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    Plan détaillé Texte intégral I. Variations du cours des monnaies II. Remarques sur la politique monétaire III. Prix et salaires Notes de bas de page Auteur

    Sources sérielles et prix au Moyen-Âge

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Monnaies et prix à Albi au temps de la captivité du roi Jean (1355-1359)

    Jean-Louis Biget

    p. 91-105

    Texte intégral I. Variations du cours des monnaies II. Remarques sur la politique monétaire III. Prix et salaires Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les archives communales d’Albi possèdent le registre-journal1 des opérations effectuées au poids public de la farine et des grains2 entre le 5 septembre 1355 et le 7 décembre 1359. Semaine après semaine, le samedi jour du marché, le notaire chargé de sa tenue3, Pierre Debar, y a consigné le cours des « blés » sur la place de la ville4 pour le setier5 de moussole6, de froment, de seigle et d’avoine. Cette mercuriale s’accompagne de la mention du cours commercial des monnaies d’or (écu, mouton, puis réal) et de l’indication de toutes les mutations officielles de leur valeur. Le notaire écrit alors : aquestz sapde se cridet la moneda, ou bien aquestz sapde se cambiet la moneda. Pour dix-sept semaines seulement, sur deux cent vingt-deux, il a omis la mercuriale et le cours des monnaies. En revanche, il continue de les noter, alors qu’une crue a partiellement emporté la chaussée des moulins et qu’il se trouve au chômage technique, de mars 1357 à juillet 13587. Les années où notre scribe accomplit scrupuleusement sa mission correspondent à une période cruciale ; le registre, qui débute peu avant la chevauchée du Prince Noir en Languedoc, coïncide ensuite avec la préparation de la riposte française, laquelle aboutit à la défaite de Poitiers (19 septembre 1356) et à la captivité du roi. Il se poursuit au temps de la lieutenance du dauphin Charles, marquée par l’effervescence et les contestations des États, la montée du parti navarrais, la jacquerie (mai-juin 1358) et, dans le Midi, la rivalité entre Foissens et Armanhagués.

    2Les cours notés par Pierre Debar ouvrent des perspectives intéressantes sur des champs de recherche familiers à Maurice Berthe et qui ont largement sollicité son attention : l’histoire au quotidien ainsi que les modalités des transformations politiques et sociales du xive siècle.

    I. Variations du cours des monnaies

    3Les fluctuations de la valeur de compte des principales monnaies d’or à Albi entre 1355 et 1359 manifestent une certaine régularité. On y constate l’existence de cycles similaires ; chacun se caractérise par une montée relativement rapide des cours nominaux jusqu’à une valeur sommitale, suivie d’une chute brutale de celle-ci, procédant d’un renforcement de la monnaie de compte imposé par ordonnance ; ces cycles sont séparés par des périodes plus ou moins longues de stabilité.

    4Le samedi 5 septembre 1355, l’écu8 vaut à Albi 38 sous tournois. Ce fait souligne d’emblée que le marché l’emporte sur les ordonnances, puisque la valeur de compte de la pièce s’avérait bien plus basse à l’origine. Le cours de l’écu s’élève ensuite progressivement, alors que le Prince Noir, Jean Chandos et leurs chevaliers gascons ravagent le Languedoc ; il culmine à 70 sous le 30 janvier 1356. En cinq mois, il a, nominalement, gagné 79 %, en conformité avec le mouvement de la monnaie royale d’argent, dévaluée (en poids argent) de 82 % en un an, ce qui pousse Nicolas Oresme à écrire son De moneta, condamnant mutations et dévaluations9. Le cycle se clôt le 3 février où l’on crie l’écu à 15 s.10, car le roi a décidé le renforcement de la monnaie pour donner satisfaction aux États généraux, réunis à Paris en décembre 1355. La prégnance du marché s’affirme immédiatement par la hausse du cours commercial de l’écu, ensuite stabilisé jusqu’à la mi-septembre11.

    5Débute alors un second cycle de hausse, qui porte l’écu et le mouton respectivement à 40 et 60 sous le 12 novembre. Les États de la langue d’oc, assemblés à Toulouse, exigent du comte d’Armagnac, lieutenant du roi désormais prisonnier, le renforcement de la monnaie. Dès la mi-novembre s’applique dans le Midi un renforcement de 50 % : l’écu revient à 20 s., le mouton à 30. La monnaie blanche se trouve fixée au pied 3212. Les cours demeurent stables jusqu’à la mi-janvier de 1357. Il remontent alors brusquement, mais un renforcement immédiat restaure les valeurs initiales et jugule la hausse. À ce moment, le États de langue d’oï, tentent de contrôler la monarchie, ceux de langue d’oc, rassemblés parallèlement, obtiennent une bonne monnaie. Le renforcement entre en vigueur le 1er avril. La valeur de compte de l’écu descend à 13 s. 6 d. et celle du mouton à 20 s. Le cours de ces pièces se trouve alors inférieur à leur cours d’émission. Situation intenable : dès le 22 avril, un affaiblissement de 50 % pour le mouton et de 42,85 % pour l’écu ramène l’un à 30 s. et l’autre à 20. Ensuite les cours demeurent stables jusqu’en février 1358 pour le mouton13 et jusqu’en avril de la même année pour l’écu. La période est très agitée à Paris et en Ile-de-France. Cinq mois de hausse rapide des espèces sont suivis, le 8 septembre par un renforcement qui restaure les cours légaux d’origine : 30 et 20 sous. Après une courte phase de stabilité, la hausse des cours commerciaux reprend ; elle se poursuit jusqu’en mars 1359. Les États, réunis à Montpellier, obtiennent de Jean de Poitiers, lieutenant du roi et du dauphin dans le Midi depuis la fin de 1357, la frappe d’une monnaie nouvelle. Le 26 mars, un renforcement ramène l’écu et le mouton à leur cours initial14. Après quelques soubresauts au printemps, leur valeur de compte se maintient sans changement jusqu’au début de décembre, moment où se clôt le registre du poids de la farine et du blé.

    6Le notaire P. Debar, lors des renforcements, signale aussi le changement de cours de la monnaie d’argent : aquestz sapde se cridet la moneda e tornet […] la mealha de l’argen a II s. el demoran a lavinen15. Il applique la dénomination de maille à des pièces différentes16. Cette donnée, jointe à la formule finale « et le reste à l’avenant », témoigne d’un souci très relatif des monnaies blanches et noires. Sans doute le cours des pièces d’or suffit-il pour étalonner la valeur de la monnaie de compte et fixer celle du setier de grain.

    7Il est intéressant de constater que les variations de la valeur de compte des espèces monétaires et des unités de compte elles-mêmes s’inscrivent dans une série de cycles similaires, comportant d’abord un affaiblissement plus ou moins rapide de la monnaie de compte, limité finalement par un renforcement subit. Sans remonter à l’origine du phénomène et au premier cycle de dévaluations, clos en 1306, on peut constater que la courbe des variations du cours de la monnaie à partir de 1330 présente la même succession de pics que celle établie pour Albi pour les années 1355-135917. Le pied de la monnaie, fixé à 12 en 1337, s’élève à 60 en juin 1342. Une ordonnance du 26 octobre 1343 instaure un monnaie 15e (le renforcement s’effectue donc à un palier inférieur à celui de l’origine du cycle) ; un nouveau cycle dévaluations-haussement se poursuit jusqu’en juillet 1346. À partir de ce moment, ainsi que l’a noté Raymond Cazelles, le rythme des cycles s’accélère : chacun ne dure plus, en moyenne, que dix-huit mois18.

