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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Le jeune sourd, un être dégénéré ? L’examen anthropologique : un passeport pour l’intégration du jeune sourd ? Tests et mesures céphalométriques La « psychologisation » de l’éducation des jeunes sourds Le jeune sourd entre irresponsabilité et infériorité Annexe Notes de bas de page

    L’éducation de l’écolier sourd, histoire d’une orthopédie, 1822 à 1910

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    Table des matières

    Le jeune sourd entre dégénérescence et infériorité

    p. 195-210

    Texte intégral Le jeune sourd, un être dégénéré ? L’examen anthropologique : un passeport pour l’intégration du jeune sourd ? Tests et mesures céphalométriques La « psychologisation » de l’éducation des jeunes sourds Le jeune sourd entre irresponsabilité et infériorité Annexe Annexe : notes de fin de chapitre Notes de bas de page

    Texte intégral

    Au début du xxe siècle, les sourds sont, tout comme l’ensemble des groupes d’individus recensés comme anormaux, au centre de nouvelles théorisations quant à leur origine héréditaire. La raison en est une meilleure éradication des déficiences. Dans une telle démarche, le stigmate corporel tel que la forme de la tête, sa longueur et largueur, les déformations possibles du crâne, etc., sont autant de signes qui sont considérés comme des caractères de dégénérescence. Des études sur les enfants sourds se proposent alors d’évaluer, notamment, les aptitudes intellectuelles de ces jeunes en se basant sur la fréquence plus ou moins grande de leurs malformations physiques. Ces recherches, relevant de la démarche orthopédique mise en place alors dans les grands établissements d’éducation pour jeunes sourds depuis de longues années, s’inscrivent dans une visée eugéniste, même si leurs auteurs n’en sont pas toujours conscients. On tente d’identifier les déformations du corps du jeune sourd pour classer et sélectionner. Ces recherches tentent d’écarter certains jeunes sourds d’une éventuelle éducation, notamment les jeunes sourds profonds, jugés alors non éducables, autrement-dit, non-aptes à recevoir l’éducation auditive alors pratiquée dans ces établissements ni celle de la parole (cf. annexe a en fin de chapitre).

    Le jeune sourd, un être dégénéré ?

    1Dans cette période, Graham Alexander Bell est une figure emblématique, se présentant comme le pourfendeur de la cause sourde en général et de la cause sourde nord-américaine en particulier. Après avoir tenté d’interdire la pratique de la langue des signes américaine (ASL) dans les écoles de jeunes sourds aux États-Unis il essaie d’obtenir, tout comme en France, que les enfants sourds soient éduqués dans la langue de la majorité pour n’utiliser que celle-là. Il consacre alors à cette cause tout son prestige et son immense fortune personnelle – il a mis au point, quelques années plus tôt, le procédé du téléphone qui l’a fait connaître et reconnaître dans le monde entier. Bell voit en la diversité humaine et son expression, la différence, non pas une force, mais une faiblesse, un danger, voire une déviance. Pour Bell, la surdité n’est pas un « désavantage social », elle n’est qu’une infirmité physique qui, si elle ne peut être soignée, doit être combattue pour la réduire. Les sourds sont une catégorie de déficients au même titre que les « arriérés mentaux », à laquelle il est impératif d’interdire le mariage, le regroupement dans des écoles spéciales pour sourds, dans des organisations sociales de type associatif. Bell veut améliorer la société par la sélection des naissances et, donc, par des mariages sélectifs et par… une stérilisation sélective, participant ainsi à un projet orthopédique d’essence eugénique. L’eugénisme (cf. annexe b) ou eugénique, « science qui étudie et met en œuvre les méthodes susceptibles d’améliorer les caractères propres des populations humaines, essentiellement fondée sur les connaissances acquises en hérédité1 », est donc une notion centrale au début du xxe siècle. Par l’application de la stérilisation eugénique, il serait alors possible, aux yeux de ces derniers, de « raréfier considérablement les tares dominantes ». Le résultat du mouvement eugéniste est la législation, aux États-Unis, sur la stérilisation, en 1907 : vote dans l’Indiana (États-Unis) de la première loi qui prescrit la stérilisation obligatoire des « criminels, violeurs, idiots et arriérés2 ». En Europe, cette croisade eugénique s’illustre dans le domaine de la surdité par un certain nombre de mesures : 1889 : Naeche, citoyen allemand, recommande la stérilisation des « dégénérés » ; 1895 : E. Walter, citoyen allemand, étudie l’hérédité de la surdité et conclut au danger des mariages entre sourds (cf. annexe c). En France, aucune mesure de ce type ne sera jamais mise en œuvre à cette époque avec autant de violence. Néanmoins, différentes recherches et études s’inscrivant dans le dessein orthopédique, comme celles sur la céphalométrie3 et l’examen anthropologique (cf. annexe d) montrent bien des préoccupations semblables. Cette première recherche sur la céphalométrie va s’illustrer pour les jeunes sourds par de multiples expériences, afin d’établir si les « dégénérés intellectuels » sont plus nombreux parmi les enfants sourds et de quelles malformations physiques ils sont porteurs4. Du point de vue de ces orthopédistes, les difformités du corps chez l’enfant sourd sont plus fréquentes que chez les autres enfants : asymétrie, déformation du crâne et du visage, malformation du pavillon de l’oreille, du voile du palais, de la voûte palatine, vices d’implantation des dents, malformation des mains, défaut de proportion des doigts, etc. Le corps de l’enfant sourd est ainsi présenté comme l’aspect visible d’un « mal » intérieur. À telle ou telle organisation corporelle correspondrait tel ou tel trait de caractère ou de personnalité. Le stigmate corporel serait donc révélateur de tel ou tel désordre intérieur et le plus sûr indice d’une inadaptation supposée.

    2Ces études sont largement relayées par des personnages haut placés dans l’administration française, tel que Albert Regnard5. D’ailleurs, ce dernier ne dit pas autre chose. « Tout le monde sait que les sourds-muets sont des êtres inférieurs à tous égards : seuls, les professionnels de la philanthropie ont déclaré qu’ils étaient des hommes comme les autres6. » Cette conception du jeune sourd n’est pas très éloignée de celle d’un abbé Sicard du début du xixe siècle, lui-même déjà très régressif dans ce domaine. L’imagerie de la bête n’est pas très loin du regard que porte Regnard sur les jeunes sourds. En affirmant que le jeune sourd est un être « inférieur » qu’il est nécessaire d’éduquer pour le rendre à la société, il justifie également la nécessité de l’enseignement spécialisé en France pour les enfants sourds, mais surtout le projet orthopédique en usage à cette époque. Le sourd est, toujours pour Regnard, semblable « à l’homme sans parole des temps préhistoriques, plus arriéré encore, il passe au milieu de ses semblables, pour lui pareils à des ombres, sans les entendre, sans les comprendre, tout ce qui est humain lui reste étranger7 ». Regnard tente là, de faire un nouveau procès à l’usage de la LSF, en présentant le non-usage de la parole par le jeune sourd comme la marque essentielle de son inintelligence et de son inadaptation. Le jeune sourd est tel un animal étranger à ce qui fait l’essence même de l’homme, la communication orale. Il poursuit plus loin en affirmant : « Je n’ai pas étudié ici les conditions déterminantes de la surdi-mutité, lésion du cerveau, de l’oreille interne, etc., héréditaire chez le sourd né, acquise chez les autres. Dans ces derniers cas même, il doit y avoir une prédisposition spéciale : l’hérédité, cela n’est pas douteux, domine et dirige la biologie toute entière8. » Il justifie alors ces précédentes affirmations par les différentes connaissances scientifiques relatives à l’hérédité. On touche, ici, l’idée que nous avons déjà esquissée précédemment à propos de la transmission du patrimoine génétique. L’opinion qui s’impose alors est celle d’un risque de déficience biologique. On dénonce ici ou là un « lamentable abâtardissement de la race », les théories biologiques aidant à l’explication ou plus exactement à la justification. Lamarck, mais aussi Mendel9, ou Galton10 sont cités. « Il ne s’agit pas d’un rapprochement à établir entre les criminels et les sourds-muets, mais seulement de ce fait que, dans tous les cas de cet ordre, la dégénérescence héréditaire est le fait dominant11. » Tout est dit !

