• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16585 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16585 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires du Midi
  • ›
  • Méridiennes
  • ›
  • Habitats et peuplement dans les Pyrénées...
  • ›
  • Les structures de peuplement en Ribagorc...
  • Presses universitaires du Midi
  • Presses universitaires du Midi
    Presses universitaires du Midi
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Une structuration administrative hiérarchisée Le rôle du château dans le peuplement Le maillage religieux Le rôle des établissements religieux dans le peuplement La diversité des formes d’habitat Zone de frontière ou interface ? Notes de bas de page Auteur

    Habitats et peuplement dans les Pyrénées au Moyen Âge et à l’époque moderne

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Les structures de peuplement en Ribagorce dans les vallées de la noguera ribagorçana et de l’Isábena (ixe-xie siècles)

    Camille Cartault

    p. 37-48

    Texte intégral Une structuration administrative hiérarchisée Le rôle du château dans le peuplement Le maillage religieux Le rôle des établissements religieux dans le peuplement La diversité des formes d’habitat Zone de frontière ou interface ? Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Après l’invasion de la péninsule Ibérique au VIIIe siècle, les Pyrénées délimitent une zone de frontière entre les terres carolingiennes et le monde arabo-musulman. La Ribagorce sépare également la Catalogne, à l’est, du royaume navarro-aragonais, à l’ouest. Eloignée des grands axes de communication et centres politiques, cette bande de montagne offre des conditions de vie extrêmes. Son isolement et son enclavement en font, dès la période romaine, un lieu de refuge qui subit peu les évolutions socioculturelles apportées tout au long de l’histoire1. Sa position particulière lui permet alors de créer une société composée d’anciennes populations ibérobasques et de nouveaux arrivants, probablement des réfugiés ou des colons carolingiens. Ainsi, la région, comme toute l’Europe occidentale, connaît une forte croissance démographique et même économique entre le VIIIe et le XIe siècle. Lié à l’isolement et à la situation de frontière montagneuse, ce phénomène peut créer en Ribagorce des modalités de peuplement originales.

    2Pour mieux appréhender cette évolution, deux vallées vont être étudiées, l’Isábena et la Noguera Ribagorçana. Cette analyse comparative comprend toute la période d’apogée des monastères ribagorçans, dès les premiers actes documentés jusqu’à la perte de l’autonomie ribagorçane en faveur de Sanche III le Grand. Quatre sources principales sont employées, les cartulaires d’Alaón, de Lavaix et d’Obarra ainsi que les archives épiscopales de Roda2. La Noguera Ribagorçana est la mieux documentée avec le cartulaire d’Alaón débutant au IXe siècle3. Cette vallée étendue entretient des liens directs avec les régions septentrionales ou méridionales. Elle délimite également la frontière du Pallars. L’Isábena est plus réduite et enclavée, ce qui empêche un accès direct au sud et au nord. Elle est au centre du comté et protégée par ses deux vallées voisines, la Noguera Ribagorçana et l’Ésera. Elle accueille également le centre épiscopal de Roda. Par contre, cette zone n’est documentée qu’à partir du début du Xe siècle. De plus, les archives de Roda conservent peu de documents du haut Moyen Âge. Ces deux régions présentent donc des particularités dans leurs caractéristiques documentaires ainsi que géographiques, et probablement des spécificités vis-à-vis de leur peuplement. La croissance est sensible dans l’augmentation des castra, des établissements religieux et des villae. Chacun de ces groupes devra alors être étudié séparément afin de mieux comprendre leur fonction dans la configuration du peuplement entre le IXe et le XIe siècle.

    Une structuration administrative hiérarchisée

    3La documentation révèle tout d’abord une hiérarchisation administrative fondée sur trois types de circonscriptions : le comté, la vallée et le castrum. La division la plus importante est celle du comté ou comitatus de Ribagorce. Elle est mentionnée pour la première fois en 9644. Auparavant, les expressions pagus (929) ou vallis (939) sont employées5. Avec territorius, celles-ci désignent en fait un territoire géographique et non administratif, repris pour le deuxième type de circonscription. La société ribagorçane, comme toutes les sociétés de montagne, serait en effet structurée en vallées ou « districts castraux » selon l’expression d’André Constant ou Manuel Riu6. Ces circonscriptions se superposent aux zones géographiques délimitées par les vallées transversales. Elles peuvent prendre le nom d’un castrum (Valle Ariniense), d’une villa (Valle Splucafreta) ou d’un cours d’eau (Valle Baliera)7. L’exemple le plus surprenant est celui de la Valle Ripacurcense ou Ripacorca sur l’Isábena8. Elle prendrait le nom de son comté ou vice versa. Le castrum Ripacurza n’est mentionné qu’à trois reprises, et le plus souvent dans des documents faux9. Son existence reste donc douteuse. Néanmoins, d’après Antonio Pladevall i Font, il pourrait s’agir du castrum de Puigcercós (Poga Circuso)10. Il est alors présenté comme le « centre politique primitif » de la Ribagorce11.

    4L’exemple de la Valle Ripacurcense étayerait la thèse d’un district castral qui coïncide avec la vallée. Néanmoins, d’autres modèles le présenteraient comme une simple subdivision. Ainsi, dans le Pau Sovertense, cinq castra sont répertoriés aux Xe et XIe siècles12. Cette hiérarchisation administrative se développe parallèlement à une petite noblesse châtelaine. Les documents évoquent des hommes contrôlant un castrum ou un château, tel que les barones de Perves ou de Sas et le segnore de Llastarre13. Ces exemples ne sont encore qu’occasionnels, mais ils confirmeraient l’apparition de petits châtelains représentant sans doute un pouvoir comtal lointain. En effet, aucun château ne prend une position supérieure aux autres, en tant que résidence comtale ou centre politique. Le rôle du château dans le peuplement semble donc bien plus complexe qu’une simple fonction politique ou symbolique.

