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    Plan détaillé Texte intégral ÉTUDIER LA THÉOLOGIE À GENÈVE OU À BÂLE : UNE TRADITION QUI SE PERPÉTUE LE SÉMINAIRE DE LAUSANNE CONTRIBUE À RESTAURER LE PROTESTANTISME EN FRANCE LES ÉTUDIANTS ENVOYÉS À LAUSANNE SONT MAJORITAIREMENT RECRUTÉS DANS LE MIDI ANNEXES Notes de bas de page Auteur

    Étudiants de l’exil

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Les étudiants calvinistes français et le refuge universitaire suisse

    Guy Astoul

    p. 55-69

    Texte intégral ÉTUDIER LA THÉOLOGIE À GENÈVE OU À BÂLE : UNE TRADITION QUI SE PERPÉTUE Une assistance s’organise à grande échelle après 1685 Le nombre d’étudiants en théologie qui ont émigré s’accroît Genève reste la plus attractive, mais l’accueil y est sévèrement contrôlé LE SÉMINAIRE DE LAUSANNE CONTRIBUE À RESTAURER LE PROTESTANTISME EN FRANCE Une urgence : assurer la formation de ministres La fondation du séminaire de Lausanne Ce séminaire accueille plus de 400 étudiants en 73 ans La vie de ces étudiants n’est pas aussi sereine qu’ils la souhaiteraient LES ÉTUDIANTS ENVOYÉS À LAUSANNE SONT MAJORITAIREMENT RECRUTÉS DANS LE MIDI Plus des deux tiers viennent du Languedoc Le nomadisme étudiant est une pratique courante Le Bas-Languedoc n’envoie plus d’étudiants entre 1749 et 1762 Le séminaire de Lausanne assure la consécration de beaucoup de ministres qui exercent sur le sol français ANNEXES Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Dès les origines de l’implantation de la confession de foi calviniste dans notre pays, étudier cette théologie réformée a nécessité de se rendre en Suisse auprès des maîtres dûment agréés. Au xvie siècle, le voyage à Genève devient obligatoire pour un futur ministre qui souhaite acquérir une formation dans la foi réformée. Plus tard, la création d’académies à Sedan, à Saumur, à Montauban ou ailleurs a certes permis, pendant près d’un siècle, d’assurer cette formation, mais cela n’a pas découragé les étudiants d’entreprendre le traditionnel voyage.

    2Bien avant la révocation de l’édit de Nantes les étudiants, chassés des académies définitivement fermées par la volonté royale, ont dû reprendre les chemins de l’exil pour étudier la théologie réformée. Avec la révocation, les universités ou académies des Pays-Bas, d’Angleterre, d’Allemagne, et surtout de Suisse, accueillent des milliers d’étudiants bien décidés à pratiquer leur religion. Le Refuge est souvent un choix sans possibilité de retour. Cet article s’intéresse plus particulièrement aux études de théologie, à partir de sources publiées1. Devant les résistances des huguenots français, dans le Midi surtout, la nécessité de former de nouveaux ministres oblige les universités helvétiques à répondre aux attentes de l’Église du Désert en voie de réorganisation. Il s’agit de se demander comment ont été formés les futurs ministres, condamnés à l’exil dès les années 1670, et quelle a été l’importance de l’aide apportée pour favoriser le « réveil » des Églises réformées.

    ÉTUDIER LA THÉOLOGIE À GENÈVE OU À BÂLE : UNE TRADITION QUI SE PERPÉTUE

    3Au xviie siècle, ceux qui souhaitent devenir ministres peuvent suivre l’enseignement de la philosophie en collèges de plein exercice, et plus souvent dans les académies où ils poursuivent ensuite leurs études de théologie, dispensées par deux professeurs, l’un enseignant les lois communes, l’autre la théologie biblique. L’enseignement dans les académies de Sedan, Saumur, Montauban, Montpellier, Nîmes, Orange, Die et Orthez, déjà sérieusement ébranlé avant le règne de Louis XIV, pour des raisons financières, survit difficilement au durcissement absolutiste à partir des années 1660. Si l’académie de Montauban déplacée à Puylaurens2, en décembre 1660, se maintient jusqu’en 1684 comme celle de Saumur, l’académie de Nîmes est fermée en 1664, et celle de Sedan en 1681. Beaucoup de jeunes protestants choisissent déjà d’aller à Genève ou à Bâle pour suivre les cours de théologie. C’est le cas du Montalbanais Pierre Broha, qui étudie la théologie à Puylaurens en 1674, puis à Genève, où il s’inscrit le 28 décembre 16803. Pierre Aymar, de Die en Dauphiné, en 1674, et Charles Faucher, de Saint-Geniès en pays nîmois, en 1678, se rendent à Bâle.

    Une assistance s’organise à grande échelle après 1685

    4Devant l’ampleur de l’immigration des fugitifs français vers la Suisse, peut-être plus de 60 000, de grands moyens sont mis en œuvre par les autorités civiles et religieuses. Afin de récolter les fonds nécessaires et de venir en aide aux « pauvres réfugiés pour la foi », les villes font appel à la générosité des fidèles et créent des Bourses de charité et des Chambres de réfugiés où sont distribués des viatiques (appelés « passades ») qui donnent droit à recevoir des aides4. Dès 1684, un fonds de 30 000 florins est constitué par la Diète des cantons ralliés à la Réforme. En outre, des villes font des efforts exceptionnels ; ainsi Berne dépense-t-elle, en 1691, 20 % des revenus de la ville pour secourir les réfugiés5. Cette aide revient aussi aux étudiants qui bénéficient, quel que soit le choix de leurs études, de bourses qui leur permettent de les poursuivre. Bénéficiant d’une assistance, Charles Faucher est dispensé d’acquitter les droits d’inscription à Bâle, « ob paupertatem », en raison de sa pauvreté. Une véritable pension est attribuée plus tard aux séminaristes de Lausanne grâce aux soutiens financiers des pays réformés.

    Le nombre d’étudiants en théologie qui ont émigré s’accroît

    5Alors que la plupart des étudiants qui viennent à Bâle sont originaires du nord-est de la France, surtout avant 1680, à partir d’octobre 1685, le registre matricule de l’université inscrit gratuitement des étudiants venus des quatre coins de France avec la mention « exul religionis causa », exilé pour fait de religion. Daniel Reboulet vient du Vivarais en août, Jean Montouhac de Béziers, Stéphane Sudre de Monteux en Dauphiné, Samuel Laumbe de Montauban comme plus tard en octobre 1686, Charles Lugandi6. Quant à Paul Lafaye venu de Loriol en Dauphiné, il est dit « pastor gallus », pasteur de France, inscrit en août 1686 afin de suivre des études de philosophie avant la théologie les années suivantes, à Genève et à Bâle de nouveau par la suite. En février 1695, Jean Romieu, « exul Gallus », exilé français, originaire du Vivarais, s’inscrit en philosophie et théologie. En mars 1700, Paul Reboulet, fils de Pierre, originaire de Tournés-les-Privat en Vivarais, est dit « pastor ecclesiae Gallicae », pasteur de l’Église de France, et inscrit gratuitement comme Nicolas Magnet d’Orange et, en 1701, Thomas Gautier, de Die en Dauphiné7. La ville de Paris fournit de 1701 à 1706 un important contingent de 25 étudiants dont 4 font de la théologie, tel Daniel Clarion avec la mention : « religionis causa profugus – propter paupertatem nihil ».

