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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral I. L’avènement d’Internet un nouvel enjeu de redéfinition de l’espace public et de l’espace privé II. Les effets produits par la rupture de la frontière entre espace public et espace privé sur l’Internet Notes de bas de page Auteur

    L'Internet et la démocratie numérique

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    La recomposition de l’espace public et de l’espace privé

    Olivier Bernad

    p. 143-154

    Texte intégral I. L’avènement d’Internet un nouvel enjeu de redéfinition de l’espace public et de l’espace privé A. La publicisation de l’espace privé sur le Net B. La porosité de la ligne de partage entre sphère privée et publique II. Les effets produits par la rupture de la frontière entre espace public et espace privé sur l’Internet A. Une destruction progressive de l’espace privé B. L’apparition d’un nouvel espace public Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Selon Jiri Pragman, l’« Internet est une toile où se projettent les passions comme les fantasmes, des pans de vie réelle et des réalités virtuelles, un réseau ou se côtoient contestation et aliénation, fatalisme et fanatisme »1.

    2Selon Habermas l’espace public est un espace où se déroule la vie de la cité2. Il s’agit d’un lieu qui n’appartient à personne en droit. C’est ici que s’exerce l’opinion publique comme arbitre et acteur des débats animant la société. En d’autres termes, c’est le lieu où l’homme exerce son rôle de citoyen. Cependant le mot espace fait référence à une approche à la fois concrète et géographique ainsi qu’abstraite, autrement dit une approche intellectuelle. Cependant, les notions de sphère publique et de sphère privée ont une définition polysémique, elles peuvent être abordées sous un angle juridique, sociologique ainsi que philosophique. C’est au sein de cet espace que s’opèrent des interactions sociales et intellectuelles entre les agents dans le champ de l’espace public. En effet, c’est cet espace qui organise et distribue les relations entre les individus et c’est également dans cet espace que les motivations ainsi que les actions élaborées dans la sphère de l’intimité trouvent leur accomplissement. Simultanément, c’est un champ de libertés beaucoup plus large que la liberté de circulation, liberté de manifestation, de parole et d’expression. Il représente aussi un espace moral et symbolique de liberté ne pouvant exister que dans une démocratie dans laquelle les différents acteurs sociaux, politiques, religieux, culturels, intellectuels peuvent discuter, s’opposer, délibérer. C’est pourquoi l’espace public forme le théâtre de l’opposition au pouvoir. Ce champ est cependant restreint par l’ensemble des lois, règlements et pratiques de maintien de l’ordre. L’espace public devient espace politique quand il est sphère de décision, espace où il ne s’agit plus de discuter, mais de décider et d’agir. Il doit permettre de développer des références communes permettant de se comprendre, d’échanger, de construire le vivre ensemble.

    3L’espace privé est une notion à géométrie variable. L’histoire montre que sa dimension est le résultat d’une lente conquête de la personne pour acquérir la reconnaissance de son individualité. En effet, la notion de vie privée suppose la notion d’individu et implique une liberté reconnue à celui-ci à deux titres. Tout d’abord, en tant que citoyen disposant de droits et régi par des lois. Ensuite, en tant que personne privée dotée d’un espace privé distinct, à respecter et protéger. Mais, si l’espace privé est celui d’un groupe social fermé, la difficulté est de s’en libérer pour aller vers les autres dans un espace public commun en laissant derrière soi les règles, comportements et rites religieux de sa communauté. Ce principe du droit au respect de la vie privée est affirmé dans les textes législatifs. En effet, l’article 9 alinéa 1 du Code civil stipule que « chacun a droit au respect de sa vie privé ». Ce principe est également inséré à l’article 8 de la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales3. L’apparition de l’Internet a eu lieu aux États-Unis en 1969, comme un outil pour l’armée afin de répondre à ses besoins stratégiques4. Autrement dit, une des raisons qui ont poussé l’armée à la création de l’Internet est que dans un contexte historique de Guerre froide, l’armée américaine souhaitait se servir de ce nouvel outil pour résister à une attaque atomique.

    4Cependant, l’armée s’est vite aperçue que ce réseau n’était pas viable pour ce qu’elle voulait en faire en raison de l’impossibilité de le sécuriser complètement. Ce projet sera récupéré par des universitaires américains qui vont en faire un réseau civil de partage des données en se basant sur les principes de liberté d’expression, d’égalité, de pluralisme et de partage gratuit. C’est dans ce contexte que naissent les NTIC (nouvelles technologies de l’information et la communication) et les médias d’information et de communication à distance comme l’informatique, l’Internet, la téléphonie mobile. Ces nouvelles technologies font naître un nouvel espace social. L’Internet permet de dépasser les clivages à la fois géographiques et sociaux. Ces nouvelles technologies redonnent à la démocratie ses valeurs d’origine c’est à dire la liberté d’expression, l’égalité d’accès aux débats publics, l’existence même d’un débat public, la gratuité. Ainsi, l’Internet serait l’emplacement idéal de la démocratie c’est à dire un espace dans lequel chacun aurait le droit de dire ce qu’il pense sans distinction de sexe, d’âge, d’origine sociale ou technique. L’Internet suscite de grands espoirs notamment avec le cyberespace, évoquant un rêve technologique. Cependant et a contrario, il génère de grandes craintes puisqu’il est aussi perçu comme étant une jungle anarchique engendrant la peur, et appelant la protection de la loi. Au début du XXIe siècle, les citoyens dans leur ensemble ont commencé à changer (évolution des mentalités), ils font preuve de moins de loyalisme et de tribalisme politique.

