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    Plan détaillé Texte intégral Le recours aux sciences sociales L’histoire vs l’avenir Une conception de l’histoire traduite en gestes Le tournant patrimonial : la réponse giscardienne au malaise de la conscience historique des Français ? Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Politiques du passé

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Valéry Giscard d’Estaing, la modernité et l’histoire

    Patrick Garcia

    p. 119-131

    Texte intégral Le recours aux sciences sociales L’histoire vs l’avenir Une conception de l’histoire traduite en gestes Changement de style La suppression de la commémoration du 8 mai 1945 Le tournant patrimonial : la réponse giscardienne au malaise de la conscience historique des Français ? Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Comment articuler un discours de la modernité en train d’advenir, à la fois impérieuse et fragile, et les héritages – surtout quand ceux-ci sont essentiellement conçus comme des freins qui gênent l’accession de la France à la contemporanéité ?

    2C’est cette tension constitutive du discours et du geste giscardiens que nous nous proposons d’analyser avec l’hypothèse que celle-ci ne renvoie pas seulement à la personnalité du Président mais qu’elle exprime, jusque dans les rejets suscités, un réajustement du rapport de la société française à l’histoire.

    Le recours aux sciences sociales

    3Le fondement de l’attitude de Valéry Giscard d’Estaing à l’égard du passé réside dans son analyse de la conjoncture contemporaine, inlassablement reprise et actualisée, au fil des années, d’écrits en discours. Celle-ci est exposée, dans ses grandes lignes, dans Démocratie française, ouvrage que publie le Président en 1976 afin de faire mieux comprendre, deux années après son élection, le sens de son action en livrant la théorie de sa pratique politique. Ce livre s’ouvre sur un chapitre intitulé « diagnostic » dans lequel Giscard d’Estaing insiste sur l’importance des changements qualitatifs et quantitatifs qu’a connus la société française depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Selon l’analyse proposée, ce qui caractérise la situation de la France, c’est la rapidité du rythme et l’ampleur des changements qui ont affecté la société française au cours des vingt dernières années. Il s’agit, pour l’auteur, d’une « révolution plus puissante que toutes les révolutions politiques1 » survenues jusque-là. Celle-ci a modifié le pays en profondeur touchant aussi bien « l’école, l’université, l’église [que] les mœurs ». Elle « a été entraînée par la combinaison de trois facteurs : une croissance économique sans précédent, la diffusion massive de l’éducation, et l’irruption permanente des moyens audiovisuels dans la vie individuelle2 ». Une batterie de chiffres vient étayer ce premier diagnostic. Tous tendent à prouver qu’en matière d’éducation, de consommation, d’espérance de vie… les inégalités sociales ont été réduites et que l’ampleur des progrès accomplis – ainsi que l’enrichissement qui en résulte – est inégalée. La transformation des paysans en exploitants agricoles sert à exemplifier l’importance des changements survenus et à montrer que le monde d’hier a cessé d’être. « Les mots sont restés les mêmes, mais le pays est autre, plus différent de la France des années de 1950 que celle-ci de la France de 18703 ».

    4Hélas, selon l’auteur, « le développement insuffisant des sciences sociales dans notre pays4 » n’a pas permis aux Français de prendre conscience de ce bouleversement qui « s’est accompli sans les coups de clairon des révolutions politiques, comme à l’insu de tous5 ». Il faut donc leur expliquer ce qu’est devenue la France, les aider à percevoir la mue qui vient de s’opérer afin qu’ils deviennent pleinement contemporains d’eux-mêmes. Au terme de cette « révolution », la France peut devenir un pays de propriétaires6 et doit être gouvernée « au centre » afin que la majorité sociologique – « le pays réel » en quelque sorte – trouve pleinement son expression politique. Ainsi présentée, la « démocratie libérale avancée » n’est pas un projet politique parmi d’autres, elle est le régime politique qu’appelle le nouvel état des choses. Et si le « changement » est inscrit au cœur du projet, c’est qu’il est « la loi de notre époque7 » et que l’on est contraint de s’y soumettre. C’est au nom de ce principe de réalité que Giscard d’Estaing opte en faveur du changement, quitte à donner de lui-même une définition paradoxale, celle d’un « traditionaliste qui aime le changement8 ».

    5De la fondation des Républicains indépendants à la publication de l’État de la France en 1981, Giscard d’Estaing entend parler en sociologue – titre dont le gratifie l’un de ses proches, Jean-Pierre Soisson9.

    6Cette posture singulière vaut aussi pour les tableaux successifs qu’il dresse de la situation internationale et de la place de la France dans le monde. Il mobilise tour à tour sociologie, démographie, économie, géographie pour étayer son discours et accréditer sa politique. Il entend ainsi montrer que ses analyses sont vraies, que son point de vue est conforme à la raison et trouve sa traduction dans une politique raisonnable. En décrivant et justifiant, pas à pas, sa politique, le président en propose une mise en intrigue, un récit, bref en ébauche une histoire. En revanche, ses références explicites à l’histoire – entendue cette fois au sens d’évocation du passé – sont rares et leur statut problématique.

    7Certes l’histoire n’est pas totalement absente de la rhétorique giscardienne ; il arrive même parfois que le Président fasse état de « leçons de l’histoire » et s’appuie sur ses « enseignements ». Mais les références positives à l’histoire sont peu nombreuses et paraissent souvent des concessions nécessaires à une tradition ou des justifications commodes. De ce point de vue, le débat télévisé entre Giscard et Mitterrand à la veille de l’élection présidentielle de 1974 est tout à fait symptomatique des réticences du premier. Comme le montre l’analyse lexicologique de cette confrontation, l’usage même du terme « histoire » reste, chez Giscard, très limité (1 fois pour Giscard contre 10 fois pour Mitterrand) et il n’évoque, en la circonstance, aucune date antérieure à 1926, se concentrant sur un passé immédiat ouvert par la Libération10. Le plus fréquemment, au cours de son mandat et au-delà, l’histoire est envisagée sous l’espèce d’un héritage pesant, empreint de pathos et de passions obscures. C’est un mythe trompeur au regard des assurances que donnent les autres sciences sociales. La mobiliser signifie, pour Giscard d’Estaing, que l’on est un « homme du passé », qualificatif dont il gratifie François Mitterrand lors du débat de 1974.

