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    Plan détaillé Texte intégral La laborieuse naissance de la Xe région La Xe région, organe de défense des intérêts régionaux La Xe région et l’émergence d’une sociabilité interconsulaire La Xe région face aux enjeux du développement économique régional Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Corps intermédiaires, marchands et vignerons en Languedoc 1704-1939

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    État, chambres de commerce et intérêt régional dans le Languedoc méditerranéen : la Xe région économique, de la fin des années 1910 au début des années 1930

    Philippe Lacombrade

    p. 139-159

    Texte intégral Bibliographie BIBLIOGRAPHIE Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Le poids de l’héritage tocquevillien, les orientations d’une recherche marquée par la tradition marxiste mais aussi la chute du régime de Vichy et la prise de pouvoir par des élites modernisatrices à la Libération ont longtemps poussé l’historiographie contemporaine à négliger le rôle joué par les corps intermédiaires dans le fonctionnement de l’État en France depuis l’épisode révolutionnaire et impérial1. Ayant essaimé sur l’ensemble du territoire national depuis leur rétablissement par Chaptal sous le Consulat2, les chambres de commerce occupent pourtant une place centrale dans la première expérience pratique de « régionalisation » du pays. Dès le mois d’août 1917 en effet, Étienne Clémentel s’appuie sur les assemblées et les circonscriptions consulaires pour remettre en cause une organisation administrative basée, depuis la Révolution française et l’Empire, sur le triptyque Préfet-Commune-Département et créer une nouvelle entité : la région économique. En liaison avec le mouvement d’étude des corps intermédiaires et de la société civile efficacement relancé depuis une vingtaine d’années par Pierre Rosanvallon et ses émules3, cette expérience a suscité l’intérêt des chercheurs et la publication de nombreux travaux, à vocation généraliste ou monographique4. Ces études ont permis d’éclairer la genèse et le fonctionnement des régions économiques mais aussi permis de redonner toute sa place à l’entre-deux-guerres dans l’histoire du processus de régionalisation de l’État républicain5.

    2Nous nous proposons ici de reprendre le dossier des régions économiques à partir d’un territoire peu étudié et de fonds d’archives originaux6 en nous centrant sur le comité de la Xe région, organisme dont la direction est assurée par la Chambre de commerce de Montpellier qui, dans sa configuration, épouse les limites d’un Languedoc méditerranéen7 élargi, par la volonté du législateur, au sud de l’Aveyron et à la Lozère. Dans le périmètre ainsi défini, l’entreprise de Clémentel s’appuie sur un réseau consulaire qui s’est constitué progressivement entre 1802 et 1909 autour des chambres de Montpellier et de Carcassonne8. Comment apparaît et s’acclimate la nouvelle institution dans le Languedoc méditerranéen ? Quelles fonctions assume-t-elle ? Quels sont le sens et les résultats des politiques qu’elle met en œuvre ? En quoi, au final, la Xe région économique est-elle un vecteur efficace de régionalisation tant au niveau de la mise en œuvre des politiques publiques que de la construction d’un sentiment d’appartenance ? Tel est notre questionnement sur les rapports entre corps intermédiaires et intérêts économiques.

    La laborieuse naissance de la Xe région

    Étienne Clémentel, les régions économiques et le Languedoc méditerranéen

    3Les régions économiques sont des produits de la Première Guerre et de la volonté réformatrice du ministre du Commerce radical Étienne Clémentel9. Leur création s’inscrit dans un projet global de réforme de l’État, qui, en essayant de dépasser le cadre départemental, vise à préparer l’après-guerre en rationalisant et en décentralisant l’organisation administrative et économique de la France. Le premier projet de découpage régional, publié en août 191710, donne lieu à une consultation des cent quarante-neuf chambres de commerce et à une tournée dans tout le pays d’Étienne Clémentel et de ses collaborateurs les plus directs entre le printemps et l’été 1918. Quelques mois plus tard, la publication des arrêtés ministériels du 5 avril 1919 et du 10 février 1920 entérine la naissance officielle de dix-sept régions économiques. Administrés par des comités régionaux, ces groupements sont composés de deux types de chambres de commerce : celles rattachées en première ligne et celles dites de 2e ligne, qui ont fait le choix de s’unir avec une autre région que celle à laquelle elles ont été rattachées primitivement11.

    4La Xe région fait partie des quatre régions mises en place par Étienne Clémentel dans le sud de la France12. Encadrée par les régions de Toulouse, Marseille, Clermont-Ferrand et Lyon, elle s’étire en une large bande orientée sud-ouest/nord-est (cf. carte) et englobe sept assemblées en ligne directe (tableau 1) – les trois chambres de commerce de l’Hérault, les deux de l’Aude ainsi que les chambres de Mende (Lozère)13 et de Millau (Aveyron) – et deux autres en deuxième ligne : les chambres d’Alès et de Perpignan (tableau 1).

    Tableau 1 : La Xe région économique selon l’arrêté du 5 avril 1919, source ministère du Commerce et de l’Industrie, Organisation des régions économiques, Paris, Imprimerie Nationale, 1920, p. 11-16

    Départements

    Chambres de commerce rattachées en 1re ligne

    Chambres de commerce rattachées en 2e ligne*

    Hérault

    Béziers, Sète, Montpellier

    Aude

    Carcassonne, Narbonne

    Gard

    Alès

    Pyrénées-Orientales

    Perpignan

    Ardèche

    Mende

    Aveyron

    Millau

    * CLÉMENTEL (Étienne), août 1917

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    Carte des régions économiques en 1927. Source : Y. M. Goblet, « La formation des régions. Introduction à une géographie économique de la France », Paris, 1942, p. 253. Cité par Ingo Kolboom, La revanche des patrons. Le patronat face au Front populaire, Flammarion, p. 94

    Vigne et identité régionale

    « Parmi les questions qui ont dominé notre ordre du jour, celles qui pour nous les dominent toutes, et pour cause, sont celles qui ont trait à la vigne et au vin. Des vingt régions économiques qui se partagent la France, il n’en est pas qui soient géographiquement mieux délimitées que la dixième, et il n’en est pas qui présentent un ensemble économique plus caractéristique que le sien, par le fait que sa production agricole est monoculturale presque absolument, que son commerce principal, primordial, est celui du vin provenant de cette monoculture, et que ses industries les plus nombreuses sont celles qui se rapportent au vin et à la vigne. Aussi les problèmes soulevés par la législation spéciale de la viticulture et, par la législation fiscale du vin, ont fait dans presque toutes nos séances l’objet de discussions approfondies, parfois âpres et vives »14.

    5Comme le rappelle le président Prats au moment de célébrer les dix années du Comité régional, la Xe région est avant tout la région de la vigne. Cette identité entre frontières régionales et viticulture est au cœur du découpage proposé par Clémentel dès le mois d’août 1917 : « la caractéristique de cette région nous est donnée, pour ainsi dire, par un seul fait, la vigne. Les autres productions, soie, métallurgie... apparaissent comme secondaires. L’évolution du Bas Languedoc est, dit M. Vidal de la Blache, orientée tout entière vers l’agriculture, et même la monoculture. Par Cette [il s’agit de Sète] et Port-Vendres, la région a ses portes ouvertes vers l’Algérie ; c’est par ces ports qu’elle reçoit les produits chimiques réclamés par la viticulture. Dans son université, elle trouve un centre d’études des maladies cryptogamiques »15.

    6Ce type de discours, parfois nuancé par des considérations géographiques ou historiques, est repris de manière récurrente par les publicistes16 et légitimé par les acteurs de terrain17. Mais cette assimilation entre vigne et région confère d’emblée une forte spécificité au Bas Languedoc. Alors que les conseillers de Clémentel, Vidal de La Blanche et Henri Hauser, entendaient calquer le nouveau découpage régional sur les zones d’influences des principales villes18, le choix des limites retenues pour la Xe région renvoie à deux caractéristiques fortes du Languedoc méditerranéen : le poids de la monoviticulture depuis le milieu du XIXe siècle19, et la faiblesse relative de ses villes à se mettre en relation avec la configuration d’un réseau urbain polycentrique20.

    Un Languedoc méditerranéen déchiré : Nîmes et la question gardoise

    7Si, dans tout le pays, la mise en œuvre du projet Clémentel se heurte aux conflits d’intérêts locaux et à « l’esprit de clocher »21, l’installation de la Xe région s’avère particulièrement laborieuse dans le Languedoc méditerranéen : près de trois ans et demi s’écoulent entre sa publication en août 1917 et l’inauguration officielle du groupement économique de Montpellier, le 2 décembre 1920. Le nouvel organisme est pourtant bien accueilli par les chambres de commerce de l’Hérault et de l’Aude. Dès le début, les consuls de Narbonne se félicitent de l’initiative « puisque le groupement des Chambres de commerce par régions économiques aura pour but de leur permettre de prendre une plus large part au développement de l’outillage et de la production nationale »22 ; à Sète, l’accueil est similaire et le projet perçu comme de nature « à augmenter la vitalité générale de la nation »23. C’est ainsi dans un climat de consensus que se déroule la réunion de constitution du groupement, le 28 juin 1918, en présence des trois envoyés de Clémentel24 et des délégués des chambres adhérentes. Après un long discours explicatif de Fighiéra, le principe de la création du nouvel organisme est approuvé à l’unanimité25.

