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    Plan détaillé Texte intégral Le mouvement libertaire à PuigcerdàIncidence de la proximité de la FranceLe regard de la droiteLes réponses de la gaucheConclusion Notes de bas de page Auteur

    Les Français et la guerre d’Espagne

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    La Cerdagne française face à l’expérience anarchiste de Puigcerda (1936 – 1937)

    Jean-Louis Blanchon

    p. 123-136

    Texte intégral Le mouvement libertaire à PuigcerdàDestruction des anciennes structuresConstruction d’un nouvel ordre politique, économique et socialLes crimesLa fin de l’expérienceIncidence de la proximité de la FranceLa frontière, une ligne respectéeLa France fournit des hommes et de la monnaieLa France, terre d’accueilLe regard de la droiteElle reprend les arguments des nationalistes espagnolsDiscours nationaliste françaisL’Indépendant prend le relais et dénonceVers la fermeture de la frontièreLes réponses de la gaucheUn regard non uniformeL’aide à la République espagnoleL’antifascismeConclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Du soulèvement militaire de juillet 1936 à la reprise en main de la frontière par Negrín au printemps 1937, Puigcerdà et la Cerdagne espagnole vivent un bouleversement complet sous l’influence de la CNT-FAI. Cette situation originale s’inscrit dans l’histoire de la péninsule (anarchisme catalan, 19 juillet 1936 etc, ) mais subit l’influence française. La Cerdagne française est en effet si proche qu’elle est utilisée comme base de départ ou terre d’accueil des acteurs de la guerre civile. D’autre part, à l’abri de la frontière, droite et gauche vont militer pour le triomphe de leur camp d’élection.

    Le mouvement libertaire à Puigcerdà

    21934

    3Les anarchistes, le 18 juillet 1936, étaient déjà bien implantés à Puigcerdà. La nuit du 6 octobre 1934 par exemple, alors que Companys proclamait l’« Estat Català » dans une république fédérale espagnole, Puigcerdà avait été passablement secoué. L’Esquerra Republicana de Catalunya avait imposé la grève générale et pris la mairie. Le maire élu, Ramon Cosp, avait laissé la place avec la meilleure grâce du monde. Des forces de la Seu d’Urgell étaient venues quadriller la ville. Bref, personne n’avait choisi la voie démocratique. Dans une telle dynamique, la CNT-FAI locale réunissait armes et explosifs, battait le rappel dans les groupes français. Tout cela devait finir de façon lamentable avec l’emprisonnement des militants d’Esquerra, du BOC et de l’alliance ouvrière, des anarchistes. La nuit du 6 octobre avait servi de répétition générale aux libertaires de Puigcerdà qui ont su mettre à profit le vide politique du 19 juillet pour s’imposer1.

    Destruction des anciennes structures

    4Le 18 juillet 1936, à Puigcerdà, la parole est aux révolutionnaires. Les républicains, débordés ou échaudés par le fiasco du 6 octobre 1934, réagissent peu. La volonté des anarchistes, en quelques jours, emporte toutes les anciennes structures.

    5Les choix politiques de Madrid puis de Valence ou de Barcelone ne comptent plus :

    « La Cerdagne s’était pratiquement détachée du gouvernement de Catalogne dont elle recevait par pure courtoisie les directives sans en tenir compte2.

    6Le comité de Puigcerdà s’octroie tous les pouvoirs en matière de monnaie, d’ordre public, d’économie.

    7L’armée est refusée avec la même détermination que l’Etat bien que les milices anarchistes du front d’Aragon appellent régulièrement les volontaires de Puigcerdà à rejoindre la 5e centurie Puigcerdà à Sástago3. Il en est pour ironiser sur des miliciens qui vomissent l’armée et l’uniforme mais qui s’habillent tous de la même façon (le bleu de travail) et véhiculent en tous lieux un armement voyant

    8L’Eglise enfin est chargée de tous les péchés :

    « Qu’elle est grande et merveilleuse la liberté, dit un orateur de la Seu d’Urgell, après que l’on eût vécu sous l’égide et le poids de cette crapulerie ensoutanée et vêtue de noir, mais d’un noir moins soutenu que celui de leurs aberrations dégénérées et criminelles et de leurs actes scandaleux »4.

    9Les premiers jours de la révolution, on ne s’en est pas pris aux personnes. Les carmélites se sont fondues dans la population tandis que les sœurs de l’hôpital s’éloignaient pour rejoindre quelques semaines plus tard le service de santé nationaliste à Almendralejo en Estrémadure. Par contre, tous les bâtiments religieux ont été collectivisés et les mobiliers brûlés lors de cette terrible nuit du 22 juillet 1936. Ce n’est qu’un peu plus tard, lorsque l’Eglise a clairement choisi son camp, que tout religieux pris est systématiquement exécuté.

    Construction d’un nouvel ordre politique, économique et social

    10La destruction de l’ordre antérieur n’a de sens que si l’on bâtit autre chose. Les anarchistes bâtissent beaucoup : les égouts de Llivia, l’adduction d’eau de Puigcerdà, les écoles de Ger, Queixans, Aja, Vilallobent, La Molina, etc.

    11Les libertaires ne respectent pas le jeu démocratique. Incorrigibles élitistes, ils laissent le plus clair du pouvoir à Antonio Martin (El Cojo de Málaga) et au comité installés à la casa Pujol, rue du 19 juillet (aujourd’hui carrer Major).

    12Avec moins d’enseignants puisque les religieux ne sont plus là, avec plus d’élèves puisque l’arrivée de réfugiés scande l’avance nationaliste, l’enseignement laïque, gratuit et obligatoire est mis en place. Dès août 1936, une école d’été accueille tous les enfants et leur procure une nourriture saine. Les vieux militants en pleurent de joie et font visiter de telles réalisations scolaires à tous les sympathisants de passage.

