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    Plan détaillé Texte intégral L’heure de gloire des poètes La naissance d’un héros La nature du pouvoir impérial Notes de bas de page Auteur

    La poésie délivrée

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Poésies et fêtes impériales. L’exemple du couronnement de Napoléon

    Jacques-Olivier Boudon

    p. 49-62

    Texte intégral L’heure de gloire des poètes La naissance d’un héros La nature du pouvoir impérial Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1À la veille de partir en Égypte, le général Bonaparte rencontre l’écrivain Antoine Vincent Arnault qu’il avait connu à l’époque de la campagne d’Italie et qu’il avait envoyé administrer les îles ioniennes en 1797. Il lui annonce son intention de l’emmener avec lui et lui confie le soin de lui trouver un poète digne de participer à l’expédition. Arnault a raconté l’épisode dans ses souvenirs :

    « Au printemps, me dit-il, nous ferons parler de nous ; vous serez, des nôtres. Mais je désirerais emmener, indépendamment de vous, un poète, un compositeur de musique et un chanteur ; trouvez-moi cela. Proposez la chose à Ducis, à Méhul et à Lays. Voilà les gens qui me conviendraient ; ils seront en rapport intime avec moi ; ils recevront 6 000 francs de traitement pendant tout le temps que durera l’expédition, et cela indépendamment des traitements attachés aux places qu’ils pourraient avoir et qu’ils reprendraient à leur retour ». Mais où les mènerez-vous, général ? « Où j’irai. Je m’expliquerai là-dessus quand le temps sera venu : en attendant, qu’ils se fient à mon étoile1 ! »

    2 Les trois poètes sollicités refusent l’aventure, Bonaparte manifestant un particulier regret du refus de Lays : « Je suis fâché, répond-il à Arnault, qu’il ne veuille pas nous suivre. C’eût été notre Ossian. Il nous faut un barde qui, dans le besoin, chante à la tête de nos colonnes ». Bonaparte a donc très tôt compris que la poésie pouvait aussi servir sa propre gloire. Il emmène finalement en Egypte Parseval de Grandmaison qui n’a encore rien publié, mais remplira ensuite son office de poète du régime jusqu’à intégrer l’Académie française en 1811. Devenu premier consul, puis empereur, Napoléon Bonaparte continue à encourager la poésie par divers moyens, parmi lesquels des pensions attribuées aux poètes ou l’attribution de prix. En avril 1807, dans une note qu’il adresse au ministre de l’intérieur « relativement à l’encouragement des lettres », il suggère ainsi d’encourager des poètes « lauréats » ou césaréens », qui seraient chargés de magnifier l’action du gouvernement. Et il les oppose aux historiens, songeant à la catégorie des historiographes des rois qui s’étaient notamment illustrés à l’époque de Louis XIV.

    L’objet qu’on se propose est de créer des places pour les poètes, écrit Napoléon, mais il faudrait que cette création s’accordât davantage avec nos mœurs, et que surtout on détournât d’elle le ridicule que le Français saisit avec tant de malice.

    3Napoléon fait cependant confiance à la poésie dans la mesure où elle doit être à ses yeux le reflet de son temps. Elle ne peut selon lui que rendre compte de l’amélioration des choses, d’où la nécessité de l’encourager : « La poésie est enfant de la société. La société seule, en se réformant au moyen de la tranquillité publique et du bonheur intérieur, peut, et cela commence déjà à arriver, ramener les poètes au bon goût, à cette aménité et à cette fleur de grâce qui embellit les lettres et les arts2 ». Il se propose donc de créer des places réservées aux poètes auprès du Théâtre français, sur le modèle de l’Opéra.

    4Faut-il déduire des recommandations contenues dans cette note de 1807 que Napoléon n’a pas trouvé le barde qu’il recherchait à la veille de partir en Égypte, un poète qui aurait tenu en littérature la place occupée par David en peinture, un poète officiel en quelque sorte comme il y eut un peintre officiel ? Est-ce à dire que la poésie n’a eu aucun impact ? Il suffit de mesurer l’importance de la production en la matière pour s’assurer du contraire. La publication de recueils à la gloire de l’Empire atteste de la vitalité d’un genre qui est pratiqué à la fois par des professionnels de la plume et par des amateurs éclairés, très représentés dans ces recueils. La qualité des vers n’est pas toujours au rendez-vous, mais ils n’en expriment pas moins une forme d’adhésion au régime impérial, dont on peut chercher à comprendre les composantes. La poésie d’éloges connaît une particulière recrudescence à l’époque des moments clefs du régime, notamment le mariage autrichien ou la naissance du roi de Rome. Le sacre de Napoléon a engendré moins de vocations poétiques, mais l’étude des vers qu’a suscités l’événement n’en est pas moins intéressante parce qu’ils ils offrent une large gamme des thèmes, souvent ensuite récurrents, permettant de glorifier le nouvel empereur et de légitimer le nouveau régime.

