Introduction
p. 13-21
Texte intégral
1Ce volume réunit la plupart des interventions, accompagnées de contributions inédites, qui ont été présentées lors du colloque consacré à « La mer dans la culture italienne », qui s’est tenu les 9, 10 et 11 mars 2006 à la Faculté des Langues de l’université Lyon III Jean Moulin.
2Nous tenons immédiatement à remercier nos collègues italiens et français qui ont bien voulu contribuer à ce recueil, ainsi que les différents centres et institutions qui ont contribué à l’organisation de ce colloque, en particulier l’Équipe d’Accueil 3709 « Langues, cultures, sociétés » et son directeur Hugues Didier, le CRIX-EA 369 (Centre de Recherches Italiennes de l’université Paris Ouest). Nous remercions également, pour leur soutien, le GDR 2837 – JE « Traditions romaines » de l’université Paris Sorbonne, le CRCI (« Centre de recherche sur la circulation des idées ») de l’université Lyon III Jean Moulin, les UMR 5206 (Triangle) et 5037 (CERPHI) de l’École Normale Supérieure Lettres & Sciences Humaines, le GERCI de l’université Grenoble III Stendhal, et enfin, last but not least, l’Istituto italiano di cultura de Lyon, dont l’aide a été déterminante. Nous voudrions aussi à titre personnel remercier nos collègues de Lyon III, tout particulièrement Michel Feuillet, pour leur aide précieuse dans la préparation du colloque, ainsi que nos étudiants pour leur participation aux travaux. Nous remercions enfin notre collègue et amie, Claude Cazalé Bérard, pour avoir bien voulu accepter dans sa collection Cahiers d’Italies de l’université Paris Ouest, les actes de ce Colloque. Qu’elle trouve ici l’expression de notre gratitude et de nos remerciements.
* * *
3Le projet scientifique entendait définir à partir d’une thématique telle que celle de la mer (qui a fait du reste l’objet de plusieurs rencontres ces dernières années1) un certain nombre de problématiques et à vérifier dans un corpus de textes de la culture italienne appartenant aux domaines de la littérature, de la civilisation, de l’histoire des idées et de l’art, choisis en raison de leur caractère représentatif et de leur diversité : le but des organisateurs étant de discerner la spécificité du regard italien dans l’appréhension et l’interprétation de la fonction poétique et gnoséologique de cet élément naturel, propre à susciter les rêves et à stimuler le travail de l’imagination, ainsi que d’en saisir les transformations selon les époques et les contextes socioculturels. Pour mener à bien ce programme, il s’agissait d’éviter deux écueils majeurs dans la manière d’aborder la question : d’une part, celui du choix de perspectives trop ample, risquant de faire perdre la spécificité de ce regard ; d’autre part, et selon un excès inverse, celui d’une focalisation trop précisément centrée sur tel ou tel auteur, sur telle ou telle période, produisant au final une typologie descriptive avec effet de catalogue. Pour surmonter ces risques sans pour autant éliminer les possibilités offertes par des angles de vue différents, on a conservé sciemment la tension problématique entre ces deux pôles apparemment contradictoires mais, en fait, complémentaires : d’où la multiplication délibérée des points de vue et des méthodes critiques (diachronique, thématique, sémiotique), justifiée par le fait qu’il est non seulement impossible d’épuiser un thème tel que celui de la mer dans la culture italienne, mais aussi d’en faire un tour exhaustif tant les modalités de traitement, les auteurs et les textes abondent et se diversifient dans la longue durée. Le recueil d’articles qui suit doit donc être entendu comme un ensemble ouvert, mouvant, permettant l’entrecroisement des perspectives, la découverte ou la redécouverte d’auteurs dont les œuvres se rapprochent ou se singularisent, et contribuant finalement à proposer un tissu topique dynamique, un ensemble de catégories, à la fois précises et plastiques qui permettent de discerner la particularité du prisme maritime dans la culture italienne.