    13La distribution est assurée par une coopérative installée place CNT (aujourd’hui place Cabrinetty). Le peuple y trouve à peu près ce dont il a besoin et, s’il n’a pas d’argent, un bon CNT-FAI fait l’affaire. Cette coopérative a cependant laissé un fort mauvais souvenir à Puigcerdà car elle était alimentée par les stocks saisis chez les commerçants qui n’ont pas trouvé le procédé élégant :

    « La terreur règne à Puigcerdà où de nombreux commerçants ont franchi clandestinement la frontière ainsi que des officiers de réserve, lesquels sont repartis pour Canfranc s’engager dans l’armée du général Mola »5.

    14Le logement ouvrier est amélioré par l’occupation des maisons abandonnées par les fuyards. La médecine ne fonctionne pas si mal avec le dévouement du docteur Córdoba et une pharmacie populaire qui a soixante mille pessetes de stock quand elle est municipalisée à la fin de l’expérience anarchiste, signe d’une gestion saine. A Alp, le POUM a aménagé le château de la Torre de Riu en hôpital-sanatorium ouvrier6.

    Les crimes

    15En Cerdagne, les souvenirs relatifs à l’expérience anarchiste portent massivement sur l’insécurité. Puigcerdà et la Cerdagne espagnole ont subi une quarantaine d’assassinats sans compter les fuyards abattus sans autre forme de procès sur les pentes de la Collada de Toses. Ces exécutions étaient-elles le fait d’une volonté meurtrière des anarchistes ou de brebis galeuses incontrôlées ? Toujours est-il que le comité n’a, à notre connaissance, jamais engagé de poursuites contre les assassins.

    16La nuit la plus insoutenable est certainement celle du 9 septembre 1936 où vingt-et-un habitants de Puigcerdà ont été abattus près d’Alp au lieu-dit Córrec del Gavatx. La surexcitation entretenue par des miliciens d’Irun qui viennent d’arriver écœurés par leur récente défaite, l’agitation créée par les fanfaronnades de Queipo de Llano qui promet l’arrivée prochaine des nationalistes sur les Pyrénées, des haines personnelles qui remontent à octobre 1934 ou à des relations tendues patron-ouvrier sont à l’origine de la nuit sanglante qui a fortement sali l’image de l’expérience libertaire cerdane. A posteriori, de mauvaises raisons ont été construites qui n’ont convaincu personne comme celle d’un complot dont les fins limiers anarchistes ont surpris une réunion clandestine7.

    17Comme le fait remarquer La Dépêche, ces mauvaises raisons sont inacceptables car, s’il y avait eu complot, un procès régulier et une condamnation régulière auraient présenté bien plus d’intérêt8.

    La fin de l’expérience

    18L’expérience anarchiste de Puigcerdà est morte de la volonté de Negrín de supprimer le cantonalisme anarchiste et de reprendre en main la frontière. Le 16 avril 1937, les carabiniers viennent sur la frontière relayer les miliciens. Le 27 avril, dans des conditions obscures, sûrement à la suite d’une provocation de Bellver, Antonio Martin, le leader CNT-FAI de Puigcerdà, est assassiné sur le pont du Sègre. L’affaire sera présentée comme la courageuse résistance de Bellver aux lâches incontrôlés de la FAI. La Cerdagne est dès lors inondée de forces en uniforme. C’était le premier acte. Le deuxième acte a lieu une semaine plus tard à Barcelone avec l’essai d’occupation de la Telefónica de la place de Catalogne, les journées de mai et un nouveau rapport de forces dans le camp républicain.

    19Il reste quelques militants CNT à Puigcerdà comme l’individualiste Porta mais la plupart des anarchistes sont envoyés sur le front antifasciste ou expulsés en France quand la police française, avertie, intervient pour sauver ses ressortissants. Il y a de nombreux assassinats, six dans une scierie du pont St-Martin9 et plusieurs dans l’anonymat d’une arrière-gare10. Les plus heureux ont droit à une parodie de justice :

    « Poursuivant leurs opérations, les gardes d’assaut ont capturé huit autres individus qui seront traduits demain matin devant un tribunal d’urgence et condamnés à mort, car ils ont participé aux différents meurtres qui ont ensanglanté la capitale de la Cerdagne depuis le 19 juillet »11.

    Incidence de la proximité de la France

    La frontière, une ligne respectée

    20Il est si simple de franchir la frontière en Cerdagne que toutes les victimes du système politique espagnol ont perçu les avantages d’une telle géographie. Le colonel Macià et le théoricien anarchiste Buenacasa se seraient ainsi rencontrés à Font-Romeu en 1923 pour parler d’un éventuel soulèvement révolutionnaire de la Catalogne12. En octobre 1934, la police française ferme la frontière pour éviter les infiltrations d’anarchistes13. En août 1936 :

    « Trente gendarmes des compagnies du Tarn, de l’Aude et de l’Hérault ont été dirigés sur Bourg-Madame afin de procéder au filtrage des indésirables qui essaient de passer la frontière »14.

    21Transgressions et précautions n’atteignent cependant pas les limites de l’insupportable et le respect de la frontière n’est guère remis en cause. Les miliciens de Puigcerdà n’éprouvaient, paraît-il, aucune honte à déambuler en armes dans la rue de Bourg-Madame mais, à cette maladresse près, ils n’empiètent jamais sur les droits français. Le 19 juillet 1936, Monsieur Jubal, réparateur de machines agricoles à Enveitg, revenant de Bellver, n’est plus inquiété dès qu’il montre aux miliciens sa carte d’électeur français. Dans la montagne de Palau, un riche fuyard barcelonais allait être achevé par une patrouille de miliciens ; il est sauvé par des bûcherons qui se contentent de dire qu’il est sur le sol français. A Puigcerdà et dans les villages de Cerdagne espagnole, de nombreux drapeaux bleu-blanc-rouge sont déployés devant les maisons dont les propriétaires jugent prudent de se dire français ; le système fonctionne à merveille comme protection mais sera fatal à des fuyards barcelonais qui, en voyant ces drapeaux tricolores, se croient en France et ne se méfient plus15.

