Luminy : la composition d’un campus
p. 163-180
Texte intégral
Composer consiste à grouper selon un mode harmonique, afin d’en faire un tout homogène, des éléments disparates tant par leur fonction que par leurs dimensions et leur configuration1.

1L’histoire du campus de Luminy est avant tout celle d’un site d’exception, un terrain de près de 1 000 hectares ayant appartenu durant plusieurs générations à la famille de l’armateur Paul-Augustin-Marie Cyprien-Fabre. Situé au sud-est de la ville de Marseille, dans le 9e arrondissement, ce terrain est enclavé entre le Mont Rouvière au nord, les calanques de Sormiou, Morgiou et Sugiton au sud et le Mont Puget à l’est, situation difficile d’accès qui contribua par ailleurs à le tenir à distance de l’étalement urbain durant le XXe siècle.
2Bien que l’acte de cession du terrain de 980 hectares à la société « Le Mirador » remonte à 1935, Cyprien-Fabre demeura usufruitier du domaine et de sa propriété dénommée « le château » jusqu’à sa mort en 1955. La société « Le Mirador » l’avait alors déjà revendu depuis 1946 à l’Assistance publique qui souhaitait profiter de ce cadre naturel préservé pour y édifier un ensemble hospitalier. Cet ensemble n’ayant pas vu le jour et le terrain se trouvant à présent dégagé de l’usufruit, l’expropriation de l’Assistance publique fut étudiée puis actée par le Conseil municipal en date du 25 juin 19562.

ill. 1 - Plan de la « zone de plein air » de Luminy en 1956 © Archives Départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille.
3Les arguments du maire de Marseille et député des Bouches-du-Rhône, Gaston Deferre, méritent ici d’être cités : « C’est dans ces conditions qu’il a paru nécessaire de réserver à cet effet la propriété de Luminy, dont la superficie de 975 hectares et la situation permettent de prévoir un espace libre public à l’échelle de notre grande cité »3.
4Dans le Plan directeur d’aménagement de la ville de Marseille de 1956, et après enquête publique, l’ensemble du domaine de Luminy apparaît donc en tant qu’« espace vert ».
5Un « projet d’aménagement de la zone de plein air »4 est arrêté la même année et laisse déjà apparaître la future division du site : au sud, en direction des calanques, un tiers environ de la propriété est conservé en tant que « belvédère et zone de protection des calanques » ; au nord, une zone plus vaste est destinée aux « centres de plein air », appellation incluant selon la légende « des terrains de jeux, de sport, une école de plein air, des installations annexes et des constructions compatibles avec le caractère d’espace libre public » [ill. 1].
6Ce programme, en somme assez vague, demeurera en l’état durant plusieurs années sans qu’aucun aménagement ne soit réellement entrepris. En réalité, l’expropriation de l’Assistance publique se révéla un projet long et complexe, sur le plan administratif et juridique. Au final, la démarche d’expropriation par cession et dédommagement, démarrée à partir de 1959, n’aboutit à l’acte de cession à la ville qu’en janvier 19635.
7Cependant, dès 1960, un nouveau projet d’occupation du site avait vu le jour, celui de la construction d’un campus scientifique d’envergure au cœur de ce domaine.
UNE COMPOSITION PAR AXES : LA FACULTÉ DE SCIENCES
8Dès 1960 donc, avant même que la commune ne soit officiellement désignée comme propriétaire des terrains de Luminy, une très importante parcelle fut cédée à l’Éducation nationale en vue de la construction de la nouvelle Faculté de Sciences de Marseille. Ardent défenseur du projet –contre l’avis de M. Rouart, Doyen de la faculté, qui souhaitait privilégier le site de Saint-Jérôme au nord de la ville– Gaston Deferre n’eut de cesse de plaider en faveur du site de Luminy et obtint finalement gain de cause en 1961 après une visite du ministre de l’Éducation nationale, Lucien Paye6. Bien que cette prise de position puisse sembler contradictoire avec les plaidoyers de Gaston Deferre pour la préservation de la « zone de plein air » de Luminy quelques années auparavant, il faut au contraire y voir une forme de poursuite de cette intuition première de 19567 : au-delà du pôle scientifique, garant d’une renommée d’excellence pour la commune, le maire nourrissait l’espoir de voir naître à Marseille un « campus »8 en dehors de la ville, sans contraintes ni nuisances, associant l’enseignement à la culture et au sport : « L’université souhaite 100 hectares dans la plus belle partie de la propriété, soit ; pour le reste, nous allons être parcimonieux et réserver l’avenir »9.
9Cette simple citation rappelle qu’en parallèle, et probablement à l’insu de ses partenaires, il entamait un processus d’aménagement du site qui lui permettrait de concrétiser certains projets municipaux qui lui étaient chers, en particulier la relocalisation des écoles d’art et d’architecture sur laquelle nous reviendrons ultérieurement.