    5Ainsi, l’univers politique devait changer par nécessité. C’est pour cela que le Parlement a été réformé. La Constitution a été rénovée en 2008, et ce n’est pas un hasard si la QPC apparaît comme étant un « café du commerce pour intellectuels ». Enfin, il y a eu un intérêt croissant pour la démocratie participative. Les stations de radio, de télé, ont œuvré pour l’interactivité de leur programme, de même que se développent des émissions relatives à ce qu’on appelle des gens réels. Autrement dit, il s’agit d’émissions ou de reportages dans lesquels les caméras ont été invitées à entrer dans la sphère intime des individus afin de les suivre dans leur quotidien ou bien de les aider à faire face aux embûches qu’ils peuvent rencontrer dans des domaines concrets de la vie de tous les jours.

    6Ainsi, comment la frontière auparavant linéaire entre espace public et espace privé s’est-elle effacée sur l’Internet pour donner lieu à une reconstitution de ces deux espaces ?

    7Pour répondre à cette interrogation, il est possible d’affirmer que le développement de l’Internet a représenté un nouvel enjeu de redéfinition entre l’espace public et l’espace privé (I). Cette rupture de la frontière entre ces deux espaces a été vectrice d’effets ayant un impact sur les définitions classiques relatives à ces deux sphères (II).

    I. L’avènement d’Internet un nouvel enjeu de redéfinition de l’espace public et de l’espace privé

    8S’il est flagrant aujourd’hui d’observer une publicisation de l’espace privé sur l’internet (A), il est aussi possible de déduire une certaine porosité de la ligne de partage entre espace public et espace privé (B).

    A. La publicisation de l’espace privé sur le Net

    9L’espace public traditionnel, à savoir celui de la presse, de la télévision, de la radio ou encore du livre, est caractérisé par une contrainte, celle à la distanciation. Celle-ci concerne une obligation culturelle des individus à l’autocontrôle, au comportement rationnel. Autrement dit, à l’argumentation ainsi qu’au détachement vis à vis des intérêts particuliers, de soi-même et de ses propres émotions. Il est possible d’affirmer que cette contrainte à la distanciation a longtemps été vue comme étant un instrument d’exclusion pour de nombreuses autre formes de prise de parole qui s’avèrent être plus subjectives notamment. Cependant, cette notion de distanciation va peu à peu disparaître au profit d’une expression directe, sans limites. L’Internet a donc été porteur d’un nouveau langage du sensible.

    10Le concept d’espace privé, est né au XVIIe siècle sous la plume de juristes tel que Louis Brandeis et Samuel Warren. Ces auteurs ont en effet publié en 1880 dans la Harvard Law Review, un article intitulé The Right to Privacy5. Selon eux, l’espace privé peut être défini comme étant une étendue physique au sein de laquelle ce qui se déroule est inaccessible aux regards extérieurs6. Il est en quelque sorte la scène de la vie privée. La définition issue de cette tradition libérale anglo-saxonne en fait le droit donné à chacun « d’être laissé tranquille ». L’individu se trouve donc dans une sphère au sein de laquelle il peut exprimer ses faits et gestes ainsi que ses opinions sans être jugé par la société. Il est également important de distinguer la sphère privée du concept de solitude car l’individu ne vit pas forcément seul dans ce qui caractérise son espace privé. Avec le développement de l’Internet, cette définition n’est plus en vigueur car des dispositifs techniques ont fait irruption dans l’espace privé. Ce sont autant de fenêtres que chacun peut ouvrir pour se pencher sur la vie des autres ou pour les laisser accéder à sa propre intimité. Ceci est la conséquence de l’apparition des médias sociaux non numériques, à l’instar de la télévision scolaire apparue dans les années 19507, qui ont rendu possible une publicisation de l’espace privé. De nos jours, l’usage de plus en plus massif des médias sociaux comme Facebook, Twitter, Google dans nos espaces privés, brouille les modalités de partage entre la sphère publique et la sphère intime des individus. Cet effort d’analyse est rendu d’autant plus nécessaire qu’il s’est produit une importante remise en cause de la notion de vie privée. Dans cette atmosphère, une interrogation subsiste : la privacy serait-elle en train de disparaître ? Faisant écho à ceux qui s’inquiètent de la montée d’une transparence généralisée, les grandes entreprises de l’Internet insistent sur le fait que le concept même de vie privée est dépassé, avec, en arrière-pensées, des visées sur les données des utilisateurs, elles-mêmes au cœur d’enjeux économiques et politiques considérables.

    11Deux thèses concurrentes convergent dans une même annonce de la fin de la vie privée. La première est celle de grandes firmes de l’Internet aussi appelées Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple). Pour Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, la vie en public serait « la nouvelle norme commune »8. Il s’appuie sur l’expérience tirée de sa plateforme où les utilisateurs seraient toujours plus à l’aise avec un partage de plus en plus large. Il promeut une idéologie de la connectivité généralisée et de la transparence absolue de nos pratiques, de nos opinions, de nos amitiés. D’autres acteurs industriels vont dans le même sens. Ainsi Vint Cerf, l’un des pères fondateurs de l’Internet, engagé par Google comme Chief Internet Evangelist, voit dans la notion de vie privée une parenthèse historique. Selon lui, nous serions passés d’une société rurale où tout le monde savait tout de tous à une société où l’idée de la sphère privée est imposée par la bourgeoisie urbaine. Il décrit ce changement comme une anomalie dans la longue histoire9. Cette vision fortement idéalisée des transitions historiques est un récit politiquement orienté qui légitime, en les intégrant à une grande dynamique collective, les offres de service des sociétés du numérique.