    3On fait également appel à Darwin12. Pour Darwin, l’homme conserve dans son organisation corporelle la marque indélébile de son organisation dite inférieure. Le jeune sourd est donc devenu un être « dégénéré » qu’il est souhaitable au mieux de rééduquer afin qu’il parle, au pire d’enfermer en cas d’échec. C’est dans ce contexte national et international que diverses études sont donc réalisées. Celle du docteur Féré13 propose de faire des malformations physiques une des bases de la sélection à opérer, au point de vue de l’éducabilité, dans les écoles de jeunes sourds, par un examen anthropologique.

    L’examen anthropologique : un passeport pour l’intégration du jeune sourd ?

    4Un certain nombre de recherches, notamment aux États-Unis et en Italie, sont entreprises à partir de l’examen anthropologique de l’écolier sourd. On tente ainsi d’étudier les caractères anatomiques et biologiques du jeune sourd, comme on tentait de le faire, à la fin du siècle dernier, sur d’autres groupes « d’arriérés scolaires ». Les malformations physiques sont présentées comme un indicateur des potentialités intellectuelles de l’élève et, donc, comme un critère d’évaluation de son éducabilité. Une telle étude est mise en œuvre à l’INJS de Paris. Cette étude doit permettre, à terme, une sélection pour l’entrée des enfants sourds dans les grands établissements d’éducation pour jeunes sourds, basée sur la présence ou non des caractères dits de dégénérescence. Cette sélection est présentée comme une mesure égalitaire par les orthopédistes de l’époque, compte tenu du trop petit nombre de places disponibles dans l’ensemble des établissements recevant des enfants sourds-muets. L’étude est réalisée par Charles Féré, médecin, avec la collaboration d’A. Boyer14, professeur à l’INJS de Paris. Cent quatre-vingt-quatorze jeunes sourds-muets, âgés de sept à vingt ans sont testés (en maillot de bain à la piscine de l’école). Féré, affirme « qu’à défaut d’établissement spécial pour les arriérés, l’institution nationale des sourds-muets de Paris se voit dans l’obligation de recevoir un certain nombre de sujets faibles d’intelligence qui viennent épuiser le zèle des maîtres, jeter une ombre sur les résultats obtenus, établir une disproportion entre ces résultats et les dépenses consenties et surtout entraver les progrès des élèves mieux doués. On ne saurait donc trop souhaiter à ce propos que, par des mesures mûrement étudiées, il soit apporté plus de discernement dans le recrutement des élèves de notre grande institution nationale15 ». La science, ou ce qui est proposé comme tel à cette époque, peut-elle être un allié dans cette recherche ? Ou, à défaut, comme nous le confie Boyer, « sans avoir recours à la science, ne pourrait-on profiter de certains indices tels la conformation du crâne, le plus ou moins d’éclat que présentent les yeux, etc.? Ne seraient ce pas là des données suffisantes dans la plupart des cas16 ? » Les auteurs arrivent à la conclusion que plus faible est l’intelligence, plus grand est le nombre de malformations, la surdi-mutité congénitale s’accompagnant, d’une façon générale, de malformations physiques plus nombreuses et d’un affaiblissement intellectuel plus grand que dans les cas de surdi-mutité accidentelle. L’étude conclut que l’examen anthropologique peut servir à établir les bases d’une sélection pour l’admission des enfants sourds dans les écoles de jeunes sourds (cf. annexe e). Cet examen doit néanmoins être croisé avec les notes données par les professeurs. La prudence est donc tout de même de rigueur. Le dessein de ces recherches est toujours de légitimer l’ordre orthopédique en usage dans les grands établissements d’éducation pour jeunes sourds. On use et on abuse de ces études dites scientifiques pour justifier la prescription des techniques orthopédiques alors en usage, on justifie le projet de société visant la normalisation de la communauté sourde. Enfin, à titre individuel, les différents chercheurs/pédagogues des grands établissements d’éducation pour jeunes sourds justifient leur place au sein de ce système orthopédique. On assiste ainsi à la mise en œuvre de tout un système d’autolégitimation des individus, montrant la nécessité d’un tel système par des études, système en grande partie bâti sur les résultats de ces mêmes études. L’INJS de Paris, de par sa place et son prestige, participe donc directement à un grand nombre d’études et d’expériences à cette période. Plusieurs explications sont encore possibles pour justifier un tel déploiement de moyens. Avec la scolarisation obligatoire de l’ensemble des enfants, l’institut craint-il d’être amené à scolariser des enfants sourds et arriérés ou polyhandicapés ? Voilà peut-être qui ferait baisser le niveau de l’école et lui ferait perdre, de fait, son caractère d’élite. Ou, plus probablement, trouve-t-il là un biais pour justifier la réelle baisse de niveau qui a été concomitante à l’application des méthodes orthopédiques oralistes et tente-t-il ainsi de l’enrayer, en écartant ceux des élèves qui ne peuvent obtenir de bons résultats ? Ne pourrait-il pas aller jusqu’à écarter les sourds profonds, de surdité congénitale, pour ne garder que les enfants déficients auditifs ? La réponse est en filigrane dans les conclusions de l’étude et marque ainsi l’échec patent d’une méthode, de la féroce orthopédie « oraliste » mise en œuvre depuis plusieurs décennies dans l’éducation des enfants sourds. Dans le même esprit, mais avec des modalités quelque peu différentes, Marius Dupont17 tente de nouvelles recherches, à l’aide de tests et de mesures céphalométriques.