    8Pourtant, la délimitation définitive de ses frontières retarde durablement la mise au travail effective du groupement. Primitivement rattachées à Montpellier, les chambres de commerce de Rodez et de Perpignan font ainsi le choix d’adhérer à la région de Toulouse26 tandis que celle de Mende se prévaut de ses liens historiques avec les Cévennes pour quitter la région de Clermont-Ferrand et intégrer la Xe région27. La difficulté principale résulte des débats qui entourent le sort des deux assemblées gardoises, celles d’Alès et de Nîmes, pressenties dans un premier temps pour rejoindre le groupement de Montpellier.

    Tableau 2 : La Xe région de Montpellier selon le premier projet Clémentel (août 1917)28

    Départements

    Chambres de commerce

    Hérault

    Béziers, Sète, Montpellier

    Aude

    Carcassonne, Narbonne

    Pyrénées-Orientales

    Perpignan

    Aveyron

    Millau, Rodez

    9Dans la préfecture du Gard, le projet Clémentel divise le milieu patronal. Soutenus par les consuls de l’Hérault, les négociants, la Société d’Agriculture et les syndicats viticoles de la ville revendiquent le rattachement à Montpellier. Dominée par les industriels, la chambre de commerce s’oppose à ce rattachement et privilégie l’union avec la région de Marseille29. Justifiant ce choix, elle considère en effet que la défense des intérêts nîmois passe par l’entente avec les chambres riveraines du Rhône pour favoriser l’aménagement et l’utilisation du fleuve « au point de vue de l’irrigation, de la navigation et de la force motrice »30. Elle met en avant la spécificité de sa production et de ses débouchés, vers le nord et l’est du pays – le bassin du Rhône et la région provençale – mais aussi le caractère déterminant du port naturel de Beaucaire pour les produits gardois. Dans sa volonté de rompre les attaches avec Montpellier, la chambre va jusqu’à mettre en cause le caractère unificateur du vin pour l’économie régionale : « la viticulture du Gard aussi bien que le commerce des vins ont souvent un intérêt différent de celui des autres départements viticoles. Les débouchés ne sont pas exactement les mêmes, le Gard expédie surtout dans l’Est et moins dans le centre ; les moyens de transport sont différents, le Gard emprunte la vallée du Rhône et le Rhône au lieu de la voie de Neussargues »31.

    10Ces prises de position répétées poussent Paul Arnavielhe, le président de la Chambre de commerce de Montpellier et de la Xe région, à multiplier les entrevues et les tentatives de conciliation32. Ses démarches débouchent finalement sur une semi-victoire. La Chambre de commerce d’Alès consent à se rattacher en deuxième ligne à la région de Montpellier33 mais celle de Nîmes repousse de manière définitive cette perspective lors de sa séance du 5 octobre 192134 : c’est ainsi coupée de la préfecture du Gard que la Xe région débute son histoire.

    La Xe région, organe de défense des intérêts régionaux

    Carte « La Xe région économique ». Source MEGGLE (Armand), Atlas, guide économique et touristique des régions de France et d'Algérie-Xe région économique, Montpellier. Paris, 1927

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    La Xe région et la fabrique de l'intérêt régional

    11L’arrêté du 9 avril 1919 avait fixé le cadre de l’action des régions « aux questions in­téressant au moins les circonscriptions de deux des chambres de commerce agrégées au groupement ». Pour préserver la souveraineté des chambres, Étienne Clémentel avait néanmoins prévu un mécanisme qui permettait à chaque assemblée de ne pas se trouver engagée par un vote jugé contraire aux intérêts de sa circonscription : en cas d’opposition minoritaire à une décision, celle-ci restait exécutoire dans le périmètre du comité à l’exception du ressort des organismes réfractaires35. Ce système, qui évitait les blocages éventuels, invitait aussi les instances exécutives des régions à rechercher le consensus le plus large au sein de leur Comité. Ce souci de l’unité et de la représentativité se retrouve dans les modalités de composition des instances de la Xe région. Chargé d’administrer la région, depuis sa constitution officielle le 2 décembre 1920, le Comité régional comprend des représentants de chacune des chambres adhérentes, soit le président et un membre désigné pour 6 ans par ses pairs36. Nommé à la majorité absolue et pour un an renouvelable, le bureau est certes dominé par les Montpelliérains, qui placent un des leurs à la présidence et ont la mainmise sur la trésorerie et, à un degré moindre, sur le secrétariat (tableau 2). Mais l’attribution par roulement des deux postes de vice-présidents à des délégués des chambres « périphériques » ainsi que l’habitude prise, à partir de 1928, de désigner un délégué de chaque chambre pour siéger dans la commission des finances atténue largement la portée de cette domination.

    Tableau 3 : le bureau de la Xe région (1921-1931)37

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    12Cette recherche du consensus détermine aussi les modalités de définition de l’agenda du Comité. Soucieux d’y associer l’ensemble des chambres, Paul Arnavielhe avait chargé dès le mois de mars 1921 le secrétaire général, Raoul Maurin, d’entamer une tournée dans la circonscription régionale pour rencontrer les consuls et opérer avec eux l’inventaire des questions relevant de l’intérêt commun38. La pratique se perpétue : toutes les chambres sont ainsi sollicitées pour définir le programme de travail, les sujets débattus en séance ont fait l’objet d’une approbation collective en amont et sont généralement introduits par la lecture d’un rapport émanant d’une des chambres adhérentes39.

    La Xe région et l’émergence d’une sociabilité interconsulaire

    13L’arrêté du 5 avril 1919 avait fixé au nombre de trois le nombre minimal de réunions annuelles du comité. Entre 1921 et 1931, cette périodicité est respectée neuf années sur onze avec des années de basses eaux (deux réunions en 1927 et 1928) et certaines de très forte activité (cinq réunions en 1922 et 1925, quatre en 1931). Le trend est plus régulier en ce qui concerne la participation aux réunions : de sept à dix-sept consuls sont présents entre 1921 et 1925, de quatorze à vingt-cinq entre 1926 et 1929, de dix-sept à vingt-six en 193140. À l’échelle des chambres, la participation témoigne d’un degré d’adhésion important à l’institution (tableau 4). Si les chambres de l’Hérault sont plus présentes, les assemblées plus périphériques, à l’exception de celle de Perpignan, font preuve d’une assiduité tout à fait remarquable.

    Tableau 4 : la participation des chambres de commerce adhérentes aux réunions de la Xe région (sur vingt-cinq)41

    Alès

    Béziers

    Carcassonne

    Mende

    Millau

    Montpellier

    Narbonne

    Perpignan

    Sète

    19

    22

    19

    18

    15

    25

    22

    6

    25

    14La région devient ainsi progressivement le support d’une véritable sociabilité interconsulaire, avec les rituels qui l’accompagnent. L’habitude est ainsi prise en début de réunion de rendre compte des principaux évènements de la vie consulaire régionale : décès ou promotion dans l’ordre de la Légion d’honneur d’un membre du Comité ou d’un président, nomination dans une commission, résultat des élections consulaires, renouvellement des bureaux locaux42... La tradition s’impose aussi de décentraliser une réunion par an en dehors de la capitale régionale : la Chambre d’Alès inaugure la pratique en 1926, suivie de celle de Millau en 1927, de celle de Perpignan en 1928 et de celle de Sète en 1931. Dans la continuité d’une tradition de sociabilité élitaire, ces réunions se transforment, une fois l’ordre du jour épuisé, en véritables manifestations mondaines avec banquets, visites de lieux touristiques ou promenades collectives. La réunion organisée à Millau en 1927 se termine ainsi par une excursion dans la vallée de la Jonte, puis une visite de l’Aven Armand, une descente en barque jusqu’au cirque des Baumes et un banquet au Rozier, à la sortie aval des gorges du Tarn43. À Sète, en 1931, les débats sont suivis par un déjeuner sur l’étang de Thau et une promenade en mer44.

    Des ressources limitées

    15Pour assurer son fonctionnement quotidien, le comité régional avait recruté dès 1921 un secrétaire général. Après l’examen des nombreuses candidatures, le choix du bureau se porte sur l’ancien secrétaire de la Chambre de commerce de Sète, Raoul Maurin45, qui devient, à l’image d’Hubert Lagardelle à Toulouse, la cheville ouvrière du groupement. Pour mener à bien son travail, Raoul Maurin ne peut cependant s’appuyer que sur des ressources modestes. La Chambre de commerce de Montpellier met certes à sa disposition ses locaux de l’Hôtel Saint-Côme et les services de son secrétariat. Mais les ressources financières sur lesquelles il peut s’appuyer – elles proviennent d’une contribution de chaque chambre adhérente – sont limitées, même si elles sont orientées à la hausse : 40 000 francs en 1922, 56 400 francs en 1928, 82 300 francs en 193146.

    16Pour donner un certain écho à sa politique dans l’opinion publique, le Comité avait développé, dès sa création, une politique de communication en direction de la presse. Il avait pris l’habitude de rédiger, après chaque séance, un communiqué qui, sous forme de compte rendu, était envoyé aux journaux régionaux ainsi qu’au Marseillais, au Provençal et à La Dépêche du Midi47. Cette politique prend une dimension supplémentaire à partir de 1923. La décision est alors prise, sur le modèle des régions de Bordeaux et de Toulouse48, de créer un journal spécifique au Languedoc méditerranéen. Son premier numéro paraît le mardi 16 octobre 1923.

    17Mais l’expérience tourne vite court faute de rentabilité financière. D’abord quotidien puis hebdomadaire, L’Économiste Méridional, après cent-dix-sept numéros, devient mensuel et adopte un format « revue » à partir de mai 1927. Il cesse définitivement de paraître à la fin de l’année 192849.

