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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 1. La réorganisation des consulats et le cas de Simon Dupin 2. Simon Dupin, du vice-consulat de Tortosa au consulat de Catalogne 3. Les consuls français de Catalogne : similitudes et différences Notes de bas de page

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    Table des matières

    Chapitre 2. Le vice-consulat de Tortosa (1709-1713)

    p. 293-324

    Texte intégral 1. La réorganisation des consulats et le cas de Simon Dupin 1.1 Tortosa, place stratégique 1.2 Les Dupin, une famille de marchands 1.3 Simon Dupin, le vice-consulat comme compensation ? 1.4 Un personnel consulaire stable dans un réseau perturbé 1.5 L’expérience, un critère de choix 2. Simon Dupin, du vice-consulat de Tortosa au consulat de Catalogne 2.1 Pas de vice-consul sans consul 2.2 Le rôle du vice-consul en temps de guerre : un informateur 3. Les consuls français de Catalogne : similitudes et différences 3.1 Quel cursus honorum ? 3.2 La protection royale comme intérêt permanent 3.3 Encourager le commerce ou commercer ? 3.4 Le consul, moteur de la politique économique Notes de bas de page

    Texte intégral

    1. La réorganisation des consulats et le cas de Simon Dupin

    1.1 Tortosa, place stratégique

    1C’est à Tortosa que Monclus termine sa carrière de consul, lieu d’où il envoie ses derniers courriers. La présence du consul dans cette ville et, à travers sa correspondance, l’intérêt appuyé qu’il lui marque1, témoignent de l’importance qu’elle a alors acquise. La position stratégique et économique de Tortosa explique l’intérêt dont elle est l’objet pendant la guerre de Succession d’Espagne. Ce petit port, le long de l’Èbre2, cristallise l’attention des Français au début de la guerre pour des raisons économiques et stratégiques. Grâce à la voie fluviale, il est le point d’arrivée des troncs charriés depuis les forêts aragonaises. L’affrontement entre Mas, Campy, Meunier, Goyeneche et Regis est un exemple de cet enjeu économique que revêt la cité devenue un marché de fournitures pour les chantiers navals français3.

    2Après la prise de Barcelone, cet intérêt économique, longuement expliqué4, est doublé d’un intérêt stratégique. La position de Tortosa, au croisement de trois provinces, en fait un nœud de communication de premier ordre. En effet, contrôler Tortosa revient à contrôler l’embouchure de l’Èbre et donc la route entre Catalogne et vice-royaume de Valence. Dès la prise de Barcelone, les forces franco-espagnoles se soucient donc de préserver la cité5 et la reconquête des terres de la Couronne d’Aragon se construit autour de la récupération de certaines places stratégiques telles que celle-ci.

    3D’ailleurs, les contemporains ont tout à fait conscience de l’importance de la petite cité à la frontière du pays valencien. Après la prise de Barcelone, Philippe V tente d’assurer la conservation de Tortosa et Lérida. Elles sont donc rattachées au royaume d’Aragon6, qui n’est pas encore aux mains de l’archiduc7. Lérida est une place dont l’importance stratégique est du même ordre que celle de Tortosa. Elle contrôle la route de l’arrière-pays catalan vers l’Aragon8. Ces deux places sont provisoirement perdues lors des soulèvements des royaumes de Valence et d’Aragon, au plus fort de la domination de l’archiduc, en juin 1706, date à laquelle il parvient à entrer dans Madrid9.

    4Dans ce contexte, le maréchal de Berwick10 décrit la campagne militaire qu’il mène aux côtés du duc d’Orléans11 et raconte la prise de la ville au cours de la campagne qui suit l’hiver 1707-1708. Quand le 19 juillet 1708, la ville retombe aux mains de Philippe V, sa conservation est considérée comme essentielle pour permettre une reconquête de la Catalogne. Pourtant, entre la prise de Tortosa et celle de Barcelone, six années s’écoulent, puisque Berwick ne se rend maître de Barcelone que le 16 juillet 1714. De la juridiction catalane telle qu’elle a été définie12, il ne reste que le port de Tortosa où pourrait s’installer un consul français de Catalogne.

    5Une nouvelle situation institutionnelle inédite se fait jour. Dans un premier temps, la solution la plus évidente est le retour de Monclus en Catalogne, dans la ville de Tortosa. De là, il peut relancer le commerce avec l’arrière-pays catalan et aragonais, notamment celui des mâts. Pour les institutions françaises, la ville peut constituer le poste de renseignement le plus avancé en Catalogne. Cependant, l’attitude de Monclus13, qui entraîne finalement sa révocation, relance la réflexion sur l’existence même d’un consul français de Catalogne.

    6Tortosa n’est alors pas en mesure de relancer son commerce, car indépendamment des effets de la guerre, la place avancée qui contrôle l’Èbre, Sant Joan dels Alfac, n’est prise que le 19 novembre 170814. La reconquête de l’embouchure du fleuve et la révocation de Monclus sont à peu près contemporaines. Pontchartrain ne peut donc pas nommer de consul en Catalogne qui pourrait exercer sa charge dans des conditions ordinaires. En effet, à part Tortosa dont la situation administrative est ambiguë, aucun port de la province catalan n’est alors aux mains de Philippe V.

    7Dans ce contexte, il n’est pas exclu pour Pontchartrain de nommer un nouveau consul de Catalogne15, car il ne souhaite pas perdre toute possibilité d’avoir un correspondant régulier avec cette province. Officiellement, Tortosa n’est plus en Catalogne, la ville ayant été rattachée à l’Aragon. Sa situation administrative est donc floue, d’autant plus que les fueros des anciens royaumes de Valence et d’Aragon ont été supprimés en 170616. Ainsi, Tortosa est coupée des autorités catalanes tandis que les autorités aragonaises, a priori les mieux placées pour la contrôler, ont été punies par Philippe V pour avoir choisi le camp de l’archiduc Charles.

    8Le port, où résident plusieurs garnisons, est dirigé par un gouverneur qui dépend directement du roi d’Espagne. Dans ce contexte, Pontchartrain souhaite placer un homme pour défendre l’intérêt de Français qui reviendraient commercer à Tortosa et pour lui fournir des informations sur la situation catalane17. Il opte pour la création ex nihilo d’un vice-consulat de Tortosa. Or, jusqu’à cette date, jamais aucun vice-consulat français n’a été installé dans cette ville.

    9À plusieurs reprises, la question a été soulevée, mais elle n’a jamais trouvé d’issue18. Lorsque le secrétaire d’État pousse ses consuls à nommer des vice-consuls, notamment en Catalogne, l’importance croissante du commerce de Tortosa incite le secrétaire d’État à opter pour elle19. Cependant, Laurent Soleil n’a pas montré de volonté particulière de créer ces vice-consulats et, Monclus n’en ayant pas eu l’occasion, la situation est donc toujours la même en 1708. Deux problèmes se posent alors au secrétaire d’État de la Marine : trouver un titulaire pour cette fonction et obtenir des autorités espagnoles la création de ce vice-consulat.

    1.2 Les Dupin, une famille de marchands

    10Les circonstances placent un marchand valencien, Simon Dupin, comme candidat à ce nouveau poste. Il correspond, en partie, au profil déjà rencontré chez Laurent Soleil et Jean-Philippe Monclus : comme eux, il est issu du monde du négoce local. Les Dupin sont des marchands importants de Valence. La guerre les a d’ailleurs mis sur le devant de la scène et constitue un moyen pour Simon, comme ce fut le cas un temps pour Monclus, de profiter d’une situation troublée.

    11Simon Dupin, ou plus exactement la famille Dupin, est connue de Jérôme de Pontchartrain et de son agent général. Le premier Dupin, dont les liens avec l’Espagne sont attestés, est le « chargé du pouvoir des marchands de La Rochelle, propriétaires du navire le Saint-Jean-Baptiste et de sa cargaison »20. Il est plusieurs fois fait allusion à sa personne du fait d’un conflit qui a éclaté à propos de la marchandise de ce navire21. Il n’est toutefois pas possible d’établir un lien sûr entre ce Dupin qui coordonne un commerce entre La Rochelle, la Galice et Cadix et Simon Dupin. Le nom est trop commun pour tirer une conclusion certaine22. Quoi qu’il en soit, ce patronyme est déjà bien connu de Daubenton en 1705. Cette fois-ci, il s’agit, de source sûre, de la famille à laquelle est rattaché Simon.

    12Les Dupin ont fait partie des familles marchandes françaises dont les intérêts ont été atteints par la guerre. Un long dossier les concernant est conservé dans les archives nationales espagnoles et permet de reconstituer leurs péripéties de 1706 à 170823. Le soulèvement du royaume de Valence a causé de graves pertes aux marchands français établis dans les différents ports de la côte. Pour pallier ces pertes, le roi décide de répartir entre les marchands qui les ont subies une compensation globale de cent mille ducats de plata doble. Philippe V ordonne que la répartition soit faite par le juge-conservateur de la nation française du royaume de Valence, Don Rodrigo Cavallero24.

    13Comme tous les marchands de la province, Simon Dupin peut donc plaider sa cause auprès du juge-conservateur et obtenir de lui une compensation financière pour les pertes subies lors du soulèvement de Valence. Il doit, évidemment, pouvoir les justifier. Le dossier conservé fait allusion à des documents justificatifs mais ne conserve que les lettres qui les accompagnent. Il contient la correspondance que Simon Dupin envoie au Conseil du roi et à Rodrigo Cavallero ainsi que les réponses et observations faites par ces diverses institutions. Simon Dupin fait un premier état de ses pertes en 1707 dans un mémoire que Joseph Borrull, auditeur du Conseil de Castille, a chargé Rodrigo Cavallero d’examiner25. Le 1er décembre 1707, Simon Dupin a ainsi fourni tous les papiers justifiant ses pertes, les estimant à plus de trente mille pesos, soit 84000 livres tournois environ.

    14Ce dossier nous informe à plus d’un titre. Tout d’abord, il nous permet d’évaluer le commerce de Dupin et son implantation. Ensuite, nous apprenons que, si Simon effectue seul toutes les démarches auprès du juge-conservateur, l’affaire est celle des frères Antoine et Simon Dupin, « français et commerçant dans le royaume de Valence »26. Ces pertes sont liées à des activités menées non seulement à Valence, mais aussi à Dénia, Elche, Alicante, Orihuela27 et d’autres villes de moindre importance. Enfin, le dossier révèle que l’activité de la famille Dupin s’effectue tout le long de la côte de l’ancien vice-royaume de Valence. Simon Dupin donne le détail de la perte du chargement d’une barque qui transportait du blé pour les troupes et qui contenait, pour l’essentiel, des marchandises appartenant à son frère et lui à hauteur de 16000 pesos. Cette estimation nous permet de conclure que leurs pertes sont moitié moindre que celles déclarées par Monclus à la même période28 et que la somme demandée correspond environ au chargement de deux barques.

    15Les Dupin n’ont sans doute pas assez de fonds pour relancer seuls leur activité, toutefois leur demande va permettre de la renouveler rapidement. En effet, sur demande de Rodrigo Cavallero29 et de l’ambassadeur de Louis XIV, le Conseil royal de Castille30 a examiné le mémoire de Dupin et a rendu un avis31, qu’il remet le 5 novembre 1708 au roi pour qu’il tranche. La consulte est très favorable aux négociants français. Le conseil a estimé que Dupin s’est comporté au mieux en fournissant du blé aux armées de Philippe V de sa propre initiative et qu’il a participé au combat contre les ennemis du roi.

    16En effet, Simon Dupin s’est engagé auprès des troupes espagnoles durant deux ans comme aide de camp et a pris part à la bataille d’Almansa qui ouvre, le 24 avril 1707, les portes de Valence au roi. Dans Valence, il a fait prisonnier onze officiers ennemis. Ces faits de guerre jouent incontestablement en sa faveur et la demande de remboursement est, en grande partie, acceptée. Cette somme est prise sur celle mise à la disposition du juge-conservateur et sur les biens pris aux rebelles. Cette possibilité est connue des marchands comme l’atteste l’allusion faite par Monclus quand il cherche à se faire rembourser également32.

    17L’attitude des Dupin et celle de Monclus sont à rapprocher33. La situation de 1705 a poussé les marchands français à choisir leur camp. Ceux qui ont choisi le roi d’Espagne attendent de celui-ci une récompense. Tout d’abord, ils cherchent à obtenir le remboursement de leurs pertes. Mais, au-delà de ce remboursement, Dupin comme Monclus cherchent à exercer des responsabilités qui leur permettent de faire prospérer leur commerce. Ils entendent profiter de la position favorable dont jouissent les Français auprès de la cour madrilène. Monclus, avant sa révocation, y est parvenu et les Dupin, selon le même processus, tentent d’obtenir des charges auprès des institutions espagnoles et françaises.

    18Antoine Dupin, indépendamment de la démarche de son frère, s’est fait connaître des institutions françaises et espagnoles dès l’été 1707. À cette date, Antoine et Simon assurent la fourniture de blé aux armées du roi. C’est alors qu’un conflit éclate entre Antoine et les autorités valenciennes. Le commandant de la place de Valence donne l’autorisation aux administrateurs des droits royaux de perquisitionner chez les Dupin34. À la fin de cette même année, on apprend que la famille a été injustement taxée sur de la marchandise provenant de Marseille35. Antoine Dupin est innocenté par Rodrigo Cavallero36 qui soutient, dans le même temps, le dossier que Simon a constitué pour le remboursement des pertes que lui et son frère ont subies lors du soulèvement de Valence. Le juge-conservateur a, dans le cas des Dupin, parfaitement joué son rôle et leur permet de reconstituer leur capital d’investissement.

    19En décembre 1707, Antoine obtient, comme compensation, le droit de vendre librement le tabac qu’il détient. Cette autorisation ponctuelle37 installe durablement la famille Dupin dans le monopole de la vente du tabac dans la province de Valence. Dès lors, les deux frères reçoivent l’appui de Daubenton de Villebois. En avril 1708, Antoine Dupin et un autre marchand obtiennent un contrat pour la fourniture de tabac de France dans les royaumes de Valence et d’Aragon38. Antoine et Simon assurent parallèlement la fourniture de blé aux armées franco-espagnoles39. Grâce à l’affaire de la surtaxe, la famille est devenue, par le biais d’Antoine, l’interlocutrice de Daubenton qui l’appuie pour obtenir des marchés. Dans ce contexte, le soutien de Rodrigo Cavallero et de l’ambassadeur de France auprès du Conseil de Castille envers les Dupin s’explique davantage.