    8Le premier concerne la période qui va de juillet 1346 à janvier 1348 ; il se clôt par un retour à la monnaie de pied 22e. Le second, qui dure d’août 1348 au mois d’avril 1350, se termine par une émission au pied 24e ; le troisième se déroule d’août 1350 à février 1352, avec un renforcement qui se borne au pied 30e ; le quatrième, s’achève en octobre 1353 avec un retour au pied 26e ; le cinquième, bref, prend place en 1354, un pied 24e en marque la fin, en octobre ; un sixième débute en janvier 1355, que viennent interrompre les États de la fin de l’année. Le registre d’Albi permet de saisir la continuité de ce rythme cyclique dans les années suivantes, où, dans le nord du royaume, vingt-et-une mutations affectent la monnaie blanche entre février 1358 et mars 135919, et où, de juin à novembre 1359, la monnaie passe du pied 60 au pied 18020, avant d’atteindre le pied 500 au début de 136021.

    II. Remarques sur la politique monétaire

    9Le rythme spasmodique des fluctuations de la monnaie au xive siècle pourrait laisser croire à une absence totale de maîtrise du prince et de son gouvernement sur les phénomènes monétaires, cependant leur régularité incite à rechercher une logique derrière les énoncés numériques.

    10Faut-il interpréter le retour périodique à la monnaie forte comme un attachement à celle-ci, un effort de probité, l’effet d’un souci moral et d’une idéologie ? Ou bien le renforcement par intermittences de la monnaie de compte correspond-il à l’impossibilité technique de la laisser se dévaluer indéfiniment ? L’alternance des affaiblissements et des haussements traduit-elle des rapports de force entre milieux sociaux opposés ? Ou bien son caractère cyclique répétitif forme-t-il l’expression d’une seule et même politique présentant deux faces complémentaires ?

    11La frappe de nouvelles espèces rapporte beaucoup au Trésor du roi. Marc Bompaire l’a rappelé22, après Harry Miskimin23 et Raymond Cazelles24. Les journaux du Trésor du règne de Philippe le Bel l’attestent déjà : sur deux années, de mars 1298 à mars 1300, elle fournit à la monarchie 1 861 793 l.t., soit 60 % de ses revenus25. Les mutations monétaires servent alors à financer les guerres de Gascogne et de Flandre. Plus tard, en 1327, la monnaie procure au roi 62,7 % de son revenu global ; ce pourcentage s’élève à 70,6 en 134926.

    12Le roi alimente ses caisses grâce aux mutations et aux ateliers monétaires. En 1337, la dévaluation correspond à la préparation des campagnes à venir contre les Anglais. Elle précède une longue suite d’affaiblissements qui s’arrête au début de 1343, avec la trêve de Malestroit. Après que les ennemis ont rompu cette dernière en 1345, la nécessité de solder les gens d’armes entraîne une nouvelle cascade de dévaluations de la livre de compte.

    13Les mutations monétaires décidées pour approvisionner le trésor royal n’impliquent pas les espèces divisionnaires pauvres en argent, qui appartiennent pour cette raison à la monnaie noire. En effet, la frappe des petites monnaies mobilise l’outil de production pendant un temps long pour un profit restreint27, tandis que la refonte des espèces d’argent et d’or peut aboutir à des bénéfices considérables. Le roi, s’il ne dispose pas du monopole exclusif de la frappe, détient néanmoins l’essentiel de la prérogative monétaire et il en use pour se procurer rapidement et commodément des revenus. Nicolas Oresme signale lui-même l’intérêt des mutations monétaires, quand il évoque la possibilité pour la communauté des usagers de procéder à celles-ci, pour des besoins justifiés :

    Dans une telle mutation, se voient réunies presque toutes les conditions favorables requises dans toute taille ou contribution. En effet, elle rapporte beaucoup de gain en peu de temps et elle est très facile à collecter et à répartir ou assigner, sans qu’il soit nécessaire d’y affecter beaucoup de monde, sans possibilité de fraude de la part des collecteurs et avec des frais modiques. On ne peut d’ailleurs en imaginer de plus équitable, de plus proportionnelle, car, en règle générale, celui qui a le plus de moyens contribue le plus, et elle est, de par son montant, moins perceptible ou sensible, donc mieux supportable, sans risque de rébellion et sans mécontentement populaire. Elle est de plus tout à fait générale, car ni le clerc, ni le noble ne s’en peuvent exempter par privilège ou autrement, comme beaucoup veulent le faire des autres contributions28.

    14On ne peut mieux exprimer le fait que les mutations monétaires correspondent à une forme de prélèvement qui pallie les difficultés de la fiscalisation des levées féodales et de leur extension à tous les régnicoles. Elles constituent un impôt général, que le souverain peut percevoir de son propre chef, sans avoir à consulter les États du royaume, et sans difficultés matérielles, pour un gain rapide et important. Ainsi que l’a souligné Raymond Cazelles, la monarchie nouvelle ne peut vivre et s’affirmer sans l’impôt consenti ou non consenti, qui est à son principe, et « les mutations s’inscrivent dans l’ensemble des phénomènes qui accompagnent l’éclatement de la monarchie patriarcale »29.

    15Le type de prélèvement que constituent les mutations monétaires s’avère totalement contraire aux intérêts des élites qui composent « la société politique »30 et soutiennent l’évolution de la monarchie féodale vers un « État moderne ». Comme le souligne Nicolas Oresme, il ignore les privilèges et il est proportionnel à la richesse en numéraire. En outre, la dévaluation de la monnaie de compte joue à l’encontre des seigneurs, des rentiers, des prêteurs et des propriétaires, dont les cens, les loyers, les baux ou les créances ont été libellés en monnaie de compte pour un montant fixe, non soumis à indexation sur les prix ou les affaiblissements de la monnaie.

    16Aussi bien, à travers tout le xive siècle, les élites, qui s’expriment par le canal des États, revendiquent-elles une monnaie forte. Elles en font la condition de leur accord pour la levée d’impôts nouveaux. Les souverains et leurs porte-parole jouent à l’inverse, exigeant l’établissement d’une fiscalité substantielle contre la promesse d’un retour à la « bonne monnaie ». C’est le cas, par exemple, en août 1343, lors de la tenue des États généraux, dont la réunion a pour motif avoué la réforme de la monnaie31. En décembre 1355, le roi demande une aide aux États assemblés à Paris ; il offre en échange de renoncer aux mutations monétaires et décrète une monnaie de pied 24e. Les États de Languedoc, réunis à Toulouse en mars 1356, acceptent la levée d’une taxe sur les marchandises et d’un fouage, mais à condition que le roi, le dauphin, les enfants des fleurs de lis et leurs divers parents, ainsi que tous les officiers royaux jurent de ne pas altérer la monnaie ; en application particulière du principe cessante causa, cessat effectus, ils stipulent qu’après la fin des guerres, la monnaie royale sera renforcée ; les représentants des villes recevront alors un exemplaire de la monnaie mise en circulation et pourront assister à l’essai des nouvelles espèces32. À la mi-octobre de 1356, après Poitiers, les États, convoqués par Jean d’Armagnac, décident que si le roi ou ses officiers venaient à changer le cours des monnaies, l’aide accordée au lieutenant du roi cesserait immédiatement d’être levée33. Les représentants des villes, de la noblesse et du clergé, « syndicat de propriétaires et de créanciers »34, s’affirment évidemment hostiles à l’inflation et à la dévaluation de la livre. Les commissaires du dauphin à Toulouse prescrivent donc la frappe d’espèces nouvelles au pied 32e. Le cas échéant, le prince instrumentalise le désir de stabilité des nantis. Un chroniqueur rapporte comme suit le discours d’ouverture du chancelier, Pierre de la Forêt, aux États de langue d’oï, le 2 décembre 1355 : « Pour ce qu’il avait entendu que les sujets du royaume se tenaient fortement grevés de la mutation des monnaies, il offrit de faire forte monnaie et durable, à condition qu’on fournisse au roi une aide suffisante pour la guerre »35. Si les États n’accordent qu’une aide limitée, comme c’est le cas pour la langue d’oï en avril 1359, le pouvoir recourt immédiatement aux mutations monétaires, ne pouvant d’ailleurs se créer des ressources d’autre manière.

