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    Plan détaillé Texte intégral Médias, médiateurs, médiation en archéologie L’archéologie préventive passée au crible de la presse entre 2005 et 2007 Notes de bas de page

    Archéologie au présent

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre 2. Les raisons de la course à la médiatisation

    p. 25-50

    Texte intégral Médias, médiateurs, médiation en archéologie Études et textes ressources Évolution des retombées médiatiques dans les années 2000 Graphique 1. Dix ans de médiatisation dans la presse française Graphique 2. Les thèmes des articles consacrés à l’archéologie préventive dans les médias, tous supports confondus Graphiques 3. Les calendriers de la médiatisation, année par année de 2005 à 2007 Le corpus L’archéologie préventive passée au crible de la presse entre 2005 et 2007 Chantiers régionaux médiatisés 2005 Cas 1 : Le baptistère du site Alban à Ajaccio Graphique 4. Mise en perspective des nombres de tirages de journaux en fonction des supports Cas 2 : Le collège Vieux-Port à Marseille Chantiers régionaux médiatisés 2006 Cas 3 : Les fouilles du Camp de las Basses à Amélie-les Bains Cas 4 : Des chasseurs de la fin du paléolithique à Montpellier Chantiers régionaux médiatisés en 2007 Cas 5 : Le site néolithique du boulevard Charles-Nédélec à Marseille Tableau et graphique 5. Les supports de presse écrite quotidienne et leurs nombres de tirages Cas 6 : La ville romaine sous l’avenue Jean-Jaurès à Nîmes En marge de l’archéologie préventive, le cas du César d’Arles « Les archéologues aux pieds palmés » et le César d’Arles La revue de presse Notes de bas de page

    Texte intégral

    1Le livre est un média, au même titre que la télévision, l’affichage, la radio, une exposition ou même « google » sur Internet. Mais ces médias peuvent aussi se définir comme des techniques accompagnées par des pratiques sociales spécifiques. L’imprimerie de Gutenberg – qui est ni plus ni moins en 1434 « qu’une presse à imprimer », le cinéma des frères Lumière, la télégraphie de Marconi et les logiciels, ne sont pas des mass-médias mais simplement des techniques ou des objets techniques. La définition de « média » n’est donc pas si évidente : technique, institutions, forme d’expression, domaines d’activité… Nous allons considérer qu’ils sont cependant organisés en secteurs spécialisés dans des activités différentes, tels l’information, les divertissements, la publicité, l’éducation, l’art, les sites web. L’inventaire des médias décourage toute tentative de définition. Le journaliste qui les alimente se présente donc comme un « médiateur » entre l’information brute et le public, à l’image d’un entonnoir et d’un filtre. Mais avant de tracer les contours d’une nouvelle réflexion sur l’archéologie et les médias, il convient de faire le point sur les rapports et études précurseurs qui l’ont préparée.

    Médias, médiateurs, médiation en archéologie

    Études et textes ressources

    2Cinq études ont posé les bases de cette nouvelle réflexion : une thèse, un rapport ministériel, un livre, une revue et un colloque.

    3La première thèse soutenue ayant pour objet « L’archéologie et les médias en France (1972-1982)1 » date de 1984. Brigitte Lequeux y montre la place que l’information archéologique tenait dans les journaux de l’époque. Elle étudie l’image de l’archéologie « depuis l’origine de l’homme jusqu’à l’ère industrielle, ainsi que toutes les disciplines connexes (épigraphie, numismatique, histoire de l’art) et des sciences exactes ou descriptives appliquées à l’archéologie (anthropologie, datation…).

    4De l’actualité de la recherche donc, à un vaste un éventail qui va des spectacles au cinéma, des ouvertures d’expositions aux aménagements de sites touristiques, ou aux publications de romans qui ont trait à la discipline, en France et à l’international !

    5À titre d’exemple entre avril 1980 et mars 1981, il y a eu 151 articles dans Le Monde en lien avec l’archéologie mondiale. Mais l’auteur constate que l’archéologie représente moins de 0,1 % de la surface rédactionnelle dans la PNQ et la PQR2.

    6Dans le détail, cela représente 0,11 % dans Le Point et L’Express (0,36 % pour les autres sciences) et 2,5 % de la surface rédactionnelle dans La Recherche, Sciences et Avenir et Science et Vie. Connaissance des arts consacre la surface rédactionnelle la plus importante dédiée à l’archéologie, 5,20 %, soit, de façon surprenante, plus que dans Historia (3,20 %), chiffre comparable à celui d’Histoire (5,84 %), deux revues spécialisées dans la discipline.

    7Dans tous les médias, cette proposition est sensiblement la même que celle consacrée aux mathématiques et à l’astronomie3.

    8Concernant la télévision, trois chaines existaient en 1981 : TF1, Antenne 2 et FR3. L’auteur recense 57 heures 35 secondes en temps d’antenne annuel concernant l’archéologie, soit 70 émissions qui totalisent 0,5 % de taux de présence4.

    9Pour les « antennes radiophoniques », seule France Culture diffuse des émissions de « vulgarisation scientifique de l’archéologie » à hauteur de 1,13 % du temps d’antenne : 1980 était pourtant « l’année du patrimoine » en France…

    Image

    10De 1960 à 1980 la PQR a gagné 300 000 lecteurs soit 4,7 % pendant que la PQN en perdait plus d’un million soit 35 % (source Le Monde, décembre 1982). Tous les chiffres sont présentés dans la conclusion de la thèse, Lequeux, 1984, p. 214. Il y a une légère différence entre les chiffres énoncés dans la démonstration de la première partie et ceux de la synthèse.

    11Le terme « surface rédactionnelle » et « taux de présence » sont sûrement un peu abusifs. Comment quantifier un volume ou un espace rédactionnel sans indiquer la longueur des articles ou des émissions considérés. On aurait peut-être dû parler « d’occurrence ». Cette première étude a néanmoins le mérite de mettre en relief la place très modeste de l’archéologie dans les principaux médias dans les années 1980, même en prenant en compte l’ensemble des découvertes mondiales ! Les études de référence de l’auteur5 montrent que ces informations « n’atteignent qu’un très petit nombre de lecteurs ou de spectateurs. Donc en fait, peu d’articles et encore moins de lecteurs ».

    12Beaucoup plus récent, le rapport de Vincent Charpentier et Serge Renimel, Représentations sociales et légitimité de l’archéologie nationale au travers des médias, a été établi à la demande du ministère de la Culture et de la Communication6. En 2002, alors que l’Inrap vient d’être créé, un de ses ministères de tutelle veut savoir qu’elle est l’image de l’archéologie et son potentiel pour anticiper la communication de cette disciple. Au yeux du public, l’archéologie reste une discipline certes « sympathique » mais « inutile » et connotée par un archaïsme intrinsèque. Cette étude dresse pour la première fois un état de l’archéologie nationale qui promettait dès 2002 « d’avoir la légitimité sociale dont beaucoup avaient rêvé au sein de cette communauté brusquement mutante7. » En guise de conclusion, les rapporteurs plaidaient pour l’utilité d’une « passerelle » régulière entre archéologues et médias.

    13Pour ouvrir le champs d’investigation et suivre nos voisins d’outre-Manche, beaucoup plus avancés dans « l’archéologie-spectacle », on peut également citer Timothy Clack et Marcus Brittain pour leur livre Archaelogy and the media8. Ils expliquent comment la fascination du public pour l’archéologie a eu pour conséquence la médiatisation des archéologues. En Angleterre, ces derniers ont donc dû faire face aux médias plus régulièrement que d’autres disciplines scientifiques. Ceci n’a pas été sans conséquences sur la façon dont les archéologues communiquent leurs recherches au public par l’intermédiaire des médias. Par ricochet, la façon dont les médias voient les archéologues est devenue une donnée importante dans le monde contemporain de l’archéologie universitaire et professionnelle. Les auteurs reprennent le panorama complet des médias anglophones avec ses spécificités, la façon dont ils mettent en scène l’image de l’archéologue et la prédominance des thèmes par périodes historiques à la télévision (avec le succès des feuilletons de Time Team)9, au cinéma (les productions hollywoodiennes), mais aussi dans la photographie, la presse populaire, l’art, les jeux vidéo, la radio et des médias numériques : « Archaeology’s use of the media for securing archaeological futures is by no means new10 ! »

    14Dans son article paru dans la revue Les Nouvelles de l’archéologie, consacré à l’image de l’archéologie11, Geneviève Lüscher fait le point sur son expérience d’archéologue-journaliste en Allemagne. Elle constate que même si la présence d’articles a augmenté à partir des années 1990 dans l’ensemble de la presse allemande, aujourd’hui, la croissance ne se cantonne plus qu’à certains journaux. L’auteur explique ce phénomène par les contacts personnels que les archéologues peuvent avoir avec les journalistes et la sensibilité de certains rédacteurs en chef. Elle montre également que la notion de proximité est fondamentale pour se sentir concerné par une découverte et donc faire le relais de l’information. Quel est le journaliste qui traite l’information ? Scientifique de formation pour les rédactions nationales, il est « généraliste » dans les journaux plus modestes. Et si l’archéologie en tant que science ne fait aucun doute, sa place dans les rubriques scientifiques ou culturelles de la presse allemande, change d’un support à l’autre. Enfin, Geneviève Lüscher met en avant la notion de news, c’est-à-dire le temps de la découverte, qui n’est pas le même pour l’archéologue et le journaliste.

    15Elle propose donc de faire évoluer le discours des archéologues, pour mettre en valeur ce qui va retenir le journaliste. Cela suppose d’être plus courageux dans les choix des sujets. Ne pas évoquer les douze états successifs de la villa romaine, mais juste sa magnifique mosaïque et en donner une belle photo. Il faut garder à l’esprit que dans les grandes rédactions, tout scientifique de formation qu’il soit le journaliste n’en est pas moins au service de ses lecteurs. Il bâtit une histoire, souvent avec des sources issues de réseaux personnels. Il n’est pas là pour servir la science, ni pour alimenter un débat scientifique, d’où le manque regrettable de débats contradictoires. D’autant plus que le journaliste peut également se faire l’écho de dysfonctionnements, ce qui contrarie encore plus l’archéologue, qui observe toujours un décalage entre son attente et la publication de l’information. Enfin, troisième partenaire de jeu, le lecteur, dont on connaît mal les attentes et les envies.

