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    Plan détaillé Texte intégral PME et RSE Comment articuler PME, RSE et commerce international ? Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Management des services

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    PME et commerce international

    Les dimensions RSE

    Martine Boutary

    p. 167-173

    Texte intégral PME et RSE Comment articuler PME, RSE et commerce international ? Vision stratégique Tableaux de bord Apport des réseaux Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1L’état déficitaire du commerce extérieur français soutient un discours souvent orienté vers le développement des affaires internationales des entreprises nationales. Ceci peut se faire via la recherche ou l’exploitation de nouveaux marchés dans le monde ou la recherche de nouveaux opérateurs en France pour développer le nombre d’acteurs capables d’infléchir cette tendance. Les grands groupes multinationaux étant, de longue date, fortement implantés internationalement, ce sont les PME qui sont visées depuis plusieurs années par cet objectif de démultiplication de l’offre internationale (Léo et al., 1990). Elles sont insuffisamment présentes sur ces terrains et semblent pourtant porteuses d’une offre pertinente à présenter sur des marchés étrangers (Bpifrance, 2017). Le processus visé est celui de l’internationalisation, sous toutes ses formes : activités d’exportation, d’importation, ou opérations d’implantation internationale. Dans tous les cas de figure, ces choix stratégiques ont des conséquences sur l’environnement au sens large dans la mesure où ils génèrent des déplacements de matières premières, de produits finis, ou de personnes chargées de prospecter les clientèles dans le monde, ou encore de gérer les entités nouvellement installées sur des sols étrangers.

    2Parallèlement, les questions de responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) prennent de l’ampleur et interrogent de nombreuses décisions managériales. Les pressions réglementaires, sociales et sociétales deviennent des vecteurs à prendre en compte pour le management des entreprises et leur développement (Adams et Whelan, 2009). Comme cela a été le cas pour l’internationalisation, les PME ne sont pas les premières visées par les travaux sur la RSE ; parce qu’elles sont plus petites, elles sont considérées comme ayant moins d’impact. C’est du moins ce que leurs dirigeants déclarent dans une enquête de la Banque Publique d’Investissement (Bpifrance, 2017), menée par des chercheurs auprès de 1150 dirigeants de PME : leur faible impact ne justifie pas le déploiement dans leurs entreprises de politiques RSE spécifiques. Pour autant, ils sont 26 % à déclarer mettre en place des démarches RSE structurées, et 50 % des actions ponctuelles. L’environnement reste un point qui n’est pas prioritaire, venant après les aspects sociaux de la RSE ou les modes de gouvernance. Or, il semble pertinent, voire important, dans le cadre de l’urgence climatique (Bureau, 2019), de sensibiliser toutes les entreprises à ce sujet (Paradas, 2007) : comment les PME internationalisées peuvent-elles apporter une contribution à la prise en compte des problématiques environnementales, tout en conservant leurs avantages concurrentiels et en développant des offres différenciées et attractives ?

    3L’OCDE souligne que les modifications structurelles de l’économie mondiale imposent à toutes les entreprises – dont les PME – une adaptation, voire une reconfiguration de leur stratégie (Raymond et al., 2010). Ces entreprises participent de plus en plus à la mondialisation des activités, tant en termes d’exportations que d’importations (Bpifrance, 2018). Leurs objectifs sont le développement du chiffre d’affaires, la préférence donnée à des marges plus importantes sur les marchés internationaux que sur le marché national ou, enfin, la recherche de composants, ingrédients, ou matières premières disponibles dans les meilleures conditions économiques pour conserver ou renforcer leur compétitivité. Pour atteindre ces objectifs, les modalités sont multiples : une « simple » exportation, une « simple » importation, ou des implantations sur les marchés étrangers, tant pour vendre que pour produire. Ces différents modes d’entrée dans le développement international de la société se différencient principalement par le degré d’engagement de celle-ci, et le caractère plus ou moins difficilement réversible des opérations.