    20Le monopole de la vente du tabac n’est autre que celui que convoite, dans le même temps qu’Antoine Dupin, Monclus. Il devait être groupé aux trois provinces, Valence, Aragon et Catalogne en une ferme générale. Au début de l’année 1708, Monclus souhaite partager la ferme générale du tabac avec Gombau, marchand de Valence40. Il doit renoncer quand le roi décide que ces fermes seront non plus générales, mais particulières à chaque province. Ce sont les Dupin qui obtiennent, en fait, celle de Valence.

    21Les preuves d’une concurrence directe entre Jean-Philippe Monclus et Antoine Dupin n’ont pas été trouvées, mais on s’aperçoit qu’ils adoptent des stratégies très similaires. Ces marchands français des provinces de Valence et de Catalogne doivent retrouver une position solide dans les provinces où ils ont leurs clients et leurs habitudes. Le fait de retrouver Monclus et Dupin en concurrence pour la même affaire montre que peu d’opportunités se présentent. Pour cela, l’un comme l’autre passent par l’appui des autorités espagnoles comme françaises.

    22Tandis qu’Antoine obtient le monopole du tabac, Simon, lui, est nommé vice-consul de France à Dénia le 24 décembre 170841. Cette nomination peut paraître inattendue. Elle s’inscrit en fait dans la distribution d’honneurs que reçoivent ces marchands qui ont pris des risques pour servir les Bourbons. Antoine a obtenu une faveur et une bonne position commerciale grâce au roi d’Espagne. Simon est, quant à lui, récompensé par le roi de France en obtenant un vice-consulat qui est une marque d’honneur plus qu’une source de rémunération, comme l’indiquait quelques années plus tôt Daubenton à Laurent Soleil42.

    23Le choix de nommer Simon Dupin vice-consul est, en outre, parfaitement cohérent au vu de sa carrière personnelle. Avant et pendant la guerre de Succession d’Espagne, il a déjà obtenu des charges au sein de consulats et vice-consulats. La famille Dupin commerce de longue date si l’on considère que la lettre reçue par la Chambre de commerce de Marseille par un capitaine dénommé Dupin est bien écrite par un membre de la famille43. Il s’agit peut-être d’Antoine, frère aîné de Simon. Ce rapprochement est d’autant plus tentant que le 4 décembre 1691, Simon Dupin est nommé chancelier à Alep44.

    24Ces nouveaux éléments nous permettent d’élaborer une hypothèse sur l’organisation familiale et commerciale des Dupin. Famille française bien implantée sur la côte valencienne, on sait qu’elle commerce du blé et du tabac et qu’elle a perdu un chargement venu de Marseille. La famille participe à ce commerce secondaire qui redistribue en Espagne, depuis les échelles levantines, des produits destinés au commerce des Indes. Dans les années 1690, les activités familiales se concentrent sur le commerce avec le Levant. La famille compte dans ses rangs un capitaine de navire et un chancelier consulaire. L’accès à cette fonction correspond peut-être à une faveur accordée à la famille à la suite de la bonne conduite du capitaine Dupin à l’égard de la Chambre de commerce ou à une promotion obtenue par la position acquise progressivement par la famille dans le commerce dans les échelles du Levant. Même si nous sommes tenus d’en rester aux suppositions, les Dupin on pu tout d’abord établir leur négoce à Marseille depuis le Levant avant de vouloir profiter du commerce interlope en Espagne après la guerre de la Ligue d’Augsbourg ou après le changement dynastique. Cela expliquerait leur notoriété et l’importance de leurs affaires en 1706. Le commerce des blés confirme ces liens avec la Provence qui fournit régulièrement, avec le Languedoc, des céréales aux côtes méditerranéennes espagnoles qui sont souvent déficitaires.

    1.3 Simon Dupin, le vice-consulat comme compensation ?

    25La nomination de Simon Dupin en 1691 comme chancelier d’Alep s’inscrit donc dans une stratégie familiale de longue date. Elle indique que les soutiens qu’obtiennent les Dupin lors des événements de 1706-1707 sont la conséquence de cette stratégie et des liens qu’ils entretiennent avec des personnes haut placées dans le royaume de France et d’Espagne. Simon passe six années à Alep où il apprend les langues45, il retourne aux affaires par la suite et a probablement favorisé le commerce familial dans les échelles pendant ces années-là. On retrouve sa trace en juillet 1705 alors qu’il se trouve à Gandia, près de Valence. Cette ville fait partie de celles où les Dupin ont des intérêts, comme l’indique le mémoire présenté par Simon pour le remboursement des pertes durant la révolte valencienne46. Dans une lettre que Daubenton envoie à Jérôme de Pontchartrain, il joint les témoignages de vice-consuls et du maréchal de Tessé47 sur la situation dans la province. Au milieu de ces témoignages, est présenté celui de Simon Dupin48. Dès septembre 1705, il est donc le correspondant de Daubenton de Villebois.

    26En 1706, il est agent d’Amelot de Gournay, ambassadeur du roi de France à Madrid49. Cette mission est sans doute due à son ancienne charge de chancelier : il est le plus à même d’avoir cette fonction parmi les marchands. La même raison explique sans doute sa correspondance avec Daubenton de Villebois. Ses services lui valent une reconnaissance politique en 1708 : la nomination comme vice-consul de Dénia, ville proche de Valence où les Dupin possèdent également des intérêts commerciaux. Selon toute vraisemblance, cette nomination est une compensation que Daubenton accorde à Dupin. Or, le roi entend distribuer ces honneurs de manière réfléchie et Pontchartrain n’apprécie guère l’initiative prise par son commissaire :

    Vous vous estes determiné bien vite à donner ordre au sieur Dupin de se rendre à Dénia pour y exercer le vice-consulat, vous pouviez me le proposer et attendre une reponse. Le roy destinoit ce poste pour le sieur Nieulon qui vient de perdre tout ce qu’il avoit à Mahon, et celuy d’Alicante pour le sieur Bigodet ou Meritan. Ce dernier se trouve dans le mesmes cas que l’autre par la révolution de la Sardaigne50.

    27Le secrétaire d’État de la Marine rappelle à son commissaire que le roi est le seul habilité à décider de telles nominations. La réprimande qu’adresse Pontchartrain à Daubenton nous permet de mieux comprendre la situation des vice-consuls, consuls et marchands lésés par la guerre de Succession et la manière dont le roi souhaite les récompenser ou les dédommager. Les sieurs Nieulon, Bigodet et Meritan connaissent un sort identique à celui de Simon Dupin51.

    28Nieulon est consul de Minorque, dans les Baléares, depuis 1704. Il est le premier consul attesté de Minorque et est établi à Mahon, place fortifiée de l’île. La création de ce consulat entre directement dans le développement du réseau consulaire français en Espagne. La présence d’un consul français supplémentaire dans les Baléares, outre celui de Majorque, permet un meilleur contrôle du danger que représentent les corsaires barbaresques et l’action des Anglais en Méditerranée. Cependant, en septembre 1708, quand l’île tombe aux mains des Anglais, Nieulon perd son consulat et doit quitter l’archipel. Quant à Meritan, il est également, au début de la guerre, consul. Sa présence à cette charge est attestée en septembre 170352, quand Philippe V souhaite lui retirer le consulat de Sardaigne qu’il conserve finalement jusqu’au soulèvement de l’île53. Il se retrouve alors sans poste.

    29Bigodet, lui, est nommé consul de La Corogne en janvier 170854. Le temps d’obtenir ses lettres de provisions et son exequatur, il n’y arrive qu’en août 1708 sans toutefois les avoir reçus55. Sur place, il entre rapidement en conflit avec le juge-conservateur de la nation française de Galice, Don Joseph Passamonte56. La situation ne cesse de se dégrader et n’ayant toujours pas reçu ses lettres de provisions, il retourne à Madrid pour être nommé à un autre poste. Des situations semblables à celle de la Catalogne en 1705 se multiplient et provoquent les réclamations de nombreux serviteurs de la royauté qui souhaitent retrouver une charge.

    30Tel est le contexte quand Pontchartrain admoneste son agent général de la marine et du commerce. Les trois hommes qui attendent un poste sont tous trois d’anciens consuls, leur expérience est donc plus importante que celle de Simon Dupin. Le secrétaire d’État souhaite, en priorité, nommer aux postes vacants ou aux nouveaux vice-consulats d’anciens consuls avant de promouvoir des marchands ou, dans le cas de Dupin, un ancien chancelier de consulat.

    31Cette volonté du roi, explicitée par Pontchartrain quand il réprimande Daubenton, d’aider tout d’abord ses serviteurs s’inscrit parfaitement dans la vision que Laurent Soleil ou Jean-Philippe Monclus ont du consulat : il les place comme primi inter pares. Tout marchand subissant des pertes demande réparation par l’intermédiaire ou non de son consul. Un consul, lui, considère sa charge comme un argument supplémentaire pour obtenir réparation en premier car il a subi ses pertes au service du roi, même dans le cas d’affaires privées que sa fonction ne lui permet pas d’exercer57.

    32Ainsi, le roi désire dédommager en premier les consuls que la guerre a forcés à quitter leur fonction avant d’autres marchands méritants. Les motifs invoqués, lorsqu’il est question de placer Meritan en Catalogne, confirment que le roi souhaite s’appuyer sur des contacts déjà existants58. Une nouvelle fois, le consul, qui par bien des égards se compare à ceux des autres nations au sein d’une même ville, semble partager une culture si commune avec ceux de leur royaume que le roi et Pontchartrain sont prêts à les muter à de nouveaux postes dans de telles circonstances. Cette attitude conforte la vision d’une politique commune à l’échelle des territoires d’Espagne et le souhait de consolider le réseau autour d’hommes déjà en poste. Cela explique la place qu’un Fleury de Vareilles ou qu’un Soleil peuvent longtemps garder malgré, parfois, d’importantes contestations.

    1.4 Un personnel consulaire stable dans un réseau perturbé

    33Avant les soulèvements catalans, valenciens et sardes, la promotion aux postes de consuls et vice-consuls, dont le nombre augmente en Espagne, permet à de nouvelles familles, dont Bigodet, Nieulon et Meritan font partie59, d’accéder à ces fonctions. Quand surviennent les événements de 1706-1708, ces consuls ont tout perdu au service du roi. Ce dernier doit les assurer de sa protection et les nommer à de nouveaux postes en priorité, avant que d’autres puissent y accéder. La possibilité pour Dupin d’obtenir un poste de vice-consul tient soit à la précipitation de Daubenton soit à sa complicité.

    34Cette décision de Daubenton cause d’ailleurs des problèmes de réorganisation du réseau consulaire espagnol. Bigodet, qui a quitté la Galice, est remplacé par Meritan. Ce dernier, à qui le consulat d’Alicante était promis, est nommé à La Corogne. Bigodet rejoint Alicante60. Le replacement de ces deux consuls s’effectue donc sans trop de difficultés61. Le cas de Nieulon est plus problématique. Lui et Dupin se sont vu promettre le même poste. Daubenton réitère son soutien à Dupin62 qui est déjà à Dénia63. Mais c’est bien Nieulon, réfugié à Collioure, qui est nommé comme vice-consul de Dénia où il arrive en avril 170964.

    35L’arrivée du vice-consul choisi par le roi provoque un conflit entre les deux hommes. Dupin réclame le bien-fondé de sa charge. Il dit avoir payé pour son vice-consulat 2000 livres à Joseph Bayle, consul d’Alicante. Or, cela signifierait que cette opération s’est faite avant décembre 1706, moment où Bayle quitte l’Espagne gravement malade65 ; ce que confirment les dires de Dupin, qui réclame justice à Philippe V66. La guerre aurait donc empêché Simon Dupin d’entrer dans ses fonctions. Considérant qu’il s’est fait spolier, Simon Dupin ne reconnaît pas l’autorité de Joseph Nieulon. Les affirmations de Dupin sont vérifiées et l’attitude de Bayle est condamnée par le secrétaire d’État.

    Le roy accordant gratuitement les emplois de consuls aux sujets que Sa Majesté choisit pour les remplir, son intention est qu’ils en usent de mesme pour les vice-consuls qui dépendent de leur département, et si j’avois sceu que le sieur Bayer67 eust exigé quelque retribution du sieur Dupin en l’establissant à Dénia je l’aurois obligé à la rendre68.

    36La réformation de la fonction consulaire et, par corolaire, vice-consulaire est réaffirmée. Pourtant, Bayle qui a obtenu son premier poste en 1699, soit bien après la publication de l’ordonnance sur la Marine, a vendu le vice-consulat de Dénia comme les consuls pouvaient le faire quand leur charge était un office. Ce nouvel exemple montre que ni les marchands ni les consuls – comme Dupin et Bayle – ne respectent alors à la lettre les ordonnances. Si Dupin a racheté à tel prix le vice-consulat, c’est qu’il espère un rendement de ce poste ou qu’il y voit un moyen de conforter la position familiale autour de Valence.

    37Pourtant, son attitude envers Nieulon lui vaut des plaintes69, puis une « sévère réprimande » de la part de Daubenton70. Malgré le quiproquo institutionnel autour de l’obtention du vice-consulat de Dénia, le secrétaire d’État promet à Dupin un poste quand l’occasion se présentera71. Il indique que Daubenton se renseigne pour savoir si un emploi est disponible au service du roi d’Espagne pour que Dupin soit récompensé au plus vite. Cette suggestion de la part du secrétaire d’État entraîne deux remarques. Soit il considère un poste de vice-consul comme un honneur qui ne demande aucune compétence particulière et peut être distribué comme une compensation ou une récompense ; soit il préfère que Dupin occupe un autre poste que celui de vice-consul, car il estime qu’il n’en a pas les capacités. Un second courrier qu’il lui envoie semble indiquer qu’il considère Dupin comme peu apte à cette charge. Seul l’engagement de Daubenton le pousse à promettre au vice-consul déchu une charge :

    Comme il n’y a point d’employ vacant pour lequel je puisse vous proposer au roy et qu’il n’est pas mesme certain que Sa Majesté vous agrée, quoy que je compte de la solliciter pour vous sur le bon témoignage qu’on m’a rendu de vostre zele et de vostre conduite, vous ferez tres bien de continuer vostre commerce pour ne vous point deranger par des veües qui peuvent ne pas reussir72.