    17Les membres de la société politique acceptent assez aisément les aides, soit qu’ils s’en trouvent exemptés, ainsi les nobles et les clercs, soit qu’ils disposent de la faculté de tirer bénéfice de leur perception, tout en jouissant de la possibilité d’en rejeter le poids sur d’autres à l’intérieur des communautés, par le recours à des taxes indirectes, voire par des impôts directs, dont l’assiette ne s’avère pas toujours exempte d’arbitraire36. Pour autant, ils ne peuvent approuver les dévaluations en chaîne, prélèvement égalitaire et attentatoire à leur fortune. Le prince et ses conseillers savent qu’il existe une limite sociale aux manipulations de la monnaie. Sous peine de s’aliéner « la société politique », base de l’État nouveau, le pouvoir doit freiner l’affaiblissement de la monnaie de compte et des espèces ; lorsque celui-ci s’accélère, lorsque le cours des bonnes pièces s’élève vertigineusement, parce que le recours à l’expédient monétaire a été trop large, un coup d’arrêt s’avère indispensable. Une ordonnance décrète de nouveaux cours ou la frappe d’espèces plus fortes.

    18Le registre d’Albi met en évidence le jeu double des dévaluations, qui alimentent le Trésor tout en soulageant les classes populaires, et des renforcements qui satisfont les nantis. Cette alternance confère une manière d’équilibre au régime nouveau, dont l’installation progressive ne génère, hormis la jacquerie, que des révoltes éphémères, comme celle du capage à Toulouse au printemps 135737.

    19En fait, aucun antagonisme réel n’oppose l’impôt permanent et la monnaie forte. Au contraire. Des rentrées fiscales abondantes concourent à l’établissement d’une bonne monnaie. L’instabilité monétaire des années 1337-1360 tient aux incertitudes du système fiscal en gestation. Qu’il soit inexistant ou bien improductif, le pouvoir, afin de faire face à ses dépenses, doit avoir recours aux manipulations de la monnaie. La difficulté de maintenir celle-ci à une valeur métallique constante s’estompe en partie dès que s’installe, sur fond de reprise rurale, une fiscalité permanente . La création du franc, pièce d’or qui court pour une livre, marque à cet égard une étape décisive38. Le 5 décembre 1360, à Compiègne, Jean le Bon, qui vient de recouvrer sa liberté, renonce aux mutations en contrepartie d’un impôt destiné à être levé durant plusieurs années, afin de solder sa rançon. Son ordonnance porte fabrication d’une bonne monnaie, dont le franc est le signe.

    20Toutefois, il existe une impossibilité structurelle à stabiliser longtemps la monnaie. En effet, l’État monarchique, qui s’affirme au xive siècle, constitue un système de prélèvement et de redistribution élargi à l’ensemble du royaume39. Il implique nécessairement l’usage démultiplié de l’instrument monétaire et génère automatiquement l’inflation (entendue comme l’accroissement des signes monétaires en circulation). De 1354 à 1360, les monnaies royales frappent 521 390 marcs d’argent (12 721 tonnes) et 35 743 marcs d’or (8,721 tonnes), pour respectivement 7 316 878 et 2 614 429 l.t.40. Du total, environ 573 974 l. sont produites à Toulouse41. Ces quantités impressionnantes de numéraire ne préjugent pas d’une masse monétaire globale évidemment plus considérable. Elles suggèrent une discordance entre les besoins d’espèces monétaires et la quantité de métaux précieux disponible dans le royaume, quantité forcément dépourvue d’élasticité (même si l’on porte occasionnellement de la vaisselle aux maîtres des monnaies), voire amenuisée par des spéculations sur les différences de rapport entre l’or et l’argent d’un pays à l’autre. La nécessité de disposer d’espèces en grand nombre impose la dévaluation de la livre quant à sa valeur-métal. Ce sont l’impôt monarchique et la mise en place de l’État moderne qui induisent la démultiplication du numéraire et la pénurie de métal précieux, partout signalée à la fin du Moyen Âge. Ils impliquent en corollaire la hausse du cours commercial de l’or et de l’argent et, de ce fait, il ne paraît pas juste de dire que le tournois de 1360 a perdu, en moins d’un siècle, la moitié de sa valeur intrinsèque ; il semble plus exact de renverser la proposition et de constater que le cours des métaux monétarisés s’est haussé de près de 50 %. En conséquence, la livre et le sou se dévaluent moins que l’on a pu le dire, car l’augmentation du prix de l’or et de l’argent vient compenser l’affaiblissement des unités de compte en poids de métal fin.

    III. Prix et salaires

    21Pendant quatre ans, le notaire préposé au poids du blé et de la farine d’Albi couche chaque samedi dans son registre le prix au setier des « blés »42 pratiqué sur le marché de la ville. Il le fait peut-être dans le cas où certains des utilisateurs du poids voudraient acquitter leur redevance en grain. Comme il relève simultanément le cours des monnaies d’or, sans doute en référence, il éclaire la relation entre le cours nominal des espèces et le prix des céréales.

    22Sur le long et le moyen terme, la formation du prix des grains procède de facteurs multiples : productivité du travail paysan43, influence et concurrence éventuelle des marchés urbains, offre plus ou moins abondante, possibilités d’importation, variations de la monnaie. Le registre d’Albi ne permet de juger que du court terme, le plus important il est vrai, ainsi que le notait Marc Bloch, après Henri Hauser : « C’est l’accident de lieu ou de temps qui domine la réalité de la vie économique. L’homme ne vit pas de moyennes, ni de variations à longue durée ; il vit de vrai pain, vendu à tel prix, pour tel poids, en tel moment. Aux courbes, jeu du statisticien, à ces courbes aux lignes trop belles, faites pour “noyer” les détails, l’historien […] préfèrera invinciblement l’humble réalité concrète qui s’inscrit au jour le jour… »44.

    23Le registre albigeois permet en premier lieu de constater un parallélisme d’ensemble entre les fluctuations de la valeur des espèces en monnaie de compte et l’évolution du cours des céréales. Comme l’a remarqué Harry Miskimin, les prix s’ajustent promptement aux dévaluations de la monnaie de compte et/ou du numéraire45. Cela, dès le début du relevé des unes et des autres. Entre le 12 et le 19 septembre 1355, l’écu passe de 39 à 40 sous, le prix de la moussole de 14 à 15 s., celui du froment de 13 à 14 s., celui du seigle de 9 s. 6 d. à 10 s. et celui de l’avoine de 6 s. à 6 s. 6d. La réactivité du marché s’avère instantanée ; de plus, il amplifie la hausse de l’écu : celle-ci se chiffre à 2,56 %, celle de la moussole à 7,14, celle du froment à 7,69 et celle de l’avoine à 8,33 %. L’ascension se poursuit jusqu’au 30 janvier 1356. À ce moment, l’écu a gagné 79,48 % en valeur de compte, la moussole 128,57 %, le froment 130,75, le seigle 131,57 et l’avoine 150 %. La hausse du prix des céréales excède donc très largement celle de l’écu.

