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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Quelles formes et quels concepts pour l’abri de loisirs en France dans les années 1960 ? Essai de typologie Une nouvelle approche du tourisme, des loisirs et du mode d’habiter Des projets innovants, une faible pérennité Notes de bas de page Auteur

    Anthropologie des abris de loisirs

    Ce livre est recensé par

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    Le développement de l’abri de loisirs en France dans les années 1960 : formes, concepts… idéaux ?

    Ève Roy

    p. 117-126

    Texte intégral Quelles formes et quels concepts pour l’abri de loisirs en France dans les années 1960 ? Essai de typologie Une nouvelle approche du tourisme, des loisirs et du mode d’habiter Des projets innovants, une faible pérennité Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    « L’homme se défixera. Les formes construites auront l’allure d’enveloppes, d’abris portatifs… »
    Ionel Schein

    1Il y a 70 ans, le Gouvernement du Front Populaire accordait douze jours de congés annuels payés et la semaine de quarante heures aux travailleurs, et créait le Sous-Secrétariat d’Etat aux Loisirs et aux Sports. Après la Seconde Guerre Mondiale et les années de reconstruction, les acquis de 1936 vont s’accroître pendant les Trente Glorieuses. En 1957, Denis FRIEDMAN annonçait : « L’ère des loisirs commence1 ».

    2Durant les années 1960-1970, en France, dans un contexte de prospérité et de bouleversements socioéconomiques liés à l’influence de la culture de masse américaine, l’architecture de loisirs se développe donc, par l’intermédiaire d’opérations comme celle des « 1000 piscines2 » en France, ou la réalisation de grands complexes touristiques sur les littoraux. À côté de ces ambitieux programmes nationaux, une nouvelle forme d’architecture individuelle de loisirs voit le jour. En parallèle de ce phénomène, de jeunes architectes vont alors proposer de nouvelles formes d’abris ou d’habitats temporaires, s’inspirant des principes d’habitat minimum de la caravane et de la capsule spatiale. Inspirés par des exemples célèbres comme le proto (type de Maison de week-end de Charlotte Perriand (1934) ou le Cabanon de Le Corbusier à Cap Martin (1950), fascinés par les matériaux issus des recherches les plus récentes, ils vont proposer des logements transportables, parfois même périssables, et souvent réduits à de simples cellules équipées, et réalisés à la chaîne dans des matériaux à faible coût, avec une prédilection pour le plastique.

    3Le jeu, la recherche du soleil et du contact avec la nature, ainsi qu’un certain « nomadisme » sont, selon les architectes, les caractéristiques de l’expérience à laquelle le citadin aspire lors de sa découverte d’un nouveau mode de vie saisonnier, lié à l’augmentation de la durée des congés payés3.

    4En tant que témoin de cette phase d’évolution et de développement des abris de loisirs, la production architecturale française des années 1960 constitue un sujet d’étude permettant de mettre en valeur des données formelles et conceptuelles caractéristiques. Ces typologies architecturales permettent ensuite de s’interroger sur les changements socioculturels à l’ouvre durant cette période ainsi que sur l’émergence d’une nouvelle approche du tourisme, des loisirs et du mode d’habiter, avant de questionner la faible pérennité de ces abris d’un genre nouveau.

    Quelles formes et quels concepts pour l’abri de loisirs en France dans les années 1960 ? Essai de typologie

    5« C’est surtout par opposition à l’ensemble des nécessités et obligations de la vie quotidienne que se définit aujourd’hui le loisir4. » À l’instar de Joffre Dumazedier, il semble possible de définir l’abri de loisirs, tel qu’il est envisagé dans les années 1960, en se basant sur ce qu’il n’est pas. Il n’est pas une construction destinée à une occupation permanente, n’est donc pas soumis aux mêmes contraintes et ne nécessite pas les mêmes équipements ou aménagements. Il bénéficie de l’amélioration des techniques de préfabrication issues des recherches menées en période de guerre pour le logement d’urgence5 qui ont contribué à la naissance de nouvelles formes ar- chitecturales6 et permis une expérimentation du logement minimum, thématique qui n’aura de cesse d’inspirer les architectes.

    6À la conception des CIAM7 selon laquelle le temps était rationnellement partagé en quatre fonctions (habiter, circuler, travailler, cultiver le corps et l’esprit) se substitue une nouvelle acception considérant que le loisir peut aussi être le farniente et consister en activités non productives.

