Annexes
p. 299-311
Texte intégral
ANNEXE I. Tableaux et graphiques
Notice méthodologique
Tirages et ventes à Paris
1Les chiffres retenus pour les tirages de la période 1884-1903 correspondent aux données éparses et ponctuelles présentes dans les procès-verbaux des Assemblées générales et des séances du Conseil d’administration. Il peut s’agir d’un seul chiffre donné pour l’année entière ou d’une moyenne obtenue à partir d’une série de données concernant plusieurs mois dans l’année.
2Les chiffres retenus pour les tirages de la période 1903-1938 correspondent aux moyennes annuelles obtenues à partir des données fournies pour chaque mois de l’année par les procès-verbaux des séances du Conseil d’administration. Lorsque plusieurs chiffres étaient donnés pour un même mois à des dates différentes, seul le premier (correspondant généralement au début du mois) a été retenu afin d’alléger les calculs.
3Les chiffres retenus pour les tirages de la période 1939-1944 sont ceux fournis par différents auteurs1 et par les rapports d’information des préfets à Vichy2.
4Les archives du Matin n’indiquent les ventes à Paris que pour la période 1903-1937. Comme pour les tirages, seul le premier chiffre a été retenu lorsque plusieurs étaient fournis pour le même mois.
Bénéfices, recettes, dépenses et dividendes
5Source pour la période 1886-1940 : procès-verbaux des Assemblées générales et des séances du Conseil d’administration du Matin (AN, 1 AR).
6Source pour la période 1940-1944 : rapport Rey-Wilvoski (AN, Z6 157).
7Les archives n’indiquent aucun chiffre pour les exercices 1884 et 1885.
8Pour la période 1886-1897, les chiffres concernent uniquement la société d’exploitation du Matin.
9Les bénéfices de 1902 et 1903 prennent en compte l’exploitation du Français.
10Les bénéfices de 1940 à 1944 prennent en compte l’exploitation de La Semaine.
11Jusqu’en 1897, le bénéfice net correspond au montant du bénéfice brut auquel ont été retranchés 10 % pour amortissements, 50 % revenant à la Société propriétaire, 10 % pour amortissements du matériel et mobilier acheté par la Société propriétaire, ainsi que les sommes destinées à la constitution de la réserve légale et d’un fonds de réserve destiné à l’amortissement du capital.
12Après 1897, le bénéfice net correspond au montant du bénéfice brut auquel ont été retranchés les amortissements, les sommes destinées à la constitution des réserves légale et extraordinaire et auquel a été ajouté le report de l’année précédente.
13Les champs non renseignés correspondent à une absence de données dans les archives.
14Pour la période 1886-1914, le coefficient de conversion en francs constants 1913 a été calculé à partir de l’indice des prix à la consommation en France fourni par Mitchell Brian Redman, International Historical Statistics : Europe, 1750-1988, New York, Stockton Press, 1992, 942 p., p. 847. Cette série s’arrêtant en 1914, nous avons utilisé pour la période 1914-1944 les coefficients de transformation du franc fournis par l’INSEE.
Tirages | Ventes à Paris | |
1884 | 20 000 | |
1885 | 23 000 | |
1886 | 29 000 | |
1887 | 33 000 | |
1894 | 25 500 | |
1895 | 23 900 | |
1896 | 25 700 | |
1897 | 27 000 | |
1898 | 29 740 | |
1899 | 78 000 | |
1900 | 230 000 | |
1901 | 250 748 | |
1902 | 285 000 | |
1903 | 323 644 | 108 047 |
1904 | 417 109 | 124 475 |
1905 | 484 730 | 131 252 |
1906 | 623 666 | 160 722 |
1907 | 678 884 | 163 411 |
1908 | 625 608 | 147 643 |
1909 | 665 330 | 141 423 |
1910 | 696 753 | 146 321 |
1911 | 693 296 | 134 470 |
1912 | 777 573 | 145 416 |
1913 | 984 545 | 167 630 |
1914 | 1 027 313 | 184 316 |
1915 | 1 553 559 | 203 414 |
1916 | 1 724 564 | 213 175 |
1917 | 1 367 461 | 170 816 |
1918 | 1 165 242 | 149 683 |
1919 | 1 077 090 | 174 164 |
1920 | 745 074 | 148 483 |
1921 | 752 304 | 129 382 |
1922 | 756 325 | 126 784 |
1923 | 816 551 | 127 998 |
1924 | 1011 277 | 159 953 |
1925 | 839 485 | 130 094 |
1926 | 768 950 | 116 462 |
1927 | 702 276 | 106 893 |
1928 | 694 913 | 100 398 |
1929 | 646 072 | 87 301 |
1930 | 620 345 | 84 836 |
1931 | 602 125 | 80 720 |
1932 | 590 755 | 78 235 |
1933 | 607 442 | 83 093 |
1934 | 581 866 | 77 883 |
1935 | 531 686 | 74 330 |
1936 | 492 519 | 62 949 |
1937 | 418 511 | 56 257 |
1938 | 348 968 | |
1939 | 331 850 | |
1940 | 641 000 | |
1941 | 386 637 | |
1942 | 239 750 | |
1943 | 261 800 | |
1944 | 242 600 |
Moyenne annuelle des tirages et ventes à Paris du Matin (1884-1944).

