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    Plan détaillé Texte intégral Quelques distinctions Les migrations de troupeaux : le problème des sources Le débat continuité/discontinuité Notes de bas de page Auteur

    Transhumance et estivage en Occident

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    La transhumance dans les pays de la Méditerranée antique

    Mireille Corbier

    p. 67-81

    Texte intégral Quelques distinctions Les migrations de troupeaux : le problème des sources Le débat continuité/discontinuité Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Dans l’historiographie française, la transhumance a plutôt bonne presse et d’indiscutables lettres de noblesse1. Elle fascine depuis longtemps les folkloristes et les ethnologues. Géographes et historiens, formés eux aussi traditionnellement en France à la géographie, en ont donné des descriptions classiques, à commencer par Fernand Braudel qui en fait un mode d’organisation durable des rapports entre les hommes et l’espace valable pour l’ensemble des pays de la Méditerranée2. Paradoxalement, le livre épais et touffu de Peregrine Horden et Nicolas Purcell, The Corrupting Sea, conçu comme une enquête sur la Méditerranée « avant Braudel », du néolithique au xvie siècle, a réservé récemment à cette thématique une place restreinte3, qui contraste avec l’apport indéniable des archéologues et des historiens anglais en ce domaine.

    Quelques distinctions

    2Pour l’époque romaine, nous pouvons distinguer, dans l’espace unifié par Rome, trois niveaux principaux d’activité pastorale spécialisée (en dehors, du simple élevage domestique pratiqué par de petits fermiers). Cette distinction, que j’ai proposée au Congrès de Berne en 19864, a été reprise et adoptée depuis par divers auteurs.

    3Le premier niveau est celui de l’élevage sédentaire intégré à l’agriculture. Pratiqué sur le fundus – le domaine –, il est recommandé par les agronomes latins, Caton, Varron – qui le désigne comme uillatica pastio – et Columelle. C’est à cet élevage sédentaire intégré à l’agriculture qu’il faut imputer l’indiscutable réussite technique qu’a représentée le bœuf romain, produit d’une sélection attentive, dont l’archéologie a confirmé la taille et le poids, et qui disparaîtra avec Rome.

    4Le deuxième niveau correspond au secteur pastoral d’une agriculture sédentaire. Le déplacement des troupeaux et de leurs bergers depuis les pâturages d’hiver vers les pâturages d’été (ou l’inverse) y prend des formes multiples, à courte comme à plus longue distance. Ce sont ces migrations organisées et régulières, observables à différentes époques dans la longue durée du monde méditerranéen, que la géographie humaine a regroupées sous le nom de transhumance, un terme que Fernand Braudel nous invite à écrire au pluriel.

    5Le troisième niveau d’activité pastorale concerne de véritables sociétés de pasteurs, généralement nomades, ou semi-nomades, qui ont été repérées à l’intérieur ou aux marges de l’empire. Mais, dans les Balkans, en Anatolie et sur la rive sud de la Méditerranée (des deux Maurétanies à la Syrie) aux confins de la zone tempérée et de la zone désertique, la frontière entre nomadisme et transhumance risque d’être difficile à identifier. Les Balkans ont été, depuis les Lumières, la région par excellence de l’observation ethnographique, où les voyageurs retrouvaient et décrivaient des réalités sociales désormais dépassées ou abandonnées en Europe occidentale, et qui se trouvaient investies du même coup d’une origine très ancienne. Dans la Grèce du Nord, les mouvements des Valaques entre leurs villages d’été sur le Pinde et leurs villages d’hiver dans les plaines de Thessalie et de Macédoine ont fait l’objet de multiples études ethnographiques dès la seconde moitié du xviiie siècle. L’origine de ce peuple, qui parle une langue issue du latin, est aujourd’hui, en revanche, controversée.

    6Pour ce qui est de la transhumance proprement dite, c’est-à-dire de notre deuxième niveau, il convient de distinguer, d’une part, l’estive à court rayon entre plaine et montagne, c’est-à-dire la transhumance dite par certains géographes « verticale », d’autre part, la transhumance à longue distance, dite parfois « horizontale » – une expression un peu trompeuse puisqu’elle ne suggère pas le dénivelé. Cette première distinction en croise une autre : entre transhumance descendante (dite « inverse ») et transhumance montante (dite « normale »), selon que les troupeaux appartiennent aux gens d’en haut – ce qui est le cas au début de l’époque moderne pour les troupeaux des Abruzzes qui descendent hiverner sur le Tavoliere, et dont les propriétaires sont « accusés » de remporter avec eux à leur retour, après avoir vendu la laine de leurs bêtes à la foire de Foggia, de grosses sommes de numéraire qu’ils vont thésauriser dans leurs montagnes – ou qu’ils appartiennent à ceux de la plaine ; ou, plutôt, aux gens qui ont leurs installations principales dans les montagnes ou, au contraire, dans la plaine. Ici encore, Braudel a protesté au passage contre l’usage du terme de transhumance « normale », par lequel les géographes français ont généralisé ce qu’ils avaient sous les yeux en France : la transhumance d’été. Ces migrations saisonnières des troupeaux doivent être rapprochées de celles des hommes, qui descendent entre juin et août de leurs montagnes pour faire la moisson dans les plaines. Ces migrations d’hommes sont, elles aussi, attestées pour l’Antiquité : ainsi l’arrière-grand-père paternel de l’empereur Vespasien aurait été un entrepreneur de travail agricole recrutant en Ombrie des travailleurs saisonniers pour la Sabine.

    7Pour l’Antiquité, on note aujourd’hui une forte tendance, chez les historiens comme chez les archéologues, qui sont entrés en force depuis plus de vingt ans dans ce type de recherche, à valoriser les déplacements à court rayon, qui n’avaient pas bénéficié autrefois de la même attention que les déplacements à longue distance de l’Italie romaine bien documentés par les sources littéraires.