4C’est un constat d’ordre rhétorique qui constitue le point de départ de l’enquête : la mer est souvent associée au langage des passions, et l’ensemble du registre des passions est utilisé pour traiter de cet élément naturel, qu’il s’agisse de passions positives, telles l’admiration, la joie, l’amour, ou de passions négatives, telles la peur, la haine, voire l’ambition. Mais c’est surtout la plasticité de ces mêmes passions qu’il convient d’analyser, leurs synthèses étonnantes où l’on voit le même élément naturel être à la fois objet d’admiration et de peur, d’amour et de haine. Le sentiment éprouvé à l’égard de cette mer, à la fois admirée et aimée, mais aussi redoutée et haïe, demeure ambigu. Dès lors, il serait erroné de se limiter à considérer la mer comme un élément purement extérieur. Elle représente un défi et une épreuve permettant à l’homme de prendre la mesure de lui-même, ce que montre très bien Charles Baudelaire dans L’Homme et la mer2 : « La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme dans le déroulement infini de sa lame ». Le parallélisme est frappant : « Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets : / Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes, / Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes ».
5Nous pourrions multiplier les références textuelles, or ce qu’il importe de souligner ici c’est le registre dans lequel elles se situent, celui du langage des passions et de leurs manifestations contradictoires et ambiguës, pouvant engendrer l’admiration devant à ce qui nous dépasse, voire l’amour démesuré pour cet élément immense, mais aussi la peur face à ce qui échappe au contrôle de la raison de l’homme et à ses pratiques quotidiennes. Il est à cet égard significatif de constater que la pensée philosophique elle-même, notamment celle de Kant, choisit l’exemple de la mer pour exprimer le sentiment de la démesure qu’un tel élément naturel peut susciter3 :
Le surplomb audacieux de rochers menaçants, des nuées orageuses s’amoncelant dans le ciel et s’avançant parcourues d’éclairs et de fracas, des volcans dans toute leur violence destructrice, des ouragans semant la désolation, l’océan sans limites soulevé en tempête, la chute vertigineuse d’un fleuve puissant, etc., réduisent notre faculté de résistance à une petitesse insignifiante comparée à leur force.
6C’est moins la mer en elle-même qui est sublime dans la pensée kantienne, que la tension que suscite en nous le déchaînement des éléments, entre notre raison et notre imagination. Le sublime suscité en nous nous met face à l’immense, face à ce qui dépasse toute forme, et souligne l’incapacité de notre imagination dans son travail de représentation. Réduit à une « petitesse insignifiante », l’homme éprouve ses limites, ses peurs, ses angoisses. Mais si la démesure, l’informe laissent, pour ainsi dire, sans voix, ils offrent en creux l’occasion de répondre à un défi, de se mesurer à l’altérité, à l’étrangeté, ce qui peut déclencher une dynamique d’introspection et de quête d’identité. Tel est donc le spectacle sublime de la mer qui permet à l’homme de découvrir en lui-même une « faculté de résistance » et le « courage de se mesurer à l’apparente toute-puissance de la nature4 ». Dans cette perspective, il n’est pas anodin de souligner que l’expérience de la mer, qu’elle soit réelle ou imaginaire, symbolise l’épreuve du passage, de l’initiation au monde et à l’âge adulte. Ainsi l’expérience de la démesure, si elle mène l’homme à prendre conscience de son insignifiance, lui offre en retour le critère et la condition de sa propre mesure. Pour l’évoquer, et pour demeurer dans un registre philosophique, il convient de citer les vers célèbres de Lucrèce dans son De rerum natura5 :
Douceur, lorsque les vents soulèvent la mer immense, D’observer du rivage le dur effort d’autrui.
