1 Patrimoine inaliénable, transmissible exclusivement par droit d’aînesse.
2 Cette inversion des noms de famille pour des raisons d’intérêt ou de prestige était assez courante, elle est même attestée dans certains proverbes. Il est bon de le rappeler, car on a quelquefois déliré à propos du nom du poète, les uns décelant dans ce renversement de l’ordre des noms une tendance précoce à l’inversion stylistique, d’autres une préférence marquée pour les proparoxytons.
3 Coup d’essai, mais non coup de maître : Góngora n’était pas prédestiné à l’épopée. Rimée en esdrújulos, selon la détestable habitude mise à la mode par Cairasco de Figueroa, cette composition est incroyablement mauvaise : il est impossible de lire ces 52 vers jusqu’au bout en gardant son sérieux. Mais le jeune don Luis prit-il lui-même au sérieux cette œuvre de commande ? Toujours est-il qu’il ne renouvela pas l’expérience. Pour une bonne mise au point, voir José María Micó, La fragua de las « Soledades », pp. 13-32, et son éd. des Canciones, pp. 43-50.
4 Ricardo Espinosa Maeso, Nuevos datos biográficos de Góngora, dans R.F.E., 1962, XLV, pp. 57-87.
5 L’incident, qui dut faire quelque bruit, est relaté dans les Casos notables de la ciudad de Córdoba, rédigés vers 1618. Dámaso Alonso a démontré qu’il n’avait rien de légendaire.
6 Le chapitre de Cordoue comprenait huit « dignitaires », vingt chanoines, dix racioneros enteros, et vingt medios racioneros.
7 L’auteur de l’Escrutinio, qui était de Cordoue et qui le connaissait bien, dit textuellement ceci dans la très brève notice biographique qu’il lui consacre : « Il eut chez lui un million de rente, sans obligations, quantité suffisante pour un homme d’Église ». À 375 maravédis par ducat, cette somme équivaut à 2 660 ducats. Cette évaluation est confirmée par d’autres témoignages.
8 On lui en attribuera tout au long de sa vie, et après. J’en avais réuni 49 (dont 20 visiblement apocryphes) en 1963, dans la première édition des letrillas ; trente ans plus tard, après une exploration minutieuse de nouvelles sources manuscrites, Antonio Carreira en publia 58 de plus (Nuevos poemas atribuidos a Góngora, Barcelone, Quaderns crema, 1994).
9 La Galice aussi, où il alla en 1609, fait partie de ce « pôle négatif », mais pour des raisons plus matérielles : le climat, le paysage, et surtout l’état d’arriération général horrifièrent l’Andalou.
10 La quarantaine de romances et de letrillas parues au même moment, ou peu avant, dans les romancerillos ou dans les diverses parties du Romancero general, étaient presque toutes imprimées sans son aval, comme cela se pratiquait généralement dans ces sortes de recueils. Certains, d’ailleurs, songeaient déjà à rassembler tout ce qui circulait sous son nom en vue d’une publication : c’est ce que l’on peut déduire d’un document de 1605, par lequel il engage une action pour s’opposer à une éventuelle publication de ses œuvres à Pampelune.
11 J’exclus, pour des raisons évidentes (voir plus haut, note 3), sa première œuvre écrite à 18 ans et publiée dans les préliminaires de la traduction des Lusiades, en 1580.
12 « Levanta, España, tu famosa diestra », dont Quintana, toujours soucieux de fomenter le patriotisme espagnol, faisait grand cas. Les circonstances dans lesquelles fut conçue cette canción sont éclairantes : au moment du départ de la flotte, le 4 mai 1588, l’évêque Pacheco se rendit au chapitre pour lui demander d’organiser des rogations, processions générales et fêtes à la Vierge « pour l’heureuse issue de l’expédition ». Góngora, qui avait quelques peccadilles à se faire pardonner, notamment en tant qu’auteur d’œuvres peu dévotes, ne pouvait trouver meilleur moyen de se mettre à couvert. Voir Appendice I, sur la visita de l’évêque Pacheco (qui allait démarrer au mois de juillet, et qui était déjà en place).