    L’heure de gloire des poètes

    5Dans sa thèse consacrée au Mythe de Napoléon dans la poésie, portant sur les années 1815 à 18483, Anne Kern-Boquel avait identifié une vingtaine de poèmes évoquant le couronnement. Cinq autres titres ont pu être repérés, ce qui fait un ensemble assez mince si l’on compare avec la production suscitée par la naissance et le baptême du roi de Rome. Les grands noms de la poésie contemporaine sont absents, même si Esménard évoque le couronnement dans son poème La Navigation. Le cas de François de Neufchâteau est particulier puisqu’il est alors plus connu pour sa carrière politique – ancien conventionnel, puis ministre, il est président du Sénat en 1804 – que pour ses vers, même s’il en beaucoup publié. On compte aussi dans ce groupe Antoine Jay, alors précepteur des fils de Joseph Fouché, dont il avait été l’élève au collège de Niort, et dont la carrière sera couronnée par une élection à l’Académie française. Parmi les auteurs, figurent des hommes d’Église dont deux pasteurs, Paul-Louis Marie Armand-Delille (1784-1815), pasteur à Nîmes, auteur d’une Ode à Sa majesté l’empereur des Français pour le jour de son couronnement, et Antoine Fabre d’Olivet, qui compose un Oratorio chanté dans le temple de l’Eglise réformée consistoriale du département de la Seine […]. Plusieurs prêtres ont également pris la plume pour saluer un événement pour lequel le pape Pie VII est venu exceptionnellement de Rome pour couronner l’empereur. L’abbé Abbé Jean-Charles Jumel est ainsi l’auteur d’une ode intitulée Napoléon empereur des Français, publiée à Compiègne en 1804, tandis que l’abbé Amans, ancien prébendier d’un chapitre de l’Ariège, publie en 1805, à près de 80 ans, une Ode à Napoléon Ier, empereur des Français et roi d’Italie. Le corpus compte encore deux instituteurs, Beaunier, instituteur à Paris, qui compose en latin une Ode sur le couronnement de Sa Majesté Napoléon empereur des Français et Durand, instituteur à Lisieux, auteur d’un Chant héroïque sur l’avènement de Napoléon Bonaparte à l’empire français.

    6On repère aussi un médecin d’Avallon, Charles-François Guéniot, âgé de 89 ans. Il est par ailleurs membre de l’Athénée de Lyon, tandis qu’un Lablée, autre poète du sacre, est membre de l’Académie de Lyon. Le dénommé Joseph Lavallée, d’origine noble et officier sous l’Ancien Régime, enfermé comme homosexuel à la veille de la Révolution, est l’auteur de nombreux ouvrages, épîtres et éloges, dont en 1802 un Voyage pittoresque en Istrie et en Dalmatie. On repère également un employé chargé de la conscription à Paris, deux directeurs de divisions à la grande chancellerie de la légion d’honneur, un habitant de Mons en Belgique, Le Mayeur, et plusieurs anonymes. Ainsi, on ne sait pas grand-chose de J. J. L G. Monnin, sinon qu’il est l’auteur d’une comédie en vers jouée en 1802 sous le titre L’heureuse défiance, et la même année d’un traité intitulé De l’influence de la religion sur la gloire et le bonheur des peuples. Il se présente ensuite comme un prolétaire dans une lettre aux électeurs de 1817 et prête sa plume pour la rédaction d’un Traité de charpenterie civile, puis d’un Traité de serrurerie. Enfin, il faudra faire une place à part à Charles de Tilly-Blaru, ancien émigré, le seul dont l’Ode n’ait pas été publiée, comme on le verra plus loin.

    7Sans appartenir à l’élite du monde des lettres, ces poètes d’occasion qui ont rarement publié d’autres poésies, partagent le même bagage culturel, qu’on devine aux références constantes à l’Antiquité, à l’histoire, voire à la Bible. Leurs vers manifestent surtout une forte imprégnation de la propagande en faveur de Napoléon Bonaparte, dont ils participent à leur manière, contribuant à l’essor d’une légende napoléonienne en marche dès le début de l’empire.

    La naissance d’un héros

    8Le couronnement est donc logiquement représenté comme le résultat attendu d’une ascension qui a débuté lors de la campagne d’Italie, s’est poursuivie en Egypte, puis sous le Consulat, y compris dans les plaines de la seconde campagne d’Italie. L’accent est mis sur la victoire de Marengo, pourtant longtemps disputée. Mais pas plus qu’à propos de l’Égypte où pourtant Bonaparte avait dû subir la défaite navale d’Aboukir puis l’insuccès de l’expédition de Syrie, la moindre hésitation n’apparaît dans les poèmes. Napoléon est un chef de guerre qui ne faillit jamais. Il est l’« enfant de la victoire », décrit par Antoine Jay4. De son côté, J.J.L.G Monnin retient l’image de l’homme de paix :

    Après tant d’exploits et de gloire,
    Le fils chéri de la victoire
    Voulut, à son sanglant laurier
    De la paix unir l’olivier5.

    9La paix acquise à Amiens en mars 1802 a toutefois été de courte durée puisque la guerre a repris dès mai 1803 entre la France et l’Angleterre. Cette rivalité a d’ailleurs directement servi à ancrer davantage le pouvoir de Napoléon, puisque ce dernier utilise la conspiration de Cadoudal et de Pichegru, découverte en février 1804, pour dénoncer l’implication de l’Angleterre et demander qu’on lui accorde la transmission héréditaire du pouvoir afin de garantir, face aux menaces étrangères, le régime qu’il a fondé. Les poètes du sacre n’oublient pas la rivalité ancestrale entre la France et l’Angleterre, réactivée par la Révolution. Le Mayeur dénonce la « perfide Albion6 ». Panvert7 condamne la rupture de la paix d’Amiens et compare l’Angleterre à Carthage, évoquant implicitement le célèbre « Carthago delenda est ». Durand8 consacre un long développement à l’Angleterre dont il prédit l’invasion prochaine, Napoléon ayant en effet le projet d’envahir les îles britanniques avec une armée de près de 200 000 hommes qu’il massée le long des côtes de la Manche et de la Mer du Nord et qu’il envisage de faire traverser sur 2000 bateaux à fond plat. Il serait ainsi le premier à envahir l’Angleterre depuis Guillaume le Conquérant en 1066 : ce n’est pas un hasard si l’on redécouvre alors la Tapisserie de Bayeux et l’événement glorieux qu’elle relate. Gigué-Dupré espère qu’une victoire sur l’Angleterre permettra de faire cesser l’hégémonie britannique sur les mers9.