    18Faute de moyens humains, financiers et médiatiques suffisants, le pouvoir du Comité repose d’abord sur l’expertise et la solidarité de ses membres. Il bénéficie aussi des relations qu’il a su nouer, et qu’il entretient par la correspondance ou des actions communes avec un certain nombre d’acteurs susceptibles d’éclairer, de reprendre, d’appuyer ou de relayer auprès des pouvoirs publics ses prises de position : offices de transport du Sud-Ouest et du Sud-Est50 ; régions économiques de Bordeaux, Toulouse et Marseille ; assemblée des présidents des chambres de commerce ; conférence des chambres de commerce méditerranéenne51... Pour faire avancer ses revendications, le groupement peut aussi compter sur de nombreux relais au sein des syndicats viticoles, de la Confédération Générale de la Viticulture mais aussi des milieux politiques local et national52.

    La Xe région face aux enjeux du développement économique régional

    19Dès sa mise en place, les membres de la Xe région investissent pleinement le nouvel organisme. Lors de la première séance du Comité, son secrétaire général dresse les contours d’un programme à la fois ambitieux et méthodique qui vise à assurer la défense des intérêts communs, à soutenir les activités existantes mais aussi à mettre en valeur les richesses inexploitées de la région53. Le comité régional entend ainsi favoriser la reconstruction mais aussi la modernisation de l’économie régionale au lendemain d’une guerre qui l’a profondément déséquilibrée.

    De la volonté de conquête au tournant régulateur et protectionniste : le vin au cœur des préoccupations régionales54

    20Les membres du comité s’expriment régulièrement sur les questions d’intérêt national et apportent leur soutien à de nombreux secteurs de l’activité régionale : ganterie et tannerie millavoises, bonneterie de soie de Ganges, fromagerie de Roquefort, exploitations forestières et sciages de la Lozère et des Corbières, chapellerie de feutre de l’Aude, fabriques de chaussures du Gard et de l’Aude55. Dans une région fortement marquée par la monoviticulture, leurs débats sont cependant dominés par les questions viticoles. Au lendemain de la guerre, le comité se fait le porte-parole d’une politique globale et offensive dans ce domaine.

    21Lors de la séance du 28 juin, le Carcassonnais Joseph Genié développe ainsi une série de propositions qui visent à faire de la France « le spécialiste du vin sur le marché mondial » : mise en place d’une politique viticole basée sur la collaboration entre les autorités publiques, les chambres de commerce et les syndicats professionnels et création au ministère du Commerce d’une commission de défense commerciale et industrielle qui « serait le Grand quartier général où s’élaborerait avec force et précision, le plan de combat pour la lutte économique internationale, pour la défense et l’illustration des « vins de France »56. Très vite, néanmoins, l’évolution de la conjoncture amène le Comité à adopter des positions plus défensives. La réception, le 24 septembre 1924, d’une délégation de parlementaires des groupes viticoles de la Chambre des députés et du Sénat, est l’occasion, pour le président Arnavielhe, d’exposer les craintes et les requêtes du commerce des vins : refus de la prohibition des vins étrangers, baisse des tarifs de transport, encouragement à l’exportation et à la vente de raisins de table, lutte « impitoyable » contre la fraude, défense des appellations d’origine, égalité de traitement avec les coopératives de vente57.

    22L’année suivante, le groupement entame une collaboration active avec la Confédération générale Viticole afin de trouver des solutions à la crise viticole58. Dans un contexte qui se dégrade, la question du contingentement de la production apparaît sur l’agenda du Comité à la fin des années 1920. Après une première discussion en avril 1929, les positions se cristallisent lors de la séance du 23 mai 1929. Alors que les consuls de Carcassonne et de Béziers réclament un contingentement des importations algériennes, une majorité de délégués récuse une solution jugée inappropriée et trop radicale. Malgré ces différences d’appréciation, un texte de compromis qui limite le recours au sucrage, la mise sur le marché des vins « anormaux » et autorise, « dans l’intérêt bien compris du producteur, du commerçant et du consommateur » la surveillance des vins prohibés jusque dans la cave du producteur, est adopté à l’unanimité59. Cette unanimité dans la recherche d’une solution à la crise est confirmée le 24 mars 1931. Après un examen détaillé, les consuls approuvent le projet de loi déposé en mai 1930 par le député Labroue, soit une série de mesures qui, posant les premiers jalons du Statut de la Viticulture, visent à endiguer l’effondrement des prix : taxes à la surproduction, taxes de surplantations, fixation par décrets et par régions de la composition des vins normaux, contrôle des vins dans les chais des déclarants, blocage lors des années de surproduction60...

    23La politique commerciale et douanière du Comité enregistre ce tournant protectionniste et régulateur à la fin des années 1920. Au lendemain de la guerre, le groupement se veut pourtant le fer de lance de la conquête de nouveaux débouchés par le vin et les autres produits régionaux. La création, en liaison avec l’Office national du commerce extérieur, d’un organisme spécialisé, l’Agence régionale du Commerce extérieur, traduit cette ambition. Mise en place en 1922, l’agence a pour mission de favoriser « la connaissance des marchés, des législations douanières étrangères, des moyens économiques de transport et de communication »61. Elle transmet directement aux maisons de commerce intéressées les renseignements relatifs au commerce d’importation et d’exportation, dresse un fichier des commerçants et industriels de la région et est à l’initiative de la publication d’un Annuaire Général du Languedoc Méditerranéen62. Cette volonté de conquête s’étiole progressivement et le souci de préservation des positions sur le marché national et colonial dans le cadre d’un protectionnisme raisonné devient, dès le milieu des années 1920, une priorité défendue et assumée. Amené à se prononcer sur un projet de trêve douanière, initié au début des années 1930 par la Société des Nations, le Comité lui oppose un vote unanime – la proposition est jugée « prématurée et dangereuse au point de vue de l’économie nationale »63 –, vote qu’il réitère à deux occasions lorsqu’il est appelé à donner son avis sur un projet de création de zones franches dans les ports64.

    Les Compagnies de chemin de fer et l’État contre le Midi ? Les transports au cœur des difficultés régionales

    24Dans le domaine des transports, le Comité régional affiche l’ambition de saisir les opportunités offertes par les nouvelles techniques de mobilité. Conscient des perspectives ouvertes par « l’énormité et la soudaineté du développement de la circulation routière », il entend encadrer ce développement par la mise en place d’une politique nationale et régionale des routes65. Il manifeste un intérêt similaire pour l’équipement téléphonique de la région. Il appuie de ses vœux la création d’une deuxième ligne Sète-Paris (1921) et milite pour la construction d’une ligne souterraine entre Toulouse et Avignon afin de favoriser les relations de la région avec Marseille, Lyon, l’Espagne, Toulouse et Narbonne (1929)66.

    25Pour l’essentiel, il reste cependant fidèle à une politique visant à préserver l’équilibre entre transport ferroviaire et transport par voie d’eau. Il s’agit, d’un même mouvement, d’assurer la pérennité du trafic fluvial, d’éviter le monopole des compagnies de chemin de fer sur le fret et de peser à la baisse sur les prix de transport. Mais, de fait, l’exercice s’avère impossible. Délaissés pendant la guerre, les canaux du Midi sont dans un état lamentable et leur trafic est fortement ralenti par les difficultés de navigation67. Malgré une mobilisation permanente en leur faveur et des appels incessants lancés à l’État pour qu’il assume ses responsabilités, le Comité échoue, durant toute la décennie, à bousculer l’inertie de l’administration68.

    26Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’il entretient des relations exécrables avec les compagnies du Midi et du PLM. La publication, en 1920, de tarifs supprimant les tarifs fermes et spéciaux, met le feu aux poudres et inaugure une décennie de protestations, souvent vaines, contre la politique des compagnies. Alors que la modification entraine une hausse de 400 à 600 % des prix pratiqués entre Béziers et Paris-Bercy pour le transport des vins, Paul Arnavielhe lance un premier assaut en 1921 : « de la sorte, pour certains parcours et pour certaines marchandises, les prix appliqués aujourd’hui se trouvent majorés dans des proportions exagérées et surtout dans des proportions inégales ; des situations acquises ont été détruites, les prix en devenant sensiblement proportionnel aux distances, ont entrainé, sous le couvert d’une « justice géographique », des « injustices économiques profondes »69.

    27En 1924, il profite de la visite d’une délégation parlementaire pour dénoncer la campagne menée « contre les demandes légitimes du Commerce et de la Viticulture du Midi » par les ports de commerce de la Manche » qu’il accuse d’agir de concert avec les compagnies pour détourner à leur profit le trafic des vins d’Algérie et d’importation et pour tarir de manière délibérée, au seul profit des « vins exotiques », les marchés conquis dans les régions du Nord et de l’Est par les produits méridionaux70. Face à cette situation, le Comité ne reste pas inactif. En collaboration avec la CGV et la Fédération du commerce des vins, il signe, en octobre 1925, un accord avec des compagnies de navigation pour acheminer, par mer et à des tarifs préférentiels, les vins méridionaux vers Rouen et Dunkerque71. Lors de la séance du 26 novembre 1929, le Comité dénonce une nouvelle fois les pratiques déloyales des compagnies. Si celles-ci ont rétabli partiellement les prix fermes entre centres de production et centres de consommation, c’est au prix de la mise en place de tarifs qui ont « pour dessein avéré de concurrencer la voie fluviale et les transports automobiles »72.

