La chambre des députés et la guerre civile espagnole
p. 49-65
Texte intégral
1La guerre civile espagnole a suscité de nombreuses études en France et à l’étranger1. L’intérêt porté à cet événement tient bien sûr à sa durée, de juillet 1936 à fin mars 19392, mais aussi à ses caractères nationaux et internationaux et à ses enjeux, à sa fonction de laboratoire. Dès lors elle ne pouvait laisser indifférente l’opinion car la presse a couvert l’événement, y compris par la photographie et les actualités cinématographiques3, et a souvent pris parti en fonction de ses orientations politiques4.
2La France et les Français étaient d’autant plus intéressés qu’au-delà de la connaissance plus ou moins complète de la dureté et même de l’horreur de cette guerre qu’on n’hésitait pas à exploiter soit à des fins commerciales soit à des fins idéologiques, la proximité de l’Espagne, la frontière, les liens anciens, humains en particulier5, entre les deux pays voisins attisaient l’intérêt voire la passion de l’opinion publique. Aussi la presse fait de cet événement son pain quotidien6.
3Dès lors et ne serait-ce qu’à cause de cela les hommes politiques, les parlementaires, particulièrement les députés, élus au printemps 1936, ne pouvaient que s’intéresser et réagir d’autant que le gouvernement devait adopter rapidement une politique sur cette épineuse question7. Aussi voudrais-je essayer ici de mesurer l’importance prise par la guerre civile espagnole dans les travaux de la Chambre des députés, qu’elle soit réunie en session ordinaire ou en session extraordinaire, et tout autant dans les travaux des différentes commissions, sans oublier les interpellations au gouvernement8. En revanche les réactions du Sénat ne seront pas analysées ici parce que l’impact de la guerre civile espagnole y fut semble-t-il moindre9. Mesurer la place que la guerre civile espagnole tient dans le travail parlementaire, analyser à travers les débats, commissions, interpellations ce qui préoccupe les députés – politique étrangère ? défense nationale ? réfugiés ? politique intérieure ?… – déterminer les clivages et les nuances voire les évolutions si elles apparaissent, tels sont les trois pôles sur lesquels portera principalement l’analyse.
4Au moment de la campagne électorale et des élections législatives de mai-juin 1936 qui amènent au pouvoir une majorité de Front populaire, l’intérêt des futurs députés pour l’Espagne n’apparaît pas. Les professions de foi, publiées dans le Barodet, en témoignent. Seul Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat dans le département des Hautes-Pyrénées, fait allusion à l’Espagne en affirmant son opposition au « Frente popular ». Et le premier projet de loi de la législature concernant l’Espagne – n° 323 du 18 juillet 1936 – propose de dégager un crédit de 6 000 francs pour envoyer des délégués aux Olympiades de Barcelone10. On est encore très loin de la guerre civile espagnole qui débute ce jour-là.
5Pourtant dès la fin du mois de juillet 1936, le 31 précisément, le ministre des Affaires étrangères Yvon Delbos définit en séance devant la Chambre la doctrine du gouvernement à savoir : pas de livraison d’armement pour ne pas donner de prétexte à ceux qui voudraient armer les rebelles, les avions livrés l’ont été sans armement, décision d’engager des discussions avec les autres pays pour qu’ils fassent de même. A partir de là, il y eut plusieurs débats par an à la Chambre pendant le temps que dura la guerre civile espagnole comme on l’observe sur le tableau suivant
Dates des principaux débats
61936
731 juillet
84 et 5 décembre
91937
1015 janvier
1129 janvier
1225 février
131er juillet
1418 et 19 novembre
152 décembre
1610 décembre
1728 décembre
181938
1925 et 26 février
2016 et 17 juin
2119 décembre
221939
2313 janvier
2417 janvier
2519 et 20 janvier
2626 janvier
277 mars
2810 mars
2914 mars
3016 mars
3112 mai
3221 juin
338 décembre
3414 décembre
351940
3620 février
37Cela montre l’importance prise par ce conflit pour la Chambre des députés. Cependant plusieurs grands débats émergent de cet ensemble.
