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    Plan détaillé Texte intégral LE CHEVAL ET LES ARMES LE CHEVAL ET LA DAME. LE PALEFROI CONCLUSION Notes de bas de page Auteur

    Le cheval dans le monde médiéval

    Ce livre est recensé par

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    Le cheval dans la Chanson du roi de Sezile d’Adam de la Halle

    Mercedes Travieso Ganaza

    p. 543-558

    Texte intégral LE CHEVAL ET LES ARMES LE CHEVAL ET LA DAME. LE PALEFROI CONCLUSION Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Lorsque en 1283 Adam de la Halle accompagne son maître Robert II d’Artois à Naples, il y fait connaissance de Charles I d’Anjou, roi de Sicile, celui qui par la suite sera le héros de la seule chanson de geste qu’il composa. Adam deviendra son ménestrel et lui consacrera ses meilleurs efforts comme poète épique dans sa Chanson du roi de Sezile. Une chanson qui aurait été oubliée si l’auteur ne nous avait fourni la seule référence directe à cette déformation physique qui lui a valu le surnom par lequel il est passé à l’histoire : Adam le Bossu.

    "Mais jou Adans d’Arras l’ai a point radrechie,
    Et pou chou c’on ne soit de moi en daserie,
    On m’appele bochu, mais je ne le sui mie"
    (vv. 68-70)1

    2La Chanson du Roi de Sezile est un poème de trois cent soixante-dix-sept vers rimés, découpé en dix-neuf laisses d’alexandrins. Le respect aux anciennes formes épiques s’oppose à la hardiesse de l’auteur dans le choix de son sujet : jamais auparavant des faits historiques qui venaient d’être vécus n’avaient été employés comme matière d’une épopée. Le poème évoque la vie de son héros, Charles I d’Anjou dés son enfance jusqu’à sa plus grande gloire comme roi de Naples et de Sicile. L’Histoire nous montre un excellent soldat qui joua un rôle décisif dans les luttes entre le Pape (Urbain IV 1261-1264 ; Clément IV, 1265-1268) et l’empereur (Conrad V et, en l’occurrence Manfred, régent du royaume de Naples pendant la minorité de ce dernier). Mais ce soldat possède une ambition démesurée, qui le rend capable de l’assassinat du petit Conradin, héritier de l’empire, â l’âge de neuf ans, ou du massacre des Vêpres Siciliennes afin d’assurer le trône des Deux-Siciles (1265). Toutefois, s’il est venu à Naples, ce n’est pas par des raisons de religion, bien au contraire depuis longtemps, il entretenait des rapports avec la papauté afin de pouvoir obtenir toutes les conditions qu’il exigeait pour sa venue en Italie. Dans ce contexte, et en tant qu’anecdote, on peut dire que le Pape Urbain IV proclame une bulle où il ordonne que chaque chevalier accompagnant Charles soit équipée de quatre chevaux2 Adam de la Halle nous en offre un portrait tout à fait différent. Ouvrage vraisemblablement commandé par le roi, la chanson fait l’apologie que la situation politique de Charles réclamait à cette période de critiques de ses nombreux ennemis et de désastre car son fils Charles II le Boiteux venait d’être capturé par la flotte aragonaise (1284). Le ménestrel fait de son poème une plaidoirie des intentions politiques de son roi.

    3Nombreuses ont été les hypothèses sur la date de rédaction de la Chanson du roi de Sezile. L’intérêt d’une datation exacte répondait non seulement à une curiosité historique, mais elle devait élucider en même temps l’intention de son créateur : la chanson avait-elle été conçue comme un éloge posthume ou comme un panégyrique flatteur à un roi encore vivant ? ; s’agit-il d’une œuvre achevée ou inachevée ? Les critiques la situent entre 1283, date de l’arrivée d’Adam à Naples et 1285, date de la mort du souverain ou 1288, date du retour de Robert d’Artois en France en compagnie d’Adam de la Halle. 1288 a été, également et pendant longtemps, la date proposée pour la mort du poète, bien que les dernières études nous signalent une date postérieure : celle de 13063.