    La Xe région et le devenir du territoire régional

    28Les consuls de la Xe région sont sensibles aux enjeux du désenclavement des portions les plus isolées du territoire régional. Dès le 28 juin 1921, ils réclament ainsi le prompt rétablissement des horaires d’avant-guerre pour les lignes ferroviaires de montagne avec maintien toute l’année de l’express Paris-Béziers par Neussargues, une meilleure organisation de la ligne Marvejols-Mende, une accélération de la marche du train 1774 entre La Bastide et Mende avec création d’un train supplémentaire à 4h30 pour permettre la correspondance avec le Nîmes-Paris et le Langogne-Nîmes, la mise en service de wagons-couloirs avec WC sur la ligne Marvejols-La Bastide73. L’essentiel de leurs demandes en matière d’horaires vise néanmoins à améliorer le passage dans les gares de Sète avec suppression des ruptures de charge et raccourcissement des battements et à assurer une liaison quotidienne aller-retour entre tous les centres de la région et Montpellier74.

    29Le Comité se montre aussi soucieux de mettre en valeur les ressources encore inexploitées de la région. Il entend initier une politique de reboisement des forets méridionales dans le but de « reconstituer la matière première des innombrables industries du bois », de « régulariser le régime des pluies et prévenir les inondations » et de « créer les réserves d’eau indispensables à la formation de l’énergie électrique », les forêts étant les plus sûrs bassins de retenue75. Pour mettre en œuvre ce programme, il crée, en 1928, un Comité Régional du Bois à qui il donne la double mission de mener « une action vigoureuse... pour faire établir une législation favorable au reboisement » et de se mettre « à la tête d’initiatives pratiques et effectives de reboisement portant sur tous les points de notre territoire régional »76. La région souhaite aussi donner une impulsion nouvelle au développement du tourisme régional77. Elle entend œuvrer de concert avec les syndicats d’initiative pour faciliter l’accès aux sites, pour encourager l’essor et la modernisation des infrastructures hôtelières mais aussi pour mettre en place une véritable formation professionnelle78.

    30En termes d’aménagement du territoire, la priorité du Comité va cependant à l’aménagement des ressources hydrauliques et à l’électrification de la région : « cet aménagement des richesses hydrauliques de notre région intéresse à la fois la plaine et la montagne. Si la plaine est seule intéressée à l’irrigation, la montagne et la plaine ont un égal besoin de force motrice pour leurs industries : là pour les tanneries, les bonneteries, les filatures, les ganteries, les soieries, les minoteries..., ici pour les raffineries, les distilleries, les produits chimiques, la fabrication des machines agricoles, les mille petits moteurs des entreprises petites et moyennes, l’éclairage privé et public et enfin pour traiter sur place les minerais d’aluminium que nous possédons en abondance et que nous envoyons en partie à l’étranger. Provoquer la mise en valeur et assurer une répartition équitable des richesses de cet ordre qui constituent le fonds commun de notre région est un devoir imminent »79.

    31Le Comité joue ainsi un rôle moteur dans la diffusion de l’électricité en milieu rural. Après avoir créé un Office Régional de l’Énergie Électrique (OREE), il organise un congrès de l’électrification rurale qui réunit à Montpellier, du 7 au 10 juin 1923, fonctionnaires des Ponts-et-Chaussées et du Génie Rural, directeurs de sociétés électriques, délégués des chambres de commerce, représentants syndicaux du commerce, de l’industrie et de l’agriculture, hommes politiques et publicistes spécialisés80. En 1926, il associe les régions de Toulouse et de Marseille à cet effort de propagande et, dans le cadre d’une commission interrégionale, l’OREE organise plusieurs réunions de coordination à Montpellier avec des délégués des trois groupements81. Au début des années 1930, l’OREE réoriente sa politique. Le mouvement de construction de lignes et de barrages étant lancé82, il œuvre désormais, de concert avec le comité régional de Clermont-Ferrand (XVIIe région), en faveur de l’électrification des chemins de fer du Midi83. Sa contribution pratique à l’aménagement du Rhône est plus limitée. Le Comité porte pourtant une politique ambitieuse dans ce domaine. Il s’agit en effet d’encourager la production de houille blanche, d’améliorer la navigabilité du fleuve et des canaux du Midi, de favoriser l’irrigation et l’arrosage des vignes mais aussi de préparer la sortie progressive de la monoviticulture « par l’affectation des terres sèches à une culture plus rémunératrice que la vigne »84. En effet, « pour faire revivre la polyculture, il faut donner aux producteurs de vins à faible profit les moyens de tirer meilleur parti de leur terre. Pour cela il faut de l’eau. Cette eau ne peut venir que du Rhône ou de l’Hérault »85.

    32Durant toute la décennie, la région multiplie les prises de position et participe à des mobilisations pour faire pression sur les pouvoirs publics et accélérer le début des travaux86. Mais, faute de moyens financiers autonomes et suffisants, elle ne joue qu’un rôle secondaire dans la mise en œuvre effective du programme d’aménagement du Rhône.

    33Le 8 avril 1930, le fabricant de bonneterie Félix Teyssèdre et le négociant en grains et fourrages Jean Beauquier sont accueillis en grande pompe dans les locaux de l’Hôtel Saint-Come : une décennie après une rupture douloureuse, les représentants de la Chambre de commerce de Nîmes font leur entrée officielle dans la Xe région87. Ce retour, qui scelle la réunification du Languedoc méditerranéen, est salué comme il se doit par le nouveau président de la Région, Jean Prats, alors qu’il dresse le bilan d’une décennie d’action du Comité régional : « l’esprit dans lequel nous avons collaboré jusqu’ici ; l’harmonie qui n’a jamais cessé de régner parmi nous, même au milieu des plus vives controverses, qui sont toujours restées courtoises et de bonne foi, le sentiment toujours plus vif de la solidarité qui unit tous les membres de la Xe région, sentiment qui a fini par exercer sur nos amis du Gard une attraction déterminante, tout a concouru à donner à nos travaux et à nos délibérations la force et l’autorité qu’ils méritent, et qu’en haut lieu on a su apprécier. L’adhésion de la Chambre de commerce de Nîmes, que nous avons accueillie il y a un an, a été pour nous une satisfaction autant matérielle que morale : la Xe région est maintenant au complet ».

    34Prolongeant son discours, Jean Prats précise : « l’unité de la Xe région a existé de tout temps : virtuellement déjà avant la création du groupement de nos chambres, effectivement, et chaque jour plus étroitement, depuis ! C’est un hommage que je suis heureux de rendre à tous les bons artisans de l’œuvre régionale... »88. À rebours des jugements pessimistes souvent formulés, ce constat témoigne de la réussite de l’expérience des régions économiques dans le Bas Languedoc et le Roussillon. Plus qu’ailleurs sans doute, la Xe région y constitue en effet un agent efficace de régionalisation des politiques publiques et des consciences. On peut certes relever les limites de son action : manque de moyens financiers, combat d’arrière-garde quand elle fait des canaux l’un des piliers du développement régional, incapacité d’imposer à l’État et aux compagnies de chemin de fer ses vues en matière de politique des transports... Mais, sa capacité à fédérer des intérêts, à tisser des liens et de la solidarité entre les représentants de territoires divers, à réunir autour de combats communs des forces jusqu’alors fragmentées, lui permet, tout au long des années 1920, d’incarner un intérêt économique régional qu’elle décline sous la forme de politiques, plus ou moins novatrices, mais toujours défendues avec pugnacité, en particulier quand elles organisent la défense des intérêts viticoles.

    35À l’heure où la loi NOTRe89 s’apprête à redessiner le paysage régional du pays, la quasi-identité entre le périmètre de la Xe région, telle qu’elle s’affirme à l’orée des années 1930, et celui de la région Languedoc-Roussillon, telle qu’elle a été créée en 1982 et remodelée en 2015-16, mérite d’être soulignée90. Ainsi, comme l’affirme Christophe Bouneau, il existe bien une continuité fondamentale, dans l’histoire de la régionalisation économique française, entre l’expérience Clémentel et les politiques de décentralisation mises ultérieurement en œuvre sous les IVe et Ve Républiques91. Les corps intermédiaires publics ont le vent en poupe.

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    Notes de bas de page

    1 Sur cette problématique, voir KAPLAN (Stephen-L.) et MINARD (Philippe) dir., 2004 ; CHATRIOT (Alain) et LEMER-CIER (Claire), « Les corps intermédiaires », 2002, p. 691-699.

    2 Pour une première approche de l’histoire des chambres de commerce, CONQUET (André), 1984.

    3 Voir par exemple, ROSANVALLON (Pierre), 1990, ou plus récemment, 2004 ; CHATRIOT (Alain), 2002 ; LEMER-CIER (Claire), 2001 ; cf. aussi notre thèse LACOMBRADE (Philippe), 2002.

    4 Citons, entre autres, CHATRIOT (Alain), 2002, p. 53-66, ou VEITL (Philippe), 1992. Christophe Bouneau donne de nombreuses informations sur la naissance des régions économiques et le fonctionnement des régions de Bordeaux et de Toulouse dans sa thèse d’habilitation à diriger des recherches, BOUNEAU (Christophe), 1998. Réseaux ferroviaires, réseaux électriques et régionalisation en France du milieu du XIXe siècle au second conflit mondial. Contribution à l’histoire économique et sociale des espaces régionaux, sous la direction de François Caron, Université de Paris IV-Sorbonne ; DRUEL-KORN (Clathilde), 2012, p. 40-54.