    Le rôle du château dans le peuplement

    5Une première génération de castra apparaît uniquement sur la Noguera Ribagorçana au IXe siècle14. Une majorité se concentre autour du Pas d’Escales et du monastère d’Alaón. Ensuite, Arén et Orrite sont implantés face à face sur un verrou qui ferme l’accès à la vallée. Tous ces sites se trouvent à des croisements de voies de communication. La deuxième génération de castra est fondée dès le milieu du Xe siècle. Dans la vallée de la Noguera Ribagorçana, douze sites apparaissent alors que dans celle de l’Isábena, seulement quatre sont répertoriés. Les castra de la Noguera Ribagorçana se répartissent en trois groupes dans une large zone, de Montañana à l’extrême sud à Montanuy au nord. Le premier ensemble est implanté dans la Valle Supedrunio près de la voie Arén-Obarra afin de surveiller l’accès à la vallée de l’Isábena15. Plus au nord, le Pao Sovertense regroupe trois castra et deux fortifications à proximité du chemin Lavaix-Senterada16. Le dernier groupe rassemble des sites éparpillés dans toute la dépression17. Ces nouveaux castra permettent donc de renforcer le réseau castral en privilégiant les axes de communication et les vallées transversales.

    6Dans la vallée de l’Isábena, la densité de fortifications au Xe siècle est plus faible avec huit castra ou fortifications18. La position stratégique de Puigcercós permet par exemple de surveiller l’accès aux vallées de l’Ésera et de Lierp. Par contre, Obarra ne dépend d’aucun district castral, à part la Valle Ripacurcense. Beaucoup de doutes subsistent au sujet des fortifications autour du centre monastique. Aucune ne s’impose véritablement comme si Obarra était trop puissant pour laisser s’implanter un autre châtelain. Les fortifications sont sans doute des tours-refuges, mises en place par les communautés rurales après l’expédition de Muhammad al-Tawal en 908. San Esteban de Mall, Gurp et Güel protègent Roda et l’entrée de la vallée.

    7Au début du XIe siècle, quatre castra viennent renforcer le réseau castral de la Noguera Ribagorçana. La tour de Castissent participe à la défense de la frontière sud au croisement de la voie nord-sud et de celle en direction du Pallars19. La localisation des sites du nord est plus problématique en cette période tardive. Erill et Sas sont par exemple éloignés des axes de communication20. Dans la région de l’Isábena, seuls deux nouveaux castra sont fondés21. Le site stratégique d’Orcau surplombe l’intersection des axes en direction de la frontière nord et de Montañana. Enfin, le cas de Ripacurza est plus complexe puisque son existence reste douteuse et sa localisation excentrée. Ces nouveaux castra sont ainsi implantés dans des zones septentrionales, à l’exception d’Orcau et de Castissent. A cette époque, les incursions musulmanes dévastent le nord de la péninsule et motivent sans doute la fondation de châteaux-refuges à l’intérieur des terres, comme le suggère Albert Benet i Clarà pour le nord de la Catalogne22.

    Le maillage religieux

    8Au sein du réseau ecclésiastique, le sommet de la pyramide est identifié avec le siège épiscopal de Roda, centre religieux et géographique de la Ribagorce23. Il pourrait ainsi jouer un rôle important dans le peuplement, même si celui-ci reste difficile à définir puisque la documentation épiscopale est rare pour les IXe-XIe siècles24. En parallèle, le clergé régulier implante des monastères dès le IXe siècle. Le long de la Noguera Ribagorçana, trois établissements sont fondés : Alaón, Lavaix et San Andrés de Barrabés25. Obarra est l’unique monastère de la vallée de l’Isábena du fait de la superficie réduite de la zone et de la présence de Roda. Le dernier échelon de ce réseau religieux est composé d’églises locales.

    9Ce maillage ecclésial permet alors d’implanter progressivement sur le territoire ribagorçan le système de la dîme paroissiale. Cette institution apparaît aux Xe-XIe siècles, en même temps que le réseau châtelain. Dès 976, Obarra reçoit des comtes Ramón II et Garsenda les parrochias de Calvera, Castrocit et Moréns26. En 1018, le tiers de la dîme de la paroisse de Fornons est également offert au dit monastère27. Ces exemples ne permettent pas de généraliser l’institution paroissiale à toute la région. Aux Xe-XIe siècles, la paroisse en tant que district religieux permet d’organiser la perception de la dîme ecclésiale. La dîme et la villa n’ont pas d’unité réelle, comme dans le cas de Fornons, contrairement au modèle navarrais de Juan José Larrea28. Ils proposent donc un cadre administratif afin de cloisonner et de taxer le peuplement comme dans les hautes vallées garonnaises de Paul Ourliac29.

    Le rôle des établissements religieux dans le peuplement

    10Les monastères sont fondés sur des points stratégiquement économiques. Alaón et Obarra se situent près des gorges calcaires (Pas d’Escales et Congost d’Obarra), points de transit entre deux régions économiquement complémentaires, les hautes régions pyrénéennes et les pré-Pyrénées30. Lavaix est établi au croisement de l’axe de la Noguera Ribagorçana et de celui qui part en direction de Senterada, en Pallars. San Andrés de Barrabés, à proximité de la frontière nord, est probablement rattaché au commerce entre les mondes carolingien et hispanique.

    11En ce qui concerne les établissements locaux, une forte augmentation se manifeste durant toute la période. Ceux-ci peuvent se regrouper en trois catégories : les églises castrales fondées à proximité d’une fortification, les églises « paroissiales » qui dépendent d’un noyau de peuplement et les établissements isolés pouvant correspondre à des chapelles ou prieurés. Cette répartition peut paraître néanmoins imparfaite. Dans tous les cas, la fondation d’une église révèle une certaine prospérité du peuplement ainsi que sa pérennité. Sur la Noguera Ribagorçana, seize toponymes religieux sont recensés au Xe siècle ; et sur l’Isábena, ils sont dix. Dans la première vallée, la majorité des sites sont des églises castrales alors que dans la seconde, il y en seulement deux31. La fondation de ce type d’établissement confirmerait donc la présence d’un peuplement, soit d’un représentant du pouvoir résidant dans la fortification soit d’un peuplement paysan, concentré ou bien dispersé. Néanmoins, au XIe siècle, une seule église castrale apparaît, San Martín de Montañana32, alors que le maillage paroissial prend plus d’ampleur.

    12Les églises dites « paroissiales » sont plus nombreuses que les précédentes. Dès le IXe siècle, la Noguera Ribagorçana en compte deux : San Vicente de Olobe et San Génis de Olibera, tous deux dans le castrum d’Orrite33. Aux Xe-XIe siècles, sept établissements sont rattachés à une villa34. Sur l’Isábena, la densité de ces églises est plus importante, surtout dans la partie nord de la vallée. Au Xe siècle, quatre toponymes sont mentionnés dont deux liés à la civitas de Roda35. La période suivante référence cinq autres sites36. La plupart se situent à proximité des axes de communication et de la rivière principale afin d’être facilement accessibles par le maximum de fidèles. Un réseau paroissial dense se met alors en place autour d’Obarra, là où la population est nombreuse.

