Un acteur de la transhumance : le cas d’un drapier trévisan à la fin du xve siècle
p. 223-230
Texte intégral
1La consultation des documents fiscaux de la ville de Trévise met en évidence l’importance que revêt le territoire environnant pour les citadins1. Ils sont nombreux à y posséder terres et animaux. Pour ces derniers, la possession se matérialise dans l’écrasante majorité des cas par le contrat de soccida, c’est-à-dire un bail à cheptel. Ce type de contrat est déjà bien en place au xve siècle ; dès le xiiie siècle, la documentation trévisane en recèle2. Ces baux portaient principalement sur les bovins et les ovins. Les contrats concernant les bovins dépassent très rarement la dizaine de têtes tandis que les troupeaux d’ovins atteignent des dimensions nettement plus importantes3. Ces baux impliquaient deux personnes : l’une achetait une partie ou la totalité des animaux, elle fournissait ainsi le capital, tandis que l’autre s’engageait à s’en occuper pendant la durée du contrat, en général d’une durée de cinq ans lorsqu’il portait sur des bovins et de quatre ans pour les ovins. Pour ces derniers, il était précisé qu’il fallait les envoyer dans les alpages chaque année, verser la moitié de la production de laine, de fromage ainsi que le croît. L’engagement d’un « bon berger » et d’un chien était également requis. Comme dans d’autres régions d’Italie ou d’Europe, lorsque les bêtes mouraient pendant la durée du contrat, il fallait présenter les peaux. Grâce aux archives de nature fiscale, il est possible de mesurer la proportion de citadins ayant conclu des baux à cheptel4.
2Ces documents démontrent l’avantage de ce type de source ; les informations sont regroupées par année d’élaboration des opérations de recensement, ce qui permet de dresser un tableau détaillé de la situation des baux à cheptel et, ainsi, de repérer les principaux acteurs citadins de ce secteur et leur participation aux déplacements5. Cependant pour en connaître l’organisation il faut se diriger vers d’autres fonds d’archives, notamment les registres notariés.
3La question est de savoir comment certaines activités rurales, primordiales pour la ville, se trouvent contrôlées par des citadins. La fourniture de la matière première nécessaire à vêtir la population était une des raisons principales de l’élevage. Grâce au suivi d’un important drapier s’observent les finalités de l’élevage ovin et l’organisation de la fourniture en laine.
La place de Francesco Sugana dans la ville
4L’importance dans la ville de Trévise de ce citoyen se définissant comme drapier se mesure aisément par la fréquence de ses élections comme deputato agli estimi, c’est-à-dire l’officiel chargé du déroulement des opérations fiscales. Ces officiels étaient à chaque fois neuf et il a été élu quatre fois à ce poste6 ! Cette place lui conférait une position de choix dans l’organisation d’un des aspects importants de la vie de la cité : la fiscalité directe et sa répartition.
5La réussite et la longévité marquent sa carrière. Sa naissance remonte probablement au début du siècle, tandis que sa mort survient en 14897. Son atelier-boutique de draperie, bottega, est idéalement placé : sur une des places les plus importantes de Trévise, sous le palais du Podestat. Lors de l’estimo 1462-1464, l’importance de son patrimoine le place au sixième rang des « fortunes » de la ville8. En résumé, ce personnage se trouve bien implanté tant du point de vue politique qu’économique. Les investissements dans le secteur des ovins ne forment qu’une partie de ses nombreuses affaires. Cependant par l’activité déclarée, l’investissement dans la filière ovine occupe une place de premier ordre. Malgré l’absence de déclaration de ce drapier, privilège de la richesse et de la puissance que de conserver ce document fiscal à l’intérieur de ses archives personnelles et non de celles de la ville9, on sait grâce aux registres des contribuables qu’il a passé un nombre important de contrats de bail à cheptel.
6Grâce à ce cas particulier, la complémentarité des sources fiscales avec les registres notariés apparaît clairement. Il s’agit de combiner une source destinée à un traitement exhaustif et quantitatif avec une autre où l’exhaustivité est impossible mais dont les informations ponctuelles sont beaucoup plus précises, aidant ainsi à une meilleure compréhension du sujet. Une fois la saisie des documents fiscaux achevée, les acteurs qu’il fallait repérer dans les registres des notaires étaient déjà connus.
