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    Plan détaillé Texte intégral Un littoral de non droit : les calanques marseillaises durant la Première Guerre mondialeOpportunités de guerre et obsessions alimentaires : pêcher à l’explosif en Provence pendant la Seconde Guerre mondiale Notes de bas de page Auteur

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    Violences de guerres ?

    Pêcheurs dynamiteurs en Provence (1914-1945)

    Daniel Faget

    p. 389-399

    Texte intégral Un littoral de non droit : les calanques marseillaises durant la Première Guerre mondialeLieux et pratiques du braconnage halieutiqueUne géographie du délitDes forces de l’ordre sous-équipéesUne pêche délictueuse inscrite dans l’économie localeLa pêche à la dynamite, miroir d’une société en guerre ?Des limites de la mobilisationLes faux semblants d’une culture de guerreOpportunités de guerre et obsessions alimentaires : pêcher à l’explosif en Provence pendant la Seconde Guerre mondialePratiques de guerreUne impunité des troupes d’occupationLa contagion des armesUne dérégulation des pêches accrue par les pénuries alimentaires Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Autorisée dès 1867 grâce à l’invention de frères Nobel, l’utilisation de la dynamite dans les pratiques halieutiques se répand rapidement en Méditerranée au cours des dernières décennies du xixe siècle. Elle est ainsi avérée en Provence dès 18831, et sur les littoraux de la Corse à partir de 1888. Prohibé par le décret du 5 novembre 1891, et précisément étudié par les membres de l’école océanologique marseillaise lors des dernières années du siècle, le recours aux explosifs est solidement installé dans les habitudes de certains pêcheurs provençaux à la veille de 1914. Il ne quittera plus le littoral provençal jusqu’aux lendemains du second conflit mondial. L’étude proposée ici n’a pas pour objectif de retracer la longue histoire des techniques du braconnage halieutique en Méditerranée, qui a fait l’objet de récentes publications2. En s’appuyant sur une série limitée de sources, toutes produites pendant les années de guerre, elle propose une interrogation sur les caractères de la pêche à l’explosif durant ces périodes d’exception. Il arrive en effet que la guerre croise cette pratique illégale, par le matériel que diffusent les armées, par les hommes qui les mettent en œuvre, ou encore parce que les conditions de pénurie que la guerre engendre poussent les populations à se procurer coûte que coûte un complément en protéines. Guerres totales, les deux affrontements armés du xxe siècle ont projeté leur puissance destructrice sur les écosystèmes marins. Ils ont aussi bouleversé les conditions de leur exploitation, par une remise en cause des structures traditionnelles de régulation des métiers de la pêche. En nous permettant de cerner quelques manifestations du conflit à l’arrière du front, la pêche à l’explosif soulève un certain nombre de questions. Comment comprendre la présence récurrente, durant la Première Guerre mondiale, de nombreux déserteurs parmi les pêcheurs délinquants à Marseille ? Ces hommes incarnent-ils l’un des visages de la « marginalité militaire3 » étudiée par les historiens de la Grande Guerre ? Que nous apprennent-ils sur la limite des processus de mobilisation au sein des sociétés en guerre ? L’usage des explosifs, de la part d’individus ayant fui les situations de combat, est-il paradoxal ? La Grande Guerre aurait-elle joué ici un rôle d’acculturation auprès de ces hommes, les familiarisant avec la puissance des armes ? Quels rapports ces hommes entretiennent-ils avec les structures légales de représentation des métiers de la pêche ? Sont-ils l’expression d’une aggravation de la crise des activités de pêche côtière, déjà perceptible avant le xxe siècle ? Dans un autre contexte politique, que penser enfin de l’apparente banalité du braconnage à l’explosif au cours du second conflit mondial, à un moment où les littoraux font l’objet d’une surveillance pourtant vigilante ? Plusieurs dossiers, attachés à la correspondance des autorités préfectorales et à l’activité des cours de justice, permettent d’esquisser des réponses partielles à l’ensemble de ces interrogations, qui pour plus de cohérence, feront l’objet d’un traitement chronologique.

    Un littoral de non droit : les calanques marseillaises durant la Première Guerre mondiale

    Lieux et pratiques du braconnage halieutique

    2Largement répandue avant le déclenchement du conflit, la pêche à l’explosif ne s’interrompt pas durant les années de guerre. Les courriers échangés entre le ministre de l’Intérieur et le préfet des Bouches-du-Rhône pendant la courte période qui s’écoule entre juillet et décembre 1917, auxquels s’ajoutent les rapports adressés par les commissaires de police à leur hiérarchie, nous donnent des renseignements assez précis sur les affaires de braconnage halieutique sur le littoral marseillais. L’ensemble de ces documents permettent une reconstitution de la géographie des délits, mais plus encore de l’identité de ceux qui les commettent.

    Une géographie du délit

    3Offrant de multiples lieux de dissimulation aux braconniers, la portion du littoral qui s’étend, de la Madrague de Montredon jusqu’à la calanque de Morgiou apparaît comme l’espace privilégié de la pêche à la dynamite entre 1914 et 1918. Rendant compte à son ministre des difficultés à éradiquer celle-ci dans son département, le préfet Abraham Schrameck ne cache rien des épreuves rencontrées par ses subordonnés lors des opérations sur le terrain. La côte avance-t-il,

    n’a pas moins de 25 à 30 kilomètres, toute rocheuse et très escarpée, offrant des altitudes de 100 à 400 mètres, abordable par des sentiers difficiles. Elle recèle des grottes où les malfaiteurs trouvent des abris momentanés car leurs déplacements sont multiples ; par contre, la police ou la troupe est aperçue et signalée de très loin4.