    4Cependant, connaître l’intention de l’auteur n’est pas le sujet qui nous occupe aujourd’hui, mais plutôt l’analyse du rôle qui est accordé au cheval à l’intérieur de cette chanson de geste écrite à la fin du treizième siècle, à une période de décadence de ce genre, et dans un milieu éminemment courtois. L’étude de la présence du cheval -réduite à peine à une demi-douzaine d’apparitions- dans la Chanson du roi de Sezile nous permettra d’en décrire les caractéristiques.

    " Li matere est de Dieu et d’armes et d’amours"

    5Nous indique son auteur au vers 10. Et certes, la présence du cheval est subsidiaire des matières épique et courtoise qu’Adam nous annonce dés le début de son œuvre.

    LE CHEVAL ET LES ARMES

    "Tel gent ot avouec lui pour bien tenir estal
    Nos bons roys de Sezile en maint estour mortal,
    Car par le hardement seür et natural
    Fu chascuns Oliviers et seürs au cheval" (vv. 51-54)

    6Très réduits sont les emprunts qu’Adam de la Halle fait à la grande épopée française, la Chanson de Roland -et ils concernenst presque tous la laisse III qui nous occupe-. Un bon seigneur sait toujours s’entourer des meilleurs "Oliviers". Charles, dont l’épée devient une autre "Durendal" (v. 57) dans ses mains, est accompagné par les meilleurs chevaliers. Ils ont "le hardement sëur et natural", et ils sont -ce qui nous intéresse en ce moment- "seür au cheval". Celui qui se trouve bien assis sur la selle de son cheval sait bien se conduire en combat. Sa sûreté, sa stabilité sur le cheval lui permettra d’agir avec plus de souplesse avec un armement qui s’alourdissait de plus en plus.

    7Charles également est

    "... seürs au cheval plus que tours en chastiaus"
    (v.201)

    8Malgré l’amplificatio de la comparaison, "seür au cheval" ne cesse d’être un lieu commun, non seulement par sa forme, épithète épique occupant un hémistiche, mais aussi par sa fonction comme papier-calque de l’atmosphère de l’épopée.

    9Plus intéressante nous semble la relation chevalier-cheval dans les vers qui suivent,

    " S’il aloit a le jouste ou a si fais chembiaus,
    Du cors droit apensés et des gambes isniaus,
    En aloit en planant plus tost c’uns arondiaus
    De si pres qu’il riffloit gloieres et bouriaus"
    (vv. 202-205)

    10Le souffle grandiose de l’inspiration épique parcourt parfois l’oratoire d’Adam de la Halle. La laisse XI nous en offre un magnifique témoignage. Le cheval sera présent à travers un vocable concernant une pièce de son harnachement, en ce cas-ci les "gloieres" ou "partie de l’armure qui recouvre la croupe du cheval"4 et les "bouriaus" ou bourrage qui remplit l’intérieur de la selle. L’étroite relation chevalier-cheval donne au récit son allure épique. Ils forment une seule unité en bataille, et c’est cette coordination du héros et de son cheval qui lui confère sa qualité de bon chevalier. Le cheval récupère pendant quelques instants son statut de figure primordiale dans l’univers épique.

    11D’ailleurs, la lutte se maintient toujours à cheval, d’où la portée de sa possession. Mais "il faut de l’argent pour se procurer un beau et bon cheval. D’où l’importance des dons des chevaux de suzerain à vassal. L’homme hardi qui entreprend une guerre privée peut enrôler dans son parti des écuyers et des chevaliers pauvres en leur promettant, entre autres conquêtes des chevaux"5. Le vers 195 répond exactement à cette réalité historique : l’entretien des chevaux est encore aux mains du seigneur.