    L’histoire vs l’avenir

    8Quand Giscard annonce qu’avec son élection s’ouvre une « ère nouvelle de la politique française », il entend d’abord rompre avec la conflictualité qui caractérisait celle-ci jusqu’alors. Il s’agit, pour lui, d’en finir avec la dramatisation qui l’a caractérisée depuis la Révolution française – lui-même ne retient pas cette origine – et avec la culture agonistique dans laquelle les adversaires politiques sont considérés comme des ennemis et non des compétiteurs.

    9Selon Giscard, cet état de la vie politique relève d’une tradition française dont la chronologie est variable mais toujours pluriséculaire. Parfois ce sont les Gaulois qui en constituent le point d’origine, parfois les Francs11, mais c’est le XIXe siècle, et souvent le marxisme, qui a radicalisé et durci ces tendances qu’il inscrit, après bien d’autres, au fondement d’un intemporel tempérament français. Contrairement à d’autres lectures possibles, qui se développeront surtout à la fin des années 1970, la Révolution n’est donc pas prise pour origine de la conflictualité qui traverse la France, elle ne joue pas de fonction matricielle. La conflictualité qui traverse, selon lui, l’histoire de la France est dés historicisée. C’est un legs des origines, « une tradition continue », sans cesse réactualisée et qui est le revers des qualités de ce peuple.

    10C’est à cette culture de la division, de la « guerre civile12 », à cette véritable « guerre de religion, à peine tempérée par la cohabitation13 », qu’il importe de renoncer pour entrer dans le lot commun des démocraties dans lesquelles :

    l’alternance au pouvoir ne représente pas une suite de bouleversements chaotiques, annoncés comme des drames et ressentis comme des révolutions, mais une suite d’inflexions dans la progression de la société14.

    11D’où la thématique sans cesse reformulée de la modération, du « bon sens », qui le conduit à vouloir « dépassionner » le débat politique, à œuvrer à la « décrispation » de la vie politique française, à promouvoir une « cohabitation raisonnable » entre majorité et opposition ou encore à prôner la « tolérance ».

    12Bien sûr, quand on brigue de hautes fonctions nationales, ou qu’on les occupe, le passé national ne peut être uniment répulsif. Giscard d’Estaing trouve quelques vertus à l’histoire nationale dont la principale est la capacité à s’unir dans l’épreuve. Quitte à se contredire, il lui arrive de prêter au peuple français un tempérament symétriquement opposé à celui que nous l’avons vu lui attribuer précédemment et déclarer : « Nous sommes un peuple qui a l’instinct de l’unité15 ». De même, en 1980, il n’hésite pas à mobiliser la figure tutélaire de Vercingétorix. Lors du discours prononcé à Autun, il rappelle que c’est de cette ville, qui s’appelait alors Bibracte, « qu’est parti le premier mouvement d’unité nationale autour de l’Arverne – on dirait aujourd’hui l’Auvergnat – Vercingétorix ». C’est aussi le sens des discours que lui-même ou son épouse prononcent à Orléans en hommage à Jeanne d’Arc. Ce qui ne veut pas dire qu’aucune date de l’histoire nationale ne trouve grâce à ses yeux, la Révolution française et les soldats de l’An II sont quelques fois cités et c’est, d’ailleurs, la seule mention d’un événement historique ancien qui soit faite dans Démocratie française. Mais l’histoire, pour Giscard, c’est d’abord le mythe et si parfois il en use, le plus souvent il le récuse comme un écran qui empêche de voir le monde tel qu’il est et de l’accompagner dans la dynamique du changement qui le traverse. Lui-même a choisi le « parler vrai ». Ainsi, dans un entretien postérieur accordé en 2001, il reproche au général de Gaulle son célèbre discours du 26 août 1944.

    Quand de Gaulle a parlé de Paris qui s’était libérée seule, sans doute voulait-il susciter un mouvement de fierté parmi la population, mais ce mouvement reposait sur une contre-vérité16.

    13En définitive, le souci principal de Valéry Giscard d’Estaing n’est pas le passé mais le futur… Cette préoccupation précède son élection et se retrouve dans les titres des publications de son courant politique comme dans celles de ses proches collaborateurs où se retrouvent pêle-mêle les termes : « avenir, demain, devenir »17.

    14Pour Giscard, le changement constitue la loi de notre époque : le « futur ne sera pas le prolongement du passé18 ». En juin 1978, il évoque l’horizon du troisième millénaire et « puisque l’histoire s’accroche à des dates19 », il propose que l’an 2000 soit l’une d’entre elles, quitte à ce que la presse parle à son sujet d’« obsession du futur20 » et qu’elle y voit une fuite en avant face aux problèmes de l’heure. Dans cette perspective, les références historiques, qui alimentaient les discours et la pensée du général de Gaulle comme elles alimentent celles de la gauche mitterrandienne et communiste, ne sont plus que des « débats de caractère rétrospectif21 ». Et Giscard de dénoncer la « conjuration des myopes » formée par ses adversaires de droite comme de gauche, tournés vers le passé au lieu de regarder et de préparer l’avenir22.

    15À la façon dont Marx dénonçait « les grands souvenirs » comme l’un des obstacles à la constitution d’un courant socialiste autonome en France, Giscard d’Estaing voit dans le passé une entrave à l’avènement de l’avenir car il empêche la pacification nécessaire, que ce soit celle de la vie politique intérieure ou celle des relations avec les autres pays d’Europe – notamment l’Allemagne.

    Le passé ne doit pas peser indéfiniment sur les possibilités d’avenir. […] Ce qui est passé est passé, les historiens porteront un jugement23.

    16C’est cette conviction qui l’amène à développer, anticipant les thèses d’Ernst Nolte sur les « guerres civiles européennes », la position selon laquelle les deux guerres mondiales ont été des « guerres fratricides » et à prendre la décision de ne plus commémorer, à partir de 1976, le 8 mai 1945. Le passé est l’affaire des historiens, l’homme politique se doit de se préoccuper de l’avenir. C’est ce qu’il traduit en gestes dès son installation à l’Élysée.

    Une conception de l’histoire traduite en gestes

    Changement de style

    17On a beaucoup disserté, en 1974, sur le « style » du nouveau Président et sur la signification de la rupture cérémonielle qu’il introduit dès l’ouverture de son septennat : port du costume de ville en lieu et place de l’habit, refus de porter le collier de grand commandeur de la Légion d’honneur, rupture dans le style de la photographie officielle, remontée des Champs-Élysées à pied, causeries télévisées au coin du feu, repas chez les Français « d’en-bas »… On aurait tort de sous-interpréter la valeur de ces gestes pour le nouveau Président et de les ravaler au rang de simples gadgets. Ils servent, précisément, à marquer la rupture avec le passé – avec le décorum gaullien, bien sûr, mais aussi avec l’ensemble du XIXe siècle.

