La médiation dialogale au fondement de l’agir
p. 51-62
Texte intégral
1Un glossaire vise à poser et préciser les bases définitionnelles d’un dialogue maîtrisé avec le monde. La maîtrise du langage, des concepts et des mots, conditionne la possibilité du progrès scientifique compris comme progrès interprétatif dans le contexte d’une médiation dialogale conscientisée, admise par les pairs et respectée dans la production de connaissance.
2La médiation dialogale s’affirme au fondement de l’agir humain, aussi bien dans la sphère de l’action à proprement parler que dans celle du connaître en tant qu’il est aussi de l’ordre de l’action. Dans les deux cas, nous agissons et nous connaissons selon des règles, une régulation se joue. Une même lecture régulationniste s’impose pour le faire et le connaître : les projets d’action et les projets de connaissance impliquent des règles, plus justement recouvrent des règles.
3Que le connaître soit de l’ordre de l’action, et à ce titre relève d’une lecture en termes de règle et de régulation, n’est pas frappé d’évidence, même si l’expression d’acte de connaître est acceptée, et même si l’on a à l’esprit les belles expressions de G. Bachelard à propos de la connaissance comme projet et comme construit :
Au-dessus du sujet, au-delà de l’objet immédiat, la science moderne se fonde sur le projet. Dans la pensée scientifique, la méditation de l’objet par le sujet prend toujours la forme du projet. (Bachelard, 1987, p. 15).
Et quoi qu’on en dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes. C’est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. (Bachelard, 1989, p. 14)
4Les mots du philosophe nourrissent les nôtres : la connaissance naît d’un projet de connaissance et toute connaissance est un construit, celui d’un acte de connaître avec ses règles et ses dispositifs. Un agir projectif est en jeu dans l’acte de connaître. Pour autant, ces idées demeurent peu explicitées, et l’on peinerait à trouver des approfondissements qui leur seraient apportés, au-delà du constat des protocoles et des dispositifs sur lesquels se fonde la production de connaissance, notamment scientifique.
5Envisager la connaissance et l’action dans une même perspective théorique ne peut se faire sans un modèle partagé de l’agir humain. On devrait légitiment ajouter sans un modèle de l’agir individuel et de l’agir collectif. Dit autrement, et plus précisément, sans une compréhension de ce qui permet de théoriser les comportements individuels et la constitution des collectifs. Ce modèle est pour nous celui de l’agir projectif en lien direct au fait même d’exister.
6Ces éléments d’appréciation, naturellement trop rapides et réducteurs, expliquent que l’expression d’agir projectif proposée dans une perspective pragmatiste (Bréchet & Desreumaux, 2010) reste à préciser et approfondir. L’agir projectif, dans la richesse de son ancrage dans le fait même d’exister appelle un approfondissement de la réflexion. Il l’appelle en lien avec la reconnaissance de la médiation dialogale qu’implique l’agir humain aussi bien dans la sphère du faire que dans celle du connaître. Ainsi nous souhaitons approfondir le rapprochement entre ces deux sphères sur la base de la mise en évidence de l’agir projectif proprement humain qui est au fondement de leur existence. Nous le ferons en argumentant que le faire et le connaître sont de l’ordre d’un dialogue avec le monde. Ce dialogue avec le monde et avec les pairs s’affirme au fondement de l’agir ensemble.
L’agir projectif au fondement de l’existence
7La vie humaine est de l’ordre du surnaturel au sens où, dirait J. Ortega Y. Gasset (2019), elle est construction de l’homme lui-même par lui-même. Elle n’est pas déterminée par une essence, comme dans le règne animal, mais se nourrit du projet proprement humain qui la construit. À ce titre, elle est le fruit d’un choix et d’une liberté. J. Baechler exprime synthétiquement l’idée d’une liberté proprement humaine, fondatrice de l’espèce humaine elle-même, dès le premier paragraphe de son imposant livre sur l’agir, le faire et le connaître :
L’espèce humaine appartient, d’un côté, au règne animal et, de l’autre, est productrice d’histoires. La fusion de ces deux propositions en donne une troisième : l’espèce humaine n’est pas programmée. Elle présente cette particularité remarquable d’avoir une nature virtuelle et des actualisations culturelles. On ne naît pas homme, on le devient dans un milieu déjà humanisé. Chaque milieu humanisé a dû inventer son mode d’humanisation en respectant les contraintes et les limites imposées par la nature et la condition humaine. Au sens où l’humanité n’est pas génétiquement programmée pour produire une ou des formes définies d’humanisation, comme il en advient dans tout le reste du règne vivant, elle doit être déclarée libre. (Baechler, 2008, p. 5)
8L’idée de liberté appellerait bien des précisions qui l’opposeraient à celle de nécessité, l’associeraient à celle d’autonomie versus hétéronomie, ou récuseraient sur un plan normatif l’idée que l’on soit libre de dire le faux en matière de connaissance (Baechler, 2008, p. 7).