    "Ou il voit au mains bouche a court et fourage"

    12Adam vante la libéralité de son héros, Charles d’Anjou : celui qui le suit sera largement ravitaillé, lui, et son cheval. Le poète continue à flatter son mécène par la qualité dont il est le plus débiteur, sa générosité.

    13L’apparition et l’importance du cheval dans la littérature médiévale a été justifiée maintes fois par sa présence dans la vie quotidienne de cette époque. Le cheval est présent de façon implicite dans la vie des personnages de notre chanson par des références à une pièce de son harnachement, ou à sa nourriture. De cette façon Adam de la Halle complète le paysage d’un Moyen Age féodal qu’il s’efforce de maintenir. Il a voulu démontrer qu’il agit "en geste" et, la forme épique adoptée par le poète, celle qui était, d’après M. Paulin Paris, "consacrée, depuis un temps immémorial, à garder la mémoire des hauts faits d’armes chevaleresques"6, confère plus d’efficacité à ses intentions politiques7. Il s’agit d’une stratégie stylistique trompeuse aussi bien dans ses intentions que dans sa forme. Le premier rôle accordé à l’apparition du cheval dans le Roi de Sezile n’est pas plus actif dans le récit que ne le sera le second.

    LE CHEVAL ET LA DAME.

    "Pour eles escilla chevaus, pourpre, chendal :
    Bachelerie est bien depuis muee en mal." (vv.46-47)

    14L’antécédent d’"eles " nous a été dévoilé dans le vers 44 :

    "Ne plus honnerast dames d’amour coral"

    15Les dames constituent la raison de cette fougueuse démonstration de valeur, et non celle de la survivance, de la victoire sur un ennemi de la foi ou sur un usurpateur de territoires. Pourquoi Adam de la Halle s’est-il intéressé à nous montrer un Charles qui "escilla" plus d’un cheval non au cours de ses nombreuses batailles mais pendant une joute, un divertissement de cour ? Sans doute pour accorder à la figure du héros des caractéristiques courtoises.

    16Le choix des termes qui composent le second hémistiche, le confirme : "pourpre, chendal". M. Gilbert Mayer en 1940 dans son Lexique... (Op. cit., p. 135) propose le terme de "pourpoint", de même que M. Henri Guy en 1898 dans Essai sur la vie et les œuvres littéraires du trouvère ADAN DE LE HALE, (Hachette, Paris, 1898, p. 165), comme nous pouvons en conclure d’après sa traduction : "Et, lui, il crevait les chevaux, déchirait sont pourpoint, gâtait les plus précieuses étoffes". Tous les deux ont utilisé comme source l’édition de Coussemaker dans Œuvres complètes d’Adam de la Halle, (Ed. A. Durant et Pédon-Lauriel, Paris, 1872, pp. 275-299). L’élection du mot "pourpoint" est donc partie de Coussemaker, et elle simplifie la compréhension du vers : ce sont les pourpoints, c’est-à-dire, cette partie du vêtement qui couvrait le torse jusqu’au dessous de la ceinture, qui sont déchirés. Il nous faut attendre plus d’un siècle pour avoir une nouvelle édition de cette chanson, celle que Mme. Fabienne Gégou publia dans sa thèse en 1973, et qui est celle que nous sommes en train d’utiliser. Mme. Gégou s’est penchée directement sur la source originale du manuscrit de La Vallière, B.N. fr. 25566, qui recueillit la plupart de l’œuvre lyrique et dramatique de notre auteur et elle nous propose le mot "pourpre". Si nous acceptons le terme employé dans cette édition, "pourpre", il nous faudra supposer un emploi métonymique de la couleur. Utilisé dans les vêtements des dignités ecclésiastiques, le pourpre était également utilisé comme couleur symbolique8 des rois et des empereurs dans les blasons, et donc, ornant ses vêtements, ses écus, ses armes de chevaliers. Outre, la couleur pourpre nous met en rapport avec les origines royales de Charles et avec son avenir comme empereur qu’Adam de la Halle a souvent signalé tout au long de son poème. C’est ainsi que le déchirement du "pourpre" signifierait celui des objets qui le portaient.