    22En règle générale, les belligérants espagnols évitent de violer le territoire français même si des bombes franquistes tombent sur des herbages guingettois le 23 janvier 1938 et aux portes de Formiguères dans la nuit du 24 au 25 janvier 193916.

    La France fournit des hommes et de la monnaie

    23Les témoins cerdans disent volontiers que les miliciens les plus violents étaient français. Etaient-ils nombreux ? En mai 1937, au début de la répression antilibertaire, la presse de droite compte cinquante miliciens français à Puigcerdà17 mais l’on sait que le discours proche des militaires gonfle les effectifs étrangers pour accréditer l’idée que les vrais Espagnols sont chez « els nacionals ». De fait, les cent cinquante noms de miliciens connus ont le plus souvent une sonorité ibérique à part une dizaine d’exceptions : Pierre Grave, Jean Barde, Ivan Deguot, Georges Vieu, Paul Galtier, Alphonse Tricheux, Paul Loubic et Paul Dermy18. A Puigcerdà, de nombreux militants devaient donc bien venir de France mais étaient Espagnols de naissance, exilés ou cherchant un abri au-delà des Pyrénées pendant la dictature ou le « bienio negro ».

    « Un contingent de volontaires espagnols, membres du Front populaire, habitant Toulouse, composé d’une cinquantaine d’hommes de vingt-cinq à quarante ans, est parti ce matin à six heures en autocar pour la frontière d’Espagne par Latour-de-Carol. On annonce d’autre part qu’un train sanitaire est sur le point de partir de Toulouse dans les mêmes conditions »19.

    24Trois mois plus tard, « deux camions contenant cinquante Espagnols résidant dans la banlieue parisienne ont été arrêtés par la garde mobile sur la route d’Err à Palau-de-Cerdagne. Des armes furent découvertes dans les voitures, notamment un fusil-mitrailleur et un parabellum »20.

    25Quelle que soit leur origine, il reste cependant que de nombreux miliciens ont séjourné plus ou moins longtemps en France et ont été nourris de la pensée du mouvement ouvrier français. Si Antonio Martin était un collaborateur du groupe de « Los Solidarios » (FAI), il avait longtemps milité aussi dans la région parisienne où il avait vécu plusieurs années21.

    26Contrairement à d’autres expériences libertaires qui ont supprimé la monnaie, Puigcerdà manie beaucoup d’argent. Chaque semaine, le comité paie de vingt à trente mille pessetes de salaires22 Que l’on soit maçon au pont de Ventajola, ramasseur de pommes de terre ou président du comité, le salaire est le même pour tous, cinquante-cinq pessetes par semaine. Cet argent peut venir de dons plus ou moins spontanés, de la saisie des dépôts bancaires, d’impositions diverses, etc. mais il vient aussi de France. Sur leurs lieux de travail, des syndicalistes français font des collectes et en envoient le montant à ceux qui construisent la révolution en Espagne. Ainsi, en février 1937, le midi français envoie plus de cent mille francs « pour l’aide au peuple espagnol »23.

    27Des personnalités peuvent être remises à la frontière contre de confortables rançons :

    « Cette semaine, l’appât de l’or a fortement influencé les miliciens anarchistes. Depuis plusieurs semaines, ils retenaient prisonnier le frère directeur de l’école des Escolapios à Puigcerdà. Ils songèrent à le libérer moyennant finance. Dans ce but, ils s’abouchèrent avec des réfugiés de Bourg-Madame et leur firent savoir que, contre paiement de vingt-cinq mille pesetas, ils libéreraient le frère directeur et trois élèves. Cette somme fut recueillie à grand peine. Le lendemain l’affaire eut son épilogue. Les vingt-cinq mille pesetas furent gaiement empochées par les anarchistes qui, galamment, libérèrent les quatre infortunés ecclésiastiques »24.

    28Cent dix-sept maristes, de jeunes religieux, peuvent quitter l’Espagne pour deux cent mille francs après avoir, comble de raffinement, chanté « spontanément » l’Internationale sur le pont de Bourg-Madame25.

    « Le principal agresseur du laitier cerdan, le nommé Rosique, bourreau de Puigcerdà, a eu l’audace de pénétrer deux fois dans une banque de Bourg-Madame pour encaisser le montant de la reconnaissance de dette de cinq mille pesetas exigées par lui lorsqu’il mit en liberté sa victime, Monsieur Domenech »26.

    29Le comité est aussi conduit à réaliser en France les bijoux et objets divers saisis en Cerdagne ou sur les fuyards. Personne ne nie de tels maniements financiers un peu douteux :

    « Un fasciste notoire de Bourg-Madame a été vu à Paris avec un membre de la commission d’achat de Puigcerdà. Si nos camarades de Puigcerdà se sont adressés à ce fasciste, ils sont excusables car il y a certaines catégories de gens qui n’existent pas dans le Front populaire27.

    30Puigcerdà a ainsi manié beaucoup d’argent, souvent d’origine française, et un journal aussi peu suspect de sympathies anarchistes que Le Petit Parisien a pu écrire que, grâce à ces confiscations, saisies, etc. « on pouvait acquérir les matières et les denrées qui n’étaient pas produites dans le petit territoire » (de Puigcerdà). Aussi vivait-on relativement tranquille et heureux dans ce paradis des « anars » en réduction28.

    La France, terre d’accueil

    31Pendant toute la guerre d’Espagne et jusqu’à la « retirada » de février 1939, la Cerdagne française représente l’espoir pour bien des Espagnols. Qu’y deviennent les « fascistes », ou estimés tels, qui arrivent à fuir l’Espagne loyaliste ?