    Tests et mesures céphalométriques

    5Quand Dupont entreprend ses recherches dans le but d’établir scientifiquement quelques-unes des différences corporelles qui séparent l’enfant sourd de l’enfant normal en mesurant la taille et le diamètre crânien de 250 élèves sourds, il est parfaitement en concordance avec les préoccupations de son temps. En effet, dans le domaine de l’éducation en général et de l’éducation du corps en particulier, on cherche, à cette époque, à mesurer et à évaluer de façon « tangible » et « fiable ». Ces recherches sont contemporaines du contrôle des résultats par mensurations et des tests anthropométriques que Georges Demeny par exemple, met au point et qui seront publiés en 1902, alors qu’il entre comme professeur de physiologie à l’École normale militaire de Joinville-le-Pont, école de formation des cadres de l’éducation physique militaire. Après avoir reçu l’autorisation et le soutien de Victor Collignon, alors directeur de l’INJS de Paris, Marius Dupont entreprend ses recherches en 190418. Elles sont faites également sur l’invitation, mais aussi sous le contrôle de Binet19, alors président de la commission des anormaux. Ainsi, rapportant les propos de Binet, il est dit : « À l’institut des sourds-muets de Paris, M. le professeur M. Dupont a entrepris la mesure de la taille et de la tête chez 250 élèves. M. Dupont s’est exercé sous la direction de M. Deniker, notre savant collègue, et sous la mienne, et je me suis assuré récemment que ses chiffres de mesures se confondent avec les miens ; la différence est au-dessous d’un millimètre20. » L’étude a donc porté sur les mesures de la taille, du poids et des mensurations céphaliques des jeunes sourds : diamètre transversal, diamètre antéropostérieur et diamètre bizygomatique de la tête, en mai, juin et juillet 1904, au moyen « d’un compas d’épaisseur fourni par le laboratoire de la Sorbonne ». La taille et le poids ont été relevés à la toise et à la bascule par le surveillant général de l’INJS de Paris, au cours des mois d’octobre et de novembre 1904.

    6Ces recherches s’inscrivent dans un contexte particulier, où l’on tente de mieux répondre aux besoins des enfants dits arriérés scolaires, scolarisés depuis la loi de 1882, c’est-à-dire, des enfants qui ne réussissent pas à l’école « ordinaire ». Dupont semble avoir intéressé Alferd Binet, lui-même sensible à une telle recherche. En effet, Binet est alors président de la commission des anormaux qui, dans quelques années, en 1909, conclura ses travaux qui seront à l’origine de l’ouverture de classes spéciales d’arriérés scolaires dans les établissements de l’éducation « ordinaire » du ministère de l’Instruction publique. On tente dans cette étude, et c’est également la préoccupation de Binet, d’objectiver et de dégager des critères scientifiques observables afin de classer, d’évaluer les anormaux, ce que Binet traduira dans quelques années par la mise au point de son échelle métrique de l’intelligence ou QI. Les résultats de cette étude réalisée, en 1904, à l’INJS de Paris, montrent, semble-t-il, qu’à six ans, la moyenne de la taille présente trois centimètres de moins chez les sourds que chez les autres enfants, que de huit à dix ans, les chiffres sont, de part et d’autre, à peu près équivalents et que de douze à quatorze ans, la moyenne accuse deux centimètres de moins chez les sourds. Cette différence s’accentue encore par la suite, puisqu’elle est de sept centimètres chez les sourds de seize ans et de douze centimètres chez ceux de dix-huit ans. Dupont souligne que « la moyenne de taille chez les 34 sourds-muets de 16 à 18 ans que nous avons mesurés était donc notablement inférieure à la normale ». Dupont rappelle « que les tableaux dressés par M. Boyer accusent une énorme différence chez les anormaux de Bicêtre, dont la taille est considérablement inférieure à celle des normaux. Certaines de ces moyennes, celle de 16 ans par exemple, qui a été prise sur 14 sujets, offre jusqu’à 25 centimètres d’écart ». Enfin, Dupont note encore qu’il ne faut pas oublier « qu’il y a toujours, parmi la population scolaire des institutions de sourds-muets, quelques élèves, non seulement sourds mais arriérés, dont l’indigence intellectuelle se cache sous le manteau de la surdité. La présence inévitable de tels sujets n’est pas faite pour relever les moyennes21 ». En ce qui concerne les mesures du diamètre antéropostérieur de la tête, les moyennes présentent une égalité chez les sourds et chez les « normaux » de 8 ans. Mais, à l’âge de 10 ans, les sourds accusent 2 millimètres de moins ; à 12 ans, 6 millimètres, à 14 ans ; 1 millimètre et à 18 ans ; 7 millimètres. À 6 ans, la moyenne du diamètre transversal offre lui 1 millimètre de moins chez les sourds que chez le « normaux », à 8 ans, 2 ; à 10 ans, 4 ; à 12 ans, 4 et à 18 ans, 13 millimètres. Enfin, à l’âge de 6 ans, les diamètres bizygomatiques sont les mêmes chez les deux catégories d’enfants observés, mais à 8 ans, on remarque 4 millimètres de moins chez les sourds-muets ; à 10 ans, 1 millimètre ; à 12 ans, 3 millimètres ; à 14 ans, 1 ; à 16 ans, 1,5 et à 18 ans, 5 millimètres. En conclusion de son étude, Dupont souligne qu’il « semble bien que les faits se précisent et se groupent avec la rigueur et la constance d’une loi. La mesure de la taille et des diamètres céphaliques donne, chez les sourds-muets, une moyenne inférieure à celle que l’on obtient chez les enfants normaux22 ». Ainsi, au nom de la science, on classe, on évalue, on sélectionne sur des critères morphologiques. Il est intéressant de noter que pour les mêmes raisons et toujours au nom de la science, ces critères morphologiques seront considérés, quelques décennies plus tard, comme non-scientifiques par la psychologie. La conclusion semble donc irrémédiable. Les jeunes sourds possèdent un moindre développement des diamètres de leur tête, ce qui est à cette époque, il faut s’en souvenir, le signe d’une moindre intelligence, la grosseur ou la petitesse de la tête, voire sa déformation, sont les stigmates de l’intelligence ou de l’inintelligence de la personne. Ces recherches concourent à faire de l’examen céphalométrique une base pour une évaluation fiable et fidèle, afin de détecter les élèves sourds éducables et non-éducables, et ce pour améliorer les résultats de l’instruction des enfants sourds scolarisés dans les écoles, où la seule méthode orale est utilisée dans leur éducation. Même si les résultats de l’étude peuvent correspondre à une certaine réalité, aucun élément corollaire n’est pris en compte dans cette étude. Les enfants sourds, pour la plupart, ont souvent un passé très lourd : vie recluse, absence de cellule familiale, enfants cachés ou abandonnés, mauvaise nutrition etc., doublé d’un problème d’identité lorsqu’ils sont pris en charge dans les instituts spécialisés, conséquence directe des choix pédagogiques : ils sont sourds, mais on cherche à leur faire croire qu’ils peuvent parler et être comme des entendants. De cette situation découlent fatalement de graves malaises psychologiques allant jusqu’au dédoublement de personnalité. Personne n’est sourd et entendant à la fois. Cette non-prise en compte des facteurs complémentaires fausse dramatiquement les résultats de l’étude et ne peut être parfaitement innocente. Les préoccupations eugéniques ne sont pas lointaines et le but ultime de ces études est de faire percevoir le sourd comme un être irresponsable, voire inintelligent, qu’il est nécessaire de « dresser », de rééduquer et de soigner, y compris contre son gré, dans le cadre d’une organisation orthopédique. Le corps du jeune sourd est porteur de tous les maux, de stigmates qui servent à identifier tels ou tels aspects, préfigurant de la présence de tels ou tels caractères. On assiste ainsi au marquage du corps du jeune sourd, celui-ci servant le grand dessein orthopédique dans ce premier quart de xxe siècle.

