Les ornements liturgiques des XIXe et XXe siècles : quand l’industrie textile lyonnaise se met au service du clergé
p. 145-153
Texte intégral
1Les vêtements sacrés encore conservés aujourd’hui dans les sacristies d’églises reflètent les orientations artistiques du clergé. Qu’ils soient prestigieux ou plus modestes, force est de constater qu’un grand nombre d’entre eux date des XIXe et XXe siècles, et qu’ils sont souvent issus des ateliers lyonnais. S’ils ont logiquement remplacé les ornements plus anciens, ils font également écho au redéploiement de l’Eglise romaine dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il nous a paru intéressant de puiser à la source même des commandes ecclésiastiques afin de déceler le rôle des prêtres dans leur élaboration. Les archives des maisons de soieries lyonnaises apparaissent donc comme les témoins privilégiés des goûts et des usages en vigueur.
A la source du tissu d’Eglise
2L’industrie textile lyonnaise, déjà présente dans le secteur de la paramentique au XVIIIe siècle1, s’y investit massivement dès le début du siècle suivant afin de répondre aux besoins engendrés par l’expansion économique et ecclésiastique du pays2. Les fabricants, pressentant un débouché commercial important, multiplient les créations textiles spécifiquement destinées à l’Eglise et fournissent aussi bien des oeuvres luxueuses destinées aux élites religieuses que des produits plus accessibles aux paroisses rurales. En effet, même si certains prêtres continuent de porter les ornements mis à leur disposition par leurs prédécesseurs3, l’éventail de qualité proposé permet la diffusion à grande échelle de modèles nouveaux.
3Si Lyon compte au XIXe siècle environ 400 maisons de soieries, plus de 60000 métiers à tisser4 et des milliers de brodeurs indépendants5, peu de traces de ce marché colossal subsistent. Quelques entreprises, encore en activité aujourd’hui, ont néanmoins préservé leur patrimoine historique ou celui de concurrents rachetés. Ainsi, les manufactures Prelle, Tassinari et Bucol possèdent de nombreuses pièces relatives à la production liturgique. Pour chaque étoffe mise sur le marché sont conservés les dessins gouachés, les mises en carte, les échantillons textiles nécessaires à sa fabrication6 et des informations écrites : date de fabrication, nom du client, nombre de retissages, analyse technique et stylistique7. Nous avons tiré de cette abondante documentation un corpus total d’environ 1500 modèles de tissus façonnés pour l’Eglise, toujours datés et documentés, qui s’échelonnent des années 1840 à 1970. Ces archives offrent une vision exhaustive de la production et en permettent une analyse détaillée : volume des différentes activités (ornements, ameublement et habillement civil), créativité des dessinateurs, typologie des décors, des techniques et des sources d’inspiration. Les idées artistiques, politiques et religieuses transparaissent également, au fil d’une chronologie qui reste toujours précise. L’influence des prêtres sur la production liturgique se dessine donc à travers leurs choix techniques, ornementaux et idéologiques.
Les vêtements sacerdotaux : fournisseurs et usagers
4Les archives étudiées ne mentionnent que très rarement les prêtres ou les conseils de fabrique comme commanditaires des tissus d’Eglise. On ne peut donc évaluer leurs exigences et leurs habitudes de consommation que de manière indirecte, en prenant en compte tous les acteurs de la distribution et en se penchant sur les textiles eux-mêmes.
5Plusieurs circuits commerciaux sont mis en évidence dans les registres de production. Dans le fonds Prelle, les quelques achats effectués directement par les prêtres, les paroisses ou les évêchés sont à la fois révélateurs de leurs moyens financiers et de leurs positions religieuses. A Moulins par exemple, diocèse marqué par l’ultramontanisme et la volonté de renouveler les objets sacrés dans le plus pur style archéologique8, Mgr de Dreux-Brézé commande, en 1879, 230 mètres de lampas à quadrilobes néogothiques, 43 mètres d’orfrois assortis, 15 croix de chasubles, 10 médaillons et 157 mètres de foulard cramoisi9. En 1876, dans ce même diocèse, l’abbé Melin possède en dépôt pas moins de 95 chasubles10. A Lyon, le cardinal de Bonald, autre fervent défenseur de l’ultramontanisme, commande en 1854 des ornements néogothiques, ainsi que l’évêché de Cahors en 1856. Plus modestement, l’église du Bon-Pasteur de Lyon fait confectionner un simple lampas orné de volutes pour son nouveau dais en 1859 et l’abbé Pierrard de Lille n’a en dépôt que 2 croix brodées (dont nous ne connaissons pas le décor).