Tirages et ventes à Paris du Matin (1884-1944).

Comparaison des tirages des grands quotidiens parisiens, 1884 (source : Histoire générale de la presse française, t. 3).

Comparaison des tirages des grands quotidiens parisiens, 1910 (source : Histoire générale de la presse française, t. 3).

Comparaison des tirages des grands quotidiens parisiens, 1er novembre 1917 (source : Histoire générale de la presse française, t. 3).

Comparaison des tirages des grands quotidiens parisiens, mars 1939 (source : Histoire générale de la presse française, t. 3).

Répartition du capital du Matin (1897-1944).

Résumé financier de la société « Le Matin » en francs courants (1886-1944).
1886 | 1,053 |
1887 | 1,064 |
1888 | 1,053 |
1889 | 1,064 |
1890 | 1,064 |
1891 | 1,053 |
1892 | 1,064 |
1893 | 1,075 |
1894 | 1,064 |
1895 | 1,075 |
1896 | 1,075 |
1897 | 1,099 |
1898 | 1,087 |
1899 | 1,087 |
1900 | 1,075 |
1901 | 1,075 |
1902 | 1,075 |
1903 | 1,087 |
1904 | 1,087 |
1905 | 1,087 |
1906 | 1,075 |
1907 | 1,064 |
1908 | 1,053 |
1909 | 1,053 |
1910 | 1,042 |
1911 | 1,000 |
1912 | 1,000 |
1913 | 1,000 |
1914 | 1,000 |
1915 | 0,833 |
1916 | 0,750 |
1917 | 0,625 |
1918 | 0,484 |
1919 | 0,395 |
1920 | 0,283 |
1921 | 0,326 |
1922 | 0,333 |
1923 | 0,306 |
1924 | 0,268 |
1925 | 0,250 |
1926 | 0,190 |
1927 | 0,183 |
1928 | 0,183 |
1929 | 0,172 |
1930 | 0,170 |
1931 | 0,179 |
1932 | 0,195 |
1933 | 0,203 |
1934 | 0,211 |
1935 | 0,231 |
1936 | 0,214 |
1937 | 0,170 |
1938 | 0,150 |
1939 | 0,140 |
1940 | 0,119 |
1941 | 0,101 |
1942 | 0,084 |
1943 | 0,068 |
1944 | 0,056 |
Coefficients de conversion en francs constants 1913.

Bénéfices de la société « Le Matin » en francs constants 1913 (1886-1944).

Recettes et dépenses duMatin en francs constants 1913 (1886-1944).

Part de la publicité et des ventes dans les recettes du Matin (1886-1944).

Part de la publicité dans les dépenses du Matin (en %, 1899-1944).