    10Les poètes du couronnement mettent aussi logiquement en scène le législateur, les années 1800-1804 ayant été marquées par une intense œuvre réformatrice, dans les domaines de l’administration, des finances, de la justice ou de l’éducation, avec en point d’orgue l’adoption du Code civil à la veille du passage à l’Empire. Joseph Lavallée s’exclame :

    Peuple, tu dois à ce héros
    Les lois, la paix et l’industrie,
    Des Grecs les antiques travaux
    Et les beaux-arts de l’Italie10.

    11Durand associe l’œuvre législative de Bonaparte aux mesures prises pour favoriser la paix civile, notamment le retour des prêtres dès décembre 1799 et l’amnistie des émigrés décidée en 1802. Mais le sommet de son œuvre demeure la promulgation du Code civil en 1804 :

    Au culte de nos ancêtres, il a rendu tout son éclat,
    Par lui les émigrés, les prêtres
    Reprennent un rang dans l’État.
    Dans un code immortel, dicté par la raison suprême,
    Il assure aux Français des jours de paix et de bonheur,
    Numa, Lycurgue, Solon même
    N’en firent jamais de meilleur11.

    12Les références à l’antiquité grecque et romaine sont omniprésentes chez ces auteurs formés aux humanités classiques, grands lecteurs des Vies parallèles de Plutarque : ils s’empressent de découvrir le modèle du spartiate Lycurgue et de l’athénien Solon derrière Bonaparte législateur, celui de l’antique roi romain Numa derrière le pacificateur de la société12. L’Antiquité fournit aussi des modèles de chef de guerre et de conquérants, que Napoléon dépasse de plusieurs têtes dans les vers d’Amalric13, chef de division à la grande chancellerie de la légion d’honneur, auteur de Stances prononcées à l’occasion d’une fête organisée à la légion d’honneur. Durand lui fait écho, en évoquant en vrac « César, Alexandre, Pompée, / Annibal, fameux conquérants14 ». De général antique, Bonaparte peut même accéder au statut de dieu ou de demi-dieu, suscitant un culte à sa propre personne15. Lablée16 s’adresse directement au nouvel empereur en le comparant implicitement à Hercule. Pour Magol, il est un dieu du Panthéon grec, capable de dompter les éléments, les vers suivants faisant allusion très directement aux différentes campagnes conduites par Bonaparte : l’Egypte qui le voit franchir victorieusement la Méditerranée et dompter le désert, et l’Italie où il entre après avoir gravi les Alpes avant de traverser plusieurs fleuves et rivières, allusion à peine dissimulée au franchissement de l’Adige et de ses affluents, via le pont d’Arcole, page essentielle de la gloire naissante du jeune général, illustrée notamment par le peintre Gros :

    Mers, il soumit vos abîmes,
    Fleuves, vos flots mugissants,
    Déserts, vos sables brûlants,
    Monts, vos sourcilleuses cimes17.

    13En revanche, François de Neufchâteau ne sait de quel dieu romain le rapprocher, tant ses talents sont divers.

    Quel Dieu chez les Français a ceint le diadème ?
    Est-ce Mars, ou Minerve ou Jupiter lui-même ?
    Mars conduit nos guerriers, Minerve fait nos lois,
    Et Jupiter vengeur fait et défait les rois18.

    La nature du pouvoir impérial

    14La principale tâche idéologique est, bien sûr, de justifier l’accession au trône de Napoléon. Cela passe d’abord par une exaltation de Napoléon comme pourfendeur de la Révolution, qualifiée régulièrement par le terme « d’anarchie ». Cette insistance à dénoncer le temps de la Terreur, surtout de façon quasi unanime, peut surprendre puisque, depuis le 18 Brumaire, Bonaparte s’est employé à éteindre les « discordes civiles » et a tout mis en œuvre pour qu’on ne parle plus des épisodes sanglants de la Révolution. Mais il lui faut aussi expliquer, onze ans après l’exécution de Louis XVI, le retour d’une monarchie qui semble rompre avec l’esprit révolutionnaire. En avançant l’idée que la monarchie était viable en France, le poète Amans ne fait que reprendre les arguments des tribuns, à commencer par ceux de Jean-François Curée, l’auteur de la motion appelant à la proclamation de l’Empire, pour qui la monarchie constitutionnelle était le meilleur régime possible. Le souvenir du 10 août et de la prise des Tuileries, journée révolutionnaire à laquelle a assisté un Bonaparte resté très marqué par l’événement, fournit l’occasion d’opposer « le monstre hideux », que d’autres commentateurs désignèrent sous le terme de « populace », au « peuple malheureux ». Mais le « monstre hideux » désigne aussi l’ensemble des acteurs qui ont animé le gouvernement de la Terreur. Au passage, la dénonciation de la chute de la monarchie implique la condamnation de la République qui s’est substituée à elle, alors que le régime n’est pas formellement aboli par l’Empire, l’article 1er de la constitution de l’an XII précisant : « Le gouvernement de la République est confié à un empereur qui prend le titre d’empereur des Français ».

    On vit tomber la monarchie
    Sous les coups d’un monstre hideux.
    Napoléon de l’anarchie
    Délivre un peuple malheureux19.

    15Lablée renchérit dans la condamnation de la Terreur dont le symbole reste la guillotine :

    Le fer sanglant n’est plus suspendu sur nos têtes
    Loin de nous ces tableaux, ces souvenirs de deuil !
    Mais quel heureux génie, enchaînant les tempêtes
    A fermé ce vaste cercueil20 ?