38Tout d’abord celui du 4 et 5 décembre 1936 sur la non-intervention11. Blum et Delbos y définissent la conception gouvernementale de la non-intervention : pas de prime à l’agresseur mais volonté de circonscrire le conflit pour éviter qu’il ne dégénère en un conflit international, renforcer le comité de Londres, « placer d’abord au-dessus de tous les intérêts de la France » ; pour tout cela une seule attitude est possible la « non-immixtion ». Pour y arriver le gouvernement s’engage à présenter un projet de loi interdisant le départ de volontaires en Espagne. La majorité du Front populaire appuie cette politique comme l’exprime le député SFIO Raymond Vidal pour la commission des Lois et Grumbach pour celle des Affaires Etrangères. Les députés radicaux de Front populaire insistent sur la nécessité de localiser le conflit et surtout de rester en liaison constante avec le Royaume-Uni. Les députés communistes approuvent les propos de Gabriel Péri et de Maurice Thorez pour qui la non-intervention n’est pas la neutralité mais au contraire une intervention voilée contre la République puisque d’autres puissances interviennent en faveur des rebelles, pour qui l’attitude du Royaume-Uni est illogique puisque ce pays avait soutenu les principes de la S.D.N. lors de l’affaire éthyopienne pour ne pas s’y tenir maintenant C’est pourquoi les communistes s’abstiennent lors du vote du 5 décembre 1936. Les arguments des opposants sont nombreux : Paul Reynaud voudrait qu’on laisse les Espagnols régler entre eux leur problème sans pour autant confondre agresseur et agressé, maintenir une active collaboration avec Londres et dès que possible tenter une médiation. Pierre-Etienne Flandin se méfie des « fantaisies idéologiques » en politique étrangère. Pour les députés de la Gauche Démocratique et Radicale Indépendante le coup d’Etat est un moyen traditionnel en Espagne pour changer de gouvernement et le parti communiste espagnol porte une lourde responsabilité dans les événements ; de plus le parti communiste français est accusé par eux d’être favorable à la seule intervention soviétique ; il faut donc la neutralité « absolue » de la France. Les députés divers droite (Indépendants d’union nationale et républicaine tel Dommange, et Républicains indépendants d’action sociale comme Héraud) ne croient pas que la France applique la non-intervention et par là elle fait le jeu de l’Union Soviétique et se brouille avec la partie de l’Espagne qui triomphera. Les Indépendants républicains, comme Henri de Kérillis et Jean Ybamégaray, dénoncent en outre les attaques contre l’Eglise, les massacres de prêtres12.
39Le vote de la loi contre le départ des volontaires en Espagne en janvier 1937 voit les députés reprendre les arguments du mois de décembre précédent à ceci près que l’opposition de droite présente presque à l’unisson – deux cent sept députés sur deux cent quarante-trois – un contre-projet car elle trouve le texte gouvernemental très timoré, très flou et qu’il ne réprime pas la propagande en faveur de l’enrôlement aux côtés des républicains espagnols. Le parti communiste quant à lui se prononce contre le projet de loi gouvernemental car il est favorable à une intervention au moins indirecte par le biais des Brigades Internationales auxquelles participent activement des militants et deux députés Marty et Billoux.
40Les 25 et 26 février 1938 eut lieu un contre débat important sur la non-intervention. La situation intérieure et internationale a fortement évolué. La France est dirigée par le deuxième cabinet Chautemps puis en mars par le deuxième cabinet Blum tandis qu’en Espagne les franquistes progressent soutenus activement par des forces italiennes et allemandes en particulier dans le domaine aérien. Joseph Rous, député socialiste des Pyrénées-Orientales, pose le problème le 25 février suite à l’incident frontalier du 23 janvier précédent où l’aviation nationaliste a violé la frontière française. Pour lui, le gouvernement Chautemps n’a rien fait tant sur le plan des volontaires que sur celui du matériel de guerre ou même du matériel humanitaire alors que l’Allemagne et l’Italie interviennent et s’en vantent. Il y a donc rupture de la non-intervention. Il faut agir différemment : la force doit être opposée à la force, c’est la seule solution si l’on ne veut pas demain avoir trois frontières à défendre13. Le radical d’opposition Margain réclame lui aussi plus de fermeté. Gabriel Péri demande que la France agisse sous peine de perdre sa crédibilité internationale. Et le 17 mars Paul Reynaud déclare, en élargissant le débat à l’ensemble des relations internationales, préférer l’alliance russe aux atermoiements14. Inversement, la plus grande partie de l’opposition est partisane du maintien de la non-intervention. Elle est opposée à l’envoi de matériel de guerre. Elle veut que la France soit totalement neutre, respecte sa signature, négociant avec les deux gouvernements espagnols dans l’intérêt du pays. Certains craignent même, tel Frédéric Dupont de la Fédération républicaine de France, d’indisposer le futur vainqueur avant d’attaquer les communistes et de dénoncer le rôle que Marty joue en Espagne. Beaucoup cependant admettent, avec de Monzie, l’envoi de matériel humanitaire15. La position des radicaux est toute en nuance : Chautemps voudrait bien renouer les liens avec l’Italie à condition que ce pays apporte des garanties sur sa non-intervention dans le conflit espagnol. Delbos craint lui l’isolement de la France et plaide pour la solidarité franco-anglaise. Herriot se déclare « effondré » en pensant que le gouvernement aurait relâché la non-intervention. Mais, d’une façon générale, au nom du réalisme – les républicains espagnols apparaissant comme battus – les responsables radicaux préconisent la prudence et surtout la nécessité de maintenir les liens avec Londres ; ils sont effrayés à l’idée qu’une intervention pourrait amener la France à se trouver aux seuls côtés de l’U.R.S.S. Et lorsque le 16 juin 1938, le gouvernement Daladier, qui a succédé au deuxième cabinet Blum, demande un vote pour clore la session de printemps de la Chambre, les communistes réclament un débat de politique étrangère qu’ils n’obtiennent pas. Malgré l’opposition des députés communistes et S.F.I.O., la clôture est approuvée par trois cent cinquante-sept voix sur cinq cent quatre-vingt-dix-huit votants et avec elle la non-intervention16.