13 «En roscas de cristal serpiente breve», 1610.
14 « No os diremos, como al Cid », 1600 ; no 120 de l’éd. Carreira des Obras completas I.
15 « ¿Qué cantaremos ahora », 1605 ; « Pensé, señor, que un rejón », id.
16 « ¿Qué lleva el señor Esgueva ? », 1603 (Letrillas, Castalia, pp. 139-142).
17 Nos 45, 46, 47, 48.
18 « Cuando la rosada aurora », 1603 (Romances, II, pp. 117-130). Sur la mésaventure d’un médecin qui, en courant après sa mule pour la rattraper, laissa tomber sa cape sur un tas de crottin, et se résigna à aller la laver dans l’Esgueva. La note de Chacón est révélatrice : « L’incident qu’il rapporte eut lieu alors qu’il était à une fenêtre avec deux caballeros, lesquels, croyant qu’il ne trouverait rien à dire parce qu’il venait de faire la letrilla “¿Qué lleva el señor Esgueva ?”, lui demandèrent de faire un romance ». Selon d’autres sources manuscrites, ceux qui lui proposèrent le sujet furent plus nombreux, et même plus huppés : « des caballeros et des poètes de ses amis », « plusieurs príncipes » et « l’Almirante » lui-même.
19 Voir no 63.
20 « Ce Mendoza est le paranymphe [‘parrain’] des prédicateurs, celui qui dort dans leurs cellules et leur porte les billets en chaire, celui qui va en carrosse avec les seigneurs, connaît toutes les dames, assiste à toutes les comedias en compagnie des poètes ; c’est le qualificateur des sermons, l’arbitre des sonnets, l’ambassadeur de la Seigneurie du Bel Esprit en cette Cour, l’agent de la Porte de Guadalajara [le mentidero de Madrid] et le Mercure des nouvelles et des satires du royaume ». Ce portrait pittoresque est tiré de la Carta que se escribió echadiza a don Luis de Góngora (automne 1615 ?), provenant de l’entourage de Lope ; tout n’est évidemment pas à prendre au pied de la lettre.
21 Une première liste (beaucoup plus longue) d’admirateurs et de défenseurs de Góngora fut recueillie et complétée, dès la première moitié du xviie siècle, par Martín Vázquez Siruela ; voir la minutieuse étude que lui consacra en 1953 Hewson A. Ryan dans le Boletín de la Real Academia Española (XXXIII, pp. 427-467). Les questions de fond soulevées par les polémiques sont étudiées par Joaquín Roses Lozano dans sa thèse doctorale, La recepción crítica de las « Soledades » en el siglo XVII : el problema de la oscuridad (Tamesis Book). On trouvera un résumé d’ensemble des polémiques dans l’éd. des Soledades (Clásicos Castalia, pp. 84-101 et 607-719).
22 L’inimitié personnelle entre Quevedo et Góngora fut sans doute bien réelle, mais la critique l’a indûment amplifiée en acceptant trop facilement l’attribution à Quevedo d’une douzaine de poésies contre Góngora, extrêmement violentes et littérairement très médiocres. Dans ce lot, il y en a huit dont l’unique source est un ms. peu fiable de la Bibliothèque Menéndez y Pelayo de Santander : j’ai, par le passé, émis sur la paternité de ces huit poésies de sérieux doutes, que je maintiens.
23 L’image sera reprise et magnifiée dans la partie finale de la deuxième Solitude (vv. 827-830), rédigée peu de temps après (remarque d’Antonio Carreira).
24 On cite souvent une lettre qu’il aurait écrite le 30 septembre 1613, en réponse au premier papel anonyme daté du 15, sans prendre garde à l’invraisemblance de cette attribution. Il suffit d’avoir lu une seule lettre de Góngora pour se convaincre que, mis à part l’introduction et la conclusion, qui pourraient être tombées de sa plume, le reste de la lettre, c’est-à-dire toute sa médiocre et pédante argumentation, est de toute évidence une interpolation grossière (dont l’auteur pourrait être Almansa).