    24Au marché suivant, après le renforcement du 3 février 1356, l’écu se trouve ramené à 15 s. Sa décote atteint 78,5 %, celle des « blés » respectivement 73,5, 75, 77,3 et 70 %. Les grains baissent donc un peu moins que l’écu. Ce phénomène se révèle constant pour une ou deux périodes, avec une amplitude parfois considérable. Par exemple, entre le 29 avril et le 8 septembre 1358, la valeur de compte de l’écu double, celle du setier de moussole augmente de 271,5 %, celle du froment s’élève de 300 %, celle du seigle de 250 %, celle de l’avoine de 166 %. Il est vrai que la fin de cette période correspond à la soudure, ce qui peut contribuer à majorer les prix. Il paraît toutefois assuré que, dans la plupart des cas, les grains connaissent des hausses d’une importance supérieure en amplitude à celles des monnaies d’or et qu’ils accusent des baisses inférieures. Il est probable que les vendeurs anticipent, dans un cas, sur la dynamique potentielle de la dévaluation, et, dans l’autre, sur les réajustements qui suivent les renforcements. Mais il est clair que les disjonctions entre l’amplitude des prix et celle des variations de la monnaie de compte jouent au détriment des consommateurs modestes.

    25Le plus souvent, aucune latence ne sépare les fluctuations de la valeur du numéraire et celles du prix des grains. Quelquefois, cependant, un délai s’écoule avant que le cours des céréales s’aligne sur celui de l’écu ou du mouton. D’avril à juin 1358 notamment, l’écu monte progressivement de 22 à 23, puis à 24, 27, 28 et même 36 sous. La première élévation de son cours n’entraîne d’abord aucun changement dans le prix des grains, qui reste stable, mais ce dernier participe à l’escalade dès la seconde semaine de hausse de l’écu. Le décalage entre la hausse de la valeur des monnaies et celle des prix ne dépasse jamais quinze jours. On note une solidarité plus forte des seconds avec l’écu qu’avec le mouton ou le réal : en avril-mai 1359, alors que les cours du réal et du mouton restent stables, celui de l’écu s’élève légèrement et cette hausse se répercute sur le coût des céréales, sauf l’avoine.

    26Malgré une concordance générale entre l’évolution du cours des espèces et le mouvement du prix des céréales, une certaine autonomie de ce dernier se manifeste à travers des divergences conjoncturelles. Entre février et avril 1356, le cours des grains connaît des oscillations qui lui sont propres. Après avoir augmenté de 6 %, la moussole retrouve son prix antérieur, puis augmente à nouveau de 6 %, mais baisse de 6,66 % au marché suivant, alors que la valeur de l’écu s’accroît, en concomitance avec celle du froment (6,25 %) et que seigle et avoine demeurent à des cours inchangés. Ces variations tiennent probablement à l’approvisionnement du marché. En juin – juillet 1356, le cours des grains s’élève sans que bouge celui des monnaies. La soudure fait monter les prix. La hausse se chiffre entre 10 et 11 %, fait non négligeable pour les acquéreurs. En revanche, la valeur des grains diminue au début d’octobre, alors que le cours de l’écu et du mouton commencent de monter. La soudure passée, le marché ne manque plus d’approvisionnements. Malgré tout, dans les semaines ultérieures, une hausse aligne le cours des céréales sur la valeur nominale des monnaies.

    27Des variations s’observent également durant une phase-plateau du cours du numéraire, entre août 1357 et janvier 1358. Les prix des céréales augmentent ou baissent de 8 à 16 % d’un marché à l’autre, sans doute en fonction de l’offre. En période de monnaie stable de telles amplitudes ne peuvent manquer d’avoir des répercussions sur la vie des Albigeois. En 1359, le cours des monnaies ne varie plus à partir de mai, cependant une forte poussée du prix des céréales, normale avant la moisson, intervient à la fin de juillet, puis une escalade du prix de tous les grains se produit en octobre-novembre : 15 % pour la moussole, 7,69 % pour le froment, 25 % pour le seigle et 37,5 % pour l’avoine, ce qui peut être le symptôme d’une mauvaise récolte. Conjuguée à la cherté de l’année suivante, elle s’accompagne à Albi d’une nouvelle peste en 136146.

    28Toutes les hausses du prix des grains, base de la nourriture ordinaire, engendrent des secousses importantes dans le vécu social quotidien. Que la période 1355-1359 s’intègre dans un « trend » séculaire de baisse du prix des céréales, importe sans doute assez peu aux Albigeois, qui n’ont sans doute qu’une conscience toute relative du phénomène. En revanche, les variations incessantes du cours des monnaies et des prix régissent fortement leur existence. Cela invite à l’examen de l’évolution des salaires en lien avec les oscillations de la livre, du sou et du denier.

    29Le renforcement de la monnaie gêne salariés et débiteurs, car il justifie et provoque une réduction des salaires en valeur nominale, tandis que prix et loyers ne baissent pas dans la même proportion et que les piécettes qui sont l’avoir des petites gens sont retirées à un cours dérisoire. De manière générale, quand les prix montent, en relation avec la hausse du cours des bonnes espèces, il est probable que le pouvoir libératoire des monnaies noires n’augmente que très faiblement, ce qui pose un problème aigu pour les classes populaires, qui ne disposent que très rarement de pièces comportant du métal précieux en forte quantité. Quand la monnaie est renforcée, pour prévenir les troubles, le roi préconise des mesures définissant le mode d’application des contrats antérieurement conclus ainsi que l’ajustement des prix et des salaires.

    30Les archives communales d’Albi conservent un maximum des prix et salaires établi suite au renforcement du 26 octobre 134347. Le 20 décembre suivant, dans l’aula du palais épiscopal, les vicaires généraux de l’évêque et l’official, assistés de seize prud’hommes de la ville, procèdent à l’établissement de l’aforamentum, un tarif des marchandises à mettre sur le marché, qui fixe également quelques salaires journaliers (18 d.t. pour le maître maçon, 12 pour ses aides), ou bien annuels (20 s. pour une servante, 40 pour une nourrice)48.

    31Les comptes consulaires d’Albi pour 1359-1360 permettent de connaître la hausse nominale des prix et des salaires depuis seize ans49. Le coût d’une poule a connu une augmentation de 380 %, celui d’une livre de fromage s’est élevé de 280 %. Le prix du millier de briques a cru de 300 %. Ferrer un pied de cheval revient également 300 % plus cher.

    32L’évolution des salaires marque une concordance tendancielle avec celle des prix. Le salaire journalier du maître maçon passe de 18 d.t. à 6 sous (hausse de 300 %), celui du couvreur de 16 d.t. à 4 sous (plus 200 %), celui des hommes de peine (afanaires) de 12 d. à 4 sous (400 % de gain), celui des femmes de 5 à 17d. (240 % d’élévation) et celui des enfants de 3,5 d. à 12 d. (soit une croissance de 242,5 %).

    33L’élévation des salaires correspond en gros à celle des prix. Cet alignement, toutefois, ne procède pas d’une régulation automatique de l’économie. Il est dû à la rareté de la main-d’œuvre, suite à la saignée démographique brutale occasionnée par la peste noire. Cette épidémie a totalement modifié le marché du travail50.

