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    Presses universitaires de Paris Nanterre
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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Introduction Les débuts Regroupements Labels et médias Et les femmes ? Monde indé, rock français ? De l’importance des événements Vers une politique publique du rock Notes de bas de page Auteurs

    Une sociologie des musiques populaires

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Postface

    Naissance d’une politique publique du rock

    Gilles Castagnac et François Ribac

    p. 109-127

    Texte intégral Introduction Les débuts Regroupements Labels et médias Et les femmes ? Monde indé, rock français ? De l’importance des événements Vers une politique publique du rock Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    Introduction

    1L’ouvrage On Record1, édité par Simon Frith et Andrew Goodwin en 1990, est un recueil de textes consacrés aux écrits pionniers sur les musiques populaires. On y trouve toutes sortes d’auteurs (Jean-Paul Sartre, Theodor Adorno, Roland Barthes, Stuart Hall, Susan McClary, Barbara Bradby, Richard Dyer, Greil Marcus, Antoine Hennion, etc.), de thématiques (Cultural Studies, industrie musicale, production musicale, musicologie et sémiologie, musique et sexualité, stars, fans) et de nombreux points de vue. Le dernier chapitre s’intitule « The Fans Speak2 » et comprend des témoignages de fans. D’après Frith et Goodwin, cette conclusion a pour fonction de rappeler que « les significations de la pop sont forgées dans les cœurs et les esprits des fans de pop et non pas par les théoriciens et les critiques de rock3 ». Fidèle à cette approche, ce petit ouvrage s’achève par un entretien avec Gilles Castagnac, l’un des pionniers de la politique publique en matière de rock en France. Il dirige le Centre d’information et de ressources pour les musiques actuelles (IRMA) depuis 1996, après avoir été l’un des fondateurs du Centre d’information du rock et des variétés. Journaliste, il a été rédacteur en chef de Yaourt magazine du rock-bizness et de la création (1990-1992). Il est l’auteur de Profession manager (1990) et Profession éditeur (1994) et de plusieurs rapports pour le ministère de la Culture. Il a également participé à de nombreuses commissions prospectives. Au cours de cet échange, Gilles Castagnac décrit comment l’idée d’une politique publique en faveur du rock a germé et est devenue réalité. Contredisant l’idée reçue que ce sont les ministres de la culture français qui décident de leur politique, son récit fait apparaître la pluralité et le foisonnement des acteurs, les structures formelles et informelles et événements qui ont concouru à l’émergence de ce monde, les rapports de force et les alliances. Il est fort possible que d’autres acteurs donneraient un autre éclairage à ces événements, mais ce qui importe ici est moins de livrer la version définitive de cette histoire que de montrer la diversité de ses protagonistes.

    Les débuts

    François Ribac : Pour commencer cette discussion, je voudrais que tu me racontes ton entrée dans le rock. Tu as commencé à organiser des concerts à la fin des années 1970 n’est-ce pas ? Comment tout cela a t-il débuté ?

    Gilles Castagnac : Mon premier concert, je l’organise au lycée avec des groupes plus ou moins issus de mon bahut. On est au début de 1978. Entre le moment où je les contacte et celui où ils montent sur scène, ils sont passés du progressif au punk. Tout a basculé en quelques mois. Ils se sont coupés les cheveux, mis des épingles à nourrice dans la bouche… À cette époque, j’habite à Caen et il y a des groupes de tous les styles qui se montent de tous les côtés. Quelques-uns ont déjà une petite notoriété, comme les Alligators ou Bye Bye Turbin… Certains sortent des 45 tours, notamment grâce à un disquaire de la ville, Sweet Harmony, qui les accompagne dans cette production. D’autres réalisent des fanzines. Il y a un milieu, une scène locale, des concerts improbables, des assos… toute une jeunesse qui s’agite, s’échange des plans dans les arrière-salles des troquets. C’est souvent militant et nombre de concerts sont liés à des mobilisations politiques : objection de conscience, nucléaire…

    FR : Des associations structurées, dotées de statuts, d’un bureau, avec des adhérent·e·s, des cotisations ?