    38Manifestement, Pontchartrain ne tient pas particulièrement à ce que Simon Dupin devienne vice-consul, sans doute échaudé par l’attitude d’un personnage tel que Jean-Philippe Monclus qui a mêlé à outrance ses intérêts propres et sa charge. L’allusion explicite à la fonction commerciale peut marquer également un changement de mentalité. En ces mois où les personnes à dédommager sont nombreuses, chaque poste compte et aucun ne doit être cédé à quelqu’un qui n’est pas déjà dans le réseau consulaire.

    39Pourtant, quatre mois plus tard, Dupin est finalement nommé à Tortosa73. Cette nomination, au vu de la lettre du secrétaire d’État de la Marine, est plutôt surprenante. En fait, elle est due au manque de solution dont dispose Pontchartrain in fine. De la même manière que, sans concurrence, Laurent Soleil n’aurait probablement pas perdu son poste, Simon Dupin n’aurait pas obtenu cette charge si elle avait été sollicitée par des personnes jugées prioritaires. Il faut retenir de ce jeu de chaises musicales que la guerre n’exclut pas des membres du réseau consulaire, mais que le roi tente de protéger son réseau et de le resserrer. Un ordre de priorité est donc clairement établi entre ceux déjà présents en son sein et les nouveaux venus. C’est ce qu’illustrent les nouvelles hésitations lors du choix du vice-consul de Tortosa.

    1.5 L’expérience, un critère de choix

    40Avant de proposer la charge de vice-consul à Dupin, Pontchartrain cherche quelqu’un de confiance à envoyer à Tortosa. L’importance de cette place implique la présence d’un homme expérimenté, or, les revenus vice-consulaires dépendent du trafic maritime. En cette période de guerre, les hommes susceptibles d’être nommés, comme Meritan ou Bigodet, n’ont aucun intérêt financier à accepter le poste de vice-consul alors qu’ils ont la possibilité d’obtenir des consulats. Ils pourront y effectuer des prélèvements plus importants et seront dans des provinces où le commerce ne peut être que plus dynamique qu’en Catalogne.

    41C’est au cours de l’été 1709 que Pontchartrain réétudie la pertinence de la présence d’un consulat français en Catalogne. S’il exprime le souhait de ne pas y nommer de consul74, sa correspondance montre en fait qu’il n’a pas pour autant renoncé à l’idée. La Catalogne entre dans son projet de redistribution de charges aux hommes spoliés après les soulèvements de 1706-1708. Ainsi, Pontchartrain et Daubenton souhaitent nommer Meritan non pas en Galice pour remplacer Bigodet, mais en Catalogne.

    Il seroit nécessaire, Monseigneur, que le sieur Bigodet ne partit de La Corogne pour passer en cette Cour, et de là, à Alicant qu’après l’arrivée du sieur Meritan à qui certainement le consulat de Catalogne conviendroit mieux que celuy de Galice, soit par les biens confisquez que sa Majesté Catholique luy a accordé dans l’Ampourdan75 soit parce qu’il seroit plus à portée d’entretenir les relations qu’il peut avoir en Sardaigne76.

    42Durant l’été, le secrétaire d’État et son commissaire tergiversent, décidant de laisser le poste vacant77, puis revenant sur leur décision78. Ce n’est qu’en septembre 1709 que Pontchartrain tranche vraiment et renonce à nommer Meritan à la tête du consulat de France en Catalogne. Il est décidé que cette nomination ne devrait intervenir qu’avec la reconquête de Barcelone79. Les lettres de provisions du consulat de France en Catalogne, destinées à l’origine à Monclus, sont renvoyées à Versailles par Daubenton80. Le projet de nommer un vice-consul de Tortosa en lieu et place d’un consul de Catalogne est ainsi adopté. Outre les objectifs déjà évoqués, ce vice-consul pourrait surveiller le commerce du tabac dont les marchands français ont obtenu, il y a peu, le monopole de la vente81. Dans un premier temps, Monclus contrôle ce monopole, mais, à sa révocation, plus aucun contrôle n’est effectué par les autorités françaises : l’enjeu du tabac s’inscrit donc dans celui de la contrebande. En effet, dans un contexte de guerre, autorités françaises et espagnoles souhaitent empêcher le développement du commerce entre Gibraltar, tenue par les Anglais, et la Catalogne82.

    43Simon Dupin apparaît comme le candidat idéal, son frère et lui-même étant directement impliqués dans la vente de tabac en pays valencien. Il connaît parfaitement les circuits commerciaux et les marchands y prenant part. Le titre de vice-consul de Tortosa lui permettrait donc d’effectuer un certain contrôle sur ce commerce. En revanche, Pontchartrain n’envisage pas de lui accorder le poste de consul de Catalogne qui lui donnerait trop d’importance lors de la reprise de Barcelone et qui est déjà réservé à Meritan.

    44Le titre de vice-consul permet de garder un contrôle de la part d’un consul de Catalogne sur l’action de Dupin. L’attitude de Monclus, impliqué comme les Dupin dans les affaires de commerce espagnoles, a dû inciter Pontchartrain à plus de prudence sur le cumul de fonctions au service des deux royaumes. À la différence de Monclus cependant, Dupin distingue les actions de marchands et le service du roi : tandis que Simon convoite des fonctions administratives, Antoine se charge du négoce.

    45Après le rôle de chancelier et le service dans l’armée du roi d’Espagne et de l’ambassadeur, l’obtention d’un vice-consulat constitue une étape supplémentaire dans la carrière de Dupin. Si, pour Pontchartrain la situation est vue comme provisoire, l’avancée des armées espagnoles et françaises en Catalogne s’enlise et Tortosa demeure longtemps la seule place aux mains de Philippe V. Simon Dupin reste donc en poste durant plus de quatre années, vice-consul sans aucune tutelle. La situation de la Catalogne entraîne une configuration institutionnelle et administrative inédite. Non seulement le vice-consulat de Tortosa est pourvu alors qu’il n’y a pas de consul français en Catalogne, mais il n’existe pas de vice-consul à Tortosa avant cette date. La création de ce vice-consulat provoque, par conséquent, la réaction des institutions espagnoles.

    2. Simon Dupin, du vice-consulat de Tortosa au consulat de Catalogne

    2.1 Pas de vice-consul sans consul

    46Dans ce contexte, il faut quatre années pour que Dupin devienne consul français de Catalogne. Cette promotion s’inscrit parfaitement dans le cursus honorum que l’on attend d’un homme qui convoite ce poste : chancelier de consulat, vice-consul puis consul. Anne Mézin note dans 17 % des cas l’existence de ce type de « carrière de fonctionnaire »83, qui commence par la fonction de chancelier pour finir par l’accession à une charge consulaire. Si la carrière de Simon Dupin peut être rattachée à ce profil, elle le doit à plusieurs circonstances favorables qui, par défaut, font de lui le candidat pour un poste de vice-consul puis un poste de consul, pourtant promis à Meritan.

    47Avant de devenir consul, Dupin, comme lors de son passage à Dénia, peine à obtenir les documents officiels pour devenir vice-consul. Si, dans le cas de Tortosa, le secrétaire d’État l’a bien nommé à ce poste84, ce sont les institutions espagnoles qui marquent leur désaccord sur cette nomination. Elles refusent de délivrer un exequatur à Simon Dupin. Leur argumentation s’appuie notamment sur l’impossibilité de nommer un vice-consul dans une ville où aucun vice-consulat n’est attesté auparavant.

    48Pourtant, dans les années 1703-1705, de nombreux consulats et vice-consulats ont été nouvellement créés en Espagne, comme Maó, à Minorque, ou, sur la côte basque, Gijón, San Sebastián ou Vigo ; or, la volonté de créer le poste de Tortosa intervient à la fin de l’année 1709, qui marque un reflux de l’influence française en Espagne85. Le retrait des privilèges des marchands français et le souci de mettre l’intérêt général des Espagnols avant les intérêts particuliers des marchands français, comme le rappelle Orry86, marquent ce reflux. Ce tournant constitue un premier élément de réponse pour comprendre le refus qu’essuient les autorités françaises.

    49C’est, en effet, dans ce contexte que Dupin reçoit son brevet de vice-consul en date du 27 novembre 1709. Le même mois, Daubenton, en poste depuis 1702, rentre en France accompagné d’autres envoyés français à la cour de Madrid, or, Daubenton a été le premier à plaider pour Dupin et à défendre sa cause : ce dernier semble perdre un allier de taille. Il n’est pas certain que Partyet, son remplaçant, soit dans les mêmes dispositions à l’égard du vice-consul qui exprime d’ailleurs ses regrets sur ce départ à Pontchartrain87 : peut-être est-ce là une preuve supplémentaire du rôle de protecteur qu’exerçait l’agent général de la marine et du commerce. Cependant, les difficultés que rencontre Dupin sont avant tout liées aux réticences des institutions espagnoles.

    50Ce débat institutionnel peut être restitué en partie grâce aux archives qui sont encore conservées dans les institutions françaises et espagnoles. Selon la procédure habituelle, Philippe V a soumis au Conseil d’État la candidature de Simon Dupin. Elle contient le brevet signé par Louis XIV et contresigné par Pontchartrain qui nomme Simon Dupin vice-consul de Tortosa, avec une lettre du roi d’Espagne, signée du roi et contresignée par son secrétaire d’État, Don Manuel Vadillo y Velasco88. La demande est expédiée au Conseil d’État le 27 décembre 1709. Le bureau d’Approbation, entité au sein du conseil apte à valider la demande, l’examine le 7 janvier 171089. Il refuse de délivrer un exequatur et développe son refus sur trois points.

    51Tout d’abord, le despacho de Aprovacíon, littéralement « bureau d’Approbation » indique que seul le consul peut soutenir le candidat au vice-consulat, ce qui doit apparaître dans le dossier que le roi soumet90. Ensuite, il indique que le candidat doit être de nationalité française91. Enfin, le dernier argument porte sur Tortosa elle-même. Le bureau indique que ce n’est pas un lieu de commerce et qu’il n’y a jamais eu de consul ni français ni d’aucune autre nation. En établir un ne serait pas utile et engendrerait des complications92. La réaction du bureau d’Approbation illustre bien le changement d’attitude à l’égard des Français.

    52Les trois arguments avancés sont marqués par cette volonté de ne plus laisser les Français empiéter sur la gestion du commerce espagnol et, désormais, de ne pas leur accorder plus de privilèges qu’à d’autres nations. La première clause invoquée par le bureau d’Approbation est sujette à caution. Si, comme vu précédemment93, le consul doit appuyer cette démarche, le brevet royal est l’élément principal de la demande et, sauf mention expresse sur la lettre de commission du consul, il n’est pas habilité à nommer de vice-consul. Le bureau d’Approbation fait reposer son argumentation sur une habitude et non sur une loi définie.

    53La clause de nationalité est tout à fait recevable : le bureau d’Approbation l’emploie également quand il s’agit de nommer des consuls espagnols en France. Lorsque Melchior Vert, consul d’Espagne à Marseille, propose comme vice-consul à Toulon Antonio Vidal, caballero sicilien, le bureau d’Approbation refuse cette nomination sous prétexte qu’un Sicilien ne peut être nommé94. Pourtant, tous les documents officiels indiquent que Simon Dupin est de « nation française ». Le brevet, lui, ne précise pas sa nationalité. Cette négligence étonnante dans la formule pourtant connue des services français permet au bureau d’Approbation d’insister sur ce point.

    54Enfin, l’ultime argument est une référence aux traités de paix qui établissent les conditions à l’existence de tout consulat, or il n’est jamais précisé que le lieu doit absolument être un port, puisque les textes indiquent que : « cet establissement sera fait aux lieux et endroits où de commun consentement il sera jugé necessaire »95. Les trois arguments montrent une volonté de la part du Conseil d’État de ne plus faciliter les démarches françaises. L’absence de soutien en leur sein empêche ce conseil de recevoir la requête royale favorablement.

    55Le sujet est remis à l’ordre du jour en juin 171096. Le roi Philippe V enjoint à nouveau le Conseil d’État d’examiner par le biais du bureau d’Approbation le dossier de Simon Dupin. L’argument selon lequel il n’y a jamais eu de vice-consul à Tortosa est évoqué à nouveau. Cette démarche reçoit l’approbation de Vadillo y Velasco qui la transmet le 3 juin 1710 à Blécourt. L’intervention de ce dernier auprès du Conseil d’État à la demande de Pontchartrain97 et l’appui de Philippe V et de son secrétaire d’État, permettent tout de même d’obtenir une conclusion différente que celle rendue en janvier. Le Conseil d’État demande que ce soit le gouverneur de Tortosa qui tranche la question.

    56Des trois arguments initialement avancés par le bureau d’Approbation, deux ont été abandonnés. Le bureau d’Approbation renonce à l’obligation que le vice-consul soit nommé par le consul. Aucun document ne nous permet de justifier ce changement. Dupin cherche à le contrer en demandant à être nommé consul de Catalogne pour les raisons déjà invoquées : Pontchartrain refuse98. La clause de nationalité par contre, n’est plus mise en avant. L’envoi d’un nouveau brevet en mars 1710 a rendu le formulaire plus explicite99.

    57Finalement, le vice-consul exerce sa charge alors que la question de son exequatur reste pendante100. Il semble que l’absence de l’appui d’un consul en empêche la délivrance. Partant, la possibilité de nommer Dupin consul est envisagée entre Blécourt et Pontchartrain101. Cependant, ce dernier ne le souhaite pas, même si Dupin insiste régulièrement en demandant sa nomination comme consul malgré les refus répétés de son ministre102. Dupin exerce donc sa mission de vice-consul dès janvier 1710 sans avoir l’autorisation pleine et entière. La reconnaissance du secrétariat d’État de la Marine suffit pour pouvoir exercer les missions qui lui sont confiées.

    2.2 Le rôle du vice-consul en temps de guerre : un informateur

    58La part d’initiative propre du vice-consul paraît très limitée. Son rôle s’apparente surtout à de l’intendance et à de la surveillance et Simon Dupin ne peut agir sans l’aval de ses tutelles. Pourtant, dès mars 1710, il pousse les Français de Tortosa à participer au don gratuit demandé par le roi d’Espagne. Pontchartrain l’admoneste et lui demande de n’agir que sur ordre de Blécourt ou de lui-même103. Ce rappel à l’ordre entraîne deux remarques. La première, c’est le peu de confiance que Pontchartrain a en son nouveau vice-consul. Il ne souhaite pas qu’il prenne des initiatives et doit attendre les ordres pour agir. Contrairement au processus décrit lors de l’étude de la pratique consulaire chez Laurent Soleil104, Pontchartrain ne valide pas l’action de Dupin a posteriori. Il attend de son vice-consul qu’il lui indique ses prises d’initiative et, la plupart du temps, qu’il obéisse à ses ordres. Ce changement d’attitude peut être lié au tournant de 1709, qui ne laisse que peu de marge de manœuvre à l’action des consuls français. L’autre explication est sans doute le caractère officieux de la position de Dupin qui n’a pas d’exequatur, ne bénéficie pas d’une grande confiance et doit mener une action plus discrète.

