Parcours de militaires syriens et libanais des Forces françaises libres du Levant
de Beyrouth à Marseille
p. 299-311
Texte intégral
1Le 19 août 1946, Marseille voit débarquer du Félix Roussel plus d’un millier de personnes en provenance de Beyrouth. Ce sont des militaires syriens et libanais accompagnés de leurs familles. Ce contingent, de six cents hommes environ, ne compte que quelques officiers et une dizaine de sous-officiers. Qu’ils soient hommes de troupes ou gradés, tous ont été auxiliaires de l’armée française1. La majorité ont rejoint les Forces françaises libres (FFL), dès la fin de la Campagne de Syrie (8 juin-14 juillet 1941)2. Leurs ralliements ont été collectifs ou individuels. Certains d’entre eux figurent dans « la Liste des Volontaires des FFL » conservée par la Fondation Charles de Gaulle.
2Selon le vocabulaire militaire en vigueur, ces soldats sont des « Avenantaires » qui ont choisi de suivre l’Armée française lors de son départ de la Syrie et du Liban en 1946 :
Les Avenantaires étaient les militaires d’origine syrienne ou libanaise, signataires d’un contrat d’avenant pour servir comme auxiliaires dans les unités françaises du Levant. Cet avenant prévoyait la possibilité de servir en dehors du Levant3.
3Les avantages tirés de leur statut sont réels : les Avenantaires s’engagent à servir en métropole et dans les colonies françaises, en contrepartie, ils ont la garantie que les membres de leurs familles seront considérés comme protégés français et réunis en zone sûre, si nécessaire ; ils pourront également demander la nationalité française et être intégrés dans l’armée régulière.
4En dehors de ce statut commun, le contingent présente une certaine hétérogénéité en raison de la diversité des origines géographiques, sociales et confessionnelles des militaires, et de la multiplicité de leurs situations familiales. La majorité de ces hommes sont originaires de différentes localités de Syrie. Ils viennent de Kamechliyé, d’Alep, d’Antioche (Sandjak d’Alexandrette annexé à la Turquie en 19394), de Lattaquié (Territoire des Alaouites5), d’Homs et des villages du Wadi al Nassara (la Vallée des Chrétiens), de Damas et des villages alentour (Saidnaya, Maaloula…). Les Libanais, peu nombreux, sont originaires de Kobayat, de Tripoli, de Zghorta ou d’autres localités. La plupart de ces lieux sont reportés sur la carte ci-dessous, établie par Mathieu Coulon.

Sources : L. Nasser - E. Verdeil, G. Faour & S. Velut (2007) - www.diva-gis.org
5Ces militaires se rattachent aux diverses confessions musulmanes et chrétiennes du Proche-Orient. Ainsi on trouve des alaouites, des sunnites, des orthodoxes, des melkites, des maronites, des arméniens6 et des assyro-chaldéens7. Les autorités françaises prévoient de les répartir sur critères religieux entre les colonies d’Afrique Occidentale Française (AOF), d’Afrique Équatoriale Française (AEF) et Madagascar8. Ils sont généralement jeunes, entre 20 et 30 ans, certains sont mariés, d’autres célibataires. Les familles sont composées des épouses, des enfants, mais aussi des mères et des sœurs qui partagent l’exil familial.
6Ces militaires forment un groupe au regard des autorités françaises, en ce sens qu’ils sont référencés comme Avenantaires dans différentes sources officielles. Les documents conservés aux Archives nationales d’Outre-Mer nous informent sur les échanges autour de la constitution du contingent au Levant ; ceux conservés aux Archives nationales du Sénégal (Fonds AOF) contiennent des listes de demandes de naturalisation que les soldats ont déposées au cours de leurs missions9. En revanche, les Avenantaires ne prennent conscience de l’existence de leur groupe que de manière progressive, à travers leurs déplacements collectifs, leurs missions, puis leur installation définitive à Marseille.
7Pour illustrer leur histoire, nous nous appuyons sur une cinquantaine d’entretiens que nous avons recueillis à Marseille, entre 1996 et 2014. Ces entretiens se déroulent à partir d’un canevas de thèmes à aborder – origine géographique et sociale, parcours en lien avec l’Armée française, modalités d’insertion à Marseille, type de relations avec le pays d’origine – autant de questions ouvertes laissant place au discours subjectif et permettant d’appréhender les divers aspects d’une personnalité, chaque histoire individuelle participant de l’histoire générale du Proche-Orient10. Les personnes interrogées appartiennent à trois générations successives – celle des militaires eux-mêmes, celle des enfants âgés de 6 à 15 ans en 1946, celle des enfants nés plus tard – et l’entrecroisement de leurs propos illustre la dimension intergénérationnelle de la mémoire11. L’évocation des références et pratiques religieuses révèle non seulement la complexité du groupe mais aussi son évolution en ce domaine. Nous avons recueilli plusieurs entretiens collectifs à l’occasion de rencontres inopinées ou organisées au domicile d’un témoin ou dans un espace collectif (local associatif, lieu de culte, restaurant). Outre les remémorations et les échanges, ces rencontres ont permis à chacun de se réapproprier les différents éléments d’une histoire commune.