    16On retrouve l’image de la « grande faucheuse », chez Monnin21, qui la désigne comme la « faux de la mort » : la guillotine est décidément associée à la Terreur22. Guéniot étend la Terreur de la mort de Louis XVI à l’avènement de Bonaparte, en oubliant l’apaisement qui suit la chute de Robespierre en juillet 1794 et en assimilant le Directoire à une simple période d’anarchie :

    La France n’avait plus ni sceptre, ni couronne,
    Le trône abandonné n’était plus à personne,
    Il était tout à la terreur.
    À l’aspect d’un héros, ce monstre redoutable
    Tombe ; d’un jour serein l’aurore secourable
    Succède à la plus sombre horreur23.

    17Dès lors, le sacre est la conclusion logique du coup d’État du 18 brumaire, exalté par Durand24, comme le moment où la Révolution est terminée et l’ordre rétabli, selon un schéma classique qui prouve que le régime n’a absolument pas honte de ses origines. Initialement Napoléon voulait d’ailleurs organiser la cérémonie du sacre le 18 brumaire an XII : seul le retard du pape l’obligea à différer la date.

    18Il restait à justifier la création d’une nouvelle monarchie plutôt que le retour à la monarchie des Bourbons. Il faut démontrer que la dernière royauté a failli, à cause de la faiblesse de Louis XVI. Le thème de la décadence apparaît en filigrane, permettant de convoquer les rois qui ont marqué l’histoire de la monarchie (Henri IV, Louis XIV) pour les prendre à témoin de l’avènement de Napoléon. Le jour du sacre, on avait ainsi apposé, en avant de la cathédrale Notre-Dame, les effigies des représentants des trois dynasties de l’Ancien Régime, à savoir Clovis, Charlemagne et Louis XIV. Guéniot reprend aussi le thème de la quatrième race, développé par Napoléon, pour faire de l’empereur l’héritier des rois de France :

    Sortez de vos tombeaux, souverains de la France
    Dont les races ont vu la fin de leur puissance.
    Venez admirer un guerrier
    Que nos vœux, ses exploits, son talent politique
    Font monter aujourd’hui sur votre trône antique
    Comme légitime héritier25.

    19Le Mayeur est encore plus explicite dans son éloge de la quatrième dynastie, tout en ayant soin de rattacher les dynasties qui se sont succédé en France à l’héritage romain, contribuant à rendre tangible la transmissio imperii. Napoléon retrouve la couronne des empereurs romains, comme avant lui Charlemagne puis ses successeurs26 :

    Mais que vois-je planté dans l’opulent domaine
    Qu’aux Francs victorieux céda l’Aigle romain ?
    Un arbre orne la Gaule environné de lys,
    Trois tiges l’ont couvert depuis son origine.
    Non loin de sa racine
    Se lit en traits profonds le nom du grand Clovis.
    […]

    Mais quel suc généreux, quelle sève héroïque,
    Remplissant les canaux de l’arbre symbolique,
    Va rendre un rejeton à son tronc mutilé ?
    C’est de toi qu’il tiendra cette nouvelle vie27.

    20Dans ce processus de légitimation du pouvoir par la transmissio imperii, d’Alexandre à Napoléon, en passant par Charlemagne, ce dernier a la palme. Napoléon a multiplié les références à l’empereur carolingien au cours de l’année 1804, entreprenant notamment un long voyage vers Aix-la-Chapelle en août-septembre 1804, avant de placer Charlemagne au cœur de la cérémonie d’un sacre qui renvoie explicitement au sacre de l’empereur d’Occident à la Noël 800 par le pape Léon III. C’est ce qu’exprime Panvert :

    L’honneur qui toujours l’accompagne
    Nous montre un nouveau Charlemagne
    Dans son illustre fondateur28.

    21Durand en fait également l’héritier de Charlemagne :

    À l’empire de Charlemagne
    Il rend son antique splendeur29.

    22Quant à Le Mayeur30, il prolonge la comparaison en s’appuyant sur le lien entretenu entre les deux empereurs et la papauté, Charlemagne protecteur des États pontificaux, Napoléon, restaurateur des cultes après la signature du Concordat de 1801, qui a permis la renaissance d’une Église unique et la fin du schisme constitutionnel31. Même si Napoléon s’est défendu de tenir son pouvoir de Dieu – c’est le sens du geste de l’auto-couronnement qui signifie que le pape n’est pour rien dans le pouvoir impérial –, nombre de poètes assimilent la restauration de la monarchie au retour d’un souverain lieutenant de Dieu sur terre, ce que le sacre accrédite, malgré les aménagements du rituel. En arrière-plan, sourd la condamnation du principe de la souveraineté nationale, auquel Napoléon se dit attaché, mais qu’ont toujours condamné les contre-révolutionnaires, sans parler de la papauté. Elle s’est exprimée clairement sur le sujet, par la voix de Pie VI qui, par le bref Quod aliquantum de mars 1791, condamnait tout à la fois la Constitution civile du clergé et la déclaration des droits de l’homme. Il en ressort que, pour les adversaires des principes de 1789, le pouvoir est d’origine divine et, dans cette perspective, Napoléon est l’élu de Dieu. Il n’est dès pas surprenant que deux des hommes d’Église ayant consacré des vers au couronnement, reprennent cette idée : Amans (« Le jeune héros que je chante / De qui la force est si puissante / Tient du seul Dieu sa mission32 ») et le pasteur Fabre d’Olivet (« À Dieu qui fait les rois adressons notre hommage : / Un guerrier magnanime est sacré par ses mains33 »). À l’inverse, Giguet-Dupré, l’un des députés de la ville de Cherbourg présents au sacre, considère Napoléon comme l’élu du peuple. Son arrivée au pouvoir a été sanctionnée par un plébiscite victorieux dès l’an viii, même si les chiffres de oui ont été doublés, avant que deux autres plébiscites en l’an x et en l’an xii ne viennent confirmer la popularité de Napoléon34. Dès lors le couronnement n’est que la conclusion de l’adhésion des Français à Napoléon. Dans sa diversité, la poésie accompagne l’arrivée de Napoléon sur le trône impérial en même temps qu’elle l’exalte. Toutes les pièces citées n’ont pas eu la même destinée. Certaines ont été adressées au nouvel empereur, d’autres lues au cours de fêtes organisées en l’honneur du couronnement, d’autres encore ne lui sont jamais parvenues, mais elles expriment la diversité des formes d’adhésion au nouveau régime.