7Dans ces registres, je me suis intéressé surtout à trois types d’actes concernant cet individu : les contrats de bail à cheptel portant sur des ovins, la vente de ces mêmes ovins et la vente de la laine. Ayant dépouillé pratiquement l’ensemble des actes notariés conservés sur la période allant de 1462 à 1480, les contrats conclus par cet acteur ont été vus dans leur quasi-totalité. Il ne manque que les actes des notaires égarés et ceux passés sans leur intermédiaire10. J’ai pris en considération deux périodes de quatre ans, correspondant à la durée moyenne des baux à cheptel, celle qui va de 1467 à 1471 et celle de 1474 à 1478.
Le drapier et la transhumance
8De novembre 1467 à octobre 1471, ce drapier a passé 16 contrats correspondant à 942 ovins dont 896 de type « gentili11 », c’est-à-dire à toison fine ; cela le place parmi les plus importants propriétaires citadins. De 1474 à 1478, ses investissements dans la filière ovine n’ont pas diminué, il est associé à peu près pour le même effectif que pour la période précédente, 971 têtes12. Dans un grand nombre de cas, ces actes ne sont pas passés entre égaux puisque le villageois se trouve très souvent endetté auparavant. Ainsi, la somme due à l’associé, le socio, par le drapier pour l’achat des bêtes est déduite de la précédente dette. Cette situation est très fréquente dans les relations entre le contractant citadin et celui du territoire.
9La lecture d’autres actes notariés le concernant fait apparaître l’organisation et les finalités de ces contrats de bail à cheptel. Tout est mis en œuvre pour lui fournir de la laine qu’il revend par la suite. La laine lui parvient, tout d’abord, par le contrat passé puisque la moitié de celle-ci lui est réservée ; ensuite lorsqu’il vend les bêtes car le remboursement doit se faire en laine. Par exemple, en janvier 1467 il concluait une soccida pour 4 ans de 64 ovins à toison fine avec un habitant de la podesteria de Serravalle, bien entendu déjà endetté. Ces bêtes sont achetées au socio 5 livres la paire. En mai 1471, il revendait à un habitant d’Arcade, environ à 25 km au sud de Serravalle, 37 ovins du même type conduits à l’acheteur par le précédent socio, vendus 5 livres et 4 sous la paire. En guise de paiement, l’acheteur devait fournir, entre autres, 74 livres de laine de « montagne » pour le mois d’août et la même quantité de laine dite de « mars » pour le mois de mars suivant et ainsi de suite tous les six mois jusqu’au remboursement intégral. Cela se déroulait toujours ainsi ; la laine devait lui être remise les mois de mars ou d’avril pour la laine de mars, appelée également de printemps, et les mois d’août ou de septembre pour la laine des collines. Cette organisation tient obligatoirement compte de la tonte des troupeaux liée à leurs déplacements : en mars à la sortie de l’hiver et avant leur montée dans les alpages et en septembre lorsqu’ils redescendent, d’où cette appellation de laine de montagne. Cet usage de la double tonte a déjà été mentionné pour d’autres régions de la Vénétie13. Toutes ces opérations lui offraient de grandes quantités de laine qu’il revendait dans la région, surtout à l’extrémité nord du Trévisan, contribuant ainsi à alimenter régulièrement et abondamment en matière première un important district textile du territoire.
10De 1467 à 1471, il a passé plus de 100 contrats de vente de laine représentant environ 28 900 livres de matière première14. Le mois de mai et surtout celui d’octobre correspondent aux périodes où se concentre la majorité des contrats portant sur la laine, c’est-à-dire juste après avoir été remboursé par ces nombreux débiteurs15. Bien entendu dans ces contrats apparaissent les laines qu’on lui a fournies. En 1468 de mai à août, il n’a vendu que de la laine dite de mars, tandis que d’octobre à février n’a été échangé pratiquement que de la laine des « montagnes ». Une très forte baisse de ce commerce apparaît dans les actes notariés : de 1474 à 1478 il a vendu moins de 9 900 livres de laine. Cette période marque-t-elle le début de la crise de la fin du xve siècle ? Pourtant, les prix affichés ne diffèrent pas de ceux de la période précédente.