10Une parcelle de 100 hectares au nord du site, autour du « château » de Cyprien-Fabre, fut donc affectée à l’édification de la première tranche d’aménagement du campus de Luminy.
11Le terrain d’environ 1 000 hectares venait de subir son premier morcellement. Conformément au projet d’aménagement originel, toute la partie sud du site fut préservée dans le cadre du parc des calanques. L’ancien chemin d’accès, longeant le thalweg reliant le quartier de Vaufrèges aux calanques, fut élargi et aménagé afin de devenir l’unique accès au campus : cela créa un axe nord-sud qui divisa à nouveau le terrain en deux parties, en harmonie avec la déclivité et l’hydrographie.
12L’importante parcelle dédiée au campus scientifique constituait un rectangle oblong à l’est de cet axe incluant le « château », le parc et les terres cultivées de Cyprien-Fabre. Dès 1961, René Egger, architecte conseiller technique du ministère de l’Éducation nationale10 et architecte des Bâtiments civils et Palais nationaux, qui s’était déjà illustré à Marseille par la réalisation de la Faculté de Médecine de la Timone11, fut chargé par le ministère de préparer le plan directeur du campus. Nommé de surcroît coordonnateur régional par le Commissariat aux Plans, il bénéficiait d’une certaine autorité pour mener à bien ce projet. Cependant, les attentes du Ministère de l’Éducation nationale dans le contexte du début des années 1960 pouvaient parfois être contradictoires et la limite budgétaire continua de s’imposer bien après l’immédiat après-guerre. Selon René Egger, ces contraintes « cassaient toutes les initiatives un peu spectaculaires ou expérimentales »12, laissant place à une traduction assez stricte des programmes et à un appareil normatif qui fut largement critiqué par la suite13.
13Il semble alors légitime de se demander quelle fut, dans un tel contexte, la posture de l’architecte en charge du projet et de tenter d’évaluer s’il bénéficia d’une certaine latitude.
14En effet et assez étonnamment, en 1961, lorsque le projet est esquissé pour la première fois, la logique ministérielle en termes de construction de sites universitaires s’en tient principalement aux traditions établies au cours des décennies précédentes. Le contexte conduit les décideurs à la prudence et à l’économie et l’heure n’est manifestement pas encore au renouvellement profond des programmes –pédagogiques ou architecturaux. La demande se résume alors à l’assemblage de trois types de locaux : les bâtiments destinés à accueillir les salles de travail et les amphithéâtres, les bureaux de l’administration, les bureaux dédiés à la recherche.
15René Egger répondit à la rigueur et à la rationalité imposées par une « composition », qui, pour reprendre librement les termes de Jacques Lucan, recherchait un certain équilibre entre les éléments mis en relation14.
16La complexité à laquelle l’architecte se heurta cependant fut celle de l’impossibilité de l’Académie à chiffrer le futur nombre d’inscrits dans l’établissement. Il lui fallut donc prévoir un programme « par tranches optionnelles »15 et opérer des choix opérationnels au cœur d’un programme complexe : il choisit ainsi de ne pas séparer les disciplines mais plutôt les cycles. Ainsi, la première promotion d’étudiants pourrait être accueillie dans les locaux de propédeutique pour deux années et verrait ensuite les édifices se construire au fur et à mesure de son cursus.
17L’architecte opta pour un nombre restreint de bâtiments pour respecter les coûts : un bâtiment propédeutique, un bâtiment pour la recherche, un bâtiment pour les amphithéâtres16 et une bibliothèque commune à tous. Pour positionner ces bâtiments, René Egger travailla à nouveau par axes : au cœur de la parcelle rectangulaire, il opéra une nouvelle division selon les points cardinaux. Aligné avec l’entrée de la faculté, un axe est-ouest fut créé, distinguant une zone nord destinée aux bâtiments de cours, de recherche et à l’administration, et une zone sud destinée aux équipements (restaurant et cités universitaires, terrains de sport) [ill. 2]. L’ancien « château » et son parc, préservés, constituaient une articulation entre les deux zones. Dans une logique d’économie, ces aménagements s’implantaient sur les anciennes terres cultivées de la propriété de Cyprien-Fabre, profitant ainsi de terrains aplanis17.
18Comme le souligne Jacques Sbriglio, si le projet initial de l’architecte avait été mené à bien, cet axe est-ouest aurait structuré non seulement la parcelle de la Faculté de Sciences, mais aussi l’ensemble de la partie constructible du site : « Cet accès (nord-sud) sera recoupé par un axe est-ouest, constituant le support principal de l’urbanisation. Deux bornes délimitent cet axe : à l’est, un immeuble tour en « patte de poule » domine la composition, à l’ouest, un grand stade de cent mille places est inscrit en creux dans les courbes de niveaux de la colline »18 [ill. 3]. Bien que ces « bornes » n’aient finalement pas été réalisées, la logique de la composition demeure : à chaque étape de l’appropriation et de l’équipement du site, une division nord-sud prédomine, soulignée par une division est-ouest. À l’intérieur de ces grilles successives, une trame constructive se met progressivement en place, relevant principalement de l’ordre ouvert pour la Faculté de Sciences.