    16Enfin il faut évoquer ici, le dernier colloque international en date sur le sujet Archéologie et médias : quelles représentations, quels enjeux12 ? L’objectif était de faire le point sur le statut particulier du métier d’archéologue, qui draine toujours les mêmes clichés : aventurier, apanage de savants qui montent des missions d’études dans des pays exotiques et sur des sites mythiques… Les intervenants démontraient que les médias continuent d’exploiter les images fantasmées héritées des découvertes du xviiie et xixe siècles : le drame d’Herculanum et de Pompéï, l’Égyptologie monumentale et ruisselante d’or, le Moyen-Orient et ses cités antiques toujours en élévation, les civilisations aztèques et mayas et leur grande maîtrise scientifique ou l’Asie raffinée. Le tout nourri par les fictions et les festivals de films aux titres révélateurs : l’Énigme des Nazcas, Le mystère des tombes gelées, Le secret de la grotte Cosquer. « Énigmes », « mystères » et revoilà le parallèle entre archéologue et enquêteur de police, mais aussi l’idée du danger et la fascination de la mort. Ainsi la démarche archéologique, aussi scientifique soit-elle, induit une part d’imaginaire. Dans ce colloque si les représentations étaient claires, les enjeux ont semblé moins bien perçus : on a l’impression qu’il s’agissait d’une nouvelle introspection de la profession.

    17Ces cinq approches internationales d’un même thème m’ont permis de redéfinir l’angle d’approche de cette étude, centrée sur l’archéologie préventive en France au début des années 2000 et surtout sur le traitement de l’actualité des découvertes de terrain dans les médias. Depuis une trentaine d’années, la pratique de la discipline a tellement évolué, qu’elle n’a désormais plus rien de commun avec celle qu’a connue le père de la première loi sur la réglementation des fouilles, Jérôme Carcopino.

    Évolution des retombées médiatiques dans les années 2000

    18Du choix du thème que le journaliste va privilégier pour annoncer une découverte dépendra la place de cette information dans la rubrique de son journal : information, transmission de connaissances, actualité ou communication institutionnelle.

    19Ces différentes approches sont-elles prévues par les journalistes ? De nombreuses questions se posent : est-ce que la presse de vulgarisation en archéologie va apporter une information plus technique ou méthodologique ? Ou encore annoncer la découverte sous un angle scientifique ? La presse régionale ne va-elle traiter que de l’actualité ? Pourquoi la presse nationale se saisit-elle (ou non) d’une découverte ? Les points de vue des journalistes, sur une même découverte, jouent-ils sur sa médiatisation ou écrivent-ils en fonction de ce qu’ils pensent que leurs lecteurs attendent ?

    Graphique 1. Dix ans de médiatisation dans la presse française

    Évolution du nombre de retombées médiatiques depuis 2001

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    Source : Argus de la Presse, Bilans annuels de 2001 à 2010

    20La première étape de la démarche consiste à réunir quelques textes, pris comme exemple, qui nous servirons de référence en fonction des années et des types de presse.

    21À la demande de l’Inrap, l’Argus de la Presse13 assure un panorama hebdomadaire des articles qui mentionnent l’activité de l’Institut et en fait une analyse annuelle. Cette source, facilement accessible, est aussi la plus exhaustive, ainsi entre 2004 et 2009, Argus de la Presse a recensé 19 421 « retombées presse » consacrées à l’archéologie préventive, dans la presse écrite, les sites internet d’information, les émissions de radio et de télévision. (cf. graphique 1)

    22Encore anecdotique en 2001, le nombre des retombées médiatiques a doublé en 2002 avec la création de l’Inrap. En 2003, ce sont les sujets sur les crises professionnelles qui occupent les supports d’information. Mais entre 2004 et 2005, la direction de la communication va contribuer à faire évoluer les contenus et le nombre des articles consacrés à l’archéologie préventive. Un réseau de « communicants » se met en place au siège parisien de l’Institut et en régions. Sa mission est de structurer l’information et de la rendre plus fluide, entre les directions régionales et le siège d’abord, puis à destination des médias. De grands chantiers de fouille sont menés sur l’ensemble du territoire et l’Inrap a désormais les outils pour en faire connaître les résultats. On observe de fait une augmentation des articles.

    23Le nombre d’articles passe ainsi de 1774 en 2005 à 4677 pendant l’année 2007. Les chantiers de fouilles deviennent plus longs et sont donc plus intéressants pour alimenter une actualité scientifique ; en outre, cela permet d’anticiper les plans de communication. L’année 2007 reste l’année de tous les records en terme de visibilité de l’archéologie préventive dans les médias.

    24En 2008, pour la première fois depuis la création de l’Inrap, le nombre d’articles s’effondre. Les fouilles sont alors moins nombreuses, c’est une année de réalisation de diagnostics et l’Institut a pour habitude de ne pas communiquer sur les résultats de ces derniers. C’est aussi l’année où le président Jean-Paul Demoule a quitté ses fonctions. La vacance de quatre mois entre février et juillet, date de prise de fonction du Président Jean-Paul Jacob, peut aussi expliquer la baisse du nombre d’articles cette année-là. De plus le nouveau président est accueilli par des mouvements sociaux professionnels et l’on commence à voir les effets de la concurrence soit à l’époque celle de quelques 80 services municipaux et sociétés agréées pour fouiller. Les années 2009 et 2010 permettent de retrouver une situation comparable à celle de 2006. Les grands projets d’aménagement nationaux comme le canal Seine Nord-Europe et des fouilles importantes menées dans les centres urbains (comme à Paris ou à Marseille), alimentent l’information.

    25Les années 2005-2007 constituent une période de référence au cours de laquelle l’image de l’Inrap se structure avec le recrutement de professionnels qui deviennent les interlocuteurs privilégiés des médias. L’Institut est aussi porté par une dynamique de colloques, d’expositions, de publications scientifiques et « grand public ». Le site internet institutionnel voit sa fréquentation augmenter avec 300 000 visiteurs annuels14.

    Graphique 2. Les thèmes des articles consacrés à l’archéologie préventive dans les médias, tous supports confondus

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    Les thèmes sont multi-évalués,

    source : Bilans Argus, février 2006 et mars 2008.

    26Dans ce contexte nouveau, quels sont alors les sujets abordés par les médias ?

    27C’est d’abord « l’actualité des chantiers et des découvertes » qui intéresse prioritairement les supports au fil des trois années de référence. Le nombre d’occurrences sur ce thème double pendant la période.

    28Deuxième sujet prédominant dans les articles « les expositions et les annonces ou bilan de portes ouvertes sur les sites » sont quatre fois plus nombreuses en trois ans. Cela s’explique logiquement par la sollicitation systématique des rédactions de presse lorsqu’un chantier est ouvert au public ou qu’une exposition est inaugurée. La cause de l’augmentation des volumes d’articles consacrés aux conférences, colloques et concertations est la même.

    29En revanche, les articles axés sur les dispositifs légaux qui encadrent les interventions des archéologues, les coûts et le calcul de la redevance, ainsi que les prises de parole des élus sont en net repli. Restent les « mouvements sociaux ». Ils représentent 3 % seulement de la médiatisation mais en augmentation, le sujet est principalement traité dans la presse grand public (à 73 %), l’Inrap n’y est pas bien considérée par les collectivités et les aménageurs, notamment suite à des mouvements de grèves qui émaillent les années 2006 et 2007.

    30En 2007, le volume de retombées de la médiatisation de l’Inrap fait un bond de 35 % avec 4 677 références au total contre 3 491 l’année précédente. Pourtant, le chiffre bilan de 2006, représentait déjà une augmentation de 50 % par rapport à 2005 (1775 retombées).

    31Mais il faut nuancer ce constat avec le nombre de supports mobilisés : 635 en 2007 contre 1484 en 2004. On parle d’avantage de l’Inrap mais toujours avec une nette prééminence de la presse écrite (83 %) et avec une surface rédactionnelle en augmentation, en moyenne sur les trois ans.

    32Enfin et pour terminer ce tour d’horizon, existe-t-il une période dans l’année plus favorable à la parution d’articles consacrés à l’archéologie ? On pourrait penser, par exemple, que pendant l’été les journalistes cherchent des sujets plus « culturels » ou relatifs « aux origines »… (cf. graphique 3)

    Graphiques 3. Les calendriers de la médiatisation, année par année de 2005 à 2007

    1. L’année 2005, tous médias confondus

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    Source : Cl. bilan Inrap par Argus des médias, février 2006.

    2. L’année 2006, tous médias confondus

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    Source : Bilan Inrap, avril 2007, Argus de la Presse.

    3. L’année 2007, tous médias confondus

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    Source : Bilan Inrap, mars 2008, Argus de la Presse.

    33Les pics de médiatisation observés sont à mettre à l’actif des diffusions de communiqués de presse bien ciblés sur des découvertes de terrain. Les fortes augmentations qui suivent de deux ou trois semaines la date du communiqué, correspondent à la parution des mensuels. Tous les ans, les quatre semaines de septembre sont consacrées à l’actualité des journées du Patrimoine : visites de chantiers, expositions, conférences. Pendant les trois ans de référence, la présence médiatique de l’archéologie préventive est de fait très homogène au fil des mois, sans périodes d’absences caractéristiques.

    34De 2005 à 2007, la médiatisation des découvertes au moment où les chantiers sont encore visitables est en forte hausse et se lisse sur toute l’année. Cette croissance est particulièrement sensible dans la presse locale et s’impose aussi pour la télévision et la radio.

    35Pour illustrer ces premières constatations, nous avons constitué un corpus d’articles de référence en sélectionnant sauf pour un seul cas des chantiers régionaux qui ont fait l’objet d’une médiatisation réfléchie et anticipée.

    36Cette sélection d’articles permet de mieux connaître la nature et l’organisation de la médiatisation des découvertes archéologiques préventives, pour observer d’éventuels processus de changements en fonction des sujets et des supports qui les relayent.

    37De plus, un corpus de référence sous les yeux permettra ultérieurement, l’analyse des contenus idéologiques qui sont communiqués aux différents publics. L’information se concentre-t-elle toujours sur la découverte ou apporte-t-elle des données complémentaires comme, par exemple, la distance que le journaliste prend avec l’information ? Il est intéressant d’aborder l’analyse en gardant à l’esprit l’importance des messages que les médias peuvent instiller, parfois à leur insu, au lecteur ou au spectateur. Le prétexte de l’histoire et du témoignage patrimonial permet, plus que tout autre discipline, de transmettre des conceptions de la vie sociale. Pourra-t-on mettre en valeur la portée idéologique contenue dans un article de La Provence ? Rien n’est moins sûr, mais passer à côté de cette dimension ferait perdre de l’intérêt à cette enquête. Les médias, par le regard qu’ils portent sur la société et le filtrage qu’ils imposent, sont tout l’enjeu de cette analyse.