    GC : Non, juste quelques statuts pour gérer les circulations financières. Pas de permanents, ni de salariés. Cette question ne se pose pas, ce n’est pas imaginable… On saisit les groupes qui tournent, souvent les moins chers, comme la vague anglaise très garage, genre The Inmates4. Ils trouvent des dates un peu partout en France parce que des associations comme la nôtre en profitent pour placer des groupes locaux en première partie. Chaque concert est une aventure en soi. Ça marche à l’enthousiasme. Le premier challenge est de trouver des lieux. À cette époque, on essaye d’accéder à des salles pas chères, plus simplement aux centres polyvalents ou aux MJC. Mais quand je parle de salles, ce n’est pas exactement ce que l’on peut imaginer aujourd’hui. En l’occurrence, à Caen, il s’agit du Hall Sorel, un cube de béton, un lieu vide qu’on nous accorde parce qu’il n’y a rien dedans, donc rien à casser… Quoi qu’il en soit, cela nous amène à nous adresser à la mairie et à revendiquer l’accès à ce type de lieux. Là, je collabore avec Dominique Marie (qui deviendra plus tard le président de la Ferarock5) et d’autres pour organiser des concerts avec des groupes locaux. Pour peser sur la mairie, on commence à faire un travail de recensement des groupes du coin, en suivant leur actualité, en créant du buzz autour d’eux. Le mouvement est certes dynamique mais très brouillon. Les assos sont nombreuses en France. Mais elles reposent sur des bénévoles qui se mobilisent pour faire un truc. Souvent, ils se plantent. Et trois mois plus tard, il y a une autre équipe qui refait la même chose en faisant les mêmes erreurs et qui se plante à son tour. La bascule, c’est le moment où, à l’intérieur de cette nébuleuse, des gens ont réussi à se projeter sur la durée, et se sont dit : « Tiens, je vais en faire quelque chose qui n’est pas ponctuel et, pourquoi pas, arriver à avoir une activité régulière, se doter d’un nom. ». Nous, notre premier investissement ça a été des machines sérigraphiques, pour faire des affiches. L’air de rien, ça donne un format, une maîtrise de ta promo. Après, tu cherches un local. Tu t’installes avec d’autres. Ça brasse.

    Regroupements

    FR : Tu viens d’évoquer d’autres associations, d’autres villes similaires à la vôtre. Vous avez pris des contacts ? Par quels types de canaux vous êtes-vous rencontrés avec d’autres personnes ?

    GC : À partir du moment où tu cherches à placer tes groupes ou que tu programmes, tu vas aux concerts des uns et des autres, tu bouges, tu circules, tu vis dans ça. Le relationnel et les opportunités sont déterminants dans les choix et les décisions. D’ailleurs, les contacts s’établissent aussi par l’intermédiaire de certains ou certaines qui suivent les groupes en tournée et vont de ville en ville. Plus tard, cela donnera le Réseau Rock construit avec les assos qui ont réussi à se donner un peu plus de régularité…

    FR : Lors d’une précédente discussion sur tes débuts, tu m’as dit qu’à cette époque la culture, la musique, n’étaient pas conçues comme des choses pour lesquelles il y avait besoin de médiateurs, de médiation. Toutefois, le processus que tu décris, l’émergence d’une scène rock dans ta ville, la naissance d’un « activisme rock », comprend bien des médiateurs, non ? Je veux dire des gens qui s’activent pour faire jouer des groupes qu’ils aiment, qui recensent les groupes, qui se tournent vers les mairies ? C’est déjà l’ébauche d’un milieu professionnel dédié à l’organisation, qui se préoccupe de structuration, qui se place entre le public et les artistes ?

    GC : Oui, mais ce que je décris est un petit peu écrasé par le temps. Je parle d’une période qui va s’étaler sur une dizaine d’années, à laquelle il faut aussi intégrer le mouvement alternatif qui va s’imposer tout au long des années 1980 : Mano Negra, Bérurier, Bouchers… De ce point de vue, l’un des temps forts de la constitution de ce milieu, ce sont les Rencontres transmusicales de Rennes. Si je ne dis pas de bêtises, les premières Trans ont lieu en 1979. Ce festival s’est créé à partir du milieu des groupes de Rennes, ce qui était complètement nouveau et a atteint rapidement un niveau de réussite emblématique. Dans ce sillage s’est créé une espèce de rassemblement national, du moins un élan dynamique qui s’est fédéré. Cette génération-là, c’est le public des premières éditions des Transmusicales qui passe autant de temps en backstage que dans la salle de la Cité ! Ailleurs, il y a bien une « famille » qui s’est déjà constituée à partir du Printemps de Bourges, mais ça concerne la chanson. Pas le rock.

    Labels et médias

    FR : Et quid des labels de disques à cette époque-là ?

    GC : Les labels, comme les disquaires, sont totalement parties prenantes du mouvement. Là aussi, c’est du défrichage, de l’invention. Au début, si on veut qu’un disque sorte, il faut l’autoproduire. Mais ça génère aussi des labels. Et puis il y a New-Rose, LE disquaire parisien, qui se met à assurer une distribution indé6. À Caen, je te disais qu’il y avait Sweet Harmony, un disquaire qui sortait des 45 tours. À Rouen, c’est un autre disquaire, Lionel Hermani (Melody Massacre) qui a lancé les Dogs7. Il y a aussi des labels à Rennes ou ailleurs, mais ce sont à chaque fois des expériences très fragiles. Cela crée une montée en charge qui aboutit à Boucherie production, Bondage, Gougnaf, DSA (Nancy), Closer (Le Havre), Danceteria (Lille), Madrigal, Spliff (Clermont-Ferrand), Lithium (Nantes), Rosebub (Rennes). À cette époque, disque et scène sont dans la même famille. Tout ça, c’est la même culture rock. La coupure qu’on connaît aujourd’hui entre « disque » et « spectacle vivant » ne viendra que plus tard, au milieu des années 1990, lors de la « reconnaissance » des « musiques amplifiées/actuelles » et le début d’une politique basée sur les SMAC8. Les médias jouent également un rôle, notamment les émissions de télé. Au début des années 1980, FR3 programme des reportages sur les groupes locaux dans la plupart de ses chaînes régionales. Tout cela alimente aussi une émission nationale, Décibels, qui reprend plein de tournages et de plateaux des régions. C’est généralement leur première apparition télé, voire leur premier « cachet » et ils en sortent avec des images pouvant leur permettre de trouver des concerts ailleurs ! Et personne, à part peut-être quelques musiciens qui jouent aussi en bal, ne sait ce qu’est l’intermittence.