    Genève reste la plus attractive, mais l’accueil y est sévèrement contrôlé

    6Sven Stelling-Michaud le mentionne dans l’introduction du Livre du recteur : les conditions pour s’inscrire à l’académie de Genève ne sont pas simples pour les étudiants étrangers8. Si les exigences draconiennes du xvie siècle se sont assouplies au siècle suivant, l’inscription officielle par le recteur continue d’assurer droit de cité, un agrément indispensable pour habiter en ville. Ce blanc-seing est obligatoire, mais il devient de plus en plus difficile de l’obtenir, pour des raisons politiques.

    7Genève, comme tous les cantons helvétiques, se trouve dans une situation particulière qui la place sous l’hégémonie du duc de Savoie et surtout du roi de France. En vertu de la « paix perpétuelle » signée par François Ier et renouvelée en 1663, Louis XIV entend recruter dans ces cantons les soldats dont il a besoin et, après la révocation, sa diplomatie présente les huguenots émigrés comme des sujets rebelles. Afin de mieux surveiller la cité, il impose à Genève un résident et exige des autorités qu’elles limitent le nombre de réfugiés. Berne et Zurich subissent les mêmes contraintes et se montrent très prudentes à l’égard de l’aide à apporter aux huguenots français9. Malgré un flot continu de protestants qui viennent dans la capitale du calvinisme10 pendant plusieurs années, peu nombreux sont ceux qui obtiennent droit de cité. La règle vaut pour les étudiants venus de France, dont le nombre évolue peu entre 1681 et 1690. Pendant une décennie, 47 étudiants sont inscrits dans le Livre du recteur de Genève11 pour faire leurs études de théologie, 28 de 1681 à 1685, et 19 de 1686 à 1690. 27 au total viennent d’Occitanie, les autres, pour la plupart d’entre eux, du Dauphiné. À partir de 1690, le nombre diminue fortement, même si des inscriptions continuent de se faire dans les autres enseignements. Aucun ne s’inscrit en 1691, un en 1692 et en 1693, 3 en 1694, autant en 1695 et un dernier en 1699. En 10 ans, seulement 11 étudiants viennent de France et pour la plupart d’entre eux, ils n’y sont jamais revenus exercer un ministère12. La pression exercée par la monarchie absolue est trop forte et les Genevois s’y plient. Pas complètement cependant, et ils contribuent à encourager la ville de Lausanne à accueillir les étudiants français en théologie.

    LE SÉMINAIRE DE LAUSANNE CONTRIBUE À RESTAURER LE PROTESTANTISME EN FRANCE13

    Une urgence : assurer la formation de ministres

    8Afin de faire face aux criants besoins de pasteurs capables d’assumer la fonction pastorale auprès des fidèles des Églises du Désert, il apparaît urgent d’assurer leur formation théologique. Les restaurateurs du protestantisme en France sont Pierre Corteiz14 et Antoine Court15. Leur première préoccupation a été de rompre avec le prophétisme qui a animé pendant deux décennies la révolte des Camisards et ils rejettent toute idée de violence insurrectionnelle, même s’ils encouragent une pratique clandestine du culte.

    9En 1715, a lieu le premier synode du Désert aux Montèzes, près de Monoblet (Gard), il réunit prédicants et fidèles sous l’autorité d’Antoine Court dont le premier souci est de restaurer la fonction pastorale et de réorganiser les Églises réformées comme avant la révocation. Les décisions prises vont dans ce sens. Il s’agit de rétablir la discipline de l’Église, de la réorganiser et d’assurer une bonne formation théologique aux prédicateurs et aux pasteurs. Antoine Court est consacré pasteur par l’ancien camisard Pierre Corteiz, en 1718 : il se rend ensuite à Genève afin de compléter sa formation théologique entre la fin 1720 et 1722. À son retour, il travaille à installer les Églises du Désert jusqu’en 1729.

    10Cette année-là, Antoine Court décide de se rendre à Lausanne afin d’y créer un séminaire destiné à remplacer les académies réformées, fermées avant la révocation de l’édit de Nantes. Il est alors soutenu par Benjamin du Plan (1688-1764), désigné, au synode clandestin de Nîmes, en 1725, comme député général des synodes auprès des puissances protestantes d’Europe afin de plaider la cause des protestants français et d’obtenir une aide financière substantielle, notamment pour financer les études des futurs ministres dont la France a cruellement besoin. Il entretient des liens étroits avec un comité qui récolte les dons des Églises wallonnes des Pays-Bas, et avec celui de Londres, qui administre une « bénéficience » royale des souverains britanniques. Si les Genevois ne peuvent accueillir eux-mêmes les étudiants qui se destinent au ministère en France, ils y sont très favorables et participent activement au comité français de Genève qui s’est constitué, avec une grande discrétion dans cette ville, dès la révocation. Il est présidé par un professeur de théologie à l’académie, Jean-Alphonse Turretin, assisté de réfugiés venus de Provence ou du Dauphiné. Ce comité recueille les dons que Benjamin du Plan collecte, et donne son aval pour l’utilisation qui peut en être faite notamment à Lausanne sous la forme de bourses destinées aux futurs ministres16.

    La fondation du séminaire de Lausanne

    11Sous la pression d’Antoine Court, elle se décide en 1728, quand les autorités des Églises de Zurich, de Berne et de Genève entendent désigner des « personnes de probité » qui se chargent de contrôler le bon usage des fonds versés pour la nouvelle institution. Celle-ci doit conserver pendant plusieurs années une existence clandestine. Ses enseignants devraient venir de Zurich, Berne et Genève. Il est convenu que les proposants, envoyés secrètement à Lausanne par décision des synodes, doivent signer un double engagement : revenir dans la province dont ils dépendent et s’engager à ne pas renoncer à leur vocation. De 1726 à 1744, environ 40 étudiants sont inscrits pour une seule année d’études, étant donné les besoins urgents de pasteurs au Désert. Ils s’y trouvent par deux à quatre à la fois et exceptionnellement jusqu’à huit, en 1739 et 1740. Les dons collectés par Benjamin du Plan permettent d’assurer l’entretien des étudiants et d’engager un professeur.

    12En 1744, les comités de Genève et de Lausanne commencent à utiliser le terme de séminaire et limitent le nombre des étudiants à former à six. En réalité, dès le mois de mars 1746, le nombre est largement dépassé et atteint 22. Deux professeurs sont recrutés pour enseigner la théologie, la morale ou la controverse et un plan d’études est mis en place. Les synodes exigent des séminaristes une bonne connaissance des divergences théologiques qui existent avec l’Église catholique et une préparation spécifique doit les rendre capables de confronter les dogmes. En 1754, un troisième professeur vient compléter l’enseignement donné. Il s’agit du fils d’Antoine Court qui est chargé d’enseigner le latin17 et la logique.

    Ce séminaire accueille plus de 400 étudiants en 73 ans

    13De 1745 à 1812, l’effectif compte entre 12 et 16 étudiants par an, et le cursus des études s’allonge. Elles sont étalées sur deux ans et comportent un enseignement du grec, de la philosophie et de la théologie. Certes, cet enseignement est très critiqué. Une crise éclate en 1758, lorsque la société des séminaristes expose les doléances des étudiants aux membres du comité de Genève qui gère le séminaire. La remise en cause de l’enseignement donné par les professeurs est sévère : cela conduit à une véritable grève des cours de ceux qui sont considérés comme incompétents18, notamment le fils d’Antoine Court. Il découle de cette crise un nouveau plan d’études qui prévoit des enseignements obligatoires (théologie, morale, homilétique ou art de faire des sermons) et des disciplines facultatives (latin, grec, hébreu, géographie, histoire de l’Église, physique). Si la question de la qualité de la pédagogie se pose, elle tient sans doute à la durée trop courte des études, si l’on compare le cursus traditionnel pratiqué au xviie siècle dans les académies avec celui offert par le séminaire de Lausanne19. De fait, après 1787, la durée des études se prolonge de façon à remédier à la critique souvent faite d’une formation insuffisante donnée au séminaire de Lausanne20.