    8Ainsi, des enquêtes d’ethno-archéologie, menées dans le Cicolano (une région située entre Rieti et L’Aquila, où, de nos jours encore, coexistent les deux types de transhumance), ont été utilisées à l’appui de cette distinction. Dans les mêmes villages, parfois à l’intérieur des mêmes familles, on rencontre deux groupes socio-économiques principaux : ceux qui associent l’agriculture, les activités forestières et l’élevage des moutons et ceux qui sont des bergers spécialisés dans la transhumance à longue distance. Les documents écrits du xixe siècle distinguaient de même en italien les « pastori stanziali », qui gardaient les moutons à l’étable dans leurs villages en hiver et les conduisaient sur les monts du Cicolano de mai à septembre, et les « pastori transumanti », qui menaient leurs troupeaux sur les pâturages les plus élevés de la mi-juin à la mi-août et qui les ramenaient vers les plaines du Latium en hiver. Alors que les premiers cultivaient sur les « altopiani » du foin, du blé et des pommes de terre, les pasteurs transhumants n’associaient pas d’ordinaire l’agriculture à leur activité pastorale. La difficulté de distinguer les deux types d’organisation sociale et économique sur la base des seules traces archéologiques est soulignée par les coordonnateurs de l’enquête – Graeme Barker et Annie Grant5 –, qui contestent donc la tendance des chercheurs d’il y a quarante ans à prendre pour une preuve de transhumance à longue distance tout ossement de mouton ou de chèvre retrouvé en altitude.

    9Même si Barker a fait part des difficultés d’une telle entreprise dans une conférence restée classique6, les connaissances ont été profondément renouvelées par l’apport de l’archéologie du territoire, notamment avec les travaux de l’école anglaise dans le Molise, où une étude interdisciplinaire de vaste ampleur a pris pour objet de son enquête l’entière vallée du Biferno7. À l’approche archéologique du « survey », qui associe au ramassage de tous les témoignages de surface la collecte et la remise dans leur contexte de toutes les notations écrites ou ethnologiques, sont venus s’ajouter l’apport de l’archéozoologie8 et des études environnementales qui font, notamment, une place importante à la palynologie.

    10L’enquête sur le Biferno a servi de modèle à une recherche interdisciplinaire précisément axée sur le phénomène de la transhumance entre le territoire de Sphakia sur la côte sud occidentale de la Crète et les montagnes qui le surplombent9. Une caractéristique de ces « surveys » est leur caractère diachronique, allant du néolithique sinon jusqu’à nos jours, du moins jusqu’au xixe siècle.

    11Pour un exposé dont le propos principal est d’inviter à la comparaison entre des sociétés très dispersées dans le temps, j’ai choisi de m’en tenir à deux volets.

    12Je m’efforcerai d’abord de rassembler sur la base de quelques exemples les principaux témoignages relatifs à la transhumance en identifiant les divers types de sources qui invitent à étudier un tel sujet.

    13Je ferai ensuite le point sur le débat sur la continuité ou la discontinuité qui a opposé encore récemment certains antiquisants – dont je ne fais pas partie, puisque j’ai adopté le point de vue inverse – aux historiens médiévistes. Je reviendrai en conclusion sur quelques points forts de l’historiographie récente de la transhumance.

    Les migrations de troupeaux : le problème des sources

    14À l’intérieur du vaste ensemble unifié par Rome, j’ai proposé d’entrée de jeu de distinguer trois niveaux d’activités pastorales. Mais, à l’intérieur de ce même ensemble, il est permis aussi d’opposer deux espaces correspondant à deux types différents d’information : l’Italie – dont parlent surtout les auteurs, notamment les agronomes latins – et le reste de l’empire, pour lequel la documentation est souvent plus indirecte et fragmentaire.

    15Pour désigner les migrations des troupeaux accompagnés de leurs bergers, il n’existe pas de terme latin spécifique, mais seulement des références aux calles – les « drailles » de Provence, les « cañadas » de Castille, les « tratturi » d’Italie du Sud et les « trazzere » de Sicile –, aux troupeaux qui les suivent itineris causa – pour leur déplacement –, aux callitani – les usagers des calles, les transhumants –, ainsi qu’aux saltus – les terrains où les troupeaux vont paître. Le mot saltus a, avant même son sens dérivé de grand domaine, celui de terres laissées totalement ou majoritairement incultes et occupées pour l’essentiel par des pâturages et des bois, par opposition au fundus régulièrement cultivé. C’est au saltus que les bergers mettent le feu pour fertiliser le sol. En revanche, le sens dérivé de grand domaine n’exclut pas la présence de cultures : les saltus du Tavoliere des Pouilles sont des terres à blé, qui bénéficient de l’apport en engrais des troupeaux qui viennent pâturer sur la jachère ou sur les chaumes pendant l’hiver.

    16Il n’existe pas davantage de terme grec pour désigner la transhumance : les linguistes ont noté que probata, qui désigne au pluriel le petit bétail et s’applique plus précisément aux moutons, signifie étymologiquement « ceux qui marchent en avant10 », ce qui met l’accent sur la mobilité du troupeau mais ne le fait pas pour autant « transhumer ». Un terme grec volontiers lié à l’élevage et aux troupeaux est la référence aux eschatiai, un mot qui peut désigner les « confins » d’un territoire vers la mer ou vers la montagne, mais aussi bien une région dans la montagne, en clair des marges qui ne sont pas propres à la culture.

    17Sur une carte de la Méditerranée romaine, les régions les plus étudiées de ce point de vue restent celles pour lesquelles nous disposons de traces écrites. Ce sont des témoignages d’auteurs littéraires, ou des écrits produits par la société intéressée, des inscriptions de caractère public ou autres, des inscriptions votives (adressées notamment à des divinités protectrices des bergers, Hercule en Italie, Pan dans les pays de langue grecque), ou encore des inscriptions funéraires, sans oublier les graffiti par lesquels des bergers ont souhaité laisser une trace de leur présence à tel endroit à un moment donné ou tromper leur désœuvrement.

    18C’est ainsi, en raison des inscriptions rupestres nombreuses (plus de 20 000) qu’ils nous ont léguées, que les « Safaïtes », pasteurs arabes nomades du nord de l’Arabie, sont relativement bien connus des historiens de l’Antiquité11. Répartis sur deux ou trois siècles, leurs graffiti comportent aussi des images (de tentes, de dromadaires, de cavaliers) et illustrent divers aspects de la vie au désert. Quant aux campements eux-mêmes, ils commencent à être identifiés.