    4Au vu, d’une part, des contraintes soulignées par la littérature consacrée aux PME (que l’on pourrait résumer à leur taille, et à l’insuffisance de ressources, tant humaines que financières et organisationnelles), et d’autre part, des exigences de l’environnement international (on peut ici mentionner les différences culturelles, ou encore l’éloignement des marchés [Raymond et al., 2010]), il est aisé de comprendre la prédominance dans ces entreprises des activités d’exportation et d’importation sur les autres formes d’engagement international. L’entreprise reste ainsi flexible, pouvant s’adapter tant à ses caractéristiques qu’aux aléas politiques et commerciaux des marchés (Leonidou et al., 2007). Mais à cet avantage que représente la flexibilité, s’associe un aspect logistique important : tout devra être acheminé, depuis un territoire vers un autre, générant de cette façon diverses atteintes à l’environnement. Pour les PME industrielles, ce sont les produits qui seront transportés ; pour les PME de service, ce sont notamment les déplacements de personnes qui se démultiplient. Dans les deux cas de figure, de nombreux flux logistiques seront nécessaires pour négocier les futurs contrats. La question se pose donc de la responsabilité environnementale dans le cadre du commerce international, d’une façon générale. Dans le présent chapitre, nous souhaitons l’étudier tout particulièrement sur le terrain des PME1.

    PME et RSE

    5La norme ISO 26000, publiée en novembre 2010, définit la responsabilité sociale de l’organisation (RSO) comme étant la « responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et sur l’environnement, par un comportement transparent et éthique qui contribue au développement durable, à la santé et au bien-être de la société, qui prenne en compte les attentes des parties prenantes, qui respecte les lois en vigueur et qui est en accord avec les normes internationales de comportement » (Capron et Quairel-Lanoizelee, 2016). Une proposition est faite de lignes directrices intégrant en particulier la gouvernance, les droits de l’homme, et l’environnement2. Si on considère, à partir du courant de recherche sur les PME, que ces dernières sont spécifiques (Torrès, 2003), il semble pertinent de les considérer comme telles sur les questions de RSE. Certains auteurs soulignent le caractère discriminant de la taille de l’entreprise pour l’adoption de pratiques « responsables » (Jenkins, 2006). D’autres auteurs indiquent le rôle déterminant des valeurs du propriétaire-dirigeant (Murillo et Lozano, 2006). Les discours RSE des grandes entreprises leur paraissent surfaits, trop orientés vers l’amélioration de l’image de marque ou la réputation de l’entreprise (Bon et al., 2015). Il semble que les PME cherchent moins que les grandes entreprises à légitimer leur existence par un discours institutionnel sur le sujet.

    6Les raisons du déploiement de la RSE dans les PME sont plus à chercher dans la spécificité même des PME (Courrent et al., 2016), et singulièrement dans leur gestion fondée sur la proximité (Torrès, 2003). Les dirigeants de ces entreprises se sentent souvent responsables de dimensions très diverses : comme nous l’avons déjà souligné dans le cas de délocalisations d’activités (Boutary et al., 2016), ils sont fortement encastrés dans un univers national, et surtout régional, et ne prennent pas de décisions soutenues par de seuls indicateurs de rentabilité à court terme et/ou indifférents à leur localisation. La défense de valeurs et l’approche en termes de parties prenantes, orientant vers la prise en considération à long terme de tout le système de l’entreprise, sont des raisons avancées pour la mise en place de pratiques RSE. Le concept de parties prenantes est, pour les dirigeants de PME, très incarné par leurs salariés et par leur écosystème ; ils sont notamment impliqués dans des « activités socialement responsables externes » (Observatoire des PME européennes, 2002).