11La précision des types de laine vendus apporte-t-elle des renseignements quant à la composition des troupeaux qui parcouraient le Trévisan ? D’après les prix pratiqués, différentes qualités sont distribuées par cet entrepreneur. Les plus coûteuses sont celles définies gentile et beretine, souvent 40 lires la centaine de livres. Ce sont donc des laines de toison fine et des laines colorées naturellement16. Dans les couleurs des toisons, outre la teinte beretina, dans les troupeaux d’ovins apparaissaient des toisons noires et blanches. Par contre, il ne semble pas conférer des qualités différentes entre les laines de la tonte de printemps et celle de la fin d’été, les prix étant similaires (35 à 37 lires la centaine). Enfin viennent les laines dites campagnole, représentant très probablement les laines les plus grossières (17 à 20 lires la centaine). Proviennent-elles des parties de la toison les plus exposées aux intempéries donc plus abîmées ou d’animaux à la toison plus grossière tout simplement ? Sugana est-il, comme les entrepreneurs florentins à la même époque17, intervenu directement dans le choix des bêtes afin d’obtenir la laine souhaitée ?
12Pour être complet quant à son positionnement face aux destinées de la filière ovine dans la région et de ses déplacements, il faut ajouter qu’il possédait également des pâturages qu’il louait à ces bergers venant de la région de Feltre (cf. D. Gasparini dans ce volume). Ainsi en 1468, l’un d’eux occupe son pâturage sis à San Biasio, un peu plus de 10 km à l’est de Trévise, pour un loyer de 12 lires par an. Il profite de leur venue pour racheter la laine de ces bergers « forestieri18 ». Finalement, seule la possession d’alpages dans la zone montagneuse du Trévisan lui manque pour que son contrôle des mouvements des ovins apparaisse total.
13S’il ne semble pas prendre directement part à l’organisation de la transhumance et des déplacements des troupeaux, il en suit les mouvements et il en contrôle parfaitement à la fois les rythmes et surtout les activités qui en découlent générant ainsi de notables profits. Pour cela il s’appuie sur une organisation et un réseau efficaces.
Le fonctionnement de l’entreprise
14Pour effectuer ces transactions, il a établi un réseau sur trois niveaux. En ville, il emploie deux facteurs. Ceux-ci contractent en son nom et gèrent ses affaires et ils sont tout particulièrement chargés des recouvrements des achats et des dettes ; ils sont ainsi amenés à se déplacer. À Serravalle, un des lieux où ce drapier aime opérer, habite son neveu qu’il charge de transmettre la laine vendue à ses différents clients19. Enfin parmi ses clients figurent également des intermédiaires qui redistribuent dans le Trévisan et au-delà, dans la région de Feltre, les laines. Les actes notariés font apparaître les mêmes hommes tout au long de la période : une clientèle de ruraux lui est clairement attachée.
***
15Le cas du drapier Francesco Sugana illustre la place de la ville et de ses acteurs dans l’économie régionale. La transhumance et les déplacements des troupeaux rythmant la vie du Trévisan étaient bien contrôlés par ce citadin et en particulier une des activités principales engendrée par ces déplacements, la fourniture de laine. Cette situation ne se rencontre pas nécessairement sur l’ensemble du territoire italien. En Lombardie, à la différence du cas étudié, les montagnards, et non pas les citadins, contrôlaient les activités lucratives découlant de la transhumance20. Toutefois, à l’image d’un foulon de Quero possédant 270 ovins en soccida en 1499, une étude plus poussée du Trévisan ferait apparaître des figures d’entrepreneurs dynamiques hors de la ville21. On obtiendrait de la sorte une image plus juste de la complexité du fonctionnement de l’économie à la fin de l’époque médiévale mettant en évidence la multiplicité des acteurs aussi bien citadins que ruraux22.