    Le style ce n’est pas l’apparence. C’est l’apparition, en surface, de la nature profonde des êtres et des choses24.

    18Changer le protocole revient à procéder à une mise à niveau entre la société d’aujourd’hui et la vie politique, à réduire « la coupure entre les dirigeants et l’opinion25 » apparue, selon son analyse, en mai 1968. Ce faisant Giscard se défend d’affaiblir la fonction présidentielle, de contribuer à sa désacralisation26, comme le lui reprochent des commentateurs de droite, l’objectif qu’il poursuit est de doter le politique de formes contemporaines dont il pense qu’elles seront plus efficaces et plus propres à accompagner la modernité.

    19Il est pourtant celui qui, à la fin de son mandat, décide de procéder à la première panthéonisation depuis celle de Jean Moulin en 1964 puisqu’il signe, le 23 avril 1981, le décret du transfert de René Cassin. Pourtant, un doute subsiste sur le sens qu’il prête à cet acte qui ne semble pas être celui de revivifier un rituel républicain. Interrogé en 2001, il n’évoque cette décision que pour signifier qu’il n’est en rien antisémite et que son absence lors de l’hommage rendu aux victimes de l’attentat de la rue Copernic (3 octobre 1980) n’est pas l’indice d’une quelconque hostilité27.

    La suppression de la commémoration du 8 mai 1945

    20La décision de supprimer la commémoration du 8 mai 1945, annoncée en 1975, s’inscrit dans la même logique. Pour justifier sa décision Giscard d’Estaing se fonde sur le constat la désaffection qui entourait, selon lui, cette commémoration « J’ai […] supprimé la commémoration officielle d’une fête qui n’avait plus de commémoration publique28 ». Au-delà de cet argument « technique » il semble qu’il regarde cette commémoration comme une tromperie. Bien des années plus tard, il confie :

    J’ai toujours été un peu blessé, choqué par les commémorations qui n’étaient pas vraies. Quand j’allais, par exemple, aux cérémonies du 8 Mai comme président de la République, je regardais les participants les plus âgés et je me demandais au sujet de chacun : “Où était-il le 8 mai 1945 ?”…29

    21Reste à savoir ce que serait une « commémoration vraie » ? Celle qui rassemblerait les acteurs authentiques de l’événement ? On sent là une gêne profonde qui préfigure les propos tenus au Monde en 1997 : « Le peuple français est un peuple qui accepte très difficilement la vérité30 ». Or, la commémoration du 8-Mai est liée, selon lui, au mythe résistancialiste…

    22Enfin, et c’est ce qui est essentiellement retenu en 1975, Giscard d’Estaing explique, dans une lettre aux dirigeants européens, qu’il entend ainsi marquer la « certitude » que la construction européenne clôt le temps des « guerres fratricides ». Il poursuit :

    Chacun de nous conservera les souvenirs qui sont les siens et honorera ceux auxquels l’hommage est dû. Mais il est temps d’ouvrir la voie de l’avenir et de tourner ensemble nos pensées vers ce qui nous rapproche et ce qui peut nous unir31.

    23On connaît le tollé provoqué par cette décision qui intervient au moment même où « le miroir se brise32 » et où se développe une relecture critique de la période de l’occupation. Dans ce contexte, après la grâce accordée à Paul Touvier par son prédécesseur (23 novembre 1971), le geste de Giscard apparaît comme une opération visant à liquider le passé, un solde de tout compte. Le Président en exercice devient ainsi, aux yeux d’une large fraction de l’opinion, celui qui veut effacer le passé – terme dont il fait, au demeurant, lui-même usage en 1979 : « Par des gestes symboliques, nous effaçons des années de haine33 ». Pierre Viansson-Ponté commente ainsi la décision présidentielle : « Voici l’histoire au musée, la page tournée34 ». C’est ce même sentiment qu’illustrent de nombreux dessins de presse comme celui de Konk croquant Giscard le bras sur l’épaule d’Helmut Schmidt s’éloignant tous deux d’un cimetière, le premier disant au second : « N’en parlons plus »35. Cette mesure choque aussi bien la gauche que les gaullistes. Cérémonie désertée, le 8-Mai devient l’objet de toutes les attentions. Les députés de gauche, à l’initiative du groupe communiste, obtiennent, sans rencontrer l’opposition des députés de droite, une suspension de séance de deux heures le 13 mai 1975 pour aller déposer une gerbe au monument aux morts tandis que cinq mille manifestants se rendent, deux jours plus tard, à l’Arc de triomphe en signe de protestation… Quant à l’idée de substituer au 8-Mai une commémoration de la fondation de l’Europe et un « Memory Day » faisant du 11-Novembre une date de célébration des morts de toutes les guerres, elle ne recueille guère de suffrages puisqu’elle semble assimiler les deux conflits et masquer la spécificité du second. Après la démission de Jacques Chirac du poste de Premier ministre (25 août 1976), et à l’approche des premières élections européennes au suffrage universel (juin 1979), plus aucune modération n’est de mise sur ce thème dans le mouvement gaulliste. Ainsi, Michel Debré met sur le même plan les indépendantistes corses et les libéraux giscardiens européanistes « qui veulent à la fois que la France soit intégrée et désintégrée ». Il conclut sa diatribe en affirmant : « L’avenir n’appartient pas à ceux qui commencent par brûler le passé et par mésestimer le présent36 ».

    24Pour les adversaires politiques de Valéry Giscard d’Estaing, la suppression de la commémoration s’inscrit dans une logique politique d’ensemble – celle qui conduirait à l’ablation de la mémoire nationale en vue de faciliter une intégration dans une Europe fédérale, libérale et atlantiste. Elle est aussitôt associée à la refonte des programmes d’histoire entreprise sous le ministère Haby37.

    25S’il a focalisé l’attention, le sort de la commémoration du 8 mai 1945 n’est pas le seul dossier qui implique la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, l’accès aux archives en est un autre qui illustre un autre versant du rapport du Président à l’histoire.