    19Car il faut bien nous rendre à l’évidence : la seule description précise de la transhumance que nous ayons gardée de l’Antiquité concerne l’Italie du ier siècle avant J.-C. Et, si le livre 2 de l’Économie rurale de Varron était perdu, nous serions bien en peine de restituer l’image des deux espaces géographiques mis en relation par les calles qu’il nous décrit comme « deux paniers reliés par un même bât », et encore moins la société des bergers transhumants sur laquelle il nous donne une infinité de détails concrets. Un passage essentiel atteste à la fois l’existence de déplacements à longue distance d’Apulie vers le Samnium (une transhumance montante donc) et l’obligation d’une déclaration (professio) des effectifs des troupeaux aux publicains avant tout accès aux pâturages – et donc le paiement d’une redevance, connue par ailleurs sous le nom de scriptura. Ce n’est donc pas un hasard si la transhumance est plus étudiée sur le versant adriatique, seul concerné par ces textes, que sur le versant tyrrhénien, où elle se pratiquait aussi dans l’Antiquité comme à la fin du Moyen Âge et à l’époque moderne : Pline le Jeune (2, 17, 3) a vu des troupeaux de moutons, mais aussi des chevaux et des bœufs, « chassés de la montagne par l’hiver » autour de sa villa des Laurentes, dans la plaine côtière près d’Ostie.

    20Le même Varron (2, 2, 2) mentionne aussi des déplacements importants de moutons pratiqués en son temps en Epire – des déplacements déjà signalés par Aristote dans sa Vie des animaux.

    21Si, dans la littérature grecque, ont été relevées depuis longtemps12 deux mentions explicitement liées aux déplacements saisonniers des troupeaux, elles sont beaucoup moins détaillées : l’une dans Œdipe roi de Sophocle, qui concerne donc le ve siècle avant J.-C., à propos de l’estivage au Mont Cithéron ; l’autre dans l’Euboïque de Dion de Pruse qui met en scène des bouviers transhumants salariés dans l’île d’Eubée à la fin du ier siècle de notre ère. Il y en a certainement d’autres : un passage des Helléniques d’Oxyrhynchos fait état de conflits répétés survenus au ive siècle avant J.-C. dans le massif du Parnasse entre bergers venus de cités voisines13. Il reste vrai que les auteurs anciens n’abordent guère les sujets de la vie quotidienne qui leur paraissent trop évidents. L’Arcadie est connue depuis Homère comme une région de pâturages et d’élevage. Pourtant Strabon, au livre 8 de sa Géographie, se contente pour l’Arcadie d’une rapide allusion aux « troupeaux », en pensant probablement aux ânes mais aussi aux moutons et aux chèvres.

    22En dehors de Varron et après lui, c’est en effet Strabon, un Grec, géographe, contemporain d’Auguste et de Tibère, qui offre les notations les plus suggestives. On trouve cependant chez lui l’un des topoi de la culture antique pour laquelle la montagne relève, on le sait bien, du domaine du sauvage et de la sauvagerie. L’un des marqueurs de cette sauvagerie est l’alimentation. Plusieurs passages mériteraient d’être cités en ce sens. Le plus célèbre (11, 5, 6-7) ne concerne pas les pays de la Méditerranée, au sens strict du terme. C’est celui où, parlant des peuples du Caucase, à la suite de Posidonius, Strabon établit une distinction entre les différences d’altitude et le degré de civilisation des habitants. Les peuples qui vivent dans les hautes montagnes se nourrissent de gibier, de fruits (produits de la cueillette) et de lait. Les peuples qui sont installés à un niveau inférieur sont encore contraints de vivre dans des grottes, mais ils peuvent accéder à l’agriculture par la culture de l’orge. C’est seulement plus bas, là où la montagne touche à la plaine, que l’on trouve de véritables communautés d’agriculteurs. L’altitude est donc inversement proportionnelle au degré de civilisation. Vérité générale que Strabon allait chercher aux limites orientales du monde romain, à l’est de la Mer Noire.

    23Le même Strabon (4, 6, 2) sous-entend la pratique de la transhumance chez les Ligures – sous forme de transhumance « inverse » des troupeaux des montagnards vers les plaines côtières. C’est encore Strabon (4, 1, 6) qui évoque la vocation pastorale de la plaine de la Crau, en Gaule Narbonnaise, mais sans allusion à la transhumance : « Elle est recouverte de pierres grosses comme le poing sous lesquelles pousse une herbe (agrôstis) qui fournit une abondante pâture au bétail. » Mais la transhumance dans la Crau était assurée par le passage correspondant de Pline l’Ancien (21, 57) : « Les Plaines-de-pierre, dans la province de Narbonnaise, sont aujourd’hui remplies de thym ; c’est presque leur seul revenu, des milliers de moutons y venant de régions lointaines paître ce thym. » L’intérêt pour ces passages – seules sources sur ce sujet en 198614 – a été relancé par la découverte de grands bâtiments de l’époque romaine identifiés à des bergeries, il y a une dizaine d’années15. Mais, comme je le faisais déjà remarquer en 1997 à Québec, « les pâturages d’été correspondants n’ont pas encore été identifiés ». Nous retrouverons à nouveau Strabon et Pline l’Ancien à propos du versant italien des Alpes.

    24La Crète hellénistique et romaine nous permet d’opposer deux types d’études pratiquées actuellement en fonction des sources disponibles. La Crète orientale a fourni pour l’époque hellénistique des témoignages épigraphiques remarquablement étudiés par Angelos Chaniotis16. Il s’agit d’accords conclus entre la cité côtière de Hiérapytna et les cités de Praisos et de Priansos. Sur la base de ces documents écrits produits par les contemporains, les modernes sont tentés de restituer un effort soutenu de Hiérapytna pour s’assurer la jouissance de pâturages montagnards. Rien de tel pour la Crète occidentale pour laquelle nous disposons en revanche de l’important « survey » de Sphakia, mais qui ne peut s’appuyer sur aucune inscription ni sur aucun document daté (en dehors de deux plaques votives représentant un berger et un bélier). Mais les paysages ne peuvent laisser personne indifférent ; je m’y suis rendue pendant l’été 2003.

