L’Université, instrument de sauvetage de l’occitan
p. 197-217
Texte intégral
1. L’enseignement de l’occitan à l’Université Paul-Valéry – Montpellier III : de l’histoire à l’actualité
1.1. Un passé prestigieux
1L’intérêt pour la langue d’oc s’est manifesté à l’Université de Montpellier dès la fin du XIXe siècle, où, à la faculté des lettres de Montpellier, le romaniste Chabaneau fonda en 1870 la Revue des Langues Romanes, actuellement encore éditée par l’Université Paul-Valéry. Chabaneau occupa, dès 1870, une chaire de langues romanes à laquelle lui succédèrent Millardet, Bourciez puis Guiter.
2Le premier cours de langue et littérature occitane fut créé en 1942 par Charles Camproux, par ailleurs grand résistant. Camproux reprit cet enseignement à la Libération. Robert Lafont, d’abord assistant de grammaire française, obtint en 1969 une maîtrise de conférence étiquetée « langue et littérature occitane – linguistique romane », qui devint ensuite une chaire de professorat. L’un et l’autre conjuguèrent rigueur scientifique et engagement militant, indispensables dans un milieu universitaire français qui ignore massivement l’existence sur son territoire d’autres langues et d’autres littératures que celles écrites dans la langue dominante. Dès l’origine apparut le souci de couvrir l’ensemble du champ spatiotemporel de la langue et de la littérature d’oc, par la recherche scientifique comme par l’enseignement dispensé et les publications pédagogiques.
1.2. La situation actuelle
3Après avoir fait l’objet essentiellement d’un enseignement optionnel qui s’intégrait dans les cursus des étudiants d’autres disciplines, l’enseignement de l’occitan s’est peu à peu normalisé, au cours des années 1980-1990, avec la constitution d’un cursus complet du DEUG au doctorat. La création, au début des années 1990, du CAPES d’occitan-langue d’oc a donné des perspectives professionnelles nouvelles aux étudiants, auxquelles s’ajoute en 2002, la création du concours spécifique de professeur des écoles de l’enseignement public se destinant à l’enseignement des et en langues régionales.
4La normalisation du cursus des étudiants spécialistes accompagne bien entendu la poursuite de l’enseignement optionnel – pour étudiants non-spécialistes – de langue ou de civilisation offert dans le cadre de toutes les formations de l’Université.
5L’ensemble des cours proposés aux étudiants assidus fait l’objet d’un enseignement par correspondance assuré par les professeurs du département d’occitan dans le cadre des services d’enseignement à distance de l’Université.
6Le nombre d’étudiants a été en progression constante jusqu’en 2002 et a connu ces trois dernières années une baisse dont nous aurons l’occasion de parler.
7Dans le cadre de leurs cours, les étudiants, provenant de tout l’espace d’oc comme du reste de la France ou de l’étranger pour une part non négligeable, sont formés à l’unité de la langue d’oc dans le cadre de sa variété dialectale : chacun d’entre eux, pour ceux qui arrivent avec la maîtrise d’une forme dialectale de l’occitan, est invité à utiliser cette forme. La graphie employée est la graphie « alibertine » dite encore « classique ». Cependant les étudiants spécialistes sont invités à lire les deux graphies actuellement en usage1 qui ont connu une codification : la graphie « alibertine » et la graphie « mistralienne ». La plupart des cours se font en occitan, la maîtrise orale de la langue étant un des objectifs de l’enseignement.
8Les étudiants ont leur association, le « Méd’Oc » : mouvement étudiant pour le développement de l’Occitan, qui contribue à l’animation intellectuelle de l’Université. Au sein de ces étudiants, est né à la fin des années 1990 un groupe de ragga-muffin, Mauresca Fracas Dub, qui a déjà enregistré deux disques.
9Un autre facteur qui peut expliquer le rayonnement de l’occitanisme au sein de l’Université Paul Valéry, c’est la présence, au sein des équipes enseignantes, d’écrivains féconds : c’était le cas de Charles Camproux, c’est bien sûr le cas de Robert Lafont, le plus prolifique, mais également de Philippe Gardy et de Florian Vernet et aussi de Jean-Claude Forêt. Les écrivains Roland Pécout et Jean-Marie Petit étaient aussi jusqu’à tout récemment respectivement chargé de cours et professeur. Plusieurs étudiants s’essaient d’ailleurs à l’écriture, dont certains ont vu leurs textes publiés en revue.
2. Les étudiants d’occitan à Montpellier III de 1997 à aujourd’hui
10À partir de 1733 fiches d’inscription remplies en début d’année par les étudiants qui suivaient les cours de Marie-Jeanne Verny entre 1997-1998 et 2004-2005, nous avons essayé de mieux connaître les étudiants inscrits en occitan, spécialistes (préparant DEUG, licence, maîtrise d’occitan) et non-spécialistes (suivant des cours de langue ou littérature occitane intégrés dans un autre cursus). Il s’est agi notamment de s’interroger sur leurs origines (sociale et géographique), la place de l’occitan dans leur parcours scolaire antérieur, les motivations de leur choix de l’occitan, leurs connaissances et représentations de la langue.
11Ce corpus doit évidemment être examiné avec prudence, car les réponses données dans des fiches destinées au professeur sont marquées de ce fait par une part inévitable de subjectivité. Par ailleurs le questionnaire qui avait été distribué aux étudiants n’avait bien évidemment pas été conçu pour un usage de traitement informatique de données ni pour une recherche scientifique. Ce traitement informatique a d’ailleurs parfois posé quelques problèmes d’ordre technique.
12Le questionnaire tel qu’il apparaissait dans les fiches en question a dû être restructuré afin de pouvoir introduire les données dans le programme de traitement d’enquêtes par questionnaire Sphinx Plus2.
2.1. Le profil des étudiants d’après les fiches
2.1.1. Types de cours : langue ou littérature
13Les cours de langue concernent majoritairement des étudiants non-spécialistes, à raison d’une heure trente hebdomadaire pendant les deux années de DEUG2. En troisième année (licence), de nombreuses maquettes excluent le choix de la langue non-spécialiste, ce qui, combiné avec le très important taux d’échec des étudiants au cours du premier cycle, explique une chute des effectifs à ce niveau.
14La situation pour les cours de littérature est en revanche très variable selon les possibilités offertes par les maquettes de l’Université. Pour les cours de deuxième année, il s’agit très majoritairement d’étudiants spécialistes. Pour les cours de première année, pendant les quatre ans où l’Université imposait aux étudiants, lors du premier semestre de DEUG, le choix de deux disciplines « de découverte », choisies dans d’autres DEUGs, à raison de trois heures par semaine et par discipline, le département d’occitan a pu offrir chaque année un enseignement de littérature médiévale et moderne à environ 150 étudiants non-spécialistes. Ces trois heures pouvant se combiner avec l’heure et demie de cours de langue, certains étudiants non-spécialistes ont pu bénéficier, pendant leur premier semestre de DEUG, de quatre heures trente hebdomadaires d’enseignement. D’ailleurs une partie non négligeable de ceux-ci ont ensuite opté pour un cursus spécialiste.
15D’une manière générale, en effet, très peu d’étudiants arrivent à l’Université avec le projet de faire des études d’occitan en spécialistes. Pendant les années sur lesquelles nous avons travaillé, leur nombre variait entre 5 et 12. L’augmentation des effectifs (jusqu’à 56 en 2003-2004 en première année) se faisait après les séances d’information organisées par les enseignants. Les contacts avec les tuteurs d’accueil chargés d’organiser les groupes d’étudiants non-spécialistes permettent également chaque année de convaincre des étudiants sceptiques ou réticents de s’engager dans une filière de spécialistes, conjointement à la filière initialement choisie. Enfin, les enseignements de « découverte » ont souvent véritablement joué ce rôle et décidé des étudiants auparavant totalement ignorants de la matière occitane, à s’engager dans des études de spécialité. Certains ont ensuite effectué un parcours professionnel lié à l’occitan ou sont actuellement inscrits en thèse.
2.1.2. Provenance géographique des étudiants et cursus antérieur :
16La majorité des étudiants sont nés dans l’espace occitan, une part non négligeable provient de l’étranger avec une très grande variété de pays d’origine. En ce qui concerne les quatre départements occitans de la région, c’est l’Hérault qui est le plus représenté, de même qu’une part importante des étudiants réside à Montpellier.
17Il faudrait cependant rapporter ces résultats à la démographie totale de l’espace concerné, l’Hérault étant le département de loin le plus peuplé, mais aussi à l’existence à Nîmes et à Béziers de formations universitaires au moins de niveau bac + 2, cycle auquel appartient l’immense majorité des étudiants sur lesquels porte cette enquête. La filière « occitan » n’étant organisée ni à Nîmes, ni à Béziers, il est évident qu’une part essentielle du vivier potentiel se perd ainsi.
Lieu naissance | Nb. citations | Fréquence |
Non réponse | 143 | 8,3 % |
Occitanie | 1278 | 73,7 % |
France hors Occitanie | 216 | 12,5 % |
étranger | 96 | 5,5 % |
Département | Nb. citations | Fréquence |
Non réponse | 266 | 15,3 % |
11 | 162 | 9,3 % |
30 | 252 | 14,5 % |
34 | 774 | 44,7 % |
48 | 52 | 3,0 % |
autres | 227 | 13,1 % |

18Remarquons par ailleurs qu’une grande majorité des étudiants résident dans des agglomérations de moins de 10 000 habitants, même s’il s’agit très souvent de périphéries urbaines et si seuls 274 d’entre eux sur 1733 résident dans les principales villes de la région (Montpellier, Sète, Béziers, Narbonne, Nîmes).
19Le questionnaire portait également sur la ville d’obtention du bac, sur l’existence de cours d’occitan dans le lycée, le cursus antérieur en occitan.

20L’occitan était enseigné dans 53,7 % des lycées d’origine des étudiants, il ne l’était pas dans 29 % des cas. Pour 16,6 % des cas, il nous a été impossible de le savoir, la plupart du temps parce que l’étudiant n’avait pas indiqué son lycée d’origine. Or seuls 30 % des étudiants disent avoir étudié l’occitan avant la fac, alors qu’ils pouvaient être dans un lycée qui offrait cet enseignement. À l’inverse, 53,6 % des étudiants ont commencé cet apprentissage à l’Université, dont une minorité – certes motivée – a entrepris – et réussi – un parcours de spécialistes.
21Parmi les étudiants qui ont étudié l’occitan avant d’entrer à l’Université, il s’agit essentiellement de ceux qui l’ont appris au collège et/ou au lycée.
22Certaines villes – ou plus précisément certains lycées – où existe un enseignement d’occitan dynamique et bien implanté – fournissent des effectifs bien au-delà de la moyenne démographique. C’est le cas par exemple de Bédarieux, et ce parmi toutes les promotions concernées par l’enquête. Pour plusieurs cas de lycées ayant connu des professeurs différents pendant cette durée, l’impact du « rayonnement » de l’enseignant est immédiatement perceptible lorsque les élèves arrivent à l’Université. Les Calandretas ne sont citées que dans 22 fiches, soit un nombre très faible3. La question posée sur les fiches étant ouverte, nous n’avons trouvé dans les réponses aucun cas d’apprentissage à l’école primaire, nous n’avons donc pas envisagé cette éventualité.
Études antérieures d’occitan. Précisez | Nb. citations | Fréquence |
Non réponse | 1234 | 71,2 % |
cours hors système scolaire | 10 | 0,6 % |
travail personnel | 11 | 0,6 % |
lycée | 439 | 25,3 % |
collège | 76 | 4,4 % |
Calandreta | 22 | 1,3 % |
2.1.3. Les étudiants ont-ils déjà entendu la langue ?
23Les étudiants étaient interrogés sur la présence dans leur entourage d’occitanophones. Plus de la moitié des 89 % des étudiants qui ont répondu à cette question ont donné une réponse positive (47,7 % de l’ensemble des fiches). Ce pourcentage élevé pourrait témoigner d’un niveau important de re-connaissance de la langue. Cependant, l’analyse des commentaires faits par un peu plus de 150 étudiants, que nous n’avons pas la place d’analyser en détail dans ce cadre, nous amène à nuancer notre analyse. 3 fiches évoquent le « patois » dont l’une précise « qui diffère de l’occitan ». Un nombre non négligeable d’étudiants souligne la rareté des propos entendus dans cette langue. Plusieurs évoquent le décès des locuteurs connus, ou la vieillesse de ceux-ci. D’autres le fait que les occitanophones qu’ils connaissent ne parlent que rarement. À l’inverse, quelques fiches évoquent des locuteurs nombreux (« n’i a tôt plen4 »), que l’on peut parfois supposer jeunes (emploi du terme « amis »). Une fiche note même une augmentation de ces locuteurs « ne coneissi de mai en mai5 ».
24Parmi les 89 % de réponses à cette question, ceux qui ont spécifié l’« entourage » ne sont que 33 %. Parmi eux, la langue est entendue majoritairement chez les grands-parents (26,2 % des fiches). Elle est associée majoritairement au sexe masculin, notamment dans la génération des parents.
Occitanophones proches | Nb. citations | Fréquence |
Non réponse | 187 | 10,8 % |
non | 720 | 41,5 % |
oui | 826 | 47,7 % |
Occitanophones proches. Précisez | Nb. citations | Fréquence |
Non réponse | 1161 | 67,0 % |
père | 137 | 7,9 % |
mère | 73 | 4,2 % |
frère/s-soeur/s | 35 | 2,0 % |
grand-père | 232 | 13,4 % |
grand-mère | 222 | 12,8 % |
tante/s | 10 | 0,6 % |
oncle/s | 23 | 1,3 % |
autre/s membres de la famille | 18 | 1,0 % |
voisins | 68 | 3,9 % |
enseignants | 0 | 0,0 % |
entourage Calandreta | 12 | 0,7 % |
autres | 49 | 2,8 % |
famille indéterminée | 107 | 6,2 % |
2.1.4. Pourquoi choisir l’occitan ?
25La question « Raisons du choix de l’occitan » était ouverte, ce qui a donné aux étudiants la possibilité de s’exprimer librement. Les réponses ont donc été très variées. Par ailleurs, il est évident qu’un même étudiant peut avoir plusieurs raisons d’avoir choisi l’occitan (ex. « l’occitan est pour moi une manière de rechercher mes origines. J’ai découvert cette langue complètement par hasard au collège et ça m’a plu ») et que certaines réponses nous ont posé des problèmes d’interprétation.
26Il nous a semblé important de recodifier cette question ouverte (la transformant en question fermée) pour ainsi classer dans la mesure du possible les raisons pour lesquelles les étudiants avaient choisi de faire de l’occitan. Après une observation minutieuse de l’ensemble des réponses nous avons pu établir 5 types d’arguments et 4 types d’« incidents6 »7 :
Curiosité générale, culture générale
Arguments de type (socio)linguistique
Arguments de type (socio)culturel
Arguments de type affectif
Arguments de type pratique
Incidents liés au parcours école/collège/lycée
Incidents liés à une expérience artistique/culturelle
Incidents liés à la famille/amis...
Incidents liés au militantisme occitan
Autres
27Nous avons obtenu ainsi les graphiques ci-dessous qui concernent les étudiants spécialistes et les étudiants non-spécialistes car il était à prévoir (et les résultats ont confirmé notre hypothèse) que les raisons évoquées par les uns et par les autres n’étaient pas nécessairement similaires. Les résultats ont été établis en tenant compte des étudiants qui ont répondu à cette question : 82 % des spécialistes et 88 % des non spécialistes
Graphique 1 : Étudiants spécialistes

28– Plus d’un tiers des étudiants qui font de l’occitan en tant que spécialistes ont donné des arguments de type pratique :
29* 55 % d’entre eux ont un projet professionnel en tête (la plupart veulent être enseignants d’occitan : Calandreta, CAPES, IUFM...).
30* 16 % le font pour continuer un parcours qu’ils ont commencé auparavant (collège, lycée, université...) et 10 % disent vouloir approfondir leurs connaissances.
31* 8 % veulent parler la langue.
32– 29 % donnent des arguments de type affectif :
33* 74 % affirment que la langue leur plaît / quelle est « belle »/ quelle est « chantante »/ qu’ils l’« aiment », qu’ils l’« adorent ».
34* 16 % affirment avoir choisi l’occitan parce c’est la langue de leur famille et 5 % citent spécialement leurs grands-parents.
35– 16 % donnent des arguments sociolinguistiques :
36* 64 % l’ont choisi parce que c’est la langue de la région.
37*22 % ne voudraient pas qu’elle se perde, ils voudraient la transmettre.
Graphique 2 : Étudiants non-spécialistes

38– Pour les non-spécialistes ce sont les arguments de type sociolinguistique qui comptent le plus :
39* 76 % d’entre eux disent avoir choisi l’occitan parce que c’est la langue de la région.
40* 17 % disent s’intéresser aux langues et / ou aux langues minoritaires/régionales...
41– Les arguments affectifs sont importants pour 24 % :
42* 58 % disent que la langue leur plait, / quelle est belle / quelle est chantante / qu’ils l’aiment / qu’ils l’adorent.
43* 21 % citent leur famille, et 17 % leurs grands-parents.
44– Quant aux arguments de type pratique évoqués par 24 % des étudiants :
45* 26 % d’entre eux disent faire de l’occitan pour continuer un parcours qu’ils ont commencé auparavant : école, collège, lycée, université.
46* 22 % d’entre eux comptent en tirer un profit professionnel : s’en servir pour avoir un poste dans l’enseignement, pour leur recherche...
47* pour la même proportion d’étudiants, s’ils se sont inscrits en occitan, c’est pour une raison liée au choix des options (dans les maquettes de leur formation principale)
48* 11 % voudraient pouvoir parler occitan
2.1.5. Et après l’Université ?
49Nous avons jugé utile de compléter l’analyse des fiches d’étudiants par une enquête par questionnaire adressée aux étudiants qui ont fini leurs études d’occitan en tant que spécialistes. L’objectif de ce questionnaire étant fondamentalement de savoir :
en quoi les études d’occitan leur avaient servi dans leur vie professionnelle
ce qu’il en était de leur pratique de la langue après avoir fini leurs études à la fac.
50Nous avons élaboré un questionnaire auquel on pouvait répondre en quelques minutes. Il a été envoyé aux ex-étudiants dont nous avions une adresse postale, accompagné d’une lettre où nous expliquions brièvement l’objet de l’enquête. Au total 130 questionnaires ont été envoyés. Pour que les enquêtés ne se sentent pas gênés par le fait que l’une des enquêtrices avait été leur professeur d’occitan, nous avons mis comme expéditeur l’enquêtrice qui n’est pas professeur d’occitan et qui est inconnue pour la plupart des ex-étudiants (sauf pour ceux de la dernière promotion qui l’ont eue comme professeur de linguistique romane) ; par ailleurs les réponses devaient être envoyées au Laboratoire DIPRALANG du Département de Sciences du Langage. Bien entendu, les étudiants pouvaient parfaitement supposer que le Département d’occitan allait connaître le résultat de l’enquête ; c’était dit d’ailleurs dans la lettre qui accompagnait le questionnaire.
51Jusqu’à aujourd’hui 51 réponses nous sont arrivées et 9 lettres nous ont été retournées par la Poste (adresse erronée, changement d’adresse...). Même si nous attendons encore des réponses, il nous semble intéressant de donner les premiers résultats de l’analyse des questionnaires reçus, ces résultats bien évidemment n’étant que provisoires. Pour nous centrer sur le thème central de ce colloque, dans cette communication nous allons seulement commenter les résultats qui concernent les pratiques linguistiques de ces ex-étudiants avant et après leurs études d’occitan à l’Université.
52Commençons par caractériser les personnes qui font partie de notre corpus : il s’agit de 51 étudiant(e) s dont le/la plus âgé(e) a 43 ans et le/la plus jeune 21 ans. Si l’on tient compte de l’année de fin de leurs études la distribution est la suivante : La plupart des enquêtés ont actuellement un travail rémunéré (86 %). Par ailleurs 73 % disent avoir mis moins d’un an à trouver un emploi après la fin de leurs études, et 63 % affirment que leur premier emploi avait un rapport avec leurs études d’occitan. 65 % des enquêtés pensent que l’occitan les a aidés à trouver un emploi.
Fin des études d’occitan | Nb. citations | Fréquence |
1997 | 3 | 6 % |
1998 | 2 | 4 % |
1999 | 4 | 8 % |
2000 | 2 | 4 % |
2001 | 10 | 20 % |
2002 | 12 | 24 % |
2003 | 8 | 16 % |
2004 | 8 | 16 % |
2005 | 2 | 4 % |
Total observé | 51 | 100 % |
53Quant à leur connaissance et à leur pratique de la langue, plus de 50 % des étudiants disent qu’ils parlaient l’occitan « assez bien » ou « bien » avant d’avoir suivi des études d’occitan à l’Université Paul Valéry ; plus d’un quart affirment qu’ils ne le parlaient « pas ou presque pas » :
je ne pouvais pas le parler ou presque pas | 14 | 27 % |
je pouvais le parler un peu | 11 | 22 % |
je pouvais le parler assez bien | 16 | 31 % |
je pouvais le parler bien | 10 | 20 % |
54Une fois leurs études finies, on peut supposer que tous ces étudiants sont capables de (bien) parler l’occitan, mais... le font-ils ? À la question « Actuellement, vous arrive-t-il de parler occitan ? », le pourcentage de ceux qui disent le parler « toujours » ou « presque toujours », « très souvent » ou « souvent » arrive à 67 % tandis que ceux qui ne le parlent « jamais » ou « presque jamais » ne sont que 14 %. Donc on a eu, si l’on peut dire, un gain de 17 % pour l’occitanophonie active (si on compare ces résultats avec le pourcentage de personnes qui disaient pouvoir le parler avant d’aller à la fac)... mais aussi un nombre relativement important d’étudiants qui ne le parlent « presque jamais » (12 %) ou « jamais » (2 %) :
toujours | 8 | 16 % |
très souvent | 14 | 27 % |
souvent | 12 | 24 % |
parfois | 10 | 20 % |
presque jamais | 6 | 12 % |
jamais | 1 | 2 % |
55Nous pouvons croiser les réponses aux deux questions pour essayer d’évaluer l’impact de l’Université sur leur pratique linguistique.

56Quelques observations à ce tableau :
25 étudiants ont dit qu’avant d’avoir suivi leurs études d’occitan à la fac ils ne pouvaient « pas le parler ou presque pas » ou qu’ils pouvaient le parler « un peu », 12 d’entre eux disent qu’actuellement ils le parlent « toujours ou presque toujours », « très souvent » ou « souvent ». Par contre 4 disent ne le parler « presque jamais », et 1 étudiant affirme ne le parler « jamais ».
Les étudiants qui pouvaient « parler bien » l’occitan avant leurs études continuent à le parler de façon assez habituelle actuellement (sauf un étudiant qui dit le parler « parfois »).
Des 6 personnes qui affirment ne parler l’occitan « presque jamais » 2 disent qu’avant leurs études ils pouvaient le parler « assez bien » : s’agit-il d’une perte d’usages ? Pour les quatre autres, le passage à l’université n’a pas eu d’incidence sur leur pratique linguistique.
57Si l’on tient compte du facteur âge il faut aussi signaler une pratique plus importante chez les étudiants de plus de 30 ans (qui ne représentent que 12 % du corpus : 6 étudiants), comme on peut l’observer dans ce tableau :

58En conclusion on voit quelques avancées, bien que, à ce stade de notre étude, on ne puisse que donner des hypothèses provisoires. Reste à prouver que les mêmes personnes qui disent parler la langue la transmettront à leurs enfants le moment venu, seule façon de « sauver la langue ». Pour l’instant seulement deux des 51 enquêtés disent avoir eu des enfants...
59Avec qui parle-t-on occitan ?
60Il est à signaler que presque la moitié dit le parler avec ses parents, et un nombre important aussi, mais inférieur, avec ses grands-parents. Mais c’est l’usage entre amis ou collègues de travail qui est le plus fréquent. Cela pourrait nous faire penser à une néo-occitanophonie qui est en train de naître et de se développer. Mais tout cela reste à confirmer par une enquête plus approfondie et qui concernerait une population plus importante.

61Outre leur pratique orale de la langue il nous a semblé important de poser aux étudiants des questions sur leurs pratiques écrites et aussi sur leur fréquentation de la culture occitane. Le graphique suivant rassemble les résultats des 8 items qui concernaient ces questions :
62Comme le montre le tableau suivant,
quant à la lecture, un peu plus de la moitié lit assez souvent ou très souvent des livres en occitan, par contre la presse occitane n’est lue que par un peu plus d’un tiers des enquêtés ;
quant à l’écriture, l’usage professionnel de l’occitan est fréquent pour plus de la moitié des enquêtés, par contre la plupart n’écrit jamais ou presque jamais des lettres personnelles en occitan (encore faut-il qu’ils le fassent en français...) ;
curieusement les messages électroniques en occitan sont envoyés assez ou très souvent par la totalité des enquêtés de plus de 30 ans, ceux qui n’ont pas encore cet âge ne sont que 41 % à les envoyer ;
les SMS en occitan ne sont pas fréquents : à peine un tiers des enquêtés dit en envoyer assez ou très souvent ;
le théâtre n’est fréquenté que par une minorité d’enquêtés (9 %) mais presque deux tiers d’entre eux écoutent la musique occitane.

3. Principaux problèmes trouvés par les enseignants d’occitan à l’université
63Certes le choix de l’occitan à l’Université se heurte aux mêmes problèmes de représentation sociale que rencontre la langue dans d’autres lieux – l’occitan langue inaudible et inconnue pour beaucoup des habitants de la région –, mais l’étude des variations des effectifs met en évidence le rôle dominant joué par des facteurs conjoncturels beaucoup plus fluctuants que ne l’est la situation socio-linguistique de l’occitan.
64Dans la période que nous avons étudiée, trois facteurs ont joué un rôle déterminant : la composition des maquettes qui dessinent les schémas de formation et qui sont élaborées pour 4 ans lors de lourdes procédures appelées « campagnes d’habilitation », le faible encadrement du département qui limite son rayonnement possible au sein de l’Université, l’offre professionnelle plus ou moins attractive constituée par les concours de recrutement d’enseignants spécialisés en occitan.
3.1. La composition des maquettes
65En ce qui concerne ce facteur, notre expérience nous amène à la conclusion que les effectifs varient considérablement en fonction de la possibilité offerte ou non, pour les étudiants non-spécialistes, d’insérer dans leur parcours de formation des modules ou UV (unités de valeur), ou ECUE (élément constitutif d’une unité d’enseignement) d’occitan. En effet, le nombre d’étudiants qui arrivent à l’Université avec le projet de choisir l’occitan comme discipline principale est infime (entre 5 et 12) selon les années. C’est lors de leur inscription et dans les cours d’enseignements optionnels que leurs enseignants – et leurs condisciples, notamment les tuteurs d’accueil – peuvent leur proposer d’adjoindre au parcours initialement choisi une formation complète en occitan. C’est ainsi que le nombre d’étudiants spécialistes en première année est passé, chaque année, de la petite poignée initiale à 25, 30, voire 56 en 2000-2001, entre le début septembre et la mi-novembre. Une bonne proportion a continué ses études jusqu’à la licence, comme le montrent les chiffres ci-dessous, qui émanent des services administratifs de l’Université :

66La stabilité des effectifs des étudiants entre la première année de DEUG et l’année de licence est exceptionnelle à l’Université. Il est bien connu en effet que plus de la moitié des étudiants abandonnent leurs études avant d’avoir obtenu un DEUG.
67Nous avons connu, dans la période sur laquelle porte cette enquête, 3 types de maquettes différentes, avec un invariant : la possibilité de choisir l’occitan comme LV non-spécialiste dans tous les DEUGs8.
68Les autres possibilités :
69– jusqu’à la rentrée 2000 : le département de Lettres Modernes proposait à tous ses étudiants de DEUG première et deuxième année deux UV de littérature occitane (1 h 30) hebdomadaire. Ces UV comptaient aussi bien pour le DEUG de Lettres Modernes que pour celui d’occitan.
70– de 2000-2001 à 2003-2004 : toutes les maquettes de toutes les formations obligeaient les étudiants à choisir, lors du premier semestre de DEUG, 2 ECUE « de découverte » de 3 h hebdomadaires chacun, choisis dans les enseignements fondamentaux de deux autres DEUGs.
71Cette possibilité amenait aux études occitanes entre 120 et 150 étudiants supplémentaires qui s’initiaient ainsi à la langue et à la littérature, et qui, pour la plupart, faisaient effectivement une « découverte » au sens courant du terme. Par le jeu des combinaisons entre disciplines fondamentales et disciplines de découverte, ils pouvaient, le premier trimestre, s’inscrire dans deux DEUGs (dont celui d’occitan) pour seulement 5 heures hebdos supplémentaires. Pour les boursiers (très nombreux à l’UPV) l’inscription était gratuite, et pour les non-boursiers, la deuxième formation était possible avec un surplus de frais d’inscription relativement modique.
72– à partir de 2004, les unités de découverte disparaissent totalement. Certes ont été créées des licences bidisciplinaires incluant, à côté de l’occitan, une des 4 disciplines constituant la valence du CAPES. Cependant cette mesure nouvelle n’a absolument pas compensé l’effet catastrophique sur les effectifs de la disparition des ECUEs « de découverte ». Car rien n’est effectivement prévu pour que les étudiants « découvrent », pendant un trimestre d’essai, une langue et une culture totalement absentes des représentations sociales et un cursus dont les débouchés et l’existence même leur sont souvent inconnus lors de leur arrivée à l’Université.
3.2. L’offre professionnelle
73Les années « fastes » (voir tableau des effectifs) ont été celles où le CAPES d’occitan (créé en 1992) s’est progressivement installé dans le paysage des nouvelles qualifications reconnues par l’Éducation Nationale. Parallèlement, les écoles associatives Calandretas (de statut d’enseignement privé sous contrat) continuaient leur recrutement et « marquaient » le paysage de leur maillage régulier et de leur image très spécifique9. En 2002, était créé le concours spécial de recrutement d’enseignants d’occitan du premier degré (enseignement public). Tous ces éléments constituaient pour les enseignants un argument de poids leur permettant de convaincre des étudiants de choisir un cursus d’occitan en parallèle (et pas à la place) du cursus initialement choisi.
74Or les baisses énormes (de 17 à 13 puis à 4) des postes offerts au CAPES entre 2002 et 2004 (puis 2005 : de nouveau 4 postes seulement), ont eu des effets catastrophiques, qui se sont faits sentir notamment en 2004-2005 (après 2 années de restriction du nombre de postes), parce qu’ils se combinaient aux nouvelles maquettes. Seuls 18 étudiants étaient inscrits en 1èreannée, contre 51 en 2003-2004. L’installation dans le paysage du concours de professeurs des écoles bilingues est encore trop fragile pour compenser les baisses de postes au CAPES.
75La situation est telle que se pose la question du vivier insuffisant d’étudiants diplômés pour répondre aux besoins existants dans l’enseignement (second degré, premier degré privé associatif, premier degré public) comme ailleurs (demande des médias, de l’édition, des collectivités territoriales...).
76Il semblerait cependant que les effectifs sont en hausse à la rentrée 2005 : environ 25 étudiants...
77À ces deux facteurs il faut ajouter des problèmes liés au manque de moyens humains et financiers qui handicapent souvent l’activité du Département d’occitan. Les seuls 5 enseignants titulaires sont loin de suffire à la visibilité de la discipline sur l’Université. Il leur est difficile d’être assez présents sur le campus pour informer collègues et étudiants de leur offre de formation.
Conclusion : (’Université instrument de sauvegarde de l’occitan ?
78Il serait vain et présomptueux, bien entendu, de répondre de façon univoque à cette question. Le cadre de notre travail ne nous permet que d’ébaucher des réponses partielles.
79Il est clair que depuis des années des efforts ont été faits pour que l’occitan ne soit pas seulement langue enseignée au sein du département d’occitan, mais aussi langue d’usage entre enseignants et entre enseignants et étudiants, même non-spécialistes.
80Par ailleurs la question des méthodes d’enseignement et des contenus de l’enseignement doit être posée. Enseigner une langue « régionale » ce n’est pas enseigner le français, ni enseigner une langue étrangère. Il y a tout un travail à faire sur les représentations : images de la langue, des locuteurs, de la culture régionale... Récemment on a vu arriver en classe de langue ou de civilisation des technologies modernes et des manuels inspirés de ceux d’une langue étrangère qui vont dans le sens de la modernité.
81Ces préalables étant posés, nous noterons que :
l’Université joue incontestablement, comme toute instance de normalisation de l’usage de l’occitan, un rôle positif. La « lenga mespresada10 » devenant langue enseignée et langue d’enseignement acquiert un statut noble.
ce rôle positif est limité par la situation marginale de l’enseignement universitaire de l’occitan par rapport à l’ensemble des formations offertes. Un nombre infime d’étudiants étudient l’occitan ; un grand nombre ignore l’existence de la filière. Parmi les étudiants d’occitan non-spécialistes, il en est même un sur deux qui ignore le cursus universitaire complet.
la place de l’occitan à l’Université ne remet que très partiellement en cause les représentations traditionnelles qu’ont les locuteurs naturels de leur langue. Le clivage entre langue apprise à l’Université et langue parlée « naturellement » n’est pas forcément comblé, les locuteurs naturels ayant parfois du mal à reconnaître chez les nouveaux locuteurs la langue qu’ils parlent comme étant la leur (Rulhes, 2000). Même si cette fréquente objection peut être aisément contrée (la reconnaissance difficile d’une même « langue » tient plus à une question de registres linguistiques ou de domaines d’usage différents qu’à une différence de langue à proprement dit), il n’en reste pas moins qu’elle perdure et que les ponts sont rares entre les générations de nouveaux et d’anciens locuteurs11.
il existe une interaction entre les possibilités professionnelles affichées (celles des concours d’enseignement spécifiques) et les effectifs d’étudiants. La connaissance par la communauté étudiante de l’existence du CAPES d’occitan-langue d’oc a entraîné une augmentation des effectifs, les baisses des recrutements depuis 2003 ont eu l’effet inverse. De même, la baisse des effectifs risque d’entraîner une réticence à proposer des postes aux concours...
82Notre travail se situe – indépendamment de notre volonté – lors d’un moment difficile pour le département d’occitan, situation, hélas, non particulière à l’Université Paul Valéry12. Il nous amène à la conclusion partielle qu’un potentiel énorme existe de développement de la formation et, par voie de conséquence, de la connaissance de la langue, nécessaire, cela va de soi, pour une reconquête de l’usage de celle-ci. Même si cela peut sembler une évidence, il est nécessaire de dire que l’usage social de l’occitan est, à l’heure actuelle, extrêmement résiduel si on le compare à d’autres langues minoritaires. Il est également évident que l’Université, pas plus que l’école en général, ne peut, à elle seule contribuer à un changement des représentations socio-linguistiques, ni à une inversion des usages linguistiques dominants. Si elle a un rôle intrinsèque non négligeable, d’autres facteurs sont nécessaires pour un infléchissement des usages linguistiques.
83De nouveaux locuteurs de l’occitan apparaissent, qui ont appris l’occitan à l’Université, ou qui ont trouvé dans ce lieu l’occasion de pratiquer une langue dont ils avaient une connaissance seulement passive et souvent approximative. Les images et représentations changent, ce qu’il nous reste à préciser dans la suite de notre travail de recherche. Les étudiants actuels sont rarement marqués par un grave complexe diglossique. Si cette absence de complexe est liée à une quasi disparition de l’usage social de la langue héritée, en dehors de groupes résiduels, elle peut être lue aussi comme un signe positif pour une possible progression de l’usage, sans aller jusqu’à parler de reconquête... Les nouvelles pratiques de créativité (un nombre non négligeable d’étudiants écrivent en occitan, animent des émissions de radio, composent des textes de chansons) sont aussi un facteur encourageant. L’Université apparaissant, dans ce contexte, comme un creuset de nouvelles pratiques et un laboratoire de nouvelles expérimentations linguistiques.
Bibliographie
Kremnitz, Georg, 2001 – « Le travail normatif en occitan », in Boyer, H. ; Gardy, P. (éd.), Dix siècles d’usages et d’images de l’occitan. Des troubadours à l’Internet, Paris, L’Harmattan, p. 21-42.
Pascual Diaz, Julián ; Mori de Arriba, Marta ; González Riaño, Xosé Antón ; Fueyo Gutiérrez, Aquilina ; Atienza Merino, José Luis, 2003 – Interculturalidad y diversidad lingüística : estudio de las attitudes lingüísticas en Asturias y sus implicaciones diddcticas, Oviedo, KRK ediciones
Rulhes, Christophe, 2000 – Les Occitans imaginés, Puylaurens, Institut d’Estudis Occitans.
Notes de bas de page
1 À propos des graphies de l’occitan-langue d’oc voir, par exemple, Kremnitz, 2001.
2 Le parcours L.M.D. n’existe à Paul Valéry que depuis la rentrée 2004. L’immense majorité de nos fiches porte sur la période où le DEUG existait, nettement séparé de la licence.
3 Alors que les étudiants évoquent très fréquemment les Calandretas comme lieu d'insertion professionnelle envisagé.
4 Il y en a tout plein.
5 J’en connais de plus en plus.
6 C’est-à-dire, des événements concrets dans leur vie qui ont provoqué directement leur envie de faire de I occitan
7 Nous nous sommes pour cela inspirées de l’enquête de Pascual Díez et alii, 2003.
8 Possibilité inscrite dans les maquettes. Il est très fréquent, cependant, que les enseignants soient interpellés par des étudiants qui se plaignent que les responsables de leur formation principale leur aient fortement déconseillé de choisir l’occitan comme [V...
9 Au point que pour beaucoup, école occitane = Calandreta, alors que, dans notre académie au moins, les écoles bilingues publiques sont encore peu connues et reconnues.
10 Termes employés aussi bien par Pey de Garros au XVIe siècle dans ses Poesias Gasconas que par Mistral au XIXe dans la deuxième strophe du chant 1 de Mirèio.
11 On trouvera sur ce point une réflexion en deux temps de l’écrivain et chercheur René Merle, sur son site : http://www.rene-merle.com/article.php3?id_article=50. Le premier article « Laisser lai môrts enterrar lei morts » (1990), très polémique, reproche à l’Université de Montpellier de privilégier un occitan standard coupé de la réalité linguistique de la langue encore parlée. Une mise au point est faite en 2005, replaçant le premier article dans son contexte et posant de façon dépassionnée la question de l’articulation occitan hérité/occitan appris à l’école.
12 Nos collègues des Universités de Toulouse, Pou, ou Bordeaux témoignent d’une baisse semblable des effectifs, liée, là aussi, aux recrutements pour le Capes d’occitan.
Auteurs
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Carmen Alén Garabato
Université Montpellier 3 – Paul-Valéry
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Marie Jeanne Verny
Université Montpellier 3 – Paul-Valéry
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