    38Enfin, l’ambition de cet exercice est de comprendre quelles sont les conséquences de la médiatisation sur la pratique de l’archéologie en France aujourd’hui, pour anticiper le point d’achoppement principal de la communication en matière d’archéologie préventive : médiatiser une découverte alors que l’on n’est pas sûr de sa datation, de sa nature, de son contexte, de sa nouveauté, le tout sur un site qui sera détruit dans une semaine ou au mieux, un mois plus tard. La médiatisation est un coup de poker avec des conséquences sur tous les maillons de la chaîne, du chantier à la post-fouille. Il n’y a pas de plan communication idéal et unique à reproduire sur tous les chantiers. Cependant, il y a des pièges à éviter car la médiatisation de l’archéologie a une telle portée sur l’imaginaire collectif qu’elle est devenue un outil redoutable pour qui sait le manier : scandales patrimoniaux, pressions politiques et idéologiques, enjeux financiers, chantages ou corruptions.

    Le corpus

    39Si l’on suit les préconisations des sociologues, l’analyse de contenus médiatiques est un processus qui relève à la fois de la linguistique et de la sémantique mais aussi des analyses et des traitements de données. Il fallait donc un large éventail d’articles et de citations presse pour caractériser le paysage médiatique de l’archéologie préventive et constituer le corpus de l’étude. Cette masse d’informations impose de la méthodologie et si l’approche proposée ici est éloignée des schémas habituels d’analyse de médias adoptés par les sciences sociales15, elle permet de mettre en lumière les enjeux et les représentations de l’archéologie préventive, pour comprendre sa perception, tant par les « médiateurs » qu’auprès des publics qui reçoivent leurs discours.

    40Travailler sur une série de textes semble plus fiable, dans un premier temps de l’étude, que d’aller directement rencontrer des journalistes. De plus, lors d’un rendez-vous, le libellé des questions peut orienter les réponses. « L’objet de la recherche » a conscience d’être observé et peut donc modifier sa réponse. Faire l’analyse de contenu permet, au contraire, d’intervenir après l’émission du message et ne modifie pas la réponse que le journaliste a formulé sous forme d’article ou d’émission. En appliquant une grille de lecture systématique, nous réduisons d’autant les ambiguïtés.

    41Autre remarque prélimaire, les articles ont été recensés pour leurs contenus et leur qualité, mais aussi dans leur inférence, c’est-à-dire leur contexte. L’articulation entre la surface du texte, et les facteurs qui déterminent les caractères sont déduits logiquement16. L’analyse sera faite dans un second temps en étudiant une opération en Corse de façon plus précise pour voir s’il existe une correspondance entre la forme, la place et la signification d’un article dans un support médiatique. Ceci pour mettre en lumière le processus de l’information, depuis son origine, sa diffusion et jusqu’à son accueil et son traitement par le journaliste.

    42L’échantillon d’étude de cas se veut représentatif des archétypes. Encore une fois, l’Inrap n’est pas le seul opérateur d’archéologie préventive à inviter les médias sur leurs chantiers. Des sociétés comme Archéodunum, Hadès, ou Chronoterre le font également mais à la période de référence retenue pour cette étude ces organismes n’avaient pas encore organisé leur communication dans des proportions comparables à celles de l’Institut.

    L’archéologie préventive passée au crible de la presse entre 2005 et 2007

    43Sont ici présentés six chantiers de fouilles préventives qui ont fait l’objet d’une médiatisation dans les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse et Languedoc-Roussillon entre 2005 et 2007. Ils ont été choisis et répertoriés sous forme de fiches de « cas-types » et permettent d’illustrer un exemple de médiatisation à un moment de l’année, dans des contextes politiques, historiques ou scientifiques qui varient, et ce au cours des trois ans. L’ensemble offre donc un panel de possibilités de stratégies de communication sur un chantier de fouille. Nous procèderont par « cas types », en reprenant les articles qui ont été publiés dans le cadre de l’actualité des chantiers ; ceux concernant les conférences et animations plus quotidiennes ne sont pas pris en compte, pas plus que ceux induits par des mouvements sociaux. De même les actes de colloques, articles parus dans les bulletins d’associations et autres publications spécialisées ne sont pas considérés comme des articles destinés au « grand public ».

    Chantiers régionaux médiatisés 2005

    44Nous avons considéré 348 retombées presse pour les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse et Languedoc-Roussillon17. De son côté l’Inrap avait émis huit communiqués de presse, organisé dix visites de site avec les médias et équipé de systèmes d’information (panneaux, bâches signalétiques) onze palissades de chantier de fouille pour ce même périmètre géographique.

    45Deux chantiers emblématiques en 2005 sont retenus pour cette étude : le chantier de la rue François del-Pellegrino à Ajaccio et celui du collège Vieux-Port à Marseille.

    Cas 1 : Le baptistère du site Alban à Ajaccio

    46Ce fut la première opération de communication de l’Inrap en Corse. Le responsable du chantier était lui-même originaire de l’île, ce qui a, en partie, permis de désamorcer les arguments de nationalistes « réfractaires » qui voyaient d’un mauvais œil un établissement public « national » gérer la mise au jour du patrimoine archéologique corse : cela s’est traduit par de très fortes intimidations subies par l’équipe de fouille pendant et après le chantier. Le contexte politique était donc très prégnant lors de la médiatisation.

    47En mai 2005, les archéologues trouvent, le baptistère paléochrétien d’Ajaccio. Il reste sur le site une abside encadrée de plusieurs bâtiments, au centre de laquelle avait été aménagée une grande cuve baptismale cruciforme, selon les modèles nord africains. L’église cathédrale qui devait être mitoyenne a disparu.

    48Associé à ce complexe, un important dépotoir a permis de recueillir près de 5000 tessons. La diversité de leurs provenances montre que le site a été, aux vie et viie siècles et peut-être encore au viiie siècle de notre ère, pleinement intégré aux réseaux commerciaux méditerranéens. Après l’abandon du baptistère, un cimetière est installé sur ses ruines. Quatre-vingts tombes ont été fouillées. Elles sont aménagées dès la fin de l’Antiquité tardive et pendant le Moyen Âge.

    49Au début de la fouille en mars 2005, seul Corse Matin annonce l’intervention archéologique. C’est aussi ce support qui annonce dès le 14 mai, soit plus de trois semaines avant l’information officielle, qu’il y a un baptistère sur le site Alban. Mais ce n’est pourtant qu’à partir de la diffusion du communiqué de presse, de la conférence sur site et de la sortie de la dépêche AFP le 9 juin, que l’on observe une déferlante médiatique. Le passage d’un reportage d’une minute trente au journal télévisé de TF1 en marque le début. Le lendemain, les sites internet d’information nationaux reprennent la dépêche. Un site canadien s’en fait l’écho le lendemain et un site marocain le surlendemain. Puis c’est au tour de la presse locale régionale continentale et DOM. Il est cependant remarquable que ni La Provence, ni Var et Nice Matin, pourtant du même groupe que Corse Matin, n’en aient fait l’annonce ou qu’ils n’aient pas repris le texte de la dépêche AFP comme les autres journaux locaux.

    50Entre le 12 et le 25 juin, la nouvelle fait le tour de la presse nationale (le Point, le Monde, la Vie, le Journal des Arts) puis continue de faire l’actualité de l’été (Sciences et Avenir, Connaissance des Arts, Archéologia). A la rentrée Corse Matin parle de la conservation in situ. Puis un an après la découverte, c’est la polémique qui nourrit l’actualité de ce site, toujours uniquement dans la PQR (cf. glossaire).

    51La presse quotidienne gratuite n’est pas citée dans ce panorama. N’a-t’elle pas relatée la découverte ? N’est-elle pas recensée à l’époque ? Il manque aussi des citations d’émissions de radios locales qui n’ont pas dû être repérées lors de la veille médiatique alors que l’article repéré dans une revue d’archéologie allemande, Antike Welt, est assez remarquable pour être mis en avant. Cette dernière publie la nouvelle un mois avant son homologue français Archéologia !

    52L’information n’a donc pas bien été canalisée au début du chantier de fouille. Le voisinage « espionnait » depuis les balcons des copropriétés voisines chaque fait et geste des archéologues, guettant le « trésor d’or » qui sortirait immanquablement du sous-sol. Sur le site, il suffisait de lever les yeux pour voir les gens équipés de jumelles pointées en direction des vestiges. La presse locale était sur le « coup ».

    53En réalité il ne s’agissait pas de découverte monétaire, mais d’un site paléochrétien, qui a reçu un bel accueil dans la presse. Et c’est la venue sur site de TF1 et de l’AFP qui ont servi de caution aux autres journalistes. Incontestablement cette exposition médiatique a eu des conséquences sur le chantier et l’avenir des vestiges. Le projet immobilier a été réorganisé pour tenir compte du bâtiment antique qui, préservé, pourra ultérieurement être mis en valeur.

    54Dans le cas de ce site, à défaut de savoir ce que le lecteur retient de la lecture de la presse, nous pouvons connaître les chiffres de tirages des supports, ce qui nous donne déjà une idée du nombre de personnes susceptibles d’avoir été touchées par l’information.

    Conférence de presse sur le site Alban. Ajaccio 2005, Cl. C. Dureuil, Inrap

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    Tableau 1. Les supports de presse écrite et leurs nombres de tirages

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    * Les chiffres entre parenthèse correspondent à la diffusion totale en France et à l’étranger au mois de juin 2005

    Source : Association pour le contrôle de la diffusion des médias (www.ojd.com en janvier 2009)

    55La lecture du tableau n° 1, établi sur la base des rapports de l’OJD, apporte deux types informations. Tout d’abord, elle donne les proportions de diffusion des médias, même s’il est difficile de comparer des supports qui n’ont pas la même périodicité, des réseaux de diffusions différents et surtout des lecteurs qui n’ont pas forcément des centres d’intérêt comparables.

    56Dans un second temps, elle permet d’analyser, pour l’année 2005, les chiffres de diffusion au mois de juin, au moment de la parution des articles sur le site Alban. Certes, c’est un peu avant le début de la saison estivale, mais alors que l’on pourrait s’attendre à une diffusion plus importante de la PQR (cf. glossaire) en été grâce à la présence de vacanciers en régions et d’une demande accrue de presse locale, ce n’est pas systématiquement le cas. Corse Matin atteint ses pics de diffusion en juin (puis surtout en Juillet-Août) mais pour La Montagne, la République du Centre, Le Courrier de l’Ouest, l’Éveil de la Haute Loire ou l’Indépendant, les chiffres de juin sont en dessous des moyennes de diffusion annuelle. De même la diffusion de la presse nationale n’est pas forcement plus importante en juin. Le graphique n° 4 met en évidence Télé Loisirs, un support auquel on ne pense pas a priori au moment des invitations à une conférence de presse. Non seulement le tirage de ce magazine hebdomadaire est colossal mais, de plus, c’est un périodique qui a un taux de « reprise en main » régulier par tous les membres de la famille, pendant une semaine. Ce sont de tels supports qu’il faut exploiter : même s’ils ne présentent pas d’article de fond sur des sujets « scientifiques », ils permettent de faire des effets d’annonce, et cela indépendamment des programmations d’émissions de télévision, en récupérant l’actualité des dépêches de l’AFP.