25 Le marquis d’Ayamonte, autre Zúñiga, arborait la même chaîne sur son blason : voir no 51, v. 5.
26 Documents publiés en 1973 par Dámaso Alonso, qui en a lumineusement analysé tous les détails (Entre Góngora y el marqués de Ayamonte : poesía y economía, tome VI de ses Obras completas). Je saisis l’occasion pour rappeler que la biographie de Góngora la plus récente, celle de Miguel Artigas, date de 1925. Depuis cette date, des centaines de documents ont été exhumés et publiés : 100 par José de la Torre en 1927 ; 141 par D. Alonso en 1962 ; beaucoup d’autres, épars dans diverses revues ; encore faudrait-il les rassembler tous et les étudier systématiquement pour proposer enfin une biographie digne de l’auteur des Soledades ! On n’a pas utilisé systématiquement non plus les très nombreux documents publiés, ou résumés, ou simplement signalés en 1922 par Rafael Ramírez de Arellano dans son Ensayo de un catálogo biográfico de escritores… de Córdoba. On attend toujours une publication intégrale de la Visita… de l’évêque Pacheco, conservée à l’archevêché de Cordoue ; et il reste sans doute beaucoup à glaner dans les livres capitulaires, dont Manuel González Francés avait tiré (en 1896 !) un opuscule de 80 p. (Góngora, racionero), qui fut déjà une révélation. On a eu pendant longtemps beaucoup de difficultés à exploiter les lettres de Góngora, dont les éditions (Foulché-Delbosc, Artigas, Millé) étaient constellées d’erreurs et de lacunes ; on dispose enfin maintenant d’un texte fiable établi par Antonio Carreira (tome II des Obras completas de Góngora, Madrid, 2000 ; pp. 293-523) : sur les 124 lettres de cet Epistolario, certaines ont été occasionnellement utilisées, très peu ont été réellement étudiées. Ce ne serait pas faire injure à la poésie que d’entreprendre l’exploration et l’examen méthodique de ces multiples gisements de renseignements concrets, qui n’attendent que la bonne volonté de quelques jeunes chercheurs.
27 « Moriste, en plumas no, en prudencia cano ». L’examen du contenu, qui n’arrive qu’au mariage du comte, indique que Góngora s’était lancé dans « une longue élégie panégyrique » (J. M. Micó, éd. des Canciones, p. 141).
28 Voir Micó, éd. cit., pp. 235-236. Góngora présenta à cette occasion son importante canción au miracle de saint Ildefonso (« Era la noche, en vez del manto oscuro »), dans laquelle il prodigue les splendeurs rhétoriques élaborées antérieurement. Il s’imite, et même se surpasse : l’étonnante vision nocturne de Tolède dans la première octava, puis la descente lumineuse de la Vierge, portée par les chérubins, vers les remparts qui semblent monter pour l’accueillir, font penser au Greco, auquel il venait de rendre hommage dans un sonnet célèbre (no 79).
29 « Le même jour arrive à Lerma le cardinal Sandoval et sa maison, accompagné de personnes illustres […] ainsi que de quelques-unes bien connues dans les lettres, et parmi elles le Cordouan don Luis de Góngora, digne de figurer parmi les hommes insignes de sa patrie qui, dans le passé, illustrèrent de tant de gloire le renom de l’Espagne » (cité par Artigas, p. 153).
30 Pour que cette comptabilité ne demeure pas abstraite, il est bon de rappeller que le réal vaut 34 maravedis, et le ducat 11 reales (soit 375 maravedis, en chiffres légèrement arrondis).
31 « Je vous en prie, ne vous lassez pas de faire comprendre à notre cher Cristóbal [de Heredia, son administrateur] dans quelle situation je me trouve, ayant à payer 150 ducats de logement, et à faire face aux réparations d’une voiture qui, rien qu’en jantes et en clous pour les roues, m’a coûté aujourd’hui 114 réaux ; et tout à l’avenant » (4 juin 1619). On voudrait tout citer ; rien n’est plus urgent pour l’avenir des recherches gongorines qu’une étude exhaustive de cette correspondance – d’ailleurs passionnante comme un roman balzacien : sa très grande valeur littéraire devrait enfin être mise en évidence, sur la base de la récente édition critique de Carreira.