41Pourtant, malgré l’évolution de la situation internationale, devenue dramatique, et de la situation militaire en Espagne même, un dernier débat important sur le thème de la non-intervention s’engage en décembre 1938 et janvier 193917. Par la voix de Georges Bonnet, ministre des Affaires Etrangères, le gouvernement estime que les raisons de 1936 subsistent et se sont même accrues et qu’il n’y a donc pas lieu de changer de politique. Les communistes (Bonte, Péri) voudraient que la France impose le retrait des Italiens ; pour eux le destin de la France se joue en Catalogne. Blum et les socialistes S.F.I.O. ne reconnaissent plus leur politique car la non-intervention devrait être réciproque. Des socialistes-républicains, des démocrates populaires (R. Schuman, Pezet) et certains radicaux réclament une vraie médiation et la fin d’une non-intervention ridicule. Mais une très large majorité de radicaux est d’avis contraire, la non-intervention ayant joué tel un paratonnerre. L’Alliance des républicains de gauche et des Radicaux indépendants, parti auquel appartient Paul Reynaud, à présent ministre des Finances, demande soit que l’on reconnaisse Franco soit que l’on intervienne en force tout en pensant qu’il est trop tard pour cela. Les Indépendants républicains, à l’exception de leur leader de Kérillis qui adopte ici une position originale, et la Fédération républicaine souhaitent une stricte neutralité et veulent qu’on reconnaisse Franco pour défendre les intérêts du pays comme l’a déjà fait le socialiste belge Spaak. Le vote qui clôt le débat intervient le 26 janvier alors que Barcelone a été prise par les nationalistes le 25 : la confiance est accordée au gouvernement Daladier18.
42Un autre grand débat se déroule en mars 1939 à la Chambre ayant pour objet l’accueil des réfugiés espagnols qui massivement ont franchi la frontière. Le ministre de l’Intérieur, A. Sarraut, a ouvert celle-ci début février y compris aux soldats de l’armée républicaine. C’est bientôt entre quatre à cinq cent mille personnes qu’il faut accueillir dans la précipitation19. Ces réfugiés sont répartis dans des camps, Argelès, Saint-Cyprien, Barcarès, Arles-sur-Tech, Prats-de-Mollo alors que de nombreuses femmes et enfants sont dispersés dans soixante-dix-sept départements. Certains parlementaires, à droite de l’échiquier politique, critiquent le gouvernement alléguant que certains réfugiés commettent des dépradations, et surtout estiment trop élevé le coût de leur entretien ; de plus la garde des camps immobilise plusieurs régiments et des pelotons de gendarmerie mobile. Le 16 mars 1939 ils seront cent vingt-sept à voter contre le « projet de loi portant ouverture de crédits pour l’assistance aux réfugiés espagnols », tandis que quatre cent un l’adopteront. Les députés des Pyrénées-Orientales, département qui reçoit l’essentiel des réfugiés, s’expriment ici avec force. François Delcos s’il dénonce « l’arsenal de poche » que des miliciens, notamment anarchistes catalans, ont réussi à dissimuler et réclame une meilleure surveillance des camps, félicite le gouvernement pour son action aussi bien au plan technique qu’humanitaire. Pour l’avenir il propose de naturaliser rapidement tous les assimilables ce qui permettrait à l’armée de disposer rapidement pour le service militaire d’un fort contingent de jeunes hommes aguerris. Pour les autres qui ne veulent pas rentrer en Espagne, il faut rechercher des pays d’accueil car la France ne peut en garder à terme qu’un petit contingent qui s’assimilera progressivement Pour sa part Joseph Rous, député S.F.I.O., explique l’ouverture de la frontière pour éviter les massacres ; c’est aussi pour lui et somme toute l’équivalent de l’acte de la Suisse qui a accueilli l’armée de Bourbaki en 1871. Les orateurs communistes, Guyot, Marty, Tillon, dénoncent les conditions de vie dans les camps, l’attitude « inhumaine » des spahis et des gardes mobiles, les incidents, l’arrestation des officiers escortant les trésors de la République et veulent voir réglé rapidement le problème des six mille quatre cents membres des Brigades internationales20.
43Enfin, la Chambre des députés discute des accords Bérard-Jordana signés le 25 février 1939 et de la reconnaissance du gouvernement de Burgos par la France et le Royaume-Uni le 27 février.