    59La seconde remarque concerne les interlocuteurs du vice-consul. Pontchartrain demande à Dupin de ne pas prendre de décision avant d’en avoir reçu l’ordre de lui-même ou de Blécourt. Ce dernier remplace, en effet, l’ambassadeur extraordinaire auprès de Philippe V, d’Harcourt. Les interlocuteurs des consuls n’occupent donc plus le même poste. En demandant à son vice-consul de s’adresser non pas à l’agent général de la marine et du commerce, mais à l’ambassadeur, Pontchartrain suggère un retour au fonctionnement des correspondances et des hiérarchies tel qu’il existe avant 1701. La position française est plus fragile et les représentants de Louis XIV en Espagne ne peuvent plus peser autant sur les décisions de Philippe V. L’ambassadeur ne peut gérer la correspondance consulaire aussi bien que Daubenton. Tandis que ce dernier s’occupait exclusivement d’affaires commerciales et maritimes, Blécourt a des compétences plus élargies qui ne lui permettent pas de consacrer autant de temps à ces questions.

    60Plus simplement, nous pouvons estimer que Pontchartrain confie à Dupin une mission qui, dans les faits, n’est pas celle d’un vice-consul, mais celle d’un informateur privilégié. La position de Tortosa et la situation, comme dans le cas de Monclus105, le justifient. Par conséquent, Blécourt est davantage l’interlocuteur de Dupin que Partyet, dont la correspondance montre qu’il est en relation avec des consuls, mais essentiellement ceux de la côte atlantique106. Ainsi, la situation politique particulière que traverse la côte nord-est de l’Espagne exige un contact direct avec l’ambassadeur.

    61De surcroît, les thèmes abordés par Dupin dans sa correspondance rejoignent ceux traités par Soleil en temps de guerre quand sa position n’est plus reconnue107. Dupin communique sur des affaires essentiellement militaires d’une part, sur la protection des intérêts des Français d’autre part. À cela s’ajoute une mission d’observation de l’état d’esprit de la population catalane, pour connaître les partisans et les rebelles. Cela rejoint un souci évoqué dans la correspondance entre l’envoyé spécial et son ministre108 et montre que le rôle du consul, en temps de conflits, est plus que jamais celui d’un informateur.

    62De plus, l’intérêt de Pontchartrain pour cette mission est confirmé par les commentaires qu’il laisse en marge de la correspondance de Dupin109. Ces informations sont obtenues par le biais d’espions à la solde de Dupin. D’ailleurs, Pontchartrain pousse son vice-consul à s’attacher leur service et rembourse les frais engendrés110. Dupin est sans aucun doute un exemple parmi d’autres comme le reflètent les échanges entre le secrétaire d’État et ses envoyés spéciaux successifs. Cette quête d’informations sur l’opinion et les faits sur la cour de l’archiduc doit compléter l’action militaire qui est menée en Catalogne et prépare l’après-guerre. En effet, Simon Dupin traite également des campagnes militaires dans sa correspondance. Pontchartrain place cette question au centre de sa mission111, la conservation de la place de Tortosa étant centrale. En outre, les renseignements militaires donnés par le vice-consul sont de première importance, car collectés au plus près de l’armée ennemie112, même si Pontchartrain interdit à Dupin de rejoindre le théâtre des opérations113. Le renseignement militaire intègre donc tout à fait ce qui est attendu du vice-consul.

    63Pour conclure, la nature de la mission confiée par Pontchartrain explique, en grande partie, la volonté de surveiller de près les actes de Dupin et d’empêcher qu’il ne prenne trop d’initiatives personnelles. Cette attitude, à l’encontre de celle observée d’ordinaire dans l’action consulaire, s’explique mieux dans ce contexte. La méfiance et la surveillance du secrétaire d’État sont vraisemblablement liées à l’inexistence d’une relation préalable propre aux deux hommes. Pontchartrain souhaitait confier cette mission à quelqu’un de son réseau ou qui avait fait ses preuves précédemment. Dupin a constitué une solution de dernier recours et a encore tout à prouver.

    64Le secrétaire d’État attend du vice-consul qu’il défende, à Tortosa, les intérêts français. Cette défense est d’autant plus nécessaire que les Français reçoivent, de la part des autorités espagnoles, peu de soutien sur place. Ils doivent faire face à la présence de l’armée qui malmène les habitants de la ville, ce que déplore Pontchartrain114. Le vice-consul participe aussi à la reconstruction du lieu115 : le rôle de Dupin s’apparente bien à celui d’un intendant qui participe à la défense de la place des Français en Espagne.

    65Par ailleurs, se pose légitimement la question de la place qu’occupent les questions commerciales dans le quotidien du vice-consul de guerre. Dupin assure la protection des marchands qui passent par Tortosa et sa région. Leur commerce tient pour l’essentiel au ravitaillement des armées hispano-françaises qui achèvent la reconquête de l’Aragon, du pays valencien et entament celle de la Catalogne. Dupin se montre efficace dans l’orientation de ce commerce qu’il a lui-même pratiqué au début de la guerre de Succession d’Espagne116. Pontchartrain et le roi finissent par lui assurer leur confiance et à lui accorder le poste qu’il leur demande depuis sa nomination à Tortosa, celui de consul français de Catalogne.

    66La nomination de Dupin au poste de consul français de Catalogne est un signe fort de la confiance que lui accorde alors Pontchartrain. Cette nomination constitue le pendant de la révocation connue par Laurent Soleil. C’est le premier signe fort et très positif que le secrétaire d’État lui envoie. En effet, en 1691, il doit sa nomination à la Chambre de commerce de Marseille qui, quelques mois plus tôt117, avait reçu le droit de choisir les chanceliers consulaires dans les postes levantins auxquels le roi attribuait un brevet. Ensuite, sa nomination au vice-consulat était liée à la promesse hâtive de Daubenton. Désormais, la confiance est établie, ce qui justifie la solidité de telles positions. L’attitude de Pontchartrain rappelle que la transition entre l’office et la commission se lit dans la manière dont il effectue ses choix.

    67En outre, la difficulté pour Dupin d’acquérir la confiance de Pontchartrain s’explique d’autant plus qu’aucun membre de sa famille n’est déjà au service du roi. Le secrétaire d’État se montre intransigeant, car Dupin n’appartient pas à un de ses réseaux provincial ou religieux118 qui aurait pu lui valoir un crédit de confiance supplémentaire. Le retour de Daubenton aux affaires des colonies a peut-être été décisif dans la promotion que reçoit Dupin. En effet, en octobre 1711, Daubenton devient premier commis du bureau des consulats à Versailles119. Il a pu plaider en faveur de Dupin. Aucune lettre connue ne vient corroborer, cependant, cette hypothèse. L’accession de Dupin, dernier consul de la période considérée, est l’occasion de comparer les conditions des nominations au consulat de Soleil, Monclus et Dupin.

    3. Les consuls français de Catalogne : similitudes et différences

    68À ce stade, une comparaison entre les trois hommes choisis pour exercer la charge de consul de France en Catalogne est pertinente. Certes, toutes les données ne sont pas en notre possession pour connaître parfaitement les conditions qui les ont conduits à exercer cette charge. Cependant, leurs correspondances et les différentes archives nous permettent de tirer des conclusions sur la vision qu’ils ont de ce poste et ce qu’il représente pour eux ou pour leur famille. Il nous est également possible de comprendre comment est choisi un consul dans le cadre d’une politique commerciale ambitieuse dont l’Espagne est le centre.

    69Certains aspects des parcours consulaires sont difficilement comparables. En effet, la longévité constitue une première limite : Laurent Soleil demeure en poste vingt-cinq années contre quatre ans pour Jean-Philippe Monclus et trois ans pour Simon Dupin. Par ailleurs, les événements de ce début de XVIIIe siècle permettent difficilement d’établir des rapprochements sur les conditions d’exercice de leur charge. Le changement dynastique, la guerre de Succession d’Espagne et le tournant de 1709 ont profondément modifié la pratique consulaire française, particulièrement en Catalogne. Ce contexte a contribué à créer en Espagne la fonction de consul telle que le XVIIIe siècle la connaît120.

    70En revanche, au-delà de ces différences qui modifient radicalement le jugement qui peut être porté sur l’action de l’un ou de l’autre de ces consuls, les sources permettent de rapprocher trois éléments : l’évolution des critères qui conditionnent l’accession au consulat ; la vision qu’a chaque consul de sa mission ; les transformations de ce consulat et de cette mission, dans le cadre d’un poste consulaire situé en pays de Chrétienté.

    3.1 Quel cursus honorum ?

    71Entre l’achat de la charge de consul par Jean Soleil pour son fils en 1679121 et le choix de Dupin comme consul en 1713, les modes d’attribution ont évolué. Les réformes entamées tôt dans le cas des consulats levantins122 et officialisées par l’action de Colbert ont porté leurs fruits. Laurent Soleil achète sa charge au secrétaire d’État de la Marine, comme certains consuls le faisaient au secrétaire d’État des Affaires étrangères dans les années 1660. Pourtant, la notion de commission consulaire a rapidement été intégrée par les consuls qui demandent le renouvellement de leurs lettres de commission et se mettent au service plein et entier de leur secrétaire d’État dans le but de consolider leur réseau.

    72À ce titre, l’exemple du remplacement de Soleil par Monclus montre l’importance du réseau personnel que peut apporter le consul. Ses contacts, ses liens jouent doublement en la faveur de ce dernier. Ils permettent au consul de résoudre davantage d’affaires sans faire appel au soutien de sa tutelle. Or, la rareté de la demande d’intervention d’une tutelle préserve la légitimité et l’autorité des consuls. L’exemple catalan est, à ce sujet, éloquent. Par ailleurs, le secrétaire d’État voit d’un bon œil l’entrée à son service d’un homme capable de trouver et de faciliter des relations commerciales en faveur des arsenaux et des manufactures du royaume de France. La possibilité de prolonger l’action des commissaires de la marine et du commerce à un échelon local sert les vues économiques du roi.

    73La difficulté pour Dupin d’accéder au consulat souligne l’importance de la personnalité choisie plus que de son parcours. D’une part, tout chancelier de consulat ne devient pas consul : servir le roi se mérite. D’autre part, l’accès à ces postes ne se fait pas sans protection et liens avec les institutions de la marine et du commerce. Dupin, comme Monclus, en est un exemple. Cependant, ces liens doivent se compléter par des actions qui permettent d’accorder au potentiel consul la confiance nécessaire à sa nomination. Pour cela, il faut faire ses preuves aux yeux du secrétaire d’État et du roi, les seuls à décider de ces nominations. Daubenton de Villebois peut donner son avis, mais, comme Pontchartrain le lui rappelle, la nomination est une prérogative royale123.

    74Les réformes du XVIIe siècle124 ont produit leur effet sur l’attitude des consuls. La tutelle du secrétaire d’État est beaucoup plus respectée : elle a su adapter ces réformes à des consulats, comme celui de Catalogne, qui ne sont pas comparables aux consulats levantins et qui suivent un objectif commercial précis. Le choix de marchands, dans les trois cas, a servi les intérêts du secrétaire d’État qui, en Espagne, concernent avant tout le commerce de redistribution des produits manufacturés, malgré son caractère illicite, ainsi que la participation au commerce vers les Amériques. Seuls des marchands peuvent comprendre et agir à la marge de la légalité pour favoriser ce commerce qui est tout autant le leur que celui des patrons et marchands qui passent dans leur juridiction. C’est sans doute la raison principale de la tolérance à l’égard de leur commerce. Le consulat de Barcelone n’est pas rentable125 et, de ce fait, oblige davantage la tutelle à l’égard de ses titulaires.

    75C’est pourquoi le choix des consuls est en porte-à-faux avec l’article I du titre IX de l’ordonnance de 1681 et les commentaires qui ont été faits notamment par Valin126. La réforme prévoit de donner la préférence à des hommes formés aux lois. Or, dans le cas barcelonais, comme pour l’ensemble des consulats espagnols, ce sont des praticiens du commerce qui sont les plus à même de comprendre la situation et de servir au mieux les intérêts du commerce auquel ils participent. Il s’agit de ne pas abuser de leur position pour y prendre part, mais en les choisissant, le roi et son secrétaire d’État se dotent d’un réseau d’hommes capables d’agir en marge de la légalité en dégageant les responsabilités de leur tutelle.

    3.2 La protection royale comme intérêt permanent

    76Cette grande dépendance à l’égard de leur tutelle, que n’ont pas leurs prédécesseurs un demi-siècle plus tôt trouve sa source dans le rôle de protecteur que doit jouer le secrétaire d’État. Le consulat est difficilement rentable et n’apporte, en lui-même, qu’un revenu limité. Si Laurent Soleil attend, dans ses premières années d’exercice, que son poste soit rentable, il change d’attitude après la paix de 1697127. Dupin et Monclus attendent dès leur entrée en poste la protection financière de Jérôme de Pontchartrain. C’est d’ailleurs dans un contexte particulier qu’ils accèdent à ce poste, mais le particulier devient une norme pour les consulats français de la côte méditerranéenne en ce début de XVIIIe siècle et il est légitime d’émettre une hypothèse sur ce que ces postes constituent réellement aux yeux de leur titulaire.

    77Le choix de ces profils n’est pas sans conséquence sur leur action. Nommés pour être au service du roi, ils y cherchent leur intérêt dans un contexte de guerre durant laquelle leurs biens marchands et leur réputation ont été mis en péril. Par conséquent, ils attendent de leur tutelle une contrepartie : ils voient dans l’obtention de leur charge consulaire la possibilité de relancer au mieux leurs affaires ou celles de leur famille. Dans le contexte espagnol de guerre de Ligue d’Ausgbourg ou de guerre de Succession, l’attribution du consulat apparaît comme une manière de compenser les pertes qu’ils subissent comme marchands. Cette protection, considérée comme une assurance due, doit être prioritaire sur celle des autres marchands français et se justifie par le service du roi128. Dans ces conditions, un marchand trouve son intérêt à être consul marchand.