Montant du dividende par action et par part de fondateur en francs constants 1913 (1886-1935).
ANNEXE II. Note inédite de Maurice Bunau-Varilla sur Dieu et les génies rédigée après la Première Guerre mondiale
15« L’homme fait en petit et très imparfaitement, dans ses plus formidables inventions, une très pauvre copie de l’œuvre de l’Être suprême, qui a créé le monde que nous voyons.
16La lumière électrique, le téléphone. Dieu fit le soleil, Dieu fit l’Homme.
17Que l’électricité en lumière est petite à côté du Soleil !
18Que le transport de la parole par le téléphone est petite chose avec la constitution de la pensée, qui permet à l’homme de parler.
19Et qui pourrait dire que l’homme lui-même n’est pas un simple agent de transmission de direction plus haute et que sa voix, sa pensée, ne sont pas, au même titre que le téléphone, un ordre exécuté ? Parmi beaucoup de preuves, on pourrait n’en regarder qu’une : l’homme ne peut jamais savoir s’il exécutera ce qu’il dit, exactement comme le téléphone, qui ignore si les ordres qu’il donne pourront être accomplis.
20Ce préambule permet de songer que si l’on regarde de près beaucoup d’actes créées par l’homme, il y a toujours, dans ces actes, une copie des actes de Dieu.
21Ces copies sont bien imparfaites, mais on y retrouve, cependant, l’idée de Direction suprême.
22Aucune nation ne peut vivre sans un chef, ou elle vit mal. Aucune affaire ne marche bien si elle ne possède son créateur ou un chef qui la conduit.
23Le Crédit Lyonnais, créé par M. Germain, n’a pu exister que par la volonté de son créateur. Les détails de toute cette immense industrie étaient, chaque jour, présentés sous les espèces de trois feuilles de papier sur lesquelles M. Germain voyait, en trois graphiques, toute son admirable création.
24Et, sur le vu de ces graphiques, Germain dictait des ukases qui faisaient disparaître les individualités qui, ne donnant pas les résultats attendus, étaient remerciées parce que leurs services étaient ou mauvais ou inutiles.
25Dieu fait de même pour les êtres humains.
26Pourquoi est né l’Empereur d’Allemagne ? Pourquoi cette guerre monstrueuse et imbécile ? Guillaume II a été un agent d’exécution. S’il avait eu un raisonnement personnel, en quinze ans au plus, il était le maître de l’Angleterre, dont la faillite industrielle était un fait. Il devenait pacifiquement maître du monde sans conteste. Aujourd’hui, c’est un misérable agent révoqué.
27Pourquoi Napoléon, Louis XIV, César ont-ils existé ?
28Pourquoi y a-t-il, sur le globe, en quantités dosées, tous les fléaux ?
29Pourquoi n’y a-t-il pas des millions de lions ? Quelques kilos, peut-être même quelques grammes de microbes de fièvre typhoïde, tétanos, tuberculose ? Pourquoi les bandits sont-ils aussi rares ?
30Pourquoi un Clemenceau ? Pourquoi le génie du mal est-il inférieur comme nombre ?
31Ne pourrait-on dire que les fléaux n’existent que pour exciter l’idée de défense de l’humanité ?
32Pour quelle raison le bien, le beau, le vrai, augmentent-ils toujours ? Pourquoi l’amélioration de la vie se fait-elle sûrement, mais trop lentement à notre gré ?
33Ne serait-ce pour asseoir mieux le bonheur de la vie donnée à l’homme ?
34Et ce que l’on appelle des hommes de génie, ne seraient-ils pas tout simplement de simples poteaux indicateurs vers la bonne voie, que Dieu mettrait sur terre pour indiquer aux masses leurs routes et leurs devoirs ? Comme toutes les religions ont toutes pour base l’hygiène et la santé humaines, les religions ne seraient que des indications.
35Si l’homme est malheureux, c’est qu’il ne veut pas regarder les lois immuables de la nature et en tirer des enseignements.
36Si les religions, créations de l’homme, demeurent à travers les siècles, aussi puissantes et aussi nombreuses, l’homme doit voir, dans cet indice, que si l’Être suprême ne les a pas détruites, c’est que, malgré leurs imperfections, elles rendent à la santé morale et à la santé corporelle des services.
37L’auteur de cette note pense que si Dieu était mieux compris, si l’homme détruisait mieux tous les fléaux qui assiègent l’humanité, il se donnerait encore plus de joie, serait plus heureux et plus utile à ses frères.