    7À la suite à leur recherche conduite aux États-Unis, Hofmann et al. (2012) indiquent certes que l’évolution vers un profil plus RSE, notamment dans son versant environnemental, passe pour les PME par l’adoption de technologies avancées, un management plus durable des relations des relations interentreprises et l’existence d’une capacité significative d’innovation. Toutefois, le capital humain étant considéré comme une ressource, voire une richesse, pour l’entreprise, il est peu surprenant que la priorité des actions liées à la RSE soit aussi tournée vers les enjeux sociaux, le bien-être au travail, et l’amélioration des conditions de travail. Ces points peuvent justifier le fait que l’axe social (conditions de travail des salariés, égalité des salaires hommes / femmes, équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, prévention des risques, formation, etc.) reste prioritaire, et ce de façon majoritaire dans le secteur des services, passant alors bien avant l’axe environnemental, excepté dans le secteur du transport et celui du tourisme : 74 % des dirigeants interrogés procèdent à la collecte, au tri ou à la valorisation des déchets, mais seulement 23 % d’entre eux cherchent à réduire leur empreinte carbone, 18 % adoptent des processus d’écoconception et 13 % effectuent un bilan carbone ou un bilan énergétique (Bpifrance, 2017).

    8Deux perspectives peuvent être retenues (Wolff et Bosia, 2014) : une perspective instrumentale, qui répond à un intérêt économique des parties prenantes (Walsh, 2005), et une approche dite éthique, partant du principe que l’entreprise est soumise au jugement moral de ses parties prenantes. Le manager est alors le défenseur intrinsèque de toutes les parties prenantes, dont les parties prenantes muettes dans lesquelles on retrouve l’environnement. Même si, comme nous l’avons vu, les approches institutionnalistes semblent s’appliquer moins fortement à ces cas (Huault, 2017), le concept de « légitimité organisationnelle » de Suchman (1995) peut aussi être mobilisé pour expliquer ce lien entre l’entreprise et ses environnements sociaux. En tant que « perception généralisée selon laquelle les actions d’une organisation sont souhaitables, convenables ou appropriées au sein d’un système socialement construit de normes, de valeurs, de croyances et de définitions » (Suchman, 1995), elle explique et légitime le recours à la RSE. Il ne s’agit plus de considérer la seule rationalité économique, mais d’intégrer d’autres registres, politique, moral ou émotionnel, destinés à soutenir des argumentaires complexes (Erkama et Vaara, 2010).

    Comment articuler PME, RSE et commerce international ?

    9Dans le cas du développement international, l’impact sur les questions environnementales, pour lequel nous n’avons pas trouvé de travaux appliqués au champ des PME, est très important. Actuellement, dix milliards de tonnes de marchandises circulent sur les mers, avec une extrême fiabilité et des coûts de transport très faibles, autorisant n’importe quelle usine de montage, où qu’elle soit dans le monde, à être approvisionnée sans difficulté grâce à la performance des services logistiques rendus (Frémont et Frémont-Vanacore, 2015). À l’échelle mondiale, l’essor du fret routier et ferroviaire sera, d’ici 2050, compris entre 230 et 420 % selon le poids du fret dans la croissance du PIB (OECD, 2015). Les émissions de CO2 correspondantes augmenteront dans une proportion comprise entre 140 et 350 % (OECD, 2015). Entre 2010 et 2050, les émissions de CO2 imputables au commerce international seront multipliées par 3,9 (OECD, 2015).

    10Au vu de la trop faible part des PME dans le commerce international, il serait malvenu de leur demander de faire baisser les émissions dues à des situations qu’elles génèrent trop peu, mais notre question initiale portait sur la contribution des PME à la prise en compte des problématiques environnementales. Comment mettre en évidence et mieux maîtriser les conséquences en matière de RSE des différents choix stratégiques effectués ? Nous choisirons ici trois pistes. La première piste vise à réaffirmer la vision stratégique des dirigeants de PME. La deuxième piste vise à développer les tableaux de bord liés à la mesure de la performance stratégique, parce qu’ils mesurent l’alignement entre la stratégie de l’entreprise et ses choix opérationnels, et permettent de mieux mettre en évidence l’intérêt des actions implémentées (Oriot et al., 2017). Ils peuvent donc être le support explicite de choix intégrant une vision responsable du développement et de leur mise en œuvre. Enfin, la troisième piste porte sur l’utilisation des réseaux pour intégrer de nouvelles visions et connaissances, en particulier celles sur l’environnement.