    78Ainsi, la stratégie familiale suivie par les Dupin assimile l’obtention d’un vice-consulat et la gestion de la ferme des tabacs valencienne. Ces deux responsabilités sont une récompense de leur action au service des intérêts des Bourbons et doivent leur permettre de relancer leurs affaires. Suivant la même logique, Monclus, après avoir été nommé consul de Catalogne, envoie des listes conséquentes de frais pour ne plus écrire pendant des mois une fois son remboursement obtenu. Le consulat perd sa puissance honorifique telle que pouvait la concevoir Soleil au moment de son entrée en fonctions.

    79Ce tournant dans la vision du consulat barcelonais par ses titulaires apparaît nettement quand on tente de déterminer à quelle fin le consulat est recherché. La carrière de Laurent Soleil s’inscrit dans une démarche familiale, classique au XVIIe siècle, d’ascension par le service du roi. Or, issu d’un milieu de marchands, n’ayant, semble-t-il, aucune formation universitaire, la seule charge accessible au service du roi se trouve être celle de consul. La génération suivante doit poursuivre cet engagement au service du roi et obtenir une meilleure charge comme le suggère le placement du fils aîné sous la protection du secrétaire d’État129. La stratégie est donc familiale, une branche devait poursuivre l’activité commerciale, l’autre doit entrer au service du roi.

    80La stratégie des Dupin est aussi familiale, mais se situe déjà à l’étape suivante et ne s’inscrit plus dans une réflexion générationnelle. Déjà un frère s’est consacré pleinement au commerce : Antoine. Simon, parallèlement au commerce, a reçu une formation dans les charges propres au commerce, en étant placé tôt comme chancelier au Levant. Soldat, il est en relation avec les institutions commerciales et se construit également une carrière personnelle.

    81La fonction consulaire ne doit être qu’une transition vers une meilleure place. Son service dans l’armée ou auprès d’Amelot en est la preuve. Son souhait, après le départ de Catalan130 de Madrid, d’être nommé chargé des affaires de la nation française à sa suite131 montre, une nouvelle fois, cette ambition personnelle. Il ne cherche pas à occuper le poste pour une descendance dont il n’est jamais question dans ses lettres. Il est certes difficile dans ces conditions de tirer des conclusions : quoi qu’il en soit, Dupin ne demande aucune protection pour un fils ou un neveu.

    3.3 Encourager le commerce ou commercer ?

    82Comme nous l’avons montré, le secrétariat d’État attend de son consul de France en Catalogne qu’il défende les intérêts de ce qui est considéré comme de la contrebande par les autorités espagnoles et empêche les autres nations de développer un commerce132. La vente de produits de contrebande est le moteur du commerce de redistribution des produits français depuis le Levant vers les côtes espagnoles jusqu’à Cadix133. Cette défense sert aussi les intérêts français à plus grande échelle, dans les Indes notamment. Toute décision prise à l’encontre de la nation française à Barcelone peut entraîner un décret qui pénalise le commerce français dans tous les territoires espagnols. C’est pourquoi, après 1709, l’action des consuls pèse davantage sur le commerce. En effet, les avantages obtenus en 1703 et 1704, qui couvraient leur action, ont été en grande partie perdus en l’espace de deux années134. Le consul français de Barcelone assume uniquement des questions de juridiction commerciale, dans un contexte de trafic peu important. Il n’a pas ce rôle de gestionnaire de litiges ou de notaire. Les accords entre les deux couronnes ne le prévoient pas ou peu135.

    83Le consul, dans les trois cas étudiés, est un homme public et privé dont les intérêts se mêlent pleinement. L’interdiction de commercer pour les consuls est une question sur laquelle il faut donc revenir. La question des liens entre le consul et son commerce est souvent évacuée ou limitée au seul exemple levantin. Lors du colloque tenu en décembre 2003 sur la fonction consulaire, Anne Mézin rappelait les raisons de l’incompatibilité des fonctions consulaires et commerciales en soulignant qu’à toutes les époques, on trouve pourtant l’exemple de négociants qui, devenus consuls, poursuivaient leurs affaires136.

    84L’interdiction de commercer pour le consul est essentiellement motivée par la nécessité d’éviter qu’il soit à la fois juge et partie en cas de conflit avec d’autres négociants et celle de pouvoir les juger en cas d’implication dans des actes criminels. Anne Mézin invoque le caractère public d’« officier du roi à qui était nécessaire une immunité personnelle le soustrayant à la justice criminelle »137. Tout acte criminel commis non dans le cadre de la fonction consulaire, mais dans celui du commerce, mettrait à mal cette affirmation. Dans le cas levantin, cette interdiction de commercer se justifie d’autant que ce serviteur du roi est rémunéré par lui depuis 1691. Ainsi, la justification donnée pour expliquer l’exception à ce principe est simple : elle est directement liée à la nomination de marchands ou d’anciens marchands du fait du manque de disponibilité de personnel dans certains pays. Cette explication ne peut suffire dans le cas catalan, ni, plus largement, dans le cas des consulats espagnols du fait d’une histoire quelque peu différente.

    85Tout d’abord, le choix de marchands est dû à la nécessité d’avoir des hommes liés au monde du commerce pour exercer ces charges. Le changement de statut qu’officialise l’ordonnance sur la Marine d’août 1681 est un argument supplémentaire pour expliquer que le choix de consuls issus du monde du commerce est, en fait, un choix délibéré. La nature révocable de la fonction consulaire passée d’office à commission induit une différence de taille dans le cas qui nous occupe. Anne Mézin a elle-même souligné138, comme d’autres historiens de la fonction consulaire, la possibilité, après ce changement de statut, d’une meilleure maîtrise par le secrétaire d’État de l’action consulaire. Dans le cas espagnol, les autorités, par le biais de l’exequatur, peuvent rendre nulle son action en ne délivrant pas ce document. Le secrétaire d’État le nomme, mais les autorités espagnoles ont leur mot à dire sur ce choix. Tous les trois ans, elles peuvent mettre fin, elles aussi, à la commission d’un consul.

    86Ainsi, la possibilité de révoquer facilement un agent consulaire constitue un élément supplémentaire pour expliquer la nomination de marchands pour occuper ce poste. À condition qu’ils ne sacrifient pas tout à leurs intérêts commerciaux, leur place dans l’univers du négoce fait d’eux un moyen supplémentaire, pour le secrétaire d’État de la Marine, de couvrir sa politique commerciale. Le consul peut commercer, du moment où ses intérêts privés sont mis au service des intérêts du roi, et non l’inverse. La révocation de Monclus est à ce titre significative. Le consul prend d’ailleurs des risques conséquents en assumant ce double rôle de protecteur de la nation et de dynamiseur d’un commerce illégal.

    87En effet, les exemples observés ne nous permettent pas de parler d’une immunité consulaire. Le vice-roi de Catalogne n’hésite pas à mettre Laurent Soleil en prison à la fin de la guerre de la Ligue d’Augsbourg. En Espagne, il n’est pas question d’immunité consulaire : son caractère public ne le met pas à l’abri de la justice espagnole. Le domicile du consul est tout aussi inviolable, en théorie, que les maisons des marchands. Que le consul soit un marchand ne pose donc pas de problèmes d’immunité supplémentaire. Le conflit du droit de visite reste au centre des préoccupations et concerne autant les marchands que le consul.

    88En outre, la différence entre les prérogatives qui sont les leurs et celles des consuls du Levant explique la nécessité de la figure du consul marchand. Dès lors, l’observation sur les conflits d’intérêts que peuvent avoir les consuls qui commercent devient caduque. En effet, n’étant pas des juges, les consuls français d’Espagne ne risquent pas de se trouver en situation de conflit d’intérêts lorsqu’ils doivent arbitrer une situation litigieuse entre leurs compatriotes.

    89Enfin, le personnel consulaire français en Espagne ne reçoit pas, en ce début de XVIIIe siècle, de pension, contrairement au personnel consulaire français dans le Levant ou en Barbarie. Dans ces conditions, l’intérêt de commercer a pour eux une importance vitale, comme peut l’illustrer la comparaison entre les moyens dont Soleil dispose comme consul ou comme marchand. Ce sont ses revenus marchands qui lui permettent de financer sa commission consulaire qui a pour principal intérêt de faciliter ses affaires.

    90Par ailleurs, le manque de candidats peut justifier le choix de marchands. En effet, il a déjà été souligné que le roi n’a pas toujours d’agent à sa disposition pour nommer un consul. Il a même été démontré que la révocation de Laurent Soleil s’inscrit dans une logique de concurrence et n’aurait peut-être pas eu lieu sans cela139. Cependant, il n’en reste pas moins que le secrétaire d’État ne condamne qu’à de rares occasions l’action commerciale des consuls. Par conséquent, il est légitime de se demander pourquoi sont recrutés des marchands qui convoitent ouvertement le poste consulaire pour obtenir des avantages commerciaux et le remboursement des pertes qu’ils ont subies.

    3.4 Le consul, moteur de la politique économique

    91Le choix de ces hommes correspond à une volonté de compenser les dommages subis, comme Pontchartrain a pu l’expliciter dans les cas de Nieulon ou Meritan. Cette compensation se complète toujours par l’aide à l’obtention du remboursement de toutes les pertes, comme dans les cas de Monclus et Dupin. Le pouvoir royal accepte donc de jouer le rôle d’assureur qu’attendent les consuls marchands, a priori comme a posteriori.

    92Ainsi, la question des intérêts mêlés entre affaires privées et service du roi nous semble à redéfinir dans le cas des trois consuls de la période. Soleil est marchand et, s’il réduit son activité, il ne cache pas qu’il laisse son fils gérer les affaires familiales ; Monclus, lui, multiplie ses activités commerciales ; Dupin, s’il n’est plus marchand, épaule amplement son frère pour gérer les affaires familiales. Quelle différence y aurait-il entre être consul et favoriser le commerce familial et devenir consul tout en gardant une activité dans le négoce ? Les intérêts privés seraient tout aussi mêlés à l’action du consul.

    93Le roi et son secrétaire d’État n’ont aucun intérêt, dans le cas espagnol, à avoir des consuls rémunérés par eux et fonctionnant sur le même modèle que les consuls du Levant. Dans la politique commerciale menée depuis Cadix et en mer du Sud, il n’est pas de meilleur choix que celui de consuls liés au monde du négoce. Le projet conçu autour du consulat de Monclus est, à ce sujet, significatif. Le roi lui permet de cumuler sa fonction consulaire et la gestion des domaines de Catalogne pour le roi d’Espagne. Il peut ainsi parfaitement coordonner le commerce entre les deux royaumes dans la province. Les consuls sont là pour défendre la part du marché français dans les domaines espagnols.

    94L’ambiguïté du rôle de ces marchands, qui sont aussi serviteurs du roi, est un moyen, pour le secrétaire d’État, de couvrir sa politique commerciale. La défense du droit de visite, présentée comme la première mission du consul, est au centre des préoccupations. Si le consul prend trop de risques ou défend trop impunément les négociants qui effectuent la contrebande, le secrétaire d’État peut le révoquer et assurer sa bonne foi aux autorités espagnoles. La nature ambiguë de la charge de consul permet de sauvegarder à grande échelle les intérêts commerciaux des patrons, marchands et négociants français.

    95Ainsi, le consul, tel qu’il est choisi dans ces années de pratique du commerce interlope, n’est pas si éloigné du modèle anglais et hollandais, toujours, à la fois, consul et négociant140. En effet, si l’opposition entre ce modèle et celui du consul français du Levant est pertinente, il nous semble tout à fait primordial de la nuancer dans le cas des consuls espagnols à la fin du XVIIe siècle. Une approche systématique du profil des consuls français d’Espagne à partir des réformes de Colbert jusqu’au tournant de 1709 permettrait de donner plus de force à cette hypothèse.

    96L’action consulaire en Espagne jusqu’à cette date est donc à reconsidérer en dehors du modèle levantin. Ces consulats n’ont pas une importance moindre : ils n’ont pas pour objet de poursuivre une action similaire à celle menée par leurs homologues du Levant et des États barbaresques. Le quotidien d’Auger Sorhainde, par exemple, est fort éloigné de celui de Laurent Soleil tout comme le volume des affaires qu’il développe. Les consuls français d’Espagne sont les outils d’une politique commerciale que mène le secrétaire d’État de la Marine. Ils sont au service de la protection d’un commerce de contrebande qui se joue pour l’essentiel directement aux Indes. Cela explique la tolérance dont le secrétaire d’État fait preuve à leur égard.

    97L’influence des consulats levantins a son importance en ce qui concerne un autre point, celui de l’organisation de l’administration consulaire, car, si leur tutelle diffère depuis 1691 et si leur mission n’est pas identique essentiellement du fait de l’absence d’accords similaires aux capitulations, les consulats levantins n’en constituent pas moins un modèle d’organisation. L’administration des consulats y est plus poussée, car le personnel plus nombreux. Ce modèle, diffusé par les textes depuis l’ordonnance de 1681, a été peu appliqué dans les consulats espagnols. Pourtant, le secrétaire d’État insiste pour que l’organisation consulaire telle qu’on la trouve dans le Levant s’élargisse aux consulats de Chrétienté. Ainsi, le consulat barcelonais connaît, avec la fin de la guerre de Succession d’Espagne, une nouvelle organisation beaucoup plus proche de ce modèle qu’auparavant. C’est là le troisième élément à développer, après les conditions de nomination du consul et la vision que le consul a de sa mission. En effet, le bref consulat de Simon Dupin fait entrer le consulat français de Catalogne dans le XVIIIe siècle.

    Notes de bas de page

    1 AN, AE BI 179, fol. 80-81, Monclus à Jérôme de Pontchartrain, Saragosse, 12 janvier 1708. Le consul insiste sur la nécessité de reprendre la ville pour assurer la reconquête de la Catalogne.

    2 Voir p. 105.

    3 Voir p. 269 sqq.

    4 Voir p. 263 sqq.

    5 Sur la politique de défense et de fortification menée depuis 1640 et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, notamment pendant la guerre de Succession d’Espagne, voir l’article de Miquel A. BAILA i PALLARÉS, « Balluards i revelluns : el bastiment d’un nou sistema defensiu a la ciutat de Tortosa (segles XVII i XVIII) », Cuadernos de Geografía, 63, 1998, Valencia, p. 81-101, http://roderic.uv.es/handle/10550/30938 [consulté le 01/05/2018].