    17De cette même façon nous avons interprété "chendal". Mayer le définit comme "enseigne militaire d’un chevalier"9. Le "chendal", qui en espagnol s’est maintenu comme "cendal", était une toile de soie ou lin très souple, qui était utilisée fréquemment pour la confection des oriflammes et des rubans qui ornaient les vêtements militaires. Par extension, "chendal" serait ces mêmes enseignes militaires que Charles détruisait au cours des tournois.

    18Les deux termes nous situent donc dans le domaine de ce qui était l’apparat, le faste et l’ornement externe. Description qui nous rapproche plutôt de l’univers luxueux de la cour que de la sobriété féodale qui fut à l’origine de l’épique.

    19La laisse VIII nous offre une autre démonstration de la place qu’occupe le cheval dans la vie seigneuriale : la scène de la délivrance de Béatrice, sa future épouse, le "premier vasselage" (v. 178) de Charles. Située au coeur du morceau le plus lyrique de la Chanson du roi de Sezile, elle est aussi la plus éloignée de la réalité historique. Le mariage de Charles et de Béatrice de Provence était convenu en fonction des intérêts politiques ; Adam de la Halle, connaisseur direct de l’histoire, le présente cependant et comme licence poétique, comme une histoire d’amour.

    20Et je récupère quelques vers à ce sujet : "Un riche conte avoit qui Raimons ot a non" (v.129) qui enleva la jeune Béatrice que "du bon renon Charlon (...) /... ele se sent aussi que toute enfantosmee" (vv.111-113). Les vers de l’apparition de Charles et de la libération de la "puchele" suivent le rythme d’une chevauchée affolée. Les événements se précipitent : Charles,

    "Prist gent, vint en Prouvenche/ (...)/
    Et vit en milieu d’aus le puchele en sambue/(..)/
    Les chevaus ont restrains et l’enfès premiers hue"
    (vv. 146-152).

    21La "puchele" avançait à l’intérieur d’une caravane "en sambue", c’est-â-dire, à cheval. Adam nous situe la figure du cheval comme moyen de transport usuel à l’époque, un cheval qui comparaît, à nouveau, à travers les pièces de son équipement, la "sambue" ou selle utilisée par les femmes ; Charles, nous l’avons vu, avance de même à cheval.

    22Au treizième siècle, l’essor rapide de la vie de relation provoque des besoins croissants de l’utilisation de chevaux de selle aux sabots ferrés employés pour les déplacements10. Leur usage était si répandu qu’Adam de la Halle n’a pas ressenti le besoin de le concrétiser lorsqu’au vers 133 il nous informe de l’envoi par Béatrice d’un messager à son "ami" Charles.

    "(...) ains a pris .i. garchon,
    A son ami l’envoi a coite d’esperon" (vv.132-133)

    23Il ira à cheval "a coite d’esperon". Les talons du messager recouverts d’éperons piqueront les flancs du cheval et le forceront à l’avance rapide. La vitesse imposée au cheval du messager obéit à l’angoisse de la dame pour être délivrée le plus rapidement possible. Pour la première fois dans cette chanson, la figure du cheval est le reflet des émotions humaines.

    24Moyen de transport, le cheval devient au vers suivant, instrument de lutte. Le cheval est affecté pour la seconde et dernière fois, des mêmes sentiments que son maître : la violence et la rapidité du cheval est celle de Charles au secours de sa dame en péril. "Les chevaus ont restrains" et "li enfès" se prépare pour faire face à Raymond de Toulouse, son ennemi :

    " De lon lanche seur fautre et sans atendre aïue
    Les escrie (...) " (vv. 153-154)

    25Charles s’élance dans un combat individuel ; il agit en bon amant. Il s’agit bien ici de "bachelerie" et non de "proueche" guerrière. L’éventail des qualités qui doivent orner un chevalier de la fin du treizième siècle s’est élargi comme se sont élargis les intérêts de la société toute entière et si le cheval continue à être indispensable au chevalier, il ne l’est plus comme essence de sa propre identité de chevalier.