    7Face à cette conception, des remises en cause se font pourtant jour, venant de milieux intellectuels ou scientifiques. Ainsi Binet et Simon sont à l’origine d’une célèbre controverse à propos des bienfaits de l’éducation orale pure dans les établissements d’enseignement pour jeunes sourds en France. Ils sont indirectement les acteurs du fléchissement de cette méthode dans les établissements et notamment à l’INJS de Paris dès 1910, sans que cette controverse permette toutefois une remise en question fondamentale des méthodes pédagogiques utilisées dans cette période et des principes orthopédiques alors en usage. Si infléchissement il y a, il n’est pas dû directement, nous semble-t-il, à la dérive eugéniste, mais bel et bien aux très mauvais résultats de la méthode orale pure, telle qu’elle a été mise en place depuis 1880 (cf. annexe f). Mais l’institution spécialisée, tenante des procédés orthopédiques en matière d’éducation, tient bon. L’objectif en définitive est moins de faire parvenir à faire parler les jeunes sourds que de continuer à les contrôler, contrôler les débordements toujours possibles, voire probables, de leur corps. L’hyperactivité corporelle du jeune sourd fait toujours particulièrement peur en ce début de xxe siècle, alors que l’on assiste à ce que nous avons appelé le début de la « psychologisation » de l’éducation des enfants sourds.

    La « psychologisation » de l’éducation des jeunes sourds

    8La « psychologisation » de la surdité est en effet en marche : examen anthropologique, tests et mesures céphalométriques, à l’heure où la psychologie fait une entrée remarquée dans la sphère scientifique, au lendemain des premiers apports à cette psychologie par Théodule Ribot23. Binet, « l’étoile montante » de la psychologie en ce tout début de siècle, s’intéresse donc aux enfants sourds. En 1909, il est l’auteur, avec son collaborateur le docteur Simon, d’une célèbre étude réalisée à l’INJS de Paris et à l’institut départemental d’Asnières, sur la valeur de l’enseignement oral dans l’éducation des écoliers sourds et ses conséquences24. Ceux-ci dressent un bilan catastrophique de trente années d’éducation orale pure. Ils affirment, en effet, que : « la méthode orale pure nous paraît appartenir à une pédagogie de luxe qui produit des effets moraux plutôt que des effets utiles et tangibles. Elle ne sert point au placement des sourds-muets, elle ne leur permet pas d’entrer en relation d’idées avec des étrangers, elle ne leur permet même pas une conversation suivie avec leurs proches, et les sourds-muets qui n’ont point été démutisés gagnent aussi facilement leur vie que ceux qui sont munis de ce semblant de parole25 ». Les conclusions de cette étude soulèvent un tonnerre de protestations au sein des établissements d’enseignement pour enfants sourds. Ainsi, celle d’Édouard Drouot26 est particulièrement significative. « D’après M. Binet, la démutisation du sourd serait particulièrement pénible pour celui-ci. Nous tenons à le rassurer, les renseignements qui lui ont été fournis ne sont pas exacts. Si l’opération est pénible pour quelqu’un, c’est uniquement pour les maîtres qui, cependant, n’ont pas encore songé à se plaindre. Ayant accepté librement une tâche ingrate, ils s’en acquittent sans récriminer27. » Pour tenter de réhabiliter la méthode orale pure face à ces critiques, Drouot répond sur le terrain même de la psychologie. Ainsi, il souligne que « l’auteur de l’enquête ne tient aucun compte de la différence intellectuelle énorme qui existe entre le sourd-muet et l’entendant et semble ignorer qu’il est impossible – quelle que soit la méthode employée – d’amener l’infirme de l’ouïe dans l’espace de sept à huit années, au même degré de développement intellectuel que l’individu normal28 ». Ces mêmes conclusions sont, par contre, accueillies très favorablement par les sourds, comme en témoignent différents articles publiés notamment par Henri Gaillard29 dans la Revue des sourds-muets, organe de défense des sourds.

    9Les psychologues Binet et Simon notent l’inefficacité de la méthode orale et son incapacité à atteindre le but assigné, à savoir faire que l’enfant sourd prenne place au sein de la grande société entendante (cf. annexe g). Binet propose aux détracteurs de l’étude d’entreprendre de nouvelles expériences en vue de contrôler si les sourds dont la surdité est complète et congénitale peuvent communiquer par la méthode orale. Binet demande le retour à l’enseignement par signes dans les écoles pour enfants sourds, « pour épargner aux enfants sourds complets, sourds avant l’âge d’un an, les fatigues et les pertes de temps de l’enseignement oral qui, après statistique, échoue complètement et lamentablement chez plus des quatre cinquièmes d’entre eux30 ». Si leurs conclusions n’ont pas été suivies, comme le souligne Christian Cuxac31, il semble néanmoins qu’elles ont contribué à un assouplissement de la méthode orale pure par, notamment, la réintégration du français écrit dans l’enseignement pour les enfants sourds et la permission, aux environs de 1910, de la communication gestuelle entre élèves, hors des cours. En effet, les conclusions remettent fondamentalement en cause les principes mêmes de l’orthopédie oraliste alors en usage dans les grands établissements d’éducation pour jeunes sourds, les méthodes d’apprentissage de la parole et de l’ensemble des procédés oralistes visant le prétendu développement de la respiration ou du souffle, enfin la place même de l’ensemble des orthopédistes de l’époque : médecins, chirurgiens, rééducateurs de la parole ou orthophonistes et… enseignants spécialisés. Cependant, la méthode orale, avec quelques modifications, restera au centre de l’orthopédie des enfants sourds pour de très longues années encore, le jeune sourd demeurant pour l’essentiel dans un statut d’irresponsable, l’adulte sourd restant un être « inférieur » dont le statut juridique demeurera précaire.