    7La question d’un nouvel « abri » de loisirs, issu de ces différentes évolutions, a stimulé l’imaginaire des architectes, amenant à une multitude de projets dont l’aspect, la taille et l’utilisation diffèrent. Certains de ces projets ont donné lieu à des réalisations, d’autres sont restés au stade de l’architecture de papier, mais tous témoignent d’une réflexion commune, d’une recherche d’un habitat « autre », temporaire, au confort restreint. À travers la multiplicité des propositions architecturales, certains points communs émergent à l’analyse. En effet, les différents abris, qu’il s’agisse de projets ou de réalisations, imaginés durant cette période semblent pouvoir être répartis en trois typologies. La première et la plus évidente de ces typologies rassemble des abris proches du campement. L’« abri-campement » est construit en matériaux biodégradables ou textiles et vise en priorité une population aux revenus moyens, comme l’illustre le projet de Maison de vacances en carton (1968-1969) de Guy Willemin, solution de campement adaptée au « nomade » du xxe siècle. Ce dernier, qu’il voyage seul ou en famille, trouvera dans cette solution un logement facile à transporter et à construire, offrant un minimum de confort et pouvant être installé sur des terrains sommairement aménagés. Le matériau choisi permet des modifications quotidiennes et une relative protection de l’intimité. À la fin du séjour, l’abri, ou le « village » progressivement constitué, est brûlé8.

    8À l’inverse de ce premier type de constructions se trouve l’« abrilogiquetechnologique », comportant de nombreux équipements « high tech » et conçu pour des utilisations répétées. Il offre à ses utilisateurs une grande autonomie et plus de confort, mais son coût est supérieur. Il illustre l’influence des progrès industriels, des comics et de la science-fiction sur l’imaginaire des architectes. On considère généralement que le premier exemple de ce type d’abri est la Maison en plastique de Ionel Schein, présentée en 1956 au Salon des Arts Ménagers à Paris9. L’un des projets les plus poussés d’abri technologique est le Cushicle, imaginé par l’architecte anglais David Greene en 1966, qui « permet à un homme de transporter un environnement complet sur son dos10 » et est équipé de télévision, radio, eau et chauffage et peut être branché aux réseaux d’électricité et de téléphone. Nul doute, étant donné l’influence dont disposait le groupe Archigram auquel appartenait David Greene, que ce projet a eu des répercussions sur l’imaginaire des architectes français contemporains.

    9Ce projet, non réalisé, peut également être relié à la troisième typologie, l’« abri-minimum », qui consiste à réduire la construction à une cellule, au sens biologique du terme.

    10Il s’agit d’une structure simple, souvent ovoïde, qui tente de fournir à son occupant le minimum vital, contrainte qui a pour effet de « cristalliser les imaginaires11 ». Le choix de grouper les habitations12 incombe à l’occupant, avec la particularité de pouvoir fixer les cellules sur des mâts. Dans un contexte d’augmentation exponentielle de la population et des prix du foncier, les architectes se saisissent de l’idée de cellule, pensant que ce sera la solution d’avenir pour beaucoup de citadins, et tentent de l’expérimenter de façon saisonnière afin d’en améliorer les prototypes, et d’en abaisser les coûts de production. Les maquettes de la Cellule et du Living Pod sont significatives de cette période de réflexion et de grande créativité, pendant laquelle on cherchait à faire évoluer la conception du logement et de l’occupation du territoire.

    11Même s’il n’existe que peu de chances que ces architectes aient connus les théories de Joffre Dumazedier, il est intéressant de noter ici que ces trois typologies semblent coïncider de façon assez précise avec les trois fonctions du loisir telles que le sociologue les décrit : le délassement, le divertissement et le développement13.

    Une nouvelle approche du tourisme, des loisirs et du mode d’habiter

    12Les formes d’habitations créées en France durant cette décennie incitent à l’évasion, à la « liberté », au travers d’un vocabulaire et d’une imagerie diffusés par les publicités et les catalogues de vente par correspondance. L’évolution des formes des abris et de la façon de les (pré-) fabriquer puis de les commercialiser témoigne d’un changement dans la conception du temps de vacances et du mode de vie approprié à cette période spécifique de l’année, en rupture avec les habitudes. Les années 1960 voient le loisir devenir un « marché » spécifique, dans lequel certains industriels vont investir. L’enjeu de ces démarches est de faire de l’abri de loisirs un produit de consommation rentable, répondant à une demande précise. Certains architectes vont d’ailleurs écrire sur le sujet, en tentant de diffuser une nouvelle approche de l’habitation : c’est le cas de Chanéac, qui propose la théorie d’une « architecture industrialisée poétisée », tentant de concilier industrialisation, inventivité et poésie14.