6La plupart des commandes liturgiques sont, en fait, effectuées par des intermédiaires. En premier lieu apparaissent les commissionnaires français, allemands et anglais. Ancêtres de nos représentants, ils font le lien entre les fabricants et les revendeurs (marchands, détaillants)11. Quelques noms de chasubliers-brodeurs sont également consignés. Dans le fonds Prelle, par exemple, le parisien André Kreichgauer ou les allemandes Maria Fiedler et Mathilde Jorrès ont, entre 1860 et 1880, de nombreuses pièces en dépôt (tissus de fond, orfrois, bannières, pentes de dais, passementerie, etc.) et commandent souvent des étoffes destinées à être brodées et/ou confectionnées dans leurs propres ateliers. Ici encore, les motifs issus du renouveau médiéval dominent, sans qu’il soit possible de déterminer s’ils sont réellement majoritaires dans la production globale de ces intermédiaires et s’ils correspondent à une demande massive des prêtres à cette époque. Les congrégations religieuses qui, comme les brodeurs, ont besoin de matière première pour travailler, sont régulièrement citées dans ces mêmes archives. Autour de 1875, les couvents de l’Assomption d’Auteuil, de l’Enfant-Jésus de Nancy et d’Aix-la-Chapelle, ainsi que quelques carmels, ont en dépôt divers articles. Rappelons que sous l’Ancien Régime, la confection des vêtements sacrés revenait presque exclusivement à ces congrégations qui, après une brève désorganisation, reprennent leurs activités textiles12. Toutefois, les moniales sont désormais largement concurrencées par des intermédiaires bien plus importants, les marchands d’articles religieux. Ces derniers, comme Biais à Paris, L’art catholique lyonnais à Lyon ou Grossé à Bruges, disposent de structures commerciales et de modes de diffusion très développés : ils ne vendent pas uniquement des textiles mais tous les objets nécessaires au culte, par l’intermédiaire de magasins et de catalogues de vente par correspondance. Au vu de l’immense panel d’articles répertoriés dans leurs catalogues et de leurs commandes passées aux soyeux lyonnais13, la plupart d’entre eux ne sont pas fabricants mais uniquement donneurs d’ordres, faisant travailler à façon tous les artisans utiles au traitement des demandes. Cette organisation leur permet de se diversifier dans la plus grande souplesse et profite au consommateur. Le clergé, en effet, peut personnaliser ses achats : en fonction de son budget et de ses goûts, il choisit des matières premières, des qualités, des techniques et des décors différents. De son côté, pour satisfaire son client, le marchand fait alors appel à tel ou tel corps de métier. La diversité des produits, le type de clientèle et les modes de livraison sont régulièrement rappelés dans les catalogues de vente par correspondance. Les marchands citent, à titre de « réclame », leurs plus fidèles acheteurs : abbés, conseils de fabrique, séminaristes, missionnaires, communautés, profanes14. En 1877, Biais propose, par exemple, « un choix de plus de mille chasubles confectionnées à l’avance [qui] permet de satisfaire à toutes les demandes par retour du courrier et [de les] envoyer à destination le même jour dans plus de vingt diocèses différents »15. Disposant de plusieurs centaines de catégories d’objets d’art sacré de tous styles, depuis les autels jusqu’aux fers à hosties, il est à la fois fournisseur du pape et des paroisses les plus pauvres. Il précise : « tous les prix indiqués dans nos catalogues correspondent à des objets de bonne qualité (…). Nous avons dû, depuis peu de temps et sur la demande de beaucoup de paroisses pauvres et de missionnaires, établir une fabrication spéciale à bas prix »16. Les acheteurs adressent par courrier leurs bons de commande au siège de ces maisons, qui se chargent de l’expédition. L’achat à distance – tel qu’on le pratique de nos jours – se généralise donc sur l’ensemble du territoire et atteint les paroisses les plus reculées grâce l’essor du chemin de fer et des moyens de communication17.
7Si les circuits de distribution sont ainsi bien établis, il est plus difficile de rattacher chaque tissu du corpus à des commanditaires identifiés. En effet, certaines fabrications sont simplement dénommées « Eglise » ou « pour l’Eglise » et la plupart ne comportent aucune indication, si ce n’est un décor spécifiquement destiné à un usage religieux. Malgré ces lacunes, il est raisonnable de penser que chaque article mis sur le marché correspond à la demande du clergé, puisque les industriels sont toujours soucieux de rentabilité commerciale et que l’élaboration d’un nouveau produit est longue et onéreuse.