    La vie de ces étudiants n’est pas aussi sereine qu’ils la souhaiteraient

    14Même si leur existence est beaucoup plus paisible que celle des pasteurs du Désert, ils n’en demeurent pas moins obligés de se soumettre aux contraintes d’une vie clandestine. Ils doivent tout faire pour éviter de se déplacer en groupe, de se rendre dans des lieux publics et de trop se montrer dans les rues de la ville. Tenus au secret, ils doivent éviter d’évoquer l’enseignement qu’ils reçoivent dans leur correspondance, qui doit être réduite au minimum. Assister aux cours devient même compromettant à certaines époques. Afin d’éviter que leur présence à l’académie n’attire l’attention des autorités, Jean-Louis Lullin, membre du comité de Genève écrit en 1748 : « On a été obligé, pour le tenir au secret et afin que ces jeunes gens ne fussent pas remarqués, de leur procurer une instruction privée », assurée par un pasteur. Mais ces périodes de tension ne durent pas. La clandestinité du séminaire ne peut pas durablement échapper à la vigilance des autorités françaises. Comme le constate Claude Lasserre, « de hauts dignitaires de la cour ont eu connaissance de ce qui se passait à Lausanne. Or, à aucun moment, la France ne s’en est plaint à Berne. Et les instructions données à ses ambassadeurs ne font jamais mention de cette question ». Privilégiant les intérêts de l’alliance des cantons helvétiques, la diplomatie française préfère fermer les yeux21.

    LES ÉTUDIANTS ENVOYÉS À LAUSANNE SONT MAJORITAIREMENT RECRUTÉS DANS LE MIDI

    Plus des deux tiers viennent du Languedoc

    15L’ouvrage de Claude Lasserre comporte un état nominatif des séminaristes envoyés à Lausanne22. Ce répertoire est présenté avec une petite notice indiquant l’origine de l’étudiant, la durée de ses études et le lieu de consécration, quasiment toujours à Lausanne, puis les lieux d’exercice du ministère. La liste des noms est numérotée de Jean Bétrine, en 1725 à Antoine Colani, no 486, en 1810. Mais des étudiants ont abandonné leurs études, d’autres n’ont jamais été consacrés. Au total, on peut relever 283 noms de séminaristes, avec l’indication de leur origine, entre 1725 et 1787 sur les 338 de la période. 192, soit plus des deux tiers, viennent de la province du Languedoc, telle qu’on l’entend sous l’Ancien Régime. Plus précisément, 85 sont originaires des colloques du Bas-Languedoc ou du Haut-Languedoc, 79 des Hautes et des Basses Cévennes, 28 du Vivarais. Les autres provinces méridionales envoient 33 étudiants du Poitou et de Saintonge, 30 du Dauphiné, 17 de Guyenne (Agenais, Périgord, Bordelais). Le nombre d’étudiants venant des provinces septentrionales reste limité : on en compte 8 originaires de Normandie, 6 de Paris et quelques autres de Thiérache, ou de l’Orléanais.

    Le nomadisme étudiant est une pratique courante

    16Le cas de Charles Lugandi illustre ces périples des étudiants du Refuge. Son itinéraire est compliqué. Ce Montalbanais d’origine est cité comme l’un des 22 huguenots fondateurs de la colonie de Koepenick, en 1686, en Allemagne23. En octobre, cette année-là, on le retrouve comme étudiant à Bâle, sans aucune indication des études suivies : il est inscrit dans le registre matricule avec le numéro 1 167. En 1687, il figure dans les registres de l’assistance à Shaffhouse, avec la mention « étudiant en théologie » dans la base de données du CNRS. On le repère ensuite en 1688 jouissant d’une pension de 50 écus à l’université de Francfort-sur-l’Oder pour poursuivre ses études. Un autre cas intéressant : Louis Delpuech, originaire des Cévennes, se rend « de son propre chef » à Lausanne en 1744. Il s’inscrit à l’académie et reste en marge du séminaire, où il ne suit que quelques cours. Il part pour Genève en 1751 et revient à Lausanne, où il est consacré. Pierre Dugas, venu des Hautes-Cévennes au séminaire où il suit les cours de théologie à partir d’août 1749, s’inscrit à l’université de Bâle en août 1753 et il reçoit l’imposition des mains dans cette ville en mai 175424. David Chabrand, postulant de Basses Cévennes, vient au séminaire en avril 1751, se rend à Genève en 1754 et revient à Lausanne pour s’y faire consacrer le 21 août 1757. Difficile d’apporter des explications à ces permutations. L’excellente réputation de l’université de Bâle et de l’académie de Genève explique leur succès auprès des étudiants, mais ces villes délèguent à Lausanne la consécration des futurs pasteurs.

    Le Bas-Languedoc n’envoie plus d’étudiants entre 1749 et 1762

    17Une crise entre les autorités du séminaire de Lausanne et des étudiants originaires du Bas-Languedoc éclate en 1747. De profondes divergences surgissent entre les séminaristes sur la nécessité d’un code de bonne conduite comme le souhaitait Antoine Court. Cela provoque une confrontation brutale entre étudiants25. Le comité de Lausanne est amené à prendre des sanctions contre 6 d’entre eux, originaires du Bas-Languedoc et du comté de Foix en décidant : « de suspendre la pension à des gens aussi indociles pour les obliger à rentrer dans le devoir »26. Le synode provincial de Bas-Languedoc, déjà hostile à Antoine Court, soutient ses proposants, et le synode national est convoqué en septembre 1748, afin de trancher. Le règlement du séminaire est approuvé et le synode du Bas-Languedoc désavoué. Le comité de Lausanne dispose de l’autorité nécessaire pour imposer des sanctions aux étudiants récalcitrants en 1749. L’un d’eux abandonne ses études. Les ministres du Bas-Languedoc, mécontents des décisions prises, en prennent ombrage et refusent désormais d’envoyer des proposants au séminaire de Lausanne jusqu’à la mort d’Antoine Court en 1762.

    Le séminaire de Lausanne assure la consécration de beaucoup de ministres qui exercent sur le sol français

    18La consécration est l’acte solennel qui permet d’entrer dans la fonction de ministre de la parole de Dieu. La cérémonie rituelle de l’imposition des mains est attendue avec impatience par tout étudiant qui vient apprendre la théologie en Suisse. Les étudiants peuvent être consacrés au terme de leurs études. Beaucoup souhaitent la recevoir en Suisse car, écrit Claude Lasserre, « elle leur confère du prestige ». Sur les 283 étudiants qui ont suivi assidûment les cours de théologie à Lausanne, entre 1726 et 1787, 157 ont reçu leur consécration dans cette ville, soit plus de la moitié. En réalité, la mention « consacré à Lausanne » apparaît de manière très variable selon les époques. Cela est dû aux procédures complexes et erratiques imposées par les autorités helvétiques, notamment celles de Berne, qui sont directement concernées par le séminaire. De 1731 à 1742, rares sont les proposants qui ne sont pas consacrés à la fin de leurs études à Lausanne. En revanche, de 1743 à 1759, la grande majorité des consécrations a lieu au pays parce que les autorités bernoises refusent de les autoriser. Cela explique le faible nombre de ceux qui la reçoivent dans ces années-là, soit seulement 20 sur 95, alors qu’elles deviennent très majoritaires après 1760. Dès 1760, plus de 80 % des étudiants reçoivent l’imposition des mains à Lausanne27.