9Le rapport au temps s’invite inéluctablement. L’inscription dans le temps présent de l’existence, dit autrement le rapport du passé au futur, prend, dans le contexte d’une vie à construire, les traits d’une anticipation consciente, inventive, dans laquelle l’imagination humaine trouve à s’exprimer. L’agir projectif, créatif et d’anticipation, nourrit la possibilité d’ordonner les lectures de l’action – dans l’ordre du faire et du connaître – à l’existence ou à la vie.
En quête d’un agir humain au cœur de l’action
10L’agir humain a fait l’objet de réflexions philosophiques d’une grande richesse, notamment en ce qu’il est au cœur de l’existence humaine. Nous l’avons dit dans le glossaire, l’agir compris dans sa richesse anthropologique n’est nullement réductible au faire instrumental jugé à l’aune de son résultat : il engage le tout de l’homme et notamment ses fins ultimes, c’est-à-dire sa vie et la conscience même de vivre (Blondel, 1893 ; Baechler, 1998 ; Ortega y Gasset, 2019). Dire cela n’exclut nullement l’importance de la technique dans l’existence humaine qui, comme le dit J. Ortega y Gasset, est fabrication d’elle-même et, à ce titre, technique.
L’homme, qu’il le veuille ou non, doit se faire lui-même, s’auto-fabriquer. […] Il n’est pas malvenu de le formuler ainsi. Cela met en exergue que l’homme, à la racine même de son essence, joue avant tout le rôle de technicien. Pour lui, tout revient d’abord à s’efforcer de rendre présent ce qui ne l’est pas encore ; à savoir lui, lui-même, profitant pour cela de ce qu’il y a ; en somme il est production. Je veux dire par là que la vie n’est pas fondamentalement, comme on l’a cru pendant des siècles, contemplation, pensée, théorie. Non, elle est production, fabrication, et seulement parce que celles-là l’exigent, à la suite de quoi elle est pensée, théorie, science. Vivre…, c’est-à-dire trouver les moyens pour le projet que l’on incarne. (Ortega y Gasset, 2019, p. 61-62)
11Notre propos n’est pas ici d’opérer une impossible synthèse des apports fondamentaux à la réflexion que nous livre la philosophie. Retenons l’idée-force qui fonde notre perspective : l’agir projectif, dans sa richesse anthropologique, s’affirme au fondement de l’humain, c’est-à-dire de l’action humaine et de l’effort de théorisation qu’elle appelle. Ayant cette compréhension à l’esprit, il nous semble utile de repérer sur quelles bases les théories de l’action usuellement mobilisées, notamment dans la sphère économique et sociale, intègrent la question de l’agir.
12Intégrer cette question nécessite logiquement d’envisager l’agir à l’échelle individuelle et à l’échelle collective, et l’articulation logique de ces deux niveaux d’analyse. Si l’on admet que ces deux piliers de toute théorie de l’action humaine, à savoir l’individuel et le collectif, sont nécessairement interdépendants, cette interdépendance logique demande à être instruite. Cette instruction conduit d’ailleurs au constat d’un déficit d’attention portée à l’action collective par les orientations de réflexion théorique dominantes.
13Le plus souvent, la question de la rationalité humaine et de l’agir humain est abordée à l’aune des comportements individuels, en considérant, corollairement, l’action collective sur la base des rationalités individuelles qu’elle compose. Deux cas de figure sont repérables et instructifs de ce point de vue, dès lors que la théorie, explicite ou implicite, privilégie effectivement la rationalité individuelle,
14Si le modèle de la rationalité humaine est celui de l’homme autonome et calculateur soucieux de ses intérêts, notamment pécuniaires, la question de sa participation à l’action collective s’instruit sur ce plan. Si, à l’opposé, la rationalité s’envisage d’abord sur le plan de l’éthique, le modèle de l’homme moral qui se dessine va de pair avec des lectures de l’action collective dans lesquelles sont privilégiées les questions d’adhésion et de partage des valeurs. Ce qu’une lecture prend en compte, l’autre tend à l’oublier.
15Les modèles dominants de la rationalité individuelle ainsi posés dans une forme d’expression réductrice, s’affirment principalement sur un plan méthodologique. Ils ne prétendent pas, et ne le pourraient, épuiser la compréhension de l’agir humain. Ils servent un projet théorique de connaissance. On identifie aisément l’orientation théorique, on pourrait dire paradigmatique, qui est celle de l’économie orthodoxe dont la valeur d’interprétation n’est plus à démontrer, en même temps que s’accumulent les critiques qu’elle attire. On identifie aussi facilement les traits de certaines lectures d’essence sociologique qui privilégient la question des valeurs, avec aussi leurs collèges de critiques. Ces lectures contrastées emportent souvent avec elles des affrontements qui quittent plus ou moins consciemment la stricte sphère de la méthode pour celle à caractère plus ontologique des modèles de l’homme que tout oppose : l’homme calculateur d’un côté, l’homme moral de l’autre. Le méthodologique oublié cède la place à l’ontologique revendiqué plus ou moins assumé, dans des débats qui finissent par prendre une coloration politique.