ill. 2 - Maquette de la Faculté de Sciences, René Egger, c. 1961 © Lombard.
19Dès 1961, des sondages sont effectués afin de déterminer les emplacements sur lesquels les fondations peuvent être créées : un niveau solide de rochers ou de marne bleue est repéré et le premier plan d’implantation proposé. Le programme pédagogique, ambitieux, est établi la même année. Il permet de prévoir la taille des futurs bâtiments : pour les bâtiments de propédeutique, une barre d’amphithéâtres de 136 mètres de long (et 23 de large), accolée à un bâtiment de travaux pratiques et de recherche de 126 mètres de long (et 15 de large), s’élevant sur 7 niveaux. Pour le second cycle, les dimensions sont doublées : 215 mètres de long pour les amphithéâtres (et 21 de large) et 346 mètres pour le bâtiment de travaux pratiques et de recherche (15 de large), sur 11 niveaux19. L’ensemble sera réalisé sur le principe d’une ossature en béton armé, complétée d’éléments de remplissage préfabriqués.
20La maquette générale du site présentant le plan directeur pour l’ensemble du campus est réalisée très rapidement afin d’être présentée à Lucien Paye, en visite sur place. Une photographie, non datée, en témoigne20. Le ministre quittant ses fonctions en 1962, il est certain que l’ensemble du projet était alors déjà envisagé et projeté par René Egger.

ill. 3 - Maquette d’ensemble du campus de Luminy, René Egger, c. 1962 (collection personnelle).
21L’implantation des bâtiments adopte la logique axiale précédemment évoquée : le bâtiment de la recherche suit l’axe est-ouest tandis que le bâtiment de la propédeutique suit l’axe nord sud. Tous deux doublés en parallèle par une barre d’amphithéâtres, ces bâtiments forment une équerre et sont reliés par deux volumes bas : le grand hall du bâtiment de la recherche et la bibliothèque. Entre les bâtiments, des cheminements couverts guident la circulation piétonne. La maquette présente également les équipements de la partie sud de la parcelle. L’importance des espaces verts, boisés ou libres est à souligner : l’architecte envisage en effet une préservation maximale du site naturel et du parc du « château », mais également de potentielles extensions, à réaliser en fonction de la future occupation du campus, toujours incertaine.
22Yannic Boudard, collaborateur de René Egger qui s’était brillamment illustré lors de la conduite du chantier de la Faculté de Médecine de Marseille, est nommé chef d’agence pour ce projet. Après différents retards dans la cession des terrains –qui n’intervient, rappelons-le, qu’en 1963– les premiers travaux permettent de livrer, à la rentrée 1966, les deux bâtiments de propédeutique (cours et amphithéâtres), la conciergerie et, à l’est, la chaufferie21. La bibliothèque (avec Didier Chaussat et Attila Caloust), le restaurant universitaire (avec Christian Pichoux) et les résidences universitaires des filles (avec Pierre Jaume) sont en construction ; le reste du site est simplement traversé par une ébauche de voirie délimitant des parcelles vides22 [ill. 4].

ill. 4 - Vue aérienne du chantier de construction du campus de Luminy en 1966, photographie IGN.
23Au-delà des limites de la Faculté de Sciences, d’autres chantiers sont en cours : tandis que les travaux d’implantation du Bureau régional de Géologie minière (BRGM) au nord du campus sont presque achevés, de l’autre côté de l’avenue de Luminy, ceux de la future école des Beaux-Arts et d’Architecture commencent. Plus au nord, les équipements sportifs se précisent : une piscine et un stade municipaux, un club d’équitation ainsi que le Tennis club phocéen, sont en cours de construction.
24Ces différents chantiers d’envergure rappellent qu’en dépit du discours convaincu de Gaston Deferre quelques années auparavant, le maire de Marseille nourrissait une ambition pour le site de Luminy qui allait bien au-delà de la simple « zone de plein air ». De fait, au cours des trente-trois ans que durera son mandat, Gaston Deferre prendra régulièrement position au sujet du campus de Luminy, son discours évoluant au fil du temps et des projets envisagés. Ainsi, René Egger rapporte les propos du maire vers 1964-1965 :
Je souhaiterais, me dit-il et si possible un très beau stade olympique pour les étudiants (...). Ensuite, un beau parc pour tout le monde (le public et les étudiants), la nature telle qu’elle est. Il faudrait également organiser le stationnement et l’accès aux calanques (...), réaliser un ensemble multi-sports (...). Y construire un ensemble de qualité pour les écoles d’art et d’architecture (...). Pourriez-vous traduire tout cela par une maquette qui m’aiderait à défendre cette opération ?23.