7Le fameux suave, mari magno a souvent été interprété comme le splendide détachement que semblaient prôner les Épicuriens face aux affaires humaines. En réalité, il n’en est rien. La métaphore de la mer remplit ici une autre fonction. Le regard de celui qui est sur le rivage n’est pas celui du cynisme ou de l’indifférence, de celui qui se refuse à affronter l’élément marin, mais il est le regard de celui qui cherche prudemment à le maîtriser. En fuyant la tourmente, l’homme ne fait pas preuve d’égoïsme, mais il se réfugie dans les « hauts lieux fortifiés solidement par le savoir des sages6 ». Le sage ne subit plus ses passions, mais apprend à les maîtriser. La mer devient ainsi la métaphore du corps en proie aux passions : tel ce corps soumis à une crise épileptique, qui est comparé chez Lucrèce au déchaînement de l’élément marin7. Inversement, celui qui fuit la tourmente éprouve cette plasticité des passions dont il a été question précédemment, puisque, au moment même où le spectacle de la mer le laisse sans voix, l’atterre, au sens propre du terme, le cloue littéralement sur place tant l’admiration ou la peur sont intenses, il cherche néanmoins à les connaître et à les dominer.
8Dans cette perspective, la mer représente ce lieu, aussi bien physique qu’imaginaire, propre à l’exploration et à l’aventure. Elle devient alors la mer des capitaines, celle des voyageurs et des pirates, cette mer qui prend forme dans les cartes, sur les pavillons et les décors des navires, qui pénètre dans les ports et dessine les côtes. Parallèlement à cette exploration physique se constitue une topique imaginaire de la mer, ce que le philosophe Giambattista Vico nommerait, dans sa Scienza nuova, une « géographique poétique » de l’élément marin. Ce n’est plus la mer réelle qui est physiquement maîtrisée, mais celle produite dans l’imagination des hommes, à travers les mythes, les monstres, les sirènes, et cela quels que soient le répertoire rhétorique, le genre littéraire (roman, poésie, peinture, musique, bande dessinée, etc.), le domaine de savoir (encyclopédies, traités, mémoires, etc.).
9Le résultat de ce type d’exploration, de cette quête d’identité et de domaines d’action, consiste à renverser la relation de l’homme à la mer. Celle-ci n’est plus simplement une terra nullius à explorer aussi bien physiquement qu’imaginairement, mais aussi un espace nouveau à dominer et à contrôler, juridiquement et politiquement. Le rapport de domination est renversé. La nature perd sa sauvage démesure initiale pour s’intégrer dans le cadre de l’activité humaine. La mer traversée, connue, fait l’objet de tentatives d’appropriation. Elle n’est plus un lieu inconnu, angoissant, mais plutôt ce lieu possédé, contrôlé et dominé qu’est le Mare nostrum. L’élément naturel devient alors un espace culturel où l’on voit les hommes échanger, marchander entre eux, mais aussi se battre et se défier.
10Dans un texte récent consacré à Naples, Napòlide, Erri De Luca emploie une image frappante pour situer l’Italie : « Siamo d’Europa solo per la cresta di gallo delle Alpi, siamo di mare per tutto il resto del corpo8. » L’ambition de ce recueil est par conséquent de mettre en évidence cette particularité de l’Italie et de la confronter aux problématiques qui ont été définies.
Présentation des interventions
11Les contributions ont été regroupées en trois sections, Passions de la mer ; Explorations de la mer ; Maîtrise de la mer – La mer lieu d’échanges. Elles constituent une réponse sans doute encore ouverte et partielle à une question, qui tient peut-être de la provocation : pourquoi la littérature italienne n’a-t-elle pas produit des romans comme Gordon Pim, ou s’inscrivant dans la lignée de Conrad ou d’Hemingway ?