44La reconnaissance du nouveau régime en Espagne est votée le 24 février 1939 par trois cent vingt-trois voix contre deux cent soixante une. Seuls les députés communistes (soixante-treize) et socialistes S.F.I.O. (cent cinquante-quatre) votent massivement contre. Les radicaux-socialistes se divisent : dix-sept d’entre eux votent contre, huit s’abstiennent, mais quatre-vingt-cinq votent pour ; font de même les vingt-huit députés de l’Union socialiste et républicaine : onze sont contre, neuf pour, huit s’abstiennent. A l’inverse, la totalité des députés présents de la Fédération républicaine (cinquante-quatre), de la Gauche démocratique et radicale (trente-sept), des Républicains de gauche et radicaux indépendants (quarante un) vote en faveur du gouvernement qui a posé la question de confiance21. L’attitude des députés du Languedoc-Roussillon est intéressante à observer : les députés de l’Hérault, Auguste Albertini, Vincent Badie votent pour, Edouard Barthe n’ayant pas pris part au vote, tandis que Paul Boulet vote contre. Les députés des Pyrénées-Orientales votent l’un pour, François Delcos, l’autre contre, Joseph Rous22. Il n’y a donc pas de comportement particulier des députés dont les électeurs vivent dans les zones qui ont ressenti le plus fortement fin janvier-début février 1939 l’onde de choc de la fin de la guerre civile espagnole. Leur attitude est exactement celle du parti auquel ils appartiennent
45Vis à vis des accords Bérard-Jordana, la position de la Chambre est ambiguë. Il n’y a pas eu de grand débat et pas de ratification et donc pas d’accord franco-espagnol proprement dit Le texte en langue française n’a jamais été publié, seul le texte en espagnol a été publié dès la signature23. Cependant, la Chambre ne refuse pas l’application de ces accords notamment la quatrième partie qui traite des avoirs espagnols en France et des dépenses engagées envers les réfugiés par la France même si le règlement de nombreuses questions concernant ces dépenses est renvoyé à une date ultérieure. Aussi assiste-t-on au printemps 1939 à une série de petits débats sur ces questions. Par exemple en juin 1939 Jules Moch (S.F.I.O.) et Charles Tillon (P. C.F.) s’élèvent contre la restitution à l’Espagne franquiste de l’or espagnol tant que le règlement de la dette occasionnée par les réfugiés n’aura pas été résolu. A l’inverse, ceux qui, avant la chute de la République espagnole, réclamaient le remboursement des frais occasionnés par les réfugiés sont devenus partisans de l’exécution de toutes les clauses des accords. Même chose pour la restitution du matériel de guerre et des armes de l’armée républicaine : le 12 mai le député communiste Ramette proteste contre ces livraisons tant que les troupes allemandes et italiennes n’auront pas quitté la totalité du territoire espagnol car Allemagne et Italie revendiquent certaines portions de l’Empire et même du territoire national (la Corse et Nice par exemple). En outre le gouvernement franquiste réclame le bétail amené par les réfugiés, le retour des flottes marchande de pêche mises sous séquestre en France, le parc automobile et les trésors artistiques espagnols passés en France. Sur ces problèmes, des discussions opposent les députés français, en particulier le 21 juin 193924.
46Au-delà de ces débats sept, voire neuf commissions de la Chambre se sont penchées sur les problèmes posés par la guerre civile espagnole. Le tableau suivant donne les dates de leurs réunions :
SÉANCES DE COMMISSIONS

47La commission des Affaires étrangères présidée par Jean Mistler, député radical-socialiste de l’Aude, y a consacré trente-sept séances et celle de l’Armée dix-huit C’est dire que l’aspect international et militaire domine largement le débat d’autant que les commissions sur l’Algérie, colonies et protectorats, sur l’Aéronautique, sur la Marine militaire débattent au fond aussi des problèmes internationaux et militaires soit indirectement soit directement. Ainsi la commission de l’Algérie, des colonies et protectorats s’est penchée sur les problèmes relatifs au Maroc, français et espagnol. En revanche les autres commissions ont une approche plus civile, intérieure, plus technique ou humanitaire. Celle de la Législation examine en cinq séances les projets de lois nécessaires au gouvernement pour mener sa politique de non-intervention, puis les problèmes posés par la naturalisation des réfugiés politiques ; celle de la Santé se réunit lors de la débâcle républicaine pour traiter des problèmes posés par l’arrivée massive des réfugiés espagnols ; ou encore celle des Finances et des Pensions qui ne figurent pas ici sur le tableau car leurs réunions ne sont pas exclusivement consacrées à la guerre civile espagnole et à ses effets.
48Au total ces commissions et parmi elles, les plus prestigieuses, ont consacré quelques quatre-vingt séances à la guerre civile espagnole soit pour élaborer, soit pour discuter de quelques quatre-vingt-trois projets ou rapports ayant trait à cette question. Mais cela ne représente qu’à peine 1 % du travail des commissions. Parce que la question de la guerre civile espagnole, si elle provoque le débat, n’offre pas tellement matière à légiférer. L’analyse des projets examinés en commission en témoigne : dix-huit concernent la politique de défense, dix-huit les réfugiés, douze les étrangers et les naturalisations, neuf la non-intervention, et ensuite c’est l’éparpillement puisque cinq thèmes se rapportent à la presse et à la propagande, trois aux bénéfices de guerre, trois à l’utilisation des réfugiés, trois aux agents français en Espagne… La guerre civile espagnole pose aux députés mais aussi au gouvernement des problèmes peu maîtrisables et en tout cas rarement par la loi. En revanche elle révèle chez eux les clivages et les oppositions qui éclatent au grand jour lors des interpellations.
INTERPELLATIONS SUR LA GUERRE D’ESPAGNE PAR THÈMES ET PARTIS POLITIQUES

F.R.F : Fédération républicaine de France
G.D.R.I. : Gauche démocratique et radicale indépendante
A.R.G.R.I. : Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants
U.S.R. : Union socialiste républicaine
49Les interpellations ayant trait à la guerre civile espagnole sont nombreuses pendant la législature. On en dénombre quelques cent soixante-dix-huit dans les Annales de la Chambre des députés, soit 17 % du total. Le tableau ci-dessus indique leur répartition par thème et par parti politique.
50La guerre civile espagnole concerne en premier lieu la politique étrangère avec 56 % des interpellations. Cela montre combien la politique de non-intervention a suscité questions et réactions. La défense nationale n’a amené que 17 % des interpellations liées à la guerre civile espagnole, les réfugiés 13 % tandis que les problèmes de la frontière n’ont amené que dix interpellations et ceux de la Méditerranée et des colonies, en fait le Maroc, huit Quant aux questions économiques, financières – notamment l’or espagnol – et culturelles elles apparaissent peu en elles-mêmes ; si elles sont évoquées c’est dans le cadre de la politique extérieure.
51Les interpellations proviennent surtout de l’opposition. Les députés de droite de la Fédération républicaine de France se manifestent beaucoup : d’eux émanent soixante-quatorze questions soit 42 % du total. Les élus communistes interviennent beaucoup moins, trente fois (17 %) c’est-à-dire deux fois plus que les députés S.F.I.O. qui se manifestent quatorze fois et que les radicaux-socialistes qui sont les auteurs de quatorze interpellations.
52L’observation de l’origine politique des interpellations en fonction du gouvernement en place présenté par le tableau ci-après montre bien que c’est essentiellement de l’opposition que viennent les interpellations.
53Ainsi sous le premier gouvernement Blum c’est plus de trente interpellations (64 % d’entre elles) qui viennent de l’opposition de droite. Sous le deuxième gouvernement Chautemps, les interpellations sont plus partagées alors que sous le gouvernement Daladier les interpellations de gauche, en provenance de la S.F.I.O. et du parti communiste augmentent rapidement (41 % du total). On note toutefois qu’en permanence ce sont les députés de la Fédération républicaine qui se manifestent le plus. Ils sont suivis, de très loin il est vrai, par ceux du parti communiste. Les députés qui sont les plus opposés dans la vie politique française sont ici les plus présents. C’est un signe que la guerre civile espagnole déchaîne les passions extrêmes, qu’elle fait s’exprimer les idéologies les plus opposées. Le caractère idéologique de la guerre civile espagnole apparaît ici en toute clarté. Inversement les députés des partis qui soutiennent le gouvernement s’expriment peu alors qu’ils sont, et parce qu’ils sont, la majorité parlementaire.
PÉRIODISATION DES INTERPELLATIONS FAITES PAR LES REPRÉSENTANTS DES GROUPES POLITIQUES

54Si les intervenants sur les problèmes liés à la guerre civile espagnole sont nombreux, certains orateurs prennent souvent la parole : ce sont les ténors de l’assemblée. Ainsi en est-il de Louis Marin de la Fédération républicaine, auteur de vingt interpellations, de Xavier Vallat, du même groupe, avec dix-huit interventions, du communiste Gabriel Péri avec dix-sept questions et même de Jean Ibamegaray qui prend quinze fois la parole sur le sujet. On remarque, hormis ce dernier député, élu des Pyrénées-Atlantiques, que les grands intervenants ne sont pas des élus des régions sud, frontalières ou proches de l’Espagne. Les députés des Pyrénées-Orientales interviennent peu. François Delcos s’exprime à deux reprises : le 16 décembre 1937 il demande au gouvernement les sanctions prises après l’assassinat d’un jeune Français à la frontière espagnole et les mesures envisagées pour éviter de tels incidents ; le 7 mars 1939, il interroge le gouvernement sur les problèmes posés par les réfugiés27. Joseph Rous interroge le gouvernement le 25 janvier 1938 après le bombardement aérien du territoire français en Cerdagne survenu deux jours plus tôt et demande d’assurer des relations commerciales normales entre la France et l’Espagne républicaine. Il récidive le 17 mars 1938 de façon plus générale sur la politique de la France à l’égard de l’Espagne. Enfin lors de l’arrivée des soldats républicains dans les Pyrénées-Orientales il demande le 7 février 1939 si le gouvernement appliquera les dispositions de droit commun international28.
55Au total on décèle à la lecture des principaux débats, des compte-rendus de séance des commissions et des interpellations, les préoccupations urgentes des députés confrontés à la guerre civile espagnole. Elles sont au nombre de quatre.
56En premier lieu la guerre civile espagnole est ressentie comme un risque considérable pour la paix en Europe. Cette guerre scelle l’existence de deux blocs hostiles opposés radicalement avec d’un côté les dictatures fascistes et nazies et de l’autre l’U.R.S.S., les démocraties restant hésitantes. Cette crainte est exprimée clairement par Gaston Bergery devant la commission des Affaires étrangères le 10 octobre 1936 : pour lui il faut refuser l’idée de deux blocs européens car s’il y a une intervention directe pour l’un des deux adversaires on aboutit à la guerre29. La peur domine. On craint le déclenchement d’un conflit européen. Nombreux sont les députés qui n’y sont pas prêts car si le plus grand nombre ressent plus que de l’amertume devant la poussée des dictatures, beaucoup ne font pas confiance à l’U.R.S.S. pour des raisons idéologiques évidentes malgré le pacte franco-soviétique de 1935, et parce qu’on ne peut pas faire confiance à un régime où les purges sévissent et à une armée qui fusille ses chefs30. Ceci est vrai de la droite mais aussi d’une part importante des radicaux. Ce sont les mêmes qui craignent aussi et dénoncent les exactions anarchistes ou communistes en Espagne et redoutent la contagion31. Au contraire à gauche, particulièrement pour les communistes, le danger vient des menées fascistes32 Des deux côtés de l’horizon politique français on craint les effets de la propagande soit par radio soit surtout par la presse dont on soupçonne certains organes de recevoir des fonds de l’étranger. Et plusieurs projets de loi sur la moralisation de la presse sont déposés33. Cette crainte de guerre extérieure débouche ainsi naturellement sur un risque pour la paix civile.
57En effet les députés, notamment ceux qui sont dans l’opposition parlementaire, sont encore sous le choc du succès électoral du Front populaire, de la formation du gouvernement Blum, des réformes de la majorité et des grandes grèves de mai-juin. Les violentes campagnes de presse, et en particulier celle lancée par l’Action Française et Gringoire contre Roger Salengro, ministre de l’Intérieur qui se suicide, contribuent à alourdir le climat. Nombreux sont les députés qui craignent qu’en France on en arrive comme en Espagne, à la guerre civile. Le député de la Gauche démocratique et radicale indépendante Delzanlis l’exprime clairement le 31 juillet : « Je reviens des Pyrénées et j’ai eu sous les yeux un spectacle que je voudrais éviter au pays »34. L’anticommunisme des uns, l’antifascisme des autres exprimés souvent sans nuance fait craindre au plus grand nombre le pire. Le spectre de la guerre civile est là présent, le jour fatal pourrait arriver lorsque la projection des haines intérieures sur les belligérants espagnols ne sera plus suffisante. C’est dire que la lutte idéologique qui a débouché en Espagne sur un conflit armé menace aussi la France pour de nombreux députés. On en aura d’ailleurs, au printemps 1939, une illustration à partir de l’interpellation de Philippe Henriot député de la Fédération républicaine sur l’attitude du député communiste André Marty35. Un très vif débat s’engage alors à la Chambre autour du rôle de Marty dans l’appareil judiciaire et répressif à l’intérieur des Brigades internationales et dans l’exécution d’otages nationalistes36.
58Grave apparaît aussi à certains députés les menaces que fait peser la guerre civile espagnole sur l’Empire français parce que cela pose le problème de la sécurité en Méditerranée et au Maroc. Plusieurs députés, surtout radicaux-socialistes, s’en inquiètent car cela pose un problème de défense nationale. Le ministre Delbos l’évoque le premier dès novembre 1936 : par l’Espagne peuvent être menacées la sécurité de la frontière des Pyrénées, les communications avec l’Afrique du Nord, ainsi que la paix au Maroc37. On craint même que des troubles ne soient provoqués en Afrique du Nord38.
59Pour toutes ces raisons, de nombreux députés pensent qu’il faut sauvegarder à tout prix les relations franco-britanniques. Il ne faut pas risquer l’isolement de la France d’où la politique de non-intervention. Les deux démocraties doivent agir de concert ; il faut se tenir au plus près de la position britannique. Avec des nuances, tous les députés partagent cette conviction, hormis ceux du parti communiste, et ceci dès la réunion de la commission des Affaires étrangères du 30 juillet 193639 C’est pourquoi quel que soit le gouvernement en place la politique de non-intervention perdure officiellement Les débats et affrontements portent plutôt sur la façon de l’appliquer ou de la contourner sur le terrain.
60Telles apparaissent les préoccupations essentielles des députés. Ce sont celles qui reviennent le plus souvent, qui s’affirment omniprésentes. D’autres apparaissent, mais ponctuelles, sur les questions humanitaires et sur les relations économiques, financières et culturelles. Il en est de même des enseignements à tirer de la guerre civile espagnole.