    12La seconde thèse sur la vie privée est celle défendue par des scientifiques et des acteurs de la société civile, qui s’alarment de sa disparition. Selon eux, les utilisateurs accepteraient de renoncer en partie à leur vie privée pour bénéficier des médias sociaux. Progressivement, les usages évolueraient vers plus de transparence. Au partage généralisé s’ajoute alors le traçage10 de la part des pouvoirs publics et d’entreprises privées. Ce phénomène crée une situation de fait où les utilisateurs seraient inconscients des risques pris, et in fine, consentants, en particulier les plus jeunes. Si cette théorie repose sur la même prédiction que celle des gourous du Net, elle va à l’encontre d’une apologie de la transparence et met en évidence les menaces pour nos libertés. Pourtant, les données empiriques démontrent que les utilisateurs n’entendent pas renoncer à leur droit à une vie privée. Au contraire, ils recherchent constamment de nouvelles stratégies pour contourner les dévoilements forcés auxquels les géants du Web voudraient les soumettre. Les enquêtes les plus récentes indiquent que les utilisateurs sont de plus en plus conscients des risques liés à la publicisation de leur vie et qu’ils sont capables de développer des formes d’« obfuscation » pour se protéger11. Il s’agit notamment de réglages stricts des paramètres utilisateurs, faux profils, détails délibérément erronés, ou encore l’utilisation de pseudonymes.

    13Ainsi, l’essor des plateformes des réseaux sociaux a fait entrer l’Internet dans l’ère de la personnalisation et de la massification. En 2005, parmi les dix sites internet à plus forte audience dans le monde, on trouvait des sites de vente en ligne et des grands portails commerciaux comme eBay, Amazon, Microsoft. Trois ans plus tard, en 2008, tous ces sites ont disparu du classement au profit de YouTube, Myspace, Facebook, Wikipédia12. Depuis la moitié des années 2000, est apparue la notion de « Web 2.0 ». Il s’agit là d’un nouveau Web dans lequel il y aurait une facilité à publier des contenus avec pour effet de faire évoluer les pratiques. Aujourd’hui, Facebook compte environ 26 millions d’utilisateurs mensuels actifs selon des chiffres relevés en février 201513. Désormais, les utilisateurs veulent donner leur opinion et ceci est rendu possible par l’utilisation des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter.

    B. La porosité de la ligne de partage entre sphère privée et publique

    14Aujourd’hui les juristes français constatent que la frontière entre sphère privée et sphère publique s’est distendue en raison de l’apparition de nouveaux usages de sociabilité sur l’Internet avec l’apparition des réseaux sociaux et des interactions entre utilisateurs14. En effet, la création des réseaux sociaux et notamment les plus populaires d’entre eux, Facebook et Twitter, peuvent être considérés comme étant à l’origine de la confusion entre l’espace public et l’espace privé sur le Net. En 2010, Facebook comptait 17 millions d’utilisateurs en France15. Ainsi dans cet espace que représente Facebook, la notion de frontière entre vie publique et vie privée est totalement bouleversée. Les raisons du peu d’intérêt des français pour la question renvoient à ce qu’on a appelé « le paradoxe de la vie privée ». Autrement dit, le développement des réseaux sociaux et des blogs, qui incitent les utilisateurs à l’exposition consciente et volontaire de soi, favorise l’immixtion croissante dans la sphère intime.

    15Ainsi ces réseaux sociaux ont, au cours des dernières années, été à l’origine de multiples licenciements ; ce qui a été vecteur de l’apparition d’une véritable jurisprudence « Facebook ». En effet, si ces réseaux sociaux sont des espaces publics sur l’Internet, les utilisateurs y publient des données relatives à leur sphère privée. C’est à partir de ce constat qu’une véritable interrogation se pose, celle de la place de l’espace intime des utilisateurs ainsi que la protection de leurs droits dans ce vaste espace public que sont les réseaux sociaux. En effet, si la liberté d’expression des salariés a été reconnue par la jurisprudence, notamment dans l’affaire Clavaud en 198816, cette notion connaît malgré tout des limites, particulièrement en cas d’abus du salarié (ce qui a engendré de multiples licenciements pour faute). Il s’agit notamment des cas où le salarié tiendrait des propos injurieux, diffamatoires ou excessifs à l’égard de l’entreprise ou de son représentant. En effet, la faute du salarié est reconnue lorsque les propos injurieux du salarié ont un caractère public car l’employeur n’est pas dans la possibilité d’utiliser des propos ayant un caractère privé sans porter atteinte au droit à la vie privé du salarié. Cette position a notamment été précisée dans l’arrêt Nikon en 200117. Autrement dit l’employeur ne peut pas utiliser n’importe quelle preuve pour démontrer la faute d’un salarié : il ne peut utiliser des faits relevant de la vie privée du salarié.

    16En revanche, lorsqu’il s’agit d’un abus de la liberté d’expression de la part du salarié, ce principe suppose que les propos diffamants ou injurieux aient un caractère public pour justifier la faute et le licenciement d’un salarié. Il est possible de citer pour exemple un arrêt de la Cour d’appel de Besançon du 15 novembre 2011 dans lequel les juges ont confirmé la position du Conseil des Prud’hommes qui a validé le licenciement d’une salariée d’une grande enseigne d’ameublement pour avoir dénigré son entreprise : « cette boîte me dégoûte. Ils méritent juste qu’on leur mette le feu à cette boîte de merde ». Il s’agit là d’une décision particulièrement remarquable car son compte Facebook a été considéré comme « public » et non « privé » notamment en raison de paramètres de confidentialité jugés trop souples. C’est un cas qui démontre particulièrement la porosité de la distinction entre espace public et privé. Cependant, la preuve de ces propos doit aussi respecter le principe de la loyauté de la preuve. Pour garantir ce principe du caractère loyal de la preuve, l’employeur peut être tenté de faire appel à un huissier afin de procéder à un « constat internet ». Néanmoins, ce constat d’huissier doit respecter certaines règles qui ont été posées par le Tribunal de grande instance de Paris dans son jugement du 4 mars 200318. Il s’agit notamment de l’obligation pour l’huissier de décrire le matériel qu’il a utilisé, la mention de l’adresse IP de l’ordinateur utilisé, l’effacement des « caches », ainsi que le contrôle de la connexion sans serveur proxy. Aujourd’hui, il est possible d’affirmer que le réseau social Facebook est à l’origine de licenciements de salariés19. Mais cela ne s’arrête pas là, car il peut également constituer un frein à l’embauche. Autrement dit, les employeurs ont de plus en plus tendance à consulter le profil Facebook des candidats à un emploi qui se présentent devant eux avant de les embaucher. Ainsi, l’employeur en consultant ces pages Facebook voit des aspects de la vie privée des candidats (photos de soirées osées ou arrosées, statuts faisant acte de positions politiques, sexualité de la personne…etc). Ce qui est publié peut être vecteur d’un non recrutement même si le curriculum vitae de la personne correspondait aux attentes de l’employeur.