    32Contre l’évidence, une partie de la presse prétend qu’ils peuvent être refoulés :

    « L’Indépendant publiait récemment que le Front populaire de Bourg-Madame était d’accord avec le Frente popular de Puigcerdà pour faciliter à Bourg-Madame les enlèvements des courageux fuyards qui avaient déclenché la tuerie… L’Indépendant a dû démentir cette insidieuse nouvelle »29.

    33En fait, si les arrivants ne sont jamais livrés à Puigcerdà, l’arrivée en France n’est la fin des ennuis que pour ceux qui ont beaucoup d’argent ou qui ont la parenté sur place.

    34Quelques-uns cherchent à s’employer dans l’agriculture mais la vie est dure dans la montagne et on ne leur propose que des salaires de misère.

    35D’autres acceptent tout travail et en arrivent même à jouer le rôle de briseurs de grève :

    « A Rià-Sirach, les ouvriers refusant ce travail à ce prix furent remplacés par des fascistes espagnols »30.

    36Aussi beaucoup écoutent-ils d’une oreille bienveillante les sergents recruteurs nationalistes qui donnent toutes facilités à ceux qui acceptent de grossir les rangs de Mola :

    37« Les agents des rebelles agissent comme en pays conquis sur la frontière des Pyrénées-Orientales sans qu’à notre connaissance notre consul ait fait la moindre démarche pour les arrêter » 31.

    Le regard de la droite

    Elle reprend les arguments des nationalistes espagnols31

    38Pour les militaires espagnols, le 18 juillet n’est pas un pronunciamiento mais le soulèvement enthousiaste de l’Espagne devant l’état de dégradation de la tradition et de l’ordre public menacés par une conspiration marxiste. Une telle justification idéologique de l’« Alzamiento Nacional » a beau ne pas résister à la plus rapide des analyses, elle n’en est pas moins reprise par la droite cerdane, évidemment, mais aussi par une large fraction de l’opinion.

    39Les anarchistes de Cerdagne sont présentés comme des bandits : « Un chef anarchiste de Llivia fait sauter la caisse et passe la frontière »32 ou comme des assassins : « Ramon Rozique, le plus sanguinaire de la bande dont le nom est synonyme de terreur en Cerdagne »33. Les ouvriers de Puigcerdà, logés par les anarchistes dans les immeubles inoccupés et obligés de justifier cette occupation le 28 mai 1937 devant les nouveaux maîtres de la Cerdagne, n’avaient peut-être pas un jugement aussi tranché34.

    40Les « rouges » étant des bandits ou des assassins, les « honnêtes gens » ne peuvent pas les suivre et l’« Alzamiento » se trouve déjà justifié.

    41Partout où il passe, le pouvoir de la CNT-FAI menace l’ordre public. En France, à Bourg-Madame, lors d’une altercation entre les habitants et deux anarchistes, « l’un fit même le geste de tirer son révolver de sa poche »35. En Andorre :

    « Un prêtre français est assassiné par des marxistes espagnols en territoire andorran, au col d’Envalira, le car Andorra-Ax est arrêté. Un groupe de marxistes espagnols en armes gardent un prêtre français. Ils l’assassinent, l’arrosent d’essence et le brûlent »36.

    42Deux jours plus tard, L’Eclair publie un rectificatif de cette information totalement mensongère.

    43Quant à Puigcerdà, c’est à peu de chose près le Chicago d’Al Capone :

    « Depuis plusieurs semaines, le chef des exécuteurs de Puigcerdà, Cot dit El Borni, avait été obligé de quitter cette ville pour Barcelone. Il avait posé les yeux sur la compagne d’Antonio Martin, la fameuse Cubana. Le chef des anarchistes plaisante moins encore sur les questions de cœur que sur les affaires politiques et la vie d’un homme ne pèse guère dans la main du sinistre boiteux qui porte la responsabilité des massacres de Cerdagne. Il pria Cot de gagner Barcelone et celui-ci obtempéra aussitôt. Mais il ne resta pas longtemps à Barcelone et on affirme à Puigcerdà qu’il vient d’être assassiné par des inconnus. On parle à mots couverts d’une vengeance d’Antonio Martín qui a des amis tout puissants dans les comités dirigeants de la FAI »37.

    44Il n’y aurait enfin dans le camp républicain espagnol que des marxistes staliniens. C’est dans « l’aviation marxiste » que sont versés dix aviateurs américains volontaires38. Dans son éditorial, Pierre Gaxotte estime que :

    « La guerre civile espagnole change de caractère pour se transformer en une véritable tentative de colonisation soviétique »39.

    45Quant aux volontaires internationaux, ce sont des « convois de chair à canon achetée par les marxistes ibériques »40.

    Discours nationaliste français

    46Il s’agit ensuite de démontrer que le territoire national est violé par la République espagnole en général et par le Comité de Puigcerdà en particulier. L’Eclair de Montpellier construit une Cerdagne française soumise à une constante agression de miliciens armés. Ce sont deux carabiniers fuyant la république qui sont arrachés du train en gare de Bourg-Madame et sauvés in extremis « par l’attitude menaçante de la foule »41. Ce n’est rien moins que le sous-préfet de Prades, Monsieur Palmade, qui :

    « se trouvait en auto près de la frontière avec son chauffeur. Tout à coup, il vit une bande de miliciens qui, sous la menace de leurs fusils, obligèrent à descendre les occupants de la voiture. Il s’en fallut de peu qu’on leur tire dessus »42.

    L’Indépendant prend le relais et dénonce

    47« Des groupes armés (qui) mettent en joue et arrêtent les citoyens français qui traversent Llivia et fouillent les automobiles… De nombreux estivants espagnols ont quitté la Cerdagne française car des policiers espagnols, passés en territoire français, prenaient les numéros des autos et les noms des Espagnols résidant en France »43.