    26En effet en 1977, le gouvernement de Raymond Barre engage une restructuration des Archives nationales, qui se traduit par l’ouverture du site de Fontainebleau, et dépose un projet de loi se substituant au décret de 1970 qui ne donnait accès qu’aux archives antérieures au 10 juillet 1940. Un délai de trente ans est retenu pour la consultation des archives hors les dossiers personnels, les affaires portées devant des juridictions et les informations mettant en cause la défense nationale ou la sûreté de l’État. La loi adoptée le 3 janvier 1979, contemporaine de la création, en 1978, de l’Institut d’histoire du temps présent, laboratoire du CNRS, favorise ainsi une professionnalisation accrue de l’histoire de cette période et répond au vœu du Président selon lequel le passé doit être confié aux historiens plutôt que d’être l’objet des confrontations politiques contemporaines.

    Le tournant patrimonial : la réponse giscardienne au malaise de la conscience historique des Français ?

    27En 1974, le patrimoine ne fait pas partie de la thématique privilégiée par Valéry Giscard d’Estaing ; loin s’en faut. Lors du débat télévisé avec François Mitterrand, seul ce dernier emploie le terme (par deux fois). Certes Jean-Philippe Lecat, ministre de la Culture d’avril 1978 à mai 1981, évoque la procédure de dation consacrée par « l’article 1716 bis du Code général des impôts mis en œuvre par le ministre des Finances de 197038 » qui a permis à l’État d’acquérir un grand nombre d’œuvres d’art dont beaucoup ont été présentées au Grand Palais dans le cadre de l’exposition « Cinq ans d’enrichissement du patrimoine national 1975-1980 ». Mais on peut légitimement douter que le dispositif fiscal relève déjà d’une politique patrimoniale clairement définie. À lire les déclarations du Président le cheminement semble bien plus complexe que ne le suggère l’ancien ministre.

    28C’est en 1977-78 que l’on voit progressivement s’élaborer une politique du patrimoine. Son lancement date du Conseil des ministres du 9 août 1978 consacré à la définition d’une « nouvelle politique patrimoniale ». Cette dernière s’exprime par une série de mesures successives qui encadrent cette date, telles que la création d’un musée du XIXe siècle – Orsay – (1977), la nouvelle politique de construction des Archives nationales (1977), la conférence de Vichy sur l’aménagement du territoire (1979) qui élargit la notion de patrimoine aux espaces ruraux dans la poursuite de la dynamique de la création du Conservatoire du littoral (1975) et, bien sûr, l’Année du patrimoine (1980) – voulue personnellement par le Président – et dont le principe est adopté lors du Conseil des ministres du 12 décembre 1979.

    29Au-delà de ces mesures, on peut suivre l’élaboration d’un questionnement à travers les interventions du président de la République. Le discours de Verdun-sur-le-Doubs prononcé le 23 janvier 1978, s’il n’aborde pas directement le thème du patrimoine, enrichit le discours giscardien d’une nouvelle thématique : celle des racines – même si elle se situe encore dans une logique traditionnelle que n’auraient pas reniée les Idéologues.

    Dans notre peuple français composé de terriens souvent déracinés, il faut rendre des racines à chacun. Et y a-t-il des racines plus profondes que celles qui vous lient à votre maison, à votre terre, à votre instrument de travail ? Oui, il faut rendre les Français propriétaires individuels de la France.

    30Giscard poursuit, en 1979, sa réflexion sur les revers de la modernité et entame une critique de la société de consommation dont Mai 1968 aurait marqué le rejet. Il dénonce les effets déstabilisateurs de la modernité sur les liens sociaux.

    31Déniant au politique la possibilité de reforger ce lien – la « dernière expression » d’une croyance collective émanant du politique étant le marxisme – c’est vers l’art que se tourne Giscard : la voie d’une nouvelle politique patrimoniale est ouverte. Ce choix, sur fond de crise économique, laisse sceptiques beaucoup de commentateurs qui l’analysent comme une justification de la « rigueur » prônée par Raymond Barre. Ainsi, dans Le Monde, un dessin de Konk montre une longue file de spectateurs arrivant devant une salle de spectacle où se joue « La société de consommation » et auxquels on déclare : « C’est complet ! ».

    32L’année du patrimoine marque l’arrivée à maturité de la réponse giscardienne aux désarrois qu’exprime l’acuité des polémiques ayant trait à l’histoire. Le bulletin du ministère de la Culture, qui annonce l’événement, donne le ton : « Plus notre futur apparaît difficile, incertain, plus il est important de puiser une certaine assurance dans la permanence de notre patrimoine culturel39 ». Giscard lui-même prend la parole en Sorbonne en avril 1980 et accorde un entretien au Figaro-Magazine40. Dans celui-ci, présenté par l’hebdomadaire sous le titre « Il faut rétablir l’enseignement de l’histoire » – en écho au numéro dans lequel était intervenu Alain Decaux l’année précédente pour dénoncer les programmes Haby – Giscard donne l’assurance qu’il « voudrait à la fois [que l’histoire] soit bien enseignée et qu’elle devienne, à certains égards, un instrument de référence ». Il déclare avoir demandé au ministre de l’Éducation nationale « de réfléchir à un projet d’enseignement à part entière de notre histoire ». Puis il en vient au patrimoine. Il donne de celui-ci une définition très extensive qui rompt avec la vision sélective qui avait été celle des politiques patrimoniales précédentes : « Tout ce qui porte le témoignage de l’homme au cours du temps41 ». Il ajoute que l’Année du patrimoine permet à chaque région d’exprimer « sa propre identité culturelle ». Le patrimoine devient ainsi l’expression de l’identité collective d’une France déjà plurielle.

    33Dans le contexte de 1980, et à l’approche de l’élection présidentielle, la conversion patrimoniale de Giscard d’Estaing ne trouve pas grâce aux yeux de ses adversaires. Ainsi, dans l’un des ouvrages qui lui sont consacrés à la veille de l’échéance, le journaliste Thomas Ferenczi juge que la politique patrimoniale giscardienne relève de la « beauté du mort », qu’elle correspond à une mise hors l’histoire de la société française et que, véritable anesthésie collective, elle est une autre modalité de l’amnésie, une entreprise de dévitalisation42. De la même façon, Les Nouvelles Littéraires notent : « On ravale, on restaure, on réhabilite, on n’est plus dans le présent43 ».

    34Ainsi, à la fin du mandat de Giscard d’Estaing, la rupture avec une tradition politique mobilisant l’histoire et s’inscrivant dans une continuité héroïque, partagée à la fois par la gauche et le gaullisme, semble avoir été très largement inaudible même si l’Année du patrimoine se révèle être un large succès. C’est sur la tradition d’un rapport fort, affectif, émotionnel à l’histoire que bute Giscard. Faute, peut-être, de cette dimension, la politique du patrimoine giscardienne apparaît aux yeux d’un large secteur de l’opinion comme une entreprise de muséification. Du long entretien que Giscard d’Estaing accorde aux Nouvelles Littéraires44 au sujet de sa politique culturelle passée et à venir, le journal retient « mon prochain septennat sera celui de la création » quand, dans le même numéro, il met en exergue, pour Mitterrand : « le premier des patrimoines, c’est l’homme ».

    Conclusion

    35La victoire de François Mitterrand est ressentie par son électorat comme un retour dans et de l’histoire. L’éditorial des Nouvelles Littéraires se réjouit qu’« après sept ans d’apologie de la jeunesse et du modernisme, nous voilà revenus d’où l’on vient45 ». C’est, précisément, cette filiation renouée, ce chaînage temporel reconstitué, que met en scène Mitterrand lorsqu’il se rend au Panthéon, le 21 mai. La dramatisation, elle aussi retrouve ses droits et du fait même de l’ancien Président qui laisse une chaise vide devant les caméras de télévision. Le 8-Mai redevient une commémoration nationale et un jour férié.

    36Pourtant, la page n’est pas vraiment tournée. Force est de constater que, loin de se dissoudre, la thématique du patrimoine n’a cessé, depuis lors, « d’enfler ». On peut même avancer que l’ouverture de l’Élysée aux visiteurs le 14 juillet 1974 avait anticipé un rite dont le succès ne se démentira pas : la journée du patrimoine qu’instaure Jack Lang en 1984. De même, l’approche giscardienne de la vie politique, les thèmes et les termes clés qui lui sont associés – cohabitation, gouvernement au centre, modernisation de la vie politique, transparence, construction européenne… – n’ont cessé d’être repris les deux décennies suivantes…

    37D’où provient alors la fragilité de la position giscardienne ? Sans doute de ce qu’elle n’a pas pu allier pragmatisme, modernité et appel à une tradition historique. L’absence d’une mémoire positive du modérantisme orléaniste, du « juste milieu », a sans doute pesé lourd puisqu’elle a contraint le discours modernisateur de Valéry Giscard à ne s’étayer que sur lui-même sans pouvoir mobiliser les souvenirs d’une quelconque épopée.

    38Les difficultés de la droite giscardienne ne constituent pas un cas isolé. Les discours de la modernisation à gauche ont enregistré – et enregistrent le même déficit de légitimité – puisqu’ils sont forcément des discours d’inventaire, attentatoires à ce qui crée et cimente les mécanismes de reconnaissance partisans en France et, donc, en définitive, sacrilèges. L’incapacité de Michel Rocard à prendre la tête du parti socialiste en est un exemple. C’est ce que notait Raymond Aron en disant à propos de Valéry Giscard d’Estaing : « Le problème, c’est qu’il ne sait pas que l’histoire est tragique46 », c’est-à-dire qu’elle mobilise des passions qui agissent pour leur propre compte. C’est, en d’autres termes, ce que signifiaient François Furet et Jacques Ozouf en écrivant, au lendemain de la victoire de Mitterrand, « Giscard a payé la faiblesse de son pouvoir d’incarnation nationale47 ».

    39Mais la faiblesse de Valéry Giscard d’Estaing ne réside pas seulement dans la difficulté à intégrer une tradition nationale et à s’inscrire dans une mémoire. Même s’il permet à une nouvelle politique patrimoniale de prendre son essor, il n’en tire pas toutes les conclusions. À contre-temps des inflexions d’une société française qui se replie sur le présent et s’engage dans « l’ère de la commémoration » (Pierre Nora), il reste fidèle à une vision « moderne » du devenir historique nourrie des certitudes de la prospective – mais sans que celui soit porteur de promesses particulières. Comme si, enfin de compte, la perception giscardienne de l’histoire se résumait essentiellement à un changement perpétuel auquel il conviendrait impérativement de s’adapter et dont le bien fondé ne serait pas, en lui-même, apprécié.

    40Il est frappant de constater qu’à partir des mêmes prémisses : fin des « sociétés-mémoire », fin des « idéologies-mémoire »48 …, ce sont la mémoire, et les rituels qui l’entretiennent, qui viennent au centre de la problématique développée par Pierre Nora dès son séminaire à l’EHESS (1978-1981), travail qui, formalisé dans Les lieux de mémoire, servira de référence à la politique du patrimoine mise en œuvre par Jack Lang49. Dès lors, le patrimoine n’est plus seulement une trace au sens incertain, il vient nourrir une redéfinition de l’identité française, il est convoqué pour élaborer de nouveaux liens sociaux. Encore faut-il, pour s’engager dans cette voie, vraiment prendre au sérieux les processus et les effets de la symbolisation et ne pas considérer les rites uniquement comme des contraintes et des gestes vides à force, précisément, d’être régulièrement répétés.

    Notes de bas de page

    1 Démocratie française, Paris, Fayard, 1976, p. 26. [désormais DF]

    2 Ibid., p. 27.

    3 Ibid., p. 28.

    4 Ibid., p. 43.

    5 Ibid., p. 28.

    6 Discours de Verdun-sur-le-Doubs, 28 janvier 1978.

    7 Préface de V. GiscardD’estaing à Imaginer l’avenir, Clubs Perspectives et Réalités, 1972, citée par J.-Ch. Petitfils, La Démocratie giscardienne, Paris, PUF, 1981, p. 102.

    8 Réunion de presse du 26 juillet 1974.

    9 « Au fond, le général de Gaulle raisonnait comme un historien. La force de Valéry Giscard d’Estaing est d’être, sans doute, l’un des premiers chefs d’État de notre temps à penser en sociologue ». L’Express, 12-19 décembre 1997 cité par J.-Ch. Petitfils, La Démocratie giscardienne, op. cit., p. 90.

    10 J. Cotteret, C. Émeri, J. Gerstlé, R. Moreau, Giscard d’Estaing/Mitterrand. 54774 mots pour convaincre, Paris, PUF, 1976.

    11 La chronologie de la France chez de Gaulle est tout aussi sujette à variations. Cf. M. Agulhon, « De Gaulle et l’histoire de France », Vingtième siècle, revue d’histoire, janvier-mars 1997, p. 3-12, cf. notamment p. 6.

    12 DF, op. cit., p. 156.

    13 Ibid., p. 155.

    14 Ibid., p. 154.

    15 Cité par A. duRoy, « Giscard change de ton », L’Express, 5 janvier 1980, p. 57.

    16 Entretiens avec Valéry Giscard d’Estaing par A. Fourgnaud, Paris, Flammarion, 2001, p. 75.

    17 Cf. J.-Ch. Petitfils, La Démocratie giscardienne, op. cit., p. 88.

    18 Ibid., p. 100.

    19 Compte rendu du Monde 16 juin 1978.

    20 H. Tincq, La Croix, 15 octobre 1978, « Giscard ou l’obsession du futur ».

    21 Conférence de presse du 11 novembre 1974.

    22 Cette image lui vaut bon nombre de critiques amusées s’interrogeant ou affirmant sa propre presbytie.

    23 Entretiens avec Valéry Giscard d’Estaing, op. cit., p. 91.

    24 Paris-Match, 29 juin 1974, p. 34.

    25 Ibid., p. 33.

    26 Ainsi P. Bereziat, dans La Lettre de la Nation écrit : De Gaulle « tout en pratiquant une extrême simplicité dans sa vie privée, […] s’imposait un rituel marquant la solennité de son personnage public. M. Giscard d’Estaing veut dépouiller le rituel. Mais est-il sûr que la laïcisation des prêtres ait si bien réussi à l’Église dans ce pays qui confond volontiers le respect et ses marques extérieures ? » cité par Le Monde, 25 mai 1974.

    27 Entretiens avec Valéry Giscard d’Estaing, op. cit., p. 163.

    28 Propos recueillis par RTL, Le Monde, 22 mai 1975.

    29 Entretiens avec Valéry Giscard d’Estaing, op. cit., p. 75-76.

    30 « Valéry Giscard d’Estaing analyse l’Occupation et la Libération », Le Monde, 28 octobre 1997.

    31 Le Monde, 10 mai 1975.

    32 Cf. H. Rousso, Le Syndrome de Vichy de 1944 à nos jours, Paris, Seuil, 1987.

    33 Discours du 15 mai 1979 à Hoerdt (Alsace), Le Monde du 17 mai 1979.

    34 Le Monde, 10 mai 1975.

    35 Ibid.

    36 M. Debré, « Vivante est la nation », Le Monde, 6-7 novembre 1977.

    37 Sur la querelle de l’enseignement de l’histoire voir : P. Garcia et J. Leduc, L’Enseignement de l’histoire en France de l’Ancien régime à nos jours, Paris, Armand Colin, 2003 et l’article d’Évelyne Hery dans le présent ouvrage.

    38 J.-Ph. Lecat, « Valéry Giscard d’Estaing » in É. de Waresquiel (dir.), Dictionnaire des politiques culturelles de la France depuis 1959, Paris, Larousse/ CNRS-Éditions 2001, citation p. 307.

    39 Culture et communication, janvier 1980.

    40 Figaro-Magazine, 8 mars 1980.

    41 Souligné par moi.

    42 T. Ferenczi, Le Prince au miroir, Paris, Albin Michel, 1981, p. 150.

    43 J.-J. Lévêque, « L’obsession du patrimoine », Les Nouvelles Littéraires, 5-12 mars 1981, p. 36.

    44 Les Nouvelles Littéraires, 8-14 mai 1981, entretien de Jean-François Kahn avec Valéry Giscard d’Estaing, p. 23-26.

    45 Les Nouvelles Littéraires, 14-21 mai 1981, J.-M. Borzeix, « Le culte des morts », p. 10.

    46 Cité par Ch. Barbier, « Chirac et les français. Le roman d’un demi-siècle », L’Express, 15 mai 2003.

    47 F. Furet, J. Ozouf, « François Mitterrand au rendez-vous de l’histoire », Le Nouvel Observateur, 11 mai 1981.

    48 Cf. P. Garcia, « Les lieux de mémoire : une poétique de la mémoire ? », Espaces Temps, n° 74/75, 2000, p. 122-142.

    49 Cf. Ch. Dupavillon (directeur du Patrimoine de 1990 à 1993), « Le patrimoine : comment ? Pourquoi ? », Le Débat, n° 78, janvier-février 1994, p. 179-181.

    Auteur

    • Patrick Garcia

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    1 Démocratie française, Paris, Fayard, 1976, p. 26. [désormais DF]

    2 Ibid., p. 27.

    3 Ibid., p. 28.

    4 Ibid., p. 43.

    5 Ibid., p. 28.

    6 Discours de Verdun-sur-le-Doubs, 28 janvier 1978.

    7 Préface de V. GiscardD’estaing à Imaginer l’avenir, Clubs Perspectives et Réalités, 1972, citée par J.-Ch. Petitfils, La Démocratie giscardienne, Paris, PUF, 1981, p. 102.

    8 Réunion de presse du 26 juillet 1974.

    9 « Au fond, le général de Gaulle raisonnait comme un historien. La force de Valéry Giscard d’Estaing est d’être, sans doute, l’un des premiers chefs d’État de notre temps à penser en sociologue ». L’Express, 12-19 décembre 1997 cité par J.-Ch. Petitfils, La Démocratie giscardienne, op. cit., p. 90.

    10 J. Cotteret, C. Émeri, J. Gerstlé, R. Moreau, Giscard d’Estaing/Mitterrand. 54774 mots pour convaincre, Paris, PUF, 1976.

    11 La chronologie de la France chez de Gaulle est tout aussi sujette à variations. Cf. M. Agulhon, « De Gaulle et l’histoire de France », Vingtième siècle, revue d’histoire, janvier-mars 1997, p. 3-12, cf. notamment p. 6.

    12 DF, op. cit., p. 156.

    13 Ibid., p. 155.

    14 Ibid., p. 154.

    15 Cité par A. duRoy, « Giscard change de ton », L’Express, 5 janvier 1980, p. 57.

    16 Entretiens avec Valéry Giscard d’Estaing par A. Fourgnaud, Paris, Flammarion, 2001, p. 75.

    17 Cf. J.-Ch. Petitfils, La Démocratie giscardienne, op. cit., p. 88.

    18 Ibid., p. 100.

    19 Compte rendu du Monde 16 juin 1978.

    20 H. Tincq, La Croix, 15 octobre 1978, « Giscard ou l’obsession du futur ».

    21 Conférence de presse du 11 novembre 1974.

    22 Cette image lui vaut bon nombre de critiques amusées s’interrogeant ou affirmant sa propre presbytie.

    23 Entretiens avec Valéry Giscard d’Estaing, op. cit., p. 91.

    24 Paris-Match, 29 juin 1974, p. 34.

    25 Ibid., p. 33.

    26 Ainsi P. Bereziat, dans La Lettre de la Nation écrit : De Gaulle « tout en pratiquant une extrême simplicité dans sa vie privée, […] s’imposait un rituel marquant la solennité de son personnage public. M. Giscard d’Estaing veut dépouiller le rituel. Mais est-il sûr que la laïcisation des prêtres ait si bien réussi à l’Église dans ce pays qui confond volontiers le respect et ses marques extérieures ? » cité par Le Monde, 25 mai 1974.

    27 Entretiens avec Valéry Giscard d’Estaing, op. cit., p. 163.

    28 Propos recueillis par RTL, Le Monde, 22 mai 1975.

    29 Entretiens avec Valéry Giscard d’Estaing, op. cit., p. 75-76.

    30 « Valéry Giscard d’Estaing analyse l’Occupation et la Libération », Le Monde, 28 octobre 1997.

    31 Le Monde, 10 mai 1975.

    32 Cf. H. Rousso, Le Syndrome de Vichy de 1944 à nos jours, Paris, Seuil, 1987.

    33 Discours du 15 mai 1979 à Hoerdt (Alsace), Le Monde du 17 mai 1979.

    34 Le Monde, 10 mai 1975.

    35 Ibid.

    36 M. Debré, « Vivante est la nation », Le Monde, 6-7 novembre 1977.

    37 Sur la querelle de l’enseignement de l’histoire voir : P. Garcia et J. Leduc, L’Enseignement de l’histoire en France de l’Ancien régime à nos jours, Paris, Armand Colin, 2003 et l’article d’Évelyne Hery dans le présent ouvrage.

    38 J.-Ph. Lecat, « Valéry Giscard d’Estaing » in É. de Waresquiel (dir.), Dictionnaire des politiques culturelles de la France depuis 1959, Paris, Larousse/ CNRS-Éditions 2001, citation p. 307.

    39 Culture et communication, janvier 1980.

    40 Figaro-Magazine, 8 mars 1980.

    41 Souligné par moi.

    42 T. Ferenczi, Le Prince au miroir, Paris, Albin Michel, 1981, p. 150.

    43 J.-J. Lévêque, « L’obsession du patrimoine », Les Nouvelles Littéraires, 5-12 mars 1981, p. 36.

    44 Les Nouvelles Littéraires, 8-14 mai 1981, entretien de Jean-François Kahn avec Valéry Giscard d’Estaing, p. 23-26.

    45 Les Nouvelles Littéraires, 14-21 mai 1981, J.-M. Borzeix, « Le culte des morts », p. 10.

    46 Cité par Ch. Barbier, « Chirac et les français. Le roman d’un demi-siècle », L’Express, 15 mai 2003.

    47 F. Furet, J. Ozouf, « François Mitterrand au rendez-vous de l’histoire », Le Nouvel Observateur, 11 mai 1981.

    48 Cf. P. Garcia, « Les lieux de mémoire : une poétique de la mémoire ? », Espaces Temps, n° 74/75, 2000, p. 122-142.

    49 Cf. Ch. Dupavillon (directeur du Patrimoine de 1990 à 1993), « Le patrimoine : comment ? Pourquoi ? », Le Débat, n° 78, janvier-février 1994, p. 179-181.

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    • La guerre des mémoires n'aura pas lieu ! : construction d'une demande sociale de mémoire rapportée à l'immigration et nouvelles luttes symbolliques : une comparaison des villes de Saint-Etienne et Villeurbanne. DOI: 10.70675/b6c3a449z6669z4703z8cafza6aba79ae171
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    • L'histoire scolaire comme champ de bataille. La conflictualité de l'enseignement de l'histoire interrogée à partir des controverses sur l'histoire de l'esclavage en France et en Angleterre (décennie 2000).. DOI: 10.70675/d2cdb51ez5920z4ff8z98f6zb92eaef8baf7
    • La fabrique sociale et politique de la paix : la reconversion autoritaire du régime angolais dans le post-guerre. DOI: 10.70675/46a8ad3az5a3ez47b1z932cz22248ad013e3
    • Contribution à l'étude des politiques de la mémoire dans la construction de l'Etat en Afrique. DOI: 10.70675/508908f3zca4ez4231z9d4bz99fb7463d8d1
    • "JUIFS" dans la zone littorale du Nord et du Pas-de-Calais du début du XIXe siècle à la fin des années 2010. DOI: 10.70675/91a1fb52z0978z4337za380zf12f3f9d1b72
    • Les jeunes communistes en France (1944 - fin des années 1970) : les mutations d'une expérience politique en milieux juvéniles et populaires. DOI: 10.70675/80a58deazdd1dz46ebz827az99d0346723eb
    • Collèges, lycées et université en Franche-Comté au cœur des grandes mutations de l’éducation au milieu du XXème siècle : Ruptures, renouveau et continuités (1938-1947).. DOI: 10.70675/fb3eb3a6z1bf9z411ez891ezce26fcdcc8ed
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    • Verstrickte Emotionen : transnationale Perspektiven auf post- koloniale Erinnerungspolitiken in Deutschland und Frankreich seit den 1990er Jahren. DOI: 10.70675/8c550a9bz1192z4441z90afz9b0166b7505a
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    • "Les armes des faibles et la faiblesse des armes" : actions et réactions ouvrières en situation de désindustrialisation en France (1951-2012). DOI: 10.70675/d62b2a6bz59a9z485eza1bazca71245bfa53
    • Les stratégies d’appropriation des droits de l’homme pour installer des compteurs et des caméras : études de cas grenoblois et lyonnais. DOI: 10.70675/7571789fz88f6z49b5z8f00z03e77c317b21
    • Au delà de la complainte : sociologie des constructions mémorielles nubiennes en Égypte. DOI: 10.70675/6f820dbez5fc6z4afbza926zb3c26f704b3c
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    • L'écriture chéraldienne de l'histoire : les opérations intellectuelles et pratiques d'un historiophoto-scénographe (1963-2012). DOI: 10.70675/a3417443z10c8z4b92z8bfez069ed7a704d1
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    • Construction difficile d’une mémoire commune de la RDA dans l’Allemagne unifiée (1990-2006) : traitement public du passé à l’occasion de commémorations. DOI: 10.70675/46d2d31ez819fz410bz8553zbf839fcf6e06
    • Les archives orales à l’épreuve de l’histoire et des mémoires des contestations étudiantes des années 1968. DOI: 10.70675/8257daedzca90z4b04zba19z498e4f052d41
    • Mourir pour la France en Algérie : armée, État et familles face aux morts de l’armée française pendant la guerre d'Algérie (1954- années 2010). DOI: 10.70675/ddad1a39z7009z428dzbcd2z82ab5d4f0dda
    • Entre mémoires et oublis, la lente inscription d'un évènement traumatique dans l'histoire d'une nation, la cas de l'incendie de la Triangle Shirtwaist Company, New York, 25 mars 1911. DOI: 10.70675/bff86b7cza4d9z4e5bz8d6ez79f3615d4662
    • La réception de l'histoire romaine dans l'enseignement secondaire de 1880 à nos jours : l'exemple d'Alésia. DOI: 10.70675/f45d207aze09bz4c5bzac15z4741ba6aba2d
    • Mémoires de vainqueurs, mémoires de vaincus. : la construction démocratique à l'épreuve des conflits autour des mémoires de la Guerre Civile et du franquisme. DOI: 10.70675/7cdd9637zc3edz430dz80f8z5122879b804b
    • La résistance des témoins : mémoires de guerre, nationalisme et vie quotidienne en Bosnie-Herzégovine (1992-2010). DOI: 10.70675/1da46bf7z0f4az458dzb31ez8a45d905f843
    • La commémoration du 11 Novembre à Paris : 1919-2012. DOI: 10.70675/7bae36b4z87b2z4729z841cz2d1028d40202
    • Pour une histoire culturelle du testimonial. De la notion de "témoignage" à celle de "création testimoniale". DOI: 10.70675/c8c64bfbzc1f8z4fbdz808ez1973af70bc48
    • Le deuil inachevé : la commémoration de l'Armistice du 11 novembre 1918 en France dans l'entre-deux-guerres. DOI: 10.70675/44fdf46cz7a91z4f5bzb159z91c76f535e34
    • Les ouvrières, des années 1968 au très contemporain : pratiques et représentations. DOI: 10.70675/87f69f52zf7d1z4519z8c7fz822e875bbe9a
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    • La politique, l’histoire, la mémoire : les usages politiques du passé en France depuis les années 1990. DOI: 10.70675/e1ae4b67zc5cez4d23z84a4z98f716e2fe87
    • Les "relations interculturelles" : trajectoire sociale d'une catégorie réformatrice. DOI: 10.70675/40881755z7f5fz46c3za997z5856b2202769
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    • La sédimentation des socialismes roumains : identités socialistes et mouvements sociaux dans le contexte de la modernisation du pays, 1878-1916. DOI: 10.70675/2e1bf8f1z9d3ez41bazac52z4a20303afe79
    • De la Commune de Paris au Panthéon (1871-2013) : célébrité, postérité et mémoires de Louise Michel : sociologie historique de la circulation d’une figure politique. DOI: 10.70675/bb6f5c86z3b20z4dcfz97bazeff3f9a59343
    • Pio Turroni et le mouvement anarchiste italien en exil en France durant l’entre-deux-guerres : de l’engagement individuel à la mobilisation collective. DOI: 10.70675/a47f9d61z47b6z473bza653z705c4786aab9
    • La construction d'une identité niçoise par les associations du Comté de Nice. DOI: 10.70675/f63bf167z7110z424az8feaz7d66f3a2eb95
    • "Pleurons-les, bénissons leurs noms" : les commémorations de la Shoah et de la Seconde Guerre mondiale dans le monde juif parisien entre 1944 et 1967 : rituels, mémoires et identités. DOI: 10.70675/1eae1832zd390z49a3zbeb1z237f4f82081b
    • La mémoire et le droit des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité depuis la seconde guerre mondiale : comparaison Allemagne fédérale / France. DOI: 10.70675/8f6318c0z467cz4a96zad2cz97014223ead4
    • Le mémoricide. DOI: 10.70675/5954dab1za0f3z48b9zb07dz6869c8ef22e0
    • Réparer l’histoire : les combattants de l’Union française prisonniers de la République démocratique du Vietnam de 1945 à nos jours. DOI: 10.70675/abf1b7aczadc2z4b85zaf94z98d4c130c2e8
    • Le statu-quo de la mémoire nationale à Taïwan : les dynamiques antagonistes de mises en récits publiques de l'expérience autoritaire. DOI: 10.70675/126e1943ze3cdz4ceez8ab1z782963aecaf0

    Ce chapitre est cité par

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    • Le débat sur la gestation pour autrui lors de la seconde révision des lois de bioéthique françaises : d’un conflit de légitimités à une entreprise de légitimation : politique des corps à concevoir. DOI: 10.70675/96887492zf0caz41d6z95a9z7aa354008fee
    • Au croisement des mondes scientifique et politique : L'écriture et l'enseignement de l'histoire de l'Europe en France et en Allemagne (1976-2007). DOI: 10.70675/a6b178aezae90z4832z8a9fzea450e1edc0f
    • Le temps du "devoir de mémoire" des années 1970 à nos jours. DOI: 10.70675/6bd8a2fez5673z4db2z9d03z28efb0a55a5a
    • Télévision et patrimoine, des origines à la fin des années 1990. DOI: 10.70675/8543bb83zdccfz4ef8z97f2z19906fec1229

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    Garcia, P. (2006). Valéry Giscard d’Estaing, la modernité et l’histoire. In C. Andrieu, M.-C. Lavabre, & D. Tartakowsky (éds.), Politiques du passé. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence. https://doi.org/10.4000/books.pup.5894
    Garcia, Patrick. « Valéry Giscard d’Estaing, la modernité et l’histoire ». In Politiques du passé, édité par Claire Andrieu, Marie-Claire Lavabre, et Danielle Tartakowsky. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence, 2006. doi:10.4000/books.pup.5894.
    Garcia, Patrick. « Valéry Giscard d’Estaing, la modernité et l’histoire ». Politiques du passé, édité par Claire Andrieu et al., Presses universitaires de Provence, 2006, https://doi.org/10.4000/books.pup.5894.

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    Andrieu, C., Lavabre, M.-C., & Tartakowsky, D. (éds.). (2006). Politiques du passé. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence. https://doi.org/10.4000/books.pup.5867
    Andrieu, Claire, Marie-Claire Lavabre, et Danielle Tartakowsky, éd. Politiques du passé. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence, 2006. doi:10.4000/books.pup.5867.
    Andrieu, Claire, et al., éditeurs. Politiques du passé. Presses universitaires de Provence, 2006, https://doi.org/10.4000/books.pup.5867.
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