Affirmer ses goûts selon son budget
8L’étude du corpus permet de dégager deux grandes tendances stylistiques, révélatrices des choix du clergé : l’ornementation inspirée par le XVIIIe siècle d’une part, et celle issue du renouveau médiéval d’autre part. Ces deux typologies, opposées tant esthétiquement qu’idéologiquement, devraient, en théorie, se succéder car, au-delà d’une simple affaire de goût, les motifs XVIIIe évoquent plutôt le gallicanisme, alors que le mouvement archéologique appuie la romanisation progressive de l’Eglise. Il est tout d’abord frappant de constater que ce sont les entreprises les plus renommées qui s’engagent très tôt et pleinement dans le néogothique. Lemire, ancêtre de Prelle, fait travailler dès les années 1850 ses plus fervents chefs de file, comme Viollet-le-Duc, le jésuite Arthur Martin ou l’abbé allemand Franz Bock, et s’inspire des meilleurs ouvrages historiques du moment18. La maison Tassinari ne tisse quasiment que du néogothique entre les années 1860 et 1920. Le fonds de la manufacture Henry, également réputée pour la haute qualité de ses ornements19, montre que cet engouement se poursuit – étonnamment – tout au long du XXe siècle puisque, pendant cette période, 70 % de sa production est encore néogothique, et ce jusqu’aux années 1970 (Ill.1).
9En revanche, d’autres firmes moins prestigieuses ne suivent pas la même direction. Le fonds Bucol regroupe, entre autres, une partie des mises en carte des manufactures Bouvard Père & Fils, Cinier, Fatin et Lançon. Reconnues pour leurs prix modérés, les trois dernières maisons citées sont spécialisées dans le tissage d’étoffes « brochées soie, or faux et mi-fin », dont « les prix très bas sont à la portée des paroisses des petites villes et des villages »20. Au vu de sa production, Bouvard se situe dans ce même créneau. Or, chez ces fabricants, les décors classiques restent largement majoritaires (à près de 90 %) sur la période 1840-1920, qui aurait pourtant dû être dominée par le néogothique (Ill.2).
10Il faut enfin noter que, chez Henry, même si les motifs médiévaux sont les plus nombreux, ceux inspirés du XVIIIe siècle coexistent également bien au delà des années 1850 puisqu’ils représentent encore 20 % de sa production liturgique au XXe siècle21.
11Ces constatations tendent à montrer que le mouvement néogothique a peut-être moins touché le clergé de masse que les élites ou, du moins, qu’il ne l’a pas sensibilisé aussi rapidement. Reflet d’une idéologie religieuse et politique, le renouveau médiéval, dont l’apogée intellectuel se situe aux alentours de 1850, semble avoir mis du temps à s’imposer et à devenir la norme. On constate d’ailleurs ce même décalage entre la théorie et la pratique dans la forme des vêtements sacerdotaux. Très tôt, historiens et clercs22 prônent un retour aux formes amples du Moyen Âge, peu suivi en réalité puisque les chasubles restent majoritairement de forme classique, dite romaine, jusqu’au XXe siècle, sans doute pour des raisons de confort et de coût de fabrication23.
12Bien que certains fabricants soient davantage impliqués dans le renouveau gothique, ils restent avant tout des chefs d’entreprise soucieux de satisfaire leurs clients. Rappelons que l’offre (des industriels) correspond toujours à la demande (des prêtres). Pour cela, les soyeux lyonnais n’hésitent pas à fabriquer des ornements qui ne sont pas au goût du jour ou qui présentent des incohérences stylistiques en mêlant néogothique et classique, voire gothique et Art déco (Ill.3).
13Dans un souci de rentabilité, ils mettent également au point des astuces techniques qui diminuent les coûts de production. Par exemple, de nombreux tissus ne sont pas entièrement en soie mais comportent une trame de fond en lin, invisible sur l’endroit, qui assure un meilleur tombé à moindre coût. De même, les modèles tissés « à la forme », c’est-à-dire d’une seule pièce pour le tissu de fond, les orfrois et les galons, font économiser un très gros travail de confection en évitant découpes, coutures et superpositions. Ces vêtements sont quasiment « prêts à porter » (Ill.4).