    13La dernière catégorie composée de petites chapelles isolées dénombre beaucoup moins de sites. Dans la vallée de la Noguera Ribagorçana, sept établissements sont mentionnés sur toute la période. Dans celle de l’Isábena, ils sont au nombre de quatre, apparus tous au Xe siècle. Plus rares, ils sont souvent éloignés des axes de communication et des centres monastiques. Les vallées secondaires sont privilégiées, comme pour Santa Maria de Cajigar ou San Pedro de los Molinos37. Néanmoins, certains d’entre eux sont fondés aux alentours de zones peuplées comme San Martin de Coscolla et San Pedro de Llastanosa près de Roda ou Santa Maria de Noals près de Señin38. Enfin, un dernier groupe se situe près d’établissements castraux dans les vallées secondaires tel que San Martin de Sas, San Martin de Solà, San Esteban de Barreta, San Tirs de Vinyer ou San Martin de Holus39. Le maillage religieux prend donc différentes formes même s’il suit une seule directive, celle d’encadrer un peuplement de plus en plus dense.

    La diversité des formes d’habitat

    14L’augmentation des établissements castraux et religieux implique en corrélation une croissance démographique sensible dans la multiplication des villae. Au IXe siècle, sept noyaux de peuplement se concentrent autour de la Noguera Ribagorçana et d’Alaón. Selon Manuel Riu, le centre monastique, restauré par les Carolingiens, chercherait à reconstituer un ancien territoire40. Néanmoins, cela pourrait uniquement être un prétexte pour obtenir légalement des biens fonciers. Seules deux villae, Torogó et Coll, sont éloignées des centres monastiques41. Coll est localisée dans la zone pyrénéenne, sur le chemin de la Noguera de Tor. Elle représenterait un point d’ancrage pour la transhumance et le commerce avec le nord. Au Xe siècle, une seconde couronne de dix-huit sites apparaît à proximité du même monastère. Certains s’éloignent un peu plus de cet axe central. Les hautes vallées pyrénéennes de Víu ou de Baliera gagnent également quelques noyaux, aux alentours de nouveaux établissements religieux ou castraux ainsi que sur les axes de communication. Le monastère de Lavaix se crée également un territoire foncier dans la zone est de la vallée, sur la frontière. La dernière génération de villae (huit sites au XIe siècle) dessine un dernier périmètre autour des monastères et des axes de communication. En revanche, le sud de la région est totalement déserté.

    15Dans la vallée de l’Isábena, les formes de peuplement sont semblables. Au Xe siècle, la majorité des dix-sept villae est fondée autour d’Obarra et du cours d’eau principal. Seuls deux sites s’éloignent de cet axe central, Riperós sur la rivière de Laval et Castrocit au fond d’une vallée éponyme42. Les confluents sont bien peuplés car ils proposent de bonnes terres agricoles. Une seule villa, Alins, est établie dans la zone pyrénéenne43. Au XIe siècle, neuf nouvelles villae se concentrent aux alentours d’Obarra, dans la Valle Ripacurcense ou ses affluents. Villarué et Archas, sont établis dans la Zone Axiale, près d’un axe de communication44. Leur situation est probablement liée à la transhumance et au commerce avec le nord. Enfin, le site d’Esdolomada occupe le fond d’une vallée transversale complètement isolée45. De manière étonnante, la villa se situe sur le flanc nord-est du massif, dans une zone peu ensoleillée, basant probablement son activité sur l’élevage. Enfin, la zone sud est peu peuplée malgré la présence de Roda et d’établissements castraux. Obarra apparaît donc comme le centre polarisateur du peuplement dans la vallée de l’Isábena aux Xe-XIe siècles. Il faut néanmoins rester prudent car la documentation issue des archives de l’évêché est trop mince pour donner une véritable image du peuplement de cette région. La désertion des zones méridionales amène finalement à étudier le rôle de la frontière dans le peuplement.

    Zone de frontière ou interface ?

    16Les structures de peuplement de ces vallées dépendent fortement du rôle de la frontière, même si l’Isábena est plus enclavée. La nature même de la frontière, en tant que « no man’s land » ou interface, apparaît de manière contradictoire et complexe. La région méridionale est entièrement dépeuplée malgré la présence de rares établissements castraux ou ecclésiaux. Sur la Noguera Ribagorçana, une zone de 10 km est désertée entre Santa Candida et Montañana. Ceci est moins visible pour l’Isábena car la dépression rejoint précocement celle de l’Ésera. Néanmoins, près de 12 km séparent Güell de Benabarre. Les deux vallées sont donc peu liées aux régions musulmanes. Dans la documentation, les références aux musulmans se résument à des incursions dévastatrices ou le paiement de tribut46. De plus, aucune ligne de fortifications ne marque véritablement une frontière défensive. Les tours-refuges s’éparpillent dans un territoire plus large et septentrional.

    17En revanche, le contact avec le monde carolingien est plus concret. La frontière nord est mieux peuplée avec la présence de quelques villae et établissements religieux comme Archas ou San Andrés de Barrabés. Des colons francs sont même mentionnés en Ribagorce47. Ce peuplement induit donc des relations humaines et économiques le long de la frontière. De surcroît, la documentation fait référence maintes fois aux comtes carolingiens pour dater les chartes48. Le système monétaire carolingien, en sous (solidos) et deniers (argentos) est utilisé durant toute la période49. Un lien politique et économique apparaît donc sans équivoque. Il ne faut pas oublier que dans un premier temps, les comtes toulousains font rédiger des préceptes en faveur de monastères ribagorçans50. Dans tous les cas, la frontière en tant qu’interface joue une fonction prépondérante dans le peuplement puisque les axes de communication entre nord et sud ou est et ouest sont fortement peuplés. Lavaix organise bien son territoire foncier à proximité de la frontière est, face au Pallars.