    6 Pour mieux observer la place de Tortosa et Lérida, sur les territoires sous la juridiction du Conseil d’Aragon.

    7 AN, Mar B7 240, fol. 3-6, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, 8 juillet 1706. Le commissaire indique le rattachement des deux villes à la province d’Aragon ordonné par Miguel Francisco del Pueyo.

    8 Voir Guillaume SANSON, L’Espagne divisée en tous ses Royaumes et Principautés..., 1685, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53057137x/f1.item [Consulté le 01/05/2018].

    9 Pour les détails des opérations, on se rapportera avec intérêt à Ferran SOLDEVILA, Historia de Catalunya, Barcelona, 1935, vol. 2, p. 382.

    10 James, duc de Berwick-Fitz (1670-1734), rentre en 1712 en Espagne pour assurer la campagne qui mène au déblocage de Gérone le 12 novembre 1712 puis la prise de Barcelone de 11-12 septembre 1714.

    11 James duc de BERWICK-FITZ, Mémoires du Maréchal de Berwick écrits par lui-même, Paris, 1780, t. 2, p. 207 et suivantes.

    12 Voir p. 410.

    13 Voir p. 272 sqq.

    14 AN, AE BI 179, fol. 95-96, Jean-Philippe Monclus à Jérôme de Pontchartrain, Tortosa, 24 novembre 1708.

    15 Comme la proposition le 15 avril 1709 de nommer Meritan en Catalogne plutôt qu’en Galice. AN, Mar B7, fol. 32, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, 15 avril 1709.

    16 AHN, Estado, livre 2051, p. 102-104, décision de Philippe V d’abolir les fueros des royaumes d’Aragon et de Valence, 29 juin 1707.

    17 Comme le rappelle Simon Dupin lors de la rédaction de son mémoire au comte de Toulouse : « Ce ministre [Pontchartrain] [...] lui ordonna de la part du Roy, de passer à la Ville de Tortoze, dans le centre de Catalogne [...] d’entretenir des espions, afin qu’il fût informé régulièrement et généralement de tout ce qui se passoit ». AN, Mar B7 272, non fol., Mémoire postérieur au 20 mars 1717.

    18 Voir p. 102 sqq.

    19 Ibid.

    20 AN, Mar B7 233, fol. 175, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 1er octobre 1704.

    21 Une lettre de lui est d’ailleurs conservée à ce sujet en AN, Mar B7 233, fol. 525-526, Simon Dupin à François-Ambroise Daubenton de Villebois, La Rochelle, 16 décembre 1704.

    22 Il faut rappeler aussi la présence de Dupin dans les archives lyonnaises et les deux consuls successifs lyonnais que sont Rey et Soleil. Voir p. 153.

    23 AHN, Estado, leg. 6804, pièce no 79. Les documents datent de juin 1706 à novembre 1708. Toutes les informations sur cette affaire, à part note explicite, sont tirées de ces documents.

    24 Rodrigo Cavallero est dit dans les documents de la pièce « Alcalde de casa y corte, governor de la sala del crimen de la chanzillería de Valencia y juez conervador de la naçión francesa » (juge domestique et de cour, gouverneur de la chambre criminelle de la chancellerie de Valence et juge-conservateur de la nation française).

    25 Piastre et peso sont synonymes, si l’on reprend le taux de conversion proposé en II.2, 30000 piastres équivalentes à 2,8×30000 = 84000 livres tournois.

    26 Chaque mémoire dit décrit les deux frères comme : « de nación francés y comerciante en el reÿno de Valencia » (de nation française et commerçants du royaume de Valence).

    27 Villes toutes situées actuellement dans la province d’Alicante.

    28 Voir p. 282 sqq.

    29 Daubenton fait état de cette demande. AN, Mar B7 249, fol. 135, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 4 décembre 1707.

    30 Le Conseil d’Aragon a alors été dissous et celui de Castille gère les affaires de Valence.

    31 Dit, en Espagne, « consulte ».

    32 AN, AE BI 179, fol. 87, Monclus à Jérôme de Pontchartrain, Saragosse, 10 mars 1708.

    33 Dans le temps, Dupin poursuit d’ailleurs de telles démarches comme l’atteste un mémoire qu’il publie en 1717 par lequel il réclame un dédommagement et un consulat du Levant, à cette occasion, il rappelle sa situation à Tortosa, sa fourniture aux armées... AN, Mar B7 272, non fol., Mémoire postérieur au 20 mars 1717.

    34 AN, Mar B7 247, fol. 190, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 18 juillet 1707.

    35 AN, Mar B7 249, fol. 24, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 7 novembre 1707.

    36 AN, Mar B7 249, fol. 135, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 4 décembre 1707.

    37 Autorisation qu’il obtient comme l’indique Daubenton. AN, Mar B7 249, fol. 263-268, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 26 décembre 1707.

    38 AN, Mar B7 251, fol. 459, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 29 avril 1708.

    39 AN, Mar B7 252, fol. 249, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 17 juin 1708.

    40 AN, AE BI 179, fol. 80-81, Monclus à Jérôme de Pontchartrain, Saragosse, 12 janvier 1708.

    41 AN, Mar B7 253, fol. 392, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 24 décembre 1708.

    42 Voir p. 101 sqq.

    43 ACCM, B 24, fol. 129, Chambre de commerce à Louis de Pontchartrain, Marseille, 13 décembre 1690. « Monseigneur, nous prenons la liberté d’informer Votre Grandeur de la nouvelle que le cappitaine Dupin commandant l’un de nos bastiment venant de Constantinople nous a donnée. Il dit que le convoy des Anglois et des Holandois estoit arrivé aud. Constantinople et à Smyrne jusques dans l’archipelle et encore jusques a l’emboucheure du canal de Constantinople qu’ils avoient déjà pris un de nos vaisseaux marchands commandé par le cappitaine Daniel, deux de nos barques et une de nos tartanes. Nous ne savons point encore qu’en estoient les patrons, nous sommes toujours avec une très respectueuse soumissions et un zelle ardent et sincère ».

    44 AN, Mar B7 61, fol. 406v, ordre royal, nommant Simon Dupin comme chancelier d’Alep, 4 décembre 1691.

    45 Comme le suggère Anne Mézin dans son article « Dupin (Simon) », Les consuls de France... op. cit., p. 262.

    46 Présent également en AHN, Consejo, leg. 6804, pièce no 79.

    47 C’est ce maréchal que Monclus rejoint quand il part pour Saragosse. Voir p. 286.

    48 AN, Mar B7 236, fol. 493-496, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 23 septembre 1705, copie de correspondances entre Daubenton de Villebois et Simon Dupin, le marquis de Puisegur, le maréchal de Tessé, et les vice-consuls Antoine Roman à Vinaròs, Claverie, à Valence, et le gouverneur d’Alicante.

    49 Anne MÉZIN, Les consuls de France... op. cit., p. 262.

    50 AN, Mar B7 76, p. 27-28, Jérôme de Pontchartrain à Daubenton, Versailles, 9 janvier 1709.

    51 Anne Mézin a abordé la carrière des deux premiers, les archives complètent ces informations et nous permettent de connaître la situation du troisième à cette date. Anne MÉZIN, Les consuls de France... op. cit., article « Bigodet (Jean) », p. 146 et article « Nieulon (Joseph) », p. 464.

    52 AN, Mar B7 229, fol. 39v-40, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 14 septembre 1703. « Monsieur le marquis de Rivas a encore écrit à son Eminence une lettre dont je joins icy copie au sujet des nouvelles plaintes que que [sic] le vice roy et les principaux ministres de Sardaigne ont fait contre le sieur Meritan, elle l’a informé par sa réponce que le Roy osteroit ce consul. C’est se trop presser, il falloit se servir de cela pour raisoner et pour aprofondir ». Le secrétaire d’État ne semble pas approuver la décision du roi d’Espagne et préconise, selon la méthode qu’il utilise dans les affaires Fleury de Vareilles et Soleil, une enquête approfondie et la mise en confrontation des différents avis.

    53 AN, Mar B7 237, fol. 43-48, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, 14 octobre 1705. Daubenton propose à son secrétaire d’État d’installer une chapelle pour la nation française de Sardaigne dans la maison du consul Meritan.

    54 AN, Mar B7 250, fol. 3, minute d’un mémoire du 18 janvier 1708 destiné à servir d’instruction au sieur Bigodet, nouveau consul de France à La Corogne et dans le royaume de Galice.

    55 AN, Mar B7 253, fol. 126-132, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 30 août 1708.

    56 AN, Mar B7 254, fol. 286-292, Partyet à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 8 décembre 1708. Partyet indique que la rupture entre les deux hommes est irrémédiable. Par ailleurs, Bigodet est en conflit avec un capitaine de Bayonne qui se plaint de ses exigences en matière de droit de consulat et des marchands suédois qu’il accuse de contrebande.

    57 Voir dans le cas de Soleil, p. 195 et dans celui de Monclus, p. 276.

    58 Voir p. 291. Pontchartrain insiste sur le fait qu’il a des terres en Catalogne et qu’il pourra maintenir ses liens avec la Sardaigne depuis la Catalogne. Il considère donc que du côté de la Méditerranée, il y a d’intéressants atouts à faire valoir entre les différents ports.

    59 Bigodet comme Nieulon sont les premiers détenteurs de charges consulaires reprises par leurs fils.

    60 AN, Mar B7 255, fol. 249-255, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 16 mars 1709.

    61 On peut noter que Bigodet, qui éprouvait des difficultés avec le juge-conservateur de Galice n’a pas été révoqué, mais muté. Les conflits avec des tutelles locales ne constituent pas un élément de révocation. Cependant, dans le cas de Soleil, le vice-roi constitue un personnage, et il faut insister sur ce statut, plus important. Juridiquement le vice-roi est un alter ego royal.

    62 AN, Mar B7 255, fol. 104-111, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 1er février 1709.

    63 An, Mar B7 253, fol. 392-398, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 24 décembre 1708. Daubenton indique que Dupin est bien arrivé à Dénia pour y exercer son vice-consulat.

    64 AN, Mar B7 256, fol. 45-52, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 22 avril 1709.

    65 AN, Mar B7 241, fol. 24, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 6 novembre 1706. La chronologie exacte des faits est difficile à établir. Anne Mézin ne fait pas mention de cet épisode dans son article « Bayle (Joseph) », Anne MÉZIN, Les consuls de France... op. cit., p. 130-131. Elle indique qu’il est nommé consul d’Alicante le 2 janvier 1704 puis consul de Tunis le 13 juillet 1717, sans préciser s’il demeure à Alicante, ce qui est peu probable étant donné qu’elle indique bien la nomination de Bigodet à Alicante le 3 février 1709 et son arrivée le 22 septembre 1709, comme l’atteste la correspondance entre Pontchartrain et ce dernier. Après son retour en France pour maladie, il est fort probable que Joseph Bayle ne soit jamais retourné à Alicante, la province s’étant soulevée.

    66 AHN, Estado 611, pièce no 59, Simon Dupin à Philippe V, Dénia, 20 octobre 1708. Dupin réclame d’entrer dans sa charge qu’il dit avoir achetée à Joseph Bayle le 20 août 1705.

    67 Mis pour Bayle.

    68 AN, Mar B7 76, fol. 733, Jérôme de Pontchartrain à François-Ambroise Daubenton de Villebois, Versailles, 5 juin 1709.

    69 AN, Mar B7 256, fol. 195-199, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 24 juin 1709.

    70 AN, Mar B7 256, fol. 266-282, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 23 juillet 1709.

    71 AN, Mar B7 76, p. 605-606, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 8 mai 1709.

    72 AN, Mar B7 76, p. 699-700, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, s.d., probablement de juin 1709.

    73 AN, Mar B7 257, fol. 364, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 10 novembre 1709.

    74 Voir p. 282 sqq.

    75 Région du nord de la Catalogne dont Figueras constitue le chef-lieu.

    76 AN, Mar B7 256, fol. 3134, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 15 avril 1709.

    77 AN, Mar B7 256, fol. 226-229, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 6 juillet 1709.

    78 Lorsque Louis Bru, vice-consul à Vigo depuis 1703, est pressenti pour remplacer Meritan à La Corogne. AN, Mar B7 257, fol. 108, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 26 août 1709.

    79 AN, Mar B7 257, fol. 275, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 29 septembre 1709.

    80 AN, Mar B7 257, fol. 379, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 11 novembre 1709.

    81 AN, Mar B7 253, fol. 190, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Pasajes, 20 septembre 1708. Daubenton indique que M. de Miranda a accordé le monopole de la vente du tabac aux habitants de Tortosa et de sa région aux marchands français.

    82 AN, Mar B7 234, fol. 253, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 28 février 1705 ; cette lettre écrite de Barcelone évoque déjà la contrebande active effectuée entre Gibraltar et Barcelone, alors que cette dernière n’est pas encore sous la domination de l’archiduc. Par la suite, les ordres et consignes continuent dans ce sens : il faut privilégier les affaires françaises comme l’attitude de Daubenton qui donne des consignes pour allonger le temps de traitement de plaintes de contrebande faites auprès du Conseil des Indes par les gouverneurs du Panama, du Chili et du Pérou à l’égard de Français qui effectuent du commerce interlope dans le Pacifique. AN, Mar B7 240, fol. 338 et suivants, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 12 juin 1706. Dans le même temps, l’attitude se durcit à l’égard de la contrebande potentielle des Anglais ou des Hollandais le long des côtes espagnoles comme l’atteste, dans son ensemble, la correspondance entre Daubenton et Pontchartrain. AN, Mar B7 238-253, passim.

    83 Anne MÉZIN, Les consuls de France..., op. cit., p. 59.

    84 Son brevet de vice-consul en date du 27 novembre 1709 est conservé sous la cote AHN, Estado 611, pièce no 78. Voir p. 410.

    85 Voir p. 62.

    86 Voir p. 63.

    87 AN, Mar B7 3, fol. 290, lettre du 2 décembre 1709.

    88 Manuel Vadillo y Velasco (1659-1729) est alors le plus proche collaborateur de Philippe V.

    89 AHN, Estado 611, pièce no 66, demande de Dupin pour obtenir son exequatur et minute de la consulte rendue par le Conseil d’État espagnol le 7 janvier 1710.

    90 « El primero ignorarse quién seà el principal consul, que hà de sostinuir el interesado, y ser clausula expresa, que se pone en la zedula de aprocazión que se despacha, haya de servír por quenta y tresgo del propriétario ».