    13Le travail de Jean Maneval répond aux mêmes préoccupations : il va en effet parvenir à faire industrialiser et commercialiser trois cents de ses Bulles à six coques entre 1967 et 1969, essentiellement pour des villages de vacances. Il est notoire que lors de la présentation du prototype à l’exposition Batimat à Paris en 1967, un questionnaire remis aux visiteurs avait révélé que les Bulles étaient perçues uniquement comme des résidences secondaires, le citadin considérant qu’il pouvait s’autoriser à sortir ponctuellement des normes socioculturelles dans lesquelles il vivait habituellement. Les Bulles ont rencontré un certain succès, en raison notamment de la facilité de livraison (un seul camion suffisait à livrer l’ensemble du kit), de la forme ludique et de la résistance des coques15.

    14L’expérience menée par l’AUA16 entre 1970 et 1972 avec le Tétrodon17 est similaire à celle des Bulles, en ce qu’elle constitue l’un des seuls exemples d’habitat évolutif et modulaire à avoir été réalisé industriellement, installé et occupé pendant plusieurs années. La structure de container, couplée aux coques en plastique, séduisit par la facilité et la rapidité d’installation, les fondations étant réduites à de simples plots. De plus, les Tétrodons pou- vaienvaient être reliés entre eux, permettant à plusieurs familles de se regrouper temporairement. L’utilisation envisagée était le logement saisonnier18, mais il est notoire que certains Tétrodons ont aussi été utilisés à l’année comme foyers de travailleurs19.

    15Outre l’enjeu économique et consommatoire de ces nouveaux types d’abris de loisirs, il est possible de constater qu’ils sont aussi porteurs de certaines valeurs de la société dans laquelle ils sont conçus, comme par exemple la sensibilisation à l’écologie20 : pourquoi, en effet, risquer de dénaturer un site naturel vierge en le couvrant de constructions pérennes, alors qu’il ne sera occupé que ponctuellement ? De plus, selon Agnès Barruol et Hélène Dattler, « Plus un espace est petit et resserré, mieux il permet au corps et à l’esprit d’entrer en dialogue avec l’environnement21 ». Ainsi, l’apparition de projets, certes souvent utopiques, prenant en compte les conséquences potentielles de l’occupation saisonnière témoigne de la naissance d’une certaine prise de conscience22 des dommages infligés à l’environnement. C’est le cas de la Maison d’un jour, proposé par Guy Rottier en 1968 : les différentes bulles constituant le campement sont gonflées le jour même. Projetées à partir d’un tube, elles durcissent à l’air libre et peuvent être percées de fenêtres ou d’espaces de circulation, avant d’être détruites au moment du départ à l’aide d’un tube de dissolvant, permettant « de respecter, ou en tout cas de ne plus défigurer de façon permanente, les rares espaces libres de demain23 ».

    16L’abri de loisirs ambitionne parfois de transmettre des idéaux à ses utilisateurs, voire de leur permettre d’évoluer. On considère alors que l’architecture doit pouvoir s’adapter à la rapidité des changements sociaux, notamment en devenant « mobile24 », et inciter les habitants à adopter ces changements et à avoir une influence réelle sur leur cadre de vie. Les architectes des années 1960 envisagent donc une architecture plus ludique et plus participative afin d’impliquer l’habitant dans la construction (assemblage des modules, position des ouvertures, couleurs, aménagements), de lui permettre d’être autonome et de ne pas s’installer « dans un confort paresseux et conformiste25 ».

    17Rappelons enfin que même dans le cas où ces projets ne débouchaient pas sur des constructions, leur simple présence, en tant que représentation, constitue la preuve d’une volonté de la part des architectes de faire évoluer la société dans laquelle ils vivent et la conception traditionnelle de l’habitation, jugée obsolète. En cela, nous suivons la théorie de Pierre Francastel selon laquelle « il n’y a pas de représentation plastique de l’espace qui s’écarte d’une appréciation intellectuelle et sociale des valeurs26 ».

    Des projets innovants, une faible pérennité

    18Aujourd’hui, seuls 11 % des français déclarent posséder une résidence secondaire27 et l’ensemble de ces résidences est pérenne. Pourtant, dans les années 1960, de nombreux architectes déclaraient qu’il fallait créer de nouvelles formes pour l’habitation saisonnière, estimant, à l’instar d’Henri Focillon28, que le changement de mode de vie induirait un changement du mode d’habiter, même ponctuel29. En 1966, David Greene annonçait même :

    Il est vraisemblable que sous l’impact de la seconde ère technologique, le besoin d’une maison (sous forme d’habitacle statique et permanent) en tant qu’élément de la structure psychologique de l’homme va disparaître30.

