrète d’un projet idéologique porté par la frange la plus réactionnaire du clergé formé sous la Restauration, et en amont, comme la modélisation de ce que sera la « littérature pour enfants » de masse des années 1830 à 1860.

    21Or il y a bien un paradoxe à prétendre ébaucher une collection de lectures enfantines sur le principe de la détestation du conte aussi bien que du roman. Ce paradoxe – la recherche de la plus grande efficacité de fictions dont on se méfie pourtant – aboutit malgré tout à l’élaboration, par ces auteurs, d’une posture d’équilibre qui se situe en plein dans la médiocrité, au sens étymologique du terme. Celle-ci ne doit pas se penser comme une déficience de qualité littéraire (ce en quoi Hetzel, dans ses jugements ultérieurs, se trompe), mais comme la recherche assumée d’une séduction bridée. La médiocrité formelle des fables va de pair avec l’humilité exigée des auteurs (Francis Marcoin a montré ce qu’il en était de Sophie Ulliac-Trémadeure19 ; je montre ailleurs de quelle façon les auteurs Mame eux-mêmes sont maintenus dans une situation qui frise l’indigence20) et, bien entendu, avec l’exaltation de l’humilité chez les personnages – dans Le Rosier, lorsque le jeune fils de famille qu’on croyait noyé revient au logis paternel, c’est la fille de l’humble caissier de son défunt père qu’il désire épouser (« Comment ne l’aurais-je pas préférée à ces belles demoiselles du monde auxquelles les sentiments les plus nobles, la vénération due aux hommes vertueux, la modestie, l’amour du travail semblent entièrement étrangers21 ? »).

    22Cette tendance à brider systématiquement tout effet littéraire susceptible de fonctionner sui generis et de produire une fascination tournée vers le seul plaisir de la fiction se lit dans la forme que prennent ces petits textes. Il est très simple de se focaliser sur les déroulements narratifs et de s’assurer de leur conformité idéologique avec les valeurs défendues par l’Église contemporaine – la confrontation de différentes traductions ou adaptations des mêmes textes met ainsi en évidence l’orientation des ouvrages publiés au sein de la BJC. Il me semble tout aussi important d’examiner les microstructures textuelles afin de mettre au jour les dispositifs formels (et non strictement diégétiques) révélant la cohérence du projet d’écriture de la BJC. L’exemple des Naufragés au Spitzberg est particulièrement éclairant. Probable centon (attribué dans les éditions ultérieures à Louis Friedel) composé peut-être à partir d’extraits du Sammlung interessanter und durchgängig zweckmäßig abgefaßter Reisebeschreibungen für die Jugend de Campe22, peut-être nourri, entre autres sources, de Collin de Plancy23, et pour les descriptions les plus didactiques, de passages de La Peyrère24, l’ouvrage est caractéristique d’un mode d’écriture duquel le souci poétique (au sens jakobsonnien) est banni. Le récit, construit autour de la désobéissance d’un fils qui le mènera à se faire marin contre le gré de son père et à vivre une terrible robinsonnade polaire au Spitzberg, est pourvu d’une préface qui cadre étroitement le protocole de lecture, et qui pourrait se résumer à cette formule :

    « Il n’est qu’un appui dans le malheur, comme il n’est qu’un frein dans la prospérité, ce sont les principes religieux : eux seuls font supporter avec résignation et même avec une sorte de joie les coups terribles du sort. »

    23Tout le récit ensuite se déroule au fil de 93 chapitres, certains très brefs, d’autres interminables, parfois purement didactiques (nous apprenons tout sur le Groenland), parfois d’une liberté narrative qui frise le fantastique. Le disparate thématique et formel de cette construction trahit le travail d’assemblage auquel s’est livré l’anonyme auteur. Mais par-delà cette bigarrure, la suite des chapitres est lissée par le projet apologétique qui guide l’auteur : chaque section s’ouvre ou se clôt en effet par la réaffirmation des pouvoirs de la foi, qui doivent guider autant les personnages que les jeunes lecteurs, réaffirmation parfois remplacée par le « message » à tirer du chapitre écoulé.

    « C’est ainsi que la religion soutient le courage de l’homme pieux dans le malheur ; il sait que le destin des hommes est dans la main du Tout Puissant, qu’il ne tombe pas même un cheveu de leur tête sans sa permission, et qu’il n’abandonne jamais ceux qui mettent toute leur confiance en lui » (chapitre 17, fin).