14L’exemple le plus frappant de l’adaptabilité des fabricants est peut-être celui de la maison Henry, à la fois capable de créer des œuvres d’art exceptionnelles24 et d’imiter les coûteuses broderies en tissage afin de proposer des pièces moins chères. Ainsi, le passé empiétant, dit « peinture à l’aiguille », est remplacé par le brochage, technique qui reste luxueuse mais qui permet une plus grande rapidité d’exécution par la mécanisation et la répétition à l’infini des dessins. Le pinceautage, consistant à peindre directement le tissu pour lui donner un effet polychrome illusionniste, imite le passé plat de manière encore plus économique (Ill.5 et 6). Le tissage copie également la broderie métallique en relief, la tapisserie ou le point compté. Rappelons, de toute façon, que la broderie véritable est, elle aussi, plus ou moins coûteuse en fonction des points et des matériaux qu’elle emploie, depuis le passé plat jusqu’à la broderie mécanique qui envahit les ornements à partir de la fin du XIXe siècle.
15L’étude des archives des fabricants lyonnais laisse donc entrevoir la diversité des goûts, des idées et des moyens financiers. L’industrialisation et la démocratisation de la production, associées à la réforme liturgique, incitent désormais les prêtres au renouvellement de leur vestiaire. S’ils n’ont pas de pouvoir décisionnaire ni d’autonomie financière au sein des conseils de fabrique, ils peuvent cependant, à budget égal, se tourner vers tel ou tel type de décor et rester libres de leurs choix artistiques. Comme on l’a vu, ces courants stylistiques ne sont pas seulement le reflet des goûts ou des modes mais aussi des orientations doctrinaires. On note une différenciation nette entre la production « de masse », composée d’étoffes de moins bonne qualité et au décor qui reste très longtemps classique (davantage illustrée par le fonds Bucol) et une production plus luxueuse (fonds Prelle, Henry et Tassinari), plébiscitée par une élite intellectuelle qui se tourne très tôt vers le renouveau gothique, mouvement qui se standardise ensuite et donne lieu à une abondante interprétation. Les textiles sembleraient donc représenter un enjeu idéologique, que le clergé de masse ne suit pas forcément d’emblée. En « résistant » à l’élan néogothique, ce dernier marque peut-être sa prudence face à de nouveaux enjeux religieux. Il parvient en tout cas à faire pression sur les créateurs et à imposer la relative permanence du classique face au gothique.
Ill.1 : échantillon liturgique néogothique Henry n° 7171, année 1963, archives Prelle.
Cliché Florence Valantin

Ill.2 : mise en carte n° 2007, Bouvard Père & Fils, année 1856, archives Bucol.
Cliché Florence Valantin

Ill.3 : modèle de dalmatique, Henry, année 1930, coll. part.
Cliché Florence Valantin

Ill.4 : ornement complet tissé à la forme, mise en carte n° 454, année 1845, archives Bucol.
Cliché Florence Valantin

Ill.5 et 6 : satin façonné en cours de pinceautage n° 4453, Henry, année 1916 (coll. part.) et échantillon finalisé (archives Prelle).
Cliché Florence Valantin

Notes de bas de page
1 C. Aribaud, Soieries en sacristie, fastes liturgiques, XVIIe-XVIIIe siècles, Paris, 1998, pp. 80-82 et 105- 116.
2 Les prêtres sont 36000 en 1814 et 56000 en 1878. Voir G. Cholvy, Etre chrétien en France au XIXe siècle, 1790-1914, Paris, 1997, p. 62.
3 Voir l’article de R. Ladous dans B. Berthod, E. Hardouin-Fugier, Paramentica, tissus lyonnais et art sacré, 1800-1940, Lyon, 1992, p. 10-17.
4 P. Cayez, Métiers Jacquard et hauts fourneaux, aux origines de l’industrie lyonnaise, Presses universitaires de Lyon, 1978, p. 143-168.
5 On en recensait déjà 6000 en 1778. Voir : P. Arrizoli-Clémentel, Gilets brodés, modèles du XVIIIe siècle, musée des tissus, Lyon, Paris, 1993, p. 8.