    18En somme, la Ribagorce présente une hiérarchisation du peuplement fondée sur la vallée, le district castral et les villae en tant que cadres dimaires et paroissiaux. Ces cadres administratifs de type carolingien semblent être superposés, de manière plus au moins efficace, aux structures traditionnelles. En effet, il n’y a pas toujours de coïncidence parfaite entre les districts castraux et les vallées ; et des circonscriptions peuvent même se passer de château. En parallèle, le monastère joue un rôle prépondérant dans la région. Les possessions foncières monastiques se répartissent dans toute la vallée et même au-delà sans être jamais gênées par les différentes structures administratives ou châtelaines. Le réseau ecclésial est, avant tout, dirigé par les ensembles monastiques afin d’établir des points d’ancrage et d’encadrer la population. Ainsi, le peuplement n’est pas forcément organisé à partir des centres forts comme les châteaux ou les églises. Il s’agirait plutôt d’une tentative d’adaptation, plus ou moins réussie, de cadres administratifs hiérarchisés à des structures de peuplement traditionnelles ou d’une réutilisation de ces anciens cadres. Le phénomène de frontière donne en plus à la Ribagorce une certaine originalité, comparé à d’autres régions voisines. Que ce soit en haute vallée garonnaise ou en Navarre, les châteaux du haut Moyen Âge sont rares, contrairement à notre zone d’étude51. Le château-refuge joue un rôle important même s’il n’efface pas les anciens cadres52. Sa fonction reste surtout symbolique avant d’être défensive ou politique. Le type de peuplement se rapprocherait donc du modèle pyrénéen catalan présenté par Jordí Bolòs53. Ce phénomène engendre ainsi une diversité de modalités de peuplement : dans les vallées principale ou transversales, en fond de vallée ou à flanc de montagne, à proximité d’un monastère ou d’une église, dans un district castral ou non, proche d’une frontière ou de zones de transit, complètement isolé. Entre le IXe et le XIe siècle, les deux vallées ribagorçanes connaissent donc une croissance économique et démographique qui leur permet de composer un peuplement d’une grande stabilité. Une grande partie des toponymes recensés ont perduré jusqu’à nos jours. Cette période du haut Moyen Âge est finalement à l’origine des fondements mêmes du peuplement ribagorçan actuel.

    Figure 1 : Le peuplement de la Noguera Ribagorçana (IXe-XIe siècles)

    Image 10000000000001E0000003E8FFB267E76D292EE1.jpg

    Figure 2 : Le peuplement de l’Isábena (Xe-XIe siècles)

    Image 10000000000001DE000003ECD13B0FFD22816C5E.jpg

    Notes de bas de page

    1 R. d’Abadal i de Vinyals, Catalunya Carolíngia, III Els comtats de Pallars i Ribagorça, vol. 1, Barcelone, 1955, p. 9.
    L. Solé I Sabaris, Geografia de Catalunya, II Geografia comarcal, Barcelone, 1964, p. 106.

    2 L. Corral Lafuente (éd.), El cartulario de Alaón, Saragosse, 1984. (CA)
    A. Ubieto Arteta (éd.), Documentas del monasterio de Obarra anteriores al año mil, Saragosse, 1989. (Ob.)
    A. J. martin Duque (éd.), Colección Diplomática de Obarra (siglos XI-XIII), Saragosse, 1965. (CDO)
    I. Puig I Ferreté (éd.), El cartoral de Santa Maria de Lavaix. El monestir durant els segles XI-XIII, La Seu d’Urgell, 1984. (SML)
    J. F. Yela Utrilla (éd.), El cartulario de Roda, 1.1, Lérida, 1932. (CR)
    Les ouvrages suivants proposent également des documents inédits : M. Serrano y Sanz (éd.), Noticias y documentas históricos del condado de Ribagorza hasta la muerte de Sancho Garcés (1035), Madrid, 1912. (SerN) R. d’Abadal i de Vinyals, Catalunya Carolíngia III, vol. 2. (CCIII)

    3 CA, charte n° 1 (806).

    4 CA, charte n° 132 (964).

    5 Ob., charte n° 13 (929, Faux) et CCIII, vol. 2, charte n° 146 (939).

    6 A. Constant, du castrum à la seigneurie : pouvoirs et occupation du sol dans les massifs des Albères et ses marges (IIIe siècle- XIIe siècle), 2 volumes, Toulouse, 2005, p. 10. M. Riu, « La feudalització del camp català », Cuadernos de Historia económica de Cataluña, 19, p. 29-46.

    7 CA, chartes n° 12 (845, Valle Ariniense), 100 (917, Valle Splucafreta) et 104 (926, Valle Baliera).

    8 CCIII, vol. 2, chartes n° 146 (939, Valle Ripacorca) et 166 (955, Valle Ripacurcense).

    9 Ob., chartes n° 5 (920, Faux) et 13 (929, Faux). CDO, charte n° 5 (1004).

    10 Ob., charte n° 21 (941).

    11 A. Pladevall i font (dir.), Catalunya Romànica, XVI La Ribagorça, Barcelone, 1996, p. 67.

    12 CCIII, vol. 2, chartes n° 154 (947, Víu) et 166 (955, Suert).
    SML, chartes n° 1 (1004-1005, Gironella), 17 (1024, Erill) et 18 (1024, Sas).

    13 SerN, p. 307-308 (954, Perves et Sas). CA, charte n° 210 (988-996, Llastarre).

    14 CA, chartes n° 3 (823, Arén), 4 (826, Orrite), 8 (837, Mirallas), 29 (851, Aulet) et 50 (871, Sopeira).

    15 CCIII, vol. 2, chartes n° 175 (958, Iscles), 134 (923, Toralla).
    CA, charte n° 138 (968, Comudella), 190 (989, Soperún) et 212 (988-996, Puy Alto).

    16 CA, chartes n° 185 (987, Peranera). CCIII, vol. 2, chartes n° 154 (947, Vîu), 166 (954, Suert) et 172 (958, Geronella). Geronnella est ensuite mentionné comme castrum (SML-17,1004-1005).

    17 CA, chartes n° 101 (918, Bellasia), 178 (979, Castarnés), 184 (984, Turre), 203 (987-995, Castellón de Tor), 206 (987-995, Montañana), 213 (988-996, Torricellas) et 222 (vers an mil, Montanuy).
    CCIII, vol. 2, chartes n° 187 (961, Adons).