8Nous présentons ici l’histoire de ces Avenantaires depuis leur départ de Beyrouth jusqu’à leur ancrage à Marseille, les missions coloniales qu’ils ont effectuées avec l’armée française faisant l’objet d’une publication complémentaire à venir.
Du Levant aux guerres coloniales
9Quels souvenirs les Avenantaires gardent-ils de leur départ du Levant ? Quelques jours avant, la majorité des familles est regroupée à Beyrouth dans un camp installé dans le quartier de Mar Elias. Vient ensuite le moment d’embarquer pour Marseille au soir du 13 août 1946. Selon plusieurs témoins, cette traversée aurait été effectuée sur le Champollion, comme nous l’avions d’ailleurs rapporté dans de précédents travaux12. C’est ce qu’affirme Dib Farah, un soldat âgé de 20 ans à son arrivée en France, marié à Tripoli quinze jours avant de quitter le Liban. Relatant ses souvenirs lors d’un entretien recueilli en 1996, il déclare :
Je me rappelle mon arrivée à bord du Champollion, c’était le 19 août 1946. Je suis venu avec ma femme. Nous sommes tous les deux de religion grecque orthodoxe. Je suis Syrien, elle est Libanaise, enfin, d’une famille grecque qui a immigré au Liban en 1938. Vous savez… à la suite des massacres commis par les Turcs. En 1941, je m’étais engagé dans les Troupes spéciales du Levant et puis j’ai rejoint les Forces françaises libres13.
10Quinze ans plus tard, sa fille Colette évoque à son tour l’arrivée de ses parents sur le Champollion14. Elle-même est née à Marseille en 1955 et ne peut que reprendre à son compte le récit familial sur cette période.
11Les faits démentent pourtant cette légende. La consultation des archives des Messageries maritimes, conservées à la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille-Provence, contredit ce récit puisqu’à cette date Le Champollion est affecté au transport de troupes vers Madagascar, l’Indochine et l’Afrique du Nord ; de fait, il ne reprend la ligne Marseille-Alexandrie-Beyrouth qu’en mars 195115. En dépit de cette information contraire, plusieurs témoins maintiennent leurs déclarations sur Le Champollion. Une autre source provenant d’archives familiales permet d’éclaircir ce point, de manière incontestable. Il s’agit du Livret individuel d’homme de troupe et de sous officier et/ ou de L’état signalétique et des services (qui résume les informations contenues dans le livret). Dans ces documents sont consignées toutes les étapes du parcours des militaires. Au grand étonnement des différents témoins, ces documents confirment leur arrivée sur le Félix Roussel, un autre navire des Messageries maritimes.
12Certes la fragilité de la mémoire explique cette reconstruction mémorielle, mais l’on peut se demander à partir de quels éléments s’est constitué ce faux souvenir collectif ? D’une part le Champollion a effectué, en mai 1946, une dernière traversée Beyrouth-Marseille avec à son bord les troupes françaises quittant le Liban et la Syrie ; d’autre part, c’est sur le Champollion qu’une partie des Avenantaires effectue quelques mois plus tard la traversée de Marseille à Madagascar ; enfin c’est à Beyrouth que prend fin la carrière du navire. En effet, suite à une erreur de navigation due à la mise en service du nouveau phare de l’aéroport de Beyrouth, le Champollion vient s’échouer sur les brisants à 200 mètres de la plage de la capitale libanaise, le 22 décembre 195216. C’est sans doute la superposition de ces événements qui autorise l’un des témoins à déclarer : « De toute façon, le Champollion fait partie de notre histoire. »
13La traversée s’est bien effectuée sur le Félix Roussel. Le rapport du Commandant de bord G. Sabouret sur le « voyage spécial Marseille Beyrouth Marseille » en date du 19 août 1946 le confirme :
À Beyrouth, nous avons pris 2 155 passagers dont 1 325 « Avenantaires ». Ces derniers (militaires accompagnés de leur famille) étaient très bien encadrés par leurs officiers et très disciplinés. De ce fait, l’embarquement qui a eu lieu par l’échelle avant a été relativement rapide […] Les « Avenantaires » ont utilisé tous les faux-ponts d’une contenance globale de 1 345 hamacs […] Les hamacs installés dans ces faux-ponts gênent considérablement la circulation et le renouvellement de l’air et rendent la température de ces locaux insupportable17…
14La pénibilité du voyage est donc avérée et le rapport fait état du décès de deux nourrissons – enfants de militaires – dont les corps sont immergés durant la traversée. Par pudeur ou par oubli, rares sont les Avenantaires qui ont évoqué ces douloureux souvenirs. Un témoin âgé de 12 ans en août 1946, parle de la traversée comme peut le faire un adolescent dont la vie se trouve bouleversée :
Pour nous, à l’époque, prendre le bateau c’était toute une aventure. Je me rappelle, on avait peur de tomber sur des mines en mer. Vous n’imaginez pas tous les événements qui nous tombaient sur la tête18.