    34En 1359, à Albi, pour gagner un setier de grain, susceptible de nourrir une famille de cinq personnes durant quinze jours, un maître ouvrier doit travailler 6 jours et demi s’il s’agit de froment, et 3 jours si sa parenté consomme du seigle, le manœuvre doit consacrer à cet achat le salaire de 9 jours et demi ou de 6 jours, une femme celui de 27 et 13 jours de labeur. Pour payer une paire de poules, les mêmes doivent s’échiner un jour, deux jours et quatre jours un quart. Il ne semble pas qu’Albi fasse vraiment partie de « l’Europe des carnivores »51. Pour acheter une livre de fromage, ils doivent dépenser leur revenu d’un quart de journée, de presqu’une demi-journée et d’un peu plus d’une journée. Une messe chantée (7 s. 6 d.) leur revient respectivement à une journée et quart, deux jours et demi ou cinq jours et quart de salaire.

    35À coup sûr, au temps de la captivité du roi Jean, les Albigeois vivent mieux qu’avant la débâcle démographique de 1348. Celle-ci a emporté les nihil habentes (40 % de la population de la ville en 1343) et concentré les héritages. Pour autant, on ne saurait dire qu’ils connaissent un âge d’or. Les fluctuations de la monnaie occasionnent des secousses fréquentes dans leur quotidien et obèrent leur pouvoir d’achat, dans la mesure où les grains, base de la nourriture ordinaire, subissent des hausses amplifiées par rapport à la monnaie de compte et connaissent des baisses inférieures au renforcement des espèces. À cela s’ajoutent les troubles de la guerre et une fiscalité nouvelle qui absorbe l’essentiel de l’élévation possible du niveau de vie des humbles. En outre la mercuriale du marché d’Albi, sur sa fin, laisse entrevoir une nouvelle crise frumentaire. De plus, les routiers viendront bientôt exercer leur rackett aux portes de la ville.

    36Le registre d’Albi, en révélant les cours spasmodiques des monnaies et des grains, éclaire les incertitudes d’une époque et les difficultés occasionnées aux populations par la genèse de l’État moderne.

    Notes de bas de page

    1 HH 3, registre papier in-folio de 194 feuillets. Ce registre, pour sa partie la plus intéressante, a été publié, de manière toutefois incomplète, par Émile Jolibois, le premier archiviste du Tarn : Albi au Moyen Âge. Essai sur l’histoire économique de cette ville, Albi, 1871. Il a fait également l’objet d’une évocation par Auguste Vidal, « Mémoire sur les conditions du travail, du commerce et de l’industrie à Albi au xive siècle », Bulletin des sciences économiques et sociales du Comité des Travaux historiques et scientifiques, 1899, pp. 246 – 247.

    2 Pondus comunis farine et bladi, dans un constat de pesage du 19 mai 1352 (AC Albi, DD1). Ce poids public a été installé sur la rive gauche du Tarn, en haut de la côte dominant les moulins liés à la rivière, à la suite d’un accord conclu le 16 novembre 1282 entre les consuls de la ville et l’évêque et seigneur d’Albi, Bernard de Castanet (AC, DD1). Le 7 septembre 1351, Arnaud Guillaume de la Barthe, en raison des charges (collectas, tallias et imposiciones) pesant sur les habitants, notamment du fait de la construction et de l’entretien des fortifications, et propter deffectum gentium qui est ad presens ratione mortalitatis que viguit, sicut Deo placuit, anno Domini M°CCC° quadragesimo octavo, reconnaît aux consuls le droit de prélever une taxe de 2 d.t. par quintal pesé (AC, DD1).

    3 Le registre est renouvelé en décembre 1359, selon les comptes consulaires de l’année (AC, CC149, f° 10 r°) : Per I libre de major forma, que fi far al pes de la farina, loqual fo baylat a Me P. Debar […] XXVIII s. En novembre, on paie à ce notaire la pencio que la vila lhi donava per servir lo pes de la farina […] LXXV s. (f° 6 r°). Il y a présomption que le même notaire a tenu le registre précédent, seul conservé.

    4 Aquestz sapde valia blat en la pila dalbi. La pile, édifice situé sur la plassa, abrite les mesures de pierre en forme d’auge (pila), servant pour évaluer les quantités de grains et de liquides objets de transactions.

    5 Le setier d’Albi équivaut à 121 litres. Il comporte 8 mesures et 32 boisseaux.

    6 La moussole, blé méridional à épi non barbu, fournit une farine très fine, cf. Philippe Wolff, Commerces et marchands de Toulouse (vers 1350-vers 1450), Paris, 1954, note 3, p. 170.

    7 AC Albi, HH3, f° 101 v° : à la fin de mars, era tranquada la paissieira, […] per que no pezo las gens (f° 102 v°) ; no podian molre que la paissieira era trenquada (ibid.). La réparation s’achève quinze mois plus tard, car elle implique l’accord de l’évêque et ne peut s’effectuer qu’en basses eaux. Un autre document (AC Albi, HH2) révèle que dix ans plus tard, en février 1366, une crue violente, commune à toutes les rivières de la région, a causé une nouvelle rupture de la chaussée. Les consuls offrent alors à leur seigneur de faire réparer celle-ci aux frais de la ville. Hugues Aubert, neveu d’Innocent VI, fait attendre sa réponse. Finalement, il déclare que si les consuls veulent faire l’avance des frais de la réfection, il leur concède les émoluments de ses moulins, à concurrence du remboursement des sommes investies, conformément à la démarche suivie en des occasions antérieures et, vraisemblablement, en 1357-1358 : placet nobis et eis concedimus ut emolumenta dictarum molendinarum modo et forma alias per nos eis concessis recipiant.

    8 Il s’agit sans doute de l’écu émis à Toulouse en octobre 1354 (18 carats, 3, 39 g, cours : 18 s. 9d.t.) ; cf. F. de Saulcy, « Sur les ateliers monétaires royaux qui ont fonctionné en Languedoc, depuis Philippe III jusqu’à François Ier », Histoire générale de Languedoc, édition Privat (désormais HGL), VII, pp. 418 et sq.

    9 Traité des monnaies de Nicolas Oresme et autres écrits monétaires du xive siècle, Lyon, 1989.

    10 Le notaire commence alors à donner le cours du mouton, émis le 17 janvier 1355.

    11 Il cote alors 18 s. On note à ce moment une parité du cours à Toulouse et à Montauban, selon Ph. Wolff, Commerce…, pp. 317 – 318.

    12 L’année 1337, qui marque le début de la guerre de Cent ans, est également celle de l’apparition, significative, du pied, qui permet de connaître aisément les caractéristiques d’un espèce, sachant que plus il s’élève, plus la valeur métallique de la monnaie de compte s’amenuise et inversement. Le pied résulte d’un rapport simple : PxD, P représentant le nombre de pièces taillées dans un marc de 244,752 g, D la valeur de ces pièces en deniers 5t de compte, t le titre ou aloi (24 carats pour l’or fin, 12 deniers de chacun 24 grains pour l’argent). Le nombre de livres au marc équivaut au quart du pied ; la quantité de sous produite par un marc s’obtient en multipliant le pied par 5.

    13 Il s’agit d’abord d’un affaiblissement officiel : le 24 février, le mouton est crié à 37s. 6d. et le cours légal de l’écu est aligné sur son cours commercial, 22 s.

    14 Le réal est mentionné pour la première fois dans le registre d’Albi le 30 mars 1359. Il vaut alors 28 sous. Il fait l’objet d’un renforcement légal le 25 mai, HH3, f° 151 v°. Peut-être s’agit-il en l’occurrence du deuxième réal, émis le 15 avril, pour un poids de fin de 3,547 g et une valeur originelle de 25 s., tandis que le premier réal, émis le 22 août 1358 correspondait à 3,708 g d’or, cf. Étienne Fournial, Histoire monétaire de l’Occident médiéval, Paris, 1970, p. 102.