    Et les femmes ?

    FR : Lorsque que l’on regarde (et entend) un certain nombre de formations ayant conquis une audience internationale (par exemple les américains The Talking Heads) ou nationale (Téléphone) en France à la fin des années 1970, dans le sillage de ce que l’on pourrait appeler le moment punk, on constate une plus grande présence de femmes dans les groupes, des femmes qui ne sont pas simplement des chanteuses, des choristes, des danseuses. Est-ce que c’était pareil dans les groupes dont tu t’occupais, dans les scènes locales ?

    GC : Non, pas forcément. Dans les groupes de rock, il y a très majoritairement des hommes mais il y a beaucoup de filles dans les entourages et dans l’organisation. Elles sont très présentes et font vivre le milieu. Pour reprendre ton terme, on ne peut pas réduire ça à une « sociabilité masculine ». Au contraire, c’est un peu le but (sourire). Sinon, s’il faut citer des noms, Claude Guyot fait tourner ses groupes italiens, Béatrice Macé est à l’origine de l’aventure rennaise, Fazette Bordage pour le Confort Moderne (Poitiers)… Mais, pour illustrer ton propos, je me rappelle qu’à Rennes – où je travaillais pour un hebdo urbain – nous avions titré la programmation de la troisième édition des transmusicales par : « Un rockeur sur quatre est une fille ».

    Monde indé, rock français ?

    FR : Donc, elles étaient minoritaires.

    GC : Oui, notamment sur scène. Et si on a souligné cette proportion, c’est que c’était vraiment exceptionnel. Sinon, j’aime bien ton expression « moment punk ». Mais si cette dynamique est en partie portée par le punk, elle ne se réduit pas seulement à ça. Quand je parle des concerts, on peut aussi faire (programmer) Lavilliers, Béranger. C’est relativement large. Même pour les groupes, les esthétiques sont multiples. Il y a des punks, des skins, des mods, des branchés sixties, de la new-wave, du métal, du rockabilly, du reggae, de la pop… Bien sûr, tout est typé stylistiquement et ça se frotte d’un genre à l’autre. Quand nous avons monté notre association pour faire tourner les groupes, on avait négocié l’accès au parc de matériel de l’office départemental culturel, dont les projos. Du coup, ça nous arrivait de faire des ambiances de couleur, et les groupes punk et garage nous disaient : « C’est hors de question, c’est tout blanc, à fond, on n’est pas Queen ! » Oui, il y avait cette tension-là. Mais, quels que soient les clans ou les modes (passagères), ça forme quand même un monde commun. Le punk, c’est la surcouche de spontanéité pour foncer, n’en avoir rien à foutre et agir sans attendre d’autorisation.

    FR : Ne voit-on pas néanmoins ce mouvement de structuration se former à partir de gens globalement issus de la scène du rock indé ? Est-ce que le noyau de ce qu’on pourrait appeler le « rock public » refusait d’autres courants du rock qui étaient jugés moribonds, commerciaux comme les « dinosaures rock » le rock progressif, bref ce que la presse désignait comme dépassé. 

    GC : Oui, non. Je ne comprends pas ton concept de « rock public ». Nous, on a simplement témoigné de ce qui s’exprimait majoritairement sur le terrain. Dans les groupes qu’on défendait, il y avait de tout.