    18 Ob., chartes n° 13 (929, Torre la Ribera), 21 (941, Puigcercós), 27 (947, Faux, Puy Alto de Ballabriga), 29 (947, Faux, Puy Alto et Sacioly) et 42 (962, Puy de Calvera)
    CA, chartes n° 132 (964, San Esteban de Mall) et 139 (969, Corb ou Gurp).
    CCIII, vol. 2, charte n° 316 (996, Güel).

    19 CA, charte n° 244 (1024-1030).

    20 SML, chartes n° 10 (1016-1035, Viuet), 17 (1024, Erill) et 18 (1024, Sas).

    21 CA, charte n° 229 (1016, Orcau ou Orcall). CDO, charte n° 5 (1004, Ripacurza).

    22 A. BENET I Clarà, « Castells, guàrdies i torres de defensa », Symposium internacional sobre els orígens de Catalunya (segles VIII-XI), Barcelone, 1991, p. 397-398.

    23 CR, charte n° 1 (956). Consécration de la cathédrale de San Vicente de Roda.

    24 CCIII, vol. 1, p. 14-15 et 46-49. CCIII, vol. 2, chartes n° 217 (972) et 316 (996).
    SerN, p. 481-482 (1017), 482-484 (1017) et 484-486 (1018).

    25 CA, charte n° 1 (806-814, Alaón). CCIII, vol. 2, charte n° 40 (848-849, Lavaix). SerN, p. 481-482 (1017, San Andrés de Barrabés).

    26 SerN, p. 330-331 (976).

    27 CDO, charte n° 30 (1018).

    28 CDO, charte n° 14 (1010) « ilia tercia parte de ipso omnines qui ibi habitant iam infeo quant in ipsa decimam... ».
    J. J. Larrea, La Navarre du IVe au XIIe siècle... p. 255.

    29 P. Ourliac, Les pays de Garonne vers l’an mil. La société et le droit, Toulouse, 1993, p. 45.

    30 C. Cartault, Habitats et peuplement en Ribagorce et Pallars du VIIIe au XIe siècle, Mémoire dactylographié de Master 1, Université Toulouse II Le Mirail, 2006, p. 28-29.

    31 Vallée de la Noguera Ribagorçana : San Saturniní de Aulet (CA-110, 942), San Vicente et Santa Maria de Soperún (CCIII-161, 950 et CA-216, 988-996), Santa Bella de Orrite (CA-118, 958), Santa María de Castellón de Tor (CA-203, 987-995), Sant Hilari de Llastarre (CA-158, 974), Santa María de Iscles (CA-170, 979), San Johanis de Víu (CCIII-154, 947) ou Santa María de Montañana (CA- 208, 988-996).
    Vallée de l’Isábena : Santa María de Güell (CCIII-316,996) et San Esteban de Mall (Ob.-44,973).

    32 CA, charte n° 233 (1021).

    33 CA, chartes n° 10 (841-845, Olobe) et 18 (845, Olibera).

    34 Santa Eulalia (Ob.-28 Faux, 947) ou San Julian de Señin (CA-186, 987), Santa Candida de Santa Candida (CA-151, 973), San Clemente de Torogó (CA-153, 974) et San Vicente de Esplugafreda (CA-189, 988). Santa María de Lacera (SML-3,1007) et San Martin de Castanesa (CA-232,1016).

    35 La cathédrale de San Vicente (CR-1, 956) et de Santa María de Roda (Ob.-55, 988-996), San Martin de Calvera (Ob.-42,962) et Santa María de Pedrui (CA-148, 972).

    36 Santa Maria de Fornons (CDO-114, 1010), San Clemente de Raluy (CDO-8, 1007), Sant Aventín de Villacarlí (CDO-8, 1007), San Esteban (CDO-97, 1020) et San Clemente de Ballabriga (CDO-87, 1020) et Santa María de Archas (CDO-36,1019).

    37 SerN, p. 117 (début du Xe siècle Faux, Cajigar). CA, charte n° 185 (987, Los Molinos).

    38 CCIII, chartes n° 279 (988, Llastanosa) et 316 (996, Coscolla). CA, charte n° 236 (1024, Noals).

    39 CA, chartes n° 12 (845, Solà), 53 (874, Sas), 193 (989, Vinyer), 224 (1010, Barreta) et 233 (1021, Holus).

    40 M. Riu, « El monasterio de Santa Maria de Alaón y su patrimonio en el siglo IX » Homenaje a Don Jose Maria Lacarra de Miguel en su Jubilacion de profesorado, Estudios Medievales, 1, 1977, p. 63-86.

    41 CA, chartes n° 2 (819, Coll) et 9 (838, Torogó).

    42 Ob., chartes n° 53 (988, Riperós) et 54 (987-990, Castrocit).

    43 Ob., charte n° 46 (977, Faux).

    44 CDO, chartes n° 20 (1013, Archas) et 36 (1019, Villarué).

    45 CDO, charte n° 102 (1023).

    46 CDO, charte n° 102 (1023). L’église de Santa Maria de Nocellas est consacrée une deuxième fois après avoir été détruite par les Sarrasins (quam gens sarracenorum destruxit...).
    CA, charte n° 224 (1010). Alaón doit payer un tribut de 40 sous aux musulmans (illos paganos).

    47 SerN, p. 354-355 (968). Présence de hominibus franchorum près de Llastarre. Il s’agirait bien, selon Manuel Serrano y Sanz, d’une colonie franque et non d’hommes libres.

    48 CA, charte n° 3 (823) : Facta carta [...] anno X. régnante Leodevico imperatore.

    49 R. d’Abadal i de Vinyals, « Pallars i Ribagorça en los siglos IX i X », Pirineos, 13, n° 43-46, janvier-décembre 1957, p. 67-68.

    50 CA, chartes n° 1 (806-814, comte Bigon), 5 (816-833, comte Bérenger) et 6 (833-834, comte Galindo).

    51 P. Ourliac, Les pays de Garonne... p. 44.
    J. J. Larrea, La Navarre du IVe au XIIe siècle... p. 255.

    52 J. Bolòs, « Le rôle du château et de l’église dans la structuration de l’habitat dans les Pyrénées catalanes. Les exemples du Pallars Sobirà et de la Garrotxa », M. Berthe, B. Cursente (éds.), Villages pyrénéens. Morphogénèse d’un habitat de montagne, Toulouse, 2000, p. 97-98 et 102-103.