    19Claude Lasserre présente un tableau qui mentionne l’importance du séminaire de Lausanne dans la formation du clergé réformé du xviiie siècle en France : sur les 176 pasteurs en activité sur le territoire, en 1789, 91 % ont fréquenté ce séminaire28, au lieu de 76 % en 174429. C’est dire l’importance croissante de ce séminaire dans la restauration des églises calvinistes en France. Sur les 16 qui viennent d’ailleurs, 4 ont fait leurs études de théologie à Genève30 et 9 ont été consacrés au Désert, dans les colloques qui refusent de se séparer de leurs futurs ministres.

    20Pendant plus d’un siècle, la mère patrie de la Réforme calviniste a servi de refuge aux étudiants protestants. Si l’accueil de ces exilés est le plus souvent assuré avec attention et prévenance, la formation de pasteurs destinés à transgresser les lois du royaume voisin a, dans la première moitié du xviiie siècle, éveillé de fortes réticences à Genève, comme à Berne ou à Zurich. La cité de Lausanne a bénéficié d’une relative tranquillité de la part de toutes les autorités, qu’elles soient françaises ou helvétiques, dans la mesure où il s’agit d’une petite ville qui a pu, dans l’ombre de Genève, abriter un séminaire de formation théologique sans éveiller d’animosité. Les liens étroits avec les Églises du Désert, qui se nouent dès les années 1710, ont débouché sur la création d’un institut de théologie, appelé séminaire, qui a attiré à Lausanne les étudiants désireux de devenir les pasteurs de ces églises. Quoique très critiqué, Antoine Court a beaucoup contribué à la réussite de cet « instrument de la restauration du protestantisme français » comme l’a écrit Claude Lasserre. À n’en pas douter, l’Helvétie a pleinement participé au « Réveil » des Églises du Midi de la France et a facilité leur réorganisation.

    ANNEXES

    Annexe 1 Les étudiants en théologie à l’université de Bâle de 1682 à 1786

    Nom Prénom

    Lieu d’origine

    Numéro

    Date d’inscription

    Études

    Perrier Guido

    Paris

    912

    06/1682

    Théologie

    Reboulet Daniel

    Vivarais

    1092

    08/1685

    Théologie

    Salomon Jacques

    Clairac (Aquitaine)

    1112

    10/1685

    Théologie

    Baldi David

    Vendémian (Hérault)

    1113

    10/1685

    Philo + Théologie

    Sudre Stéphane

    Monteux (Dauphiné)

    1143

    08/1686

    Théologie

    Privat Jacques

    Cévennes

    1236

    06/1688

    Théologie

    Venezobre Emmanuel

    Nîmes (Occitanie inf.)

    1438

    06/1692

    Théologie

    Gillet David

    Vitry-le-François

    1448

    08/1692

    Théologie

    Esneaud Jean-Stéphane

    Béziers

    1466

    03/1693

    Théologie

    Magnet David

    Orange

    1552

    02/1695

    Théologie

    Romieu Jean

    Vivarais ?

    1562

    02/1695

    Philo + Théologie

    Durand Jean Antoine

    Montpellier

    1567

    06/1695

    Théologie

    Balguerie de Chausard Jean

    Clerac (Charente-inf.)

    1671

    08/1697

    Théologie

    Genevois Pierre

    La Mure (Dauphiné)

    1713

    05/1698

    Philo + Théologie

    Ferry Jean

    Metz

    1724

    09/1698

    Théologie

    Ginhoux Pierre

    Nîmes

    1760

    04/1699

    Philo + Théologie

    Cabrit Jacob

    Lédignan (Gard)

    1773

    06/1699

    Théologie

    Magnet Nicolas

    Orange

    1813

    03/1700

    Philo + Théologie

    Courtail Jean

    Metz

    1883

    05/1701

    Théologie

    Gautier Thomas

    Die (Dauphiné)

    1888

    08/1701

    Philo + Théologie

    Gros François Nicolas

    Strasbourg

    2029

    08/1701

    Philo + Théologie

    De Bremond du Scelles J. J.

    Uzès (Languedoc)

    2053

    06/1704

    Théologie

    De Lafond Jean-François

    Gallus

    2088

    03/1705

    Philo + Théologie

    Clarion Daniel

    Nîmes

    2108

    08/1705

    Théologie

    Roques Pierre

    Lacaune

    2384

    09/1710

    Philo + Théologie

    Meier Adam Henri

    Mulhouse

    2465

    04/1712

    Philo + Théologie

    Zürcher Jean Jacques

    Mulhouse

    2466

    04/1712

    Philo + Théologie

    Dollfuss Jean Caspar

    Mulhouse

    2693

    04/1717

    Philo + Théologie

    Risler Pierre

    Mulhouse

    2965

    04/1724

    Philo + Théologie

    Fougereux de Grandbois Jean

    Montpellier

    3008

    06/1725

    Théologie

    Dollfus Jean

    Mulhouse

    199

    06/1731

    Philo + Théologie

    Fries Philippe

    Mulhouse

    210

    10/1731

    Philo + héologie

    D’Aymon Jean Joseph

    Réfugié en Allemagne

    244

    12/1732

    Théologie

    Graff Jacques

    Mulhouse

    325

    03/1735

    Théologie

    Zündel Laurent

    Mulhouse

    386

    04/1736

    Philo + Théologie

    Risler Jérémie

    Mulhouse

    461

    05/1738

    Philo + Théologie

    Perdriaux Jean

    La Rochelle

    540

    07/1740

    Philo + Théologie

    Resplendin Jacques Antoine

    Dauphiné

    658

    05/1743

    Théologie

    Maeder Adam

    Mulhouse

    674

    10/1743

    Philo + Théologie

    Stifel Jean Jacques

    Mulhouse

    717

    01/1745

    Théologie

    Gabriac Jacques

    Cévennes

    741

    08/1745

    Théologie

    Vogel Jean Ulrich

    Mulhouse

    771

    07/1746

    Théologie

    Martin Jean Jacques

    Mulhouse

    799

    06/1747

    Théologie

    Räber Jean Jacques

    Mulhouse

    856

    05/1749

    Théologie

    Kielmann Matthias

    Mulhouse

    883

    05/1750

    Philo + Théologie

    Clairac Jean

    Nîmes (Occitanie)

    979

    05/1749

    Théologie

    Dugas Jules

    Gallus

    985

    07/1753

    Théologie

    Meyer Jacques

    Mulhouse

    1040

    08/1755

    Philo + Théologie

    Maeder Caspar

    Mulhouse

    1323

    07/1764

    Philo + Théologie

    Brand Jacques

    Mulhouse

    1349

    07/1765

    Philo + Théologie

    Ozel Charles

    Valence en Dauphiné

    1661

    06/1775

    Théologie

    Schmerber Paul

    Mulhouse

    1737

    06/1778

    Théologie

    Fehr Paul

    Mulhouse

    1756

    04/1779

    Théologie

    Wettly Matthias

    Mulhouse

    1785

    01/1780

    Philo + Théologie

    Witz Pierre

    Mulhouse

    1899

    05/1786

    Théologie

    Voguel Samuel

    Mulhouse

    1905

    06/1786

    Théologie

    Voguel Jean

    Mulhouse

    1907

    07/1786

    Théologie

    D’après les relevés effectués dans les tomes 4 et 5 allant de 1667 à 1726, et de 1726 à 1818, des registres matricules publiés par Wackernagel (Hans Georg), Die Matrikel der Universität Basel [1460 – 1817/18], op. cit.