6 Ces documents constituent les étapes successives de la fabrication d’une étoffe façonnée, dont le décor est créé par l’entrecroisement des fils de chaîne et de trame. Une gouache, exécutée par un dessinateur, est retranscrite sur une mise en carte (papier millimétré), qui représente les fils constituant le motif. la mise en carte permet le montage du métier à tisser et l’exécution répétitive du dessin. Voir à ce sujet l’article de F. Verzier dans L’art de la soie, Prelle, 1752-2002, des ateliers lyonnais aux palais parisiens, musée Carnavalet, Paris, 2002, p. 54-67.
7 M.F. du Bellay détaille le fonctionnement d’une entreprise et le contenu de ses archives dans op. cit., p. 69-98.
8 J.-M. Leniaud, « Le trésor néo-gothique de Moulins », Monuments Historiques, 1978, p. 55-60.
9 Archives Prelle, livre de commissions n° 10, année 1879. Le lampas, ici à fond cramoisi et décor jaune, est un tissu à double chaîne de belle qualité. Cet ensemble a été publié dans Paramentica, op. cit., p. 180-183.
10 Les pièces en dépôt chez les clients citées dans cet article sont tirées des archives Prelle, livre de stock n° 5.
11 Monsieur Zweibrucken, par exemple, est embauché par la maison Lamy & Giraud (prédécesseur de Prelle) en tant que « voyageur pour ornements d’église [sic], à partir de 1867 ». Archives Prelle, carnet d’employés n° 2, p. 48.
12 Paramentica, ouv. cit., p. 38.
13 Dans les archives Prelle, il apparaît qu’en 1875, Biais a dans son atelier pour 400 francs de marchandises, à savoir 52 mètres de lampas blanc et 2 garnitures de chapes blanches. Chez Tassinari, il commande plusieurs centaines de mètres de tissu entre 1867 et 1886. Chez Mathevon & Bouvard (fonds Bucol), il passe 16 commandes entre 1862 et 1867.
14 T. Dubus, dans son Catalogue de vente, Paris, 1880, pp.15-22, cite comme clients des abbés et des séminaristes. Biais aîné fils & Rondelet, dans son Catalogue alphabétique de tous les ornements d’église, Paris, mars 1877, note, p. 14 : « nous nous adressons surtout aux membres du clergé, aux communautés, aux fabriques, aux fidèles ».
15 Biais, op. cit., p. 63.
16 Biais, op. cit., pp. 2 et 4.
17 Pour le diocèse de Moulins, A. Chatard donne plusieurs exemples d’achats effectués par correspondance, expédiés par voie de chemin de fer et réglés à la gare. Voir son article : « Les ornements liturgiques au XIXe siècle : origine, fabrication et commercialisation, l’exemple du diocèse de Moulins (Allier) », In Situ, n° 11, 2009, p. 9-11. Biais précise, ouvr. cit., p. 2 et 3 : « il est utile de dire quelle est la gare de chemin de fer la plus rapprochée pour les envois (…). Vente et expédition pour tous les pays (…), écrire directement ».
18 F. Valantin, « Les acteurs du mouvement néogothique et la soierie lyonnaise », Bulletin de liaison du CIETA, n° 74, 1997, p. 171-181.
19 Le fonds Henry est conservé par la maison Prelle.
20 Rapports des Expositions des Produits de l’Industrie française de 1834 et 1839 cités par C. Moulin, Paramentica, op. cit., p. 62 et 64.
21 Pour le XXe siècle, la production liturgique d’Henry se décompose comme suit : 70 % de tissus néogothiques, 20 % de tissus classiques, 10 % de tissus Art déco.
22 B. Berthod, dans Paramentica, op. cit. p. 42-45, dresse une liste des précurseurs ayant œuvré au retour du Moyen Âge dans la liturgie et les objets sacrés. Citons, entre autres, Dom Guéranger, l’archéologue Didron et l’architecte anglais Pugin.
23 Biais, ouvr. cit., précise p. 63 : « nos chasubles (…) demi gothiques sont de 1/3 en plus des prix [des chasubles classiques] pour des qualités égales. [Pour] les chasubles dites gothiques primitives ou grandes formes (…), le prix est de 1/2 en plus de celui des chasubles [classiques] pour des qualités égales ».
24 Voir l’ensemble angélique brodé, notamment publié par J. Pagnon, et F. Valantin, Vue sur le paradis, la soie, le prêtre, les anges, collection Patrimoine, conseil général de la Manche, Saint-Lô, 2002.
Auteur
-
Florence Valantin
Conservateur délégué des antiquités et objets d’art de l’Ariège
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