    91 « El segundo deva justificar el requísito precísio que nezesita de ser nacíonal franzes, para ser consul ».

    92 « Y el tercero y ultimo, que Tortosa no es lugar de comercío, ni puerto de mar, donde jamas ha savido consul, de esta, ní otra alguna nazíon y que el introducrse aora, no solo, no seria de utíl, síno que ocasíonavia muchos envarazos ».

    93 Voir p. 102.

    94 AHN, Estado 611, pièce no 47, bureau d’Approbation du Conseil d’État à Melchior Vert, Madrid, 21 janvier 1708.

    95 Article XXVI de la paix des Pyrénées du 7 novembre 1659.

    96 AHN, Estado 611, pièce no 78, minute d’une consulte du Conseil d’État du 7 juin 1710, décret royal de Philippe V et mémoire de Dupin avec sa patente originale.

    97 Après l’échec de janvier, Pontchartrain écrit à l’ambassadeur extraordinaire pour lui demander d’intervenir auprès du Conseil d’État pour obtenir l’exequatur de Dupin. AN, Mar B7 82, Jérôme de Pontchartrain à M. de Blécourt, Versailles, 20 janvier 1710, soit deux semaines après que la première consulte défavorable a été prise.

    98 AN, Mar B7 82, fol. 355, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 17 mars 1710.

    99 Ibid.

    100 À plusieurs reprises, même dans un contexte moins extraordinaire, les problèmes posés par la délivrance de l’exequatur ont été soulignés. Voir notamment p. 38 sqq.

    101 AN, Mar B7 83, fol. 57, Jérôme de Pontchartrain à Blécourt, Versailles, 31 juillet 1710.

    102 AN, Mar B7 83, fol. 171, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 4 août 1710 ; AN, Mar B7 83, fol. 481, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 13 octobre 1710.

    103 AN, Mar B7 82, fol. 273, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 10 mars 1710.

    104 Voir p. 66 sqq.

    105 Voir p. 276 sqq.

    106 C’est ce qui ressort du dépouillement des registres, AN, Mar B7 254 et suivants.

    107 Durant la guerre provoquée par la politique des Réunions de Louis XIV en 1684.

    108 À de multiples reprises : AN, Mar B7 246, fol. 25, François-Ambroise Daubenton de Villebois promet à Jérôme de Pontchartrain une liste des nobles espagnols partisans de l’archiduc, 8 mai 1707 ; Ibid., fol. 296, le 17 juin le sujet est retraité dans le cas des Grands d’Espagne, AN, Mar B7 247, fol. 230, la liste est préparée pour les notables de Valence et d’Aragon ; AN, Mar B7 248, fol. 360-365 listes des notables d’Aragon et de Valence ralliés au parti de l’archiduc Charles ; AN, Mar B7 249, fol. 191 la population catalane est dite hostile à l’égard des partisans de l’archiduc ; Mar B7 254, fol. 20, Partyet continue de fournir de telles listes puisqu’il envoie la liste des charges, titres et emplois distribués par l’archiduc Charles à Barcelone le 10 septembre 1708. Ainsi, de tels renseignements sont recherchés en permanence et les consuls et vice-consuls sont une des sources qui permettent de les établir.

    109 AN, Mar B7 82, fol. 604, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 28 avril 1710 ; AN, Mar B7 87, p. 127, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 23 février 1711.

    110 AN, Mar B7 82, fol. 647, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 5 mai 1710.

    111 AN, Mar B7 82, fol. 202-203, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 17 février 1710.

    112 Ainsi Pontchartrain demande à son consul de contrôler l’état de la logistique ennemie. AN, Mar-B7 82, fol. 355, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 17 mars 1710.

    113 Le secrétaire d’État indique à son vice-consul qu’il est inutile qu’il accompagne l’armée espagnole dans la campagne d’Aragon. AN, Mar B7 82, fol. 604, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 28 avril 1710.

    114 AN, Mar B7 87, p. 127, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 23 février 1711.

    115 Ibid.

    116 Nous retrouvons alors des pratiques qui ne sont pas éloignées de ce que nous observions pour la Jean Soleil et les autres marchands français dans les années 1650. Voir p. 177 sqq.

    117 Arrêt royal du 31 juillet 1691.

    118 Voir Charles FROSTIN, Les Pontchartrain, ministres de Louis XIV..., op. cit., p. 69-273, pages consacrées aux divers réseaux constitués par Louis et Jérôme de Pontchartrain, notamment depuis les milieux affairistes et bretons.

    119 Didier NEUVILLE, État Sommaire des Archives..., op. cit., p. 267, https://archive.org/stream/etatsommairedes00marigoog?ui=embed#page/n334/mode/1up [consulté le 01/05/2018].

    120 Voir p. 325 sqq.

    121 Ce qui peut être étonnant étant donné la date. Le travail mené par Jorg Ulbert permettra sans doute d’avoir un meilleur aperçu des achats de charges consulaires à la fin du XVIIe siècle.

    122 Géraud POUMARÈDE, « Naissance d’une institution royale... », art. cit., p. 76-78.

    123 Voir, p. 301 sqq

    124 Voir p. 81 sqq.

    125 Comme le montre l’étude des revenus consulaires de Laurent Soleil, voir p. 136 sqq.

    126 René Josué VALIN Nouveau commentaire sur l’ordonnance..., op. cit.

    127 Voir p. 89.

    128 Voir, p. 301 sqq.

    129 Voir p. 98 sqq.

    130 Louis Catalan, agent du commerce à Madrid de 1716 jusqu’en juillet 1718.

    131 Anne MÉZIN, Les consuls de France..., op. cit., p. 263. Il souhaite également être nommé comme consul du Levant comme il affirme dans son mémoire à l’attention du comte de Provence. AN, Mar B7 272, non fol., Mémoire postérieur au 20 mars 1717.

    132 Voir II.3, passim.

    133 Voir p. 51.

    134 Voir p. 61.

    135 Les juges-conservateurs pallient l’absence d’accord pour les consuls d’exercer la justice. Il n’y en a point dans la province catalane.

    136 Anne MÉZIN, « La fonction consulaire dans la France d’Ancien Régime : origine, principes, prérogatives », dans La fonction consulaire..., op. cit., p. 41-42, incompatibilité dont elle traite également dans son ouvrage Les consuls de France au siècle des Lumières (1715-1792), p. 24-28.

    137 Ibid.

    138 Anne MÉZIN, « La fonction consulaire... », art. cit., p. 41 ; Géraud POUMARÈDE, « Naissance d’une institution royale... », art. cit., p. 112-128.

    139 Voir p. 267 sqq.

    140 L’exemple des consuls hollandais de Barcelone peut être cité, Albert GARCIA i ESPUCHE, Barcelona entre dues guerres..., op. cit., p. 261-323.

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    2006

    Le Livre Vert de Pierre de la Jugie

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    Les territoires du sport entre politiques et pratiques

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    1 AN, AE BI 179, fol. 80-81, Monclus à Jérôme de Pontchartrain, Saragosse, 12 janvier 1708. Le consul insiste sur la nécessité de reprendre la ville pour assurer la reconquête de la Catalogne.

    2 Voir p. 105.

    3 Voir p. 269 sqq.

    4 Voir p. 263 sqq.

    5 Sur la politique de défense et de fortification menée depuis 1640 et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, notamment pendant la guerre de Succession d’Espagne, voir l’article de Miquel A. BAILA i PALLARÉS, « Balluards i revelluns : el bastiment d’un nou sistema defensiu a la ciutat de Tortosa (segles XVII i XVIII) », Cuadernos de Geografía, 63, 1998, Valencia, p. 81-101, http://roderic.uv.es/handle/10550/30938 [consulté le 01/05/2018].

    6 Pour mieux observer la place de Tortosa et Lérida, sur les territoires sous la juridiction du Conseil d’Aragon.

    7 AN, Mar B7 240, fol. 3-6, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, 8 juillet 1706. Le commissaire indique le rattachement des deux villes à la province d’Aragon ordonné par Miguel Francisco del Pueyo.

    8 Voir Guillaume SANSON, L’Espagne divisée en tous ses Royaumes et Principautés..., 1685, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53057137x/f1.item [Consulté le 01/05/2018].

    9 Pour les détails des opérations, on se rapportera avec intérêt à Ferran SOLDEVILA, Historia de Catalunya, Barcelona, 1935, vol. 2, p. 382.

    10 James, duc de Berwick-Fitz (1670-1734), rentre en 1712 en Espagne pour assurer la campagne qui mène au déblocage de Gérone le 12 novembre 1712 puis la prise de Barcelone de 11-12 septembre 1714.

    11 James duc de BERWICK-FITZ, Mémoires du Maréchal de Berwick écrits par lui-même, Paris, 1780, t. 2, p. 207 et suivantes.

    12 Voir p. 410.

    13 Voir p. 272 sqq.

    14 AN, AE BI 179, fol. 95-96, Jean-Philippe Monclus à Jérôme de Pontchartrain, Tortosa, 24 novembre 1708.

    15 Comme la proposition le 15 avril 1709 de nommer Meritan en Catalogne plutôt qu’en Galice. AN, Mar B7, fol. 32, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, 15 avril 1709.

    16 AHN, Estado, livre 2051, p. 102-104, décision de Philippe V d’abolir les fueros des royaumes d’Aragon et de Valence, 29 juin 1707.

    17 Comme le rappelle Simon Dupin lors de la rédaction de son mémoire au comte de Toulouse : « Ce ministre [Pontchartrain] [...] lui ordonna de la part du Roy, de passer à la Ville de Tortoze, dans le centre de Catalogne [...] d’entretenir des espions, afin qu’il fût informé régulièrement et généralement de tout ce qui se passoit ». AN, Mar B7 272, non fol., Mémoire postérieur au 20 mars 1717.

    18 Voir p. 102 sqq.

    19 Ibid.

    20 AN, Mar B7 233, fol. 175, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 1er octobre 1704.

    21 Une lettre de lui est d’ailleurs conservée à ce sujet en AN, Mar B7 233, fol. 525-526, Simon Dupin à François-Ambroise Daubenton de Villebois, La Rochelle, 16 décembre 1704.

    22 Il faut rappeler aussi la présence de Dupin dans les archives lyonnaises et les deux consuls successifs lyonnais que sont Rey et Soleil. Voir p. 153.

    23 AHN, Estado, leg. 6804, pièce no 79. Les documents datent de juin 1706 à novembre 1708. Toutes les informations sur cette affaire, à part note explicite, sont tirées de ces documents.

    24 Rodrigo Cavallero est dit dans les documents de la pièce « Alcalde de casa y corte, governor de la sala del crimen de la chanzillería de Valencia y juez conervador de la naçión francesa » (juge domestique et de cour, gouverneur de la chambre criminelle de la chancellerie de Valence et juge-conservateur de la nation française).

    25 Piastre et peso sont synonymes, si l’on reprend le taux de conversion proposé en II.2, 30000 piastres équivalentes à 2,8×30000 = 84000 livres tournois.

    26 Chaque mémoire dit décrit les deux frères comme : « de nación francés y comerciante en el reÿno de Valencia » (de nation française et commerçants du royaume de Valence).

    27 Villes toutes situées actuellement dans la province d’Alicante.

    28 Voir p. 282 sqq.

    29 Daubenton fait état de cette demande. AN, Mar B7 249, fol. 135, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 4 décembre 1707.

    30 Le Conseil d’Aragon a alors été dissous et celui de Castille gère les affaires de Valence.

    31 Dit, en Espagne, « consulte ».

    32 AN, AE BI 179, fol. 87, Monclus à Jérôme de Pontchartrain, Saragosse, 10 mars 1708.

    33 Dans le temps, Dupin poursuit d’ailleurs de telles démarches comme l’atteste un mémoire qu’il publie en 1717 par lequel il réclame un dédommagement et un consulat du Levant, à cette occasion, il rappelle sa situation à Tortosa, sa fourniture aux armées... AN, Mar B7 272, non fol., Mémoire postérieur au 20 mars 1717.

    34 AN, Mar B7 247, fol. 190, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 18 juillet 1707.

    35 AN, Mar B7 249, fol. 24, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 7 novembre 1707.

    36 AN, Mar B7 249, fol. 135, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 4 décembre 1707.

    37 Autorisation qu’il obtient comme l’indique Daubenton. AN, Mar B7 249, fol. 263-268, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 26 décembre 1707.

    38 AN, Mar B7 251, fol. 459, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 29 avril 1708.

    39 AN, Mar B7 252, fol. 249, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 17 juin 1708.

    40 AN, AE BI 179, fol. 80-81, Monclus à Jérôme de Pontchartrain, Saragosse, 12 janvier 1708.

    41 AN, Mar B7 253, fol. 392, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 24 décembre 1708.

    42 Voir p. 101 sqq.

    43 ACCM, B 24, fol. 129, Chambre de commerce à Louis de Pontchartrain, Marseille, 13 décembre 1690. « Monseigneur, nous prenons la liberté d’informer Votre Grandeur de la nouvelle que le cappitaine Dupin commandant l’un de nos bastiment venant de Constantinople nous a donnée. Il dit que le convoy des Anglois et des Holandois estoit arrivé aud. Constantinople et à Smyrne jusques dans l’archipelle et encore jusques a l’emboucheure du canal de Constantinople qu’ils avoient déjà pris un de nos vaisseaux marchands commandé par le cappitaine Daniel, deux de nos barques et une de nos tartanes. Nous ne savons point encore qu’en estoient les patrons, nous sommes toujours avec une très respectueuse soumissions et un zelle ardent et sincère ».

    44 AN, Mar B7 61, fol. 406v, ordre royal, nommant Simon Dupin comme chancelier d’Alep, 4 décembre 1691.

    45 Comme le suggère Anne Mézin dans son article « Dupin (Simon) », Les consuls de France... op. cit., p. 262.

    46 Présent également en AHN, Consejo, leg. 6804, pièce no 79.

    47 C’est ce maréchal que Monclus rejoint quand il part pour Saragosse. Voir p. 286.

    48 AN, Mar B7 236, fol. 493-496, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 23 septembre 1705, copie de correspondances entre Daubenton de Villebois et Simon Dupin, le marquis de Puisegur, le maréchal de Tessé, et les vice-consuls Antoine Roman à Vinaròs, Claverie, à Valence, et le gouverneur d’Alicante.