    26A la fin du treizième siècle on ne comprend plus une épopée sans l’intervention d’Amour. Certes, la préoccupation amoureuse dans la chanson de geste "reste épisodique"11, mais dans la Chanson du Roi de Sezile il nous semble qu’elle n’est pas si négligeable, ni si restreinte à des morceaux concrets tel que Guy l’affirme. Pour lui, "li matere... d’amours" (v.10) "est purement adventice, et il ne rentre dans l’ensemble qu’à la faveur d’un épisode qu’il eut été facile et logique de supprimer"12. Cet épisode est celui qui comprend les laisses VI à IX, où Adam de la Halle décrit d’un ton courtois les amours entre Charles et son épouse Béatrice de Provence. Le raffinement courtois s’est inscrit donc dans les contextes traditionnels de l’épique, dans une vie seigneuriale jusqu’à maintenant dominée par les intérêts féodaux et la guerre.

    LE PALEFROI

    27La dernière apparition du cheval dans cette chanson de geste reste épisodique et pourtant c’est la seule fois qu’Adam de la Halle utilise un terme autre que "cheval" pour y faire référence : "palefrois"

    "Et il faisoit gaitier les passages destrois
    Qu’il n’estoit ens trouvés chevaus ne palefrois
    Qui ne fus retenus et pris outre sen pois"
    (vv.287-289)

    28Le palefroi est le cheval de selle, ou de parade. Auparavant, l’attention de la chanson de geste se bornait au "destrier", le cheval de bataille13, désormais dans la chanson d’Adam de la Halle, c’est le palefroi, monture des dames, le seul qui est distingué. "Ses qualités nous sont dénombrées : il ne doit pas être pèreux, il a la démarche assurée, il ne secoue pas son cavalier, et est d’un aspect agréable..."14. Quelle est la raison de cet effort isolé pour enrichir le vocabulaire autour de la figure du cheval ?. L’utilisation de cette forme répond à un procédé hyperbolique : les passages seront tellement fermés que rien ne pourra passer sans être aperçu et retenu par l’armée de Raymond. Un défense si étroite révèle la peur que provoque notre héros, Charles d’Anjou. Le "palefrois" d’Adam de la Halle ne possède, en somme, aucune caractéristique qui les différencie de la généralité exprimée jusqu’à maintenant par le terme générique de "cheval".

    CONCLUSION

    29La Chanson du Roi de Sezile est typifiée parce que le poète se veut fidèle au genre même de la chanson de geste. Elle se trouve à mi-chemin entre les structures traditionnelles de la chanson de geste et les intérêts politiques d’une chanson d’actualité. Tout en utilisant "li matere" toute nouvelle, il reste dans le registre sobre imposé par le genre, il évite les détails excessifs et le pathétisme. Sa décadence réside dans ces mêmes formules stéréotypées, elles sont déjà vidées des valeurs littéraires et sociales. Et la place du cheval en est une preuve. La présence du cheval n’est importante que par rapport à l’homme auquel il rend service. Le cheval est un accessoire, il est -et je reprends les mots de M. GOUIRAN à la première séance de ce colloque- "une pièce vivante de l’équipement du chevalier", il est un procédé littéraire servant à définir le héros et comme chevalier et comme courtisan. Il est l’artifice central de la recréation d’un monde féodal déjà réduit aux univers fictifs de la littérature, le monde de ceux qui "façonnés par la légende, n’ont projeté sur lui que l’ombre légère des types idéaux"15. Le poète ne semble aucunement intéressé à souligner ses qualités, pas même l’emploi d’un vocabulaire plus riche concernant les différents usages et types ; aucune nomination ne lui est donnée, il n’y existe aucun signe d’individualisation pour ce noble animal qu’était au Moyen Age, le cheval.