16Dans une posture que l’on peut considérer comme opposée à celle qui privilégie l’entrée par l’individuel, l’action collective peut constituer l’ancrage premier de la lecture théorique. Cette deuxième posture, très marginale, est celle de la sociologie de l’action collective, que nous qualifions de régulationniste et que nous avons retenue comme enracinement de notre propos d’ensemble. D’essence procédurale ou méthodologique, privilégiant l’étude des processus d’action collective, on pourrait dire qu’elle n’a besoin que d’un modèle de la rationalité individuelle a minima, dite stratégique pour M. Crozier et E. Friedberg (1977), ce que J.-D. Reynaud exprime d’une autre façon en disant qu’il faut donner au mot de rationalité un sens très faible : « l’acteur a une intention et un projet, et l’un et l’autre ne sont pas absurdes aux yeux de l’observateur » (Reynaud, 1997, p. 314). Relevons, dans cette dernière expression, l’apparition du concept de projet pour signifier l’intentionnalité et l’attention portée à l’instruction des motifs, des moyens et des conséquences de l’action. Dans cette sociologie de l’action, c’est bien l’action l’objet d’étude, et l’action en tant que régulation dans une perspective dynamique et processuelle.
17Dans ce contexte théorique régulationniste, l’importation du concept de projet s’impose dans une perspective génétique ou générative de l’action. Le projet et la règle, deux figures de l’anticipation, s’associent dans l’interprétation. Pour exprimer simplement ce lien, disons que les règles naissent des projets que les acteurs nourrissent. La lecture régulationniste intègre logiquement le concept de projet, au sens de projet collectif, pour théoriser la genèse de l’action collective et, à ce titre, des règles (Desreumaux & Bréchet, 2018 ; Bréchet, 2019). Ainsi s’impose de nourrir l’effort de théorisation de la reconnaissance d’un agir projectif proprement humain ordonné à l’existence.
Un modèle de l’homme ordonné à l’existence
18Dans sa quête d’un modèle de l’homme et de la vie pour penser le monde, J. Ortega y Gasset nous rappelle, à chaque pas de ses argumentations, qu’exister pour l’homme c’est devoir à tout moment créer sa propre existence : la vie comme projet et comme « fabrication d’elle-même » (Ortega y Gasset, 2019, p. 55 ; et titre du chapitre V, p. 61).
[…] exister pour l’homme n’implique pas simplement exister en tant que tel, mais également la possibilité qui lui est offerte d’y parvenir et l’effort à fournir pour arriver à cette fin. […] Ainsi, à la différence de tout le reste, l’homme, en existant, doit accomplir son existence, résoudre le problème pratique que pose la réalisation de son projet qui, par ailleurs, le constitue. […] Sans quoi notre vie ne serait qu’une simple tâche à accomplir et un travail continu. La vie de chacun d’entre nous ne nous est pas donnée toute faite, offerte, mais comme quelque chose à accomplir. Elle donne beaucoup à faire ; et rien d’autre que cette activité qu’elle impose à chacun, et une activité, je le répète, n’est pas une chose mais quelque chose d’actif qui transcende tout le reste. (2019, p. 61‑62)
19L’homme produit sa vie qui doit être choisie, inventée alors qu’il progresse dans la vie, et un homme existe par ce choix et cette invention, qu’il soit auteur original ou simple plagiaire se plaît-il à rajouter. Ainsi, l’homme existe par son projet, par son projet qui le constitue, par les lignes de conduite qu’il adopte en dehors de toute idée de déterminisme aussi bien que de toute puissance. Car si l’homme se construit par ses projets, ceux-ci se conçoivent et s’élaborent dans l’adversité : « Exister c’est résister » (Ortega y Gasset, 2021, p. 13). Ajoutons immédiatement que penser la résistance, les difficultés, les impossibilités et les obstacles, impose en corollaire d’envisager les facilités et les possibles.
20La compréhension de la vie humaine, en tant qu’elle est de l’ordre de l’action, du projet et de la règle, s’affirme avec en son fondement le concept de jeu pour saisir, conserver et faire vivre l’antagonisme entre déterminisme et liberté. Le concept de jeu saisit la possibilité de penser l’action humaine, individuelle et collective. Il est constitutif de celui de projet, tout comme de celui associé de règle, en ce que ces deux concepts s’extraient de toute forme de déterminisme explicatif.
21Ainsi, le modèle de l’agir projectif qui s’impose, dans une acception anthropologique intégrative du concept de projet, s’ordonne à l’existence en ce que la vie est action. Il ne s’ordonne pas seulement à l’économique ou au calcul, il ne s’ordonne pas à l’éthique ou aux valeurs, il s’ordonne à la vie agissante.