    Graphique 4. Mise en perspective des nombres de tirages de journaux en fonction des supports

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    Source : www.ojd.com -en janvier 2009-

    Conférence de presse sur le site du collège Vieux-Port - Marseille 2005 - Cl.C.Dureuil, Inrap

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    Cas 2 : Le collège Vieux-Port à Marseille

    57Le site du collège Vieux-Port permet d’illustrer une autre facette de la médiatisation ou comment une association de défense du patrimoine récupère l’actualité de la recherche et finalement obtient, par pression médiatique, sa sauvegarde.

    58Au début de l’année 2005, à l’occasion de la rénovation du collège Vieux-Port, rue des Martégales dans le quartier du Panier à Marseille, une fouille a permis de mettre au jour les premiers aménagements de l’implantation de la colonie grecque. Les niveaux d’occupation de la cité archaïque datés de 600 à 480 av. notre ère, apparaissent comme pour attester la légende de fondation de la ville par les marins phocéens.

    59Vers 550 av. notre ère, le quartier est remanié autour d’un vaste édifice public, peut-être un temple, dont on aurait retrouvé ici la base du podium (spéréobate). Les céramiques, de productions locales et importées, constituent l’essentiel du mobilier retrouvé.

    60La nouvelle a mobilisé une association locale de sauvegarde du patrimoine « les amis du Vieux Marseille », qui a invité les médias sur le site. La presse locale seule, dans un premier temps a diffusé l’information de la découverte et de la destruction programmées des maisons grecques (La Marseillaise, La Provence et Marseille l’Hebdo, ces deux derniers partageant alors la même rédaction). La communication institutionnelle de l’Inrap a pris le relais, en structurant le message et diffusant un communiqué, à la suite d’une visite officielle avec la presse nationale, organisée sur site le 13 avril 2005. Dès le lendemain Le Figaro a titré « Marseille la Grecque ». C’est le premier journal national à donner le scoop. La journaliste venue sur place, s’interroge déjà sur l’avenir du site. Les vestiges seront conservés in situ, comme à Ajaccio. Ce sont donc deux cas assez exceptionnels de sauvegarde de sites en archéologie préventive. Le surlendemain, le Monde publie une demi-page, quatre photos et un appel en « une » présentant l’intérêt scientifique de la découverte. Les médias locaux alimentent l’actualité régionale avec des images et des interviews de l’archéologue responsable. L’Inrap est régulièrement cité, le responsable du chantier aussi, son nom est associé à celui du site. Fin avril paraît l’article du Point (28/04/2005). Le ton est plus léger, les politiques qui étaient sur place lors de la visite sont cités pour leurs engagements pris pour sauvegarder des vestiges.

    61Au mois de mai et début juin, l’information passe dans les rubriques patrimoniales des médias ; « Les chroniques de l’Histoire » sur France Info, « Patrimoine et musée » dans le Journal des Arts, « Perspectives scientifiques » dans Pour la science, « archéologie » dans Science et Avenir.

    62La découverte tombe à nouveau dans la rubrique « Actualités » au moment où le préfet de région annonce sa visite, accompagné du président du Conseil général. Ce volet politique et les contraintes engendrées par la découverte donnent un coup d’accélérateur à la diffusion de l’info dans les rédactions. Comme souvent, la dépêche AFP de deux pages, émise le 3 juin, aura des répercutions nationales et mondiales (Journal de l’Île de la Réunion, Aujourd’hui au Maroc). D’ailleurs la « colonie grecque » citée dans le quotidien Aujourd’hui en France le 4 juin, devient une « colonne grecque » le 7 juin dans l’Union ! Les presses locales relayent l’information toute la journée du 4 juin, de la Montagne à la Nouvelle République du Centre, du Courrier Picard à Var Matin, l’information de l’AFP étant résumée sous forme de brève. La dépêche n’est reprise intégralement que sur le site d’actualités en ligne, qui ne sont pas contraints par une mise en page et qui la publie abondamment ce jour là.

    63Dans la troisième phase de la médiatisation, le chantier revient sur le devant de la scène locale (France 3, les quotidiens gratuits, la PQR) pour annoncer les suites de la découverte. On ne parle plus de l’Inrap, mais « des archéologues » sans appartenance institutionnelle, comme si le site était déjà plus familier. La conservation et la mise en valeur du site sont annoncées, le conservateur régional de l’archéologie s’y engage… Mi-juin, la PQR indique qu’un comité de pilotage est mis en place.

    Vue générale du chantier du collège Vieux-Port dans son contexte urbain en 2005, Inrap

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    64En novembre, sept mois après l’annonce de la découverte, la revue du Conseil général publie l’information, telle une vitrine de la gestion patrimoniale régionale. Tandis qu’en décembre Science et Vie jette un pavé dans la mare avec un dossier illustré et argumenté, sur la gestion des dernières découvertes archéologiques dans la ville. La Provence répond au dossier de Science et Vie par une interview du conservateur régional de l’archéologie qui justifie les choix de conservation qui doivent présider à la conservation des vestiges à Marseille.

    65Si la levée de bouclier a obligé l’aménageur – le Conseil général –, le SRA (cf. glossaire), et la ville à reconsidérer le projet d’extension du collège, aujourd’hui c’est une esplanade goudronnée qui recouvre les vestiges, dans l’attente d’une « crypte archéologique » qui paraît techniquement compromise. Les premières maisons de Massalia et son temple grec attendent toujours de revoir la lumière. Le site a cependant été classé au titre des Monuments historiques le 19 mai 2009.

    66En septembre 2005, la découverte d’un autre site archéologique à Marseille, interrompt un temps la polémique sur la mise en valeur des vestiges du collège Vieux-Port : c’est le chantier de la rue Bernard Dubois sur la colline Saint-Charles. Nous y reviendrons.

    Chantiers régionaux médiatisés 2006

    67En 2006, l’Argus de la Presse recensait 420 articles ou émissions consacrées à l’actualité de l’archéologie préventive dans l’interrégion Méditerannée18. Soit une augmentation de 20 % du nombre d’articles par rapport à 2005 et donc de la représentativité de la discipline dans les médias.

    68Pour sa part, dans cette interrégion, l’Inrap avait cette année-là émis 20 communiqués de presse, organisé 14 visites de site avec les médias et équipé de systèmes d’information (panneaux, bâches signalétiques) 10 palissades de chantier de fouille. Les rédactions locales et nationales, ainsi que le public, commençaient progressivement à se familiariser avec l’archéologie préventive.

    69J’ai retenu deux exemples pour caractériser cette année, le site d’Amélie-les-Bains et le chantier paléolithique de la rue Fontaine du Pila à Montpellier. Ils apportent deux nouveautés : l’un est médiatisé grâce à une polémique, l’autre alors que le site n’existait plus.

    Cas 3 : Les fouilles du Camp de las Basses à Amélie-les Bains

    70Dans les Pyrénées-Orientales, à la frontière espagnole, la petite station thermale s’est retrouvée sur le devant de la scène médiatique à cause d’un interview de la responsable de l’opération dans le journal télévisé de France 3. C’est donc l’exemple d’un site dont la communication a été influencée par des prises d’initiatives personnelles des archéologues eux-mêmes.

    71À l’origine de la fouille, un diagnostic avait été effectué en 2005 en réponse à un projet de lotissement résidentiel de 12 hectares, dans la vallée du Tech, près de la station thermale antique d’Aquae Calidae. Les recherches se sont avérées riches en données paléo-environnementales et en vestiges d’occupations diverses, de l’âge du bronze à l’époque moderne : habitats, sépultures, artisanats du fer et de céramique, traces agraires... Une première fouille a été réalisée de mai à juin 2006 puis deux interventions ont eu lieu jusqu’en janvier 2007, financées par le FNAP19.

    Le site d’Amélie-les-Bains, en cours de fouille. 2006, Cl. C.Dureuil, Inrap

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    Tombe de l’Antiquité tardive, en cours de fouille, site d’Amélie-les-Bains, 2006, Cl.C.Dureuil, Inrap

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    72Le communiqué de presse, diffusé le 7 juin 2006, était destiné aux médias locaux pour leur faire part d’une journée « portes ouvertes » du chantier programmée pour le samedi 10 juin 2006. Répondant à l’invitation, une équipe de France 3 Pyrénées est venue faire un reportage sur site pour annoncer la journée. Mais dans la perspective de la fin d’intervention imminente, l’archéologue a introduit dans son discours la polémique sur la gestion difficile du chantier : les médias ont été utilisés comme « agitateurs » pour relancer le débat sur le financement de l’archéologie préventive nationale.

    73Il n’y a pas eu de voyage de presse nationale organisé par l’Inrap, et aucun plan média spécifique n’avait été mis en place au préalable. Parallèlement à l’information diffusée à l’échelle locale sur la journée « portes ouvertes », une dépêche AFP plus polémique a été émise le 9 juin. Mais c’est la diffusion d’un reportage de quelques minutes dans un journal local télévisé de France 3 local, le vendredi soir, qui marque un virage dans la médiatisation du chantier : très vite le discours politisé de la responsable de l’opération déborde sur l’information scientifique. C’est la personnalité de l’archéologue qui a intéressé à leur tour les journalistes du journal télévisé du dimanche à 13 h de France 2, car elle se sert du site pour révéler les difficultés de l’archéologie préventive, du calibrage d’une opération de fouille en fonction des résultats du diagnostic, des problèmes de financement des opérations en général. Finalement c’est une seconde dépêche AFP qui sera reprise dans la presse nationale et même sur des sites web étrangers (Maroc, Suisse, Belgique). Il s’agit donc d’une information « bulle de savon » qui a explosé en l’espace d’une seule journée dans la presse locale régionale sous forme de brèves dans l’Ouest et le Nord de la France, reflet de la source importante que représente l’AFP dans ces rédactions. Après un rappel au droit de « réserve » de l’agent de l’Inrap par sa direction, la polémique n’a plus alimenté la presse car la découverte de « l’exceptionnelle nécropole » ne présentait alors plus d’intérêt pour les médias. L’AFP avait offert une large visibilité à cette information mais qui s’est révélée n’être qu’une « nouvelle » assez creuse. En effet l’Agence, qui envoie 5 000 dépêches par jour dans les rédactions, se résume à un vaste réseau de 2 900 collaborateurs, répartis dans 165 pays, qui rendent compte en six langues (français, anglais, espagnol, allemand, portugais et arabe) de la marche de la planète, 24 heures sur 24, en vidéo, texte, photo, multimédia et infographie20. Aucun support de quotidien national, en version papier, n’a récupéré l’information scientifique pour exposer le site archéologique dans ses colonnes. Pas même Archéologia, revue pourtant spécialisée, n’a cru bon de donner une place à la découverte.