    53 J. Bolòs, « Poblament i societat. Transformacions en el tipus d’habitat a Catalunya a l’edat mitjana », Sociedades en transición. IV Congreso de Arqueología Medieval Española, t. 2, Alicante, 1994, p. 332. Voir aussi : J. Bolòs, Els orígens medievals del paisatge català. L’arqueologia del paisatge com a font per conèixer la història de Catalunya, Barcelone, 2004.

    Auteur

    • Camille Cartault
    Précédent Suivant
    Table des matières

    Cette publication numérique est issue d’un traitement automatique par reconnaissance optique de caractères.

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Mine claire

    Mine claire

    Des paysages, des techniques et des hommes. Les techniques de préparations des minerais de fer en Franche-Comté, 1500-1850

    Hélène Morin-Hamon

    2013

    Études sur la sociabilité à Toulouse et dans le Midi toulousain de l’Ancien Régime à la Révolution

    Études sur la sociabilité à Toulouse et dans le Midi toulousain de l’Ancien Régime à la Révolution

    Michel Taillefer

    2014

    « Rapprocher l’école et la vie » ?

    « Rapprocher l’école et la vie » ?

    Une histoire des réformes de l’enseignement en Russie soviétique (1918-1964)

    Laurent Coumel

    2014

    Lodève, cité occitane

    Lodève, cité occitane

    Patrimoine occitan en Lodévois

    Éliane Gauzit (dir.)

    2015

    Conseiller les juges au Moyen Âge

    Conseiller les juges au Moyen Âge

    Martine Charageat (dir.)

    2014

    Les imprimeurs-libraires toulousains et leur production au XVIIIe siècle (1739-1788)

    Les imprimeurs-libraires toulousains et leur production au XVIIIe siècle (1739-1788)

    Claudine Adam

    2015

    Los malos saberes

    Los malos saberes

    Folke Gernert (dir.)

    2015

    Sedes Sapientiae

    Sedes Sapientiae

    Vierges noires, culte marial et pèlerinages en France méridionale

    Sophie Brouquet (dir.)

    2016

    Dissidences en Occident des débuts du christianisme au XXe siècle

    Dissidences en Occident des débuts du christianisme au XXe siècle

    Le religieux et le politique

    Jean-Pierre Albert, Anne Brenon et Pilar Jiménez (dir.)

    2015

    Mauvais sujets dans les Amériques

    Mauvais sujets dans les Amériques

    Clara Duterme, Marion Giraldou et Abigail Mira (dir.)

    2016

    Huit ans de République en Espagne

    Huit ans de République en Espagne

    Entre réforme, guerre et révolution (1931-1939)

    Jean-Pierre Almaric, Geneviève Dreyfus-Armand et Bruno Vargas (dir.)

    2017

    Adivinos, médicos y profesores de secretos en la España áurea

    Adivinos, médicos y profesores de secretos en la España áurea

    Folke Gernert (dir.)

    2017

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Mine claire

    Mine claire

    Des paysages, des techniques et des hommes. Les techniques de préparations des minerais de fer en Franche-Comté, 1500-1850

    Hélène Morin-Hamon

    2013

    Études sur la sociabilité à Toulouse et dans le Midi toulousain de l’Ancien Régime à la Révolution

    Études sur la sociabilité à Toulouse et dans le Midi toulousain de l’Ancien Régime à la Révolution

    Michel Taillefer

    2014

    « Rapprocher l’école et la vie » ?

    « Rapprocher l’école et la vie » ?

    Une histoire des réformes de l’enseignement en Russie soviétique (1918-1964)

    Laurent Coumel

    2014

    Lodève, cité occitane

    Lodève, cité occitane

    Patrimoine occitan en Lodévois

    Éliane Gauzit (dir.)

    2015

    Conseiller les juges au Moyen Âge

    Conseiller les juges au Moyen Âge

    Martine Charageat (dir.)

    2014

    Les imprimeurs-libraires toulousains et leur production au XVIIIe siècle (1739-1788)

    Les imprimeurs-libraires toulousains et leur production au XVIIIe siècle (1739-1788)

    Claudine Adam

    2015

    Los malos saberes

    Los malos saberes

    Folke Gernert (dir.)

    2015

    Sedes Sapientiae

    Sedes Sapientiae

    Vierges noires, culte marial et pèlerinages en France méridionale

    Sophie Brouquet (dir.)

    2016

    Dissidences en Occident des débuts du christianisme au XXe siècle

    Dissidences en Occident des débuts du christianisme au XXe siècle

    Le religieux et le politique

    Jean-Pierre Albert, Anne Brenon et Pilar Jiménez (dir.)

    2015

    Mauvais sujets dans les Amériques

    Mauvais sujets dans les Amériques

    Clara Duterme, Marion Giraldou et Abigail Mira (dir.)

    2016

    Huit ans de République en Espagne

    Huit ans de République en Espagne

    Entre réforme, guerre et révolution (1931-1939)

    Jean-Pierre Almaric, Geneviève Dreyfus-Armand et Bruno Vargas (dir.)

    2017

    Adivinos, médicos y profesores de secretos en la España áurea

    Adivinos, médicos y profesores de secretos en la España áurea

    Folke Gernert (dir.)

    2017

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    • leslibraires.fr
    ePub / PDF

    1 R. d’Abadal i de Vinyals, Catalunya Carolíngia, III Els comtats de Pallars i Ribagorça, vol. 1, Barcelone, 1955, p. 9.
    L. Solé I Sabaris, Geografia de Catalunya, II Geografia comarcal, Barcelone, 1964, p. 106.