15Le débarquement du contingent ne défraye pas la chronique : « Arrivée hier du Félix Roussel en provenance de Beyrouth (2 435 passagers) », signale de façon laconique La Marseillaise dans sa rubrique maritime du 20 août 1946. Aussitôt débarqué, le groupe est scindé en deux – musulmans d’un côté, chrétiens de l’autre – selon la politique de division employée par les autorités françaises durant le mandat sur le Levant19. Les militaires de confession alaouite sont conduits à La Ciotat, dans le Centre d’hébergement de la Légion étrangère, situé à proximité de la gare. Ils n’y restent que quelques jours :
Il y avait une série de baraquements. Ils ont mis les couples un peu à part. En réalité, on était juste séparés par des draps accrochés comme des rideaux, alors on entendait tout. Je me rappelle que mon père est allé engueuler un des voisins qui se disputait avec sa femme ! Le camp était entouré de champs de vignes. Nous, les enfants, on allait grappiller du raisin et puis on descendait jusqu’à la mer. On est resté quelques temps à La Ciotat et on est parti pour l’Afrique20.
16Le 23 août 1946, ces Avenantaires quittent Marseille à bord du même Félix Roussel qui met alors le cap sur Pointe-Noire avec escales à Casablanca, Dakar, Cotonou, Douala et Libreville. Ces militaires sont répartis entre les pays de l’AOF et de l’AEF21. Dans l’état actuel de nos recherches, nous n’avons pas de données spécifiques à propos des Avenantaires de confession sunnite.
17Les militaires chrétiens séjournent à Marseille même. La plupart sont installés au camp du Grand Arénas dans le quartier de Mazargues22. Situé dans le IXe arrondissement, entre la prison des Baumettes et le quartier de La Cayolle, le camp sert à la fois de lieu d’accueil et de rétention puisque des prisonniers allemands s’y trouvent encore. Hommes, femmes et enfants vont y séjourner plusieurs semaines en attendant les ordres de mission :
Il restait des prisonniers allemands. On se moquait d’eux en scandant « Hitler Caput ». À côté du camp, il y avait un maraîcher que tout le monde adorait. Les adultes organisaient des matchs de foot Syriens-Français. En fait, on ne parlait pas un mot de français mais on descendait quand même, à pied, jusqu’à la Canebière pour visiter la ville23.
18Une dizaine de familles s’établissent dans les locaux sommairement aménagés de la paroisse Notre-Dame du Liban, allées du Parc Borély. Cette paroisse, fondée par le père Joseph Hayek, avec l’accord de la hiérarchie maronite au Liban, l’autorisation du ministère français des Affaires étrangères et l’appui de l’évêque de Marseille Mgr Delay, vient juste d’ouvrir ses portes24.
19Les gradés, pour leur part, sont logés avec leurs familles dans des hôtels du centre ville. Le commandant Georges Ordacji et le médecin commandant Boghos Krikorian sont à l’Hôtel de La Poste, rue de la République, le lieutenant Elias Massouh à l’Hôtel de Bordeaux, près de la gare Saint-Charles. Dans cet hôtel se trouve également le capitaine Pierre de Hautecloque (cousin du maréchal Leclerc25). Après avoir été affecté durant quatre ans au Levant, il a reçu le commandement des troupes qui doivent se rendre à Madagascar.
20À la différence des militaires musulmans, les militaires chrétiens restent stationnés plusieurs mois avant de repartir. La rencontre avec la réalité française est, pour eux, source d’étonnement. Ces hommes avaient une toute autre image de la France, ils découvrent un pays encore marqué par les séquelles de la guerre. Les femmes, de leur côté, s’efforcent de s’adapter à cette vie inhabituelle. Quant aux enfants, ils s’amusent de tous ces changements :
Nos parents étaient étonnés en arrivant ici de voir les Français fouiller les poubelles ou faire la queue dans les magasins, avec des tickets de rationnement […] La plupart ne disaient pas un mot de français et les femmes avaient du mal à se faire comprendre en allant faire les courses. Elles étaient obligées de mimer pour demander telle ou telle chose. Après elles riaient en se racontant leurs expériences. Pour le citron, c’était la grimace qui voulait dire que ça piquait… pour les œufs, il y en a une qui avait montré les « bourses » du commerçant en faisait semblant de les casser26 !
21Ces longues semaines de vie en groupe à Marseille constituent les prémisses d’une mémoire commune à peine ébauchée au cours de la première traversée. Le camp du Grand Arénas puis celui de La Delorme dans le quartier des Aygalades, le foyer Notre-Dame-du-Liban ou les hôtels du centre ville, ces lieux d’habitation temporaires laissent des empreintes que l’on retrouve dans les relations ultérieures. Pour l’heure, chacun sait que cette période est transitoire, seul le départ pour Madagascar est une certitude.