    Le jeune sourd entre irresponsabilité et infériorité

    10Les résolutions du congrès de Milan, telles qu’elles ont été prises et appliquées en France, ont donc eu des conséquences dramatiques et durables sur les représentations du jeune sourd. Le jeune sourd, en ce début de xxe siècle, n’a pas de grandes possibilités aux dires mêmes d’enseignants spécialisés les plus en vue, tel C. Arnaud32. En effet, « avant d’avoir reçu l’instruction, il n’a que des idées fort restreintes, et son imagination qui se développera dans la suite est tout à fait bornée. On dirait presque que chez lui tout est instinctif33 ». Le discours sur l’hérédité a sécrété bon nombre de tests de tous ordres, qui ont très largement souligné ou l’inintelligence du jeune sourd, ou son in-éducabilité, soulignant ses caractères de dégénérescence (cf. annexe h). Les écoles de jeunes sourds, telles que l’INJS de Paris, mais aussi Bordeaux, sont sommées de se défaire des élèves jugés non éducables, comme le formule Regnard. L’institution nationale de Paris devrait commencer par se purger « de 25 % d’incapables et de demi-idiots : pour arriver à ce classement, difficile dans un petit nombre de cas, tous les enfants passeraient deux ans à l’institution, et, après ce délai seulement, on enverrait à l’établissement agricole les arriérés, décidément reconnus comme tels34 ». Le sourd est encore perçu, au tout début du xxe siècle, comme un être anormal et irresponsable, dont la déficience est le résultat d’une dégénérescence héréditaire. Il passe également pour un être inférieur qu’il faut soigner et rééduquer, et ses stigmates corporels, les indicateurs sont les plus caractéristiques de cette infériorité. Pourtant, cette image du jeune sourd se transforme peu à peu, quand ils commencent à pratiquer les sports et que, dans leur immense majorité, ils y réussissent particulièrement bien, infirmant de ce fait même l’image véhiculée sur eux. Des professionnels de l’éducation spécialisée pour enfants sourds, comme Augusta Lamarque35, commencent à remettre en cause cette image lors de communications ou par des publications. Elle le sera encore plus nettement lors de la publication Les sourds-muets : étude médicale, pédagogique et sociale par Parrel36 et Lamarque, véritable « monument » littéraire sur les sourds et la surdité. Cette étude marque à la fois le début de la remise en cause des conceptions concernant le jeune sourd, mais formalise également un certain nombre de représentations. Ainsi, Lamarque souligne l’éducabilité du jeune sourd. « Il faudrait, pour obtenir l’harmonie fonctionnelle qui constitue la santé, créer un état d’équilibre de l’organisme, doser l’activité physique et l’activité intellectuelle des élèves sous la surveillance de médecins et de professeurs diplômés. N’oublions jamais que l’air, la lumière, le soleil et l’exercice sont fonction du développement de tous les humains et que les enfants sourds-muets ont, plus que d’autres peut-être, besoin qu’on réalise pour eux les meilleures conditions hygiéniques. D’autre part, en cultivant leur santé, en pratiquant le tennis, la natation, le hockey, le football, le basket-ball, etc., jeunes gens et jeunes filles apprennent sur les terrains de jeu, à délaisser l’atmosphère enfumée des cafés et les distractions malsaines en vase clos37. » Par ces propos, Lamarque propose une autre image du jeune sourd qu’il faut éduquer. Elle met en avant les performances des jeunes sourds, elle souligne l’intérêt pour les enfants de pratiquer les activités physiques qui font de lui un enfant plus « ordinaire ». Par ailleurs, elle insiste sur le fait que les institutions de jeunes sourds ne sont ni des asiles, ni des hospices, mais bien des écoles où il est nécessaire d’opérer une sélection lors des admissions des nouveaux venus. « Ce serait une erreur de supposer que les établissements de sourds-muets – les classes enfantines en particulier – sont une simple garderie, même une succursale d’hospice, où l’on accueille tous les déshérités de l’ouïe, fussent-ils atteints d’autres infirmités. Chaque année, plusieurs élèves, payants ou boursiers, ne sont admis que sous réserve et, s’il y a lieu, rendus à leurs familles par décision du ministre, après avis du médecin et des professeurs. […] On évacue ainsi les sujets “déficients mentaux“qui ne peuvent profiter de l’enseignement et usurpent la place de camarades mieux doués. […] Une sélection judicieuse et sévère s’impose absolument dans l’intérêt général comme dans l’intérêt de chaque élève. Les enfants admis dans les institutions représentent donc des sujets “sains physiologiquement et normaux cérébralement“ – dans la limite de leurs charges morbides héréditaires et de leurs infériorité sensorielle – capables de se soumettre à une règle, de se plier à une discipline et de retirer les fruits d’un enseignement qui ne s’acquiert qu’au prix de longs efforts, patients et soutenus38 ».

    11Augusta Lamarque, bien que présentant le jeune sourd sous de nouveaux aspects, épouse néanmoins son temps et le projet orthopédique alors en usage dans les grands établissements d’éducation pour jeunes sourds, en instituant une « chasse » à l’arriération mentale, dont le déshérité de l’ouïe qu’est le jeune sourd pourrait être porteur. Néanmoins, ces nouvelles considérations vis-à-vis du jeune sourd marquent le début d’une remise en cause fondamentale du statut des sourds en France et des principes et pratiques orthopédiques qui ont triomphé au lendemain du congrès de Milan. La déficience commence à être la seule décrite et soulignée dans les différentes publications spécialisées. Le caractère héréditaire de la surdité demeure néanmoins et continue de justifier la nécessité d’un enseignement spécial et d’une éducation orthopédique. Le sourd est alors défini comme « un sujet privé complètement ou presque complètement, dès la naissance ou au cours de ses premières années, d’un sens essentiel : l’ouïe, mais dont les facultés intellectuelles et les autres fonctions sensorielles sont normales ou presque normales. Cette absence ou cette déficience de l’audition relève de lésions pré ou postnatales provoquées par des influences morbides héréditaires, des processus infectieux, des traumatismes ou des anomalies de développement, et siégeant soit au niveau des organes périphériques (labyrinthe), soit au niveau des centres auditifs, soit sur le trajet oto-encéphalique des voies acoustiques. Ne percevant pas la parole de ceux qui l’entourent, l’enfant né sourd ou qui l’est devenu très jeune, ne peut en imiter ni en reproduire les gestes et les sons, sans une instruction spéciale. Il est muet parce qu’il lui manque l’enseignement et le contrôle auditif qui, chez l’entendant, entrent infailliblement en jeu39 ». Pour Georges Parrel et Augusta Lamarque, il semble que le jeune sourd cessera d’être sourd aux yeux des autres par le bénéfice d’une instruction spéciale dispensée dans des écoles spéciales, justifiant ainsi la fonction d’un enseignement adapté. La spécificité de l’enseignement pour les jeunes sourds se trouve exclusivement dans les méthodes orthopédiques et dans les techniques « d’oralisation ». Le jeune sourd sera sourd-parlant ou ne sera pas et seule l’institution spécialisée peut le permettre. L’enseignement des jeunes sourds doit impérativement passer par l’enseignement spécialisé et non par une quelconque inclusion scolaire dans les classes ordinaires. En effet, Tilloy pense qu’il semble souhaitable « d’abandonner les plus forts au gré de leurs instincts et de leur fantaisie, et de soumettre les autres à une rééducation respiratoire qui sera avant tout médicale. Nous atteindrons ainsi le but que nous nous étions proposé : préparer une race forte et énergétique qui saura, elle aussi, travailler à l’embellissement de l’espèce40 ».

    12À ces représentations des sourds, à cette perception de la surdité, les sourds vont s’opposer en général et en particulier à partir de la pratique des sports et notamment du sport scolaire. En s’organisant autour du sport, les sourds proposent une nouvelle image d’eux-mêmes au plus grand nombre : image de personne responsable, capable d’initiative et dynamique, ayant les meilleures capacités et aptitudes à pratiquer les activités sportives, alors que celles-ci sont, pour Tilloy, normalement à interdire en raison de l’état lymphatique du sourd.

    Annexe

    Annexe : notes de fin de chapitre

    a. À partir du livre d’Auguste Morel, paru en 1857 qui développe une théorie de la « dégénérescence », un certain nombre de techniques de repérage, de classification et d’intervention sur les anormaux vont être mises en place, pour appuyer cette théorie. On touche là à des idées et des théorisations que développe la phrénologie par exemple. (La phrénologie est l’étude du caractère ou des facultés dominantes issus de l’observation de la forme du crâne) (Bénédict Auguste Morel (1809-1873). Médecin, d’abord à l’asile de Maréville près de Nancy, puis à l’asile de Saint-Yon, il préconise des réformes de l’organisation des asiles d’aliénés, notamment sous l’influence des méthodes thérapeutiques de l’Anglais Conolly.)

    b. En tant qu’étude méthodique des moyens propres à sauvegarder la qualité génétique des générations futures, l’eugénisme est de création récente. En effet, Francis Galton fonde, vers 1870, l’eugénisme scientifique dont l’objet est, selon lui, « d’entraver la multiplication des inaptes, au lieu de les laisser venir au monde pour mourir ensuite » (eugénisme dit négatif) et « d’améliorer la race en favorisant la reproduction des plus aptes par des mariages précoces et l’intérêt témoigné à leur progéniture » (eugénisme dit positif).