    17La télévision a également joué un rôle majeur dans la production de ce phénomène d’exposition de soi, en particulier les émissions de télé-réalité à partir des années 80 aux États-Unis. Les gens ont osé parler d’eux. Il y a eu une libération de la parole sur soi, sur sa sexualité. La mise en scène de soi commence là. Elle a continué sur l’Internet et les réseaux sociaux. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’ambiguïté, de confusion. Il suffit de regarder ces personnes qui parlent au téléphone dans la rue ou dans le bus, en mettant leur main devant leur bouche. Elles tentent de garder un fragment de leur vie privée en public. Elles essaient de se l’approprier avec les nouveaux moyens de communication. Au travail, les mères se réservent des moments pour appeler leurs enfants. Ce sont plusieurs sphères qui s’imbriquent, professionnelle et intime. Les individus essaient de défendre leur espace privé. Il y a un aspect effrayant à être ainsi sous le regard de tous, à savoir que nos conversations peuvent être écoutées, que nous sommes filmés, dans la rue ou dans le métro.

    II. Les effets produits par la rupture de la frontière entre espace public et espace privé sur l’Internet

    18S’il est possible d’observer une destruction progressive de l’espace privé au sens classique du terme (A), cette dernière s’est par conséquent opérée au profit de l’apparition d’un nouvel espace public (B).

    A. Une destruction progressive de l’espace privé

    19L’Internet s’est imposé peu à un peu comme un outil de surveillance étatique. En effet, alors que le respect de la vie privée est de plus en plus revendiqué et protégé, il est possible de constater que l’État ne va pas hésiter à se cacher derrière une volonté de sécurité pour envahir l’espace privé des individus, voire pour porter atteinte à des droits dits essentiels avec parfois la collaboration des individus eux-mêmes.

    20Tout d’abord, on assiste aujourd’hui à la création d’une société de surveillance généralisée avec la multiplication des écoutes téléphoniques, le développement du profilage numérique, ou encore le déclenchement des webcams à distance. C’est donc dire que l’Internet, et plus généralement les nouvelles technologies de communication, permettent à l’État de s’immiscer dans les vies privées. En 1949 déjà, George Orwell dans son ouvrage « 1984 » exprimait sa crainte de voir se développer une véritable société de surveillance alors même que l’Internet n’avait pas encore pris l’ampleur qu’il connaît aujourd’hui : « je ne crois pas qu’une telle société va nécessairement arriver, mais je crains que quelque chose qui y ressemble puisse arriver »20. La Chine a un système de surveillance particulièrement développé. La sphère privée des individus est largement violée par le gouvernement chinois notamment sur l’Internet ; les juristes parlent même de la « grande muraille électronique de Chine ». Les États-Unis, quant à eux, ont développé le système de surveillance le plus puissant au monde ; c’est une révélation de juin 2013 de Snowden21, ancien agent de la CIA et de la NSA. Le monde a donc découvert que la NSA avait mis en place deux systèmes d’espionnage de l’Internet : le projet Prism mené en collaboration avec les grands opérateurs américains de l’Internet (Google, Yahoo…) permettaient aux services de renseignement d’avoir accès en permanence et sans formalité au serveur et à l’ensemble des banques de données de ces sociétés (mails, vidéos, fichiers…) et le projet Muscular permettant d’intercepter toutes les données échangées en clair sur les réseaux22.

    21En France, depuis la loi du 18 décembre 2013 relative à la programmation militaire23, les services de police et de gendarmerie ont obtenu un droit d’accès à toutes les données de connexion en matière de lutte anti-terroriste. Les autorités administratives peuvent dorénavant obtenir ce type de données en dehors de toute surveillance judiciaire. De plus en plus de lois viennent légaliser la violation par les autorités de la sphère privée des individus pour des besoins de sécurité. Plus récemment, avec le décret du 24 décembre 201424, les autorités administratives peuvent également accéder aux données de connexion avec un minimum de contraintes procédurales. La présidente de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés), Isabelle Falque-Pierrotin, soulignait justement que « les données personnelles font de plus en plus l’objet d’un profilage direct qui est au cœur de l’économie numérique »25. Pourtant des autorités telles que la CNIL ont pour mission de protéger les individus sur l’Internet. La CNIL est une autorité administrative indépendante (AAI) dont le leitmotiv est de « protéger les données personnelles, accompagner l’innovation, préserver les libertés individuelles »26. Sur son site internet, la CNIL met en évidence, dès la page d’accueil, un lien intitulé « Piratage de ses comptes sociaux : Prévenir, repérer et réagir »27, où il y est inscrit le mode d’emploi pour bien sécuriser les comptes sociaux. Elle propose même des liens amenant directement l’individu sur les pages des différents réseaux sociaux relatives au réglage des paramètres de confidentialité. Aujourd’hui, la CNIL peut être considérée comme une garante du respect de la sphère privée des individus sur l’Internet. Cependant, il appartient aux individus d’être prudents.

    22Pourtant, l’État n’est pas le seul à venir réduire le champ de l’espace privé. Les individus se dévoilent de plus en plus sur le Net : on assiste à une véritable surenchère d’« exposition de soi ». Pour exister sur l’Internet, il est nécessaire d’être visible, de publier des contenus.

