Conclusion de la deuxième partie
p. 237
Texte intégral
1La vogue des bains de mer qui se diffuse sur la Côte d’Argent à la Belle Epoque s’est accompagnée d’un mouvement urbanistique sans précédent. Des dizaines de stations balnéaires ont été bâties en quelques décennies sur ce littoral et la plupart ex-nihilo. Les architectes de l’époque ont alors pu développer leur créativité et d’autant plus que les conditions y sont propices avec le retour de la croissance économique. Et ce mouvement d’expansion touristique a vu l’émergence d’une architecture originale, reflet de l’identité de ce territoire : le style basco-landais. Il s’agit aussi de donner une identité balnéaire aux stations afin de les distinguer des bourgs voisins et qui leur ont donné naissance par projection. Parfois en voulant se distinguer, toutes les stations touristiques finissent pas avoir plus de points communs que de différences.
2Les stations ont connu une certaine standardisation de leurs produits touristiques ce qui pose un problème identitaire. Pour répondre à la demande sociale, homogénéisée par des campagnes publicitaires ou des publications ad hoc, les stations proposent en général les mêmes atouts : une plage de sable fin prise aux activités maritimes, des activités ludiques et sportives comme le tennis, les sports nautiques ou l’équitation, et des équipements d’accueil de qualité. Mais pour pouvoir se distinguer des autres stations du littoral français ou même par concurrence sur la Côte d’Argent elle-même, les stations ou les touristes vont faire preuve d’innovations comme le développement du naturisme ou du surf.
3X. Arsène-Henry résume assez bien la situation de laisser-faire liée à une absence de cohérence de l’aménagement touristique pendant cette période. Alors qu’il est en vacances à Piraillan sur le Bassin d’Arcachon en 1961 il rédige le texte suivant : « Toute cette vie simple de pêcheurs est peu à peu engloutie par le tourisme et les plaisanciers. C’est certes un peu dommage parce que ce qui vient en remplacement est médiocre. Les villas sont laides, les forêts de pins sont coupées pour faire place à des lotissements d’horreurs. Les techniques d’ostréiculture évoluent et s’industrialisent. [...] Des milliers de gens nus envahissent les plages de l’océan, les bistrots débitent des conserves d’une nourriture industrielle. Tout se perd ainsi parce que l’évolution n’est pas gérée. C’est la politique du laisser-faire qui maintient des élus minables, électoralistes et défenseurs de leurs seuls intérêts personnels et de ceux de leurs amis »82.
Notes de bas de page
82 ARSENE-HENRY X., Rentrons il se fait tard... le long chemin d’un architecte (1919-1998), Paris, L’Harmattan, 1999, p. 187
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