    5 Processus toujours en cours avec la discussion actuelle autour de la loi NOTRe. Sur cette histoire, MIOSSEC (Jean-Marie), 2008 ; dans une optique de sciences politiques, voir aussi FRINAULT (Thomas), 2012 ; PASQUIER (Romain), 2012.

    6 Elles sont conservées aux Arch. départ. Hérault (ci-après AD34) sous la cote 14 ETP 1-134. Les archives de la Chambre de commerce de Béziers contiennent l’intégralité des procès-verbaux des séances de la Xe région pour la période 1921-1931 sous la cote 10 ETP 122-124.

    7 Même si ce choix peut être discutable, nous entendons par là l’espace englobé par les départements actuels des Pyrénées-Orientales, de l’Aude, de l’Hérault et du Gard ; il correspond dans notre esprit à ce que les historiens et les géographes identifient parfois au Bas Languedoc.

    8 Sur cette histoire, LACOMBRADE (Philippe), 2004, p. 63-119.

    9 CHATRIOT (Alain), 2002, p. 53-66.

    10 CLÉMENTEL (Étienne), août 1917, AD34.

    11 MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE, 1920, p. 11-16.

    12 La région de Bordeaux (8e) comprend les Chambres de commerce de Libourne, Mont-de-Marsan, Bayonne, Bergerac, Agen, Auch et 10 chambres rattachées en 2e ligne : Tulle, Angoulême, Périgueux, Rochefort, Cahors, Castres, Mazamet, Montauban, Tarbes et Clermont-Ferrand ; la région de Toulouse (9e) comprend les chambres de Cahors, Montauban, Albi, Castres, Mazamet, Tarbes, Toulouse, Foix, Rodez, Perpignan et, en 2e ligne, les 5 assemblées d’Auch, Agen, Sète, Carcassonne et Narbonne ; la région de Marseille (11e) englobe les chambres d’Alès, Nîmes, Avignon, Marseille, Arles, Digne, Gap, Toulon, Ajaccio et Bastia. Ces deux dernières forment une sous-région avec Bastia comme centre, MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE, 1920, p. 13-14.

    13 Ce rattachement a été sollicité par la chambre de Mende, HAUSER (Henri), 1924, p. 86.

    14 AD34, Archives de la Chambre de commerce et d’industrie de Béziers, séance du 27 octobre 1931, 10 ETP 124.

    15 CLÉMENTEL (Étienne), 1917.

    16 Ainsi Louis Thomas, retraçant en 1927 la genèse de la région, évoque quatre domaines physiques - la montagne, la garrigue, la plaine, le littoral - la spécificité du climat, les facilités de communication mais aussi l’importance des héritages historiques liée à la présence romaine et à la tradition drapière. Il n’en conclut pas moins au rôle cristallisateur de la vigne : « La vigne est, pour la région entière, l’élément essentiel de l’activité économique. Ce long vignoble, cette énorme usine à vin étalée sur plus de deux cents kilomètres du Rhône aux Pyrénées, il faut les voir, non pas isolés, mais accompagnés de mille industries annexes [...] La vigne, dans la Xe région économique, est l’élément essentiel, non pas seulement de la production agricole, mais aussi de la production industrielle et du mouvement commercial. C’est surtout pour son service, direct ou indirect, que la solidarité régionale s’applique à l’exploitation des mines et des chutes d’eau, à l’amélioration et à l’extension des réseaux de route et de voie ferrée, à l’utilisation plus rationnelle des deux grands ports régionaux de Cette et de Port-Vendres » ; THOMAS (Louis-J.), « historique de la région », dans MÈGGLE (Armand), 1927, p. 11-13. L’analyse, avec référence aux états provinciaux de l’Ancien Régime, est reprise dans ses grandes lignes par Raoul Maurin, le secrétaire général de la Xe région, dans sa conférence faite à l’École de Perfectionnement de l’Intendance le 19 octobre 1931, AD34, Xe région, 14 ETP 1.

    17 Ainsi, dans un rapport du 10 octobre 1917, les consuls de Sète se félicitent du regroupement opéré entre trois départements viticoles « dont les intérêts communs sont évidemment caractérisés surtout par la vigne et le vin », AD34, ACCIS, séance du 10 octobre 1917, 6 ETP 44.

    18 Comme il est précisé dans le projet de division de la France : « Il est intéressant de voir comment les régions françaises se font en ce moment elles-mêmes. Elles naissent par leur centre et non par leur périphérie. Elles sont une conséquence du rôle de plus en plus important joué en France par les grandes agglomérations urbaines », CLÉMENTEL (Étienne), août 1917.

    19 Sur la conversion du Bas Languedoc à la monoviticulture, voir DUGRAND (Raymond), 1963 ; sur l’histoire de la viticulture dans la région, voir les nombreux ouvrages de Geneviève Gavignaud-Fontaine dont GAVIGNAUD-FON-TAINE (Geneviève), 2000, et GAVIGNAUD-FONTAINE (Geneviève), LARGUIER (Gilbert), 2007.

    20 Le fait est signalé par le secrétaire général de la Xe région, Raoul Maurin : « La Xe région est peut-être la seule qui n’ait pas de capitale prédominante, de centre qui absorbe, résume et commande. On dit : la région économique de Marseille, de Grenoble, de Lille par exemple. On ne dit pas : la région de Montpellier car, une et forte, solidaire et individualisée, elle n’a cependant en Montpellier qu’une capitale administrative, dont l’influence économique est réelle certes, mais partagée avec les autres centres régionaux, et à qui l’on ne reconnait qu’une suprématie, celle qu’elle doit au prestige de son université millénaire » dans L’Industrie et l’agriculture dans la Xe région économique, conférence faite à l’École de perfectionnement de l’Intendance, 19 octobre 1931, AD34, Xe région, 10 ETP 1.

    21 Selon l’expression d’Henri Hauser, HAUSER (Henri), 1924.

    22 Archives de la Chambre de commerce et d’industrie de Narbonne, séance du 30 août 1917.

    23 AD34, ACCIS, séance du 10 octobre 1917. À Béziers, Henri Fortuné affirme au nom de la chambre : « tout le monde est d’accord pour juger nécessaire d’organiser notre vie économique sur des bases régionales. En vue des luttes économiques que nous prévoyons pour l’avenir, il paraît nécessaire de grouper les forces éparses sur le territoire, de les associer dans une action commune et de leur donner une représentation, qui leur permette de devenir d’utiles auxiliaires du pouvoir central, dans l’œuvre de rénovation économique qu’il poursuit » AD34, ACCIB, séance du 23 janvier 1918, 10 ETP 122.

    24 Fighiera, directeur des Affaires commerciales du ministère du Commerce, l’historien Henri Hauser et le secrétaire général de la Haute-Loire Allégret.

    25 AD34, ACCIS, séance du juin 1918.

    26 La Chambre de commerce de Perpignan estime qu’il existe une solidarité d’intérêt entre les Pyrénées-Orientales et la région de Toulouse dans la mesure où Port-Vendres est le débouché naturel de la région pyrénéenne en Méditerranée, AD66, ACCIP, séance du 23 septembre 1923.

    27 HAUSER (Henri), 1924, p. 86.

    28 CLÉMENTEL (Étienne), août 1917.

    29 BRUN (Pierre), 1928, p. 41.

    30 Archives de la Chambre de commerce et d’industrie de Nîmes, séance du 4 juillet 1917, Arch. dép. Gard (ci-après AD30), 48 J 21.

    31 AD30, archives de la Chambre de commerce et d’industrie de Nîmes, séance du 4 juillet 1917, 48 J 21.

    32 Le 23 mai 1921, il organise une réunion à Nîmes avec leurs représentants ; le 22 septembre, il sollicite une nouvelle fois l’adhésion de Nîmes et d’Alès, AD34, Xe région, 14 ETP 5.

    33 Ce rattachement est confirmé à Paul Arnavielhe par les consuls d’Alès le 8 juin 1921, AD34, 14 ETP 5.

    34 Lettre de Félix Teyssedre à Paul Arnavielhe, AD34, Xe région, 14 ETP 5. Les Chambres de commerce de Nîmes et d’Alès sont finalement rattachées à la XIe région, celle de Marseille.

    35 Ministèe du Commerce et de l’Industrie, 1920.

    36 AD34, ACCIB, Statuts du 10e groupement économique régional adoptés dans la réunion du 2 décembre 1920, 10 ETP 122. La Chambre de commerce de Montpellier a droit à trois membres.

    37 AD34, ACCIB, 10 ETP 122-124.

    38 Comme l’indique le président Arnavielhe, dans une lettre du 7 mars 1921 adressée au président de la Chambre de commerce de Béziers, Achille Gaillard, « il s’informera auprès de vous, et auprès des membres de votre chambre chez qui vous croirez devoir le diriger, des préoccupations de votre compagnie qui dépassent les limites de votre circonscription, des questions d’ordre régional qui vous intéressent particulièrement, et de celles d’ordre général sur lesquelles il vous paraitrait souhaitable qu’un accord se fasse ente toutes les chambres de notre région », AD34, Xe région, 10 ETP 5.