12Autrement dit, pourquoi la culture italienne se serait-elle arrêtée à une dimension « thalactique », et aurait fait l’impasse de la phase océanique, qui en revanche a investi les autres grandes cultures européennes9. L’évidence des raisons historiques et les exceptions de taille à ce constat d’ordre général, qui veut être, on le souligne, provocateur, n’expliquent pas de manière satisfaisante la fonction de la représentation et de l’imaginaire de la mer dans la Péninsule. La culture italienne semble méconnaître les émotions sublimes de la haute mer, les tourbillons pélagiques, la contemplation enivrante d’un élément à l’état pur. La mer des Italiens prendrait des couleurs de la terre : pour Pinocchio « il mare color lavagna », ou le célèbre Mare colore del vino, que Sciascia emprunte à Homère. Cette prétendue absence ou faible présence de la mer (confirmée par les données statistiques, dont Raul Mordenti fournit une analyse magistrale) ouvre la voie à d’autres types d’approche.
13Le premier constat est que la mer italienne est observée de la côte : il s’agit d’un naufrage vu de loin, ou dans le sens inverse, d’une navigation à vue. Les embarcations sont le plus souvent de petits bateaux de navigation côtière, où le facteur humain prime sur le facteur naturel. Ainsi, dans les vignettes du plus célèbre des marins italiens, Corto Maltese (étudié par Sylvie Martin Mercier), la mer n’a jamais droit à une représentation autonome. Le port ou l’île, lieux de départ et d’aboutissement de l’aventure, le bateau, les compagnons de route, l’emportent sur la mer, qui n’est qu’un entre-deux implicite. Même l’étude des nouvelles « marines » du Décaméron, présentée par Pauline Pionchon, le confirme, en montrant comment l’expérience concrète de la mer dans la culture marchande du xive siècle y est fortement influencée par des thèmes littéraires remontant au roman hellénistique.
14Le facteur humain est également la clé de lecture d’un certain nombre de poèmes didactiques de la Renaissance, comme celui étudié par Paola Cosentino (La Nautica de Bernardino Baldi) : la mer devient presque un prétexte pour célébrer les découvertes et les entreprises de l’homme. C’est à la métaphore de la navigation et aux picciolette barche de la tradition littéraire, auxquelles, du reste, est consacrée l’étude de Raffaele Morabito, qui souligne encore une fois cette dimension côtière et thalactique de la navigation réelle et imaginaire des lettres italiennes. Jean-Luc Nardone parle aussi de la nef métaphorique en publiant ici, pour la première fois, un texte inédit du xviie siècle (La Nave de Pompeo Colonna).
15Toutefois, l’apport principal de ces recherches réside dans la mise en évidence de l’émergence, dans la tradition littéraire italienne, d’une rhétorique et d’une poétique de la mer ayant un vocabulaire propre, codifié, accompagné d’un lot d’images et de métaphores, d’intrigues et de péripéties récurrentes. Héritage au premier chef de l’épos grec et latin, cette rhétorique et cette poétique s’enrichissent de l’apport des inventions poétiques et narratives de Dante (chez qui le plongeon devient une métaphore de l’ascension, comme le démontre Cécile Le Lay), du Tasse, de Foscolo et, bien entendu, des romanciers des xixe et xxe siècles comme Salgari : c’est précisément cette spécificité du langage marin qu’abordent les études de Silvia D’Amico, d’Enzo Neppi et d’Alberto Cadioli. On remarquera aussi que Luciano Curreri revient sur la métaphore du plongeon comme à une des images associées à la mer.
16La métaphore de la mer oblige ainsi à observer et à maintenir présentes une double fonction narrative et une dimension symbolique antithétique : elle est le pelago de la perdition, le naufrage comme égarement du pécheur, lieu où se déchaîne la colère divine, juste châtiment de l’humanité dévoyée ; mais elle est également image de salut, d’union de la chrétienté, miroir de la perfection de la création. Michel Feuillet illustre ce double usage de l’imaginaire de la mer dans l’art de Lorenzo Lotto, Susanna Gambino-Longo étudie les essais de définition de la mer et de ses habitants spécifiques à la Renaissance tandis que Jean-François Lattarico explore les décors marins dans l’opéra vénicien du xviie siècle.