    2 L. Corral Lafuente (éd.), El cartulario de Alaón, Saragosse, 1984. (CA)
    A. Ubieto Arteta (éd.), Documentas del monasterio de Obarra anteriores al año mil, Saragosse, 1989. (Ob.)
    A. J. martin Duque (éd.), Colección Diplomática de Obarra (siglos XI-XIII), Saragosse, 1965. (CDO)
    I. Puig I Ferreté (éd.), El cartoral de Santa Maria de Lavaix. El monestir durant els segles XI-XIII, La Seu d’Urgell, 1984. (SML)
    J. F. Yela Utrilla (éd.), El cartulario de Roda, 1.1, Lérida, 1932. (CR)
    Les ouvrages suivants proposent également des documents inédits : M. Serrano y Sanz (éd.), Noticias y documentas históricos del condado de Ribagorza hasta la muerte de Sancho Garcés (1035), Madrid, 1912. (SerN) R. d’Abadal i de Vinyals, Catalunya Carolíngia III, vol. 2. (CCIII)

    3 CA, charte n° 1 (806).

    4 CA, charte n° 132 (964).

    5 Ob., charte n° 13 (929, Faux) et CCIII, vol. 2, charte n° 146 (939).

    6 A. Constant, du castrum à la seigneurie : pouvoirs et occupation du sol dans les massifs des Albères et ses marges (IIIe siècle- XIIe siècle), 2 volumes, Toulouse, 2005, p. 10. M. Riu, « La feudalització del camp català », Cuadernos de Historia económica de Cataluña, 19, p. 29-46.

    7 CA, chartes n° 12 (845, Valle Ariniense), 100 (917, Valle Splucafreta) et 104 (926, Valle Baliera).

    8 CCIII, vol. 2, chartes n° 146 (939, Valle Ripacorca) et 166 (955, Valle Ripacurcense).

    9 Ob., chartes n° 5 (920, Faux) et 13 (929, Faux). CDO, charte n° 5 (1004).

    10 Ob., charte n° 21 (941).

    11 A. Pladevall i font (dir.), Catalunya Romànica, XVI La Ribagorça, Barcelone, 1996, p. 67.

    12 CCIII, vol. 2, chartes n° 154 (947, Víu) et 166 (955, Suert).
    SML, chartes n° 1 (1004-1005, Gironella), 17 (1024, Erill) et 18 (1024, Sas).

    13 SerN, p. 307-308 (954, Perves et Sas). CA, charte n° 210 (988-996, Llastarre).

    14 CA, chartes n° 3 (823, Arén), 4 (826, Orrite), 8 (837, Mirallas), 29 (851, Aulet) et 50 (871, Sopeira).

    15 CCIII, vol. 2, chartes n° 175 (958, Iscles), 134 (923, Toralla).
    CA, charte n° 138 (968, Comudella), 190 (989, Soperún) et 212 (988-996, Puy Alto).

    16 CA, chartes n° 185 (987, Peranera). CCIII, vol. 2, chartes n° 154 (947, Vîu), 166 (954, Suert) et 172 (958, Geronella). Geronnella est ensuite mentionné comme castrum (SML-17,1004-1005).

    17 CA, chartes n° 101 (918, Bellasia), 178 (979, Castarnés), 184 (984, Turre), 203 (987-995, Castellón de Tor), 206 (987-995, Montañana), 213 (988-996, Torricellas) et 222 (vers an mil, Montanuy).
    CCIII, vol. 2, chartes n° 187 (961, Adons).

    18 Ob., chartes n° 13 (929, Torre la Ribera), 21 (941, Puigcercós), 27 (947, Faux, Puy Alto de Ballabriga), 29 (947, Faux, Puy Alto et Sacioly) et 42 (962, Puy de Calvera)
    CA, chartes n° 132 (964, San Esteban de Mall) et 139 (969, Corb ou Gurp).
    CCIII, vol. 2, charte n° 316 (996, Güel).

    19 CA, charte n° 244 (1024-1030).

    20 SML, chartes n° 10 (1016-1035, Viuet), 17 (1024, Erill) et 18 (1024, Sas).

    21 CA, charte n° 229 (1016, Orcau ou Orcall). CDO, charte n° 5 (1004, Ripacurza).

    22 A. BENET I Clarà, « Castells, guàrdies i torres de defensa », Symposium internacional sobre els orígens de Catalunya (segles VIII-XI), Barcelone, 1991, p. 397-398.

    23 CR, charte n° 1 (956). Consécration de la cathédrale de San Vicente de Roda.

    24 CCIII, vol. 1, p. 14-15 et 46-49. CCIII, vol. 2, chartes n° 217 (972) et 316 (996).
    SerN, p. 481-482 (1017), 482-484 (1017) et 484-486 (1018).

    25 CA, charte n° 1 (806-814, Alaón). CCIII, vol. 2, charte n° 40 (848-849, Lavaix). SerN, p. 481-482 (1017, San Andrés de Barrabés).

    26 SerN, p. 330-331 (976).

    27 CDO, charte n° 30 (1018).

    28 CDO, charte n° 14 (1010) « ilia tercia parte de ipso omnines qui ibi habitant iam infeo quant in ipsa decimam... ».
    J. J. Larrea, La Navarre du IVe au XIIe siècle... p. 255.

    29 P. Ourliac, Les pays de Garonne vers l’an mil. La société et le droit, Toulouse, 1993, p. 45.

    30 C. Cartault, Habitats et peuplement en Ribagorce et Pallars du VIIIe au XIe siècle, Mémoire dactylographié de Master 1, Université Toulouse II Le Mirail, 2006, p. 28-29.

    31 Vallée de la Noguera Ribagorçana : San Saturniní de Aulet (CA-110, 942), San Vicente et Santa Maria de Soperún (CCIII-161, 950 et CA-216, 988-996), Santa Bella de Orrite (CA-118, 958), Santa María de Castellón de Tor (CA-203, 987-995), Sant Hilari de Llastarre (CA-158, 974), Santa María de Iscles (CA-170, 979), San Johanis de Víu (CCIII-154, 947) ou Santa María de Montañana (CA- 208, 988-996).
    Vallée de l’Isábena : Santa María de Güell (CCIII-316,996) et San Esteban de Mall (Ob.-44,973).

    32 CA, charte n° 233 (1021).

    33 CA, chartes n° 10 (841-845, Olobe) et 18 (845, Olibera).

    34 Santa Eulalia (Ob.-28 Faux, 947) ou San Julian de Señin (CA-186, 987), Santa Candida de Santa Candida (CA-151, 973), San Clemente de Torogó (CA-153, 974) et San Vicente de Esplugafreda (CA-189, 988). Santa María de Lacera (SML-3,1007) et San Martin de Castanesa (CA-232,1016).

    35 La cathédrale de San Vicente (CR-1, 956) et de Santa María de Roda (Ob.-55, 988-996), San Martin de Calvera (Ob.-42,962) et Santa María de Pedrui (CA-148, 972).