22Deux mois après le départ des militaires affectés aux colonies françaises d’Afrique vient celui des militaires affectés à Madagascar. Un premier contingent embarque sur le Champollion le 12 octobre 1946 pour une longue traversée qui s’achève le 30 octobre à Tamatave (Toamasina) sur la côte orientale de la Grande Île. Le deuxième contingent est composé des militaires restants qui ont été transférés au camp de la Delorme. Ces militaires embarquent le 28 janvier 1947 sur le André Lebon dont le départ est retardé de 24 heures en raison d’une grève du personnel du port. Ils quittent Marseille le 29 janvier à bord du navire des Messageries qui met le cap sur la Réunion via Port Saïd, Suez, Djibouti puis les escales de Majunga, Diégo Suarez et Tamatave. Peu après leur arrivée, éclate ce qu’on appelle « la révolte des sagaies »27. En effet, quelques centaines de Malgaches attaquent un camp militaire le 31 mars 1947 avec pour seules armes des sagaies et des coupe-coupe. Malgré la brutalité de la répression, l’insurrection s’étend. Matée dans le sang par l’armée française, elle s’achève en décembre 1948.
23À la fin de leurs premières missions de deux ans renouvelables en AEF, en AOF ou à Madagascar, quelques militaires en fin de contrat décident de rester sur place, d’autres choisissent de prendre la retraite. Bon nombre d’Avenantaires acceptent de nouvelles missions en Afrique, au Maroc, ainsi qu’en Corée, en Algérie ou en Indochine, pays où les luttes anticolonialistes battent leur plein. Il leur faut d’abord revenir à Marseille ou à Fréjus – au camp Lecoq notamment – avant de repartir vers leur lieu d’affectation. Ces retours s’échelonnent à partir de 1949 et, selon les destinations ultérieures, leurs familles les suivent ou les attendent.
Marseille, point d’ancrage
24Pour la plupart des Avenantaires, le retour à Marseille marque le début de l’installation sur une terre qu’ils pourraient considérer comme « la métropole ». En effet, eux-mêmes et les membres de leur famille sont maintenant des citoyens français. Ils ont obtenu leur naturalisation, sur demande, auprès des autorités militaires28. Cependant, les documents officiels des Avenantaires comportent des erreurs quant à leur d’identité, ce qui crée de réelles difficultés. En effet, l’administration française n’ayant pas pris en compte le système en usage au Levant, prénoms et patronymes ont été inversés de manière quasi systématique :
En réalité, mon grand-père maternel s’appelait Bassil Ben Elias BAÏK. Mais lorsqu’il s’est engagé, il y a eu une erreur de transcription et sur ses documents d’identité il est appelé : Ben Elias BASSIL. C’est en raison de ce problème que mon grand-père n’a jamais pu récupérer le terrain de sa famille en Turquie. Malgré toutes ses démarches et les documents prouvant son identité d’origine comme le certificat de la Cure grecque-orthodoxe de Samandag, il a échoué29.
25Toutes les familles sont confrontées à des changements d’identité. Il n’est pas rare de rencontrer des frères portant des patronymes différents ou d’apprendre que tel ou tel témoin a « hérité » d’un nouveau patronyme à cause d’une erreur de retranscription. « On s’appelait Yazerli, et à cause d’une erreur de transcription à Madagascar, c’est devenu Bazerli », explique Eugène Bazerli30. Ce non respect de leur identité originelle n’est donc pas sans effet : non seulement il rend plus difficiles certaines de leurs démarches mais il renforce leur sentiment d’avoir une autre appartenance. « J’ai toujours entendu mes parents dire « chez nous » en parlant de la Syrie », raconte Colette Farah31. Malgré cela, les Avenantaires sont toujours désireux de s’établir en France et la plupart choisissent Marseille comme lieu d’ancrage ; seuls une quinzaine de militaires décident de s’installer à Paris, Lyon, Valence, Montpellier…
26À leur arrivée, les militaires se trouvent confrontés à la question du logement. Ils doivent faire preuve de mobilité avant d’emménager dans un domicile fixe avec leur famille. Certains séjournent quelque temps dans les hôtels meublés du centre ville. Dans bien des cas, ils bénéficient de la solidarité de ceux qui les ont précédés et qui leur offrent un hébergement transitoire :
On est revenu de Madagascar en 1951. Mon père a passé une semaine à la caserne du Muy, nous, on a logé dans un hôtel, rue Thubaneau ou rue de la Tour, je crois. Après, Younès Hassan, un militaire alaouite qui était revenu plus tôt d’Afrique nous a accueillis à la Belle-de-Mai. Ensuite, Danho Skandar nous a aidés à trouver une maison de ville aux Chartreux que mon père a pu acheter. La même année, mon père est reparti en Nouvelle-Calédonie pour une mission qui a duré trois ans32.