    15 Le 3 février 1356, il écrit : tornet la mealha de l’argen quinzena a III d. (f° 30 v°) ; le 12 novembre 1356, la mealha passe de 8 à 3 d (f° 80 v°), puis de 12 à 9 d, le 3 février 1357 (f° 92) et de 12 à 8 d, le 1er avril de la même année (f° 102 v°). Elle est criée à 2 sous le 22 avril 1357 (ibid.). Une maille neuve a sa valeur de compte fixée à 12 d le 8 septembre 1358 (f° 113 v°). Une autre ou la même, à 6 d en mars 1359 (f° 141 r°).

    16 0n frappe à Toulouse des blancs dont la valeur originelle est fixée à (5, 6 ou 8 deniers, des gros de 8 deniers, de petits deniers blancs à la couronne de 12 d.t., des blancs à la fleur de lis de 15 d., des gros à la queue de 15 d., puis des gros deniers blancs de 2 sous, cf. F. de Saulcy, « Sur les ateliers… », HGL VII, pp. 418 et sq.

    17 Cf. É. Fournial, Histoire monétaire…, pp. 104 – 105.

    18 Raymond Cazelles, « Quelques réflexions à propos des mutations de la monnaie royale française 1295-1360) », Le Moyen Âge, 1966, 1et 2.

    19 Colonel Borelli de Serres, « Trois hypothèses sur les variations monétaires au xive siècle », in Recherches sur divers services publics du xiiie au xviie siècle, t. III, Paris, 1909, p. 520.

    20 Ibid, p. 521.

    21 É. Fournial, Histoire monétaire…, p. 101.

    22 Marc Bompaire, « Monnaies et politiques monétaires en France (xiie-xve siècle) », Actes de la XXVIe Semana de Estudios Medievales, Estella (1999), Pampelune, 2000.

    23 Harry A. Miskimin, Money, Prices and Foreign Exchange in Fourteenth-century France, Yale University Press, 1963, p. 47 : « The coinage was a major source of revenue during much of the century ».

    24 R. Cazelles, « Quelques réflexions… ».

    25 Jacques Queinnec, « Les ressources monétaires du Trésor (1298-1300) », in Monnaie, fiscalité et finances au temps de Philippe le Bel, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, Paris, 2007.

    26 H. Miskimin, Money, Prices…, p. 43.

    27 M. Bompaire, « Pour une histoire des monnaies noires », dans Finances, pouvoirs et mémoire. Hommages à Jean Favier, Jean Kerhervé et Albert Rigaudière (éds.), Paris, 1999.

    28 Traité des monnaies…, ch. XXII, pp. 79 –80.

    29 R. Cazelles, « Quelques réflexions… », p. 276.

    30 Sur cette expression, cf. R. Cazelles, La société politique et la société sous Philippe de Valois, Paris, 1958, ainsi que Société politique, noblesse et couronne sous Jean le Bon et Charles V, Genève-Paris, 1982.

    31 Cf. A. Rigaudière, « L’essor de la fiscalité royale du règne de Philippe le Bel (1285-1314) à celui de Philippe VI (1328-1350) », in Id., Penser et construire l’État dans la France du Moyen Âge (xiiie-xve siècle), Comité pour l’histoire économique et financière de la France, Paris, 2003.

    32 Item quod dominus noster rex et ejus filius primogenitus promittant bona fide et alii liberi et nobiles de suo genere jurare habeant et sui officiales quod durante guerra tenebunt monetam in statu in quo nunc est de pondere et lege, et si guerra cessaret, fortificari monetam juxta ordinationes regias…, HGL X, n° 447, c. 1119.

    33 HGL IX, pp. 667 et sq.

    34 L’expression est de Paul Dognon, Les institutions politiques et administratives du pays de Languedoc, du xiiie siècle aux guerres de religion, Toulouse-Paris, 1895.

    35 Cité par R. Cazelles, Étienne Marcel, 2e édition, Paris, 2006, p. 127.

    36 Cf. Jean-Louis Biget, « Formes et techniques de l’assiette et de la perception des impôts à Albi et à Rodez au Bas Moyen Âge », in La fiscalité des villes au Moyen Âge (Occident méditerranéen). 2. Les systèmes fiscaux, Denis Menjot et Manuel Sánchez Martínez (éds.), Toulouse, 1999 et « La gestion de l’impôt dans les villes (xiiie-xve siècle). Essai de synthèse », in La fiscalité…, 4. La gestion de l’impôt, Id. (éd.), Toulouse, 2004.

    37 J. Régné, « La levée du capage à Toulouse et l’émeute toulousaine du 9 mai 1357 », Annales du Midi, 1917-1918, pp. 421 – 428.

    38 R. Cazelles, « La stabilisation de la monnaie par la création du franc (décembre 1360), blocage d’une société », Traditio, XXXII, 1976, pp. 293 – 311.

    39 Cf. Genèse de l’état moderne. Prélèvement et Redistribution, Jean-Philippe Genet et Michel Le Mené éd., CNRS, Paris, 1987, Particulièrement l’Introduction de J.-Ph. Genet.

    40 H. Miskimin, Money, Prices…, tableau, p. 49, d’après F. De Saulcy, Recueil de documents relatifs à l’histoire des monnaies frappées par les rois de France, 1 et 2.

    41 F. de Saulcy, « Sur les ateliers… », HGL VII.

    42 Les blés au sens actuel du terme occupent, avec le seigle et l’avoine les espaces emblavés autour d’Albi : moussole et froment sur les petits causses au nord de la ville et dans les pays tertiaires de l’ouest, seigle à l’est sur les croupes cristallines du plateau central, avoine dans toutes les régions. Cf. J.-L. Biget, “Perception et revenu des dîmes dans le diocèse d’Albi (1334-1337) », in L’impôt au Moyen Âge. L’impôt public et le prélèvement seigneurial fin xiie-début xvie siècle. II. Les espaces fiscaux, Comité pour l’histoire fiscale et financière de la France, 2002.

    43 Sur ce point, cf. Guy Bois, Économie rurale et démographie en Normandie orientale du début du xive au milieu du xvie siècle. Crise du féodalisme, Paris, 1976.

    44 Marc Bloch, « L’histoire des prix : quelques remarques critiques », Annales d’histoire sociale, XI, 1939, pp. 141 – 151.

    45 H. A. Miskimin, Money and Power in Fifteenth-century France, Yale University, 1984, p. 66 : « Prices rose swiftly, indeed nearly simultaneously, in response to each weakening of coinage ».

    46 AC Albi, AA1, f° 12 v° : Item l’an LX foc carestia, valc lo sestier del froment quatre floris (un florin= 24 à 26 sous). Item, lan LXI foc autra mortalitat mas no pas ta granda coma foc lan XLVIII e morigro mas defans que de gens grans.

    47 HH2. Ce document a été publié de façon tronquée par Clément Compayré, Études historiques sur l’Albigeois, le pays castrais et l’ancien diocèse de Lavaur, Albi, 1841, pp. 203 – 205 et sans l’introduction, ni les clauses finales, par Auguste Vidal, Comptes consulaires d’Albi (1359-1360), Toulouse-Paris, 1900, Appendice I, pp. 180 – 187.

    48 … Per dominum nostrum regem certe ordinationes facte fuerunt super cursu et usu monetarum et fortificationem eorumdem, mandatumque fuit quod sicuti moneta immutabatur valore et cursu, sic immutaretur pretium quarumcumque rerum que de forti moneta venderentur ad forum, victualia et res mercature et alia necessaria ad regimen ville, et certa pretia eis imponere necessarium esse.

    49 Vue synthétique donnée par A. Vidal, à la suite de son édition des comptes : Appendice II : « Le prix des choses à Albi », pp. 189 et sq.