    19Mais ces anticipations se sont révélées fausses, ou prématurées. Aujourd’hui, l’abri de loisirs est conçu de façon similaire à la résidence principale : il est relativement pérenne, équipé, facilement accessible, et souvent regroupé. L’une des raisons qui peuvent avoir conduit à cet échec peut être le manque d’enracinement : il apparaît que le rêve de la plupart des citadins est de posséder un bien immobilier solide, ancré dans un territoire ou une région familière, et non un équipement de « nomade » moderne. Les inconditionnels du camping eux-mêmes témoignent d’un attachement à un lieu précis ou à un type d’équipement, et le camping sauvage est interdit dans la plupart des communes de France. Lorsqu’en 1967, Pernette Perriand-Barsac et Jean-Louis Lottiron imaginaient la Caravane-fleur31, ils ne concevaient pas seulement un habitacle mobile, ils prévoyaient que l’ensemble des équipements, une fois replié, soit assez compact pour être transporté par hélicoptère, et installé en une demiheure, quel que soit le site choisi. Pourtant, en dépit de ses nombreux avantages et de son adaptation aux attentes d’une époque, ce projet n’a jamais été réalisé.

    20La seconde hypothèse expliquant ces échecs peut être liée à un décalage entre l’utilisation supposée et l’utilisation réelle. En un mot, ces abris ne répondaient pas au critère d’utilité, au sens défini par André Hermant, qui veut que toute forme utile témoigne d’une « correspondance exacte entre l’efficacité de l’usage, l’économie de la matière et la satisfaction de la sensibilité et de l’esprit32 ».

    21Enfin, ultime hypothèse, ces abris peuvent ne pas avoir satisfait le critère esthétique, la venustas de Vitruve, par leur aspect trop novateur et avantgardiste. Stimulés par les nouveaux médias, la science-fiction, la prolifération d’images en couleurs, les architectes de l’époque ont sûrement surestimé la capacité de projection et d’adaptation des futurs utilisateurs des habitations qu’ils proposaient.

    Les besoins humains changent, […] les meilleures solutions architecturales ne suffiront pas aux demandes différentes de demain. La vie est variabilité, pulsation, dynamisme, alors que la forme bâtie est statique. Tout ce que l’on a bâti dans le monde jusqu’à présent est statique, invariable, c’est-à-dire mort33…

    22Ce constat provocant, dressé en 1957 par le GEAM34, semble toujours d’actualité. L’idéal constructif, saisonnier ou annuel, demeure fixe. Les banlieues pavillonnaires conservent tout leur attrait pour les citadins, qui ne rêvent toujours pas de cellules minimales ou gonflables. L’abri de loisirs, malgré toute l’effervescence qu’il a pu susciter pendant les Trente Glorieuses, semble avoir lui aussi subi les conséquences de la crise pétrolière et être devenu plus conventionnel et moins inventif, alors que les moyens techniques et financiers pourraient aujourd’hui permettre la réalisation des projets les plus imaginatifs.

    23Cependant, l’espoir d’une architecture mobile et industrialisée persiste, et s’il ne semble pas résider de nos jours dans l’abri de loisirs, il peut naître des projets pour les logements d’urgence, qui prolifèrent, utilisant à leur tour le carton et les toiles tendues, ainsi que la notion d’unité minimale. De la Maison Jours meilleurs conçue par Jean Prouvé en 1956 à la Paper Log House de Shigeru Ban (1995), l’habitation de secours est peut-être le nouveau lieu d’expérimentation de la notion d’abri.

    Notes de bas de page

    1 De Rougemont Denis, « DenisL’ère des loisirs commence », in Arts, 10 avril 1957.

    2 Les opérations des « 1000 clubs » (1966-1978) ou des « 1000 piscines » (1969) ont consisté, au milieu des années 1960, à doter la plupart des communes de France de clubs de jeunes et/ou de piscines, équipements entièrement préfabriqués et standardisés. Ces opérations s’inscrivaient dans la logique de « déconcentration » amorcée en 1967. Dans l’opération des « 1000 clubs », l’accent était mis sur la participation car les jeunes étaient incités à prendre part à la construction du club (Monnier Gérard et Abram Joseph, L’Architecture moderne en France, tome 2, Paris, Picard, 1999, p. 71-89).

    3 En 1969, la durée des congés payés est étendue à quatre semaines, la cinquième semaine chômée sera obtenue en 1982.

    4 Dumazedier Joffre, Vers une civilisation du loisir ?, Paris, Éditions du Seuil, 1972, p. 25.

    5 Notons qu’en 1940 le Service des constructions provisoires a été créé au sein du Secrétariat d’État à la production industrielle.