    25Il est sûr qu’à défaut de textes littéraires suggestifs les inscriptions, lorsqu’elles sont bien interprétées, peuvent constituer des indices précieux. À la lumière de quelque deux cents inscriptions ou fragments d’inscriptions retrouvés dans le sanctuaire de la Mère des Dieux Autochtone au-dessus du village de Leukopétra en Macédoine, Miltiade Hatzopoulos nous invite à restituer la vie d’un petit temple surgi au milieu du iie siècle après J.-C. sur les lieux d’une dévotion plus ancienne, à mi-chemin entre les alpages du Mont Bromion où les troupeaux montaient au mois de mai pour estiver et les plaines de la Basse ou de la Haute Macédoine où ils redescendaient en octobre pour hiverner. Deux fois par an les fidèles accourent aux panégyries de la Mère des Dieux et procèdent à des dédicaces ou à des consécrations-donations d’esclaves ou même de leurs propres enfants17.

    26Mais les limites du recours à l’épigraphie sont évidentes aussi. Ainsi, la carte des décrets de proxénie nous apprend peu sur les formes de l’élevage en Grèce ancienne18. Ces inscriptions honorifiques qui font état de l’octroi à un étranger à la cité de divers droits réservés d’ordinaire aux citoyens, parmi lesquels le droit d’acquérir des biens-fonds et le droit de pacage sur les terres publiques (epinomia), reflètent seulement la pratique d’une institution – la proxénie – dont les bénéficiaires nous sont connus au hasard de découvertes épigraphiques liées, d’un côté, à l’ampleur de l’exploration archéologique, de l’autre, à l’usage de l’écriture exposée fait par chaque cité. Mieux encore, la disparition de ce type de document à l’époque impériale avec la fin de l’institution même de la proxénie n’est en rien révélatrice d’un changement dans les pratiques pastorales.

    27En comparaison de ces dossiers squelettiques, d’interprétation toujours délicate (car constitués souvent d’une seule catégorie de sources, alors qu’il faudrait pouvoir croiser des informations différentes), mais d’autant plus stimulants qu’ils permettent d’élargir les domaines géographiques envisagés, le dossier italien de la transhumance entre l’Apennin et le Tavoliere des Pouilles repose sur les documents les plus divers et les plus suggestifs19. Autour de la description fameuse de l’agronome Varron déjà mentionnée, on peut regrouper le texte d’une loi de 111 avant J.-C., présentée par certains comme la « charte » de la grande transhumance20, et des constitutions impériales de l’Antiquité tardive, des documents administratifs inscrits dans la pierre pour être exposés, des anecdotes transmises par les auteurs anciens, de Cicéron à Tacite, des représentations figurées de troupeaux et de bergers, des injonctions lancées aux passants par les inscriptions des monuments funéraires placés en bordure des routes, des épitaphes de bergers mais aussi de travailleurs de la laine, et même tout récemment un graffito écrit par un lanarius dans son atelier à Canusium, des installations spécifiques pour le comptage des troupeaux telles que le révèle la disposition au sol d’une porte de l’enceinte romaine de Saepinum, des abreuvoirs, ainsi que des éléments en tout genre de la culture matérielle, tels que des pesons de métiers à tisser, mais aussi des ex-voto sous forme d’écrits ou de statuettes, adressés à des divinités ou à des héros, principalement à Hercule, vénéré par les bergers, des analyses permettant de restituer la part respective des bêtes d’élevage dans l’alimentation carnée et l’âge à l’abattage, etc. En dépit de la masse impressionnante que fait apparaître cette énumération à la Prévert, cette documentation reste cependant plus clairsemée dans l’espace et dans le temps que ne l’imaginent les non-spécialistes. Avant d’offrir un terrain d’investigation aux ethno-archéologues, la transhumance en Italie centrale et méridionale a été un domaine d’étude chéri des juristes, attentifs aux droits sur le sol (ager publicus, possessio), et elle le reste encore. Mais elle a suscité et continue bizarrement à alimenter un débat entre quelques historiens antiquisants et leurs collègues médiévistes.

    Le débat continuité/discontinuité

    28Les historiens de l’Antiquité, tentés par la comparaison avec la Mesta en Castille et la Dogana delle Pecore dans le royaume de Naples, ont oublié que ces deux organisations étatiques, florissantes à l’époque moderne, constituaient alors en Méditerranée des exceptions.

    29L’Espagne romaine, elle, n’a livré pour sa part aucun vestige ni aucun texte qui prête à comparaison avec la Mesta21. Pour l’Italie romaine, l’existence de la transhumance à longue distance est attestée du IIe siècle avant J.-C. jusqu’au vie siècle après J.-C. Cette longue durée et la comparaison des réseaux respectifs de calles et de « tratturi » ont incité quelques historiens (d’Albert Grenier à Emilio Gabba et Marinella Pasquinucci22) à émettre l’hypothèse d’une continuité avec la Dogana delle Pecore. De fait, les éléments communs ne manquent pas, à commencer par les localisations. En novembre 1988, à l’aide du livre de John Marino sur la douane des Pouilles qui venait de paraître la même année23, j’ai pu décomposer les éléments des deux systèmes et en montrer les différences. Faute de temps, j’insisterai sur quelques-unes d’entre elles. Pour l’époque romaine, notons une transhumance montante et non descendante, une échelle nettement plus petite en nombre de moutons, le travail de la laine sur place dans la région de Canusium principalement et non dans des villes lointaines comme celles de l’Italie du nord, vers lesquelles la laine était exportée à la fin du Moyen Âge, une implication personnelle des empereurs romains propriétaires d’immenses troupeaux, alors que les souverains de Naples ne tiraient de la transhumance que des revenus fiscaux.