25Poussant plus loin le premier plan directeur du campus de sciences, l’architecte livre alors une nouvelle maquette, à plus grande échelle, présentant le projet de campus dans son intégralité [ill. 3].
LA « GRECQUE » ET LA LIGNE : L’ÉCOLE DES BEAUX-ARTS ET D’ARCHITECTURE
26L’ambition de Gaston Deferre pour le campus de Luminy allait donc au-delà de la réalisation d’un campus scientifique de renom à Marseille et incluait d’autres réalisations. Dans la partie ouest du site constructible, il imagine ainsi, comme l’indique la maquette d’ensemble de René Egger, une école supérieure de Commerce et d’administration des entreprises, un centre des télécommunications, structures dépendant de la Chambre de commerce, et une nouvelle école des Beaux-Arts et d’Architecture, dépendant de la mairie. Seules l’école des Beaux-Arts et d’Architecture et l’école de Commerce seront effectivement réalisées, la première en 1968 et la seconde, par Henri Faure-Ladreyt, en 1970.
27Sur un site pentu de 6 hectares orienté au nord, Gaston Deferre confie en 1963 à René Egger l’étude en vue de la construction de la nouvelle École des Beaux-Arts et d’Architecture24. Le peintre François Bret, nommé directeur de l’École des Beaux-Arts de Marseille en 1961, avait en effet alerté le maire à plusieurs reprises sur le caractère désuet des locaux du Palais des Beaux-Arts25, inadaptés à l’évolution des pratiques pédagogiques et artistiques. Dans son entreprise, le maire de Marseille reçut le soutien du ministre chargé des affaires culturelles, André Malraux, et obtint de Gaétan Picon, directeur des Arts et des Lettres, un financement des travaux réparti à 50 % sur un engagement de la ville et à 50 % sur une subvention de l’État, destinée à l’École d’Architecture. La condition étant que les deux écoles soient situées dans des bâtiments séparés, qu’Egger reliera par une passerelle surnommée avec humour le « cordon ombilical ».
28Une fois le budget obtenu et validé par la commune en 196526, René Egger et François Bret collaborent activement pour parvenir à concrétiser le projet pédagogique innovant du directeur de l’école des Beaux-Arts et le 13 juin 1966, la première pierre est posée.
29Les deux bâtiments sont pensés simultanément, mais adoptent des plans différents : l’École des Beaux-Arts, avec son alternance d’ateliers et de salles de cours, est pensée comme une « grecque » sinuant autour d’un axe central nord-sud, marqué par un emmarchement couvert. Les espaces, ouverts à l’est ou à l’ouest, étaient ainsi éclairés principalement par le nord. L’école d’Architecture, en revanche, adopte à l’origine un plan plus linéaire. Comme l’explique l’architecte, si l’école des Beaux-Arts relevait de l’expérimentation architecturale et pédagogique, l’école d’Architecture devait encore répondre aux normes traditionnelles relatives à un tel programme, à savoir une organisation basée sur le système des « loges », pourtant déjà fort critiqué et jugé obsolète par certains27. Mais en l’absence de directives actualisées, il n’était pas admis de modifier les plans-types. L’architecte adopta néanmoins pour l’ensemble du site une conception commune, basée sur l’omniprésence de patios et de circulations extérieures en « pas-d’âne » offrant une déambulation douce dans le site pentu, et des cadrages permanents sur l’extérieur. Le site, largement boisé contrairement à celui de la Faculté de Sciences qui était cultivé auparavant, devait en effet être préservé au maximum selon l’architecte, ce qui le guida vers une implantation proliférante et pavillonnaire. La simple « barre » des loges de l’école d’Architecture allait d’ailleurs rapidement être complétée par les corps de bâtiments des ateliers et des salles de dessin, disposés autour d’un espace central devenant à son tour un patio arboré [ill. 5, ill. 6].

ill. 5- Plan d’ensemble des deux écoles (arts et architecture), c. 1965, René Egger © ENSA Marseille.