    « La confiance qu’Alexis et Ivan avaient dans la Providence divine, les affermit dans la consolante pensée qu’ils ne succomberaient pas aux injures de l’hiver, dans ce triste séjour, puisque déjà d’autres navigateurs y avaient heureusement passé cette saison. Ils se résignèrent donc à leur sort, et attendirent mieux de l’avenir » (chapitre 21, ouverture).

    24Cet art, malhabile à nos yeux, de l’unification non pas formelle mais axiologique d’un texte dont la provenance disparate n’est en revanche nullement gommée par l’auteur, est caractéristique du projet de la BJC.

    25Celui-ci se révèle encore plus finement dans des textes cette fois-ci non plus traduits mais intégralement rédigés de la main des auteurs « maison ».

    26Paul, ou les Dangers d’un caractère faible, histoire religieuse et morale25, due à la plume de l’abbé Guérinet, aumônier du collège royal de Tours, témoigne merveilleusement du type d’écriture implicitement prôné par la BJC naissante. On nous raconte la vie d’un fermier des Basses-Alpes, Jean Thibault, dont le narrateur nous dit d’emblée « c’était un noble cœur qui dirigeait un esprit droit ». Son portrait moral ouvre ainsi le volume, dessinant du même coup les contours d’un style dont l’auteur ne va plus se départir :

    « Au milieu de ses pénibles travaux il vivait de cette vie libre et indépendante que procurent une bonne conscience, une fortune honorablement acquise, des principes religieux arrêtés, et l’amour du bien public. Il eût pu, en vendant sa ferme, se retirer des affaires et se procurer une existence aisée, mais le travail était un besoin pour cet homme actif. D’ailleurs, il voulait rester fidèle à la charrue que lui avait léguée son père ; il eût regardé comme une ingratitude de l’abandonner. Il l’aimait, cette honorable charrue, qui avait constamment fait son bonheur ; amour héréditaire qu’il avait sucé avec le lait, et sans lequel il n’y avait pas pour lui de bonheur possible.
    Il avait grandement raison, le sage et judicieux fermier ; en pensant et agissant ainsi, il mettait en pratique les principes de la plus haute philosophie morale. Car, du moment où la sphère de nos connaissances s’agrandit, où nos goûts et nos désirs s’élèvent au-dessus de notre condition, on peut bien dire : Adieu, bonheur ! L’imagination alors se nourrit de chimères, bâtit mille châteaux qui ressemblent en solidité à ceux que construisent, avec des cartes, les petits enfants ; la vie commune, la vie à notre portée nous fatigue ; on s’ennuie…, et dès qu’un homme s’ennuie il est mort, car rien ne tue comme l’ennui. »

    27Tout trahit ici la rhétorique du prédicateur, tout révèle le style simpliste de l’aumônier de collège : le verrouillage de formules alliant substantif et qualificatif (pénibles travaux, existence aisée, honorable charrue, amour héréditaire) parfois balancé de structures binaires (sage et judicieux fermier), l’usage de tournures mimant la maxime (le travail était un besoin, rien ne tue comme l’ennui), le recours à la métonymie valorisante (rester fidèle à la charrue), le ressassement sémantique (le travail, l’amour, le bonheur). Le rythme même des périodes trahit l’habitude de la profération orale : balancements énumératifs (1re phrase), reprises anaphoriques qui guident les glissements thématiques, attaque des phrases par un connecteur explicite (d’ailleurs, car), chutes de paragraphes sur un dicton sans appel. Le narrateur exerçant ce que Genette a appelé la « fonction idéologique » est très explicitement ici le prédicateur haranguant son peuple d’enfants : la structure emphatique par dislocation à droite (il l’aimait, cette honorable charrue ; il avait grandement raison, le sage et judicieux fermier) le révèle avec évidence, tout comme l’adresse au lecteur (Adieu, bonheur !), son inclusion dans un « nous » révélant l’habitude d’une énonciation publique, la comparaison avec le jeu enfantin, le déroulement asyndétique d’un micro-récit à valeur d’exemplum (la vie commune, la vie à notre portée nous fatigue ; on s’ennuie…). Érigée en haine du roman, la BJC se donne pour idéal le style oral d’un prédicateur habitué à la catéchèse.