    48A la demande du Comité de Front populaire de Bourg-Madame, L’Indépendant dément aussitôt cette information erronée44. Cela n’empêche pas L’Eclair d’annoncer que Rosique se propose de « nettoyer » la Cerdagne française45 et de présenter Perpignan « sous la coupe des soviets anarcho-communistes »46.

    49L’envahissement de la France est dénoncé sans relâche. Deux autocars de Puigcerdà défilent à Ax-les-Thennes, décorés, détail plus que douteux chez des anarchistes, de « drapeaux rouges ornés de la faucille et du marteau »47. Lorsque deux camions, chargés de matériel destiné à l’Espagne, sont immobilisés par la neige au Paillat et au pont d’Err, « on se demande si la route internationale de Bourg-Madame ne va pas être livrée aux seuls services de transports du Frente popular »48.

    Vers la fermeture de la frontière

    50Toutes ces informations hautement fantaisistes en arrivent à la conclusion que les anarchistes sont les protégés du gouvernement et qu’il faut fermer la frontière.

    51La frontière est pourtant largement surveillée et la presse fait souvent état de l’arrivée de nouvelles forces de l’ordre, un adjudant et trente gendarmes de l’Aude49, quatre-vingt-dix gardes mobiles50. L’Eclair imprime pourtant :

    « Ces misérables peuvent venir à leur guise en Roussillon… On leur a donné toutes facilités de mettre à l’abri l’argent et les objets de valeur qu’ils ont volés après avoir tué »51.

    52Tant de détermination finit par porter ses fruits. La fermeture est obtenue le 19 septembre 1936, à la suite d’une si virulente campagne d’intoxication bien sûr, mais aussi en invoquant l’horreur de la nuit du 9 septembre et une lourde maladresse du Comité de Puigcerdà.

    53Les vingt-et-un assassinats de la nuit du 9 septembre soulèvent une indignation générale en France. Les journaux français les plus favorables à la cause anarchiste, à l’exception de quelques rares titres comme Le Midi Socialiste ou Le Travailleur Catalan, adoptent une attitude gênée et réservée qui laissent les coudées franches aux détracteurs de la Révolution espagnole.

    54La droite profite d’autre part d’une mauvaise inspiration du Comité de Puigcerdà qui fait distribuer largement en Cerdagne française des numéros de Sembrador, l’hebdomadaire des Jeunesses Libertaires de Puigcerdà. Dans ces journaux, Blum était violemment pris à partie pour sa « neutralité belligérante »52. Trop heureux d’embarrasser Blum et les socialistes, L’Express du Midi publie l’article en question53.

    55La gauche connaît donc une situation très inconfortable et se trouve désarmée pour s’opposer à la fermeture :

    « Le préfet des Pyrénées-Orientales a l’honneur de porter à la connaissance des populations du département que la frontière franco-espagnole comprise entre la Porteille Blanche et le Pic de Dòrria, secteur de Bourg-Madame, est fermée à dater du 19 septembre à 24 heures jusqu’à nouvel ordre »54.

    Les réponses de la gauche

    Un regard non uniforme

    56Globalement favorable à l’expérience libertaire de Puigcerdà, toute la gauche française n’a cependant pas le même regard. Les syndicats et les groupes anarchistes publient généralement des descriptions dithyrambiques :

    « Ramon nous conduit dans une magnifique maison de plusieurs étages où l’on a installé la coopérative populaire… Il règne une grande propreté. Le prix de chaque article est bien visible et un contrôle sérieux s’exerce à tous moments »55.

    57Sembrador publie la photo d’un car entier d’anarchistes français venus à Puigcerdà voir vivre la révolution56. Le vieux militant Sébastien Faure n’hésite pas à poser devant la coopérative populaire57.

    58A côté de ces inconditionnels, la SFIO donne davantage l’impression de répondre aux calomnies de la droite que de vanter les vertus de l’anarchisme. Ainsi, à la suite d’un article de L’Eclair prétendant que « La Cerdagne française (était) menacée », la section socialiste de Bourg-Madame publiait :

    « Il est incontestable que les Cerdans, comme tous les Français, n’ont aucun goût pour les aventures sanglantes. Mais ils ne veulent à aucun prix subir la botte des Mussolini, des Hitler et des Franco…

    « La Cerdagne française et le gouvernement sont menacés par les nombreuses autos qui sillonnent les routes avoisinant la frontière et dont les occupants se saluent à la fasciste lorsqu’ils se croisent. De même qu’ils saluent ostensiblement de la même manière les membres du Front populaire »58.

    59Les relations entre les anarchistes espagnols et les socialistes français peuvent même se tendre, par exemple quand le journal socialiste Le Populaire égratigne quelque peu l’image idéale d’un anarchisme pur, dévoué et sans taches. Solidaridad Obrera 59publie une réponse scandalisée à ce qui est perçu comme une insupportable diffamation.

    60Quant aux communistes catalans, ils ont au début de l’expérience une attitude inconditionnellement favorable au point de publier dans Le Travailleur Catalan une justification de l’assassinat des vingt-et-un malheureux du 9 septembre. Au niveau national, le regard est plus réservé et, en septembre 1936, L’Humanité accuse le Comité antifasciste de Puigcerdà d’avoir fusillé des communistes et leurs familles. Puigcerdà avait violemment réagi et avait invité les rédacteurs de L’Humanité à venir vérifier sur place qu’il s’agissait d’une calomnie60.

    61Le Travailleur Catalan plaide pour la réouverture de la frontière jusqu’en février 1937. C’est ensuite un long silence. Enfin, au lendemain des journées de mai, les anarchistes ne valent même plus la corde pour les pendre et un préposé des douanes est exclu de la cellule de Bourg-Madame :

    « Il s’est fait le complice de la contre-révolution en Espagne par sa collaboration avec les anarchistes incontrôlés de Puigcerdà, membres de la cinquième colonne à la solde de Franco.

    « Les événements nous prouvent encore une fois que les communistes ont toujours raison et cela se passe de commentaire »61.