22Le concept de projet se nourrit des considérations philosophiques, biologiques, politiques, pragmatiques qui contribuent à en constituer le sens (Boutinet, 2012). Il traduit à l’échelle des comportements humains ce qu’engage l’agir dans son rapport à l’espace, au temps aux personnes (Boutinet & Bréchet, 2014). Il est d’ailleurs remarquable que le concept de projet s’invite sous l’une ou l’autre de ses acceptions constitutives chez les auteurs qui s’intéressent à ce que l’on pourrait désigner d’une formule comme « l’auto-fabrication de l’existence humaine ». Il est présent dans le courant pragmatiste avec par exemple W. James (par exemple James, 2003) qui pointe régulièrement l’importance de la téléologie et de la conception dans la psychologie humaine, chez J. Dewey qui, dans tous ses écrits ou presque, évoque l’intelligence planificatrice au service d’idéaux (par exemple Dewey, 2011, 2014), chez un auteur comme H. Joas (1990) qui pointe l’importance de la prise en compte de la créativité de l’agir, pour les humains de chair et d’esprit que nous sommes. A. Damasio, neurologue, affirme récemment ses arguments dans le même sens : « La créativité humaine trouve sa source dans la vie et dans le fait incroyable que cette vie s’accompagne d’une mission précise : résister et se projeter vers l’avenir, coûte que coûte » nous dit-il en démontrant le rôle régulateur de l’homéostasie et de ses « adjoints mentaux que sont les sentiments qui jouent comme des catalyseurs des réactions qui ont permis l’émergence des cultures humaines dans leur richesse et leur variété » (Damasio, 2017, p. 42-47). Le rapport de l’être au monde est bien de l’ordre du tout de l’existence humaine et à ce titre du projet aux multiples dimensions par lequel la vie humaine se construit.
En vous y penchant un peu, vous découvrirez que ce que vous appelez votre vie n’est rien d’autre que la quête visant à réaliser un projet ou programme d’existence déterminé. […] Ainsi l’homme est avant tout sans réalité corporelle ou spirituelle ; il est un projet en tant que tel ; par conséquent ce qui n’est pas encore mais aspire à être. […] En ce sens, l’homme n’est pas une chose mais une prétention, la prétention d’être ceci ou cela ? (Ortega y Gasset, 2019, p. 57-58).
23Avec J. Ortega y Gasset, disons que le point de vue se radicalise dans son expression, ce qui nous permet d’insister sur le fait que l’affirmation d’un agir projectif ne doit pas prendre la forme d’un glissement vers une forme d’ontologie. Toute dérive interprétative ontologique est repoussée. « Ordonné à la vie » signifie inéluctablement « ordonné à une interprétation de la vie ». Quand A. Damasio donne pour titre L’ordre étrange des choses à son livre, le qualificatif d’étrange vient clairement signifier que l’interprétation, pour fondée qu’elle soit sur des résultats scientifiques, demeure une interprétation. Le « conatus spinoziste » qu’il mobilise, tout comme la « magie homéostatique » dont il nous dévoile les propriétés, demeurent des concepts au service d’agencements interprétatifs visant à comprendre l’existence humaine. Les concepts que l’on forme nous permettent de parler du monde, de dialoguer avec lui et avec les pairs à son propos. On doit toujours conserver à l’esprit la médiation dialogale engagée dans la production de connaissance (Bréchet, 2022).
24Le projet s’invite et s’affirme comme concept permettant d’exprimer ce qu’engage l’existence humaine en tant qu’exister est d’abord de l’ordre de l’agir, aussi bien dans la sphère du faire que du connaître en tant qu’acte. Le projet est au fondement de l’agir dans les sphères coextensives du faire et du connaître, et cette assertion trouve à s’expliquer dans le fait que l’un et l’autre sont de l’ordre de l’expérimentation et du dialogue avec le monde qui permet cette expérimentation et la nourrit.
L’agir projectif comme dialogue avec le monde
25Le projet et la règle, figures de l’anticipation, s’associent pour permettre de penser l’articulation du virtuel et de l’actualisé. L’un et l’autre ne s’intègrent dans une théorie de l’action qu’en assurant le passage de l’action envisagée à l’action effective. La connaissance de l’action menée, aussi bien dans la sphère du faire que du connaître, s’élabore dans le terreau de l’actualisation, c’est-à-dire de l’expérience ou de l’expérimentation. L’expérimentation est le creuset de l’apprentissage et donc de la connaissance à l’articulation du virtuel et de l’actualisé. Elle implique un dialogue avec le monde.