    6 Témoin de cet enthousiasme, le manifeste de l’UAM (Union des Artistes Modernes) paru en 1949 : «’UAM propose une rationalisation de la construction pour atteindre l’économie, une normalisation pour entrer dans le cadre de la production en série, une utilisation de toutes les possibilités que nous offre la science moderne exploitant aussi bien la richesse des matériaux naturels, la franchise des bois apparents, des pierres polies. que la nouveauté des matières innombrables dont nous comble l’industrie (duralium, acier inoxydable, matières plastiques, laques et textiles synthétiques, laine de verre, etc.). L’UAM veut utiliser au service de l’homme toutes les ressources, tous les moyens que les progrès humains mettent à la disposition des créateurs » (Monnier Gérard & Abram Joseph, L’Architecture moderne en France, tome 2, Paris, Picard, 1999, p. 259).

    7 Congrès Internationaux d’Architecture Moderne.

    8 Le projet de Village en carton « à brûler après usage » (1968-1969) avait été sélectionné par le Grand Prix d’urbanisme et d’architecture de Cannes en 1971.

    9 La même année, Schein proposait un prototype de cabine hôtelière mobile en matière plastique (stratifié polyester, fibre de verre). Transportable sur camion, cette dernière pouvait accueillir deux personnes et être livrée aux hôtels pour combler le manque de chambres en période d’affluence. La chambre comprenait des rangements et une salle d’eau. Le prototype totalement réalisable et viable, n’a jamais été industrialisé.

    10 Greene David, Archigram, n ° 7, décembre 1966 : non paginé.

    11 Barruol Agnès, Dottler Hélène, « Du monument au minimum, un parcours », in Monument minimum, petits habitats au château…, catalogue d’exposition au Château d’Avignon (Saintes-Maries-de-la-Mer), du 18 juin au 30 septembre 2006, Marseille, Editions Générales, CAUE des Bouches-du-Rhône, p. 11.

    12 Dans le cadre de cette étude, nous utilisons le terme d’« habitation » au sens défini par Christian Bromberger, c’est-à-dire un « micro-milieu construit autonome » (Bromberger Christian, «  Habitation », in Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie, Bonte Pierre & Izard Michel, Paris, PUF, 2000, p. 317-320). De plus, nous nous centrerons sur des habitations de conception « unitaire », au sens anthropologique du terme, c’est-à-dire que chaque famille dispose d’un cadre bâti complet. Cependant, si le terme « cellulaire » est employé, ce ne sera pas au sens anthropologique, impliquant l’utilisation d’espaces communs, mais au sens architectural, qui signifie simplement que l’habitation est réduite à sa plus simple expression, proche de la cellule biologique, qui a donné son nom à la cellule monastique ou carcérale.

    13 Dumazedier Joffre Vers une civilisation du loisir ?, Paris, Éditions du Seuil, 1972, p. 26-27.

    14 Chanéac Jean-Louis, Architecture interdite, textes réunis après la mort de l’architecte par Dominique Amouroux, Paris, éditions du Linteau, 2005, p. 69-70.

    15 Exemple de cette solidité, le village de Gripp, dans les Hautes-Pyrénées, réalisé pour la Société nouvelle des pétroles d’Aquitaine (SNPA), inauguré en 1968, ne fût démonté qu’en 1998. Notons également que le succès de ce type d’abri perdure, puisqu’une « bulle » a été exposée à la Biennale de Venise en 2000, remportant un grand succès auprès des visiteurs. Pour plus de détails, se reporter à Bancilhon Philippe, La Bulle à six coques, Paris, Éditions Jean-Michel Place, 2004.

    16 AUA : atelier d’urbanisme et d’architecture, créé à Paris en 1960, d’après une idée de Jacques Allegret.

    17 Le nom de Tétrodon évoque celui d’un poisson tropical se gonflant en cas de danger, jeu de mots lié au fait que les coques latérales en polyester étaient gonflées afin d’obtenir la forme souhaitée, avant d’être posées.

    18 En 1972, un village-vacances entièrement conçu en Tétrodons fut réalisé à Lège, près du Cap-Ferret.

    19 Les foyers, réalisés pour la SONACOTRA (société nationale de constructions pour les travailleurs), et installés à Fos-sur-Mer, sont aujourd’hui détruits.

    20 Voir par exemple à ce sujet Candilis Georges, Recherches sur l’architecture des loisirs, Stuttgart, Karl Krämer, 1972, p 10.

    21 Barruol Agnès, Dottler Hélène, « Du monument au minimum, un parcours », in Monument minimum, petits habitats au château., op. cit., p. 11.