32 « Con tanta modestia como lástima ». Góngora emploie souvent le mot modestia au sens étymologique : ‘modération’, ‘retenue’. Discrètement, il indique à ses amis qu’il n’a pas dit dans ce sonnet tout ce qu’il avait sur le cœur (le procès confié aux pires ennemis du marquis, la cruauté des juges, l’espoir insensé d’une grâce une semaine avant l’exécution), et qui apparaît nettement dans ses lettres antérieures.
33 Ces dignités n’étaient que très faiblement rétribuées, mais elles ouvraient la porte à toutes sortes de promotions sociales (et, en fait, d’enrichissements). Góngora avait projeté un montage assez compliqué : son neveu devait, une fois pourvu, céder la veinticuatría (la magistrature municipale) dont il était l’héritier à sa sœur Leonor (la nièce préférée de don Luis), pour qu’elle puisse réaliser le riche mariage en préparation (les contrats étaient déjà signés) avec Francisco Luis de Cárcamo, fils de Francisca Gelder, dame pour qui il avait une grande estime.
Il ne tarda pas à solliciter une seconde commanderie qu’il obtint en 1624, toujours grâce à Olivarès, pour un petit neveu, fils de sa nièce María de Saavedra. Il songea même, en cette année 1624, à en demander une troisième qui aurait été attribuée à Francisco Luis de Cárcamo, pour qu’il puisse restituer à Francisco de Argote la veinticuatría que celui-ci lui avait cédée. La maladie ne lui laissa pas le temps de l’obtenir. Toutes ces combinaisons (révélatrices du fonctionnement de la société aristocratique de l’époque) montrent à quel point Góngora se préoccupait de l’avenir de sa famille : ne pouvant, comme l’avait fait son oncle, répartir entre ses neveux et nièces des biens au soleil et des dots substantielles, il jouait sur son prestige littéraire pour leur obtenir des honneurs rentables.
34 Reynoso était membre du chapitre de Cordoue, et c’est Góngora qui avait été chargé de l’enquête généalogique le concernant lorsqu’il était candidat, en 1589. Il est possible, comme suppose Artigas, que son inimitié remonte à cette date. Il ne faut pas confondre cet inquisiteur Reynoso avec son homonyme, abbé de Husillos, près de Palencia, que Góngora alla saluer au nom du chapitre en 1596 (voir sonnet no 38).
35 Toute situation était fragile dans cette Espagne inquisitoriale du soupçon et de la délation. Gracián en a donné une saisissante image allégorique dans la crisi11 de la deuxième partie de son Criticón : dans la cité de l’honneur (la honra), tout le monde, dit-il, a un toit de verre, et les pierres n’arrêtent pas de pleuvoir ; en outre, pour y accéder, il faut franchir un pont étroit parsemé de peros (les vices cachés de chacun) sur lesquels tous trébuchent, exactement comme dans une enquête généalogique… Pour en revenir à Paravicino, son point faible était sa naissance illégitime, attestée dans un document officiel de 1600 qui a été publié par Francis Cerdan. Escamotée sans doute dans les informaciones le concernant, notamment en 1617, quand il fut nommé prédicateur du roi, elle fut rappelée avec beaucoup de hargne dans une longue invective diffamatoire en 15 décimas. Voir l’article de Cerdan dans la revue Criticón (de Toulouse), no 46, 1989, pp. 109-124.
36 Voir plus haut, note 33.
37 Nos 111 et 114.
38 Nos 112 et 119.
39 Nos 104 à 109.
40 Sans le dire en ces termes, il le laisse entrevoir dans la première lettre où il fait part à Heredia de son projet : « J’ai en bonne voie la [mot effacé] et la correction de mes brouillons, qui seront imprimés pour Noël, parce que, monsieur, j’arrête que je dois condamner, et je condamne mon silence, étant donné que je peux tirer de l’argent et du repos des quelques vergognes que me coûteront les puérilités que je donnerai à la presse » (11 juillet 1623). Ses craintes n’étaient pas tout à fait infondées, comme le prouvera, un an après sa mort, la saisie de l’édition Vicuña sur ordre de l’Inquisition (voir Appendice II).