    30Entre le viie siècle et le xie siècle au moins, les recherches récentes des historiens et des archéologues médiévistes invitent plutôt à reconnaître une longue période d’interruption, pendant laquelle les déplacements à courte distance ont suffi, en l’absence d’une demande importante de viande et de laine ou de produits lainiers pour les marchés urbains24. De ce point de vue, c’est la division du travail entre Nord et Sud de l’Italie, telle qu’on la voit s’affirmer durant les deux ou trois derniers siècles du Moyen Âge, qui aurait conduit à réorganiser la transhumance à grande échelle, de même qu’en Espagne où les laines de Castille deviennent elles aussi à la même époque un grand article d’exportation et de commercialisation

    31Pour les Alpes, en revanche, il n’y a pas eu de conflit historiographique. Historiens et géographes mettent généralement l’accent au contraire sur la continuité de la distinction entre Alpwirtschaft25 et transhumance : je me situerai dans cette perspective pour analyser les rares sources antiques dont nous disposons sur le sujet. Dans la première (l’Alpwirtschaft), qui est restée la forme dominante dans la partie centrale de l’arc alpin jusqu’au xxe siècle, les déplacements se font pour l’essentiel à courte distance (ce qui n’interdit certes pas aujourd’hui aux villages suisses d’organiser des « fêtes de la transhumance » lors du départ ou du retour des troupeaux). Sauf de rares exceptions – comme celle du Bergamasque et d’autres zones de Lombardie, dont, à l’époque moderne, les troupeaux se déplaçaient en été vers la Suisse sur d’assez longues distances et descendaient aussi en hiver dans la basse plaine padane –, l’année s’y partage, pour le bétail, surtout composé de bovins, entre stabulation d’hiver dans la vallée et montée aux alpages de la montagne proche pendant la belle saison. C’est ce modèle qui se précise à partir de la fin du Moyen Âge, où les communautés alpines réussissent à organiser elles-mêmes l’exploitation de leurs ressources en bois et en pâturages, pour répondre à la demande urbaine.

    32En l’absence de sources littéraires et archéologiques directes pour l’époque romaine, les textes les plus souvent cités en faveur de la continuité de cette spécificité de l’économie et des sociétés alpines sont ceux de Strabon et de Pline l’Ancien.

    33Strabon (4, 6, 9) met l’accent sur l’opposition, tout le long de la chaîne des Alpes, entre, d’une part, des collines et des vallées bien cultivées et, d’autre part, les larges étendues infertiles des terres des hauteurs, dont les habitants doivent, pour se nourrir, échanger avec ceux des plaines des produits de la forêt – la résine, la poix, le bois des résineux –, ainsi que du miel, de la cire et du fromage. Pline (8, 179 et 11, 240) évoque, dans un passage, la qualité des races alpines (les hauts rendements en lait des vaches malgré leur petite taille, la force de travail des bœufs « qu’on attelle par la tête et non par le cou ») et, dans un autre, la qualité des fromages, dont les deux variétés précisément citées sont le vatusique (des Alpes ceutroniennes) et le docléate (des Alpes dalmates). À moyenne comme à longue distance, ce qui a frappé nos deux auteurs anciens c’est la circulation des produits non celle des troupeaux. Mais l’Apennin, plus proche de Rome, est présenté par Pline l’Ancien comme plus riche en fromages que les Alpes : ce qu’explique précisément la proximité de Rome et de son marché.

    ***

    34Cette observation m’oriente vers quelques remarques conclusives. Parmi les variables à étudier en parallèle pour toute étude comparée relative à la transhumance qu’ils ont identifiées dans le contexte de leur « survey » sur Sphakia, Lucia Nixon et Simon Price ont établi la liste suivante :

    • l’environnement ;

    • la localisation ;

    • l’échelle ;

    • les liens avec l’agriculture ;

    • les problèmes de genre et la division du travail entre les hommes et les femmes ;

    • l’âge et le sexe des transhumants ;

    • l’intégration culturelle.

    35Ils me semblent avoir oublié sur leur liste – ils ne l’ignorent pourtant pas – que, pour l’Antiquité romaine en tout cas, l’esclavage constitue un élément essentiel du dossier. Et ils n’ont abordé que superficiellement, dans le cadre du 3e point (l’échelle), la question majeure des débouchés possibles pour la laine principalement, mais aussi pour la viande et le fromage, qui peuvent justifier la mobilisation d’un plus grand nombre de bêtes et l’allongement des tracés.

    36Pour relier en boucle le point 1 et le point 7 de cette liste, je citerai des extraits d’un grand classique, l’ouvrage de Xavier de Planhol qui nous conduit au sud de la Turquie26 : « Le trait le plus caractéristique de la vie dans toute la bordure méridionale du plateau anatolien est sans conteste cette sorte de mouvement perpétuel qui anime d’un bout de l’année à l’autre les bêtes et les gens… La base en est évidemment dans une large mesure le contraste naturel, à l’échelle régionale, entre la plaine pamphylienne, surchauffée l’été et tiède l’hiver, et le haut plateau aux hivers rigoureux et aux étés plus salubres, ainsi que les contrastes locaux entre blocs montagneux et bassins du haut pays. Mais ces possibilités naturelles sont loin d’expliquer suffisamment l’ampleur inaccoutumée des phénomènes. La place des migrations humaines et pastorales dans la vie est avant tout l’expression d’un fait historique : l’occupation relativement récente du pays par des conquérants nomades… ». Il est donc difficile de transposer ces observations à la Pisidie et à la Pamphylie romaines où est attestée cependant l’importance des troupeaux.

    37Pour en revenir à l’intégration culturelle (le 7e point), les constitutions impériales de l’Antiquité tardive nous offrent une vision contrastée : d’une part, les autorités continuent à plaquer sur les bergers transhumants – souvent esclaves – l’équation pastores = latrones (bergers = brigands), de l’autre, elles s’efforcent par des interdits de briser des solidarités (qui existaient donc) entre bergers transhumants et paysannerie sédentaire ; l’un de ces interdits nous fait toucher aux questions de « genre » : c’est celui de la mise en nourrice et en apprentissage chez les bergers, des bergers qui ne sont donc pas exclusivement la société masculine que l’on est trop enclin à imaginer. Miltiade Hatzopoulos a même suggéré de rapprocher les noms donnés à certains esclaves macédoniens, tels Olympis ou Olympiodoros, de leur naissance sur les alpages du Mont Olympe à la belle saison27.

    38Plus que jamais, il apparaît indispensable d’allier l’audace à la prudence. L’audace : les progrès de l’archéologie, de l’archéozoologie et des études environnementales viennent renouveler et diversifier de l’intérieur une information qui avait longtemps privilégié l’écrit ; ils multiplient les lieux d’observation des faits étudiés, relancent les interrogations et élargissent l’éventail des comparaisons possibles, dans l’espace comme dans le temps. La prudence : l’information reste fragmentée, localisée, datée ; et il faut savoir réagir à la double tentation de la généralisation – dans l’espace – et de la permanence – dans le temps.