    49 Anne MÉZIN, Les consuls de France... op. cit., p. 262.

    50 AN, Mar B7 76, p. 27-28, Jérôme de Pontchartrain à Daubenton, Versailles, 9 janvier 1709.

    51 Anne Mézin a abordé la carrière des deux premiers, les archives complètent ces informations et nous permettent de connaître la situation du troisième à cette date. Anne MÉZIN, Les consuls de France... op. cit., article « Bigodet (Jean) », p. 146 et article « Nieulon (Joseph) », p. 464.

    52 AN, Mar B7 229, fol. 39v-40, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 14 septembre 1703. « Monsieur le marquis de Rivas a encore écrit à son Eminence une lettre dont je joins icy copie au sujet des nouvelles plaintes que que [sic] le vice roy et les principaux ministres de Sardaigne ont fait contre le sieur Meritan, elle l’a informé par sa réponce que le Roy osteroit ce consul. C’est se trop presser, il falloit se servir de cela pour raisoner et pour aprofondir ». Le secrétaire d’État ne semble pas approuver la décision du roi d’Espagne et préconise, selon la méthode qu’il utilise dans les affaires Fleury de Vareilles et Soleil, une enquête approfondie et la mise en confrontation des différents avis.

    53 AN, Mar B7 237, fol. 43-48, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, 14 octobre 1705. Daubenton propose à son secrétaire d’État d’installer une chapelle pour la nation française de Sardaigne dans la maison du consul Meritan.

    54 AN, Mar B7 250, fol. 3, minute d’un mémoire du 18 janvier 1708 destiné à servir d’instruction au sieur Bigodet, nouveau consul de France à La Corogne et dans le royaume de Galice.

    55 AN, Mar B7 253, fol. 126-132, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 30 août 1708.

    56 AN, Mar B7 254, fol. 286-292, Partyet à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 8 décembre 1708. Partyet indique que la rupture entre les deux hommes est irrémédiable. Par ailleurs, Bigodet est en conflit avec un capitaine de Bayonne qui se plaint de ses exigences en matière de droit de consulat et des marchands suédois qu’il accuse de contrebande.

    57 Voir dans le cas de Soleil, p. 195 et dans celui de Monclus, p. 276.

    58 Voir p. 291. Pontchartrain insiste sur le fait qu’il a des terres en Catalogne et qu’il pourra maintenir ses liens avec la Sardaigne depuis la Catalogne. Il considère donc que du côté de la Méditerranée, il y a d’intéressants atouts à faire valoir entre les différents ports.

    59 Bigodet comme Nieulon sont les premiers détenteurs de charges consulaires reprises par leurs fils.

    60 AN, Mar B7 255, fol. 249-255, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 16 mars 1709.

    61 On peut noter que Bigodet, qui éprouvait des difficultés avec le juge-conservateur de Galice n’a pas été révoqué, mais muté. Les conflits avec des tutelles locales ne constituent pas un élément de révocation. Cependant, dans le cas de Soleil, le vice-roi constitue un personnage, et il faut insister sur ce statut, plus important. Juridiquement le vice-roi est un alter ego royal.

    62 AN, Mar B7 255, fol. 104-111, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 1er février 1709.

    63 An, Mar B7 253, fol. 392-398, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 24 décembre 1708. Daubenton indique que Dupin est bien arrivé à Dénia pour y exercer son vice-consulat.

    64 AN, Mar B7 256, fol. 45-52, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 22 avril 1709.

    65 AN, Mar B7 241, fol. 24, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 6 novembre 1706. La chronologie exacte des faits est difficile à établir. Anne Mézin ne fait pas mention de cet épisode dans son article « Bayle (Joseph) », Anne MÉZIN, Les consuls de France... op. cit., p. 130-131. Elle indique qu’il est nommé consul d’Alicante le 2 janvier 1704 puis consul de Tunis le 13 juillet 1717, sans préciser s’il demeure à Alicante, ce qui est peu probable étant donné qu’elle indique bien la nomination de Bigodet à Alicante le 3 février 1709 et son arrivée le 22 septembre 1709, comme l’atteste la correspondance entre Pontchartrain et ce dernier. Après son retour en France pour maladie, il est fort probable que Joseph Bayle ne soit jamais retourné à Alicante, la province s’étant soulevée.

    66 AHN, Estado 611, pièce no 59, Simon Dupin à Philippe V, Dénia, 20 octobre 1708. Dupin réclame d’entrer dans sa charge qu’il dit avoir achetée à Joseph Bayle le 20 août 1705.

    67 Mis pour Bayle.

    68 AN, Mar B7 76, fol. 733, Jérôme de Pontchartrain à François-Ambroise Daubenton de Villebois, Versailles, 5 juin 1709.

    69 AN, Mar B7 256, fol. 195-199, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 24 juin 1709.

    70 AN, Mar B7 256, fol. 266-282, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 23 juillet 1709.

    71 AN, Mar B7 76, p. 605-606, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 8 mai 1709.

    72 AN, Mar B7 76, p. 699-700, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, s.d., probablement de juin 1709.

    73 AN, Mar B7 257, fol. 364, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 10 novembre 1709.

    74 Voir p. 282 sqq.

    75 Région du nord de la Catalogne dont Figueras constitue le chef-lieu.

    76 AN, Mar B7 256, fol. 3134, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 15 avril 1709.

    77 AN, Mar B7 256, fol. 226-229, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 6 juillet 1709.

    78 Lorsque Louis Bru, vice-consul à Vigo depuis 1703, est pressenti pour remplacer Meritan à La Corogne. AN, Mar B7 257, fol. 108, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 26 août 1709.

    79 AN, Mar B7 257, fol. 275, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 29 septembre 1709.

    80 AN, Mar B7 257, fol. 379, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 11 novembre 1709.

    81 AN, Mar B7 253, fol. 190, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Pasajes, 20 septembre 1708. Daubenton indique que M. de Miranda a accordé le monopole de la vente du tabac aux habitants de Tortosa et de sa région aux marchands français.

    82 AN, Mar B7 234, fol. 253, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 28 février 1705 ; cette lettre écrite de Barcelone évoque déjà la contrebande active effectuée entre Gibraltar et Barcelone, alors que cette dernière n’est pas encore sous la domination de l’archiduc. Par la suite, les ordres et consignes continuent dans ce sens : il faut privilégier les affaires françaises comme l’attitude de Daubenton qui donne des consignes pour allonger le temps de traitement de plaintes de contrebande faites auprès du Conseil des Indes par les gouverneurs du Panama, du Chili et du Pérou à l’égard de Français qui effectuent du commerce interlope dans le Pacifique. AN, Mar B7 240, fol. 338 et suivants, François-Ambroise Daubenton de Villebois à Jérôme de Pontchartrain, Madrid, 12 juin 1706. Dans le même temps, l’attitude se durcit à l’égard de la contrebande potentielle des Anglais ou des Hollandais le long des côtes espagnoles comme l’atteste, dans son ensemble, la correspondance entre Daubenton et Pontchartrain. AN, Mar B7 238-253, passim.

    83 Anne MÉZIN, Les consuls de France..., op. cit., p. 59.

    84 Son brevet de vice-consul en date du 27 novembre 1709 est conservé sous la cote AHN, Estado 611, pièce no 78. Voir p. 410.

    85 Voir p. 62.

    86 Voir p. 63.

    87 AN, Mar B7 3, fol. 290, lettre du 2 décembre 1709.

    88 Manuel Vadillo y Velasco (1659-1729) est alors le plus proche collaborateur de Philippe V.

    89 AHN, Estado 611, pièce no 66, demande de Dupin pour obtenir son exequatur et minute de la consulte rendue par le Conseil d’État espagnol le 7 janvier 1710.

    90 « El primero ignorarse quién seà el principal consul, que hà de sostinuir el interesado, y ser clausula expresa, que se pone en la zedula de aprocazión que se despacha, haya de servír por quenta y tresgo del propriétario ».

    91 « El segundo deva justificar el requísito precísio que nezesita de ser nacíonal franzes, para ser consul ».

    92 « Y el tercero y ultimo, que Tortosa no es lugar de comercío, ni puerto de mar, donde jamas ha savido consul, de esta, ní otra alguna nazíon y que el introducrse aora, no solo, no seria de utíl, síno que ocasíonavia muchos envarazos ».

    93 Voir p. 102.

    94 AHN, Estado 611, pièce no 47, bureau d’Approbation du Conseil d’État à Melchior Vert, Madrid, 21 janvier 1708.

    95 Article XXVI de la paix des Pyrénées du 7 novembre 1659.

    96 AHN, Estado 611, pièce no 78, minute d’une consulte du Conseil d’État du 7 juin 1710, décret royal de Philippe V et mémoire de Dupin avec sa patente originale.

    97 Après l’échec de janvier, Pontchartrain écrit à l’ambassadeur extraordinaire pour lui demander d’intervenir auprès du Conseil d’État pour obtenir l’exequatur de Dupin. AN, Mar B7 82, Jérôme de Pontchartrain à M. de Blécourt, Versailles, 20 janvier 1710, soit deux semaines après que la première consulte défavorable a été prise.

    98 AN, Mar B7 82, fol. 355, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 17 mars 1710.

    99 Ibid.

    100 À plusieurs reprises, même dans un contexte moins extraordinaire, les problèmes posés par la délivrance de l’exequatur ont été soulignés. Voir notamment p. 38 sqq.

    101 AN, Mar B7 83, fol. 57, Jérôme de Pontchartrain à Blécourt, Versailles, 31 juillet 1710.

    102 AN, Mar B7 83, fol. 171, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 4 août 1710 ; AN, Mar B7 83, fol. 481, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 13 octobre 1710.

    103 AN, Mar B7 82, fol. 273, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 10 mars 1710.

    104 Voir p. 66 sqq.

    105 Voir p. 276 sqq.

    106 C’est ce qui ressort du dépouillement des registres, AN, Mar B7 254 et suivants.

    107 Durant la guerre provoquée par la politique des Réunions de Louis XIV en 1684.

    108 À de multiples reprises : AN, Mar B7 246, fol. 25, François-Ambroise Daubenton de Villebois promet à Jérôme de Pontchartrain une liste des nobles espagnols partisans de l’archiduc, 8 mai 1707 ; Ibid., fol. 296, le 17 juin le sujet est retraité dans le cas des Grands d’Espagne, AN, Mar B7 247, fol. 230, la liste est préparée pour les notables de Valence et d’Aragon ; AN, Mar B7 248, fol. 360-365 listes des notables d’Aragon et de Valence ralliés au parti de l’archiduc Charles ; AN, Mar B7 249, fol. 191 la population catalane est dite hostile à l’égard des partisans de l’archiduc ; Mar B7 254, fol. 20, Partyet continue de fournir de telles listes puisqu’il envoie la liste des charges, titres et emplois distribués par l’archiduc Charles à Barcelone le 10 septembre 1708. Ainsi, de tels renseignements sont recherchés en permanence et les consuls et vice-consuls sont une des sources qui permettent de les établir.

    109 AN, Mar B7 82, fol. 604, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 28 avril 1710 ; AN, Mar B7 87, p. 127, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 23 février 1711.

    110 AN, Mar B7 82, fol. 647, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 5 mai 1710.

    111 AN, Mar B7 82, fol. 202-203, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 17 février 1710.

    112 Ainsi Pontchartrain demande à son consul de contrôler l’état de la logistique ennemie. AN, Mar-B7 82, fol. 355, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 17 mars 1710.

    113 Le secrétaire d’État indique à son vice-consul qu’il est inutile qu’il accompagne l’armée espagnole dans la campagne d’Aragon. AN, Mar B7 82, fol. 604, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 28 avril 1710.

    114 AN, Mar B7 87, p. 127, Jérôme de Pontchartrain à Simon Dupin, Versailles, 23 février 1711.

    115 Ibid.

    116 Nous retrouvons alors des pratiques qui ne sont pas éloignées de ce que nous observions pour la Jean Soleil et les autres marchands français dans les années 1650. Voir p. 177 sqq.

    117 Arrêt royal du 31 juillet 1691.

    118 Voir Charles FROSTIN, Les Pontchartrain, ministres de Louis XIV..., op. cit., p. 69-273, pages consacrées aux divers réseaux constitués par Louis et Jérôme de Pontchartrain, notamment depuis les milieux affairistes et bretons.

    119 Didier NEUVILLE, État Sommaire des Archives..., op. cit., p. 267, https://archive.org/stream/etatsommairedes00marigoog?ui=embed#page/n334/mode/1up [consulté le 01/05/2018].

    120 Voir p. 325 sqq.

    121 Ce qui peut être étonnant étant donné la date. Le travail mené par Jorg Ulbert permettra sans doute d’avoir un meilleur aperçu des achats de charges consulaires à la fin du XVIIe siècle.

    122 Géraud POUMARÈDE, « Naissance d’une institution royale... », art. cit., p. 76-78.

    123 Voir, p. 301 sqq

    124 Voir p. 81 sqq.

    125 Comme le montre l’étude des revenus consulaires de Laurent Soleil, voir p. 136 sqq.

    126 René Josué VALIN Nouveau commentaire sur l’ordonnance..., op. cit.

    127 Voir p. 89.

    128 Voir, p. 301 sqq.

    129 Voir p. 98 sqq.

    130 Louis Catalan, agent du commerce à Madrid de 1716 jusqu’en juillet 1718.

    131 Anne MÉZIN, Les consuls de France..., op. cit., p. 263. Il souhaite également être nommé comme consul du Levant comme il affirme dans son mémoire à l’attention du comte de Provence. AN, Mar B7 272, non fol., Mémoire postérieur au 20 mars 1717.

    132 Voir II.3, passim.

    133 Voir p. 51.

    134 Voir p. 61.

    135 Les juges-conservateurs pallient l’absence d’accord pour les consuls d’exercer la justice. Il n’y en a point dans la province catalane.

    136 Anne MÉZIN, « La fonction consulaire dans la France d’Ancien Régime : origine, principes, prérogatives », dans La fonction consulaire..., op. cit., p. 41-42, incompatibilité dont elle traite également dans son ouvrage Les consuls de France au siècle des Lumières (1715-1792), p. 24-28.

    137 Ibid.

    138 Anne MÉZIN, « La fonction consulaire... », art. cit., p. 41 ; Géraud POUMARÈDE, « Naissance d’une institution royale... », art. cit., p. 112-128.

    139 Voir p. 267 sqq.

    140 L’exemple des consuls hollandais de Barcelone peut être cité, Albert GARCIA i ESPUCHE, Barcelona entre dues guerres..., op. cit., p. 261-323.

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