38L’auteur pense également que le poteau, dans tout ce qu’il fait, donne la preuve que Dieu veut l’amélioration de sa création : le Monde, et indiscutablement cette amélioration de la vie humaine est due aux génies terrestres, qui ne sont eux-mêmes que des porte-parole du Créateur du Monde. »
39(Source : Archives personnelles de M. Pierre Collenot, carton « Le Matin », texte dactylographié, s. d.)
ANNEXE III. Lettre inédite de Maurice Bunau-Varilla à Raymond Poincaré, 5 novembre 1928
40« La Direction des peuples est l’X mystérieux de leur vie.
41Les peuplades ont commencé par des superstitions, puis elles ont pris des chefs auxquelles elles se sont confiées.
42De nos jours, les sauvages d’Afrique croient à leurs gris-gris ou à leurs médecins. Pourquoi ? ? ?
43L’être humain a besoin de croire. Croire à l’amour, croire à l’amitié, croire aux dieux, croire à Dieu, croire à Mahomet, croire à l’Être suprême.
44À quelque latitude que l’homme appartienne, il faut qu’il croie.
45Le libre penseur croit à la matière, il croit aux philosophes, il croit aux livres, à l’histoire, mais le libre penseur est comme les autres humains, il lui est nécessaire, pour vivre, de croire, et il croit.
46Quand l’homme est petit, il croit à sa mère, à son père, à sa famille.
47C’est un besoin, l’homme, en effet, est faible, il lui faut s’appuyer sur quelqu’un, et quand il a vu autour de lui ceux qu’il aime, et qu’il grandit, il cherche plus haut, ou ce qu’il croit plus haut, mais au fond de tout être humain le besoin de croire à une supériorité quelconque, est un besoin inné.
48Comme exemple, prenons deux peuples qui ont l’air de se tourner le dos, ils pensent tous les deux de la même façon, l’un a pris Mussolini comme le plus haut représentant de sa croyance, l’autre a pris Lénine, et voici dix ans que ce pauvre peuple vit dans le malheur au point de vue général, mais comme il croit, il supporte sa misérable vie.
49Tout ce préambule est écrit afin de faire comprendre ce qu’est la croyance des Américains pour le Dieu qu’ils se sont donné et pour lequel et par lequel ils vivent.
50Colonie anglaise mal traitée par leur ancien dieu anglais, un jour, il leur apparaît une noble figure : Washington. Autour de ce Général, se groupe tout le peuple malheureux par la faute du Roi d’Angleterre, qui était son Maître.
51Washington fait l’Amérique libre et, pour y arriver, il demande l’aide du Roi de France.
52Par un concours inouï de circonstances, Washington aidé de La Fayette, Rochambeau, et d’autres nobles Français, vainc l’Angleterre.
53De ce jour, l’Amérique possède son Dieu. Ce grand homme meurt, mais il est toujours présent dans tous les actes de tous les gouvernements américains. Washington gouverne toujours l’Amérique par sa pensée.
54Il gouverne car il est le Dieu des peuples arrivant, s’installant et vivant sur le territoire américain.
55Que demain M. Hoover ou M. Smith soit nommé Président, l’un ou l’autre ne fera pas acte qui soit contraire aux doctrines, aux idées de Washington.
56Et, comme Washington ne pourrait pas se séparer, s’il était vivant, de ses amis La Fayette, Rochambeau et autres, l’Amérique est guidée toujours, et le sera pendant des siècles, par Washington et ses inséparables amis français.
57Bien fous seraient les Français ou les autres peuples du globe terrestre, qui oublieraient que Washington est le Dieu américain qui gouverne par la pensée cet amalgame de peuples qui ne peut vivre que par Washington et Washington ne peut se séparer de la France avec laquelle il a vécu, avec laquelle il a vaincu.
58Le liberté américaine, le peuple américain ne disparaîtront que le jour où l’image de Washington, ami de la France, aura disparu. »
59(Source : Bibliothèque nationale de France, Nouvelles Acquisitions françaises, 15995, Papiers Poincaré IV.)
Notes de bas de page
1 Albert Pierre, Feyel Gilles et Picard Jean-François, Documents pour l’histoire de la presse nationale aux XIXe et XXe siècles, Paris, Centre de documentation sciences humaines, CNRS Éditions, 1977, 340 p. ; AMAURY Francine, Histoire du plus grand journal de la IIIe République, Le Petit Parisien, 1876-1944, Paris, PUF, 1972, 2 vol. , 1 354 p. ; Dioudonnat Pierre-Marie, L’argent nazi à la conquête de la presse française, 1940-1944, Paris, J. Picollec, 1981, 310 p.
2 Rapports d’information des préfets à Vichy, synthèse zone occupée (http://www.ihtp.cnrs.fr/prefets/).
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