    36 Santa Maria de Fornons (CDO-114, 1010), San Clemente de Raluy (CDO-8, 1007), Sant Aventín de Villacarlí (CDO-8, 1007), San Esteban (CDO-97, 1020) et San Clemente de Ballabriga (CDO-87, 1020) et Santa María de Archas (CDO-36,1019).

    37 SerN, p. 117 (début du Xe siècle Faux, Cajigar). CA, charte n° 185 (987, Los Molinos).

    38 CCIII, chartes n° 279 (988, Llastanosa) et 316 (996, Coscolla). CA, charte n° 236 (1024, Noals).

    39 CA, chartes n° 12 (845, Solà), 53 (874, Sas), 193 (989, Vinyer), 224 (1010, Barreta) et 233 (1021, Holus).

    40 M. Riu, « El monasterio de Santa Maria de Alaón y su patrimonio en el siglo IX » Homenaje a Don Jose Maria Lacarra de Miguel en su Jubilacion de profesorado, Estudios Medievales, 1, 1977, p. 63-86.

    41 CA, chartes n° 2 (819, Coll) et 9 (838, Torogó).

    42 Ob., chartes n° 53 (988, Riperós) et 54 (987-990, Castrocit).

    43 Ob., charte n° 46 (977, Faux).

    44 CDO, chartes n° 20 (1013, Archas) et 36 (1019, Villarué).

    45 CDO, charte n° 102 (1023).

    46 CDO, charte n° 102 (1023). L’église de Santa Maria de Nocellas est consacrée une deuxième fois après avoir été détruite par les Sarrasins (quam gens sarracenorum destruxit...).
    CA, charte n° 224 (1010). Alaón doit payer un tribut de 40 sous aux musulmans (illos paganos).

    47 SerN, p. 354-355 (968). Présence de hominibus franchorum près de Llastarre. Il s’agirait bien, selon Manuel Serrano y Sanz, d’une colonie franque et non d’hommes libres.

    48 CA, charte n° 3 (823) : Facta carta [...] anno X. régnante Leodevico imperatore.

    49 R. d’Abadal i de Vinyals, « Pallars i Ribagorça en los siglos IX i X », Pirineos, 13, n° 43-46, janvier-décembre 1957, p. 67-68.

    50 CA, chartes n° 1 (806-814, comte Bigon), 5 (816-833, comte Bérenger) et 6 (833-834, comte Galindo).

    51 P. Ourliac, Les pays de Garonne... p. 44.
    J. J. Larrea, La Navarre du IVe au XIIe siècle... p. 255.

    52 J. Bolòs, « Le rôle du château et de l’église dans la structuration de l’habitat dans les Pyrénées catalanes. Les exemples du Pallars Sobirà et de la Garrotxa », M. Berthe, B. Cursente (éds.), Villages pyrénéens. Morphogénèse d’un habitat de montagne, Toulouse, 2000, p. 97-98 et 102-103.

    53 J. Bolòs, « Poblament i societat. Transformacions en el tipus d’habitat a Catalunya a l’edat mitjana », Sociedades en transición. IV Congreso de Arqueología Medieval Española, t. 2, Alicante, 1994, p. 332. Voir aussi : J. Bolòs, Els orígens medievals del paisatge català. L’arqueologia del paisatge com a font per conèixer la història de Catalunya, Barcelone, 2004.

    Habitats et peuplement dans les Pyrénées au Moyen Âge et à l’époque moderne

    X Facebook Email

    Habitats et peuplement dans les Pyrénées au Moyen Âge et à l’époque moderne

    Ce livre est cité par

    • La fabrique de la création artistique : Approche historiographique et épistémologique du processus de la commande au Moyen Âge : l’exemple des peintures murales du Midi de la France aux âges romans (XIe-XIIe siècle). DOI: 10.70675/32f4d027zc2a2z4b29z85b1z3dbe11311ea5

    Ce chapitre est cité par

    • Tomás Faci, Guillermo. (2016) Montañas, comunidades y cambio social en el Pirineo medieval. DOI: 10.4000/books.pumi.17001

    Habitats et peuplement dans les Pyrénées au Moyen Âge et à l’époque moderne

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Habitats et peuplement dans les Pyrénées au Moyen Âge et à l’époque moderne

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Cartault, C. (2009). Les structures de peuplement en Ribagorce dans les vallées de la noguera ribagorçana et de l’Isábena (ixe-xie siècles). In J.-P. Barraqué & P. Sénac (éds.), Habitats et peuplement dans les Pyrénées au Moyen Âge et à l’époque moderne. Toulouse: Presses universitaires du Midi. https://doi.org/10.4000/books.pumi.30121
    Cartault, Camille. « Les structures de peuplement en Ribagorce dans les vallées de la noguera ribagorçana et de l’Isábena (ixe-xie siècles) ». In Habitats et peuplement dans les Pyrénées au Moyen Âge et à l’époque moderne, édité par Jean-Pierre Barraqué et Philippe Sénac. Toulouse: Presses universitaires du Midi, 2009. doi:10.4000/books.pumi.30121.
    Cartault, Camille. « Les structures de peuplement en Ribagorce dans les vallées de la noguera ribagorçana et de l’Isábena (ixe-xie siècles) ». Habitats et peuplement dans les Pyrénées au Moyen Âge et à l’époque moderne, édité par Jean-Pierre Barraqué et Philippe Sénac, Presses universitaires du Midi, 2009, https://doi.org/10.4000/books.pumi.30121.

    Référence numérique du livre

    Format

    Barraqué, J.-P., & Sénac, P. (éds.). (2009). Habitats et peuplement dans les Pyrénées au Moyen Âge et à l’époque moderne. Toulouse: Presses universitaires du Midi. https://doi.org/10.4000/books.pumi.30086
    Barraqué, Jean-Pierre, et Philippe Sénac, éd. Habitats et peuplement dans les Pyrénées au Moyen Âge et à l’époque moderne. Toulouse: Presses universitaires du Midi, 2009. doi:10.4000/books.pumi.30086.
    Barraqué, Jean-Pierre, et Philippe Sénac, éditeurs. Habitats et peuplement dans les Pyrénées au Moyen Âge et à l’époque moderne. Presses universitaires du Midi, 2009, https://doi.org/10.4000/books.pumi.30086.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires du Midi

    Presses universitaires du Midi

    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • Flux RSS

    URL : http://pum.univ-tlse2.fr

    Email : pum@univ-tlse2.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement