Chapitre I : Les dévotions : trouver des intercesseurs
p. 243-289
Texte intégral
1Divers éléments figurant dans les testaments, invocations, recommandations, patronages de chapelles, d’autels, de confréries et prénoms peuvent fournir quelques renseignements sur les intercesseurs préférés des testateurs. À partir de ceux-ci, nous essaierons de voir si l’Église offre de nouvelles dévotions aux fidèles, si elle assure la promotion de certains cultes, comme le note Jacques Chiffoleau en Comtat Venaissin. Contrôle-t-elle le « réaménagement des rapports entre les hommes et l’autre monde »1 ? Sous son influence, la Cour Céleste et l’Au-delà changent-ils d’aspect pour les fidèles du Toulousain ?
1) La Cour Céleste
a. Dieu
2Le testateur, d’après le notaire, se signe « du vénérable signe de la Sainte-Croix » et prononce « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen » avant que de recommander son âme au maximum d’intercesseurs, « très dévotement et très humblement, implorant clémence et miséricorde ». Les formules n’évoluent guère de 1300 à 1450.
3Il est très rare, contrairement à ce qui se passe dans le Comtat Venaissin2 que le testateur emploie pour recommander son âme un style propre à l’inféodation, qu’il rende son âme (dimisit) ; seul, Jean Sésale, recteur de Fanjeaux puis chanoine de Saint-Aphrodise de Béziers, emploie la formule « do, dono, reddo, offero et commendo animam meam et corpus meum »3.
4Si, dans les invocations et préambules, on parle de la Trinité elle-même, « Sainte et Indivisible »4, très peu d’autels et chapelles lui sont dédiés. Deux confréries seulement sont placées sous son vocable5 et encore l’une d’entre elles relève-t-elle, semble-t-il, de Trinitaires et non d’un engouement populaire ; un testateur de Grenade, toutefois, lègue un vêtement à trois enfants pauvres « en l’honneur de la Trinité »6.
5Dieu le père apparaît dans les invocations et recommandations7 : il est le seigneur (Dominas), mais aussi le « Très Haut Créateur », le « Père tout-puissant ». Pour certains testateurs, il est celui qui a créé l’homme à partir du limon8. Il n’apparaît pas en tant que juge ; c’est devant le tribunal du Christ, d’après les préambules, que passe l’âme du défunt.
6Il n’est question que rarement du Saint-Esprit dans les recommandations9. Il n’est mentionné généralement qu’à l’occasion du signe de croix fait par le testateur avant de commencer à dicter ses dernières volontés. Pour toute notre zone d’étude, deux hôpitaux toulousains seulement et six confréries10 sont placés sous ce vocable et encore les appelle-t-on souvent « sive Corpus Christi »11. Il existe à Grenade une chandelle du Saint-Esprit qui est probablement celle de la confrérie du même nom12. Dans les autres localités, Il n’est jamais question d’un luminaire ou d’un autel dédié à l’Esprit-Saint. Est-ce parce que l’Église ne veut pas encourager une dévotion concernant la seule personne divine à laquelle se référaient les cathares ? Cette dévotion semble beaucoup plus développée en Comtat, même si, là aussi, on implore rarement le Saint-Esprit. En effet, Jacques Chiffoleau n’a pas de mention de la Trinité dans les invocations et recommandations mais trouve autels et chapelles placés sous le vocable du Saint-Esprit13, les clercs encourageant une dévotion qui, dit-il, « semble échapper à la plupart des testateurs ».
7Le Christ apparaît comme le personnage le plus important de la Trinité, ce christocentrisme n’est pas une nouveauté, dès le XIIe siècle, les clercs ont cherché à le développer.
8Le Christ est présent dans les recommandations, en tant que Sauveur et Rédempteur14, fils de Dieu, mais fils de Dieu fait homme15. C’est peut-être parce que le chrétien ressent le tragique de sa condition, parce qu’il subit pestes et guerres, qu’il est marqué par l’idée de la mort, nous dit Étienne Delaruelle, qu’il va se dévouer au Crucifié, aux souffrances du Sauveur ; le christocentrisme passant du Christ vainqueur au Christ en croix16. Les préambules insistent sur le supplice : « in ara crucis », « in patibulum », sur le sang versé pour racheter les péchés des hommes17.
9La fin du Moyen Âge voit l’avènement du crucifix, ce qui apparaît nettement dans les testaments puisqu’on lègue à celui de l’église paroissiale ou à son luminaire18 ; crucifix et croix de carrefour se construisent un peu partout, aux frais même de particuliers19. Un testateur de Peyrens lègue un campmas à l’église paroissiale pour que l’argent de sa vente permette de fabriquer une croix20. Un habitant du Lautrécois manifeste une dévotion particulière envers le Crucifix, léguant à plusieurs chapelles placées sous ce vocable21 ; Marguerite, domina de Puycalvel, possède des fragments de la Vraie Croix22.
10On ne peut évidemment voir, à partir des testaments, si se produit, comme le dit Étienne Delaruelle, une intériorisation de la dévotion à la Passion si, « au lieu de se croiser, on se fait croisier, membre de l’ordo sanctae crucis »23, si l’on fait son chemin de croix ou si on se flagelle pour imiter les souffrances du Christ ; mais, de toute évidence, la Passion intéresse les testateurs. L’un d’entre eux, de Lautrec, fait plusieurs legs à des luminaires « ad honorem dictorum quinque vulnerum principalium domini nostri Jhesu Chris »24. Depuis le miracle de septembre 1224 où les cinq plaies apparurent sur saint François d’Assise, elles sont vénérées ; une fête a même été instituée en leur honneur, au XIVe siècle, dans le monastère bénédictin de Fritzlar en Thuringe, puis s’est étendue un peu partout. Faire dire cinq fois une messe des cinq plaies permettait, croyait-on, d’obtenir la libération d’une âme du Purgatoire ; une seule, dite pour un vivant, lui assurait le salut éternel25. Cet office n’est jamais mentionné dans nos actes.
11La messe, dramatisée, a pris pour les assistants un nouvel intérêt, l’Élévation attire les foules et devient le rite essentiel26. Des superstitions s’attachent à la vue de l’hostie à ce moment-là, garantissant de la mort subite pour la journée (certains, pour plus de sécurité, courent d’une église à l’autre pour assister à plusieurs Élévations) ; passé cet instant, la messe ne présente plus guère d’intérêt.
12Le désir de voir l’hostie remplace la communion, aussi, pour bien la voir, donne-t-on des cierges destinés à être allumés lors de l’Élévation. Noël Coulet raconte qu’à Venelles, les paroissiens ont acheté eux-mêmes la torche qu’on tient derrière l’officiant au moment de l’Élévation car le vicaire refusait de le faire27 ; dans le Lauragais, nombreux sont les testateurs qui lèguent des cierges dans ce but (pro comburendo in Elevatione)28.
13On attend le miracle de l’hostie tachant de sang le corporal ; peut-être ce miracle s’est-il d’ailleurs produit à Grenade puisqu’un marchand, Raymond de Dolhio, nous l’avons déjà signalé, donne de l’argent pour « peindre le miracle du Corps du Christ qu’il y eût dans l’église quand la ville fut prise par les Anglais »29.
14Tout ce qui touche à l’Eucharistie intéresse les testateurs : plusieurs d’entre eux lèguent calices, patènes et custodes30. Ces dernières, coupes ou coffrets utilisés pour conserver la réserve eucharistique étaient suspendues sur l’autel ou bien enfermées dans des armoires31. Elles pouvaient être aussi des monstrances : Noël Coulet en trouve « cum vitro seu cristallo »32 ; on les utilise le jour de la fête du Saint-Sacrement. C’est probablement ainsi que se présente celle que fait acheter une femme noble de Baziège « pour le transport du Corps-du-Christ le jour de la fête du Corpus Christi et les autres jours festifs »33. Parfois, les maîtres d’œuvre de l’église paroissiale décident la fabrication d’une custode, comme à Saint-Jory ou Cintegabelle ; les testateurs participent alors, selon leurs moyens, à cette réalisation34.
15Une lampe, entretenue quelquefois par une confrérie (nous avons huit exemples seulement de confréries du Corps-du-Christ)35 indique la présence du Sauveur ; à Toulouse, des chandelles paroissiales du Corps-du-Christ sont mentionnées dès 1361 à Saint-Sernin, en 1374 à Saint Étienne, en 1387 à la Dalbade36. Ces lampes ou chandelles reçoivent des legs plus ou moins fréquents, selon les régions. Dans quelques localités : Castelnaudary, Cintegabelle, Grenade, il est d’usage de faire ces legs ; ailleurs, un fidèle sur dix ou trois sur dix seulement y songent.
Pourcentage de testateurs faisant un legs à la lampe ou aux chandelles du Corps-du-Christ37
Castelnaudary | 92 % |
Grenade | 86,5 % |
Cintegabelle | 66,3 % |
Villages du gardiage et de la viguerie | 29,4 % |
Fanjeaux | 28,6 % |
Montgiscard | 26,5 % |
Villages du Lauragais oriental | 12,7 % |
Toulouse | 12 % |
Villages du Lauragais occidental | 10,9 % |
16Pourquoi ces différences de comportement ? On ne peut pas dire que si les legs sont rares, c’est parce que les fidèles préfèrent s’intéresser au luminaire précédant le Viatique puisque c’est seulement le cas des testateurs de Grenade (53,4 % d’entre eux) et de ceux de Toulouse, au moins au XIVe siècle (34,5 % d’entre eux de 1300 à 1399, 0,9 % par la suite). En dehors de ces deux villes, seuls, des testateurs de Lavaur et un testateur du Lauragais occidental38, lèguent au cierge précédant le Corpus Christi « quand on le porte aux malades ». Pourtant, des indulgences étant rattachées à l’accompagnement du Viatique, on pouvait penser que même un legs au luminaire était profitable.
Évolution dans le temps de ces legs39
1300 | 1359 | 2,6 % |
1360 | 1389 | 17 % |
1390 | 1419 | 52,6 % |
1420 | 1450 | 32,7 % 1 |
17Pour Marie-Simone Nucé de Lamothe, les legs au luminaire disparaissent quand s’établit le tabernacle dans l’église40 ; cela ne nous semble pas exact car à Grenade et Lavaur, par exemple, coexistent les deux legs : au luminaire précédant le Viatique et aux chandelles placées devant le Corps-du-Christ dans l’église41. Les legs au cierge du Viatique s’effectuent à Toulouse beaucoup plus longtemps qu’elle ne le dit, même s’ils deviennent bien rares42.
18La dévotion au Saint-Sacrement s’est fortement développée dès le XIIIe siècle et on le montre aux fidèles lors des processions se faisant à l’occasion la fête du Corpus Christi43. Les custodes vitrées qu’ils ont achetées servent alors, surmontées d’un dais ; en effet, trois testateurs font legs « d’un drap ou pabalhone, sous lequel il est coutumier de porter le Corps-du-Christ »44.
19Les processions du Corpus Christi pouvaient engendrer des querelles entre participants : en 1366, une sentence arbitrale est donnée par l’archevêque de Toulouse entre les confrères du Corps-du-Christ de l’église Saint-Étienne et ceux de l’église du Taur. Ces derniers viendront, pendant deux années consécutives, le jour de la Fête-Dieu, dans l’église Saint-Étienne où sera célébrée la messe. Après celle-ci, le Saint-Sacrement sera porté en procession à travers les rues choisies par les bayles et régents de la confrérie du Corps-du-Christ de Saint-Étienne. La troisième année, le Chapitre ira dire la messe dans l’église du Taur, d’où partira la procession qui passera par les rues choisies par les bayles et régents de la confrérie du Taur. Au retour, ayant laissé le Saint-Sacrement dans l’église du Taur, la procession de la confrérie du Taur accompagnera le Chapitre à Saint-Étienne45.
20Un autre exemple de la dévotion au Christ nous est fourni par les legs au Saint Suaire. Depuis l’arrivée de celui-ci à Toulouse, les citadins, mais aussi les habitants de la zone d’influence de la ville, font un legs au luminaire, à la confrérie ou à l’église du Saint-Suaire46. Là aussi, la dévotion semble affaire de mode : vingt-cinq habitants de Cintegabelle, contre trois de Grenade, deux de Montgiscard et de Castelnaudary (pour un nombre comparable de testateurs) s’y intéressent et la distance ne fait rien à l’affaire, Grenade et Montgiscard étant plus proches de Toulouse que Cintegabelle.
b. La Vierge
21Elle apparaît dans les invocations en tant que mère du Christ, très glorieuse et très sainte47. Confréries et chapelles qui lui sont consacrées sont nombreuses : un quart des confréries sont placées sous son vocable48 ; généralement, comme à Aix ou en Comtat Venaissin49, c’est la Mère, la Protectrice qui est révérée, plutôt que la Vierge de Douleurs50. On trouve ainsi une confrérie de la Vierge-Mère-de-Dieu dans l’église de La Daurade de Toulouse (où existe de plus une confrérie de la Conception de Notre-Dame dite aussi de Sainte-Anne)51, une confrérie Notre-Dame-de-Grâce chez les Prêcheurs52 (l’église paroissiale de Revel porte aussi ce vocable), une chapelle Notre-Dame-d’Espérance chez les Carmes de Toulouse et chez les Mineurs de Castelnaudary, des églises Notre-Dame-de-la-Paix à Lautrec, Notre-Dame d’Humilité à Villenouvelle et Mazères, Notre-Dame des Anges aux Casses, un luminaire Notre-Dame-de-Bethléem à Villespy et même un hôpital Notre-Dame Labela à Lavaur. Ailleurs, chapelles et confréries portent le vocable de « Notre-Dame », sans plus de précisions. Un registre du notaire Louis de Fabrica, de Villefranche-de-Lauragais, renferme un poème sur les Douleurs de la Vierge53, poème qui semble assez connu, « dans une région peu éloignée de Fanjeaux où la prédication de saint Dominique avait pu développer la dévotion à la Vierge »54.
22La fin du Moyen Âge est la période d’apogée de la piété mariale, ce qui apparaît très nettement dans nos actes, puisque tous les testateurs se recommandent à la Vierge même si elle n’arrive dans les invocations qu’après la Trinité et non immédiatement après le Père, comme en Comtat. Certains demandent des offices de Notre-Dame, possèdent des livres d’heures « de Notre-Dame »55 et, pour les femmes, des « cordées de patenôtres », le plus souvent formées de grains de corail ou d’ambre56. C’est à cette époque que le chapelet s’organise (les ordres Mendiants diffusent sa pratique), que l’Ave Maria se fixe dans son texte définitif ; Jean XXII assure même une indulgence à tous ceux qui réciteraient trois Ave au son de la cloche du couvre-feu57.
c. Les anges et les saints
23Très tôt, face à un Dieu-Juge, les fidèles ont eu recours à des intercesseurs : anges, archanges (successeurs des génies protecteurs des communautés humaines) et saints.
24Le plus populaire des archanges, le seul qui soit mentionné assez fréquemment dans nos préambules est saint Michel58. Il protège chapelles et autels, il supplante même, probablement au début du XIVe siècle, Notre-Dame dans la chapelle de Cogurone, sur le territoire de Castelnaudary59. Peut-être sa popularité est-elle due à sa fonction d’intercesseur au moment du Jugement Dernier, de peseur des âmes. Une enluminure du Capitole de Toulouse le montre comme un héros de batailles, armé de la lance60 (il participe au combat du Christ contre les démons, il est aussi le protecteur du royaume de France). Dans le diocèse de Saint-Papoul (comme partout ailleurs), des jeunes gens partent pour le Mont-Saint-Michel (nous en reparlerons). Les autres archanges, Gabriel et Raphaël (les plus connus avec saint Michel) n’apparaissent guère dans les actes.
25D’après le dogme de la communion des saints, par leur entremise auprès de Dieu, « les saints du Ciel procurent aux fidèles de la Terre comme aux âmes du Purgatoire, un ensemble de grâces et de faveurs, de même que les fidèles, par la prière et les bonnes œuvres s’unissent aux élus dans un culte qui provoque leurs bienfaits et aux âmes du Purgatoire dans une compassion qui apporte des soulagements à leurs peines ». D’après la Légende dorée, la Toussaint a été instituée pour faciliter la réalisation des vœux des fidèles : « les saints », dit-elle, « peuvent en effet intercéder pour nous par leurs mérites et leur affection – par leurs mérites en ce que le surplus de leurs bonnes œuvres s’emploie à compenser nos fautes – par leur affection, en ce qu’ils demandent à Dieu que nos vœux se réalisent, chose qu’ils ne font, cependant, que quand ils savent que cela ne contrarie pas la volonté de Dieu ».
26Aussi tous les testateurs prennent-ils garde de n’oublier aucun de ces intercesseurs possibles, se recommandant à tous les saints du paradis et à toute la cour céleste « sanctis dei torique curie celestium civium supernorum »61.
27Parfois apparaissent des saints particuliers ; dans certains cas, il semble bien que ce soient les saints préférés du testateur, dans bien d’autres exemples, le modèle local ou l’habitude du notaire influencent le disposant. À Cintegabelle, presque tous les testateurs se recommandent à la Trinité et à la Vierge puis à saint Michel62 ; à Montgiscard, ce sont certains apôtres : Pierre, Paul, Jean, Jacques, André qui reviennent dans tous les actes63 (André étant le patron de la paroisse). À Toulouse, le registre 3E 2957 mentionne plusieurs recommandations à saint Jacques et saint Nicolas alors que les disposants ne portent pas ces prénoms et n’habitent pas dans une paroisse dédiée à l’un de ces saints64. Il semble là que ce soit le formulaire du notaire qui ressorte, sans guère d’adaptation au de cujus. Par contre, certains tabellions modifient les recommandations selon la paroisse d’origine de leurs clients : un notaire de Villefranche, Thomas Rubey, inclut dans sa formule saint Martin pour des testateurs de Gardouch, saint Pierre pour ceux de Monestrol65. Des testateurs de Montesquieu-Lauragais s’adressent à saint Jean-Baptiste66, un sergent royal de Toulouse, de la paroisse Saint-Étienne se recommande à saint Étienne protomartyr67.
28Quand un testateur (et c’est fort rare) mentionne son saint patron, ce n’est pas le saint dont il porte le nom mais celui de son village : Raymond, de Montgiscard, a pour saint patron André68. La même chose a été notée pour Aix69 et la Bourgogne70.
29Seuls, sept testateurs font vraiment preuve d’originalité et citent dans leurs recommandations leurs saints favoris ; ces fidèles sont généralement des nobles ou des marchands.
30Ainsi, un marchand de Gaillac, Jean, se recommande à « Dieu le Père tout-puissant qui le créa de limon, à Notre Seigneur Jésus-Christ, à la très glorieuse Vierge Marie sa mère et aux archanges saints Michel et Gabriel ; aux saints Pierre (qui est son patron)71 et Paul, apôtres, à Marguerite et Cécile, vierges, Biaise et Martin évêques, Étienne et Laurent, martyrs, Antoine et Bernard, abbés, et à toute la cour céleste »72.
31Un marchand toulousain se recommande « à Dieu tout-puissant, à Notre Seigneur Jésus-Christ, à la glorieuse et toujours immaculée Vierge Marie sa mère et aux saints Pierre et Paul apôtres, aux saints archanges Michel et Gabriel, à saints Sernin, Dominique, Pierre, martyrs et aux autres saints martyrs et confesseurs, aux autres vierges célestes, à tous les saints élus de Dieu et à tout le collège civium supernorum »73.
32Jean Sésale, recteur de Fanjeaux fait aussi une recommandation originale « à Dieu tout puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, à la mère de Dieu Notre Rédempteur Jésus-Christ, à saint Jean l’évangéliste, à saint Jean-Baptiste, aux saints martyrs Nazaire, Celse et Maurice... et à tous les saints et élus de Dieu, renonçant à Satan, à ses pompes et à ses œuvres »74
33Les autres se recommandent à un moins grand nombre d’intercesseurs75. Un cas est cependant très intéressant : Arnaud d’Avignonet, épicier, se recommande à Dieu, au Christ, à la Vierge, aux archanges Michel et Gabriel, à Pierre, Paul, Jean, Jacques apôtres, à tout le collège d’en haut et « angelo proprio sibi divina gracia ministrante destinato »76 : un exemple d’ange gardien (alors qu’il n’en est pas question en Comtat sur plus de 5 000 actes).
34Un sermon de Gerson présentait la doctrine de l’ange gardien. Écrit en 1392 en latin, traduit en français dès 1393, les simples fidèles purent en avoir connaissance : « chascun a son bon ange qui est yci présent et oyant et veant tout ce que nous proposons ce faire », « office d’angle est enhorter a l’amour de Dieu et à sa cognoissance »77. La fête de l’ange gardien fut instaurée à Valence au début du XVe siècle ; saint Vincent Ferrier a pu diffuser lors de son passage dans le sud de la France ce thème spirituel. La dévotion à l’ange gardien se développerait au XVe siècle mais nous n’en avons que cette seule trace pour notre région.
35Les testateurs du Toulousain ne manifestent donc que peu d’originalité dans le choix de leurs intercesseurs. De même, une dizaine d’Aixois seulement (soit moins de 1 %) font appel à un intercesseur particulier : saint patron, saint protecteur ou favori ; les autres mentionnent, comme dans notre région, Dieu, le Christ, la Vierge et la cour céleste78. Noël Coulet note que, contrairement à ce que disait Robert Folz pour la Bourgogne, le culte des saints patrons ne se fait sentir que dans la seconde moitié du XVe siècle79. Dans le Comtat Venaissin, c’est aussi après 1450 qu’augmente le nombre des saints intercesseurs80. Peut-être est-ce la même chose en Toulousain.
36Les invocations et recommandations n’apparaissent pas, en définitive, comme très utiles pour une étude des dévotions.
37Les patronages choisis pour les fondations de chapelles, de confréries, les fêtes élues pour les célébrations d’anniversaires, les saints et saintes peints ou sculptés dans les églises aux frais des testateurs, les sanctuaires lieux de pèlerinage peuvent-ils nous apporter plus de renseignements ?
38Ce n’est guère le cas des constructions de chapelles funéraires, le testateur en demandant ne dit pas à qui elle sera dédiée81 ni celui des célébrations d’anniversaires puisque le disposant le fait célébrer, en général, le jour de sa mort et non pour la fête d’un saint particulier82.
39Les quelques peintures que les testateurs souhaitent faire réaliser doivent représenter la Vierge, saint Jacques, saint Biaise, saint Antoine, saints Cyr et Julitte et saint Sébastien83. Les inventaires nous montrent que deux testateurs possèdent chez eux des draps représentant des épisodes de la vie du Christ et de saint André84, de là à en tirer des renseignements sur les intercesseurs préférés des fidèles...
40Nous avons recensé, pour le Lauragais, tous les vocables d’églises, chapelles, confréries et hôpitaux. Saint Jacques et Notre-Dame sont les protecteurs le plus souvent choisis pour les confréries et les hôpitaux85, suivis par saint Biaise, protecteur des récoltes. Pour les chapelles et églises, Notre-Dame est le vocable le plus employé (36 cas sur 122) puis viennent saints Martin, Pierre, André, Sernin (une dizaine d’exemples pour chacun), enfin Jean, Michel et Étienne. Un archange, des saints des temps évangéliques, l’évangélisateur de la Gaule, un saint local (Saturnin), tout cela est bien traditionnel et on ne sait, de plus, à quand remonte cette titulature.
41Si l’on étudie les prénoms pour voir la vogue dont bénéficie tel ou tel intercesseur, on s’aperçoit que dominent un peu partout les mêmes. Six prénoms suffisent pour 60 à 80 % des hommes et 40 à 50 % des femmes.
42La variété des prénoms masculins est généralement bien restreinte : 193 suffisent pour 5 520 individus de Toulouse86, 34 pour 303 à Castelnaudary, 51 pour 269 à Grenade ; les prénoms composés sont très rares et se rencontrent essentiellement dans les familles nobles.
43Les prénoms féminins sont plus variés : 80 prénoms différents pour 491 Toulousaines, 51 pour 127 habitantes de Castelnaudary, 45 pour 115 femmes de Grenade. Ne sont pas rares les prénoms évoquant des qualités ou des états : Bonne, Fine, Marquise, Comtesse, des prénoms « politiques » (?) comme Franceza, Inglesa, Tolosana87... dans une zone « barriera e frontera de tot lo païs ».
44Les prénoms dominants sont pratiquement les mêmes à Grenade, Toulouse ou Castelnaudary : Jean, Pierre, Guilhem (Guillaume), Bernard, Raymond, Arnaud et leurs équivalents féminins.
Prénoms des testateurs et des gens de leur génération

Toulouse, Étude sur la population toulousaine..., op. cit., pp.254-271.

(d’après Olivella (J.)
45À Castres, à la fin du XIVe siècle, J. Hue obtient les mêmes résultats pour les hommes88. En Bigorre, Maurice Berthe, s’il trouve dans le groupe de tête : Pierre, Bernard, Arnaud, Guillaume (en 1313) y rencontre aussi Dominique ; un siècle plus tard, Dominique arrive en seconde position, Jean en troisième, Pierre, Arnaud et Bernard sont toujours présents ; pour les femmes dominent Marie et Dominique89. En Toulousain, ces prénoms féminins sont extrêmement rares.
46Les prénoms dominants ne sont pas ceux portés par les protecteurs d’hôpitaux, de confréries et d’églises (avec toutefois une petite exception, quelques églises portent les vocables de Jean ou Pierre). Les fidèles prénommés Marie, Jacques, Biaise ne sont pas nombreux alors que la majorité des confréries et des hôpitaux sont placés sous ces vocables90. Les saints locaux ne sont guère représentés : pas un seul Hilaire, Exupère, Papoul ou Sernin. Seuls, saint Guilhem, duc de Toulouse, fondateur de Saint-Guilhem du Désert, et saint Raymond (mais lequel, le chanoine ou l’évêque ?) connaissent un très grand succès et pour le dernier, on peut se demander si ce n’est pas parce que la dynastie comtale a le plus souvent choisi ce prénom plutôt que par dévotion envers saint Raymond.
47Le saint protecteur de la paroisse n’est pris que rarement comme « parrain » : cinq testateurs seulement de Castelnaudary se prénomment Michel, pas un seul Toulousain ne s’appelle Semin, fort peu se prénomment Étienne. Noël Coulet note de la même façon que le particularisme local était bien rare à Aix, on s’y référait essentiellement aux apôtres (Jean, Pierre), aux saints des temps évangéliques (Jacques)91.
48Si saint Bernard connaît un grand succès, il n’en est pas de même pour saint Dominique, peut-être son entreprise d’évangélisation dans la région a-t-elle suffi pour en éloigner les habitants (d’ailleurs, en dehors des couvents de Prêcheurs, on ne trouve pas de luminaire dédié à saint Dominique).
49Le corpus de prénoms demeure stable, on ne voit pas apparaître de nouveautés alors qu’en Comtat Venaissin on assiste à une percée ou à un grand succès de nouveaux intercesseurs : Antoine, Catherine (dans le Toulousain, ces prénoms ne se rencontrent qu’à deux ou trois exemplaires)92.
50Il semble toutefois que suivre l’évolution des dévotions à partir de l’étude des prénoms soit bien aléatoire, la tradition familiale joue beaucoup dans le choix. Les mêmes séries de prénoms se retrouvent d’une génération a l’autre dans une même famille : combien de Jean, fils de Jean et père de Jean avons-nous rencontrés ! Parrains et marraines, souvent choisis dans la famille, donnent parfois leur prénom, ce qui conduit à privilégier toujours les mêmes. Pour les plus riches, ceux qui lisent, les prénoms de romans peuvent aussi être utilisés. La dévotion a sûrement assez peu à voir avec le choix du prénom.
51Pour Jacques Chiffoleau, « une dizaine d’intercesseurs attirent brusquement les dévotions des fidèles » aux XIVe et XVe siècles : des intercesseurs masculins, protégeant de la mort subite et des pestes, des vierges « offrant en exemple leur vertu et leur virginité » au moment où le nombre de femmes célibataires s’accroît et où l’âge au mariage est retardé93.
52Dans le Toulousain, les saints protecteurs (Fabien, Sébastien, Roch, Antoine, Christophe)94 n’apparaissent pas dans les invocations ; on ne donne pas leur nom aux enfants. Quelques indices montrent cependant que des luminaires ou des autels leur sont consacrés. En ne prenant que des exemples en Lauragais, saint Christophe est le protecteur de l’hôpital et de la confrérie de Lasbordes ; il en existe une image (statue ou peinture) dans l’église de Calmont95 ; un luminaire de Mazères lui est aussi consacré96. Dans l’église Saint-Sernin de Toulouse se trouvait aussi une peinture de saint Christophe avec des pieds en ronde-bosse que baisaient les pèlerins97. Saint Antoine (si l’on néglige les églises relevant de l’Ordre des Antonins) est présent dans six édifices98 ; saint Sébastien a droit à cinq chapelles ou autels ou luminaires99 ; nous avons même trouvé dans un registre notarial une prière qui lui est adressée100. On édifie un autel en l’honneur de saint Roch à Cintegabelle101.
53Si l’on excepte saint Antoine (favorisé par la présence d’hôpitaux gérés par les Antonins), seuls, parmi les saints antipesteux ou anti-épidémies, saints Fabien et Sébastien patronnent une confrérie, à la Daurade de Toulouse102.
54Le culte des Vierges (Catherine, Lucie, Ursule, Cécile, Agnès, Dauphine) ne semble pas avoir gagné le peuple : elles n’apparaissent que dans trois recommandations, n’ont guère influencé les prénoms. La hiérarchie doit essayer pourtant de promouvoir leur culte car cinq confréries sont placées sous la protection de sainte Catherine ou de sainte Lucie103.
55On ne peut noter un grand bouleversement dans le choix des intercesseurs. Bien sûr, les testateurs font appel à toute la cour céleste, aux bienheureux, aux saints ; ceux-ci envahissent les églises, des luminaires, des autels leur sont dédiés, mais ce sont pratiquement toujours les mêmes qui apparaissent. Si les fidèles les mentionnent, c’est, nous semble-t-il, plutôt que pour retrouver des êtres familiers dans l’au-delà, en remplacement des patres perdus104, dans le but d’obtenir leur intercession pour faire un bon passage, pour éviter autant que possible les peines du Purgatoire.
56Satan apparaît deux fois dans les testaments : Jean Sésale renonce à Satan, ses pompes et ses œuvres105 et un damoiseau toulousain demande à tous les bienheureux « d’intercéder en sa faveur et de défendre son âme contre l’esprit malin et sa puissance »106. Les peines infernales sont parfois évoquées dans les préambules. L’ange déchu est toutefois bien peu présent dans les testaments et même dans l’iconographie. Cette absence n’est-elle pas due au fait que les fidèles du Toulousain espèrent éviter les peines infernales ? Ceci en entrant, grâce à quelques œuvres, dans ce troisième lieu que l’Église essaie d’imposer ? À moins, nous l’avons signalé, qu’ils ne croient guère en l’Enfer.
2) Le Purgatoire dans la région toulousaine
57Il n’est pas question bien sûr de refaire un historique de la naissance du Purgatoire mais de voir dans quelle mesure la notion d’un troisième lieu s’est imposée parmi les populations et si l’Église a réussi à intégrer des pratiques qu’elle n’arrivait pas à éliminer et a pu « récupérer » ainsi le folklore de l’Au-delà.
58Le Purgatoire, nous dit Jacques Le Goff, a triomphé au XIIIe siècle, il est devenu une vérité de foi et d’Église, « il donne son plein sens à la vieille pratique chrétienne des suffrages pour les morts mais les théologiens et la hiérarchie ecclésiastique le contrôlent, limitent son foisonnement dans l’imaginaire »107.
59À la fin du XIIIe siècle, le Purgatoire est partout, dans la prédication, les testaments, la littérature en langue vulgaire, les représentations iconographiques.
60Des ouvrages fort répandus, comme l’Elucidarium108 ou la Légende dorée cartographient l’Au-delà : l’entrée en Purgatoire s’effectue après le temps terrestre et se situe avant le Jugement Dernier ; le séjour y sera plus ou moins long, selon la quantité de péchés commis par le défunt et les suffrages dont il bénéficie.
61La Légende dorée fait état de la vision du gardien de l’Église de Saint-Pierre : un ange lui montre des personnes, les unes vêtues d’or, les autres nues et misérables, mendiant du secours ; il lui explique qu’elles se trouvent en Purgatoire : « les âmes dans l’abondance sont celles qu’assistent copieusement les suffrages de leurs amis ; les âmes des mendiants sont celles de personnes qui n’ont point d’amis, au Ciel ni sur la terre, pour s’occuper d’elles ». Aussi a-t-on institué la fête des âmes (jour des Morts, 2 novembre) « pour que des suffrages communs s’élèvent en faveur de ceux qui n’ont personne pour adresser envers eux des suffrages particuliers ».
62Pour l’auteur de l’Elucidarium, les âmes du Purgatoire peuvent être libérées par les prières, messes et aumônes le septième jour ou bien le trentième, ou bien au bout d’un an. Dans sa critique de cet ouvrage109, Nicolas Aymeric précise que ces âmes du Purgatoire peuvent aussi être libérées les autres jours ; ces libérations d’âmes à dates fixes permettaient d’intégrer les croyances en une séparation progressive de l’âme et du corps.
63Les suffrages pour les morts supposent ainsi la constitution de solidarités, de part et d’autre de la mort, des relations étroites entre les vivants et les défunts, l’existence entre eux d’institutions de liaison qui financent les suffrages (comme les testaments) ou en font une pratique obligatoire (comme les confréries)110.
64Les indulgences peuvent aussi raccourcir le temps du Purgatoire ; bien qu’en théorie, elles ne soient applicables aux défunts qu’à partir de 1457111, dans la pratique cela était réalisé, spontanément, au début du XIVe siècle. Saint Bonaventure et saint Thomas avaient d’ailleurs, dès le XIIIe siècle, affirmé que cela était possible112.
65La diffusion de la notion de Purgatoire permet à l’Église d’étendre son champ d’action au-delà de la mort, puisqu’on réclame messes et prières pour des défunts dont le sort n’est pas joué, mais elle permet aussi de localiser les âmes, de supprimer la croyance en une errance de celles-ci en attendant le Jugement Dernier. L’église veut « encadrer » les revenants, y parvient-elle dans le Toulousain ?
66Quand nous avons rédigé cette thèse, l’étude du Purgatoire dans la région toulousaine avait déjà été entreprise par Michelle Fournié113 ; nous avons utilisé en grande partie l’article qu’elle avait alors publié, le complétant parfois puisque nous avons examiné tous les testaments et non seulement ceux constituant des séries complètes114. Depuis, Michelle Fournié a publié de nombreux articles et soutenu une thèse d’état sur ce thème115.
67Le Purgatoire intéresse les Toulousains, parfois même comme objet de controverses (nous en reparlerons). Des ouvrages traitant de ce troisième lieu circulent dans la région, le roi d’Aragon envoya à sa fille, la comtesse de Foix, en 1394, un « libret en lo quai havem fet trelladar lo purgatori de Sont Patrici »116. Quelques manuscrits subsistent, le plus connu étant le manuscrit 894 de la bibliothèque municipale de Toulouse, relatant le voyage de Raymond de Perelhos, en 1397-1398, au Purgatoire de Saint Patrice117 ; traduit du catalan en languedocien, il aurait été rédigé dans l’Albigeois ou le nord du Toulousain. Quelques fresques, un retable sculpté illustrent le thème du Purgatoire118 et, surtout, cette dévotion suscite la générosité des fidèles, ce qui apparaît bien dans les testaments. Ceux-ci nous permettent de voir s’installer l’institution du bassin des âmes du Purgatoire et de mesurer son succès auprès des populations.
a. L’organisation du culte
68Certains testateurs lèguent « pour tous les fidèles défunts qui sont dans les peines du Purgatoire »119 ou bien « als armas del purgatorio »120. Dans la plupart des localités, les legs se font au bassin (bacino ex purgatorio)121 ou à la coupe (terme surtout utilisé en Lautrécois et à Castres), récipients dans lesquels on recueille les aumônes lors des messes, beaucoup plus rarement à la caisse (caxa) dans laquelle on entrepose l’argent, au luminaire, à l’autel ou à la confrérie du Purgatoire.
69Les testateurs sont incertains quant au terme à utiliser : bacino sive luminario à Lasbordes, Castelnaudary, bacino sive caxa à Toulouse, ou même confratrie seu luminariis.
70L’argent sert à entretenir l’autel ou la chapelle dédiés aux âmes du Purgatoire, à acheter la cire ou l’huile nécessaires, à payer les prêtres célébrant les messes.
71Dans un seul village, à Montesquieu-Lauragais, quelques testateurs de la fin du XIVe siècle, parlent de l’helomosine pro anùnabus purgatorii122, s’agit-il pour eux du contenu du bassin123 (au XVe siècle, on parle dans ce village de bassin)124 ou, comme Charles de Ribbe le disait pour la Provence, de la participation à une collecte faite, en faveur des pauvres, par une confrérie du Purgatoire125 ?
72Les mentions d’autels et chapelles sont très rares : un autel existe à Caraman126, des chapelles à Saint-Étienne et à Notre-Dame de la Daurade de Toulouse127.
73Des messes sont célébrées pour les âmes du Purgatoire dans n’importe quel autel de l’église (s’il n’en existe pas un qui leur soit spécialement dédié)128 par des prêtres chargés probablement de cet unique office129. Ces prêtres dépendent parfois d’une confrérie de dévotion ; ainsi, à Baziège, c’est la confrérie Saint-Éloi qui a établi un prêtre pour « chanter et célébrer les messes et autres offices divins et prières pour les âmes des défunts détenues dans les peines du Purgatoire »130. À Saint-Sulpice-la-Pointe, Michelle Bastard-Fournié note que cette fonction est dévolue aux prêtres de la confrérie Saint-Eutrope131.
74On trouve aussi des confréries du Purgatoire à Lautrec, Lombers et Toulouse132. Il en existe probablement ailleurs puisqu’il est question à Caraman, par exemple, de bayles du Purgatoire, terme d’ordinaire appliqué aux gérants laïcs de confréries (comme pour les autres confréries, il doit y avoir passage du simple luminaire à toute une organisation).
75L’utilisation du terme confratria n’est pas, dans les testaments, immédiatement consécutive à sa création : la confrérie du Purgatoire de la Daurade est créée en 1413, celle de Saint-Étienne en 1418133, elles n’apparaissent dans les actes qu’en 1420 et encore les testateurs hésitent-ils entre le mot luminaire et le mot confrérie134.
76D’après les statuts de la confrérie des âmes du Purgatoire de la Daurade135, l’organisation est la suivante : des plats de quête circulent dans l’église les dimanches et jours de fête, des gérants laïcs136 administrent les revenus, entretiennent un luminaire, font dire des messes par des chapelains. Cette confrérie est constituée par accord entre le prieur et les moines de la Daurade, d’une part, et quelques « prudentes viras parrochianos dicta ecclesia Deaurata pro se et nomine dicta parrochia ». Il n’est cependant pas question de laïcs membres de la confrérie et devant en espérer quelque chose, il s’agit seulement d’organiser des messes en faveur des âmes du Purgatoire. Cette confrérie du Purgatoire n’a rien à voir avec celle d’Avignon, fondée en 1343, qui est une confrérie comme toutes les autres, simplement placée sous le vocable des âmes du Purgatoire137.
77Ce développement de l’institution des âmes du Purgatoire, avec bassins de quête et autels, montre que les testateurs attendent quelque chose d’elle. S’ils donnent une aumône le dimanche, c’est bien sûr pour libérer plus vite leurs parents du Purgatoire mais aussi parce que ces âmes « acquièrent des mérites et peuvent les reporter sur les vivants »138 elles veillent sur eux, prient pour eux, c’est une des formes de la communion des Saints. Il y a parfaite réciprocité, on prie pour les défunts et ils prient pour nous139. Dans la région toulousaine, d’ailleurs, au XIXe siècle, le mot pregatori (endroit où l’on prie) est employé concurremment avec le mot purgatori140.
78De la même façon qu’il a fait aumône pour les âmes du Purgatoire durant sa vie, le fidèle leur fait un legs à sa mort, en espérant bien en être le premier bénéficiaire. Le plus souvent, le legs est fait sans demande de contrepartie ; parfois, le testateur précise qu’il doit être affecté « aux messes célébrées pour la rédemption des âmes languissant au Purgatoire ou y faisant leur pénitence »141. Un testateur de Cintegabelle fait ainsi héritiers universels les collecteurs du bassin du Purgatoire ; ceux-ci doivent faire dire des messes « pour les âmes qui sont au Purgatoire »142.
79Très rares sont ceux qui demandent prières et messes pour eux-mêmes, cela ne se produit que quand une grosse somme est léguée : ainsi, un habitant de Réalmont fait la coupe des âmes héritière de la moitié de ses biens en échange d’une messe chantée par semaine143. Un prêtre de Castres donne quatre setiers de froment et mossole aux prêtres du Purgatoire en échange de « messes et prières pour son âme et celle des autres défunts par lesquels il est tenu »144.
b. La diffusion du culte
80L’utilisation des sources testamentaires pour connaître la date d’apparition de l’institution du Purgatoire ne nous donne pas beaucoup de certitudes. En effet, nous n’avons pas la chance, sauf pour Toulouse et Fanjeaux, d’avoir des séries de documents à peu près continues, de 1300 à 1450, comme Jacques Chiffoleau en a pour le Comtat Venaissin.
81Dans beaucoup de villages et bourgades, le bassin du Purgatoire est mentionné dès les premiers documents, est-il installé depuis vingt, trente ou quarante ans ?
82Quand nous n’avons, pour une localité donnée, que quatre ou cinq testaments, séparés par des intervalles de dix ou vingt ans, on peut se demander si justement ces quelques disposants n’ont pas été réfractaires à l’institution, ne lui ont rien légué alors qu’elle existait (en effet, le legs n’est pas systématique quand un bassin du Purgatoire est attesté).
83Dans certaines villes, les legs sont faits « à tous les luminaires » ou « tous les autels », sans plus de précisions, peut-être passe-t-on ainsi à côté d’un autel ou d’un luminaire du Purgatoire. À Grenade, le Purgatoire n’apparaît qu’en 1434 mais, auparavant, tous les testateurs faisaient un legs aux candellis obsequiis, s’agissait-il des cierges mis autour du cadavre ou d’un luminaire en rapport avec le Purgatoire comme le suggère Michelle Bastard-Fournié pour Montech ?145
84La cartographie des bassins du Purgatoire, dressée à partir de tous les testaments dont nous disposons est légèrement différente de celle obtenue par Michelle Bastard-Fournié146 : nous avons pu faire remonter d’une vingtaine d’années l’apparition du Purgatoire à Lautrec (1354 au lieu de 1374) et à Cintegabelle (1387 au lieu de 1409), de quelques années à Fanjeaux (1366 au lieu de 1368) et à Montgiscard (1381 au lieu de 1383). L’utilisation systématique de tous les testaments nous a fourni deux Purgatoires précoces à Villepinte (1364) et à Montesquieu-Lauragais (1387) et encore apparaissent-ils dès les premiers documents. Ces modifications ne changent rien au schéma général de propagation du culte.
85Compte tenu des limites dues aux sources, le Purgatoire le plus précoce que nous ayons est celui de Lautrec, une ville moyenne ; ensuite, ce sont des bourgades, Villepinte et Fanjeaux, qui connaissent l’institution. Lavaur et Castres, villes épiscopales, sont touchées plus tardivement, en 1377 et 1388. Toulouse, la ville la plus importante, ne connaît son premier bassin du Purgatoire qu’en 1378, le second en 1402 et il faudra attendre 1420 pour que toutes les églises paroissiales de la ville en soient pourvues.
86À la différence du Comtat Venaissin où le passage de l’institution se faisait des villes importantes, en particulier épiscopales, aux bourgs puis aux villages (vers le milieu du XVe siècle)147, ici, certains villages connaissent tôt le Purgatoire, dès la fin du XIVe siècle, plus tôt même que les grandes villes (les Montalbanais ne voient l’institution s’installer qu’en 1427)148.
87La ville n’influence pas les bourgades et villages voisins : 80 ans en moyenne séparent l’installation du Purgatoire à Lautrec de son arrivée dans les localités proches, une cinquantaine d’années s’écoulent entre son apparition à la Dalbade de Toulouse et dans les villages voisins. C’est la même chose pour Caraman et les villages de Ségreville, Cambiac, La Salvetat, pour les bourgades : le Purgatoire existe tôt à Cintegabelle mais ne s’installe que tardivement à Caujac, Gaillac-Toulza, Aignes.
88Par contre, quand l’institution est adoptée dans un village, tous les villages voisins veulent avoir eux aussi leur bassin du Purgatoire149 ; une mode se répand, on veut être « à la pointe du progrès » comme ceux d’à côté, l’esprit de clocher joue peut-être, même pour un plat de quête...

89Si le bassin du Purgatoire n’existe pas dans une localité, ses habitants ne lèguent pas à celui de la bourgade la plus proche, sauf dans le Lautrécois où les villageois de Ganoubre, Alayrac, Grayssac, Saint-Julien-de-Vivenchis, Saint-Pierre-de-Mazères, Scabrilles et Contest lèguent à la coupe de Lautrec. À Toulouse où existent plusieurs bassins du Purgatoire, très rares sont ceux qui songent à un autre bassin que celui de leur paroisse ; on ne s’intéresse qu’aux défunts familiers, semble-t-il, on assiste à une spiritualisation du culte des ancêtres150.
90La diffusion du culte s’effectue d’Est en Ouest. Jacques Chiffoleau situe le point de départ en Avignon en 1333151 et note que dans le Languedoc, Alès est atteint en 1341, Montpellier en 1347152. Dans le Toulousain, les Purgatoires les plus anciens, antérieurs à 1390 sont (sauf celui de la Dalbade) ceux situés les plus à l’Est : dans le Lauragais, le Castrais, le Lautrécois ; la vallée de la Garonne est touchée plus tardivement153. L’innovation viendrait de la cour pontificale, en suivant les voies de communication, apportée peut-être par les favoris des papes méridionaux.
91Il n’est fait mention de cette institution du Purgatoire que dans le Midi de la France ; Marie-Thérése Lorcin ne rencontre jamais le mot Purgatoire dans le Lyonnais154. Est-ce parce que le Midi est la zone où il faut encadrer le plus les populations ou bien celle où la papauté d’Avignon est la plus influente ?

L’importance accordée au Purgatoire par les testateurs :
92La fréquence et l’importance des legs destinés à l’institution du bassin du Purgatoire permettent de voir quel attrait ce culte exerce sur les testateurs.
Pourcentage de testateurs faisant un legs pour les âmes du Purgatoire155
Grenade | 0,5 % |
Castelnaudary | 19,4 % |
Toulouse | 29,7 % |
Castres | 38,9 % |
Lautrec | 41,2 % |
Montgiscard | 77,5 % |
Cintegabelle | 82,9 % |
Fanjeaux | 84,6 % |
Villages du Lauragais occidental | 88 % |
Caraman | 95,3 % |
Villages du Lauragais oriental | 100 % |
Villages du Lautrécois | 100 % |
Villages du gardiage et de la viguerie | 100 % |
Ensemble | 53,6 % |

93Dans l’ensemble, 53,6 % des testateurs disposant dans leur paroisse d’un bassin du Purgatoire songent à lui. Hommes et femmes issus de toutes les catégories sociales font aussi souvent les uns que les autres ce type de legs.
94L’attrait de la nouveauté ne joue guère pour expliquer la fréquence des legs : à Montgiscard et Cintegabelle où le Purgatoire est présent dès les premiers actes, le pourcentage de testateurs s’y intéressant reste constant de 1380 à 1450156.
95Villageois et habitants des bourgades y sont, semble-t-il, plus attachés que les citadins157 ; c’est d’ailleurs, nous l’avons dit, souvent dans les villages qu’apparaît d’abord l’institution du bassin du Purgatoire. Michelle Bastard-Foumié avait déjà noté que le milieu urbain était réticent à adopter celle-ci. Pour elle, la liaison Purgatoire-marchands-Ordres Mendiants-urbanisation qu’établit Jacques Le Goff n’est pas très vérifiable dans la région toulousaine158 et nous ne pouvons que reprendre ses conclusions.
96Le Purgatoire existe évidemment là où se trouvent des couvents de Mendiants, propagandistes de la nouvelle croyance, mais on le rencontre aussi et même très tôt là où il n’y a pas de couvents : Villepinte, Montgiscard, Baziège, Cintegabelle, Montesquieu-Lauragais (bien sûr, les Mendiants y font des tournées). Parfois existent plusieurs couvents -comme à Toulouse- et pourtant l’installation de l’institution ne se fait que lentement. Dans cette ville, les couvents de Mendiants sont d’ailleurs situés dans les paroisses où le Purgatoire apparaît tardivement, au XVe siècle (Saint-Étienne, Saint-Sernin, La Daurade) ; le seul Purgatoire précoce, celui de la Dalbade, naît dans une paroisse ne possédant pas de couvent de Mendiants.
97Le bassin du Purgatoire est toujours, en Toulousain, installé dans l’église paroissiale159 et non chez les Mendiants ; un seul testament parle d’un bassin situé chez les Prêcheurs toulousains mais il s’agit peut-être d’une erreur du disposant160. Les Mendiants ont diffusé l’idée de Purgatoire mais la pratique rituelle est revenue à l’église séculière. C’est à peu près la même chose en Comtat : la plupart des bassins sont dans les églises paroissiales, cependant, on en trouve chez les Mineurs et les Prêcheurs à la fin du XIVe siècle et au XVe siècle161.
98Il ne semble pas non plus exister de liens entre le Purgatoire et les marchands (auxquels serait propre l’idée de comptabiliser les suffrages pour échapper plus vite au Purgatoire), puisque les legs sont plus fréquents dans les villages que dans les villes alors que les commerçants y sont plus rares.
99Contrairement au Comtat, où les legs sont rarement supérieurs à cinq sous tournois, de l’ordre de ceux faits au cierge pascal ou au luminaire du saint patron162, dans le Toulousain, ils sont élevés, supérieurs aux autres legs pieux (mais non aux demandes de suffrages). Ainsi, à Castelnaudary, chaque testateur léguant au Purgatoire donne en moyenne 1 livre 11 sous tournois contre deux deniers tournois à la mense épiscopale ou aux autres luminaires ; à Fanjeaux, la moyenne est de l’ordre d’1 livre 10 sous tournois (soit dix fois plus qu’aux autres bassins de l’église) et comparable aux legs faits au couvent des Prêcheurs. À Lautrec, on lègue de 2 sous tournois à 4 livres tournois, contre 6 deniers tournois à chaque luminaire. Ce qui est original dans tout le Lautrécois, c’est le legs de blé à la coupe du Purgatoire (jusque en 1419). Ce blé est-il affecté en paiement aux prêtres de l’institution, sert-il en partie à la fabrication d’hosties, est-il revendu par les prêtres, distribué aux pauvres163 ? Ailleurs, les legs en nature sont très rares et ne se composent que d’objets pouvant être utilisés pour le culte : nappes et serviettes « aux âmes du Purgatoire, pour lesquelles on demande aumônes, à Saint-Sernin »164, patenôtres165.
100Le bassin du Purgatoire n’est fait héritier universel que dans 17 cas seulement (cela représente un peu plus de 0,8 % des héritages)166. Il est favorisé particulièrement par les habitants du Castrais et du Lautrécois (qui pourtant ne lèguent pas en grand nombre à cette institution) puisque douze disposants le choisissent comme héritier universel167 et quatorze sur vingt-deux comme possible héritier, si le légataire universel décède.
101Il est difficile de voir dans le culte des âmes du Purgatoire le désir pour des testateurs déracinés et orphelins de rejoindre une structure d’accueil, « remplaçant les ancêtres mythiques que la crise a fait disparaître »168 puisque ce n’est pas en ville, comme en Comtat, mais dans les campagnes, qu’on s’intéresse le plus à cette institution du Purgatoire. De plus, l’idée de Purgatoire sous-entend, à notre avis, l’idée de solidarités, familiales et municipales.
102Peut-être lègue-t-on peu, en ville, à l’institution du Purgatoire (exemples de Castelnaudary, Toulouse, Lautrec), car d’autres organisations, confréries et Ordres Mendiants, prennent en charge la célébration des prières et messes pour les défunts (même si dans les actes ce n’est pas toujours évident)169 ; c’est d’ailleurs quand les Mendiants sont présents qu’on lègue le moins souvent au Purgatoire (sauf à Fanjeaux). Toutefois, les villages et bourgades où la quasi-totalité des fidèles songe au bassin du Purgatoire sont pourvus de confréries célébrant pour leurs morts et, dans certains d’entre eux (Fanjeaux, Montgiscard et Cintegabelle), on lègue et aux confréries et au bassin du Purgatoire. Peut-être effectue-t-on ce legs parce que l’Église insiste particulièrement sur cette dévotion, dans les zones où il est le plus nécessaire d’encadrer les fidèles, de christianiser l’Au-delà car les croyances populaires n’ont rien d’orthodoxe ?
103L’idée d’un lieu Purgatoire est-elle bien ancrée dans les esprits ?
c- Les résistances au Purgatoire
104Pour Henri Neveux, il est probable que, dans les années 1250- 1300, se côtoyaient deux grandes traditions : l’errance ou l’enfermement des âmes, l’Église a progressivement choisi la seconde et l’a de plus en plus soutenue170.
105Par la prédication, dès le XIIIe siècle, l’Église essaie effectivement d’imposer le Purgatoire171. Ce lieu d’enfermement permet de récupérer les revenants, ces morts pas tout à fait morts, mi-matériels, mi-immatériels, errant sur la Terre172. Elle les transforme en âmes du Purgatoire en quête de prières et messes, ce que le dominicain Jean Gobi, par exemple, fait à Alès pour le revenant Gui de Corvo173. Elle diffuse le culte de ces âmes pour intégrer parfaitement les images anciennes de l’Au-delà, pour les christianiser.
106Quelle est donc la situation dans les régions rurales du Toulousain, régions qui ont été très touchées par l’hérésie cathare, beaucoup plus que Toulouse, ville de marchands174 ?
107La décadence du mouvement, la forte émigration ne se sont produites qu’à partir de 1270, les idées hérétiques sont encore très répandues, au moins au XIVe siècle ; c’est ce qui apparaît pour Montaillou175 quand Jacques Fournier évêque de Pamiers recherche, dans les années 1318-1325, les traces d’hérésie dans son diocèse176.
108Pour les Cathares, le Purgatoire n’existe pas, la purification s’effectue par le moyen des réincarnations successives177. Parmi les 90 personnes (dont 25 viennent de Montaillou), qui déposent devant Jacques Fournier, certains acceptent cette métempsychose. Pour beaucoup d’autres, les âmes des morts, sous une apparence matérielle (avec pieds, mains, blessures reçues à la guerre), restent tout près, sur les marges du finage, courant pour faire pénitence, certaines, les plus mauvaises, pourchassées par les démons ; ces âmes peuvent aussi visiter leur maison.
109Même pour un citadin catholique, Arnaud Gélis, dit Botelher, sacristain au Mas-Saint-Antonin, près de Pamiers, ces doubles visitent leurs maisons, « boivent le bon vin et se chauffent au feu », le vin toutefois ne diminue pas quand ils en boivent178. Pour lui, les morts vont d’église en église « et par les chemins, les uns plus vite, les autres plus lentement, selon leur degré de péché à leur mort », leur course s’arrête pendant la nuit qu’ils passent à veiller dans les sanctuaires pour accumuler les grâces. Ils s’adressent aux vivants par l’intermédiaire d’un messager des âmes ou armier (arma : âme), lui, Arnaud Gélis179. Les âmes lui apparaissent, soit d’elles-mêmes, soit par évocation et demandent des messes à faire payer par leurs héritiers ; cela leur permettra de gagner le Repos où elles attendent le Jugement. La nuit de la Toussaint est celle du tri, où l’on passe de l’errance au repos. Ces âmes des morts ne sont pas dangereuses pour les vivants, seulement pour Arnaud Gélis qui reçoit quelques coups de bâton s’il ne transmet pas leurs messages. Ce n’est donc pas un double malfaisant qui erre aux confins de l’Aude et de l’Ariège mais une âme en peine qui a besoin de suffrages180 pour gagner le lieu du Repos.
110Arnaud Gélis ne croit pas à un Jugement particulier et en la distribution des défunts en trois lieux : Enfer, Purgatoire, Paradis. Un seul de ses défunts lui a dit être passé par le feu du Purgatoire et « s’y est trouvé comme en passant » ; les âmes, une fois achevée leur pénitence, vont au Repos « et ce lieu de Repos est sur la terre »181, où elles restent « jusqu’au jour du Jugement ». « L’esprit d’aucun homme, à moins qu’il n’ait été très saint, n’est entré ou n’entrera au ciel ou au royaume céleste jusqu’après le Jugement »... « Aucune âme d’aucun défunt, si pervers qu’il ait été, n’est entrée ni entrera en enfer jusqu’au jour du Jugement... ». Il pense « que l’enfer est un lieu réservé aux démons, et que, pour l’heure, et jusqu’au Jugement ou après, il n’y aura en enfer que les démons... »182 Le salut, ce n’est point la Vision Béatifique mais le Repos en attendant le Jugement Dernier.
111Toute la clientèle (surtout féminine) d’Arnaud Gélis, croit à cette errance des âmes, à une mort progressive, un Repos conquis seulement après pénitence et célébrations de messes. Si Arnaud Gélis met en relation vivants et morts, il ne faut pas oublier qu’il est protégé par quelques prêtres, ceux auxquels il sert de « rabatteur » et qui célèbrent ces fameuses messes (ils ne sont donc pas hostiles à ces pratiques). Arnaud Gélis n’est d’ailleurs pas le seul armier du registre de Jacques Fournier, un forgeron, Bernard de N’Azalaïs, et deux femmes, Amaude Riba de Belcaire et la propre cousine d’Arnaud exercent les mêmes fonctions.
112Jean XXII lui-même dira, en 1331, qu’au lendemain de la mort, les Justes jouissent d’un repos terrestre et ne bénéficient de la Vision divine qu’après le Jugement Dernier ; ce genre d’idées était probablement très répandu (Jean XXII toutefois ne parle pas d’errance), au moins dans le Midi183. Pour ce pape, « avant le jour du Jugement, les bienheureux n’iront pas à la vie éternelle, donc avant le jour du Jugement, les méchants n’iront pas au supplice éternel ».
113Jean XXII dut se rétracter et son successeur Benoît XII (Jacques Fournier) fixa le dogme : la rétribution des âmes a lieu immédiatement après la mort, les Justes allant au Paradis, les damnés en Enfer. Le Purgatoire, comme le dit Michelle Bastard-Fournié, est en arrière-plan de cette querelle sur la Vision Béatifique184. Benoît XII fait allusion, dans sa décrétale Benedictus Deus qui y met fin, aux âmes qui, après leur mort, auraient achevé de se purifier. C’est parce qu’il y a Jugement Particulier et rétribution immédiate que les âmes imparfaites passent par des épreuves temporaires dans le Purgatoire. Quand Jacques Fournier réfute les idées d’Arnaud Gélis et le conduit à se rétracter, cette doctrine est nettement établie. L’armier confesse que « les âmes des hommes et des femmes défunts vont au Purgatoire dans lequel ils accomplissent la pénitence qu’ils n’ont pas faite en ce monde. Celle-ci achevée, ils vont au paradis céleste où se trouvent le Seigneur Christ, la sainte Vierge, les anges et les saints... » ; « les âmes des défunts, après pénitence, vont dans la joie du paradis céleste et... il n’y a pas de lieu de repos des âmes sur la terre, mais dans le paradis céleste... », « les âmes de tous les hommes et femmes défunts, après pénitence, si besoin est, entrent immédiatement au royaume du ciel » (Vision Béatifique)... « Les hommes pervers sont mis en enfer aussitôt qu’ils meurent et ils resteront en enfer et y seront punis pour leurs péchés... » et, bien sûr, « les âmes humaines... sont des esprits, n’ont pas de corps, et n’ont pas de membres qui leur soient unis, ne mangent ni ne boivent, ni n’éprouvent de tels besoins ».
114On a ainsi Jugement Particulier et distribution des morts en trois lieux, avec suppression de l’errance et remplacement par le Purgatoire. Si des âmes du Purgatoire apparaissent, ce sera par miracle, pour demander des prières pour leur libération ou annoncer à leurs amis leur joie d’avoir été libérées.
115Ne trouve-t-on pas des survivances des anciennes croyances bien plus tard ?
116Pendant très longtemps, on pense que les morts vont en procession sur les routes, particulièrement la veille de Noël, le soir de la Saint Jean et le soir de la Toussaint, et ceci dans toute l’Europe185 ; cette procession est encore mentionnée en Ariège avant la dernière guerre186.
117Les visites des morts dans leur maison apparaissent dans un manuel de confesseur datant de la deuxième moitié du XVe siècle, composé probablement dans la partie Nord du ressort du Parlement de Toulouse (vers Cahors ou Moissac), les fidèles croient en cette visite, gage de prospérité : « ou quand je dis que les Âmes sortent du Purgatoire les jours de fête, ou quand je laisse le soir la table mise avec de la nourriture, en croyant que les voisins ou d’autres, après que tout le monde sera couché, viendront et feront bonne chère et donneront la bonne fortune, ou quand je dis que le lundi, c’est mauvaise action de se lever de bonne heure pour travailler car les âmes recommencent à souffrir quand le premier commence à travailler, toutes les fois que j’ai ces folles pensées, je pèche mortellement, si ce n’est par ignorance »187
118Les relations avec l’Au-delà semblent rester particulières : le mort n’est pas tout à fait mort puisqu’il visite sa maison certains jours de l’année et qu’à cette occasion, on lui laisse les reliefs du repas. Des oblations de nourriture sont pratiquées sur les tombes, au XVIIIe siècle à Senez (en Provence)188, avant la dernière guerre à Montségur (en Ariège)189, nous l’avons déjà signalé, pourquoi ne le seraient-elles pas aux XIVe et XVe siècles ? Nous n’en avons cependant aucune mention dans les textes.
119Il faut toutefois rejeter les conclusions que Jean Bordenave et Maurice Vialelle tirent des fouilles qu’ils ont effectuées dans le Castrais et l’Albigeois190, conclusions reprises dans plusieurs publications191.
120D’après eux, la demeure du mort comporte trois éléments : la sépulture proprement dite, une fosse à offrandes et une fosse vide. Les fosses à offrandes contiennent de la terre (« origine et terme de la vie »), des tuiles brisées (« provenant de la maison du mort »), de la poterie, des ossements d’animaux (« constituant un viatique pour l’au-delà »), des pointes, du fer (« protection contre les mauvais esprits et moyen d’empêcher les morts de quitter leur demeure pour venir tourmenter les vivants »)192. Les fosses vides serviraient de logis à l’âme des défunts193.
121Pour les deux auteurs, ces fosses ne peuvent être des silos ou des dépotoirs, : elles sont trop grandes par rapport aux récoltes possibles194 ; leurs parois n’étant pas érodées, elles n’ont pu être ouvertes très longtemps195. Elles ne sont pas munies d’un système de protection : pas de traces d’une toiture par exemple, ou de trous de poteaux.
122Nous avons déjà signalé196 les critiques émises à l’encontre de cette interprétation, on peut rajouter que, sur le site de Cabrilles197, par exemple, on distingue nettement des murs qui pourraient être les restes d’un bâtiment abritant des silos, que les silos trouvés sur les sites du Lauragais, munis de bouchons de protection, ne sont pas eux non plus érodés198 et qu’enfin, les estimations de récoltes n’étant pas indiquées ni le volume total des « fosses » on ne voit pas pourquoi celles-ci ne pourraient être des silos.
123Fosses vides et fosses à offrandes se retrouvent, d’après ces auteurs, sur plusieurs sites, ainsi à Saint-Vincent d’Arnhac, à l’ouest de Lautrec : là, elles sont creusées dans l’église et le cimetière et on note même la présence de foyers utilisés pour des « feux rituels », ce qui aurait amené la hiérarchie à détruire l’église au XVe siècle et a en recouvrir les ruines de terre199 (aucun texte n’y fait référence). Il est classique, en période troublée, de transformer l’église en lieu de stockage, on creuse alors des silos dans son sol ; on a pu aussi creuser ces fosses alors que l’église était abandonnée, ou bien avant qu’elle ne soit construite (on voit d’ailleurs qu’une de ces fosses à offrandes de Saint-Vincent-d’Arnhac est antérieure à un mur de l’église qui la recoupe)200. La destruction de l’édifice a pu être accidentelle (guerre, incendie...).
124Jean Bordenave et Maurice Vialelle trouvent à Sainte-Sigolène un sarcophage ; manifestement, on a creusé, postérieurement à son installation, une fosse sur son emplacement. Arrivé à sa hauteur, il a fallu en enlever une partie pour terminer la fosse (silo ou dépotoir) : pour eux, ce sarcophage a été intentionnellement brisé pour mettre le défunt en relation avec une fosse vide ou demeurerait son âme201...
125Dans le Lauragais a été fouillé, tout près de Castelnaudary, le site d’une petite chapelle, Saint-Sernin-des-Allemands. À l’intérieur et à l’extérieur de l’édifice, se trouvent des sépultures allant (a minima) du XIIe au XVIe siècle, et, mêlés aux tombes, silos et dépotoirs, ceci même à l’intérieur de la chapelle. Pour l’équipe d’archéologues ayant effectué la fouille, il est évident qu’il n’existe pas fosses à biens et fosses vides pour l’âme des défunts, de même, aucune trace de feux rituels n’a été notée sur les tombes202.
126Si les fidèles du Toulousain croient en une errance des âmes, en un lieu de repos situé sur terre, ils ne vont pas jusqu’à creuser des fosses pour que s’y tiennent ces errants et ils n’aménagent probablement pas de conduits à libations pour les nourrir203.
127Le contact entre morts et vivants ne sera pas facilement rompu dans cette région. L’armier est promis à un brillant avenir, mentionné au XVIIIe siècle dans le Tableu de la bido del parfet crestian d’Amilha204, il est toujours en activité au XIXe siècle et même au début du XXe siècle dans les départements de l’Aude, de l’Ariège, du Tarn et de l’Aveyron205 ; le revenant a été christianisé mais il est toujours là.
128L’Église a-t-elle d’ailleurs parfaitement réussi à imposer le Purgatoire ? Bien sûr, certains testateurs font legs pieux et charitables dans l’espoir de parvenir « à la gloire du Paradis et d’éviter les peines du Purgatoire »206, mais le legs à l’institution n’est-il pas une coutume locale à laquelle il est bon de se plier ? Est-ce que le comportement des testateurs, dans l’ordonnancement de leurs demandes de suffrages n’est pas en désaccord avec l’idée d’un temps de purgation, suivant immédiatement la mort et variable selon la quantité de péchés commis et les prières et messes célébrées en faveur du défunt ?
129L’accumulation de suffrages dans les années suivant le décès est le meilleur signe de la croyance en une période-Purgatoire, pendant laquelle les services doivent être les plus nombreux possibles, de façon à abréger les souffrances subies. Cette accumulation se manifeste à Toulouse, à partir de 1400, puis s’étend progressivement, entre 1420 et 1440, au reste de la région, mais, sauf à Toulouse où elle devient majoritaire, elle ne touche que peu de monde207. De plus, elle se fait aux dates traditionnelles de commémoration : lendemain, neuvaine, bout de l’an. Ces dates traditionnelles suggèrent l’idée d’un temps d’errance de l’âme avant qu’elle puisse rejoindre définitivement le monde des morts ou des ancêtres208 ; les fidèles effectueraient ainsi une symbiose entre la façon traditionnelle de concevoir la mort et l’Au-delà et la nouveauté du Purgatoire, introduite par les clercs.
130Dans le Toulousain, nous ne rencontrons donc pas un comportement aussi limpide qu’en Comtat Venaissin où, dans les villes et bourgs se font, et ce très tôt, legs au bassin du Purgatoire et accumulation de messes209 ; les legs au Purgatoire y sont plus rares, les bassins sont tardifs. Dans les villages, l’accumulation ne commence que fort tard, bien après l’installation du Purgatoire et c’est là que se font surtout les legs, probablement sous la pression des clercs.
131La représentation de l’Au-delà que semblent se faire les populations de la région (d’après les registres de Jacques Fournier) peut expliquer l’absence de macabre, l’Au-delà n’est pas tragique : on ne craint pas l’Enfer qui est réservé aux démons et aux Juifs ; bien sûr, un temps d’épreuves attend l’âme, une errance d’un an mais ce n’est pas très pénible puisqu’ensuite on atteint le Repos jusqu’au Jugement Dernier. Quant à ceux qui vont croire au Purgatoire, ils espèrent en sortir assez vite, grâce aux aumônes et messes payées par leurs héritiers et grâce à la clémence de Dieu et à l’intercession des saints. Le fidèle moyen a confiance et espère obtenir le salut. Il n’est pas angoissé car, comme le dit Jacques Le Goff, le Purgatoire est une “dévotion de l’espoir”. Dans une période où on attache de plus en plus de prix à la vie terrestre qu’il est douloureux de quitter, le Purgatoire rassure ; c’est une annexe de la terre qui prolonge le temps de la vie et de la mémoire. Le défunt devient un citoyen de l’Au-delà, une âme du Purgatoire pour laquelle on prie et fait célébrer des messes. Le Purgatoire, s’il donne plus de puissance à l’Église qui met ainsi la main sur l’Au-delà, s’il accroît ses revenus par la célébration de messes en faveur des défunts, représente aussi un accroissement de puissance pour les vivants210.