*
61Les enseignements de la guerre civile espagnole au plan militaire ont pris la forme de quatre propositions de loi, une ouverture de crédits en mars 1939, un rapport sur l’organisation de l’armée de l’air et un autre sur la protection des populations civiles. En fait, dans les commissions, des mêmes faits non contestés on tire des conclusions divergentes. De ce point de vue les commissions de l’Armée et de l’Aéronautique tirent des enseignements opposés. Pour la première, l’aviation doit être un outil permettant à chacun de se défendre à sa façon ; il ne suffit pas d’avoir la maîtrise de l’air pour remporter la victoire. Pour la seconde, la défense anti-aérienne doit relever du même organisme que l’armée de l’air car elles sont complémentaires ; on y plaide pour une conception d’ensemble, une coordination des moyens de défense. En fait on voit ici dans l’opposition de ces deux commissions apparaître deux conceptions l’une plus ancienne ne voulant pas oublier les exemples de la première guerre mondiale, l’autre plus moderne présidée et dominée par des élus du Front populaire et s’appuyant davantage sur les exemples étrangers. Et cette dernière perd de l’influence lorsque Daladier arrive à Matignon.
62L’autre grand thème abordé par la commission de l’Armée est consacré à l’utilisation des chars. Daladier, comme le général Duval qui publie un livre préfacé par le général Weygand, pense que tirer des leçons de l’arme blindée de la guerre civile espagnole serait une erreur car les deux adversaires n’étaient pas de force égale et la tactique républicaine trop sommaire40. Avec eux beaucoup de députés croient que l’utilisation des chars en Espagne a été un échec et donc pensent qu’il n’y aura pas de guerre courte.
63En plus de ces questions strictement militaires, la loi sur l’organisation de la nation en temps de guerre ne tire pas tous les enseignements sur les bombardements des villes et sur les précautions à prendre pour éviter la panique des populations civiles. Moins que l’ignorance des faits, c’est l’incapacité à en tirer des enseignements concrets et plus encore à les mettre en pratique qui apparaît ici.
64La guerre civile espagnole a agi comme un révélateur puissant des problèmes internes de la France, en particulier problèmes idéologiques prenant souvent le pas sur l’intérêt national et en 1939 de sa capacité intellectuelle globale à analyser froidement une situation.
Notes de bas de page
1 Nous ne retiendrons ici que quelques titres parmi les plus récents, à savoir P. Vilar, La guerre d’Espagne (1936-1939), Paris, PUF, 1986, 128 p. ; Guy Hermet, L’Espagne au XXe siècle, Paris, PUF, 1986, 317 p. ; Pierre Broué, La révolution espagnole (1931-1939), Paris, Flammarion, 1977, 192 p. ; P. Broué et E. Temime, La révolution et la guerre d’Espagne, Paris, Ed. de Minuit, 1977, 542 p. ; D.W. Pike, Les Français et la guerre d’Espagne, Paris, Publ. de la Sorbonne et PUF, 1975, 467 p. ; D.W. Pike, Vae Victis : les republicanos espanoles refugiados en Francia (1939-1944), Paris, Ruedo Iberico, 1969, 139 p. ; H. Thomas, La guerre d’Espagne, Paris, Laffont, 1962, 697 p. (traduction par J. Brousse et L. Hess) ; H. Thomas, The Spanish Civil War, London, 1977 ; J. Rubio, La emigración de la guerra civil de 1936- 1939 : historia del exodo que produce con el fin de la IIe Republica espanola, 3 vol., Madrid, 1977. On retiendra aussi trois mémoires de maîtrise importants : F. Grossas, La réaction de la presse languedocienne devant la guerre civile espagnole : L’Eclair et le Petit Méridional, Montpellier III, 1969 ; D. Negre, Les accords franco-espagnols de 1939 et leur application, Montpellier III, 1982, 127 p. ; et surtout B. Julia, La Chambre des députés et l’Espagne 1936- 1940, Montpellier III, 1983, 135 p. plus 106 p. d’annexes, mémoire auquel nous nous réfèrerons à de multiples reprises.
2 Exactement du 18 juillet 1936 (début du soulèvement) au 28 mars 1939 où les troupes nationalistes rentrent dans Madrid.
3 En France L’Illustration donne de nombreuses photographies tandis que certains photographes et agences procurent aux journaux et par eux au grand public de nombreux documents de ce type, par exemple Capra cf. N. Douez, mémoire de D. E-A. Montpellier 1989.
4 Par exemple dans la région du Languedoc méditerranéen les journaux L’Eclair et Le Petit Méridional étudiés par F. Grossas, op. cit.
5 L’immigration espagnole en France débute bien avant la première guerre mondiale, s’accentue avec celle-ci, perdure ensuite. Voir en dernier sur cette question J. Maurin : Les étrangers en Languedoc-Roussillon au XXe siècle in Bulletin de la Société Languedocienne de Géographie, t 22, fascicule 3-4, Montpellier 1988, pp. 153-175.
6 Que ce soit L’Humanité ou Le Temps, L’Action Française, L’Echo de Paris ou les grands quotidiens régionaux comme La Dépêche, L’Eclair… On s’en rend compte en lisant des ouvrages aussi différents que la synthèse de H. Dubief : Le déclin de la Ille République, 1929- 1938, Nouvelle histoire de la France contemporaine, t. 13, Paris, 1976, 245 p. ou la biographie de L. Blum par J. Lacouture, Paris, 1979, 616p.