    39Rome a unifié dans un même ensemble politique, sous une même autorité, des sociétés qui différaient autant par leurs traditions que par leurs modes de vie et leurs niveaux de développement, et cette unification n’a pas aboli ces différences. Si elle a fixé des modèles et transmis à son tour des traditions aux sociétés et aux civilisations qui lui ont succédé, celles-ci ont eu tout loisir de les oublier, de les redécouvrir, de se les réapproprier et de les réinterpréter à leur façon.

    40Raison de plus pour ne pas s’enfermer a priori dans des définitions trop rigides qui bloqueraient du même coup la comparaison. Sur la longue durée, l’espace méditerranéen a vu s’associer étroitement la sédentarisation des paysanneries et des populations urbaines et l’exploitation des ressources différenciées des territoires, dont l’étagement montagne – collines – plaines constitue la référence la plus classique mais non la seule. Cette association a pu se faire à l’intérieur d’une même société – par spécialisation des tâches, des saisons et des territoires entre agriculteurs et bergers –, par l’établissement de rapports réguliers entre les gens d’en haut et les gens d’en bas – les uns et les autres sédentarisés – ou par des formes de complémentarité et d’échange entre agriculteurs sédentaires et pasteurs nomades ou semi-nomades. Et cette même association a varié selon les lieux et les époques, en fonction de multiples paramètres : notamment, la densité de la population, la capacité des pouvoirs politiques à imposer leur autorité, l’existence d’une demande urbaine et commerciale pour les produits de l’élevage (laine et cuirs, viande, produits laitiers) ou, au contraire, le primat de l’autoconsommation et du ravitaillement à court rayon. On pourra donc parler, selon les cas, d’estive ou de transhumance. Mais la première n’est qu’une forme particulière de la seconde, et celle-ci, dans la mesure où elle suppose la sédentarité de la majorité des acteurs et se distingue du nomadisme, ne couvre pas la totalité des formes de mobilité des animaux et des hommes.

    Notes de bas de page

    1 1 Trésor de la Langue française. Dictionnaire de langue du xixe et du xxe siècle, Paris, 16, 1984, p. 515-516 :
    – Transhumer : le mot, emprunté à l’espagnol « trashumar », connu depuis 1737 et formé à partir du latin trans « au-delà » et humus « terre », est attesté en français depuis 1818 comme verbe transitif (mener paître au loin) et depuis 1868 comme verbe intransitif (aller paître dans les montagnes).
    –« Transhumance : système d’élevage fondé sur le déplacement de troupeaux de régions vers d’autres dont les périodes de végétation sont décalées en fonction des saisons en raison de climats différents ; déplacement de troupeaux dans ces conditions ; plus particulièrement, déplacement saisonnier, sous la conduite de bergers, de troupeaux (moutons, notamment) appartenant à des éleveurs de plaine vers les pâturages de montagne en été (transhumance directe, estivale, normale) ou de troupeaux appartenant à des éleveurs de montagne vers les pâturages de plaine en hiver (transhumance hivernale, inverse). »

    2 Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Paris, 1949, p. 5-50 ; 2e éd. Paris, 1966, I, p. 77-86.

    3 Peregrine Horden et Nicolas Purcell, The Corrupting Sea. A Study of Mediterranean History, Oxford, 2000, 2e éd. 2001, p. 80-87 et 549-552.

    4 Mireille Corbier, « Intervention », dans C. R. Whittaker (éd.), Pastoral Economies in Classical Antiquity, Cambridge, 1988, p. 216-218.

    5 Graeme Barker, Annie Grant (éd.), « Ancient and Modern Pastoralism in Central Italy : An Interdisciplinary Study in the Cicolano Mountains », Papers of the British School at Rome, 59, 1991, p. 15-88.

    6 Graeme Barker, « The Archaeology of the Italian Shepherd », Proceedings of the Cambridge Philological Society, 215, 1989, p. 1-19.

    7 Graeme Barker (éd.), The Biferno Valley Survey : The Archaeological and Geomorphological Record, Londres, New York, 1995. Graeme Barker et al., A Mediterranean Valley : Landscape Archaeology and Annales History in the Biferno Valley, Londres, New York, 1995.

    8 Il a permis d’établir l’inflexion de l’activité pastorale de la vallée vers l’élevage des porcs plutôt que des moutons.

    9 Lucia Nixon, Simon Price, « The diachronic analysis of pastoralism through comparative variables », Annual of the British School at Athens, 96, 2001, p. 395-424.

    10 E. Benveniste, Le vocabulaire des institutions européennes, Paris, 1960, I, p. 37-45.

    11 Michael Macdonald, « Nomads and the hauran in the late hellenistic and roman periods : A reassessement of the epigraphic evidence », Syria, LXX, 1993, p. 303-413, qui a identifié des allusions à des événements historiques survenus au ier siècle av. J.-C. et au ier siècle ap. J.-C. Maurice Sartre, D’Alexandre à Zénobie. Histoire du Levant antique. ive siècle av. J.-C.-iiie siècle ap. J.-C., Paris, 2001, p. 24-26 et p. 780-785, rectifie son interprétation antérieure (« Transhumance, économie et société de montagne en Syrie du Sud », dans Georges Fabre (éd.), La Montagne dans l’Antiquité, Pau, 1992, p. 39-54) : il s’agit en fait de vrais nomades, qui vivent principalement au désert, et non de transhumans

    12 Stella Georgoudi, « Problèmes de la transhumance dans la Grèce ancienne », Revue des Études Grecques, 87, 1974, p. 155-185.

    13 Denis Rousset, Le territoire de Delphes et la terre d’Apollon, Paris, 2002, p. 160-164.

    14 Christian Goudineau, « Le pastoralisme en Gaule », dans C. R. Whittaker (éd.), 1988, p. 160-170.

    15 Voir la contribution de Ph. Leveau.

    16 Angelos Chaniotis, « Problems of ‘ Pastoralism’and ‘ Transhumance’in Classical and Hellenistic Crete », Orbis Terrarum, 1, 1995, p. 39-89 ; id., « Milking the mountains. Economic activities on the Cretan Uplands in the Classical and Hellenistic Period », dans A. Chaniotis (éd.), From Minoan Farmers to Roman Traders. Sidelights on the Economy of Ancient Crete, Stuttgart, 1999, p. 181-220. Voir aussi Christophe Chandezon, L’élevage en Grèce (fin ve -fin ier s. av. J.-C.). L’apport des sources épigraphiques, Bordeaux, 2003, p. 170-181.