    23Comment dénoncer les risques d’une surveillance institutionnelle quand les citoyens abandonnent consciemment leurs informations et sont curieux des informations des autres. C’est avec le développement des blogs, des communautés et des réseaux sociaux notamment, que les internautes ont peu à peu restreint leur espace privé et, ont même consenti à sa limitation dans un seul but de représentation de soi. En effet, le blog est une sorte de journal intime, espace personnel par lequel les bloggeurs vont partager leurs opinions et a fortiori les rendre publiques. L’essor des plateformes des réseaux sociaux a fait entrer l’Internet dans l’ère de la personnalisation et de la massification. Facebook, par exemple, est un réseau social sur lequel les internautes sont également poussés à partager leurs opinions ou leurs goûts. Une étude de l’institut américain One Device Research démontre qu’un jeune sur dix se voit refuser un emploi à cause de son profil Facebook. De même, seulement avec les mentions « j’aime » sur Facebook, quelqu’un qui ne connaît pas l’internaute peut découvrir à 90 % l’orientation sexuelle de la personne, s’il est fumeur ou encore s’il est marié. Autrement dit, « Facebook : Dis-moi ce que tu « like », je te dirai qui tu es »28. Il s’agit là d’une dimension péjorative de cet outil, malheureusement méconnue de la plupart des internautes, qui vont volontairement partager un maximum d’informations sans penser aux possibles conséquences.

    24Il y a une sorte d’effet pervers, de volonté de connaître les détails de la vie d’autrui, de l’apprécier ou de la critiquer. Tout le monde surveille, est sous le regard de tout le monde. Il est important de relever que certaines nouvelles technologies sont très envahissantes. On peut citer par exemple des applications pour smartphones qui vont utiliser des systèmes de géolocalisation permettant de tracer les utilisateurs à tout moment29. L’homme d’aujourd’hui est un homme épié et qui épie.

    25Ce phénomène d’ouverture de l’espace privé est également alimenté par ce qu’on appelle la « philosophie du buzz » sur l’Internet et la célébrité rapide. Selon l’édition Larousse, le buzz est une rumeur, un retentissement médiatique notamment autour de ce qui est perçu comme étant à la pointe de la mode30. Il s’agit là d’un nouveau culte érigé comme la nouvelle religion des nouvelles générations. Cela est particulièrement rendu possible par le biais de sites tel que Youtube, grâce auquel de nombreux anonymes ont pu découvrir la célébrité. On assiste à une « peopolisation » du monde. De nombreux individus souhaitant se faire connaître vont pour cela rendre délibérément publics des éléments parfois très personnels de leurs vies. Les people à l’origine, étaient des personnes d’exception, célèbres pour ce qu’elles faisaient dans l’espace public, monde de la politique, des spectacles, des arts et, certains médias essayaient de connaître leur vie privée. Aujourd’hui, les people sont aussi des individus ordinaires connus dans l’espace public pour ce qu’ils font dans leur vie privée. C’est une idéologie qui fait de chacun potentiellement le centre du monde.

    B. L’apparition d’un nouvel espace public

    26Selon David Johnson et David Post, les citoyens internautes aujourd’hui sont caractérisés par la mobilité sur le Web donc c’est à travers elle et non plus à travers les votes que chacun peut exprimer ses préférences relatives31.

    27Jürgen Habermas dans sa thèse de 1962 définit l’espace public comme une caisse de résonance apte à répercuter les problèmes qui ne trouvent de solution nulle part ailleurs. À côté de la sphère privée et publique, il identifiait une sphère intermédiaire, ni privée ni publique qu’il appelait « sphère sociale »32. C’est cet espace qui pourrait être en train de se développer sur l’Internet avec la sacralisation de certaines valeurs comme notamment celles de la gratuité, la liberté d’expression absolue. L’avocat Éric Barbry expliquait ainsi récemment, lors d’une table ronde au Sénat, qu’« à la vérité, le mur Facebook n’est ni un espace public ni espace privé, mais sans doute une forme juridique inconnue à ce jour de vie privée partagée »33.

    28Dans ce nouvel espace public, on assiste à un nouveau type de formation d’organisations collectives, très différent de celui que l’on trouve dans l’espace public traditionnel, en dehors du numérique. Ces organisations collectives se différencient par l’inversion du processus de formation des groupes. Les internautes vont d’abord se livrer, s’unifier en mettant en commun des ressources liées à des goûts, des activités. Ce n’est qu’après que des valeurs collectives vont apparaître pour potentiellement donner naissance à la création de groupes ou associations. Cette forme de coopération dans ce nouvel espace public n’est pas toujours une bonne chose. Le sociologue Dominique Cardon parle même d’ « une coopération faible » car l’origine de cette unification n’est pas basée sur un intérêt commun, il commence par une mise en avant personnelle. Les détracteurs de cette socialisation sur le Net parlent de forme d’engagement instable et liquide34.

    29Selon Pierre Rosanvallon, dans son ouvrage La contre démocratie, la politique à l’âge de la défiance35, l’Internet est une forme politique car il est l’instrument d’une démocratie de surveillance. Les citoyens, grâce à l’Internet, sont devenus le peuple surveillant, le peuple juge et le peuple veto venant s’ajouter au peuple du contrat social.