    28La fadeur que reprocheront plus tard les libraires et éditeurs parisiens aux opuscules de Mame ne doit donc pas être considérée comme une faiblesse du style, une insuffisance artistique d’auteurs qui auraient tenté d’exister au sein du champ littéraire en train de se structurer, mais bel et bien comme une recherche consciente et assumée de quasi-nullité, l’effet romanesque devant en permanence être désamorcé par son auteur même, la perfection stylistique considérée comme un danger, la recherche formelle comme une perversion. En bref, si cette littérature est médiocre, ce n’est pas parce qu’elle se situe en marge de la littérature, mais bel et bien parce qu’elle se revendique contre la littérature. C’est en ce sens bien moins une para-littérature qu’une anti-littérature assumée. À cet égard, il peut être amusant d’opposer les efforts de Louis Mame, le parisien, audacieux éditeur des grands romanciers anglais et américains, courageux défenseur de Mme de Staël, puis de Balzac et de Hugo, qui finira par renoncer à son état après quatre retentissantes faillites ; et l’éclatante réussite de l’établissement tourangeau monté par son frère cadet Amand, qui, au moment où la génération montante en prend les rênes, fait le pari d’une non-littérature vendue à de non-lecteurs et promue par des critiques qui honnissent la littérature.

    Notes de bas de page

    1 Artiaga L., Des torrents de papier : catholicisme et lectures populaires au XIXe siècle, Limoges, PULIM, 2007.

    2 Manson M. dans ce volume, p. 189-198 ; Litaudon M.-P., « Les soubassements religieux d’une réussite éditoriale : le cas de la maison Mame à Tours. De la Bibliothèque des bons livres aux collections pour la jeunesse chrétienne », Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, no 118-1, mars 2011.

    3 Richter N., L’Œuvre des bons livres de Bordeaux : les années de formation : 1812-1840, Bernay, Société d’histoire de la lecture, 1997.

    4 Rolland J.-F., Conseils pour former une bibliothèque : ou, Catalogue raisonné de tous les bons ouvrages qui peuvent entrer dans une bibliothèque chrétienne, Lyon, J.-F. Rolland libraire, 3 vol., 1833-1843.

    5 L’Ami de la religion, journal ecclésiastique, politique et littéraire, vol. 78, 1834, p. 190.

    6 Rolland J.-F., op. cit., vol. 2, 1841, p. 380 sq.

    7 Francis Marcoin a montré la logique qui tient ensemble la littérature destinée à l’enfance et les prix Montyon récompensant des ouvrages qui œuvrent à l’avènement de la vertu, et dont relèvent aussi bien Simon de Nantua en 1818 que l’ensemble de la production des éditeurs catholiques sous la monarchie de Juillet. Voir Marcoin F., Librairie de jeunesse et littérature industrielle au XIXe siècle, Paris, Champion, 2006.

    8 Rolland J.-F., op. cit., p. 380-381. C’est moi qui souligne.

    9 Le procureur Ernest Pinard reprochera à Flaubert « une peinture admirable sous le rapport du talent, mais une peinture exécrable au point de vue de la morale ».

    10 Op. cit., p. 390.

    11 Op. cit., p. 509.

    12 Voir Letourneux M. dans ce volume, p. 339-348.

    13 Friedel L., Félix ou la vengeance du chrétien, 1839.

    14 Voir Manson M. dans ce volume, p. 189-198.

    15 Juchereau abbé, Marthe, ou la sœur hospitalière, 1838.

    16 Auteur dès 1841, avec Gatienne ou le courage d’une jeune fille, épisode de la Révolution, qui se déroule à Tours.

    17 Voir dans ce volume Boulaire M., p. 393-402, et Lefay C., p. 403-410.

    18 Pescherard, lui aussi chanoine, et membre de la famille du premier associé d’Amand, est sans doute aussi de ce petit cercle.

    19 Marcoin F., op. cit., p. 272 sq.

    20 Voir Boulaire M. dans ce volume, p. 393-402.

    21 Schmid C. von, Le Rosier, suivi de La Mouche, 1837, p. 125.

    22 Campe J. (dir.), Sammlung interessanter und durchgängig zweckmäßig abgefaßter Reisebeschreibungen für die Jugend/– Wolfenbüttel, Schulbuchhandlung, 1786.

    23 Collin de Plancy J.-A.-S., Voyage au centre de la terre, ou Aventures diverses de Clairancy et de ses compagnons dans le Spitzberg, au Pôle Nord et dans des pays inconnus, traduit de l’anglais de M. Hormisdas-Peath, par M. Jacques de St Albin (J.-A.-S. Collin de Plancy), Paris, Caillot, 1821.