    Notes de bas de page

    1 Nous utiliserons l’édition de La Chanson du Roi de Sezile de GÉGOU, F., in Recherches biographiques et littéraires sur Adam de la Halle accompagnées de l’édition critique de ses chansons courtoises, Thèse pour le doctorat d’état présentée à l’Université de Paris-Sorbonne, 1973, pp. 82-93.

    2 Cfr. CONTAMINE, PH. (1980) : La guerre au Moyen Age, P.U.F., Paris, p. 160.

    3 Cfr. GÉGOU, F. (1965 ) : "Adam le Bossu était-il mort en 1288 ?", Romania, vol.86, pp. 111-117 : "Bien mieux : en 1306, il vivait encore et pratiquait toujours son art" p. 113.

    4 MAYER, G. (1940) : Lexique des œuvres d’Adam de la Halle, Droz, Paris, p. 92.

    5 BICHON, J. (1976) : Op.cit., p. 173.

    6 PARIS, P. (1842) : "Adam de la Halle", in Histoire littéraire de la France, Ed. F. Didot., Paris, p. 663.

    7 GÉGOU, F. (1978) : "Chanson d’actualité. Simon de Marville à l’école d’Adam de la Halle" in Charlemagne et l’épopée romane, Actes du VII Congrès International de la Société Rencesvals. Liège 28 août - 4 sept. 1976. Société d’Ed. "Les Belles Lettres", Paris, p. 671.

    8 Cfr. SORVAL, G. de (1981) : Le langage secret du blason, Albin Michel, Paris : "... le pourpre est la synthèse et comme l’achèvement des couleurs héraldiques, ou plutôt, leur point central où elles s’unissent", p. 101.

    9 MAYER, G. (1940) : Op. cit., p. 40.

    10 Cfr. BAUTIER, R.H. et A.M. (1980) : "Contribution à l’histoire du cheval au Moyen Age. L’élevage du cheval", Bulletin philologique et historique, année 1978, p. 11.

    11 BICHON, J. (1976) : L’animal dans la littérature française au xiième et au xiiième siècle. Service de publications de thèses de l’Université de Lille III, Lille, 2 vols, p. 302

    12 GUY, H. (1898) : Op.cit., p. 300.

    13 Cfr. BICHON, J. (1976) : Op. cit., p. 239.

    14 BAUTIER, A.M. (1978) : "Contribution à l’histoire du cheval au Moyen Age", Bulletin philologique et historique, année 1976, p. 220. Nous ne voulons pas oublier la délicieuse description d’Alexandre NECKAM dans son De Naturis Rerum (éd. Th. Wright, London, 1863, 158, p. 260) et que Mme. Bautier nous a transmise dans ce même article : "Palefridus sic dictus quasi passu leni fraenum ducens, decenti gaudet ornatu phalerarum. Campanulis pactoralis dulce tinnientibus delectatur et decentis lupati fulgo ipsum juvat", p. 220.

    15 MICHELET, V.E. (1985 ) : Le secret de la chevalerie, Ed. Véga, Paris, p. 5.

    Auteur

    • Mercedes Travieso Ganaza

      Université de Cadix

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    1 Nous utiliserons l’édition de La Chanson du Roi de Sezile de GÉGOU, F., in Recherches biographiques et littéraires sur Adam de la Halle accompagnées de l’édition critique de ses chansons courtoises, Thèse pour le doctorat d’état présentée à l’Université de Paris-Sorbonne, 1973, pp. 82-93.

    2 Cfr. CONTAMINE, PH. (1980) : La guerre au Moyen Age, P.U.F., Paris, p. 160.

    3 Cfr. GÉGOU, F. (1965 ) : "Adam le Bossu était-il mort en 1288 ?", Romania, vol.86, pp. 111-117 : "Bien mieux : en 1306, il vivait encore et pratiquait toujours son art" p. 113.