    17 Miltiade Hatzopoulos, « La société provinciale de Macédoine sous l’Empire à la lumière des inscriptions du sanctuaire de Leukopétra », dans Simone Follet (éd.), L’hellénisme d’époque romaine. Nouveaux documents, nouvelles approches (ier s. av. J.-C. – iiie s. ap. J.-C.), Paris, 2004, p. 45-53.

    18 C. Chandezon, op. cit., p. 351-389.

    19 Outre les travaux mentionnés à la note 22, lire Mireille Corbier, « Fiscus and Patrimonium : the Saepinum Inscription and Transhumance in the Abruzzi », Journal of Roman Studies, 73, 1983, p. 126-131 ; ead., « La transhumance entre le Samnium et l’Apulie : continuités entre l’époque républicaine et l’époque impériale », dans La romanisation du Samnium aux iie et ier siècles av. J.-C. (Naples, Centre Jean Bérard, 4-5 novembre 1988), Naples, 1991, p. 149-176 ; ead., « La transhumance : aperçus historiographiques et acquis récents », dans Ella Hermon (éd.), La question agraire à Rome : droit romain et société. Perceptions historiques et historiographiques, Côme, 1999, p. 37-57 – actes d’un colloque tenu en 1997 à Québec.

    20 Jean Granet, « La loi agraire épigraphique de 111 », Pallas, 35, 1989 (1990), p. 141-154.

    21 Joaquín Gómez-Pantoja (éd.), Los rebaños de Gerión. Pastores y trashumancia en Iberia antigua y medieval, Madrid, 2001.

    22 D’Albert Grenier (« La transhumance des troupeaux en Italie et son rôle dans l’histoire romaine », Mélanges d’archéologie et d’histoire, 25, 1905, p. 293-328) à Emilio Gabba et Marinella Pasquinucci (Strutture agrarie e allevamento transumante nell’Italia romana (III-I sec. A. C.), Pise, 1978.

    23 John Marino, Pastoral Economics in the Kingdom of Naples, Baltimore, Londres, 1988. Lire M. Corbier, 1991, p. 151-163.

    24 Chris Wickham, The Mountains and the City, Oxford, 1988, et Land and Power. Studies in Italian and European Social History, 400-1200, Londres, 1994. Jean-Marie Martin, La Pouille du vie au xiie siècle, Rome, 1993.

    25 Regula Frei-Stolba, « Viehzucht, Alpwirtschaft, Tranzhumanz. Bemerkungen zu Problemen der Wirtschaft in der Schweiz zur römischen Zeit », dans C. R. Whittaker éd., 1988, p. 143-159.

    26 Xavier de Planhol, De la plaine pamphylienne aux lacs pisidiens. Nomadisme et vie paysanne, Paris, 1958, p. 186.

    27 Miltiade Hatzopoulos, « Épigraphie et villages en Grèce du Nord », dans A. Albi, A. Donati et G. Poma éd., L’epigrafia del villaggio, Faenza, 1993, p. 163-164.

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    1 1 Trésor de la Langue française. Dictionnaire de langue du xixe et du xxe siècle, Paris, 16, 1984, p. 515-516 :
    – Transhumer : le mot, emprunté à l’espagnol « trashumar », connu depuis 1737 et formé à partir du latin trans « au-delà » et humus « terre », est attesté en français depuis 1818 comme verbe transitif (mener paître au loin) et depuis 1868 comme verbe intransitif (aller paître dans les montagnes).
    –« Transhumance : système d’élevage fondé sur le déplacement de troupeaux de régions vers d’autres dont les périodes de végétation sont décalées en fonction des saisons en raison de climats différents ; déplacement de troupeaux dans ces conditions ; plus particulièrement, déplacement saisonnier, sous la conduite de bergers, de troupeaux (moutons, notamment) appartenant à des éleveurs de plaine vers les pâturages de montagne en été (transhumance directe, estivale, normale) ou de troupeaux appartenant à des éleveurs de montagne vers les pâturages de plaine en hiver (transhumance hivernale, inverse). »

    2 Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Paris, 1949, p. 5-50 ; 2e éd. Paris, 1966, I, p. 77-86.

    3 Peregrine Horden et Nicolas Purcell, The Corrupting Sea. A Study of Mediterranean History, Oxford, 2000, 2e éd. 2001, p. 80-87 et 549-552.

    4 Mireille Corbier, « Intervention », dans C. R. Whittaker (éd.), Pastoral Economies in Classical Antiquity, Cambridge, 1988, p. 216-218.

    5 Graeme Barker, Annie Grant (éd.), « Ancient and Modern Pastoralism in Central Italy : An Interdisciplinary Study in the Cicolano Mountains », Papers of the British School at Rome, 59, 1991, p. 15-88.

    6 Graeme Barker, « The Archaeology of the Italian Shepherd », Proceedings of the Cambridge Philological Society, 215, 1989, p. 1-19.

    7 Graeme Barker (éd.), The Biferno Valley Survey : The Archaeological and Geomorphological Record, Londres, New York, 1995. Graeme Barker et al., A Mediterranean Valley : Landscape Archaeology and Annales History in the Biferno Valley, Londres, New York, 1995.

    8 Il a permis d’établir l’inflexion de l’activité pastorale de la vallée vers l’élevage des porcs plutôt que des moutons.

    9 Lucia Nixon, Simon Price, « The diachronic analysis of pastoralism through comparative variables », Annual of the British School at Athens, 96, 2001, p. 395-424.

    10 E. Benveniste, Le vocabulaire des institutions européennes, Paris, 1960, I, p. 37-45.

    11 Michael Macdonald, « Nomads and the hauran in the late hellenistic and roman periods : A reassessement of the epigraphic evidence », Syria, LXX, 1993, p. 303-413, qui a identifié des allusions à des événements historiques survenus au ier siècle av. J.-C. et au ier siècle ap. J.-C. Maurice Sartre, D’Alexandre à Zénobie. Histoire du Levant antique. ive siècle av. J.-C.-iiie siècle ap. J.-C., Paris, 2001, p. 24-26 et p. 780-785, rectifie son interprétation antérieure (« Transhumance, économie et société de montagne en Syrie du Sud », dans Georges Fabre (éd.), La Montagne dans l’Antiquité, Pau, 1992, p. 39-54) : il s’agit en fait de vrais nomades, qui vivent principalement au désert, et non de transhumans

    12 Stella Georgoudi, « Problèmes de la transhumance dans la Grèce ancienne », Revue des Études Grecques, 87, 1974, p. 155-185.