    Vision stratégique

    11Les dirigeants de PME affirment volontiers leur responsabilité multi-dimensionnelle dans le cadre de stratégies souvent implicites et à court terme, s’appuyant sur la vision du dirigeant (Bonneveux et al., 2016). L’intégration de diverses politiques, dont la RSE, sera donc liée à une telle vision. La théorie entrepreneuriale souligne par ailleurs le fait que la personnalité des dirigeants, leurs croyances et leurs orientations personnelles peuvent déterminer la prise de décision (Paradas, 2007), à partir de convictions plus fortes que dans les grandes entreprises. Les valeurs les plus déterminantes de ces prises de décision sont la liberté d’action, le plaisir, la satisfaction et le bien-être3. Formaliser la vision stratégique reste un exercice difficile et non systématique dans les PME. C’est pourtant grâce à cette vision, qui peut décréter la RSE structurante pour l’entreprise et, de ce fait prioritaire, que les choix peuvent se faire entre des enjeux économiques et sociétaux parfois contradictoires. Comme l’indique Paradas (2007), « pour un léger surcoût, il est plausible que le dirigeant choisira l’écologie ou les rapports humains, par conviction ». À partir de là, des projets peuvent être mis en place pour encadrer les impacts environnementaux : réduire l’empreinte carbone des achats, réduire les déplacements, repenser les marchés prioritaires.

    Tableaux de bord

    12Les auteurs travaillant sur la mise en place des tableaux de bord en PME montrent que ces derniers signalent un système de mesure plus abouti, plus complexe et plus exhaustif, prenant en compte les différentes facettes de la performance (Barnett et Salomon, 2012 ; Oriot et al., 2017), et témoignent d’une volonté d’alignement entre stratégie et mesures (Garengo et al., 2005). D’autres recherches soulignent que les indicateurs de mesure de la responsabilité sociétale, au titre d’indicateurs non financiers, ne font pas partie des priorités (Pedersen et al., 2018). Dans leurs travaux, Wolff et Bosia (2014) soulignent le fait que de nombreux auteurs se sont penchés sur l’analyse des motivations de dirigeants face au développement de politiques RSE, alors que peu de travaux existent en revanche sur la construction de tableaux de bord en permettant le pilotage. Huet (2017) remarque que « la maturité sur la question de la RSE et du développement international dispose encore d’une marge de progrès », en particulier parce que les entreprises manquent de capacité à mesurer les impacts des politiques mises en place, en dehors de l’empreinte carbone citée par 20 % d’entre elles. Huet (2017) indique par ailleurs que les indicateurs en matière de RSE les plus suivis à l’international portent sur la santé, la sécurité au travail et la politique ressources humaines dans les pays développés, et les droits sociaux fondamentaux et droits de l’Homme dans les pays émergents.

    13Les indicateurs relatifs à la question environnementale interrogent la gestion des déchets, de l’eau, de l’énergie, l’empreinte carbone, l’écoconception et l’obtention de certifications. Il semble pertinent de penser à les intégrer dans les tableaux de bord des PME internationalisées au titre d’indicateurs liés à la mesure de la politique RSE, et de les orienter en particulier vers la mesure des conséquences des décisions touchant les décisions d’internationalisation : choix de marchés prioritaires, nombre de déplacements effectués, modes de transport et services logistiques utilisés, gestion des emballages et suremballages des biens transportés, par exemple. Il serait par ailleurs indispensable d’intégrer dans ces indicateurs une évaluation de l’ensemble de la chaîne de valeur de la PME dans le monde, par exemple des relations avec les fournisseurs étrangers ou de la traçabilité des produits importés. Les mesures sont devenues obligatoires pour les grands groupes, mais elles pourraient s’intégrer dans les politiques de soutien aux PME au titre de l’amélioration de leur performance globale.