L’agir et le connaître comme expérimentation
Il faudra chercher dans l’expérience ce qu’est l’épreuve de la vérité. L’expérience doit être à la fois ouverte et fermée, finie suivant certaines directions, puisqu’il y a des choses, et illimitée suivant d’autres, puisque les choses, pour être connues, doivent s’opposer à ce qui n’est point elles. (Le Senne, 1934, p. 14)
26La vie humaine est essentiellement problématique, à concevoir et construire au futur, l’homme comme auto-éco-fabrication de lui-même devrait-on dire en ayant à l’esprit l’auto-éco-organisation chère à E. Morin (1977, 1980, 1986). L’homme existe par le projet par lequel il s’inscrit dans le monde, par lequel il se constitue dans son existence et par son existence. Et parce que la vie est projet, confrontée aux incertitudes et aux aléas, mais aussi action et à ce titre technique et ingénierie, elle est apprentissage et l’apprentissage repose sur l’expérience – ou l’expérimentation. On nourrit des projets de connaissance et d’action dont seule l’actualisation, porteuse d’un retour enrichissant la connaissance, nourrit et valide la connaissance qui se construit dans le dialogue avec le monde. G. Canguilhem traduit ces idées en disant qu’entre le vivant et le milieu, le rapport s’établit comme un débat (Canguilhem, 2009, p. 187) – nous dirions plutôt un dialogue, ce qui le conduit à retenir que :
le milieu propre de l’homme c’est le champ de son expérience pragmatique où ses actions […] découpent des objets qualifiés, les situent les uns par rapport aux autres et tous par rapport à lui. En sorte que l’environnement auquel il est censé réagir se trouve originellement centré sur lui et par lui. (Canguilhem, 2009, p. 195.)
27Sur quoi porte l’apprentissage que permettent l’expérience ou l’expérimentation ?
28Ce qui s’apprend ce sont les règles d’une action réglée par l’anticipation même que recouvrent le projet et les règles. L’apprentissage porte sur les règles dont l’action effective permettra de maîtriser l’application et d’en connaître la portée ou les limites. Connues ou enrichies pour certaines, abandonnées pour d’autres, elles nourriront la capacité de maîtriser les actions à venir, aussi bien dans la sphère du faire que du connaître. Les projets de connaissance et d’action que l’on porte en tant que contenu dans la sphère de la virtualité nourriront la connaissance de leur pertinence et de leur validité dans l’action, dans les processus de leur actualisation Ainsi s’enrichit la connaissance de qui agit. Et parce que connaître est un acte, tout ce que nous disons pour l’action en général vaut pour le connaître en tant qu’acte. Dans le cas du connaître, les règles sont celles du dialogue avec le monde. Elles prennent la forme d’agencements interprétatifs et donc conceptuels, dans lesquels les concepts jouent comme des règles d’interprétation.
29Vivre s’affirme de l’ordre de l’expérience, de l’expérience de la vie, d’une présence agissante au monde aussi bien pour le faire que pour le connaître en tant qu’ils s’associent dans l’agir humain. Le faire et le connaître relèvent de la même sphère de l’action et de l’expérimentation. L’expérience en tant que vécu et expérimentation s’affirme comme le creuset de la connaissance qui toujours naît d’une pratique, et d’une pratique qui respecte des règles en dehors de tout déterminisme car les règles n’agissent pas comme des causes. L’agir qui s’exprime dans le faire et le connaître est le fruit d’actes réglés et dès lors possiblement régulés. Dire cela, c’est affirmer ce que nous aurions pu dire d’entrée : l’expérimentation se comprend comme l’expression d’un jeu interprétatif réglé, aussi bien dans l’ordre du faire que du connaître, deux ordres qui relèvent d’une possibilité d’expérimentation et donc de l’apprentissage d’actes cadrés par des règles. L’apprentissage est toujours apprentissage de règles qui peuvent potentiellement s’apprendre et s’appliquer à nouveau, quelle que soit la nature de ces règles.
30L’expérience est le creuset de la connaissance. Elle l’est en ce que la pratique qui la permet nourrit des apprentissages. Redisons-le : ce qui s’apprend ce sont des règles, celles qui cadrent et donc anticipent les actions que l’on mène à des fins de transformation du monde ou de progrès de la connaissance. Dès lors que l’expérience est conduite à des fins de production de connaissance, ou que de l’expérience on tire des enseignements, le concept d’expérience s’éloigne du seul vécu pour se préciser comme expérimentation. Se pose alors la question d’une médiation et d’une mise en mots, d’une transmission pour soi et les autres : le vécu envisagé sous l’angle d’une expérimentation assumée à des fins d’apprentissage et de progrès de la connaissance implique la médiation du langage. Il va falloir dire, désigner, décrire et préciser ce qui a permis d’obtenir ou non un résultat souhaité, ce que la pratique a dévoilé ; pratique dont on anticipe la possibilité d’une réédition, d’une réplique enrichie des enseignements d’une actualisation sur laquelle on a pris du recul et de laquelle on s’est nourrie. L’expérimentation est à la fois mobilisation et production de la connaissance parce qu’au cœur de l’agir est l’homme-projet avec sa mémoire et son imagination proprement humaines dirait J. Ortega y Gasset, avec ses aptitudes homéostatiques à se maintenir et se projeter signifie A. Damasio. Cette expérimentation repose sur un dialogue.