16Quoiqu’il en soit, d’une manière plus générale, cet exemple clarifie le mode de fonctionnement de l’ensemble des marchands et entrepreneurs de Trévise. S’ils ne sont pas aussi actifs sur les marchés interrégionaux et encore moins internationaux que les marchands des villes de terre ferme plus importantes comme Vérone et Padoue, le contrôle de leur territoire est patent.
Notes de bas de page
1 Les documents dont il est question sont les estimi de Trévise conservés aux archives d’État de Trévise (astv). Danilo Gasparini a déjà présenté cette source lors d’une précédente session des journées de Flaran : « Laboureurs, brassiers, artisans dans les campagnes de Vénétie au xvie siècle », dans Mireille Mousnier (éd.), L’artisan au village dans l’Europe médiévale et moderne, Toulouse, 2000, p. 51-65, en particulier p. 54-56, Je ne peux que reprendre ses propos lorsqu’il indiquait : « Trévise peut se vanter de posséder une documentation vraiment riche d’informations et, dans certains cas, unique tant elle est vaste et complète. » La seule différence consiste en l’objet étudié. Je me suis intéressé à la documentation concernant la ville de Trévise et non à celle du territoire environnant. Pour toutes les questions relatives à la mise en place et au fonctionnement institutionnel de ces recensements fiscaux voir Giuseppe Del Torre, Il Trevigiano nei secoli xv e xvi : l’assetto amministrativo e il sistema fiscale, Venise, 1990, en particulier la seconde partie p. 63-137 et pour une analyse plus détaillée portant sur le xve siècle Ermanno Orlando, Scrittura, fisco e società. Gli estimi di Treviso del Quattrocento, Venise, 2003.
2 Giampaolo Cagnin, « Allevamento, transumanza e produzione laniera nel Trevigiano in età medievale », dans Giovanni Luigi Fontana, Gérard Gayot (éd.), Wool : Products and Markets, Padoue, 2004, p. 79-111, p. 86-90 ; Bruno Andreolli, « Contratti agrari e trasformazione dell’allevamento tra alto e basso Medioevo », dans Contadini su terre di signori. Studi sulla contrattualistica agraria dell’Italia medievale, Bologne, 1999, p. 307-317, p. 311-317. L’auteur considère qu’à partir du xiiie siècle sur l’ensemble du territoire italien triomphe cette forme de contrat.
3 Sur l’ensemble des troupeaux d’ovins retrouvés dans les déclarations fiscales du xve siècle, la moyenne s’élève à 60 têtes, allant de 4 pour le plus petit troupeau à 180 pour le plus important.
4 Les citadins sont peu nombreux à posséder des ovins ; souvent moins de 50 citadins par recensement fiscal investissent dans ce secteur. De surcroît, ce secteur est fortement concentré ; ainsi pour l’estimo de 1474-1480, deux propriétaires se partagent plus de 40 % des bêtes recensées.
5 État des sources et nombre d’ovins possédés par les citadins trévisans
* Croisement avec les registres de contribuables
** Rubrique à l’intérieur des registres
*** Arrêté avant la fin des opérations
6 E. Orlando, Scrittura, fisco e società…, op. cit., il occupe ce poste pour les estimi 1447-1451, 1459-1460 et 1474-1480 p. 23n, 29n et 34n. Pour l’estimo de 1462-1464, il a été élu dans un premier temps avant d’être remplacé, ASTV, Comunale, b. 46 livre B f. 160r. Ce remplacement pourrait expliquer le doublement de son patrimoine imposable entre l’estimo 1459-1460 et le suivant, astv, Estimi, b. 67 et 77.
7 astv, Notarile seconda serie, b. 1341 copie de son testament.
8 astv, Estimi, b. 77.