30Les deux écoles, bien que fort différentes dans leurs plans d’origine, furent donc pensées dans un même esprit, évoquant un certain humanisme et une relecture moderne de l’architecture méditerranéenne. Volumes simples, grandes cours plantées au cœur du plan, circulations extérieures, calades, blancheur des façades, sobriété des matériaux... tout concourt pour dégager une ambiance qui semble générée par le site même, par l’implantation de la pinède et l’omniprésence de la roche claire. La structure en béton armé, les soubassements en béton brut banché avec des planches irrégulières et les fines colonnes métalliques rythmant les passages couverts complètent harmonieusement cette écriture. Cependant, l’importante sobriété et l’économie de l’ensemble ne relèvent pas entièrement du choix délibéré de l’architecte : au cours du chantier, le budget alloué à l’ensemble fut en effet réduit de moitié28, ce qui conduisit René Egger à faire d’importantes coupes, notamment dans les budgets prévus pour la décoration. Ainsi, tout ce qui ne relevait pas de la stricte nécessité pédagogique (mobilier, menuiseries, etc.) et qui avait été pensé pour apporter des finitions de qualité et une certaine dimension ornementale fut retranché progressivement : les parements de pierre, les ornements en céramique colorée, les éléments de placage en bois coloniaux, les menuiseries en aluminium, les auvents de verre... L’ensemble de ces détails avait une importance certaine pour l’architecte, qui avait démontré, notamment avec la faculté de Médecine de la Timone livrée en 1958, son goût pour les équipements de qualité et les partenariats avec les entreprises locales (menuiseries Barthélémy pour le mobilier sur mesure) ou nationales (Florence Knoll, Jean Prouvé, Saint-Gobain...)29. À Luminy, il opte donc pour un dépouillement forcé, qui le désole tant il souhaitait offrir aux jeunes artistes et architectes un cadre d’étude stimulant et valorisant. Seuls les panneaux de béton préfabriqué animant les passages couverts entre les ateliers des Beaux-Arts furent mis en place, en raison de leur rôle en partie structurel [ill. 7].

ill. 6 - Vue aérienne des deux écoles (arts et architecture), c. 1968, René Egger © Thibault.
31Les œuvres prévues au titre du 1 % artistique sont en revanche maintenues, et toutes deux réalisées du côté de l’École des Beaux-Arts : une mosaïque d’André Beaudin située dans le hall et un mur céramique en lave émaillée d’Édouard Pignon qui clôt la composition en haut de l’emmarchement central, à l’extérieur.

ill. 7 - Un patio de l’école des Beaux-Arts, délimité par des panneaux de béton préfabriqué, c. 1968, René Egger ©. Publimages

ill. 8 - L’école supérieure de Commerce de Marseille en 2014 (actuellement Kedge Business School), Henri Faure-Ladreyt, 1970 © William Roy.

ill. 9 - Vue aérienne de l’ensemble du campus de Luminy en 1968, photographie IGN.
32Achevée en 1968, l’école qui accueille ses premiers étudiants, est le théâtre des « évènements » de mai, dont l’une des issues sera la réforme de l’enseignement de l’architecture et la création des premières Unités pédagogiques (UP), indépendantes de l’enseignement des Beaux-Arts. Après près d’une année d’occupation, de révoltes et de réformes, l’école ne sera finalement inaugurée que le 4 mars 1969, en présence de Gaston Deferre, François Bret, Jean Laporte, préfet des Bouches-du-Rhône et Albert Villard, architecte en chef de la ville de Marseille.
DÉCOMPOSITION/RECOMPOSITION : INTERFÉRENCES CONTEXTUELLES
33En parallèle de la réalisation atypique de l’École des Beaux-Arts et d’Architecture, René Egger poursuit l’aménagement du campus de Luminy et supervise le chantier de l’école supérieure de Commerce, réalisée par Henri Faure-Ladreyt à partir de 1967. Ce tripode d’environ 7 500 m2, reposant sur une base triangulaire en béton brut, et dont les façades sont rythmées par des éléments préfabriqués en béton blanc, rompt avec l’écriture longiligne ou orthogonale des autres bâtiments du site [ill. 8]. L’emplacement même de l’école, au nord-ouest de la zone construite, crée une articulation dynamique entre le campus et la pinède.
34De l’autre côté de l’avenue, le site de la Faculté de Sciences peine quant à lui à sortir de terre.
35En effet, les premiers étudiants, rentrés à l’automne 1966, devaient pouvoir poursuivre leur cursus en intégrant progressivement les locaux affectés aux cycles successifs. En 1968, la bibliothèque, le restaurant universitaires « l’hexagone » et les résidences sont ouverts30 [ill. 9].
36Mais le bâtiment de travaux pratiques et de recherche de deuxième cycle (première phase), ainsi que le grand hall ne seront achevés qu’en 1970.
37La construction simultanée de deux campus scientifiques dans la même ville commençait par ailleurs à poser problème, ce qui conduisit le Directeur des Enseignements supérieurs à créer une commission nationale chargée d’étudier le cas : en octobre 1968, le « centre universitaire de Luminy » est créé. Il s’agit d’un centre dit « expérimental », avec un budget et une gestion séparés des autres sites universitaires marseillais, Saint-Charles et Saint-Jérôme31. À la rentrée 1969, en raison d’un nombre trop restreint d’étudiants inscrits32, le Ministère met fin à ce statut à part et le centre de Luminy devient une simple composante de l’Université de Sciences (Aix-Marseille II).