    c. Dans le prolongement de ce projet, en 1933, A. Hitler (Allemagne) promulgue une « loi sur la prévention de la transmission des maladies héréditaires » dont la surdité ; de 1933 à 1939, en Allemagne, dans le cadre du programme « d’hygiène raciale », 17 000 sourds au moins sont stérilisés ; de 1940 à 1942, en Allemagne, 1 600 sourds au moins sont transférés puis exterminés dans les camps d’Hadamar, Sonnenstein, Grafeneck, etc. (Sources : Hort Biesold, Allemagne) cité par Christian Cuxac in Le Pouvoir des Signes, 1989, p. 108.

    d. Au sens strict, l’anthropologie est l’étude des caractères anatomiques et biologiques de l’homme, considéré dans la série animale. Au sens commun, l’anthropologie est l’ensemble des sciences qui étudient l’homme. L’examen anthropologique du jeune sourd est donc l’examen qui évalue les caractères anatomiques et biologiques de l’enfant sourd.

    40. Tilloy Georges, op. cit., 1905, p. 20.

    e. Cet examen, dit anthropologique, consiste à dénombrer les malformations physiques de chaque jeune sourd en fonction de l’apparition de ces malformations. Les proportions des malformations sont réparties en huit classes : bonne, assez bonne, passable, médiocre, faible, très faible, congénitale, acquise. Les déformations retenues sont très conséquentes et pour ne citer que les premières : macrocéphalie, microcéphalie, acrocéphalie, front olympien, déformation de la suture coronale lambdoïdale, asymétrie crâno-faciale, voûte palatine ogivale, torus palatinus, déviation de la cloison nasale, division de la voûte palatine, absence de chevauchement normal du maxillaire supérieur, atrophie et retrait du maxillaire supérieur, atrophie et retrait du maxillaire inférieur, atrophie unilatérale du maxillaire inférieur (bec croisé), atrophie lémurienne bilatérale à droite, etc.

    f. La controverse porte naturellement sur le bien fondé ou non du seul apprentissage de la parole pour les enfants sourds dans les grands établissements de jeunes sourds en France. Cette question centrale de la fin du xixe siècle organisera également une grande partie de la première moitié du xxe et opposera, d’une part, la communauté des sourds et la communauté entendante et, d’autre part, les administrateurs des établissements d’enseignement pour jeunes sourds et les pédagogues de ces institutions.

    g. Ces recherches de Binet et Simon marquent le début de ce que nous appelons la psychologisation de l’éducation des enfants sourds même si celle-ci ne sera vraiment effective qu’après la deuxième guère mondiale : création au sein de l’INJS de Paris, du premier « Laboratoire de psychologie appliquée », dirigé par Pierre Oléron.

    h. Durant tout le xixe siècle, le sourd a donc été perçu comme un être dégénéré, il a fait l’objet d’études dont le but avoué est améliorer les critères de sélection à l’entrée dans les grands établissements d’enseignement pour jeunes sourds. À terme, de telles préoccupations contribueront à la politique discriminatoire. On mesure, on contrôle, on compare, on évalue afin de mieux exclure.

    Notes de bas de page

    1 Rostand Jean, L’hérédité humaine, Paris, PUF, 1954. Collection « Que sais-je ? ».

    2 Dans la même perspective, en 1922, le député H. H. Laughlin rédige un « modèle de loi eugénique de stérilisation », dans lequel seront inclus les sourds.

    3 La céphalique est ce qui se rapporte à la tête. La céphalométrie est donc l’étude par la mesure du céphale-céphalie de la tête.

    4 Féré Charles et Boyer Auguste, L’examen anthropologique des jeunes sourds-muets et leur classification au point de vue de l’intelligence, Paris, Imprimerie de l’INSMP, 1902.

    5 Albert Regnard (1836-1903). Inspecteur général des services administratifs du ministère de l’Intérieur, il est l’auteur d’une Contribution à l’histoire de l’enseignement des sourds-muets particulièrement scandaleuse et extrémiste.

    6 Regrard Albert, Contribution à l’histoire de l’enseignement des sourds-muets, Paris, 1902, p. 3.

    7 Ibid., p. 4.

    8 Ibid., p. 7.

    9 Jan Rehor dit Grégori Mendel (1822-1884). Botaniste morave, il met en évidence les caractères dominants ou récessifs des gènes. Il est à ce titre, le père-fondateur de la génétique.

    10 Francis Galton (1822-1911). Physiologiste, anthropologue et psychologue anglais, cousin de Charles Darwin, il est un des premiers à appliquer la méthode statistique à l’étude de l’hérédité et des différences individuelles. Il étudie aussi le niveau de l’intelligence d’un individu à l’aide de tests. Il est, enfin, un des fondateurs de l’eugénisme (eugénique).

    11 Regnard Albert, op. cit., Paris, 1902, p. 70.

    12 Charles Darwin (1809-1882). Naturaliste anglais, il est un des principaux théoriciens de l’évolutionnisme. Il définit la sélection naturelle comme « la persistance du plus apte à la conservation des différences et des variations nuisibles ». La théorie évolutionniste appliquée au langage et à la langue supposait alors un développement progressif allant du langage dit « émotionnel » au langage dit « conceptuel », qui s’opposait à la philosophie matérialiste.

    13 Charles Féré (1852-1907). Médecin de l’hospice de Bicêtre, il est l’auteur d’ouvrages sur la pathologie nerveuse qui firent autorité dans le monde médical au début du xxe siècle. Charles Féré est notamment connu dans le monde de la surdi-mutité pour ses recherches réalisées en commun avec Auguste Boyer professeur à l’INJS de Paris, sur les mouvements de la respiration et de l’articulation, ainsi que sur l’anthropologie des jeunes sourds-muets. Ces recherches donnèrent lieu à la publication de divers articles et ouvrages, notamment De la préparation des organes de la parole chez le jeune sourd-muet, et De l’énergie et de la vitesse des mouvements de la langue et des lèvres. Étude graphique de la respiration du jeune sourd-muet, en 1894, et en 1902, L’examen anthropologique des jeunes sourds-muets et leur classification au point de vue de l’intelligence. Ces publications sont le symbole des représentations et des croyances en vigueur à la fin du siècle dernier et au début de ce siècle, au sujet du corps du sourd et des techniques orthopédiques à appliquer dans leur éducation.

    14 Auguste Eugénie Boyer (1865-1910). Professeur à l’institut national de Paris, conservateur adjoint du musée universel des sourds-muets, est également collaborateur de la Revue internationale de l’enseignement des sourds-muets. Il publie de nombreux articles et ouvrages, il cosigne, notamment, un article en 1902, avec Charles Féré qui a pour titre L’examen anthropologique des jeunes sourds-muets et leur classification au point de vue de l’intelligence. Recherches statistiques sur les époques et sur les causes de la surdité enfantine. Il est, de par la nature même de ses recherches, un acteur qui répand une certaine conception du sourd, de ses possibilités, de ses aptitudes, qui « colleront pour longtemps à la peau du sourd ».

    15 Féré Charles et Boyer Auguste, L’examen anthropologique des jeunes sourds-muets et leur classification au point de vue de l’intelligence, Paris, Imprimerie de l’INSMP, 1902.