    50 Entre 1343 et 1357, Albi passe de 10 000 à 4 300 habitants environ. Cf. Geneviève Prat, « Albi et la peste noire », Annales du Midi, 1952, pp. 15 et sq.

    51 Expression de Fernand Braudel, Civilisation matérielle, Économie et Capitalisme xve-xviiie siècle. I. Les structures du quotidien : le possible et l’impossible, Paris 1979, p. 159.

    Auteur

    • Jean-Louis Biget

      ENS Saint-Cloud.

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    1 HH 3, registre papier in-folio de 194 feuillets. Ce registre, pour sa partie la plus intéressante, a été publié, de manière toutefois incomplète, par Émile Jolibois, le premier archiviste du Tarn : Albi au Moyen Âge. Essai sur l’histoire économique de cette ville, Albi, 1871. Il a fait également l’objet d’une évocation par Auguste Vidal, « Mémoire sur les conditions du travail, du commerce et de l’industrie à Albi au xive siècle », Bulletin des sciences économiques et sociales du Comité des Travaux historiques et scientifiques, 1899, pp. 246 – 247.

    2 Pondus comunis farine et bladi, dans un constat de pesage du 19 mai 1352 (AC Albi, DD1). Ce poids public a été installé sur la rive gauche du Tarn, en haut de la côte dominant les moulins liés à la rivière, à la suite d’un accord conclu le 16 novembre 1282 entre les consuls de la ville et l’évêque et seigneur d’Albi, Bernard de Castanet (AC, DD1). Le 7 septembre 1351, Arnaud Guillaume de la Barthe, en raison des charges (collectas, tallias et imposiciones) pesant sur les habitants, notamment du fait de la construction et de l’entretien des fortifications, et propter deffectum gentium qui est ad presens ratione mortalitatis que viguit, sicut Deo placuit, anno Domini M°CCC° quadragesimo octavo, reconnaît aux consuls le droit de prélever une taxe de 2 d.t. par quintal pesé (AC, DD1).

    3 Le registre est renouvelé en décembre 1359, selon les comptes consulaires de l’année (AC, CC149, f° 10 r°) : Per I libre de major forma, que fi far al pes de la farina, loqual fo baylat a Me P. Debar […] XXVIII s. En novembre, on paie à ce notaire la pencio que la vila lhi donava per servir lo pes de la farina […] LXXV s. (f° 6 r°). Il y a présomption que le même notaire a tenu le registre précédent, seul conservé.

    4 Aquestz sapde valia blat en la pila dalbi. La pile, édifice situé sur la plassa, abrite les mesures de pierre en forme d’auge (pila), servant pour évaluer les quantités de grains et de liquides objets de transactions.

    5 Le setier d’Albi équivaut à 121 litres. Il comporte 8 mesures et 32 boisseaux.

    6 La moussole, blé méridional à épi non barbu, fournit une farine très fine, cf. Philippe Wolff, Commerces et marchands de Toulouse (vers 1350-vers 1450), Paris, 1954, note 3, p. 170.

    7 AC Albi, HH3, f° 101 v° : à la fin de mars, era tranquada la paissieira, […] per que no pezo las gens (f° 102 v°) ; no podian molre que la paissieira era trenquada (ibid.). La réparation s’achève quinze mois plus tard, car elle implique l’accord de l’évêque et ne peut s’effectuer qu’en basses eaux. Un autre document (AC Albi, HH2) révèle que dix ans plus tard, en février 1366, une crue violente, commune à toutes les rivières de la région, a causé une nouvelle rupture de la chaussée. Les consuls offrent alors à leur seigneur de faire réparer celle-ci aux frais de la ville. Hugues Aubert, neveu d’Innocent VI, fait attendre sa réponse. Finalement, il déclare que si les consuls veulent faire l’avance des frais de la réfection, il leur concède les émoluments de ses moulins, à concurrence du remboursement des sommes investies, conformément à la démarche suivie en des occasions antérieures et, vraisemblablement, en 1357-1358 : placet nobis et eis concedimus ut emolumenta dictarum molendinarum modo et forma alias per nos eis concessis recipiant.

    8 Il s’agit sans doute de l’écu émis à Toulouse en octobre 1354 (18 carats, 3, 39 g, cours : 18 s. 9d.t.) ; cf. F. de Saulcy, « Sur les ateliers monétaires royaux qui ont fonctionné en Languedoc, depuis Philippe III jusqu’à François Ier », Histoire générale de Languedoc, édition Privat (désormais HGL), VII, pp. 418 et sq.

    9 Traité des monnaies de Nicolas Oresme et autres écrits monétaires du xive siècle, Lyon, 1989.

    10 Le notaire commence alors à donner le cours du mouton, émis le 17 janvier 1355.

    11 Il cote alors 18 s. On note à ce moment une parité du cours à Toulouse et à Montauban, selon Ph. Wolff, Commerce…, pp. 317 – 318.

    12 L’année 1337, qui marque le début de la guerre de Cent ans, est également celle de l’apparition, significative, du pied, qui permet de connaître aisément les caractéristiques d’un espèce, sachant que plus il s’élève, plus la valeur métallique de la monnaie de compte s’amenuise et inversement. Le pied résulte d’un rapport simple : PxD, P représentant le nombre de pièces taillées dans un marc de 244,752 g, D la valeur de ces pièces en deniers 5t de compte, t le titre ou aloi (24 carats pour l’or fin, 12 deniers de chacun 24 grains pour l’argent). Le nombre de livres au marc équivaut au quart du pied ; la quantité de sous produite par un marc s’obtient en multipliant le pied par 5.

    13 Il s’agit d’abord d’un affaiblissement officiel : le 24 février, le mouton est crié à 37s. 6d. et le cours légal de l’écu est aligné sur son cours commercial, 22 s.

    14 Le réal est mentionné pour la première fois dans le registre d’Albi le 30 mars 1359. Il vaut alors 28 sous. Il fait l’objet d’un renforcement légal le 25 mai, HH3, f° 151 v°. Peut-être s’agit-il en l’occurrence du deuxième réal, émis le 15 avril, pour un poids de fin de 3,547 g et une valeur originelle de 25 s., tandis que le premier réal, émis le 22 août 1358 correspondait à 3,708 g d’or, cf. Étienne Fournial, Histoire monétaire de l’Occident médiéval, Paris, 1970, p. 102.

    15 Le 3 février 1356, il écrit : tornet la mealha de l’argen quinzena a III d. (f° 30 v°) ; le 12 novembre 1356, la mealha passe de 8 à 3 d (f° 80 v°), puis de 12 à 9 d, le 3 février 1357 (f° 92) et de 12 à 8 d, le 1er avril de la même année (f° 102 v°). Elle est criée à 2 sous le 22 avril 1357 (ibid.). Une maille neuve a sa valeur de compte fixée à 12 d le 8 septembre 1358 (f° 113 v°). Une autre ou la même, à 6 d en mars 1359 (f° 141 r°).

    16 0n frappe à Toulouse des blancs dont la valeur originelle est fixée à (5, 6 ou 8 deniers, des gros de 8 deniers, de petits deniers blancs à la couronne de 12 d.t., des blancs à la fleur de lis de 15 d., des gros à la queue de 15 d., puis des gros deniers blancs de 2 sous, cf. F. de Saulcy, « Sur les ateliers… », HGL VII, pp. 418 et sq.

    17 Cf. É. Fournial, Histoire monétaire…, pp. 104 – 105.

    18 Raymond Cazelles, « Quelques réflexions à propos des mutations de la monnaie royale française 1295-1360) », Le Moyen Âge, 1966, 1et 2.