    Annexe 2 Les étudiants en théologie à l’université de Genève de 1680 à 1729

    NOM Prénom

    Lieu d’origine

    Date d’inscription

    Numéro

    Guirard François

    Nîmes

    1680

    4456

    Broha Pierre

    Montauban

    1680

    4461

    Durand Pierre

    Salindres (Gard)

    1681

    4467

    Noual Jacques

    Nîmes

    1681

    4471

    Onoze Jean-Michel

    Mazères (Pays de Foix)

    1681

    4483

    Robert Elisée

    Albon (Drôme)

    1681

    4485

    Cornand Jean

    La Croix Grenoble

    1681

    4492

    Guillaumot de la Courtoisie Cl.

    Vaut-Jaucourt (Saône-et-Loire)

    1681

    4493

    Malet Josué

    St-Hippolyte (Cévennes)

    1682

    4509

    Lenfant Jacques

    Châtillon sur la Loue

    1682

    4510

    Bousanquet Henri

    Salies (Occitanie)

    1682

    4519

    Desaliens Stéphane

    Occitanie

    1682

    4521

    Bayle Joseph

    Carla

    1682

    4524

    Bastide Pierre

    Alès

    1682

    4526

    Cregut Pierre

    Nîmes

    1682

    4531

    Soleil Jacques

    Le Vigan (Cévennes)

    1683

    4532

    Royer Pierre

    Grenoble

    1683

    4534

    Ancillon Paul

    Metz

    1683

    4550

    Le Bachelle David

    Metz

    1683

    4552

    Audibert David

    Die

    1684

    4557

    Gonnon Charles

    Crest (Drôme)

    1684

    4558

    Gaugain Thomas

    Caen

    1684

    4584

    Angely Louis

    Uzès

    1685

    4608

    Bourles Daniel

    Uzès

    1685

    4610

    Lombard André

    Nîmes

    1685

    4612

    Ancillon David

    Metz

    1685

    4614

    Fontaure Abraham

    Cognac

    1685

    4619

    Gillet Jacques

    Bergerac

    1685

    4634

    Bayssalant Jacques

    Sainte-Foy

    1685

    4635

    Guy Pierre

    Bédarrieux (Occitanie)

    1685

    4638

    Plantat Henri

    Lédignan (Cévennes)

    1686

    4647

    Bonnet Louis

    Die (Dauphiné)

    1686

    4649-3

    Marchant Cyrus

    Bux (Dauphiné)

    1687

    4650

    Geraud Elisée

    Bergerac

    1687

    4655

    Pellet Pierre

    Nîmes

    1687

    4656

    De Boset Deleuziere Jean

    St-Jean-du-Gard

    1687

    4657

    Laborie Jacques

    Cardaillac en Quercy

    1688

    4662

    Guilhemat Charles

    Mazères

    1688

    4669

    Lafont Louis

    Durfort (Cévennes)

    1688

    4670

    Dufaur Jérémie

    Nérac

    1688

    4673

    Duriou Antoine

    Vivarais

    1688

    4674

    Le Clerc Isaac

    Montauban

    1688

    4676

    Bonabel Claude

    Gap (Dauphiné)

    1689

    4685

    De la Roque Boyer Paul

    Castres

    1689

    4697

    De Charron Armand

    Bergerac

    1689

    4701

    Leroi de Castelnau Jean

    Brassac

    1690

    4712

    Roux Jean

    Bédarrieux (Occitanie)

    1690

    4713

    Garrigues M. A.

    Castres

    1690

    4714

    De la Porte Jacques

    Cévennes Gallus

    1690

    4715

    Baleguerie Jean

    Clairac

    1692

    4740

    Romagnac Hugues

    Montauban

    1693

    4763

    Michellet Gabriel

    Tonneins

    1694

    4767

    Gillet David

    Vitry-le-François

    1694

    4785

    Vial de Beaumont Jacques

    Grenoble

    1695

    4788

    Demaizeaux Pierre

    Paillas (Auvergne)

    1695

    4796

    Besombes Samuel

    Clermont-Lodève (Occitanie)

    1695

    4801

    Durand David

    Montpellier

    1695

    4802

    Roumier Abraham

    Montpellier

    1699

    4863

    Vimiel Pierre

    Saint-Affrique

    1700

    4881

    Gautier Thomas

    Die

    1700

    4886

    Peyrol Théophile

    Nîmes

    1701

    4896

    Gaultier Pierre

    Montpellier

    1702

    4913

    Rivalier Claude

    Nîmes

    1703

    4940

    De Vendargues Pierre-Rich.

    Nîmes

    1706

    5012

    Humbert Moïse

    Metz

    1707

    5025

    Ginhoux Pierre

    Nîmes

    1707

    5034

    Clarenc David

    Puylaurens

    1709

    5084

    De Serret André Henri

    Dauphiné

    1714

    5212

    Senac Jean-René

    Aquitaine

    1717

    5264

    Fougereux de Grandbois Jean

    Montpellier

    1719

    5352

    Vernet Jean-Jacques

    Gallus

    1726

    5489

    Ferrier Pierre-Antoine

    Narbonne

    1729

    5570

    D’après les relevés effectués dans Stelling-Michaud (Sven), Le Livre du recteur de l’académie de Genève (1559-1878), op. cit., 1959.

    Notes de bas de page

    1 Wackernagel (Hans Georg), Die Matrikel der Universität Basel [1460 – 1817/18]. 5 volumes, Bâle, Verlag der Universitätsbibliothek, 1951 – 1980. Ont été consultés les tomes 4 et 5 allant de 1667 à 1726, de 1726 à 1818. Des centaines d’étudiants originaires, pour la plupart d’entre eux, du nord-est de la France vont à Bâle afin de poursuivre des études de philosophie, de droit, de médecine ou de théologie. Les villes de Montbéliard ou de Mulhouse fournissent les contingents les plus nombreux dans toutes les disciplines. Le tome 4 comporte 260 noms d’étudiants originaires de France dont 27 de Mulhouse et 45 de Montbéliard, et le tome 5, 131 entre 1726 et 1787, 40 de Mulhouse et 37 de Montbéliard. Il semble que le rôle de l’université de Bâle se régionalise et perde de son prestige. Stelling-Michaud (Sven), Le Livre du recteur de l’académie de Genève (1559-1878), tome 1, Genève, Droz, 1959. Les étudiants de théologie ont été cités par Patrick Ferté dans son Répertoire géographique des étudiants du Midi de la France (1561-1793). Pour une prosopographie des élites, tome 1 : Diocèses d’Albi, Castres, Lavaur et Montauban, Toulouse, Presses Universitaires des Sciences Sociales de Toulouse, 2002 ; tome 2, Diocèse de Cahors, 2004 ; tome 3, Rouergue (diocèse de Rodez et de Vabre), 2006. Des sources ont été mises sur la Toile, comme la base de données du CNRS accessible : http://camsatid.ivry.cnrs.fr/refuge-huguenot/depot/refuge-90-24.9.2007-10.43.5.txt1.shtml.