    16 Ibid.

    17 Marius Dupont. (1857-1922). Professeur à l’INJS de Paris, il est notamment l’auteur d’une Étude de céphalométrie, mesure de la taille et du poids chez le jeune sourd-muet, en 1904. Il publie avant cette date notamment La voix du sourd en 1882 et participera, en 1920, à la rédaction du premier traité d’orthophonie en collaboration avec les docteurs Castex et Jouet.

    18 Dupont Marius, Étude de céphalométrie, mesure de la taille et du poids chez le jeune sourd-muet, Communication au congrès international d’éducation et de protection de l’enfance dans la famille, section I : Étude de l’enfance, Liège, septembre 1905, Gand, AD, Hoste imprimeur, Éditeur, 1905.

    19 Alfred Binet. (1857-1911). Physiologiste, il est surtout connu en tant que psychologue. Élève de Charcot, il est le fondateur de la revue L’année psychologique. Il contribue à l’émergence de la psychologie expérimentale, mais il est surtout connu pour ses travaux avec son collaborateur Théodore Simon, sur la mesure de développement de l’intelligence chez les enfants et par l’élaboration d’une échelle de cette intelligence. Alfred Binet publie notamment, en 1899, puis en 1901, dans la revue L’année psychologique, « L’histoire des recherches sur les rapports de l’intelligence avec la grandeur et la forme de la tête ». Les revues Les années psychologiques et Les nouvelles recherches en publiant ce type de recherche sur la céphalométrie, montrent ainsi, tout l’intérêt porté, à cette époque, sur ce type d’études.

    20 Dupont Marius, op. cit., 1905, p. 106.

    21 Ibid., p. 108.

    22 Ibid., p. 109.

    23 Théodule Ribot (1839-1916). Philosophe, il est un des premiers à faire de la psychologie une science indépendante de la métaphysique, objective, expérimentale et fondée sur la biologie. Il est à l’origine d’une théorie psychophysiologique de la personnalité et publie notamment un ouvrage sur la Psychologie de l’attention en 1888.

    24 Théodore Simon (1873-1961). Psychologue, il met au point notamment, avec Alfred Binet, une échelle métrique de l’intelligence afin d’évaluer avec précision le niveau dit mental des enfants et des élèves en particulier.

    25 Binet Alfred et Simon Théodore, « Peut-on enseigner la parole aux sourds-muets ? L’année psychologique, Paris, 1909, p. 38.

    26 Jean Baptiste Édouard Drouot (1867- ?). Enseignant à l’INJS de Paris, il publie un très grand nombre d’articles et d’ouvrages portant sur les jeunes sourds, l’enseignement et la rééducation orthophonique pendant près de 25 ans. Il rédige en collaboration avec les docteurs Castex et Jouet en 1920 le premier traité d’orthophonie.

    27 Cuxac Christian, Le langage des signes, Payot, Paris, 1983, p. 159.

    28 Drouot Édouard, La méthode orale dans l’enseignement des sourds-muets, Paris, 1909, p. 14.

    29 Henri Gaillard (1866-1939). Ancien élève de l’INJS de Paris, journaliste sourd, il est le fondateur et le rédacteur en chef du Journal des sourds-muets. Il publie de très nombreux articles et ouvrages sur les sourds, leurs carrières, les professions, etc. et les comptes rendus des congrès internationaux des sourds-muets (Chicago en 1893, Genève en 1896, Paris en 1900, etc.). Il est une des figures de proue d’une génération de sourds qui militent pour la reconnaissance des droits des sourds. Il fut, comme Ferdinand Berthier, membre de la société des gens de lettres et chevalier de la Légion d’honneur.

    30 Binet Alfred et Simon Théodore, op. cit., 1909, p. 39.

    31 Cuxac Christian, « Le congrès de Milan », Catalogue de l’exposition « Le pouvoir des signes », Paris, 1989, p. 99-110.

    32 Calixte Arnaud (1857-1907). Enseignant à l’INJS de Paris et administrateur-gérant de La revue générale des sourds-muets, il soutien sa thèse de professorat sur le thème de la marche à suivre et procédés à employer pour initier le sourd-muet à la composition (s.d.) et publie notamment La méthode orale pure, considérée au point de vue de son parfait développement. Causes qui en ont amoindri les effets, moyens à employer pour obtenir les résultats les plus complets (s.d.).

    33 Arnaud Calixte, La méthode orale pure, Thèse de professorat à l’INSMP (s.d.), p. 28.

    34 Regnard Albert, Contribution à l’histoire de l’enseignement des sourds-muets, Paris, 1902, p. 71.

    35 Lamarque Augusta Marie Ursule (1884- ?). Professeur à l’INJS de Paris et auteur d’une étude sur les sourds-muets qui a pour titre : Les sourds-muets : étude médicale, pédagogique et sociale, en 1925, avec le docteur Parrel.

    36 Georges Parrel, docteur en médecine et chef de clinique à l’INJS de Paris.

    37 Lamarque Augusta, « Les sourds-muets et le sport », Revue générale de l’enseignement des sourds-muets, no 1 octobre 1929, p. 12.

    38 Parrel Georges et Lamarque Augusta, Les sourds-muets : étude pédagogique, médicale et sociale, PUF, Paris, 1925, p. 128-129.

    39 Ibid., p. 11.

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    1 Rostand Jean, L’hérédité humaine, Paris, PUF, 1954. Collection « Que sais-je ? ».

    2 Dans la même perspective, en 1922, le député H. H. Laughlin rédige un « modèle de loi eugénique de stérilisation », dans lequel seront inclus les sourds.

    3 La céphalique est ce qui se rapporte à la tête. La céphalométrie est donc l’étude par la mesure du céphale-céphalie de la tête.

    4 Féré Charles et Boyer Auguste, L’examen anthropologique des jeunes sourds-muets et leur classification au point de vue de l’intelligence, Paris, Imprimerie de l’INSMP, 1902.

    5 Albert Regnard (1836-1903). Inspecteur général des services administratifs du ministère de l’Intérieur, il est l’auteur d’une Contribution à l’histoire de l’enseignement des sourds-muets particulièrement scandaleuse et extrémiste.

    6 Regrard Albert, Contribution à l’histoire de l’enseignement des sourds-muets, Paris, 1902, p. 3.

    7 Ibid., p. 4.

    8 Ibid., p. 7.

    9 Jan Rehor dit Grégori Mendel (1822-1884). Botaniste morave, il met en évidence les caractères dominants ou récessifs des gènes. Il est à ce titre, le père-fondateur de la génétique.

    10 Francis Galton (1822-1911). Physiologiste, anthropologue et psychologue anglais, cousin de Charles Darwin, il est un des premiers à appliquer la méthode statistique à l’étude de l’hérédité et des différences individuelles. Il étudie aussi le niveau de l’intelligence d’un individu à l’aide de tests. Il est, enfin, un des fondateurs de l’eugénisme (eugénique).

    11 Regnard Albert, op. cit., Paris, 1902, p. 70.

    12 Charles Darwin (1809-1882). Naturaliste anglais, il est un des principaux théoriciens de l’évolutionnisme. Il définit la sélection naturelle comme « la persistance du plus apte à la conservation des différences et des variations nuisibles ». La théorie évolutionniste appliquée au langage et à la langue supposait alors un développement progressif allant du langage dit « émotionnel » au langage dit « conceptuel », qui s’opposait à la philosophie matérialiste.