    39 La séance du 28 juin 1921 s’articule autour de trois interventions du président Arnavielhe - au sujet du marché des vins, des bureaux d’affrètement et de la construction d’un circuit téléphonique entre Sète et Paris - et d’un ensemble de rapports soumis à la délibération des délégués par les représentants des chambres qui les ont rédigés et soumis à l’examen du Comité : rapports sur le canal du Midi présenté par la Chambre de commerce de Montpellier, sur les tarifs de transport de chemin de fer, sur la question de l’exportation des vins rédigés par les consuls de Carcassonne, sur l’inflation monétaire présentée par Jean Prats au nom de la Chambre de Sète, AD34, ACCIB, séance du 28 juin 1921, 10 ETP 122.

    40 AD34, ACCIB, 10 ETP 122-124.

    41 Ibid., ACCIB, 10 ETP 122-124.

    42 Entre autres exemples : le 20 mars 1922, Arnavielhe fait état du décès du président de la Chambre de Carcassonne, Paul Drevet ; le 7 novembre 1922, il attire l’attention sur les membres nommés comme conseillers du Commerce extérieur ; le 18 mars 1924, il félicite Champeyrache, président de la Chambre de commerce d’Alès, pour sa promotion au grade de chevalier de la Légion d’honneur...

    43 AD34, Xe région, invitation de la Chambre de commerce de Millau, 17 septembre 1927.

    44 Ibid., 14 ETP 123.

    45 La décision est prise le 15 février 1921. Près d’une quinzaine de personnes, dont plusieurs Parisiens, font une candidature, ACCIB, 10 ETP 122.

    46 Par comparaison, en 1921, la région d’Amiens ne dispose que de 14 500 francs, celle de Nantes que de 18 750 francs, celle de Rouen de 30 000 francs ; à l’inverse la région de Clermont-Ferrand dispose de 90 000 francs, celles de Lille et de Bordeaux de 96 000 francs. Avec 40 000 francs le budget de la Xe région est moyen, HAUSER (Henri), 1924, p. 109.

    47 ACCIB, Xe région, lettre de Paul Arnavielhe à Achille Gaillard, 17 mai 1921, 10 ETP 122.

    48 BOUNEAU (Christophe), 1998, p. 654-660.

    49 Les Archives départementales de l’Hérault ont conservé tous les numéros de L’Économiste Méridional sous la cote PAR 607/2.

    50 Sur ces offices, CARON (François), 2002, p. 28-29 ; BOUNEAU (Christophe), 1998, p. 665-669.

    51 AD34, ACCIB, 10 ETP 122-124.

    52 Le Comité accueille le Président de la République, Alexandre Millerand, lors de l’inauguration de son nouveau siège le 21 novembre 1921 ; il fait du sénateur Mario Roustan de Sète son président d’honneur le 23 mars 1926...

    53 AD34, ACCIB, séance du 4 mai 1921, 14 ETP 5.

    54 Sur ces questions viticoles, outre les ouvrages de Geneviève Gavignaud-Fontaine déjà mentionnés, voir BA-GNOL (Jean-Marc), 2010 ; LACOMBRADE (Philippe), 2009, p. 112-124 ; LE BRAS (Stéphane), 2014.

    55 Comme le rappelle le président du Comité régional, Jean Prats, lors de la séance du 27 octobre 1931, AD34, ACCIB, 10 ETP 123.

    56 Cette commission comprendrait les membres de la Commission des boissons de la Chambre des députés et du Sénat, des délégués du Syndicat national des vins et spiritueux et des fédérations régionales des syndicats du commerce des vins, spiritueux et cidres en gros ainsi qu’une délégation officielle des chambres de commerce directement intéressées, AD34, ACCIB, séance du 28 juin 1921, 10 ETP 123.

    57 AD34, ACCIB, séance du 24 septembre 1924, 10 ETP 123.

    58 Ibid., séances du 11 février, du 19 février et du 7 juillet 1925.

    59 Ibid., ACCIB, séance du 23 mai 1929, 10 ETP 124.

    60 Ibid., ACCIB, séance du 24 mars 1931, 10 ETP 124.

    61 Ibid., Xe région, séance du 4 mai 1921, 14 ETP 5.

    62 Ibid., ACCIB, séance du 14 octobre 1931, 10 ETP 124.

    63 Ibid., ACCIB, séance du 14 janvier 1930, 10 ETP 124.

    64 Ibid., ACCIB, séances du 14 janvier 1930 et du 8 avril 1930, 10 ETP 124.

    65 Ibid., Xe région, séance du 4 mai 1921, 14 ETP 5.

    66 Ibid., ACCIB, séances du 28 juin 1921, du 14 janvier et du 8 avril 1930, 10 ETP 122 et 124.

    67 Voir notamment la note que consacre, en mars 1920, la Chambre de commerce de Sète au canal de Sète au Rhône, AD34, ACCIS, 6 ETP 121.

    68 Ibid., ACCIB, 10 ETP 122-124.

    69 Ibid., ACCIB, séance du 28 juin 1921,10 ETP 122.

    70 Ibid., ACCIB, séance du 24 septembre 1924,10 ETP 123.

    71 BRUN (Pierre), 1928, p. 80-81.

    72 AD34, ACCIB, séance du 26 novembre 1929, 10 ETP 124.

    73 Ibid., ACCIB, séance du 28 juin 1921, 10 ETP 122.

    74 Ibid., ACCIB, séance du 28 juin 1921, 10 ETP 122.

    75 Ibid., Xe région, séance du 4 mai 1921, 14 ETP 5.

    76 Ibid., ACCIB, séance du 27 octobre 1931, 10 ETP 124.

    77 Selon Raoul Maurin « Les premières pentes des Pyrénées, la Cerdagne, la Montagne noire, les Cévennes, foisonnent de sites à visiter et de stations de séjour ; nos villes sont pleines de pierres vénérables et curieuses. Or, on peut dire que presque tout est à faire pour en tirer parti », AD34, ACCIB, séance du 28 juin 14 ETP 5.

    78 Comme l’affirme Raoul Maurin : « pour faire un hôtel, il faut surtout des hôteliers. Être hôtelier est un métier qui aujourd’hui a ses règles et qui nécessite un apprentissage, même des études particulières », AD34, Xe région, séance du 4 mai 1921, 14 ETP 5.

    79 AD34, Xe région, séance du 4 mai 1921, 14 ETP 5.

    80 Ibid., ACCIB, Congrès régional de l’électrification des campagnes, 10 ETP 123.

    81 Ibid., ACCIB, séances du 12 juin et du 9 novembre 1926, 10 ETP 123.

    82 Les Pyrénées-Orientales, l’Aude et l’Hérault figurent parmi les départements de France où les populations rurales sont les plus électrifiées, BERTHONNET (Arnaud), 2003, p. 203.

    83 AD34, ACCIB, séance du 27 octobre 1931, 10 ETP 124.

    84 Ibid., ACCIB, séance du 7 février 1922, 10 ETP 122.

    85 Ibid., Xe région, séance du 4 mai 1921, 14 ETP 5.

    86 Ainsi le 4 février 1929, il s’associe à une réunion de propagande en faveur de l’aménagement du Rhône initiée par le congrès des Chambres de commerce françaises de Méditerranée et les chambres d’agriculture de la région rhodanienne, AD34, ACCIB, séance du 19 janvier 1929, 10 ETP123.

    87 AD34, ACCIB, séance du 8 avril 1930, 10 ETP 124.

    88 Ibid., ACCIB, séance du 27 octobre 1931, 10 ETP 124.

    89 Loi portant sur la Nouvelle organisation du territoire de la République ; le projet de loi a été présenté en Conseil des ministres le 18 juin 2014. La loi prévoit le passage, au 1er janvier 2016, à 13 régions et la fusion des régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées.

    90 Soit les départements des Pyrénées-Orientales, de l’Aude, de l’Hérault, du Gard et de la Lozère. Millau a été rattaché, avec tout le département.

    91 BOUNEAU (Christophe), 1998.

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    • Philippe Lacombrade
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    1 Sur cette problématique, voir KAPLAN (Stephen-L.) et MINARD (Philippe) dir., 2004 ; CHATRIOT (Alain) et LEMER-CIER (Claire), « Les corps intermédiaires », 2002, p. 691-699.

    2 Pour une première approche de l’histoire des chambres de commerce, CONQUET (André), 1984.

    3 Voir par exemple, ROSANVALLON (Pierre), 1990, ou plus récemment, 2004 ; CHATRIOT (Alain), 2002 ; LEMER-CIER (Claire), 2001 ; cf. aussi notre thèse LACOMBRADE (Philippe), 2002.

    4 Citons, entre autres, CHATRIOT (Alain), 2002, p. 53-66, ou VEITL (Philippe), 1992. Christophe Bouneau donne de nombreuses informations sur la naissance des régions économiques et le fonctionnement des régions de Bordeaux et de Toulouse dans sa thèse d’habilitation à diriger des recherches, BOUNEAU (Christophe), 1998. Réseaux ferroviaires, réseaux électriques et régionalisation en France du milieu du XIXe siècle au second conflit mondial. Contribution à l’histoire économique et sociale des espaces régionaux, sous la direction de François Caron, Université de Paris IV-Sorbonne ; DRUEL-KORN (Clathilde), 2012, p. 40-54.

    5 Processus toujours en cours avec la discussion actuelle autour de la loi NOTRe. Sur cette histoire, MIOSSEC (Jean-Marie), 2008 ; dans une optique de sciences politiques, voir aussi FRINAULT (Thomas), 2012 ; PASQUIER (Romain), 2012.