    FR : Je veux dire, c’était plutôt La Souris Déglinguée9 que Tangerine Dream10…

    GC : Parce que Tangerine Dream n’est pas français et que la Souris, si. Non, il n’y avait pas d’ostracisme. D’autant qu’un même musicien pouvait jouer dans des groupes de différents styles et je pense que nos envies allaient plutôt du côté de l’expérimentation quel que soit le genre. Perso, la première mouture du groupe que j’ai managé jusqu’en 89 ne comportait pas de guitariste (basse, saxo, percus, claviers). La méfiance, c’est plutôt sur la récupération, la « variétisation » après la signature et l’exposition « grand public ». Mais c’est un débat de fan, plus que d’artiste. Je me rappelle très bien les Porte-Mentaux expliquer qu’ils avaient écrit « Elsa Fraulein », leur tube popisant, bien avant de rencontrer le succès. En fait, s’il y a une rupture, ce n’est pas tant au niveau de l’esthétique, qu’en termes générationnels et sociaux. J’ai parlé de 1977, mais je crois qu’il y a eu une autre bascule, plus importante, encore un peu avant, en 1974. Là, avec la crise du pétrole, c’est l’apparition du « chômage des jeunes ». Dans ces années-là, si tu montes un groupe, ça devient ton activité principale. C’est en ça que c’est punk. Pas forcément punk au sens esthétique, mais si tu fais un groupe, il devient ta raison d’exister alors que t’es chômeur. Tu peux faire du reggae, l’important c’est que tu n’es pas attentiste et que tu te donnes ça pour exister. Ce n’est pas un loisir, c’est ta vie, ta raison sociale. L’esthétique qui traduit ça, c’est le punk et sa facilité à s’emparer d’une guitare, mais la racine sociale est plus profonde encore. Si tu as 17 balais, tu es juste un paria parce que t’as pas de boulot et tu as peu de chance d’en trouver. Mais ta vie, c’est quand effectivement tu montes sur scène, et que tu vas jouer à 300 km de chez toi et que les gens t’accueillent en te disant : « Bonjour monsieur le Musicien ». Il faut une alternative, donc ils la créent à partir de ce qui les intéresse et donc, effectivement, ils font exister le monde qui est le monde dans lequel ils vivent et dans lequel ils ont envie de vivre.

    FR : Et ce qui est vrai pour les musicien·n·e·s l’est également pour les organisateurs·trices ? Il n’y pas une méfiance envers le professionnalisme, le désir de rester amateurs ?

    GC : Il n’y a pas de revendication à être amateur, au contraire. Jamais personne n’a dit qu’il était amateur. Tout le truc justement, c’est qu’on n’est pas amateurs. C’est pas parce qu’on ne vit pas de cette affaire qu’on est amateur. On est professionnel en dessous du SMIC ou au black, en fonction de ce qu’on peut ramener. Mais ta raison sociale est néanmoins claire, c’est le rock. Et quand tu as un boulot « normal » (brancardier, vendeur, éducateur, etc.), c’est lui qui est « alimentaire ».

    FR : Donc c’est aussi bien une stratégie, une façon d’inventer autre chose, vu les nouvelles contraintes liées à la crise économique ?

    GC : Oui. En plus, tu as une revendication aussi locale. C’est-à-dire : « je défends aussi les groupes de chez moi ». J’ai une fierté à être « moteur » et aussi du fait qu’on peut « faire des trucs » dans ce bled. Sinon on se suicide ou on s’ennuie.

    FR : À propos de ce rock français, je voudrais évoquer le magazine Les Inrockuptibles (désormais Les Inrocks) qui était aussi à l’origine un fanzine. Une de leurs marques distinctives, outre de ne pas parler des concerts à leurs débuts11, est d’avoir surtout défendu des groupes et des disques britanniques.

    GC : Les Inrocks arrivent plus tard, vers 1987 je crois. Ils sont effectivement porteurs d’un côté esthète qui n’est pas forcément en prise avec notre réalité. Et oui, il y a une sorte de mépris. Forcément si c’est français, c’est pas bien. En province en plus… On a subi ça, c’est sûr. Mais on l’a inversé aussi. Il y avait par exemple cette différence entre Best12 et Rock & Folk13… Quand Best faisait « Rock d’ici », une espèce de chronique sur les villes rock, ça avait un vrai impact. Quand Alain Maneval descendait dans ton bled pour Europe 1, ça laissait aussi des traces. Il existait suffisamment de choses pour que se constitue toute une mythologie de passions partagées. Et puis cela ne se résume pas à ces titres… Au début des années 1980, il y a eu des gratuits, comme Gigs, que tu trouvais chez les disquaires, des tas de fanzines ou un truc comme Rock Press, créé par Bernard Villeneuve, Floréal Martorell et Philippe Astor qui ont réussi à monter un canard national à partir de Toulouse avec une belle subvention de départ…

    De l’importance des événements

    FR : Je voudrais revenir aux transmusicales. Lors d’une précédente conversation, tu m’as dit qu’elles n’avaient pas été simplement un lieu de cristallisation, de mise en réseau et un événement national mais que c’était aussi, peut-être un petit peu à la façon du Printemps de Bourges justement, un événement qui avait rendu visible cette effervescence pour l’État.

    GC : Oui, mais ce phénomène d’exposition est aussi médiatique. Il faut se rappeler la couverture d’Actuel14 de février 1980 « Les jeunes gens modernes aiment leurs mamans ». On y voit les membres de Marquis de Sade15 poser avec leurs mères (supposées ou réelles). Au-delà de l’accroche un peu bidon des « jeunes gens modernes », un magazine national (et pas n’importe lequel) disait qu’il y avait une création française originale, décomplexée et intéressante. Donc, l’aspect institutionnel est venu après. D’abord, il y a les labels indépendants et les majors qui viennent faire leur marché. Il y a une effervescence réelle, des signatures de groupes de province, c’est l’époque où Patrice Fabien monte le label Réflexes16 qui sort une vingtaine de groupes, genre les Ablettes, pour faire des 45 tours avec un design très flashy et donc une collection qui n’est faite que sur les groupes français. Le rock en France ne se résume pas à Téléphone. Il y a des scènes locales, avec leurs propres locomotives. Il y a un terrain qui se structure, qui vit en tout cas. Alors, oui, effectivement, à un moment donné ça interpelle le politique, à commencer par Jack Lang qui confie à Hervé Bordier, aux Trans, le fait d’organiser une des opérations « Coup de Talent dans l’Hexagone » en 1983-1984 (Rock Against Tarzan en Bretagne, Rencontres du 3e type dans le Nord). Et là aussi, cela génère de la médiatisation et donc, sans parler de récupération, une certaine orientation, un truc arty qui déstabilise un peu la légende du rock’n’roll. Mais, à mon sens, l’évènement majeur qui va contribuer à informer le politique que quelque chose se passe, c’est l’histoire de la Fête de la musique, lancée par le ministère de la culture. Leur concept c’est un gigantesque concert de flutiaux… et, en fait, ils se retrouvent avec des milliers de groupes rock qui sortent des caves à travers toute la France. Alors, effectivement, c’est une démonstration de force, la preuve de l’existence d’un truc que personne « là-haut » n’envisageait. Le politique prend ça de plein fouet et va donc chercher des interlocuteurs. Sauf qu’il n’y en a pas vraiment. Et c’est ce que nous allons construire en montant le Réseau Rock en 1984, puis le CIR (Centre d’information du rock et des variétés) en 1986. Ça a pris du temps, et si cela n’avait pas été nous, ç’aurait été d’autres. Je crois que la première rencontre formelle date de 1984, lors d’un forum de la jeune création à Montpellier. Ensuite, tout un petit monde de gens comme Maurice Lidou, le permanent de Terrapin, Bruno Lion (CAAPARE) à Paris, Cyril Prieur (APRA) à Strasbourg, Francis Falcetto et Fazette Bordage (L’oreille est hardie) à Poitiers, Floréal Martorell (CAM) à Toulouse, moi qui suis retourné à Caen (Image Records), Bruno Boutleux à Montreuil (Rock sous bois), Eureka à Aix, Roland Jager à Metz, Philippe Renaud (Fahrenheit), Patrick Millat (Oullins), Rock & chanson à Bordeaux, Christian Roux à Évreux, Cargo de nuit à Montpellier, etc. commencent à formaliser un réseau et des échanges permanents. Ce n’est pas vraiment une fédération, mais ça donne une représentation collective.

    FR : Comment passe-t-on d’un réseau rock à un centre d’information ?

    Vers une politique publique du rock

    GC : Le Réseau Rock a fait des actions, les premières qui s’imposaient étant de faire tourner les groupes, notamment via des échanges inter-régionaux. On se passe des infos, des cassettes. Ça marche plus ou moins bien, mais c’est là que va naître cette idée de centre d’information du rock et des variétés, portée par les plus actifs qui vont finir par ne plus faire que ça. C’est pour ça qu’il y a eu ce transfert. D’autant que là, on a un projet costaud et permanent, avec budget prévisionnel, subventions, banque, espoirs d’emploi, partenariat avec FR3, service Minitel. Le dialogue avec le « politique » s’installe et on se retrouve, juste avant l’alternance de 1986, avec une quinzaine de postes de SIVP (stages d’insertion dans la vie professionnelle, soit six mois à un tiers du SMIC) à dispatcher dans nos associations. Cela nous a permis de créer les fichiers et, avec l’équipe parisienne, de construire l’Officiel du Rock. Mais ça aussi, ça a pris plusieurs années. Le premier Officiel sort en septembre 1987. Entre temps, il a fallu monter les CIR régionaux, et les associations n’avaient pas forcément les moyens de les accueillir. Et puis, il fallait créer tout le fichier national, l’outil informatique, préparer la promo, la commercialisation, assurer l’édition.

    FR : Est-ce qu’on peut dire qu’une politique publique du rock commence à prendre corps ?

    GC : Oui, mais c’est un peu nous qui allons la construire. Bruno Lion va devenir le « Monsieur Rock » de Jack Lang et, en 1989, à la sortie du 3e Officiel, ils font une conférence de presse pour annoncer un « Plan Rock » qui formalise des trucs qu’on a déjà commencé à mettre en place : le FAIR17, une formation de managers, un « Plan labels » (qui va apporter des aides d’État à une cinquantaine d’entre eux). Mais il y a eu d’autres choses avant, des mobilisations nationales comme les États généraux du rock de l’association Bigoudi Impérial, mais aussi des aides pour les studios de répète par exemple, ou des actions plus « industrielles » comme la loi de 85, la création du Fonds de soutien aux variétés, etc. Tout ça joue sur l’infrastructure. Et dans le « Plan Rock », il y a aussi la création de l’Agence des (petits) Lieux musicaux, qui va aider les villes à reconnaître les salles qui existent (Le Plan à Ris Orangis, le Confort Moderne à Poitiers, l’Ubu à Rennes, La Lune des Pirates à Amiens…) et leur permettre d’en faire émerger des nouveaux, notamment lorsqu’il y a une équipe, une revendication ou un projet qui cogne à la porte. Elle a eu plusieurs directeurs, mais c’est surtout Maurice Lidou qui va s’en occuper. Son principe est assez nouveau pour les politiques culturelles ; l’agence ne distribue pas un énième label, mais offre des ressources aux collectivités (conseil, expertise, aides financières) pour monter leur projet. Elle ne décide pas « d’en haut » un aménagement du « périmètre d’État » (là où il y aurait de la Culture), mais se met à disposition, confiante dans le « terrain » et soucieuse d’étayer la dynamique.

    FR : Ton récit insiste tout particulièrement sur des têtes chercheuses, des agitateurs, des activateurs.

    GC : Oui, il y a un phénomène « d’entrisme ». Mais il n’est pas seulement présent dans le « politique ». C’est un effet générationnel. Si je prends mon exemple, au début des années 1980, je suis journaliste à Ouest-France. Mais, régulièrement, je place des papiers là‑dessus. Un jour j’ai fait la 4e de couv’ sur le rock à Caen. Cette page est commune à toutes les éditions, ce qui veut dire 800 000 exemplaires. Mais cela s’est fait parce qu’il y avait une rubrique pour ça, pour parler de BD, de culture populaire… Ce sont des journalistes des différentes rédactions qui avaient revendiqué cet espace pour parler de leurs passions dans ces domaines. Ça, c’est pour la presse locale ; mais ça se passe aussi dans d’autres milieux professionnels où des nouveaux entrants sont impliqués dans cette dynamique rock, y compris chez les universitaires…

    FR : Mais, pour que quelqu’un écrive sur des groupes rock dans un journal, ou que quelqu’un fasse une politique rock dans un ministère, c’est qu’il y a un besoin social qui s’exprime, non ? Le/la journaliste sont aussi des amateurs de rock, ils s’insèrent dans un vaste mouvement social ?

    GC : Bien sûr, c’est un mouvement. Mais il a plein de composantes. Et puis il lui faut faire des démonstrations. C’est ce que je te disais avec la Fête de la musique, mais il y a aussi le chiffrage des « 25 000 groupes de rock en France » et Mitterrand qui, pour faire jeune, en annonce 35 000 lors d’une interview de Mourousi… J’ai écrit un long texte là-dessus où j’explique que le rock est entré « par effraction » dans les politiques publiques18. Dans le rock, l’artiste s’autoproclame. C’est pareil pour les projets. Et tout cela constitue un « terrain préexistant ».

    FR : Est-ce que, à ton avis, il y a dans ce monde quelque chose de structurellement différent des autres mondes du spectacle ? Les autres vont aussi dire : « Ah ben oui, nous aussi on a commencé par le terrain ». Après tout Patrice Chéreau a aussi débuté en faisant du théâtre universitaire.

    GC : D’abord, le rock n’est pas simplement un des mondes du spectacle comme tu dis. Mais je suis d’accord, il faut se méfier du nombrilisme des spécificités. Sauf que le monde dont je parle est présent partout ! Il n’y a pas besoin d’aller évangéliser une population pour leur apprendre la discipline. Des groupes, il y en a partout. Le rock, les médias en parlent depuis des décennies. Donc il n’y a pas à convaincre les gens sur le fait qu’ils vont accéder à quelque chose, mais plutôt de savoir ce qu’ils font, de les aider à faire ce qu’ils font. Dans la musique populaire, ce n’est pas l’État qui fait l’éducation artistique, ou, plus exactement, qui attribue la qualité. L’État n’a pas besoin de venir dire ce qui est bon, ce qui est vrai – ce qu’il fait d’habitude, directement ou indirectement, avec le reste – tout simplement parce que ce sont les médias spécialisés qui s’en sont occupés. Donc, l’histoire de l’art, elle n’est pas produite par l’institution, elle est produite par le marché, même pour ceux qui ne sont pas dedans, parce que c’est leur référence. Donc ce n’est pas l’institution qui, à un moment donné, nomme des inspecteurs pour dire : « Ça c’en est, ça c’en n’est pas ». Là, ce sont des chroniqueurs de disques qui attribuent le talent avec, derrière, tout un système médiatique… des majors certes, mais aussi des labels indés, des producteurs privés, des fanzines qui ont des passions, prennent des risques et cherchent le public.

    FR : Lorsque l’on regarde le site Web de l’Irma, qui, comme son nom l’indique, est dédié à l’information et aux ressources, on ne trouve pas de recommandations artistiques. On trouve des adresses d’artistes, de chercheurs, les transcriptions de débats professionnels, un travail de réflexion de veille, d’anticipation sur des évolutions, des actus. Vous ne parlez pas, du moins directement, de qualité artistique.

    GC : Parce qu’il y a des professionnels et des marchés pour ça ! Tu as des producteurs, des programmateurs et des critiques qui choisissent. Ils sont identifiés comme tels. Pour l’Irma, dans la mesure où nous sommes dans une sphère para-institutionnelle, ce n’est pas à nous de dire ce qui est bien, ce qui n’est pas bien. Notre travail est d’outiller les acteurs, pas de faire à leur place…

    FR : Quel type de bilan ferais tu de cette politique publique du rock et des musiques populaires maintenant que cette galaxie est pour ainsi dire stabilisée ? Elle s’est dotée de syndicats, elle est insérée dans la plupart des formes d’action publiques culturelles tant au niveau national que local ?

    GC : Ce serait trop étroit de faire ce type de bilan. D’abord parce que la légitimité n’est pas acquise… et je ne te parle pas du hip hop, bien loin d’être « inséré » comme tu dis. Mais même pour les SMAC(s), c’est le dernier label, objectivement moins doté. Mais aussi, et surtout, « dénaturé ». Les gens qui se sont battus pour ces salles ne voulaient pas que ça devienne un label d’État, mais que ça corresponde à un dispositif respectueux de leurs valeurs. Un truc jamais fini quoi. La mise aux normes, le droit commun, c’est important… mais cela doit se placer au service de la diversité, de l’initiative et de l’évolution permanente. Aujourd’hui, les SMAC(s) se confrontent à cette labellisation où, par exemple, les processus de recrutement des directeur·trice·s doivent rejoindre celui des scènes nationales… À cheval sur le privé et le public, ce « monde du milieu » (comme il se définit) défend des logiques de co-construction des politiques publiques, il peut s’inscrire dans l’économie sociale et solidaire, défend l’enjeu des droits culturels, des aventures adolescentes, la force des territoires… c’est ça le bilan. Et ce combat, tant culturel que politique, c’est une tension permanente. Et puis, je pourrais te parler de la mise à disposition de ressources, de ce que nous faisons. Dans nos grandes envolées, nous parlions du « quatrième pilier de l’action culturelle » avec la création, la diffusion et la formation ; ben le bilan de son insertion dans les politiques, n’est pas terrible et le réseau national que nous avions monté, le Réseau Ressource a vu ses acteurs disparaître les uns après les autres, faute de soutiens.

    FR : Désormais, la grande majorité des gens qui vont travailler dans les « musiques actuelles » sont formés à l’université dans des licences ou masters professionnels. Ces étudiant·e·s sont formé·e·s par des professionnel·l·e·s de ta génération, par celle qui a suivi ainsi que par des académiques. Que penser de cette nouvelle donne ?

    GC : C’est pour ça que, nous, on fait de la formation continue. Parce qu’avant tout, il s’agit de doter les gens qui font déjà des choses, quel que soit leur niveau. Ceux qui sont déjà impliqués. C’est la même démarche que de dire : « Il y a des groupes qui répètent, il leur faut des locaux. Là, il y a des gens qui sont en action, il leur faut des supports pour l’acquisition de connaissances, de compétences. » Face à ce que tu sous-entends de la formation « académique », c’est une réponse pragmatique où se construit une transmission apportée par les professionnels eux-mêmes. Au départ, c’est l’idée de donner des moyens au compagnonnage… Ça a pris bien de l’ampleur depuis. Aujourd’hui, pour être compétent dans ce milieu, il faut aussi maîtriser d’autres enjeux, notamment ceux du monde numérique. Et ce n’est pas qu’une question de « technique », au contraire. Il y a énormément d’aspects pratiques bien sûr, mais je parle aussi de la réflexion pour comprendre comment les choses se transforment et pouvoir agir intelligemment. Quelle que soit ta formation d’origine, c’est un travail quotidien.

    Notes de bas de page

    1 S. Frith & A. Goodwin, On Records. Rock, Pop and the Written Word, Londres, Routledge, 1990.

    2 Ibid., p. 479-490.

    3 Ibid., préface p. XI (traduit par François Ribac).

    4 The Inmates est un groupe britannique de pub rock/punk formé en 1977.

    5 La Ferarock se définit comme une fédération de radios alternatives et a été créée en 1991.

    6 Le terme indé (rock indépendant) décrit ici la nébuleuse musicale née à partir du punk anglais de la fin des années 1970.

    7 Les Dogs est un groupe de rock français, originaire de Rouen, fondé en 1973 et dissous en 2002 à la mort de leur chanteur.

    8 Le sigle SMAC signifie Scène de Musiques Actuelles ; c’est un label attribué par le ministère de la culture depuis 1998 à des salles de spectacles. Si elles respectent un cahier des charges, ces salles bénéficient du label et de financements de l’État. http://www.culturecommunication.gouv.fr/Thematiques/Musique/Organismes/Creation-Diffusion/Scenes-de-musiques-actuelles

    9 La Souris Déglinguée est un groupe de rock alternatif français, originaire de Versailles. Fondé en 1976, il est toujours en activité.

    10 Tangerine Dream est un groupe allemand de rock psychédélique puis de musique électronique, ayant été en activité de 1967 à 2015.

    11 À ce sujet voir François Ribac et François Gorin, « L’entrée en rock. Entretien avec François Gorin », Volume !, 2 : 1 | 2003, p. 91-101.

    12 Best, magazine mensuel français dédié au rock et qui a paru, avec des interruptions, de 1968 à 2000.

    13 Rock & Folk, magazine mensuel français dédié au rock et qui paraît depuis 1966.

    14 Le magazine Actuel, dédié à l’origine à la contre-culture, a été fondé en 1967. En 1979, il accompagne la mutation stylistique et sociale des années 1980.

    15 Marquis de Sade est un groupe de rock rennais, actif de 1977 à 1981. Récemment reformé pour quelques concerts.

    16 Réflexes, label de rock français actif de 1983 à 1986.

    17 Le FAIR se définit comme le « premier dispositif de soutien au démarrage de carrière et de professionnalisation en musiques actuelles ».

    18 Voir Gilles Castagnac « Processus de structuration d’un secteur. Le développement des musiques actuelles et leur entrée en politiques publiques » Intervention pour la FNCC (Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture), 15 novembre 2006. http://www.irma.asso.fr/IMG/pdf/HistoriqueMA-1-2.pdf

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    1 S. Frith & A. Goodwin, On Records. Rock, Pop and the Written Word, Londres, Routledge, 1990.

    2 Ibid., p. 479-490.

    3 Ibid., préface p. XI (traduit par François Ribac).

    4 The Inmates est un groupe britannique de pub rock/punk formé en 1977.

    5 La Ferarock se définit comme une fédération de radios alternatives et a été créée en 1991.

    6 Le terme indé (rock indépendant) décrit ici la nébuleuse musicale née à partir du punk anglais de la fin des années 1970.

    7 Les Dogs est un groupe de rock français, originaire de Rouen, fondé en 1973 et dissous en 2002 à la mort de leur chanteur.

    8 Le sigle SMAC signifie Scène de Musiques Actuelles ; c’est un label attribué par le ministère de la culture depuis 1998 à des salles de spectacles. Si elles respectent un cahier des charges, ces salles bénéficient du label et de financements de l’État. http://www.culturecommunication.gouv.fr/Thematiques/Musique/Organismes/Creation-Diffusion/Scenes-de-musiques-actuelles

    9 La Souris Déglinguée est un groupe de rock alternatif français, originaire de Versailles. Fondé en 1976, il est toujours en activité.

    10 Tangerine Dream est un groupe allemand de rock psychédélique puis de musique électronique, ayant été en activité de 1967 à 2015.

    11 À ce sujet voir François Ribac et François Gorin, « L’entrée en rock. Entretien avec François Gorin », Volume !, 2 : 1 | 2003, p. 91-101.

    12 Best, magazine mensuel français dédié au rock et qui a paru, avec des interruptions, de 1968 à 2000.

    13 Rock & Folk, magazine mensuel français dédié au rock et qui paraît depuis 1966.

    14 Le magazine Actuel, dédié à l’origine à la contre-culture, a été fondé en 1967. En 1979, il accompagne la mutation stylistique et sociale des années 1980.

    15 Marquis de Sade est un groupe de rock rennais, actif de 1977 à 1981. Récemment reformé pour quelques concerts.

    16 Réflexes, label de rock français actif de 1983 à 1986.

    17 Le FAIR se définit comme le « premier dispositif de soutien au démarrage de carrière et de professionnalisation en musiques actuelles ».

    18 Voir Gilles Castagnac « Processus de structuration d’un secteur. Le développement des musiques actuelles et leur entrée en politiques publiques » Intervention pour la FNCC (Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture), 15 novembre 2006. http://www.irma.asso.fr/IMG/pdf/HistoriqueMA-1-2.pdf

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    Castagnac, Gilles, et François Ribac. « Naissance d’une politique publique du rock ». In Une sociologie des musiques populaires, édité par François Ribac. Nanterre: Presses universitaires de Paris Nanterre, 2018. doi:10.4000/16gri.
    Castagnac, Gilles, et François Ribac. « Naissance d’une politique publique du rock ». Une sociologie des musiques populaires, édité par François Ribac, Presses universitaires de Paris Nanterre, 2018, https://doi.org/10.4000/16gri.

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    Frith, Simon. Une sociologie des musiques populaires. édité par François Ribac, Presses universitaires de Paris Nanterre, 2018, https://doi.org/10.4000/16grm.
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