9 E. Orlando, Scrittura, fisco e società…, op. cit., p. 33 n. quant aux dispositions prises pour la conservation des déclarations. Concernant l’estimo effectué durant la période 1462-1464, la moyenne des estimations des patrimoines des familles pour lesquelles j’ai retrouvé la déclaration atteint £ 1090. Tandis que celle des familles pour qui la déclaration a été « perdue » ou « égarée » monte à £ 6593. Finalement, celle des familles qui n’ont présenté aucune déclaration et qui ont été directement estimées par les officiels, les arbitradi, atteint seulement £ 107, preuve que les pertes des déclarations n’étaient pas dues uniquement à des coïncidences. Les familles les plus riches pouvaient se permettre, une fois la présentation de la déclaration opérée, de garder leurs archives dans leur foyer !
10 Enrica Coser, Massimo Giansante (éd.), Libro di conti della famiglia Guastavillani (1289-1304), Bologna, 2003. Ce livre de comptes renferme de nombreuses informations sur les baux à cheptel ; il n’est pas rare que, pour la stipulation de ce type de contrat, il ne soit pas fait appel au notaire. Cette information était mentionnée dans le livre par l’expression non est carta, en particulier p. 32-47. Il se peut que Sugana se soit passé des services d’un notaire pour certains contrats.
11 astv, Notarile prima serie, b. 244 et b. 245 notaire Luca Brunvillanis.
12 astv, Notarile prima serie, b. 246 notaire Luca Brunvillanis.
13 Dominique Cardon, La draperie au Moyen Âge. Essor d’une grande industrie européenne, Paris, 1999, p. 81-84 en particulier p. 84.
14 astv, Notarile prima serie, b. 244 et b. 245, notaire Luca Brunvillanis ; b. 268, notaire Antonio da Orsenigo.
15 À Milan aux xive et xve siècles, le mois d’octobre correspond également à la période d’échanges la plus intense des laines et des peaux en provenance de la Catalogne. Emanuela Del Curto, « La lavorazione delle pelli in terra Lombarda (secoli xi-xv) », dans La conceria in Italia dal Medioevo ad oggi, Milan, 1994, p. 67-94, p. 74-76.
16 D. Cardon, La draperie au Moyen Âge…, op. cit., p. 91 ; l’auteur parle à propos de ces laines d’un beige cendré et Andrea Mozzato (éd.), La Mariegola dell’Arte della Lana di Venezia (1244-1595), Venise, 2002, vol. 2 p. 690 considère les draps beretini comme étant gris.
17 Federigo Melis, « Firenze », dans, Città, mercanti, dottrine nell’economia europea dal iv al xviii secolo. Saggi in memoria di Gino Luzzatto, (Biblioteca della rivista Economica e Storia), Milan, 11, 1964, p. 105-150, p. 135-136. Cette pratique est également attestée à Vérone et Vicence, Edoardo Demo, L’« anima della città ». L’industria tessile a Verona e Vicenza (1400-1550), Milan, 2001, p. 32.
18 G. Cagnin, « Allevamento, transumanza… », op. cit., p. 111.
19 astv, Notarile seconda serie, b. 889, contrat dotal de la sœur de Francesco. Notarile prima serie, exemple de cette fonction d’intermédiaire b. 244, Bartolomeo de Guietta, au nord-ouest de Trévise, doit à un de ses facteurs 132 lires et 16 sous pour l’achat de 369 livres de laine de « mars » et de « colline », laines qu’il a reçues à Serravalle dans la maison de Giovanni de S. Fiore son neveu.
20 François Menant, Campagnes lombardes au Moyen Âge. L’économie et la société rurales dans la région de Bergame, de Crémone et de Brescia du xe au xiiie siècle, Rome, 1993, voir p. 249-286, en particulier p. 276-279.
21 astv, Estimi, b. 108.
22 Voir le numéro consacré aux industries rurales de Studi di storia medioevale e di diplomatica, 14, 1993. Dans de nombreux cas, les auteurs ont montré l’indépendance que pouvaient connaître les différentes zones de production rurale par rapport à la ville. Notamment Paulo Grillo, « “Vicus Lanificio Insignis”. Industria laniera e strutture sociali del borgo lariano di Torno nel xv secolo », p. 91-110 et Giuliana Albini, « Contadini-artigiani in una comunità bergamasca : Gandino sulla base di un estimo della seconda metà del’400 », p. 111-192.
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