    23Une dernière pièce de vers relative au couronnement mérite d’être évoquée, bien qu’elle n’ait jamais été publiée. Elle a été écrite par Charles Louis Auguste Casimir Marie marquis de Tilly-Blaru (1754-1812), capitaine dans les régiments d’infanterie du Piémont et de Provence sous l’Ancien Régime, qui avait émigré dans la deuxième moitié de l’année 1791, avant de rentrer en France vers 180135. Surveillé par la police pour des propos jugés contraires au Premier Consul, il est arrêté en 1804 : « Cet individu ne cessait de lancer des sarcasmes contre Sa Majesté l’Empereur, et contre toutes nos institutions ; qu’il se faisait un plaisir d’inventer et de fabriquer des nouvelles alarmantes et d’annoncer partout le renversement prochain du Gouvernement », note le préfet de police Dubois qui avoue toutefois reconnaître n’avoir trouvé rien de compromettant dans ses papiers, à l’exception « d’une ode adressée au Premier Consul par laquelle il demandait le rétablissement de la noblesse36 ». Et le préfet de police ajoutait : « Plusieurs strophes de cette ode n’étant nullement dans les Principes ni la manière de Pensée du Premier Consul, elle ne peut lui être présentée37 ». C’est pourquoi il déclara l’homme en état d’arrestation. Mais quels sont ces vers qui suscitent l’incompréhension du préfet de police ? Composée de neuf strophes, l’Ode commence par un éloge de Napoléon qui reste toutefois mesuré, loin des envolées lyriques de certains poètes du couronnement. Surtout, au milieu de la cinquième strophe, Tilly-Blaru introduit l’idée que Napoléon devrait rétablir la noblesse, pilier naturel des monarchies à ses yeux ; puis il surenchérit à la strophe suivante, laissant entendre qu’il ne saurait y avoir de monarque sans noblesse pour le porter au trône :

    Sans Noblesse, il n’est point de Monarque, d’Empire ;
    Le houx, ne peut du cèdre atteindre la hauteur.
    La Noblesse, partout, fut un objet d’envie ;
    Athènes, Sparte, Rome, ont consacré ses droits :
    D’un être obscur, mais brave, elle illustre la vie ;
    En le rapprochant de ses Rois.

    24Il est vrai que, au même moment, Napoléon rétablit les titres de princes pour les membres de sa famille, puis les grandes dignités et enfin les charges de grands officiers au sein d’une Maison de l’Empereur qui naît alors, de même qu’il instaure les titres de maréchaux d’empire. Mais lorsque Napoléon rétablit les titres de duc, comte, baron ou chevalier, il se garde bien de parler de « noblesse », même si le terme a bien été accolé à la « noblesse d’Empire », fondée en 180838 ; Le sacre est d’ailleurs aussi fait pour permettre à Napoléon de prêter le serment de fidélité aux principes de 1789. Non seulement l’Ode n’est pas adressée à Napoléon, ni naturellement publiée, mais son auteur est envoyé en résidence surveillée à Lyon. Quatre ans plus tard, Tilly-Blaru est à nouveau enfermé, après qu’on a trouvé sur lui des vers peu amènes pour l’impératrice Joséphine et ses enfants. Il meurt finalement en prison en 1812, ayant eu apparemment pour seul tort d’avoir écrit quelques vers déplaisants à l’égard du couple souverain.

    25À côté des arts plastiques et des écrits de circonstances, tels les Bulletins de la Grande Armée, les pièces en vers ont ainsi contribué à glorifier un régime qui a toujours placé la communication au cœur de ses préoccupations39. De la première campagne d’Italie aux dernières heures de l’Empire, Napoléon est resté fidèle à cette stratégie. Les Français sont invités à versifier, comme ils le sont à ériger des arcs de triomphe au passage de l’empereur lorsque celui se déplace. Aucune des grandes fêtes n’échappe à la règle, le sommet étant sans doute atteint avec la naissance et le baptême du roi de Rome. Mais déjà les fêtes du couronnement ont montré comment la propagande officielle sur la légitimité du pouvoir souverain pouvait se traduire en vers. La prosodie a cependant ses limites, car si les vers se prêtent bien à la mise en scène de la fête impériale, ils semblent moins convenir à la peinture des situations de crise. C’est en tout cas le sentiment qu’exprime Napoléon en 1814 lors de la campagne de France, lorsqu’il écrit au ministre de l’intérieur Montalivet :

    Monsieur le comte de Montalivet, je ne puis être plus mécontent que je le suis du peu que l’on fait pour l’esprit public. Ce n’est pas par des vers, des odes qu’on peut parvenir à l’animer, mais bien par des faits et des détails simples et vrais40.