    Apport des réseaux

    14Les recherches portent aussi sur les modes de découverte et d’appropriation des stratégies RSE, le plus souvent de la part des grandes entreprises, et plus rarement par les PME (Quairel et Auberger, 2005 ; Bon et al., 2015 ; Bonneveux et al., 2016). Ces travaux confirment, comme évoqué précédemment, que les dirigeants de PME ne se sentent pas emportés par le modèle des grands groupes développant des politiques RSE. En revanche, ils insistent sur l’importance des réseaux dans l’émergence d’une prise de conscience des enjeux RSE par ces acteurs PME et sur l’intérêt de l’accompagnement collectif sur ces questions (Bonneveux et al., 2016). Berger-Douce (2006) insiste sur la démarche psycho-cognitive de la part du dirigeant de PME, et la démarche plus orientée socio-politique de la Chambre de Commerce, qui accompagne les dirigeants observés dans ses travaux et représente une source d’apprentissage pour eux. Ces réseaux, grâce à leur propre intérêt vis-à-vis de la RSE et à leurs connaissances spécifiques, peuvent conduire les dirigeants à modifier leurs représentations individuelles et à s’approprier progressivement les démarches RSE (Bon et al., 2015).

    Conclusion

    15Les discours sont nombreux à encourager des stratégies responsables, diagnostiquer et contrôler les conséquences environnementales des activités. Dans un contexte déclaré d’urgence climatique, et au vu de l’impact de l’internationalisation des entreprises (plus particulièrement de la croissance des importations et exportations), il sera nécessaire de réfléchir et d’agir dans toutes les organisations. Il ne serait cependant pas juste que les PME soient visées en premier lieu par des recommandations cherchant à encadrer leurs activités internationales, alors que depuis des années, elles sont sollicitées pour participer plus aux efforts de rééquilibrage de la balance du commerce extérieur. Malgré leur nombre important, elles ne renverseront pas la tendance « vers une nouvelle révolution industrielle » (Cohen et Winn, 2007). Toutefois, la perception d’une performance reposant à la fois sur un résultat affiché mais aussi sur un jugement de valeur, sur ce résultat et sur les actions qui ont permis sa réalisation (Saulquin et Schier, 2010), paraît pertinente, voire recommandable.

    16Pour cela, certaines propositions peuvent être approfondies pour mieux formaliser des visions stratégiques incluant les enjeux RSE et de développer des systèmes de management de la performance intégrant de façon explicite les indicateurs appropriés, l’objectif étant de visualiser et de communiquer à toutes les parties prenantes l’importance accordée aux enjeux environnementaux. Il serait par ailleurs opportun de développer l’appui institutionnel en la matière, pour apporter des connaissances précises aux dirigeants de PME. Plus généralement, l’appartenance à des réseaux professionnels, institutionnels, voire amicaux, largement recommandée par les chercheurs dans le cadre du développement international, peut être mise à profit pour le développement de politiques RSE. Les travaux des organismes spécialisés sur le climat, par exemple, sont importants, mais leur appropriation en matière de gestion n’est pas immédiate. Une nouvelle fois, créer des ponts entre experts et gestionnaires permet de créer un support à la prise de décisions mieux argumentées. Plus que d’une simple incitation, il s’agit de proposer un programme de recherches sur les thèmes que nous venons d’évoquer. Comme le présent chapitre est un hommage à deux chercheurs, Marie-Christine Monnoyer et Jean Philippe, qui ont déjà beaucoup apporté à ces thématiques du développement international et des PME, et qui ont encadré avec une éthique sans faille tant d’étudiants et de jeunes chercheurs, nous ne pouvons que les remercier et souhaiter que de tels travaux se poursuivent, dans l’intérêt de tous.