    Fouille des niveaux paléolithiques, rue fontaine du Pila. Montpellier 2006, Cl. F. Bazile, CNRS.

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    Cas 4 : Des chasseurs de la fin du paléolithique à Montpellier

    74Cet exemple de médiatisation montre que l’on peut « raconter » l’histoire d’un site sans pour autant le montrer, avec une fouille réalisée rue Fontaine du Pila, en amont des travaux d’aménagement de la ligne 2 du tramway de Montpellier. Les archéologues y ont découvert les plus anciens vestiges d’occupation humaine connus intra muros : il y a 11500 ans, des chasseurs avaient implanté leur campement, ici, au bord du Verdanson.

    75Avec pas plus d’une quinzaine de citations dans la presse, ce cas a suscité le plus petit nombre d’articles de la série étudiée. Cependant, il présente un exemple intéressant car le chantier avait disparu quatre mois avant la diffusion de l’information, fin août, sous la forme d’un simple communiqué. De fait, la communication ne s’est réellement engagée qu’avec beaucoup de retard car l’ancienneté du site nécessitait d’attendre les datations réalisées en laboratoire et les résultats d’analyses diverses avant de pouvoir avancer de façon assurée une date d’occupation. Les journalistes n’ont donc rien vu du site, ayant à leur disposition uniquement quelques photos d’ambiance et des clichés peu évocateurs de mobilier lithique, qui plus est de mauvaise qualité. Pourtant la dépêche AFP, sortie le lendemain du communiqué, a permis d’alerter des supports nationaux comme Le Monde (une brève) ou France Info (reprise du reportage de France Bleu Hérault). Le mois d’août est de fait un mois propice à la publication des sujets d’archéologie puisque des dossiers thématiques sur la préhistoire ont également été publiés au même moment dans Arkéo Junior avec 4 pages « d’Enquête » sur la « petite histoire de la Préhistoire » et dans la Gazette de Montpellier qui a réalisé 15 pages intitulées « Virée chez les premiers Montpelliérains » en prenant le site comme sujet central. C’est toujours en été que sortent les suppléments « histoire » ou « archéologie » des magazines comme L’Express ou Le Point.

    Chantiers régionaux médiatisés en 2007

    76Avec près de 700 articles ou citations dans la presse, consacrés aux activités de recherches archéologiques dans l’interrégion, le bilan médias de 2007 est particulièrement brillant, marqué par des chantiers importants par les surfaces traitées et la durée des opérations : boulevard Jean-Jaurès à Nîmes, tramway de Nice, chantiers marseillais de la colline Saint-Charles, ou encore le couvent des Franciscains, square Gambetta, à Carcassonne. L’importance de ces fouilles a induit la publication de très nombreux articles, en augmentation de 66 % par rapport à l’année précédente (420 articles), les visites de presse étant régulières. C’est dans ce contexte favorable à la valorisation du travail des archéologues que des cas de figure nouveaux sont apparus, comme celui du chantier néolithique de Marseille où la communication de l’aménageur a pris le pas sur l’information scientifique.

    Cas 5 : Le site néolithique du boulevard Charles-Nédélec à Marseille

    77D’août 2005 à juin 2007, à quelques mètres à l’ouest de la gare Saint-Charles, les archéologues ont mis au jour les vestiges de la plus ancienne occupation humaine reconnue et étudiée dans la ville. Sur ces sites les fouilleurs pensent au départ avoir affaire à plusieurs occupations néolithiques distinctes. Elément original, l’alimentation de ces paléo-Marseillais est, en partie, constituée de coquillages et de crustacés…

    78La médiatisation de ce chantier s’est déroulée en plusieurs étapes. La première intervention archéologique, en 2005, du côté de la rue Bernard Dubois, n’avait donné lieu qu’à un point avec la presse locale. Deux ans plus tard, le chantier engagé, du côté du boulevard Charles-Nédélec, a fait la une de la presse nationale et l’objet de plusieurs passages dans les journaux télévisés. Pourquoi ce succès ?

    79Le premier site était pourtant scientifiquement très intéressant : il s’agissait des sols néolithiques en place et des reliefs de repas à base de crustacés retrouvés en quantités importantes, datant vraisemblablement du néolithique moyen, des Ive-ve millénaires avant notre ère. Mais le premier « aménageur » du site était la Sogima, une société d’économie mixte de la ville de Marseille, spécialisée dans la réalisation de logements sociaux, ici une résidence étudiante. La communication sur la découverte a été menée par l’Inrap et la ville, sous contrôle de la Drac (cf. glossaire).

    80Le second chantier concernait la parcelle appartenant à Constructa, un promoteur immobilier très engagé dans le projet de réhabilitation conduit par Euroméditerrannée, qui avait acquis le terrain pour mener à bien la construction d’un ensemble d’immeubles. Une fois achevé, ce complexe devait devenir le nouveau quartier de la porte d’Aix et par là même participer à la nouvelle configuration de l’entrée nord de la ville. C’était un projet ambitieux et politiquement sensible. La communication des résultats de la fouille fut menée conjointement par l’Inrap et l’agence de communication parisienne du promoteur. L’intervention archéologique avait couté deux millions d’euros, comme l’a indiqué le président de Constructa à l’AFP : gazon et tente installés à côté d’un belvédère sur le chantier, plan média et conférence de presse avec le préfet et les élus municipaux… Le sujet était-il les résultats de la fouille ou la promotion d’un nouveau quartier par un promoteur en plein essor ? L’enjeu pour les archéologues était de reprendre la main vis-à-vis de l’agence de communication. De façon très étonnante, l’information selon laquelle les Grecs ne s’étaient pas installés sur un sol vierge d’occupation a suffi à faire la une. Tout à coup, Marseille avait un passé préhistorique intra muros. La tribune offerte était trop belle. La fouille était en cours, les spécialistes se penchaient encore sur les datations et n’avaient pas rendu de conclusion…

    Conférence de presse, chantier du Boulevard Nédelec à Marseille, 2007, Cl.C.Dureuil, Inrap

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    81Un cas comme celui-ci pose la question de l’importance de l’information, sur le fond et la forme. L’opération avait été anticipée dans les moindres détails, cinq jours avant la conférence, France Info annonçait la découverte en avant première, selon la technique publicitaire du teasing.

    82Contrat rempli puisque dès le 15 février, jour de diffusion du communiqué, TF1 en parlait dans les journaux de la mi-journée et de 20 h. Le même reportage a été diffusé parallèlement sur la chaîne du groupe, LCI. Avec une information nouvelle : suite à la découverte « la construction de logements a été suspendue. » Une initiative du journaliste, sans doute.

    83Le matin de la conférence de presse, un publi-reportage du président de Constructa, s’étalait sur deux pleines pages de La Provence sous le titre « Aujourd’hui les Marseillais ont rendez-vous avec leur histoire... ». Les articles de presse nationale, qui sortiront les jours suivants, décevront le promoteur en terme de retour de publicité, car c’est la découverte archéologique qui est présentée et si l’Inrap est systématiquement mentionné, le promoteur n’est même pas cité (sauf dans La Croix). Ainsi l’édition nationale du quotidien gratuit 20 minutes s’ouvre le 19 février sur « Massalia prend un coup de vieux », tandis que Le Monde titre dans son édition du 20 février « La découverte d’un site préhistorique vieillit Marseille de cinq millénaires » ; le même jour La Croix annonce « Marseille a près de 8000 ans ! » Le Figaro publie le 23 février « Marseille vieillit de trois mille ans ».

    84Passé le temps du « scoop », les angles des articles se diversifient : la presse spécialisée, dont les parutions sont mensuelles, prend le relais : Archéologia, Archéo junior, Archeo et Archeologia viva (magazines italiens). À partir d’avril, les articles sont moins centrés sur la découverte néolithique, même si elle sert à chaque fois « d’accroche ». Les autres phases d’occupation du site sont abordées (hellénistique, moderne). Pour la presse lue par les aménageurs et le monde du bâtiment en général, TPBM, la revue de l’Habitat, magazine Côte, la contrainte archéologique est toujours citée dès le premier paragraphe des articles, même si Constructa affiche son enthousiasme face aux découvertes. Voilà de quoi entretenir les points de vues et rester fidèles à son lectorat !

    85Ces articles restent publiés dans les rubriques « Actualités » et les photos sont toujours les mêmes clichés car c’est la chargée de communication institutionnelle qui donne les images. Le fait de publier le même visuel a également un côté rassurant pour les journalistes qui ne sont pas venus sur le site et qui, de toute façon, n’ont pas le temps d’en chercher ailleurs...

    86Si le recensement des articles nous renseigne sur les relais médiatiques mobilisés, qu’en est-il de « l’impact » de diffusion de cette information ? (cf. tableau et graphique 5)

    87Pour se rendre compte de la diffusion de l’information, nous ne prenons en compte que les supports régionaux ayant consacré des articles de fond à ce site et la presse nationale quotidienne (hors chiffres de fréquentation des sites internet des journaux). Cette année là, les tirages de la PQR (cf. glossaire) et de la PQG (cf. glossaire) sont en miroir. Alors que le nombre d’exemplaires de journaux imprimés pour la presse quotidienne régionale augmente en période estivale, la presse gratuite, elle imprime plus de journaux au moment où les gens prennent les transports en commun, c’est-à-dire tout le reste de l’année !

    Tableau et graphique 5. Les supports de presse écrite quotidienne et leurs nombres de tirages

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    (www.ojd.com) en mai 2011.

    Source : association pour le contrôle de la diffusion des médias

    Diffusion des journaux quotidiens proportionnellement à leurs tirages (nationaux/locaux) en 2007

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    88Le graphique 5 ci-dessus, élaboré à partir des chiffres du tableau et des chiffres de tirages de la presse nationale, met en avant la très forte prédominance de cette dernière qui représente 83 % du marché de presse écrite en France tous les jours avec trois titres payants : Le Monde, Le Figaro et dans une moindre mesure La Croix. La découverte n’a été traitée qu’une seule fois dans ces quotidiens, mais sous forme d’article de taille importante : une demi-page pour Le Monde, une page pour le supplément culturel du Figaro et pour La Croix.

    89Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’information sur le chantier de fouille du boulevard Charles-Nédélec n’a pas était beaucoup plus présente dans la seconde gamme de presse : la presse locale, payante et gratuite. Seulement deux articles dans la Provence et un seul dans La Marseillaise, Marseille l’Hebdo, 20 minutes, même si l’article était également présent sur les sites internet des journaux, consultables en ligne plus longtemps. Les retombées d’information à l’échelle locale, n’ont finalement pas été aussi importantes que l’ambitieux plan de communication le laissait présager.