    Notes de bas de page

    1 Antoine Vincent Arnault, Mémoires d’un sexagénaire, t. 4, Paris, Dufey, 1833, p. 34.

    2 « Observations sur le rapport du ministre de l’intérieur relativement à l’encouragement des lettres », Finckenstein, 19 avril 1807, in Correspondance de Napoléon Ier publiée par ordre de Napoléon III, Paris, Imprimerie impériale, t. 15, 1864, p. 121-127.

    3 Anne Kern-Boquel, « Le mythe de Napoléon dans la poésie française (1814-1848) », thèse préparée sous la direction du professeur Bertrand Marchal, Université Paris Sorbonne, juillet 2012 ; voir aussi Anne Kern-Boquel, « Le mythe de Napoléon dans la poésie française (1814- 1848) », in Revue de l’Institut Napoléon, n° 205, 2012, p. 21-34.

    4 Antoine Jay, cité dans Charles Lenient, La Poésie patriotique en France dans les temps modernes, t. 2, Paris, Hachette, 1894, p. 203. L’auteur ajoute : « la vulgarité des rimes égale celle des idées », après avoir parlé de disette pour évoquer la poésie sous l’empire.

    5 J.J.L.G. Monnin, Épitre aux Français sur l’avènement de Napoléon Ier à l’Empire, Paris, Baudin, 1804.

    6 Adrien Jacques Joseph Le Mayeur, Ode sur l’avènement de Napoléon Bonaparte à l’Empire des Français, Paris, Debray, 1805.

    7 Ode à Napoléon Ier, empereur des Français, s.l.n.d.

    8 L.-U. Durand, Chant héroïque sur l’avènement de Napoléon Bonaparte à l’empire français, Lisieux, 1804.

    9 Gigué-Dupré, Ode sur le couronnement de l’empereur Napoléon dédié à SM l’Impératrice, Paris, Cordier, 1804.

    10 Joeph Lavallée, « Stances lues à une fête pour le couronnement de Napoléon », in Couronne poétique de Napoléon le Grand, empereur des Français, roi d’Italie, protecteur de la Confédération du Rhin, ou choix de poésies composées en son honneur, Paris, Arthus Bertrand, 1807, p. 206-207.

    11 L.-U. Durand, Chant héroïque sur l’avènement de Napoléon Bonaparte à l’empire français, op. cit.

    12 Jacques-Olivier Boudon, « Napoléon et l’hellénisme », in Anabases, n° 20, 2014, p. 33-48.

    13 Amalric, « Stances lues à une fête donnée à la grande chancellerie de la légion d’honneur pour célébrer le couronnement de Napoléon », in Couronne poétique de Napoléon le Grand, 1807, p. 203-204.

    14 L.-U. Durand, Chant héroïque sur l’avènement de Napoléon Bonaparte, op. cit.

    15 Jacques-Olivier Boudon, « Grand homme ou demi-dieu ? La mise en place d’une religion napoléonienne », in Romantisme, 1998, 2, n° 100, p. 131-141.

    16 Lablée, « Le couronnement de l’empereur et de l’impératrice Joséphine. Stances », in Couronne poétique de Napoléon le Grand, empereur des Français, roi d’Italie, protecteur de la Confédération du Rhin, ou choix de poésies composées en son honneur, Paris, Arthus Bertrand, 1807, p. 166-170.

    17 Magol, La nymphe de Saint-Cloud aux divinités des bocages voisins, ode publiée à l’époque du couronnement de Leurs Majestés impériales Napoléon et Joséphine, s.l., 1804.

    18 François de Neufchâteau, « Quatrain sur l’empereur des Français », in Couronne poétique de Napoléon le Grand, op. cit., p. 205.

    19 G. Amans, Ode à Napoléon Ier, empereur des Français et roi d’Italie, sl, sd.

    20 Lablée, « Le couronnement de l’empereur et de l’impératrice Joséphine », op. cit., p. 166-170.

    21 Monnin, Epitre aux Français sur l’avènement de Napoléon Ier à l’Empire, op. cit.

    22 Voir Daniel Arasse, La Guillotine et l’imaginaire de la Terreur, Flammarion, 1987.

    23 Charles François Guéniot, Ode sur le couronnement de Napoléon Ier, empereur des Français, Auxerre, Laurent Fournier, 1805.

    24 L.U. Durand, Chant héroïque sur l’avènement de Napoléon Bonaparte, op. cit.

    25 Charles François Guéniot, Ode sur le couronnement de Napoléon Ier, op. cit.

    26 Charles Morrissey, Napoléon et l’héritage de la gloire, Paris, PUF, 2010.

    27 Adrien Jacques Joseph Le Mayeur, Ode sur l’avènement de Napoléon Bonaparte à l’Empire des Français, op. cit.

    28 Panvert, Ode à Napoléon Ier, empereur des Français, op. cit.

    29 L.U. Durand, Chant héroïque sur l’avènement de Napoléon Bonaparte, op. cit.

    30 Adrien Jacques Joseph Le Mayeur, Ode sur l’avènement de Napoléon Bonaparte à l’Empire des Français, op. cit.

    31 Voir Jacques-Olivier Boudon, Napoléon et les cultes. Les religions en Europe à l’aube du xixe siècle (1800-1815), Paris, Fayard, p. 200.

    32 Amans, Ode à Napoléon Ier, empereur des Français et roi d’Italie, op. cit.

    33 Antoine Fabre d’Olivet, Oratorio chanté dans le temple de l’Eglise réformée consistoriale du département de la Seine, dit Saint-Louis du Louvre, Paris, sd.