    13 Denis Rousset, Le territoire de Delphes et la terre d’Apollon, Paris, 2002, p. 160-164.

    14 Christian Goudineau, « Le pastoralisme en Gaule », dans C. R. Whittaker (éd.), 1988, p. 160-170.

    15 Voir la contribution de Ph. Leveau.

    16 Angelos Chaniotis, « Problems of ‘ Pastoralism’and ‘ Transhumance’in Classical and Hellenistic Crete », Orbis Terrarum, 1, 1995, p. 39-89 ; id., « Milking the mountains. Economic activities on the Cretan Uplands in the Classical and Hellenistic Period », dans A. Chaniotis (éd.), From Minoan Farmers to Roman Traders. Sidelights on the Economy of Ancient Crete, Stuttgart, 1999, p. 181-220. Voir aussi Christophe Chandezon, L’élevage en Grèce (fin ve -fin ier s. av. J.-C.). L’apport des sources épigraphiques, Bordeaux, 2003, p. 170-181.

    17 Miltiade Hatzopoulos, « La société provinciale de Macédoine sous l’Empire à la lumière des inscriptions du sanctuaire de Leukopétra », dans Simone Follet (éd.), L’hellénisme d’époque romaine. Nouveaux documents, nouvelles approches (ier s. av. J.-C. – iiie s. ap. J.-C.), Paris, 2004, p. 45-53.

    18 C. Chandezon, op. cit., p. 351-389.

    19 Outre les travaux mentionnés à la note 22, lire Mireille Corbier, « Fiscus and Patrimonium : the Saepinum Inscription and Transhumance in the Abruzzi », Journal of Roman Studies, 73, 1983, p. 126-131 ; ead., « La transhumance entre le Samnium et l’Apulie : continuités entre l’époque républicaine et l’époque impériale », dans La romanisation du Samnium aux iie et ier siècles av. J.-C. (Naples, Centre Jean Bérard, 4-5 novembre 1988), Naples, 1991, p. 149-176 ; ead., « La transhumance : aperçus historiographiques et acquis récents », dans Ella Hermon (éd.), La question agraire à Rome : droit romain et société. Perceptions historiques et historiographiques, Côme, 1999, p. 37-57 – actes d’un colloque tenu en 1997 à Québec.

    20 Jean Granet, « La loi agraire épigraphique de 111 », Pallas, 35, 1989 (1990), p. 141-154.

    21 Joaquín Gómez-Pantoja (éd.), Los rebaños de Gerión. Pastores y trashumancia en Iberia antigua y medieval, Madrid, 2001.

    22 D’Albert Grenier (« La transhumance des troupeaux en Italie et son rôle dans l’histoire romaine », Mélanges d’archéologie et d’histoire, 25, 1905, p. 293-328) à Emilio Gabba et Marinella Pasquinucci (Strutture agrarie e allevamento transumante nell’Italia romana (III-I sec. A. C.), Pise, 1978.

    23 John Marino, Pastoral Economics in the Kingdom of Naples, Baltimore, Londres, 1988. Lire M. Corbier, 1991, p. 151-163.

    24 Chris Wickham, The Mountains and the City, Oxford, 1988, et Land and Power. Studies in Italian and European Social History, 400-1200, Londres, 1994. Jean-Marie Martin, La Pouille du vie au xiie siècle, Rome, 1993.

    25 Regula Frei-Stolba, « Viehzucht, Alpwirtschaft, Tranzhumanz. Bemerkungen zu Problemen der Wirtschaft in der Schweiz zur römischen Zeit », dans C. R. Whittaker éd., 1988, p. 143-159.

    26 Xavier de Planhol, De la plaine pamphylienne aux lacs pisidiens. Nomadisme et vie paysanne, Paris, 1958, p. 186.

    27 Miltiade Hatzopoulos, « Épigraphie et villages en Grèce du Nord », dans A. Albi, A. Donati et G. Poma éd., L’epigrafia del villaggio, Faenza, 1993, p. 163-164.

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    • Royo Pérez, Vicent. (2020) Ganadería e integración del espacio regional: la organización y la gestión de las pasturas en las fronteras de la Corona de Aragón, siglos XII-XIV. Historia Agraria Revista de agricultura e historia rural. DOI: 10.26882/histagr.080e01r
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    • (2021) Les campagnes françaises à l'époque moderne. DOI: 10.3917/arco.charp.2021.01.0333
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    Transhumance et estivage en Occident

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    Corbier, M. (2006). La transhumance dans les pays de la Méditerranée antique. In P.-Y. Laffont (éd.), Transhumance et estivage en Occident. Toulouse: Presses universitaires du Midi. https://doi.org/10.4000/books.pumi.8616
    Corbier, Mireille. « La transhumance dans les pays de la Méditerranée antique ». In Transhumance et estivage en Occident, édité par Pierre-Yves Laffont. Toulouse: Presses universitaires du Midi, 2006. doi:10.4000/books.pumi.8616.
    Corbier, Mireille. « La transhumance dans les pays de la Méditerranée antique ». Transhumance et estivage en Occident, édité par Pierre-Yves Laffont, Presses universitaires du Midi, 2006, https://doi.org/10.4000/books.pumi.8616.

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    Laffont, P.-Y. (éd.). (2006). Transhumance et estivage en Occident. Toulouse: Presses universitaires du Midi. https://doi.org/10.4000/books.pumi.8577
    Laffont, Pierre-Yves, éd. Transhumance et estivage en Occident. Toulouse: Presses universitaires du Midi, 2006. doi:10.4000/books.pumi.8577.
    Laffont, Pierre-Yves, éditeur. Transhumance et estivage en Occident. Presses universitaires du Midi, 2006, https://doi.org/10.4000/books.pumi.8577.
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