31Un dialogue s’instaure avec le monde et c’est ce dialogue qui permet de s’enrichir de ce que le monde nous dit dans la sphère d’une factualité qu’il faut appréhender par le langage, par les concepts et les mots.
L’expérimentation comme dialogue
32L’agir projectif, conformément à l’acception du concept de projet n’est à proprement parler ni programmé ni libre, mais conditionné par le fait même d’exister. L’agir projectif s’ordonne à l’existence, à ce titre à l’expérimentation que nourrit une action imaginée, conçue et concrétisée. À l’articulation du virtuel imaginé et de l’actualisé contraint, l’expérimentation implique un acte de dialogue avec le monde. Elle s’en nourrit.
33L’acte de dialogue, qui nourrit l’expérimentation vécue, tire ses propriétés foncières du fait même de l’humaine existence du sujet agissant, nourrissant ainsi sa mémoire et son imagination au service de l’action. En tant que l’expérimentation est le creuset de la connaissance, c’est l’acte dialogal de connaître qu’elle recouvre dont il faut établir les propriétés originaires, liées à l’existence du sujet agissant et connaissant.
34L’acte dialogal de connaître, comme tout acte, respecte des règles. Certaines sont celles d’une pratique expérimentale réglée, dit autrement de dispositifs maîtrisés d’interaction connaissante avec le monde, notamment dans le champ scientifique. Mais la médiation dialogale implique des règles foncières, fondatrices qui conditionnent tout acte et toute expérimentation. Leur dévoilement s’affirme d’essence génétique, au sens où le point de départ dans la réflexion est l’enracinement premier du connaître dans l’existence, l’enracinement qui conditionne notre prétention à interpréter et connaître suivant des règles (Ricoeur, 1986, p. 32). La mobilisation du concept de règle par P. Ricoeur n’est pas anodine dans la perspective de notre propos car nous l’avons dit : l’acte de connaître respecte des règles, un jeu interprétatif réglé est à l’œuvre, en lien à un enracinement. E. Morin (1986) précise cet enracinement du connaître dans l’existence, à la fois conditionnement et contextualisation, en posant que l’acte de connaître suppose ou implique inhérence-séparation-communication. Pour dialoguer avec le monde, puisqu’il s’agit bien d’instaurer un dialogue, il faut être au monde, pouvoir le considérer sans s’y fondre et engager une communication avec lui.
35C’est ainsi que l’agir projectif, qui prend corps comme dialogue et comme expérimentation, se comprend comme ordonné à l’existence. Notre existence conditionne nos actes dans les sphères de l’agir, et donc du faire et du connaître dont la coprésence fonde ce qui fait l’humanité.
36Si l’agir projectif et avec lui le projet sont au fondement de la vie et de sa compréhension, de la perspective orientée qui la fonde et la nourrit dirait A. Damasio, il faut mettre le concept de projet à sa juste place : première, centrale, fondatrice dans toute lecture de l’homme dans l’humaine construction de lui-même et du monde dans lequel il habite. L’agir humain est un agir projectif constitutif de l’existence, quelles que soient les dimensions, physiques, biologiques ou sociales, au sens large des termes, sous lesquelles on envisage l’existence humaine. Le concept de projet implique l’intentionnalité associée à un auteur, le fait même d’agir par quoi le projet se manifeste, sans oublier l’accès que le projet suppose à des ressources. Le projet s’affirme au cœur de l’humain, de toute interprétation de ce qui signifie l’humain. En tant qu’effort d’intelligibilité et de construction de l’action fondé sur l’anticipation, il doit être mis au fondement de toute lecture de l’homme au monde, c’est-à-dire de l’homme en tant qu’il agit, aussi bien dans la sphère de l’action à proprement parler que du connaître en tant qu’acte. Il doit être mis au fondement de l’agir ensemble.
37Avec le concept d’agir projectif, et donc avec le concept de projet, se joue l’articulation de la sphère de la virtualité et celle de l’actualisation. À cette articulation se joue l’expérimentation, la possibilité de la validation et son corollaire l’invalidation. Cette articulation ne va pas de soi ; c’est une médiation connaissante qui respecte des règles, celles du dialogue avec le monde (Bréchet, 2022). L’acte de connaître est bien un acte avec ce que cela implique : un projet et des règles dans l’ordre de l’anticipation, une actualisation de l’ordre de l’application et, du point de vue de la connaissance, un basculement de l’herméneutique dans le pragmatisme ; dit autrement, le passage d’une lecture en termes de contenu à une lecture en termes de processus. La médiation dialogale avec ses propriétés originaires, liées à l’existence même de l’homme, implique l’expérimentation comme creuset de la connaissance. Ainsi peut-on envisager une exploration vivante et toujours inachevée du monde, une exploration qui se vit dans le dialogue avec le monde et entre les acteurs de la connaissance.