    90Reste une troisième gamme de presse écrite, qui prend le relais de l’actualité après l’événement, la presse magazine mensuelle spécialisée : Archéologia, Arkéo, Sciences et Avenir, Archeo, Pour la Science, Art Sud… où les articles ne sont d’ailleurs pas forcement plus longs, il y a aussi des brèves. Ils prennent date de la découverte, souvent dans l’attente d’un article de fond, fait par l’archéologue lui même ou un chercheur associé à la fouille, qui viendra dans un second temps dans les pages « Dossiers ».

    Le châtiment de Penthée et d’Agavé. La représentation en mosaïque de cette scène tragique est la seule connue à ce jour dans la mosaïque romaine, 2007, Cl. B. Houix - Inrap

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    Cas 6 : La ville romaine sous l’avenue Jean-Jaurès à Nîmes

    91D’octobre 2006 à août 2007, la partie centrale de l’avenue Jean-Jaurès a fait l’objet d’une très grande opération dans le centre-ville de Nîmes, en préalable à la construction d’un parking. Cette immense « fenêtre » archéologique de 6 500 m2, s’est ouverte sur un quartier d’habitation, aménagé entre le fossé de l’oppidum gaulois au nord et le rempart romain au sud. C’est là que les vignes protohistoriques ont laissé place, entre le IIe siècle avant J.-C. et le IIIe siècle après, à une parcelle urbaine reconstruite sans cesse sur elle-même et qui fut le témoin du lent processus de transformation d’une agglomération gauloise en ville romaine au contact des nouveaux usages du colonisateur. Les jardins médiévaux, puis les épais remblais rapportés au xvIIIe siècle pour aménager le cours, ont scellé les vestiges dans un état de conservation rare. Une série de rues qui encadrent les îlots d’habitations aux décors soignés (mosaïques, statues, fontaines, peintures murales), a été mise au jour. La fouille a duré dix mois et a rassemblé en permanence plus d’une trentaine d’archéologues.

    92Les découvertes les plus emblématiques restent les deux mosaïques. La première, celle de Penthée du nom du héros représenté dans le médaillon central, ornait le sol d’une maison de plus de 950 m2. Dans l’emblema de la seconde, les archéologues identifient le mythe d’Achille caché sur l’île de Skyros et démasqué par Ulysse.

    93Nous n’évoquerons ici que les principaux articles ou émissions consacrés au chantier, sur la centaine de « retombées » presse qu’il y eut. De nombreux reportages ont été faits par la suite sur les restaurations, expositions, ou sur les métiers de l’archéologie mais ne seront ne sont pas traités ici.

    94Avec cette opération, nous avons l’exemple d’une communication parfaitement maîtrisée par tous les acteurs du processus. Seuls les mouvements sociaux qui ont émaillé le chantier n’étaient pas prévus...

    95Un diagnostic réalisé en 2005 avait donné un aperçu de la richesse du site. Des réunions de travail entre archéologues, services municipaux et services de l’État pour calibrer l’intervention et le volet communication, avaient permis de mettre en place un affichage informatif sur le site et un suivi vidéo et photo. Aucun journaliste n’avait pas été reçu, même de façon informelle, avant le 9 février 2007. Ainsi, il n’y a eu que deux brèves dans la presse locale entre octobre 2006 et février 2007.

    Mise au jour de la mosaïque de Penthée. Nîmes 2007, Cl. Inrap

    Image

    96Au lendemain du premier point presse du 9 février, la dépêche AFP, reprise comme pratiquement toujours dans son intégralité, alimente les sites internet d’information, avec la plupart du temps les photos du chantier. La semaine suivante, deux quotidiens nationaux, Le Figaro et Le Monde, dont les reporters avaient été invités sur site, publient leurs reportages. Le site internet de La Croix reprend pour sa part le texte de la dépêche AFP. Au printemps, les fouilles de l’avenue Jean-Jaurès se retrouvent dans les supports spécialisés : presse jeunesse, historique, magazines d’art ou d’archéologie.

    97Cette série d’articles fait toujours le point sur la première phase du chantier, la partie la plus septentrionale, qui va être rendue immédiatement à l’aménageur car celui-ci commence son chantier de construction. On y retrouve toujours l’information issue du communiqué de presse ou de la dépêche d’agence. Car de nouveau, l’équipe ne reçoit plus la presse.

    98Le second rendez-vous officiel avec la presse locale et nationale est fixé le 26 juin, quelques jours après la mise au jour des sols d’une maison romaine. Deux tapis de mosaïques, de près de 80 m2 en tout, s’offrent aux photographes et caméras, sous l’œil des journalistes réjouis. La dépêche AFP-Monde est encore une fois un catalyseur inouï. Les journaux télévisés nationaux s’emparent de l’information, – TF1, France 2, France 3 –, et la passent plusieurs fois pendant deux jours. Les presses japonaise, italienne, anglaise diffusent l’image de la mosaïque de Penthée.

    99La photo de cette mosaïque a été reproduite sur de nombreux supports de communication municipale pendant plusieurs mois : carte de vœux du Maire reprise sous forme de panneaux de 4 mètres par 3 dans les rues de la ville, bandeaux sur le papier en-tête de la mairie. Penthée était même présente sur les enveloppes pré-timbrées en vente dans les bureaux de poste de Nîmes. La mosaïque était donc connue des Nîmois, sous forme de « produit dérivé » avant d’être visible dans la chapelle des Jésuites, annexe du musée archéologique, pour une restauration ouverte au public.

    En marge de l’archéologie préventive, le cas du César d’Arles

    100Si la communication développée par l’archéologie préventive (et l’Inrap en particulier) occupe le plus souvent l’espace médiatique, le bénéfice de la communication professionnalisée a eu des conséquences sur l’image de l’archéologie considérée dans son ensemble. Préventive, sous-marine, programmée, l’archéologie n’est pas perçue par le public dans ses subtilités institutionnelles et, de fait, on ne peut pas ne pas évoquer pour décrire le paysage médiatique régional de ces années un cas, certainement exceptionnel qui est devenu la découverte la mieux connue du public.

    « Les archéologues aux pieds palmés » et le César d’Arles

    101Le cas de la médiatisation des fouilles sous-marines menées par le Drassm21 d’août à octobre 2007 dans le Rhône est un cas d’école pour illustrer ce que Blaise Dufal appelle l’« archéologisation de l’histoire22 » ou comment les témoignages archéologiques accèdent à un plein statut de documents historiques.

    102Les découvertes du Rhône sont contemporaines des chantiers du boulevard Charles-Nédélec à Marseille et celles du cours Jean-Jaurès à Nîmes. Cependant, les résultats de la campagne de fouille sous-marine ont été tenus secrets pendant un an. Avantage incontestable sur les opérations de fouilles préventives, le site n’était pas menacé de destruction et, gardé par les silures du fleuve, il était enfoui sous des mètres de déblais limoneux. Aucun accès n’était envisageable, ni pour le public, ni pour d’autres archéologues ou spécialistes extérieurs à l’équipe, ni pour les journalistes. Ce délai d’un an a permis de prévenir les médias et de leur présenter des objets déjà datés lorsque tous les interlocuteurs étaient prêts à tenir le même discours. Le ministère de tutelle a même pris le temps d’annoncer la nouvelle lui-même. Ce qui est certainement un avantage et une satisfaction pour l’institution par rapport à la communication de l’Inrap qui se fait dans l’urgence des découvertes faites sur les chantiers.

    103Ne disposant pas des mêmes sources pour cette opération de communication, je me suis appuyée sur le communiqué de presse émis par le ministère de la Culture le 13 mai 2008, puis la dépêche AFP diffusée le lendemain. Il a également fallu consulter quelques-uns des milliers d’articles disponibles sur internet. À partir du 14 mai 2008, la diffusion de l’information est en effet mondiale : CNN, The Times, The Gardian, la RAI…

    Le buste de César d’Arles, musée de l’Arles antique.

    Image

    104Pour donner un ordre d’idée, sur un moteur de recherches internet tel que Google, avec les mots clés : « buste de César, Arles », on obtient 11100 résultats en 0,08 seconde ! En affinant la requête et en précisant « +mai 2008 », 4500 résultats apparaissent, excluant ainsi la communication faite à l’occasion de l’exposition sur les vingt ans de fouilles dans le Rhône qui a eu lieu au musée d’Arles, en 2009 et dont le buste était la pièce « vedette ». La précision de la date permet aussi d’écarter les centaines de « blogs » sur lesquels ont été commentés la découverte puis l’exposition. Dans le cas de cette découverte, la revue de presse étudiée ne peut être exhaustive mais les principaux médias sont les mêmes que pour les découvertes de l’archéologie préventive.

    105Dans cette profusion de citations, les premières pages internet sont celles des sites de médias : La Provence, LCI, France 24, Le Point, Mediapart… Dans chacun d’eux, le buste est qualifié d’« authentique ». L’émission de France 3 des Racines et des Ailes diffusée en prime time le 21 mai 2008, clôture en apothéose la semaine ouverte par le communiqué de la ministre de la Culture de l’époque. Dès l’annonce, l’archéologue (universitaire) allemand Paul Zanker émet des doutes sur l’attribution du portrait au Dictateur. Dans un article publié le 30 mai 2008, dans le quotidien Süddeutsche Zeitung23, le professeur d’histoire de l’art antique à l’université de Munich et à la Scuola Normale Superiore de Pise (Italie) ironise sur « les bruits qui ont parcouru la forêt médiatique ».

    106Portrait authentique ou pas, ce qui nous intéresse ici est de comprendre comment le ministère, l’archéologue et les médias ont vendu au public la magnifique tête en marbre d’un dignitaire romain comme une modélisation en 3D de la « photo » de Jules César, sans laisser la moindre place au doute24. Les textes qui nous intéressent ici sont ceux qui ont été rédigés dans l’immédiateté et donc la « spontanéité » de la diffusion de l’information. Les articles de fond qui suivront n’ont pas été retenus.

    107Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, présente les résultats « d’une expertise archéologique sous-marine menée par le DRASSM », comme précisé à la fin du texte d’une demi-page, avec la photo de la sculpture. Tout d’abord est mis en avant l’intérêt de la collection découverte : « plusieurs pièces d’un intérêt exceptionnel ». Les datations avancées sont très précises et pour les confirmer davantage encore les termes « sans aucun doute » sont employés trois fois en six lignes. Le buste est sommairement décrit et les matériaux de toutes les statues précisés. D’ailleurs une « seconde opération » (et donc une dernière ?) est programmée pour l’été 2008 et une exposition déjà prévue.