17Une autre direction des recherches réunies dans ce volume renvoie à la valeur d’archétype de la mer. Johannes Bartuschat en pose les prémisses chronologiques avec son étude du Mare amoroso, poème peu connu, où les paronomasies, mare amore amaro, charpente du texte, renvoient à cette correspondance entre la mer et les passions, entre le dérèglement amoureux et le voyage enchanté en mer. L’examen de cette problématique se poursuit surtout à propos d’auteurs contemporains, notamment avec la représentation de la noyade douloureuse chez Cesare Pavese (Eva Susenna), avec le retour à la matrice chez Elsa Morante et la quête des origines chez Umberto Saba (Claude Cazalé Bérard), avec la question de l’identité abordée à travers l’exemple de Naples (Pierre Girard).
18Venise et son mythe de « Signora del Mare » sont au cœur de deux articles de Laurence Wavrin et de Xavier Tabet. Bien que proposant des approches différentes et explorant des corpus très éloignés – le cycle pictural du palais ducal après la bataille de Lépante dans le premier article, les écrits des nationalistes vénitiens des années 1920, dans le second – les deux auteurs analysent des étapes cruciales au cours desquelles s’est forgé et renforcé le mythe de la Sérénissime.
19Dans une perspective plus proprement géopolitique, les contributions de Jean-Louis Fournel sur Tommaso Campanella et de Romain Descendre sur Paolo Sarpi approfondissent les notions de thalassocratie, de domination de la mer comme d’un véritable modèle de pouvoir. Par le détour du langage poétique, Massimo Lollini, qui examine la poésie marine d’Eugenio Montale et d’Umberto Saba, dépasse, dans son analyse, la relation entre l’homme et la nature et aboutit à une réflexion politique sur le statut identitaire et éthique de la mer dans l’œuvre des deux auteurs.
20Enfin d’autres approches du thème de la mer nous sont proposées, dans une perspective comparatiste, par Makram Abbès, qui étudie les récits des voyageurs arabes, Jean-Louis Courriol qui présente à travers la poésie du poète Eminescu la vision de la mer dans la littérature roumaine et enfin Marie-Claire Zimmerman qui étudie la métaphore de la mer dans l’œuvre poétique du poète valencien Ausiàs March.
Notes de bas de page
1 Voir notamment « ... E c’è di mezzo il mare » : lingua, letteratura e civiltà marina, Atti del XIV Congresso dell’A.I.P. I., Spalato (Croazia), 23-27 août 2000, Van den Bossche Bart, Bastiaensen Michel, Salvadori Lonergan Corinna (dir.), Florence, Franco Cesati Editore, 2002 ; La letteratura del mare. Atti del Convegno (Napoles, 13-16 septembre 2004), Salerne, Salerno Editrice (Pubblicazioni del Centro Pio Rajna), 2006.
2 Baudelaire Charles, Les Fleurs du mal, « Spleen et idéal », XIV.
3 Kant Emmanuel, Critique de la faculté de juger, Analytique du sublime, § 28, trad. Marc B. de Launay, Paris, Gallimard, 1985.
4 Ibid.
5 Lucrèce, De rerum natura, II, 1-2, trad. J. Kany-Turpin, Paris, Garnier-Flammarion, 1997, p. 114-115.
6 Ibid., II, 6-7, p. 114-115.
7 Ibid., III, 493-494, p. 208-209.
8 De Luca Erri, Napòlide, Naples, Libreria Dante & Descartes, 2006, p. 25.
9 On renvoie ici à la définition proposée par Farnetti Monica, « Mare nostrum », in La letteratura del mare, op. cit., p. 147.
Auteurs
-
Pierre Girard
Université de Lyon – Université Lyon III Jean Moulin
-
Susanna Gambino-Longo
Université de Lyon – Université Lyon III Jean Moulin
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