URL originale : https://books.openedition.org/pupo/3554
Avant-propos
p. 92-94
Texte intégral

Photo 2 – Tashi Gönsar surplombé au fond par le pic enneigé de Zharalhatse (2002). Les maisons que l’on voit sur cette photo forment le village adjacent, habité par les nomades en hiver.

Photo 3 – Tashi Gönsar (vu de la colline en face du temple) : au premier plan, l’édifice mani ; à l’arrière, la cour réservée aux enseignements religieux (2002). Les maisons sur la gauche sont habitées par les nonnes.

Carte 2-Situation de Tashi Gönsar dans le Kham.
1Huit petits stupa blancs sur une bifurcation de la route entre la Chine propre et Lhasa, à la sortie de la ville de Lhagang (Lha sgang ; chin. Tagong), indiquent le chemin en terre battue qu’il faut prendre pour se rendre à Tashi Gönsar. Au bout d’une demi-heure de marche environ, après un virage, on aperçoit au loin le monastère, que surplombe le pic enneigé de la montagne sacrée Zharalhatse (Bzhag bra lha rtse)1. Peu à peu on voit se profiler des mâts de drapeaux à prières (dar lcog) sur une crête, puis des maisonnettes construites en bois et en pierre ; un édifice religieux s’élève légèrement au-dessus d’elles. En suivant le cours d’un petit ruisseau, il faut encore remonter le chemin avant d’arriver à Tashi Gönsar.
2Le site monastique se trouve au milieu des pâturages, au fond d’un vallon qui protège des vents glaciaux d’hiver. Il ressemble à un village quelconque de la région avec ses maisonnettes épar- pillées, s’étageant jusqu’en haut des collines. En fait, en hiver, lorsque les nomades reviennent de leur transhumance, le site devient un village.
3C’est la spécificité du lieu que monastère et village se fondent en un seul ensemble ; d’un côté se trouvent les habitations des nonnes et de l’autre celles des nomades. Pour le visiteur non averti, il est difficile de faire la distinction. Cependant, la plupart des religieuses se sont regroupées en « quartiers » non loin du petit temple qui leur sert de salle d’assemblée lors des prières et des rituels collectifs.
4Trois bâtiments religieux composent le village monastique de Tashi Gönsar : le temple, la « cour réservée aux enseignements religieux » chöra (chos ra) et un grand édifice en pierres. Tandis que le temple est principalement destiné aux nonnes, les deux autres ont une fonction religieuse plus générale. Construit récemment, le chöra accueille les fêtes religieuses de Tashi Gönsar. À cette occasion, les fidèles viennent d’un peu partout pour participer aux activités religieuses et aux enseignements que le lama confère. Entouré par un mur blanc décoré de petits stupa, c’est aussi un lieu sacré autour duquel les habitants du village circumambulent quotidiennement. Enfin, l’édifice érigé au milieu du site constitue le plus important bâtiment : haut de six mètres environ, il est devenu la raison d’être de ce lieu. Les habitants l’appellent mani, d’après le mantra fort bien connu O? mani padme hum, essence et symbole, du bodhisattva Avalokitesvara (tib. Spyan ras gzigs). C’est d’ailleurs d’après cet édifice aussi que les locaux nomment ce lieu-dit Manijango ou la « Porte royale du mani » (Mani rgyal sgo).
5Manijango serait un village monastique tibétain somme toute ordinaire, si ce n’est que la région où il se trouve fait partie des territoires tibétains frontaliers avec la Chine.
Notes de bas de page
1 Il s’agit du plus haut sommet que l’on aperçoit de Tashi Gönsar, s’élevant à 5 820 m. À sa droite, se situe sa « femme », Zhamolhatse (Bzhag mo lha rtse), également une montagne de neige éternelle mais d’une hauteur moindre. Zharalhatse est considéré comme un haut lieu sacré (gnas mchog), le deuxième Sambhala (un pays mythique ou une « terre cachée », dépositaire de l’enseignement du Kalacakra ; seuls ceux qui ont un karma pur y ont accès) et aussi comme le fils du « maître de sol » zhidag (gzhi bdag) Magyel Pomra (Rma rgyal spom ra) qui réside sur la montagne de l’Amyé Machen (A mye rma chen), cf. Rig bstan, « Sham bha gnyis pa’i gnas mchog khams mi nyag bzhag bra lha rtse’i ngo sprod » (Introduction au lieu sacré Zharalhatse du Kham-Minyag, deuxième Sambhala), in Mi rigs (Nationalités), n ° 3, 1998, p. 37-38.
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