    L’aide à la République espagnole

    62L’aide à l’Espagne se vérifie dans des directions aussi diverses qu’une quête à Palau en janvier 193762 qui rapporte quatre-vingt-huit francs et dix pessetes.ou que la mise en place d’une boîte aux lettres à Bourg-Madame :

    « Nos amis séjournant dans la localité frontière de Puigcerdà ont constitué un groupe anarchiste de langue française. Son but est de renforcer la liaison entre les groupes français et Barcelone. Ce groupe est constitué avec l’assentiment de nos camarades de la FAI. Pour toute correspondance s’adresser à Albert Perrier, Hôtel Salvat, Bourg-Madame, Pyrénées-Orientales »63.

    63La proximité de la Révolution espagnole crée tout un bouillonnement politique. Des comités de Rassemblement populaire se constituent ; les premiers fonctionnent à Bourg-Madame, Enveitg, Ur, Dorres64. Lors de la réunion du Front populaire de Sallagosa du 21 août 1936, on demande « que soient appliquées aux réfugiés fascistes les mêmes mesures qui furent infligées à nos camarades républicains en octobre 1934 »65.

    64Après la fermeture de la frontière le 19 septembre 1936, la plupart des réunions organisées par la gauche mobilisent les militants sur le thème de la réouverture. Quelquefois, une telle action est due à l’initiative des communistes comme à Sallagosa le 8 octobre où, sous la présidence d’André Tourné, est chantée l’Internationale et sont vendues trente-neuf brochures d’André Marty en faveur de l’Espagne républicaine66. Partout, « les dirigeants communistes s’appliquent à expliquer que si la non-intervention représente le blocus de l’Espagne, le contraire de cette non-intervention n’est pas l’intervention mais la simple ouverture des frontières »67.

    65C’est parfois la SFIO qui veut sensibiliser l’opinion cerdane et réunit la population à Osseja le 17 octobre, à Bourg-Madame et à Enveig – La Tor de Querol le 18, à Sallagosa le 1968.

    66Il peut arriver aussi que, dans la dynamique du Front populaire, communistes et socialistes se retrouvent côte à côte. Ainsi, le 4 octobre, André Tourné, communiste, et Sébastien Soubielle, SFIO, prennent la parole lors d’une réunion à Bourg-Madame69.

    67Une vitalité politique se vérifie dans de nombreux villages :

    « A Palau-de-Cerdagne, le dévouement du citoyen Crouzet, secrétaire de la section d’Osséja, a permis la constitution d’une jeune section socialiste dont nous ferons connaître la vie et à laquelle nous adressons notre chaleureux salut de bienvenue socialiste. A Osséja, belle et féconde réunion, le jeudi 5, à la suite de laquelle s’est constitué le groupe des Jeunesses avec neuf inscriptions immédiates. Tout à l’honneur des jeunes fils Calvet qui seront l’avant-garde courageuse d’Osséja et de la commission mixte très active »70.

    68La bonne volonté de la gauche cerdane n’arrive cependant pas à provoquer la réouverture de la frontière et le préfet écrit même à Paris :

    « La campagne de presse menée en faveur de l’ouverture de la frontière s’est ralentie au cours du mois de novembre »71.

    L’antifascisme

    69L’antifascisme de la Cerdagne française se vérifie-t-il au niveau de la présence de fonctionnaires français aux réunions organisées par le Comité antifasciste de Puigcerdà comme le prétendent certains témoignages ? Il est assurément patent avec le nombre de rassemblements favorables à l’Espagne républicaine.

    70L’antifascisme se manifeste aussi avec la publication d’informations aussi douteuses que celles que nous avons rencontrées dans les journaux de droite :

    71« C’est le fils de… qui faisait le guet le jour où des réfugiés se sont fait prendre lançant des signaux du hameau (Hix) de Bourg-Madame vers l’Espagne »72.

    72Face à une description de L’Eclair d’une Cerdagne française sous la coupe des miliciens, l’antifascisme cerdan répond en décrivant les débordements fascistes :

    « Alors qu’en 1934, nos camarades ouvriers, réfugiés espagnols, étaient expédiés sans ménagement et sans exception au nord de la Loire, en 1936, les maîtres de la Cerdagne sont incontestablement les malfaiteurs espagnols qui ont déclenché dans leur pays la plus sauvage des agressions contre le peuple. Réfugiés chez nous depuis le premier jour de la révolution, ils continuent à se promener nombreux, avec la même arrogance, dans les rues de Bourg-Madame, d’Osséja, de Latour-de-Carol, de Font-Romeu, etc, et à sillonner les routes avoisinant la frontière dans de somptueuses autos. Avec la complicité des factieux français, qui tiennent régulièrement des réunions clandestines, ils participent dans notre territoire à la préparation de la guerre civile »73.

    Conclusion

    73Lorsque les témoins de Cerdagne française racontent leurs souvenirs de 1936 – 1937, ils font rarement état d’une activité politique quelconque. Ils évoquent plutôt la grande inquiétude que leur inspiraient « els de la FAI » de Puigcerdà ou l’inconfort de la vie familiale quand la parenté espagnole, fuyant la république, s’installait chez eux. L’expérience anarchiste de Puigcerdà apparaît donc comme un mauvais souvenir dans la haute vallée du Sègre.

    74La construction scolaire, un approvisionnement acceptable en temps de guerre, l’égalité des salaires, la libération de la femme, la suppression de la prostitution, tout est occulté.

    75Mais, il y a plus de cinquante ans, alors même que se déroulait l’expérience anarchiste, les calomnies de la droite et les hésitations de la gauche montrent assez déjà les réserves de la Cerdagne française face à la révolution libertaire qui se bâtissait à ses portes.

    76Etait-elle si insupportable ou est-elle incompréhensible à un public français nourri d’habitudes politiques trop différentes ?