    22 Notons qu’en France, le Ministère de l’Environnement a été créé en 1973. Au sujet de l’émergence d’une sensibilité écologique, voir aussi Rouillard Dominique, Superarchitecture, le futur de l’architecture : 1950-1970, Paris, Éditions de la Villette, 2004, p. 378.

    23 Rottier Guy, Architecture libre, Paris, Éditions Alternatives, vol. 4 « L’architecture de loisirs », 1986, p. 10.

    24 En 1970, Yona Friedman annonçait : « […] les transformations sociales et celles du mode de vie quotidien sont imprévisibles pour une durée comparable à celle des bâtiments habituels. Les bâtiments et les villes nouvelles doivent être facilement ajustables suivant la volonté de la société à venir qui les utilisera : ils doivent permettre toute transformation, sans impliquer de démolition totale » (Friedman Yona, L’Architecture mobile, Paris, Casterman, 1970.).

    25 Rottier Guy, Architecture libre, op. cit., p. 8.

    26 Francastel, Pierre, Études de sociologie de l’art, Paris, Denoël, 2002, p 216.

    27 Namias Olivier, « Maisons de vacances : habiter autrement », in D’architectures, juin-juillet, 156, 2006, p. 42.

    28 Focillon Henri, La Vie des formes, Paris, PUF, 1970, p. 23.

    29 Reprenant ses idées énoncées dans les années 1960, Guy Rottier annonçait en effet, en 1986 : « […] l’architecture de vacances [peut] être autre chose que l’architecture banale de tous les jours. […] Il n’est peut-être pas nécessaire d’y investir autant de moyens, ni de la construire pour l’éternité. L’infrastructure également est totalement différente. On a donc toute liberté pour utiliser une vaste gamme de matériaux, nouveaux, économiques, légers, faciles à transporter et à assembler. » (Rottier Guy, Architecture libre, Paris, Éditions Alternatives, volume 4 « L’architecture de loisirs », 1986, p 1).

    30 Greene David, Archigram, op. cit.

    31 La Caravane-fleur était le projet de fin d’études au Conservatoire national des Arts et Métiers présenté par Pernette Perriand-Barsac et Jean-Louis Lottiron. Outre le noyau d’équipements, ce projet comportait une enveloppe pneumatique de nylon pliable (enduite de PVC imperméable) à gonfler par compresseur et cinq à six lits gonflables. La caravane ne fut jamais industrialisée mais exposée au salon du Camping et du Caravaning au Bourget en février 1968 et lors de l’exposition « Structures gonflables », organisée par le groupe Utopie à l’ARC (Musée d’art moderne de la ville de Paris), toujours en 1968 (Bellé Sophie, « Jean Louis Lottiron, Pernette Perriand », in Architecture expérimentale 1950-2000, collection du FRAC Centre, catalogue d’exposition au FRAC Centre (Orléans), du 11 juin au 12 octobre 2003, Orléans, HYX p. 304-307).

    32 En 1959, André Hermant définit ainsi les « formes utiles » : « nous appelons utile la forme d’un objet usuel, d’une architecture, lorsqu’elle exprime une correspondance exacte entre l’efficacité de l’usage, l’économie de la matière et la satisfaction de la sensibilité et de l’esprit-ou encore lorsque son aspect sensible révèle un équilibre rigoureux entre sa fonction, sa structure et sa signification. Rien d’une forme utile ne peut être modifié sans rompre cet équilibre, de même que la forme d’une plante (ou d’un animal) ne peut être modifiée sans que sa vie ne soit menacée » (Monnier Gérard & Abram Joseph, L’Architecture moderne en France, op. cit. p. 260).

    33 Willemin Véronique, Maisons mobiles, Paris, Éditions Alternatives, 2004, p. 42.

    34 Le GEAM (groupe d’études de l’architecture mobile) regroupait alors David Emmerich, Yona Friedman, Jean Pecquet, Jerzy Soltan, Jean Tropmann. Il accepta de nouveaux membres en 1960 et devint plus international.

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    1 De Rougemont Denis, « DenisL’ère des loisirs commence », in Arts, 10 avril 1957.

    2 Les opérations des « 1000 clubs » (1966-1978) ou des « 1000 piscines » (1969) ont consisté, au milieu des années 1960, à doter la plupart des communes de France de clubs de jeunes et/ou de piscines, équipements entièrement préfabriqués et standardisés. Ces opérations s’inscrivaient dans la logique de « déconcentration » amorcée en 1967. Dans l’opération des « 1000 clubs », l’accent était mis sur la participation car les jeunes étaient incités à prendre part à la construction du club (Monnier Gérard et Abram Joseph, L’Architecture moderne en France, tome 2, Paris, Picard, 1999, p. 71-89).