    24 La Peyrere I. de, Relation du Groenland, Paris, A. Courbé, 1647.

    25 Guérinet abbé, Paul, ou les Dangers d’un caractère faible, histoire religieuse et morale, 1839.

    Auteur

    • Cécile Boulaire
      Maître de conférence en littérature française à l’université François-Rabelais (Tours) et membre de l’équipe INTRU
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    1 Artiaga L., Des torrents de papier : catholicisme et lectures populaires au XIXe siècle, Limoges, PULIM, 2007.

    2 Manson M. dans ce volume, p. 189-198 ; Litaudon M.-P., « Les soubassements religieux d’une réussite éditoriale : le cas de la maison Mame à Tours. De la Bibliothèque des bons livres aux collections pour la jeunesse chrétienne », Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, no 118-1, mars 2011.

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    5 L’Ami de la religion, journal ecclésiastique, politique et littéraire, vol. 78, 1834, p. 190.

    6 Rolland J.-F., op. cit., vol. 2, 1841, p. 380 sq.

    7 Francis Marcoin a montré la logique qui tient ensemble la littérature destinée à l’enfance et les prix Montyon récompensant des ouvrages qui œuvrent à l’avènement de la vertu, et dont relèvent aussi bien Simon de Nantua en 1818 que l’ensemble de la production des éditeurs catholiques sous la monarchie de Juillet. Voir Marcoin F., Librairie de jeunesse et littérature industrielle au XIXe siècle, Paris, Champion, 2006.

    8 Rolland J.-F., op. cit., p. 380-381. C’est moi qui souligne.

    9 Le procureur Ernest Pinard reprochera à Flaubert « une peinture admirable sous le rapport du talent, mais une peinture exécrable au point de vue de la morale ».

    10 Op. cit., p. 390.

    11 Op. cit., p. 509.

    12 Voir Letourneux M. dans ce volume, p. 339-348.

    13 Friedel L., Félix ou la vengeance du chrétien, 1839.

    14 Voir Manson M. dans ce volume, p. 189-198.

    15 Juchereau abbé, Marthe, ou la sœur hospitalière, 1838.

    16 Auteur dès 1841, avec Gatienne ou le courage d’une jeune fille, épisode de la Révolution, qui se déroule à Tours.

    17 Voir dans ce volume Boulaire M., p. 393-402, et Lefay C., p. 403-410.

    18 Pescherard, lui aussi chanoine, et membre de la famille du premier associé d’Amand, est sans doute aussi de ce petit cercle.

    19 Marcoin F., op. cit., p. 272 sq.

    20 Voir Boulaire M. dans ce volume, p. 393-402.

    21 Schmid C. von, Le Rosier, suivi de La Mouche, 1837, p. 125.

    22 Campe J. (dir.), Sammlung interessanter und durchgängig zweckmäßig abgefaßter Reisebeschreibungen für die Jugend/– Wolfenbüttel, Schulbuchhandlung, 1786.

    23 Collin de Plancy J.-A.-S., Voyage au centre de la terre, ou Aventures diverses de Clairancy et de ses compagnons dans le Spitzberg, au Pôle Nord et dans des pays inconnus, traduit de l’anglais de M. Hormisdas-Peath, par M. Jacques de St Albin (J.-A.-S. Collin de Plancy), Paris, Caillot, 1821.

    24 La Peyrere I. de, Relation du Groenland, Paris, A. Courbé, 1647.

    25 Guérinet abbé, Paul, ou les Dangers d’un caractère faible, histoire religieuse et morale, 1839.

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    Boulaire, C. (2012). La « littérature » selon Mame ?. In C. Boulaire (éd.), Mame. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.115824
    Boulaire, Cécile. « La “littérature” selon Mame ? ». In Mame, édité par Cecile Boulaire. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2012. doi:10.4000/books.pur.115824.
    Boulaire, Cécile. « La “littérature” selon Mame ? ». Mame, édité par Cecile Boulaire, Presses universitaires de Rennes, 2012, https://doi.org/10.4000/books.pur.115824.

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    Boulaire, C. (éd.). (2012). Mame. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.115641
    Boulaire, Cecile, éd. Mame. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2012. doi:10.4000/books.pur.115641.
    Boulaire, Cecile, éditeur. Mame. Presses universitaires de Rennes, 2012, https://doi.org/10.4000/books.pur.115641.
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