    Exemple de produit dérivé : le timbre poste dessiné par Louis Arquer

    Image

    108Dans ce premier extrait, ne figure aucune référence aux travaux de longue haleine auxquels se sont livrés les archéologues dans le Rhône. La découverte apparaît comme due à un coup de chance lors d’une « opération d’expertise ». La découverte est considérée d’un intérêt supérieur à celui qu’offrent les collections italiennes puisqu’il est question « d’un buste unique en Europe ». La validité des informations est garantie par la provenance du communiqué. En revanche, il n’est pas fait référence à des études scientifiques ou à d’autres découvertes archéologiques.

    109Le mot « imperator » n’est jamais cité et encore moins celui d’empereur pour désigner ce buste attribué à Jules César. Mais s’il n’a pas été possible de trouver de dossier de presse préparé par le ministère ou le Drassm lors de l’annonce de la découverte, un communiqué sur le site internet du musée départemental d’Arles antique peut-être mis en parallèle avec ce premier texte. Non daté, il a sans doute été diffusé le 21 mai 2008, lors de la conférence de presse tenue dans ses locaux pour présenter les objets aux journalistes.

    110Le musée, en tant que partenaire de « dix ans de campagne de fouilles » retrace tous les travaux préparatoires ayant permis la découverte, ce qui rend les résultats plus crédibles. Les noms de « l’inventeur » et des institutions sont précisés au tout début du texte, légitimant l’interprétation de la collection. De plus, les raisons du décalage entre la découverte et son annonce sont précisées : sécurité, conservation, validation des informations. Ici la démarche est scientifique. Suit alors la liste des découvertes, plus détaillées que dans le communiqué du Ministère, un vrai trésor : « une centaine d’objets ont été sortis des eaux troubles du Rhône ».

    111L’engouement médiatique est déjà constaté à travers ce communiqué du musée. C’est donc à partir des informations du ministère du 13 mai que les rédactions se sont mobilisées.

    La revue de presse

    112C’est une dépêche d’agence, en l’occurrence la dépêche de l’Agence France Presse, qui a fait l’événement, sur le titre : « Un buste de Jules César, découverte qui fait partie du patrimoine mondial ». Le ton est donné. Ce ne sont pas les propos de la ministre qui sont repris, mais ceux de l’archéologue, développés sur une page et illustrés de la photo issue du communiqué de presse ministériel, qui accompagne, par la suite, toute les retombées médiatiques du jour.

    113La dépêche est arrivée dans les rédactions le 14 mai, rédigée par l’agence locale de Marseille. L’accroche reflète le hasard et la portée de la découverte : « Un buste de Jules César réalisé de son vivant et récemment repêché dans le Rhône […] la découverte “[…] fait partie du patrimoine mondial” selon l’archéologue Luc Long. »

    114Le texte présente le buste comme un unicum, citant entre guillemets le responsable des fouilles sous-marines, puis évoque les autres éléments de statuaire : « “On est tombé sur une zone très riche” explique l’archéologue. Au total, une centaine d’objets ont été sortis de la vase. »

    115Si la présentation du visage sculpté comprend des hypothèses de travail : « probablement », « laissent penser », « pense l’archéologue », « date vraisemblablement », la démonstration se termine par « c’est bien la physionomie de César, je l’ai reconnu tout de suite quand il a été au grand jour ». La validité de ce propos, précise le dossier, a été confirmée depuis la découverte par « moult spécialistes de l’histoire de l’art et de la morphologie médico-légale », prenant comme argument la ressemblance avec des effigies monétaires (où César est présenté de profil, or son nez est cassé sur le buste d’Arles) et par le terme « trésor ».

    116Parallèlement à la rédaction de la dépêche, la presse quotidienne régionale (La Provence) titrait en une, dès le 14 mai au matin : « Un trésor archéologique exceptionnel mis au jour à Arles ». En accroche « Un rêve d’archéologue » et en conclusion « Une pêche miraculeuse dans le Rhône ! »

    117Dès le premier paragraphe de ce papier, tous les ingrédients de la réussite sont réunis : « trouver, exceptionnel, énorme, découvreur. » La photo du Drassm est aussi en première page. Mais La Provence dévoile surtout le plan de communication qui a été bousculé par le ministère : ce n’est que le 21 mai que la conférence de presse, l’annonce par le Drassm et le musée, de même que l’émission « Des racines et des ailes » devaient avoir lieu. Le Ministère a voulu reprendre la main, une semaine plus tôt que prévu.

    118La Croix publie rapidement l’information dans ses colonnes à partir du texte de l’AFP cité en signature du texte. Dans la rubrique : « une semaine d’actualité en photo », le journal évoque le communiqué du ministère et le cite en crédit photo. Si l’on retrouve les phrases de la dépêche, avec les mêmes réflexions et le « c’est bien la physionomie de César, je l’ai reconnu tout de suite […] », cependant un nouveau membre de l’équipe, Pierre Giustiniani, est désigné comme le plongeur à l’origine de la trouvaille, ainsi que figure une citation du poète Ausone qui n’était pas présente dans la source AFP. Le journaliste de La Croix a donc quelque peu complété son enquête.

    119Dans l’ordre chronologique TF1 news, le 15 mai, annonce la découverte en ces termes : « Des archéologues pensent avoir découvert dans le Rhône l’une des plus anciennes représentations connues de l’empereur romain, sans doute réalisée de son vivant. »

    120Si le titre d’empereur n’était pas apparu dans les premiers supports, le voici sur le site internet de la chaîne de télévision, accompagné de conditionnels qui n’existent pas dans le communiqué source. Cependant, il n’y eu aucun reportage dans les journaux du soir avant le 21 mai, au soir de la conférence de presse.

    121Un site de radio, RFI, présente la découverte le 20 mai. La dépêche AFP (et non le communiqué du musée) est visible sur leur site internet depuis le 15, mais ce n’est que dans l’émission d’Hervé Guillemot « Les visiteurs du jour » qu’un reportage de 6 minutes intitulé « Quand César fend le cœur des archéologues » que la journaliste Anne-Claire Bulliard lit la dépêche en accompagnement d’une interview de Michel l’Hour, Directeur du Drassm. Le tout est accompagné d’extraits de péplum et conclu par la célèbre tirade du film de Pagnol, « César, tu me fends le cœur. »

    122Le jour de la diffusion du reportage de « Des racines et des ailes », Le Monde publie un papier dans sa rubrique « télévision ». Revenant sur l’annonce et sans minimiser l’événement, l’auteur de l’article émet des doutes sur la méthode de mise en scène du chantier et de l’archéologue Luc Long par l’équipe de tournage.

    123Cette opération est exemplaire à plus d’un titre, à commencer par le fait qu’il s’agit d’une pure une opération de communication. Même si le ministère a pris les équipes de la télévision de court, il a préparé le public à cette découverte et surtout l’a invité à regarder l’émission « Des racines et des ailes » (sur une chaîne du service public) dont une équipe avait suivi les plongées des archéologues dans le Rhône. Les journalistes ont donc donné les images de contexte de découverte qui manquaient pour rendre les découvertes plus crédibles pour le public : mise en scène de la fouille, suivi de Luc Long dans ses visites auprès des spécialistes pour comprendre le processus de validation des hypothèses de terrain et l’interprétation.

    124Enfin le discours des archéologues et des conservateurs a été remarquable. Ils ont su raconter les histoires dans l’Histoire en s’appuyant sur des images archéologiques ou reconstituées. D’ailleurs une seule image a été diffusée la première semaine, la photo du buste de face, sombrement installé sur un fond neutre. Ce cliché a été reproduit par tous les médias. Tous les ingrédients du succès public sont réunis dans ce premier volet de la médiatisation : le rêve, les trésors, la chance, les superlatifs, les émotions…

    Tout passe. L’art robuste
    Seul à l’éternité
    Le buste
    Survit à la cité
    Et la médaille austère
    Que trouve un laboureur
    Sous terre
    Révèle un empereur
    Théophile Gautier, L’art, Émaux et Camées

    Notes de bas de page

    1 Brigitte Lequeux, 1984, L’image et le public de l’archéologie en France (1972- 1982), thèse Université Paris X.

    2 PNQ : presse nationale quotidienne ; exemples : Le Monde (qui est le quotidien le plus riche en actualités archéologiques), France Soir, Le Figaro. PQR : presse quotidienne régionale ; exemples : La Montagne et Nice Matin De 1960 à 1980 la PQR a gagné 300 000 lecteurs soit 4,7 % pendant que la PQN en perdait plus d’un million soit 35 % (source Le Monde, décembre 1982). Tous les chiffres sont présentés dans la conclusion de la thèse, Lequeux 1984, p. 214. Il y a un léger delta entre les chiffres énoncés dans la démonstration de la première partie et ceux de la synthèse.

    3 Lequeux, 1984, p. 39.

    4 Enquête présentée p. 42.

    5 Étude du Bureau national de l’information scientifique et technique, BNIST, réalisée à partir d’un panel de 100 personnes.

    6 Charpentier & Reminel, 2002.

    7 Ibid., p. 27.

    8 Timothy A. Clack, Marcus Brittain, Archaeology and the media, 1 vol., Publications of the Institute of archaeology, University College London (Walnut Creek, Calif. : Left Coast Press, 2007).

    9 Time Team est une série de feuilletons de la télévision anglaise, diffusée sur Channel 4 depuis 1994, présentant des archéologues travaillant dans l’urgence, avec des dispositifs de mise en scène proches des enquêtes sur des scènes de crimes dans les séries policières. Un présentateur explique la démarche au fur et à mesure. Le succès est au rendez-vous puisque 3,4 millions de téléspectateurs suivaient les épisodes en 2004. Clack, Brittain, 2007, p. 18.

    10 Clack et Brittain, 2007, p. 26.

    11 Geneviève Lüscher, 2008, « Archéologie et journalisme, de la fouille au bureau de rédaction » dans Les nouvelles de l’archéologie, Images publiques de l’archéologie, Éditions de la Maison des sciences de l’Homme-Errance, n° 113, p. 22-27.

    12 Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles (Belgique), le jeudi 5 novembre 2009
    Organisé par Kinéon et ACE (Archaeology in Contemporary Europe). Actes du colloques How do the media represent archaelogy, what is at stake ? Proceedings of the Symposium, ed. Serge Lemaire et Céline Schall, Bruxelles 2009.

    13 Société privée de veille et d’études médiatiques, elle comptait 450 collaborateurs, entre 2005 et 2010, qui épluchent la presse quotidiennement, soit une veille sur plus de 17 000 sources médias : 11.000 publications, 6000 sites web, 200 supports radios-TV. (source : http://www.argus-presse.fr)

    14 Rapport d’activités de l’Inrap, année 2008, p. 11. – En 2011, on comptait 975 960 visiteurs /an, (Rapport d’activités de l’Inrap, année 2011, p. 9).