Notes de bas de page
1 Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., p. 357.
2 Ibidem, pp. 359-360.
3 A.D.A., H 581, n° 7, Fanjeaux, 1423.
4 A.D.T., E 373, E 374, E 413, E 415, E 417, etc.
5 À Toulouse et à Lautrec, cf. les annexes p. 562 et suiv.
6 Une curiosité : un testateur de Grenade lègue un vêtement à trois enfants pauvres, en l’honneur de la Trinité, A.D.H.G., 3E 8587, f° 86 r°, 1434.
7 Lors de la datation aussi : anno Domini...
8 A.D.H.G., 3E 537, f° 185 v°, Toulouse, 1450 : « altissimo creatori rerum omnium conditori qui eam de limo terre creavit » ; idem in A.D.H.G., 3E 537, f° 102 v°, Toulouse, 1448 et A.D.H.G., 3E 537, f° 142 v°, Toulouse, 1449.
9 Où il accompagne le Père et le Fils : A.D.A., 3E 9453 ; A.D.A. 3E 9452, Castelnaudary ; A.D.H.G., 3E 23192, 3E 22913, Cintegabelle.
10 Cf. les annexes p. 573 et suiv. et le paragraphe : les confréries, p. 386 et suiv.
11 À Toulouse et Grenade, cf. le paragraphe : legs aux hôpitaux, p. 484, le paragraphe : les confréries, p. 386.
12 Les testateurs peuvent cependant léguer à la chandelle et à la confrérie : A.D.H.G., 3E 8588, F 12 r°, 1394, etc.
13 Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., pp. 366-367.
14 A.D.H.G., 3E 9943, F 176 v°, Caraman, 1439 ; A.D.H.G., 3E 3305, F 1 r°, Toulouse, 1427...
15 A.D.A., 3E 9448, F 92 v°, Castelnaudary, 1418 ; A.D.H.G., 3E 161, F 51 r°, Toulouse : « Son seul fils, Notre Seigneur Jésus-Christ, Notre Rédempteur » ; A.D.A., G 134, 1425, Castelnaudary : « fils de Dieu homme ».
16 Delaruelle (Et.), Dévotion populaire et hérésie au Moyen Âge, in Hérésies et sociétés dans l’Europe pré-industrielle XIe -XVIIIe siècles, Paris-La Haye, 1968, pp. 147-157.
17 A.D.H.G., 3E 537, F 185 v°, Toulouse, 1450 : « redemptoris nostris Jhesu Christi per passionem suain et aspersionem sui sacrifissum sanguinis in ara crucis effuse pro redemptione totius humani generis ».
18 Luminaires du crucifix attestés à Grenade, Castelnaudary... Réparation du grand crucifix de l’église Saint-Étienne de Baziège : A.D.H.G., 3E 10163, f° 25 r°, 1401 ; legs à l’œuvre de la croix d’argent de Montesquieu-Lauragais : A.D.H.G., 3E 10097, f° 6 v°, 1447 ; f° 37 r°, 1448 ; etc.
19 A.D.A., 3E 9450, non folioté, 1416, Castelnaudary, etc.
20 A.D.A., 3E 9444, f° 52 r°, 1410, Peyrens ; le mari d’une disposante doit donner à son église paroissiale une croix d’argent pesant quatre marcs, A.D.H.G., 3E 3897, f°8 r°, 1414.
21 A.D.T., E 417, f° 248 v°, Lautrec, 1440.
22 A.D.T., E 388, f° 153 v°, 1446.
23 Delaruelle (Et.) La pietà popolare alla fine del medio evo, in Movimente religiosi ed eresi, Relazione del Xe Congresso internationale di scienze storiche, VIII, Firenze, 1955, pp. 513-537.
24 A.D.T., E 417, f° 189 r°, Lautrec, 1430. Un seul cas aussi en Comtat Venaissin, cf. Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., p. 364.
25 Et aussi « grâces spirituelles et faveurs temporelles ici-bas », cf. Gougaud (Dom Louis) Dévotions et pratiques ascétiques au Moyen Âge, Collection Pax, volume XXI, Paris, 1925, pp. 80-81.
26 Delaruelle (Et.), La spiritualité aux XIVe et XVe siècles, in Cahiers d’histoire mondiale, Neuchâtel, 1959, vol. I, pp. 59-70.
27 Coulet (N.), La désolation..., op. cit., p. 133.
28 A.D.H.G., 3E 10097, f° 53 r°, 1448, Montesquieu-Lauragais ; A.D.H.G., 3E 22915, f° 116 r°, 1441, Caussidières ; A.D.A., H 567, n° 1, Gibel, 1347 ; A.D.A., 3E 9452, f° 21 v°, 1444, Lasbordes ; etc.
29 A.D.H.G., 3E 8582, f° 52 v°, 1395 et A.D.H.G., 3E 8582, f° 210 v°, 1402. Ce miracle n’est mentionné ni dans l’Histoire générale du Languedoc ni dans aucune monographie de la ville de Grenade.
30 26 calices, 5 custodes (custodia sive reliquarium). À Aix, Noël Coulet trouve des « custodia seu caxieta », « custodia ad portandum Corpus Christi in die Eucharistie », La désolation..., op. cit., pp. 135-137.
31 A.D.T., E 357, f° 248 r° : lampe du Corps-du-Christ, devant l’armoire où l’on réserve le Corps-du-Christ ; armoire qui est parfois à réparer : A.D.H.G., 3E 10154, f° 161 v°, Montbrun, 1383.
32 Coulet (N.), La désolation..., op. cit., pp. 135-137.
33 A.D.H.G., 3E 10162, F 71 v°, 1409.
34 À Saint-Jory : A.D.H.G., 3E 5125, f° 40 v°, 1415 : « pour un reliquaire que l’église fait faire au service de Dieu ». À Cintegabelle, A.D.H.G., 3E 22909, F 22 v°, 1387, etc. Un testateur de Grenade lègue de l’argent pour le drap recouvrant la custode, car il doit être refait, A.D.H.G., 3E 8582, F 63 r°, 1396.
35 En comptant encore les trois confréries pour lesquelles les fidèles hésitent entre l’appellation « du Saint-Esprit » ou « du Corps-du-Christ ». Dans le Comtat Venaissin, par contre, Jacques Chiffoleau, in La comptabilité..., op. cit., pp. 260-262, en trouvait plus de 25 et précocement « comme en Languedoc rural ».
36 A.D.H.G., 101 H 100, F 71 r°, 1361, à Saint-Sernin ; A.D.H.G., 101 H 98, F 95 r°, 1387, à la Dalbade ; A.D.H.G., 101 H 101, F 21 r°, 1374, à Saint-Étienne. Pour M.-S. Nucé de Lamothe, Piété et charité publiques..., op. cit., pp. 36-37, l’installation des lampes à Saint-Étienne ne se fait qu’en 1419, A.D.H.G., 3E 12046 n° 216, F 1 r°.
37 Nous avons éliminé le Castrais, le Lautrécois et la Vicomté de Caraman car ces legs s’y font « à tous les luminaires » sans qu’il soit possible de savoir si existe un luminaire du Corps du Christ.
38 A.D.H.G., 3E 22913, f° 66 v°, 1419, Gaillac-Toulza.
39 Cette baisse est due à l’absence totale de legs à Toulouse, les testateurs ne parlant que des funérailles et des sommes consacrées aux messes. En Comtat, selon les villes, les dons au cierge du Corps du Christ augmentent ou diminuent. Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., p. 363.
40 Nucé de Lamothe (M.-S.), Piété et charité..., op. cit. pp. 36-37.
41 À Grenade, A.D.H.G., 3E 8588, f° 31 v°, 1395 ; A.D.H.G. 3E 8588, f° 33 r°, 1395, etc. ; à Lavaur : A.D.T., Fonds Lafage et Cambefort 134, f° 112 r°, 1405 ; A.D.T., Fonds Lafage et Cambefort 134, f° 173 r°, 1407.
42 Pour elle, le dernier legs s’effectue en 1413, Piété et charité..., op. cit., pp. 36-37. Nous en trouvons encore un exemple en 1430 : A.D.H.G., 3E 3305, f° 133 r°.
43 La bulle Transitants d’Urbain IV, du 11 août 1264, étend à toute l’Église la fête du Corps-du-Christ, le jeudi suivant la Trinité.
44 A.D.H.G., 101 H 102, f° 76 r°, 1392, Castelnaudary ; A.D.A., 3E 9444, f° 100 r°, 1411, Peyrens ; A.D.H.G., 3E 22909, f° 146 v°, Cintegabelle, 1415.
45 A.D.H.G., 4G 236.
46 Cf. infra, p. 293.
47 Un seul testateur la qualifie d’intemerata (vierge, inviolée...), c’est un marchand possédant peut-être un de ces livres d’heures de la Vierge où figure la prière o intemerata., cf. Perdrizet (P.), Le calendrier parisien., op. cit., p. 19.
48 Cf. annexes, les confréries, p. 573 et suiv.
49 Coulet (N.), Jalons..., op. cit., pp. 237-240. Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., pp. 371-372.
50 Une seule chapelle Notre-Dame de Pitié, chez les Augustins de Toulouse. C’est la même chose en Comtat, cf. Chiffoleau (J.) La comptabilité..., op. cit. pp. 367-374. Y a-t-il dans la région toulousaine de nombreuses représentations de la Vierge au manteau, symbole de la miséricorde infinie ? Il n’en subsiste en tous cas rien aujourd’hui. Voir Perdrizet (P.), La Vierge de Miséricorde, étude d’un thème iconographique, Paris, 1908.
51 La dévotion envers sainte Anne prend son essor au XIVe siècle, cf. Toussaert (J.), Le sentiment..., op. cit., pp. 288-289.
52 Une statue Notre-Dame de Grasse (sic) se trouve au Musée des Augustins, elle daterait du troisième quart du XVe siècle ; voir Bévotte (M. de), La « Nostre Dame de Crasse » du musée des Augustins de Toulouse et le rayonnement de son art dans les régions voisines à la fin de l’ère gothique, imp. P. Carrère, Rodez, 1982.
53 A.D.H.G., 3E 10193, f° 56 v° à 57 r°. Ce poème est étudié par A. Ramière de Fortanier, Le Planh de Villefranche-de-Lauragais (XVe siècle), in Actes du 99e congrès national des Sociétés savantes, Besançon, 1974, Bulletin philologique et historique, section de philologie et d’histoire jusqu’à 1610, tome I, Paris, Bibliothèque Nationale, 1977.
54 Wolff (Ph.), Un notaire..., op. cit., p. 165.
55 Cf. infra, p. 318.
56 A.D.H.G., 3E 4395, f° 316 r°, Toulouse, 1422 : l’inventaire de Jean Fabri mentionne « una cordata paternostres de corallo in quo sunt centum quinquagenta unus grani de corallo et viginti duo argenti et nonem vitri et una buleta » ; elle appartient à son épouse. A.D.H.G., 3E 8582, f° 17 r°, Grenade, 1394 : « unam cordam paternostres ». A.D.H.G., 3E 1497, f° 23 r°, Toulouse, 1418 : un contrat de mariage mentionne les dons faits par le mari et diverses personnes « ad contemplacionem dicti matrimonii », parmi ceux-ci : des patenôtres de corail avec croix d’argent doré. Un testateur fait un legs aux cierges qui brûlent quand on célèbre le Salve Regina dans l’église de Lavaur : A.D.T., Fonds Lafage et Cambefort 134, f° 112 r°, 1405. De même in : A.D.T., Fonds Lafage et Cambefort 134, f° 177 r°, 1406.
57 Toussaert (J.), Le sentiment..., op. cit., p. 286.
58 À Cintegabelle.
59 Sabarthès (Abbé), Dictionnaire..., op. cit., p. 113 (mention de Notre-Dame de Cogurone encore en 1296 ; dans les testaments de la fin du XIVe siècle, nous trouvons Saint-Michel de Cogurone). Nos travaux postérieurs sur le diocèse de Saint-Papoul nous permettent de faire remonter cette dédicace à saint Michel au moins à 1318. Le changement de vocable est peut-être en relation avec un miracle survenu à Prouille en 1309, le jour de la Saint-Michel, cf. Marandet (M.-C.), Les lieux de culte du diocèse de Saint-Papoul à la fin du Moyen Âge, Archéologie du Midi médiéval, tome 8-9, 1990-91, pp. 99-120.
60 Delaruelle (Ét.), L’archange Saint-Michel dans la spiritualité de Jeanne d’Arc in Millénaire monastique du Mont Saint-Michel, tome III, Paris, 1967, pp. 363-374. Beaune (C.), Naissance de la nation France, Paris, Gallimard, 1991.
61 A.D.A., G 134, « et omnibus angelis paradisi ».
62 A.D.H.G., registres 3E 22912, 3E 22913, 3E 22914.
63 A.D.H.G., registres 3E 10134, 3E 10135, 3E 10136, 3E 10158, 3E 10166... (les notaires sont différents).
64 A.D.H.G., 3E 2957, f° 9 r°, 1413, Toulouse : un pâtissier prénommé Raymond et paroissien de Notre-Dame-de-la Daurade ; A.D.H.G., 3E 2957, f° 22 r°, 1413 : un fournier prénommé Géraud, paroissien de Saint-Étienne ; f° 24 r°, 1414 : sa veuve, Eudie ; elle a dû réclamer en plus saint Michel ; f° 78 r°, 1421 ; un individu prénommé Hugon, paroisse Notre-Dame de la Daurade.
65 A.D.H.G., 3E 10195, P 17 v°, 1430, pour Gardouch ; A.D.H.G., 3E 10195, P 62 v°, 1431, pour Monestrol.
66 A.D.H.G., 3E 3299, f° 48 v°, 1387 ; A.D.H.G., 3E 3299, P 90 r°, 1387 (un cimetière Saint-Jean dans le village).
67 A.D.H.G., 3E 161, en vrac, vers 1416. De la même façon, A.D.H.G., 3E 10134, P 21 r°, 1445. Le testateur est d’Aygues-Vives où l’église est dédiée à saint Saturnin, celui-ci apparaît dans l’invocation.