    4Aussi mobiles dans les calanques que pouvaient l’être les contrebandiers d’Ancien Régime, les dynamiteurs possèdent des lieux de repli, leur servant d’habitations provisoires ou de points d’organisations de leurs activités de pêche. Les îles de la Jarre, celle du Jarron et l’île de Maïre sont ainsi présentés par le commissaire de police Lenoël, en août de la même année, comme « leur quartier général5 », pendant que les cabanons de Morgiou offrent aux hors-la-loi un logis éloigné des regards. Cet espace est, il est vrai, « à peu près désert et il n’y a par-ci par-là, que quelques cabanons habités seulement les dimanches pendant la belle saison6 ».

    Des forces de l’ordre sous-équipées

    5Face à la détermination des braconniers, la puissance d’intervention des autorités semble limitée. Les difficultés de transport jusqu’aux lieux de pêche restreignent les possibilités de surprendre les pêcheurs en flagrant délit. Soucieux d’éviter d’éventuels reproches de leur hiérarchie, les responsables de la police exagèrent les difficultés de leur mission, décrivant dans leurs rapports les opérations sur le terrain comme de véritables expéditions. Se plaignant de l’absence de tout véhicule motorisé dans son service, le « commissaire des brigades cyclistes » Lenoël explique « que c’est en utilisant le tramway, la bicyclette et surtout en opérant pédestrement qu’il faut se rendre sur place ». Lors de l’intervention qu’il organise le 8 août 1917, cet officier se met donc en route avec dix hommes autour de minuit. Après avoir déposé leurs bicyclettes « dans un restaurant de la commune de Mazargues », l’ensemble de la troupe chemine une partie de la nuit en direction de Morgiou, qu’elle rallie vers deux heures du matin, au « prix d’une fatigue incontestable », et après avoir parcouru « à pied, des pistes de cailloux acérés, […] à travers des collines arides et escarpées », au point que « plusieurs hommes ont vu leurs chaussures endommagées7 ». S’ils n’effectuent pas en vain cette opération, puisqu’ils appréhendent l’un des délinquants poursuivis après une fouille en règle des cabanons, les policiers marseillais ne sont pas au bout de leur peine. La description du rapatriement sur la bicyclette de l’un des agents de l’individu interpellé, constitue l’un des morceaux de bravoure du récit de cette opération. Le commissaire Lenoël signale à ce propos à son supérieur hiérarchique « l’endurance du cycliste Perrin, qui nous a permis de gagner un temps considérable, puisque son énergie et son habileté ont permis de ramener le prisonnier sur une machine, par la route parcourue à bicyclette ».

    6Ces difficultés d’intervention attirent l’attention des autorités sur l’apport que représenterait pour les forces de l’ordre la mise à disposition d’une embarcation moderne. Ne disposant pour la surveillance des pêches que du navire à vapeur Rascasse, les services de la marine marchande de parviennent pas à donner la chasse aux braconniers8. Ce constat pousse le préfet à demander en décembre 1917 au ministre de l’Intérieur la fourniture d’un bateau rapide à pétrole, « pouvant rejoindre les dynamiteurs dont un certain nombre utilisent des barques de cette nature9 ».

    Une pêche délictueuse inscrite dans l’économie locale

    7La déficience des moyens attribués aux brigades n’explique pas en totalité le combat en apparence inégal qui se joue à Marseille entre la loi et les délinquants. Ces derniers bénéficient dans toute l’agglomération de réelles complicités, et leurs pratiques sont en quelque sorte légitimées par l’existence d’un marché, légal ou illicite.

    8La pêche à la dynamite pratiquée dans les calanques marseillaises alimente les poissonneries de la ville. Le dynamiteur Marius Granier, arrêté lors de l’opération de police du 8 août 1917, déclare « venir tous les jours à Mazargues porter le produit de sa pêche vers 8 heures du matin, et le [vendre] à raison de 4 francs le kg10 », soit le prix du poisson de première catégorie légalement distribué dans les diverses halles de la ville. Selon le préfet, une partie de cette marchandise est même écoulée « à la Criée Neuve, où elle viendrait par voie de mer11 ». En soulignant la difficulté que soulève l’identification du poisson dynamité proposé sur les tables des poissonneries, les représentants de l’État dressent un constat qui n’a rien de nouveau, et qui avait déjà été établi avant la guerre par le biologiste Paul Gourret12. De fait, le poisson « qui est apporté sur le marché n’offre rien de caractéristique quant à la façon dont il a été capturé13 ». Affirmer cela revient à reconnaître tacitement la complicité d’une partie de la société marseillaise avec les délinquants, pudiquement ignorée dans les rapports officiels. Les poissonniers des halles, comme les autorités du port, qui distribuent ou voient arriver journellement sur les quais des corbeilles de poissons acheminées depuis Morgiou, ne sont pas à ce propos les seuls acteurs à intervenir dans ce qui s’apparente à un système de pêche frauduleux dans le golfe. La provenance des explosifs utilisés par les braconniers ne fait aussi aucun doute. Fouillant le cabanon no 69 de Morgiou en août 1917, les policiers y saisissent « 8 chandelles de cheddite amorcées, 500 grammes de dynamite, 2 mètres de cordon beeckford, 8 détonateurs14 ». Ces explosifs n’ont pas une origine militaire. Acheminés par mer depuis l’Estaque, ils sont vendus aux dynamiteurs par les ouvriers de diverses carrières, et ce constat explique que le commissaire central suggère au préfet de « raréfier les livraisons faites aux carrières et aux industriels ». De proche en proche, une partie de la société marseillaise est donc impliquée dans la pratique de la pêche illégale. L’examen de ses acteurs principaux nous oblige donc à nous interroger sur la réalité de leur marginalité, et sur la relative bienveillance exprimée par certains groupes d’habitants vis-à-vis d’individus pourtant recherchés par les forces de police.