    4 MAYER, G. (1940) : Lexique des œuvres d’Adam de la Halle, Droz, Paris, p. 92.

    5 BICHON, J. (1976) : Op.cit., p. 173.

    6 PARIS, P. (1842) : "Adam de la Halle", in Histoire littéraire de la France, Ed. F. Didot., Paris, p. 663.

    7 GÉGOU, F. (1978) : "Chanson d’actualité. Simon de Marville à l’école d’Adam de la Halle" in Charlemagne et l’épopée romane, Actes du VII Congrès International de la Société Rencesvals. Liège 28 août - 4 sept. 1976. Société d’Ed. "Les Belles Lettres", Paris, p. 671.

    8 Cfr. SORVAL, G. de (1981) : Le langage secret du blason, Albin Michel, Paris : "... le pourpre est la synthèse et comme l’achèvement des couleurs héraldiques, ou plutôt, leur point central où elles s’unissent", p. 101.

    9 MAYER, G. (1940) : Op. cit., p. 40.

    10 Cfr. BAUTIER, R.H. et A.M. (1980) : "Contribution à l’histoire du cheval au Moyen Age. L’élevage du cheval", Bulletin philologique et historique, année 1978, p. 11.

    11 BICHON, J. (1976) : L’animal dans la littérature française au xiième et au xiiième siècle. Service de publications de thèses de l’Université de Lille III, Lille, 2 vols, p. 302

    12 GUY, H. (1898) : Op.cit., p. 300.

    13 Cfr. BICHON, J. (1976) : Op. cit., p. 239.

    14 BAUTIER, A.M. (1978) : "Contribution à l’histoire du cheval au Moyen Age", Bulletin philologique et historique, année 1976, p. 220. Nous ne voulons pas oublier la délicieuse description d’Alexandre NECKAM dans son De Naturis Rerum (éd. Th. Wright, London, 1863, 158, p. 260) et que Mme. Bautier nous a transmise dans ce même article : "Palefridus sic dictus quasi passu leni fraenum ducens, decenti gaudet ornatu phalerarum. Campanulis pactoralis dulce tinnientibus delectatur et decentis lupati fulgo ipsum juvat", p. 220.

    15 MICHELET, V.E. (1985 ) : Le secret de la chevalerie, Ed. Véga, Paris, p. 5.

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    Travieso Ganaza, M. (1992). Le cheval dans la Chanson du roi de Sezile d’Adam de la Halle. In Le cheval dans le monde médiéval. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence. https://doi.org/10.4000/books.pup.3347
    Travieso Ganaza, Mercedes. « Le cheval dans la Chanson du roi de Sezile d’Adam de la Halle ». In Le cheval dans le monde médiéval. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence, 1992. doi:10.4000/books.pup.3347.
    Travieso Ganaza, Mercedes. « Le cheval dans la Chanson du roi de Sezile d’Adam de la Halle ». Le cheval dans le monde médiéval, Presses universitaires de Provence, 1992, https://doi.org/10.4000/books.pup.3347.

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    Aguiriano, B., Álvares, C., Calvo González, J., Pelaez, M. J., Closson, M., Colliot, R., … Weill, I. (1992). Le cheval dans le monde médiéval. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence. https://doi.org/10.4000/books.pup.3311
    Aguiriano, Begoña, Cristina Álvares, José Calvo González, Manuel J. Pelaez, Monique Closson, Régine Colliot, Denis Collomp, et al. Le cheval dans le monde médiéval. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence, 1992. doi:10.4000/books.pup.3311.
    Aguiriano, Begoña, et al. Le cheval dans le monde médiéval. Presses universitaires de Provence, 1992, https://doi.org/10.4000/books.pup.3311.
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