68 A.D.H.G., 3E 10154, P 121 r°, Montgiscard, 1384.
69 Coulet (N.), Jalons..., op. cit., p. 243.
70 Folz (R.), L’esprit religieux..., op. cit., p. 73.
71 Encore une fois, le saint patron n’est pas celui dont on porte le prénom.
72 A.D.H.G., 3E 537, P 102 v°, 1418, testament fait à Toulouse.
73 A.D.H.G., 112 H XIII-I, n° 6, 1408, Toulouse.
74 A.D.A., H581, n° 7, Béziers, 1423. Il meurt abbé de Saint-Aphrodise de Béziers en 1428. Saints Nazaire et Celse sont les patrons de la cathédrale de Béziers, saint Martin de celle de Mirepoix dont J. Sésale fut chanoine.
75 A.D.H.G., 3E 18270, f° 103 r°, 1409, Toulouse, femme noble : saint Jean l’évangéliste, saint Jean-Baptiste, saint Étienne martyr, sainte Catherine et les Onze Mille Vierges (elle se prénomme Jeanne et se fait enterrer dans le cloître de Saint-Étienne de Toulouse). A.D.H.G., 3E 3305, f° 133 r°, 1430, Toulouse, damoiseau : saint Michel, saint Gabriel. A.D.H.G., 6J, 164, f° 359 r°, 1398, Toulouse, damoiseau : saint Michel, saints Pierre et Paul, saint Étienne protomartyr, sainte Catherine vierge.
76 A.D.H.G.. 112 H 116, f° 396 r°, Toulouse.
77 Delaruelle (Et.), L’archange Saint-Michel..., op. cit., pp. 371-373.
78 Coulet (N.), Jalons..., op. cit., p. 244.
79 Ibidem, p. 243, note 158. R. Folz en parlait dans L’esprit religieux... op. cit., p. 12.
80 Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., p. 374.
81 A.D.H.G., 3E 8588, f° 36 r°, construction d’une chapelle ou sacristie à Grenade en 1395, pas de vocable ; c’est la même chose en A.D.H.G., 3E 8582, f° 210 v°, 1402, Grenade, en A.D.T., E 357, f° 311 r°, 1397, Lautrec.
82 Quelques exceptions : la veille de la Saint Michel : A.D.A., G 134, 1439, Castelnaudary ; pour Notre-Dame de Septembre et pour la Sainte Lucie : A.D.T., E403, f° 32 r°, 1444, Lautrec ; le lendemain de la Saint Étienne d’août (dans l’église Saint-Étienne d’Artoul) : A.D.T.E 365, f° 92 r° et III E 584, f° 42 v°, 1411, Lautrec. Ce choix est souvent en rapport avec le saint patron de la paroisse.
83 A.D.A., H 424, Cessales, 1391 : autel et image de saint Antoine ; A.D.A., H 581, n° 7, 1423 : autel à saint Antoine ; A.D.T., E 417, f° 251 r°, Lautrec, 1440 : images des saints Cyr et Julitte ; A.D.A., 3E 9446, f° 25 v°, Castelnaudary, 1415 : peinture de Notre-Dame et saint Sébastien ; etc. Dix exemples au total.
84 Cf. infra, pp. 319-320.
85 Cf. annexes, p. 573 et suiv.
86 Olivella (J.), Etude sur la population toulousaine au milieu du XVe siècle..., op. cit., pp. 254-271.
87 Des « Gaillarde », « Fleur », une « Prouhèze », une « Antigone ». Des prénoms locaux ne se référant pas à une sainte : Esclarmonde, Saurimonde, déjà en usage bien des décennies auparavant. Le prénom Franceza est-il plutôt à mettre en relation avec saint François ?
88 Hue (J.), Les noms de personnes à Castres à la fin du XIVe siècle, cité par Delaruelle (Et.), Histoire de l’Église..., op. cit., tome 14, p. 791 n° 18. Arrivent en tête : Jean, Pierre, Bernard, Guilhem, Raymond.
89 Berthe (M.), Le comté de Bigorre, un milieu rural au Bas Moyen Âge, Paris SEVPEN, 1976, pp. 140-147.
90 Deux ou trois femmes portent le prénom de Marie, deux ou trois hommes celui de Biaise ; 2 à 3 % des testateurs celui de Jacques. Dans le Comtat, Pierre, Jean, Jacques dominent et pour les prénoms et pour les chapelles, cf. Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., p. 376.
91 Coulet (N.), Jalons..., op. cit., p. 242 : ainsi dix testateurs sur 900 se prénomment Mitre (évêque de la ville) ; par contre, en Comtat les « Auzias font une percée remarquable », cf. Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., p. 380 (enfin, 14/274).
92 Marguerite et Catherine ne commencent à se répandre qu’après 1450, cf. Olivella (J.), Étude..., op. cit., pp. 254-271 ; à peu près 3 % des prénoms féminins.
93 Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., p. 381.
94 Saint Christophe protège de la « male mort » (= la mort subite) ; saint Antoine du mal des ardents, les autres de la peste.
95 A.D.H.G., 3E 22915, f° 94 r°, 1441, Calmont.
96 A.D. Ariège, IMi 2R 20 ZZ1 202, f° 90 v°, 1368.
97 Mesuret (R.), Les peintures murales..., op. cit., p. 74.
98 À Cessales : A.D.A., H 424, 1391 ; à Fanjeaux : A.D.A. H 581, n° 7, 1423 ; à Montesquieu-Lauragais : A.D.H.G. 3E 10097, P 7 v°, 1447 ; à Montgeard : A.D.H.G., 3E 10097, f° 1 bis r°, 1429 ; à Cintegabelle : A.D.H.G., 3E 22909, P 9 v°, 1387 ; à Caussidières : A.D.H.G., 3E 22912, f° 233 r°, 1416.
99 À Castelnaudary, dans l’église paroissiale : A.D.A., 3E 9446, P 25 r°, 1415 ; au couvent des Carmes : A.D.A., 3E 9456, P 186 v°, 1445 ; à Lasbordes : A.D.A., 3E 9455, P 168 r°, 1438 ; à Issel ; A.D.A., 3E 9452, P 21 v°, 1408, à Cintegabelle : A.D.H.G., 3E 22918, P 36 r°, 1454.
100 A.D.T., série I, E 397, P 52 v°, Lautrec, 1430 ?
101 A.D.H.G., 3E 22910, P 21 v°, 1410 : autel de saint Roch dans l’église « noviter faciendi » ; A.D.H.G., 3E 22910, P 23 r° : « si de nova fiat altare in honore sancti Rochi » dans l’église du lieu. Les travaux n’ont pas dû se faire rapidement puisqu’en 1441 on parle d’un autel saint Roch « edifficando » : A.D.H.G., 3E 22913, P 51 r°, 1441.
102 A.D.H.G., 3E 6144,f° 131 v°, 1441, Toulouse. Dans le Comtat Venaissin, les confréries placées sous le vocable de saint Sébastien sont assez nombreuses, mais surtout après 1450, cf. Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., p. 384.
103 Quatre pour sainte Catherine : à la Dalbade, à Saint-Nicolas, à Saint-Romain de Toulouse (dans ce dernier cas, elle est patronne des boursiers et ceinturiers) et à Gargas ; une pour sainte Lucie, à Castelnaudary, où elle est patronne des sartres (tailleurs).
104 Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., pp. 386-387.
105 A.D.A., H 581 n° 7, 1423, Fanjeaux.
106 A.D.H.G., 6J, 164, f° 359 r°, 1398.
107 Le Goff (J.), La naissance du Purgatoire, Paris, Gallimard, 1981. S’y référer pour plus de précisions, ainsi qu’à l’article Purgatoire du Dictionnaire de théologie catholique de Vacant (A.) et Mangenot (E.), tome 13, Ire partie, col. 1163-1357.
108 Voir Lefèvre (Y.), L’Elucidarium et les lucidaires, Paris, de Boccard, 1954. L’Elucidarium a alimenté la vie religieuse des laïcs du XIIe au XVe siècle ; on n’en trouve cependant pas de traces dans tout le Sud-Ouest ; les seuls exemplaires signalés près de notre zone d’étude sont à Lagrasse et Albi. Il est tout de même question dans cet ouvrage de Justes « attendant dans certaines demeures ».
109 Elucidarius elucidarii, écrit en 1393. N. Aymeric, dominicain, était inquisiteur de Catalogne et Aragon. Voir Lefèvre (Y.), L’Elucidarium..., op. cit., p. 265.
110 Le Goff (J.), La naissance..., op. cit., pp. 23-24.
111 Décision de Calixte II.
112 Voir l’article « Indulgences », Dictionnaire de théologie catholique de Vacant (A.) et Mangenot (E.), tome VII, 2e partie, col. 1594 à 1636. La décrétale Abusionibus parle, en 1312, de promesses de sortir les âmes du Purgatoire grâce aux aumônes (pour condamner les auteurs des promesses).
113 Bastard-Fournié (M.), Le Purgatoire dans la région toulousaine au XIVe et au début du XVe siècle, in Annales du Midi, tome 92, n° 146, 1980.
114 Ibidem, p. 9.
115 Nous renvoyons bien sûr à celle-ci : Fournié (M.), Le ciel peut-il attendre ? Le culte du Purgatoire dans le Midi de la France (vers 1320-vers 1520), Bordeaux, 1993, dactylographiée et, parmi les articles, à Fournié (M.), Les prêtres du Purgatoire, XIVe-XVe siècles, in Le retour des morts, Etudes rurales, janv-juin 87, 105-106, pp. 93-121 ; pour les autres articles, voir la bibliographie complémentaire.
116 Jeanroy (A.) et Vigneaux (A.), Voyage au Purgatoire de Saint Patrice, visions de Tindal et de saint Paul, Toulouse, 1903, p. XXI.
117 Ce manuscrit a été édité par Jeanroy (A.) et Vigneaux (A.), Voyage..., op. cit.
118 Vaurillon-Cervoni (Anne-Marie), L’iconographie du Purgatoire au Moyen Âge dans le Sud-Ouest, le centre de la France et en Espagne, thèse de 3e cycle, Toulouse, 1978, dactylographiée. Fournié (M.), La représentation de l’Au-delà et le Purgatoire à Saint-Just de Narbonne, in Le grand retable de Narbonne, le décor sculpté de la chapelle Notre-Dame de Bethléem à la cathédrale de Narbonne et le retable en pierre du XIVe siècle en France et en Catalogne, colloque de Narbonne, 1988, Narbonne, 1990, pp. 45- 55.
119 A.D.H.G., 3E 8587, en vrac, mais correspond à un acte du folio 73 r°, de 1441, Castelnau-d’Estrétefonds, testament noté par un prêtre.
120 A.D.H.G., 3E4471, f° 178 r°, 1439, Aussonne.
121 Des bassins (grands plats) dans le gardiage et la viguerie toulousains, à Toulouse, dans le Lauragais...
122 A.D.H.G., 3E 3299, F 48 v°, 1387, Montesquieu-Lauragais.
123 Comme le dit M. Bastard-Fournié, Le Purgatoire... op. cit., p. 10. Elle rencontre cela à Cordes.
124 A.D.H.G., 3E 10097, f° 53 r°, 1448, etc.
125 Ribbe (Ch. de), La société provençale..., op. cit., pp. 102-103. Les prieurs du Purgatoire collectent selon lui, pour les pauvres de la communauté, les pains, les vivres ou l’argent dits du Purgatoire (cela au XVe siècle et au début XVIe).
126 A.D.H.G., 3E 9940, f° 25 r°, 1442, dans l’église Notre-Dame de Capella de Caraman.
127 A.D.H.G., 3E 12046 n° 216, F 11 r°, 1428 (quand on établit les statuts de la confrérie, le prieur de la Daurade leur prête la chapelle Saint-Benazet).
128 À Castres, on célèbre quotidiennement dans la chapelle de Sainte-Marie-Madeleine « pour les âmes languissant en Purgatoire », A.D.T., Fonds Séry n° 4, F 239 r°, 1441.
129 Un à Montech : A.D.H.G., 3E 5981, f ° 140 r°, 1438 ; plusieurs à Cintegabelle A.D.H.G., 3E 22909, F 170 r°, 1415 ; six à Castres A.D.T., 3E 315, F 18 r°.
130 A.D.H.G., 3E 10160, F 85 v°, 1396.
131 Bastard-Fournié (M.), Mentalités..., op. cit. p. 284.
132 Lautrec : A.D.T., E 365, f° 40 r°, 1409 ; Lombers : A.D.T., IIIE 584, f° 16 r°, 1411 (« cupo sive contraire ») ; Toulouse : A.D.H.G., 101 H 155, non folioté, 1410 : dans l’église Saint-Nicolas, A.D.H.G. 3E 12046 n° 216, f° 7 r°, 1420 : à la Dalbade, la Daurade et Saint-Étienne.
133 Bastard-Fournié (M.), Le Purgatoire..., op. cit., p. 33.
134 A.D.H.G., 3E 12046, n° 216, f° 7 r°, 1420.
135 A.D.H.G., E 995, E 998, E 999. Statuts du 25 mai 1413, en occitan ; quatre bayles laïcs qui sont cette année-là : un capitoul, un licencié ès lois, deux bourgeois, quatre chapelains (deux moines et deux séculiers) payés chacun 4 £ tr par an. Ces statuts sont étudiés par Michelle Fournié, Le ciel peut-il..., op. cit., p. 292 et suiv. Toute une partie de sa thèse est consacré à l’examen des comptes du Purgatoire dans diverses localités.
136 À Lautrec, comme nous l’avons vu pour les autres confréries, celle du Purgatoire est gérée par des régents modernes et antiques (c’est-à-dire des régents de l’année passée qui sont là pour conseiller les nouveaux) : A.D.T., E 379, f° 153 r°, 1423.
137 Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., p. 414.