38En 1972, le ministre de l’Éducation nationale, Olivier Guichard, est envoyé à Marseille pour dresser un bilan de l’évolution de ce chantier et prendre une décision : après un survol du campus en hélicoptère, il décide de geler les travaux sur tout le site. Bien que l’effectif étudiant ait sensiblement augmenté en six ans33, l’État estime en effet que le site est surdimensionné, sous-exploité et les nouvelles dépenses inutiles34. Le Doyen, Mohamed Mebkhout, et son équipe sont alors chargés de trouver des acquéreurs pour les bâtiments et parcelles inoccupés sous peine que les travaux ne reprennent jamais35. Le campus des sciences perd alors son image de cœur dynamique pour celle de ruine moderne36. Le bâtiment de travaux pratiques et de recherche de deuxième cycle est partiellement construit, toute sa partie est restera « ouverte » durant plusieurs années. Il en va de même pour plusieurs bâtiments du site, élevés en partie, ainsi que pour le bloc d’amphithéâtres de deuxième cycle dont la structure béton venait d’être coulée.
39De nombreux projets furent alors envisagés, certains incluant une reconversion complète du site, par exemple pour l’accueil d’une annexe du Musée d’histoire naturelle de Paris37... Les démarches, projets et contre-projet se succèdent jusqu’à l’intervention du CNRS en 1976, qui souhaite s’installer à Luminy et permet, par son investissement, à la deuxième tranche du bâtiment de travaux pratiques et de recherche de deuxième cycle d’être finalisée. Le bâtiment ne sera complété par la dernière tranche qu’en 1983, avec l’installation de l’INSERM38. Les amphithéâtres furent eux achevés en 1993, sur une structure demeurée en l’état pendant plus de vingt ans.
40En parallèle, entre les années 1980 et 1990, la protection du parc des Calanques s’accroit, se concrétisant en 1999 avec la création du Groupement d’Intérêt Public des Calanques, qui rendit les constructions à l’extérieur des emprises déjà bâties inenvisageables. Ainsi, le campus scientifique connut une densification importante dans les années 1990 et 2000, les terrains viabilisés et constructibles se raréfiant.

ill. 10 - Vue d’ensemble du campus de Luminy en 2014 © William Roy.
41Dans un site en grande partie préservé, le campus de Luminy est donc un exemple atypique dans la production de l’époque [ill. 10]. Janusien, de par ses programmes différents cohabitant, le campus l’est aussi par son architecture : à l’est, le campus scientifique, conçu selon la pratique alors dominante de l’ordre ouvert, à l’ouest, une écriture plus méditerranéenne, épousant le site, à échelle humaine.
42De part et d’autre de l’avenue, deux histoires de chantier également : le même architecte en chef, les mêmes entreprises (les Travaux du Midi principalement), le même matériau prédominant (béton armé), mais des contraintes et des aléas différents. Le chantier du campus scientifique fut si long et complexe que la qualité de l’architecture s’en ressent. Alors que les premières réalisations, comme la bibliothèque, étaient louées par la critique39, tout en répondant aux standards de normalisation et d’économie (structure poteaux-dalles, façades en agglomérés, trame carrée de 5,25 m), on ne peut que déplorer le manque de concertation et de cohérence dans l’achèvement des travaux, les désaccords avec les maîtres d’œuvre successifs conduisant notamment à une monotonie des façades, la pauvreté des espaces verts40, l’abandon quasi total des œuvres d’art prévues pour agrémenter l’immense campus41... qui accueille seulement depuis quelques années les effectifs envisagés il y a plus de quarante ans.
43De plus, le processus d’hyper-densification du site au cours des dernières décennies rend la composition d’origine quasiment illisible et nuit à la circulation et à l’orientation des étudiants. Comme nombre de campus « à la française »42, Luminy souffre toujours aujourd’hui de ce que dénonçait Georges Mesmin en 1963, la « maladie des grands ensembles universitaires »43.
44Pour autant, ce site n’en demeure pas moins un « laboratoire » d’architecture : il s’agit en effet de l’un des campus les plus vastes réalisés en France à cette époque, dans un site unique, entre mer et montagne. C’est aussi le projet le plus ambitieux et le plus long jamais conduit par René Egger, constructeur inépuisable qui livra des dizaines de bâtiments à Marseille et dans le sud de la France entre l’immédiat après-guerre et les années 1970, mais ne se heurta jamais à autant de complexité. Répertoire de formes et de techniques constructives, le campus révèle, comme ailleurs en France, l’homogénéisation et la standardisation des techniques constructives, empruntées aux chantiers des grands ensembles, tout en introduisant dans les programmes de plus petite échelle une originalité et une créativité certaines. « C’était, nous confie l’architecte, l’occasion où jamais de faire un beau campus ».
Bibliographie
Sources imprimées
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Sources orales
Entretiens avec René Egger, 14 février et 5 mars 2014.
Archives
Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille :
- Fonds 65 J (René Egger) : boîtes 6, 17, 18, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 228, 229, 241, 274, 297, 305, 306, 311, 313, 320, 338, 340.