    19 Colonel Borelli de Serres, « Trois hypothèses sur les variations monétaires au xive siècle », in Recherches sur divers services publics du xiiie au xviie siècle, t. III, Paris, 1909, p. 520.

    20 Ibid, p. 521.

    21 É. Fournial, Histoire monétaire…, p. 101.

    22 Marc Bompaire, « Monnaies et politiques monétaires en France (xiie-xve siècle) », Actes de la XXVIe Semana de Estudios Medievales, Estella (1999), Pampelune, 2000.

    23 Harry A. Miskimin, Money, Prices and Foreign Exchange in Fourteenth-century France, Yale University Press, 1963, p. 47 : « The coinage was a major source of revenue during much of the century ».

    24 R. Cazelles, « Quelques réflexions… ».

    25 Jacques Queinnec, « Les ressources monétaires du Trésor (1298-1300) », in Monnaie, fiscalité et finances au temps de Philippe le Bel, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, Paris, 2007.

    26 H. Miskimin, Money, Prices…, p. 43.

    27 M. Bompaire, « Pour une histoire des monnaies noires », dans Finances, pouvoirs et mémoire. Hommages à Jean Favier, Jean Kerhervé et Albert Rigaudière (éds.), Paris, 1999.

    28 Traité des monnaies…, ch. XXII, pp. 79 –80.

    29 R. Cazelles, « Quelques réflexions… », p. 276.

    30 Sur cette expression, cf. R. Cazelles, La société politique et la société sous Philippe de Valois, Paris, 1958, ainsi que Société politique, noblesse et couronne sous Jean le Bon et Charles V, Genève-Paris, 1982.

    31 Cf. A. Rigaudière, « L’essor de la fiscalité royale du règne de Philippe le Bel (1285-1314) à celui de Philippe VI (1328-1350) », in Id., Penser et construire l’État dans la France du Moyen Âge (xiiie-xve siècle), Comité pour l’histoire économique et financière de la France, Paris, 2003.

    32 Item quod dominus noster rex et ejus filius primogenitus promittant bona fide et alii liberi et nobiles de suo genere jurare habeant et sui officiales quod durante guerra tenebunt monetam in statu in quo nunc est de pondere et lege, et si guerra cessaret, fortificari monetam juxta ordinationes regias…, HGL X, n° 447, c. 1119.

    33 HGL IX, pp. 667 et sq.

    34 L’expression est de Paul Dognon, Les institutions politiques et administratives du pays de Languedoc, du xiiie siècle aux guerres de religion, Toulouse-Paris, 1895.

    35 Cité par R. Cazelles, Étienne Marcel, 2e édition, Paris, 2006, p. 127.

    36 Cf. Jean-Louis Biget, « Formes et techniques de l’assiette et de la perception des impôts à Albi et à Rodez au Bas Moyen Âge », in La fiscalité des villes au Moyen Âge (Occident méditerranéen). 2. Les systèmes fiscaux, Denis Menjot et Manuel Sánchez Martínez (éds.), Toulouse, 1999 et « La gestion de l’impôt dans les villes (xiiie-xve siècle). Essai de synthèse », in La fiscalité…, 4. La gestion de l’impôt, Id. (éd.), Toulouse, 2004.

    37 J. Régné, « La levée du capage à Toulouse et l’émeute toulousaine du 9 mai 1357 », Annales du Midi, 1917-1918, pp. 421 – 428.

    38 R. Cazelles, « La stabilisation de la monnaie par la création du franc (décembre 1360), blocage d’une société », Traditio, XXXII, 1976, pp. 293 – 311.

    39 Cf. Genèse de l’état moderne. Prélèvement et Redistribution, Jean-Philippe Genet et Michel Le Mené éd., CNRS, Paris, 1987, Particulièrement l’Introduction de J.-Ph. Genet.

    40 H. Miskimin, Money, Prices…, tableau, p. 49, d’après F. De Saulcy, Recueil de documents relatifs à l’histoire des monnaies frappées par les rois de France, 1 et 2.

    41 F. de Saulcy, « Sur les ateliers… », HGL VII.

    42 Les blés au sens actuel du terme occupent, avec le seigle et l’avoine les espaces emblavés autour d’Albi : moussole et froment sur les petits causses au nord de la ville et dans les pays tertiaires de l’ouest, seigle à l’est sur les croupes cristallines du plateau central, avoine dans toutes les régions. Cf. J.-L. Biget, “Perception et revenu des dîmes dans le diocèse d’Albi (1334-1337) », in L’impôt au Moyen Âge. L’impôt public et le prélèvement seigneurial fin xiie-début xvie siècle. II. Les espaces fiscaux, Comité pour l’histoire fiscale et financière de la France, 2002.

    43 Sur ce point, cf. Guy Bois, Économie rurale et démographie en Normandie orientale du début du xive au milieu du xvie siècle. Crise du féodalisme, Paris, 1976.

    44 Marc Bloch, « L’histoire des prix : quelques remarques critiques », Annales d’histoire sociale, XI, 1939, pp. 141 – 151.

    45 H. A. Miskimin, Money and Power in Fifteenth-century France, Yale University, 1984, p. 66 : « Prices rose swiftly, indeed nearly simultaneously, in response to each weakening of coinage ».

    46 AC Albi, AA1, f° 12 v° : Item l’an LX foc carestia, valc lo sestier del froment quatre floris (un florin= 24 à 26 sous). Item, lan LXI foc autra mortalitat mas no pas ta granda coma foc lan XLVIII e morigro mas defans que de gens grans.

    47 HH2. Ce document a été publié de façon tronquée par Clément Compayré, Études historiques sur l’Albigeois, le pays castrais et l’ancien diocèse de Lavaur, Albi, 1841, pp. 203 – 205 et sans l’introduction, ni les clauses finales, par Auguste Vidal, Comptes consulaires d’Albi (1359-1360), Toulouse-Paris, 1900, Appendice I, pp. 180 – 187.

    48 … Per dominum nostrum regem certe ordinationes facte fuerunt super cursu et usu monetarum et fortificationem eorumdem, mandatumque fuit quod sicuti moneta immutabatur valore et cursu, sic immutaretur pretium quarumcumque rerum que de forti moneta venderentur ad forum, victualia et res mercature et alia necessaria ad regimen ville, et certa pretia eis imponere necessarium esse.

    49 Vue synthétique donnée par A. Vidal, à la suite de son édition des comptes : Appendice II : « Le prix des choses à Albi », pp. 189 et sq.

    50 Entre 1343 et 1357, Albi passe de 10 000 à 4 300 habitants environ. Cf. Geneviève Prat, « Albi et la peste noire », Annales du Midi, 1952, pp. 15 et sq.

    51 Expression de Fernand Braudel, Civilisation matérielle, Économie et Capitalisme xve-xviiie siècle. I. Les structures du quotidien : le possible et l’impossible, Paris 1979, p. 159.

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    • Caliste, Lisa. Carnino, Guillaume. (2022) Qu’est-ce que l’industrie ?. Artefact, 17. DOI: 10.4000/artefact.13273

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    • Tabarrini, Lorenzo. (2026) Reti Medievali E-Book In Search of the High Middle Ages. Change and Continuity in 11th–12th-century Italy. DOI: 10.36253/979-12-215-1076-8.26

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    Biget, J.-L. (2009). Monnaies et prix à Albi au temps de la captivité du roi Jean (1355-1359). In C. Denjean (éd.), Sources sérielles et prix au Moyen-Âge. Toulouse: Presses universitaires du Midi. https://doi.org/10.4000/books.pumi.37401
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