41 Il put donc circuler normalement cinq ou six mois, ce qui explique que les exemplaires conservés soient relativement nombreux : il y en a notamment un à la Bibliothèque Municipale de Toulouse. Voir pour plus de précisions le prologue de Dámaso Alonso à la réédition des Obras en verso del Homero español (Madrid, C.S.I.C., 1963), où sont reproduits et analysés les deux rapports.
42 Il ne sera édité qu’en 1921 par Raymond Foulché-Delbosc, secondé par Alfonso Reyes : c’est de cette transcription que dérivent la plupart des éditions modernes, notamment celle des frères Millé y Giménez. Le manuscrit lui-même a été publié en facsimilé en 1991 dans la Biblioteca de los clásicos, dirigée par José Lara Garrido ; voir, dans le tome III, l’introduction d’Antonio Carreira, d’où sont extraits les renseignements qui précèdent.
43 Todas las obras de don Luis de Góngora en varios poemas…, 1633, Madrid ; 1634, Madrid ; 1643 (Saragosse) ; 1646 (Lisbonne) ; 1648 (Séville) ; 1654, Madrid, Saragosse ; 1667 (Lisbonne) ; et d’autres que je ne relève pas. En même temps était diffusée une version allégée en format de poche et intitulée Delicias del Parnaso, qui ne contenait que les poésies en mètre court (1634, Barcelone ; s. d., Saragosse ; 1643, Saragosse ; etc.). Les commentaires imprimés de Pellicer (Lecciones solemnes a las obras de don Luis de Góngora…, 1630), Salcedo Coronel (trois volumes : Soledades, Polifemo, 1636 ; Sonetos, 1644 ; Canciones… Panegírico, 1648) et Salazar Mardones (Fábula de Píramo y Tisbe, 1636) purent circuler librement, mis à part quelques modifications imposées par l’Inquisition au texte de Pellicer.
44 Publié seulement en 1900 par Foulché-Delbosc. J’adopte l’hypothèse d’A. Carreira, qui se fonde sur de bons arguments pour l’attribuer au Cordouan Pérez de Rivas (ou Rivas Tafur).
45 L’hypothèse d’une intervention personnelle d’Olivarès est confirmée par une note du ms. d’Angulo y Pulgar : « … il eût été juste que le P. Juan de Pineda effaçât de sa mémoire l’inimitié qu’il avait contre D. Luis, car même après sa mort il la montre contre ses œuvres en interdisant (en tant que maître de l’Index) quelques-uns des livres [de ses œuvres] qui ont été imprimés, et s’il en a laissé quelqu’un, ce fut à cause de son grand Mécène [i.e. Olivarès] » (cité par Antonio Carreira, Los sonetos de Góngora…, dans El Crotalón, I, 1984, pp. 1024-1025).
46 On les retrouve tous dans les Poesías selectas castellanas (1830) de Quintana, qui était pourtant capable, lorsqu’il oubliait le triste idéal néoclassique et se laissait aller à réagir en poète, de sentir pleinement la beauté de certains romances de Góngora : il a su notamment exprimer en termes plus que chaleureux son admiration pour celui d’Angélique et de Médor.
47 C’est d’ailleurs en France que l’on observe, à la charnière des deux siècles, les premiers frémissements du gongorisme moderne, autour de la poésie post-mallarméenne et de quelques amateurs (quelquefois plus fervents qu’informés) : on rappellera les noms de Francis de Miomandre, Marius André, Zdislas Milner et, bien sûr, celui du grand Rubén Darío, qui séjourna à Paris à partir de 1900. En même temps, les travaux de Raymond Foulché-Delbosc, publiés dans la Revue Hispanique qu’il venait de fonder, jetaient les bases des futures études scientifiques de l’œuvre de Góngora. Voir Elsa Dehennin, La résurgence de Góngora et la génération poétique de 1927 (Paris, Didier, 1962, 275 p.).
48 Voir l’appendice II.