27La plupart ont recours à des solutions d’habitat temporaire qui perdure. Ainsi une vingtaine de familles se retrouvent à nouveau au foyer de Notre-Dame du Liban. L’endroit a été quelque peu amélioré grâce aux donations des Libanais de Marseille et aux collectes effectuées auprès des Libanais émigrés en Afrique33. En dépit des travaux qui s’achèvent en 1952, les témoignages soulignent la précarité du logement jusqu’en 1975. S’y côtoient quelques familles de Libanais émigrés en Afrique et des étudiants venus de Beyrouth à la fin des années soixante :
Mon père avait décidé de rester à Madagascar pour travailler, alors on est rentré à Marseille avec notre mère en 1960. On a dû habiter au foyer jusqu’en 1975, on en a gardé un très mauvais souvenir. On logeait à six dans deux pièces plutôt insalubres et l’accueil était loin d’être chaleureux34.
28La Grande Bastide, dans le quartier de Mazargues, est un autre lieu d’habitation temporaire où se retrouve une dizaine de familles comme la famille d’Awad Boutros par exemple qui y réside de 1952 à 1958, ou celle de Youssef Dib, surnommé Abou Staline en raison de sa ressemblance physique avec le dirigeant soviétique. La majorité des Avenantaires s’enracinent en France en faisant l’acquisition de leur habitation. Certains utilisent le capital qu’ils ont constitué en économisant sur leur solde, les autres ont recours aux prêts accordés à taux réduit pendant cette période d’après-guerre. Nombre d’entre eux adhérent au mouvement des Castors qui s’est développé après la Deuxième Guerre mondiale, un mouvement coopératif d’auto construction très actif à Marseille, entre 1950 et 1960. Des regroupements par quartier se font par affinités mais ils n’entraînent aucun voisinage direct dans une rue ou un immeuble par exemple. Au fil des ans, les Avenantaires se disséminent dans tout le tissu urbain, entre les quartiers Sud (Bonneveine, la Grotte Rolland, le Prado), les quartiers Nord (Sainte-Marthe, les Aygalades) et les quartiers Est (Saint-Marcel, la Barasse, la Millière).
29Les enfants des Avenantaires ont été scolarisés de manière tout à fait inégale dans les pays où leurs pères ont été affectés, que ce soit dans les pays d’Afrique ou à Madagascar. Et certains d’entre eux ne maîtrisent pas le français à leur arrivée en métropole. La famille Hermès ne revient de mission qu’en 1958. Les parents sont arabophones et l’école est le seul outil à leur disposition pour fournir une instruction et une formation francophones à leurs enfants. D’après le témoignage de Nadine, née au Soudan, les enseignantes du quartier Saint-Barthélemy se sont attelées à cette tache :
Quand nous sommes venus du Soudan, on ne parlait pas le français. On restait à la maison. Ce sont les voisins qui ont expliqué à nos parents qu’en France, les enfants devaient aller à l’école ! C’étaient de très bons voisins, les Orsini, les Moreau… À ce moment là, l’école n’était pas mixte, nous les filles, nous sommes allées à l’école de Saint-Barthélemy, et les garçons à celle du boulevard Jean Casse. Je me rappelle de Mademoiselle Moreau, de Madame Albaric et surtout de Madame Mallet ; grâce à elle, j’ai pu passer dans le secondaire au lieu de m’arrêter au certificat d’études. L’école a vraiment été un ascenseur social pour nous. Rien ne s’offrait à nous, nos parents ne pouvaient que s’accrocher à leur culture. On peut vraiment dire merci à l’école publique, merci à la France35.
30Pensant offrir à leurs enfants de meilleures chances de réussite, quelques familles font le choix de l’enseignement privé catholique. Le système de la pension étant toujours la règle, les enfants s’en accommodent mal :
Ma sœur et moi, on a été en pension, nos parents voulaient nous donner une bonne éducation ! On a d’abord été dans un pensionnat rue d’Isoard. Il y avait beaucoup d’orphelins, on était en dortoir, j’étais malheureuse [...] et puis à Sainte-Marie Blancarde, là, ma sœur a été renvoyée parce qu’elle chantait des chansons d’amour. Ensuite, c’était à l’école Saint-Michel, rue Saint-Savournin, une école de dactylo36.
31Une fois leur contrat de dix ou quinze ans terminé, les militaires qui ne souhaitent pas renouveler leur engagement ont droit à la retraite de l’armée ; ils sont alors relativement jeunes. Ils montrent une réelle capacité d’adaptation et entreprennent une nouvelle activité, sans lien avec leur expérience personnelle ou leur tradition familiale. Un quota de places leur est réservé dans l’administration, aux PTT ou à l’Université par exemple. Ces places, parfois d’échelon modeste, leur garantissent la sécurité de l’emploi et facilitent leur intégration sociale.
Je me suis engagé au Liban à 18 ans. Après Madagascar, j’ai été au Gabon, en Tunisie, en Indochine et en Algérie. Quand j’ai pris ma retraite en 1962 je suis rentré à la Poste. C’est ça, j’ai été pendant 22 ans dans l’Armée et pendant 22 ans au Tri postal à Marseille37.