L’épistémologie : une question de méthode
38L’accent mis sur la médiation dialogale conduit à dépasser le dualisme qui souvent nourrit en creux les débats, selon nous maintenant stériles, entre les discours objectivistes et subjectivistes – ou bien encore réalistes et constructivistes – en matière d’épistémologie. Avec la médiation dialogale à son fondement, l’épistémologie s’affirme comme une question de méthode car connaître est un acte, et un acte qui respecte des règles. L’épistémologie opère comme régulation de l’acte de connaître.
39Dire que l’épistémologie est une question de méthode revient à lui accorder un statut scientifique au sens habituel : celui qui définit la science par le respect de protocoles de recherche acceptés et validés par les pairs. Il est plus que largement admis que la méthode est centrale dans le processus de production de la connaissance, notamment pour fonder la connaissance scientifique dont on peut dire qu’elle repose sur un contrat méthodologique (Lecointre, 2017). On comprendrait d’ailleurs mal que l’épistémologie puisse jouer son rôle de guidage de la connaissance scientifique, si son propre statut scientifique méthodique n’était lui-même acquis.
40La quête d’exactitude constitue une visée incontestable d’une science validée, en quête de précision, mais cette visée s’inscrit aussi dans la perspective englobante d’éclairer l’humaine compréhension du monde. Nombre de scientifiques des sciences dites exactes ont bien perçu et établi cette double exigence d’exactitude et de fécondité, en invitant à ne pas confondre l’exact et le vrai (Heisenberg, 1998). Le plus souvent, une forme de hiérarchie est clairement affirmée en faveur de la fécondité et du vrai, comme le fait W. Heisenberg à propos des connaissances en physique, ou bien encore K. Popper en épistémologie : « Tout accroissement de la clarté est une valeur intellectuelle par elle-même. Une plus grande exactitude, ou précision, n’a en revanche qu’une valeur pragmatique comme moyen pour une fin déterminée » (Popper, 1981, p. 41). Cette fin, nous dit-il, est d’ordinaire celle d’un accroissement de la capacité d’une théorie d’être testée ou critiquée, ce qui signifie l’accroissement d’une fécondité interprétative, résultat non de la précision, utile et parfois exigée, mais de la capacité d’identifier de nouveaux problèmes et d’envisager des solutions pour les traiter : « la précision et la certitude sont de faux idéaux » (Popper, 1981, p. 40).
41Si donc l’épistémologie s’affirme comme une discipline scientifique, elle doit contribuer à la validation d’essence méthodique des connaissances scientifiques, aussi bien dans les registres de l’exactitude que de la fécondité, registres qui se mêlent inéluctablement dans une perspective épistémologique englobante, celle de la connaissance scientifique elle-même, celle a fortiori de la connaissance humaine. Redisons-le, l’exigence de méthode est au fondement de l’épistémologie et, dans notre perspective, cette exigence est celle d’un dialogue réglé avec le monde, dont nous avons privilégié la dimension langagière et définitionnelle.
42Toute méthode, qu’elle repose ou non sur des dispositifs techniques, est de l’ordre de la règle. La méthode signifie des règles à respecter et une possibilité régulatrice. Kant parlait à ce propos des règles de l’entendement qui doivent permettre de saisir et d’exprimer les régularités du monde comprises comme des lois. Il appelait à une « science des règles » qu’il convenait d’appeler « Logique » (Kant, 1989). K. Popper qui reprend le concept de logique dans son ouvrage majeur qu’est La logique de la découverte scientifique, signifie clairement que l’objet d’étude est, sans l’appeler ainsi, la médiation dialogale. Il le fait en reprenant une réflexion simple et efficace d’A. Tarsky qui faisait remarquer « qu’une théorie de la relation, quelle qu’elle soit, entre un énoncé et une réalité factuelle, doit pouvoir parler des énoncés et des faits » (Popper, 1981, p. 205). Il s’agit donc, nous dit Popper, de disposer d’un métalangage, d’un langage dans lequel on puisse parler du langage, c’est-à-dire des énoncés et des faits dans leur relation : un métalangage de la relation est requis pour parler de « la correspondance entre des énoncés et des faits ». Mais les termes de correspondance et de fait nous paraissent délicats à manier, voire inadéquats, dès lors qu’ils peuvent suggérer qu’un fait existe en dehors de la médiation dialogale elle-même. On pourrait dire que les énoncés « font les faits », dans la mesure où les faits se construisent dans l’acte de connaître lui-même en ce qu’il recouvre à la fois l’ouverture d’une intelligibilité choisie, une précision sélective observationnelle, sans oublier les conditions de perception. Les faits sont le fruit d’un acte à la fois perceptif, interprétatif et observationnel (Bréchet, 2022). L’idée d’un métalangage de la relation est juste, mais elle doit s’exprimer dans les termes d’une médiation dialogale conscientisée, non dans ceux d’une forme d’ancrage du raisonnement dans le dualisme sujet connaissant – objet de connaissance. Le métalangage dont il est question est celui qui saisit et exprime l’enracinement originaire du connaître dans l’existence par la médiation des concepts et des mots. L’expression « pouvoir parler des énoncés et des faits », malgré sa force de suggestion demeure d’emploi risqué. S’intéresser au et de la relation « énoncés et faits », signifie s’intéresser à la co-construction des deux termes de la relation, à la construction de la médiation dialogale qui s’instaure entre le sujet connaissant et le monde à connaître, non à leur rapport. La relation est constitutive des pôles, non l’inverse.