    6 Elles sont conservées aux Arch. départ. Hérault (ci-après AD34) sous la cote 14 ETP 1-134. Les archives de la Chambre de commerce de Béziers contiennent l’intégralité des procès-verbaux des séances de la Xe région pour la période 1921-1931 sous la cote 10 ETP 122-124.

    7 Même si ce choix peut être discutable, nous entendons par là l’espace englobé par les départements actuels des Pyrénées-Orientales, de l’Aude, de l’Hérault et du Gard ; il correspond dans notre esprit à ce que les historiens et les géographes identifient parfois au Bas Languedoc.

    8 Sur cette histoire, LACOMBRADE (Philippe), 2004, p. 63-119.

    9 CHATRIOT (Alain), 2002, p. 53-66.

    10 CLÉMENTEL (Étienne), août 1917, AD34.

    11 MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE, 1920, p. 11-16.

    12 La région de Bordeaux (8e) comprend les Chambres de commerce de Libourne, Mont-de-Marsan, Bayonne, Bergerac, Agen, Auch et 10 chambres rattachées en 2e ligne : Tulle, Angoulême, Périgueux, Rochefort, Cahors, Castres, Mazamet, Montauban, Tarbes et Clermont-Ferrand ; la région de Toulouse (9e) comprend les chambres de Cahors, Montauban, Albi, Castres, Mazamet, Tarbes, Toulouse, Foix, Rodez, Perpignan et, en 2e ligne, les 5 assemblées d’Auch, Agen, Sète, Carcassonne et Narbonne ; la région de Marseille (11e) englobe les chambres d’Alès, Nîmes, Avignon, Marseille, Arles, Digne, Gap, Toulon, Ajaccio et Bastia. Ces deux dernières forment une sous-région avec Bastia comme centre, MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE, 1920, p. 13-14.

    13 Ce rattachement a été sollicité par la chambre de Mende, HAUSER (Henri), 1924, p. 86.

    14 AD34, Archives de la Chambre de commerce et d’industrie de Béziers, séance du 27 octobre 1931, 10 ETP 124.

    15 CLÉMENTEL (Étienne), 1917.

    16 Ainsi Louis Thomas, retraçant en 1927 la genèse de la région, évoque quatre domaines physiques - la montagne, la garrigue, la plaine, le littoral - la spécificité du climat, les facilités de communication mais aussi l’importance des héritages historiques liée à la présence romaine et à la tradition drapière. Il n’en conclut pas moins au rôle cristallisateur de la vigne : « La vigne est, pour la région entière, l’élément essentiel de l’activité économique. Ce long vignoble, cette énorme usine à vin étalée sur plus de deux cents kilomètres du Rhône aux Pyrénées, il faut les voir, non pas isolés, mais accompagnés de mille industries annexes [...] La vigne, dans la Xe région économique, est l’élément essentiel, non pas seulement de la production agricole, mais aussi de la production industrielle et du mouvement commercial. C’est surtout pour son service, direct ou indirect, que la solidarité régionale s’applique à l’exploitation des mines et des chutes d’eau, à l’amélioration et à l’extension des réseaux de route et de voie ferrée, à l’utilisation plus rationnelle des deux grands ports régionaux de Cette et de Port-Vendres » ; THOMAS (Louis-J.), « historique de la région », dans MÈGGLE (Armand), 1927, p. 11-13. L’analyse, avec référence aux états provinciaux de l’Ancien Régime, est reprise dans ses grandes lignes par Raoul Maurin, le secrétaire général de la Xe région, dans sa conférence faite à l’École de Perfectionnement de l’Intendance le 19 octobre 1931, AD34, Xe région, 14 ETP 1.

    17 Ainsi, dans un rapport du 10 octobre 1917, les consuls de Sète se félicitent du regroupement opéré entre trois départements viticoles « dont les intérêts communs sont évidemment caractérisés surtout par la vigne et le vin », AD34, ACCIS, séance du 10 octobre 1917, 6 ETP 44.

    18 Comme il est précisé dans le projet de division de la France : « Il est intéressant de voir comment les régions françaises se font en ce moment elles-mêmes. Elles naissent par leur centre et non par leur périphérie. Elles sont une conséquence du rôle de plus en plus important joué en France par les grandes agglomérations urbaines », CLÉMENTEL (Étienne), août 1917.

    19 Sur la conversion du Bas Languedoc à la monoviticulture, voir DUGRAND (Raymond), 1963 ; sur l’histoire de la viticulture dans la région, voir les nombreux ouvrages de Geneviève Gavignaud-Fontaine dont GAVIGNAUD-FON-TAINE (Geneviève), 2000, et GAVIGNAUD-FONTAINE (Geneviève), LARGUIER (Gilbert), 2007.

    20 Le fait est signalé par le secrétaire général de la Xe région, Raoul Maurin : « La Xe région est peut-être la seule qui n’ait pas de capitale prédominante, de centre qui absorbe, résume et commande. On dit : la région économique de Marseille, de Grenoble, de Lille par exemple. On ne dit pas : la région de Montpellier car, une et forte, solidaire et individualisée, elle n’a cependant en Montpellier qu’une capitale administrative, dont l’influence économique est réelle certes, mais partagée avec les autres centres régionaux, et à qui l’on ne reconnait qu’une suprématie, celle qu’elle doit au prestige de son université millénaire » dans L’Industrie et l’agriculture dans la Xe région économique, conférence faite à l’École de perfectionnement de l’Intendance, 19 octobre 1931, AD34, Xe région, 10 ETP 1.

    21 Selon l’expression d’Henri Hauser, HAUSER (Henri), 1924.

    22 Archives de la Chambre de commerce et d’industrie de Narbonne, séance du 30 août 1917.

    23 AD34, ACCIS, séance du 10 octobre 1917. À Béziers, Henri Fortuné affirme au nom de la chambre : « tout le monde est d’accord pour juger nécessaire d’organiser notre vie économique sur des bases régionales. En vue des luttes économiques que nous prévoyons pour l’avenir, il paraît nécessaire de grouper les forces éparses sur le territoire, de les associer dans une action commune et de leur donner une représentation, qui leur permette de devenir d’utiles auxiliaires du pouvoir central, dans l’œuvre de rénovation économique qu’il poursuit » AD34, ACCIB, séance du 23 janvier 1918, 10 ETP 122.

    24 Fighiera, directeur des Affaires commerciales du ministère du Commerce, l’historien Henri Hauser et le secrétaire général de la Haute-Loire Allégret.

    25 AD34, ACCIS, séance du juin 1918.

    26 La Chambre de commerce de Perpignan estime qu’il existe une solidarité d’intérêt entre les Pyrénées-Orientales et la région de Toulouse dans la mesure où Port-Vendres est le débouché naturel de la région pyrénéenne en Méditerranée, AD66, ACCIP, séance du 23 septembre 1923.

    27 HAUSER (Henri), 1924, p. 86.

    28 CLÉMENTEL (Étienne), août 1917.

    29 BRUN (Pierre), 1928, p. 41.

    30 Archives de la Chambre de commerce et d’industrie de Nîmes, séance du 4 juillet 1917, Arch. dép. Gard (ci-après AD30), 48 J 21.

    31 AD30, archives de la Chambre de commerce et d’industrie de Nîmes, séance du 4 juillet 1917, 48 J 21.

    32 Le 23 mai 1921, il organise une réunion à Nîmes avec leurs représentants ; le 22 septembre, il sollicite une nouvelle fois l’adhésion de Nîmes et d’Alès, AD34, Xe région, 14 ETP 5.

    33 Ce rattachement est confirmé à Paul Arnavielhe par les consuls d’Alès le 8 juin 1921, AD34, 14 ETP 5.

    34 Lettre de Félix Teyssedre à Paul Arnavielhe, AD34, Xe région, 14 ETP 5. Les Chambres de commerce de Nîmes et d’Alès sont finalement rattachées à la XIe région, celle de Marseille.

    35 Ministèe du Commerce et de l’Industrie, 1920.

    36 AD34, ACCIB, Statuts du 10e groupement économique régional adoptés dans la réunion du 2 décembre 1920, 10 ETP 122. La Chambre de commerce de Montpellier a droit à trois membres.

    37 AD34, ACCIB, 10 ETP 122-124.

    38 Comme l’indique le président Arnavielhe, dans une lettre du 7 mars 1921 adressée au président de la Chambre de commerce de Béziers, Achille Gaillard, « il s’informera auprès de vous, et auprès des membres de votre chambre chez qui vous croirez devoir le diriger, des préoccupations de votre compagnie qui dépassent les limites de votre circonscription, des questions d’ordre régional qui vous intéressent particulièrement, et de celles d’ordre général sur lesquelles il vous paraitrait souhaitable qu’un accord se fasse ente toutes les chambres de notre région », AD34, Xe région, 10 ETP 5.

    39 La séance du 28 juin 1921 s’articule autour de trois interventions du président Arnavielhe - au sujet du marché des vins, des bureaux d’affrètement et de la construction d’un circuit téléphonique entre Sète et Paris - et d’un ensemble de rapports soumis à la délibération des délégués par les représentants des chambres qui les ont rédigés et soumis à l’examen du Comité : rapports sur le canal du Midi présenté par la Chambre de commerce de Montpellier, sur les tarifs de transport de chemin de fer, sur la question de l’exportation des vins rédigés par les consuls de Carcassonne, sur l’inflation monétaire présentée par Jean Prats au nom de la Chambre de Sète, AD34, ACCIB, séance du 28 juin 1921, 10 ETP 122.

    40 AD34, ACCIB, 10 ETP 122-124.

    41 Ibid., ACCIB, 10 ETP 122-124.

    42 Entre autres exemples : le 20 mars 1922, Arnavielhe fait état du décès du président de la Chambre de Carcassonne, Paul Drevet ; le 7 novembre 1922, il attire l’attention sur les membres nommés comme conseillers du Commerce extérieur ; le 18 mars 1924, il félicite Champeyrache, président de la Chambre de commerce d’Alès, pour sa promotion au grade de chevalier de la Légion d’honneur...

    43 AD34, Xe région, invitation de la Chambre de commerce de Millau, 17 septembre 1927.

    44 Ibid., 14 ETP 123.

    45 La décision est prise le 15 février 1921. Près d’une quinzaine de personnes, dont plusieurs Parisiens, font une candidature, ACCIB, 10 ETP 122.

    46 Par comparaison, en 1921, la région d’Amiens ne dispose que de 14 500 francs, celle de Nantes que de 18 750 francs, celle de Rouen de 30 000 francs ; à l’inverse la région de Clermont-Ferrand dispose de 90 000 francs, celles de Lille et de Bordeaux de 96 000 francs. Avec 40 000 francs le budget de la Xe région est moyen, HAUSER (Henri), 1924, p. 109.

    47 ACCIB, Xe région, lettre de Paul Arnavielhe à Achille Gaillard, 17 mai 1921, 10 ETP 122.

    48 BOUNEAU (Christophe), 1998, p. 654-660.

    49 Les Archives départementales de l’Hérault ont conservé tous les numéros de L’Économiste Méridional sous la cote PAR 607/2.

    50 Sur ces offices, CARON (François), 2002, p. 28-29 ; BOUNEAU (Christophe), 1998, p. 665-669.

    51 AD34, ACCIB, 10 ETP 122-124.

    52 Le Comité accueille le Président de la République, Alexandre Millerand, lors de l’inauguration de son nouveau siège le 21 novembre 1921 ; il fait du sénateur Mario Roustan de Sète son président d’honneur le 23 mars 1926...

    53 AD34, ACCIB, séance du 4 mai 1921, 14 ETP 5.

    54 Sur ces questions viticoles, outre les ouvrages de Geneviève Gavignaud-Fontaine déjà mentionnés, voir BA-GNOL (Jean-Marc), 2010 ; LACOMBRADE (Philippe), 2009, p. 112-124 ; LE BRAS (Stéphane), 2014.

    55 Comme le rappelle le président du Comité régional, Jean Prats, lors de la séance du 27 octobre 1931, AD34, ACCIB, 10 ETP 123.

    56 Cette commission comprendrait les membres de la Commission des boissons de la Chambre des députés et du Sénat, des délégués du Syndicat national des vins et spiritueux et des fédérations régionales des syndicats du commerce des vins, spiritueux et cidres en gros ainsi qu’une délégation officielle des chambres de commerce directement intéressées, AD34, ACCIB, séance du 28 juin 1921, 10 ETP 123.

    57 AD34, ACCIB, séance du 24 septembre 1924, 10 ETP 123.

    58 Ibid., séances du 11 février, du 19 février et du 7 juillet 1925.

    59 Ibid., ACCIB, séance du 23 mai 1929, 10 ETP 124.

    60 Ibid., ACCIB, séance du 24 mars 1931, 10 ETP 124.

    61 Ibid., Xe région, séance du 4 mai 1921, 14 ETP 5.

    62 Ibid., ACCIB, séance du 14 octobre 1931, 10 ETP 124.

    63 Ibid., ACCIB, séance du 14 janvier 1930, 10 ETP 124.

    64 Ibid., ACCIB, séances du 14 janvier 1930 et du 8 avril 1930, 10 ETP 124.

    65 Ibid., Xe région, séance du 4 mai 1921, 14 ETP 5.

    66 Ibid., ACCIB, séances du 28 juin 1921, du 14 janvier et du 8 avril 1930, 10 ETP 122 et 124.

    67 Voir notamment la note que consacre, en mars 1920, la Chambre de commerce de Sète au canal de Sète au Rhône, AD34, ACCIS, 6 ETP 121.

    68 Ibid., ACCIB, 10 ETP 122-124.

    69 Ibid., ACCIB, séance du 28 juin 1921,10 ETP 122.

    70 Ibid., ACCIB, séance du 24 septembre 1924,10 ETP 123.

    71 BRUN (Pierre), 1928, p. 80-81.

    72 AD34, ACCIB, séance du 26 novembre 1929, 10 ETP 124.

    73 Ibid., ACCIB, séance du 28 juin 1921, 10 ETP 122.

    74 Ibid., ACCIB, séance du 28 juin 1921, 10 ETP 122.

    75 Ibid., Xe région, séance du 4 mai 1921, 14 ETP 5.

    76 Ibid., ACCIB, séance du 27 octobre 1931, 10 ETP 124.

    77 Selon Raoul Maurin « Les premières pentes des Pyrénées, la Cerdagne, la Montagne noire, les Cévennes, foisonnent de sites à visiter et de stations de séjour ; nos villes sont pleines de pierres vénérables et curieuses. Or, on peut dire que presque tout est à faire pour en tirer parti », AD34, ACCIB, séance du 28 juin 14 ETP 5.

    78 Comme l’affirme Raoul Maurin : « pour faire un hôtel, il faut surtout des hôteliers. Être hôtelier est un métier qui aujourd’hui a ses règles et qui nécessite un apprentissage, même des études particulières », AD34, Xe région, séance du 4 mai 1921, 14 ETP 5.

    79 AD34, Xe région, séance du 4 mai 1921, 14 ETP 5.

    80 Ibid., ACCIB, Congrès régional de l’électrification des campagnes, 10 ETP 123.

    81 Ibid., ACCIB, séances du 12 juin et du 9 novembre 1926, 10 ETP 123.

    82 Les Pyrénées-Orientales, l’Aude et l’Hérault figurent parmi les départements de France où les populations rurales sont les plus électrifiées, BERTHONNET (Arnaud), 2003, p. 203.

    83 AD34, ACCIB, séance du 27 octobre 1931, 10 ETP 124.

    84 Ibid., ACCIB, séance du 7 février 1922, 10 ETP 122.

    85 Ibid., Xe région, séance du 4 mai 1921, 14 ETP 5.

    86 Ainsi le 4 février 1929, il s’associe à une réunion de propagande en faveur de l’aménagement du Rhône initiée par le congrès des Chambres de commerce françaises de Méditerranée et les chambres d’agriculture de la région rhodanienne, AD34, ACCIB, séance du 19 janvier 1929, 10 ETP123.

    87 AD34, ACCIB, séance du 8 avril 1930, 10 ETP 124.

    88 Ibid., ACCIB, séance du 27 octobre 1931, 10 ETP 124.

    89 Loi portant sur la Nouvelle organisation du territoire de la République ; le projet de loi a été présenté en Conseil des ministres le 18 juin 2014. La loi prévoit le passage, au 1er janvier 2016, à 13 régions et la fusion des régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées.

    90 Soit les départements des Pyrénées-Orientales, de l’Aude, de l’Hérault, du Gard et de la Lozère. Millau a été rattaché, avec tout le département.

    91 BOUNEAU (Christophe), 1998.

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    Lacombrade, P. (2016). État, chambres de commerce et intérêt régional dans le Languedoc méditerranéen : la Xe région économique, de la fin des années 1910 au début des années 1930. In G. Gavignaud-Fontaine & G. Larguier (éds.), Corps intermédiaires, marchands et vignerons en Languedoc 1704-1939. Perpignan: Presses universitaires de Perpignan. https://doi.org/10.4000/books.pupvd.4363
    Lacombrade, Philippe. « État, chambres de commerce et intérêt régional dans le Languedoc méditerranéen : la Xe région économique, de la fin des années 1910 au début des années 1930 ». In Corps intermédiaires, marchands et vignerons en Languedoc 1704-1939, édité par Geneviève Gavignaud-Fontaine et Gilbert Larguier. Perpignan: Presses universitaires de Perpignan, 2016. doi:10.4000/books.pupvd.4363.
    Lacombrade, Philippe. « État, chambres de commerce et intérêt régional dans le Languedoc méditerranéen : la Xe région économique, de la fin des années 1910 au début des années 1930 ». Corps intermédiaires, marchands et vignerons en Languedoc 1704-1939, édité par Geneviève Gavignaud-Fontaine et Gilbert Larguier, Presses universitaires de Perpignan, 2016, https://doi.org/10.4000/books.pupvd.4363.

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    Gavignaud-Fontaine, G., & Larguier, G. (éds.). (2016). Corps intermédiaires, marchands et vignerons en Languedoc 1704-1939. Perpignan: Presses universitaires de Perpignan. https://doi.org/10.4000/books.pupvd.4344
    Gavignaud-Fontaine, Geneviève, et Gilbert Larguier, éd. Corps intermédiaires, marchands et vignerons en Languedoc 1704-1939. Perpignan: Presses universitaires de Perpignan, 2016. doi:10.4000/books.pupvd.4344.
    Gavignaud-Fontaine, Geneviève, et Gilbert Larguier, éditeurs. Corps intermédiaires, marchands et vignerons en Languedoc 1704-1939. Presses universitaires de Perpignan, 2016, https://doi.org/10.4000/books.pupvd.4344.
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