    La pêche à la dynamite, miroir d’une société en guerre ?

    Des limites de la mobilisation

    9L’ensemble des pièces étudiées permet la reconstitution d’une liste de 23 individus inculpés entre avril 1916 et décembre 1917. Près de la moitié d’entre eux (11) sont des déserteurs. Une reconstitution précise de l’itinéraire de ces individus au cours des quatre années du conflit, réalisée à partir des dossiers militaires individuels, mais aussi des pièces produites par les tribunaux militaires, apporterait un éclairage intéressant sur ce groupe de délinquants. À partir de la documentation conservée aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône, il est possible de recueillir de premiers éléments sur quelques membres du groupe. Nous connaissons l’affectation de cinq d’entre eux. Comme la plupart des conscrits et des réservistes provençaux, ces hommes ont été affectés au XVe corps d’armée15. Marius Granier, mobilisé dans le 341e régiment d’infanterie, constitué à Marseille le 5 août 1914, a donc servi dans une unité de réserve sur les fronts de la Marne, puis de Verdun ou de l’Argonne. Laurent Marletto et Émile Fanucci, originaires de la Ciotat et de Marseille, appartiennent au IIIe régiment d’infanterie. Regroupés dans les casernes de Digne ou d’Hyères lors de la mobilisation générale, ces deux hommes se sont donc retrouvés intégrés, au sein de la 29e division d’infanterie, dans les unités combattantes placées sous le feu dès les débuts de la guerre. Avec Joseph Simoni et Fortuné Pellegrino, deux Marseillais, respectivement affectés au 5e dépôt militaire à Toulon, et au 27e bataillon de chasseurs alpins de Menton, ces hommes sont donc tous originaires du littoral provençal. Certains sont des déserteurs multirécidivistes. Marletto a ainsi abandonné son régiment à cinq reprises. Déjà condamné à cinq ans de travaux publics, il s’évade en juin 1917 du centre d’incarcération militaire d’Antibes, avant d’être une nouvelle fois arrêté dans les calanques marseillaises en octobre de la même année. Pellegrino, qui a déserté par deux fois, traîne au moment de son arrestation, le même mois, une condamnation à deux ans de travaux publics. L’analyse de ce petit groupe d’hommes amène plusieurs remarques. La première, chronologique, est relative à leur récidive en matière de désertion. Il n’est pas anodin que le dossier constitué sur ces dynamiteurs concentre des pièces émises au cours de l’année 1917, année qui, avec 25 000 désertions au sein des seules unités françaises, marque une hausse de cette pratique au sein des unités combattantes16. On remarquera cependant l’antériorité de cette décision de rupture chez certains de ces soldats, qui s’apparente, chez Marletto en particulier, à un refus répété de toute présence au front. Un deuxième constat peut être fait, celui de la relative clémence des autorités militaires. L’absence de toute condamnation à mort de ces récidivistes, qui relativise l’idée d’une rigueur habituelle des tribunaux17, souligne dans les faits les besoins en hommes de l’état-major, enclin à n’infliger aux déserteurs que des peines légères pour mieux les réaffecter au front18. L’examen de l’état d’esprit de ces dynamiteurs est tout aussi instructif. Chez ces derniers, on cherchera en vain toute trace de cette mortification que pourrait engendrer le sentiment d’une attitude déshonorable. Au moment de son arrestation aux Goudes en octobre 1917, Marletto se vante devant les officiers de police d’être de retour sur sa barque sous huit jours. Cet attachement à la pratique de la pêche à l’explosif, comme la relative porosité des prisons militaires, se retrouvent de la même façon chez Marius Granier. Arrêté à Morgiou le 8 août 1917, ce dernier est de nouveau à pied d’œuvre en octobre, la police désespérant de parvenir à appréhender une nouvelle fois le fuyard. Curieux groupe que celui constitué par ces dynamiteurs, ne fuyant les horreurs du front que pour mieux retrouver l’âcre odeur de la cheddite. Et qui nous oblige dans tous les cas à nous interroger sur la relation entretenue par ces hommes avec un conflit qui ne semble aucunement les concerner. Pour la plupart trentenaires, le groupe des dynamiteurs marseillais démontre l’existence, dans ces sociétés en guerre, d’une frange marginale de la population obéissant à d’autres codes de valeur que ceux habituellement acceptés par la plupart de leurs concitoyens. Leur familiarité avec les substances explosives ne date pas, à la vérité, de leur exposition au combat, et ce n’est aucunement l’impossibilité, réelle au demeurant, dans laquelle ils se trouvent de s’immatriculer aux classes maritimes, qui les pousse durant leurs multiples échappées à des pratiques de pêche illégales.