    15 « Les recettes de l’analyse de contenu ne sont pas une potion magique : elles ne nous font pas comprendre le monde qui nous entoure. Comme le sondage d’opinion, l’entrevue ou l’observation, c’est un ensemble de techniques et de procédés au service du raisonnement scientifique : il ne faut donc pas exiger d’elles une théorie des phénomènes de communication. En revanche, toute théorie qui ne subirait pas avec succès l’épreuve de l’analyse de contenu, lorsque celle-ci est applicable, serait vaine. En somme, ce n’est qu’un outil, mais un outil souvent indispensable. » Jean de Bonville, 2006, L’analyse de contenu des médias : de la problématique au traitement statistique. 1 vol. Culture & communication [Texte imprimé] / dir. Gabriel Thoveron. - Bruxelles : De Boeck-Wesmael. p. 7.

    16 « La notion d’inférence implique la nécessité de relier les messages à leur contexte de production ou de réception. En somme, l’analyste cherche à établir une correspondance entre les structures sémantiques ou morphologiques des messages et les conditions psychologiques et sociologiques de leurs destinateurs et ou de leurs destinataires. » Ibid., p. 13.

    17 PQR : 251 articles, Presse nationale : 52 articles, Internet : 29 articles, Presse internationale : 6 articles, Radio : 10 citations/émissions.

    18 On comprendra par Interrégion Méditerranée : le regroupement des régions Languedoc, Roussillon, Provence-Alpes Cote d’azur et Corse. Ensemble PQR : 340 articles, presse nationale : 25 articles, internet : 17 articles, presse internationale : 3 articles, radio : 11 citations/émissions.TV : 11 citations, presse institutionnelle : 13

    19 Fonds national pour l’archéologie préventive (FNAP cf. glossaire). Ce fonds a pour objet d’alimenter les subventions accordées par l’État aux aménageurs soumis à prescription de fouilles en application de critères définis par une commission ad hoc, ou de prendre en charge le coût des fouilles prévues dans le cas de constructions de logements locatifs aidés ou de logements réalisés par une personne physique pour elle-même, y compris dans le cadre d’un lotissement et d’une ZAC.

    20 Source : www.afp.com

    21 Drassm : Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines
    Créée en 1966 par André Malraux, la Direction des recherches archéologiques sous-marines est devenue le 4 janvier 1996 le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines. C’est un service national déconcentré à Marseille et à Annecy, relevant de la direction générale des patrimoines du ministère de la Culture et de la Communication.
    Source : Site internet du ministère de la Culture (http://www.culture.gouv.fr/fr/archeosm/archeosom/drasm.htm)

    22 Dans son article ce chercheur de l’EHESS explique que l’archéologie n’alimente pas l’Histoire, « car l’archéologie est encore considérée comme une discipline mineure qui complète les connaissances mais n’est pas déterminante pour leur interprétation ». Si, dans son argumentaire, tout n’est pas défendable, il est intéressant de relever la comparaison avec la physique empruntée à André Tchernia. « Le modèle de l’archéologie devrait être l’astrophysique, qui est bien une archéologie de l’univers. Les astrophysiciens [...] trouvent tout à fait normal de remettre constamment en cause leurs théories ».
    Blaise Dufal, 2010 « L’archéologie enfermée dehors. Retour sur un malentendu français », Atelier du Centre de Recherche Historique, n° 7.

    23 http://www.sueddeutsche.de/wissen/caesars-bueste-der-echte-warenergischer-distanzierter-ironischer-1.207937

    24 Contrairement aux opérations d’archéologie préventive précédemment citées, une étude des articles (fond et forme) est proposée ici, car cette opération de médiatisation ne sera plus abordée dans les autres chapitres de cette publication.

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    Ancient Waterlands

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    Iván Fumadó Ortega, Sophie Bouffier et Betsey A.Robinson (dir.)

    2019

    L’Homme et l’Animal au Maghreb, de la Préhistoire au Moyen Âge

    L’Homme et l’Animal au Maghreb, de la Préhistoire au Moyen Âge

    Explorations d’une relation complexe

    Véronique Blanc-Bijon, Jean-Pierre Bracco, Marie-Brigitte Carre et al. (dir.)

    2021

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    1 Brigitte Lequeux, 1984, L’image et le public de l’archéologie en France (1972- 1982), thèse Université Paris X.

    2 PNQ : presse nationale quotidienne ; exemples : Le Monde (qui est le quotidien le plus riche en actualités archéologiques), France Soir, Le Figaro. PQR : presse quotidienne régionale ; exemples : La Montagne et Nice Matin De 1960 à 1980 la PQR a gagné 300 000 lecteurs soit 4,7 % pendant que la PQN en perdait plus d’un million soit 35 % (source Le Monde, décembre 1982). Tous les chiffres sont présentés dans la conclusion de la thèse, Lequeux 1984, p. 214. Il y a un léger delta entre les chiffres énoncés dans la démonstration de la première partie et ceux de la synthèse.

    3 Lequeux, 1984, p. 39.

    4 Enquête présentée p. 42.

    5 Étude du Bureau national de l’information scientifique et technique, BNIST, réalisée à partir d’un panel de 100 personnes.

    6 Charpentier & Reminel, 2002.

    7 Ibid., p. 27.

    8 Timothy A. Clack, Marcus Brittain, Archaeology and the media, 1 vol., Publications of the Institute of archaeology, University College London (Walnut Creek, Calif. : Left Coast Press, 2007).

    9 Time Team est une série de feuilletons de la télévision anglaise, diffusée sur Channel 4 depuis 1994, présentant des archéologues travaillant dans l’urgence, avec des dispositifs de mise en scène proches des enquêtes sur des scènes de crimes dans les séries policières. Un présentateur explique la démarche au fur et à mesure. Le succès est au rendez-vous puisque 3,4 millions de téléspectateurs suivaient les épisodes en 2004. Clack, Brittain, 2007, p. 18.

    10 Clack et Brittain, 2007, p. 26.

    11 Geneviève Lüscher, 2008, « Archéologie et journalisme, de la fouille au bureau de rédaction » dans Les nouvelles de l’archéologie, Images publiques de l’archéologie, Éditions de la Maison des sciences de l’Homme-Errance, n° 113, p. 22-27.

    12 Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles (Belgique), le jeudi 5 novembre 2009
    Organisé par Kinéon et ACE (Archaeology in Contemporary Europe). Actes du colloques How do the media represent archaelogy, what is at stake ? Proceedings of the Symposium, ed. Serge Lemaire et Céline Schall, Bruxelles 2009.

    13 Société privée de veille et d’études médiatiques, elle comptait 450 collaborateurs, entre 2005 et 2010, qui épluchent la presse quotidiennement, soit une veille sur plus de 17 000 sources médias : 11.000 publications, 6000 sites web, 200 supports radios-TV. (source : http://www.argus-presse.fr)

    14 Rapport d’activités de l’Inrap, année 2008, p. 11. – En 2011, on comptait 975 960 visiteurs /an, (Rapport d’activités de l’Inrap, année 2011, p. 9).

    15 « Les recettes de l’analyse de contenu ne sont pas une potion magique : elles ne nous font pas comprendre le monde qui nous entoure. Comme le sondage d’opinion, l’entrevue ou l’observation, c’est un ensemble de techniques et de procédés au service du raisonnement scientifique : il ne faut donc pas exiger d’elles une théorie des phénomènes de communication. En revanche, toute théorie qui ne subirait pas avec succès l’épreuve de l’analyse de contenu, lorsque celle-ci est applicable, serait vaine. En somme, ce n’est qu’un outil, mais un outil souvent indispensable. » Jean de Bonville, 2006, L’analyse de contenu des médias : de la problématique au traitement statistique. 1 vol. Culture & communication [Texte imprimé] / dir. Gabriel Thoveron. - Bruxelles : De Boeck-Wesmael. p. 7.

    16 « La notion d’inférence implique la nécessité de relier les messages à leur contexte de production ou de réception. En somme, l’analyste cherche à établir une correspondance entre les structures sémantiques ou morphologiques des messages et les conditions psychologiques et sociologiques de leurs destinateurs et ou de leurs destinataires. » Ibid., p. 13.

    17 PQR : 251 articles, Presse nationale : 52 articles, Internet : 29 articles, Presse internationale : 6 articles, Radio : 10 citations/émissions.

    18 On comprendra par Interrégion Méditerranée : le regroupement des régions Languedoc, Roussillon, Provence-Alpes Cote d’azur et Corse. Ensemble PQR : 340 articles, presse nationale : 25 articles, internet : 17 articles, presse internationale : 3 articles, radio : 11 citations/émissions.TV : 11 citations, presse institutionnelle : 13

    19 Fonds national pour l’archéologie préventive (FNAP cf. glossaire). Ce fonds a pour objet d’alimenter les subventions accordées par l’État aux aménageurs soumis à prescription de fouilles en application de critères définis par une commission ad hoc, ou de prendre en charge le coût des fouilles prévues dans le cas de constructions de logements locatifs aidés ou de logements réalisés par une personne physique pour elle-même, y compris dans le cadre d’un lotissement et d’une ZAC.

    20 Source : www.afp.com

    21 Drassm : Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines
    Créée en 1966 par André Malraux, la Direction des recherches archéologiques sous-marines est devenue le 4 janvier 1996 le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines. C’est un service national déconcentré à Marseille et à Annecy, relevant de la direction générale des patrimoines du ministère de la Culture et de la Communication.
    Source : Site internet du ministère de la Culture (http://www.culture.gouv.fr/fr/archeosm/archeosom/drasm.htm)

    22 Dans son article ce chercheur de l’EHESS explique que l’archéologie n’alimente pas l’Histoire, « car l’archéologie est encore considérée comme une discipline mineure qui complète les connaissances mais n’est pas déterminante pour leur interprétation ». Si, dans son argumentaire, tout n’est pas défendable, il est intéressant de relever la comparaison avec la physique empruntée à André Tchernia. « Le modèle de l’archéologie devrait être l’astrophysique, qui est bien une archéologie de l’univers. Les astrophysiciens [...] trouvent tout à fait normal de remettre constamment en cause leurs théories ».
    Blaise Dufal, 2010 « L’archéologie enfermée dehors. Retour sur un malentendu français », Atelier du Centre de Recherche Historique, n° 7.

    23 http://www.sueddeutsche.de/wissen/caesars-bueste-der-echte-warenergischer-distanzierter-ironischer-1.207937

    24 Contrairement aux opérations d’archéologie préventive précédemment citées, une étude des articles (fond et forme) est proposée ici, car cette opération de médiatisation ne sera plus abordée dans les autres chapitres de cette publication.

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