    34 Claude Langlois, « Le Plébiscite de l’an VIII ou le coup d’état du 18 Pluviôse an VIII », in Annales de la Révolution française, 1972, et « Napoléon Bonaparte plébiscité ? », in L’Élection du chef de l’Etat en France de Hugues Capet à nos jours, Beauchesne, 1988, p. 81-93.

    35 Serguey Iskyul, « Un émigré débouté du ralliement à l’Empire. Les tribulations du marquis de Tilly-Blaru et la découverte d’une ode inconnue composée pour le couronnement de l’Empereur », in Revue de l’Institut Napoléon, 2010, n° 201, p. 49-64.

    36 Archives de la Préfecture de Police de Paris (APP), AA N° 55, Ode composée à l’occasion de l’avènement du Premier consul, Napoléon Bonaparte, au trône impérial de France, par L.C.C.B.T.B.

    37 APP, AA N° 54.

    38 Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d’Empire, Paris, Tallandier, 1979, rééd. 2003 ; Natalie Petiteau, Élites et mobilité. La noblesse d’Empire au XIXe siècle, Paris, La Boutique de l’Histoire, 1997.

    39 Jacques-Olivier Boudon, « Proclamations et bulletins de victoire au service de la légende impériale », in Hervé Drévillon, Bertrand Fonck et Michel Roucaud (dir.), Guerres et armées napoléoniennes. Nouveaux regards, Paris, Nouveau Monde éditions, 2013, p. 393-412.

    40 Napoléon à Montalivet, 26 février 1814, in Correspondance de Napoléon Ier publié par ordre de Napoléon III, t. 14, p. 245-6.

    Auteur

    • Jacques-Olivier Boudon

      Ancien élève de l’École normale supérieure, est professeur d’histoire de la Révolution et de l’Empire à l’université Paris Sorbonne, où il dirige l’École doctorale d’histoire moderne et contemporaine. Président de l’Institut Napoléon, il a publié une trentaine d’ouvrages, dont Histoire du Consulat et de l’Empire, Perrin, Tempus, 2003, une trilogie sur les dernières campagnes de l’Empire (Napoléon et la campagne de Russie. 1812, Napoléon et la campagne de France. 1814, Napoléon et la dernière campagne. 1815), publiée chez Armand Colin entre 2012 et 2015, et dernièrement Les Naufragés de la Méduse, Belin, 2016 et L’Empire des polices, Paris, Vuibert, 2017.

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    1 Antoine Vincent Arnault, Mémoires d’un sexagénaire, t. 4, Paris, Dufey, 1833, p. 34.

    2 « Observations sur le rapport du ministre de l’intérieur relativement à l’encouragement des lettres », Finckenstein, 19 avril 1807, in Correspondance de Napoléon Ier publiée par ordre de Napoléon III, Paris, Imprimerie impériale, t. 15, 1864, p. 121-127.

    3 Anne Kern-Boquel, « Le mythe de Napoléon dans la poésie française (1814-1848) », thèse préparée sous la direction du professeur Bertrand Marchal, Université Paris Sorbonne, juillet 2012 ; voir aussi Anne Kern-Boquel, « Le mythe de Napoléon dans la poésie française (1814- 1848) », in Revue de l’Institut Napoléon, n° 205, 2012, p. 21-34.

    4 Antoine Jay, cité dans Charles Lenient, La Poésie patriotique en France dans les temps modernes, t. 2, Paris, Hachette, 1894, p. 203. L’auteur ajoute : « la vulgarité des rimes égale celle des idées », après avoir parlé de disette pour évoquer la poésie sous l’empire.

    5 J.J.L.G. Monnin, Épitre aux Français sur l’avènement de Napoléon Ier à l’Empire, Paris, Baudin, 1804.

    6 Adrien Jacques Joseph Le Mayeur, Ode sur l’avènement de Napoléon Bonaparte à l’Empire des Français, Paris, Debray, 1805.

    7 Ode à Napoléon Ier, empereur des Français, s.l.n.d.

    8 L.-U. Durand, Chant héroïque sur l’avènement de Napoléon Bonaparte à l’empire français, Lisieux, 1804.

    9 Gigué-Dupré, Ode sur le couronnement de l’empereur Napoléon dédié à SM l’Impératrice, Paris, Cordier, 1804.

    10 Joeph Lavallée, « Stances lues à une fête pour le couronnement de Napoléon », in Couronne poétique de Napoléon le Grand, empereur des Français, roi d’Italie, protecteur de la Confédération du Rhin, ou choix de poésies composées en son honneur, Paris, Arthus Bertrand, 1807, p. 206-207.

    11 L.-U. Durand, Chant héroïque sur l’avènement de Napoléon Bonaparte à l’empire français, op. cit.

    12 Jacques-Olivier Boudon, « Napoléon et l’hellénisme », in Anabases, n° 20, 2014, p. 33-48.

    13 Amalric, « Stances lues à une fête donnée à la grande chancellerie de la légion d’honneur pour célébrer le couronnement de Napoléon », in Couronne poétique de Napoléon le Grand, 1807, p. 203-204.

    14 L.-U. Durand, Chant héroïque sur l’avènement de Napoléon Bonaparte, op. cit.

    15 Jacques-Olivier Boudon, « Grand homme ou demi-dieu ? La mise en place d’une religion napoléonienne », in Romantisme, 1998, 2, n° 100, p. 131-141.

    16 Lablée, « Le couronnement de l’empereur et de l’impératrice Joséphine. Stances », in Couronne poétique de Napoléon le Grand, empereur des Français, roi d’Italie, protecteur de la Confédération du Rhin, ou choix de poésies composées en son honneur, Paris, Arthus Bertrand, 1807, p. 166-170.