    Notes de bas de page

    1 Arxiu históric comarcal de Puigcerdà, Instruction du procès des inculpés d’octobre 1934.

    2 Carlos M. Rama, La crise espagnole au XXe siècle, Librairie Fischbacher, 1962, 408 pages. Page 264.

    3 Sembrador, 3 janvier 1937, 10 janvier 1937,17 janvier 1937, etc.

    4 Solidaridad Obrera, 15 août 1936.

    5 L’Eclair, 15 août 1936.

    6 Solidaridad Obrera, 9 septembre 1936.

    7 Le Travailleur Catalan, 26 septembre 1936.

    8 La Dépêche, 14 septembre 1936.

    9 Terre Libre, Année IV, n° 33, juillet 1937.

    10 L’Indépendant, 30 mai 1937.

    11 L’Indépendant, 14 mai 1937.

    12 Abel Paz, Durruti, le peuple en armes, Editions de la tête de feuilles, 1972, 551 pages, p. 88.

    13 L’Indépendant, 9 octobre 1934.

    14 L’Eclair, 2 août 1936.

    15 L’Eclair, 18 janvier 1937.

    16 Cerdagne-Capcir et la guerre d’Espagne, Confient n° 43, janvier 1968.

    17 L’Eclair, 4 mai 1937.

    18 Pous, Solé, Amaquia i República a la Cerdanya, 1936-1939, Biblioteca Serra d’Or. 1988. 196 págines. Pages 63,64,65.

    19 L’Eclair, 30 juillet 1936.

    20 L’Eclair, 4 octobre 1936.

    21 Pous, Solé, op. cit. Chapitre III.

    22 Arxiu històric comarcal de Puigcerdà, Período rojo.

    23 Le Travailleur du Languedoc, 13 février 1937.

    24 L’Eclair, 22 août 1936.

    25 L’Eclair, 15 octobre 1936.

    26 L’Eclair, 17 août 1936.

    27 Le Travailleur Catalan, 7 novembre 1936.

    28 Le Petit Parisien, 29 avril 1937.

    29 L’Aube Sociale, 26 septembre 1936.

    30 Le Travailleur Catalan, 9 janvier 1937.

    31 Alberto Reig Tapia, La justificación ideológica del « Alzamiento » de 1936. IV Coloquio de Segovia sobre Historia Contemporánea de España, Siglo Veintiuno de España Editores. 1988.

    32 L’Eclair, 11 février 1937.

    33 L’Eclair, 8 décembre 1936.

    34 Arxiu històric comarcal de Puigcerdà. Affiche de « La comissió especial d’Administració de la Propietat Urbana ».

    35 L’Eclair, 18 septembre 1936.

    36 L’Eclair, 31 août 1936.

    37 L’Eclair, 14janvier 1937.

    38 L’Eclair, 21 septembre 1936.

    39 L’Eclair, 24 novembre 1936.

    40 L’Eclair, 10 novembre 1936.

    41 L’Eclair, 18 septembre 1936.

    42 Ibid.

    43 L’Indépendant, 28 juillet 1936.

    44 L’Indépendant, 3 août 1936.

    45 L’Eclair, 17 août 1936.

    46 L’Eclair, 18 novembre 1936.

    47 L’Eclair, 1er août 1936.

    48 L’Eclair, 15 décembre 1936.

    49 La Dépêche, 30 juillet 1936.

    50 La Dépêche, 14 septembre 1936.

    51 L’Eclair, 24 septembre 1936.

    52 L’Indépendant, 18 septembre 1936.

    53 David Wingeate Pike, Les Français et la Guerre d’Espagne, Publications de la Sorbonne, PUF, 1975,467 pages, p. 143.

    54 L’Indépendant, 20 septembre 1936.

    55 Sembrador, 31 janvier 1937.

    56 Sembrador, 27 décembre 1936.

    57 Ruta, 14 mai 1937.

    58 L’Aube Sociale, 5 septembre 1936.

    59 Solidaridad Obrera, 12 août 1936.

    60 Boletín de Información CNT -AIT – FAI, 29 septembre 1936.

    61 Le Travailleur Catalan, 19 juin 1937.

    62 Sembrador, 3 janvier 1937.

    63 Le Combat Syndicaliste, 4 décembre 1936.

    64 Le Travailleur Catalan, 1er août 1936.

    65 Le Cri Socialiste des Pyrénées-Orientales, 5 septembre 1936.

    66 Le Travailleur catalan, 24 octobre 1936.

    67 Jean Sagnes, Politique et syndicalisme en Languedoc, Université Paul Valéry, Montpellier, 1986, 524 pages, p. 417.

    68 Le Socialiste des Pyrénées-Orientales, 22 octobre 1936.

    69 Le Travailleur Catalan, 10 octobre 1936.

    70 Le Socialiste des Pyrénées-Orientales, 12 novembre 1936.

    71 Archives Nationales, F7 13040.

    72 Le Travailleur Catalan, 26 septembre 1936.

    73 Le Socialiste des Pyrénées-Orientales, 5 novembre 1936.

    Auteur

    • Jean-Louis Blanchon

      (Titulaire d’un D. E. A. d’histoire)

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    1 Arxiu históric comarcal de Puigcerdà, Instruction du procès des inculpés d’octobre 1934.