43C’est à bien des égards la quête non d’une dimension de subjectivité associée à la psychologie du sujet connaissant ou à l’opposé d’objectivité associée au « monde en soi », mais bien celle de la logique à l’œuvre dans l’acte de connaître, l’idée de logique étant directement associée à celle de règle ; une logique est l’expression de règles. Les règles dialogales cadrent le jeu interprétatif. Le dialogue est médiation dialogale donc règle et le demeure. On reste toujours dans la strate du dialogue, non dans celles du monde et de l’en-soi ou du sujet et de sa psychologie. Il faut se maintenir dans l’entre, dans le creuset de ce que signifie le trait d’union. Toute autre position est irrecevable, sans fondement, puisque rien ne peut être dit du monde sans engager le dialogue avec lui.
44Nous ne devrions jamais dire que « le monde est » ou que « le réel est », car le risque est grand d’oublier ainsi, et de faire oublier, que tout ce que nous disons du monde est le fruit d’un acte de connaître avec ses règles et ses dispositifs. Il faudrait définitivement retenir, notamment dans l’échange scientifique, le concept de réalité pour signifier qu’opère un acte de dialogue et donc de langage pour saisir le monde. Nous ne pouvons rien dire du monde, a fortiori sur un plan scientifique, sans la médiation d’un acte de dialogue. Cet acte, parfois instrumenté par des dispositifs techniques d’observation et d’analyse, l’est toujours par une ingénierie dialogale d’essence langagière, par des agencements de concepts et de mots qui sont l’expression, dans l’univers du langage, de l’enracinement premier de l’acte de connaître, c’est-à-dire des conditions d’existence du dialogue avec le monde.
45Il faut affirmer la nature langagière de ce que nous convenons d’appeler la réalité. Cette affirmation doit être bien comprise. L’acte de connaître en tant qu’acte de dialogue conçoit et produit la réalité, c’est-à-dire la saisie langagière du monde, en dialoguant avec le monde – et possiblement avec les pairs dans le jeu de l’intersubjectivité. Toute lecture dite théorique du monde, dit autrement toute théorie sur le monde, est de l’ordre d’une méthodologie dialogale, d’une dialogabilité qui fonde une grammaire dialogale. Ainsi les agencements interprétatifs qui constituent les interprétations, discours ou textes sur le monde, ne sont bien sûr pas le monde. En tant qu’ils constituent les règles d’interprétation du monde, ils fondent une régulation de la connaissance. À ce titre, les concepts, qui constituent les polarités de sens, opèrent comme des règles ; ils assurent des fonctions interprétatives et agentives dont nous avons tenté de rendre compte pour aborder l’agir ensemble.
46Toute lecture théorique du monde est d’essence méthodique et plus précisément régulationniste : elle implique une ingénierie réglée. La production de connaissance est de l’ordre d’un exercice possiblement régulé parce que réglé. Il est d’ailleurs remarquable, et ce point méritera d’être réfléchi et approfondi, que les concepts de l’action tels que ceux de projet, de règle, d’innovation, etc., valent tout aussi bien pour le connaître en tant qu’acte. Le connaître et le faire, constitutifs de l’agir projectif humain, s’affirment de l’ordre de l’action et, à ce titre, relèvent d’une même lecture, d’une même assiette sémantique, des mêmes agencements logiques entre les concepts qui permettent d’aborder l’action humaine.
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
De la porosité des secteurs public et privé
Une anthropologie du service public en Méditerranée
Ghislaine Gallenga (dir.)
2012
Vers de nouvelles figures du salariat
Entre trajectoires individuelles et contextes sociétaux
Annie Lamanthe et Stéphanie Moullet (dir.)
2016
Piloter la performance organisationnelle
Une aide à la décision avec la valeur ajoutée horaire
Michel Pendaries
2017
La démarche stratégique
Entreprendre et croître
Katia Richomme-Huet, Gilles Guieu et Gilles Paché (dir.)
2012
La logistique
Une approche innovante des organisations
Nathalie Fabbe-Costes et Gilles Paché (dir.)
2013
L’entreprise revisitée
Méditations comptables et stratégiques
Pierre Gensse, Éric Séverin et Nadine Tournois (dir.)
2015
Activités et collectifs
Approches cognitives et organisationnelles
Lise Gastaldi, Cathy Krohmer et Claude Paraponaris (dir.)
2017
Performances polynésiennes
Adaptations locales d’une « formule culturelle-touristique » globale en Nouvelle-Zélande et à Tonga
Aurélie Condevaux
2018