    2 En juillet 1660, les élèves protestants troublent la représentation d’une pièce de théâtre jouée par leurs condisciples catholiques au collège des Jésuites. Ce jour-là, dans la ville de Montauban, l’échauffourée tourne à l’émeute en opposant les deux communautés. De sévères sanctions royales s’ensuivent à l’égard des huguenots. Dès le mois de décembre, un arrêt du Conseil du roi transfère l’académie protestante à Puylaurens en Albigeois.

    3 Cité dans Le Livre du recteur de l’académie de Genève (op. cit.) et par P. Ferté qui relève, que Pierre Broha émigra en Angleterre et adopta la nationalité anglaise en 1691 : Ferté (Patrick), Répertoire géographique des étudiants, op. cit., t. 1, p. 261, no 4808.

    4 Précisé dans la présentation historique de la base de données du CNRS.

    5 On compte plus de 20 000 réfugiés français qui s’installent de préférence dans les cantons francophones, mais aussi à Zurich, Schaffausen, Berne et Bâle, où des Églises de langue française se sont constituées. Les villes du pays de Vaud accueillent de nombreux huguenots. Lausanne compte, en 1698, 1 598 réfugiés sur 6 204 habitants.

    6 Voir plus loin les pérégrinations de cet étudiant.

    7 Si l’acquittement des droits d’inscription est toujours mentionné avec le montant ou la mention « gratis » ou « propter paupertatem nihil », l’indication des études suivies n’est pas toujours donnée dans le registre matricule de l’université de Bâle. Il n’est donc pas possible de réaliser des statistiques précises, ce qui est bien dommage.

    8 L’« Ordre de l’école » de 1559 prescrit que les étudiants étrangers doivent obligatoirement « se présenter devant nos magnifiques seigneurs pour être reçus habitants ». Cette obligation est rappelée en 1584. Tous doivent être inscrits dans le Livre des habitants avant de pouvoir figurer dans le Livre du recteur où leur inscription est enregistrée avec leur signature ; ils ont ainsi le droit de loger en ville. Sur ce point, Stelling-Michaud (Sven), Le Livre du recteur, op. cit., p. 15-21.

    9 En 1723, devant les plaintes de la diplomatie française, la compagnie des pasteurs de Genève incite ses membres à la « modération et toute la prudence possible », propos rapportés par Lasserre (Claude), Le séminaire de Lausanne (1726-1812), instrument de la restauration du protestantisme français, Lausanne, Bibliothèque historique vaudoise, 1997, p. 38.

    10 Au cours de l’année 1687, il passe à Genève jusqu’à 350 personnes par jour, mais il leur est refusé de s’y installer. Sur cette question, voir l’ouvrage de Birnstiel (Eckart), La Diaspora des Huguenots. Les Réfugiés protestants de France et leur dispersion dans le monde ( xvie-xviiie siècles), Paris, Champion, 2001, ou bien l’ouvrage collectif : La Suisse et le Refuge, accueil et passage, Marseille, La Table Ronde, 1985

    11 N’ont été relevés ici que les étudiants en théologie. Chaque année, sont mentionnés des promoti ad lectiones publicas, des étudiants admis à suivre les cours de l’université, sans qu’il soit précisé quelle spécialité ils choisissent. Au xviie siècle, les inscrits sont rarement classés en fonction de leurs spécialités (philosophie, lettres, théologie), mais les registres suivent un ordre chronologique lié à la date de l’inscription.

    12 C’est le cas de Hugues Romagnac, un Montalbanais qui s’inscrit en théologie le 11 août 1693 et qui reste à l’étranger, comme le signale Ferté (Patrick) dans son Répertoire des étudiants, op. cit., tome 1, p. 286.

    13 Lasserre (Claude), Le séminaire de Lausanne (1726-1812), instrument de la restauration du protestantisme français, Lausanne, Bibliothèque historique vaudoise, 1997.

    14 Pierre Carrière, dit Corteiz, est né dans la paroisse de Yialas, au diocèse d’Uzès, en 1684. Pendant la guerre des Camisards, il adopte des positions hostiles aux illuminés et au prophétisme. Réfugié à Lausanne en 1701, il devient régent, avant de revenir en Languedoc vers 1709, afin d’évangéliser. Soumis aux rudes épreuves de la clandestinité, il s’épuise à la tâche et, en 1712, repart à Genève quelques temps. Il revient ensuite dans les Cévennes, où il apporte une aide efficace à Antoine Court. Il obtient la consécration pastorale à Zürich, en 1718. « Chef vénéré des Églises sous la Croix dans le Languedoc », il est pendu deux fois en effigie. Après 36 ans de vie périlleuse, il revient à Zurich où il écrit une Relation historique des principaux événements qui sont arrivés à la religion protestante depuis la Révocation jusqu’en 1728. Il y meurt en 1767.

    15 Né en 1695, à Villeneuve-de-Berg en Vivarais, dans une famille attachée à la foi réformée, il est officiellement baptisé dans la religion catholique, mais il participe avec sa mère aux assemblées du Désert. À 18 ans, il devient prédicateur en récusant le prophétisme pratiqué alors par ses coreligionnaires. En 1729, il se réfugie à Lausanne où il organise le Séminaire pour former les futurs pasteurs du Désert. Il ne revient en France qu’en juin 1744, pour le 4e « Synode National des Églises Réformées de France assemblé au Désert dans le Bas-Languedoc ». Grâce au travail de restauration du protestantisme en France qu’il a accompli, 9 provinces sont représentées à ce synode par 10 pasteurs et 24 anciens. Il écrit beaucoup, entretenant une correspondance avec de nombreux pays européens et publiant plusieurs ouvrages : Le Patriote français et impartial (1752), la Lettre d’un patriote pour la tolérance civile (1756), et l’Histoire des troubles des Cévennes ou de la guerre des Camisards (1760). Enfin, il rédige ses Mémoires et meurt à Lausanne en 1760.

    16 Les fonds servent aussi à envoyer en France des livres de piété et à aider des prédicateurs. Sur tous ces points, voir Lasserre (Claude), Le séminaire de Lausanne, op. cit.

    17 Le latin reste nécessaire à l’enseignement de la théologie, même s’il est remplacé par le français, ne serait-ce que pour faciliter une formation rapide des futurs pasteurs du Refuge. Les examens terminaux se passent d’ailleurs à l’oral, et dans la langue courante. Claude Lasserre précise : « tout se passe en français alors qu’à l’académie, les épreuves se font en latin » (op. cit., p. 150).

    18 On retrouve, dans les arguments utilisés par les protagonistes, l’archétype des points de vue qui opposent enseignants et élèves depuis le xviiie siècle. Pour les uns, le maître ne travaille pas, reste superficiel et « trop scolaire » ; il règne dans son cours « une certaine confusion ». Pour les autres, les élèves sont bornés, empêtrés dans leurs préjugés, incapables de comprendre… Cf. Lasserre (Claude), op. cit., p. 118-119.

    19 Le premier degré, celui des « proposants », ceux qui ont la charge de lire les textes sacrés, pouvait leur permettre d’être admis à suivre les cours d’une académie. Au terme de trois ou quatre ans d’études, ils soutenaient une thèse puis recevaient un brevet de capacité. Avant d’obtenir un ministère, les candidats devaient se soumettre à plusieurs épreuves devant le synode de la province où ils voulaient exercer : expliquer en latin et en français un passage de la Bible, faire un sermon dans les deux langues, et d’autres épreuves de latin, de grec, d’hébreu ou de logique. Les procédures ont évidemment été bouleversées au temps du « Désert ».

    20 Lorsqu’on regarde de près le cursus des étudiants à Lausanne, il s’avère que leur présence dépasse les deux années officielles.

    21 Lasserre (Claude), op. cit., p. 44-49.

    22 Ibidem, Annexe VIII, p. 280-332.

    23 France (Henry de), Les Montalbanais et le Refuge, Paris, 1887, rééd. Le livre d’histoire-Lorisse, 2003, p. 354-355. Il aurait ensuite été pasteur à Berlin jusqu’à sa mort en 1719.

    24 Pierre Dugas apparaît sous le nom de Jules Dugas dans le registre matricule de Bâle, où il figure dans le tome 5, no 985, avec pour origine « Gallus ».

    25 L’affaire est complexe et détaillée par Claude Lasserre, op. cit., p. 90-96.

    26 Ibidem, p. 91.

    27 On peut remarquer un très faible nombre de consécrations des étudiants venus des Cévennes, du Vivarais et du Bas-Languedoc, qui pour la plupart d’entre eux reçoivent l’imposition des mains dans leur province d’origine. Cela tient, selon toute vraisemblance, aux désaccords qui marquent les relations entre Antoine Court et ses coreligionnaires restés au pays pendant ces années de tensions évoquées ci-dessus.

    28 On peut retrouver les noms des ministres réformés qui ont exercé leur ministère en France dans la base de données des pasteurs protestants, (la vérification peut être aléatoire) : http://site-pasteurs.free.fr/

    29 Lasserre (Claude), Le séminaire de Lausanne, op. cit., p. 251

    30 Les noms des rares étudiants qui ont fait leur théologie à Genève, mentionnés par Claude Lasserre, ibid. p. 251, méritent d’être retenus : Jean Abraham Chiron, fils d’un Français réfugié, Jean-Jacques de La Sauzais, Benjamin-Sigismond Frossard, bourgeois de Nyon qui s’est illustré en contribuant à créer la faculté protestante de Montauban, en 1809, et J. J. Koenig.

    Auteur

    • Guy Astoul

      IUFM Midi-Pyrénées, France

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    1 Wackernagel (Hans Georg), Die Matrikel der Universität Basel [1460 – 1817/18]. 5 volumes, Bâle, Verlag der Universitätsbibliothek, 1951 – 1980. Ont été consultés les tomes 4 et 5 allant de 1667 à 1726, de 1726 à 1818. Des centaines d’étudiants originaires, pour la plupart d’entre eux, du nord-est de la France vont à Bâle afin de poursuivre des études de philosophie, de droit, de médecine ou de théologie. Les villes de Montbéliard ou de Mulhouse fournissent les contingents les plus nombreux dans toutes les disciplines. Le tome 4 comporte 260 noms d’étudiants originaires de France dont 27 de Mulhouse et 45 de Montbéliard, et le tome 5, 131 entre 1726 et 1787, 40 de Mulhouse et 37 de Montbéliard. Il semble que le rôle de l’université de Bâle se régionalise et perde de son prestige. Stelling-Michaud (Sven), Le Livre du recteur de l’académie de Genève (1559-1878), tome 1, Genève, Droz, 1959. Les étudiants de théologie ont été cités par Patrick Ferté dans son Répertoire géographique des étudiants du Midi de la France (1561-1793). Pour une prosopographie des élites, tome 1 : Diocèses d’Albi, Castres, Lavaur et Montauban, Toulouse, Presses Universitaires des Sciences Sociales de Toulouse, 2002 ; tome 2, Diocèse de Cahors, 2004 ; tome 3, Rouergue (diocèse de Rodez et de Vabre), 2006. Des sources ont été mises sur la Toile, comme la base de données du CNRS accessible : http://camsatid.ivry.cnrs.fr/refuge-huguenot/depot/refuge-90-24.9.2007-10.43.5.txt1.shtml.

    2 En juillet 1660, les élèves protestants troublent la représentation d’une pièce de théâtre jouée par leurs condisciples catholiques au collège des Jésuites. Ce jour-là, dans la ville de Montauban, l’échauffourée tourne à l’émeute en opposant les deux communautés. De sévères sanctions royales s’ensuivent à l’égard des huguenots. Dès le mois de décembre, un arrêt du Conseil du roi transfère l’académie protestante à Puylaurens en Albigeois.

    3 Cité dans Le Livre du recteur de l’académie de Genève (op. cit.) et par P. Ferté qui relève, que Pierre Broha émigra en Angleterre et adopta la nationalité anglaise en 1691 : Ferté (Patrick), Répertoire géographique des étudiants, op. cit., t. 1, p. 261, no 4808.

    4 Précisé dans la présentation historique de la base de données du CNRS.

    5 On compte plus de 20 000 réfugiés français qui s’installent de préférence dans les cantons francophones, mais aussi à Zurich, Schaffausen, Berne et Bâle, où des Églises de langue française se sont constituées. Les villes du pays de Vaud accueillent de nombreux huguenots. Lausanne compte, en 1698, 1 598 réfugiés sur 6 204 habitants.

    6 Voir plus loin les pérégrinations de cet étudiant.

    7 Si l’acquittement des droits d’inscription est toujours mentionné avec le montant ou la mention « gratis » ou « propter paupertatem nihil », l’indication des études suivies n’est pas toujours donnée dans le registre matricule de l’université de Bâle. Il n’est donc pas possible de réaliser des statistiques précises, ce qui est bien dommage.

    8 L’« Ordre de l’école » de 1559 prescrit que les étudiants étrangers doivent obligatoirement « se présenter devant nos magnifiques seigneurs pour être reçus habitants ». Cette obligation est rappelée en 1584. Tous doivent être inscrits dans le Livre des habitants avant de pouvoir figurer dans le Livre du recteur où leur inscription est enregistrée avec leur signature ; ils ont ainsi le droit de loger en ville. Sur ce point, Stelling-Michaud (Sven), Le Livre du recteur, op. cit., p. 15-21.

    9 En 1723, devant les plaintes de la diplomatie française, la compagnie des pasteurs de Genève incite ses membres à la « modération et toute la prudence possible », propos rapportés par Lasserre (Claude), Le séminaire de Lausanne (1726-1812), instrument de la restauration du protestantisme français, Lausanne, Bibliothèque historique vaudoise, 1997, p. 38.

    10 Au cours de l’année 1687, il passe à Genève jusqu’à 350 personnes par jour, mais il leur est refusé de s’y installer. Sur cette question, voir l’ouvrage de Birnstiel (Eckart), La Diaspora des Huguenots. Les Réfugiés protestants de France et leur dispersion dans le monde ( xvie-xviiie siècles), Paris, Champion, 2001, ou bien l’ouvrage collectif : La Suisse et le Refuge, accueil et passage, Marseille, La Table Ronde, 1985

    11 N’ont été relevés ici que les étudiants en théologie. Chaque année, sont mentionnés des promoti ad lectiones publicas, des étudiants admis à suivre les cours de l’université, sans qu’il soit précisé quelle spécialité ils choisissent. Au xviie siècle, les inscrits sont rarement classés en fonction de leurs spécialités (philosophie, lettres, théologie), mais les registres suivent un ordre chronologique lié à la date de l’inscription.

    12 C’est le cas de Hugues Romagnac, un Montalbanais qui s’inscrit en théologie le 11 août 1693 et qui reste à l’étranger, comme le signale Ferté (Patrick) dans son Répertoire des étudiants, op. cit., tome 1, p. 286.

    13 Lasserre (Claude), Le séminaire de Lausanne (1726-1812), instrument de la restauration du protestantisme français, Lausanne, Bibliothèque historique vaudoise, 1997.