    3 En 1969, la durée des congés payés est étendue à quatre semaines, la cinquième semaine chômée sera obtenue en 1982.

    4 Dumazedier Joffre, Vers une civilisation du loisir ?, Paris, Éditions du Seuil, 1972, p. 25.

    5 Notons qu’en 1940 le Service des constructions provisoires a été créé au sein du Secrétariat d’État à la production industrielle.

    6 Témoin de cet enthousiasme, le manifeste de l’UAM (Union des Artistes Modernes) paru en 1949 : «’UAM propose une rationalisation de la construction pour atteindre l’économie, une normalisation pour entrer dans le cadre de la production en série, une utilisation de toutes les possibilités que nous offre la science moderne exploitant aussi bien la richesse des matériaux naturels, la franchise des bois apparents, des pierres polies. que la nouveauté des matières innombrables dont nous comble l’industrie (duralium, acier inoxydable, matières plastiques, laques et textiles synthétiques, laine de verre, etc.). L’UAM veut utiliser au service de l’homme toutes les ressources, tous les moyens que les progrès humains mettent à la disposition des créateurs » (Monnier Gérard & Abram Joseph, L’Architecture moderne en France, tome 2, Paris, Picard, 1999, p. 259).

    7 Congrès Internationaux d’Architecture Moderne.

    8 Le projet de Village en carton « à brûler après usage » (1968-1969) avait été sélectionné par le Grand Prix d’urbanisme et d’architecture de Cannes en 1971.

    9 La même année, Schein proposait un prototype de cabine hôtelière mobile en matière plastique (stratifié polyester, fibre de verre). Transportable sur camion, cette dernière pouvait accueillir deux personnes et être livrée aux hôtels pour combler le manque de chambres en période d’affluence. La chambre comprenait des rangements et une salle d’eau. Le prototype totalement réalisable et viable, n’a jamais été industrialisé.

    10 Greene David, Archigram, n ° 7, décembre 1966 : non paginé.

    11 Barruol Agnès, Dottler Hélène, « Du monument au minimum, un parcours », in Monument minimum, petits habitats au château…, catalogue d’exposition au Château d’Avignon (Saintes-Maries-de-la-Mer), du 18 juin au 30 septembre 2006, Marseille, Editions Générales, CAUE des Bouches-du-Rhône, p. 11.

    12 Dans le cadre de cette étude, nous utilisons le terme d’« habitation » au sens défini par Christian Bromberger, c’est-à-dire un « micro-milieu construit autonome » (Bromberger Christian, «  Habitation », in Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie, Bonte Pierre & Izard Michel, Paris, PUF, 2000, p. 317-320). De plus, nous nous centrerons sur des habitations de conception « unitaire », au sens anthropologique du terme, c’est-à-dire que chaque famille dispose d’un cadre bâti complet. Cependant, si le terme « cellulaire » est employé, ce ne sera pas au sens anthropologique, impliquant l’utilisation d’espaces communs, mais au sens architectural, qui signifie simplement que l’habitation est réduite à sa plus simple expression, proche de la cellule biologique, qui a donné son nom à la cellule monastique ou carcérale.

    13 Dumazedier Joffre Vers une civilisation du loisir ?, Paris, Éditions du Seuil, 1972, p. 26-27.

    14 Chanéac Jean-Louis, Architecture interdite, textes réunis après la mort de l’architecte par Dominique Amouroux, Paris, éditions du Linteau, 2005, p. 69-70.

    15 Exemple de cette solidité, le village de Gripp, dans les Hautes-Pyrénées, réalisé pour la Société nouvelle des pétroles d’Aquitaine (SNPA), inauguré en 1968, ne fût démonté qu’en 1998. Notons également que le succès de ce type d’abri perdure, puisqu’une « bulle » a été exposée à la Biennale de Venise en 2000, remportant un grand succès auprès des visiteurs. Pour plus de détails, se reporter à Bancilhon Philippe, La Bulle à six coques, Paris, Éditions Jean-Michel Place, 2004.

    16 AUA : atelier d’urbanisme et d’architecture, créé à Paris en 1960, d’après une idée de Jacques Allegret.

    17 Le nom de Tétrodon évoque celui d’un poisson tropical se gonflant en cas de danger, jeu de mots lié au fait que les coques latérales en polyester étaient gonflées afin d’obtenir la forme souhaitée, avant d’être posées.

