Chapitre XIX. Le Centre mythique
p. 247-260
Excerpt
« Montagne, ô montagne. La montagne est vivante. »
The Taste of Tea de Katsuhito Ishii.
« Cette forêt est vivante. »
La Forêt sans nom de Shinji Aoyama.
1Une des caractéristiques les plus saisissantes de l’architecture japonaise, qui frappera autant le spectateur de Moe no Suzaku de Naomi Kawase dans les scènes qui le placent dans la maison des Tahara, que le promeneur entrant dans la cour du sanctuaire Meiji en plein Tôkyô, c’est l’importance de la nature dans l’expérience du lieu. On a ainsi l’impression que la maison, dans le premier cas, a été construite pour que sa perspective occulte le village et soit en prise directe avec la nature lointaine. De même qu’on a le sentiment, dans le second cas, grâce au bois qui ceint le sanctuaire, que la mégalopole qui s’étend au-delà n’existe tout simplement pas.
2En Europe, la cohésion de la cité (la communauté) ne va pas sans la cohésion de la ville (l’agglomération). Ce qui joue le rôle de lieu symbolique garant de la cohésion sociale, d
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