    14 Pierre Carrière, dit Corteiz, est né dans la paroisse de Yialas, au diocèse d’Uzès, en 1684. Pendant la guerre des Camisards, il adopte des positions hostiles aux illuminés et au prophétisme. Réfugié à Lausanne en 1701, il devient régent, avant de revenir en Languedoc vers 1709, afin d’évangéliser. Soumis aux rudes épreuves de la clandestinité, il s’épuise à la tâche et, en 1712, repart à Genève quelques temps. Il revient ensuite dans les Cévennes, où il apporte une aide efficace à Antoine Court. Il obtient la consécration pastorale à Zürich, en 1718. « Chef vénéré des Églises sous la Croix dans le Languedoc », il est pendu deux fois en effigie. Après 36 ans de vie périlleuse, il revient à Zurich où il écrit une Relation historique des principaux événements qui sont arrivés à la religion protestante depuis la Révocation jusqu’en 1728. Il y meurt en 1767.

    15 Né en 1695, à Villeneuve-de-Berg en Vivarais, dans une famille attachée à la foi réformée, il est officiellement baptisé dans la religion catholique, mais il participe avec sa mère aux assemblées du Désert. À 18 ans, il devient prédicateur en récusant le prophétisme pratiqué alors par ses coreligionnaires. En 1729, il se réfugie à Lausanne où il organise le Séminaire pour former les futurs pasteurs du Désert. Il ne revient en France qu’en juin 1744, pour le 4e « Synode National des Églises Réformées de France assemblé au Désert dans le Bas-Languedoc ». Grâce au travail de restauration du protestantisme en France qu’il a accompli, 9 provinces sont représentées à ce synode par 10 pasteurs et 24 anciens. Il écrit beaucoup, entretenant une correspondance avec de nombreux pays européens et publiant plusieurs ouvrages : Le Patriote français et impartial (1752), la Lettre d’un patriote pour la tolérance civile (1756), et l’Histoire des troubles des Cévennes ou de la guerre des Camisards (1760). Enfin, il rédige ses Mémoires et meurt à Lausanne en 1760.

    16 Les fonds servent aussi à envoyer en France des livres de piété et à aider des prédicateurs. Sur tous ces points, voir Lasserre (Claude), Le séminaire de Lausanne, op. cit.

    17 Le latin reste nécessaire à l’enseignement de la théologie, même s’il est remplacé par le français, ne serait-ce que pour faciliter une formation rapide des futurs pasteurs du Refuge. Les examens terminaux se passent d’ailleurs à l’oral, et dans la langue courante. Claude Lasserre précise : « tout se passe en français alors qu’à l’académie, les épreuves se font en latin » (op. cit., p. 150).

    18 On retrouve, dans les arguments utilisés par les protagonistes, l’archétype des points de vue qui opposent enseignants et élèves depuis le xviiie siècle. Pour les uns, le maître ne travaille pas, reste superficiel et « trop scolaire » ; il règne dans son cours « une certaine confusion ». Pour les autres, les élèves sont bornés, empêtrés dans leurs préjugés, incapables de comprendre… Cf. Lasserre (Claude), op. cit., p. 118-119.

    19 Le premier degré, celui des « proposants », ceux qui ont la charge de lire les textes sacrés, pouvait leur permettre d’être admis à suivre les cours d’une académie. Au terme de trois ou quatre ans d’études, ils soutenaient une thèse puis recevaient un brevet de capacité. Avant d’obtenir un ministère, les candidats devaient se soumettre à plusieurs épreuves devant le synode de la province où ils voulaient exercer : expliquer en latin et en français un passage de la Bible, faire un sermon dans les deux langues, et d’autres épreuves de latin, de grec, d’hébreu ou de logique. Les procédures ont évidemment été bouleversées au temps du « Désert ».

    20 Lorsqu’on regarde de près le cursus des étudiants à Lausanne, il s’avère que leur présence dépasse les deux années officielles.

    21 Lasserre (Claude), op. cit., p. 44-49.

    22 Ibidem, Annexe VIII, p. 280-332.

    23 France (Henry de), Les Montalbanais et le Refuge, Paris, 1887, rééd. Le livre d’histoire-Lorisse, 2003, p. 354-355. Il aurait ensuite été pasteur à Berlin jusqu’à sa mort en 1719.

    24 Pierre Dugas apparaît sous le nom de Jules Dugas dans le registre matricule de Bâle, où il figure dans le tome 5, no 985, avec pour origine « Gallus ».

    25 L’affaire est complexe et détaillée par Claude Lasserre, op. cit., p. 90-96.

    26 Ibidem, p. 91.

    27 On peut remarquer un très faible nombre de consécrations des étudiants venus des Cévennes, du Vivarais et du Bas-Languedoc, qui pour la plupart d’entre eux reçoivent l’imposition des mains dans leur province d’origine. Cela tient, selon toute vraisemblance, aux désaccords qui marquent les relations entre Antoine Court et ses coreligionnaires restés au pays pendant ces années de tensions évoquées ci-dessus.

    28 On peut retrouver les noms des ministres réformés qui ont exercé leur ministère en France dans la base de données des pasteurs protestants, (la vérification peut être aléatoire) : http://site-pasteurs.free.fr/

    29 Lasserre (Claude), Le séminaire de Lausanne, op. cit., p. 251

    30 Les noms des rares étudiants qui ont fait leur théologie à Genève, mentionnés par Claude Lasserre, ibid. p. 251, méritent d’être retenus : Jean Abraham Chiron, fils d’un Français réfugié, Jean-Jacques de La Sauzais, Benjamin-Sigismond Frossard, bourgeois de Nyon qui s’est illustré en contribuant à créer la faculté protestante de Montauban, en 1809, et J. J. Koenig.

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    Ce livre est cité par

    • de Gourcy, Constance. (2013) Circulation estudiantine en France et projets migratoires sous contraintes : figures de l’étudiant algérien dans la mondialisation. Cahiers québécois de démographie, 42. DOI: 10.7202/1020613ar
    • Cabanel, Anna. (2021) Enseignants et enseignements au cœur de la transmission des savoirs. DOI: 10.4000/books.cths.14572
    • Rebour, Valentin. (2022) De la déclamation de poèmes à l’occupation d’ambassade : l’expérience migratoire des étudiants iraniens en exil en France (1950-1979). Journal of international Mobility, N° 9. DOI: 10.3917/jim.009.0011
    • Guerlain, Laetitia. Fillon, Catherine. Renucci, Florence. Falconieri, Silvia. (2021) Pour une histoire de l’enseignement du droit hors des frontières nationales (xixe-xxe siècle). Cahiers Jean Moulin. DOI: 10.4000/cjm.1258

    Ce chapitre est cité par

    • Asche, Matthias. (2024) Das höhere Bildungswesen der Schweiz in Spätmittelalter und Früher Neuzeit: Institutionen und Formen der Peregrinatio academica. AUC HISTORIA UNIVERSITATIS CAROLINAE PRAGENSIS, 63. DOI: 10.14712/23365730.2023.19

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    Astoul, Guy. « Les étudiants calvinistes français et le refuge universitaire suisse ». Étudiants de l’exil, édité par Patrick Ferté et Caroline Barrera, Presses universitaires du Midi, 2009, https://doi.org/10.4000/books.pumi.13231.

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    Ferté, Patrick, et Caroline Barrera, éditeurs. Étudiants de l’exil. Presses universitaires du Midi, 2009, https://doi.org/10.4000/books.pumi.13192.
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