    18 En 1972, un village-vacances entièrement conçu en Tétrodons fut réalisé à Lège, près du Cap-Ferret.

    19 Les foyers, réalisés pour la SONACOTRA (société nationale de constructions pour les travailleurs), et installés à Fos-sur-Mer, sont aujourd’hui détruits.

    20 Voir par exemple à ce sujet Candilis Georges, Recherches sur l’architecture des loisirs, Stuttgart, Karl Krämer, 1972, p 10.

    21 Barruol Agnès, Dottler Hélène, « Du monument au minimum, un parcours », in Monument minimum, petits habitats au château., op. cit., p. 11.

    22 Notons qu’en France, le Ministère de l’Environnement a été créé en 1973. Au sujet de l’émergence d’une sensibilité écologique, voir aussi Rouillard Dominique, Superarchitecture, le futur de l’architecture : 1950-1970, Paris, Éditions de la Villette, 2004, p. 378.

    23 Rottier Guy, Architecture libre, Paris, Éditions Alternatives, vol. 4 « L’architecture de loisirs », 1986, p. 10.

    24 En 1970, Yona Friedman annonçait : « […] les transformations sociales et celles du mode de vie quotidien sont imprévisibles pour une durée comparable à celle des bâtiments habituels. Les bâtiments et les villes nouvelles doivent être facilement ajustables suivant la volonté de la société à venir qui les utilisera : ils doivent permettre toute transformation, sans impliquer de démolition totale » (Friedman Yona, L’Architecture mobile, Paris, Casterman, 1970.).

    25 Rottier Guy, Architecture libre, op. cit., p. 8.

    26 Francastel, Pierre, Études de sociologie de l’art, Paris, Denoël, 2002, p 216.

    27 Namias Olivier, « Maisons de vacances : habiter autrement », in D’architectures, juin-juillet, 156, 2006, p. 42.

    28 Focillon Henri, La Vie des formes, Paris, PUF, 1970, p. 23.

    29 Reprenant ses idées énoncées dans les années 1960, Guy Rottier annonçait en effet, en 1986 : « […] l’architecture de vacances [peut] être autre chose que l’architecture banale de tous les jours. […] Il n’est peut-être pas nécessaire d’y investir autant de moyens, ni de la construire pour l’éternité. L’infrastructure également est totalement différente. On a donc toute liberté pour utiliser une vaste gamme de matériaux, nouveaux, économiques, légers, faciles à transporter et à assembler. » (Rottier Guy, Architecture libre, Paris, Éditions Alternatives, volume 4 « L’architecture de loisirs », 1986, p 1).

    30 Greene David, Archigram, op. cit.

    31 La Caravane-fleur était le projet de fin d’études au Conservatoire national des Arts et Métiers présenté par Pernette Perriand-Barsac et Jean-Louis Lottiron. Outre le noyau d’équipements, ce projet comportait une enveloppe pneumatique de nylon pliable (enduite de PVC imperméable) à gonfler par compresseur et cinq à six lits gonflables. La caravane ne fut jamais industrialisée mais exposée au salon du Camping et du Caravaning au Bourget en février 1968 et lors de l’exposition « Structures gonflables », organisée par le groupe Utopie à l’ARC (Musée d’art moderne de la ville de Paris), toujours en 1968 (Bellé Sophie, « Jean Louis Lottiron, Pernette Perriand », in Architecture expérimentale 1950-2000, collection du FRAC Centre, catalogue d’exposition au FRAC Centre (Orléans), du 11 juin au 12 octobre 2003, Orléans, HYX p. 304-307).

    32 En 1959, André Hermant définit ainsi les « formes utiles » : « nous appelons utile la forme d’un objet usuel, d’une architecture, lorsqu’elle exprime une correspondance exacte entre l’efficacité de l’usage, l’économie de la matière et la satisfaction de la sensibilité et de l’esprit-ou encore lorsque son aspect sensible révèle un équilibre rigoureux entre sa fonction, sa structure et sa signification. Rien d’une forme utile ne peut être modifié sans rompre cet équilibre, de même que la forme d’une plante (ou d’un animal) ne peut être modifiée sans que sa vie ne soit menacée » (Monnier Gérard & Abram Joseph, L’Architecture moderne en France, op. cit. p. 260).

    33 Willemin Véronique, Maisons mobiles, Paris, Éditions Alternatives, 2004, p. 42.

    34 Le GEAM (groupe d’études de l’architecture mobile) regroupait alors David Emmerich, Yona Friedman, Jean Pecquet, Jerzy Soltan, Jean Tropmann. Il accepta de nouveaux membres en 1960 et devint plus international.

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