    13 Charles Féré (1852-1907). Médecin de l’hospice de Bicêtre, il est l’auteur d’ouvrages sur la pathologie nerveuse qui firent autorité dans le monde médical au début du xxe siècle. Charles Féré est notamment connu dans le monde de la surdi-mutité pour ses recherches réalisées en commun avec Auguste Boyer professeur à l’INJS de Paris, sur les mouvements de la respiration et de l’articulation, ainsi que sur l’anthropologie des jeunes sourds-muets. Ces recherches donnèrent lieu à la publication de divers articles et ouvrages, notamment De la préparation des organes de la parole chez le jeune sourd-muet, et De l’énergie et de la vitesse des mouvements de la langue et des lèvres. Étude graphique de la respiration du jeune sourd-muet, en 1894, et en 1902, L’examen anthropologique des jeunes sourds-muets et leur classification au point de vue de l’intelligence. Ces publications sont le symbole des représentations et des croyances en vigueur à la fin du siècle dernier et au début de ce siècle, au sujet du corps du sourd et des techniques orthopédiques à appliquer dans leur éducation.

    14 Auguste Eugénie Boyer (1865-1910). Professeur à l’institut national de Paris, conservateur adjoint du musée universel des sourds-muets, est également collaborateur de la Revue internationale de l’enseignement des sourds-muets. Il publie de nombreux articles et ouvrages, il cosigne, notamment, un article en 1902, avec Charles Féré qui a pour titre L’examen anthropologique des jeunes sourds-muets et leur classification au point de vue de l’intelligence. Recherches statistiques sur les époques et sur les causes de la surdité enfantine. Il est, de par la nature même de ses recherches, un acteur qui répand une certaine conception du sourd, de ses possibilités, de ses aptitudes, qui « colleront pour longtemps à la peau du sourd ».

    15 Féré Charles et Boyer Auguste, L’examen anthropologique des jeunes sourds-muets et leur classification au point de vue de l’intelligence, Paris, Imprimerie de l’INSMP, 1902.

    16 Ibid.

    17 Marius Dupont. (1857-1922). Professeur à l’INJS de Paris, il est notamment l’auteur d’une Étude de céphalométrie, mesure de la taille et du poids chez le jeune sourd-muet, en 1904. Il publie avant cette date notamment La voix du sourd en 1882 et participera, en 1920, à la rédaction du premier traité d’orthophonie en collaboration avec les docteurs Castex et Jouet.

    18 Dupont Marius, Étude de céphalométrie, mesure de la taille et du poids chez le jeune sourd-muet, Communication au congrès international d’éducation et de protection de l’enfance dans la famille, section I : Étude de l’enfance, Liège, septembre 1905, Gand, AD, Hoste imprimeur, Éditeur, 1905.

    19 Alfred Binet. (1857-1911). Physiologiste, il est surtout connu en tant que psychologue. Élève de Charcot, il est le fondateur de la revue L’année psychologique. Il contribue à l’émergence de la psychologie expérimentale, mais il est surtout connu pour ses travaux avec son collaborateur Théodore Simon, sur la mesure de développement de l’intelligence chez les enfants et par l’élaboration d’une échelle de cette intelligence. Alfred Binet publie notamment, en 1899, puis en 1901, dans la revue L’année psychologique, « L’histoire des recherches sur les rapports de l’intelligence avec la grandeur et la forme de la tête ». Les revues Les années psychologiques et Les nouvelles recherches en publiant ce type de recherche sur la céphalométrie, montrent ainsi, tout l’intérêt porté, à cette époque, sur ce type d’études.

    20 Dupont Marius, op. cit., 1905, p. 106.

    21 Ibid., p. 108.

    22 Ibid., p. 109.

    23 Théodule Ribot (1839-1916). Philosophe, il est un des premiers à faire de la psychologie une science indépendante de la métaphysique, objective, expérimentale et fondée sur la biologie. Il est à l’origine d’une théorie psychophysiologique de la personnalité et publie notamment un ouvrage sur la Psychologie de l’attention en 1888.

    24 Théodore Simon (1873-1961). Psychologue, il met au point notamment, avec Alfred Binet, une échelle métrique de l’intelligence afin d’évaluer avec précision le niveau dit mental des enfants et des élèves en particulier.

    25 Binet Alfred et Simon Théodore, « Peut-on enseigner la parole aux sourds-muets ? L’année psychologique, Paris, 1909, p. 38.

    26 Jean Baptiste Édouard Drouot (1867- ?). Enseignant à l’INJS de Paris, il publie un très grand nombre d’articles et d’ouvrages portant sur les jeunes sourds, l’enseignement et la rééducation orthophonique pendant près de 25 ans. Il rédige en collaboration avec les docteurs Castex et Jouet en 1920 le premier traité d’orthophonie.

    27 Cuxac Christian, Le langage des signes, Payot, Paris, 1983, p. 159.

    28 Drouot Édouard, La méthode orale dans l’enseignement des sourds-muets, Paris, 1909, p. 14.

    29 Henri Gaillard (1866-1939). Ancien élève de l’INJS de Paris, journaliste sourd, il est le fondateur et le rédacteur en chef du Journal des sourds-muets. Il publie de très nombreux articles et ouvrages sur les sourds, leurs carrières, les professions, etc. et les comptes rendus des congrès internationaux des sourds-muets (Chicago en 1893, Genève en 1896, Paris en 1900, etc.). Il est une des figures de proue d’une génération de sourds qui militent pour la reconnaissance des droits des sourds. Il fut, comme Ferdinand Berthier, membre de la société des gens de lettres et chevalier de la Légion d’honneur.

    30 Binet Alfred et Simon Théodore, op. cit., 1909, p. 39.

    31 Cuxac Christian, « Le congrès de Milan », Catalogue de l’exposition « Le pouvoir des signes », Paris, 1989, p. 99-110.

    32 Calixte Arnaud (1857-1907). Enseignant à l’INJS de Paris et administrateur-gérant de La revue générale des sourds-muets, il soutien sa thèse de professorat sur le thème de la marche à suivre et procédés à employer pour initier le sourd-muet à la composition (s.d.) et publie notamment La méthode orale pure, considérée au point de vue de son parfait développement. Causes qui en ont amoindri les effets, moyens à employer pour obtenir les résultats les plus complets (s.d.).

    33 Arnaud Calixte, La méthode orale pure, Thèse de professorat à l’INSMP (s.d.), p. 28.

    34 Regnard Albert, Contribution à l’histoire de l’enseignement des sourds-muets, Paris, 1902, p. 71.

    35 Lamarque Augusta Marie Ursule (1884- ?). Professeur à l’INJS de Paris et auteur d’une étude sur les sourds-muets qui a pour titre : Les sourds-muets : étude médicale, pédagogique et sociale, en 1925, avec le docteur Parrel.

    36 Georges Parrel, docteur en médecine et chef de clinique à l’INJS de Paris.

    37 Lamarque Augusta, « Les sourds-muets et le sport », Revue générale de l’enseignement des sourds-muets, no 1 octobre 1929, p. 12.

    38 Parrel Georges et Lamarque Augusta, Les sourds-muets : étude pédagogique, médicale et sociale, PUF, Paris, 1925, p. 128-129.

    39 Ibid., p. 11.

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