    17 Magol, La nymphe de Saint-Cloud aux divinités des bocages voisins, ode publiée à l’époque du couronnement de Leurs Majestés impériales Napoléon et Joséphine, s.l., 1804.

    18 François de Neufchâteau, « Quatrain sur l’empereur des Français », in Couronne poétique de Napoléon le Grand, op. cit., p. 205.

    19 G. Amans, Ode à Napoléon Ier, empereur des Français et roi d’Italie, sl, sd.

    20 Lablée, « Le couronnement de l’empereur et de l’impératrice Joséphine », op. cit., p. 166-170.

    21 Monnin, Epitre aux Français sur l’avènement de Napoléon Ier à l’Empire, op. cit.

    22 Voir Daniel Arasse, La Guillotine et l’imaginaire de la Terreur, Flammarion, 1987.

    23 Charles François Guéniot, Ode sur le couronnement de Napoléon Ier, empereur des Français, Auxerre, Laurent Fournier, 1805.

    24 L.U. Durand, Chant héroïque sur l’avènement de Napoléon Bonaparte, op. cit.

    25 Charles François Guéniot, Ode sur le couronnement de Napoléon Ier, op. cit.

    26 Charles Morrissey, Napoléon et l’héritage de la gloire, Paris, PUF, 2010.

    27 Adrien Jacques Joseph Le Mayeur, Ode sur l’avènement de Napoléon Bonaparte à l’Empire des Français, op. cit.

    28 Panvert, Ode à Napoléon Ier, empereur des Français, op. cit.

    29 L.U. Durand, Chant héroïque sur l’avènement de Napoléon Bonaparte, op. cit.

    30 Adrien Jacques Joseph Le Mayeur, Ode sur l’avènement de Napoléon Bonaparte à l’Empire des Français, op. cit.

    31 Voir Jacques-Olivier Boudon, Napoléon et les cultes. Les religions en Europe à l’aube du xixe siècle (1800-1815), Paris, Fayard, p. 200.

    32 Amans, Ode à Napoléon Ier, empereur des Français et roi d’Italie, op. cit.

    33 Antoine Fabre d’Olivet, Oratorio chanté dans le temple de l’Eglise réformée consistoriale du département de la Seine, dit Saint-Louis du Louvre, Paris, sd.

    34 Claude Langlois, « Le Plébiscite de l’an VIII ou le coup d’état du 18 Pluviôse an VIII », in Annales de la Révolution française, 1972, et « Napoléon Bonaparte plébiscité ? », in L’Élection du chef de l’Etat en France de Hugues Capet à nos jours, Beauchesne, 1988, p. 81-93.

    35 Serguey Iskyul, « Un émigré débouté du ralliement à l’Empire. Les tribulations du marquis de Tilly-Blaru et la découverte d’une ode inconnue composée pour le couronnement de l’Empereur », in Revue de l’Institut Napoléon, 2010, n° 201, p. 49-64.

    36 Archives de la Préfecture de Police de Paris (APP), AA N° 55, Ode composée à l’occasion de l’avènement du Premier consul, Napoléon Bonaparte, au trône impérial de France, par L.C.C.B.T.B.

    37 APP, AA N° 54.

    38 Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d’Empire, Paris, Tallandier, 1979, rééd. 2003 ; Natalie Petiteau, Élites et mobilité. La noblesse d’Empire au XIXe siècle, Paris, La Boutique de l’Histoire, 1997.

    39 Jacques-Olivier Boudon, « Proclamations et bulletins de victoire au service de la légende impériale », in Hervé Drévillon, Bertrand Fonck et Michel Roucaud (dir.), Guerres et armées napoléoniennes. Nouveaux regards, Paris, Nouveau Monde éditions, 2013, p. 393-412.

    40 Napoléon à Montalivet, 26 février 1814, in Correspondance de Napoléon Ier publié par ordre de Napoléon III, t. 14, p. 245-6.

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    Boudon, J.-O. (2017). Poésies et fêtes impériales. L’exemple du couronnement de Napoléon. In S. Hirschi, C. Legoy, S. Linarès, A. Saemmer, & A. Vaillant (éds.), La poésie délivrée. Nanterre: Presses universitaires de Paris Nanterre. https://doi.org/10.4000/books.pupo.10198
    Boudon, Jacques-Olivier. « Poésies et fêtes impériales. L’exemple du couronnement de Napoléon ». In La poésie délivrée, édité par Stéphane Hirschi, Corinne Legoy, Serge Linarès, Alexandra Saemmer, et Alain Vaillant. Nanterre: Presses universitaires de Paris Nanterre, 2017. doi:10.4000/books.pupo.10198.
    Boudon, Jacques-Olivier. « Poésies et fêtes impériales. L’exemple du couronnement de Napoléon ». La poésie délivrée, édité par Stéphane Hirschi et al., Presses universitaires de Paris Nanterre, 2017, https://doi.org/10.4000/books.pupo.10198.

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    Hirschi, S., Legoy, C., Linarès, S., Saemmer, A., & Vaillant, A. (éds.). (2017). La poésie délivrée. Nanterre: Presses universitaires de Paris Nanterre. https://doi.org/10.4000/books.pupo.10113
    Hirschi, Stéphane, Corinne Legoy, Serge Linarès, Alexandra Saemmer, et Alain Vaillant, éd. La poésie délivrée. Nanterre: Presses universitaires de Paris Nanterre, 2017. doi:10.4000/books.pupo.10113.
    Hirschi, Stéphane, et al., éditeurs. La poésie délivrée. Presses universitaires de Paris Nanterre, 2017, https://doi.org/10.4000/books.pupo.10113.
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