138 Le Goff (J.), La naissance..., op. cit., p. 482.
139 Beaucoup de legs pieux sont d’ailleurs faits pour l’âme du testateur, de ses parents et de tous les fidèles défunts.
140 Seguy (J.), Atlas linguistique et ethnographique de la Gascogne, C.N.R.S., 1954, 4 tomes, Tome IV : fiche 1534.
141 A.D.T., Don Sarrasy 128, f° 268 r°, 1372. A.D.T., Don Sarrasy 128, f° 317 v°, 1373, Lautrec ; A.D.A., +H2, 1386. Fanjeaux ; A.D.H.G., 3E 10160, f° 85 v°, Baziège, 1396 « quibus detinentur et arrestantur in penis spurgatoris et ad lenandum penas quas dicte anime pasciunt » (sic).
142 A.D.H.G., 3E 22909, f° 146 v°, Cintegabelle, 1389.
143 A.D.T., E370, f° 40 v°, 1410.
144 A.D.T., Fonds Séry n° 4, f° 239 r°, 1441 : « et que dicti cappelani teneantur Deum rogare missas celebrare pias preces et alia divina officia altissimo creatori effundere pro anima ipsius testatoris et aliorum Christi fidelium deffunctorum pro quibus idem testator intendit et tenetur ».
145 Bastard-Fournié (M.), Le Purgatoire..., op. cit., p. 33 : Legs faits au « candele in officio sive obsequio deffunctorum ».
146 Cf. Bastard-Fournié (M.), Le Purgatoire..., op. cit., p. 13.
147 Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., pp. 408-409. Les villes importantes avant 1360, les bourgs de 1360 à 1390.
148 Bastard-Fournié (M.), Le Purgatoire..., op. cit., p. 13.
149 Par exemple Auzeville, Labège, Ramonville, Préserville...
150 Cf. Vauchez (A.), Histoire du christianisme, op. cit., p. 853.
151 Chiffoleau (J.), La comptabilité... op. cit., p. 408 : premier legs à la quêtepro animabus purgatori, en 1333.
152 Ibid., pp. 408-409.
153 Bastard-Fournié (M.), Le Purgatoire..., op. cit., pp. 14-17.
154 Lorcin (M.-Th.), Clauses religieuses..., op. cit., p. 318.
155 Nous n’avons considéré, pour établir ces pourcentages, que les localités où l’institution du Purgatoire existe et à partir de la date à laquelle elle est attestée. Dans les villages, généralement, nous ne disposons que de fort peu de testaments correspondant à ces conditions ; c’est le cas du gardiage et de la viguerie, du Lautrécois et du Lauragais oriental (moins de trente testaments par secteur).
157 II faut rester prudent pour les villages car nous avons peu de testaments.
158 Bastard-Fournié (M.), Le Purgatoire..., op. cit., pp. 17-23.
159 Cf. annexes p. 587 et suiv. À Montgiscard, une chapelle rurale possède, elle aussi, son bassin du Purgatoire mais c’est probablement une ancienne église paroissiale, victime de l’incastellament. L’office destiné aux vivants et celui destiné aux morts se disent dans un même lieu, les solidarités se maintiennent entre les deux mondes.
M. Fournié met en évidence dans sa thèse les liens existant, dès le début, entre les municipalités et les tables ou confréries du Purgatoire, par exemple à Lavaur, Toulouse, elle reprend ce thème dans un article à paraître, Les élites urbaines et la mémoire des morts en Languedoc, Cahiers de Fanjeaux n° 33, La mort et l’au-delà en France méridionale (XIIe-XVe siècles). Le même phénomène existe à Limoux, cf. Peytavi (Ch.), ibidem...
160 Celui-ci, un étudiant originaire de Carcassonne veut être enterré chez les Prêcheurs de Carcassonne ou de Toulouse et fait un legs au bassin du Purgatoire du couvent où il sera enseveli : A.D.H.G., 3E 851, f° 30 r°, 1427.
161 Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., p. 417.
162 Ibidem, p. 413.
163 A.D.T., E 383, f° 38 v°, Saint-André d’Alayrac, 1405 ; legs à la coupe des âmes du Purgatoire de Lautrec d’un setier « bladi de messe » s’agit-il de blé « mossole » une bonne variété ? Importance des legs ailleurs : Caraman : de 5 s tr à 10 £ tr ; Toulouse : 13 s tr en moyenne (legs à une confrérie, en général, 5 s tr) ; Montgiscard : 3 s tr (2 s tr en moyenne à l’œuvre de l’église) ; Cintegabelle : 1 £ 6 s tr (2 s tr à l’œuvre de l’église). Dans cette localité, les legs diminuent beaucoup entre 1440 et 1450, le plus fréquent est alors de l’ordre de 2 s tr.
164 A.D.H.G., 101 H 120, f° 61 r°, 1402.
165 A.D.H.G., 3E 9943, f° 196 r°, 1437, Caraman.
166 Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., p. 413, il dit que le Purgatoire est parfois héritier universel, dans un à deux pour cent des cas.
167 Trois exemples à Cintegabelle, un à Fanjeaux, un à Avignonet.
168 Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., p. 419.
169 Cf. la concurrence clergé séculier-Ordres Mendiants, p. 372 et suivantes. Beaucoup de demandes de messes peuvent être l’objet d’actes séparés (donations entre vifs, constitution d’obits...).
170 Neveux (H.), Les lendemains de la mort dans les croyances occidentales (vers 1250- vers 1300), in Annales E.S.C., 1975, p. 260. Ainsi, la Légende dorée est muette sur l’errance (elle parle seulement de dépôts de viandes sur les tombeaux dans les premiers temps du Christianisme, remplacés par l’institution des chaires de Saint-Pierre à Rome et Antioche, où l’on dépose des offrandes sur l’autel.
171 Michelle Fournié note au XIIIe siècle une action de persuasion de l’Église méridionale dans ce domaine ; divers ouvrages, tels le Breviari d’Amor du clerc biterrois Matfre Ermengau composé vers 1288, le Compendium pauperis de Jean Rigaud, parlent du Purgatoire, Matfre Ermengau ne semble pas toutefois le concevoir en terme de temps intermédiaire. Cf. Fournié (M.), Le ciel..., op. cit., p. 333 et suiv.
172 Pour le voyage de l’âme dans l’au-delà, les revenants, cf. Carozzi (Cl.), Le voyage de l’âme dans l’Au-delà d’après la littérature latine (Ve-XIIIe siècles), École française de Rome, de Boccard, 1994 ; Carozzi (Cl.), Conclusion, in La mort et l’Au-delà en France méridionale (XIIe-XVe siècles), Cahiers de Fanjeaux n° 33, à paraître ; Polo de Beaulieu (A.-M.), Le « de spiritu guidonis » ou comment apprivoiser un revenant, in À réveiller les morts, la mort au quotidien dans l’Occident médiéval, Lyon, 1993, pp. 295-307 ; Schmitt (J.-C.), Les images de revenants, ibidem, pp. 287-293 ; Schmitt (J.-C.), Les revenants. Les vivants et les morts dans la société médiévale, Paris, Gallimard, 1994
173 Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., pp. 403-407.
174 Griffe (E.), Le catharisme dans le diocèse de Carcassonne et le Lauragais au XIIe siècle, in Cahiers de Fanjeaux, n° 3, pp. 215-236. J.-L. Biget pense qu’au XIIIe siècle, l’hérésie ne concernerait pas plus de 10 % de la population urbaine, peut-être 5 % et que les années 1328-29 marquent la fin des grands procès, cf. Biget (J.-L.), L’extinction du catharisme urbain ; les points chauds de la répression, Cahiers de Fanjeaux n° 20, Effacement du catharisme ? (XIIie- XIVe siècles), Privat, 1985, p. 319 et Les cathares, mise à mort d’une légende, L’Histoire, 1986, n° 94, pp. 9-20.
175 Cf. Le Roy-Ladurie (E.), Montaillou, village occitan, Paris, 1975, pp. 592-611, Zemon-Davis (N.) Les conteurs de Montaillou, Annales E.S.C., 1979, pp. 61-73.
176 Duvernoy (J.), Le registre d’inquisition de Jacques Fournier, évêque de Pamiers, 1318-1325, traduction et annotations, Paris-La Haye-New-York, Mouton, Paris, École des Hautes Études en Sciences Sociales, 1977.
177 Cf. Duvernoy (J.), La religion des Cathares, Toulouse, 1976 ; pour les Vaudois, le Purgatoire est ici-bas ; cf. Lacaze (J.), Les Vaudois d’après le registre d’inquisition de Jacques Fournier, Mémoire de Maîtrise, Toulouse.
178 Lefèvre (Y.), L’Elucidarium et les lucidaires, op. cit., p. 168. Pour l’auteur de l’Elucidarium (au XIIe siècle), les âmes du Purgatoire ont la forme des corps qu’elles ont eu ici-bas. Pour N. Eymeric (p. 265), les âmes du Purgatoire sont spirituelles.
179 Sur l’armier, séminaire de Daniel Fabre à l’École Pratique des Hautes Études, La parole des Morts, années 1981-1982.
180 Ou qui doit régler un problème avec les héritiers, une femme, par exemple, demande que l’on donne son voile, qui lui a été enlevé au moment de l’ensevelissement, à une pauvresse.
181 Dans l’Elucidarium, nous l’avons vu, les justes attendent encore dans « certaines demeures ». Pour N. Aymeric en 1393, ce sera une hérésie comme l’affirment la dernière lettre de Jean XXII (sa rétractation de 1334), et la décrétale Benedictus de Benoît XII, cf. Lefèvre (Y.), L’Elucidarium..., op. cit., p. 265. Le lieu de repos de Gélis est identifié à plusieurs reprises au paradis terrestre, cf. Foumié (M.), Les prêtres..., op. cit., p. 95.
182 Voir Baschet (J.), Les justices de l’Au-delà..., op. cit., p. 561 et suiv.
183 Cf. Fournié (M.), Le ciel..., op. cit.
184 Bastard-Foumié (M.), Le Purgatoire..., op. cit., p. 28 et Fournié (M.), Le ciel..., op. cit.
185 Voir les travaux de Van Gennep (A.), Manuel de folklore..., op. cit. ; de Le Braz (A.) La légende de la mort..., op. cit.
186 Tricoire (J. et R.), Folklore du pays de Montségur... op. cit., p. 28. Au XIXe siècle, la croyance aux revenants était générale dans le canton d’Ax. Voir Fugayron, La Topographie médicale du canton d’Ax, Paris, 1888.
187 Brunel (C1.), Opuscules provençaux du XVe siècle sur la confession, in Annales du Midi, 1917-1918, p. 381 : « ho quant ieu dizi que las armas salhisso de Purguatori las festas, ho quand ieu layssi lo cer la taula mesa an de viandas en crezen que los vezis ho autres apres que hom s’en sera anat jazer, venran he faran la bona chera he donaran las bonas fortunas, ho quant ieu dic que lo dilus es mal fach de se levar mati per besonhar he que las armas torno en penas quant lo primier comensa de besonhar, totas he tantas ves que ieu hiey aquestas folas crezensas ieu paqui mortalmen, se no que ignoransa me excuses ».
188 Vovelle (G. et M.), Vision de la mort et de l’Au-delà en Provence, Paris, 1970, p. 27 : Monseigneur Soanen, visitant son diocèse, s’aperçoit que les villageois font des oblations de pain et de lait sur les tombes, dans l’année suivant le décès.
189 Tricoire (J. et R.), Folklore..., op. cit. p. 29. Cf. infra, l’inhumation, p. 220 et suiv.
190 Bordenave (J.) et Vialelle (M.), Aux racines du mouvement cathare : la mentalité religieuse de paysans de l’Albigeois médiéval, Toulouse, 1973.
191 Zalmen ben Nathan (Ph.), Aspects économiques..., op. cit., pp. 144-147 ; Vovelle (M.), La mort et l’Occident, op. cit., p. 48.
192 Bordenave (J.) et Vialelle (M.), Aux racines..., op. cit., pp. 24-53 : description du matériel trouvé dans les fosses de Cabrilles ; pp. 53-56 : conclusions.
193 Ibidem, p. 215.
194 Ibidem, pp. 55 et 214.
195 Ibidem, p 214.
196 Cf. p. 223. On peut leur adjoindre celle formulée par M. Dauzat, Une motte castrale du Razès : Couges, in Archéologie du Midi Médiéval, tome I, 1983, p. 29, note 10.
197 Bordenave (J.) et Vialelle (M.), Aux racines..., op. cit., p. 27 et p. 54. Cabrilles se trouve à deux kilomètres de Lautrec.
198 Fouilles réalisées à Laval-Basse (Commune de Mireval, Aude) par Michel Dauzat.
199 Bordenave (J.) et Vialelle (M.), Aux racines..., op. cit. pp. 159-162.
200 Ibidem, photographie de la page 137. À Saint-Sernin-des-Allemands (= des Alamans, commune de Castelnaudary), le même phénomène s’est produit, fouilles Michel Passelac, chargé de recherches au CNRS.
201 Bordenave J.) et Vialelle (M.), Aux racines..., op. cit., p. 191.
202 Fouilles Michel Passelac, chargé de recherches au CNRS.
203 Bordenave (J.) et Vialelle (M.), Aux racines..., op. cit. pp. 37,41, 171 et 185.
Un conduit cylindrique de dix centimètres de diamètre, débouchant à l’intérieur d’une fosse vide, située près d’une sépulture, est qualifié de “trou à libations” permettant d’offrir au défunt des rafraîchissements ; ce trou semble un simple trou d’aération pour silo.
204 Toulouse, 1703. Il donne une liste des questions que le prêtre doit poser à ses ouailles en confession pour traquer les superstitions. Une des questions est : « aurios-tu fait semblan de parla ambe les mors ? » p. 238.
205 Fabre (D.) et Lacroix (J.), La vie quotidienne des paysans en Languedoc au XIXe siècle, Paris, 1973, p. 331. et séminaire de D. Fabre en 1981-82 à l’École Pratique des Hautes Études.
206 A.D.T., E 380, f° 116 v°, 1411, Saint-Étienne de Grayssac.
207 Cf. infra, p. 503 et suiv.
208 Hertz (R.), Contribution à une étude..., op. cit.
209 Chiffoleau (J.), La comptabilité..., op. cit., p. 352 et p. 415. Il ne fournit pas de pourcentages de testateurs s’intéressant à l’institution du Purgatoire.
210 Le Goff (J.), La naissance..., op. cit., pp. 313-316.
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