32Certains obtiennent un poste dans de petites entreprises privées, et ce d’autant plus facilement que leur passé militaire représente une garantie de sérieux aux yeux des employeurs. Un bon nombre trouve de l’embauche dans des usines encore florissantes dans les années 1960. Ce sont les usines Paulet à Malpassé, Nestlé à Saint-Menet, CODER à Saint-Marcel, etc. Plusieurs militaires à la retraite ouvrent de petits commerces ou des entreprises de service, à proximité de leur lieu d’habitation. Un exemple particulier, celui d’Elias Baïk qui, après avoir quitté l’armée en fin de contrat, crée son activité de coiffeur à domicile en s’appuyant sur le réseau de Syriens et Libanais installés à Marseille. La deuxième génération se tourne majoritairement vers les professions indépendantes (commerce, entreprise de service, restauration), les professions libérales (médecin, avocat), ou la fonction publique (justice, police, éducation nationale, collectivités territoriales) : « Nous sommes six enfants et sur les six, un de mes frères est commissaire de police, ma sœur est au Conseil général et moi, j’ai un poste à la Direction régionale de la Jeunesse et des Sport38 ». Seuls quelques jeunes gens suivent les traces de leur père et embrassent la carrière militaire. Parmi ceux-ci, Raymond Germanos, fils du colonel Négib Germanos. Après ses classes préparatoires au Prytanée militaire de La Flèche, il intègre l’École Saint-Cyr. Il termine sa carrière au grade de général cinq étoiles. Georges Skaf, lui, s’engage dans l’armée comme mécanicien à l’âge de 18 ans. Après un bref retour à la vie civile, il entre dans la gendarmerie.
33Une fois installés à Marseille, les Avenantaires s’organisent à travers deux associations qui s’inscrivent dans la vie de la cité39. L’Amicale française du Levant est créée en 1957 (JO du 07.08.1957). Elle prendra ensuite le nom d’Association des Français, Libanais, Syriens et Anciens combattants du Levant. Elle regroupe la majorité des militaires, toutes confessions confondues. Elle sera présidée par le colonel Négib Germanos de 1964 à 1982, date de son décès40 :
Mon père avait voulu créer une association pour défendre les intérêts de ces soldats engagés aux côtés de l’armée française et pour faire entendre leur voix. On leur avait proposé, par exemple, d’intégrer l’armée française avec un grade inférieur à celui qu’ils avaient précédemment. Ils avaient refusé cette dévalorisation de leur statut et obtenu gain de cause41.
34Parmi les membres les plus actifs, on compte Danho Skandar (qui avait précédemment créé une amicale à Madagascar), Raffi Badih, Georges Ghatta, Brahim Tamer, Maroun Awad, Dib Farah (président jusqu’en 2000) et d’autres encore42. La réunion mensuelle de l’association se tient dans un local prêté par le Comité d’Intérêt de Quartier des Aygalades, son assemblée générale annuelle est précédée d’un repas. Les objectifs de l’association sont multiples : défendre les intérêts des militaires, les aider dans leurs démarches administratives, développer la solidarité (lors des décès notamment), organiser des voyages collectifs dans les pays d’origine, etc.
35L’autre objectif fondateur de l’association est de perpétuer l’hommage aux soldats syriens et libanais morts pour la France. Pour cela, elle adhère à la Maison du Combattant qui compte alors cent cinquante deux associations d’anciens combattants. Elle participe aux cérémonies commémoratives du 11 novembre sur l’esplanade du Monument aux morts de l’Armée d’Orient et des terres lointaines43, sur La Corniche. Parallèlement, elle organise une « Cérémonie du Souvenir pour les morts au champ d’honneur », à laquelle participent les porte-drapeaux des différentes associations françaises, en présence des autorités civiles et militaires. À partir des années 2000, l’activité de l’association périclite en raison d’un conflit interne toujours en cours.
36La deuxième association, fondée en 1958, porte le nom d’Association de bienveillance et d’aide franco-alaouite (JO du 15.11.1958). Elle regroupe essentiellement les militaires de confession alaouite, au moment de sa création. Elle aussi, se fixe pour objectifs la défense des intérêts des Avenantaires, la solidarité avec leurs familles et la perpétuation d’une mémoire collective. Cependant, ne se considérant pas comme une association d’anciens combattants, elle ne participe pas aux commémorations militaires. Ses présidents successifs sont Ali Ibrahim, Nadim Hassan et Habib Turqui toujours en poste. En 1979, l’association reçoit l’aide financière de Rifaat El Assad – le frère de l’ancien président de la République de Syrie Hafez El-Assad – pour l’achat d’un terrain et la construction d’un local, doté d’un jardin, dans le XIe arrondissement. En prenant ensuite le nom d’Association de solidarité et d’aide franco-syrienne (JO du 15 avril 1987), elle dépasse la simple référence confessionnelle et propose une référence nationale. L’un des objectifs inscrits sur son site Internet est « la promotion de la Syrie, berceau de l’humanité et de civilisations millénaires ». Cette association privilégie les activités socioculturelles, les actions de solidarité, les liens avec le pays d’origine.