- Fonds 1207 W (Domaine de Luminy) : boîtes 60, 61, 62.
- Fonds 2250 W (Permis de construire) : boîtes 168, 426, 427, 428, 1071, 1169, 1249.
Notes de bas de page
1 Lurçat, 1955, p. 18.
2 Registre des délibérations du Conseil municipal du 25/06/1956, Archives Départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille, 1207 W 162.
3 Ibidem.
4 Projet d’aménagement de la zone de plein air, Archives Départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille, 1207 W 162.
5 Acte de cession le 22/01/1963 : « Ce domaine comprend des terres cultivables, un parc, un ensemble immobilier dénommé le Château, avec dépendances, un grand bassin d’alimentation en eau, deux bâtiments de ferme, conciergerie, pavillon de chasse et divers bâtiments annexes. Le surplus de la propriété est constitué de vastes étendues de terrains incultes dont une partie plantée de vignes anciennes et quelques îlots boisés. » (Archives Départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille, 1207 W 163).
6 Lucien Paye (1907-1972) fut ministre de l’Éducation nationale de février 1961 à avril 1962. Il apparaît donc que son rôle fut de départager les deux « camps » marseillais, alors que les terrains avaient déjà été cédés. Au final, il ménagea également le doyen Rouart car il soutint aussi le projet d’aménagement du site de Saint-Jérôme, créant une situation rare pour une ville de province qui se retrouvait avec deux Facultés de Sciences. René Egger fut l’architecte des deux sites. Cf. Egger, 2001, p. 63 sqq.
7 Dans les différents dossiers et délibérations, on reviendra régulièrement sur la cohérence des nouvelles constructions avec les dispositions de 1956. Ainsi, dans le dossier de Permis de construire de la cité universitaire et de l’équipement collectif et sportif de 1961, on note par exemple : « L’édification d’un tel ensemble sur cet emplacement est compatible avec les dispositions du Règlement d’Urbanisme de la ville de Marseille, en particulier de l’article 36 qui définit la nature des constructions autorisées dans la zone rurale, et notamment les bâtiments d’équipement public ». (Archives Départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille, 2250 W 426).
8 Le terme de « campus » est ici employé au sens défini par Turner, à savoir « (...) des ensembles de bâtiments indépendants, élevés librement sur un site paysager, dans un esprit s’opposant au modèle anglais de fermeture et de repli sur soi ». Turner, 2004, p. 75.
9 Gaston Deferre, cité dans Egger, 2001, op. cit., p. 65.
10 René Egger fut architecte conseiller technique du ministère de l’Éducation nationale de 1942 à 1968 et nommé architecte des Bâtiments civils et Palais nationaux en 1955.
11 La collaboration entre René Egger et le maire de Marseille s’était aussi matérialisée dans la réalisation d’une importante série d’écoles standardisées utilisant la pierre de pays dans le contexte de la reconstruction. (Entretien avec René Egger, 14 février 2014).
12 Entretien avec René Egger, 14 février 2014.
13 Selon Jean-Lucien Bonillo en effet, « La politique massive de constructions universitaires menée par l’État dans les années 60 et 70, pour répondre à l’augmentation incessante des effectifs, allait conduire de fait à la mise en place de fortes contraintes normatives, techniques et budgétaires, sans pour autant qu’un programme ou un modèle architectural nouveau soit défini et imposé. La normalisation spatiale (trames de 1,75 mètre, salles modulaires types, schémas distributifs rationnels, minimalistes et rigides), les cadences accélérées de réalisation, les matériaux et équipements bon marché s’imposent à tous les architectes ». Jean-Lucien Bonillo, « De l’université comme Palais à l’université comme cité », in revue Industries en Provence, no 17 consacré à l’Université et la Cité, décembre 2009. Université de Provence. Aix-en-Provence, p. 13.
14 Lucan, 2009.
15 Egger, 2001, op. cit., p. 67.
16 Cette logique visant à regrouper les amphithéâtres dans un même bâtiment se retrouve notamment au campus de Rangueil (Toulouse), dot la première phase est réalisée par René Egger en 1963-1965.
17 Sur une vue aérienne de 1957, réalisée lors d’une campagne photographique de l’IGN, on observe en effet une délimitation nette entre le parc entourant le « château » et, à l’ouest et au sud-est, des terres cultivées aplanies préfigurant déjà l’emprise des bâtiments de la Faculté.
18 Sbriglio, 1993, p. 112.
19 En raison de la déclivité du terrain et de la longueur du bâtiment, il compte 11 niveaux à l’ouest mais seulement 7 à l’est.
20 Collection personnelle de René Egger. Photographie reproduite dans Egger, 2001, p. 66.
21 La chaufferie était conçue pour l’ensemble de la faculté, des résidences et des installations sportives. Elle est décorée, côté faculté, d’une mosaïque en nuances de gris, dans le goût de Vasarely (auteur inconnu).