    Les faux semblants d’une culture de guerre

    10Dans les rapports qu’ils rédigent après leurs opérations, les officiers de police marseillais rangent les plus actifs des hommes recherchés ou inculpés sous la profession de « pêcheurs à la dynamite », activité qui semble donc antérieure à la guerre. De Pellegrino, le préfet dit ainsi qu’il est « un homme redoutable, pêcheur à la dynamite19 ». Marcelin Granier est pour sa part un « repris de justice très connu de la sûreté20 », pendant que Laurent Marletto est qualifié de « véritable chef de bande, redouté dans la région des Goudes21 », et ayant « déjà subi des condamnations pour vols22 ». Ce n’est donc pas leur présence au front qui a permis à ces hommes de maîtriser le maniement des explosifs, mais bien une pratique antérieure à la guerre. Celle-ci s’est développée dès les années 1880, en marge de structures professionnelles en crise, qui ne parviennent plus dès la fin du xixe siècle à réguler le prélèvement des ressources marines dans les eaux du golfe de Marseille. Les délinquants sont d’ailleurs connus des patrons enregistrés, qui redoutent leur violence et leur radicalité. Lorsque le syndic des gens de mer de Mazargues dépose plainte contre les dynamiteurs des calanques, il ne parvient à convaincre aucun des patrons à déposer témoignage des malversations observées. Les pêcheurs « craignent les représailles, et laissent l’autorité à ses seuls moyens suivant l’habitude locale23 ».

    11La traque des dynamiteurs marseillais au cours des années 1916-1917 ne se rattache finalement au conflit en cours que par la présence de déserteurs. Ces derniers, appartenant au monde de la petite criminalité, reproduisent pendant le conflit un comportement de marginalité qui était déjà le leur avant 1914. L’origine civile de leurs engins explosifs, comme leur habitude de la pratique des pêches délictueuses, s’inscrivent bien dans la phase de dégradation de l’exercice des pêches côtières lors des premières décennies du xxe siècle, sans que l’on puisse réellement deviner sous ces agissements l’influence manifeste d’une culture de guerre.

    Opportunités de guerre et obsessions alimentaires : pêcher à l’explosif en Provence pendant la Seconde Guerre mondiale

    12Resté à l’écart des zones de combat durant le premier conflit mondial, l’espace méridional échappe pour l’essentiel jusqu’en novembre 1942 au régime d’occupation par une armée étrangère. L’installation en Provence après cette date de troupes allemandes et italiennes inaugure pour les populations locales un temps d’aggravation des pénuries alimentaires, pourtant déjà préoccupantes depuis l’été 1940. Alors que la soupe de poisson se fait de plus en plus souvent sans poisson dans les petits restaurants de Marseille24, l’obsession de la nourriture encourage le braconnage halieutique. Celui-ci est facilité, entre Menton et les derniers confins occidentaux du littoral varois, par une armée italienne qui n’hésite pas à exploiter avec brutalité les ressources marines, et diffuse parallèlement auprès de certains habitants du matériel de guerre permettant la mise en œuvre de la pêche aux explosifs.

    Pratiques de guerre

    Une impunité des troupes d’occupation

    13Toujours pratiqué lors des situations de guerre ou d’occupation militaire, le braconnage halieutique accompagne la présence des troupes italiennes en Provence. Quelques dossiers de justice permettent d’entrevoir la banalité d’une pratique qui se fait parfois au péril de la vie des soldats. Jugés par les sections spéciales, ces tribunaux créés par l’État français en août 194125, les délits de détention de substances explosives nous renseignent à la marge sur l’attitude des troupes étrangères. Le procès intenté à l’été 1943 à Jean Yvorel, un habitant de Toulon, présente ainsi un certain intérêt. Placé en garde à vue à la suite d’une perquisition effectuée à son domicile le 19 août 1943, ce dernier explique sa possession de dynamite par sa proximité avec certains membres des troupes italiennes. S’il se défend de pêcher lui-même à l’explosif, il avoue avoir mis les barques qu’il possède à disposition des soldats :

    Je suis allé plusieurs fois à la pêche avec des soldats italiens munis de grenades et de dynamites. Avec eux, j’ai amorcé des dynamites, mais ce sont les soldats qui les ont jetées à l’eau26.

    14Fréquent en bord de mer, le dynamitage par les Italiens concerne aussi les cours d’eau, où il semble même avoir acquis une dimension proverbiale, bien perceptible dans la déposition d’Aimé Brunel, un habitant de Roquebrune-sur-Argens, témoin d’une pêche illégale au printemps 1943 :

    Dans le courant de la première quinzaine du mois de mai 1943, un jour vers 13 heures, je me trouvais à mon cabanon, situé à vingt mètres au sud de l’Argens, lorsque j’ai entendu une détonation dans cette rivière. Je me suis avancé aussitôt de ce cours d’eau, où j’ai constaté que le nommé Cravero Antoine de Fréjus, accompagné d’un autre homme, s’y trouvaient sur une barque. J’ai fait remarquer à Cravero qu’il n’y avait plus que les Italiens qui pêchaient à la dynamite. Si c’était les Italiens, vous ne leur diriez rien, m’a-t-il répondu aussitôt27.

    15Apparemment banale, la pratique de la pêche à la dynamite par les troupes d’occupation est émaillée d’accidents, d’ailleurs reconnus par les responsables de l’État-major. Dans un courrier adressé au procureur de la République de Toulon, daté du 30 août 1943, le général Amilcare Farina, responsable des Forces navales spéciales, mentionne ainsi un « douloureux accident de pêche qui a causé la mort d’un des soldats » en mai 194328.

    La contagion des armes

    16La diffusion par les troupes italiennes de substances explosives auprès des populations, mais aussi la récupération par ces dernières de matériel de guerre, encouragent ces pratiques délictueuses. Arrêté en juin 1943 pour avoir manié la dynamite à partir des rochers d’Antheor, près de Fréjus, Ugo Bandelloni et Jean-Baptiste Carro affirment lors de leur interrogatoire « tenir cette dynamite de soldats italiens29 ». L’origine des deux hommes, nés à La Spezia, en Ligurie, explique peut-être leur contact avec les troupes d’occupation. Ce soupçon de collusion a, on le sait, durablement alimenté pendant toute la période une méfiance vis-à-vis des membres de la communauté italienne, qu’ils soient immigrés ou naturalisés30. Ce canal « communautaire » de la diffusion des substances explosives par les troupes italiennes ne semble pourtant pas exclusif, comme le démontre le dépôt par ces dernières de dynamite chez le Toulonnais Jean Yvorel au printemps 1943. Ce chauffeur de profession, qui fournit des embarcations pour les pêches délictueuses, ne garde d’ailleurs pas en sa possession que du matériel provenant de garnisons étrangères. À Toulon plus qu’ailleurs encore en Provence, la guerre a déposé sur les rivages de la rade une ample moisson d’objets meurtriers, en partie récupérés par des particuliers. C’est ainsi du chaos résultant du sabordage de la flotte en novembre 1942 que proviennent les étoupilles saisies chez ce particulier, en sus de la dynamite italienne31. Réponses plurielles à un état de disette, qui pousse à Toulon les ménagères à manifester devant la préfecture au printemps 194332, le recours à la pêche explosive peut se passer du reste de l’apport du matériel militaire. La fabrication de bombes efficaces semble à la portée à la même époque de n’importe quel individu maîtrisant un tant soit peu les propriétés réactives des produits chimiques, comme le démontre l’arrestation d’Auguste Delavigne et de ses complices, à Marseille, en novembre 1943.

    Une dérégulation des pêches accrue par les pénuries alimentaires

    17Le 26 octobre 1943, un préposé des douanes allemandes arrête dans le quartier de la madrague de Montredon à Marseille un dénommé Auguste Delavigne et quatre de ses complices, sous l’inculpation de détention, de fabrication et d’usage d’explosifs. Leur remise dès le 28 octobre à la police française ouvre une procédure qui va les conduire au printemps 1944 devant le Tribunal spécial de la cour d’appel d’Aix-en-Provence33. Les différents procès-verbaux recueillis au cours de l’instruction de cette affaire nous ramènent pour l’essentiel à des thématiques déjà entrevues au cours de cette étude. S’y entremêlent en effet sentiment d’une désorganisation de la pêche côtière professionnelle, mise en œuvre de pratiques répondant à un état de pénurie alimentaire, et existence de réseaux permettant l’approvisionnement en substances explosives. L’examen de l’identité des inculpés permet de revenir sur chacun de ces points. Lors de son arrestation en 1943, Auguste Delavigne est un patron pêcheur de 27 ans. Ses changements de profession dans les années qui précèdent, comme peut être ses engagements politiques ou syndicaux, témoignent chez cet homme d’une certaine ambition. Militant de la droite extrême avant la guerre, Delavigne est inscrit au Parti social Français, au sein de la section marseillaise « Les Palmiers, Vieille Chapelle ». Manœuvre à l’usine Mante de La Madrague depuis 1936, il incarne au début de la guerre la réorientation progressive du parti du colonel de La Rocque vers des thématiques sociales et civiques34, puisqu’il fonde et dirige dans cette entreprise, jusqu’au printemps 1941 le Syndicat Professionnel Français, regroupant environ 150 adhérents35. Les raisons de son changement d’activité ne sont pas connues. Ce que nous savons en revanche, c’est que Delavigne choisit d’investir les métiers de la pêche, tout en apportant son adhésion au nouveau syndicat corporatiste des pêcheurs, réorganisé en mars 1941 par le père Lebret36. Matelot sur la barque d’un pêcheur de la madrague jusqu’en mars 1943, Delavigne achète à cette date sa propre embarcation. La pauvreté de ses moyens – il ne peut alors faire l’acquisition d’un filet – comme les relations douteuses dont il s’entoure, disent d’une certaine manière la marginalisation progressive du monde de la pêche à Marseille. Les quatre complices de Delavigne en témoignent. Le dénommé Gemini possède un solide casier judiciaire. Condamné en octobre 1933, novembre 1934 et juin 1935 pour pêche aux explosifs, il rappelle le profil des déserteurs rencontrés dans les calanques marseillaises au cours de la Première Guerre mondiale. L’inspecteur de police Cruzabeles le présente en février 1944 comme « membre d’une famille de ravageurs de la mer […] spécialiste de la pêche à la dynamite37 ». Charles Lavagi, le plus jeune du groupe n’a que seize ans en 1943. Un rapport adressé au juge d’instruction par le service social de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence, daté du 23 novembre 1943, dit de lui : « Le jeune Charles travaillait chez Arsène Coignard pour les Allemands. Il déroba sur le chantier des explosifs qu’il revendait à des pêcheurs. Les Allemands l’ayant surpris l’arrêtèrent et le menèrent à la prison Saint-Pierre où il est resté un mois ». Le jeune Lavagi, semble effectivement avoir organisé avec un autre salarié, l’ancien légionnaire espagnol Martinez, un trafic de détonateurs en direction des pêcheurs marseillais. Le dernier des inculpés, Étienne Ricci, matelot de Delavigne, paie évidemment sa participation aux pêches délictueuses. Le patron de pêche, sans doute instruit sur les propriétés des produits chimiques lors des années passées au sein de l’usine Mante, sait comment utiliser les détonateurs qui lui sont vendus 25 francs pièce. Il a acheté « sans difficultés cinq, puis dix kilos de chlorate de potasse qu’il a pulvérisé en poudre et mélangé avec de l’huile de vidange d’automobile38 ».

    18Petite affaire de délinquance ordinaire, le procès Delavigne nous permet d’entrevoir l’enracinement social des pêches illégales dans une France en guerre. La misère des procédés employés, et celle des inculpés, nous offrent un éclairage sur les difficultés de populations confrontées au manque alimentaire. Comme les enquêtes menées en 1917, ce procès démontre cependant que le contexte de guerre aggrave la prévention des autorités contre des délinquants qui manipulent de la poudre. La traque policière contre les résistants conduit en effet les autorités à examiner avec une attention accrue tous les trafics relatifs à des explosifs. Delavigne perçoit bien d’ailleurs, au cours de l’instruction de son procès, le danger que présenterait l’assimilation de sa faute à une activité de sédition. La possession de cet explosif, dit-il lors de son interrogatoire du 27 octobre 1943, « ne vise aucun but politique. Je l’utilise uniquement pour la pêche. Moi-même, je suis anti-communiste et comme tel décrié dans tout mon quartier ».

    19De fait, la pratique du dynamitage en mer dépasse les années de conflit, et signale autre chose qu’une désorganisation passagère des pêches côtières. Elle est avant tout l’expression d’une dérégulation du rapport de l’homme à la ressource marine, même si les conflits en cours aujourd’hui autour de la Méditerranée nous rappellent qu’elle demeure parfois le seul recours de populations brutalisées par la guerre.

    Notes de bas de page

    1 Le Petit Marseillais, 25 juillet 1883.

    2 R. Lentini, « Tra frodi e legalità : pesca a strascico e pesca con la dynamite nei Compartimenti marittimi di Palermo e di Trapani tra Ottocento e Novecento », V. D’Arienzo, B. Di Salvia, dir., Pesci, barche, pescatori nell’area mediterranea dal medioevo all’età contemporanea, Atti del Quarto Convegno Internazionale di Studi sulla Storia della pesca, Fisciano-Vietri sul Mare-Cetara, 3-6 ottobre 2007, Milano, Franco Angeli, 2010, p. 255-286. A. Garrido Escobar, « Anar al petardo. La pêche à l’explosif sur la Costa Brava », D. Faget, M. Sternberg, dir., Pêches méditerranéennes. Origines et mutations (Protohistoire-xxie siècle), Aix-en-Provence/Paris, MMSH/Karthala, 2015, p. 189- 200. D. Faget, « Le poison et la poudre. Passé du braconnage halieutique en Méditerranée (xviiie-xxe siècle) », D. Faget, M. Sternberg, dir., Pêches méditerranéennes… op. cit., p. 169-188.

    3 N. Beaupré, C. Ingrao, « Marginaux, marginalité et marginalisation durant la guerre », S. Audoin-Rouzeau, J.-J. Becker, Encyclopédie de la Grande Guerre, t. II, Paris, Perrin, 2012, p. 307-326. Collectif, « Marginaux, marginalité, marginalisation, 14-18 Aujourd’hui, Today, Heute », Noêsis, no 4, 2001, 255 p.

    4 AD BDR, 4 M 2333, Rapport du préfet des Bouches-du-Rhône au ministre de l’Intérieur, 24 décembre 1917.

    5 Ibid., Rapport du commissaire de police, contrôleur des gardiens de la paix, au commissaire central, 3 août 1917.

    6 Ibid.

    7 Ibid.

    8 Ibid., Lettre du ministre de l’Intérieur au préfet des Bouches-du-Rhône, 27 juillet 1917.

    9 Ibid., Lettre du Préfet des Bouches-du-Rhône au ministre de l’Intérieur, 24 décembre 1917.

    10 Ibid., Rapport du commissaire de police Lenoël au commissaire central, 8 août 1917.

    11 Ibid., Lettre du Préfet des Bouches-du-Rhône au ministre de l’Intérieur, 24 décembre 1917.

    12 P. Gourret, « Sur les caractères du poisson dynamité », Revue Maritime, août 1900, t. CXLVI, p. 431-443.

    13 AD BDR, 4 M 2333, Rapport du commissaire central au préfet, 20 novembre 1917.

    14 Ibid., Rapport du commissaire Lenoël au commissaire central, 8 août 1917.

    15 M. Mistre, La légende noire du 15e corps. L’honneur volé des Provençaux par le feu et l’insulte, Saint-Michel-l’Observatoire, C’est-à-dire Éditions, 2009, p. 16-17.

    16 R. Cazals, A. Loez, 14-18. Vivre et mourir dans les tranchées, Paris, Tallandier, p. 244-247.

    17 Nicolas Offenstadt, Les fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1939), Paris, Odile Jacob, 2002, 350 p.

    18 Ibid.

    19 AD BDR, 4 M 2333, Lettre du Préfet des Bouches-du-Rhône au ministre de l’Intérieur, 24 décembre 1917.

    20 Ibid., Rapport du commissaire Lenoël au commissaire central, 8 août 1917.

    21 Ibid., Lettre du Préfet des Bouches-du-Rhône au ministre de l’Intérieur, 24 décembre 1917.

    22 Ibid., Rapport du commissaire central au préfet, 24 octobre 1917.

    23 Ibid., Lettre du commissaire central au préfet, 20 novembre 1917.

    24 J.-M. Guillon, « Se nourrir en Provence dans les années quarante », S. Collin Bouffier, M.- H. Sauner, dir., Substitution de nourritures. Nourritures de Substitution en Méditerranée, Aix-en-Provence, PUP, 2006, p. 139-165.

    25 R. Mencherini, Vichy en Provence. Midi rouge, ombres et lumières. 2. Une histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône de 1930 à 1950, Paris, Syllepse, 2009, p. 247.

    26 AD BDR, 8 W 290, Tribunal Spécial, Procédures, 1943-1944, Affaire Yvorel Jean, 1943.

    27 Ibid., 8 W 268, Tribunal Spécial, Procédures, 1943-1944, Affaire Cravero Antoine, 1943.

    28 Ibid., 8 W 290, Affaire Yvorel Jean, 1943.

    29 Ibid., 8 W 232, Affaire Bandelloni Ugo et Carro Jean-Baptiste, 1943.

    30 J.-M. Guillon, La Résistance dans le Var. Essai d’histoire politique, thèse de doctorat d’État soutenue à l’Université d’Aix-Marseille I, 1989, vol. I, p. 119, 217 et 220.

    31 AD BDR, 8 W 290, Tribunal Spécial, Procédures, 1943-1944, Affaire Yvorel Jean, 1943.

    32 J.-L. Panicacci, L’occupation italienne. Sud-Est de la France, juin 1940-septembre 1945, Rennes, PUR, 2010, p. 161.

    33 AD BDR, 8 W 373, Affaire Delavigne Auguste, octobre 1943-mai 1944.

    34 R. Mencherini, Vichy en Provence. Midi rouge, ombres et lumières. 2. Une histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône de 1930 à 1950, Paris, Syllepse, 2009, p. 184-185.

    35 AD BDR, 8 W 373, Affaire Delavigne Auguste, rapport de l’inspecteur Cruzabeles, 22 février 1944.

    36 R. Mencherini, Vichy en Provence…, op. cit., p. 424.

    37 AD BDR, 8 W 373, Affaire Delavigne Auguste, rapport de l’inspecteur Cruzabeles, 22 février 1944.

    38 Ibid., Interrogatoire de Delavigne Auguste, 27 octobre 1943.

    Auteur

    • Daniel Faget

      Aix-Marseille Université, CNRS, UMR 7303 Telemme

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    Xavier Daumalin, Daniel Faget et Olivier Raveux

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    1 Le Petit Marseillais, 25 juillet 1883.

    2 R. Lentini, « Tra frodi e legalità : pesca a strascico e pesca con la dynamite nei Compartimenti marittimi di Palermo e di Trapani tra Ottocento e Novecento », V. D’Arienzo, B. Di Salvia, dir., Pesci, barche, pescatori nell’area mediterranea dal medioevo all’età contemporanea, Atti del Quarto Convegno Internazionale di Studi sulla Storia della pesca, Fisciano-Vietri sul Mare-Cetara, 3-6 ottobre 2007, Milano, Franco Angeli, 2010, p. 255-286. A. Garrido Escobar, « Anar al petardo. La pêche à l’explosif sur la Costa Brava », D. Faget, M. Sternberg, dir., Pêches méditerranéennes. Origines et mutations (Protohistoire-xxie siècle), Aix-en-Provence/Paris, MMSH/Karthala, 2015, p. 189- 200. D. Faget, « Le poison et la poudre. Passé du braconnage halieutique en Méditerranée (xviiie-xxe siècle) », D. Faget, M. Sternberg, dir., Pêches méditerranéennes… op. cit., p. 169-188.

    3 N. Beaupré, C. Ingrao, « Marginaux, marginalité et marginalisation durant la guerre », S. Audoin-Rouzeau, J.-J. Becker, Encyclopédie de la Grande Guerre, t. II, Paris, Perrin, 2012, p. 307-326. Collectif, « Marginaux, marginalité, marginalisation, 14-18 Aujourd’hui, Today, Heute », Noêsis, no 4, 2001, 255 p.

    4 AD BDR, 4 M 2333, Rapport du préfet des Bouches-du-Rhône au ministre de l’Intérieur, 24 décembre 1917.

    5 Ibid., Rapport du commissaire de police, contrôleur des gardiens de la paix, au commissaire central, 3 août 1917.

    6 Ibid.

    7 Ibid.

    8 Ibid., Lettre du ministre de l’Intérieur au préfet des Bouches-du-Rhône, 27 juillet 1917.

    9 Ibid., Lettre du Préfet des Bouches-du-Rhône au ministre de l’Intérieur, 24 décembre 1917.

    10 Ibid., Rapport du commissaire de police Lenoël au commissaire central, 8 août 1917.

    11 Ibid., Lettre du Préfet des Bouches-du-Rhône au ministre de l’Intérieur, 24 décembre 1917.

    12 P. Gourret, « Sur les caractères du poisson dynamité », Revue Maritime, août 1900, t. CXLVI, p. 431-443.

    13 AD BDR, 4 M 2333, Rapport du commissaire central au préfet, 20 novembre 1917.

    14 Ibid., Rapport du commissaire Lenoël au commissaire central, 8 août 1917.

    15 M. Mistre, La légende noire du 15e corps. L’honneur volé des Provençaux par le feu et l’insulte, Saint-Michel-l’Observatoire, C’est-à-dire Éditions, 2009, p. 16-17.

    16 R. Cazals, A. Loez, 14-18. Vivre et mourir dans les tranchées, Paris, Tallandier, p. 244-247.

    17 Nicolas Offenstadt, Les fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1939), Paris, Odile Jacob, 2002, 350 p.

    18 Ibid.

    19 AD BDR, 4 M 2333, Lettre du Préfet des Bouches-du-Rhône au ministre de l’Intérieur, 24 décembre 1917.

    20 Ibid., Rapport du commissaire Lenoël au commissaire central, 8 août 1917.

    21 Ibid., Lettre du Préfet des Bouches-du-Rhône au ministre de l’Intérieur, 24 décembre 1917.

    22 Ibid., Rapport du commissaire central au préfet, 24 octobre 1917.

    23 Ibid., Lettre du commissaire central au préfet, 20 novembre 1917.

    24 J.-M. Guillon, « Se nourrir en Provence dans les années quarante », S. Collin Bouffier, M.- H. Sauner, dir., Substitution de nourritures. Nourritures de Substitution en Méditerranée, Aix-en-Provence, PUP, 2006, p. 139-165.

    25 R. Mencherini, Vichy en Provence. Midi rouge, ombres et lumières. 2. Une histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône de 1930 à 1950, Paris, Syllepse, 2009, p. 247.

    26 AD BDR, 8 W 290, Tribunal Spécial, Procédures, 1943-1944, Affaire Yvorel Jean, 1943.

    27 Ibid., 8 W 268, Tribunal Spécial, Procédures, 1943-1944, Affaire Cravero Antoine, 1943.

    28 Ibid., 8 W 290, Affaire Yvorel Jean, 1943.

    29 Ibid., 8 W 232, Affaire Bandelloni Ugo et Carro Jean-Baptiste, 1943.

    30 J.-M. Guillon, La Résistance dans le Var. Essai d’histoire politique, thèse de doctorat d’État soutenue à l’Université d’Aix-Marseille I, 1989, vol. I, p. 119, 217 et 220.

    31 AD BDR, 8 W 290, Tribunal Spécial, Procédures, 1943-1944, Affaire Yvorel Jean, 1943.

    32 J.-L. Panicacci, L’occupation italienne. Sud-Est de la France, juin 1940-septembre 1945, Rennes, PUR, 2010, p. 161.

    33 AD BDR, 8 W 373, Affaire Delavigne Auguste, octobre 1943-mai 1944.

    34 R. Mencherini, Vichy en Provence. Midi rouge, ombres et lumières. 2. Une histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône de 1930 à 1950, Paris, Syllepse, 2009, p. 184-185.

    35 AD BDR, 8 W 373, Affaire Delavigne Auguste, rapport de l’inspecteur Cruzabeles, 22 février 1944.

    36 R. Mencherini, Vichy en Provence…, op. cit., p. 424.

    37 AD BDR, 8 W 373, Affaire Delavigne Auguste, rapport de l’inspecteur Cruzabeles, 22 février 1944.

    38 Ibid., Interrogatoire de Delavigne Auguste, 27 octobre 1943.

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    Faget, D. (2016). Violences de guerres ?. In M.-F. Attard-Maraninchi, X. Daumalin, S. Mourlane, & I. Renaudet (éds.), Engagements. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence. https://doi.org/10.4000/books.pup.43645
    Faget, Daniel. « Violences de guerres ? ». In Engagements, édité par Marie-Françoise Attard-Maraninchi, Xavier Daumalin, Stéphane Mourlane, et Isabelle Renaudet. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence, 2016. doi:10.4000/books.pup.43645.
    Faget, Daniel. « Violences de guerres ? ». Engagements, édité par Marie-Françoise Attard-Maraninchi et al., Presses universitaires de Provence, 2016, https://doi.org/10.4000/books.pup.43645.

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    Attard-Maraninchi, M.-F., Daumalin, X., Mourlane, S., & Renaudet, I. (éds.). (2016). Engagements. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence. https://doi.org/10.4000/books.pup.43395
    Attard-Maraninchi, Marie-Françoise, Xavier Daumalin, Stéphane Mourlane, et Isabelle Renaudet, éd. Engagements. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence, 2016. doi:10.4000/books.pup.43395.
    Attard-Maraninchi, Marie-Françoise, et al., éditeurs. Engagements. Presses universitaires de Provence, 2016, https://doi.org/10.4000/books.pup.43395.
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