37Les lieux de cultes orientaux servent de points de repères pour les Avenantaires de religion chrétienne. Saint-Nicolas-de-Myre, de rite grec-catholique dit melkite44 (rue Edmond Rostand), Notre-Dame-du-Liban, de rite maronite45 (allées Borély), et l’église de la Dormition, de rite grec-orthodoxe (rue de la Grande Armée), sont des endroits de rassemblement lors de moments-clefs comme les mariages, les baptêmes, les décès. Les familles pratiquantes peuvent également se retrouver chaque semaine lors d’une messe en langue arabe dans l’église melkite ou dans l’église maronite. Ces églises sont dotées d’une salle d’accueil avec des sièges disposés le long des murs – à la manière d’un salon oriental – dans laquelle l’on peut se réunir après l’office. Des Avenantaires de toutes confessions s’y rassemblent en certaines occasions, telle la Cérémonie du Souvenir, prévue le dernier dimanche de novembre dans l’église Saint-Nicolas-de-Myre. Les trois églises ont organisé des voyages culturels, ouverts à tous les paroissiens, en Syrie et au Liban ; ces voyages ont permis à des enfants et petits-enfants d’Avenantaires de découvrir leurs pays d’origine.
38Les militaires de confession alaouite n’ont pas de lieu de culte spécifique. Ils se retrouvent dans les locaux de l’Association de solidarité et d’aide Franco-Syrienne pour des fêtes religieuses ou en certaines circonstances (mariages, décès etc.). Ses locaux, ouverts tous les après-midi, servent de point de rencontre et d’échanges. On y fête tout autant Ramadan que Noël et le jour de l’an. Les familles de militaires de toutes confessions s’y retrouvent à l’occasion de spectacles, de repas ou de réunions-débats sur la situation actuelle en Syrie.
39Les autres espaces de rencontre sont les trois restaurants tenus par les neveux de Georges Issa, un militaire avenantaire installé à Marseille. On retrouve ainsi les trois frères Brahim, Ghassan, au Marmarita (rue Saint-Pierre), Marwan au Fayrouz (cours Julien) et Jihad au Moyen-Orient (rue de la Paix). Ces établissements qui servent des plats syriens et libanais, sont tout autant prisés pour des repas d’association que pour les repas familiaux.
40La place particulière qu’occupe Marseille dans la vie des Avenantaires se dessine à travers notre enquête orale. La ville est considérée en premier lieu comme le point d’accès historique, voire naturel, sur le sol français. Sa proximité géographique avec le pays d’origine et sa ressemblance paysagère sont également évoquées. Les témoins se remémorent la façon dont cet espace de transition devient peu à peu un espace d’enracinement. Il apparaît aussi que leur implantation à Marseille représente le véritable catalyseur de la constitution du groupe. Jusque là en effet, militaires chrétiens et musulmans – volontairement séparés par l’Armée française – ont eu des itinéraires distincts. De retour à Marseille, ils sont amenés à se rencontrer et découvrent leurs parcours respectifs. Les échanges entre les associations se développent, la reconnaissance mutuelle des références religieuses s’affirme, des alliances matrimoniales mixtes se nouent.
41C’est également à Marseille que les Avenantaires prennent conscience de leur histoire singulière, au regard de celles des autres populations immigrées en France. Leurs naturalisations obtenues durant leur service dans l’armée, l’importance sociale de leurs associations et surtout leur appartenance aux Forces Françaises Libres, sont trois données caractéristiques de leur itinéraire. Nombre d’entre eux évoquent les réunions de l’association locale des FFL auxquelles participaient des personnalités – françaises d’origine – qui avaient servi au Levant. Lors des obsèques de Negib Germanos, en décembre 1982, on note la présence du Maire de Marseille, Robert Vigouroux, et du vice-président de l’association des FFL, le lieutenant-colonel Guy Le Retraite, qui prononce son éloge funèbre. Ces marques de reconnaissance officielle renforcent leur sentiment de constituer « un groupe à part » dans l’histoire de la ville.
Notes de bas de page
1 Maurice Albord, L’Armée française et les États du Levant 1936-1946, Paris, CNRS Éditions, 2000.
2 Henri De Wailly, Syrie 1941. La guerre occultée, vichystes contre gaullistes, Paris, Perrin, 2006, 504 p.
3 Sami Rihana, Colonel, Histoire de l’armée libanaise contemporaine, Beyrouth, Éditions Visa, 1988, t. 2 p. 121.
4 Basile Khoury, « L’éphémère Sandjak d’Alexandrette. Chronique d’une annexion annoncée », Les Carnets de l’Ifpo. « La recherche en train de se faire à l’Institut français du Proche-Orient » (Hypotheses.org), 9 octobre 2012.
5 Au Proche-Orient, le terme alaouite désigne à la fois une région située en Syrie et une confession issue du chiisme et présente en Syrie, au Liban et en Turquie.
6 Les Arméniens se partagent entre l’Église apostolique arménienne (majoritaire), l’Église catholique arménienne, et l’Église évangéliste arménienne.
7 Cette population du Proche-Orient se partage entre l’Église assyrienne ou nestorienne et l’Église chaldéenne rattachée à Rome.
8 L’AOF regroupait le Sénégal, la Mauritanie, le Soudan français (Mali), la Haute-Volta (Burkina Faso), la Guinée française, Niger, la Côte-d’Ivoire et le Dahomey (Bénin). L’AEF regroupait le Gabon, le Moyen-Congo (Congo-Brazzaville), l’Oubangui-Chari (Centrafrique) et le Tchad.
9 Archives nationales d’Outre-Mer : « Reclassement des avenantaires de la force spéciale du Levant Français », 1946-1947, dossier 61COL2303. Archives Nationales du Sénégal (Fonds AOF) : « Naturalisations des militaires syriens et libanais au statut civil français 1949-1951 », dossier 23G94 (174).
10 Philippe Joutard, Histoire et mémoires, conflits et alliance, Paris, La Découverte, 2013.
11 Évelyne Ribert, « Mémoires des migrations et lien social », Diversité, no 140, juin 2007, p. 201- 207.
12 Liliane Rada Nasser, Ces Marseillais venus d’Orients, L’immigration libanaise à Marseille aux xixe et xxe siècles, Paris, Karthala, 2010, p. 55.
13 Dib Farah, entretien du 25 mars 1996.
14 Colette Farah, entretien du 25 septembre 2011.
15 Archives de la CCIMP L19-8-114.
16 L’aéroport civil de Beyrouth est officiellement inauguré le 23 avril 1954.
17 Archives de la CCIMP, L19-8-203.
18 Georges Skaf, entretien du 27 février 2012.
19 Voir sur la carte, le fractionnement de la Syrie mandataire et la constitution d’états ethnico-confessionnels (Territoire des Alaouites, État des Druzes par exemple).
20 Habib Turqui, entretien du 22 février 2006.
21 N.-E. Bou-Nacklie, « The Avenantaires : Syrian Mercenaries in French Africa », Middle Eastern Studies, vol. 27 no 4, octobre, 1991, p. 654-663.
22 Émile Temime, Nathalie Deguigné, Le camp du Grand Arénas, Marseille 1944-1946, Paris, Autrement, 2001.
23 Georges Skaf, entretien du 27 février 2012.
24 Liliane Rada Nasser, op. cit., p. 63
25 Leclerc fut tout d’abord le nom de guerre de Philippe de Hautecloque au sein des Forces françaises libres avant d’être ajouté à son patronyme légal.
26 Espero Dib, entretien du 19 octobre 2013.
27 Eugène-Jean Duval, La révolte des sagaies : Madagascar 1947, Paris, L’Harmattan, 2002.
28 Archives du Sénégal, dossier 23G94 (174), Situation des Syro-Libanais, Dossiers de naturalisation des Avenantaires, Le journal Climats du 16-11-1950.
29 Jean-Pierre Dahdah, entretien du 27 février 2004.
30 Eugène Bazerli, entretien du 22 décembre 2004.
31 Colette Farah épouse Gaspar, entretien du 25 septembre 2011.
32 Joseph Yacoub, entretien du 9 avril 2011.
33 Liliane Rada Nasser, op. cit. p. 64
34 Antoinette Attouche, épouse Boutros, entretien du 23 novembre 2013.
35 Nadine Hermès, entretien du 19 juin 2011.
36 Marie-Thérèse Dib, épouse Yacoub, entretien du 9 avril 2011.
37 Selim Frandgié, entretien du 18 septembre 2009.
38 Jeanine Tamer, épouse Dib, entretien du 27 septembre 2002.
39 Ces associations sont toujours actives ; nous n’avons pas eu accès à leurs archives.
40 Négib Germanos (Kamechliyé 1904-Marseille 1982) avant rejoint les FFL à la tête du 5e bataillon du Levant le 24 juin 1941.
41 Raymond Germanos, entretien du 20 octobre 2006.
42 Le Président d’Honneur de l’Association était Édouard Saman, un entrepreneur marseillais de nationalité libanaise (Beyrouth 1912-Marseille 1985).
43 Ce monument communément appelé la Porte d’Orient est un arc tourné vers la mer. Il a été édifié d’après les plans de l’architecte Gaston Castel et inauguré le 24 avril 1927.
44 Édouard Saman, « L’église Saint-Nicolas-de-Myre de Marseille », Marseille, 1981, no 124, p. 50-59.
45 Les registres de baptêmes de la paroisse Notre-Dame-du-Liban comportent de nombreux noms d’enfants d’Avenantaires. Certains de ces enfants sont nés à Madagascar et ont été baptisés à leur arrivée en France.
Auteur
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Liliane Nasser
Aix-Marseille Université, CNRS, UMR 7303 Telemme
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