7 Le premier débat à la Chambre a lieu le 31 juillet. Dès le 1er août le gouvernement français lance un appel pour la non-intervention et décide de fermer la frontière. Suit le 21 août la déclaration franco-britannique de non-intervention. Le 9 septembre le Comité de non-intervention se réunit Mais le 7 novembre les Brigades Internationales interviennent et le 18 novembre Hitler et Mussolini reconnaissent Franco.
8 Cette abondante documentation est facilement accessible. Les débats parlementaires sont en effet publiés au Journal Officiel ; on trouve aussi ces discussions dans les Annales de la Chambre des députés qu’elle soit réunie en session ordinaire ou en session extraordinaire ainsi que les interpellations qui y sont numérotées et datées ; pour les commissions on dispose de différents tomes des Bulletins des commissions de la Chambre des députés, 16e législature, imprimés après-guerre, en 1947-1948 pour un examen rapide ; pour aller plus loin on se reportera aux procès-verbaux des commissions de la 16e législature, procès-verbaux dactylographiés ou manuscrits, archives non cotées de la Chambre.
9 D.W. Pike : Les Français et la guerre d’Espagne, Paris, 1975 estime p. 24 que si les débats sur la politique étrangère peuvent apparaître peu nombreux à la Chambre, ils le sont moins encore au Sénat où l’impact de la politique étrangère est plus faible dans l’immédiat probablement à cause du mode d’élection des sénateurs.
10 B. Julia, op. cit. p. 3.
11 In Annales de la Chambre des députés. Les ministres interviennent bien sûr dans le débat en particulier Y. Delbos, ministre des Affaires Etrangères, le 4 décembre, mais aussi le président du Conseil Léon Blum le lendemain.
12 B. Julia, op. cit., a procédé à une analyse de ce débat pp. 46-47.
13 B. Julia, op. cit. pp. 48-66
14 Intervention de Paul Reynaud in Annales de la Chambre des députés.
15 Intervention de De Monzie, le 17 mars 1938, in Annales de la Chambre des députés.
16 Débat du 16 juin 1938. Annales de la Chambre des députés.
17 Ce débat occupe plusieurs séances à savoir celles des 1er et 19 décembre 1938, des 13, 17 (2e séance), 19 (2e séance), 20 (2e séance), 24 (1re séance) et 26 janvier (1re et 2e séances) 1939.
18 B. Julia, op. cit., pp. 80-81.
19 Les estimations divergent à ce propos : Guy Hermet dans Les Espagnols en France, Paris 1967, parle de trois cent cinquante mille, tandis que R. Grando, J. Queralt, X. Febrès in Vous avez la mémoire courte… 1981, avancent le chiffre de cinq cent mille.
20 B. Julia, op. cit., pp. 98-104.
21 Annales de la Chambre des députés, scrutin n° 659. Résultats du vote publiés par Le Temps du 26 février 1939.
22 Annales de la Chambre des députés, scrutin n° 659. Les annexes au procès-verbal de la 2e séance du vendredi 24 février 1929 reproduisent en détail le résultat du scrutin.
23 D. Nègre, op. cit.,
24 B. Julia, op. cit., pp. 113-115.
25 La commission de l’Aéronautique, présidée par le député U.S.R. L. Bossoutrot, s’est réunie plus de trois fois pour traiter des problèmes de la guerre civile espagnole ; elle a probablement travaillé sur neuf séances. Ne sont citées ici que les trois retrouvées.
26 Ne sont cités ici que les procès-verbaux de la commission de la Marine consultés. Ceux de la période antérieure à juin 1939, non obtenus, n’y figurent pas.
27 Interpellations n° 374 du 16 décembre 1937 et n° 793 du 7 mars 1939.
28 Interpellations n° 402 du 25 janvier 1938, n° 447 du 17 mars 1938, et n° 774 du 7 février 1939.
29 B. Julia, op. cit., pp. 20-21.
30 Compte-rendu de la commission des Affaires Etrangères du 17 juin 1938, notamment exposé de Flandin.
31 B. Julia, op. cit., pp. 21-22.
32 Par exemple interpellation n° 83 de F. Bonte dès le 31 juillet 1936. C’est le début d’une longue série.
33 N° 1243 déposé par des radicaux-socialistes et l’Union des socialistes républicains, le n° 2632 déposé par le gouvernement, et le n° 3321 déposé par Chiappe député indépendant républicain très à droite.
34 Phrase extraite du journal analytique officiel cité par B. Julia, op. cit., p. 17.
35 Interpellation n° 792 du 2 mars 1939.
36 B. Julia, op. cit., p. 116-122 ; D.W. Pike : Les Français et la guerre d’Espagne, p. 363 ; H. Thomas : La guerre d’Espagne, p. 579.
37 Commission des Affaires étrangères du 25 novembre 1936.
38 Commission de l’Armée du 17 mars 1937.
39 B. Julia, op. dt., p. 37-41.
40 Sur ces problèmes cf. J. de Coquet, Le procès de Riom, p. 44-48, et Général Duval, Les leçons de la guerre d’Espagne.
Auteur
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Jules Maurin
(Université Paul Valéry – Montpellier III)
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