    30Dans ce nouvel espace public, les participants de la vie publique classique se sont adaptés. Les médias d’information se sont donc transformés. Dès les années 2000, des versions numériques de leurs publications ont été créées36. Les partis politiques ont décidé quant à eux, d’utiliser le nouvel espace qu’est l’Internet pour propager leurs idées et recruter de nouveaux partisans. Il serait naïf de ne pas voir que l’Internet est polymorphe. Dans cet Internet à caractère économique, la valeur de gratuité et de liberté d’expression prennent une dimension inattendue de contestation. Particulièrement parce ce que ceux qui ont créé l’Internet (les universitaires) étaient convaincus par ces valeurs. Ce n’est qu’après l’extension de l’Internet que ces valeurs ont été contestées et mises en opposition avec la recherche de profit, d’ordre moral. Donc les valeurs fondatrices de l’Internet apparaissent aujourd’hui comme des valeurs contestataires du modèle capitaliste et consumériste. La transformation de l’espace public aujourd’hui s’opère d’abord sur le locuteur. Il n’y a pas uniquement des professionnels qui prennent la parole dans l’espace public : la possibilité est laissée à tout le monde de prendre la parole.

    Notes de bas de page

    1 J. Pragman, Webescence-Citations, [en ligne] http://citations.webescence.com/citations/Jiri-Pragman (consulté le 10 mars 2015).

    2 Appel à contributions aux doctorants en sciences humaines et sociales pour une journée d’étude sur la sphère publique/sphère privé, [en ligne] https://moreauyves.wordpress.com/tag/habermas/ (consulté le 12 mars 2015).

    3 Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, [en ligne] http://conventions.coe.int/Treaty/FR/Treaties/Html/005.htm (consulté le 5 juin 2015).

    4 Histoire CIGREF, « Retour sur la naissance d’internet », [en ligne] http://www.histoire-cigref.org/blog/retour-sur-la-naissance-d-internet/ (consulté le 15 mars 2015).

    5 A. Casilli, « Qui menace la vie privée ? », [en ligne] http://millenaire3.tumblr.com/post/90557015918/qui-menace-la-vie-privee (consulté le 12 mars 2015).

    6 Ibid.

    7 Ibid.

    8 Ibid.

    9 C. Hemery, « Comment le web redéfinit la notion de vie privée », [en ligne] http://www.inaglobal.fr/numerique/article/comment-le-web-redefinit-la-notion-de-vie-privee-7864 (consulté le 12 mars 2015).

    10 Désigne les informations qu’un dispositif numérique enregistre sur l’activité ou l’identité de ses utilisateurs, soit automatiquement soit par le biais d’un dépôt intentionnel.

    11 Antonio Casilli, op. cit.

    12 D. Cardon, La démocratie internet, promesses et limites, ED. Seuil, 2010.

    13 Chiffres Facebook 2015, [en ligne] http://www.blogdumoderateur.com/chiffres-facebook/ (consulté le 15 avril 2015).

    14 Retour sur le ThatCamp Lyon, [en ligne] https://moreauyves.wordpress.com/category/histoire/ (consulté le 15 avril 2015).

    15 B. Gorce, « Vie publique, vie privé, comment internet brouille les cartes », [en ligne] http://www.la-croix.com/Actualite/France/Vie-publique-vie-privee-comment-Internet-brouille-les-cartes-2013-06-12-972473 (consulté le 10 mars 2015).

    16 Cass.soc, 28 avril.1998, Clavaud, n° 87-41.804.

    17 Cass soc, 2 octobre 2001, Nikon, n° 4164.

    18 TGI Paris, 3ème ch, 4 mars 2003, Frédéric M. c/Ziff Davis ZDN et autres.

    19 C. Vinh-San, « Licenciement « Facebook » : Ne pas oublier le principe de loyauté de la preuve ! », [en ligne] http://www.lepetitjuriste.fr/droit-social/droit-individuel-du-travail/licenciement-facebook-ne-pas-oublier-le-principe-de-loyaute-de-la-preuve (consulté le 15 mars 2015).

    20 Liberté & Multimédia, « Orwell 1984 : Est-ce qu’on en est là ? », [en ligne] http://letop.io/liberteetmultimedia/1/25-orwell-1984-est-ce-qu-on-en-est-la/ (consulté le 12 mars 2015).

    21 M. Szadkowski et D. Leloup, « Prism Snowden surveillance : 7 questions pour tout comprendre », [en ligne], http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/07/02/prism-snowden-surveillance-de-la-nsa-tout-comprendre-en-6-etapes_3437984_651865.html (consulté le 20 mars 2015).

    22 Rédaction ZDNet.fr, « NSA : Le programme de surveillance « muscular » révélé par un post it, les géants du web ulcérés », [en ligne],http://www.zdnet.fr/actualites/nsa-le-programme-de-surveillance-muscular-revele-par-un-post-it-les-geants-du-web-ulceres-39795240.htm (consulté le 20 mars 2015).

    23 Loi N° 2013-1168 du 18 décembre 2013 relative à la programmation militaire pour les années 2014 à 2019 et portant diverses dispositions concernant la défense et la sécurité nationale.

    Décret n° 2014-1576 du 24 décembre 2014 relatif à l’accès administratif aux données de connexion.

    24 Décret n° 2014-1576 du 24 décembre 2014 relatif à l’accès administratif aux données de connexion.

    25 B. Gorce, « Vie publique, vie privé, comment internet brouille les cartes », [en ligne] http://www.la-croix.com/Actualite/France/Vie-publique-vie-privee-comment-Internet-brouille-les-cartes-2013-06-12-972473 (consulté le 20 mars 2015).

    26 CNIL, [en ligne] http://www.cnil.fr/ (consulté le 20 mars 2015).

    27 Ibid.

    28 M. Rangin, « Facebook : Dis-moi ce que tu « like », je te dirai qui tu es », [en ligne] http:// www.01net.com/editorial/588593/facebook-dis-moi-ce-que-tu-like-je-te-dirai-qui-tu-es/ (consulté le 25 mars 2015).

    29 « Le smartphone, un instrument de géolocalisation permanente », Le Parisien, [en ligne] http://www.leparisien.fr/high-tech/le-smartphone-instrument-de-geolocalisation-permanente-15-12-2014-4376439.php

    30 Larousse, [en ligne] http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/buzz/10910386 (consulté le 27 mars 2015).