    Notes de bas de page

    1 Partie en juillet 2019 sur un cargo porte-conteneur transportant 15 000 conteneurs, dont 400 réfrigérés, de Rotterdam à Melbourne, la matérialisation du commerce international, et de la logistique associée, est apparue sous nos yeux. Nous avons observé pendant vingt jours les fumées noires, les soixante-dix tonnes de fuel lourd consommées tous les jours par ce cargo, les douze tonnes d’eau dessalée pour laver le bateau et entretenir les équipages, le bruit des moteurs sollicités pour conserver à 4° C ou 16° C des produits européens circulant sur la Mer Rouge, où la température de l’air frôlait les 50° C et celle de l’eau dépassait les 30° C… à l’heure de l’urgence climatique. Nous avons travaillé pendant plus de vingt ans sur l’internationalisation des PME, sujet de prédilection de Marie-Christine Monnoyer et de Jean Philippe. C’est à partir de ces deux constats que nous avons ouvert la porte dans le chapitre à une réflexion sur le développement international, la RSE, et le sujet qui nous est familier : celui des PME.

    2 La liste des sept lignes directrices est la suivante : gouvernance, droits de l’Homme, relations et conditions au travail, environnement, loyauté des pratiques, questions relatives aux consommateurs, communautés et développement local.

    3 Le thème plaisir, satisfaction et bien-être recouvre des éléments très divers, comme le plaisir de se lever le matin, du travail bien fait ou du travail en équipe, la bonne humeur, la sérénité, la qualité des contacts humains, l’amour de la nature et la beauté du milieu, le respect, la satisfaction personnelle ou l’étonnement permanent (Paradas, 2007).

    Auteur

    • Martine Boutary

      Professeur HDR en Sciences de Gestion à TBS Toulouse Business School, après une expérience de quinze ans comme consultante en gestion export auprès de PME. Responsable du Master 2 International Business sur les campus de TBS à Toulouse et à Barcelone, elle enseigne les stratégies de développement international et focalise ses travaux de recherche sur les PME et leur internationalisation. Conseiller du Commerce Extérieur de la France depuis 2008 et secrétaire générale du Comité CCEF Occitanie, elle a souvent travaillé (avec bonheur) et co-écrit avec Marie-Christine Monnoyer et Jean Philippe.

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    2 La liste des sept lignes directrices est la suivante : gouvernance, droits de l’Homme, relations et conditions au travail, environnement, loyauté des pratiques, questions relatives aux consommateurs, communautés et développement local.

    3 Le thème plaisir, satisfaction et bien-être recouvre des éléments très divers, comme le plaisir de se lever le matin, du travail bien fait ou du travail en équipe, la bonne humeur, la sérénité, la qualité des contacts humains, l’amour de la nature et la beauté du milieu, le respect, la satisfaction personnelle ou l’étonnement permanent (Paradas, 2007).

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    Boutary, M. (2020). PME et commerce international. In C. Gallouj & G. Paché (éds.), Management des services. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence. https://doi.org/10.4000/books.pup.33058
    Boutary, Martine. « PME et commerce international ». In Management des services, édité par Camal Gallouj et Gilles Paché. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence, 2020. doi:10.4000/books.pup.33058.
    Boutary, Martine. « PME et commerce international ». Management des services, édité par Camal Gallouj et Gilles Paché, Presses universitaires de Provence, 2020, https://doi.org/10.4000/books.pup.33058.

    Référence numérique du livre

    Format

    Gallouj, C., & Paché, G. (éds.). (2020). Management des services. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence. https://doi.org/10.4000/books.pup.32878
    Gallouj, Camal, et Gilles Paché, éd. Management des services. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence, 2020. doi:10.4000/books.pup.32878.
    Gallouj, Camal, et Gilles Paché, éditeurs. Management des services. Presses universitaires de Provence, 2020, https://doi.org/10.4000/books.pup.32878.
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