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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 1. Généalogie de la famille Soleil 2. Lettre de commission de Laurent Soleil du 7 avril 1679 3. Lettre du 26 mai 1686 de Laurent Soleil à De Lagny, directeur général du Commerce, pour présenter son consulat 4. Brevet de vice-consul de Tortosa pour Simon Dupin en date du 27 novembre 1709 5. Le sceau du consulat de Catalogne 6. Extraits et contrats relatifs à la vie et aux activités de Laurent Soleil conservés dans les archives notariales et municipales barcelonaises 7. Documents relatifs à la compagnie Aparici, Lapeyra, Puig, Lleonart Notes de bas de page

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    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Annexes

    p. 403-448

    Texte intégral 1. Généalogie de la famille Soleil 2. Lettre de commission de Laurent Soleil du 7 avril 1679 3. Lettre du 26 mai 1686 de Laurent Soleil à De Lagny, directeur général du Commerce, pour présenter son consulat 4. Brevet de vice-consul de Tortosa pour Simon Dupin en date du 27 novembre 1709 5. Le sceau du consulat de Catalogne 6. Extraits et contrats relatifs à la vie et aux activités de Laurent Soleil conservés dans les archives notariales et municipales barcelonaises a. Contrat de mariage de Laurent Soleil et Juana Soleil y de Malet, 11 décembre 1678 b. Passeport du 7 octobre 1706 délivré par le comte d’Ulfeldt à l’attention de Laurent Soleil et de son fils c. Procès intenté à Martí Piles par la confrérie des boutiquiers de toiles de Barcelone, 6 août 1688 7. Documents relatifs à la compagnie Aparici, Lapeyra, Puig, Lleonart 7.1. Avant la compagnie : chargements de 1701 (Alger, Sousse, Tunis) a. Assurances pour les chargements d’argent faits sur la Santissima Trinitat pour compte de Joseph Lapeyra et Joseph Puig (Alger, Sete Cabos et Sousse) : 28 juin 1701 b. Assurances pour les chargements d’argent faits sur le Sant Joseph et la Santissima Trinitat pour compte de Joseph Lapeyra (Tunis) : 6 décembre 1701 7.2. Nolissements des chargements effectués par ou chez Laurent Soleil à destination des côtes tunisiennes (1702) a. Nolisement d’un chargement chez Laurent Soleil pour le compte de Joan Lapeyra – 17 juillet 1702 b. Nolisement d’un chargement de Laurent Soleil du 24 octobre 1702 c. Nolisement d’un chargement de Laurent Soleil du 3 novembre 1702 7.3. Lettres à destination de Joan Lapeyra (1703) 7.4. Correspondance active des correspondants de Tunis a. Joseph Estrine à Don Joan de Lapeira, Tunis, 29 octobre 1702 b. Joseph Estrine et Terras à Joan Lapeyra, Tunis, 6 novembre 1702 c. Joseph Estrine et Terras à Francesch Lleonart, Tunis, 10 novembre 1702 d. Reconnaissance de paiement de la main de Laurent Soleil, 6 décembre 1702 e. Terras à Joan Lapeyra, Tunis, 3 juin 1703 f. Terras à Francesch Lleonart, Tunis, 3 juin 1703 g. Terras à Joan Lapeyra et compagnie, Tunis, 13 février 1704 h. Joseph Estrine à Jacintho Serra (scellée d’un sceau avec 2 croix et 2 croissants) Tunis, 4 novembre 1702 7.5. Auger Sorhainde à Jérôme de Pontchartrain, 20 novembre 1702 Notes de bas de page

    Texte intégral

    1. Généalogie de la famille Soleil

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    2. Lettre de commission de Laurent Soleil du 7 avril 1679

    1Source : AHN, Estado, 604, pièce no 9.
    Provisions du consulat de la nation françoise à Barçelonne
    Pour le sieur Laurens Soleil

    Louis, par la grâce de Dieur roy de France et de Navarre, à tous ceux qui ses présentes lettres verront, salut. Estant nécessaire de pourvoir à la charge de consul de la nation françoise de Barcelonne Tarragonne, et autres ports du comté de Catalogne vaccant despuis quelques années par la mort du sieur Robert Pregan qui en avoit esté pourveu.

    Pour cet effet, nous avons cru ne pouvoir faire un meilleur choix que de la personne de nostre amé Laurens Soleil, qui a toutes les qualités requises pour s’acquiter des fonctions de cette charge à nostre satisfaction, et à celle du public, à ces causes et autres, à ce nous mouvant nous avons led. sieur Laurens Soleil comis ordonné et estably, et par ces présentes signés de nostre main commettons, ordonnons et establissons consul de la nation françoise de Barçelonne, Tarragonne et autres ports du comtés de Catalogne pour lad. charge avoir tenir et d’orsenavant exercer, en jouïr et user par le sieur Laurens Soleil pandant le temps de trois annés à commencer le premier jour de may de la présente année aux honneurs, autorités, prérogatives, prééminences, privilèges, franchises, exemptions, libertés, gages, droits, pouvoirs, fonctions, fruicts, proffits, revenus et émoluments y appartenences tel et semblables, et tout ainsy qu’en a cy-devant joüy, ou deub joüir led. Pregan, ou le nommé Rey son visconsul.

    Si donnons en mandement à nostre amé et feal, conseiller en nos conseils et nostre ambassadeur prez nostre très cher, et très amé bon frère, le roy catholique des Espagnes le sieur marquis de Villars, qui, après esté informé des bonnes vies et mœurs religion catholique apostolique romaine du sieur Laurens Soleil, et de luy, pris et receu le serment requis et acoustumé, il le mette et institue en posesion, et joüissance dud. consulat, et luy donne toute assistance, et protection faisant deffences à toutes personnes trafiquant sous la bannière de France de le troubler en la jouissance dud. consulat, enjoignons à tous capitaines de vaisseaux et barques négociant sous lad. bannière de reconnoistre led. Laurens Soleil nostre consul, et luy payer, et acquiter les droits appartenans à lad. charge à peine d’y estre contrainct par les mesmes voyes, dont ont accoustumé d’user les consuls françois, car tel est nostre plaisir, prions et requerons nostre dit très cher et très amé bon frère ses gouverneurs, et autres qu’il appartiendra de souffrir que led. Laurent Soleil joüisse dud. consulat, pleinement et paisiblement, et de luy donner toute l’assistance, faveur et protection, dont il aura besoin, offrant de faire le semblablepour tous ceux qui nous serons ainsy recommandé de sa part, en tesmoin de quoy nous avons fait mettre nostre seel à ces presentes, donné à Saint Germain en Laye, le septiesme jour d’avril, l’an de grâce mil six cent soixante dix neuf et de nostre règne le trentiesme

    Signé Louis

    Contresigné Colbert

    3. Lettre du 26 mai 1686 de Laurent Soleil à De Lagny, directeur général du Commerce, pour présenter son consulat

    2Source : AN, AE BI 178, fol. 89-91,
    Laurent Soleil à De Lagny, directeur général du Commerce,
    Barcelone, 26 mai 1686.

    Barcelonne, ce 26 may 1686 Le Sieur Soleil

    Monsieur,

    Je suis très joyeux de me voir honnoré de vostre chère lettre du 18e du passé et par laquelle j’aprend l’intention à Monseigneur le Marquis de Seignelay de avoir une générale distinction de tout ce qui peut estre utile au bien des vassals de Sa Majesté dans les pays estrangers et tout en un mesme temps scavoir ce qui peut augmenter le commerce et la débitte des manufactures de France.

    Donc, Monsieur, à cette fin que vous puissiez croire que ce que je vous diray est la pure veritté, comprenez premièrement que dans ce pays du depuis 8 à 10 ans tout commance à s’y travailler, pour l’abondance des ouvriers qui y passent et s’y arrestent et c’est ce qui fait un grand mal aux manufactures de France, outre plus aux Anglois y portent toutes sortes de draperies et bacalla1, les holandois toutes sortes d’épiceries, toiles, métals, et anascotes qui son larges de Bruges dont tout le monde va abillé en ce pays de Cattalogne, pour ce qui est de l’estofe de soye elle est meilleur marché qu’en France par l’abondance de soye et dont mesme touttes les années on en envoye la Rière d’Ebro qui sont les confins de Cattalogne avec Valence et Aragon, bonnes parties à Marseille.

    Sur la première question de l’estendue de mon consulat, c’est du depuis Cadaquès jusqu’à la ville de Tortose et iceux compris, les villes les plus fameuses toutes la coste son port Cadaquès, port Rose2, La Selva, Begur, port Palamos, Saint Falieux de Guixols3, Tossa, Blanes, Malgrat, Calella, Areins4, Mataro, Barcelonne, Sitje5, Torradenbarra, Tamarit, Tarragonne, Sello6, Badic7, Tortosa, où port les Alfachs. Levé Barcelonne, Mataron c’est ce qui fet le plus de negoce, Saint Feliu pour le poisson salé, et la voyture des marchandises pour Gironne. À Mataron, il se charge grande quantité de vin pour Cadix, Oran, Cartagène, Barbarie, à Sello, de mesme, sinon que à Mataron c’est en esté et ivert, et à Sello jusque à Pasque parce que il ne se conserve pas à la mer. Il se fait grande quantité d’eau [verso] pour Canarie, Angleterre, Holande et Oran que les Anglois viennent charger à Sello.

    L’uille, blé & legums sont abondant cette année ; quand il en manque et que l’on le laisse sortir de France, l’on va charger à Narbonnes pour icy ou bien en Sardaigne, Naples et Sicile ou en Barbarie.

    Les mar[chandis]es qui viennent de France & les plus en vogue sont les roans blans et rouge, les renis ? de 3,4 & 5 pieds de large, les bas l[ivres] to[urnois] 3 : 10 et communs inp[orté] p[our] femmes, les bas de soye se travaillent présentement en cette ville, les chapeaux, les cartes, les mas de filet, toutes sortes de quincalles, les moqueals de Barbarie, les auquiles, augemis, toiles d’amant, les laines de Levant p[our] matelas, les cires du pais et le grum, les cires de Barbarie et de Levant, les toiles barrées de Trevou, au-dessus de Lyon.

    La monoye du pays son pistoles d’or qui valent 11 l[ivres] t[ournois] estant de pois de France qui valent................................... 11 l.t. 4 s.
    La piastre (2 l.t. 16 s.), demi piastre (28 s.) et ¼ de piastre (14 s.) qui vaut la p[iast]re 2 l.t. 16 s.
    estant de pois fort elle vaut............................................... 2 l.t. 19 s.
    estant de pois d’Italie........................................................ 2 l.t. 18 s.

    On n’envoye autres especes en France que celle de pois.

    Les droits que payent les naturels, habitan ou mariés françois son les suivants :

    Toutes mar[chandis]es de Barbarie et Levant payent le8 droit de Capitainie qui est de contrebande pour estre de Turquie et Morcrie : 11 pour cent de ce que vaut la marchandise.

    Ensuitte, si ce sont toiles de quel endroit que ce soit paye de droit de généralité qui est un impos de la province : 10 pour cent.

    Ensuitte payent les toiles droit de ville 6 d. pour chaq[u]e 20 sols.

    Ensuitte payent les toiles droit imperiage qui est un droit de port 2 d. pour chaq[u]e 20 sols.

    Par exemple, 1 piece toile d’amant vaudra 10 l.t.

    Capitainie de 11 % :

    1 l.t. 2 s.

    General à 10 % :

    1 l.t.

    Ville à 6 d. pour 20 s.

    - 5 s.

    Imperiage 2 d.

    - 1 s. 8 d.

    Plom :

    - 2 d.

    fait, de frais :

    2 l.t. 8 s. 10 d.

    3Toiles de Chrétienté, une p[ièce] Roan couste : 20 l.t.

    General 10 % :

    2 l.t.

    Ville 6 d. :

    - 10 s.

    Imperiage 2 d.

    - 3 s. 6 d.

    Plom :

    - 2 s.

    paye :

    2 l.t. 15 s. 6 d.

    L’estranger paye 4d. par piesse de toile davantage que l’habitant. [fol. 90]

    Toutes sortes de marchandises de Barbarie n’estant pas toilerie payent les droits suivants : 1 bale de laine de Barbarie vaut 100 l.t.

    Capitainie à 11 % :

    11l.t.

    Gardes à la Capitaine :

    - 4 s.

    Droit de gerra 4 d. :

    1 l.t. 13 s. 4 d.

    Droit de general 4 d. :

    1 l.t. 13 s. 4 d.

    Ville 6 d. :

    2 l.t. 10 s.

    Imperiage 2 d. :

    - 16 s. 8 d.

    Paye :

    17l.t. 17 s. 4 d.

    Les estrangers 5 % :

    5 l.t. & les naturels ne le payent pas.

    ainsy des autres mar[chandis]es de Levant et Barbarie désembarquer ports pour les droits de une bale de pois 4 quintaux 30 s. Par avis, les grains ne doivent aucun droits que droit de ville qui son 6 s. p[ar] cestier de Narbonne qui est le mesme que la cortere de Cattalogne

    Droits de cottons filé de Levant son 50 % de général au lieu de quatre deniers aynsy le paye toutes mar[chandis]es oeuvrée de fer & c’est un droit dont l’on en fait courtoisie de 25 % & ce droit s’est mis pour à celle fin qu’il n’en vienne pas ou du moins en venant celles qui se fabriquent en ce pays puissent se débiter9.

    Droits des mar[chandis]es de Chrestienneté sauf toiles de fer oeuvré son les suivants. 1 caisse de bas de laines vaut 100 l.t.

    general 4 d. :

    1 l.t. 13 s. 4 d.

    guerra 4 d. :

    1 l.t. 13 s. 4 d.

    Ville 6 d. :

    2 l.t. 10 s.

    Imperiage 2 d. :

    - 16 s. 8 d.

    Gardes 4 s. par balle :

    - 4 s.
    6 l.t. 17 s. 4 d.

    Les estrangers 5 % :

    5 l.t. Les naturels ne le payent pas.
    11 l.t. 17 s. 4 d.

    De tous les droits qui inquiette le plus la nation c’est le droit d’estranger que l’on apelle droit de lleude que son les 5 % & qui fait fuir le commerce.

    Sy un patron, en arrivant, ne donnoit pas manifest de son chargement dans 24 heures, s’il est pris par quelqu’un des cy-dessus droits, il est confisqué et perde au profit de iceluy qui l’a pris, c’est pourquoy vous pouvés juger si l’on y va incontinent à denoncer ce que l’on porte.

    Le pois de ce pais, livre pour livre, correspond à la livre de Lyon et de Marseille, il n’est la diference que si vous vendés un quintal de fer, de cire & autres en parlant de quintal se sont 104 l. de Marseille et de Lyon, mais vendant livre par livre, c’est le mesme pois.

    Dudepuis la creme10 de Genne, peu de barques se sont veües en cette ville, mesme l’on n’entent pas parler d’eux. Les Anglois sont ceux qui y trafiquent le plus [verso] en portant les mar[chandis]es de Holande et d’Angleterre.

    Le bled estant d’estranfers ainsy q[u]e touts les autres grains payent à levés q[u]e 5 % & on fait courtoisie de la moytié, au moins 2 %.

    Il arrivera touttes les années en cette coste 200 tartanes, il y en aura 100 qui y chargeront et deschargeront tout au plus. Les autres se y refugient soint à Sello, B[arcelon]e, Palamo, & Cadaques pour se mettre à l’abris du mauvais temps. Celles qui chargent & deschargent payent les frais suivants à Bar[celon]e :

    Pour l’ancorage : .............................. 21 s.

    Pour la patente : ................................ 9 s.

    Pour la garde de port : ....................... 7 s.

    Pour le consul : ................................ 84 s.

    121 s. qui son 12 l.t. 2 s. de France.

    Ceux qui ne deschargent ny chargent pour ne porter rien :

    Ancorage : ....................................... 21 s.

    Garde de port : ................................... 7 s. 28 s. soit 2 l.t. 16 s.

    Ceux qui sont chargé et ne deschargent paye les...... 2 l.t. 16 s.

    et le droit de lleude pour trancy11 paye les................ 5 l.t. 12 s.

    soit : ........................................................................ 8 l.t. 8 s. qui chagrine tant les estrangers patrons et fait que plusieurs fuyent l’abort d’icy et vont à Palamos, ou Sello ou avec 1 l.t. 10 s. de France, ils sont francq de droit.

    La canne qui est la mesure de ce pays est de 8 pams. L’aune de Lyon en fait icy 6 pams

    Il se cullit icy beaucoup de amandres, noisettes que l’on envoye en Alicant et Angleterre, ainsi que de soude pour le savon que l’on envoye à M[arsei]lle.

    Les droits de sortie son seulement general et guerre, 8 d. La laine paye 10 % de general, le vin 1 s. pour estimacion, il s’est chargé cette année à Mataron de vin qui, mis à la voile, n’a cousté que 4 l.t. les deux milleroles de Mar[sei]lle & à Sello à 3 l.t., il est vray que 3 charges d’icy ne font que 5 milleroles et ½ de la mesure de Marseille.

    S’il y a quelque chose que je puisse avoir oublié de ce que souhettes vous plaira me le dire que je y satisferay incontinent & me pouvés escrire & adresser vos lettre au directeur general des postes de Rossellon à Perpignan avec ordre de me les remettre incontinent qui est la voye la plus courte.

    Nous sommes tous dans la plus grande consternation du monde au sujet de bruit qui court que S[a] M[ajesté] à 40 vaisseaux de guerre devant de Cadis don l’on ne scait à quel sujet, l’embassadeur m’escrivant que l’on ne peu avoir encore paraule de l’indulte que de 250 mille esceus de remboursement & que [fol. 91] S[a] M[ajesté] pretent entierem[ent la satisfacion des 500 milles esceus, ce qui a fait de telle façon et mis à Cadis l’épouvante aux François que ils se sont retirés tous aux vaisseaux, Dieu pour sa bonté veuille nous conserver la paix entre les princes chrestiens.

    Pour moy, je crois que pour que le commerce fut plus tranquille & que la nation fut plus libre se seroit que S[a] M[ajesté] levat la lleude de Copliure et mesme celle qu’il y peut avoir dans les autres ports de France ou bien un edicte que aucun vassall de S[a] M[ajesté] Catholique ne peut estre obligé à le payer, car l’on s’en plaint icy & faire ensuitte demander par l’ambassadeur au Roy d’Espagne d’en faire le mesme au port de Cadaques, Barcelonne et Tortosa qui son les trois endrois où les patrons en payent quoyque il est vray que celle de Tortosa et Cadaquès est modéré de 30 s. par barque, mais celle de Barcelone de 5 % en vandant et 2 escus ne vendant pas, est la plus rigoureuse.

    Je vous offre M[onsieur] entièrem[en]t ce qui peut dependre de moy et vous prie de me croire entièrement.

    Monsieur,

    Vostre humble et oobeissant serviteur Laurent Soleil consul

    4. Brevet de vice-consul de Tortosa pour Simon Dupin en date du 27 novembre 1709

    4Source : AHN, Estado 611, pièce n° 78, papier, L. 30 l. 15,8.
    Brevet de vice-consul de la nation française à Tortose pour le Sieur Simon du Pin

    Aujourd’hui vingt septieme jour de novembre mil sept cen neuf, le roy estant à Versailles desirant gratifer et traitter favorablement le sieur Simon Du Pin en considération des services qu’il luy a rendus, Sa Majesté l’a fait et estably vice-consul de la nation françoise à Tortose sous le consul général de Catalogne pour y protéger ses sujets qui y sont establis, à leur donner le secour et la protection dont ils ont besoin. Voulant Sa Majesté que led. sieur Du Pin jouïsse de ces honneurs, authorites, prérogatives, privilèges, prééminances, exemptions, droits, fruits, profits et emolument attribuez au dit employ, qu’elle enjoint a tous ses sujets et autres trafiquants sous la banière de France de luy payer sans difficulté à point d’y estre contraints, après qu’il aura toutefois preté le serment requis et accoutumé entre les mains du sieur monseigneur de Blécourt, envoyé de sa Majesté près le Roy Catholique des Espagnes, et pour témoignage de sa volonté Sa Majesté m’a ordonné d’espédier le présent brevet qu’elle a signé de sa main et fait contresigner par moy son secrétaire d’Estat et de son commandement ez finances.

    Signé Louis

    Contresigné Phelippeaux

    5. Le sceau du consulat de Catalogne

    5Source : AN, AE BI 180, non fol., sceau apposé pour authentifier les extraits de la chancellerie du consulat de France à Barcelone envoyés au secrétariat d’État de la Marine et datés du 10 janvier 1715.

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    6. Extraits et contrats relatifs à la vie et aux activités de Laurent Soleil conservés dans les archives notariales et municipales barcelonaises

    a. Contrat de mariage de Laurent Soleil et Juana Soleil y de Malet, 11 décembre 1678

    6Source : AHPB, 766/63, Bonaventura Vila, Troisième livre des contrats matrimoniaux (1676- 1682), non fol., contrat de mariage entre Laurent Soleil et Juana Soleil y de Malet, 11 décembre 1678.

    7Le 11 décembre 1678, le contrat de mariage entre Laurent Soleil, marchand, habitant de Barcelone, fils de Jean Soleil, marchand de Lyon et Marguerite Barbier sa femme et Juana Soleil y de Malet, fille de Francisco de Malet, marchand de Bilbao et Maria de Meassa, sa femme, est signé. Francisco de Malet donne en dot 1550 doubles d’or, 5 en argent comptant, 5 en bijou et vêtements Laurent Soleil complète la dot de 8 doubles d’or, ce qui la porte à 235 doubles d’or. Si Laurent Soleil et Juana Soleil y de Malet partent vivre à Bilbao, Francisco de Malet s’engage à mettre à leur disposition le ¼ de sa maison. Les témoins sont Juan Maymo, habitant de Barcelone, Juan Caralton, laboureur et habitant de Brianson dans la paroisse de Vic et Emanuel Rossell, officiel du clerc de notaire.

    En la ciudad de Barcelona del Principado de Cataluña a los onze dias del mes de Deziembre del año del nacimiento de nuestro señor Dius Jesuchirsto de Mil seis cientos setenta y ocho años, ante mi Buenaventura Bila por la auctoridadas apostolica y del Rey nuestro señor notario y scribano publico de Barcelona y de los del numero y collegio de dicha ciudad y testigos abaxo scritos por y entre Lorenzo Soleill mercader residente en esta ciudad de Barcelona hijo legitimo y natural de Juan Soleill mercader de la ciudad de Lion del Reyno de Francia y de Margarita Barbier su muger de una parte; y la señora Juana Soleill y de Malet su muger y antes sonzella hija lefitima y natural de Francisco de Malet mercader dela villa de Bilbao de la Provincia de Biscaya y de la señora Maria de Meassa su muger de otra parte fueron por dichas ambas partes firmados y jurados los capitulos matrimoniales en las forma y manera siguientes.

    En nombre de nuestro señor Dios Jesuchristo y de la gloriosa y humil virgen Maria madre suya y señora nuestra sea Amen.

    De y por razon del matrimonio que por la gracia del spiritu s [anc] to de ha echo y por capula carnal en fas de la s [an] ta Madre Iglesia consumado por y entre Lorenzo Soleill mercader residente en esta ciudad de Barcelona hijo legitimo y natural de Juan Soleill mercader de la ciudadde Lion del Reyno de Francia y de Margarita Barbier su muger viventes de una parte, y la señora Juana Soleill y de Malet su muger y anter donzella hija legitima y natural de Francisco de Malet mercader de la villa de Bilbao de la provincia de Biscaya y de la señora Maria de Meassa su muger de otra parte por y entre ambas partes y personas abaxo nombradas se han ajustafo pactados y jurados los capitulos y pautos siguientes.

    Primeramente el dicho Francisco de Malet padre de la dicha señora [verso] Juana Soleill y de Malet por contemplasion del dicho matrimonio, el qual dicha su hija de voluntad de dicho su padre y con consentimiento suyo ha hecho y contreta con dicho Lorenzo Soleill, y aquenta de los drechos que adicha señora Juana Soleill y de Malet su hija pertanecen y tocan y por adelante le perteneceran y tocaran en los bienes de dichos sus padres por qualesquier respetos y causas, de sugrado y volundad por donacio irrevocable da y otorga a la dicha Juana Soleill y de Malet su hija assi presente y abaxo aceptante y alos suyos y a quien ella querra perpetuamente con los pautos, vinculos y condiciones abaxo scritos y no sin ellos, mil quinientos y sinquenta doblones de oro de adoscudos cada uno, lo avales Mil quinientos y sinquenta doblones de oro de ados scudos cada uno promete dar y pagar a dicha su hija eo por ella a dicho Lorenzo Soleill su marido, a saber es Mil y quinientos doblones en dinero de contado de present y los restentes sinquenta doblones con joyas, vestidos y otras ropas, la qual donasion haze dicho Francisco de Malet a la dicha Juana su hija con pauto, vinculo y condision que si a caso dicha Juana su hija moriere (Lo que Dio no permite) sin hijos legitimos y naturales y de legitimo y carnal matrimonio procreados en dicho caso dicha Juana su hija tansolamente pueda disponer y hazer a su volundad de siete cientos setenta y sinco doblones que es la mit de dicha dote y los otros siete cientos setenta y sinco doblones de dicha dote en dicho caso vuelven y hagan de volver a dicho Francisco de Malet dador de dicha dote si antonces viviere y sino vivier a su heredero o, a quien el habra ordenado depalabra o en scrito o, en otra qualquier manera, si empero dicha señora Juana su hija moriere con dichos hijos uno o muchos en dicho caso pueda disponer y hazer a su volundad de todos los dichos mil quinientos y sinquenta doblones como sino se le huviere puesto vinculo alguno.

    Y con dichos pautos y vinculo y aquellos siempre salvos promete y jura dicho Fran [cis] co de Malet a nuestro señor Dios Jesuchristo y a sus sagrados quatro evangelios la present donacion y las demas cosas en ella contenidas haver por firmas y agradables y contra aquellas no hazer, ni dicha donacion revocar por razon de ingratitud inopia necesidad, ni offensa, ni por otra qualquier causa o razon renunciando a qualquier ley y drecho que valer y ayudar le pudiesse. Y la dicha señora Juana Soleill y de Malet accepta la dicha donacion por dicho Fran [cis] co de Malet su padre a ella echa con los pautos y vinculo arriba refferidos a los quales consiente.

    Item la dicha señora Juana Soleill y de Malet haziendo estas cosas con consentimiento y volundad de dicho Francisco de Malet [fol. suivant] su padre da, constituye y lleva en dote y en nombre de dote suya al dicho Lorenzo Soleill su marido los dichos mil quinientos y sinquenta doblones de oro de ados scudos cada une los quales dicho su padre con el precedente caputilo de donacio le ha dados con los pautos y vinculos en dicho capitulo contenidos y dicha señora Juana Soleill y de Malet quiere y consiente que dicho Lorenzo Soleill su marido en virtud de la presente carta dotal recibe y cobre la dicha su dote y los fritos de aquella suyos proprios haga durante el presente matrimonio para major sustener los cargos de ello, el qual matrimonio finido y en todo caso y tiempo que restitucion de dote sea y haya lugar, dicha señora Juana Soleill y Malet y los suyos recobren la dicha sua dote del modo y manera es estada por ella constituida y aportada, prometiendo y jurando la presente constitucion dotral y demas cosas en aquella contenidas tener por firmas y agradables y contra aquellas no hazer ni venir por alguna causa o, razon so obligacion de todas sus bienes muebles y sitios, havidos por haver.

    Item el dicho Lorenzo Soleill de su volundad haze y firma carta dotal y de spolio a la dicha señora Juana Soleill y de Malet su muger de los dichos Mil quinientos y sinquenta doblones de oro de ados scudos cada uno por dicha señora Juana su muger a el con el precedente capitulo en dote y en nombre de dote suya constituidos y llenados, de y por los quales por pauto entre las partes ajustado dicho Lorenzo Soleill haze a dicha señora Juana su muger de augmento o, donacion propter nuptias de ocho cientos doblones de oro de ados scudos cada uno, las quales cantidades de dichos dote y augmento de dote que juntas hazen suma de Dos mil tres cientos y sinquenta doblones de oro de ados scudos cada uno dicho Lorenzo Soleill le salva y assgura assigna y consigna en y sobre todos sus bienes muebles y sitios habidos y por haver, prometiendo dichas cantidades del dote y augmento de dote volver y restituir en todo caso y timepo que restitucion de dote y solucion del augmento de dote sean y hayan lugar sin dilacion, ni diffigio alguno con restitucion y smena de todos gastos que por ocasion de la cobransa de dicho dote y augmento de dote se hizieren y con obligacion de todos sus bienes muebles y sitios havidos y por haver con todas [verso] renunciaciones devidas y pertenecientes largamente, y dicho Lorenzo Soleill quiere y consiente que la dicha señora Juana su muger haya, tenga y possea toda la dicha suya dote y augmento de dote todo el tiempo de su vida natural con mando y sin ello y con hijos y sin ellos sin contradicion de ello, ni de los suyos, el dia empero de la muerte de dicha señora Juana su muger, los suyos recobren y reciben la dicha su dote del modo y manera la ha constituida, el dicho empero augmento de dote o, donacion propter nuptias sea vuelva y prevenga a los infantes id est liberis sue del presente matrimonio seran procreados y sobreviviran; a los quales infantes id est liberis en caso de existença de aquellos y aora por entonces dicho Lorenzo Soleill ne haze donacion en mano y poder del scribano abaxo scrito como a publica persona por aquellos presente y aceptante, si empero dichos infantes id est liberis a la dicha señora Juana no sobrevivieren o, aquella muriere sin dexar hijos entonces y en dicho caso dicho augmento de dote vuelve y pervenga al dicho Lorenzo Soleill si entonces viviera y si muerto sera a su heredero o, a quien el habra dispuesto de palabra o, en otra qualquier manera, prometiendo la presente carta dotal y de spolio tener por firme y agradable y contra aquella no hazer ni vnier por alguna causa o, razon con juramento que presta loargamente.

    Item esta ajustado entre dichas ambas partes que su acasi dicho Lorenzo Soleill y dicha su sposa durante el presente patrimonio, el y su sposa yran a vivir y viviran y haran su domicilio en dicha villa de Bilbao en dicho caso y no en otra manera quiere y consiente dicho Lorenzo Soleill que los presentes capitulos matrimoniales sean como si fuessen firmados y jurados segun el uso, stilo y fueros de la señoria de Biscaya en orden de los contratos de matrimonio y en dicho caso dicho Lorenzo Soleill promete y se obliga con todos sus bienes muebles y sitios havidos y por haver de passar y estar obligado en orden a los dichos capitulos matrimoniales segun el uso, stilo y fueros de dicha señoria de Biscaya en nada obstante lo haver firmados y jurados los arriba contenidos capitulos matrimoniales porque en dicho caso y no otra manera quiere passar por el rigor de los dichos fueros de Biscaya, y en dicho caso dicho Francisco de Malet promete y se obliga en dexar a dichos Lorenzo Soleill [fol. suivant] y señora Juana su muger un quarto de la casa que dicho Francisco de Malet tiene en dicha villa de Bilbao para vivir y hazer su domicilio en dicho quarto sin dalle cosa alguna por el alquiler y el quarto de dicha casa ha de ser el que dicho Francisco de Malet y dicha señora Maria de Meassa su muger que eran y elegiran y no otro.

    E todas las dichas cosas prometen las dichas partes a saber la una a la otra de cumplir y servar lo arriba contenido con restitucion y smena de todos menos cabos y gastos que la una parte ocasionare a la otra por no cumplir lo susodicho con renunciacion de leyes y con obligacion de todos sus bienes muebles y sitios havidos y por haver y con juramento largamente, que fueron fechos, firmados y jurados los arriba contenidos capitulos matrimoniales en la dicha ciudad de Barcelona dia, y año arriba dichos, siendo presentes por testigos Juan Maymo o vezino de Barcelona, Juan Caralton labrador vezino de Brianson obispado de Vique y Emanuel Rossell official del scribano abaxo scrito para dichas cosas llamados y rogados.

    b. Passeport du 7 octobre 1706 délivré par le comte d’Ulfeldt à l’attention de Laurent Soleil et de son fils

    8Source : AHPB, 801/12, Ramon Congost, passeport du 7 octobre 1706

    9Le 7 octobre 1706, le comte d’Ulfeld, capitaine général et vice-roi de Catalogne de Charles III accorde un passeport à Laurent Soleil pour lui, un de ses fils et un crieur pour commercer entre Barcelone et Lyon. Les puissances alliées et neutres doivent le laisser passer, les capitaines, gouverneurs, etc. doivent le laisser passer et l’aider. Le passeport est prévu pour l’aller et le retour depuis Lyon vers Barcelone. Le passeport est accordé par le comte d’Ulfeld et contresigné par son secrétaire Carlos Joseph Domingo de Sotomayor. Les témoins sont Salvador Fontana, un commandant de milice de Vandrell et Joseph Congost, étudiant en droit de Barcelone, fils du notaire.

    Die 7 octobris 1706 Bar [cinion] e

    Constituhit personalm [en] t Llorens Soleil mercader ciutada de la p [rese] nt ciutat de Bar [celon] a en casa de Ramon Congost nott [ari] pub [lic] R [ea] l collegiat de Bar [celon] a avall escrit qui la te en la p [resent] ciutat de Bar [celon] a situada en lo carrer de la Bocaria en presencia dels testimonis infrascrits de que [feuille déchirée] à dit Ramon Congost nott [ari] que per certas causas y rahons son animo movents lleve acte de com lo S [eño] r compte de Ulfeldt, virrey y Capita G [enera] l en lo p [rese] nt Principat de Catt [aluny] a per la Mag [es] tat dell [a] [feuille déchirée] Carlos tercer (que Deu g [ar] de) li ha concedida una llicencia a ell dit Soleil a un fill y criat pe [r] [feuille déchirée] effecte en aquella contengut y peraque conste en tot temps de dita llicencia descrigue dit Co [ngost] [feuille déchirée] ntt [ari] aquella, la qual llicencia es cellada ab son sagell impres y es del thenor Seguent.

    Don Leon conde de Ulfeldt, cavallero del orden de Santiago, teniente mariscal de Campo General de la Mag [esta] d. Cezarea, coronel de un regimento de cavallos coraças, capitan de las guardias de corps de su Mag [estad] Catholica D [o] n Carlos Tercero (Que Dios g [uar] de), su mariscal de campo General y su lugarteniente y Capitan General de el Principado y Exercito de Cathaluña, Condados de Rossellon, y Serdaña.

    Por quanto passan desde el Puerto de esta Ciudad à Leon de Francia Lorenço Soleil con un hijo suyo les concedemos nuestra licencia y seguro passaporte para hir y volver con un criado. Y mandamos à todos los Governadores de Plaças, Castillos, y Puertos de mar, Capitanes de mar, y Guerra, y demàs Officiales mayores, y menores de mar, à quien fuera presentado este nuestro passaporte, no le impidan, ni embaraçen su viage, antes si, le assistan, y den el favor, y ayuda de que necessitare y lo mismo esperamos, y encargamos à todos los Generales, Almirantes, Viceal-mirantes, Comandantes, Vicecomandantes, Capitanes de mar y guerra, y demas Cabos mayores y menores de los Altos Aliados, y demas Potencias neutrales, le dexen [verso] hazer su viage seguramente, que assi conviene al Real servi [ci] o.

    Dado en Barcelona, y Otubre seis de mil setencientos y seis años.

    Locus Sigilli El conde Ullefeld12.

    Carlos Joseph Domingo de Sotomayor Secret [ario].

    V [uestra] Exc [ellenti] a concede passaporte à Lorenço Soleil con un criado y hijo para hir y volver de Leon de Francia.

    Locus Sigil

    Essent presenti per tertimonis lo capita de mi comendant de milicias Don Salvador Fontana natural de la vila del Vandrell del bisbat de Bar [celon] a y Joseph Congost y nin estudiant en lleys ciutada de Bar [celon] a. De quibus & quod fuerunt acta Bar [cinione].

    c. Procès intenté à Martí Piles par la confrérie des boutiquiers de toiles de Barcelone, 6 août 1688

    10Source : AHCB, Consellers, Processos, 1C. XX-174, no 20, procès entre Martí Piles et la confrérie des boutiquiers de toiles de Barcelone.

    11Ceci est un extrait du procès qui oppose, Marti Piles dit « linterius » et confrérie des boutiquiers de toile de Barcelone. L’affaire date du 6 août 1688. Elle contient plusieurs enquêtes, notamment sur Laurent Soleil et présente l’extrait reproduit ci-après qui précise la nature du privilège obtenu par Martí Piles et détaille le contrat de la compagnie qu’il a fondée avec Laurent Soleil. Nous apprenons, auparavant, que ce dernier ne peut commercer avec Martí Piles, car il est étranger, conformément au chapitre 12 du règlement de la confrérie du 25 décembre 1675. Martí Piles défend Soleil en indiquant qu’il habite Barcelone depuis plus de dix ans et que, par conséquent, il ne peut être considéré comme étranger. Martí Piles met également en avant un argument qui consiste à dire que le commerce est libre en Catalogne et, par conséquent, cette compagnie l’est aussi. Il est précisé que Laurent Soleil a déjà tenu boutique respectivement avec Joan Maymo, Joseph March et Mariano Casanovas. Il est dit que Laurent Soleil a acheté plusieurs maisons dans Barcelone et une propriété à Alella. Il y a donc une insistance sur son caractère de propriétaire foncier. S’ensuit donc le contrat de la compagnie.

    Capitulatio de companya feta y firmada vuy al primer de Juliol del any mil sis cents vuytanta vuyt per y entre Llorens Soleil mercader civeda de Barcelona y Marti Piles botiguer de teles per fer una fabrica de tarades y altras convenent a dit Soleil ab los pactes seguents.

    Primo la present companya anira sua envocatio de nom de Deu, de la mara de Deu y de Sant Antoni de Padua y será duradora per le espay de dotse anys comensant al primer de juliol del present any mil sis cents vuytanta vuyt y finira al primer de juliol mil set cents deu y sa sanctissima mare y donian sa benedictio.

    Esta pactat que per satisfacio de dit Soleil se compraran deu quintars de canampentinat o sense pentinar per fer la prova y resultant que las taradas13 sent tegnidas donan vint y sinch per cent de benefici sia en obligacio dit Soleil de continuar per tot lo espay de dits dotse any y sino sestoban los vint y sinch per cent franchs será a la voluntat de dit soleil de dexarsen o de continuar.

    Esta pachat que lo capital será menester per la dita fabrica será posat per dit Llorens Soleil segons sa posibilitat, y ab esta conditio que se li pagara ab interés de dit capital desde el dia de son desembols araho de vuyt per cent lo any, tenint i aper dit affecte lo dit Soleil dos centos doblas en caxa qye su deu nostre señor esta servit de donar avansos a la dita Companÿa que los avansos sian bastants per pegar lo desembols cessara lo interés y a las horas serán los profits los capitals de cada segons serácapitulat.

    Esta pacta que Marti Piles porta en la dita Companÿa la facultat y privilegi que obtingue del Rey nostre señor en dada de 29 de feber mil six cents vuytanta vuyt per lo espay de dotse any sija la presentcapitulatio.

    Prometis se obliga en persona que tot lo contengut en dit privilegi lo cedeix a dit Soleil y no enfara party por otra persona alguna sens llicesia de dit Soleil apena de mil llivres aplicadotas a saber tres centas lliuras a lo hospital de Barcelona tres centes lliuras a lo hospital de Misericordia dos centes lliues als infants orfans y dos centes lliures a la parrochia de Santa Maria del Mar ab obligatio de sapersonais bens y axi mateix porta en dita fabrica quaranta torns per principi de aquella quen orfeta? laprorca de vuyt a deu quintars de canem ¿antsi los dits vint y sinch per cent de benefici siga en obligacio de Soleil de pagarlos als officials qualeudquantitat de torns que se ferian en lo principat de Cattalunya per lo benefisi de dita fabrica y lo Marti Piles me obligo de recobrar tots losdits torns a la fi de la present companya de la manera ques restaran? y al mateix preu que habían costar conforme del llibre sex pottara? y al peu de cada full de dit llibre seu firmat udent que dit Vidret la com albara meu.

    Esta pacta que lo salario lloguer que resultaran dels torns hage de ser del cos y comu de dita companya esta pactat que del a present negotiatio deganse portar escrituras necesarias las quals portara dit Llorens Soleil al qual se li donara de cos y comu de dita companya dos centes lliures quiscun any.

    Esta pactat per lo lloguer dels estudis exint al carrer que te lo dit soleil en sa casa selin pafara de cos y comu de dita companya sinquanta lliures de lloguer quiscun any.

    Esta pactat que dit Soleil hage de portar la caxa y ser caxer y que cada nit se hage de raurer los dines del calaix y cada full del llibre de debits credit dit Piles y aye de firmar perque on ninguns temps se puga fer recuiso? sine sempre ser comptes ajustats.

    Esta pactat que lo fadrin aprenent que será menester tenir per quisa dit Marti Piles pagara a dit Soleil del cos y comu de dita Companya a cada any vuytanta lliures de despesa y siacas lo apranent dona alguna cosa de entrada se age de abonae al cos y comu de dita companya axi mateix que si se dona alguna cosa al fadri será del cos y comu de la companya.

    Esta pactat que dit Soleil vol posar un fill seu per apranent en dita Botiga coma mestre botiguer que es dit Piles lo age de fer centar al llibre dels apranents de la confraria dels otiguers y que sia a la voluntat de dit Soleil de fer li lo regalo que beliaparexera por lo treball pendra en ensenyarlo.

    Esta pactat que tots los negocis y albarans de la present Companya hagen de ser en nom de dit Llorens Soleil fins a tant que la dita fabrica aura donat benefici per posar un capital igual a cada un y en aquell temps aniran en noms de Llorens Soleil y Marti Piles salvo las cartas de fora regne lesquals soran firmades solament de Llorens Soleil conforme accostume.

    Esta pactat que en la fabrica de tarades pagat dit Soleil de lo interés a raho de vuyt per cent lo any tenint desde ara per dit affecte dos centes doblas so age de partir rellevas tots los sobredits gastos lo benefici a saber la maytat per dit Llorens Soleil y la altre maytat per dit Marti Piles.

    Esta pactat que dit Soleil ven a la present companya uns memorials de robas de dyo? lo qual se troba serit y firmat de nostras mans proprias al llibres de compra de ditat botiga de preu y valor de nou mil y quatre censes una lliures deset sols de moneda Barcelonesa diem 9401 l 17s de ardits y la dita venda fa dit Soleil a la dita companya a per temps de sis mesos ab duas pagas ab pacte que si la dita Compnya li paga de mes en mes alguna quantitat del valor de ditas robas hage dit Soleil de ferne lo relaix a raho de 8 % lo any y en cas dita companya no pagues en lo temps convengut de sis mesos ab duas pagas ly hage de pagarlo interés a raho de vuyt per cent lo any.

    Esta pactat que de la sobredita compra y de totas las robas que se demanaran y faren venir de qualseuvol part que sea los beneficis se repartirán pagats los interessos y de mes gastos dos ters per dit Llorens Soleil y un ters per dit Marti Piles.

    Esta pactat que cada any se hage de fer inventari general de tot y que aquell sia firmat de cada un y que dels profits que deu vulla hage avansat dit Pulet se los derindra dit Soleil fins que sia pagat de la quantitat de [espace vide] que lo Marti Piles confesso deuver a dit Soleil per solda de tots comptes fins al die present.

    Esta pactat que dit Soleil puga fer qualsevol negocis en son particular y rebrer? qualsevol de comissio sense que dita companya en puga pretender ninguna cosa y per sera xi nostras voluntats ho firmam de las nostras mans propias encara que escrit dema agena prometent tenir y cumplir tot lo cy devant dit en Barcelona lo dia mes y any sobredit.

    Concordat cum suo originale
    Joannes Guiu not [arius] publicus Bar[cinion]e
    Signature Llorens Soleil
    Marti Piles, B [otigue] r de telas

    7. Documents relatifs à la compagnie Aparici, Lapeyra, Puig, Lleonart

    7.1. Avant la compagnie : chargements de 1701 (Alger, Sousse, Tunis)

    12Les assurances pour quatre chargements datant de 1701 (2 le 28 juin 1701 et 26 décembre 1701) ont été retrouvées. Laurent Soleil n’est pas explicitement cité, cependant, beaucoup des protagonistes de la compagnie Aparici, Lapeyra, Puig, Lleonart sont déjà présents : Joseph Estrine, Joseph Rovira, Joseph Lapeyra, Joseph Puig, Jacintho Serra, etc. Les embarcations sont les mêmes, les patrons, une partie des destinations (Sousse, Tunis). C’est à ces trajets que Laurent Soleil fait allusion quand il signale à Jéróme de Pontchartrain : « que le 30e décembre 1701, voiant qu’il partoit une barque pour ce pais là »14. Il prend alors contact avec Auger Sorhainde et participe à ces envois.

    a. Assurances pour les chargements d’argent faits sur la Santissima Trinitat pour compte de Joseph Lapeyra et Joseph Puig (Alger, Sete Cabos et Sousse) : 28 juin 1701

    13Source : AHPB, 839/74, Simon Tomás, fol. 99-101, Assurances des chargements pour Alger, Sete Cabos et Sousse.

    14Jacintho Serra, prêteur sur gages de Barcelone, assure au nom de Francesch Lleonart de Mataró et d’autres personnes qui ont des parts de l’argent (1000 pièces de 8 réaux) chargé dans la ville de Mataró par Lleonart sur la tartane appelée Sanctissima Trinitat, 2000 quintaux, dont le patron est Joseph Estrine de Martigues, ou un autre, pour aller à Alger, d’Alger au Cap Nègre, en faisant escale à Sousse où Joseph Rovira de Mataró doit s’occuper de charger la tartane ou, en l’absence de Rovira, le patron doit acheter des marchandises pour le compte de Francesch Lleonart. Au retour, la tartane doit se rendre à Barcelone, El Masnou ou Mataró. Les témoins sont Joan Cata, prêteur sur gage et Jacintho Cortès, boutiquier de toiles de Barcelone. Les assureurs, à 8 %, sont, outre Francesch Lleonart qui couvre 200 pièces de 8 réaux, Francesch Joffre, boutiquier de toiles, assure à hauteur de 400 pièces de 8 réaux pour 32 pièces de 8 réaux, et Joan Lapeyra, cavaller, également à hauteur de 400 pièces de 8 réaux.

    15Dans l’acte qui suit directement, du même jour, Jacintho Serra assure pour le compte de Joseph Puig, fabricant de chandelles, d’autres personnes qui ont des parts de l’argent (1000 pièces de 8 réaux) chargé dans la ville de Mataró sur la Tartane nommé Santissima Trinitat, 2000 quintaux, dont le patron est Joseph Estrine de Martigues, ou un autre, pour aller à Alger, d’Alger au Cap Nègre, en faisant escale à Sousse où Joseph Rovira de Mataró doit s’occuper de charger la tartane ou, en l’absence de Rovira, le patron doit acheter des marchandises pour le compte de Joseph Puig. Au retour, la tartane doit se rendre à Barcelone, El Masnou ou Mataró. Les témoins sont Jaume Pi et Thomas Vendrell, vendeurs d’épices de Barcelone. Les assureurs, à 8 %, sont, outre Joseph Puig qui couvre 400 pièces de 8 réaux, Joseph Costa, droguiste, au nom de la compagnie qu’il a avec son associé Joseph Albadal, droguiste, à hauteur de 300 pièces de 8 réaux pour 24 pièces de 8 réaux et Vicens Rogent, tavernier, au nom de la compagnie qu’il a avec son associé Jaume Vinyals, potier, à hauteur également de 300 pièces de 8 réaux.

    [fol. 99]

    Die XXVIII mensis Junii anno a natt [ivitat] e D [omi] ni MDCCI B [arcinion] ae

    Semblant seguretat esposada per lo s [eño] r Jacintho Serra corredor de orella ciutada de B [arcelo] na en nom y per compte y orde de Francesch Lleonart de la vila de [verso] Mataro bisbat de Bar [celo] na eo de altres qualsevols personas qui part y interes hi tingan en y sobre diners effectius carregats en la dita vila de Mataro perdit Lleonart sobre la tartana o, ganguil anomenat la S [anctis] s [i] ma Trinitat de port de dos mil quintars poch mes o, menos patronejat per lo p [atr] o Joseph Estrena de Martega15 del Reyno de Fransa, o, per altre qualsevols il patronejat per portar y navegar (Deu volent) de dita vila de Mataro a las costas de Alger so es desde Alger a Setecabos terra de Africa fent escala à Suissa16 à consignar à Joseph Rovira de dita vila de Mataro sebrecarrech en favor delqual son fetas las polissas de carregament explicanta bellas per compte de qui ha carregat y en una de las pasts del districte de dita terra de Africa dit sobrecarrech y en sa falta lo dit patro de dits diners comprara mercaderias per compte dedit Lleonart y aquellas o, ve lo mateix diner effectiu carregarà sobredit tartana o, ganguil per aportar de alli a Bar [celo] na, Masnou17, o, Mataro à consignar a dit Lleonard vulgarment dit entrada abexida: y se declara que lo preu o permi de la p [rese] nt suguretat lo paga dit Serra de dires de dit Lleonart que per est effecte li ha entregats.

    E lo dit señor Serra declara que lo dit Lleonart corra y correra resp [onsabl] e en dit viatge de entrada ab exida dos centas pessas de vuyt de las mil pessas de vuyt te carregadas sobredita tartana y axi en cas de dany volgul dit Lleonart s’il agreduat ab consseguradors avallcrits a ratta per quantitat e, comensa à correr coarrisch y perill de la p [rese] nt seguretat del dia p [rese] nt a las onse huras de martinada e dura fins y atant que dita embarcacis sera retaornada de dit viatge en B [arcelo] na, Masnou, o, Mataro y haura de carregat en una de ditas parts lo carrech anterra a lo salvament.

    [fol. 100]

    Estant los aseguradors avallscrits à totas represalias de tencio de fereria y à altres qualsevols casos cogitats o, incogitats justs, o, injusts si en axique los aseguradors avallscrits le pot en un lloch de dit asegurat per qualsevol cas succehesca menos lo de bastateria de p [atr] o que eix perill los asceguradors avallescrits mol corran per pacte.

    Respondrer en cas de dany, o, perdua (lo que Deu no vulle) à dits Fran [ces] ch Lleonart. Testes sunt Joannes Cata curritor auri, et Hyacinthus Cortès, botiguerius telarum cive

    B [arcinion] ae.

    A r [a] o de 8 % entrada ab exida

    Primo Fran [ces] ch Joffre, botiguer de telas per quatre centas pessas de vuyt es assegurador firma apoca de trenta dos pessas de vuyt rebudas de comptants dix las ponen per comp [t] a [nt] 400 pessas de 8.

    Item lo s [eño] r Joan de Lapeyra cavaller per quatre centas pessas de 8 es assegurador firma apoca de trenta dos pessas de 8 rebudas de comp [tan] ts 400 pes [sas] de 8.

    Dicto die XXVIII Junii

    Semblant seguretat es passada per lo señor Jacintho Serra corredor de orella ciutada de B [arcelo] na an come y per compte y orde del señor Joseph Puig, candeler de cera ciutada de Bar [celo] na ao de altres qualsevols personas qui [verso] part y interes hi tingan en y sobre diners effectius carregats per dit Puig en la vila de Mataro bisbat de Bar [celo] na sobre la Tartana, o, ganguil anomenat la Santissima Trinitat de port de dos mil quintars poch mes, o, menos patronejat per lo patro Joseph Estrena de Martega18, regne de Fransa, o per altre qualsevol sie patronejat per portar y navegar (Deu volent) de dita vila de Mataro a las costas de Alger so es desde Alger à Setecabos terra de Adrica fent escala à Suissa19 à consignar à Joseph Rovira de Mataro sobre carrech de dit ganguil en favor del qual son fetas las polissas de carregament explicant a b ellas per compte de qui ha carregat y en una de las parts del districte de dita terra de Africa dit sobre carrech y en sa falta lo dit patro de dits diners comprara mercaderias per compte de dit Puig y aquellas, o, comateix diner effectiu carregara sobre dita tartana o, ganguil per aportar de alli à B [arcelo] na, Masnou20, o, Mataro à consignar à dit señor Puig un caregament la present seguretat entrada ab exida y se declara que el precio, o, premi de la present seguritat lo page dit señor Serra de diners de dit señor Puig que per este effecte li ha entregats.

    E lo dit señor Jacintho Serra declara que lo dit señor Puig corra y correra resp [onsabl] e en dit viatge de entrada ab exida quatre centas pessas de vuyt de las mil pessas de vuyt te carregadas sobre dita tartana y axi en cas de dany (lo que Deu no vulla) vol que dit s [eño] r Puig sie agraduat ab los asseguradors avallscrits a rato per q [uan] t e, commensa à correr lo arrisch y perill de la present seguretat del dia p [rese] nt a las onse horas de la matinat e, dura fins y atant que dita embarcacio sera retornada de dit viatge en B [arcelo] na, Masnou, o, Mataro y [fol. 101] haura descarregat en una de ditas parts lo carrech en terra a bon salvament.

    Estant los asseguradors avasscrits à totas represalias detencio de fenerias y altres qualsevols casos cogitats o, incogitats justs o, injusts si en axi que los asseguradors avallscrits se posan en lloch de dit assegurat per qualsevol cas succehesca menos lo de baratieria de patro que eix perill los asseguradors avasscrits nos corramper pacte.

    Respondrer en cas de dany, o, perdua (lo que Deu no vulla) a dit señor Puig.

    Testes sunt Jacobus Pi, et Thomas Vendrell juvenes aromatarii Bar [cinio] nae degentes.

    A r [a] o de 8 % entrada ab exida

    Primo Joseph Costa adroguer per tres centas pessas de 8 firma apoca de vint y quatre pessas de vuyt rebudas de compt [an] ts dix las pren per compania ab Joseph Albadal adroguer 300 pessas de 8.

    Item Vicens Rogent taverner per tres centas pessas de vuyt es assegurador firma apoca de vint y quatre pessas de vuyt rebudas de comptants, dix las pren per compania ab Jaume Vinyals espariter 300 pessas de 8.

    b. Assurances pour les chargements d’argent faits sur le Sant Joseph et la Santissima Trinitat pour compte de Joseph Lapeyra (Tunis) : 6 décembre 1701

    16Source : AHPB, 839/74, Simon Tomás, fol. 109-110, Assurances des chargements pour Alger, Sete Cabos et Sousse.

    17Joan Lapeyra assure des marchandises et de l’argent à destination de la cóte de Tunis à destination de Joseph Rovira de Mataró et de Joseph Estrine de Martigues. Une partie de ce chargement part sur la barque Saint Joseph, dont la capacité n’est pas indiquée, qui a pour patron Étienne Jaubert de Martigues, l’autre partie est chargée dans la tartane appelée Santissima Trinitat21 dont le patron est Bruno Lansart de Martigues. Des côtes tunisiennes, les embarcations doivent se rendre à Majorque avant de gagner, en Catalogne, Barcelone, El Masnou ou atarñ. L’assurance s’élève à 64 pièces de 8 réaux d’argent, soit plus de trois fois la valeur de l’envoi effectué cinq mois plus tôt. Les témoins sont Joseph Estanyol, boutiquier, Joseph Taxonera le jeune, boutiquier de toiles, et Joseph Vilamassa, notaire de Barcelone. Les assureurs, au taux de 6 %, sont Joseph Boer, marchand de Gérone à hauteur de 200 pièces de 8 pour 12 pièces de 8 ; Christofol Llopis, droguiste, à hauteur de 800 pièces de 8 pour 48 pièces de 8 pour sa compagnie ; Geronim Francisco Mascaro, habitant de Barcelone, à hauteur de 200 pièces de 8 pour 12 pièces de 8 réaux ; Francisco Reig, droguiste, à hauteur de 200 pièces de 8 pour 12 pièces de 8 pour sa compagnie ; Felix Romeu à hauteur de 200 pièces de 8 pour 12 pièces de 8.

    [fol. 109v]

    Die VI Mensis Dezembris anno à natt [ivitate] Domini MDCCI Bar [cinio] ne

    Semblant seguretat e posada par lo señor [fol. 110] Joan Lapeyra Cavaller en nom seu propri, e o, de alteras qualsevols qui part y interes hi tingan en y sobre mercaderias o, diners effectius o, part de mercaderias y part diners effectius carregadors en qualsevol part de las costas de Tunes terra de Africa per Joseph Rovira de Mataro, y per Joseph Estrina de Martega22 o, per lo altre dels dos per compte de dit s [eño] r Lapeyra so es part sobre lo ganguil (que Deu falsa salvo) anomenat Sant Joseph de port de + . . quintars poch mes, o, menos patronejat per lo p [atr] o Estiena Jaubert de Martega23 de la Provensa o, per altre qualsevol sie patronejat y part sobre lo pinco (Deu falsa salvo) anomenat la S [ancti] si [ma] Trinitat de port de +.. quintars poch mes, o, menos patronejat per lo Patro Bruno Lanzart de ciutat de la dita Provensa, o, per altre qualsevol sie patronejat per portar y navegar (Deu volent) ab ditas res embarcacions de ditas costas de Tunes à Mallorca y de alli à Bar [celo] na, Mataro o, Masnou à consignar segons las polissas de carregament.

    E Declara dita segurat que entre ditas dos embarcacions correra à mes desque assegura sis mil y quatre centas pessas de vuyt y axi en cas de dany (lo que Deu no vulle) vol esser agraduat ab los asseguradors avallscrits à ratta per quantitat. E comensa. E Dura.

    Estant los asseguradors avallscrits à totas represalias barateria de patrons de tencio de fenoria y a altres qualsevols casos cogitats o, incogitats justs o, injusts si en axiq [ue] los assegurra dits avallscrits se posan en lloch de dit assegurat per qualsevol cas succehesca respondrer en cas de dany o, perdu (lo que Deu [verso] no vulles à dit s [eño] r Lapeyra.

    Testes sunt Josephus Estanyol botiguerius civi vici et Josephus Taxonera juvenis botiguerius telarum Bar [cinion] ae degens ac Josephus Vilamassa nott [ariu] s publicus Bar [cinion] ae qui s [cribet].

    A r [a] o de 6 %

    Primo lo señor Joseph Boer mercader de Girona per dos centas pessas de vuyt es assegurador firma apoca de dotze pessas de vuyt rebudas de comptants 200 pes [sas] de 8.

    Item lo señor Christofol Llopis adroguer per vuyt centas pessas de vuyt es assegurador firma apoca de quaranta vuyt pessas de vuyt rebudas de comptants dix has preu per compania 800 pes [sas] de 8.

    Item lo s [eño] r Geronim Fran [cis] co Mascaro ciutada per dos centas pessas de vuyt es assegurador firma apoca de dotze pessas de vuyt rebudas de comptants 200 pes [sas] de 8.

    Item lo señor Fran [cis] co Reig Adroguer per dos centas pessas de vuyt es assegurador firma apoca de dotze pessas de vuyt rebudas de comptants dix la pren per compania 200 pes [sas] de 8.

    Item lo señor Felix Romeu ciutada per dos centas pessas de vuyt es assegurador firma apoca de dotze pessas de vuyt rebudas de comptants 200 pes [sas] de 8.

    7.2. Nolissements des chargements effectués par ou chez Laurent Soleil à destination des côtes tunisiennes (1702)

    18Dans les archives de la compagnie Aparici, quelques actes de nolisements sont conservés dont trois concernant des chargements de Laurent Soleil ou nolisés sous son autorité. Contrairement aux premiers envois de 1701, les embarcations partent désormais chargées de marchandises. Si de l’argent part, ce n’est pas Laurent Soleil qui en est l’expéditeur.

    a. Nolisement d’un chargement chez Laurent Soleil pour le compte de Joan Lapeyra – 17 juillet 1702

    19Source : BC, fonds Baró de Castellet, 41/2

    20Laurent Soleil, qui se dit « conseiller de sa Majesté Trés Chrétienne », comme consul général de Catalogne, prend, à la façon d’un notaire, un acte de nolisement le 17 juillet 1702 pour le compte de Joan Lapeyra, cavaller, sur la barque du patron Hugues Beaumont de Martigues nommée Sant Joan Batista, de 1500 quintaux, pour aller à Tortosa, à Tunis, au Levant avant de revenir à Mataró. Le patron peut charger ou décharger des marchandises tout au long du parcours. Trois mariniers, payés selon les coutumes de France, sont à sa charge. Joseph Estrine et son fils sont responsables de charger les marchandises. Le nolisement est valable à compter du 25 juillet 1702. Une quarantaine sera observée à Mataró ou ailleurs, selon le choix de Joseph Estrine. Si le déchargement s’effectue avant une quarantaine d’un mois, 50 sous seront versés au patron. Si l’aller-retour est effectué en moins de trois mois, le patron touchera 200 pièces de 8 réaux. Dont Laurent Soleil conserve l’original et appose son sceau.

    Nos Llorens Soleil conseller de sa Majestat Christianissima y son Consul general en Catalunia, fem fe com vuy dia present que contam als dicet de Juliol de el ain de mil set cens y dos compáregueren en nostra casa consularia el s [eñor] Juan Lapeira Cavaller y ciutada de Barcelona de una part, y patro Hugues Beaumont frances de Martega, Patro despres de Deu, del Pinco anomenat Sant Joan Batista de port de mil y cet cens quintas pochs mes ho menos las quals pars an quedat de acordy de tots los pactes seguens.

    Primo que dit s [eñor] Lapeira notlitja dit patro y pinco ab pacte que arriva en Tortosa, tornera a Mataro y pasaea a Tunis, y de Tunis anant à Llevant a las pars aont voldra lo sobrecarec sols sien escalas de negosy, y no devendudas, y dit patro promet carregar en dit son pinco qualsevol genero de mercaderias que be ly aparexeran à dit sobrecare, y à las pars ont no y aura barcas pera carregar tindra obligacio de carregar ab son esquito y mariners.

    Mes esta pactat que dit patro tinga obligacio de rebrer tres mariners de dit señor los quals agen de tirar lo salary com los demes mariners à estil y us de Fransa. Mes agia de rebrer per sobrecare lo patro Joseph Estrina, y son fill tots francesos, y fes los la vida à Bordo à us, y costum de la nacio fransesa.

    Mes esta pactat que acas esdevingues que las provisions faltasen à dit patro, ò rompes alguna entena, ò abren ò qualsveol altra cosa de la embarcasio, y per eix effecte tingues de menester alguns diners lo que fos tinga obligacio dit sobrecare en averlosy de donar, y seran a bon compta de los nolits se ly auran de pagar.

    Mes esta pactat que dit notlitjament comensara a correr lo [verso] dia vint y sinch de el corrent mes y ain.

    Mes esta pactat que arribat que siga en Christiandat de retorn de son viatge, age de venir à fer quarantena à Mataro sy lo temps, ò permet, ò ally a ont ly apareixera à dit sobrecare y de tots los dias que estara en fer la quarantena no correra lo mes, sino que per los dias estara en la quarantena, y descarregara se ly doneran sinquanta peses de vuit, ò lleur just valor per tota la quarantena, y dit Sobrecare, ò señor Joan Lapeira pagara los gastos faedors per la gent de la terra per dita quarantena.

    I dit señor Joan Lapeira promet a dit patro donarly, y pagarly per sos nolits dos centes peses de vuit effectivas, ò lleur just valor en doblas per quiscun mes asegurant a dit patro que en cas que fes lo viatge à menos de tres mesos los y pagara, y sy los detenia mes de dits tres mesos lo pagara à porrata de lo que ly tocara per quiscundia, y aquelloes dos centes peses de vuit per quiscun mes son francas de Gotimo24, ancratges, patentas, y consulats25 que puga deuver la dita embarcasio en los llochs ò platjas tocara.

    Mes esta pactat que en cas lo que Deu no Vullie se perdes tant a la anada, ò tornada la dita embarcacio no tinga obligacio dit señor Lapeira depagarly ningun nolits, y per ser asy tot lo sobre dit nostra voluntat, ò firmam tant en lo llibre de lo original que queda en poder de dit s [eñor] consul com en las copias, selladas, y firmadas per dit señor consul dia mes y aun sobre dit Guillem Olivier Escriven procurateur Juan Lapeÿra.

    Nos sobredit conseller de S.M. Christianissima y Consul general en Cattalunia, fem fe, tot lo cy dessynt ser estat trattat y ajustat entre los dos pars en nostra presencia [p. 2] y aver firmats en lo present copia original que queda en nostre poder y assy matex aver firmats en la present copia, y per ser axy la veritat, pregam y rogam à tots los que son de justicia y fora de ella donar entera fe a la present la qual sellan des el sello de nostre consulat y de nostra ma propria vuy en Barcelona als 17 de Juliol de 1702.

    Don LLorens Soleil, consul Fr.

    [sceau du consulat]

    b. Nolisement d’un chargement de Laurent Soleil du 24 octobre 1702

    21Source : BC, fonds Baró de Castellet, 41/2

    22De Tunis, un chargement pour le compte de Laurent Soleil est nolisé par Joseph Estrine, le 24 novembre 1702. Comme avec Rovira dans les chargements précédents, depuis la Tunisie, ils assurent pour le compte des marchands de Catalogne les chargements. La tartane et le patron sont les mêmes que dans le contrat précédent. Il s’agit, sans aucun doute, du même voyage. Les marchandises concernées sont 1500 cuirs mouillés, 2000 cuirs de petits. L’écrivain Guilhem Olivier atteste qu’il a reçu les 646 piastres de la part de Laurent Soleil lors de l’arrivée à Barcelone, le 18 novembre 1702.

    Jesus, Maria, Joseph : A Tunis le 24e octobre 1702

    A esté chargé au Nom de Dieu et de bon sauvement, au Port et Havre de cette Ville par le sieur Joseph Estrine et pour compte propre de monsieur Laurent Soleil consul de France sur la tartane appellé Saint Jean Baptiste commandé par le patron Hugues Beaumont pour porter et conduire, Dieu aidant, à Barselonne et consigner àudit monsieur Laurens Soleil oui qui pour luy sera les marchandises cyaprès mentionnées : Sçavoir

    1500 jedit mille cinq cents cuirs mouillés des grand appelles arbis 1500

    2000 jedit deux mil cuirs de petits mouilles 2000

    Lesquelles susdites Marchandises ont esté chargées sur laditte Tartane bien conditionnées, et marquées de la marqhe de contre : que ainsi reçûës que seront, Dieu aidant, audit Barselonne par led. monsieur Soleil ou qui pour sera, sans y avoir rien de moüillé ni de gâté, payera de nolis suivant le contra de nolisement D L C

    Guilhem Olivier Escriven que dite [verso] J’ay receu du sieur Laurent Soleil consul pour les marchandizes sy derrier nommées et pour le conteneu de nostre nolizement tant d’antrée comme sortie six cens quarente sis piastres faita Barcelonne ce 18e novembre 1702 Guilhem Olivier escrivain que dit etre pour Patron Hugues Beaumon.

    c. Nolisement d’un chargement de Laurent Soleil du 3 novembre 1702

    23Source : BC, fonds Baron de Castellet, 41/2

    24De Tunis, un autre chargement pour le compte de Laurent Soleil est nolisé par Joseph Estrine, le 3 novembre 1702, soit une semaine après le précédent. La barque concernée est Notre Dame du Rozaire commandée par le patron Pierre Jullien de Marseille et à destination Barcelone. Les marchandises concernées sont 1127 cuirs mouillés, 1276 cuirs seconds, 26 balles de laine, 2 balles de coton filé, 104 pièces de cambraisine, 150 mouchoirs de soie d’lep, 9 pièces d’indiennes, 5 coussins d’étoffe du Levant, 5 boucassins rouges, une pièce de Florence, 80 pièces « bour » de fil. J.F. Longhon reçoit le paiement de 700 piastres de la part de Laurent Soleil le 8 janvier 1703.

    Jesus Maria Joseph à Tunis le 3e novembre 1702

    A esté chargé au nom de dieu et de bon sauvement au port et havre de Cette par le sieur Joseph Estrigne, pour compte propre du sieur Laurens Soleil, sur la barque apellée nostre dame du Rozaire commandée par capitaine Pierre Jullien de Marseille pour porter et conduire Dieu aydent à Barsellonne et consigner au dit sieur Laurens Soleil ou qui pour luy sera les marchandises si après mentionées sçavoir :

    Image 10000000000003A9000001FEC46AC954BC05DE2D.jpg

    Lesquelles susdites marchandizes ont esté chargées sur la dite barque bien condisionées et marquées de la marque de compte que aynsi ressues que seroit dieu aydent audit Barsellonne par le dit sieur Laurens Soleil ou qui pour luy sera sens y avoir rien de mouille ni de gasté payera de nolis, sept cens piastres et fetives suivent la contention a este faite parmi nous dieu le conduize amen J F Longhon que dit estre.

    [verso]

    Resseu les nollis si dessus mantionés de Catalogne les les [sic] marchandizes à Barsellonne le 8ème janvier 1703 J. F. Longhon.

    7.3. Lettres à destination de Joan Lapeyra (1703)

    25Source : BC, fonds Baron de Castellet, 41/2

    26Il s’agit de deux copies de lettres de Joseph Estrine, contenues dans un même document, datant respectivement des 6 février et 2 mars 1703. Mich Estrine reconnaît avoir reçu par l’intermédiaire du patron Beaumont 3500 cuirs comme indiqué, par voie de Marseille. Joseph Rovira a commis une infamie : la marchandise chargée est de mauvaise qualité malgré la prévention de Juan Bori. Estrine cherche à récupérer tout ce qui a été payé au-delà des 3 % concernant le chargement de laine et d’autres choses qui étaient sur la police de chargement pour le compte de Laurent Soleil, français et consul de sa nation et, au dos des polices de chargement des deux envois, il était spécifié qu’il s’agissait de marchandises de Laurent Soleil qui avaient acquitté le droit de la Capitainerie générale et celui de la guerre. En outre, un courrier du consul Laurent Soleil expliquait qu’il fallait rendre ce qui avait été payé au-delà de 3%26. Le chargement de vin et d’eau-de-vie a trouvé preneur, celui apporté par Pierre Jullien n’a pas trouvé preneur jusqu’au jour d’écriture de la première lettre, car il a fait quarantaine jusqu’alors. La suite de la lettre est très répétitive et écrite dans un catalan fort approximatif.

    Amich Estrena27 per lo p [atr] o Hugue Beumon reberem tres mil y sinch cens cuÿros que per nostre compte li tani au carregats de que vos avisarem per via de Marcella, ÿ axi mateix reponguerem avostras cartas, ÿ reperint lo mateix en esta vos direm lo viu santiment avem tingut de la infamia quens ho feta Joseph Rovira que a par que N [ostr] e S [eño] r lo castiga ques fins vuÿ noa conparagut ab son carrech encara que no obstant lo avernos faltat Juan Bori a la atensio devia nos say mal recaÿgna lo dany ab dit Bori en arribar Robira veurem si tenim poder per que lisetament pague son mal obrar ÿ penso es estat mol a serrat lo avernos escrit son modo de obrar, pero nos avi au de donar notisia que quantitat es lo danÿ quensa donat pera poder obrar contra de dit ab asert y justificasio lo que tanpoch nos a sebut dirnos Fran [ces] ch Buÿgas28 ÿ per que ab tot esfors vejau si pot aver forma per recobrar lo que aveu pagat a demes desls tres per cent.

    En primer lloch teniu en vostre poder la pocisa del carragament de la llana y demes cosas a ont consta ser de Llorens Soleÿ franses y consol de sa nasio ÿ junt ab esta van las polisas dels dos carragaments que vos aveu enviats ÿ alas espaltas de ellas consta per resivo dels patrons averlos pagat los nolits dit Soleÿ, axi mateix vajunt ab esta un sertificat de la capitania a General del Rey N [ostr] e S [eño] r a ont consta ser las marcaderias que aveu ramesas del dit Soleÿ ÿ aver pagat lo dret del Reÿ, axi mateix van junt abesta dos serificats un del dret del General de Catalunÿa, y lo altre del dret de Guerra constant lo mateix de ser mercaderias del dit Soleÿ ÿ aver pagats los drets, axi mateix vala inclusa carta del dit consol que escriu al de aqui per lo mateix afecta per lo que ab totas esta provas ÿ ab vostras grans diligensias esparam lo recobro delo que aveu pagat de mes dels tres per cent, y cas que tot aso no vastas per la justificasio que volan los dela aduana procurau trauven lo ques pugan y ajustaro dexanto tot a votra bona direcsio.

    Avem vista la fatura de las mercaderias que ne exos paratges tenen alguna dispidissio los preus que aqui se venen poch mes o menos ÿ los quantitats que sen podan remetro a que reponem no ser de combeniensia la ramesa delas tals mercaderias per rao que asi lo major part de ellas se venan a major preu, y ablas altras no si gonÿaria cosa y axi avem resolt carregar de vi ÿ aÿguardent, lo qual carragament [verso] no sea pogut disposar fins vuÿ per aver estat lo capita Julia nolits dias a la quarantena ü lo p [atr] o Beumon29 nos volgue no li ay parem per tornar aqui y axi mateix per aver pasat molt mal temps en estos mars ÿ en considerasio de vostra recomendasio no li ay parem al dit cap [it] a Julia30 donantli dos centas xexanto pessos de vuy y cada mes de que cadava content despres de alguns dias susso y que lo dit capita se renüi ab lo escriva, se fugi de la barca ÿ no lo avem vist mes judicam senes anat a Marcella31 la barca de esta al mollab quatra mariners y son fill, estas cosas an ocasionat lo sardansa de estas negossi que avem sensit molt per lo desitx tenim de veur aux asi ab tots nostres afectas ÿ dar providensia en comprar enbarcasio per no anar ab estas travalls de noliapaments, ÿ prosoir est negosi de que vos ne sau ja mestra. Per la barca del dit capita Julia avem rebut las mercaderias que hi aveu carregades ÿ constan ab las polisas de carragament envistut de la qual nos las a entregades ÿ li avem pagat enserament los nolits axi mateix queda a nostra poder lo compte del cost de las mercaderias dels dos carragaments.

    Y avem vistas la mostras quens aveu tamesas per si en cas de trovan lo compte darvos ordre de comprarme reponem dientros que en totas ellas segons lo que costan aqui y asi se venen si perdria mes de vint y sinch per cent com a suese ÿ ab las nos- tras que aveu enviades ÿ ablas mosolina o cambrasinas si perdra lo mateix ÿ mes que en ningun preu se prodran vendra per no ser la moda en est paÿs per lo que vos ordenam que de nunguna manera enpleÿeu nungun diner ensemblans mercaderias lo que aveu de comprar del diner teniu de la llana que vos resta y del carragament que va junt ab esto y altra que seus enviara tambe de vi ÿ aiguardent, es en primer lloch, sera, sis troba; en segon, oli, que sia clar y llampant, ÿ de bon gust ÿ lo podeu pagar al preuqueus potarem a la nota encara que sia un real de plata mes per matall - en tercer lloch podrian comprar fins a dos cents quintars de llana - axi mateix podriau comprar cent quintas de arros navell que sia granat ÿ que no sia vestit que sia ben blanch no molt carregat de sal no costant mes de dos reals de vuÿt lo quinta Barbaresch32, poch mes o menos Y en falta de las ditas mercaderias compeneu cuÿros de pes uns ab altres que dasan trests a lliure poch mes, o menos per de Barcelona [p. 2] comprant dits cuÿros respecta dels altres, volem dir que acis com los al- tres los comprareu a 165 pessas de vuÿt lo cent, ÿ en las de nos trobarem de esta qualitat comprarne los ques tropian ÿ los demis dels altres que aveu acostumat enviar pero sempra vos diem que lo millor tres sera y per poder venir carregades los dos embarcasions conprareu desl generos de las mercaderias que van ditas, y que avos vos aparega ser de mayor conveniensia segons lo explicasio referida ÿ vostre conexament Y lo que mes vos recomananm es que aci dels avectas que tania com del que trauveu dels dos carragaments aporteu los afectas sens que aqui y quedia cosa per que sent vos asi se pugan finir estos ca- rragaments aci de entrada com de axida ajustar comptes entre nosaltres per despres formar negosi nou com forme cadarem et vostra partida, ÿ comprar la nova enbarcasio com esta dit lo donador de la p [rese] nt sera si Deu es servit lo p [atr] o Jaques y Joseph Diego33 [écrit d’une autre encre donc postérieurement] ablo qual avem carregat lo vi, aÿguardent y dos pessas de panÿ os que veu toto reu explicat abla inclusa polisa de carragament envir- tut de la qual vos ho fareu entregar ÿ vendreu a nostre mayor benefici ÿ ab luego sens perdrer temps carragareu dit p [atr] o ÿ despatxarey perque ablo carrech vinga a Mataro, o a hesta ciutat, en la forma ÿ manera que vaureu ablo unclus acte de noliagament fet per compte de dit Llorens Soleÿ Advertinvos que en cas de no poder comprar oli, en la manera que va dit vendreu las 25 botas que vosne aportareu y axi mateix las que ara van ablo vi ÿ aiguardent. Dins quinse dias vos remerem laltra carragament ÿ procurarem sia mayor enbarcasio per que vos pugau venir ab ella ab tots nostros, afectas recomanantvos la brevedat en que vos vingau ab dita enbarcasio ÿ que axi mateix vinga esta luego per que se diu que pasat lo fort der Juern ÿ aura molts corsaris inglesos, y olandesos, ÿ vuy per estos mars ya mia molts de pitxolingos abque es menester anar ab gran cuÿdado Tanbe remetem ab esta la saca de llana que decarau al ma nou que ja sabeu es de totas calitats y aci ne fareu barato Tenim per sert que ala ora desta aveu venuda la llana ÿ lo demes quevosne aportareu ÿ que aureu comprat partida de sera, o alguna de la altras mercaderias que vandita per poder luego despasxar esta [verso] enbarcasio pero encas que vosne aques cadat algun parsit o venuda o trucada ab altres mercaderias o exacutareu per que no volem que queda cosa aqui per poder millor aclarir lo compter asi lo demes vos dira Fran [ces] ch Boigas Si lo p [atr] o ademenester alguns diners los hi donareu a compte de nolits ÿ nos ne avisareu Votre fill, y cosi aniran ablaltre enbarcasio, es quantsen offarcis dirnpos si cora voleu avisareu quen farem ab gran gust Los dos caxetas de vidras van per dita barca nos aparsera asertat ragaleu a Musut Tarrasa del vi ÿ aguardent vos aparega Deu a tots g [ard] e Bar [celo] na 6 de fabrer de 1703. La sobradita es copia de la queus tenim escrita per lo p [atr] o Jacques Joseph Diego, a que novament nos conformam aniadint que lo donador de la pre [se] nt sera sent Deu servit vostre fill lo qual va ablo p [atr] o Pera Farre del Martega per lo qual vos reniatem vint y vuit ballatas de llana que p [ort] an vint ÿ sinch quintas pes de Barcelona ÿ axi mateix lo vi y aiguardent que trobarem continuat abla inclusa policia de carragament en virtut dela qual vos foren entregar tot lo contingut en ella ÿ axi mateix va lo contracta del noliatiament fet ab dit p [atr] o que vos raflaren segons lo contengut en ell, lo qual carragament procuraneu vendre luego a nostre major benefici com o experam de vostra bona diligensia ÿ que de son net retret com tan be del que vos remeterem per lo p [atr] o Diego, ampliareu ab cera la major porcio qu sia posible, obe oli que ja donarem la mesura a Fra [ncis] co Serra pero que pugueseu fer vostre compta costant lo tal oli fins a 137 de ardits lo costa potat a borde si trobaria de lo compta [p. 3] loblat val asi a 35 de ardits la cortera que qon dos pesos de vuit y mitia y en quant a llana deix pais y arros ja vos donam lo preu ÿ la porcio ne podeu portar ÿ en falta derar mercadarias portareu cuiros abla forma que va dit acis del valor dels dos carragamens com de tots los afectos que trungam aqui, pues volem que aqui no queda cossa ni dedines ni de mercadarias sino que tot vinga asi en vostre retorn y despres poder fer una nova planta segons los noticias que vos nos dareu y pendra embervasio per no aver de anar ab noliatiaments que avem tingut prou cafe de poder encontrar embercasions y los nolits ben cars com o, vauxeu ÿ de nou vos recomenan procureu a venir abla maior pontualitat posible per que preu se aniran movent los cosaris ÿ se ha de anar ab fran cuidado y per la dispusacio que se haura dependra se nesecita vingrau quant antes y axÿ mateix procurareu portar ab tota claradat la mercadarias ÿ generos sigan bons per eros pa ratias per que ab fonament se puga obrar ab asert ÿ ab quina forma a de ser lo varmello d’Espania si se ha de portar vardos axis com se cull o sech ÿ tot lo demes ja vos, o, aura dit Fra [ncis] co Serra de paraula Per lo mateic p [atr] o vos anviam la careta candelas per Tarrasa34 aqui de part mia donareu mols accados ÿ que si cova seli offareis per asi [verso] o fare ab molt bona volontat donantli los gracias de la marre et servit fernos que prenga esta per propia que noli escrich per no saber bela llengua fransesa ÿ vos li esplicareu ma bona voluntat ÿ que espero ablo favor de Deu continuar est negoci ÿ que nos ha de asistir ab tot que per nostra part precurarem complir a nostre obligacio. Vostres cartes avem rebudas depores de aver partit raco ÿ ablo que va dit responem a ellas deritiam veuros ab salut ÿ prestesa manantnos lo de vostre servey que sempra me tindreu molts promta Deu a tots g [ar] de - Bar [celo] na ÿ Mars @2 de 1703. [p. 4 verso] Copia de los dos cartas escrita al p [atr] o Joseph Estrena

    7.4. Correspondance active des correspondants de Tunis

    27Source : BC, fonds Baron de Castellet, 41/2

    a. Joseph Estrine à Don Joan de Lapeira, Tunis, 29 octobre 1702

    28Joseph Estrine explique que la douane de Tunis a souhaité prélever 10 % sur les marchandises importées, alors que Rovira, quinze jours plus tôt, n’a pas dû les payer pour un chargement de laine de même origine. En plus, Joseph Rovira portait le chargement pour compte d’un Espagnol qui aurait dû payer le 10 %. Celui-ci s’en est défendu en disant que le chargement était celui d’un Français, Monsieur Soleil. La douane a dit que si le consul français de Tunis approuvait cela, alors il ne paierait que 3 % de douane. Estrine et ses amis ont donc demandé au consul d’approuver cela, ce que ce dernier a refusé de faire. Ils sont retournés l’attendre au consulat pour le lui redemander, mais il a encore refusé. Jusqu’à la veille de l’envoi de cette lettre, ils ont insisté et la douane, en outre, leur a signalé que tant que la taxe de 10 % ne serait pas payée, ils ne pourraient pas vendre les marchandises. Estrine a voulu se plaindre à la chancellerie où peuvent se plaindre les marchands français de la ville, mais il s’est vu refuser l’accès Il suggère que si Lapeyra et ses associés veulent faire du négoce à Tunis, il faut que Soleil écrive à la cour de France pour expliquer comment ont été taxées ces marchandises françaises. Beaumont n’a pas pu vendre ou acheter les marchandises qui avaient été prévues par Estrine. Ensuite, des prix de marchandises sont donnés à l’achat (laine ou à la vente (eau-de-vie). Seront chargés sur la barque des cuirs, de la laine, du coton et des toiles du Levant. Une carte et la facture indiquent à Soleil, si Beaumont veut revenir, les marchandises à apporter. Dans la partie biffée, il est indiqué « Papiers, comptes et carte de voyage du voyage que le patron Estrine a fait à Tunis avec Joseph Rovira de Mataró pour le compte de Don Francisco Annil35 Joseph Puig, Francesch Lleonart et Juan Lapeyra et le voyage du patron Beaumont qui a apporté 3500 cuirs ».

    Don Juan la pressent es per dar avis a V.M. com avem carregat sobra al pincu del patro Beumond tres mil y sinch sens cuiros mil y sinch sens dels grans que costan dos sentas pessas de vuit al sent y los xichs costant a sent y sinch reals de vuit sens los gastos baratad ab partida de llana conforma consta ab la polisa de carregament que a la aribada de dit pincu la dita roba se la fara consignar com a cosa propria.

    Sobra quant nosaltres arribarem a est port de Tunis trobarem al ganguil que va Rovira al qual avia quinsa dias que ja era dit Rovira dalt en Tunis y a la sua mercaderia ni feran pagar deu per sent por que la dita era consignada per un herspañol ÿ quant ell vege aquels feian pagar al deu per sent ÿ sabent ell que nosaltres aviand de venir a esta allavos digue ell anals que cobran las drets de la duana deque avia de venir han vestiment carrege de llana ÿ que la dita llana era del mateix [feuille déchirée] que la que Rovira avia portat, que tota hera huna cossa ÿ sent harribat patro Joseph Astrena36 a esta le preguntaran que portava ell digue llana digueran ells per comta de qui ÿ ell digue per comta de musa Solei hi hellshallovors digueran, que no que la llana era de marxant español ÿ vull que pagau deu persent ÿ patro Joseph digue que no volia pagar perque la mercaderia es de marxant phrances conforma consta ab lo contracta ÿ polisa de carragament ÿ allavos las dela duana digueran a patro Joseph que anes, a sercar lo consul phrances, que si lo consul deiaque la roba era per comta de Mosu Solei que no pagaria mes que tres per sent y que si era per compta d’Español que pagaria deu per sent y ab aquell tems patro Joseph ab las seus amichs anaran a casa de consul a suplicarli que que anes a casa de caia per fer veura com aquella roba era de marxant phrances ÿ lo consul phranses feu es resposa a patro Joseph que no se volia cuidar de ninguna cossa [verso] de aquexas nostant que patro Joseph a mostrat anal s [enyo] r consul com era veritat que la roba era consignada por comta de Mosu Solei conforma consta per la contracta ÿ polisa de carregament que li feu veura ÿ patro Joseph li digue com li tocava de hobligatio ha mirar ÿ defensar de que la mercaderia era de phrances, que no hera de rao de que hagues de pagar mes que tres per sent y que haxo no era fer mal a ell tant solament sinos tambe als altres y el tot axo al consul no volgue ascoltar ninguna rao ÿ la causa daver pagat als deu per sent es que ell mai a volgut par la anal mestra de la duana que no tania mes que dir que haguexa mercaderia era el Mosu Solei que ja no hagueram pagat mes que tres per sent ÿ que patro Joseph ab sus amichs fins avi se havian defansats de pagar als deu per sent, y avista quels de la duana possaren horda de que ningun poques comprar llana de patro Joseph y el vist axo es astat forsa lo haver de pagar al deu per sent ÿ que no havia ningun dia que patro Joseph ab sus amichs, no hanassan a casal consul a suplicarlo laquels astava passant ÿ no sen volque cuidar mai ÿ per axo patro Joseph ha fet resistra al contracta y polisa a la consalaria de phransa ha protestat contra al consul per que no le ha donat aiuda per no haver de pagar las deu per sent y ell no ha volgut dexar fer lo protest a la cansalleria y aqueca que V.M. rebra servira de testimoni per las marxants phrancesus de esta ciutad conforma ells haro vist tot laque passava ÿ per axo que si V.M. tenan intencio de fer negoci a esta ciutad podran escriura ab Mosu Solei a la cort de Phransa per fer veura com aquesca mercaderia era de marxant phrances y de fer veurar la hinjusticia que al consul phrances ha fet en aquesta hocasio y per haxo han de fer la alegencia tan prest que pagar que si las cosas hastan ben representadas a la cort de Phransa que al consul phrances no podria ser ben castigat que patro Joseph no se vol mourar de esta ciutad que no tinga horda de V.M. ÿ quant lo Phrancesch serra men hanire ab la Barca del capita Julia que patro Joseph a noliatiat lo podre dir tot lo que ha possat ha hesta ÿ si V.M. feran intencio de el fer negoci a hesta ciutad es nesesari que anvian a sercar un setificat del comers de Marsella per permetre que el patro [page suivante] Joseph puga cadar asi per comta de marxant per que el consul no parga fer ningun mal a patro Joseph per amort del protest que han fet contra de hell que li vol molt de mal que si portavan mercaderias per su comta ÿ no hostava ben espatxat no li voldria dexar vendra ningun cosa ÿ haven hanat mollos voltos a casal consul desesparats per que tots los dios les caia ÿ la gent de la duana venian ab asbirras per vulernos possar encodna per que no volian pagar las deu per sent per axo patro Joseph ab sus amichs hanaran a casa del consul haballs hos birras per suplicar li que digues huna rao ho haltre de la mercaderia era de marxant phrances ho haspañol per no tant mes perclusion ÿ rahons abals ella duana ni per axo al consul non feu sens e suposit ni menos los volgue hoscollar ÿ per haxo no haven pogut despatxar lo patro Beumon37 per haver tingut tant de hampatx ÿ tambe havriam de pagar drets de surtida con los de hentrada per no poder comprar mercaderias que nosaltres voliam comprar y havem agut de comprar roba que no deu pagar ningun dret.

    Nota dels preus de la llana la fina senes venut una partida a -75- pessas de vuit ÿ de la matexa altre partida a -72- p [essas de vuit] ÿ l’altra se ha venut bona partida a -50- pessas de vuit lo quintal que no si es pogut fer mes que nes vinguda multissima ÿ al pind l’avem venut a 9 pessos de vuit y mitia l’aiguardent lai venuda a -25- pessos de vuit cada hara bota las paños encara no son venuts que erochdema dema hals haca barem de ajustar a preu de 2 p [essas de vuit] reals de plata cada hun pie en troco el cuto ÿ la barca que lo phrancesch serra me hanbarcare carregarem cuiros, llana ÿ cota ÿ telas de llavant que quant deu vulla sigam aqui portare la fatara de tot ÿ per la carta que escrivanan al consul phrances sabran la substancia millor de la que ha passat ÿ si patro Beumond vol tornar li podran carregar laque esta escrit ab la fatura per lo pressent no tinch mes que dirlos patro Joseph las dona mols recados ÿ tambe estos señors marxants alsa saludan.

    [En travers de la page]

    A tots - Tunis - ÿ hoctubra A 29 de 1702 Joseph Estrine

    [page suivante]

    Don Juan de Lapeira Gua [r] de Deu mols [...]

    Papers, comptats ÿ carta del viatja que lo patro Esrtina a fet a Tunis anant ab el Joseph Rovira de Mataro y lo p [er] comp [t] a de Don Fran [cis] co Annil Joseph Putx Franc [esc] h Lleonart y Juan Lapeÿra 1702 I dit viatja dit patro Beumon que aporta 3500 cuyros

    b. Joseph Estrine et Terras à Joan Lapeyra, Tunis, 6 novembre 1702

    29Joseph Estrine et Terras écrivent à Joan Lapeyra pour lui expliquer dix jours après la précédente lettre et en Français cette fois-ci, l’affaire des 10 %. Eux deux et Hugues Beaumont se sont aussi plaint à Laurent Soleil de l’attitude du consul français de Tunis, Auger Sorhainde. Soleil avait pourtant écrit à Sorhainde pour recommander Joseph Estrine, mais le consul de Tunis n’a pas regardé la lettre écrite par Soleil. Estrine et Terras souhaitent que le consul rembourse et rappellent qu’ils n’ont pas pu faire rédiger leur plainte auprès de la chancellerie française de Tunis. François Serre doit rapporter les faits et notamment les menaces proférées par le consul à l’encontre de Terras. Le patron Pierre Jullien est reparti avec un chargement à la suite d’une affaire conclue avec le caïd de Bizerte (des fèves, de la laine et du cuir) mais le caïd n’a pas tenu parole et ils ont du faire un crédit auprès de marchands juifs pour 4000 pièces de 8 réaux de toiles. Les laines se vendent bien, mais il aurait fallu arriver trois mois plus tôt avec le chargement du patron Beaumont. Les marchandises qui peuvent être vendues ou achetées sont précisées avec leurs prix : laine fine, cuirs. Ensuite, sont annoncés les comptes de Terras concernant les chargements de Lansart et Jaubert. Rovira, arrivé 15 jours plus tôt, est reparti sans présenter ses comptes à Terras Estrine et Terras écrivent qu’il n’a pas indiqué un achat de cire à Sousse. Terras a vendu pour Rovira une caisse de fusil au Bey qui n’a pas payé, car il a été décapité avant.

    Tunis, 6 novembre 1702

    Monsieur,

    Celle-ci scaira pour vous informer de tout ce qu’il cet passé au sujet du 10 % qu’on nous a obligé de paier, nous a n’avons acest escrit emplemant à mons[ieu] r Soleil par le p[atr]on Beaumond38 et envoyé un espesse de protes qui nous avons fait contre le consul39 pour vous servir en cas de besoin, car nous pouvons nous dire en vérité que sy nous avons esté obligé de payer il n’a été que le consul qu’il en a été cause pour n’avoir pas voullu donner la paine de se porter à la doüane et dire que cette march[andis]e apartenoit à des march[an]ds françois, mons[ieu]r Soleil a de grandes obligation à nostre consul, il pouvoit bien se donner la paine de luy escrire et luy recommander le p[atr]on Joseph Estrine, n’ayant pas deigné seulement de la regarder, vous trouveres cy inclus40 copie du protes fait contre nostre consul, et envoyé à mons[ieu]r Soleil par le patron Beaumond, de manière que nous vous prions que s’il i a lumière de pouvoir chagriner nostre consul, de le faire, car il nous a joüé un méchant tour qu’il nous portera un grand préjudice à vostre négoce ; nous ne doutons nulemant que si vous employes vos amis que vous hautiendres que le consul vous façe rendre ce que nous avons esté obligé de payer ou sinon de luy le payer à son propre, cella faisant non seulem[en]t tord à cest affaires mais encore à tous les François qu’il fairont venir des marchandises de paÿs [verso] estrangers, et ainsi si cela estoit bien représenté en cour asseurém[en]t qu’il ne scairoit pas trop bon pour nostre consul avend que de faire led. protes nous feumes le voir pour lui demander de per nous permettre de faire nos diligences en chanselerie, il nous promit et aprest l’ayant donnée lad. formalité entre les mains du chanselier pour l’enregistrer, le consul luy dit qu’il ne le voulloit point permetre et le chanselier l’ayant randue à nostre S[ieu]r Joseph Estrine, il luy dit qu’il la paieroit au consul.

    Il est vray que led. consul est fort outré contre nous mais pourtant sans raison jusque qu’il a laché moyen de voulloir faire sauter notre S[ieu]r Terras de sa maison ils ont eu de grosses parolles le Sig[n]or François Sere41 vous informera mieu de vive vois de tout ce qu’il cet passé au sujet de cest affaires.

    Nous avons esté obligé de noliser le Cap[itai]ne Pierre Julien42 pour une affaire que nous avions fait avec le Caÿ Depert Biserty43 qui esté de 150 caffis de feües et 300 q[uint]al de laines et 500 cuirs en troque de laine, et lorsque nous avons eu fait la convention pour le nolisem[en]t cet malheureux nous a manqué de parolle, et nous avons esté obligé de prandre des cuirs des Juifs à crédit p[ou]r trois mois pour plus de 4000 p[ess]as [de 8] pour les toilleries nous les avons presques touttes prises en troque de laine, sy par asar vous a trouves vostre compte sur cette marchandises de Levant long44 en pourroit faire de grosses levées, vous trouveres aussy sy inclus une notte de touttes les marchandises quelles sont bonnes pour se païs avec le pris [page suivante] courant qu’elles passent en ce païs comme des marchandises qu’elles peuvent sortir de ce païs de mesme avec son pris, vous aures la bonté de nous marquer par le premier batiment que vous espedires pour se païs de nous marquer des march[andis]es les plus demandées pour ici vous avés son pris de se qu’on peu en donner à celle fin que vous y atrouvées vos aventages, et que long puise prendre cest precaution, mais il est fort important que vous envoÿes du contant pour nous degager et faire passer nos laines, je crois que led. S[ieu]r Estrine vous l’aura marqué dans la sienne avons escrite, sy led. chargement du p[atr]on Beaumond feuse arrivé trois mois plus tôt, vous auries fait un plus grand proffit atendu que les laines ont diminué de plus de p[ess]as [de 8] 20 =’ par quintal que y que au pris qu’elles sont aujourd’huy vous n’y perdres rien et bien au contraire que sy plait à Dieu vous y atrouveres bien vos aventages je le souhaitte par l’interest que je prens à ce qu’il vous regarde puisqu’elles vallent p[ess]as [de 8] 82 les fines que vous envoyons la montre45, mais il est véritable que vostre march[andis]es ne peuvent point égaliser à la fine de celles là. Les fines de vostre envoy46 les avons vendues en troque p[ess] as [de 8] 75 =’ et p[ess]as [de 8] 72 de toillerie de Levand, et les sousty les avons vendues en troque de cuirs à p[ess]as [de 8] 50 =’ leq[uel] que cella vous soit pour advis, il y a aparançe que le pris de cette march[andis]es pourroit s’acommoder, car nous ne les avions jamais veües à un pris sy pas c’aujourd’huy, il en est venu de toutte part mais la balla pourra s’acommoder, puisqu’il s’en fait un consumation touttes les années de plus de 7 à 800 b[al]les et le païs reviendra bon ne l’ayant aparence qu’il demeurera longtems. En païs, se ce qu’il bonnifiera len [...] pour toutte sorte de march[andis]es.

    [verso]

    Vous trouveres encore sy inclus les comptes que le Sieur Terras vous envoy des chargemans des p[atr]ons Lansar47 et Jaubert, il en a aussy donné une autre copie au Sig[n]or Roviera qu’il se trouve encore en ce païs avec sa barque quoi qu’il est arrivé 15 jours plus tót que nostre Sieur Estrine en aparance qu’il n’et pas encore sorty d’affaire, vous verres par les comptes la coquinerie dud. Roviera, car lorsqu’il est party de Tunis, le Sieur Terras luy a presanté cest comptes des chargemans mais il luy respondit qu’il n’avoit point affaire atendu qu’il ne connoisoit que luy et d’ailleurs que luy avoit tenu compte tant pour les achats desd. march[andis]es que pour les frais fait aux chargemants des desd. [sic] batiments de maniere que les comptes avoint resté entre les mains dud. S[ieu]r Terras par la lettre que led. Roviera a escrit de Barsellonne au Sieur. Il luy marque d’avoir passé la sire achaittée à Sousse à p[ess]as de 8 24 le quintal et vous verres par les comptes qu’il y a qu’une partie de p[ess]as [de 8] 23 et l’autre à p[ess]as [de 8] 22 ½. Le Sieur Terras pour le debarasser de la caisse fusilz qu’il avoit, il la fit prandre au Bey et l’a pris sur son compte cepand[an]t dudepuis ils ont coupé la teste au Bey et les montant des dit fusilz qu’il se montant a p[ess]as [de 8] 140 il a esté perdu par la Sieur Terras lorsqu’il l’a fait qu’à vostre occasion pour lacher moyent de vous rendre contant et de vous faire voir qu’il ne travaillent que pour honeur et pour servir cest amis avec fidellité et Bien au contraire cest malheureux il a fait ce qu’il a peut po[ur] vous persuader le contraire pour seccourir des friponeries qu’il a voullu faire seur les comptes mais vous connoitres par la suite combien led. S[ieu]r Terras et dans vos intherest et qu’il est desseus de la canaille vous faires voir les comptes et sy vous y a trouves quelque chose, il est toujours à rester de vous remboursé le surplus mais vous verres qu’il sont au juste et somme Mons[eigneur] vostres h[um]bles très obeis[san]t serviteurs.

    Signatures : Joseph Estrine Terras

    c. Joseph Estrine et Terras à Francesch Lleonart, Tunis, 10 novembre 1702

    30Une partie de la lettre est manquante. L’écrivain de la barque semble avoir truqué un document, ce qui a permis de gagner de l’argent. Estrine donne des indications sur les marchandises : il n’y a pas à Tunis de vin ou d’eau-de-vie, il faut donc en importer, tout comme de la laine, des indiennes (comme celles apportées par François Serre). Il propose que deux bâtiments soient envoyés depuis la Catalogne avec 400 charges de vin et 100 d’eau-de-vie. Il indique que trois navires sont arrivés d’Alexandrie et qu’il va pouvoir acheter le tapis demandé. Estrine indique qu’Auger Sorhainde et les marchands français jalousent les affaires que font Lapeyra et ses associés et craignent de perdre leur monopole. Il a rappelé, pour éviter les 10 %, qu’il apporte la marchandise pour le compte de Laurent Soleil. Une nouvelle fois, la tactique qui consiste à payer le moins d’impôts et à doubler les Marseillais est explicite. Estrine demande s’il y a besoin de fèves, huile et blé en Catalogne pour faire, éventuellement, un chargement pour un certain sieur Rix, peut-être mis pour Puig48. Pour finir, il recommande Rovira qui cherche toujours à vendre sa laine.

    Tunis, 10 novembre 1702

    Monsieur

    Je vous averti comme l’écrivain de lad. Barque acheté 38 livres a trouqué pour de marchandise par laquelle m’a prié de vous avertir de le faire plasir de vous le faire savoir et je vous prie de lui faire tout le plasir que vous pourrai je vous averti comme dans la ville de Runi il n’y a point de vin et ni d’eau de vie pressantemant valle à 8 piastre la charge et l’eau de vie valle à raison de 13-14 piastres la charge et si il y a de laine à Barcelonne sourti vous n’en pouvez envoyer 24 sac et si il y a de la indinne comme celle qui j’ai donné la mostre à François Serre vous n’en pouvez envoyer 14 sac pour qui soit bien nette tant une que l’autre parce que celle qui j’ai a porté on l’a trouvée bien chargée mais poirtant je l’ai vendue la plus grance partie à plusieurs pris à 74 et à 72 la fine et l’autre à 46 et à 41 et à 40 si vous envoie la laine fine comme celle qui j’ai vous envoyé la mostre vous en n’aurez 80 piastre et surtout vous en aurez 40 piastres pour le moins [verso] le vin. Vous n’en pouvez envoyer pour les 2 bâtiments 400 charges, d’eau de vie 100 charges. Et les autres marchandises vous n’en pouvez envoyer comme vous verrez pour la facture que je vous ai envoyé et pour le tapis que vous m’avez commandé il sont pressantément extremement cher je attends 3 bâtiments qui sont arrivés à tous chargé de marchandises qui viennent d’Alexandrie pour acheter le tapis. Je vous prie de faire d’alligence pour voir si vous pouvez avoir une de faveur poue Monsieur le consul pour nous payer les dix pour cens le conceul françois il le jalloux et tous les marchands françois qui vous autre fassiez négoce dans le paix parce qui lui disse si se missieur mette une fois le pied dans le pays feron vinir tout si qu’il sera nécessaire dans ce pais49. J’ai fait tout ce qui j’ai peu pour li viter pour non payer mais lui disté que monsieur Joseph Rouviere avait dit qu’il nous li tien tout pour un mes me marchnd et moi toujours j’ai dit qui non et qui mon marchand illetté Monsieur le consul de Barcelone50 comme parresser pour un contrat et une police c’est à dire de prier Monsieur Solei qui pranne cette affaire comme s’il l’est pour lui parce qui j’ai fait un procès à Monsieur le consul de tout mais domage et intéret qui mois pourront arriver dans ce pays, envoyé moi comme se passe l’huile et le blé et la fève pour voir si cette année si pourra faire quelque chargement au sieur Rix51 calle 6 présentement 2 piastres et 2 piastres ¼ le quintal pois de Barbarie faites d’alligeance pour pouvoir une lettre de faveur pour acommodé le dit pour cent parce que la lumière dans ce pays pour gagne de l’argent et suis votre obéissant serviteur52.

    Signature : Joseph Estrine

    Le dit Rouvière n’a pas encore vendu sa laine, je vous le recommande.

    d. Reconnaissance de paiement de la main de Laurent Soleil, 6 décembre 1702

    31Ce document permet de comprendre les liens de Laurent Soleil avec la compagnie. Il reconnaît donc le paiement de la part de Joan Lapeyra et par l’intermédiaire de Jacintho Serra de 9625 livres pour l’importation de 35 cuirs de bœuf de Tunis. Il a touché cet argent le 24 novembre 1702. Il s’agit sans doute de l’arrivée, le 24 octobre 1702 d’Hugues Beaumont dont le chargement comprend 3500 cuirs.

    6 décembre 1702

    Dich lo baix firmat Llorens Soley consol de Fransa que tinch rebut de Juan de La Peyra nou mil sis cntas vint y sinch Llivres moneda Barcinona dich 9625 l y ditas son per lo preu y valor de tres mil y sinch cents cuyros de bou en pel de Tunes arraho dos livres quinsa sous cada cuyro li tinch venuts y ennegats per medi de Jacinto Serra cor [redor] de orella a pagar de comp’ [tant] a 24 de noviembre propasat y per ser lo ver se fala present rebuda de coluntat mia de ma del dit Jacinto Serra cor [redor] de orella y firmada de la mia propia en Bar [celona] 6 deciembre 1702 Llorens Soleil consul Fr.

    e. Terras à Joan Lapeyra, Tunis, 3 juin 1703

    32Extrait d’une lettre de Terras à Joan Lapeyra qui indique que, sur ordre d’Estrine, Terras a chargé sur la tartane du patron Diegou de la laine et des textiles du Levant.

    [...]

    Cependant j’ai chargé par ordre du sieur Estrine53 pour compte de Monsieur Laurens Soleil sur la tartane du patron Diegou54 la quantité de quatre vingt balles laine pesant net poids de ce païs, trois cents quatre vingt quatre quintrau trente sept retour et un ballot marchandises de Levant le tout mentionné dans la pollice de chargement je vous assure que c’est de très belles marchandises fort nette par le soin qu’ils en ont pris les sieur Chicon, Serre et Félix55 car ils ont fait ce que jamais personne n’avait fait dans ce pays, je crois que Monsieur d’Estrine vous marquera dans la sienne qu’il écrit à Monsieur Léonart ce qu’il lui a couté qu’il est 4 piastre le quintal nous avons donné une partie de laire à 65 piastres le quintal et les draps à 23 la pièce et le restant argent comptant qu’il se peut monter des 4 à 500 piastres.

    [...]

    Signature Terras

    f. Terras à Francesch Lleonart, Tunis, 3 juin 1703

    33Le même jour, Terras écrit également à Lleonart qui est l’interlocuteur de la compagnie à Mataró, quand Lapeyra est à Barcelone. Cet extrait d’une lettre envoyée depuis Sousse et présente la situation sur le paiement des 10 %. Terras indique qu’Auger Sorhainde a écrit à Jérôme de Pontchartrain qui lui a donné raison et en a écrit à Laurent Soleil. Terras exprime ses regrets sur la tournure que les choses ont pris et indique que le vin et l’eau-de-vie peuvent se vendre. Le fonds AN, AE BI 1127 témoigne de ces échanges entre Sorhainde et Pontchartrain.

    A Sous le 3 juin 1703 pour Leonart56 de la part de Terras

    Nous avons receu les certificats et si tot que je les ai eu je les ai présenté à notre consul57 et l’ai solicité autant qu’il m’a été possible pour tenter de nous faire rendre les droits qu’il nous ont fait payer mais il a été fort inutile car il me fit voir une lettre qu’il avait reçeu de monsieur de Ponchartrain58 par laquelle il lui marque qu’il approuve sa conduite au sujet du 10 % qu’on nous avoit fait payer le même qu’il avait écrit fortement à Monsieur Soleil sur cela. Je suis persuadé que vous avez négligé cet affaire, car si vous aviez écrit pour cela en cour on vous auroit fait justice mais notre consul a voulu en prévenir la cour pour se disculper. Cependant comme j’ai vu que tous les certificats et toutes les lettres que Monsieur Soleil lui écrivait estoint inutile pour éviter de payer la douane comme étranger je fit refaire une vente du vin et eau de vie supposée comm ont avoir achaipté en Catalogne et qu’il en couroit risque de cette manière nous n’avons paué que comme payent les français, si de cette manière je vous ai évité de grands frais si vous avez dessein de continuer le négoce en ce pays nous vous tiendrons avisé de toutes les marchandises qu’elles sont bonne pour ce paus la quantité et la saison qu’elles sont demandée et j’étiendroit en ce pauer pour faire la cire et les cuirs et mon cousin à Tunis59 pour faire la vente des marchandises.

    g. Terras à Joan Lapeyra et compagnie, Tunis, 13 février 1704

    34Cette lettre de février 1704 témoigne d’une réprimande faite en octobre 1703 par les associés à Terras sur la manière dont les choses sont gérées à Tunis. Pour se défendre, Terras met Estrine en accusation indiquant qu’il a mal négocié la laine et que les marchands auraient pu faire fortune en négociant des textiles du Levant. Il indique qu’il ne faut pas envoyer trop de laine et tenter d’en écouler jusqu’à 500 balles quand le marché sera installé. Les associés catalans souhaitent expédier deux navires pour acheter des blés, du cuir, des cires et de l’huile sans passer par l’intermédiaire des marchands juifs, toujours, sans doute, dans un souci de profits directs. Terras nous apprend que le consul anglais fait aussi des affaires à Tunis. Ensuite, il recommande son parent, Simon Merlet, qu’Auger Sorhainde, dans sa correspondance, présente comme mal intentionné.

    Por Signor Don Jean Lapeire et compagnie

    A Tunis le 13 février 1704

    Monsieur

    J’ai receu la chère vostre du 3 octobre par laquelle vous m’accuses la réception de deux miennes à vous escriptes, je suis esté faché de ce que vous me marques n’avoir pas esté bon marchand, car j’aurois souhaitté de tout mon coeur que vous eussies a trouvé de grands profits tant pour que cella m’ouroit fait honneur, comme aussi qu’il vous auroit donné occasion de continuer le négoce de ce païs, mes je vous dirai que vous ne pouvez jamais proffiter grand chose, tant que le patron Estrine vous menagera vos interest puisque cet un comme qu’il est imcapable de pouvoir menager d’affaire de cette importance car se n’é que sont trop parlé qu’il a esté cause que nous avons payé le 10 % et d’ailleurs qu’il n’é capable de rien, la plus grosse perte que vous aves heus, ce sera esté sur les marchandises du levant comme cambrésine, les mouchoirs d’Alep de soÿe et les autres toilleries, que led. vouleu faire troque avec de laine d’Espaigne de la fine, lorsque je voullois lui presanter la chose, pour lui faire connoitre que au pris qu’il paye de cette marchandises, il y avoit beaucoup a perdre, il me dit que je ne connoises point la Catalogne et que sur cest marchandises il y avoir que le moins 70 à 80 % de proffit alors je ne pouvoit rien dire et d’ailleurs qu’il le pourré faire malgré moy puisqu’il estoit le mestre, ainsi je ne pouvoit pas faire autrem[en]t que ce qu’il voulloit. Cepandant si vous avez encore quelque dessein pour faire un petit negoce en ce pais, ces le veritable tems d’accomanser puisque les laines d’Espaigne a commansent de prendre reputation, comme aussi le vermillon d’Espaigne, quand aux laines il peut s’en peut faire une grande consumation, ont n’en pourroit debiter toutes les années 2 à 300 balles, et sy une fois vous aurriez cet negoce on n’en pourroit debiter plus de 500 balles, et personne ne pourroit plus negocier à cette march[andis]es soit nos marchands françois que les juifs encore, de manière que vous y pourriez a trouver de grands proffits, car vous les avez de la première mains, et vous les aurez toujours à 30 25 à 30 % à meilleur compte, que cella vous soit pour advis.

    Vous me donnes ordre dans la vostre d’achepter de bled, de cuirs et de sire, la huille, des particuliers pour ne pas passer par les mains des juifs, pour a celle fin de pouvoir bientost espedier les batiments que vous devez envoyer, je vous dirai sur cet article que pour les bled de cette année il n’y faut pas songer à la reserve de 150 caffis que le consul englois60 a en magasin qui je les pourrois avoir à p[ess] as [de 8] 6 le caffis jusqu’à p[ess]as [de 8] 4 le caffis [verso] de la manière que je le pourroit prendre dud. consul englois, il vous rendroit prest de trois charges messure de Marseille et ordinairement quand on le prend des mores du païs, il ne veut que 2 charges et 2/, pour les cuirs, et si ce je puis vous aseurer d’en avoir à ma mein 2000 cuirs à p[ess]as [de 8] 140 le % le torres, et 30 q[uin]taux de sire à quelque p[ess]as [de 8] 24 le quintal et si je resevoit bientost une lettre de vous et que vous me donnies ordre d’en achaipter, j’en pourray avoir daventage de cest deux march[andis]es, pour l’huille il n’en manque pas il y a eu cette année une très belle recolte, il vaut presantemant au baza p[ess]as [de 8] ¼ le metal de Sousse que trois metal fond la millerolle de Marseille, là-desseus vous pouvez faire vostre compte, et si je vous crois que cet pris vous y pouvez a trouver vos adventages vous n’avez qu’à envoyer de batiments et n’étires auqune paine qu’il ne soient bientost espedié mes se sont de marchandises qu’il faut envoyer du comptant sur tout le premier batiments, a celle fin qu’on aye le temps de pouvoir faire de fonds pour les autres, des marchandises que vous envoyeres et mesme ont pourroit troquer de laine avec d’huille avec de marchands bonnetiers qu’ils en ont de grosse partie et de cette maniere il vous viendront a meilleur compte.

    Je viens de resevoir une lettre de Monsieur Merlet61, mon parent, par laquelle il me marque estre de retour de Barcellonne, et mesme il me dit qu’il a eut l’honeur de vous voir, dont vous lui avez fait beaucou d’honne comme aussi Monsieur Soleil ce en quoi je vous en suis très redevable, je ne doute point que vous n’ayes parlé au subjet du negoce de ce pais et des moyens que vous pouvez prandre pour n’estre point rechargé pour le 10 % vous ne scauriez vous mieux adressé que aud. Monsieur Merlet, car cet un homme qu’il s’entant parfaitement dans les affaires, et surtotu pour le négoce de ce pais, par les grands sejours qu’il y a fait, je ne scaurois trop me louver de touttes vos bontes que vous avez pour moi, cet en quoi je ne les oublierai de mes jours soyes en persuadé, vous avez promis aud. que si vous faites d affaire en ce païs que personne ne le faira que moi malgré touttes les lettre que plusieurs auent peut vous escrire, il ne manque pas des envieux dans ce monde ici, mes je puis vous jeurer que si vous me mettez à l’épreuve, que je n’oublierai rien pour tacher a vous rendre comptant et pour faire vrever tous cest envieux et vous verrez pour lors avec quel zèle je m’emploierai pour vostre service car je travaille plus tost pour l’honeur que pour l’interest et pour me pouvoir conserver l’estime d’un chaqu’un est en quoi j’ose vous prier d’en estre persuadé puisque je vous suis avec fidellité.

    Monsieur

    Votre très h[um]ble et très obéi[ssant] servieur

    Signature Terras

    Le vermillon d’Espaigne est fort cher en ce païs, ont n’a trouvé point p[ou]r d’argent il vaut p[ess]as [de 8] 2 la livre de Tunis, nous allons entrer dans la récolte de la sire qu’on en pourroit faire de grosse levées.

    h. Joseph Estrine à Jacintho Serra (scellée d’un sceau avec 2 croix et 2 croissants) Tunis, 4 novembre 1702

    35Dans cette lettre, Joseph Estrine recommande le patron Pierre Jullien qui sera en charge d’expéditions, par la suite, pour la compagnie. Cette lettre montre comment la compagnie est informée des prix et des opportunités qui s’offrent à elle à Tunis.

    A Tunis le 4 novembre 1702 Monsieur

    Je vous escrit se petit mot de lettre sullemant pour vous recommander le cappittaine Pierre Goullien62 de li faire tout le plaissir qui vous pourrez si vous le nolligez de retour vous li pouvez donné par mois 240 piastre pour chaque mois frant mais non pas davantage et quelque chosse pour lio comme ille la costume partout et de se voiage vous lio pouvez faire donné quelque chosse pour un chapeau et des les affaire comme le sont passé dans se pai prenez la paine d’aller voir les lettre de monsieur Solei et celle de monsieur Jean de Lapaire63 aussi François Cerre64 vou le dira de bouche encore mailleur, mais tout cella ne pas un grand affaire, mais nos messieur colle prandre la paine atiendrant de la cour tous ces qui coudront sett année lia grande lumier dibiter beaucoup de vin et d’eau de vie et plussieurs autre marchandises cet année et si se pas fait dans se pais une goute de vin au presant valle huit piastre la charge et l’eau de vie a 14 piastre la charge depuis qui le cappitaine Beaumont a parti le vin a cresque de beaucoup nia point dans le pai lia rien qui non fasse malqui le dis pour cent ditez à nos mesieurs qui fait ce toute la deligence qui pourront pour ensuite ce dix pour cent pour le sirre si voiage ici n’a pas eté nostre moien de puisse voir un quintal par ce qui le marchant vollu un mitié d’argeant l’autre motie de marchandisse si nos missieurs pretante de faire negosse dans le pais qui envoe un peu d’argeant auront tout ce qui demanderont j’ai ai encaparré beaucoup de cirre pour l’autre voyage set année j’ai lia pas la miere d’avoir grande recorde de blé et aussi d’huille envoyé moi comme valle l’huille dans ce pais et le blé et les arine et ci lia quelque chosse a proffiter je vous envoierai envoué moi le prix du vin comme se en Cattaloine dans ce pays valle 2 piastre un quart et à deux piastre le quintal babares le pouvoir debitté quelque chargement n’avez que de m’envouer dire envoye moi le prix du café et de lin de Levant voir la consumasion qui si pouront faire sans se pais et du couton en rame valle le couton en rame 12 piastre quintal de ce pais vous verez pour la futture qui j’ai envoyé à Monsieur Lapaire vous verrez la marchandise qui vous conviendra le mieux j’ai vendu l’eau de vie de 24 piastre la barique j’ai vendu le baril de pimen 14 piastre j’ai vandu une partite de layne fine a 74 et à 72 et de l’autre j’ai vandu un partie en tropque de cuir à 10 et à 42 c’est a dirre que je n’ai encore 30 balle peu à peu en attendant les ordres de nos messieurs je vous envoi un senteron pour mon coussin Jean Lieutant je vous besse très humblement la main et toute vostre famille et suis

    Vostre tres obeissant serviteur Joseph Estrine.

    7.5. Auger Sorhainde à Jérôme de Pontchartrain, 20 novembre 1702

    36Source : AN, AE BI 1127, non fol., Auger Sorhainde à Jérôme de Pontchartrain, Tunis, 20 novembre 1702.

    37Dans cet extrait, Auger Sorhainde informe son secrétaire d’État des actions de Charles Terras à Tunis, de ses liens avec Simon Merlet, de la tentative barcelonaise d’envahir le marché des laines à Tunis, de la lettre de recommandation de Laurent Soleil et de la demande de ce dernier d’y placer son fils comme marchand.

    Je dois encore Monseigneur me donner l’honneur de vous informer du sujet d’une petite disention que j’eus ces jours passéz avec un jeune homme nommé sieur Charles Terras natif du lieu de Trèz en Provence qui s’est venu establir en cette eschelle depuis environ un an muni d’un certificat de la chambre du commerce de Marseille, expédié à la verité dans les formes prescrites, mais avec un peu trop de complaisance de la part de ces messieurs ; si je l’ose dire sans prétendre dee blesser leur intégrité et leur exactitude attendu que c’est un jeune homme sans aucune expérience dans le commerce, ne s’estant jamais occupé à ce qu’on m’asseure qu’à faire vie de cadet dans son village, et à chasser, ce qui l’a formé, d’un caractère peu sociable et avenant parmy des négociants et plus propre à faire des querelles qu’à faire commerce, comme il luy est déjà arrivé par deux fois.

    Le fait est Monseigneur qu’il arrivé icy le mois passé une barque venant de Barcelonne commandée par le patron Hugues Beaumond du Martigues, cshargée d’une partie de laine d’Espagne et d’autres marchandises pour la valeur d’environ 22 milles livre sur laquelle estoit embarqué par ce subrecar un commi, un certain patron Estrine, natif aussy du Martigues qui est marié et habitué à Barcelonne depuis plusieurs années, celuy-cy qui avaut déjà fait un voyage l’année dernière en ce pays65, ayant la direction de deux chargements de pareilles marchandises qui estoient du compte d’espagnols, ainsi qu’il le déclare, et dont il acquita les droits de Doune comme estranger, m’a rendu à ce dernier voyage une lettre de recommandation du Mr Laurens Soleil, consul à Barcelonne, qui me prie d’accorder ma protection à ce comme et de luy épargner ce qui se pourroit des droits de douane attendu dit-il que ces marchandises luy appartiennent. A l’égard de la protection, je la luy ay accordée Monseigneur en tout ce qu’il a eu besoin et qui a dépendu de mon employ comme je fais à tous ceux qui la réclament, mais pour ce qui est de les favoriser pour les droits, comme l’a prétendu ce subrecar et le sieur Terras à qui il s’est asdressé, et chez qui il est logé, je n’ay nulement deu en soutenir l’affirmative, et je me serois inprudemment compromis, et moy et l’intérêt de la nation, si je l’avois fait, par quatre circonstances que j’auray l’honneur Monseigneur, de vous observer. La première que ce mesme homme vint icy l’année dernière avec deux chargements de pareilles marchandises pour compte d’Espagnols comme j’ay dit ; la deusième que peu avant son arrivée, il estoit venu de Barcelonne une tartane commandée par le patron Antoine Corsou de Saint-Tropez chargée de semblables marchandises qui furent expédiées en douane sur le pied d’estrangères parce qu’elles appartenoient aux Espagnol suivant la déclaration du subrecart qui estoi Catelan et du patron de la tartane qui publièrent icuy d’abord à toute la nation, chez le douanier, et me le déclarèrent à moy en particulier qu’ils avoient laissé cette barque du patron Beaumond à Barcelonne preste à partir pour icy, laquelle estoit chargée pour le compte des marchands du pais, quotque le nolisement en fut fait par M[onsieur] le consul. La troisième qu’ayant demandé au patron à me faire voir ses connoissement, il ne m’en feut montré qu’un signé de luy qui à la vérité raisonnoit pour compte de M[onsieu]r Laurens Soleil consul, mais ne m’en ayant point produit non plus que le subrecart, vu que fut signé du chargeur comme il devoit avoir suivant l’usage et le devoir mercantil, ce luy la est suspect et faux. La quatrième enfin la recommandation que me fait Mr le consul de luy épargner les droits, qui seroit inutile si effectivement il ne reconnossoit pas luy mesme que le soubçon d’avoir preste son nom aux Espagnols estoit trop ouvert ; c’est aussi ce qui a obligé le sieur Terras et le subrecart à s’accomoder avec le douanier. Ces raisons Monseigneur m’ont paru trop forte pour devoir m’engager à soutenir mauvaise cause, j’en ay fait connoitre la conséquence à ce subrecart et principalement au sieur Terras qui a pris l’affaire plus à cœur que luy et sur un ton fier et facheux, imitant en cela le genie du sieur Simon Marlet66, dont il a succédé icy dans les affaires, depuis que vous avez Monseigneur empéché fort à propos celui cy de revenir en ce pais.

    J’ay au reste donné sactiffaction à M[onsieu]r Soleil sur tout cecy, estant aussy judicieux qu’il est, j’espère qu’il s’en contentera, et sur ce qu’il me demendé mon advis sur le dessein qu’il d’envoyer icy son fils pour s’y establir, je luy ay fait otenir ce qui est prescrit par l’ordonnance du Roy, a l’agard des marchands françois qui veulent s’establir aux Eschelles du Levant et de Barbarie, pour qu’il prenne la dessus ses mesures.

    L’on sçait icy de certitude que ce projet n’a esté formé qu’en veüe de favoriser un négoce considérable de laines d’Espagne, que des particuliers natifs de Barcellonne, gens de conditions, ont dessein d’introduire en ce pais lesquels achetant ces laines de la première main les vendent icy à un prix beaucoup moindre que ne font les marchand françois, comme on en a veu l’expérience par les essais qu’ils viennent d’en faire, ce qui pendroit la réputation de cette marchandise et le négoce que nos marchands de Marseille en font qui est considérable. Cet inconvéniant n’est pa le seul, il y aura encore l’interest du douanier qui ne se relachera pas sur ces droits quoy qu’elles viennent sous le nom d’un françois comme l’on prétend faire, et c’est la le bon office qu’ils prétendent que Terras leur rende ou le subrecart qui a resté icy pour ménagé cette affaire laquelle je sçaurois surtenir sur quoy Monseigneur je vous demande [...].

    Respect

    Notes de bas de page

    1  Morue.

    2  Roses.

    3  Sant Feliu de Guíxols.

    4  Arenys.

    5  Sitges.

    6  Salou.

    7  Ce port ou ville reste non identifié. Joan Peytavi identifie Cambris.

    8  [le]de corr.

    9  Cette politique fiscale rejoint la vision économique alors défendue par Martí Piles et Feliu de la Penya.

    10  Allusion au bombardement de 1684, « creme » est un catalanisme « cremar » signifiant brûler en catalan.

    11  « transit ».

    12  Pour comte d’Ulfeld. L’autre signataire est donc son secrétaire.

    13  Lire « tiradas ».

    14  AN, AE BI 178, fol. 287v-288, Laurent Soleil à Jérôme de Pontchartrain, Barcelone, 18/03/1703.

    15  Martigues (France, Bouches-du-Rhône).

    16  Sousse (Tunisie).

    17  El Masnou (Espagne, comarque de Maresme), à mi-chemin entre Barcelone et Mataro, à 2 km d’Alella où Laurent Soleil possède sa propriété.

    18  Martigues (France, Bouches-du-Rhône).

    19  Sousse (Tunisie).

    20  El Masnou (Espagne, comarque de Maresme).

    21  Sans aucun doute la même tartane que dans le chargement précédent du 28 juin 1701, donc de port de 2000 quintaux.

    22  Martigues (France, Bouches-du-Rhône).

    23  Étienne Jaubert de Martigues.

    24  Mis pour Cottimo, droit à payer à l’entrée du port.

    25  Droits d’ancrage, de patente et de consulat payés lors de l’arrivée et du stationnement de l’embarcation dans les différents ports.

    26  Cela fait allusion au 3 % que payent les Français quand ils commercent à Tunis, contre les 10 % que doivent payer les Espagnols, au nom des traités inégaux.

    27  Sans doute le fils de Joseph Estrine qui est évoqué dans l’acte de nolisement que Soleil rédige pour le compte de Lapeyra le 17 juillet 1702.

    28  Personnage non identifié.

    29  Le patron Hugues Beaumont.

    30  Le capitaine Pierre Jullien.

    31  Marseille.

    32  Le quintal barbaresque (unité de mesure).

    33  Jacques Joseph Diégou, patron de Martigues.

    34  Peut-être mis pour Terrats.

    35  Joseph Estrine, manifestement expéditeur de la lettre, parle de lui à la troisième personne.

    36  Probablement mis pour « caïd ».

    37  Hugues Beaumont.

    38  Hugues Beaumont.

    39  Auger de Sorhainde, consul de France à Tunis.

    40  Je comprends que Soleil a recommandé Estrine mais que le consul de Tunis s’en fout.

    41  François Serre, non identifié.

    42  Un des capitaines qui acheminent les marchandises pour la compagnie, appelé aussi Pere Julia quand il est question de lui dans les documents en Catalan.

    43  Caïd de Bizerte.

    44  L’on.

    45  Échantillons présents dans la correspondance, laine de plusieurs couleurs : bleue, rose, etc.

    46  Sûrement le chargement parti le 2 septembre 1702 de Barcelone pour Tunis avec 30 balles de laine et dont Hugues Beaumont est le patron.

    47  Les patrons Bruno Lanzart et Étienne Jaubert de Martigues déjà présent en décembre 1701 pour le chargement envoyé par Joan Lapeyra.

    48  En effet, en Catalan [ig] se prononce comme [ix].

    49  Le consul désigne Auger de Sorhainde.

    50  Laurent Soleil.

    51  Non identifié, peut-être écrit pour « Puig ».

    52  Allusion à toute cette affaire dans la correspondance consulaire AE I B 178.

    53  Qui est donc patron (vu par ailleurs dans la liasse).

    54  Jacques Joseph Diégou, patron de Martigues.

    55  François Serre est évoqué dans d’autres lettres, ces marchands, sans doute des Français, ne sont pas formellement identifiés.

    56  Francesch Lleonart.

    57  Auger Sorhainde, consul français de Tunis.

    58  Jérôme de Pontchartrain, secrétaire d’État de la Marine.

    59  Il parle peut-être de Merlet, qu’il appelle, par ailleurs, son « parent ».

    60  John Goddard qui a succédé en 1704 à James Chetwood, à moins que ce dernier ne soit alors encore en poste. Pour la liste des consuls anglais dans l’Empire ottoman, voir la liste dressée par David WILSON en juillet 2011 : http://www.levantineheritage.com/pdf/List_of_British_Consular_Officials_Turkey (1581-1860)- D_Wilson.pdf [consulté le 01/05/2018].

    61  Simon Merlet, marchand dont le portrait a été dressé par Sadok BOUBAKER, « Simon Merlet marchand marseillais... », art. cit., http://provence-historique.mmsh.univ-aix.fr/n/1984/Pages/PH-1984-34-137_05.aspx[consulté le 27/12/2013]. Sa présence à Tunis est attestée en 1700 puis en 1705. Il semble donc qu’il tente dès 1704 d’y refaire des affaires.

    62  Pierre Jullien.

    63  Joan Lapeyra.

    64  François Serre.

    65  Allusion au voyage effectué en décembre 1701, dont l’assurance est présentée supra.

    66  Simon Merlet.

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    1  Morue.

    2  Roses.

    3  Sant Feliu de Guíxols.

    4  Arenys.

    5  Sitges.

    6  Salou.

    7  Ce port ou ville reste non identifié. Joan Peytavi identifie Cambris.

    8  [le]de corr.

    9  Cette politique fiscale rejoint la vision économique alors défendue par Martí Piles et Feliu de la Penya.

    10  Allusion au bombardement de 1684, « creme » est un catalanisme « cremar » signifiant brûler en catalan.

    11  « transit ».

    12  Pour comte d’Ulfeld. L’autre signataire est donc son secrétaire.

    13  Lire « tiradas ».

    14  AN, AE BI 178, fol. 287v-288, Laurent Soleil à Jérôme de Pontchartrain, Barcelone, 18/03/1703.

    15  Martigues (France, Bouches-du-Rhône).

    16  Sousse (Tunisie).

    17  El Masnou (Espagne, comarque de Maresme), à mi-chemin entre Barcelone et Mataro, à 2 km d’Alella où Laurent Soleil possède sa propriété.

    18  Martigues (France, Bouches-du-Rhône).

    19  Sousse (Tunisie).

    20  El Masnou (Espagne, comarque de Maresme).

    21  Sans aucun doute la même tartane que dans le chargement précédent du 28 juin 1701, donc de port de 2000 quintaux.

    22  Martigues (France, Bouches-du-Rhône).

    23  Étienne Jaubert de Martigues.

    24  Mis pour Cottimo, droit à payer à l’entrée du port.

    25  Droits d’ancrage, de patente et de consulat payés lors de l’arrivée et du stationnement de l’embarcation dans les différents ports.

    26  Cela fait allusion au 3 % que payent les Français quand ils commercent à Tunis, contre les 10 % que doivent payer les Espagnols, au nom des traités inégaux.

    27  Sans doute le fils de Joseph Estrine qui est évoqué dans l’acte de nolisement que Soleil rédige pour le compte de Lapeyra le 17 juillet 1702.

    28  Personnage non identifié.

    29  Le patron Hugues Beaumont.

    30  Le capitaine Pierre Jullien.

    31  Marseille.

    32  Le quintal barbaresque (unité de mesure).

    33  Jacques Joseph Diégou, patron de Martigues.

    34  Peut-être mis pour Terrats.

    35  Joseph Estrine, manifestement expéditeur de la lettre, parle de lui à la troisième personne.

    36  Probablement mis pour « caïd ».

    37  Hugues Beaumont.

    38  Hugues Beaumont.

    39  Auger de Sorhainde, consul de France à Tunis.

    40  Je comprends que Soleil a recommandé Estrine mais que le consul de Tunis s’en fout.

    41  François Serre, non identifié.

    42  Un des capitaines qui acheminent les marchandises pour la compagnie, appelé aussi Pere Julia quand il est question de lui dans les documents en Catalan.

    43  Caïd de Bizerte.

    44  L’on.

    45  Échantillons présents dans la correspondance, laine de plusieurs couleurs : bleue, rose, etc.

    46  Sûrement le chargement parti le 2 septembre 1702 de Barcelone pour Tunis avec 30 balles de laine et dont Hugues Beaumont est le patron.

    47  Les patrons Bruno Lanzart et Étienne Jaubert de Martigues déjà présent en décembre 1701 pour le chargement envoyé par Joan Lapeyra.

    48  En effet, en Catalan [ig] se prononce comme [ix].

    49  Le consul désigne Auger de Sorhainde.

    50  Laurent Soleil.

    51  Non identifié, peut-être écrit pour « Puig ».

    52  Allusion à toute cette affaire dans la correspondance consulaire AE I B 178.

    53  Qui est donc patron (vu par ailleurs dans la liasse).

    54  Jacques Joseph Diégou, patron de Martigues.

    55  François Serre est évoqué dans d’autres lettres, ces marchands, sans doute des Français, ne sont pas formellement identifiés.

    56  Francesch Lleonart.

    57  Auger Sorhainde, consul français de Tunis.

    58  Jérôme de Pontchartrain, secrétaire d’État de la Marine.

    59  Il parle peut-être de Merlet, qu’il appelle, par ailleurs, son « parent ».

    60  John Goddard qui a succédé en 1704 à James Chetwood, à moins que ce dernier ne soit alors encore en poste. Pour la liste des consuls anglais dans l’Empire ottoman, voir la liste dressée par David WILSON en juillet 2011 : http://www.levantineheritage.com/pdf/List_of_British_Consular_Officials_Turkey (1581-1860)- D_Wilson.pdf [consulté le 01/05/2018].

    61  Simon Merlet, marchand dont le portrait a été dressé par Sadok BOUBAKER, « Simon Merlet marchand marseillais... », art. cit., http://provence-historique.mmsh.univ-aix.fr/n/1984/Pages/PH-1984-34-137_05.aspx[consulté le 27/12/2013]. Sa présence à Tunis est attestée en 1700 puis en 1705. Il semble donc qu’il tente dès 1704 d’y refaire des affaires.

    62  Pierre Jullien.

    63  Joan Lapeyra.

    64  François Serre.

    65  Allusion au voyage effectué en décembre 1701, dont l’assurance est présentée supra.

    66  Simon Merlet.

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    Sempéré, J. (2018). Annexes. In S’informer pour s’enrichir. Perpignan: Presses universitaires de Perpignan. https://doi.org/10.4000/books.pupvd.38570
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    Sempéré, Julien. « Annexes ». S’informer pour s’enrichir, Presses universitaires de Perpignan, 2018, https://doi.org/10.4000/books.pupvd.38570.

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