    31 S. Rouquette, Internet : Un espace médiatique fragmenté, p. 135-151.

    32 « L’espace public chez Habermas : idéal, dégénescence, espoir démocratique », [en ligne] https://girlfriendincoma.wordpress.com/2012/03/10/6-lespace-public-chez-habermas-ideal-degenescence-espoir-democratique/ (consulté le 25 mars 2015).

    33 B. Gorce, op. cit.

    34 D. Cardon, « Vertus démocratiques de l’interne », [en ligne] http://www.laviedesidees.fr/Vertus-democratiques-de-l-Internet.html (consulté le 3 avril 2015).

    35 P. Rosanvallon, La contre démocratie. Ed. du Seuil, 2006, 346 p.

    36 S. Bures, J. Laban-Bounayre, M. Lamarque, « PO-ST : Les stratégies numériques des partis politiques français », [en ligne] http://fr.slideshare.net/AgenceSTJOHNS/post-les-stratgies-numriques-des-partis-politiques-franais (consulté le 18 mars 2015).

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    • Olivier Bernad
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    2001

    Figures du passeur

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    2002

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    Le parler « melandjao » des immigrés de langue espagnole en Roussillon

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    2003

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    L’avenir des langues anciennes

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    2011

    La désorganisation

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    Contribution à l’élaboration d’une théorie de la désorganisation en droit de l’entreprise

    Muriel Texier

    2006

    Le Livre Vert de Pierre de la Jugie

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    Une image de la fortune des archevêques de Narbonne au XIVe siècle. Étude d’une seigneurie

    Marie-Laure Jalabert

    2009

    Les territoires du sport entre politiques et pratiques

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    David Giband et Jean-Marc Holz (dir.)

    2007

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    Les monarchies espagnole et française au temps de leur affrontement

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    Jean-Pierre Dedieu, Gilbert Larguier et Jean-Paul Le Flem

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    1 J. Pragman, Webescence-Citations, [en ligne] http://citations.webescence.com/citations/Jiri-Pragman (consulté le 10 mars 2015).

    2 Appel à contributions aux doctorants en sciences humaines et sociales pour une journée d’étude sur la sphère publique/sphère privé, [en ligne] https://moreauyves.wordpress.com/tag/habermas/ (consulté le 12 mars 2015).

    3 Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, [en ligne] http://conventions.coe.int/Treaty/FR/Treaties/Html/005.htm (consulté le 5 juin 2015).

    4 Histoire CIGREF, « Retour sur la naissance d’internet », [en ligne] http://www.histoire-cigref.org/blog/retour-sur-la-naissance-d-internet/ (consulté le 15 mars 2015).

    5 A. Casilli, « Qui menace la vie privée ? », [en ligne] http://millenaire3.tumblr.com/post/90557015918/qui-menace-la-vie-privee (consulté le 12 mars 2015).

    6 Ibid.

    7 Ibid.

    8 Ibid.

    9 C. Hemery, « Comment le web redéfinit la notion de vie privée », [en ligne] http://www.inaglobal.fr/numerique/article/comment-le-web-redefinit-la-notion-de-vie-privee-7864 (consulté le 12 mars 2015).

    10 Désigne les informations qu’un dispositif numérique enregistre sur l’activité ou l’identité de ses utilisateurs, soit automatiquement soit par le biais d’un dépôt intentionnel.

    11 Antonio Casilli, op. cit.

    12 D. Cardon, La démocratie internet, promesses et limites, ED. Seuil, 2010.

    13 Chiffres Facebook 2015, [en ligne] http://www.blogdumoderateur.com/chiffres-facebook/ (consulté le 15 avril 2015).

    14 Retour sur le ThatCamp Lyon, [en ligne] https://moreauyves.wordpress.com/category/histoire/ (consulté le 15 avril 2015).

    15 B. Gorce, « Vie publique, vie privé, comment internet brouille les cartes », [en ligne] http://www.la-croix.com/Actualite/France/Vie-publique-vie-privee-comment-Internet-brouille-les-cartes-2013-06-12-972473 (consulté le 10 mars 2015).

    16 Cass.soc, 28 avril.1998, Clavaud, n° 87-41.804.

    17 Cass soc, 2 octobre 2001, Nikon, n° 4164.

    18 TGI Paris, 3ème ch, 4 mars 2003, Frédéric M. c/Ziff Davis ZDN et autres.

    19 C. Vinh-San, « Licenciement « Facebook » : Ne pas oublier le principe de loyauté de la preuve ! », [en ligne] http://www.lepetitjuriste.fr/droit-social/droit-individuel-du-travail/licenciement-facebook-ne-pas-oublier-le-principe-de-loyaute-de-la-preuve (consulté le 15 mars 2015).

    20 Liberté & Multimédia, « Orwell 1984 : Est-ce qu’on en est là ? », [en ligne] http://letop.io/liberteetmultimedia/1/25-orwell-1984-est-ce-qu-on-en-est-la/ (consulté le 12 mars 2015).

    21 M. Szadkowski et D. Leloup, « Prism Snowden surveillance : 7 questions pour tout comprendre », [en ligne], http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/07/02/prism-snowden-surveillance-de-la-nsa-tout-comprendre-en-6-etapes_3437984_651865.html (consulté le 20 mars 2015).

    22 Rédaction ZDNet.fr, « NSA : Le programme de surveillance « muscular » révélé par un post it, les géants du web ulcérés », [en ligne],http://www.zdnet.fr/actualites/nsa-le-programme-de-surveillance-muscular-revele-par-un-post-it-les-geants-du-web-ulceres-39795240.htm (consulté le 20 mars 2015).

    23 Loi N° 2013-1168 du 18 décembre 2013 relative à la programmation militaire pour les années 2014 à 2019 et portant diverses dispositions concernant la défense et la sécurité nationale.

    Décret n° 2014-1576 du 24 décembre 2014 relatif à l’accès administratif aux données de connexion.

    24 Décret n° 2014-1576 du 24 décembre 2014 relatif à l’accès administratif aux données de connexion.

    25 B. Gorce, « Vie publique, vie privé, comment internet brouille les cartes », [en ligne] http://www.la-croix.com/Actualite/France/Vie-publique-vie-privee-comment-Internet-brouille-les-cartes-2013-06-12-972473 (consulté le 20 mars 2015).

    26 CNIL, [en ligne] http://www.cnil.fr/ (consulté le 20 mars 2015).

    27 Ibid.

    28 M. Rangin, « Facebook : Dis-moi ce que tu « like », je te dirai qui tu es », [en ligne] http:// www.01net.com/editorial/588593/facebook-dis-moi-ce-que-tu-like-je-te-dirai-qui-tu-es/ (consulté le 25 mars 2015).

    29 « Le smartphone, un instrument de géolocalisation permanente », Le Parisien, [en ligne] http://www.leparisien.fr/high-tech/le-smartphone-instrument-de-geolocalisation-permanente-15-12-2014-4376439.php

    30 Larousse, [en ligne] http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/buzz/10910386 (consulté le 27 mars 2015).

    31 S. Rouquette, Internet : Un espace médiatique fragmenté, p. 135-151.

    32 « L’espace public chez Habermas : idéal, dégénescence, espoir démocratique », [en ligne] https://girlfriendincoma.wordpress.com/2012/03/10/6-lespace-public-chez-habermas-ideal-degenescence-espoir-democratique/ (consulté le 25 mars 2015).

    33 B. Gorce, op. cit.

    34 D. Cardon, « Vertus démocratiques de l’interne », [en ligne] http://www.laviedesidees.fr/Vertus-democratiques-de-l-Internet.html (consulté le 3 avril 2015).

    35 P. Rosanvallon, La contre démocratie. Ed. du Seuil, 2006, 346 p.

    36 S. Bures, J. Laban-Bounayre, M. Lamarque, « PO-ST : Les stratégies numériques des partis politiques français », [en ligne] http://fr.slideshare.net/AgenceSTJOHNS/post-les-stratgies-numriques-des-partis-politiques-franais (consulté le 18 mars 2015).

    L'Internet et la démocratie numérique

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    • Berlioux, Jean-Marc. (2024) Antimaçonnisme et Internet, défendre la franc-maçonnerie au temps d’Internet et des réseaux sociaux. La chaîne d'union, N° 108. DOI: 10.3917/cdu.108.0079
    • Пилипенко, Анатолий Н.. (2019) Франция: к цифровой демократии. Law. Journal of the Higher School of Economics. DOI: 10.17323/2072-8166.2019.4.185.207
    • Le service public à l’heure de l’Open Data.. DOI: 10.70675/a52a0d67zc50ez4e3ez986aze04eb3e78b49
    • Les transitions démocratiques en Afrique subsaharienne francophone : les exemples du Sénégal et du Gabon. DOI: 10.70675/3c157bc9z02cez4d94z929dz404148b6adce
    • Luttes sociales et environnementales à l’épreuve du numérique : une analyse comparative du discours autour de 4 controverses françaises et marocaines. DOI: 10.70675/4de16130z61c1z4c9bz9f93zb51fa9b5ac8a
    • Débats participatifs en ligne et hors ligne en milieu scolaire - Pour une éducation à la citoyenneté. DOI: 10.70675/68827419z0081z4b20zba20z3f2eb9d4f5e9
    • La transparence comme nouvel ordre moral en droit constitutionnel. DOI: 10.70675/80b0c720z360ez40caz8ca1z388285998903
    • L’adaptation du droit pénal aux réseaux sociaux en ligne. DOI: 10.70675/00c35940z9953z43e8z9057zef0c82470247
    • L'extension des droits politiques du citoyen. DOI: 10.70675/4c640a0fz55ffz4157za415zce67f56ed878
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    • Yameogo, Lassané. (2020) Activisme en ligne et transformations sociopolitiques au Burkina Faso. Communication. DOI: 10.4000/communication.13232
    • Internet Media Dreamin : un idéal démocratique incarné par le journalisme alternatif en ligne au Brésil et en France. DOI: 10.70675/436d8668z292fz4a8fz8a75zd0c250961cbe
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    Bernad, O. (2016). La recomposition de l’espace public et de l’espace privé. In P. Ségur & S. Périé-Frey (éds.), L’Internet et la démocratie numérique. Perpignan: Presses universitaires de Perpignan. https://doi.org/10.4000/books.pupvd.2780
    Bernad, Olivier. « La recomposition de l’espace public et de l’espace privé ». In L’Internet et la démocratie numérique, édité par Philippe Ségur et Sarah Périé-Frey. Perpignan: Presses universitaires de Perpignan, 2016. doi:10.4000/books.pupvd.2780.
    Bernad, Olivier. « La recomposition de l’espace public et de l’espace privé ». L’Internet et la démocratie numérique, édité par Philippe Ségur et Sarah Périé-Frey, Presses universitaires de Perpignan, 2016, https://doi.org/10.4000/books.pupvd.2780.

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    Ségur, P., & Périé-Frey, S. (éds.). (2016). L’Internet et la démocratie numérique. Perpignan: Presses universitaires de Perpignan. https://doi.org/10.4000/books.pupvd.2748
    Ségur, Philippe, et Sarah Périé-Frey, éd. L’Internet et la démocratie numérique. Perpignan: Presses universitaires de Perpignan, 2016. doi:10.4000/books.pupvd.2748.
    Ségur, Philippe, et Sarah Périé-Frey, éditeurs. L’Internet et la démocratie numérique. Presses universitaires de Perpignan, 2016, https://doi.org/10.4000/books.pupvd.2748.
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