    2 Carlos M. Rama, La crise espagnole au XXe siècle, Librairie Fischbacher, 1962, 408 pages. Page 264.

    3 Sembrador, 3 janvier 1937, 10 janvier 1937,17 janvier 1937, etc.

    4 Solidaridad Obrera, 15 août 1936.

    5 L’Eclair, 15 août 1936.

    6 Solidaridad Obrera, 9 septembre 1936.

    7 Le Travailleur Catalan, 26 septembre 1936.

    8 La Dépêche, 14 septembre 1936.

    9 Terre Libre, Année IV, n° 33, juillet 1937.

    10 L’Indépendant, 30 mai 1937.

    11 L’Indépendant, 14 mai 1937.

    12 Abel Paz, Durruti, le peuple en armes, Editions de la tête de feuilles, 1972, 551 pages, p. 88.

    13 L’Indépendant, 9 octobre 1934.

    14 L’Eclair, 2 août 1936.

    15 L’Eclair, 18 janvier 1937.

    16 Cerdagne-Capcir et la guerre d’Espagne, Confient n° 43, janvier 1968.

    17 L’Eclair, 4 mai 1937.

    18 Pous, Solé, Amaquia i República a la Cerdanya, 1936-1939, Biblioteca Serra d’Or. 1988. 196 págines. Pages 63,64,65.

    19 L’Eclair, 30 juillet 1936.

    20 L’Eclair, 4 octobre 1936.

    21 Pous, Solé, op. cit. Chapitre III.

    22 Arxiu històric comarcal de Puigcerdà, Período rojo.

    23 Le Travailleur du Languedoc, 13 février 1937.

    24 L’Eclair, 22 août 1936.

    25 L’Eclair, 15 octobre 1936.

    26 L’Eclair, 17 août 1936.

    27 Le Travailleur Catalan, 7 novembre 1936.

    28 Le Petit Parisien, 29 avril 1937.

    29 L’Aube Sociale, 26 septembre 1936.

    30 Le Travailleur Catalan, 9 janvier 1937.

    31 Alberto Reig Tapia, La justificación ideológica del « Alzamiento » de 1936. IV Coloquio de Segovia sobre Historia Contemporánea de España, Siglo Veintiuno de España Editores. 1988.

    32 L’Eclair, 11 février 1937.

    33 L’Eclair, 8 décembre 1936.

    34 Arxiu històric comarcal de Puigcerdà. Affiche de « La comissió especial d’Administració de la Propietat Urbana ».

    35 L’Eclair, 18 septembre 1936.

    36 L’Eclair, 31 août 1936.

    37 L’Eclair, 14janvier 1937.

    38 L’Eclair, 21 septembre 1936.

    39 L’Eclair, 24 novembre 1936.

    40 L’Eclair, 10 novembre 1936.

    41 L’Eclair, 18 septembre 1936.

    42 Ibid.

    43 L’Indépendant, 28 juillet 1936.

    44 L’Indépendant, 3 août 1936.

    45 L’Eclair, 17 août 1936.

    46 L’Eclair, 18 novembre 1936.

    47 L’Eclair, 1er août 1936.

    48 L’Eclair, 15 décembre 1936.

    49 La Dépêche, 30 juillet 1936.

    50 La Dépêche, 14 septembre 1936.

    51 L’Eclair, 24 septembre 1936.

    52 L’Indépendant, 18 septembre 1936.

    53 David Wingeate Pike, Les Français et la Guerre d’Espagne, Publications de la Sorbonne, PUF, 1975,467 pages, p. 143.

    54 L’Indépendant, 20 septembre 1936.

    55 Sembrador, 31 janvier 1937.

    56 Sembrador, 27 décembre 1936.

    57 Ruta, 14 mai 1937.

    58 L’Aube Sociale, 5 septembre 1936.

    59 Solidaridad Obrera, 12 août 1936.

    60 Boletín de Información CNT -AIT – FAI, 29 septembre 1936.

    61 Le Travailleur Catalan, 19 juin 1937.

    62 Sembrador, 3 janvier 1937.

    63 Le Combat Syndicaliste, 4 décembre 1936.

    64 Le Travailleur Catalan, 1er août 1936.

    65 Le Cri Socialiste des Pyrénées-Orientales, 5 septembre 1936.

    66 Le Travailleur catalan, 24 octobre 1936.

    67 Jean Sagnes, Politique et syndicalisme en Languedoc, Université Paul Valéry, Montpellier, 1986, 524 pages, p. 417.

    68 Le Socialiste des Pyrénées-Orientales, 22 octobre 1936.

    69 Le Travailleur Catalan, 10 octobre 1936.

    70 Le Socialiste des Pyrénées-Orientales, 12 novembre 1936.

    71 Archives Nationales, F7 13040.

    72 Le Travailleur Catalan, 26 septembre 1936.

    73 Le Socialiste des Pyrénées-Orientales, 5 novembre 1936.

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    Blanchon, J.-L. (2008). La Cerdagne française face à l’expérience anarchiste de Puigcerda (1936 – 1937). In S. Caucanas & J. Sagnes (éds.), Les Français et la guerre d’Espagne. Perpignan: Presses universitaires de Perpignan. https://doi.org/10.4000/books.pupvd.35642
    Blanchon, Jean-Louis. « La Cerdagne française face à l’expérience anarchiste de Puigcerda (1936 – 1937) ». In Les Français et la guerre d’Espagne, édité par Sylvie Caucanas et Jean Sagnes. Perpignan: Presses universitaires de Perpignan, 2008. doi:10.4000/books.pupvd.35642.
    Blanchon, Jean-Louis. « La Cerdagne française face à l’expérience anarchiste de Puigcerda (1936 – 1937) ». Les Français et la guerre d’Espagne, édité par Sylvie Caucanas et Jean Sagnes, Presses universitaires de Perpignan, 2008, https://doi.org/10.4000/books.pupvd.35642.

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    Caucanas, S., & Sagnes, J. (éds.). (2008). Les Français et la guerre d’Espagne. Perpignan: Presses universitaires de Perpignan. https://doi.org/10.4000/books.pupvd.35562
    Caucanas, Sylvie, et Jean Sagnes, éd. Les Français et la guerre d’Espagne. Perpignan: Presses universitaires de Perpignan, 2008. doi:10.4000/books.pupvd.35562.
    Caucanas, Sylvie, et Jean Sagnes, éditeurs. Les Français et la guerre d’Espagne. Presses universitaires de Perpignan, 2008, https://doi.org/10.4000/books.pupvd.35562.
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