22 René Egger relate les raisons du faible état d’avancement de la voirie en 1966 : « D’abord il a fallu réaliser les voies et réseaux. " Je construirai la route principale d’accès" me dit Gaston Deferre, " efforcez-vous de votre côté d’obtenir du ministère le financement de celles à l’intérieur des 100 ha de l’université" ». Egger, 2001, op. cit. p. 73. Il fallut attendre 1969 pour que l’ensemble des routes et des terrassements soient achevés, les canalisations posées et l’éclairage public opérationnel. (Entretien avec René Egger, 5 mars 2014).
23 Egger, 2001, op. cit., p. 65-67. La chronologie est confirmée par un article paru dans L’Architecture Française en 1965 et qui évoque les autres réalisations devant « se construire très prochainement ». (L’Architecture Française, 1965, p. 9).
24 Courrier d’Albert Villard, architecte en chef de la ville de Marseille, à René Egger, en date du 1er avril 1963. Archives départementales de Marseille 65 J 28.
25 L’école des beaux-arts se trouvait depuis 1874 dans le Palais des Beaux-Arts, réalisé place Carli par Henri Espérandieu à cet effet.
26 Délibération du Conseil municipal du 9 juillet 1965, Archives départementales de Marseille 65 J 23.
27 René Egger, qui fut l’élève de Roger-Henri Expert à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, confie avoir « plutôt bien vécu le système des loges » en son temps. Cependant, en raison des limites de ce système et de l’emprise de « certains patrons trop directifs », il était conscient, lorsqu’il réalisa l’école d’architecture de Marseille, de répondre à un programme destiné à muter très prochainement. (Entretien avec René Egger, 14 février 2014).
28 Le budget initial de 20 millions de francs fut en effet réduit à 10 millions entre 1966 et 1968. Egger René, Avec Gaston Deferre, op. cit., p. 175-177.
29 Pour plus de détails, se référer à la plaquette « La Faculté de Médecine et de Pharmacie », éditée par l’Université d’Aix-Marseille en 1958.
30 L’ampleur des bâtiments de cours et de recherche a déjà été soulignée. Notons également les dimensions de certains équipements de la partie sud : le restaurant universitaire hexagonal mesurait 35 mètres de côté, sur deux niveaux, et les six bâtiments de résidences universitaires, hauts de 11,10 mètres (soit 4 étages sur rez-de-chaussée), atteignaient 95,10 mètres de long pour ceux des garçons, et 76,30 mètres pour ceux des filles.
31 « Luminy, un des points forts pour l’avenir de Marseille », non paginé.
32 Seuls 700 à 800 étudiants étaient alors inscrits, au lieu des 6 000 envisagés.
33 On l’estime alors à 1000-1200 étudiants.
34 Comme le souligne Christian Hottin, depuis le début des années 1960, l’État souhaitait en effet des travaux rapides. La revue Éducation nationale n’évoquait-elle pas, la réalisation d’une Faculté de Sciences « en 3 ans pour 30 ans » ? (Hottin, 2014).
35 Entretien avec René Egger, 14 février 2014.
36 Voir Egger, 2001, op. cit., p. 68-69.
37 Cf. « Luminy : un des points forts pour l’avenir de Marseille », 1982, op. cit.
38 Notons qu’au final, seuls trois quarts de cette barre furent construits, elle n’atteint donc pas la longueur envisagée dans les plans d’origine.
39 « Bibliothèque de l’ensemble universitaire de Marseille-Luminy », L’Architecture Française, no 319-320, 1969, p. 50-53.
40 Les plans de 1962, ainsi que plusieurs devis quantitatifs témoignaient en effet d’un projet ambitieux de plantation et d’aménagements paysagers, qui ne fut qu’en petite partie réalisé.
41 René Egger avait en effet prévu de faire intervenir plusieurs artistes dans le cadre du 1 % artistique, comme il le fit à Rangueil, à Montpellier ou à la Faculté de Médecine de la Timone. Cependant, seules les œuvres de la première tranche constructive furent réalisées : un relief d’Hans Hedberg sur le bâtiment de propédeutique (1968) et une sculpture d’Ossip Zadkine dans le patio entre la bibliothèque et le grand hall. Notons que cette sculpture, datée de 1966, fut acquise après le décès de l’artiste en 1967, en remplacement d’une œuvre plus monumentale qui devait être réalisée spécialement et placée devant le pignon ouest du bâtiment de deuxième cycle, créant un signal fort à l’entrée du campus.
42 Cf. Poirrier (dir.), 2009, p. 46 et suivantes. Voir aussi le dossier « Nouveaux Campus », p. 8.
43 Georges Mesmin était Directeur de l’équipement scolaire universitaire et sportif au Ministère de l’Éducation nationale. Mesmin, 1963, p. 1.
Auteur
-
Ève Roy
Laboratoire INAMA École Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille
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